Quand t’es dans le désert…


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Le premier numéro de Motor Girl, la nouvelle série de Terry Moore, nous présentait un duo attachant et des plus singuliers, Samantha et son meilleur ami Mike le gorille, tout en nous embarquant dans un univers situé entre rêve et réalité, en concordance avec la psyché de cette héroïne au passé trouble et que l’on pouvait d’ors et déjà supposer de traumatique…
Mais c’était sans compter sur l’arrivée d’extra-terrestres sortis tout droit d’un strip de Charles Schulz, pile au moment où l’un mystérieux homme d’affaires souhaitait faire main basse sur cette décharge automobile perdue au milieu de nulle part.

Pour Samantha nul doute possible, la rencontre du troisième type de la veille était un rêve stupide, parmi ceux nombreux qui hantent ses nuits depuis longtemps, tel celui de son père, soldat tout comme elle (décidément, l’armée c’est une tradition de père en fille dans les comics) et parti faire son devoir en mission sans jamais revenir alors qu’elle n’avait que 12 ans…
A ce stade de l’histoire, on sent que Terry Moore est encore une fois en train de nous dépeindre un de ces personnages dont il a le secret, celui-ci semble être un funambule, à deux doigts de sombrer dans la folie, à moins qu’elle y ait déjà trouvé refuge.
D’un autre côté Samantha s’avère être pleine de ressources, défendant les intérêts de Libby avec fermeté, laissant présager un bras de fer des plus musclés entre les deux femmes et ceux qui souhaitent s’emparer de ce no man’s land.

Et comme à chaque fois avec une série écrite et dessinée par Terry, la ligne qui sépare la comédie du drame est si fine, que pour le coup ce sont nous lecteurs qui marchons d’un pas prudent pour que l’équilibre perdure.
Motor Girl s’avère être un véritable OVNI dans le panorama des publications actuelles, sa niaiserie apparente pourrait d’ailleurs en dérouter plus d’un, mais ce genre de lecteurs ne méritent certainement pas de rentrer dans la famille des adorateurs du Grand Homme.
Les habitués ne sont d’ailleurs pas dupes, Motor Girl renferme déjà tout ce que les fans de l’auteur de SIP, Echo et Rachel Rising ont pour habitude de lire : au delà de personnages principaux forts et complexes, ce sont de véritables ressources historiques, scientifiques ou technologiques que le lecteur doit appréhender (en l’occurrence ici l’aviation), car dans une série de Terry Moore, on ne se contente pas de lire une bonne histoire on apprend également beaucoup de choses, et la documentation est l’un des points forts de cet auteur, comme tout bon scénariste qui se respecte.

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Autre moment fort de ce numéro, la complicité entre Sam et Libby, alors que le plot semble être centré principalement sur la relation intime (oui bon, on se comprend) entre notre héroïne et son gorille, cette chère Tante Libby semble être également un personnage crucial, qui sera loin de faire de la figuration comme je le supposais au départ, je m’étais effectivement dit qu’elle n’était là que pour apparaître en cameo et faire une connexion à ce que l’on appelle désormais le Terryverse, ce n’est nullement le cas.

Ce second numéro de Motor Girl est donc évidemment une réussite dans la parfaite continuité de son prédécesseur, de nombreux détails nous dévoilent encore un peu plus sur l’authenticité du personnage de Samatha que l’on imagine brisé dans tous les sens du terme et qui a trouvé refuge dans un désert de sable et de ferraille (le terme « Home » bien souvent employé dans SIP revient ici à trois reprises, et ce n’est surement pas un hasard).
De quoi être déjà accro à cette série encore pleine de mystères, il ne reste plus qu’à attendre la suite des festivités.

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If you wait (En attendant Batwoman)


Chère lectrice, cher lecteur du TLGB. Nous nous côtoyons parfois depuis de nombreuses années et à intervalles réguliers nous faisons le point ensemble sur un sujet qui nous tient particulièrement à cœur, celui du sort de la Reine de Gotham.
J’ai tendance à croire que lorsque l’on est patient, le meilleur fini par arriver. Lorsque l’on regarde droit devant soi, une silhouette fini toujours pas se dessiner, la notre est vêtue de cendre et de feu, nous étions là à guetter son retour, nous savions qu’en levant les yeux vers les sommets de cette cité en perdition, une ombre flamboyante se dessinerait à nouveau, pour la justice, pour l’honneur, pour l’égalité.

Si comme moi tu es patient, chère lectrice, cher lecteur, tu sais que Batwoman n’est pas une femme que l’on apprivoise facilement. Tu sais que c’est elle qui décide où et quand. En ce début d’année 2017, au diable nos griefs et nos craintes, Kate Kane nous revient réellement ici et maintenant.
Detective Comics #948 est le lieu qu’elle a choisi pour nous reconquérir, mais l’avions-nous déjà oublié ? Nous étions toujours là à l’attendre, tous transis dans l’incertitude des ruelles froides et sombres de Gotham.
James Tynion IV, Marguerite Bennett et Ben Oliver accompagnent notre déesse dans son renouveau, le temps de deux épisodes, juste le temps de la voir voler de ses propres ailes, à nouveau, dans une trajectoire que nous suivrons avec toujours autant de ferveur, il suffit juste de regarder droit devant soi.

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Pour 49 battements de coeur


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« Superman and I have spent our lives trying to better our adopted world… Helping those who need it… Trying to inspire hope in those who don’t have any.
But sometimes… sometimes…
…sometimes we’re too late.
Sometimes our friends and families and neighbours suffer… and my heart breaks.
I wish I could fix this… I wish I could spin the world backwards and make this all go away… I wish I could save everyone.
This world is so, so beautiful
… Why would anyone want to hurt it ?
Why ? »

Extrait de WHY, page consacrée à Supergirl, écrite par Sterling Gates et dessinée par Matt Clark.

Beaucoup d’entre nous se souviendront toujours où nous étions et ce que nous faisions le 12 juin 2016, lorsque nous avons appris pour le Pulse.
Moi j’accompagnais mon Sidekick dans notre cinéma de quartier (celui où j’ai été bénévole pendant des années) voir TMNT 2. Il était à peu près 18h et en attendant que la séance démarre, je flânais sur Facebook, puis j’ai su. J’ai ressenti immédiatement une immense colère, à tel point que le Sidekick m’a demandé ce qui n’allait pas. Je lui ai alors montré l’article que j’avais sous la main, et après l’avoir lu il m’a posé cette question si juste : Mais comment on peut tuer des gens pour ça ?

De la colère d’un côté, de l’incrédulité de l’autre, rajouté à cela un gouffre sans fond de tristesse, de désespoir, de renoncement. La tuerie du Pulse a dévasté bien plus que 49 vies, leurs familles, leurs amis. Toutes ces balles ont ricoché d’une certaine manière sur nos vies à nous. Moi même, je n’ai pas eu le courage d’écrire pendant un moment.
Puis vient le temps de se redresser. Parce que même si cette tragédie est la plus violente et  la plus radicale que l’on ai pu voir ces dernières années, elle est loin d’être la première. Elle ne sera pas la dernière non plus. Et c’est bien d’ailleurs pour cela que nous manifestons chaque année au mois de juin justement. Parce que même si l’on nous frappe, même si l’on nous tue, nous sommes et resterons fiers d’être ce que nous sommes, pour toujours.

La couverture de Love is Love dessinée par Elsa Charretier exprime bien cette idée. On peut y voir le début de cortège d’une Gay Pride, où Thémis, déesse de la Justice brandit le drapeau gay d’une main et accompagne la future génération de l’autre. Derrière elle, c’est toute la diversité des LGBT qui est représentée : Queer, Bear, Trans, Camp, Butch, des jeunes, des moins jeunes, et des couleurs de peau aussi diverses que l’arc en ciel qui nous symbolise.

