Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 36


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Trick ‘R Treat

Nous sommes en octobre et c’est ce mois-ci que nous allons fêter Halloween, plus précisément le 31. Fête pas vraiment très suivie en Europe, c’est par contre une véritable institutions aux États Unis, comparable à Noël ou la fête du nouvel an en terme d’importance et (surtout) de gains et bénéfices pour les vendeurs de produits dérivés divers et variés. Halloween c’est bien sûr un véritable business pour les marchands de costumes et de sucreries (et d’alcool pour les plus vieux) mais aussi une manne pour les pourvoyeurs d’univers imaginaires : Films bien sûr mais aussi romans et bien entendu bandes dessinées placent leurs actions durant la fête des morts, une nuit durant laquelle il est dit que vivants et trépassés se côtoient…
Et quelle aubaine pour nous faire frissonner nous, lecteurs et spectateurs d’œuvres horrifiques, que cette fameuse nuit durant laquelle toutes les horreurs semblent permises ! Vous êtes prêts à cette année passer la nuit en compagnie de votre serviteur ? Alors accrochez-vous, direction la petite ville de Warren Valley dans l’Ohio pour y fêter dignement cette fête en compagnie de Michael Dougherty et du mystérieux Sam !

«  Well I let their teeny minds think
That they’re dealing with someone who is over the brink
And I dress this way just to keep them at bay
‘Cause Halloween is everyday
It’s everyday  »

Ministry – Everyday is Halloween, extrait de l’album Toronto 1986

Les films à sketchs c’est une grande tradition du cinéma d’horreur, beaucoup de films ont déjà usé de cette technique, souvent pour le meilleur (comme dans l’excellent Creepshow de Stephen King et George A. Romero, déjà chroniqué ici même dans cette même rubrique, ou pour le pire, comme Darkside : Les Contes de la Nuit Noire (1) ou l’exécrable Creepshow 3 dont, pour une fois, je vous épargnerais les bandes annonces.
Le principe des films dit à sketchs, c’est de proposer pas une mais plusieurs histoires courtes, plus ou moins inter-connectées par un fil conducteur, c’est un exercice assez périlleux car trouver une cohérence entre plusieurs histoires souvent toutes radicalement différentes est assez compliqué et il est assez rare que cela soit fait de façon subtile : Par exemple, dans Darkside : Les Contes de la Nuit Noire (encore lui…) un petit garçon raconte des histoires effrayantes à un cannibale afin de gagner du temps avant d’être dévoré, niveau fil rouge crédible et subtile, on a déjà vu mieux…

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En ce qui concerne le fait de situer l’action à Halloween, là par contre, c’est une pratique courante dans le cinéma d’horreur : Si on pense tout de suite au chef d’œuvre Halloween, La Nuit des Masques de John Carpenter (1978), il existe un nombre incroyable de films qui se passent durant Halloween et très franchement en faire une liste ou bien donner des exemples seraient fastidieux pour deux raisons : la première, il y en a ÉNORMÉMENT, allant du film d’horreur pur au film pour la jeunesse, le nombre de films situant leur action durant cette fête est juste monstrueux, ensuite, la seconde raison est que ces productions sont souvent de mauvaise qualité, ce sont pour la majorité des films jouant sur l’imagerie et ou la période de l’année et finissent souvent en DTV ou sont retirés des salles le lendemain d’Halloween, avant que la colle de l’affiche soit sèche…

Les « Films d’Halloween » c’est donc en général un style de film qui a mauvaise presse : Considérés comme des films de piètre qualité, peu sortent du lot et il faut vraiment creuser pour en trouver de bons offrant un spectacle de qualité tout en gardant « l’esprit d’Halloween », et c’est justement le cas de ce Trick ‘R Treat  !

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Trick ‘R Treat est donc un film d’horreur sorti en 2007, le film raconte le destin croisé de plusieurs personnages, tous plus ou moins liés par un mystérieux petit garçon masqué nommé Sam. Toutes les mésaventures des personnages se passent durant la nuit d’Halloween, tueur en série, vampires, fantômes, zombies, la plupart des thèmes sont habilement abordés dans le film.
Le film est écrit et réalisé par Michael Dougherty (scénariste notamment de X-Men 2 et Superman Returns) produit par Bryan Singer est interprété (entre autre) par Brian Cox (X-Men 2, Zodiac, Troie), Anna Paquin (Rogue/Malicia dans la saga X-Men) ou encore Dylan Baker (Requiem for a Dream).
Il faut également savoir que le film est à la base dérivé d’un court métrage animé réalisé et écrit par Michael Dougherty appelé Season’s Greetings et sorti en 1996 (2) ayant pour héros le petit monstre au masque en tissu Sam, qui deviendra par la suite l’emblème de l’univers de Trick ‘R Treat.


Le court métrage Season’s Greetings

Le film se décompose en cinq histoires ainsi qu’un prologue et une conclusion.
Dans le prologue, un couple se dispute devant chez eux au retour d’une fête d’Halloween un peu trop arrosée, quand la jeune femme est brutalement agressée.
Dans la seconde histoire, un homme empoisonne un jeune garçon mais va de Charybde en Scylla quand il tente de dissimuler le corps dans son jardin.
Troisième histoire, des enfants entraînent une de leur camarade de classe dans une mine désaffectée dans laquelle s’est passé une tragédie afin de l’effrayer, mais se retrouvent pris à leur propre jeu.
Dans la quatrième, une jeune femme hésite à se rendre dans une fête organisée par sa grande sœur et en chemin est prise à partie par un vampire particulièrement sanguinaire.
Dans le dernier segment, un vieil homme acariâtre est violemment attaqué chez lui par un petit garçon masqué.
Par contre je vous laisse le soin de découvrir la conclusion, assez prévisible mais particulièrement haute en couleur et jouissive  !

Qu’est ce qui fait de Trick ‘R Treat un film différent des autres films d’Halloween  ? Tout simplement parce que le film prend le contre-pied de la plupart des films de ce style : Ce qui choque dés la première histoire, c’est que le film ne fait pas de distinction pour ses victimes, hommes, femmes ou enfants, tout le monde est susceptible d’y passer, là où la plupart des films d’Halloween nous proposent des enfants comme héros, dans Trick ‘R Treat, tous les personnages sont des victimes potentielles, le premier enfant à y passer nous montre d’ailleurs une longue agonie qui ne fait d’ailleurs pas dans la dentelle, âmes sensibles s’abstenir.
Cette scène choc nous met de plus directement dans l’ambiance d’Halloween : Enfants qui font du porte à porte, adultes en pleine orgie, alcool, loin de la fête bon enfant de voisinage, on nous montre le vrai Halloween, avec son folklore certes mais aussi ses dépassements et ses excès.
Cet aspect à mi-chemin entre la fête de jeunesse et les abus du monde des adultes (les enfants frappant à la porte de l’une de leurs professeurs pour y découvrir une véritable orgie costumée en est le meilleur exemple) donnent du coup une impression douce amère de cette fête, renforcé par la violence des scènes d’horreur, cette sensation sera d’ailleurs commune à toutes les histoires du film, certes c’est une fête (à priori) joyeuse, mais ça reste quand même la fête des morts avec tout ce que ça implique dans sa signification.

L’autre filiation évidente est celle avec les comics d’horreur de l’âge d’or et les films d’horreur des années 80 : Le générique est en effet un montage de diverses couvertures et pages de comics et le film fait ses transitions entre chaque histoire aux moyens de bulles et d’encarts, même la ville s’appelle Warren Valley, très certainement en hommage aux comics Warren Publishing.
Cette filiation est aussi évidente dans la photographie du film, aux couleurs chaudes et très visibles, qui lui donne un aspect presque cartoonesque et années 80. D’ailleurs le film ne renie à aucun moment, l’une des héroïnes s’appelant par exemple Laurie, comme l’héroïne du film de John Carpenter. Il y a beaucoup de ces petits clins d’
œil dans le film, que je laisse le soin aux plus observateurs de découvrir, et j’avoue que pour moi ça a été particulièrement drôle.
Même chose pour les acteurs, toujours à la limite du surjeu, là encore dans un style très années 80

Trick 'r Treat
A mi chemin entre hommage et déstructuration du film de Halloween, Trick ‘R Treat est un film atypique, prenant le contre-pied des films du genre pour offrir aux spectateurs quelque chose de différent et de résolument jouissif pour un fan de la grande époque des films d’Halloween. A priori le film aurait dû être un succès, mais l’histoire fut tout autre…


Bande annonce américaine de Trick ‘r Treat

Prévu à l’origine pour être diffusé dans les salles à Halloween 2007, soit plus de deux ans après la fin du tournage, le film ne sera pas et pour d’obscures raisons marketing, jamais diffusé en salles…
Très touché par cette décision, Michael Dougherty ne va pourtant pas se décourager et va prendre la décision de diffuser son film dans divers festivals de cinéma fantastique : Décision salutaire, puisque le film va vite devenir une véritable bête de festival et collectionner les avis élogieux, aussi bien critiques que du public et va en faire un film culte pour de nombreux fans, faisant de son croque-mitaine, le petit Sam, une nouvelle figure emblématique du cinéma d’horreur.

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Même si le film cartonne dans les festivals, ce sera un peu le même triste topo pour sa sortie sur le marché de la vidéo : Le film sera distribué en direct-to-vidéo en DVD et Bluray le 6 octobre 2009 soit plus de deux ans après sa première présentation au public (le 9 décembre 2007 au Harry Knowles’  Butt-Numb-A-Thon  film festival à Austin au Texas) et donc 4 ans après la fin de son tournage, uniquement en Amérique du nord, en Australie, en Angleterre puis quelques semaines plus tard en Allemagne et à ce jour, le film n’a toujours pas été distribué ailleurs… (3)

Le film étant donc devenu malgré lui et « grâce » à ces déboires de distribution une oeuvre culte, écrite par un scénariste baignant dans la culture comics, largement inspiré de comics et comme nous l’avons vu plus haut ne reniant absolument pas cette filiation, le film allez donc logiquement connaître des déclinaisons au format papier. Ces extensions à l’univers du petit Sam valent-elles le détour, à l’image de son film d’origine  ? Réponse le 31 octobre  !

Non, je plaisante, réponse tout de suite  !

La première série de comics fut l’adaptation du film. Prévue à la base pour sortir conjointement à la sortie du film en salle à Halloween 2007, elle fut logiquement elle aussi repoussée pour sortir conjointement à la sortie vidéo, sous forme de Graphic Novel, compilant les quatre chapitres prévu à l’origine indépendamment, c’est sorti uniquement aux États-Unis chez DC/Wildstorm.


