Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 23


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The Undertaker

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Et si ce mois-ci ont parlait de catch  ?
Vous savez le catch, ce sport spectacle, sorte de mix improbable entre la lutte et le théâtre, pratiqué soit par des body builders très énervés, des mexicains virevoltants ou des bimbos siliconés. Ce spectacle que tout ceux qui n’y connaissent rien dédaignent avec des « De toute façon c’est nul, ils se battent pas pour de vrai… » et qui pourtant chez nos amis d’outre atlantique remplit des stades de dizaines de milliers de personnes plusieurs fois par semaine.
Moi j’aime le catch, j’assume et je vais en parler aujourd’hui… Mais attendez, c’est quoi le rapport entre le catch et les comics d’horreur ? A priori il n’y en a pas, et pourtant, pour pouvoir en parler, j’ai trouvé un lien, qui est, si vous lisez ma chronique mensuelle régulièrement, encore une fois un obscur comic d’horreur consacré à un catcheur de renom, qui ? Bah son nom est dans le titre de cette chronique mais bon, avant, plantons le décor et lisez un peu ce qui suis !

A première vue, le rapport entre le catch et l’horreur peut paraître un peu improbable, mais pas tant que ça en fait. Le catch utilise souvent des notions liées à l’horreur, au fantastique ou même à la culture pop, mais je vais y revenir plus bas car avant d’entrer dans le vif du sujet, je vais vous présenter vite fait comment fonctionne le catch afin que ceux qui n’y connaissent rien et se contentent de le dédaigner pour en avoir entraperçu quelques matchs à la télévision, puissent avoir une vision un peu plus claire de ce que c’est réellement, et enfin peut-être comprendre un peu mieux pourquoi ce divertissement sportif est aussi populaire dans certains pays, notamment les États-Unis, l’Amérique du sud et le Japon.

Le catch, c’est le spectacle/divertissement familial par excellence mais il y a plusieurs choses qui différencient le catch des autres sports : Déjà l’aspect scénarisé, dans le catch tout est faux, les coups ne sont pas réellement portés et les dissensions entre lutteurs sont des histoires scénarisées à l’avance.
L’aspect le plus important dans le catch, c’est le spectacle et ça passe par plusieurs choses : Les physiques des athlètes déjà, car les catcheurs se sont avant tout des physiques hors norme, géants, gros, body buildés ou même petits, pour le catch avoir un physique particulier est déjà un plus, certains lutteurs ont même construit leur légende sur ce critère, du gigantesque français André le Géant et ses mensurations extraordinaires (2 mètres 24 et 235 kilos), à l’imposant Yokozuna (1 mètres 93 et 273 kilos), dans les premières heures du catch se sont les grands hommes qui attirent les foules.
Mais dans les années 80, sous l’impulsion de l’homme d’affaire Vince McMahon et de sa fédération familiale, la WWF ( future WWE actuelle), le catch va se diversifier et recruter des hommes et femmes aux capacités physiques plus variées. McMahon va aussi comprendre que le catch à l’ancienne ne déplace plus les foules pour une bonne raison : La télévision. Le catch à l’ancienne n’a pas la capacité à enthousiasmer autant qu’une série TV ou un film diffusé à la télévision, Vince McMahon va alors insuffler au catch une dimension spectaculaire et flamboyante jamais vu jusque là au travers de nouveautés qui vont révolutionner le genre : Le premier sera de rendre le spectacle plus percutant.
A grands renforts de musiques, d’effets spéciaux et de costumes bariolés pour les lutteurs, McMahon va rendre le spectacle plus attractif, un peu à la manière d’un spectacle de cirque. Deuxième chose, il va personnifier les lutteurs et en faire de véritables personnages bien définis au travers d’un système appelé Gimmick : Chaque lutteur(ses) aura désormais un gimmick, une sorte de rôle, de personnage qu’il incarne sur le ring et en dehors. Il va avec ce système créer la première superstar du catch en la personne de Hulk Hogan (1).

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Photo réunissant de gauche à droite, Vince McMahon, Hulk Hogan et André le Géant

Avec Hulk Hogan et son gimmick de héros américain, le catch va sortir de son carcan de divertissement : Hogan va apparaître dans des films (notamment son caméo légendaire dans Rocky III (2) ), des cartoons, des émissions de télévision et développer tout un tas de produits dérivés. Avec Vince McMahon et Hulk Hogan, le catch gagne une dimension populaire jamais atteinte jusqu’alors.
Mais si Hogan est un héros populaire auprès des petits et des grands, prônant des valeurs comme l’entraide ou la solidarité, il va lui falloir des adversaires et c’est encore une des forces de Vince McMahon qui va mettre en place un système de scénaristes pour imaginer les histoires entre lutteurs, les fameux bookers.
Concrètement un booker dans le catch c’est quoi ? Tout simplement un créateur qui va décider de quelle orientation sera faite la carrière d’un lutteur : Un booker créé tout, du costume que porte le lutteur, aux aventures qu’il aura dans le ring (les grandes lignes des combats sont décidés par les bookers) mais aussi en dehors, des discussions dans les vestiaires aux agressions en backstage.
Grâce aux bookers, le catch gagne un aspect scénarisé, les rivalités entre lutteurs sont étalées sur plusieurs semaines, vont de rebondissements en rebondissements jusqu’à un dénouement final, souvent lors d’un match diffusé en pay-per-view (télévision payante) (3).