Love is Love, c’est l’hommage et le message d’amour que le scénariste Marc Andreyko a voulu offrir non seulement aux victimes du Pulse mais également à toute une communauté. Réunissant d’innombrables artistes et scénaristes de l’industrie (311 au total), cette anthologie recèle de véritables trésors graphiques qui pour la plupart ne font qu’une ou deux pages.
Les éditeurs partenaires étant IDW, DC Comics et Archie Comics (on regrette évidemment l’absence de Marvel, mais des auteurs phares de l’éditeur y sont tout de même présents), on retrouve bien évidemment les grandes figures de ces trois maisons, quelles soient LGBT ou non. D’un autre côté, on trouve également des histoires où les super héros sont absents, l’émotion est alors à son comble la plupart du temps.

Car pour lire cet ouvrage dans sont intégralité, il m’aura fallu le faire en plusieurs séances tant son contenu est chargé et puissant émotionnellement à bien des égards. On ne peut effectivement sortir indemne d’une telle lecture, et ce, que l’on fasse partie de la communauté LGBT ou non, car tout le monde peut se reconnaître dans cette tragédie.

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La préface de Patty Jenkins (réalisatrice de Monster et Wonder Woman) résume parfaitement bien le contenu de Love is Love : sans amour et sans compassion, notre société n’engendrera que des victimes. Mais grâce à des personnes de bonne volonté, des bénévoles dans des centres d’accueil, des artistes qui répondent à l’appel, la violence et la haine s’éteindront un jour, peut être…

Le contenu de cette anthologie n’est ensuite pour moi ni plus ni moins qu’une succession de merveilles, dont certaines ont été façonnées par des artistes que j’ai eu la chance inouïe de rencontrer lors des nombreux festivals que j’ai pu écumer toutes ces années. Ici et maintenant je peux le dire, ces artistes là, ce sont eux mes super héros et je ne les remercierai jamais assez d’avoir participé à ce livre.
Car Love is Love fait en effet désormais partie de ces grandes œuvres qui ont réuni parmi les plus grands artistes dans un projet caritatif, comme AARGH et 9-11 à leur époque.

Dans Love is Love on pleure beaucoup, on rit parfois, mais surtout on danse. On danse comme tous ceux qui étaient au Pulse ce soir là, parce danser c’est vivre, s’amuser et aimer qui l’on veut, c’est rentrer chez soi safe et remettre ça le week-end suivant. 49 personnes ne sont pas rentrées chez elles ce soir là, mais nous on continuera de danser pour eux.

Les bénéfices de Love is Love sont intégralement redistribués à  l’organisation Equality Florida et son fond d’aide aux victimes de la fusillade du Pulse, ainsi que leurs familles.

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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 26


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Aliens Versus Predator : 1ère partie

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En tant que fan, on a souvent des rêves de récits, d’affrontements ou de rencontres inopinées entre diverses créations d’horizons parfois différents voire totalement opposés. Dans le langage des connaisseurs, des fans, ces récits portent un nom : Crossovers.
Ce terme, dont l’utilisation était autrefois réservé uniquement à un cercle restreint d’initiés (principalement lecteurs de comics) est maintenant passé dans le langage courant, englobant des rencontres ayant lieu dans tous les médias de divertissement, que ce soit au cinéma, dans les séries télévisées ou les jeux vidéos.

Aimées ou détestées, ces œuvres font souvent figures de récits opportunistes, créés pour extorquer de l’argent aux fans d’une ou des deux licences concernées à grand renforts d’affiches ou de couvertures tapageuses. Peu de ces crossovers ont marqué l’histoire de leurs médias respectifs, les seuls restant dans les mémoires sont, soient les premiers de leur genre (les emblématiques Superman / Spider-Man et X-Men / Teen Titans par exemple), soit ceux qui ont mis longtemps à se concrétiser (l’arlésienne JLA / Avengers).
Les autres cas sont ceux à la portée allant au-delà de leur média d’origine, à l’idée, l’image et l’impact qui parle même au grand public : Frankenstein rencontre Le Loup-Garou, King Kong contre Godzilla, Robocop VS Terminator et… Aliens VS Predator.

Aliens Vs Predator, c’est pour moi un fantasme de gosse : Ceux qui me connaissent de près ou de loin connaissent ma passion dévorante et indéfectible pour l’univers créé par Ridley Scott dans le premier film Alien.
Dès mon premier visionnage de ce film aujourd’hui culte et mythique, je me suis pris d’une passion dévorante pour cet univers sombre, étouffant et claustrophobique, mélange de science-fiction pure et d’horreur malsaine, et de son monstre.

Cristallisation de tout le génie créatif du peintre suisse Hans Ruedi Giger, l’Alien est devenu aujourd’hui une figure emblématique de l’imaginaire collectif et de la science-fiction moderne, à la fois redoutable, effrayante et attirante.
Visuellement, l’Alien est pour moi d’un génie plastique quasi-parfait : Son apparence et ses attitudes en font un monstre séduisant, agréable à regarder tout en étant laid et menaçant. Le monstre parfait.

1L’Alien classique

A contrario et assez bizarrement, la première vision de Predator me terrifia là ou celle d’Alien me fascina. A peine âgé d’une douzaine d’année, ce colosse extra-terrestre sanguinaire m’effraya énormément, tellement que je dû attendre de nombreuses années avant d’avoir le courage de le revisionner une seconde fois et de le découvrir avec un œil beaucoup plus mature, admiratif et fasciné.

Comme pour Alien, ce géant humanoïde au faciès improbable, mélange entre un crabe, un serpent et une pieuvre, issu de l’esprit du génial Stan Winston, marqua également durablement mon esprit et mon imaginaire.
De croque-mitaine ayant marqué mon enfance, le Predator devint une des autres figures marquantes de ma jeunesse et est encore aujourd’hui pour moi un monstre terriblement attirant de par son coté animal, ses attitudes et bien sûr son aspect.

2Un Yautja, équipé pour la chasse

Alien et Predator, sont pour moi bien plus que des monstres : Ce sont des films, des univers, des mondes qui me fascinent et me passionnent toujours autant et cela plus de vingt ans après que je les ai connus.

Avant de parler de Aliens Vs Predator plus en détail, intéressons-nous aux deux parties, à commencer par les Aliens.

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Apparus pour la première dans le film Alien, Le Huitième Passager de Ridley Scott en 1979, les Aliens sont depuis des créatures emblématiques du cinéma fantastique, immédiatement reconnaissables de part leur apparence particulière, même quelqu’un qui n’a pas ou peu vu l’un des quatre films les reconnait sans peine.
L’histoire du premier film se passe dans le futur, un vaisseau cargo appelé le Nostromo est forcé de faire une escale sur une planète inconnue afin de répondre à un mystérieux appel de détresse. Une fois sur la planète en question, l’équipage découvre un vaisseau extra-terrestre écrasé avec à son bord une cargaison inhabituelle, de gros œufs, dont sort une créature qui attaque l’un des membres d’équipage et se fixe à son visage. La victime est ramenée à bord, la créature fixée à son visage meurt et la victime reprend ses esprits.

Durant un repas, l’infortuné est pris de spasmes : Son ventre explose et une créature en surgit. Alors que l’équipage cherche à retrouver la créature, celle-ci grandit de façon extraordinaire et commence à décimer les membres d’équipage. Dorénavant un seul objectif pour les rescapés, survivre à cet étranger, survivre à l’Alien…

Alien, Le Huitième Passager devient rapidement un film culte, de part son univers, à mi-chemin entre la science-fiction hardboiled, le film d’horreur et le huis clos. Le film devient également un phénomène grâce à sa créature, né de l’imagination du peintre suisse Hans Ruedi Giger.
Alien c’est un condensé et un mix de choses jamais vues dans le cinéma à l’époque, un film charnière, essentiel dans la culture populaire que tout cinéphile ou fan de culture pop se doit d’avoir vu.