Cette première série à des auteurs plutôt prestigieux aux commandes : Marc Andreyko au scénario et quatre artistes pour les différentes chapitres. Que du beau monde niveau dessins : Mike Huddleston, Grant Bond, Christopher Guggliotti (dont j’avais déjà parler dans le Jeudi consacré à Massacre à la Tronçonneuse) et enfin la superstar Fiona Staples, consacrée depuis pour sa participation à la série Saga de Brian K. Vaughan.

De quoi ça parle  ? Et bien du film, puisqu’il s’agit de l’adaptation stricto sensu du film, ni plus ni moins. L’histoire est exactement la même, sans rien en plus.

Très honnêtement, c’est plutôt bien écrit et niveau dessin, ça se tient également plutôt bien : La plupart des artistes respectent bien l’ambiance et les codes visuels du film.

C’est un très bon comic d’horreur, une autre façon de voir le film mais qui n’a malheureusement aucune valeur ajoutée si on a déjà vu le film, en résumé un pur produit promotionnel, certes fichtrement bien fichu mais un simple produit promotionnel… A réserver uniquement aux fans inconditionnels d’horreur dessinée.
Conjointement à la sortie du second film d’horreur de Michael Dougherty, Krampus dans lequel il s’attaque cette-fois à la fête de noël, Legendary Comics sort une seconde série de comics dérivée de Trick ‘R Treat, sous titrée Day of the Dead, c’est donc sorti le 6 octobre 2015 en trade paperback aux États Unis chez Legendary Comics et le 11 octobre 2017 en France chez Hachette Comics.
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Contrairement à la première série il s’agit ici d’histoires originales, liées elles aussi par le même fil conducteur, à savoir le petit monstre Sam.
L’histoire débute alors qu’un grand père et sa petite fille sont sur le perron de la maison en train de tailler une citrouille le soir d’Halloween, la petite fille est très effrayée par cette fête et son grand père va lui raconter des histoires ayant lieu durant cette fête afin de lui faire comprendre que plus qu’une fête où l’ont va de maison en maison pour quémander des friandises, Halloween c’est aussi un état d’esprit.

Ces histoires sont au nombre de quatre, chacune d’entre elles étant scénarisée et dessinée par des artistes différents.

Autant commencer par le début avec la première histoire (…) à savoir La Graine : C’est écrit par Michael Dougherty lui-même et c’est dessiné par l’excellente Fiona Staples.
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Direction l’Irlande au dix-septième siècle et nous faisons la connaissance de Thomas, un jeune prêtre récemment ordonné. Sous les ordres d’un commandeur sadique, Thomas est chargé de donner les derniers sacrément aux victimes du commandeur, des « sorcières ». Mais un jour Thomas se prend d’affection pour Brigid, une jeune sorcière rousse et fini par tomber amoureux d’elle. Thomas et Brigid vont alors tout faire pour tenter d’échapper au commandeur et ces hommes et quitter l’Irlande. Mais leur route sera chargée d’embûches, et leur seul héritage sera peut être une fameuse graine…


Très honnêtement, c’est une très bonne histoire : Déjà visuellement, Fiona Staples est au top, ses planches sont magnifiques et il se dégage de ces personnages une véritable grâce inhérente au style de l’artiste. Pour ce qui est de l’histoire, on a là une histoire d’amour digne de Roméo et Juliette avec tout ce que ça implique.
Au final c’est une très bonne histoire dont le seul défaut et le même que celle des deux suivantes, j’y reviendrais donc plus tard.

Seconde histoire, La Fille du Maïs, c’est écrit par Todd Casey et dessiné par Stephen Byrne.
23L’histoire prend place en 1853 pendant la conquête de l’ouest, Sarah est une jeune adolescente qui arpente le grand ouest avec son père, chargé de préparer et repérer les lieux pour le futur passage train à vapeur. Tout se passe bien, lorsque les pionniers trouvent sur le futur passage du train un village indien. Les pionniers font mine de faire ami-ami avec les indiens et Sarah se prend d’affection pour la fille du chef. Un soir alors que Sarah se promène aux alentours du village indien, dans des champs de maïs, elle y rencontre une mystérieuses jeune femme s’adonnant à un rituel. La fille du chef lui explique que cette jeune femme est surnommée la Fille du Maïs et qu’elle est une chaman. Après quelques jours sur place, Sarah décide de montrer à ses nouveaux amis en quoi consiste la fête d’Halloween mais son père a de bien plus sombres projets pour les indiens…
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Seconde histoire et c’est encore une vraie réussite : Je dirais même que des quatre histoires c’est même la plus réussie. Les dessins de Stephen Byrne sont sublimes, certaines planches sont même absolument époustouflantes. Quand à l’histoire, même si elle est assez classique, son aspect cruel et historique là rend particulièrement touchante.
Selon moi la meilleure histoire de ce recueil, qui a malheureusement le même défaut que la précédente, sur lequel je vais revenir plus bas.

Troisième et avant dernière histoire, Écho et là, les choses se gâte… C’est écris par Zach Shields et dessiné par Stuart Sayger.
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L’histoire raconte le périple de Jake, un détective privé chargé par une femme le soir d’Halloween de retrouver sa jeune sœur, récemment disparue dans un parc dans lequel un tueur sévit depuis plusieurs semaines. Jake va prendre l’enquête mais va vite se retrouver embringué dans une histoire assez sombre et sordide dans le milieu de la sorcellerie.
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Si les deux premières histoires sont assez réussie, c’est tout le contraire de celle-ci : D’une part l’histoire est très ambitieuse, voir trop : Trop de personnages qui pour certains ne servent à rien (le producteur), trop d’événements s’enchaînent pour un récit ayant si peu de pages pour se développer. Du coup, les péripéties de notre détective alcoolo s’enchaînent à grande vitesse, parfois de façon complètement abracadabrantesque. Le récit a donc un aspect bordélique malgré son pitch de départ plutôt simple. Pour finir les dessins n’aident pas : Confuses, trop sombres, imprécises, certaines planches sont parfois quasiment incompréhensibles, n’aidant pas à comprendre un récit déjà pas bien clair…
De toutes les histoires c’est sans conteste la plus mauvaise, rajouté à cela le défaut des deux précédentes que je vais pouvoir exposer de suite car il ne concerne pas la dernière histoire.

Car en effet, ces trois premières histoires ont un grand défaut. Trick ‘R Treat est un univers qui de base, repose sur l’esprit de la fête de Halloween et force est de reconnaître que en ce qui concerne ces trois premières histoires, le lien avec cette fête est plutôt mince : Dans la première, la fête n’existe même pas encore, dans la seconde elle ne sert que de prétexte au grand final et dans la troisième elle n’y est quasiment pas faite allusion, car mettre quelques gamins qui courent déguisés en fond de décor ne justifie pas de faire d’une histoire une histoire se passant à Halloween, il y a un esprit, des aspects visuels à respecter, surtout quand on est dérivé d’un film qui a bâti son succès là-dessus.
Très honnêtement, en lisant ces trois premières histoires je me suis senti un peu floué, croyant retrouver la saveur et l’ambiance du film, ce qui ne fut malheureusement pas le cas…

Enfin bref, revenons à nos comics et parlons de la dernière histoire, La Légion des Monstres. C’est écrit par Marc Andreyko et dessinée par Zid.
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Dans les années 1960, James et Rory sont deux enfants voulant profiter à fond de leur dernière fête d’Halloween ensemble avant de devenir des « Grands ». Pour marquer le coup, il dépasse un peu les bornes en saccageant le jardin d’un voisin. Ils sont finalement coincés par le shérif et le père de Rory, un pasteur peu enclin à encourager la fête d’Halloween. Alors que Rory se prend une correction sous les yeux médusés de James, des monstres de tout ce qu’il y a de bien réel apparaissent et enlèvent les deux enfants. James et Rory se retrouvent alors dans un endroit bizarre où semblent coexister tout les monstres d’Halloween et décident de se joindre à eux pour faire régner la terreur dans leur petite ville, jusqu’à ce qu’ils se rendent compte qu’ils sont en train de devenir physiquement, les monstres qu’ils incarnent…

Contrairement aux trois autres histoires, c’est la seule dont on ressent vraiment l’esprit d’Halloween : Tout y est, que se soit visuellement ou dans son scénario et très franchement, cette histoire est un vrai plaisir à lire. De plus, les dessins de Zid sont absolument somptueux, sans conteste les plus beaux du recueil, ça se passe de commentaires comme vous pourrez le constater avec les quelques pages égayants cette chronique.
Des quatre histoires, c’est celle qui est le plus en phase avec l’esprit de Trick ‘R Treat  : Même si le scénario n’est pas de ce qu’il y a des plus original, il est rudement bien écrit et réussi vraiment à créer une empathie pour les deux jeunes héros, donnant même un aspect presque féerique à la fête d’Halloween. La cerise sur le gâteau étant son aspect visuel, magnifique qui forme avec le récit un ensemble absolument admirable.

Que dire au final sur ce recueil  ? Très honnêtement, j’ai été un peu déçu : J’ai vraiment et comme vous avez put le constater plus haut, adoré ce film et je pensais y retrouver l’ambiance et l’esprit dans ce comic, ce qui ne fut malheureusement pas le cas, mise à part dans la dernière histoire. Après est-ce que du coup je conseille ce livre, oui et non. Si vous êtes amateur de comics d’horreur comme moi, je dirais que oui, car mis à part la troisième histoire, les autres sont vraiment de qualité et mérite vraiment que l’ont s’y attarde. Par contre si vous souhaitez retrouver l’ambiance du film et la prolonger, vous pouvez passer votre chemin sans hésitation.

Un dernier mot sur l’édition française et je félicite Hachette Comics pour leur travail de qualité : L’édition est impeccable, hardcover et papier glacé de rigueur et mise à part quelques coquilles dans la traduction, c’est du très bon boulot.
De plus, avoir traduit et édité un comic dérivé d’un film qui n’est même pas sorti en France était un véritable risque qui je l’espère sera payant et verra l’édition d’autres livres de ce type dans notre pays, notamment ceux tirés d’un autre film dont je vous ai parlé plus haut, ceux du film Krampus.

