Leave Batgirl alone !


Batman The Killing Joke Official Trailer

Avant de décortiquer comme il se doit le trailer tant attendu de Wonder Woman disponible depuis hier soir (une longue et vraie bande annonce d’une durée de 2 minutes 53 ! J’en espérais pas tant, je devais me faire une sortie McDo/ciné, mais je suis restée bel et bien plantée devant mon écran d’ordinateur jusqu’à ce que mort s’en suive, heureusement Warner a eu pitié de moi), je me permets de vous faire part de mon ressentiment sur la polémique qui, une nouvelle fois, lie le personnage de Batgirl avec l’oeuvre qui lui aura fait le plus de mal, dans tous les sens du terme…

L’oeuvre en question c’est The Killing Joke, une histoire indépendante écrite en 1988 par Alan Moore et dessiné par Brian Bolland. Bien qu’elle ne fasse que 48 pages, pour beaucoup de lecteurs il s’agit d’un véritable chef-d’oeuvre, déjà parce qu’elle est d’une violence sans concession comme il en était rarement montré à l’époque, et qu’elle réussi surtout très bien à synthétiser et soulever toute l’ambiguïté de la relation entre Batman et sa Némésis de toujours, le Joker, et ce grâce  à des flash-back intelligemment disséminés tout au long du récit, forçant le lecteur à reconsidérer le statut du plus sadique des super vilains de Gotham.

Mais The Killing Joke est également l’oeuvre qui va faire basculer le destin de Batgirl à tout jamais. Alors qu’elle a rangé définitivement son costume dans un précédent numéro (Batgirl #1 Special, dessiné par notre ami Barry Kitson et écrit par Barbara Randall, dont les causes de sa retraite anticipée sont complètement stupides, mais dont la raison est surtout de tracer une route directe pour TKJ, on trouvera d’ailleurs à la fin de ce numéro une page de pub annonçant le titre), Barbara Gordon subit l’innommable (et ne tournons pas autour du pot, oui il s’agit bel et bien d’un viol en plus de sa paralysie, oui il existe plusieurs façons de se faire violer, pour ceux qui auraient encore un doute sur la question).
La légende raconte que Moore aurait demandé l’autorisation à Len Wein, son éditeur sur le projet à l’époque, de torturer Babs de cette manière ce à quoi celui-ci lui aurait répondu : « Yeah, okay, cripple the bitch ! ». Mais le scénariste a ensuite déclaré à plusieurs reprises dans diverses interviews avoir regretté d’avoir mis notre héroïne dans une telle position…

Batman.The.Killing.Joke
Annoncée fièrement par DC Comics depuis plusieurs mois, l’adaptation de ce classique présageait déjà de faire couler beaucoup d’encre, rien que pour la fameuse scène en question. Mais c’est une toute autre polémique qui va faire réagir bon nombre de fans concernant ce film : Le fait est que Batman et Batgirl se sont tappés un coup d’un soir sur les toits de Gotham.

Il n’est pas rare de trouver des ajustements lorsque l’on adapte un livre ou une bande dessinée en film. Cela s’avère même parfois nécessaire et inévitable. Par exemple, pour en revenir encore à Wonder Woman (désolée, hein), je trouve judicieux que l’intrigue se déroule pendant la Première et non pas la Seconde Guerre Mondiale. Cela donne beaucoup d’opportunités scénaristiques. Ce n’est pas le cas dans l’adaptation de The Killing Joke, bien au contraire.

Mais ans parler du côté malsain (et ce n’est pas la différence d’âge qui me choque, bien que les deux doivent à vue de nez avoir 20 ans d’écart), et encore une fois, réducteur vis à vis du personnage de Batgirl, reléguée ici comme une emo/groupie du Chevalier Noir, cette relation appauvri considérablement l’intrigue par l’espace qui lui est essentiellement attribuée. La principale tare de ce film est que la moitié est pratiquement centrée sur elle de manière assez malencontreuse, puis plus rien, à partir du moment où Le Joker entre en scène… Comment alors cautionner les belles paroles du tandem Timm/Azzarello lors du panel prévu à cet effet pas plus tard qu’à la San Diego Comic Con.

