Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 19


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Nancy In Hell

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Les voyages en Enfer, c’est depuis longtemps un genre d’histoire commune à tous les médias : En commençant par la littérature et le fameux voyage de Dante Aligihieri pour retrouver sa douce Béatrice prisonnière de Lucifer lui-même dans La Divine Comédie, même Alphonse Daudet y fait allusion dans sa nouvelle Le Curé de Cucugnan.
Dans le jeu vidéo on va aussi souvent en Enfer, notamment avec la série des Doom et son héros surarmé partant régler son compte à des hordes de démons à grands coups de fusil à pompe.
Le comics et sa cohorte de héros plus ou moins infernaux, le Spawn de Todd McFarlane en tête, ne font pas exception et le supposé lieu de résidence du Diable et de ses minions n’est en fait pas si inaccessible que ça tant de nombreux visiteurs l’ont déjà foulé et en sont revenus plus ou moins indemnes…
Néanmoins, l’Enfer, c’est vaste et après tout, en théorie, ça n’existe pas, donc libre à chacun ayant un minimum d’imagination de le concevoir comme il le souhaite et c’est une vision bien particulière que nous propose El Torres et Juan Jose Ryp dans Nancy in Hell, version rock and roll et trash du voyage en Enfer.

Encore une fois, cette rubrique va être pour moi l’occasion de parler d’un artiste que j’apprécie beaucoup, à savoir Juan Jose Ryp.

Juan Jose Ryp

Juan Jose Ryp, de son vrai nom Juan José Rodriguez Prieto, est donc un artiste autodidacte espagnol et est notamment un des artistes emblématiques du studio Avatar Press.
Son style est très influencé par des artistes européens et américains et est à mi-chemin entre ces deux styles. On retrouve chez Ryp des traits communs à Manara, Moebius et Geoff Darrow.
Il a travaillé sur beaucoup de séries horrifiques : Pour Avatar Press, il dessine notamment trois adaptations des écrits d’Alan Moore dans les anthologies Alan Moore’s Magic Words et Alan Moore’s Yuggoth Cultures and Other Growths et dessine également la mini série Another Suburban Romance, tout ça entre 2002 et 2003.
Les fans de comics le connaîtront surtout en 2006 et le fameux Frank Miller’s Robocop dans lequel il met en image le scénario original de Frank Miller tel qu’il l’avait écrit pour le film Robocop 2.
Il dessinera ensuite une mini-série consacrée au croque mitaine du cinéma d’horreur Freddy Krueger, puis réalisera son plus gros travail en collaborant avec Warren Ellis sur les séries Wolfskin, No Hero et Black Summer, toutes publiées en France chez Milady Graphics.

En ce qui concerne le mainstream, il illustrera Vengeance of The Moon Knight, un one shot pour la version Max du Punisher (Happy Ending) et la mini-série Wolverine : The Best There Is pour Marvel. Il a aussi illustré l’intégrale de la mini-série Clone, adaptée en film en 2009 avec Bruce Willis.
Autant être franc d’emblée, si je connais et admire énormément l’artiste espagnol, ce n’est pour aucune des séries que j’ai cité plus haut… Comme beaucoup d’artistes espagnols, Ryp a débuté dans… (roulement de tambour) la bande dessinée érotique et c’est par ce biais que j’ai eu l’occasion de découvrir son talent. Il débute ainsi en 1999 dans la péninsule ibérique chez Wet Comix et dessine une trilogie lesbienne : Jeux de Filles, Gladys & Monique et Ignominia, toutes trois publiées en France chez Tabou Éditions et très honnêtement, je vous les conseille, c’est très beau et franchement très émoustillant (1).

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Enfin bref, revenons à l’Enfer et à notre héroïne du mois.

For the lives that I fake, I’m going to hell!
For the vows that I break, I’m going to hell!
For the ways that I hurt, while I’m hiking up my skirt.
I am sitting on a throne while they’re buried in the dirt.
For the man that I hate, I’m going to hell!
Gettin’ heavy with the devil, you can hear the wedding bells.