Trop peu suivie et fêter en Europe, la fête d’Halloween est pourtant une véritable institution outre atlantique et fait partie de la culture américaine. C’est une véritable manne financière pour le commerce mais aussi un puits d’idées pour les créatifs : Chaque année aux États-Unis voit surgir à cette période toute une flopée de films, romans ou bandes dessinées horrifiques de qualité plus ou moins bonne mais ayant tous cet esprit à la fois festif et effrayant que nous, européens, ne pouvons que regarder de loin… Heureusement que pour nous faire partager cet esprit il reste des univers comme Trick ‘R Treat pour nous restituer à nous aussi, la magie d’Halloween !

Trick ‘R Treat, Happy Halloween disponible depuis le 11 octobre 2017 en France chez Hachette Comics

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1 : Ce film est souvent titré Les Contes de la Crypte  : Le Film en France, hors il n’a aucun lien avec la fameuse série, la dite série ayant ses propres films : Le Cavalier du Diable (1995), La Reine des Vampires (1996) et Ritual (2001, inédit en France).

2 : Ce court métrage est visible sur internet mais aussi dans les bonus des DVDs et Blu-rays de Trick ‘R Treat.

3 : Il faut néanmoins préciser que les versions DVD et Blu-ray américains possèdent un doublage français (québécois, de très bonne qualité) ainsi que les sous-titres qui vont avec, attention néanmoins car que se soit le DVD ou le Blu-ray, les deux sont zonés et si l’envie vous prend de vous les procurer, ils vous faudra un lecteur dézonné pour pouvoir les visionner.
Quand au DVDs allemand et anglais, eux par contre lisibles sur un lecteur français, ils ne possèdent ni doublage ou sous-titres français…
A noter que le blu-ray anglais, aujourd’hui trouvable à pris d’or (compter une quarantaine d’euros minimum) comporte lui par contre sous titres, et doublage en français.


Ah et puis juste comme ça car je viens seulement de le remarquer, ça fait trois ans pile poil ce mois-ci que les Jeudis de l’Angoisse (Des Comics) fêtent leurs trois ans !

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L’alien est un loup pour l’homme


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Bon allez, un peu de choupitude dans ce mode de brutes, ça va pas nous faire de mal.

A 8 jours de la diffusion de la troisième saison de Supergirl, une série TV que l’on continue à soutenir ici malgré ses nombreux défauts, je souhaitais vous faire connaitre (si ce n’était pas déjà le cas) un webcomic vraiment sympathique consacré à la Girl of Steel, tellement cute et inspiré que je le rangerai aisément entre le Superhero Girl de Faith Erin Hicks et le Batgirl/Supergirl de Mike Maihack.

Ce webcomic créé par Sarah Leuver est librement inspiré de la série diffusée sur la chaine CW, reprenant ses personnages principaux (bon, l’histoire reste quand même bien centrée sur Kara et Alex) dans de nouvelles aventures qui ont du chien.
De quoi passer un moment de détente dans l’univers haut en couleur des fan arts dédiés à la kryptonienne, en attendant des épisodes officiels qui seront pour le coup peut-être moins réjouissants…

Au delà de cet hommage à Supergirl, Sarah Leuver est également l’auteure d’une série intitulée The Temple Twins dans la pure tradition des Indiana Jones, mais toujours à destination d’un jeune public.

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I love Barcelona


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Il existe des événements qui me font littéralement kiffer. Alors, évidemment, la plupart du temps il s’agit de manifestations directement liées au comics dans leur ensemble et lorsque mon emploi du temps – et mon porte monnaie – me le permettent, je m’y rends plus que volontiers.
Et puis il y a des conventions qui m’interpellent beaucoup plus car elles sont ciblées vis à vis de mes centres d’intérêt, tels que la Flame Con basée à New York et Geek Girl Con de Seattle (qui a d’ailleurs lieu au moment où j’écris ces lignes).
Alors tout ça c’est très bien mais c’est surtout très loin ! Et si il était question de voir apparaître une telle initiative vers chez nous, la Vieille Europe, vieille certes mais tout autant intéressée par ce genre de thématique (il n »y a qu’à voir les panels consacrés au FIBD d’Angoulême pour s’en rendre compte).

Et bien sachez que ce vœu pieux est sur le point de devenir réalité car du 22 au 24 juin prochains (oui oui en 2018 ! Comme ça vous avez le temps de vous préparer !) est organisée la première Love Fan Fest, une convention totalement et idéalement consacrée à la thématique LGBT dans la Pop Culture.

Voici leur note d’intention, celle-ci me donne furieusement envie de traverser la frontière l’été prochain comme vous pouvez vous l’imaginer :

LOVE Fan Fest apporte à Barcelone le premier événement multifandom LGBT. Un grand festival pour célébrer, débattre et montrer la diversité, avec une demande claire pour une plus grande visibilité dans les films et la télévision. Spécialement pour la visibilité lesbienne qui a encore un long chemin à parcourir, malgré toutes les étapes prises.
Dans notre première édition, nous bénéficierons de l’apparence d’actrices qui ont donné vie aux personnages lesbiens aidant un groupe défavorisé. Non seulement sur la forme mais aussi en arrière-plan.
De plus, nous proposerons concerts, différentes étapes, fêtes, art, de la culture … tout autour d’une atmosphère incroyable.
Barcelone, année après année, s’est confirmée comme une ville ouverte au monde, avec un caractère multiethnique et culturel croissant. Et nous adorerons vivre à vos côtés.

Au programme donc lors de cette convention idéale, du lourd du lourd et encore du lourd !

  • Des conférences dont les sujets comprennent : Sci-fi tv shows et visibilité lesbienne, Les super-héros gay et les relations lesbiennes dans les bandes dessinées, l’industrie du film et les personnages LGBT, prévention de la discrimination chez les enfants issus de couples gais / lesbiens, les jeunes LGBT et l’intimidation…
  • La présence d’actrices qui ont su faire avancer la cause lesbienne dans les séries TV et web séries, à commencer par Gabrielle Christian et Mandy Musgrave de l’excellente série destinée aux ados South of Nowhere qui ne date pas d’hier mais qui reste une très bonne référence pour celles qui souhaitaient voir un programme plus frais que The L Word, Elise Bauman et Natasha Negovanlis, héroïnes de la web série culte ET Canadienne Carmilla, et pour finir, LE trio de la mort qui tue provenant tout droit de Purgatory :  Dominique Provost-Chalkley, Katherine Barrell, et Melanie Scrofano, que demande le peuple ? Seriously ?
  • Et que dire de plus à part qu’un concert électronique dantesque est prévu tout au long du week-end, (souvenez-vous on est à Barcelone…)

Une telle convention va donc avoir lieu à Barcelone, le week-end du 22-24 Juin 2018, vu l’échéance on peut aisément espérer des guests supplémentaires, et si, pourquoi pas celles-ci ne proviendraient pas de National City ?

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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 35


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Resident Evil : Code Veronica et les comics Resident Evil

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Aaaaah Resident Evil, rien que le nom me donne envie de laisser tomber l’écriture de cette chronique pourtant si chère à mon cœur et de me jeter sur ma console pour mettre des roustes à coup de Beretta à toute une horde de monstruosités mutantes. Tout le monde connait plus ou moins la licence Resident Evil, que se soit au travers de la série de jeux vidéos ou même, honte à vous, des (infâmes et irrespectueux) films avec Milla Jovovich. Comme toute saga engrangeant de l’argent, les produits dérivés sont légion : Outre les figurines, statuettes et autres joyeusetés promotionnelles chères aux fans hardcore (il existe même des éventails Resident Evil ! Et euh… Si vous pouvez vous en procurer et bien euh… Je suis preneur…) il ne fallut pas longtemps avant que les premiers mangas et comics arrivent sur les étals en arborant fièrement le fameux logo rouge sang.
Bien que se soit une série de jeux essentiellement japonaise (néanmoins, certains titres Resident Evil ont été développés en occident), il en existe des comics produit aux États-Unis et ça tombe bien (ou pas) puisque… C’est de mangas (plutôt de manhwas d’ailleurs) que l’on va parler aujourd’hui ! Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, si vous connaissez peu ou pas ce qu’est Resident Evil, une petite présentation s’impose.

Resident Evil et le survival horror

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Resident Evil (Biohazard au Japon (1) ) est donc une série de jeu vidéo dont le premier titre fut distribué en 1996 sur Playstation. Fondateur du genre de jeu vidéo dit de Survival Horror (2), il s’agit d’un style de jeu dans lequel le héros est coincé dans un endroit hostile, le plus souvent infesté de monstres de tout genre et doit survivre pour s’en sortir en rationnant les munitions et les items de soin, tout en résolvant des énigmes. Dés sa sortie, Resident Evil est un succès mondial, aussi bien critique que public (3) et va donc engendrer des suites, beaucoup de suites : A ce jour la série Resident Evil compte sept épisodes principaux et pas moins d’une quinzaine de spin-off et de versions plus ou moins améliorées ou remakes des différents épisodes.

Le survival horror est un style très populaire pour plusieurs raisons, déjà pour le challenge que chaque jeux proposent : Ce sont des jeux exigeants, difficiles et qui mettent les nerfs des joueurs à rude épreuve. Ce sont également des jeux tirant leurs inspirations de la culture horrifiques : Films de monstres ou de zombies (Resident Evil, Parasite Eve), phénomènes paranormaux (Silent Hill, Project Zero) ou encore ils arrivent même que le style se mixe avec d’autres genres comme le jeu d’infiltration (Forbidden Siren, Haunting Ground) ou le FPS (Amnesia, Condemned).

 

A partir de Resident Evil 4, la série va prendre un virage à 180 degrés en s’orientant vers le jeu d’action (même si ce virage était déjà amorcé depuis longtemps avec un Resident Evil 3 orienté plus action que survie et la série de spin-ofs des Resident Evil Survivor), cette orientation va durer durant 3 épisodes (Resident Evil 4, 5 et 6) avant de revenir au survival horror récemment avec le septième opus, à un petit détail prêt : D’un style de jeu à la troisième personne (style de jeu où l’on voit son personnage), le jeu passe en mode FPS (style de jeu où l’on voit avec les yeux des personnages).

Même si Resident Evil 7 est une réussite incontestable, Resident Evil reste pour les fans de la première heure un survival horror dans lequel on tire sur des zombies (ce qui n’est pas tout à fait vrai puisque même si le zombie reste l’antagoniste de choix dans les premiers épisodes, il y a de nombreux épisodes de la série qui n’en comportent pas, comme Resident Evil 4 et 5 et Resident Evil Révélations par exemple).

