L’hymne à la joie


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I’m back bitches !
Et pour « célébrer » mon retour, quoi de plus logique que de vous parler de ce début de seconde saison de Supergirl et de la tournure positivement pro-LGBT que cette série a volontairement décidé d’épouser, de prendre à bras-le corps même, et cela dans un contexte mondialo-social (un quoi ?) des plus anxiogènes, c’est une certitude, Kara Zor-El est bel et bien là pour nous sauver, une fois de plus.

A vrai dire, on peut parler ici dès le départ d’une série ouvertement pro-LGBT, il suffisait en effet de savoir lire entre les lignes pour comprendre que celle-ci s’avérait être un petit trésor de rendez-vous hebdomadaires pour toute une communauté, sans évidemment s’imposer comme tel, la première saison se voulant être universelle, fédératrice, et réunissant toutes les catégories de téléspectateurs sous le même Symbole, car le S n’est pas un S, il signifie juste « Stronger Together » (qui fut justement le slogan de campagne d’Hillary Clinton pour les élections présidentielles américaines … comme quoi !).
Certes, la chaîne originelle (CBS) où elle était diffusée l’année dernière ne se serait sans doute jamais permis une telle ouverture d’esprit, sauf peut-être au bout de 10 saisons qui de toute façon n’auraient jamais vu le jour. Mais ici le fait est que le passage sur CW est un bonus indéniable pour ce programme (même si il touchera beaucoup moins de téléspectateurs sur le continent américain) et sa répercussion auprès d’une fanbase LGBT toujours avide de programmes positifs de cet acabit.
Greg Berlanti et Ali Alder, les deux créateurs de la série sont réciproquement gay et lesbienne. En d’autres termes, what else ?

Comme je l’espérais il y a de cela quelques mois, grâce au transfert de la série de CBS vers CW, celle-ci a gagné en maturité sans perdre de son optimiste. Il suffit juste de voir comment le personnage de Superman est traité par exemple en début de saison, c’est un vrai bonheur de le voir évoluer auprès de sa cousine, de les voir ensemble prendre du plaisir à sauver des vies, il n’y a pas plus positif comme message et l’on est à des années lumière de l’imagerie Darko-Krypto-Christique de Zack Snyder à laquelle je n’adhère toujours pas.
Le format TV a ses limites notamment en terme d’effets spéciaux, c’est un fait, mais pour moi cela fonctionne la plupart du temps, parfois même mieux que sur le précédent network et son budget confortable. Comme quoi…
Il faut dire que mercato télévisuel concernant Supergirl a eu quelques conséquences en terme de restrictions budgétaires comme le départ de Calista Flockhart qui reviendra certainement mettre son grain de sel dans un futur plus ou moins proche, ainsi que la gestion des effets spéciaux, et c’est précisément dans ce domaine que cette seconde saison devient des plus intéressantes, car qui dit moins de SFX dit forcément plus de Drama, et d’interaction avec les personnages.

Avouons-le, le gros handicap de la première saison de Supergirl était sa propension à sombrer dans la mièvrerie avec son triangle amoureux entre Kara, Jimmy, et Winn daté des années 60, tiens, on se croyait même lire un comics issu de cette époque, il manquait plus que Comet faire une apparition le temps d’un épisode et la coupe était pleine…
Avec ce mercato est apparue une nouvelle dynamique, un développement scénaristique auprès des nombreux personnages secondaires de la série, à commencer par le Martian Manhunter et celle qu’on appelle Miss Martian, de la collaboration entre Winn et Jimmy en mode Vigilante, et bien sûr de la sœur adoptive de Kara, Alex Danvers, et de sa rencontre avec une certaine Maggie Sawyer, Maggie, elle est juste open bar ici depuis des années

Fichtre ! Mais par où commencer ?
Et bien déjà que Maggie Sawyer ici n’est pas véritablement Maggie Sawyer. Il s’agit de notre Renee. Renee Montoya. On a beau dire on a beau faire, quand on connait les deux personnages sur le bout des doigts (oui bon ça va…), on ne peut éviter de penser que la comédienne Floriana Lima aurait pu incarner magistralement le rôle de Renee. Sauf que Renee, et bien elle a été v****e (je n’aime pas ce terme) scénaristiquement par l’équipe de la série Gotham sur une chaîne concurrente, donc…
Donc du coup on se retrouve avec une Maggie Montoya, ou une Renee Sawyer, en me relisant je trouve que Maggie Montoya c’est plutôt cool, on va rester comme ça.

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Maggie elle est flic à National City et elle est totalement Badass. Elle est ouvertement lesbienne et elle rentre dans le lard de tout le monde.
Ce personnage est POSITIF car elle S’ASSUME complètement et envoie plein des messages, des signaux balistiques pour des générations à venir. Dans la série elle symbolise l’affirmation, la sérénité de faire partie d’une telle communauté, et le message lancé à Alex est sans équivoque : It gets better, encore faut-il se lancer.

En vérité il serait légitime de penser que l’homosexualité d’Alex arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, elle qui jouait au chat et à la souris avec Maxwell Lord pendant une partie de la première saison. Mais la série aborde justement de façon très subtile un sujet qui n’a que trop rarement été traité à la télévision, celui du coming-out personnel, car avant de l’avouer aux autres, encore faut arriver à se l’avouer à soi-même.
Car il n’existe pas de coming-out unique ou pré-établi. Si vous interrogez un LGBT sur son expérience personnelle, vous aurez à chaque fois une version différente. De plus, il n’est absolument pas rare de voir un homosexuel se découvrir, je dirais, sur le tard, même après avoir fondé une famille hétérosexuelle. Le cas d’Alex est intéressant car il montre une femme âgée d’une trentaine d’années qui commence à peine à se découvrir alors qu’en général cette thématique est abordée avec des personnages beaucoup plus jeunes.