Dans les rivalités entre lutteurs, il y a donc le Face (le gentil), le Heel (le méchant) et parfois des statuts ambigus souvent appelé Neutral.
Si Hogan est bien entendu un Face, il va falloir lui trouver des adversaires à sa hauteur et c’est là que  le thème de l’horreur rejoint celui du catch, car impossible de parler d’horreur et de fantastique dans le catch sans parler d’un homme qui a basé sa carrière sur cet aspect, The Undertaker.

Ain’t no grave
Can hold my body down
There ain’t no grave
Can hold my body down

When I hear that trumpet sound
I’m gonna rise right out of the ground
Ain’t no grave
Can hold my body down

Johnny Cash – Ain’t No Grave (American VI: Ain’t No Grave, 2010) (7)

En 1991, Hulk Hogan est à l’apogée de sa carrière et rien ne semble stopper son ascension. Un an plus tôt, est apparu un mystérieux catcheur tout de noir vêtu, à la voix caverneuse et à l’aspect sinistre. Après avoir obtenu l’appui du manager Paul Bearer (4), The Undertaker va engager une longue rivalité avec Hogan. L’apogée sera un combat à l’événement Survivor Series 1991 durant lequel le Heel Undertaker battra le héros américain pour le titre de champion de la WWF. La carrière de celui que l’on surnomme le Taker est désormais lancée.

The Undertaker va amener un nouveau genre de personnages dans le catch, celui des monstres. Vêtu d’un long manteau noir et coiffé d’un large chapeau, l’Undertaker arrive sur le ring sous la marche funèbre de Chopin (réorchestré par le compositeur officiel de la WWE, Jim Johnston), lumières éteintes et dans un épais brouillard. L’effet est saisissant et dés les premiers sons de cloche typique de son thème, le silence se fait souvent instantanément dans le public, il n’est également pas rare de voir lors de ces premières apparitions des enfants se jeter dans les bras de leurs parents en sanglotant (véridique !).
Grâce à Paul Bearer, son personnage gagne également un aspect mystique et fantastique, issu des monstres de la Hammer : Paul Bearer en fait un personnage mort-vivant, dont les cendres sont retenues dans une urne funéraire renfermant tout le pouvoir de « son » Undertaker.

Avec le temps, The Undertaker va de plus en plus creuser son personnage : De simple personnage lugubre, il va devenir dans les années 90 un sorcier démon baignant dans l’occultisme et usant de sorcellerie, toujours accompagné de druides encapuchonnés. Il aura un passage plus terre à terre vers la fin des années 90/début 2000 en incarnant un motard (5) avant de revenir à son gimmick de mort-vivant en 2004.
Mais bien plus qu’un personnage, l’Undertaker devient rapidement un lutteur redouté sur le ring : Avec ces 2 mètres 8 et ces 140 kilos, l’Undertaker étonne par ses prouesses sur le ring, à la fois agile, rapide et puissant, c’est un catcheur complet, très varié dans ses prises et actions.

Afin de renforcer son aspect fantastique, il va également créer avec son personnage tout un tas de codes visuels et de matchs emblématiques : De sa prise de finition, le terrible Tombstone Piledriver (nommé coup de la pierre tombale en français), ses matchs parfois très violents comme le match du cercueil (un match qui consiste à enfermer son adversaire dans un cercueil et à en fermer le couvercle pour gagner), Buried Alive match (même concept que le match du cercueil sauf que là il faut précipiter son adversaire dans une tombe fraîchement creusée et recouvrir son adversaire de terre), le très dangereux Hell in a Cell (un match se déroulant dans une cage fermée) ou l’impressionnant Inferno Match (un match durant lequel le ring est entouré d’un mur de flammes), notamment contre son plus grand rival et frère sur le ring, un autre monstre du catch, le colossal Kane. Avoir l’Undertaker sur le ring, c’est déjà en soit la promesse d’un spectacle.

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The Undertaker face à son frère, Kane

Car avec The Undertaker, c’est une flopée de catcheurs au gimmicks monstrueux qui vont se succéder : Le psychotique Mankind, l’enflammé Kane, le tordu Boogeyman, les mystérieux Sting et Vampiro à la WCW ou même plus récemment Finn Bàlor, c’est une véritable foire aux monstres qui va déferler sur les rings de toutes les fédérations américaines, aucun ne réussissant néanmoins à atteindre la renommée de l’Undertaker.

Avec un tel personnage, c’est sans surprise que les comics vont s’intéresser à The Undertaker et c’est ainsi qu’en 1999, Chaos ! Comics, maison d’édition célèbre à l’époque pour la publication de ses comics d’horreur comme Evil Ernie, Lady Death ou Purgatory, ses comics inspirés de groupes de métal comme Megadeath et Static-X, ou bien encore ceux inspirés des films d’horreur Halloween, va obtenir les droits de certains lutteurs de la WWF afin d’en développer des comics.
Les plus grandes stars du ring de l’époque vont avoir droit à leur version de papier : The Rock, Steve Austin ou encore la sculpturale Chyna vont ainsi avoir droit aux honneurs de devenir des héros de bande dessinée. Mais celui dont va se délecter l’éditeur, c’est bien sûr The Undertaker qui va avoir le privilège d’une mini-série de 10 numéros (plus une preview, un numéro 0 et ½).