En effet pendant quasi 30 minutes, et cela de façon totalement arbitraire et décousue si l’on appréhende le film dans son ensemble, on s’aperçoit que Babs est devenue Batgirl parce qu’elle est juste une groupie.
Barbara Gordon est une jeune femme intelligente et indépendante. Malgré tout l’amour et le respect que je porte pour Bruce Timm, sa façon en tant que producteur de justifier ce statut est d’une hypocrisie sans nom. Si la question est de mettre en avant Batgirl, de centrer le film sur elle pendant 30 minutes pour mieux nous la mettre à l’envers, de montrer à quel point c’est un personnage riche et fantastique, mais faites-nous un p*****n de film sur elle, plutôt. Ce serait pas mieux pour tout le monde franchement (enfin surtout pour elle en l’occurrence) ?

Le fait est que cette histoire est non seulement déstructurée, mais également magistralement insipide par rapport à l’oeuvre originale. Donner autant de visibilité (et non pas d’importance, à tel point que dans ce film, elle rend sont tablier suite à une déception amoureuse avec Batman, c’est encore plus merveilleux) à Batgirl durant la première partie du film pour honteusement la trahir pendant la seconde, est une sacrée insulte pour le lecteur, sans parler de son statut de midinette en mode Twilight qui laisse carrément songeur…

De quoi se demander si on ne devrait pas laisser Barbara Gordon tranquille pour de bon.

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I left my heart in Themyscira


Wonder Woman 2 Head

Il est des séries dont on sait qu’elles ont été faites pour vous. Non pas pour vous flatter ou caresser votre ego de férue d’Amazone dans le sens du poil, mais pour au contraire vous permettre de renouer intimement avec le cœur et l’âme d’un univers ô combien familier, comme pour vous remercier d’avoir été patient, d’avoir attendu toutes ces années.

Dans ce Rebirth de Wonder Woman, il est totalement question de cela, de revenir aux fondamentaux, c’est du moins la tache dont s’acquitte désormais Greg Rucka depuis peu, à raison d’un nouveau numéro chaque quinzaine, permutant son intrigue entre le présent (dessiné par Liam Sharp) et le passé (grâce aux traits de Nicola Scott), période qui nous intéresse ici dans ce Wonder Woman #2, premier épisode d’un arc intitulé Year One,  un titre qui évoque la revanche d’un auteur sur le destin d’une héroïne.

Tout d’abord, il est peut-être intéressant de rappeler à quel point justement les styles des artistes œuvrant sur cette série sont en parfaite adéquation avec les périodes de la vie de Diana qui leur ont été attribuées : Le dessin de Sharp, à la fois très détaillé et incisif souligne parfaitement bien la maturité et la contenance parfois violente et brute de notre amazone. Scott quant à elle nous emmène vers des rives bien plus intimistes, où la jeunesse et l’impétuosité se joignent à des instants de douceur et de complicité, et ce quelles que soient les personnages.
J’ai suivi pendant des mois les petits galets que l’artiste osait de temps en temps disséminer sur son compte Instagram, et je me suis au fil du temps confortée dans l’idée que cette période Year One allait devenir une référence concernant les origines de Wonder Woman pour les années à venir.

Il est vrai que ces derniers mois, nous avons eu droit, la chance même, de pouvoir lire plusieurs réinterprétations de la genèse de Wondie, plus ou moins respectueuses des préceptes de William Moulton Marston ou Robert Kanigher, mais peu importe, grâce à The Legend of Wonder Woman de Renae De Liz et Ray Dillon, puis Wonder Woman Earth One de Grant Morrison et Yanick Paquette, de nouveaux récits ont émergé et donné un souffle nouveau au mythe. Autant de visions personnelles, mais avant tout, autant de messages à transmettre pour les lecteurs en devenir.
En ce qui me concerne, je me délecte sans cesse de lire et de voir une nouvelle fois quelles peuvent être les origines et les premières années de Wonder Woman. J’imagine que pour un fan de Superman ou Batman, c’est exactement la même chose : Apprécier le fait que quelques libertés soient prises pour le bien commun, tout en restant vigilant sur l’essence même du mythe.

Wonder Woman #2 réussi, comme je m’y attendais, cette épreuve. Il est ici question dans ce numéro de cerner rapidement l’attachement de Diana envers sa communauté, en la personne de sa mère, mais également de ses sœurs et non moins amantes, un concept véhiculé depuis le début par Marston, et amené avec plus ou moins de délicatesse (dont le haut du panier figure justement dans les deux œuvres précédemment citées).
En parallèle, on suit également le parcours de Steve Trevor en tant que jeune soldat, il est représenté ici comme un ami loyal et fidèle mais qui semble rester en retrait pour ce qui est de vivre sa propre existence. A noter d’ailleurs que ce numéro commence avec lui, comme pour donner une véritable envergure à ce personnage loin d’être toujours bien exploité depuis ses débuts.