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De plus, on a beau être dans une série de super héros, on aura rarement vu un tel sujet abordé avec autant de réalisme et de justesse. La scène où Alex dit à Maggie qu’elle a peut-être raison à son sujet sans employer le mot gay ou lesbienne, parce qu’elle est encore dans le déni, son coming out auprès de Kara qui se fait dans la douleur, l’ascenseur émotionnel du personnage qui passe de l’euphorie d’être enfin soi-même à l’effondrement le plus total suite à une déception amoureuse, sans parler du second coming out, cette fois-ci auprès de sa mère qui ne se fait pas non plus avec le sourire… A part ce dernier exemple qui se trouve dans un autre épisode, le 6ème écrit par Berlanti (qui je le rappelle, est gay) est un florilège de situations qui font écho au vécu de nombreux LGBT et au combat qu’ils mènent dans leur quotidien, au sein de leur famille, leurs amis, leur travail.
En plus de nous divertir cette série est également là pour nous donner un peu de baume au cœur dans un contexte particulièrement sombre et un avenir incertain pour nos acquis.

Tout comme la truculente série Wynonna Earp, Supergirl impose désormais une très belle représentation queer dans son cast principal, et qu’est-ce que ça fait du bien bordel !

Mais la relation Alex/Maggie n’est pas la seule raison qui pousse des hordes de lesbiennes à se ruer devant leur poste de télévision le lundi soir (ça me rappelle la belle époque où un silence religieux se posait dans les bars lesbiens qui diffusaient Xena). Il existe un autre duo qui suscite bien des émois parmi les accros de Tumblr et adeptes des fan fictions (les fanfic, c’est la vie !) : celui de Kara et Lena, la sœur adoptive de Lex Luthor. Le comportement de Lena envers notre héroïne est parfois assez troublant il faut le dire, exhortant une partie des internets (dont je fais partie) à concevoir l’impensable.

Alors si l’on doit trouver de véritables défauts à cette série, c’est du côté des garçons qui faudra se pencher, les personnages masculins (sauf le Martian Manhunter) étant particulièrement mal écrits, et le comble, c’est que c’est justement eux qui apportent l’aspect cul cul de la série qui fait tant rager les rageux. Non mais balancez-moi Jimmy Olsen et Mon-El sur ce qui reste de Krypton et qu’on en parle plus !

Supergirl reste donc une série très chère à mon petit cœur pour des raisons encore plus évidentes quelles ne l’étaient déjà, et j’envie actuellement toutes les petites et jeunes filles qui découvrent et qui suivent ce merveilleux programme. Plus jeune, il est clair que j’aurais beaucoup aimé voir une telle série, et je suis convaincue que cela m’aurait aidé à plus d’un titre. Quoiqu’il en soit et au vue des réactions de la part des spectateurs LGBT, Supergirl fait partie des plus belles et heureuses surprises de cette année pourtant bien douloureuse à notre égard. Quoi de plus normal pour notre Maiden of Might ?

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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 25


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La Famille Addams, À l’Origine du Mythe

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Quand on est enfant on rêve souvent de côtoyer des célébrités ou des personnages imaginaires, s’imaginant vivant des aventures en leur compagnie. Super-héros, sportifs, héros de films ou de séries télévisées, tout enfant s’est un jour imaginé vivre des aventures fantastiques avec ces personnages de légende. Moi mon rêve était tout autre, plus sombre mais à la fois tellement plus drôle et original ! Mon rêve à moi c’était de connaître la Famille Addams.

Pour moi cette famille symbolisait tout ce que j’aimais, des personnages bizarres mais à la fois terriblement attendrissants et attirants : L’esprit jovial de Fester et Pugsley, la sensualité froide de Morticia, le raffinement et la classe de Gomez et surtout moi, je rêvais de devenir l’ami de Wednesday, petit fille froide et cruelle qui me faisait fondre comme neige au soleil. Hum, enfin bref, donc j’adore La Famille Addams et vous l’aurez compris, c’est d’une de mes madeleines de Proust dont je vais vous parler ce mois-ci  !

They’re creepy and they’re kooky, 
Mysterious and spooky,
They’re altogether ooky,
The Addams Family. 

Générique de la série La Famille Addams, 1964

Chas Addams : Le créateur

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En France (et en Europe plus généralement) selon les générations lorsque l’on parle de La Famille Addams, on évoque soit les deux films des années 90 pour les plus jeunes ou la série télévisée pour les plus âgés, mais je pense que peu de ces gens savent qu’à la base La Famille Addams, c’est un comic-strip, créé par Charles (dit Chas) Addams et publié dés 1933 dans les pages du journal le New Yorker.

Charles Jean-Samuel Addams, dit Chas Addams est un dessinateur de presse américain né le 7 janvier 1912 à Westfield dans le New Jersey. Il collabore très tôt avec le journal américain le New Yorker, qui publiera son premier dessin alors que l’artiste n’est âgé que de 21 ans, cette collaboration continuera d’ailleurs jusqu’à sa mort.

Chas Addams a trois passions dans la vie : Les femmes, le dessin et les vieilles voitures, lui-même n’arrivant pas à se décider de ce qu’il préfère le plus. C’est un véritable collectionneur, dans toutes ces passions : Il publiera plus de 1600 dessins et possédera plus d’une vingtaine de voitures anciennes, qu’il aura pour la plupart réparé lui-même.
Considéré comme une personne sombre et macabre dû à l’humour noir de ses dessins, il comptait beaucoup d’amis, en majorité des femmes et ses amis disaient de lui qu’il était en fait un homme doux, charmant et captivant dans ses propos.
Il se mariera trois fois, sa dernière femme, Marylin Matthews Addams dit Tee Addams, une ancienne pin-up et modèle de mode, sera une amie très proche avant qu’ils ne décident de se marier plus de quarante ans après leur première rencontre. Ce mariage sera célébré dans le cimetière animal créé par Tee, à Water Mill, New York en 1980.

Chas Addams s’éteindra quelques années plus tard, le 29 septembre 1988. Tee Addams créera alors la Fondation Tee and Charles Addams, qui répertorie la totalité des travaux réalisés par Charles Addams. Tee Addams décédera quant à elle en 2002.

Les Addams, une famille unie par le sombre  !

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La Famille Addams a eu une très longue gestation, Chas Addams dessinera plus de 150 dessins (dont plus de la moitié sera publiée d’abord dans le New Yorker) ayant pour personnages principaux les membres de cette famille farfelue, et les fera évoluer au gré de ses dessins et idées. Si au début les personnages se cherchent un peu, Chas Addams finira par leur donner des looks et caractères bien définis vers le début des années 60 à la faveur de la série télévisée. La famille compte plusieurs membres et si vous ne les connaissez pas, je vais rapidement et avec plaisir vous les présenter  !