The Pretty Reckless – Going To Hell (2014) (2)

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Nancy in Hell, et bien c’est l’histoire d’une fille qui s’appelle Nancy et qui va en Enfer… Pas mal comme pitch de départ…
Heureusement, c’est un peu plus compliqué que ça quand même : Alors qu’elle allait à un weekend entre amis, Nancy, jeune cheerleader blonde et sexy, est torturée et tuée ainsi que tous ses amis par un maniaque. Arrivée en Enfer (car c’est bien connu, toutes les cheerleaders vont en Enfer), elle va découvrir un monde peuplé de chasseurs de prime, de démons sanguinaires et de succubes avides de luxure. Alors que pour moi se serait un paradis, armée d’une tronçonneuse, Nancy n’a alors qu’une seule idée : S’enfuir et retourner parmi les vivants afin de se venger de celui qui l’a fait passer de vie à trépas. Et pour sortir des Enfers, quoi de plus direct que de demander de l’aide au maître des lieux, à savoir Lucifer lui-même ? Lucifer qui est d’ailleurs très surprenant et aux antipodes de l’image qu’ont se fait de lui habituellement… La belle Nancy et le prince des ténèbres vont alors engager un road-trip à travers les Enfers et ça va saigner, mais du genre par hectolitres  !

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Nancy In Hell, c’est donc un comic publié aux États-Unis par Image en 2011 et en France par Graph Zeppelin en 2015.

Aux dessins on a donc l’excellent Juan Jose Ryp et au scénario El Torres, dont j’ai déjà parlé dans mon précédent Jeudi consacré à Aokighara, La Foret des Suicidés.

9Nancy in Hell est avant-tout une bande dessinée décomplexée, gore et sexy : Point ici de réflexion poussée sur le pourquoi de cette virée en Enfer et sa symbolique, Nancy y est et veux en sortir, rien de plus et si pour cela il faut taillader du démon à la tronçonneuse et copiner avec Lucifer, soit.
Ce comic, c’est donc un furieux défouloir qui s’amuse à distiller le gore et les plans sexy dans un joyeux foutoir décérébré. Les références y sont nombreuses, notamment au cinéma gore (Braindead et Evil Dead en tête) et à la culture «  infernale  » (Lovecraft, Barker etc.).

Visuellement, on a du pur Juan Jose Ryp, à savoir des planches hyper détaillées, fourmillant de détails et visuellement très impressionnantes… Tout du moins pour les deux premiers épisodes car les deux derniers épisodes des quatre qui composent cette mini-série sont dessinées par Antonio Vasquez en collaboration avec le studio Malaka. Si au début, Vasquez tente d’imiter du mieux qu’il peux le style de Ryp, on sent au fur et à mesure des deux épisodes une lassitude de sa part, si bien que sur la fin, il dessine quasiment l’épisode entier dans son propre style, sans se soucier d’une quelconque ressemblance ou homogénéité avec son homologue l’ayant précédé… Les deux derniers épisodes restent parfaitement lisibles, rassurez-vous, mais passé de Ryp à un dessinateur moins aguerri et tout de même assez visible et pourra même paraître gênant pour les aficionados de l’artiste espagnol.

Néanmoins, visuellement, c’est du bon boulot dans l’ensemble.

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Dans l’ensemble, Nancy in Hell est plutôt un bon moment de lecture : C’est trash, sexy, rock and roll et ça se lit d’une traite avec un un plaisir presque coupable et très franchement parfois, ça fait du bien de lire ce genre de bouquin.

Quand j’ai commencé à écrire cette rubrique, je vous parlais des comics d’horreur et qu’il y en avait deux genres différents : Ceux  intelligents et bien construits avec des scénarios élaborés et les autres, avec du gore qui tache et qui vont directement dans le vif du sujet : Nancy in Hell est de ceux-ci et prouve que faire du gros gore peu parfois donné des résultats fun et plaisant à lire. Si vous voulez un comic qui va vous vider la tête le temps d’une lecture, passez un peu de temps avec Nancy, vous ne le regretterez pas  !
Une suite est également en cours de publication aux États-Unis et un kickstarter à été créé afin d’en faire une série tv (3), la belle Nancy n’a donc pas fini de faire parler d’elle !

Nancy In Hell de El Torres, Juan Jose Ryp et Antonio Vasquez, disponible aux États-Unis depuis le 1 février 2011 et en France chez Grap Zeppelin depuis le 9 février 2015

1 : Notamment une histoire parodique ou une simili-Batgirl tombe entre les griffes d’une Joker aux aspirations bien peu recommandables;-)

2 :

3 : https://www.kickstarter.com/projects/250601189/nancy-in-hell

 