Comme toute série, tout les épisodes et spin-off ne se valent pas et les fans ont tendance à avoir des préférences, généralement en fonction de l’époque où ils ont connu la série : Pour les plus jeunes, le favori est souvent Resident Evil 4, épisode sorti en 2005 sur le Gamecube de Nintendo, pour les autres qui ont comme moi connu et suivi la série depuis son tout premier opus, les préférences vont souvent aux épisodes originaux et en ce qui me concerne un de mes épisodes favoris est sans conteste Resident Evil : Code Veronica et ce pour plusieurs raisons, que je vais exposer ci dessous avec plaisir.

La genèse de Resident Evil : Code Veronica

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Resident Evil est une série de jeu dont chaque épisode a subi des développements plus ou moins chaotiquse, et cela tient en général en plusieurs facteurs : D’une part le tempérament volcanique et exigeant de son créateur, le terrible Shinji Mikami qui n’a pas hésité à plusieurs reprises à revoir de A à Z des jeux de la série dont le processus de production étaient déjà bien avancé (4), l’autre facteur est souvent dû à la société Capcom elle-même, souvent en bisbille avec ses deux principaux rivaux de l’époque, à savoir Namco et Squaresoft (futur SquareEnix). Et c’est de cette rivalité que viendra principalement les aléas de développement de Code Veronica.

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Shinji Mikami, créateur de la série Resident Evil lors de la promotion de son dernier jeu, The Evil Within

Pourquoi à l’époque Capcom en veut à Namco et Squaresoft ? Pour le premier, Namco (créateur de la série de jeux de combat Tekken, entre autre), il s’agit plus d’un problème d’ego : Capcom a eu beaucoup de mal lors du passage à la 3D, particulièrement des jeux de combat, ce qui ne fut pas le cas de Namco qui avec Tekken et Soul Blade sont devenus en quelques mois les leaders du marché, reléguant Capcom et ses jeux de castagne en 2D quasiment aux oubliettes… Il faudra attendre Street Fighter IV, soit 14 ans plus tard pour que Capcom retrouve l’estime des joueurs et le chemin du succès dans ce domaine.
Pour ce qui est de Squaresoft (studio créateur de la saga Final Fantasy, entre autres), c’est encore pire et directement lié à Shinji Mikami et au développement de Resident Evil 2 : En effet, lors du développement de Resident Evil 2, et comme je l’ai rapidement abordé, Mikami décida au 2/3 du développement du jeu de tout reprendre de zéro, car selon lui il était insatisfait du résultat.
Découragés, les ¾ de l’équipe créative et technique partirent sans se retourner pour aller travailler… Chez Squaresoft qui à l’époque développe un autre gros titre de l’horreur vidéoludique, Parasite Eve, l’adaptation/suite en jeu vidéo d’un roman d’horreur à succès au Japon.
Lassé d’attendre la sortie de Resident Evil 2, le public japonais se détournera de ce dernier un temps pour porter plus d’attention à Parasite Eve, projet plus stable et prometteur qu’un hypothétique Resident Evil 2, déjà trois fois repoussé. Resident Evil 2 et Parasite Eve sortiront même à quelques mois d’intervalles au Japon, janvier pour Resident Evil 2, mars pour Parasite Eve.

Enfin, à l’origine, Code Veronica devait accompagner la sortie de la console Dreamcast de Sega mais soucieux du succès de cette dernière, Capcom décida d’attendre que le parc des consoles atteignent le million d’exemplaires avant de lancer son titre… Du coup encore repoussé.
En attendant, Capcom développera un autre épisode de Resident Evil, Resident Evil 3 : The Last Escape sur la Playstation 1 (5), les deux jeux seront alors développés en parallèle et certaines idées à la base prévues pour Code Veronica finiront d’ailleurs dans Resident Evil 3, comme la présence d’un ennemi récurrent traquant le héros, devenant l’imposant Nemesis.
D’ailleurs pour la petite histoire, Code Veronica aurait dû être l’épisode 3 de la franchise mais Capcom aurait préféré donner cette appellation à l’opus Playstation 1 pour rester dans les bonnes grâces de Sony (6).

Resident Evil 3 et Code Veronica eurent d’ailleurs des dates de sorties très proches, à peine 6 mois : Resident Evil 3 sorti en septembre 1999 et Code Veronica en février 2000.

Resident Evil : Code Veronica, l’épisode différent

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Ce qui frappe au premier abord avec Code Veronica (appelons-le CV pour plus de facilité), c’est que le jeu diffère totalement de Resident Evil 3 : Déjà en terme de gameplay, Code Veronica revient aux sources des deux premiers opus et s’éloigne du traitement plus action de Resident Evil 3, ce dernier proposait aux joueurs un système d’esquive, des espaces de jeu plus larges, un nombre d’ennemis plus important à l’écran et des armes lourdes. Rien de tout cela n’est présent dans CV : On revient aux bases du premier opus avec des munitions plus rares, des espaces confinés et des ennemis plus résistants. L’autre différence est notable visuellement, pas de villes apocalyptiques et retour aux vieilles bâtisses glauques et aux centres de recherches souterrain abandonnés.
L’autre différence flagrante et au niveau scénaristique : CV est en effet l’un des premiers épisodes de la série à proposer un scénario plus fouillé et notamment des méchants plus travaillés, le retour d’Albert Wesker, plus charismatique que jamais et surtout le terrifiant Alfred Ashford, personnage psychotique et sadique à la personnalité trouble.
C’est aussi la première fois que le jeu fait des références appuyés à autre chose que des films de zombies : On y voit ainsi des références à Psychose d’Alfred Hitchcock, HP Lovecraft, aux films de la Hammer ainsi qu’aux Giallo italiens.
Le scénario est résolument intéressant et complexe et du coup je ne peux pas trop en dévoiler ici au risque de spoiler, pour ceux qui jouent et qui n’ont pas fait le jeu, il ne vous reste qu’à prendre une manette et vous lancer (7), pour les autres qui ne jouent pas (personne n’est parfait), au pire demandez à quelqu’un de vous faire découvrir le jeu ou regardez un walkthrough sur internet.

Avec son retour aux sources de la série, sa direction artistique résolument différente des autres opus, son scénario allant de surprises en surprises (brouillant même parfois les pistes), et ses méchants charismatiques, CV est un épisode à part de la franchise Resident Evil : Différent, il a su s’attirer la préférence d’une partie des fans et est considéré par beaucoup (dont moi) comme le meilleur épisode de la période survival de la saga.

Resident Evil : Code Veronica X, la mise à jour.

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Malgré ces qualités, CV souffre de quelques défauts : La principale étant son final, énigmatique et expédié, laissant de nombreuses questions sans réponses.
Ce défaut sera corrigé dans une version corrigé de CV, appelé Resident Evil Code Veronica : Complete sur Dreamcast et Resident Evil Code Veronica : X lors de son portage sur Playstation 2 et Gamecube. Cette nouvelle mouture proposera donc une séquence finale augmenté de plus de neuf minutes de cinématique, plus explicative et claire que la séquence originale.
L’autre défaut étant par contre plus cocasse puisqu’il s’agit de la ressemblance un peu trop flagrante entre Steve, l’un des personnages du jeu avec Leonardo Di Caprio (période Titanic), ayant servi d’inspiration. Ça peut prêter à sourire aujourd’hui mais Capcom eu tellement de retour des joueurs sur ce point que le pauvre Steve dû se retrouver affublé d’une nouvelle coiffure lors de la version X de CV.

Resident Evil  : Les Comics

Comme toute saga vidéoludique qui se respecte, Resident Evil eu droit à de nombreuses adaptations en comics (et plus tard en mangas, mais c’est un autre sujet sur lequel je reviendrais probablement une autre fois) pour m’intéresser aujourd’hui uniquement aux comics.

 

Le tout premier comic Resident Evil est un comic promotionnel publié par Marvel pour promouvoir la sortie du premier jeu sur Playstation. Le jeu suit la triste destinée de Richard Aiken à son arrivée dans le manoir Spencer, jusque sa rencontre avec le terrible Yawn. En parallèle, ont suit la préparation de l’équipe Alpha des S.T.A.R.S. menée par Albert Wesker.
Autant être franc, c’est très mauvais : Mal écrit (scénario de Dan Shahee, Chris Krahmer et Simone Seydoux) et dessiné avec les pieds par un Dave Johnson débutant pas vraiment au top et qu’on a depuis connu plus à l’aise.
Un pur objet promotionnel sans autre réel intérêt que d’être un collector très prisé des fans car aujourd’hui complètement introuvable.

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Deux ans plus tard, peu après la sortie de Resident Evil 2 sur le sol américain, c’est DC/Wildstorm qui obtient la licence Resident Evil et lance un magazine sobrement intitulé Resident Evil. Ce magazine durera 5 numéros et consistera surtout en un ensemble d’histoires courtes ayant plus ou moins de liens entre elles se déroulant dans l’univers de Resident Evil 1 et 2 et ou utilisant les personnages de ces deux jeux.
La plupart des ces histoires sont assez courtes et signées principalement par les scénaristes Ted Adams (aujourd’hui président de IDW) et Kris Oprisko (un habitué des comics à licence puisqu’il travaillera sur les adaptations en comics de Metal Gear Solid, Les Experts ou encore Underworld). Niveau dessins, là aussi quelques artistes reviennent régulièrement et plutôt des têtes connues, principalement Carlos D’Anda et Lee Bermejo.

17Autant être franc, c’est vraiment pas la joie et la qualité des histoires oscillent souvent entre le « pas terrible » et le « nul »… Des lectures anecdotiques puisque même pour les fans ces histoires n’ont aucun intérêt, ne faisant même pas partie de la chronologie.
Les différents numéros sont agrémentés d’interviews et de fiches des personnages et monstres ainsi que de jolies couvertures, notamment de Jim Lee.
Pour résumer, un pur magazine destiné à racketter l’argent des fans les plus assidus.
Sachez que si le cœur vous en dit, les histoires courtes des quatre premiers numéros (pour une raison que j’ignore il manque les histoires du numéro 5) sont compilés dans un trade paperback intitulé Residen Evil Collection One.

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Le second « comic » publié dans le pays de l’oncle Sam est en fait l’adaptation de Resident Evil Code Veronica, mais ça, j’y reviendrais plus bas.