4Morticia Addams : Il s’agit de la matriarche de la famille, c’est elle qui dirige et commande tout ce petit monde d’une main de fer. Femme d’une grande beauté et au physique longiligne, toujours vêtue d’une longue robe noire, son ton souvent sarcastique et son expression éternellement froide cache en fait une femme éperdument amoureuse de son mari et très maternelle envers ses deux enfants.

Gomez Addams : Physiquement, il est l’exact opposé de sa femme. Petit homme légèrement rondouillard, généralement enjoué, portant une petite moustache et un costume à rayure, il voue une véritable admiration et un amour inconditionnel à sa femme et ses deux enfants, à qui il cède souvent au moindre caprice.

6Pugsley Addams : C’est le fils de Gomez et Morticia. Petit garçon rondouillard, énergique et chahuteur, arborant souvent un sourire sadique, il passe son temps à élaborer des plans pour des farces toutes plus macabres les unes que les autres. Il est très complice avec sa sœur, qui est souvent sa camarade/victime privilégiée dans ses machinations.

Wednesday (Mercredi) Addams : Fillette d’apparence calme et froide, c’est en fait une enfant réfléchie et très intelligente, délicate et sensible. Rêveuse, elle se laisse souvent aller à des rêveries poétiques et macabres. Son père la chéri et l’adore, la traitant comme une véritable petite princesse.
Petit détail amusant : Un de ses pieds à six orteils.

Lurch : C’est le majordome de la famille. Géant muet et serviable, il est malgré tout assez maladroit et oublie souvent les choses, notamment quand il va faire les courses ou effectue des travaux dans la maison. Il est malgré tout très protecteur avec Pugsley et Mercredi, qu’il protège avec ardeur contre les bonnes influences et est, souvent la victime consentante de leurs farces. Il est présent en permanence dans la maison familiale, mais peu considéré par les autres membres de la famille.

Granny (Grand ma’) Frump : C’est la mère de Gomez, elle vit avec la famille dans la maison. Vieille sorcière rondelette, aux cheveux ébouriffés et portant toujours un vieux châle sur ses épaules, souriante, bavarde, toujours de bonne humeur et serviable, elle est par contre totalement malhonnête et, par exemple, triche aux jeux familiaux. C’est une mamie complètement gaga de ses petits enfants qu’elle gâte sans retenue.
Note : A la base, Chas Addams l’avait pensé comme une voisine de la famille avant d’en faire la mère de Gomez.

7L’Oncle Fester (Fétide) : Personnage souriant et jovial, c’est en fait un être cruel, adepte de la torture et faussement serviable. Toujours vêtu d’un long manteau noir à col, il est chauve et toujours représenté souriant de façon aimable. Il vit avec la famille par pur générosité de leur part et le sait, freinant ses pulsions morbides par respect pour eux et pour ne pas leur attirer de problèmes. Jovial et blagueur, il est très apprécié de Pugsley avec qui il fait les 400 coups.
Dernier détail, contrairement au film, dans les comics strips, il n’est jamais mentionné nul part qu’il a un lien de parenté avec un des membres de la famille, il n’est peut être même pas de leur famille.
Chas Addams a souvent dit que Fester été en fait une projection négative de lui-même.

La Chose : Contrairement à l’image qu’on se fait de ce personnage au travers de la série ou des films, dans lesquels il est représenté par une simple main, dans les comics strips, la Chose est un mystérieux personnage asexué, apparaissant souvent en arrière plan ou dans les recoins des pièces, observant de façon amusée les agissement de la famille. On ne sait rien de lui/elle, juste qu’il/elle se cache dans la maison.

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Les autres membres et amis de la famille :
Bien qu’ils soient une famille soudée et assez repliée sur elle-même, les Addams comptent d’autres membres dans leur famille, ainsi que des amis, qu’ils reçoivent de temps à autre dans leur maison. Voici quelques uns de ces autres personnages, qui en terme de bizarrerie, n’ont rien à envier à leurs homologues  !

Le couple au strabisme divergent : Jamais nommé, on ne sait pas si ils font partis de la famille ou sont de simples amis, ce couple apparaît néanmoins à de nombreuses reprises dans le comic strip. Il s’agit d’un couple formé par un homme grand, chauve et aux yeux exorbités présentant un large strabisme et d’une femme de petite taille, à la tête carrée. Ils ont un enfant bicéphale dont chaque tête ressemble à un de ses parents.

La cousine Rion : Il s’agit d’une grande femme malingre habillée dans un style années 20, elle apparaît peu dans le comic strip mais est à chaque fois montrée comme souriante et en train de gâter les enfants. C’est une experte des nœuds coulants, ne manquant aucune occasion de faire partager sa passion.

(Le cousin) Machin : Popularisé par la série télévisée et les films, ce personnage loufoque, une haute touffe de cheveux coiffée de lunettes et d’un chapeau s’exprimant avec une petite voix aiguë dans un langage incompréhensible, apparaît très peu dans le comic strip, Chas Addams ayant très vite abandonné ce personnage.
Il le récupérera pour en faire un des personnages les plus drôles et reconnaissables de la série télévisée.

L’oncle Eimar : Personnage quasi-invisible, on sait juste qu’il est maintenu prisonnier dans le grenier de la maison Addams. On ne voit de lui qu’une main, dépassant des barreaux d’une lourde porte en acier. Les enfants doivent le saluer chaque soir avant d’aller se coucher.

A la faveur de nombreux strips, Chas Addams invente également et régulièrement de nombreux ancêtres à la famille, souvent décrits à l’occasion de tableaux suspendus dans la maison ou récits des autres membres de la famille, notamment l’immonde oncle Zander, qui a choisi de vivre normalement et qui est la honte de la famille…

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La Famille Addams : À l’Origine du Mythe, le grimoire de référence  !

A ma connaissance, les comic strips n’ont jamais été publiés en France, c’est donc avec une grande joie que j’ai appris que Huginn & Munnin allait traduire et publier le fameux livre de Kevin Miserocchi, The Addams Family : An Evilution, livre que j’avais toujours hésité à prendre en version originale. Et j’ai rudement bien fait de freiner mes ardeurs, l’édition française de cette ouvrage étant absolument exceptionnelle !