Déjà de prime abord, The Undertaker et son personnage sombre et monstrueux colle parfaitement à l’orientation des comics Chaos qui privilégient les personnages effrayants et violents. De plus, l’univers de l’Undertaker reste à créer, car de son alter ego des rings, on en sait en fait pas grand chose : Cela laisse donc au scénariste Beau Smith un véritable boulevard pour créer un univers autour du personnage et au passage récupérer ses alliés et rivaux du ring pour en faire eux aussi des personnages de comics.

L’ histoire commence par la présentation de l’Undertaker, qui est ici un être démoniaque régnant sur un enfer nommé Stygian, la prison de l’Enfer.
L’Enfer est en fait régi par trois niveaux : Le premier niveau est une sorte de porte d’entrée, à cheval entre la Terre et l’Enfer, cet endroit est gardé par Paul Bearer. Le second niveau est l’Enfer lui même, dirigé par un être nommé l’Embalmer et enfin il y a Stygian, le niveau le plus bas de l’Enfer, l’endroit où sont emprisonnés les pires créatures de l’Enfer, cet endroit est donc contrôlé par l’Undertaker. Si Paul Bearer et l’Undertaker se satisfont de leur position, ce n’est pas le cas de l’Embalmer qui convoite le contrôle complet de l’existence, Terre et Enfer compris. Pour cela il a déjà réussi à ouvrir des passages temporaires entre la Terre et l’Enfer, permettant à lui-même et ses démons d’entrer sur Terre. Afin de planifier sa future domination de la Terre et de l’Enfer, Embalmer a créé une multinationale informatique dont les profits servent à financer des recherches visant à fusionner la science et les créatures démoniaques.
Mais pour que ses plans se concrétisent, Embalmer a besoin des trois livres, trois reliques remisent à chacun des gardiens durant la création des Enfers. Seulement, ni Paul Bearer ni l’Undertaker ne sont enclin à lui remettre et il va donc engager une vendetta contre eux pour les obtenir. Mais tout ne va pas se passer comme prévu et un affrontement entre les trois détenteurs semble inévitable.

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Dans les numéros faisant office de prologue (les numéros 0 et ½), le lien avec le catch est immédiat, on nous présente l’Undertaker en tant que tel, il monte en fait sur le ring pour combattre des créatures démoniaques qui, sous apparence humaine, s’affrontent dans des combats pour gagner leur place auprès de l’Embalmer sur Terre. Dans ces numéros, les prises de catch et l’ambiance des stades sont bien représentés et ma foi le postulat est plutôt original, permettant mine de rien de faire un lien entre son personnage de ring et celui du comic.
Malheureusement ce n’est plus le cas par la suite, dés le numéro 1 de la série régulière en fait, où cet aspect est totalement délaissé pour une histoire typique des comics Chaos (et plus généralement des années 90) à base de combats gore entre monstres, de sorcellerie et de mysticisme.
Exit donc le coté catch et on se retrouve du coup devant une histoire largement inspirée par Spawn ou Evil Ernie.

Même si l’histoire est en tout point un classique de ce genre et de cette époque avec tout les passages obligés (trahison surprise, bimbos, combats gore à base de splash page etc.) ça reste malgré tout assez sympathique à lire et même si le déroulement de l’histoire peut se deviner dès les premiers numéros, ont se laisse prendre facilement au jeu.
Autant être franc, ça casse pas trois pattes à un canard mais l’aspect ludique et défouloir du truc fait que ça se lit au final assez bien et sans lassitude.
Rajouté à cela que tout a été fait pour brosser le fan de catch dans le sens du poil à grand renfort de caméos ou de personnages secondaires assez bien amené : On croise donc Kane, Mankind et même le Ministry of Darkness (6) au grand complet qui se targue d’une apparition tonitruante.

Visuellement, là encore on est dans la veine des comics Chaos : Les planches sont dynamiques, détaillées et pleines de couleurs criardes, les trentenaires qui ont connu l’age d’or des comics des années 90 comme Spawn, Cyberforce, The Darkness ou Witchblade apprécieront de retrouver un peu de cette ambiance. Le dessinateur Manny Clark fait donc un bon boulot, très en phase avec le ton sombre et violent de l’histoire.
Mention spéciale au passage pour les couvertures (dont certaines égayent cette chronique) signées en majorité par Greg Capullo et Danny Micki qui sont pour la plupart tout simplement magnifiques.

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The Undertaker est très honnêtement un comic anecdotique qui ravira surtout les fans de catch et de comics ainsi que les amateurs de bizarreries dessinées. Personnellement je m’attendais à un pur produit marketing fait à la va vite et ça n’a pas vraiment été le cas : L’histoire et l’univers sont plutôt bien travaillés et les dessins franchement très agréables. Après, je suppose qu’un lecteur qui a découvert les comics depuis peu lâchera très certainement l’affaire dès le premier numéro, pour les autres, suivez mon conseil et retombez dans votre age ingrat le temps de quelques pages, ça fait toujours du bien   !