Dans ce numéro, Nicola Scott arrive également à nous faire rêver avec sa projection de Themyscira, une île parfaite et harmonieuse sujette à tous les fantasmes, où la nature et la civilisation auraient enfin trouvé un terrain d’entente. Même si Diana aspire à quitter ses rivages, Paradise Island reste un passage obligé quand il s’agit de nous raconter ses origines, et bâcler son aspect serait une grave erreur, c’est nullement le cas ici.

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Wonder Woman #2 est donc pour moi un numéro parfait. Greg Rucka réussit encore une fois à nous toucher en plein cœur avec une histoire mainte fois revisitée, sans chercher des subterfuges inutiles ou hors continuité, on reste dans le classique, d’une simplicité si évidente qu’elle en est monstrueusement efficace. Sublimé par les illustrations de Nicola Scott d’une finesse attendrissante, ce nouveau voyage dans les origines de notre Amazone se présente déjà comme un récit incontournable.

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You Go, Girl !


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La Pride Month 2016 (le mois des fiertés LGBT se déroulant chaque année en juin à travers le monde, en hommage à la révolte du Stonewall Inn) qui se clôt chez nous via la Marche des Fiertés de Paris nous aura laissé cette année un certain goût d’amertume dans nos coeurs suite aux événements d’Orlando et d’Istambul, où cette manifestation pacifique a encore une fois été réprouvée à coup de gaz lacrymogènes et d’interpellations.

Dans nos rangs, la communauté transgenre a toujours été particulièrement touchée par des vagues de violence et de dénigrement, malgré les récents progrès en terme visibilité véhiculée par différents médias ou sériés américaines, où l’on a pu voir des personnalités telles que Laverne Cox, Lana et Lilly Wachowski en passant par Caitlyn Jenner, autant de stars qui ne nous font pourtant pas oublier la triste réalité.

Cette même visibilité, nous avons pu la retrouver dans le medium des comics dès les années 80/90, de manière totalement assumée ou en employant la fameuse combine du shapeshifting (bonjour Cloud, bonjour Jessie Drake, bonjour Xavin). Sans faire une énumération impersonnelle de ces différents personnages, des noms ressortent toutefois du lot pour ce qu’ils ont pu apporter dans ce combat pour l’acceptation. On retiendra ainsi Coagula, Lord Fanny et Wanda Mann chez Vertigo, Shvaughn Erin, Alysia Yeoh et Masquerade chez DC, ou encore Tong, Sera, et nos 3 métamorphes précédemment cités chez Marvel.

Evidemment les éditeurs indépendants ne sont pas en reste et l’un d’entre eux est justement sur le point d’introduire un nouveau représentant de la cause. Aftershock Comics (un éditeur décidément très LGBT friendly) s’apprête en effet à lancer en septembre Alters, une nouvelle série de super héros en mode X-Men avec en premier plan Chalice, AKA Charlie Young un jeune étudiant qui débute sa transition Male to Female dans le secret vis à vis de ses parents, mais également doté de super pouvoirs (il peut contrôler la gravité et voler). Cette nouvelle héroïne va devoir lutter contre Matter Man, un fasciste aux multiples pouvoirs dont le maître mot est la persécution, aux côtés de personnages également issus de la diversité, dont un métamorphe qui devient tétraplégique et doit faire face à un choix : le rester et vivre, ou bien opter pour un dernier changement qui lui accordera la mobilité, mais se révélera fatal au bout d’un mois, ainsi qu’une héroïne peu attrayante, j’imagine loin des standards de l’industrie mainstream.