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Si le premier film est un huis clos angoissant, le second film, piloté par l’actioner James Cameron (déjà responsable du blockbuster-bulldozer Terminator) va prendre une toute autre direction en proposant en 1986 un film guerrier, bourré d’action et donc radicalement différent de son aîné.
Aliens commence 57 ans après le premier film, Ellen Ripley, seule survivante du Nostromo est retrouvée en stase dans son vaisseau de secours, dérivant dans l’espace. A son réveil, personne ne croit à son histoire de monstre spatial et Ripley reste seule avec ses cauchemars… Jusqu’à ce que la compagnie Weyland Yutani la contacte pour qu’elle prenne part à une mission de secours sur la planète LV-426, cette même planète où elle et son équipage ont trouvé et ramené à bord la terrifiante créature.
Le contact avec la planète récemment colonisée est rompu et la compagnie Weyland Yutani souhaite y envoyer une escouade de Marines pour y enquêter. Après de nombreuses hésitations, Ripley fini par accepter.
Une fois arrivés sur la planète coloniale, Ripley et les Marines y découvrent des installations désertes, tous les habitants ayant mystérieusement disparu, la seule survivante étant une petite fille pas très loquace, parlant de l’existence de « monstres ».
Après une petite recherche, les habitants sont localisés près de processeurs atmosphériques (des installations servant à rendre l’atmosphère des planètes respirable).
Arrivés sur place, les Marines sont en partie décimés par une horde d’Aliens et forcés de se replier. De plus, sans entretien, les processeurs atmosphériques sont en surchauffe et leur explosion prochaine rasera l’intégralité de la colonie : Double menace pour nos pauvres rescapés, d’autant plus qu’ils n’ont plus moyen de regagner leur vaisseau resté en orbite, les Aliens ayant détruit leur navette…
Encore une fois, Ripley se retrouve prise au piège avec les terribles xénomorphes et doit leur survivre.

Aliens, Le Retour marque un nouveau départ dans la franchise : Contrairement au premier film qui se suffisait plus ou moins à lui-même, Aliens, Le Retour développe clairement un univers étendu et laisse des pistes pour élaborer des histoires annexes : La compagnie Weyland Yutani, le système de nid Alien, les Marines, autant de points qui permettent de développer un univers étendu et imaginer des histoires se passant dans cet univers.

Je ne parlerai que rapidement de Alien 3 et Alien Résurrection, ces deux films étant sortis après la publication de Aliens Vs Predator, le comic n’en reprend quasiment aucun élément.

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Alien 3 sort en 1992 et est réalisé par David Fincher.
Suite aux événements de Aliens, Le Retour, les trois survivants, Ripley, Hicks et Newt se reposent en hyper-sommeil, de retour vers la Terre. Mais durant leur sommeil, un incendie a lieu dans le vaisseau et leur capsule de survie est expédiée dans l’espace, s’écrasant sur Fiorina Fury-161, une planète carcérale.
A son réveil, Ripley constate qu’elle est la seule survivante, ses deux compagnons ayant péri dans le crash et qu’elle a ramené avec elle un Alien. La créature va dés lors commencer à massacrer les prisonniers de la planète.
Alien 3 marque le retour du concept de la créature unique, à l’image du premier film. Alien 3 va malheureusement être profondément marqué par un development hell qui va empoisonner son tournage, considéré par David Fincher comme le pire de sa carrière (1).
Je ne vais pas entrer dans les détails, mais en résumé, alors que la post-production était terminée et le tournage sur le point de commencer, les producteurs ont tout stoppé, demandant à ce que le script soit intégralement réécrit et le réalisateur changé.
Le jeune David Fincher a alors dû s’imposer et reprendre en catastrophe un film qui n’était pas le sien. Il s’en sort malgré tout avec les honneurs, livrant un film esthétiquement admirable, claustrophobique et gothique. Le film sera sublimé lors de sa version director’s cut, sortie en 2003.

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Alien Résurrection quand à lui sort en 1997 et est réalisé par le français Jean-Pierre Jeunet sur un scénario de Joss Whedon.
Suite à sa mort sur Fiorina Fury-161, Ripley est clonée par une équipe de scientifiques militaires afin que l’on extrait l’embryon de Reine Alien qu’elle porte en elle.
Un clone de Ripley surnommé Numéro 8 «naît» alors et un embryon d’Alien en est extrait, la reine commence à pondre et des Aliens sont élevés en laboratoire.
Mais des Aliens réussissent à s’échapper du laboratoire et commencent à semer la terreur sur le vaisseau militaire. En même temps, une bande de pirates de l’espace abordent le vaisseau pour commercer avec les militaires, se retrouvant du même coup coincés sur le vaisseau en compagnie des Aliens.

Alien Résurrection est en soit un film plutôt réussi : Esthétiquement, le film est irréprochable mais pêche par un scénario largement en dessous des trois films précédents : Prévisible et parfois abracadabrantesque, Alien Résurrection tient plus de la série B de luxe que du véritable film de science-fiction.
Contrairement à Alien 3, le tournage de Alien Résurrection se passe bien mais le film ne sera pas le succès escompté par la Fox, mettant du coup l’éventualité d’une suite au point mort…

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Pour finir, il existe un spin-off à la série de films Alien, Prometheus, réalisé par Ridley Scott et sorti le 30 mai 2012 en France.
Prometheus s’intéresse plus précisément aux ingénieurs, les extra-terrestres dont on aperçoit le cadavre momifié d’un des leurs dans le premier film Alien.
Je ne m’attarderai pas sur Prometheus dans cet article, le film étant sorti récemment, les nouveaux éléments qu’il apporte ne furent inclus dans la chronologie des comics Aliens et Predator que dans l’anthologie Fire & Stone (Le Feu et la Roche en France). Fire & Stone étant une sorte d’event/reboot des comics Aliens, Predator, AVP et par extension Prometheus, il serait plus adapté d’en parler dans un article consacré à cette anthologie, anthologie d’assez bonne qualité soit-dit en passant.

Les Aliens  : Les créatures, leurs cycles de vie.

(Note  : Il s’agit ci-dessous d’une description des Aliens tels qu’ils sont dans l’univers étendu.)

Les Aliens sont des créatures extra-terrestres aux origines nébuleuses : On ne sait pas grand chose sur eux (tout du moins dans les films, les comics étant beaucoup plus explicites sur la question de leurs origines), ont sait juste que ce sont des créatures obsédées par leur expansion, vivant dans une structure de nid, dirigés par une créature imposante appelée « Reine ».
Les Aliens ont une hiérarchie similaire à une ruche ou une fourmilière : Tous les Aliens vivent et meurent pour la Reine, étendre et faire prospérer le nid est leur seule et unique motivation.

La Reine pond des œufs, de ces œufs sortent des petites créatures arachnide appelées Face Hugger qui s’accrochent aux visages de leurs victimes et pondent dans leur appareil digestif un embryon qui une fois arrivé à maturité sort du corps de l’hôte en lui explosant la cage thoracique.
Une petite créature ressemblant vaguement à un serpent nommé Chest Burster naît, ladite créature mute rapidement à l’aide d’un cocon en Alien adulte.
Pour ce qui est de la reine, il faut que l’hôte soit fécondé par un Face Hugger spécial, plus imposant et physiquement différent des autres, la croissance de ce Face Hugger dans l’hôte est plus longue, l’Alien qui en naît est un Prétorien, un Alien plus grand et robuste que les guerriers Alien de base.
Le prétorien est chargé de veiller sur la Reine et prendre sa place au cas où celle-ci est tuée.
Il faut également savoir que les Aliens sont tous liés par un lien télépathique, si un Alien est suffisamment éloigné de son nid et que le lien télépathique est rompu, n’importe quel Alien peut muter et devenir un prétorien puis une Reine.