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Faith #1 : la preview


Dans ma vie de blogueuse, je peux vous dire très honnêtement que je me considère comme extrêmement chanceuse de pouvoir côtoyer de très près des artistes réellement sensibles concernant ce douloureux problème qu’est le féminisme dans les comics.
Vous lecteurs habitués de ce blog, vous savez bien que lorsque je parle de féminisme dans ce milieu, il s’agit surtout de mettre en avant tout ce qui se rattache à la cause des femmes par le biais de leurs travaux, les plus intimistes et discrets soient-ils, mais également d’œuvres et de personnages qui laisseront sans doute une trace, où marqueront un tournant par leurs prises de position, leurs élans sans équivoque en direction d’une visibilité sur la différence, et cela en marge de toute récupération mercantile, car mine de rien de nos jours on sent bien que la thématique fait vendre, où du moins est dans l’air du temps (et soit-dit en passant ici depuis 2010, et sans aucun apport financier, Dieu merci).

J’ai eu la chance de rencontrer et de parler récemment avec Pere Pérez et Marguerite Sauvage, et je vous assure que j’ai vu peu d’artistes aussi impliqués, sincères et enthousiastes vis à vis d’un tel personnage et surtout d’un tel propos, celui étant de promouvoir une héroïne dont personne n’aurait mis un seul cents il y a une dizaine d’années, et qui est pourtant sur le point de devenir la nouvelle Kamala Khan où la nouvelle Batwoman, en d’autres termes, une nouvelle coqueluche et porte drapeau que les médias-mais surtout-les lecteurs vont s’arracher.

C’est en tout cela que Faith mérite toute la publicité qu’on lui fait outre atlantique, c’est une bombe atomique qui devrait légitimement atterrir dans les bras de Bliss Comics, et comptez sur moi pour en faire toute la promotion possible.

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Animal Instinct


Marguerite Bennett est comme on le sait l’une des scénaristes les plus prolifiques actuellement et, hormis ses contributions chez Marvel et DC, a décidé de continuer sa belle histoire avec l’éditeur Aftershock Comics suite à l’excellent InSEXts, une série horrifico-sensuelle que nous vous conseillons vivement Julien Lordinator et moi.
Le règne animal semble encore une fois intéresser notre auteure décidément infatigable, cette fois-ci avec Animosity, dont le premier numéro est prévu pour le 3 Août prochain, et dont le pitch rappelle aisément le roman et la série TV Zoo, ou encore le film White God (la gamine avec la veste bleue semble même être là pour le souligner), sans parler bien sûr du poignant et violent We3 de Grant Morrison et Frank Quitely.

Un jour, les animaux se sont réveillés.
Ils ont commencé à penser. Ils ont commencé à parler.
Ils ont commencé à se venger.
Désormais, un chien et sa fille tentent d’évacuer New York City, puis progressent jusqu’à San Francisco, vers la seule personne qui pourrait être en mesure de la protéger et de la sauver.

Inutile de dire que cette mise en bouche me donne sacrément envie, mais je n’ai malheureusement pas grand chose à vous montrer pour le moment mis à part la couverture du premier numéro ainsi que sa variant.
Mais mon petit doigt me dit que ce road trip initiatique illustré par Rafael de Latorre (Superzero, toujours chez Aftershock) sera l’une des plus belle surprises de l’été, il me tarde en tout cas d’en voir, et vous en montrer plus.

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Le destin de Kara


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My name is Kara Zor-El. When I was a child, my planet, Krypton, was dying. I was sent to Earth to protect my cousin. But my pod got knocked off course and by the time I got here, my cousin had already grown up and become Superman. And so I hid my powers until recently, when an accident forced me to reveal myself to the world. To most people, I’m an assistant at CatCo Worldwide Media. But in secret, I work with my adopted sister and the DEO to protect my city from alien life and anyone else that means to cause it harm. I am Supergirl.

Au même titre que l’excellente série Marvel’s Agent Carter, l’un des rares autres programmes télévisuels parvenant à démontrer véritablement ce que peut représenter une héroïne issue de l’univers des comics au petit écran, je me devais de faire un bilan de cette première saison de Supergirl, une série qui, à l’image de notre Maiden of might, fourmille de bonnes intentions mais dont la candeur et la générosité ne suffisent parfois pas à faire la différence.