Aux commandes de cette série on retrouve le scénariste Paul Jenkins que l’on ne présente plus, la dessinatrice Leila Leiz (dont le trait me fait penser à celui de Laura Braga) et la coloriste (transsexuelle) Tamra Bonvillain (Doom Patrol, Wayward, Moon Girl and Devil Dinosaur…).
Paul Jenkins
a eu la chance d’avoir été élevé par une mère lesbienne célibataire (c’est marrant, ça me rappelle quelqu’un) aux côtés de son frère dans le comté de Dorset, dans le sud ouest rural de l’Angleterre.
La question des droits LGBT lui est donc complètement acquise depuis quasiment toute une vie et ce projet lui tient d’autant plus à cœur qu’il a été entamé en 2005, mais dont le vrai déclic a eu lieu en 2014 grâce à une rencontre avec Liz Luu alors simple participante lors d’un panel sur la création des personnages de comics dans une convention, et désormais assistante exécutive chez Cartoon Network. Celle-ci lui a soufflé l’idée d’introduire dans un de ses futurs scénarios un personnage transgenre qui n’aurait pas encore transitionné et qui par conséquent ne pourrait se présenter en tant que une femme uniquement en costume de super héroïne.

Inutile de dire qu’avec AltersAftershock Comics envoie non seulement du lourd mais impose à grand coup de communication bien sentie (dont un article sur le site du NY Times), un nouveau standard, comme à la belle époque de 2006 via DC Comics et sa nouvelle Batwoman à grand renfort de médias interposés.
Ce qui est certain c’est que je souhaite la même aura à Charlie Young qu’à Kate Kane, et je serai toujours ravie de mettre à jour l’actualité de cette nouvelle super héroïne, c’est du reste le moins que je puisse faire…

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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 20


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Sarcophage

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La vie après la mort, plus précisément la résurrection dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui, c’est un thème récurrent dans la culture horrifique car quoi de plus effrayant que la fin de l’existence, voir de sa propre existence. La vie après la mort c’est aussi la peur de l’inconnu : Que devient-on une fois mort, qu’advient-il de nous ? Autant de questions effrayantes sur lesquelles de nombreux artistes ont tenté depuis la nuit des temps de répondre aux moyens de légendes, d’histoires ou de mythologies plus ou moins complexes : De l’Égypte antique en passant par la mythologie grecque, des religions plus ou moins modernes aux préceptes philosophiques, chacun y va de sa propre théorie ou réflexion sur le sujet car les faits sont là, la mort c’est un voyage sans retour et donc, concrètement, personne n’est jamais revenu pour en parler, c’est le grand inconnu et chacun est donc libre de croire à ce qu’il veut et surtout de ce qui s’y passe…

La mort c’est donc déjà en soit un problème, enfin c’est surtout un problème que l’on aura qu’une seule fois, mais dans la culture de l’imaginaire, revenir d’entre les morts et « subir » une résurrection, c’est souvent le début d’autres gros problèmes…

Historiquement, dans un premier temps, le trépassé qui revient fouler le monde des vivants, c’est en général un personnage mal intentionné : Dracula, La Momie, les zombies, les morts vivants, la plupart ont un réel problème avec ceux qui sont encore vivants et semblent tous motivés à faire que les vivants les rejoignent au plus vite.

L’une des figures emblématiques de l’horreur est issue de cette peur ancestrale, je veux bien sûr parler du Monstre de Frankenstein. Même ceux qui n’ont pas lu le livre de Mary Shelley connaissent plus ou moins l’histoire de cette créature pathétique, constituée d’éléments de cadavres et issue du cerveau malade d’un scientifique fou, vivante contre son gré et qui préfère mettre elle-même fin à sa résurrection de fortune. Le Monstre de Frankenstein, historiquement et culturellement parlant, c’est aussi une base, celle de l’être revenu d’entre les morts qui cherche de nouveau sa place dans un monde qu’il croyait avoir quitté et y revient alors qu’il n’y a, théoriquement, plus sa place.

De plus le Monstre de Frankenstein impose une variante de taille, il n’est pas totalement méchant, il est plutôt naïf et n’est pas vraiment maître de ses actes.

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Cette base du monstre « gentil » qui cherche sa place a servi énormément dans la culture populaire et est encore aujourd’hui largement utilisé : De RoboCop à The Crow en passant par le Darkman de Sam Raimi, le cinéma et la culture pop sont truffés de personnages revenus d’entre les morts pour assouvir vengeance ou aider leurs proches toujours vivants.