The Addams Family : An Evilution (À l’origine du Mythe) en français est donc la traduction d’un livre de 2009 consacré aux origines de l’œuvre de Chas Addams, son évolution et tout le processus créatif du comic strip. Ce livre est une véritable référence pour les fans et il aura donc fallu attendre 7 ans pour qu’il arrive jusque chez nous.
Au niveau du contenu, l’auteur nous présente déjà en détail la vie de Chas Addams et son œuvre phare, La Famille Addams, et tout le processus créatif des personnages et de leur univers. S’ensuit une galerie de portrait des différents membres de la famille, agrémentée d’anecdotes sur leur création et leur évolution.
Enrichissant dans les textes (même moi qui suis un fan inconditionnel de cette famille farfelue, j’ai appris énormément de choses) et richement illustré par de nombreuses illustrations, certaines étant même totalement inédites, parcourir ce livre est un véritable bonheur et chaque page une véritable découverte.
De plus le livre est très largement accessible même pour les néophytes et peux aisément servir de porte d’entrée dans l’univers de cette famille de sombres mais joyeux drilles.

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En ce qui concerne l’édition française, c’est (encore) un carton plein pour l’éditeur Huginn & Munnin qui prouve si il en était encore besoin qu’ils sont l’éditeur phare en France de beaux livres consacrés à la culture pop : Cette édition française est absolument somptueuse, se donnant même le luxe d’être supérieur en qualité à la version américaine ! La maquette donnant au bouquin l’apparence d’un vieux grimoire est tout simplement magnifique avec ces enluminures argentées, la papier épais est très agréable au toucher et la qualité d’impression juste parfaite. Rien à redire sur cette édition, à part qu’elle est juste… Et je n’hésite pas à le répéter, parfaite !

Au final, pas grand chose à ajouter : Ce livre est un must have pour tout les fans de La Famille Addams et tout ceux qui voudrez se plonger dans l’univers de cette effrayante mais attendrissante famille. Rajoutez à cela une édition hors du commun absolument sublime et vous comprendrez que ce livre est un ouvrage que je recommande plus qu’ardemment.

Aparté : La Famille Addams, les adaptations

Impossible de parler de La Famille Addams sans évoquer ses adaptations à la télévision et au cinéma. Même si j’en ai très envie (ayant pour la série originale des années 60 et les deux films une admiration sans borne), ce n’est pas le sujet aujourd’hui mais je vais vous en parler brièvement quand même !

Il faut savoir que les personnages ne sont pas très développés dans le comic strip, ce format ne permettant pas de beaucoup faire évoluer des personnages. A contrario, Chas Addams profitera grandement de la série télévisée pour faire développer ses personnages : En effet, Chas Addams sera très impliqué dans la réalisation de la série télévisée, chapeautant quasiment tout le coté créatif. Chas Addams a écrit de longues fiches explicatives sur la psychologie et l’aspect des personnages, il a également lui-même choisi les acteurs, écrit les scénarios et même peint et créé les décors. Si parfois on lui a suggéré de nouvelles idées, il a néanmoins gardé un contrôle absolu de sa création durant la production de cette série et ce malgré sa création opportuniste, l’idée d’adapter La Famille Addams en feuilleton étant venu à ABC pour contrer la mise en production d’une autre série du même genre, Les Monstres sur la chaîne CBS (1), les deux séries arriveront d’ailleurs à l’antenne quasi-simultanément, la même semaine. Mais là où Les Monstres aura surtout un succès localisé aux États Unis, La Famille Addams aura par contre un succès international.


Générique de la série télévisée de 1964

Une seconde série tentera de surfer sur le succès de la première et sera diffusée de 1998 à 1999, mais s’arrêtera très vite faute d’audience.

Deux séries animées, une dans les années 70 (inédite en France) (2) et une autre dans les années 90, plus inspirée par les deux films sortis peu de temps avant (cette série sera diffusée en France à plusieurs reprises, notamment sur France 2 dans l’émission Donkey Kong TV) seront également produites. Elles sont toutes deux très axées jeune public mais, dans l’ensemble, elles sont toutes deux très réussies.


Générique du dessin animé de 1992

Trois films seront également réalisés, deux films et un téléfilm. Les deux films sortis au cinéma, La Famille Addams (1991) et Les Valeurs de la Famille Addams (1993) seront réalisés par Barry Sonnenfeld (Men In Black) et seront d’énormes succès.
Le téléfilm, La Famille Addams : Les Retrouvailles (1997) aura lui par contre un succès mitigé, malgré de nombreuses qualités. C’est le « succès » de ce téléfilm qui motivera les producteurs à mettre en chantier la série des années 90 (voir plus haut), l’actrice Nicole Fugere reprendra d’ailleurs son rôle de Mercredi de ce téléfilm dans la série télévisée des années 90.
Je précise au passage que les trois films cités au dessus s’inspirent plus de la série télévisée que du comic strip, la psychologie et le comportement des personnages étant totalement différent de leurs homologues de papier, notamment et par exemple en ce qui concerne Gomez et Pugsley, radicalement différents dans les films.


Bande annonce du film Les valeurs de La Famille Addams

La Famille Addams est un pan important de la culture populaire américaine : Alors que l’american way of life battait son plein aux États-Unis, Chas Addams proposa des dessins présentant une famille allant à l’encontre de cette façon positive de voir les choses : Les Addams sont des êtres sombres, cruels, se plaisant dans une vie morbide et triste. Triste seulement pour celui qui regarde les dessins car les Addams, malgré leur train de vie sombre, sont manifestement une famille heureuse dont les occupations cruelles et morbides semblent comblées à chaque dessin.
Un état de fait dérangeant mais diablement attirant qui va faire de cette famille américaine une icône dans bien des milieux, celui de la culture, de l’art mais aussi dans les mouvements alternatifs, comme la mode ou la musique.
Ils sont également des personnages emblématiques du mouvement gothique, bien avant l’avènement de celui-ci.
Plus qu’une famille, ce sont de véritables icônes populaires, reconnaissables par tous. Chas Addams répondra même dans une interview à un journaliste qui venait de lui avouer être hanté par ses travaux que si ses dessins le hantaient, c’était parfait car c’était exactement ce qu’il avait voulu créer avec cette famille : Tout est dit dans cette simple tirade à propos de cette famille hors du commun !