« Pouvoir faire la différence », c’est ce que souhaite par dessus tout Kara Zor-El en embrassant le destin de Supergirl lorsqu’elle sauve l’avion transportant sa sœur adoptive du crash dans une scène spectaculaire et très réussie du fameux pilote diffusé « par mégarde » 6 mois trop tôt.
Kara est en effet cette héroïne qui, sans toujours réfléchir aux conséquences de ses actes à la fois par manque d’expérience et de maturité, agit pourtant dans un seul but qui est le bien de l’humanité. Et ce comportement est d’autant plus admirable qu’à la différence de Kal El, elle n’a pas toujours vécu sur Terre, celle-ci n’est pas sa planète au même titre que Superman qui n’aura connu qu’une seule culture. Supergirl, c’est tout simplement l’histoire d’une immigrée qui va tenter de trouver sa voie en protégeant comme elle le peut sa terre d’accueil.

Dit comme ça, ça fait bien évidemment rêver. Du moins, ça fait rêver la petite fille qui sommeille toujours un peu en moi, et qui n’a pas pu s’empêcher de verser quelques larmes de crocodile en la voyant prendre son envol pour la première fois dans ce premier épisode il y a un an tout juste.
Il faut avouer d’ailleurs qu’il est difficile de prime abord de savoir quel genre de spectateurs Supergirl va interpeller le plus. Est-ce une série pour ado, où pour les nostalgiques quadra du Superman de Richard Donner ? Un programme sincèrement féministe, ou a contrario un amalgame de poncifs niais et réducteurs où le côté cucul la praline façon Le destin de Lisa (oui je sais, j’ai des super références) en aura fait fuir plus d’une ? A qui est-elle vraiment destinée ? A l’homme hétéro qui ne saura pas rester insensible bien longtemps face au joli minois de Melissa Benoist ? A la gamine qui découvrira et suivra avec bonheur les aventures d’une super héroïne, dont le message d’espoir lui rendra service dans sa vie future beaucoup plus souvent qu’elle pourra se l’imaginer ? A la communauté gay, réceptive au grand retour de Calista Flockhart, interprétant une Cat Grant fantasque, et reconnaissant de pouvoir mater le physique de Mehcad Brooks ?
Et si Supergirl était cette série extra-terrestre capable de rassembler autour d’elle tous ces publics largement différents, (une certaine tueuse de vampire avait déjà réussi cette gageure à une autre époque) mais que finalement, cet atout pouvait également être sa Kryptonite ?

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Ce qui choque le plus en regardant Supergirl, c’est l’on est face à une série foncièrement optimiste (mièvre diront certains), et qu’elle dénote complètement avec le reste des programmes (hormis Flash) qui peuvent lui faire concurrence. Alors le Grim and Gritty s’empare de plus en plus des séries TV, Supergirl fait front et aborde le thème de l’héroïsme d’une façon totalement décomplexée dans sa manière d’aborder la thématique de l’espoir.
De l’interprétation juste de son actrice principale qui arrive à donner parfaitement corps à ses deux personnages Kara/Supergirl, à la musique de Blake Neely qui s’amuse à réinterpréter à sa manière le score de John Williams sur Superman (The Planet Krypton et surtout Leaving home en sont les parfait exemples), en passant par des moments d’une rare intensité quand il s’agit d’explorer l’effet de déracinement vécu par l’héroïne, voilà autant de belles choses qui arrivent à faire oublier les maladresses de ce programme.

Ce que l’on peut en effet aisément reprocher à Supergirl, c’est par exemple le manque de consistance et de crédibilité de ses différents antagonistes tout au long de cette première saison, de Vartox à Red Tornado en passant par Silver Banshee (une énorme déception pour moi, car qu’elle fait partie de mes vilaines préférées), sans parler de Non qui est pourtant censé représenter une terrible menace pour la planète entière, mais qui a malheureusement le charisme d’une huître. Non c’est une sorte d’anti Vandal Savage (le bad guy de la série Legends of Tomorrow qui nous a offert, lui par contre, de belles scènes de cabotinage tout au long de la saison) par son inertie et le manque de nuance dans le jeu de son interprète Chris Vance.
Malgré un budget assez confortable (3 millions de Dollars par épisode quand même) les effets spéciaux font également partie des points faibles de la série, du moins sur certains épisodes, limitant de ce fait l’impact envers le spectateur de la présence d’une telle super héroïne évoluant sur le petit écran. Il faut tout de même concéder que l’aspect du Martian Manhunter est une sacrée réussite, tout comme les scènes aériennes de notre kryptonienne. Ici encore, c’est plus du côté des méchants que l’on froncera les sourcils, certains costumes frôlant le ridicule (Aaaaargh Siobhan !!!!! Mais pourquoiiiiii !!!!).
Autre point critique, certains personnages secondaires sont sans saveur, Jimmy Olsen en particulier (dont les mimiques faciales de son interprète sont devenues pour moi une sorte de gimmick au fil des épisodes), et le volet romantique (inévitable) de la série est également l’un de ses plus gros points faibles, que ce soit avec Jimmy, Foster ou même Winn, rien n’est fait pour apporter un peu de piment dans cette vision stéréotypée de la candide assistante de direction amoureuse du mâle alpha.