Les comics n’échappent pas à la règle et ont leur lot de personnages plus ou moins vivants, Deadman et Swamp Thing chez DC, Spawn chez Image, il n’est également pas rare que des super héros décèdent pour ensuite revenir à la vie de manière disons « inopinée » afin de revenir dans un monde qui ne les attendait plus… Les deux plus gros exemples récents, à savoir Batman chez DC et Captain America chez Marvel prouvent que bien plus que l’utilisation d’un thème aussi éculé et toujours aujourd’hui largement d’actualité, jusqu’à parfois l’écœurement, les morts / résurrections des personnages de comics étant quasiment un gag de répétition tellement il a était utilisé.

Pour trouver en comics des histoires avec des personnages morts vivants plus originales que les sempiternelles super héros qui reviennent à la vie après des cérémonies pompeuses, il faut fouiller chez les éditeurs indépendants et exhumer des mini-séries plus ou moins oubliées, tel un fossoyeur des comics, j’ai trouvé cette mini-série publiée originellement en quatre numéros chez Oni Press en 2000 : The Coffin.

Publiée donc en 2000/2001 chez Oni Press aux États Unis, cette excellente mini-série a même eu droit à une traduction dans l’hexagone chez Semic dans leur collection Semic Noir en 2004 sous le titre Sarcophage.
Sarcophage est écrit par Phil Hester et dessiné par Mike Huddleston, voici donc une rapide présentation des deux artistes aux commandes…

Phil Hester est un scénariste américain très prolifique : Il a travaillé pour quasiment toutes les maisons d’éditions, de Marvel (Ant Man), DC (Swamp Thing, Green Arrow, Wonder Woman) à TopCow (The Darkness), il a aussi travaillé sur des personnages moins exposés comme The Crow, Green Hornet et Black Terror. Il fut nominé en 1996 aux Eisner Award pour The Wretch, super héros sombre et silencieux protégeant la ville imaginaire de Glass City.
The Coffin est un de ses premiers travaux.

Mike Huddleston est quand à lui un dessinateur américain au parcours pour le moins atypique : Remarqué lors d’un DC Talent Showcase, il se voit confier 5 numéros de la série Deathstroke. Il embraye ensuite sur The Coffin qu’il co-créé avec Phil Hester. Suite au succès de The Coffin, il repart chez DC et travaille sur Harley Quinn. Devenu un artiste en vue, il continue son bonhomme de chemin pour Dark Horse sur Grendel et Marvel sur Captain America avant de s’allier de nouveau avec Phil Hester sur un autre creator-owned, Deep Sleeper, titre qui marque une véritable évolution graphique de son style.

Charmés par son nouveau style novateur, Ray Fawkes et Hank Rodionoff font appel à lui pour dessiner Mnemovore, une mini série publiée chez Vertigo, un comic dont l’histoire, à mi chemin entre réflexion métaphysique et horreur, se retrouve parfaitement adapté au style d’Huddleston.
Après ce passage, il retourne au mainstream et dessine Batgirl et Manbat pour DC ainsi que Gen 13 pour Wildstorm.
Récemment, il a connu un grand succès avec Homeland Directive en collaboration avec Robert Venditti. Homeland Directive est un énorme succès, placé en bonne place dans le classement du New York Times dés sa première semaine de publication.
Actuellement, il travaille sur Butcher Baker avec Joe Casey et sur le comic inspiré de la série TV The Strain.

Les deux auteurs ayant maintenant une identité plus concrète, passant à l’œuvre en elle même.

Sarcophage est donc l’histoire du docteur Ashar Ahmad, scientifique fasciné par la vie éternelle depuis qu’il s’est rendu compte que l’une de ses créations, un tissu étanche, a la propriété de « retenir » l’âme des défunts après leur mort et les maintenir dans une sorte de non-vie. Le bon docteur a alors l’idée de créer une combinaison qui garantirait la survie de l’âme dans le corps. Cependant, ledit docteur a un gros problème : C’est un insupportable connard obsédé par son travail qui traite sa femme et collaboratrice comme de la merde et connait à peine sa petite fille. De plus, depuis qu’il travaille sur sa combinaison/armure, Ashar est assailli par des cauchemars le confrontant à des créatures démoniaques lui reprochant sa création. Tiraillé par le doute, il s’interroge de plus en plus sur le bien fondé de ses expériences. Mais son mécène, le multi-milliardaire Heller, a de plus grands plans en ce qui concerne la découverte du docteur Ahmad et compte bien se l’approprier.