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1 : D’un point de vue personnel, je n’ai jamais vraiment accroché à la série Les Monstres, j’ai par contre été immédiatement séduit par la Famille Addams, après avoir regardé un épisode de la deuxième saison, diffusée à cette époque sur M6. Pour la petite histoire, dans la version française, le doublage (doublage VF absolument excellent soit-dit en passant) de Gomez est assuré par Gérard Hernandez, populaire parmi les plus jeunes d’entre-vous pour interpréter le personnage du retraité acariâtre Raymond dans la série à sketch Scènes de Ménage.

2 : Les personnages de cette série animée apparaîtront pour la première fois en 1972 dans le cadre du troisième épisode de la série Les Grandes Rencontres de Scooby-Doo dans l’épisode Mercredi a disparue  !

 

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Batwoman is Love


Les enfants il me tarde de vous retrouver.
Il me tarde de vous dire tout le bien que je pense de la seconde saison de Supergirl par exemple, et à quel point la série Rebirth de Wonder Woman est toujours aussi excellente.
A vrai dire il n’y avait qu’une seule héroïne capable de me sortir de mes préoccupations actuelles, toutefois fondées sur ma passion pour les comics, Batwoman est ainsi apparue sur le toit d’un immeuble, apportant tout le réconfort possible à l’une des victimes indirectes de la tuerie d’Orlando.

Cette scène, nous allons la retrouver dans l’anthologie Love is Love, le fabuleux projet de  Marc Andreyko dont je vous ai déjà parlé, une oeuvre salvatrice pour toutes celles et ceux qui ont pu se sentir concernés, touchés, meurtris à vif par cette apocalypse.

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Cette page livrée aujourd’hui est d’autant plus significative pour moi qu’elle est issue d’un couple que je connais depuis un petit moment déjà, à savoir Cat Staggs et Amanda Delbert. Ces deux artistes élèvent ensemble une merveilleuse petite fille, une petite Wondie qui suivra sans problème le parcours de ses deux mamans, compte tenu de leur talent.

Cette page me rappelle également une autre scène aussi symbolique, mise en valeur par Frank Quitely et Grant Morrison via le personnage de Superman dans All Star Superman.

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Les super héros ne nous veulent que du bien. Ils ont beau être des personnages fictifs, eux et leurs auteurs nous insufflent une lueur d’espoir dans notre quotidien trop souvent empêtré dans une constante tristitude.

Kate Kane est toujours là pour me rappeler que le combat continue, la preuve en est encore aujourd’hui.
Cette page, avec celle de Rafael Albuquerque ne fait que renforcer l’idée que Batwoman est LE symbole de l’espoir et de la combativité des LGBT dans le medium des comics.

WE SOLDIER ON.

Je vous laisse avec une interview de Mark Andreyko sur ce formidable projet dont il écrira une préface, et dont les bénéfices sont destinés aux victimes de la tuerie du Pulse, Brian Michael Bendis, Michael Avon Oeming, Gail Simone, Scott Snyder, Tom King, Cecil Castellucci, Mirka Adolfo, Paul Dini, Mark Millar, Cat Staggs, Amanda Diebert, Brad Meltzer, Sina Grace, Ed Luce, Jason Aaron, Jason Latour, Kieron Gillen, Olivier Coipel, Phil Jimenez, Patton Oswalt et Damon Lindelof en ont été également les architectes.

On se voit très bientôt les enfants🙂

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Paris Manga & Sci-Fi Show : Le compte-rendu de Julien Lordinator


Paris Manga & Sci-Fi Show 2016 : La folle journée

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J’avoue ne pas être coutumier des salons et festivals dédiés aux mangas et à la culture japonaise en général, n’ayant qu’une connaissance de cette culture assez limitée et les multiples expériences assez décevantes lors de mes pérégrinations dans des festivals de ce type (dont un très connu se passant lui aussi à Paris) me refroidissant régulièrement d’y remettre les pieds.
Mais depuis quelques années, les différents salons et festivals historiques en France s’ouvrent sur des horizons un peu plus variés et c’est ainsi que le Paris Manga s’est depuis de nombreuses années doté d’un espace dit Sci-Fi consacré aux séries télévisées et aux films fantastique et, étonnement, aux comics, et c’est ce point précis qui m’y a conduit cette année, le dimanche 6 novembre pour être plus précis.

Afin de rester concis, je parlerai d’abord du festival en lui-même puis plus précisément de l’espace dédié aux comics.

Pour ce qui est du salon en lui-même malgré l’espace je trouve, mais c’est un avis personnel, assez limité, l’agencement des stands et des sections étaient plutôt clair et fait de façon logique : Les boutiques dans l’allée centrale, les scènes dans les coins, les stands de restauration au fond et à l’entrée et les animations dans les allées des cotés.
Il ne faut pas oublier que le but de ce genre de salon, c’est quand même d’engranger de l’argent donc le fait d’avoir mis en avant les différents stands de vendeurs de produits dédiés à la culture japonaise était de ce fait logique. En parlant de ces stands, la diversité était de mise : Des objets traditionnels japonais ou liés à la culture de ce pays en passant par les inévitables mangas en version papier et vidéo mais aussi les figurines et les jeux vidéos, le nombre de stands vendeurs était impressionnant, la plupart des visiteurs ne sachant plus vraiment ou donner de la tête devant l’opulence des produits proposés.

Mention spéciale en passant à l’espace consacré aux véhicules de la pop culture : La Gran Torino de Starsky et Hutch, K2000 ou encore la Delorean de Retour Vers le Futur étaient visibles et les fans de ces films (et ils étaient nombreux) pouvaient se faire photographier au volant des ces belles machines. Une belle initiative que cet espace, très attractif et qui, de ce que j’en ai entendu, a visiblement ravi les quelques parents venus accompagnés leurs progénitures.