Mais tous ces malencontreux détails sont bien loin d’entacher tout le bonheur que j’éprouve en regardant cette série, la raison en est simple, elle me rappelle toute la noblesse et la sincérité des super héros issus des comics de mon enfance, je vois ainsi en Supergirl une sorte de madeleine de Proust qui me rappelle une époque où ces personnages de papier m’apportaient un certain espoir et m’aidaient à avoir confiance en la vie malgré l’adversité, et à mon sens il n’y a pas plus beau message que celui-ci.

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Et c’est peut-être bien pour cela que je n’ai jamais douté du fait qu’une seconde saison voit le jour. Le transfert de Supergirl sur la chaîne CW qui héberge déjà les autres séries de super héros DC est pour moi une très bonne chose, j’ai foi en ce que le ton de la série soit toujours aussi positif, tout en gagnant en maturité. Le crossover avec Arrow, Flash et Legends of Tomorrow promet d’être dantesque (tout en permettant à la chaîne de faire de belles économies), je suis juste un peu inquiète concernant le budget alloué aux effets spéciaux. Mais après tout, nous verrons bien, comme je l’ai dit plus haut la série est à l’image de son héroïne, et de ce fait logiquement pleine de ressources.

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Rachel Rising Tome 5 : La review de Julien Lordinator


Rapide Review  : Rachel Rising Tome 5, Quand Vient La Nuit…

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L’excellente série d’horreur de Terry Moore continue son petit bonhomme de chemin en France avec son cinquième tome. Cette série continue-t-elle de tenir en haleine comme elle le fait si bien depuis son tout premier volume ? Réponse dans les lignes qui suivent.

La vie continue dans la petite ville de Manson, après avoir fait face à une vague de meurtres puis une invasion de rats, les habitants hétéroclites de cette petite ville semblent penser que le calme est revenu et notre bande de héros profitent de cette relative accalmie, certaines pratiquent la magie noire tandis que la petite Zoé fait exploser des rats avec des pétards (Sigh…) mais pour nos sorcières réincarnées, le repos sera de courte durée car de nouvelles menaces se font de plus en plus pressentes : Zoé découvre durant son enquête que des menaces que l’on croyait éliminées semblent en fait plus présentes que jamais, et le «  voleur de corps  » réussi tant bien que mal à se frayer un chemin vers nos héroïnes. Enfin, il semblerait que l’incident du dîner durant lequel Carol, la petite amie de Johnny, avait tenté d’éliminer tout ce beau monde et qui lui avait coûté la vie, semble en fait bien plus compliqué qu’il n’y paraît…

Cinquième tome donc de Rachel Rising, et je dois avouer que je commence sincèrement à manquer d’arguments pour étaler les louanges de cette série : C’est toujours aussi bon, les personnages sont toujours aussi bien écrits, les dessins toujours aussi beaux et le rythme toujours aussi bien maîtrisé… Terry Moore réussi à tenir en haleine le lecteur de façon toujours aussi efficace après cinq tomes avec une histoire toujours aussi dense, intéressante et surprenante, une véritable prestation jusqu’à maintenant quasiment sans faute de la part de cet auteur, du rarement vu et lu en ce qui me concerne.

Je dois avouer que l’arrivée de chaque tome est attendu par votre serviteur, c’est peut-être même, et très honnêtement, la série dont j’attends avec le plus d’impatience la sortie de chaque nouveau tome ces dernières années, rien que ça.
Je ne vois pas ce que je peux ajouter de plus… Ça fait en tout et pour tout cinq fois que j’étale sur ce blog que cette série c’est LA série d’horreur de ces dernières années et qu’il faut la lire.

Essayer Rachel Rising, c’est immédiatement l’adopter et y devenir accroc, foi de Lordinator.