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Les rapports entre les comics et l’univers du catch ont toujours été plus ou moins évidents  : Spider-Man n’a t’il pas commencé comme catcheur ? Et quand les catcheurs assument leur passion pour les comics (Rob Van Dam et CM Punk arborent des tatouages ou des t-shirts à l’effigie de héros de comics, le meilleur exemple étant Gregory Helms qui a créé au début de sa carrière son personnage de super-héros catcheur, The Hurricane) ou même cette dualité gentil contre méchant, le catch a beaucoup emprunté au comics et il n’est pas rare que les fans de catch soient aussi très souvent des lecteurs de comics. Coïncidence ? Je ne crois pas comme dirait l’autre.

 

The Undertaker publié en édition relié en deux tomes par Chaos ! Comics en 1999 et 2000 aux États-Unis

1 : D’ailleurs, son surnom de Hulk Hogan n’est pas anodin et le rapport avec les comics est évident : Durant ses premières apparitions publiques, les amateurs de catch remarquent qu’il est physiquement plus impressionnant que l’acteur qui joue l’Incroyable Hulk à la télévision, Lou Ferigno : Il gagnera par la suite le surnom de Incredible Hulk Hogan, puis simplement Hulk Hogan. Avec l’accord de Marvel Comics, il utilisera ce nom jusque sa démission de la WWF en 1994. Dans sa nouvelle fédération, la WCW, il sera surnommé Hollywood Hogan pour éviter tout désaccord avec Marvel. Il reprendra le surnom Hulk à son retour à la WWE, en 2002. Suite à un accord avec Marvel, il devient propriétaire du nom Hulk Hogan en 2006.

2  : C’est d’ailleurs Sylvester Stallone lui-même qui contactera Hogan pour qu’il apparaisse dans son film.

3 : D’ailleurs sur ce point, il y a une chose sur le catch que je n’ai pas précisé : Il n’y a pas dans le catch de saisons comme dans les autres sports « normaux », le catch à lieu toute l’année et certains catcheurs sont même présents sur le ring plusieurs fois par semaine au travers de shows en live et rediffusés à la télévision.

4 : Son nom est d’ailleurs un jeu de mot avec Pallbearer, du nom donné aux hommes qui portent les cercueils durant les enterrements.

5 : Avec le recul et selon de nombreux fans (dont je fais partie), ce changement de gimmick fut la plus grosse erreur de sa carrière, rendant le personnage beaucoup moins intéressant.

6 : Le Ministry of Darkness fut un groupe de catcheurs créé dans les années 90 par l’Undertaker. Ce groupe réunissait les lutteurs les plus violents du moment, dans le comic cet aspect a été changé et le groupe est présenté comme un groupe de défense censé chasser les démons de notre réalité.

7 : L’Undertaker a utilisé cette musique lors de son retour sur le ring en 2011 :

 

 

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CCP : Comic Conf Paris


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Le (moi j’aime bien dire LA, allez savoir pourquoi ?) Comic Con Paris rempile cette année du 21 au 23 octobre, et je reviendrai très prochainement sur les atouts majeurs de ce festival en matière de comics malgré les polémiques, car ici dans ce blog, on parle plus ou moins de manifestations diverses et variées (ou, enfin, sauf une : le TGS Comics, allez savoir pourquoi).

La CCP (et puis MERDE !) peut effectivement se résumer à un défilé de stars de séries TV /Ciné (Joe DanteEliza Dusku, Katie Cassidy, Dominic Purcell…) de comics (Tony Moore, Erik LarsenBrenden Fletcher, Jamie McKelvie, Kieron Gillen…) de merchandising, mais AUSSI -et c’est une valeur ajoutée depuis l’année dernière- à un effort indéniable vis à vis des conférences proposées par l’organisation.
Comme quoi, de ce point de vue là, le message a bel et bien été entendu et c’est important de le souligner…

Voici donc une sélection non exhaustive des conférences à ne pas rater lors de cette nouvelle mouture de LA CCP :

  • Joe Dante : Sa carrière
    21 octobre 2016, 14:00 – 15:00, Salle Academy

  • Nouvelles identités : Les héros Marvel changent de tête
    22 octobre 2016, 12:00 – 13:00, Salle Masterclass

  • Panel Comixology
    22 octobre 2016, 12:45 – 13:45, Grande Salle Melty
    Artistes : Joe Benitez, Brenden Fletcher, Alex Sinclair
  • 25 ans Image Comics

    22 octobre 2016, 16:00 – 17:00, Grande Salle Melty
    Animé par Sullivan Rouaud et traduit par Mathilde TB avec Erik Larsen, Kieron Gillen et Jamie McKelvie

  • Terry Moore – Sa carrière
    22 octobre 2016, 09:45 – 10:45, Workshop
    Animé par Katchoo et traduit par Mathilde TB

  • The Wicked + The Divine, la pop culture comme héroïne
    22 octobre 2016, 18:00-19:00 en présence de Kieron Gillen, Jamie McKelvie et Matthew Wilson, du youtubeur musicien Waxx et du journaliste Vincent Brunner

  • Joe Dante: Les Gremlins
    23 octobre 2016, 14:00 – 15:00, Grande Salle Melty
    Animé par F. Benudis

Je vous invite donc à venir me voir (comme d’habitude, évidemment) tout au long de ce we de folie, au détour pourquoi pas ,d’une dédicace ou d’une jouissive et matinale conférence qui, je sens, va autant piquer que mes 1800 km AR en Fiat Panda pour avoir eu l’immense fierté de rencontrer ce sombre personnage…

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Le LCF 2016, vu par Julien Lordinator


Lille Comics Festival : C’est le NORD  !