Pour ce qui est des animations diverses proposées pour les fans de culture japonaise, très honnêtement, je ne jugerai pas ce point car je n’ai assisté à aucune car cela ne m’intéressait pas, tout simplement. Idem pour l’espace consacré aux acteurs de séries et aux youtubers, j’avoue que ce n’était pas non plus ma priorité : J’étais venu pour l’espace comics et c’est à ce point que je vais m’intéresser maintenant.
L’espace comics était géré par l’équipe de Central Comics et la WIP Agency : Raisonnablement bien placé, légèrement décalé sur la gauche de l’allée centrale, les passages des visiteurs y étaient réguliers et même ceux qui étaient venus surtout pour l’aspect manga finissaient invariablement par passer devant : Une disposition donc quasiment idéale pour mettre en avant les auteurs, contrairement à un certain autre salon dans la dénomination contient le nom « Comic » et qui sous-traite ses auteurs de façon scandaleuse. Comme le reste du salon, la disposition était très bonne : Là où il y avait le plus de passage (vers l’intérieur) étaient placés les artistes internationaux et de l’autre, vers l’extérieur, les auteurs moins connus. Rien à dire sur la disposition, comme quoi ça n’a rien de sorcier de mettre en valeur les auteurs, « l’autre » salon parisien devrait en prendre de la graine.

En ce qui concerne les invités, c’était l’opulence ! Même si les têtes d’affiche étaient les légendes Mark Texeira et John Bolton, les autres artistes présents valaient véritablement le détour  : De Pepe Larraz en passant par Claudio Castellini, Steve Scott, Pasqual Ferry, Augustin Padilla ou encore Yildiray Cinar et le français Guile Sharp, la diversité des styles était de mise et il y en avait vraiment pour tous les goûts. Même constat pour l’allée consacrée aux auteurs hexagonaux : Michel Borderie, Thibault Colon de Franciosi ou encore Fabrice Angleraud et la délicieuse Virgine Siveton (j’en oublie très certainement d’autres, désolé pour eux), les styles étaient variés et attractifs. Que se soit pour les auteurs internationaux et nationaux, l’ensemble était agréable, les tables colorées et attractives : Rien à voir avec «  l’autre  » salon et son austérité presque repoussante.

En fouinant un peu, ont pouvait aussi dénicher des talents étonnants sur d’autres stands, comme la ravissante Léa Khali ou Ntocha sur le stand Woodbrass, autant dire que les talents étaient nombreux et l’amateur de commissions avait largement de quoi satisfaire sa faim.
Même si l’ensemble était assez réduit et pas exempt de reproches (la présence ou non de certains auteurs étaient parfois assez nébuleuse), la passion se sentait clairement du coté des organisateurs et le sourire et la bonne humeur affichés des auteurs présents faisait très franchement plaisir à voir.

La conclusion que je peux faire en ce qui concerne cette artist alley, ma foi plus qu’honorable, est que malgré le fait que le salon ne soit, de prime abord, pas consacré aux comics, l’espace qui leur était dédié était presque parfait : Bien fourni en auteurs, bien placé et bien organisé, y flâner était un vrai plaisir et si on le compare avec celui de « l’autre » salon, qui lui, devait, selon son nom, les mettre en avant, on a là un quasi sans faute, un comble pour un salon consacré principalement aux mangas…

Un mot pour finir sur l’ambiance générale : J’y ai retrouvé le même genre d’ambiance et d’atmosphère que dans le plupart des salons de ce type, à savoir une ambiance survoltée, bruyante, blindée de cosplayers et même pour un dimanche, noir de monde. Ainsi se déplacer dans les allées était franchement pénible, surtout quand on se rend compte que la plupart des visiteurs ne font rien d’autre que d’avancer droit devant eux à la recherche de… Je ne sais pas quoi… Sans prêter attention aux différents stands et animations… Mais bon, ça c’est un constat personnel, qui ne regarde que moi et je ne vais pas reprocher à un salon d’attirer du monde, surtout un dimanche, loin de là.

En conclusion, ce Paris Manga & Sci-Fi Show, deuxième édition de 2016 (la première avait eu lieu en février) fut plutôt une bonne expérience : Bien organisé, il était facile de s’y retrouver et de s’y balader, les exposants étaient variés et bien disposés. Que demander de plus à ce genre de salon  ?
J’ai passé le gros de mon temps à l’artist alley consacré aux comics et ma journée fut très honnêtement très agréable : Les artistes étaient disponibles, souriants et agréables, visiblement ravis de s’y trouver. A contrario, la comparaison avec l’artist alley du Comic Con Paris (Oui, « l’autre » salon, vous l’aurez deviné, c’était lui !) faisait pâle figure malgré les moyens plus conséquents que cette convention avait à sa disposition. Comme je le dis plus haut, mettre en valeur des artistes, ça ne tient pas à grand chose, juste une disposition et une mise en valeur efficace afin de les rendre plus visibles, et ça, même le Paris Manga & Sci-Fi Show l’a compris, là où le Comic Con échoue lamentablement depuis deux ans…
Pour être honnête, si l’année prochaine je dois faire un choix lors d’un trip sur Paris pour assister à un salon, entre le Paris Manga & Sci-Fi Show et la Comic Con Paris, même en tant que fan de comics, j’opterai pour le Paris Manga.

 

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Tokyo Ghost : La review de Julien Lordinator


Rapide review  : Tokyo Ghost Tome 1, Éden Atomique

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Rick Remender c’est un peu beaucoup le scénariste qui a le vent en poupe en ce moment : Ses prestations remarquées chez Marvel l’ont introduit et désormais, il est l’un des auteurs les plus adulés, notamment grâce à des creator-owned ayant un succès à la fois critique et financier, ce qui a pour effet que même chez nous, la plupart de ses créations sont publiées, parmi lesquelles Tokyo Ghost, publié il y a quelques mois dans notre beau pays par Urban Comics. Est-ce que ce fantôme tokyoïte vaut le détour ? Réponse maintenant.

My fall will be for you
My love will be in you
If you be the one to cut me
I’ll bleed forever

Nightwish – Ghost Love Score (Once – 2004)

Le futur dans Tokyo Ghost n’a rien de réjouissant : Rongés par la crise, les humains se sont réfugiés dans des univers virtuels et l’humanité est devenue accro aux vidéos virales (de chats), la pornographie, les séries télévisées et faire le buzz est maintenant la seule et unique motivation de millions de personnes. Tout est dirigé et contrôlé par un consortium appelé Flak Corp qui dirige d’une main de fer le flux des informations maintenant directement envoyé dans la tête de leurs consommateurs au travers d’appareillages de plus en plus perfectionnés.