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Troisième comic Resident Evil, Fire & Ice est toujours publié par Wildstorm sous la forme d’une mini-série en 4 numéros publiée de décembre 2000 à mai 2001, puis réimprimée dans un trade paperback en 2010 pour accompagner la sortie du jeu Resident Evil 5. La série fut publiée en France par Panini Comics en 2010 dans un hardcover sous le titre Resident Evil : La Glace et le Feu.
Au scénario on retrouve donc les auteurs ayant « œuvré » sur les numéros du magazine publié en 1998, à savoir Ted Adams et Kris Opersko au scénario et Lee Bermejo et Shawn Crystal aux dessins.
On fait donc la découverte de l’équipe Charlie des STARS, une équipe spécialement créée pour combattre les scientifiques fous de la société Umbrella. L’équipe Charlie enquête sur un cirque visiblement infecté par un virus et va vite découvrir les ramifications et origines de cette infection.

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Là encore et malgré le talent de Lee Bermejo, ça ne vole pas bien haut et la lecture devient vite très barbante et le pire c’est que malgré le fait que je sois très bon public pour ce genre de publications, c’est assez rare que je ne ressente pas l’impression de lire un comic dérivé de la série dont il porte le nom et c’est ce qui s’est passé avec Fire & Ice car durant toute la lecture je n’ai pas eu l’impression de lire un comic Resident Evil… Les personnages ne sont pas attachants, les scènes d’action anecdotiques et l’histoire pas vraiment originale.
Encore une occasion manquée avec un comic qui aurait pu être réussi.

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Le dernier comic Resident Evil publié à ce jour est une mini-série en 6 numéros sobrement intitulée Resident Evil Volume 2 et fut publiée par Wildstorm en 2009 puis compilée dans un trade paperback en 2011.
Le scénario est de Ricardo Sanchez et les dessins de Jheremy Raapack et Kevin Sharpe.
Le scénario, même si il ne fait pas partie de la chronologie officielle est un spin-off de Resident Evil 5 et nous présente deux nouveaux personnages, membres du BSAA : Mina Gere et Holiday Sugarman. En mission sur une station spatiale, Mina Gere va se retrouver aux prises avec des zombies et des mutants, pendant ce temps, en mission au Grezbekistan, l’équipe de Sugarman se fait décimer par une armée de mutants, il sera le seul survivant. Ces deux événements apparemment sans lien vont très vite se recouper quand Sugarman et Mina Gere vont devoir faire équipe.

 

Enfin un bon comic Resident Evil ? Presque ! Suivant la logique de la série des jeux, ce comic délaisse le coté survie pour se concentrer sur de l’action gore à outrance et ma foi, ça fonctionne plutôt bien. L’histoire ne casse pas trois pattes à un zombie mais se laisse suivre agréablement, du fait d’une narration décomplexée peu avare en dialogues et des dessins étonnement réussis.
En bref, une mini-série qui ne réinvente pas le genre mais se laisse agréablement lire sans lassitude.

Resident Evil : Code Veronica, l’adaptation officielle

 

Cette bande dessinée est l’adaptation officielle du jeu du même nom, elle est écrite par Lee Chung Hin et Hui King Sum et dessinée, encrée et colorisée par Hui King Sum. Elle fut publiée en Chine et en Corée en 2000 en 18 numéros, quasiment conjointement à la sortie du jeu, puis publiée aux États-Unis par Wildstorm en 2002.

L’histoire reprend exactement la trame du jeu : Alors qu’elle a infiltrée le QG parisien de la société Umbrella, Claire Redfield est capturée puis emprisonnée sur l’île prison de Rockfort Island. Suite à une attaque de l’île par un commando inconnu, elle est libérée par son geôlier et découvre que l’île est peuplée de zombies… Elle fait la connaissance d’un autre prisonnier évadé, le jeune Steve, et les deux infortunés vont devoir faire équipe pour sortir vivant de l’enfer qu’est devenu la petite île. Peu après sa libération, Claire réussi à envoyer un message de détresse à son frère, Chris, qui se met immédiatement en route pour secourir sa sœur.

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Comme pour le jeu qu’il adapte, ce comic, qui est en fait un manhwa (8), a une histoire de publication assez originale : Publiée d’abord en Corée et en Chine en 18 chapitres, cette bande dessinée sera ensuite traduite en anglais en quatre volumes, comprenant chacun 4 chapitres et la moitié d’un cinquième, la suite dudit chapitre scindé en deux se trouvant dans le volume suivant. Les dialogues ont été de plus complètement réécrit pour la version anglophone par Ted Adams et Kris Oprisko (encore eux…)

 

Objectivement, cette bande dessinée est très réussie, à condition de ne pas être allergique au style coréen : Plus vif, énergique et dépouille que le style japonais, si on ne connait pas trop ce genre, ses aspects peuvent être déstabilisant aux début mais très honnêtement, on s’y fait assez vite. Le trait est donc très vif et dynamique et les décors sont souvent assez chiches, privilégiant les personnages et l’action (9).

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CV ne déroge pas à la règle et reste dans les canons inhérent du style manhwa : Tout les aspects visuels inhérent au style sont présents, après, libre au lecteur d’adhérer ou non. Personnellement, j’ai eu un peu de mal au début et puis au bout de quelques pages on s’y fait, tout est question de goût. Néanmoins, si déjà vous êtes habitués à lire des mangas, la lecture d’un manhwa ne devrait pas vraiment être un problème.
Enfin, lors de gros plans où de splash-pages, la colorisation prend un aspect peint du plus bel effet et les-dites vignettes et pages ont un rendu parfois vraiment impressionnant, certaines égayant d’ailleurs cette chronique.

 

Niveau scénario, si vous avez fait le jeu, pas de véritable surprise à l’horizon puisque cette bande dessinée suit pas à pas le déroulement du jeu original, quasiment aux détails prêts : L’action suit celle du jeu quasiment à l’identique, allant même jusqu’à représenter les personnages ramassant certains items ou donner les solutions des énigmes. Une fidélité bienvenue qui montre un respect évident pour le matériel original mais qui à la longue se révèle un peu « lourde » : En effet, lire une bande dessinée qui est entrecoupée de passages durant lesquels les personnages débattent avec eux-même sur l’utilité de tel ou tel objet casse parfois un peu le rythme.
D’un coté, pour ceux qui n’ont pas fait le jeu, c’est plutôt bienvenu puisque la lecture de la bande dessinée peut quasiment servir de compagnon et aider à anticiper certains événements et difficultés du jeu original, néanmoins il faut avouer que pour ceux qui ne jouent pas, savoir que telle clé ouvre telle porte n’a pas grand intérêt.

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Au final est-ce que je conseille la lecture de cette bande dessinée ? Assurément, d’une part pour sa fidélité à l’œuvre originale car elle permet de revivre cette véritable odyssée de l’horreur que vont vivre Claire, Steve et Chris sur Rockfort Island de façon très fidèle. Ensuite pour son style visuel vraiment original qui sort des sentiers battus.
A mi-chemin entre objet promotionnel et véritable bande dessinée d’action/horreur, Resident Evil : Code Veronica est une œuvre atypique, intéressante et vraiment originale : Un must read pour les fans de la franchise et une vraie et excellente curiosité pour les autres.

 

Sachez que la Corée adapta également les opus deux et trois de Resident Evil ainsi que l’épisode Zero, ces différentes bande dessinées ayant d’ailleurs aujourd’hui le même point commun : Celui d’être extrêmement rare, donc très prisé des fans et s’arrachant donc logiquement à prix d’or sur internet : Comptez entre 40 et 70 € selon les tomes pour la version américaine de Resident Evil Code Veronica

 

Resident Evil est devenu avec le temps bien plus qu’une série de jeux vidéo : Déclinée en films, bandes dessinées, romans (papier et audio) et multiples produits dérivés, c’est devenue une part essentielle de la culture horrifique geek, elle a également instauré des codes visuels et scénaristiques uniques.
De part son style sans équivalent à ce jour, la saga a su transcender le jeu vidéo et est devenue elle-même une référence qui dorénavant influence les médias dont elle s’est inspirée : La série fêtait ses 20 ans d’existence en 2015 et il est fort à parier que l’on a pas fini d’en entendre parler  !

Resident Evil : Code Veronica, mini-série en 4 tomes publiée de juin à Décembre 2002 aux États-Unis par DC/Wildstorm.

1 : La série fut renommée Resident Evil en occident pour éviter une confusion avec un groupe de métal américain du même nom.

2 : Il est utile de préciser que l’appellation « Survival Horror » fut créée par Capcom pour designer les jeux de ce style sortis par eux-même, même si elle s’est généralisée depuis, à la base c’est un terme réservé aux productions Capcom, tout comme le terme « Versus Fighting » qui désigne les jeux de combat sorti chez Capcom.

3 : Le premier Resident Evil sera même le seul jeu de l’histoire à obtenir la note ultime de 100% dans le magazine de jeux vidéo français Joypad.

4 : Mikami n’hésita pas par exemple à reprendre de zéro le développement de Resident Evil 2, pourtant achevé à… 65%  ! Reculant ainsi de quasiment un an la sortie du jeu. Le bougre réitéra la chose à une moindre mesure lors du développement de Resident Evil 4, passant d’un style survival horror à un style de pur jeu d’action.

5  : Prévu sur Playstation 2, Resident Evil 3 sortira finalement sur Playstation 1 et là encore pour une histoire de rivalité : En effet Capcom n’aurait apparemment pas apprécié que Sony envoie en priorité ses kits de développement Playstation 2 aux studios qu’elle jugeait plus « loyaux » et quels étaient ces studios  ? Je vous le donne en mille : Namco et Squaresoft  !

6 : D’ailleurs Shinji Mikami n’ayant été que producteur sur Resident Evil 2 et 3, il considère Code Veronica comme son véritable Resident Evil 2.

7 : Pour information, le jeu est disponible sur Dreamcast, Playstation 2, Gamecube, PS3 et Xbox 360. On peut aussi revivre l’histoire du jeu de façon assez fidèle sous la forme d’un jeu de tir dans Resident Evil : The Darkside Chronicles sur Wii et PS3. A noter également que le deuxième opus de la série de jeux vidéos Survivor reprend la trame scénaristique de Resident Evil Code Veronica, mais vu la qualité du titre, très mauvaise, il vaut mieux se tourner vers The Darkside Chronicles.

8 : Un manwa est une bande dessinée coréenne, très proche du manga, ces bandes dessinées ont en fait un style et une narration qui leur sont propres, légèrement différente de leurs cousins japonais.

9 : L’autre différence entre manga et manhwa est le mode de publication : Là où les mangas sont d’abord publié de façon hebdomadaire dans de grosses revues anthologique en noir et blanc (comme le très célèbre Weekly Shonen Jump), les manhwas sont en couleurs et publiés sous forme de fascicules d’une vingtaine de pages, un peu à la manières des comics américains.