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Ce weekend j’étais dans le Nord de la France, plus précisément dans la capitale des ch’timis, Lille, pour passer deux jours au LCF, le Lille Comics Festival.
Qu’ai-je retenu de ces deux jours passés dans le ch’nord ? Pas mal de choses, notamment que l’accueil des gens du Nord tant vanté par Enrico Macias dans sa chanson et Dany Boon dans son film, n’était pas seulement une légende, mais bel et bien une réalité, encore plus quand ils sont unis par une passion commune…

Après avoir eu un peu de mal à les trouver (les alentours de la gare de Lille sont submergés de travaux), j’arrive sur les lieux du festival qui se déroulait au Tri Postal, une salle de taille -ma foi- honnête, accolée à la gare des Flandres.
Premier point positif : L’entrée y est gratuite et petits et grands de toute génération s’y croisent, amateurs de comics en premier lieu évidemment, mais aussi novices et curieux de passage, qui déambulent dans les allées avec toujours le sourire.
L’ambiance est bonne, l’agencement des exposants et des artistes clair et logique : Vendeurs de comics et produits dérivés vers l’entrée et dans une section dédiée, les artistes invités.

A l’entrée se trouve surtout le point de ralliement obligatoire : l’espace buvette et restauration qui, autre point positif et contrairement à d’autres manifestations du même genre, pratiquait des prix très abordables invitant le chaland à y revenir pour partager un café ou une boisson avec une connaissance ou une rencontre.
Enfin tout au fond avait lieu une exposition de l’artiste Laurent Zimny, qui a réalisé l’affiche du festival.

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L’organisation est donc très bonne et malgré la taille réduite mais honorable du lieu, l’ambiance y était bonne et les déambulations agréables.

Mais le nerf de ce genre d’événement, c’est bien entendu les artistes invités et sur ce point, le LCF n’avait pas à pâlir face aux autres manifestations du même genre, bien au contraire : Des légendes comme Glenn Fabry, Barry Kitson ou l’immense John Bolton côtoyaient des artistes aux talents reconnus des fans comme le scénariste Steve Edginton, Rafa Sandoval, Augustin Padilla, Niko Henrichon, et des artistes plus confidentiels comme le très sympathique Aurélien Guilbert, ou encore la star montante de Marvel, David Baldeon. La sélection était éclectique et variée et les artistes tous visiblement ravis de l’ambiance général du salon.

Une flopée d’artistes étaient donc présents, tous sans exception sympathiques et très accessibles, donnant à ce petit festival un aspect convivial faisant vraiment défaut à la plupart des grands événements du même type.

En résumé, malgré son statut de « petit » événement, le Lille Comics Festival n’avait pas à rougir de la comparaison avec les autres conventions du même type : Convivial, bien organisé, accessible et encadré par une véritable équipe de passionnés, le LCF est le genre de festival où l’on se plaît à flâner et passer du temps.
En ce qui me concerne c’était la première fois que j’y allais et j’y ai passé un excellent week-end.
Un grand merci à l’association Art Thémis pour son organisation et vivement l’année prochaine, en tout cas moi j’y serai !

Un grand merci à Fanny du LCF pour le généreux partage de photos😉

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We are Orlando


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Le massacre du Pulse survenu le 12 juin dernier, et qui a sacrifié des centaines de vies innocentes (car au delà des 49 morts et 53 blessés, ce sont des familles entières qui ont été meurtries dans leur chair, à jamais), reste une plaie ouverte et malheureusement incurable pour beaucoup d’entre nous, membres et sympathisants de la communauté LGBT à travers le monde…
Mais au delà du deuil et de la commémoration, cet événement ignoble n’a fait que pointer une nouvelle fois du doigt, médiatiquement parlant, les difficultés et les vicissitudes que nous rencontrons de plus en plus chaque jour dans notre quotidien.

A ce titre (et si certains lecteurs parmi les habitués du TLGB en douteraient encore), il suffit juste de regarder la formidable série de documentaires réalisée par Ellen Page et son comparse Ian Daniel intitulée Gaycation, un tour du monde dépeignant très justement le quotidien des personnes LGBTQ dans bon nombre de pays aux cultures variées… mais je vous en reparlerai très vite😉 .

Alors même si certains lecteurs de comics affirmeront que ce medium n’a pas la vocation fondamentale de transmettre des messages de tolérance et d’acceptation des différences quelles qu’elles soient, trouvant souvent l’excuse du politiquement correct et de la bien-pensance, ma vision des choses en est tout autre et ce blog n’existerait d’ailleurs pas si ce n’était pas le cas, des événements comme celui survenu à Orlando ne peuvent d’ailleurs que me conforter dans cette idée.