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Led et Debbie sont les policiers de Flak Corp, chargés de traquer les cybercriminels pour le compte de la multinationale. Mais Led et Debbie sont également un couple dans la vie que tout sépare : Led est accro à la technologie au point d’être devenu un véritable zombie à peine conscient du monde qui l’entoure tandis que Debbie est une no-tech, vierge de toute technologie, c’est encore une humaine à part entière. Mais Debbie est toujours follement amoureuse de Led, s’accrochant au souvenir de celui-ci avant qu’il ne devienne accro à toute la technologie de Flak Corp.
Durant une de leurs enquêtes, le couple est forcé de se rendre à Tokyo, bastion imprenable et inconnu, réputé comme étant le dernier endroit au monde encore vierge de toute technologie.
Ce lieu va à jamais changer la vie de Led et Debbie, dans tout les sens du terme…

Tokyo Ghost c’est donc le dernier comic écrit par Rick Remender et honnêtement, si vous ne l’avez pas encore lu, faites-le ! Finement écrit, Remender commence par nous présenter un monde qui se révèle être un triste reflet exacerbé de ce que notre société est au fur et à mesure en train de devenir, esclave de la technologie, drogué aux réseaux sociaux et à l’internet en général.
Effrayante mais lucide, cette vision de Remender est assez impressionnante et amère… Les deux héros quant à eux sont très attachants et attirent d’emblée une certaine pitié, presque de la compassion : Entre Led, géant à peine vivant, réfugié dans un monde imaginaire et Debbie, amoureuse transie nostalgique réfugiée dans un autre monde imaginaire, celui de ses souvenirs, impossible de ne pas se reconnaître dans un ou deux de ces personnages, assurément touchants, aux sentiments et émotions qui nous touchent forcément. Un véritable travail d’écriture particulièrement réussi de la part de Remender qui s’impose une fois de plus comme un des scénaristes les plus doués du moment.

3

Aux dessins, Sean Murphy prouve lui aussi une fois de plus (si il en était encore besoin) sa maîtrise des environnements complexes, le tout renforcé par son trait caractéristique si dynamique. Chaque planche est une explosion de détails, de couleurs (chapeau bas au coloriste Matt Hollingsworth d’ailleurs), ses personnages sont très caractérisés sans être caricaturaux et à chaque fois impressionnants : La première apparition de Kazumi, la dirigeante de Tokyo est par exemple une planche sublime, presque un poster. Un travail remarquable de la part de l’artiste, qui force le respect.

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Pour ce qui est de l’édition française, Urban ne s’en sort pas mal avec une bonne traduction et en bonus de l’album toutes les couvertures originales ainsi que quelques croquis de recherche de Sean Murphy. L’éditeur a également eu la bonne idée de proposer l’album en deux versions différentes : Une en couleurs et une autre en noir et blanc, permettant ainsi de profiter du travail du dessinateur de façon plus brute. Une bien bonne initiative.

Ce premier tome de Tokyo Ghost est donc une vraie bonne surprise : Intelligent, touchant, plein d’action débridée et supporté par des dessins sublimes, c’est une lecture plus que recommandable, voir quasiment obligatoire, pour tout fan de comics et même de bande dessinée qui se respecte.
Un nouvel incontournable, dont j’attends avec beaucoup d’impatience la suite.

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Tokyo Ghost Tome 1, Éden Atomique de Rick Remender, Sean Murphy et Matt Hollingsworth disponible en France depuis le 27 mai 2016 chez Urban Comics dans la collection Urban Indies.

 

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Terry Moore, la conférence


Parfois dans la vie, il vous arrive de faire des choses complètement hallucinantes. Certains sautent en parachute, sans parachute pour atterrir dans un filet de la taille d’un mouchoir de poche, moi je fais des trucs moins spectaculaires mais dans mon organisme, ça a le même effet.
J’ai eu donc le grand privilège il y a quelques jours de pouvoir animer un panel avec l’auteur qui a fait de moi ce que je suis aujourd’hui. Cela s’est produit à la Comic Con Paris, nous étions une poignée de fidèles mais par bonheur, Jean Serge de la Wip Agency (que je remercie chaleureusement) a su immortaliser ce moment.

Pendant une heure trop courte, nous avons parlé de sa carrière bien sûr avec ses trois principales publications, Strangers in Paradise, Echo et Rachel Rising, mais également des œuvres littéraires qui ont pu l’inspirer dans sa jeunesse, de ses bifurcations chez les Big Two, pour finir avec son nouveau projet, Motor Girl, dont le premier numéro est sorti hier et recèle bien des surprises.

J’ai eu l’immense plaisir d’être accompagnée de Thierry Mornet, rédacteur en chef de Delcourt Comics et responsable (avec la formidable Marie-Paule Noel) du fait que Echo et Rachel Rising soient publiés en France – avec une prochaine réédition de SIP prévue pour l’année prochaine – ainsi que de Mathilde Tamae-Bouhon, la plus grande traductrice de tout le multiverse.

Pas mal de scoops ont été annoncés par Terry Moore lors de ce panel, et c’est une grande fierté pour moi d’y avoir contribué.

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Les comics, c’est nous.


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Comic Con Paris, round II.
Située au même endroit que l’année dernière (la superbe Grande Halle de La Vilette), et se déroulant à la même période, l’événement critiqué pour sa vision assez particulière de traiter son volet comics était attendu au tournant par les amateurs du genre.
Quelques détails avant-coureurs nous laissaient craindre le pire, à savoir le quasi boycott des blogs et médias spécialisés, ainsi qu’une conférence de presse surréaliste et la mise en avant du plus gros coussin péteur du monde, recyclé depuis 2014 par Cartoon Network (le pire entre nous, c’est qu’amalgamer cette série magnifique qu’est Adventure Time avec ce machin hyper moche, moi ça me dépasse).

Vous vous en doutez, je ne vais donc pas m’étendre sur le côté Entertainment de cette convention  parce que cela ne me concerne pas du tout, passons donc au vif du sujet si vous le voulez bien, c’est à dire la partie comics de cette CCP, à savoir ses conférences, ses invités, et ses éditeurs sur place, unique raison de ma présence dans ce lieu de perdition.