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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 34


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Vampires Vs Zombies  !

 

Les « Jeudis » prennent aussi leurs quartiers d’été en ce beau mais chaud mois d’août ! Après un long dossier en deux parties sur la saga Massacre à la Tronçonneuse (que vous pouvez retrouver ici et ici) qui m’a cannibalisé (sans mauvais jeux de mots) pas mal de temps et d’efforts, je lève le pied ce mois-ci et plutôt que de vous proposer un long dossier sur un thème ou une saga horrifique précise, je vous propose pas une, mais deux reviews de deux comics d’horreur traitant du même thème : Et si les vampires existaient, comment réagiraient-ils à une invasion de zombies (qui eux n’existent pas non plus cela dit…) ?
Deux auteurs ont tenté de répondre à cette question et pas des moindres : La légende de l’horreur qui nous a malheureusement quitté depuis peu, George Romero et le surdoué Max Brooks. Deux légendes, deux approches différentes, direction le stade ultime de l’horreur, quand vampires et zombies sont forcés de se tirer la bourre !

 

Honneur aux légendes et ouvrons le bal avec Empire of the Dead, de George Romero et Alex Maleev, Dalibor Talajic et Andrea Mutti, publié en trois tomes en France par Panini de Septembre 2014 à Mai 2015.

L’humanité se remet tant bien que mal de la peste zombie qui a sévi des années 60 à nos jours : Les zombies sont quasiment vaincus, la peste est endiguée et les humains tentent tant bien que mal de reformer une société cohérente dans des bastions dirigés de main de maître par des hommes politiques tyranniques et sans pitié. C’est le cas de New York, ville fortifiée dirigée par le maire Chandrake. Dans cette ville sans foi ni loi, Penny Jones, une jeune scientifique, étudie les zombies et constate qu’en plus d’avoir réussi à les domestiquer, ces derniers servant désormais de chair à canon pour les militaires et de gladiateurs pour amuser les civils dans des duels d’arènes, évoluent et sont progressivement en train d’acquérir des consciences qui leurs sont propres, c’est le cas de Xavier, une jeune militaire récemment infectée qui lutte entre sa raison et la faim tenace qui la tiraille.
Mais dans New York, des rumeurs folles se propagent : Des cadavres sont découvert exsangues dans les rues, deux marques au cou et la haute société qui dirige la ville ne semble pas être étrangère à ces meurtres. Commence alors pour Penny Jones, Xavier et quelques autres une succession de découvertes, comme un mystérieux « Camp de Travail » dans lequel des jeunes gens sont parqués comme des animaux et disparaissent.

 

Empire of the Dead est un récit typique de George Romero, on y retrouve la plupart des thématiques chères au réalisateur avec la lutte des classes, l’anti-militarisme, l’évolution des zombies vers une seconde humanité et beaucoup d’autres choses que je vous laisse le soin de découvrir.
De plus, Romero a eu la bonne idée de placer son récit dans son propre univers et sa saga des …  Of The Dead : Ainsi, plusieurs références sont faites aux films La Nuit des Morts Vivants, Zombie mais surtout à Day of the Dead et Land of The Dead, Empire of the Dead étant d’ailleurs plus ou moins une suite à ce dernier film, tant les thématiques et l’aspect visuel sont similaires.

9Là où l’incursion des vampires aurait pu paraître plutôt exagérée et extravagante, Romero a choisi de traiter cela de façon subtile et plutôt que de faire des vampires des êtres bestiaux et assoiffés de sang, à l’image des zombies pour la chair humaine, ils sont ici dépeint comme des êtres froids et calculateurs, se rendant bien compte que sans les humains et à la mercie des zombies, leur propre race va droit à sa perte. On retrouve donc et comme je le citais plus haut, un parallèle avec la lutte des classes cher au réalisateur de Pittsburg, les vampires symbolisant de toute évidence les politiques et les zombies la classe populaire, qui tant qu’elle reste passive ne représente pas de danger mais qu’il faut tout de même garder à l’œil. A coté de ça, il y a aussi des références faite à plusieurs thèmes « zombiesque », notamment l’apprivoisement et l’évolution des zombies, commencé dans Le Jour des Morts-Vivants et développé dans Land of the Dead, la zombie Xavier ayant assurément des points communs avec le zombie pompiste Big Daddy du film.

11Empire of the Dead est de ce fait un récit dense, complexe, qui peut être lu à plusieurs niveaux : Bien loin d’un combat gore entre deux espèces du cinéma d’horreur, c’est une histoire intelligente, dont le seul et unique défaut est peut-être, selon moi, une profusion de personnages qui du fait force parfois le lecteur à revenir en arrière pour se remémorer qui est qui.

Visuellement, les trois tomes sont signés par trois artistes différents, mais au style assez similaires.
Le premier tome est dessiné par la star Alex Maleev, le bulgare et sont style sombre servant à merveille le récit, pas grand chose à reprocher à ce tome, le trait de Maleev étant résolument parfaitement adapté au récit.
Le second tome quand à lui est réalisé par Dalibor Talajic, l’artiste croate ayant un trait sensiblement similaire à celui de Maleev, moins détaillé et plus clair dans les lignes notamment, on est pas trop dépaysé et la transition se fait en douceur. Enfin le dernier tome est signé par Andrea Mutti, un autre habitué de cette rubrique et des récits d’horreur en général, là encore le choix de l’artiste est pertinent puisque son style s’adapte parfaitement à ceux de ces prédécesseurs, donnant à l’ensemble une cohérence assez surprenante malgré la succession de trois artistes.
12A noter que toutes les couvertures alternatives sont compilées en fin de chaque album et on y retrouve des talents comme l’habitué des zombies Arthur Suydam, Frank Cho, Greg Horn, Alexander Lozano ou l’excellent et brillant Francesco Mattina.

Panini propose les trois tomes en hardcover, dans une édition et une traduction impeccable : Rien à redire de ce coté là.

En résumé  : Une histoire d’horreur ancrée dans la saga cinématographique de George Romero qui étend et développe des thématiques de façon intelligente, bien illustrée et bien éditée, en bref une lecture plus que recommandable.

 

Deuxième round et c’est cette fois au créateur du fameux et depuis référentiel Guide de Survie en Territoire Zombie de s’attaquer à cette épineuse question : Et si les zombies infestaient un monde déjà peuplé de vampires, comment ces derniers réagiraient-ils ? Extinction Parade est un comic en deux tomes publié en France par Panini en juin et novembre 2015, c’est donc Max Brooks qui scénarise et le dessinateur espagnol Raulo Caceres qui s’attelle au coté visuel.

 

L’infection zombie est en train de se déclarer et les humains sont envahis par les vagues de zombies qui se propagent de plus en plus de part le monde. D’abord amusés et condescendants, les vampires observent cette débandade, amusés de constater que les humains et leur société soient si facilement submergés par des êtres si faibles et pitoyables. Mais malgré tous leurs efforts pour endiguer l’infection, les humains succombent et l’amusement des vampires va vite se succéder à un sentiment d’inquiétude, voir de peur : Et si les humains étaient vaincus, que vont-ils devenir sans source de nourriture ? L’extinction des vampires, dont l’existence dépendait des humains, est-elle également en marche ? Depuis des millénaires, habitués à vivre dans l’ombre d’une société humaine qu’il méprisent, les vampires vont devoir sortir de leur anonymat pour combattre les zombies et ainsi devenir, peut-être, les sauveurs de la race humaine.
Mais là où les humains, malgré des siècles d’expériences de la guerre ont échoué, les vampires et leurs simples pouvoirs suffiront-ils à venir à bout de la horde de zombies, maintenant maîtres du monde, les vampires ont-ils retenu les leçons de la défaite humaine ? Rien n’est moins sûr…

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Même thème, traitement différent : Max Brooks dépeint dans Extinction Parade des vampires absolument détestables : Orgueilleux, condescendants, les vampires de Max Brooks sont des êtres absolument infâmes, traitant les humains, pourtant essentiels à leur survie, comme du bétail. Dans le premier tome, les vampires, d’abord amusés de la débandade humaine face aux zombies prennent peu à peu conscience de ce qui se passe : L’extinction des humains est inéluctable, et sans humains plus de sang et donc cela signifie aussi leur extinction à eux. Les vampires sont alors forcés de sortir de l’ombre et combattre les zombies, mais ces êtres si puissants se révèle eux aussi rapidement submergés par la masse des zombies et doivent très vite revoir leur tactique. C’est ainsi que dans le second tome, sous titré Guerre Totale, les vampires vont devoir apprendre à faire ce qu’ils n’ont jamais fait : La Guerre. Mais là où les humains ont échoué malgré leur expérience millénaire à s’entre-tuer, les vampires vont devoir commencer à zéro, étudiant l’ennemi, tirant des leçons des victoires et des défaites…

3Véritable analogie de l’évolution de la société et des statuts des êtres qui la composent dans le premier tome, les vampires symbolisant évidemment « les puissants » et les humains la classe populaire qui même si elle est à leurs yeux méprisables est essentielles à leur survie, Extinction Parade est un portrait au vitriol sanglant de notre société qui va droit dans le mur de par son inertie et sa condescendance : Ainsi les vampires restent inertes face à une situation qui très vite devient ingérable et se réveille pour secourir une civilisation qui est aux portes de son extinction au pire moment, celui où l’écroulement est déjà engagée…
7Dans le second tome, les vampires, cachés depuis des millénaires doivent faire la guerre, mais dans ce cas là, il faut tout commencer à zéro mais la situation est déjà mal engagée, et les vampires n’ont qu’un seul exemple, celui des humains, qui ont déjà échouer face aux zombies : Les suceurs de sang ont-ils retenu la leçon de la défaite humaine ou vont-ils de nouveau faire des erreurs ? Le constat de Max Brooks est cinglant : Là encore dans ce tome on a droit à une analogie de l’histoire de la guerre au travers des découvertes et expérimentations des vampires, où l’évolution des moyens ne va pas forcément dans le bon sens…
La conclusion est sans équivoque, mais pour la connaître, il va falloir lire cette histoire  !