Rachel Rising Tome 5, Quand Vient La Nuit… Disponible en France aux éditions Delcourt dans la collection Contrebande depuis le 17 février 2016

 

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Bordeaux Geek Festival : Comics Rising


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C’est jusqu’à ce soir que se tient la seconde édition du Bordeaux Geek Festival, toujours situé au Parc des Expositions, et se déroulant en même temps que la foire internationale (l’achat d’un billet pour le BGF vous permettant d’ailleurs de pouvoir visiter le reste du salon, ce qui est sans doute assez appréciable pour les personnes non geek qui se sentent obligés parfois d’accompagner patiemment mari, femme, enfant, ou je ne sais quoi d’autre). A ce sujet, j’ai trouvé cette année que le BGF avait été beaucoup mieux intégré et agencé dans l’enceinte du Parc des Expo, donnant l’impression d’avoir un salon dans le salon, tout en gardant sa propre identité.

Mon impression première est que cette nouvelle édition nous a proposé beaucoup plus d’animations dans un espace plus réduit (ou du moins agencé différemment car il y avait effectivement deux halls bien distincts), tout en donnant la part belle aux différentes expositions, espaces gaming, et (bonne nouvelle) un espace comics avec une Artist Alley.

Côté expo donc, on pouvait retrouver le French Paper Art Club grand habitué des manifestations geek et présent dans de nombreux salons, Proder Expo était également encore une fois de la partie avec sa collection exceptionnelle consacrée aux produits dérivés du cinéma (SF, Héroïc Fantasy, adaptations de comics…) dont j’ai toujours autant de plaisir d’admirer les pièces. Non loin de là, une mini expo consacrée aux collages de Mr Garcin (qui était d’ailleurs présent en dédicace) nous montrait parmi ses meilleures compositions.

Mais l’excellente surprise du BGF par rapport à l’année dernière est la présence d’une partie consacrée aux comics, avec la venue de libraires et d’éditeurs (c’était déjà le cas l’année dernière mais sans véritable agencement identitaire) ainsi qu’une Artist Alley.
Les amis de Bliss Comics continuent donc de communiquer intelligemment sur leur catalogue des titres Valiant, invitant Pere Pérez (toujours aussi adorable) pour l’occasion, alors que juste en face, Les Editions de la Cerise (La fille Maudite du Capitaine Pirate) nous présentait toute la diversité de leurs parutions.

Bliss Comics

Photo courtesy of Bliss Comics

Il y avait également du beau monde dans l’Artist Alley : Barry Kitson, Thierry Mornet, Álvaro Martínez, Geoffo, Miguel Sepulveda, Alessandro Vitti… brefde quoi passer un très bon moment pour les amateurs de comics !
Je tiens à féliciter l’organisation du BGF pour le développement d’un pôle comics sur leur événement, c’est très important de permettre aux fans de comics et aux autres de rencontrer des artistes, souvent très accessibles dans ce genre de salon.

Nous avons donc encore une fois passé un très bon moment, toutefois j’ai trouvé que la partie High Tech où se trouvait le stand de Cap Sciences était malheureusement assez mal agencée ou du reste, pas vraiment visible et accessible à mon goût, et je suis assez déçue de ne pas avoir trouvé le même atelier de Pixel Art que l’année dernière pour le Sidekick, un atelier très convivial où l’on pouvait acheter au prix de son choix ses propres œuvres. Tant pis, celui-ci a quand même pu s’éclater en canardant tout ce qui bougeait au tir à l’arc (stand Archery Tag) et au laser game (Game of War), des activités payantes mais très abordables.

Il semble donc que le BGF, tout en continuant de proposer de nombreuses activités pour tous les publics, ait opté de développer certains domaines, les comics en font partie et c’est une très bonne chose !

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Look at the sky, it’s full of stars tonight.


Comme la plupart d’entre vous j’imagine, je suis très peinée par la disparition subite de Darwyn Cooke. Il était est l’un de mes artistes favoris, mais plus que tout, il fait partie de ces dessinateurs qui ont le pouvoir de vous donner envie de lire des comics en une seule illustration.

Son style rétro évoquant de la plus simple et salvatrice des manières l’imagerie positive des super héros, son goût prononcé pour le genre du polar qui nous aura permis de lire de très belles œuvres, son aptitude incroyable à savoir superbement dessiner les corps féminins, aucun de ces exemples ne sauraient le définir, c’est certain.

Darwyn Cooke est celui qui a contribué à redonner ses lettres de noblesse à Catwoman en 2001, lui attribuant un nouveau look qui perdure encore, la sublimant en quelque sorte. Sa version de Wonder Woman dans The New Frontier est également l’une de mes favorites, sans aucune hésitation.

J’éprouve en ce moment même un immense regret, celui de n’avoir pu le rencontrer de quelque manière que ce soit, sa générosité et son génie se manifestant sans équivoque par la beauté de ses œuvres.

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