8Les différents Aliens d’un nid

La hiérarchie du nid se présente donc ainsi :
– La caste la plus basse est le drone, il s’agit d’Aliens s’occupant du nid : Ils déplacent les œufs vers les hôtes et prennent soin de la Reine, ils construisent également la structure du nid en secrétant une résine. Ils naissent d’hôtes génétiquement inférieurs, généralement des animaux.
– Le runner est un alien au physique élancé, rapide et qui à la capacité d’adhérer aux murs : Il sert d’éclaireur, c’est lui qui repère les proies éventuelles et ramènent les hôtes au nid lorsque ceux-ci sont immobilisés. Il naît en général d’animaux au physique robuste, des gros chiens par exemple.
– Le guerrier est un Alien essentiel à la ruche, ce sont des créatures très agressives, combatives et très robustes qui peuvent même lorsque le nid à atteint une maturité suffisante, régénérer des membres perdus : Ce sont eux qui mènent les attaques contre les groupes d’éventuels hôtes ou défendent le nid.
Ils naissent en général de créatures au physique très développé, des humains ou des primates par exemple.
– Le prétorien est un Alien qu’une reine peux enfanter une fois que le nid à atteint une très grande maturité : Il s’agit d’un Alien de grande taille, bipède, dont le rôle est de protéger la reine et au cas où celle-ci meurt, muter afin de la remplacer.
Un prétorien peut naître de n’importe quel hôte, la seule condition étant que le Face Hugger soit un Face Hugger de type « Royal ».

8-5Un prétorien, dans le jeu vidéo Aliens Vs Predator (2010)

– La Reine : Elle est unique, il ne peut exister qu’une seule reine dans un nid. La plupart du temps la Reine est recluse au fond du nid et passe tout son temps à pondre des œufs. Néanmoins, si son nid est menacé, elle peut sortir du nid et participer aux attaques. C’est une créature physiquement très puissante, rapide et agressive. Elle est également plus intelligente que les autres Aliens, elle peut comprendre le fonctionnement de mécanismes simples et élaborer des stratégies d’attaque.

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Une Reine Alien

Les cas spéciaux  :
– Les Aliens Pure Breed : Ces Aliens peuvent être créées une fois que le nid à atteint une grande maturité. Les Prétoriens et la Reine sont des pure breed, mais les prétoriens peuvent également muter dans d’autres types d’Aliens pure breed, notamment les Carriers, des Aliens servant à déplacer des Face Huggers en grande quantité ou les Ravagers, des guerriers Aliens gigantesques battis pour l’attaque.
– Les impératrices : La reine peut aussi évoluer : Après avoir atteint une grande maturité, elle gagne le stade d’impératrice : Sa taille augmente, sa peau prend une teinte plus claire et devient plus résistante enfin l’intégralité de son corps se recouvre de pointes.

10Une impératrice, dans le jeu vidéo Aliens Vs Predator (2010)

– La reine mère : Il s’agit de la plus haute évolution d’une reine Alien.
La reine mère et le seul type d’Alien a pouvoir engendrer d’autres reines, elle peut également entrer en contact télépathiquement avec les autres Aliens et même d’autres races d’êtres vivants, même les humains et les contrôler, les humains contrôlés par la reine mère sont surnommés « Infectoïdes », ces humains se conduisent de façon basique, un peu à la manière des zombies dans la culture populaire.

11La reine mère dans le comic Aliens : Earth War

La reine mère ne peut pas se battre, elle est dépourvue de bras et ses déplacements sont limitées. Elle est protégée par des Aliens spécifiques surnommés Paladins, des Aliens de grande taille à mi-chemin entre le drone et le prétorien.

12Un paladin (Dessin de John Bolton)

– Les hybrides : Il s’agit d’Aliens nés d’hôtes spéciaux, comme d’autres races extra-terrestres ou d’animaux ayant des caractéristiques physiques différentes des hôtes habituels. Le plus connu est le Predalien, un Alien naît de la fécondation d’un Yautja.
D’autres sont aussi déjà apparus, notamment dans les comics comme l’imposant Alien-Crocodile (Batman/Aliens) ou le Jockalien (Aliens Apocalypse : The Destroying Angels), un Alien né de la fécondation d’un Ingénieur, une autre race d’extra-terrestres et plus récemment la Vampire Queen, une Reine Volante Alien enfanté d’un vampire (Vampirella/Aliens).

SWPTP PG 127-166p1 PG 17Un Predalien (Dessin de Phil Norwood)

– Les Aliens génétiquement modifiés : Il s’agit d’Aliens créés en laboratoire, ces Aliens ont été créés par des scientifiques ou ont muté suite à des radiations, volontaires ou accidentelles.
Les plus connus sont les Aliens du film Alien La Résurrection, mais ils en existent beaucoup d’autres, notamment le Roi Alien (Aliens : Rogue), les K-Series (Aliens Vs Predator : Extinction), le Raven (Aliens : Colonial Marines) ou même le Xenoborg, un Alien cybernétiquement modifié (Aliens Vs Predator). La liste est longue…

14Les Aliens K-Series (Jaunes) affrontant des Aliens réguliers (Noirs) dans le jeu Aliens Vs Predator : Extinction (2003)

Les Aliens conservent certaines des caractéristiques physiques de leurs hôtes, par exemple si un Alien féconde une créature volante, il y a de grandes chances que l’Alien soit pourvu d’ailes à sa naissance.

Physiquement les Aliens mesurent environ deux à trois mètres selon les spécimens, la Reine mesurant environ cinq à six mètres, voir plus selon son âge et sa maturité.
Les Aliens ont une partie de leur squelette à l’extérieur de leur corps, ceci faisant office de bouclier naturel contre les attaques physiques, de plus, leur sang est un acide hautement corrosif, même morts ou blessés ils restent donc des menaces.
Ce sont des créatures très douées pour la dissimulation, se cachant dans des espaces clos et sombres pour attaquer de façon furtive. Les Aliens ne tuent que lorsqu’ils sont obligés, généralement pour se défendre et plus généralement immobilisent leurs proies pour les ramener au nid afin que la Reine les féconde.
Les Aliens sont dépourvus d’yeux et d’oreilles, ils se déplacent à l’aide d’un sonar similaire à celui des chauves-souris et repère leurs proies grâce aux phéromones que celles-ci dégagent. Leur organisme est également très résistant, ils peuvent vivre dans des conditions climatiques extrêmes et peuvent également survivre sans problème dans le vide de l’espace.

Les présentations avec les Aliens étant faites, passons maintenant aux chasseurs extra-terrestres, les Predators !

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Le premier Predator apparaît dans le film du même nom en 1987, il s’agit d’un extra-terrestre d’apparence humanoïde, de grande taille, doté d’une force et d’une agilité largement supérieure à celle des humains. Il est aussi lourdement armé et équipé de différentes armes blanches ou à feu.
Les Predators sont comme les Aliens, des créatures devenues depuis des emblèmes du cinéma fantastique, ils sont les personnages centraux de trois films, sortis entre 1987 et 2010.

Dans le premier film, dans les années 80, un commando de mercenaires envoyés en mission dans la jungle amazonienne est pris pour cible par un Predator, qui va décimer l’équipe de combattants un à un et ce malgré leur entraînement et leur armement. Le seul survivant de l’équipe finira par le battre, et une fois vaincu, le Predator déclenchera un système d’auto-destruction.
Predator devient instantanément un film culte : Son mélange d’action, de thriller et d’horreur en fait un genre à lui tout seul.

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Predator 2 sort en 1990 et reprend la même trame scénaristique que le premier opus, tout en délocalisant l’action : Cette fois-ci, un Predator chasse en plein Los Angeles durant une canicule et prend pour cible un officier de police interprété par Danny Glover.
De la jungle amazonienne, on passe donc d’une jungle de béton. Le film est scénarisé par Jim et John Thomas, déjà auteurs du script du premier film. Les deux scénaristes vont en profiter pour utiliser des idées du premier film laissés à l’abandon comme le duel final dans le vaisseau Predator.