Visuellement, c’est un de mes artistes favoris qui s’occupe de ce combat sanglant, le dessinateur espagnol Raulo Caceres. En effet, Caceres fait sans conteste parti de mes artistes favoris, donc excuse-moi si j’ai tendance à trop jeter de fleurs durant les lignes qui suivent.
Visuellement, le savoir faire de l’artiste est stupéfiant à chaque page : C’est gore, très gore même, honteusement détaillé tout en restant lisible, les splash pages sont énormes, dépeignant des scènes de massacres absolument infernales. De même le savoir faire de l’artiste dans le dessin des corps et des expressions des visages dans le style typiquement ibérique – style que j’affectionne beaucoup en passant – fait des merveilles : L’horreur de certaines situations est véritablement visible sur le visage de certains personnages, rendant du coup l’immersion et le coté désespéré de l’histoire encore plus fort.
Caceres était donc véritablement l’artiste tout désigné pour cette histoire, un carton plein absolument flagrant dès les premières planches, comme vous pourrez le constater avec les images qui égayent cet article.

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Extinction Parade est donc une histoire surprenante : Sur des visuels gores et cradingues de toute beauté, Brooks réussi à y ajouter une réflexion et un constat cinglant de l’état de notre société et de ses dérives. Un tour de force salutaire, une lecture dont on ressort le cœur et l’esprit retournés.

Bien loin de l’image habituel des « Versus », Empire of the Dead et Extinction Parade sont deux visions, certes très différentes, mais à la fois intelligentes et surprenantes de la rencontre entre deux icônes de l’horreur.
Je dis souvent qu’il n’y a pas de mauvaise idée, juste de mauvais scénaristes et le fait de faire s’opposer deux mythes aussi différents que les zombies et les vampires était en soit un projet casse-gueule, à moins d’y mettre des personnes compétentes et talentueuses qui maîtrisent le sujet, et qui mieux que George Romero et Max Brooks, spécialistes des histoires de zombies pouvaient réussir ce tour de force ? La preuve tient en ces deux histoires, réussies tout en étant très différentes, mes lectures conseillées de l’été, assurément  !
(sauf que l’été prend fin le jour de la publication de cette chronique…)

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L’Art et la Manière


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J’ai profité d’une courte mais salvatrice escapade parisienne pour aller visiter l’exposition consacrée à un éditeur largement mis en avant sur ce blog grâce à ses super héroïnes mais également ses autrices œuvrant en son sein. Je ne pouvais en effet aucunement rater L’art de DC – L’aube des Super-Héros qui se déroule pendant encore près d’un mois au Musée Art Ludique situé à deux pas de la gare d’Austerlitz.

Malgré les kilomètres qui nous séparent, ce n’est pas la première fois que j’ai la chance de visiter une exposition dans ce musée qui compte parmi mes incontournables lorsque je me rends dans la capitale.
Au delà des thèmes proposés, c’est la qualité, la singularité et surtout la rareté des œuvres réunies dans un unique et même lieu qui m’émerveillent à chaque fois, c’était déjà le cas lors des expositions consacrées aux Studios Ghibli et Walt Disney, celle consacrée à l’univers de DC Comics ne fait pas exception, et je me considère extrêmement chanceuse d’avoir pu découvrir tous ces trésors qui ont fait ou qui font encore l’Histoire des comics.

Se développant autour du prisme cinématographique via ses figures les plus iconiques ou populaires grâce à la présence de nombreux costumes, véhicules, illustrations préliminaires, l’exposition fait également la part belle au support de base, via une collection hallucinante de planches originales où se côtoient les couvertures ou les scènes les plus emblématiques liées à l’Histoire de DC et réunissant des auteurs de légende.

J’ai eu la gorge serrée à plusieurs reprises en contemplant de si belles et inestimables œuvres. Je n’arrive même pas encore je crois à me rendre compte du statut rarissime, exceptionnel d’une telle exposition. Ici, il ne s’agit même pas d’être fan de DC ou de Marvel, il est surtout question d’être le témoin privilégié du patrimoine culturel d’un éditeur (et il s’avère qu’il est celui qui a nourri mes rêves de petite fille en quête d’aventures). Quel bonheur, mais quel bonheur nom d’un chien.

Imaginez-vous vous tenir devant la couverture iconique de The Flash #123 dessinée par Carmine Infantino, la page #59 de Batman Arkham Asylum façonnée en partie avec de la toile de jute par Dave McKean pour donner corps au personnage de Scarecrow. le dessin préliminaire du costume de Wonder Woman par HG Peter qui sera repris dans la série DC Comics Bombshells, la colère de Power Girl dans All-Star Comics #64 ou encore la splash page de Neal Adams dans Superman vs Mohamed Ali(il y avait même la couverture de Robin #126 avec Stephanie Brown ! Oui je sais bien que tout le monde s’en tape mais ça m’a fait un plaisir fou de la voir)


Énumérer tous ces instants qui font partie intégrante de l’histoire des Comics de super héros, de The Killing Joke à Batman The Dark knight Returns en passant par différents  travaux de Bruce Timm ou d’Alex Ross, sans oublier Jack Kirby, Tim Sale, Bernie Wrightson, Darwyn Cooke, Jim Lee, George Pérez, Wally Wood, Bill Sienkiewicz, Mike Mignola… il est quasiment impossible nommer tous ces artistes sans en oublier, impossible de décrire également toutes les œuvres exposées tant elles sont abondantes.
Fort heureusement, le catalogue de l’exposition recense à merveille tous ces trésors (mais malheureusement en couverture souple, pour le même prix le catalogue de l’expo Comics Unmasked s’offrait une belle hardcover, avec il est vrai 70 pages en moins, mais je n’aurais certainement pas hésité à débourser 5 € de plus pour une belle couverture rigide), le mieux est encore de s’y rendre tant l’amateur de super héros que le féru de culture comics s’en trouvera largement comblé.

Car cette exposition exceptionnelle a bien un avantage, c’est quelle est capable de réunir aisément le visiteur curieux déjà sensible à la filmographie de la Distinguée Concurrence et le drogué en perf de planches originales. On a ainsi droit à des échanges très intéressants sur place. Car écouter les commentaires de chacun face à une oeuvre s’avère aussi humainement très enrichissant, outre la véracité du commentaire, la bonne ou mauvaise fois de celui-ci, le fait d’assister à cette réflexion est intéressant, et on a tendance à oublier que lorsque l’on va dans un musée c’est avant tout pour apprendre et découvrir, et non pas se conforter dans ses acquis élitistes.

Vous l’aurez sensiblement compris, je ne parlerai que très peu de l’aspect cinématographique de cette exposition gargantuesque. Non pas par élitisme justement, j’ai pris beaucoup de plaisir à contempler les costumes de certains films (les Returns de Batman et Superman sont mes préférés, hormis le 1er Superman de Richard Donner qui est pour moi juste inclassable tant il m’a toujours hautement inspiré), ici encore je ne peux que vous conseiller de vous ruer sur cette fabuleuse exposition.

Mais passons si vous le voulez bien à des détails un peu moins réjouissants concernant cette exposition.
Au delà de ces deux sensibles articulations cinématographiques et purement liées à l’art séquentiel, l’exposition L’art de DC – L’aube des Super-Héros cible la plupart de son contenu sur les 3 pierres angulaires et historiques de l’éditeur, à savoir Superman, Batman et Wonder Woman. Sur le visuel de l’exposition cela se voit parfaitement bien telle une véritable affiche de cinéma, sur le papier également mais qu’en est-il d’entre les murs ?
Je vais encore une fois faire ma morue dessalée mais tant pis : Une chose est belle et bien claire, de l’affiche au contenu, Diana de Themyscira n’a quasiment pas sa place au sein de cette exposition, et ce malgré les petits trésors concédés par les bienveillants donateurs de cette exposition, je m’insurge, je me révolte envers la sous-exploitation de ce personnage, et ce malgré un premier film qui lui est miraculeusement consacré cette année et qui remplit donc logiquement une grande partie de l’espace qui lui est consacré.

Commençons déjà par prendre comme exemple l’affiche de cette exposition : Alors que Superman et Batman ont droit à des représentations morphologiques certes athlétiques mais tout à fait normales au regard de leur statut de super héros, Wonder Woman est littéralement difforme, bien au delà de l’iconographie sexy et cheesecake dans laquelle on a l’habitude de la retrouver régulièrement. Sérieusement j’ai mal au dos pour elle.
Ici et c’est malheureusement annonciateur pour la suite des événements, Wondie est encore une fois appréhendée pour son physique et non pas pour ce qu’elle représente vraiment. Je vais encore me répéter mais tant pis, je doute fort que William Moulton Marston aurait pu valider ce genre de représentation pour son héroïne, que ce soit en 1941 ou en 2017.

Et concernant l’exposition en elle même, je ne vous cache pas que je trouve inconcevable qu’elle ait droit à une salle et demi, soit autant que pour Harley Quinn. J’ai beau respecter ce personnage sans parler du travail sans faute d’Amanda Conner sur celui-ci, (on peut d’ailleurs saluer le fait qu’on lui consacre, en tant qu’autrice, une si belle exposition et la remercier vivement d’avoir fourni la plupart des planches originales concernant Harley) cette sur-représentation vis à vis d’un personnage aussi emblématique que Wonder Woman crée selon moi un véritable malaise au sein de cette exposition.

Une salle et demi, avec évidement en fond sonore la musique de la série TV, et les trois quart de cet espace consacré aux versions audiovisuelles la concernant. Si cela ne suffisait pas les quelques planches originales (sublimes et complètement intéressantes, ce n’est pas le problème, je pense que vous aurez compris ma vision des choses) sont souillées par des commentaires audio d’un autre monde.
J’étais tellement en colère en écoutant cela sur le moment ! Et je crois que mes amis l’ont remarqué.
Encore une fois, quel décalage entre les commentaires riches en informations octroyés aux deux super slips et le vide abyssal dénué de toute connexion entre les différents médium contrairement aux deux autres parties, idéalement foisonnantes…
Devoir écouter en guise de quasi unique panel audio l’évolution du physique de Wonder Woman au fil des décennies, et ce sans aucune présentation préalable du personnage dans son contexte, comme ce fut le cas pour ses prédécesseurs, ce fut pour moi un moment des plus surréalistes.

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Alors voici au final ma synthèse vis à vis de cette exposition : Elle est clairement et indubitablement à ne pas manquer pour tout amateur de comics et Culture Pop qui se respecte.
En effet, JAMAIS vous n’aurez l’incroyable opportunité de découvrir autant d’œuvres, de richesses en terme de patrimoine et d’histoire concernant un éditeur aussi légendaire.
Mais il ne s’agit pas que de cela : il s’agit en effet de prendre en compte tous les auteurs et personnages qui construisent cette fameuse Légende, à partir du moment où elle démarre avec la naissance du Dernier Fils de Krypton, l’aube du super héros.
Ma question est la suivante : OK ! Mais qu’en est-il de l’aube de la super héroïne ? Démarrent-ils avec les costumes en cuir de Catwoman ou Batgirl ? Est-ce que l’on doit considérer Harley Quinn comme notre libératrice dans ce domaine via la façon dont elle est mise en avant ? N’y avait-il pas plus à montrer sur Wonder Woman ?
En gros, est-ce qu’on me donnera enfin l’opportunité d’arrêter de râler, parce que je vous assure, je ne demande que ça.