Heller envoie donc un soir ses deux hommes de main mettre la main sur les travaux du docteur Ahmad. Tout fini dans un bain de sang : La femme du docteur et tuée et le bon docteur laissé pour mort… Mortellement touché, le docteur Ashar n’a que pour seule issue de s’enfermer dans sa propre création. Mort mais maintenu en vie dans son armure, Ashar va alors tout tenter pour se venger de l’homme qui a détruit sa vie et se racheter une conduite auprès de ses proches qu’il a négligé.

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Dés les première pages, Sarcophage étonne par son graphisme absolument somptueux : Dessiné dans un noir et blanc impeccable, les personnages sont réalistes et les planches très détaillées sont baignées dans des aplats de noir aussi efficaces que parfaitement maîtrisés : Visuellement, c’est une véritable claque, démontrant le talent incontestable de Mike Huddleston.

Niveau histoire, le récit brasse assez large et les références y sont nombreuses : La plus évidente étant bien sûr celle faite à RoboCop avec cet homme coincé dans un corps mécanique. Mais on y retrouve aussi des passages inspirés par le manga Ghost in The Shell de Masamune Shirow (une référence directe y étant même faite), Frankenstein évidemment et la plupart des récits de ce genre. Néanmoins, Sarcophage réussi a créer sa propre identité visuelle et scénaristique et on est très vite happé par l’univers sombre créé par Phil Hester, mélange entre onirisme, mélancolie et action débridée.

Les personnages sont aussi parfaitement et richement écrits, ce qui est plutôt étonnant pour une mini-série en seulement quatre numéros : De personnage détestable, le docteur Ashar devient rapidement une créature pathétique et triste, presque touchante qui réalise suite à sa mort que sa vie n’était qu’une sorte de désillusion. Les seconds rôles ne sont pas en reste, notamment l’ancien associé de Ashar, homme solitaire et naïf qui permet étonnement de traiter du sujet de l’homosexualité là où on ne l’attend pas. Quand à Heller, il est l’archétype du méchant mégalomane, esclave de sa propre folie. Mention spéciale au personnage de Keen, la tueuse au service de Heller, qui à elle seule mériterait un spin off.

Tout en étant richement référencé, Sarcophage réussi à créer sa propre identité et ça en seulement quatre numéros, un véritable tour de force.

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Sarcophage c’est l’alliance parfaite de dessins magnifiques couplés à une histoire riche, référencée et parfaitement maîtrisée : En bref on a là un comics parfait dans sa définition la plus noble. De plus, on a beau être dans le domaine de l’horreur, c’est un livre très abordable pour tout type de lecteur, ces multiples références, aussi bien cinématographique que littéraire plairont sans aucun doute même à ceux que les comics ou bandes dessinées indépendantes rebutent généralement.

Peut-on encore innover, même avec une idée aussi éculée et classique que celle de la vengeance d’outre tombe ? La preuve que oui avec Sarcophage et son traitement à la fois classique et intelligent de cette idée pourtant quasiment ante-diluvienne.
Je me plais souvent à dire qu’il n’y a pas de mauvaises idées, juste de mauvais auteurs et au gré de mes découvertes, je me rends compte que j’ai de plus en plus raison avec cette petite réflexion.

Si vous en voulez la confirmation, lisez Sarcophage : C’est excellent, on peut toujours se le procurer assez facilement en version française pour un prix modique et je peux vous assurer que vous ne le regretterez pas  !

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Sarcophage, de Phil Hester et Mike Huddleston disponible depuis décembre 2004 en France chez Semic dans la collection Semic Noir.

Note : En VO, The Coffin a été réédité en 2010 dans une nouvelle version appelée The Coffin 10th Anniversary Edition

 

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On dirait le Sud


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Aujourd’hui (ou plutôt hier) se tenait à L’Isle-Jourdain (une très sympathique bourgade gersoise située à 30 minutes en voiture de Toulouse) la seconde édition du Festival BD A D’OC dont l’invité d’honneur était l’incontournable Barry Kitson (qui a eu la gentillesse de réaliser une affiche très originale où Batman et Superman font une trêve pour venir survoler les rues de la cité de Gascogne).
L’auteur d’Empire n’était pas le seul artiste comics invité sur le salon, les super héros étant effectivement mis à l’honneur cette année, se joignaient ainsi à lui Paul Renaud, Trevor Hairsine, Doug Braithwaite, Kevin Hopgood, de quoi satisfaire grandement les amateurs venus partager un vrai moment de convivialité malgré l’embargo culturel imposé idéologiquement par L’Euro 2016.