Spectacle honorable, Predator 2 souffre malheureusement de plusieurs défauts, notamment un scénario plus faiblement écrit que son prédécesseur, des idées et personnages mal exploitées (le groupe du gouvernement chassant le Predator) et des acteurs en roue libre, notamment Gary Busey.
Le film comporte néanmoins des scènes d’anthologie comme la descente du Predator dans le penthouse, la mort de King Willie, la scène du métro ou bien entendu la scène finale.

L’autre point intéressant de Predator 2 c’est que contrairement au premier film, la mythologie Predator va considérablement s’étoffer  : On en apprend beaucoup sur le Predator, ses habitudes et ses coutumes.

Le cas du crane d’Alien : Beaucoup de personne croient, à tort, que l’idée de base de Aliens Vs Predator vient de la fameuse scène finale de Predator 2, durant laquelle Harrigan, le personnage interprété par Danny Glover, voit dans le vaisseau Predator un mur de trophées comportant, entre autres, un crane d’Alien.
C’est faux, car le premier numéro du comic Aliens Vs Predator a été publié alors même que le film Predator 2 était encore en tournage, la présence de ce fameux crane d’Alien est d’ailleurs un clin d’œil direct à ce comic, que lisait l’équipe du film durant le tournage, comme le révélera plus tard l’équipe des effets spéciaux dans les bonus du DVD.
De plus, ont sait depuis que l’équipe de Predator 2 n’était absolument pas au courant de la sortie du comic et qu’ils l’ont découvert en même temps que les lecteurs, lors de la publication du premier numéro.

17

Predators est un spin-off de la série de films Predator, produit par Robert Rodriguez (Desperado, Une Nuit en Enfer, Sin City) et réalisé par Nimrod Antal, le film sort le 7 juillet 2010 aux États Unis et le 14 juillet 2010 en France.

Le film raconte l’histoire d’un petit groupe de criminels, soldats et mercenaires que rien ne rapproche, hormis le fait de se retrouver tous ensemble sur une planète éloignée.
Cette planète se révèle être en fait une réserve de chasse et le petit groupe se retrouve à la merci d’un trio de Predators bien décidés à les décimer un par un pour en faire leurs trophées.

Film ambitieux, Predators accumule malheureusement certaines lacunes qui gâche un peu le spectacle : Déjà, le scénario souffre de gros problèmes d’écriture, certaines scènes sont illogiques, certains personnages de prime abord intéressants disparaissent trop rapidement et des idées et concepts abordés sont rapidement éludés.
Même si le film comporte des scènes bien pensées (l’attaque des « chiens » de chasse, le combat au katana, le duel final) et de nouvelles idées (le duel entre clans rivaux, une nouveau type de Predator, entre autre), le film a plus l’aspect d’une série B de luxe surfant sur la nostalgie du premier film.
C’est bien dommage car le film avait, de part son concept de base, la possibilité de vraiment donner un nouveau souffle à la saga.

Les Predators : Ce qu’ils sont, leurs coutumes et leurs traditions.

(Note : Comme pour les Aliens, il s’agit ci-dessous d’une brève présentation des Predators tels qu’ils sont dans l’univers étendu.)

18Le Predator du premier film, un « Blooded »

Les Predators (ou Yautjas dans leur langue) sont des extra-terrestres humanoïdes nomades, allant de planète en planète pour s’adonner à des rituels de chasse.

Les Yautjas sont des êtres de grandes tailles, plus de 2 mètres en général, dotés d’une grande force physique et d’une agilité largement supérieure à celle des humains. Physiologiquement, ont sait que leur vue est très limitée et nécessite un appareillage particulier, en tout cas sur les planètes comportant un soleil jaune, comme la Terre, enfin, ils peuvent vivre des centaines d’années.
Leur sang est vert fluorescent et leurs « cheveux » de longues tentacules inertes qui s’allongent selon l’âge (2).
Les Predators se reproduisent visiblement comme les humains, des femelles Yautjas ayant déjà étaient aperçues ou mentionnées (notamment dans les comics AVP : Deadliest of the Species, Witchblade/Darkness/Aliens/ Predator : Mindhunter ou encore Batman & Superman Vs Aliens & Predator et dans l’adaptation en roman du premier film Alien Vs Predator).
La vie des Yautjas est essentiellement basée sur un rituel de chasse rigoureux et des codes et traditions très élaborés et précis : Arrivé à un certain âge, un jeune Predator (Young Blood) doit tout d’abord passer un rituel de passage en chassant une proie dite « honorable », il se rend alors dans un lieu précis et doit revenir vivant de cette chasse avec un trophée, le jeune chasseur passe alors à l’age adulte et peut ainsi participer à des chasses avec les autres adultes, il gagne ainsi le rang de « Blooded » (les trois jeunes Predators du premier film Alien Vs Predator sont, par exemple, de jeunes chasseurs venus passer ce rituel).

Les Yautjas sont séparés en plusieurs clans rivaux, dirigés par des chefs surnommés Elder (Anciens) ou parfois Clan Leader, les leaders sont désignés durant des joutes à mains nues opposant des yautjas postulant pour ce statut.
Il y a aussi des chefs intermédiaires, des chasseurs plus expérimentés surnommé Elite, qui peuvent diriger des chasses en l’absence des Leader. Un yautja gagne le statut d’élite après avoir rapporté un trophée glorieux.
Enfin il faut savoir que plus il prend de l’importance et de l’expérience en évoluant dans son clan, plus un Yautja se voit privé d’armes et d’équipements, jusqu’à parfois n’en avoir plus qu’une seule, son expérience devant pallier à ces armes : Ils gagnent alors le statut de maître (Master) avec le nom de son arme de prédilection : Par exemple un yautja qui aura choisi la lance gagnera le statut de Spear Master (Maître de la lance). Les Predators se réunissent en groupe, surnommés Clan.

19Le clan « Lost » du film Predator 2, avec au centre le Elder, un Young Blood à gauche et un Shaman à droite

Le plus connu de ces clans et celui des Lost Hunters, que l’ont voit à la fin du film Predator 2.
Certains clans sont particulièrement redoutés, même par les autres Yautjas : Le clan Dark Blade (reconnaissable à leurs tenues sombres, dont fait partie Scarface, le héros du jeu Predator Concrete jungle), le clan dit des « Super-Predators » (vu dans le film Predators) ou encore les Bad Blood. Le terme Bad Blood est un terme un peu générique chez les Yautjas, désignant à la fois les Yautjas ne respectant pas les traditions et les coutumes ou bien ceux qui ont été déshonorés.

Les Predators ont aussi un très grand sens de l’honneur : Ils ne tueront jamais une proie désarmée et ou sans défense, une femelle enceinte ou la progéniture d’une proie.
De plus, si on sauve la vie d’un Predator, celui-ci est redevable et doit protéger celui ou celle qui lui a sauvé la vie.

22Un Predator Bad Blood affrontant un autre Predator (Couverture du comic Predator : Bad Blood)

Il y a aussi des statuts particuliers chez les Yautjas, en voici quelques uns  :
– Les solitaires : Ce sont des chasseurs qui préfèrent rester solitaire et chasser à leur guise. Cependant, dés qu’un Yautja a choisi ce statut, il ne lui est plus possible de rejoindre un clan et il reste seul jusqu’à la fin de sa vie, il n’est pas déshonoré mais doit assumer son choix.
Ce sont généralement des Elders arrivés à la fin de leur vie qui font ce choix, on en voit un notamment dans le crossover Judge Dredd Vs Predator ou récemment dans la saga Fire & Stone, le Predator surnommé Ahab.
Les predators les plus âgés peuvent également choisir de se retirer et finir leur vie tranquillement dans une colonie, mais la plupart choisissent de devenir chasseur solitaire.