Et lorsque le mal est fait, que l’horreur a eu lieu sans que l’on puisse réagir, ce support culturel qu’est le comic-book (car oui, BD c’est de la culture !) a le devoir d’être utilisé pour panser nos blessures, et pour donner de soi en aidant les autres.

C’est l’idée (bien fondamentale, celle-ci) qu’a eu Marc Andreyko, le scénariste de Manhunter, Batwoman (du coup j’ai presque envie de le pardonner pour ce qu’il a fait endurer à notre déesse de Gotham) et Wonder Woman 77, en regroupant des dizaines et des dizaines de talents pour créer une anthologie dont les bénéfices seraient directement distribués à  l’organisation Equality Florida et son fond d’aide aux victimes de la fusillade du Pulse, ainsi que leurs familles.
A la manière d’Alan Moore et son AARGH ! en son temps, cette oeuvre collective intitulée Love is Love se veut être une lettre d’amour à la communauté LGBTQ et réunit des auteurs de renom tels que Phil Jimenez, Steve Sadowski, Paul Jenkins, Mike Carey, Matt Wagner, Marguerite Bennett, Aneke, Damon Lindelof, Patton Oswalt, Steven Orlando, Rafael Albuquerque, Jason Aaron, Jason Latour, James Asmus, Ming Doyle, James Tynion IV, Cecil Castellucci, Brandon Peterson, Jesus Saiz, Olivier Coipel, Leinil Yu, et Elsa Charretier qui s’est vue l’honneur d’illustrer la couverture.
L’album de 144 pages va regrouper de courtes histoires (soit une centaine au total) d’une ou deux pages et sera vendu 9.99 $, vous pouvez d’ailleurs le pré commander ici.

L’originalité du projet (qui sera publié en décembre prochain), est qu’il est édité conjointement par DC Comics et IDW, on pourrait donc entre autre espérer de sympathiques petits crossovers entre les personnages LGBT des deux maisons d’édition…
En attendant, voici une petite preview de cette anthologie, la première page est signée James Asmus et Ming Doyle, la seconde Steve Orlando et Iain Laurie, sans oublier la magnifique couverture de notre amie Elsa Charretier et la formidable Jordie Bellaire aux couleurs, dont on connait bien évidemment déjà leurs engagements respectifs pour la cause.
Et je ne parlerai même pas de l’émotion qui m’a traversée lorsque j’ai découvert l’illustration de Rafael Albuquerque, avec cette Batwoman fière comme jamais, porte étendard de toute une communauté et d’un idéal de vie basée sur la tolérance et la diversité.

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Hasard ou Destinée : la review de Julien Lordinator


Rapide Review  : Hasard ou Destinée

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Becky Cloonan, je l’ai connu grâce à son run remarqué et remarquable sur la mini-série Conan, La Reine de la Côte Noire, une relecture des aventures du barbare Cimmérien avec la pirate Belith. J’avais ensuite pu profiter du trait à la fois élégant et acéré de l’artiste américaine dans les pages de Northlanders, une autre série mettant en scène des univers médiévaux et violents. Autant dire que vu mon attirance pour ce genre d’univers, Becky Cloonan est vite devenue pour moi une artiste que j’allais surveiller de près, guettant chacun de ses travaux avec impatience en espérant que ça soit de nouveau une histoire incluant des armures et des épées, ce qui fut le cas avec ce Hasard ou Destinée, sorti en juin chez un petit éditeur dans notre beau pays, alors bonne ou mauvaise surprise ? Comme souvent avec cette dessinatrice, je ne fus pas déçue de cette nouvelle incursion moyenâgeuse  !

In This Heart of Mine
It’s You I find
Take My hand
I’ll Take You To The Promised Land
You’re The One

Within Temptation – The Dance, extrait de l’EP The Dance (1998) (1)

Hasard ou Destinée, c’est en fait une compilation de trois histoires courtes écrites et scénarisées par Becky Cloonan, toutes dans un univers médiéval teinté d’un peu de surnaturel, ces histoires sont toutes les trois différentes et indépendantes.

Dans la première histoire on suit la traque d’un chasseur parti tuer un loup (dont ont se rend vite compte qu’il s’agit en fait d’un loup-garou) le temps d’une nuit, dans une sombre forêt.
Dans la seconde, intitulée Le Marais, c’est le destin d’un jeune écuyer, forcé par son maître à traverser un marais hanté afin de remettre une lettre à un château voisin qui nous est décrit. Mais il semble bien vite que cette mission ait un tout autre but… Soulignons au passage que cette histoire a reçu l’Eisner Award de la meilleure histoire en un numéro en 2012.
Enfin dans la dernière histoire, Déméter, on suit le destin d’un jeune couple vivant au bord de la mer. Le couple s’est formé alors que le garçon fut découvert sur la plage à demi-mort par la jeune femme : Mais était-ce vraiment un hasard ? N’y avait il pas de plus sombres desseins en jeu dans cette rencontre providentielle  ?