L’AVIS DE JULIEN LORDINATOR :

L’Art des Super-héros DC, compte rendu de l’exposition

C’est en ce dimanche 13 août 2017 que je me suis rendu dans la capitale afin de traîner mes guêtres dans l’exposition consacrée aux super-héros DC Comics organisée par Le Musée Art Ludique. Après quelques heures à flâner émerveillé dans les allées, il est temps de donner mon avis sur cet événement à la gloire de ces héros costumés.

Lecteur de comics depuis maintenant plus d’une vingtaine d’années (ce qui fait en gros plus des deux tiers de ma vie quand même, et c’est pas rien), j’avoue être souvent dubitatif quand ce genre d’événement est organisé, la principale appréhension étant de savoir à quelle sauce ma passion première va être traitée : Par dessus la jambe ou de façon respectueuse… En ce qui concerne le Musée Art Ludique, j’avais déjà une référence, ayant déjà visité leur précédente exposition consacrée à leurs homologues de Marvel et j’avoue y avoir passé un très bon moment, comme tous ceux qui ont lu mon billet à ce sujet (c’est à dire pas grand monde) avaient put le constater, une piqûre de rappel si besoin est disponible ici.
Fi de Marvel, retournons du coté de la Distinguée Concurrence puisque c’est elle qui nous intéresse dans le cas présent et commençons par une petite visite guidée !

Selon moi, l’exposition est clairement divisée en quatre parties, alors allons-y dans l’ordre.
Dans l’entrée, on nous présente l’univers DC papier-en-comics au moyen d’une frise chronologique assez chiche ornée de différentes couvertures emblématiques de l’éditeur : Certes c’est succin, mais suffisamment informatif pour qui voudrait connaître le BA-ba de cet éditeur.
Sans surprise, les deux premières salles sont consacrées à Superman : Le Dernier Fils de Krypton se taille donc logiquement le luxe d’ouvrir l’exposition avec des dizaines de planches et couvertures emblématiques de sa très longue carrière. En plus des comics, on peut également y apercevoir des story-boards, accessoires et miniatures ayant servi durant les films dont il fut le héros. Cerise sur le gâteau, du mythique costume de Christopher Reeve à la combinaison que porté Henry Cavill dans Batman V Superman, L’Aube de la Justice en passant par le délicieusement costume kitsch de Brandon Routh dans Superman Returns, toutes les tenues cinématiques de l’homme d’acier sont admirables.
Une petite vitrine est même consacrée à Superman Lives ! Le projet de film abandonné de 1998 qui aurais dû voir Nicolas Cage (gloups…) porté la défroque de notre kryptonien préféré.

Constellée de textes explicatifs et de vidéos, ont peut quasiment tout connaître de L’Homme D’Acier et très franchement, cette exposition commence fort.

Seconde partie de l’exposition (et la plus fréquentée au moment de ma visite), c’est au tour de Batman d’embrayer le pas à son homologue bleu et rouge.
A l’instar de Superman, cette partie de l’exposition est tout simplement pharaonique : Dés l’entrée nous sommes accueillis par une monstrueuse statue du Chevalier Noir qui tel le Penny géant de la Batcave nous accueille dans son antre et là encore, c’est la bacchanale visuelle : De multiples couvertures et planches originale de comics signées par des artistes aussi variées que Bernie Wrightson, Dave McKean ou encore Brian Bolland forme une frise ininterrompue à la gloire du croisé à la cape. En plus de ces merveilles dessinées, là encore de multiples costumes, accessoires et story-boards des divers adaptations filmées sont présentes : Des costumes des films de Tim Burton (j’avoue être tombé extatique devant le costume de Pingouin de Danny De Vito porté dans Batman, Le Défi, à ce jour encore mon film Batman préféré), de l’impressionnante armure porté par Ben Affleck en passant par le costume de Joker de Heath Ledger dans The Dark Knight ou les navrants (mais malgré tout amusants) costumes (à tétons) des film de Joel Shumacher, c’est une mine de belles choses qui s’offrent à nos yeux.
Comme pour Superman, cette partie consacrée au défenseur de Gotham City est magnifique et se laisse parcourir sans lassitude.

Je passe rapidement sur la partie consacrée à Suicide Squad, qui est surtout là grâce au succès du film et qui selon moi, occupait inutilement beaucoup trop de place.

Troisième partie, et c’est là que ça se gâte un peu, c’est cette fois-ci Wonder Woman et la Ligue de Justice qui ont droit aux honneurs.
Wonder Woman, c’est la troisième entité de ce que l’on nomme la Trinité chez DC Comics, avec ses homologues masculins Superman et Batman.
Même si son apparition sur grand écran est assez récente et que sa popularité auprès du grand public (hormis dans les années 70 et la fameuse série télévisée disco) n’a jamais atteint celle de ses deux camarades, j’avoue avoir été relativement déçu par cette partie consacrée à l’Amazone. Certes couvertures, planches originales étaient légion, même si les costumes issues de la série télévisée et le splendide costume porté par Gal Gadot dans Batman V Superman, L’Aube de la Justice valait à eux seuls le détour, j’avoue que les différents textes explicatifs étaient, contrairement à ceux consacrés à Superman et Batman, assez chiches et s’attardaient plus sur des explications purement cosmétiques du personnage plutôt que sur son histoire et son influence.
Ce sous-traitement est un peu dommage, mais j’étais quand même assez content de constater qu’une partie lui était quand même exclusivement consacrée.

Pour ce qui est de la Ligue de Justice, c’est un peu le même topo que pour Wonder Woman : Pas de film, donc le strict minimum pour cette équipe à savoir un nombre de couvertures et de planches originales assez impressionnant qui même si elles raviront le fan de comics, ne feront pas s’attarder le promeneur lambda et c’est bien dommage car admirer des originaux d’Alex Ross, j’avoue que c’est très peu commun et assez rare pour être remarqué.

Quand à la dernière partie, c’est un peu une partie fourre-tout : De Flash en passant par Green Lantern, les Teen Titans ou Supergirl (et même Hawkman, qui à ma grande surprise a droit à un pan de mur entier malgré le fait qu’il ne soit clairement pas un des personnage DC Comics les plus populaires) c’est j’avoue la partie qui m’a le plus déçu : Pas vraiment de logique dans cette partie de l’exposition et le traitement rapide de certains personnages qui malgré leur rayonnement n’ont droit qu’à quelques panneaux explicatifs assez vague quand à leur historique…
Je peux comprendre que ces personnages n’ont pas droit à autant d’attention aux vues de leur actualité que la Trinité, mais j’avoue avoir été déçu de les voir tous rencardés dans les dernières salles.

En résumé, même si les parties consacrées à Superman et Batman valent à eux seules le détour, je reconnais que l’univers DC Comics est si foisonnant que tout caler dans une seule exposition était en soit impossible et que de nombreuses concessions ont dû être faites : Je trouve juste dommage le traitement de certains personnages qui de part leur actualité les expose moins que la Trinité et de ce fait ont été remisés en toute fin d’exposition. Idem pour Wonder Woman dont au final on apprend pas grand chose.
Très honnêtement, j’ai passé un très bon moment et je reconnais que mes remarques négatives sont uniquement dû au fait que je sois avant tout fan de comics, après, je me met à la place du novice qui ne connais cet univers que par le biais des films et dont un minimum de curiosité le poussera à s’intéresser aux planches et illustrations de comics originales présentes et là, cette exposition est clairement un point d’entrée parfait, à la fois ludique et informatif.

L’Art de DC, L’Aube des Super-héros, exposition au musée Art Ludique de Paris, encore visible jusqu’au 10 septembre 2017

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Paye ton Hashtag


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, , , peu importe la façon dont ils sont diffusés sur les réseaux sociaux actuellement (et sur Twitter principalement), voici autant de messages envoyés qui prouvent que malgré tous les trolls, les ignorants et les vrais trous du cul gens aux intentions plus que douteuses, il existe un vrai mouvement de solidarité entre les divers protagonistes qui évoluent dans le milieu des comics et ceux qui les consomment.

J’ai l’impression dans ce genre d’exercice de m’auto-parodier, d’où mon manque désormais de réactivité à chaud envers toutes ces actualités.
Je préfère bien plus lire les opinions et les prises de position de chaque point de vue, mais finalement ce que j’en ressors c’est que ces Hashtags sont des centres de ralliement, un peu lorsque vous faites un exercice de simulation d’incendie à votre travail et que vous devez rejoindre le même endroit que les autres, peu importe le chemin utilisé.
C’est une question de survie.
Vous devez vous rassembler. Vous devez exprimer que vous êtes solidaire tout simplement parce que vous ressentez la même chose que la personne qui a lancé ce symbole.

Et la Cause est d’autant plus importante qu’elle est pacifique. Parmi tous ces Hashtags je n’ai pas eu l’occasion de lire un message haineux ou inapproprié. On ne peut malheureusement pas en dire autant de la partie adverse.
Les réseaux sociaux sont effectivement le terrain propice à diverses joutes verbales, celle-ci balayent très facilement d’un revers de main la vraie problématique : Quand cesserons-nous de payer, de subir le fait d’exister tels que nous sommes ?

Le dernier Hashtag en date, , prône et incite la visibilité des artistes féminines dans l’industrie des comics en incluant tout autant les amatrices que les personnalités confirmées. Et c’est une excellente chose.
Cette initiative n’est pas nouvelle, par exemple le recueil Womanthology agençait justement à merveille les participations professionnelles et débutantes.
Je l’ai déjà dit des dizaines de fois, Internet a ce merveilleux atout de faire connaitre des artistes féminines, de véritables stars en devenir, grâce notamment aux réseaux sociaux.
Mais heureusement quelque part cela ne suffit pas. En effet peu importe le genre, c’est le talent, la capacité d’un artiste à apprendre et à évoluer qui prime, selon moi.

Ces Hashtags n’ont nul autre but que de faire prendre conscience que dans un milieu patriarcal et hétéronormé quel qu’il soit, les femmes et les LGBT vont devoir se motiver et se soutenir pour réussir, ou même ne serait-ce qu’aller de l’avant un jour de plus.

One More Day.

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