21Le solitaire Ahab, du comic Fire & Stone

– Les Shamans : Reconnaissables à leurs ornements et sceptres, ce sont des Yautjas chargés de faire respecter les traditions et rituels de chasse, malgré leur statut, ils participent aux chasses comme n’importe quel autre Predator.
L’armée Predator : Il s’agit de Yautjas lourdement armés, ils sont chargés d’intervenir lorsqu’une chasse a dégénéré et que la situation sur la planète où elle a lieu est devenue problématique, les événements de la planète LV-742 du jeu Aliens Vs Predator Extinction ont par exemple nécessité l’intervention de l’armée Predator. Wolf, le yautja du film Aliens Vs Predator : Requiem est visiblement aussi un membre de l’armée Predator.
Les femelles Predator : On en sait très peu sur elles, ont sait juste qu’elles existent. Les deux seules femelles Predator connues sont celles vu dans les comics AVP : Deadliest of the Species (surnommée Big Mama) et Mindhunter (Sister Midnight).

23Une femelle Predator (Concept art inutilisé du film Predators)

Les « grades » Predator dans un clan peuvent donc être résumés de cette façon  :

  • Young blood (jeune chasseur) avant le rituel
  • Blooded (chasseur confirmé) ayant passé avec succès le rituel
  • Hunter (chasseur de base ayant déjà participé à plusieurs chasses)
  • Elite (chasseur ayant ramené un trophée glorieux)
  • Clan Leader (chasseur ayant gagné le combat contre un prétendant à ce titre)
  • Master (souvent des Leaders expérimentés)
  • Elder (anciens)

Aux vues de l’engouement engendré par ces deux créatures au cinéma, il ne fut donc pas surprenant que l’univers des comics s’intéresse de près à ces deux monstres et à leurs univers.
Le premier qui s’y intéresse est l’éditeur de comics Dark Horse qui fort de son expérience avec les comics issue de films Star Wars, s’approprie la licence Aliens dés 1988 (3) et publie une suite au film de James Cameron dans une mini-série sobrement intitulée Aliens, idem pour Predator qui dès l’année suivante se voit également gratifié d’une mini-série. Mais, c’est une longue histoire et j’y reviendrai dans la seconde partie.

A suivre…

1 : A l’heure actuelle, David Fincher refuse encore de s’exprimer sur ce film, son absence étant d’ailleurs une des récurrences dans les bonus du film.

2 : Contrairement à une idée reçue, les « cheveux » des Predators ne sont pas des dreadlocks mais de longues excroissances, similaire à des tentacules inertes.

3 : Dark Horse a acquis les droits du second film car les droits du premier film n’étaient pas disponibles et sont d’ailleurs toujours détenus aux États Unis par Heavy Metal qui a publié l’adaptation du premier film. Depuis Dark Horse n’a pas hésité à prendre quelques libertés, certains comics comme The Alien, Aliens : Wraith ou Aliens Apocalypse : The Destroying Angels faisant directement référence au premier film. Néanmoins, depuis que Dark Horse a acquis les droits du film Prometheus, la question ne se pose plus.

 

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Rogue No One


Review garantie AVEC des spoilers qui font corps avec la Force.

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Ok, donc allons-y, j’aimerais bien savoir si entre nous, nous pouvions être un minimum sérieux.
Parce qu’entre ce qui a été vendu comme du rêve entre l’image ci-dessus, la bande annonce ci-dessous, et son résultat cinématographique, je me demande pour le coup si il existe une quelconque légitimité vis à vis du film que j’ai pu voir mercredi dernier, et revoir une seconde fois ce dimanche, manière d’être vraiment sûre :

Ne vous méprenez pas, je n’ai aucunement l’intention de dire que Star Wars Rogue One est un film horriblement mauvais.
Le problème, c’est que j’ai été foncièrement et globalement déçue par ce qui aurait pu représenter pour moi un aboutissement salvateur de cette année totalement merdique, à défaut de prolonger la direction prise par Lucasfilm/Disney concernant ses héroïnes provenant de la bordure extérieure.
Oui la déconfiture est d’autant plus brutale que je fais partie de ceux qui ont kiffé l’épisode 7, et c’est d’ailleurs assez drôle de voir à quel point ceux qui ont aimé The Force Awakens ont la plupart du temps été déçus par Rogue One (et inversement). Comme si il existait deux camps, encore et toujours, parmi ceux des Rebelles et ceux de l’Empire…

Je m’en rends compte désormais, il est clair que j’attendais beaucoup trop de ce film pour diverses raisons, entre autre parce que j’ai été biberonnée par cette licence comme des millions de personnes à travers le monde depuis ma plus tendre enfance, parce qu’avec mon frangin, on se réexplique les films encore, et encore, et encore…

Ceci dit, vouloir comparer The Force Awakens avec Rogue One est une aberration, un non sens absolu.
Si l’on doit comparer ce dernier film avec une autre oeuvre de cette licence, il s’agira bel et bien de Star Wars Rebels, la fabuleuse série animée de Dave Filoni qui fait suite à The Clone Wars.
Il existe effectivement beaucoup de points communs entre Star Wars Rebels et Rogue One, les deux se situant à la même époque, c’est à dire juste avant les événements se déroulant dans l’Episode IV, Un Nouvel Espoir.
Dans les deux cas nous avons aussi à faire à une équipe improbable réunie autour d’une même cause. Nous avons un droïde au caractère bien trempé (une constante dans la licence, comme si les robots avaient finalement plus de conscience que les êtres vivants), un pilote, un (enfin deux ) jedi ou l’un qui ressent la Force jusqu’au bout du bâton, un aveugle, un renégat qui embrasse sa destiné, un tireur d’élite, un soldat sans état d’âme qui retrouve son humanité…. que sais-je encore.

Certes le format n’est pas le même, dans une série on a souvent plus le temps d’installer ses personnages et les voir évoluer, mais ce n’est pas vraiment le cas dans Star Wars Rebels. On apprend à les connaitre plus par leurs actions et leurs répercussions au sein de l’équipe, que par leur propre passé au fil des épisodes. Dans Rogue One c’est exactement la même chose, on ne sait absolument rien des protagonistes qui nous sont présentés et mis à part Jyn Erso (Alter Ego d’Ezra Bridger dans la série, Erso – Ezra, allons bon) qui s’octroie un petit passif en début de film ainsi qu’un flash-back brouillon pour bien faire.

Et c’est exactement cela que je reproche à Rogue One, si l’on veut faire un film choral (puisque c’est de cela dont il s’agit ?) pourquoi ne pas donner plus de crédit, de substance  à chaque personnage en dehors de leurs moments de bravoure ultime ? En 2h15 c’était fichtrement possible. Enfin je crois.
Au lieu de cela on perd notre temps à se balader d’une planète à l’autre, on fait du tourisme, Rogue One c’est un peu le catalogue FRAM de l’univers étendu de Star Wars. Et selon l’humeur, on nomme les planètes, et parfois non, démerde-toi jeune Padawan géographe galactique.

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Et puis franchement, j’aurais aimé connaitre un peu plus de la relation entre Chirrut Îmwe et Baze Malbus (c’est super ! Les mecs sur Wiki Star Wars ils ont 4 lignes !!! Woohoo ! Quelle histoire !) et du passif, ne serait-ce que par le biais d’un flash back, concernant Cassian Andor et de son trauma, parce que là, pour moi il n’est absolument pas crédible, il peut très bien mentir à Jyn pendant 2h15, vu qu’on nous montre à la base qu’il est capable des pires bassesses, et son retournement de veste est tellement téléphoné (genre « il pleut tellement devant mes yeux… que je change d’avis »).