La première chose que l’on constate à la lecture de Hasard ou Destinée, c’est la profondeur des histoires : Oniriques, mélancoliques, mystérieuses, cruelles et ou touchantes, Becky Cloonan prend soin de ne pas trop en révéler, laissant ainsi le soin au lecteur de se faire sa propre interprétation de ce qu’il vient de lire.Est-ce vraiment une histoire surnaturelle que l’on vient de lire ou le fantasme d’un des personnages ? Est-ce que tout cela n’était peut-être en fait qu’une métaphore pour une histoire plus terre à terre ? Ou peut-être s’agissait-il d’une simple histoire de monstre ou de fantôme ? Comme je le dis plus haut, libre au lecteur d’en faire sa propre interprétation. Certains ne creuseront pas, se contentant de lire de simples histoires médiévales-fantastiques, d’autre scruteront chaque détail de chaque planche afin d’en déceler une signification cachée. Hasard ou Destinée, c’est le genre de livre dont l’interprétation changera d’un lecteur à l’autre.

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Visuellement, qu’est ce que l’on pourrait ajouter sur le talent maintenant connu et reconnu de Becky Cloonan ? Pas grand chose, juste que dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui, elle nous livre des planches en noir et blanc d’une beauté ahurissante, son trait à mi-chemin entre comics et manga agrémenté de racines franco-belge est un véritable enchantement à chaque planche. Les environnements sont détaillés, les personnages expressifs et l’aspect onirique qui se dégage de l’ensemble est tout a fait bluffant. Becky Cloonan ne déroge pas à sa réputation et son talent inspire le respect, chapeau bas à l’artiste qui confirme, si il en est encore besoin, qu’elle est un des talents les plus impressionnants à l’heure actuelle à œuvrer dans le monde des comics.

Un dernier point à souligner obligatoirement, l’édition française absolument somptueuse des éditions Lounak, qui ont fait un travail admirable en nous livrant un véritable objet avec cet ouvrage : Le livre en lui même se présente avec une jaquette reprenant une des illustrations de la première histoire, mais sous cette jaquette, on a droit à une couverture imitation tissu, agrémentée devant et derrière d’une illustration dorée, donnant au livre un véritable aspect de livre ancien. Cerise sur le gâteau, le livre se fini par une belle collection de croquis. Un travail absolument sensationnel de la part de ce petit éditeur qui force le respect.

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Hasard ou Destinée c’est donc un livre hors norme : Écrit intelligemment, visuellement irréprochable et servi dans une édition de toute beauté, c’est une véritable œuvre qui tranche singulièrement avec la production mainstream et mérite une attention toute particulière. Le genre de chose que l’on aimerait voir arriver sous nos latitudes beaucoup souvent.

Hasard ou Destinée de Becky Cloonan disponible depuis le 9 juin 2016 en France aux éditions Lounak

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Azarath Metrion Zinthos !


Comme une certaine tendance le confirme, il se profile des trucs très sympa du côté des Big Two dans un futur plus ou moins proche, en l’occurrence parvenir (du moins je l’espère) à reprendre des vieux standards et les remettre au goût du jour à destination d’un public plus jeune.
Le concept est loin d’être révolutionnaire, mais en l’état il permet de mettre pas mal de lecteurs éventuellement d’accord sur l’évolution/renouveau d’un personnage au large potentiel passé à la moulinette par les affres de ces dernières années de torture éditoriale.

Ici vous l’aurez compris, on parle de Raven, figure emblématique des New Teen Ttans de Marv Wolfman et George Perez, personnage à la fois gothique et magique, que l’on admire pour la complexité de son âme et la limpidité de ses réactions empathiques.
Raven a été adaptée au fil des médias avec plus ou moins de bonheur, mais elle reste, il est certain, un personnage extrêmement populaire vis à vis des lecteurs de DC Comics, autant apprécié peut-être que ce bon vieux Robin, c’est dire.

Annoncée il y a plus d’un an, une mini-série de 6 numéros allait lui être désormais consacrée, son scénariste n’étant ni plus ni moins que son papa historique (non pas Trigon, l’autre papa, Mr Wolfman), il ne nous restait à l’époque qu’à prendre notre mal en patience, jusqu’à « jouir » en 2016 d’un film d’animation dont elle était l’enjeu principal (Justice League vs. Teen Titans, la scène « Teen Titans en Avant ! » en mode Sailor Moon vaut à elle seule son pesant de cacahuètes).
La mini-série Raven était alors sensée faire partie à l’époque d’une vague de titre « Old School » incluant Swamp Thing et Metal Men par Len Wein, Firestorm par Gerry Conway, Katana: Cult of the Kobra, par Mike W. Barr, ainsi que le désormais publié  Poison Ivy: Cycle of Life and Death par Amy Chu, bref, un retour aux sources à peine dissimulé par Dan Didio et ses sbires.