A vrai dire, peu de choses ont véritablement changé depuis 2015. Certes, les stands et les opportunités de cramer son portefeuille se sont multipliés, le premier niveau a également été ouvert au public, donnant accès à une Artist Alley des plus pathétiques (je vais y revenir).
Un bel effort a quand même été fait concernant les conférences comics. Diverses et variées, j’ai pu assister à 5 d’entre elles et en animer une, il y avait donc vraiment matière à apprendre tout un tas de choses sur les carrières des différents auteurs invités (comme Erik Larsen et Terry Moore), leur processus de création (Marcus To, Chad Hardin, Greg Pak et Mirko Colak), la rétrospective de l’une des meilleures maisons d’édition du marché américain (les 25 ans d’Image Comics), ainsi que la présentation de la série culte The Wicked + The Divine qui paraît chez Glénat Comics. Il y avait bien sûr d’autres panels tels que ceux sur Tony Moore, l’univers des comics Valiant, Brenden Fletcher, bref un large choix dans le contenu, et c’est quelque chose pour moi de très positif.

Tout cela c’est très bien, et je salue sincèrement cette ouverture sensible et la mise en valeur de la dimension d’auteur, du moins dans ce contexte précis.
Mais il y avait pourtant quelque chose qui n’allait définitivement pas dans l’organisation de ces conférences. En effet, les faire démarrer à 9h45 alors que le salon ouvre ses portes 15 minutes avant est une aberration compte-tenu de l’impossibilité pour les visiteurs d’être au rendez-vous puisqu’ils étaient en train de faire la queue dehors. Je crois qu’Erik Larsen n’aura jamais eu aussi peu de monde de toute sa carrière en conférence, et pour Terry Moore, il y avait tout simplement plus de monde sur son Periscope à assister au panel que dans la salle !
Autre point qui fâche : l’Artist Alley située au premier niveau, excentrée donc de toute l’effervescence et la frénésie en contre-bas (le samedi, c’était invivable). Autant c’est une bonne chose que les auteurs comics aient leur propre espace « au calme », autant les voir assis les uns à côté des autres dans leur coin faisait peine à voir. On avait vraiment l’impression de voir des élèves punis derrière leur table. La signalétique ne donnait pas du tout envie de découvrir ces artistes, heureusement certains d’entre eux avaient apportés leur bannière. Nombreux sont ceux qui ont du vivre de grands moments de solitude (Greg Pak n’avait PERSONNE).
Alors certes, la bonne nouvelle pour nous les fans c’est que nous pouvions passer de longs moments à discuter avec nos auteurs favoris, même si certains d’entre eux étaient loin d’oublier l’aspect business de l’exercice : Tony Moore faisait payer 20€ ses signatures, Chad Hardin 5 € sur ses comics Harley Quinn (manque de bol pour lui, j’avais amené un Zatanna). Mais quand je pense que la cosplayeuse Lee Anna Vamp a passé 3 jours en étant payée à rien foutre (elle n’a eu personne car… personne ne la connait) et qu’en contre partie la plupart des intervenants ont bossé sans être défrayés ni rémunérés pour leur travail au sein du salon… mais il est vrai que c’est presque un privilège de pouvoir intervenir pour eux.

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Autre sujet sensible, la présence d’un libraire comics VO, l’année dernière il n’y en avait pas. Cette année il y en avait bien un, et celui-ci venait… du Canada ! Un comble lorsqu’on se doute que l’organisation doit quand même savoir qu’à Paris, ou même en France, nous aussi on a des comic shop ! Certes, le gars avait pas mal de stock, mais essentiellement issu des 90’s (il devait vouloir s’en débarrasser !), une époque qui ne peut que donner envie aux curieux de se lancer dans l’aventure comics ! A 5 € le single, et même si certains efforts étaient faits au niveau tarif avec des lots ou 3 TPB pour 20 €, on ne peut pas dire que l’ensemble des livres étaient vraiment bon marché, comme le reste des articles vendus à la CCP par les différents stands de commerçants.

En terme de programmation, l’autre gros soucis concernait le programme en lui même, la version papier étant différente que la version web, de quoi créer quelques sueurs froides aux panélistes lorsqu’ils s’aperçoivent que leur horaire a été décalé mais qu’en fait non, tout va bien, c’est juste que le programme imprimé à je ne sais combien d’exemplaires est inexact.

Fort heureusement, les principaux éditeurs comics étaient de la partie (mis à part encore une fois d’Urban Comics qui avait décidé de troller la manifestation en organisant une tournée française avec Brian K. Vaughan, Fiona Staples, et Cliff Chiang) : Delcourt, Glénat, Panini, Comixology et Bliss sont parvenus à créer une vraie dynamique au milieu de cette masse humaine plus sensible sans doute aux adaptations de comics en films et séries TV que leurs œuvres originales. J’ai particulièrement apprécié de pouvoir échanger quelques mots avec David Lopez et Brenden Fletcher, tout autant que Julien Lordinator avec les auteurs de Porcelaine, Benjamin Read et Chris Wildgoose parce que mine de rien, on a été les premiers à parler de cette série en France et ça on en est quand même un peu fiers.

Voilà voilà, encore une fois la CCP malgré des efforts notables en terme de contenu n’aura pas réussi à me convaincre, en grande partie à cause de la gestion de ses auteurs de comics, on avait vraiment l’impression que le salon ne savait pas trop quoi faire avec eux, un comble pour une manifestation qui a fait le choix de s’appeler ainsi.
Quelque soit leur taille, il existe bien d’autres salons en France qui savent prendre soin et rendre hommage aux auteurs de comics qu’ils invitent, tout en se destinant à un public aussi bien connaisseur qu’exigent, mais également curieux et novice. L’univers des comics en France ne pourrait en aucun être représenté uniquement que par la Comic Con Paris, cet univers là appartient à ceux qui préfèrent les livres aux Funko Pop, à ceux qui font des kilomètres pour rencontrer et échanger avec leurs auteurs favoris.
Pour ce qui est de l’appellation « Festival Pop Culture » c’est un terme généraliste qui convient parfaitement à cet événement, ce qui me permet de ne pas trop être sévère en écrivant ces quelques lignes.

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