Et ce fameux pilote, Bodhi Rook, chair à canon issu de l’Empire. N’a-t’il pas eu la même réflexion que Finn dans l’Episode VII ? N’est-il pas intéressant de montrer son parcours plutôt que l’aboutissement de ses hésitations, mise en scène par sa folie absurde et son sacrifice irrespectueux (Oh une grenade ! Ah ben c’est vraiment pas de bol de mourir comme une merde ! Parce qu’à part ça c’est quand même un peu grâce à moi si on en est là, nan ?).

Pourquoi ne pas avoir non plus creusé la relation entre Galen Erso et Orson Krennic ? Et est-ce que l’on peut m’expliquer à quoi sert Saw Gerrera ? Parce que j’ai beau chercher, je n’ai toujours pas compris.
Quant au fameux K-2SO et son franc-parler, esthétiquement l’hommage au Géant de fer et au robot de Laputa est certes, fort sympathique mais en même temps tellement grossier…
Ma plus grosse déception concerne vous vous en doutez Jyn Erso, c’est un personnage mou, malheureusement sans aucun charisme et je pense que Felicity Jones y est pour beaucoup de l’avoir rendu sans grand relief. Felicity, ainsi qu’un montage et des coupes qui l’ont amputée de grands moments de bravoure comme le suggère les différentes bandes annonces qui ont pu nous être présentés.

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A l’image de son héroïne, le film manque cruellement de densité et de souffle épique, il ne fait que suivre une trame contenue dans un mouchoir de poche digne d’un jeu vidéo simpliste (super, nos héros ont réussi a passer tous les levels, mais le dénouement du film se déroule en haut d’une tour ! Ils sont sérieux les mecs ?), et de ce fait, il est très difficile de ressentir une quelconque empathie vis à vis des personnages, sacrifiés sur l’autel du gameplay et d’un montage foireux. Ceux qui s’en sortent le mieux sont sans conteste Chirrut Îmwe et Krennic, sans doute parce que ce sont ceux qui se rapprochent le plus de l’essence même de Star Wars

Chaque film et séries de la licence ne sont pas exempts de défauts ni de qualités, celles que l’on retiendra pour Rogue One concernent des effets spéciaux résolument irréprochables, dont ce fameux insert de l’acteur Peter Cushing comme si il ne nous avait jamais quitté, l’apparition de Leia jeune étant par contre un peu moins convaincante.
La dernière partie du film est très réussie notamment grâce à un combat spatial dantesque (comme quoi, c’était possible), et un massacre Dark Vadorien visuellement hallucinant.
Autant d’exemples qui font me particulièrement rager en m’imaginant ce que ce film aurait pu être dans son ensemble, personnellement j’aurais juste souhaité pouvoir cracher mon thé par le nez comme l’autre matin en regardant la fin du dernier épisode de la saison 2 de Star Wars Rebels (oui, je sais, c’est vraiment dégueu). Ah mais non, en fait ça n’aurait pas été vraiment cool pour la personne assise devant…

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Gunnm Mars Chronicles : la review de Julien Lordinator


Review  : Gunnm Mars Chronicles Tome 1

1

Je lis beaucoup de bandes dessinées, de tous les genres, même des mangas.
Mais en ce qui concerne les mangas, j’avoue ne pas en lire beaucoup et ce, pour pas mal de raisons.
Déjà, parce que tout ce qui est style bagarre d’arts martiaux à super pouvoirs avec un héros rigolo, les shonens (1) donc, j’ai du mal, que ce soit dans le style de dessins ou les histoires.
Pour ce qui est des shojos (2), je ne suis pas une fille donc c’est mort, reste les autres genres, à savoir le seinen (3) et le josei (3) et le hentai (4), mais ça c’est autre chose), et c’est dans cette catégorie, le seinen, que rentre Gunnm.
Je suis cette série depuis le premier tome paru en France en 1995 et j’y suis particulièrement attaché, cette série m’ayant suivi durant plus de la moitié de ma vie et je suis très heureux de pouvoir en parler aujourd’hui au travers du premier tome de la troisième série (après Gunnm et Last Order) consacrée à la cyborg combattante Gally !
Mars Chronicles s’attelle donc à la lourde tâche de nous raconter l’enfance de Gally (qui s’appelle encore Yoko à cette époque) sur la planète Mars en nous relatant les fameuses et terribles guerres martiennes dont on entend parler depuis quasiment le début de la série. Mais au fait Gunnm, c’est quoi comme genre et ça parle de quoi ? A vous jeunes et / ou vieux incultes et / ou néophytes en mangas, je vais vous présenter succinctement l’univers de Gunnm.

Gunnm (Ganmu en japonais, soit Rêve d’une Arme en français) est un manga créé, scénarisé et dessiné par le japonais Yukito Kishiro et publié pour la première fois en 1990 au Japon et pour la première fois en 1995 en France. Il s’agit d’un manga de science fiction relatant l’histoire de Gally, une jeune femme cyborg.
Au début de l’histoire, Ido, un médecin / réparateur de robots vivant à Kuzutetsu (La décharge) retrouve dans un amas d’ordures le torse d’une femme cyborg. A sa grande surprise, le torse contient encore des traces de vie et Ido décide de la réparer en lui donnant un corps. Amnésique, la jeune femme va très vite se découvrir des aptitudes pour le combat et devenir une des chasseuses de primes les plus douées et redoutées de Kuzutetsu.
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Le monde de Gunnm et un univers futuriste post apocalyptique : Il y a des siècles, une météorite est entrée en collision avec la Terre provoquant une catastrophe écologique transformant la Terre en désert et mettant l’humanité au bord de l’extinction. Les humains survivants ont créé alors Zalem, une cité suspendue au dessus de la Terre destinée à accueillir l’élite des humains. Les autres humains sont alors réduits à vivre à Kuzutetsu, la décharge, qui est en fait l’endroit sous Zalem où la cité déverse ses ordures…
Une mystérieuse troisième cité, Jéru, située au dessus de Zalem est totalement inaccessible, même aux habitants de Zalem, c’est là-bas que se trouve l’ordinateur central contrôlant la vie sur Zalem.

Alors que la vie sur Zalem (semble) idyllique, la vie à Kuzutetsu est particulièrement violente et la cité est le repère de criminels et de chasseurs de prime.
Le consortium (un organisme appartenant à Zalem et régissant la vie sur la surface de la Terre) paye même grassement les chasseurs de prime afin qu’ils traquent les criminels. Chasseurs de prime ou criminels sont d’ailleurs les moyens les plus faciles de gagner sa vie à Kuzutetsu.
D’autres cités existent sur Terre, dispatchées un peu partout de façon complètement anarchique. Le sport le plus populaire est le Motor Ball, une sorte de Roller Derby ultra-violent entre êtres améliorés.

2

Il s’agit là d’une présentation vraiment très succincte de l’univers de Gunnm, qui est beaucoup plus complexe et fouillée que la rapide présentation que je viens de vous faire. Néanmoins, nul besoin d’avoir lu les deux séries précédentes pour apprécier Mars Chronicles, cette nouvelle série étant un prequel à la série originale, aucune référence n’est faite aux deux séries publiées précédemment.

Au début de Mars Chronicles, ont fait la connaissance de Yoko et Erika, deux orphelines victimes des guerres martiennes : Gally fut la plus malmenée par la guerre car elle est quasiment une cyborg, seul son cerveau étant encore humain, tandis qu’Erika n’a perdu « qu’un » œil.
Les deux fillettes se lient d’amitié et se retrouvent dans un orphelinat austère, dont les orphelines sont tyrannisées par Ninon, l’une des pensionnaires.
Alors que Gally est très naïve et manipulable, Erika est une forte tête, les deux fillettes vont alors se serrer les coudes, mais très vite la réalité de la guerre va les rattraper…

Mars Chronicles est à l’opposé de la précédente série Gunnm : Alors que Last Order était un déchaînement de bagarres et de destruction, Mars Chronicles est plus centré sur les personnages et se veut plus intimiste.
Ainsi on se prend très vite d’affection pour les deux héroïnes et leur regard naïf sur les événements se déroulant sur Mars et les guerres y ayant lieu. C’est d’ailleurs un point très déstabilisant, alors que l’on se retrouve à suivre deux enfants, les horreurs de la guerre y sont montrées sans fioritures et dans toutes leur barbarie, créant un décalage entre les événements et la façon dont ils sont perçu par les héroïnes.
La violence y est extrême et même si c’est un des aspects de Gunnm depuis le début, elle est ici plus choquante de par son contexte.