L’event Rebirth ayant fait à raison ses preuves en terme de ventes, il était temps que Rachel reprenne enfin son envol, les événements de cette mini-série se déroulant entre Teen Titans #24 et Teen Titans: Rebirth #1, d’ou la présence de l’affreux costume issu de la version précédente dans cette preview…
Le premier opus de cette mini-série sort demain, et on y croit, enfin moi j’y crois, ce n’est pas comme si l’on avait pas délibérément baptisé le frère jumeau de notre chat Cecil, resté dans la rue et livré à lui même, Trigon

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American Horror Story 06×1 : la critique de Julien Lordinator


American Horror Story Saison 6, My Roanoke Nightmare : Premier épisode, premières impressions

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Je suis un grand fan d’American Horror Story (AHS), cette série étant d’ailleurs l’une des deux seules séries que je suis (avec The Walking Dead) car ce n’est pas un secret, je n’aime pas les séries, surtout car je n’ai pas la patience de les suivre, mais AHS, j’adore : C’est de l’horreur, c’est bien écrit, bien interprété, bien réalisé et j’attends chaque nouvelle saison avec impatience… Au format physique.
Car oui, je ne télécharge pas et je préfère attendre patiemment la sortie blu-ray ou DVD d’un film ou d’une série que j’attends avec impatience pour pouvoir en profiter dans les meilleures conditions. Mais là, pour ce premier épisode de ma série favorite, je n’ai pas pu résister, pourquoi ? Tout simplement parce que depuis hier, j’en entends que du mal de ce premier épisode de AHS
Ma curiosité a finalement eu raison de ma patience et par un moyen autre que le téléchargement (cherchez pas…) j’ai réussi à me procurer ce premier épisode. Bilan ? Et bien, ce n’est pas très glorieux et pour une fois, je suis assez raccord avec les critiques…

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Déjà de quoi ça parle ? D’une maison hantée à la campagne et de citadins qui viennent y habiter. Jusque là, ça va, c’est le début de la plupart des films d’horreur sur ce thème depuis des lustres, ce n’est peut être pas très original mais c’est le genre d’histoire qui a fait ses preuves. Sauf que si sur le fond, ça tient la route, sur la forme, c’est une autre paire de manches…
Je ne sais pas ce qui a pris aux créateurs de la série mais ils ont décidé de nous présenter cette nouvelle saison, tout du moins le premier épisode, sous la forme d’une fausse émission de télé sur le paranormal (les amateurs de l’émission « Phénoméne Paranomal » sur la chaîne Numéro 23 de la TNT seront en terrain connu) avec tous les lieux communs de ce genre d’émission : Témoignages des gens ayant été témoins des phénomènes, reconstitutions etc. C’est un parti pris audacieux sauf que… Ça ne fonctionne pas.
Ce qui fait la force de ce genre d’émission, c’est que de base, c’est tiré de faits réels (enfin supposés réels) et que les gens qui regardent ce genre d’émission y croient (1) et que se sont des formats courts (15/20 minutes par sujet) hors là, déjà on y croit pas puisque d’une part c’est une série fictive et d’autre part, c’est trop long. Trop long parce qu’entendre de faux témoignages pendant 40 minutes, ça devient vite ennuyant et c’est ce que je reproche principalement à ce premier épisode, c’est long, mais long…
Ça a beau être bien filmé, ça a beau être bien interprété (on retrouve les acteurs habituels de la série, Sarah Paulson en tête, toujours aussi excellente d’ailleurs), c’est long, les coupes de faux témoignages en étant la principale cause.

Après, j’avoue, si vous êtes friand de ce genre d’émission télé et que le paranormal vous impressionne, vous serez probablement satisfait de l’orientation de cet épisode, si ce n’est pas le cas, ça va faire comme pour moi, vous allez un peu vous ennuyer…

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Autre chose qui m’a dérangé, c’est les références : Jusque là dans AHS, les références étaient subtiles et plutôt bien amenées (par exemple les références aux films Freaks, la Monstrueuse Parade ou Elephant Man dans la saison 4) mais dans cet épisode, c’est trop flagrant. La forêt vivante ? Déjà vu dans Evil Dead. Les breloques dans les arbres ? Déjà vu dans Blair Witch (bon sang, c’est les mêmes en plus !). Les jumelles fantômes ? Déjà vu dans Shining… La cassette vidéo flippante ? Ring, ça vous dit quelque chose ? Des villageois qui attaquent la nuit, torches à la main ? Hum, le jeu vidéo Resident Evil 4 ? (le cadrage de la scène est même quasiment identique !) et au passage, je fais l’impasse sur les multiples références à l’univers de Stephen King.
Un manque de créativité de la part des créateurs de la série ? J’espère que non, la créativité et l’originalité étant les choses qui m’ont séduit dans les quatre précédentes saisons, mais là, j’avoue que ça fait un peu best of des idées des autres.

Bilan : Très honnêtement je suis déçu. Même si l’épisode est agréable à regarder, il n’est clairement pas au niveau des saisons précédentes : L’orientation choisie par les créateurs n’est pas franchement ce qu’il y a de mieux et on ressent un cruel manque de créativité… Après, ce n’est que le premier épisode, difficile de se faire un avis avec juste le premier épisode mais bon, comme toute la série est déjà en boite, j’ai une grosse appréhension, qui se confirmera ou s’infirmera avec le second épisode. Wait & see comme disent nos amis anglophones…

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1 : Ce qui n’est pas mon cas, car je précise que  je ne crois absolument pas aux phénomènes paranormaux, pour moi c’est juste bon pour le cinéma et la littérature.

 

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