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Les librairies Gourvy Comics et Gibert Joseph Toulouse étaient comme il se doit au rendez-vous dans une ambiance très décontractée, le salon situé au Musée Campanaire et animé par une équipe de bénévoles du tonnerre nous offrait également de très belles expositions ainsi qu’un concours de dessin destiné aux enfants (dont Barry a eu la lourde tache de déterminer les gagnants par tranche d’âge), sans parler bien sûr des auteurs franco belge de renom également invités.

En tant que festivalière, c’est toujours un très grand plaisir de revoir des habitués de salons, qu’ils aient lieu en province où sur Paris. J’ai eu la grande joie de repartir avec deux dessins de Barry Kitson et Doug Braithwaite, ce fut pour moi un vrai moment de détente en cette période bien sombre, et je tiens à saluer la patience et la passion inaltérable d’Antoine, 10 ans, et avec qui j’ai passé mine de rien beaucoup de temps (et partagé quelques M&M’s) à discuter super héros (et héroïnes, forcément) en faisant la queue à ses côtés pendant plusieurs heures. Ce gosse m’a littéralement émerveillée à la fois par sa candeur et sa détermination et me redonne au final un tangible espoir sur la nature humaine…

 

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Tomorrow Never Dies


Les enfants je suis fatiguée.
Je suis vraiment, vraiment très fatiguée. Je ne sais pas si, prenant du kilométrage un peu plus chaque année, je me rends compte -impuissante- que le monde dans lequel je vis m’est totalement inadapté (et non l’inverse, car je ne suis pas folle vous savez), ou si nous sommes tout simplement les témoins de la régression de notre société comme c’est malheureusement le cas régulièrement tout au long de notre histoire.

Je suis loin d’être une intellectuelle, philosophe, et encore moins anthropologue. Je prends juste les événements comme ils me viennent le plus souvent, c’est à dire en mode uppercut ou crochet du droit, et je reste sonnée à chaque fois un long moment suite aux drames dont je reste le témoin très indirect, de Charlie au Bataclan et désormais Orlando, car à chaque fois, mine de rien, c’est une partie de moi qui a été cognée.

A chaque fois je lis, j’écoute, et je regarde les témoignages touchés par ces atrocités. Mais je suis tout autant réceptive à la réaction de la « masse populaire » (je mets des guillemets car je sais que je n’emploie absolument pas le bon terme et je m’en excuse), en commençant par des personnes relativement proches à savoir les membres de ma famille et autres collègues de travail. La plupart d’entre eux sont hétéros, blancs, non immigrés, propriétaires d’une villa avec piscine (où aspirent à en avoir une, comme si c’était une finalité en soi), et je sais très bien que pour eux je ressemble à une sorte d’animal exotique qui correspondrait en une seule personne à pas mal de clichés propres à ce fameux concept qu’est la diversité, mais ils arrivent toutefois à m’apprécier pour ce que je suis c’est à dire une nana qui fait preuve d’un cynisme hors du commun, allez savoir pourquoi…

Tout ça pour vous dire que depuis le week-end dernier je me suis beaucoup renfermée sur moi-même. Mes collègues trouvent que j’ai changé, ils ne comprennent pas ce qu’il m’arrive. Ils sont à des années lumière de concevoir qu’une partie de moi s’en est allée dans ce massacre.
A l’époque où j’avais moins de kilométrage, je passais mes samedis soirs dans une boite gay aux alentours de Montpellier et je peux vous dire que je me délectais de chaque seconde passée avec mes copines, mes sœurs de soirée à danser comme une huître sur So Many Men So Little Time de Miquel Brown, j’étais pleinement consciente de mon bonheur et de mon épanouissement, c’était ma récompense après des années de souffrance et d’interrogations, ma libération, ma joie de vivre.
Cette boite était mon sanctuaire, elle avait ses codes immuables (comme par exemple la fameuse danse du tapis), ses morceaux inévitables (et surtout inévités sous peine de scandale en mode Drama Queen) et les accroches du DJ en mode Priscilla, folle du désert.
Je me souviens que nous les lesbiennes, nous étions particulièrement solidaires entre nous. Par exemple combien de fois nous les vieilles rombières (je me mets dans le lot car à l’époque je traînais avec des filles de 10 à 15 ans plus âgées que moi qui m’ont appris en quelque sorte la vie LGBT), nous étions aux aguets face à des enfoirés en quête du trophée ultime à savoir violer une lesbienne alcoolisée dans la pénombre du parking et que nous avons été amenées à « sauver », prétextant le fameux « Hey Ducon touche pas à ma meuf ! »  …