5

Visuellement on retrouve le style dynamique, expressif et détaillé de Yukito Kishiro, style qui fait l’une des forces de la série depuis sa création : Ses personnages sont magnifiques, ses environnements réalistes et austères, même après plus de vingt cinq ans à dessiner ses personnages, Kishiro n’a rien perdu de son trait et ça fait réellement très plaisir de constater qu’il est toujours aussi doué et pointilleux.
Néanmoins, le style de Mars Chronicles est, volontairement je pense, plus épuré et légèrement moins détaillé que la série originale ou Last Order, lui donnant une clarté plus représentative de l’esprit du récit, qui se veux, au premier abord, moins sombre que les séries précédentes.
En résumé, visuellement, c’est un régal, le style inimitable de Yukito Kishiro faisant encore mouche.

4

Un dernier mot (et pas des moindres) sur l’édition française : Autant être honnête, j’ai été absolument scandalisé par l’édition française des derniers tomes de la série Gunnm Last Order, Glénat ayant fait pour cette série, et je n’ai pas peur de le dire, un travail absolument exécrable.
Pêle-mêle on avait eu droit à toute les choses impensables pour ce genre de livre : Changement de maquette au milieu de la publication de la série, changement de traducteur sans que le nouveau n’ai pris connaissance du travail du précédent (ayant pour résultat des choses aberrantes, comme le changement de l’orthographe des noms de certains personnages) ou encore le sacrilège ultime pour un manga, l’inversion des planches pour coller au style de lecture occidental !
Je suis très content de constater que pour Mars Chronicles, Glénat est revenu à la raison et propose le livre dans une très belle édition : Le format est un poil plus large que les mangas réguliers, le sens de lecture original a été conservé et la traduction est impeccable, jusque dans les petits appendices explicatifs chers à cette série. Fini l’infâme papier brillant pour la jaquette comme c’était le cas pour Last Order pour un papier mate beaucoup plus agréable, et la couverture (comprenez sous la jaquette) et très jolie, reprenant les plus belles planches de l’ouvrage. Par contre on regrettera que certaines planches en couleur n’aient pas été conservées et converties en noir et blanc…
Carton (presque) plein pour Glénat qui remonte la barre après le fiasco de l’édition des derniers tomes de Last Order.

Mars Chronicles est en soit une grande réussite: Là où l’on pouvait reprocher à Last Order une overdose de combats spectaculaires et décérébrés, Mars Chronicles revient à l’esprit original de Gunnm en se basant sur la psychologie de son héroïne, ses doutes et sa façon d’appréhender les événements qui lui arrivent.
L’histoire n’en étant qu’à ses balbutiements, point dans ce premier tome de combats dantesques comme la série nous y a habitué, mais je ne doute pas que la suite nous donnera notre dose de bagarres mécaniques !

3

Gunnm, Mars Chronicles Tome 1, de Yukito Kisihro, disponible depuis le 19 octobre 2016 chez Glénat dans leur collection Seinen Manga.

A noter que Glénat profite de la sortie de Mars Chronicles pour (enfin) rééditer la série Gunnm originale dans un nouveau format, pas besoin de vous dire que je vous sur-conseille de l’acheter, cette série étant un véritable incontournable de la science fiction en manga à lire de toute urgence.

1 : Shonen, mangas pour jeunes garçons. Souvent des mangas sur les arts martiaux et les combats (Type Dragon Ball Z ou Naruto) ou le sport.

2 : Shojo, mangas pour jeunes filles. Souvent des mangas sur des histoires sentimentales ou de magical girls, type Sailor Moon.

3 : Seinen / Josei, mangas pour adultes. Souvent des histoires de science fiction, d’horreur ou sur des thèmes de société. Le seinen désigne plus généralement les mangas pour hommes et josei pour femmes, mais la ligne entre les deux est souvent floue et dépend plus de la sensibilité des lecteurs. Ghost in the Shell et Gunnm par exemple sont des seinen / josei.

4 : Hentai  : Mangas à caractère érotique ou pornographique.

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Representation Matters


Ce billet fait tout simplement écho à un précédent publié il y a pratiquement deux ans, cela prouve le chemin est long, mais qu’il continue à se tracer notamment grâce à des personnes de bonne volonté.

Comme je l’ai évoqué quelques billets auparavant, je ne me peux me retenir d’être inquiète pour notre futur, le mien, celui du Sidekick, et parallèlement je vois chaque jour de très belles choses prendre forme spontanément, me redonnant espoir en la nature humaine, et je pense qu’il est d’autant plus important de parler de ces événements positifs lorsqu’ils parviennent à nos oreilles ou nos yeux, c’est une nécessité vitale.

Deux exemples datant de ces derniers jours me viennent à l’esprit, tout d’abord le témoignage poignant de Mary, salariée dans un comic shop de Fort Wayne, dans l’Etat de L’Indiana, qui le 3 décembre dernier s’est vue être confrontée à un cas d’école lorsque l’on est amené à travailler dans un espace culturel (qu’il soit commercial ou non), et devoir interagir avec une personne en réelle quête de quelque chose, en l’occurrence ici de soi-même.

Pour faire court, Mary a du faire face à l’une des plus belles expériences de sa vie, guider une jeune fille dans sa démarche personnelle de repères vis à vis de son orientation sexuelle (une révélation que cette adolescente a pris pleinement conscience après avoir vu les premiers épisodes de la seconde saison de Supergirl) à travers quelques bons titres LGBT tels que Batwoman Elegy, Midnighter, et Gotham Central.
Non seulement Mary a fait ce qu’il fallait en prenant le temps de rassurer cette jeune fille qui semblait être totalement en panique et lui dire que désormais, elle n’était plus seule, que les choses allaient s’arranger, mais elle lui a également offert de sa poche pour près de 60 $ de titres où évoluaient des super héros LGBT.

Cette histoire magnifique (un conte de Noël avant l’heure) relayée des centaines de fois sur Twitter est bien sûr parvenue aux membres du cast de Supergirl, dont Chyler Leigh qui incarne Alex dans la série.

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Pour moi Mary est une véritable héroïne. Non seulement elle a probablement sauvé l’existence de cette jeune fille grâce à son écoute et sa main tendue, mais en plus de cela, elle a demandé à tous ceux qui souhaitaient lui rembourser les 60 $ de faire à la place un don à  Equality Florida, l’organisation qui s’occupe de récolter des fonds pour venir en aide aux victimes de la tuerie du Pulse et de leurs familles.

Mon autre héroïne de la semaine est encore une fois Gail Simone, qui a annoncé que dorénavant tous les scénarios qu’elle écrira pour n’importe quel éditeur contiendront obligatoirement des personnages de couleur ou LGBT sans aucune restriction, auquel cas il n’était même pas la peine de l’embaucher sur un titre.
Plus important encore, elle invite les éditeurs qui embauchent des auteurs LGBT à ne pas les empêcher de faire évoluer des personnages issus de la diversité.

Gail Simone présidente !

Ces deux exemples prouvent que même si beaucoup d’efforts doivent être encore faits, nous avons d’un côté des auteurs qui feront tout pour que la représentation et la visibilité soient à leur maximum afin que de l’autre, des lecteurs puissent s’épanouir et commencer à avoir une vie meilleure.

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