Mon cœur saigne d’autant plus aujourd’hui avec cette pensée que parmi toutes ces belles et magnifiques personnes fauchées par l’innommable, beaucoup d’entre elles étaient tout à fait comme moi il y a 20 ans : peut être en quête d’identité, mais non moins déjà fières de ce qu’elles sont et surtout, débordantes de vie.
Chaque année lorsque je fais la Gay Pride, je me délecte de regarder tous ces jeunes gens s’éclater comme des fous en défilant fièrement, oubliant je suppose le temps d’une après-midi le fardeau du quotidien lorsque l’on est homosexuel.
Vous ne pouvez pas imaginer la joie que j’éprouve de voir ces personnes que je ne connais même pas heureuses le temps de quelques heures. La Gay Pride a toujours été pour moi un moyen de recharger mes batteries pour l’année à venir. Sauf que cette fois-ci, elles se sont redéchargées beaucoup plus vite que prévues.

Avec le temps il va falloir que je me fasse une raison, la radicalisation des pensées s’allie de plus en plus avec celle des actes. A moi de voir comment je peux gérer personnellement cette situation.
Il y a quelques années je m’insurgeais contre la première vague d’homophobie notable suite au projet de loi concernant le mariage pour tous. C’était génial car bon nombre d’entre vous avait participé à mon petit projet.
Demain (enfin tout à l’heure plutôt) je vais participer à un débat sur les super héros LGBT dans le cadre du mini salon LGBT à l’Espace Diversités Laïcité de Toulouse, 38 Rue d’Aubuisson. EVIDEMMENT j’aurai grand plaisir à parler de ma muse, celle qui me donne sans cesse inspiration et courage, parce que le combat continue, encore et toujours.

Justement je vous laisse avec elle, et ce fan art magnifique signé Telênia Albuquerque qui me montre tout simplement que je suis loin d’être la seule dans mon cas, et qu’heureusement il y a bien des héroïnes qui vous aident à aller de l’avant (et merci M. de m’avoir montré ceci).

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What Would Wonder Woman Do ?


Wonder Woman - Rebirth Head

Nous l’avons tous bien compris, la nouvelle politique éditoriale de DC Comics intitulée Rebirth et censée revenir aux fondamentaux vis à vis de son lectorat de longue date tout autant que ses personnages emblématiques, est une réponse sans équivoque suite au ratage économique (parfois artistique et même idéologique) au sens large que constituent les New 52, et malheureusement plus récemment avec DC You (oui je sais, je suis pas très sympa, l’idéal aurait été que DC You arrive d’emblée à la place des N52 en 2011 et que quelques réajustements se fassent petit à petit, mais d’ailleurs n’existerait-il pas une Terre où l’on pourrait voir ça ?).

Nous avons effectivement pu nous rendre compte ces 6 dernières années à travers ce blog, que bon nombre d’héroïnes DC se sont retrouvées plus ou moins malmenées dans leurs diverses représentations, et ce dès le départ avec Catwoman et Starfire (hypersexualisées à outrance) en passant par Raven, Cassie Sandsmark, Donna Troy, Batgirl (toutes out of character), certaines d’entre elles ont su heureusement retrouver un second souffle grâce à des équipes créatives plus inspirées que leurs prédécesseurs, alors que d’autres déjà iconiques (Harley Quinn, Power Girl, Poison Ivy) auront eu l’opportunité de regagner en popularité, ce qui est une très bonne chose, sans oublier qu’il aura fallu attendre pratiquement la fin de cet énorme trafic éditorial pour revoir des personnages hyper populaires (Stephanie Brown, Cassandra Cain) refaire surface.
Mais comme je l’ai dit précédemment, je ne suis pas forcément super sympa car si les New 52 ont quand même su nous offrir un personnage charismatique inespéré, c’est il faut bien le reconnaître, Harper Row.

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Mais qu’en est-il de la Reine Mère de toutes les super héroïnes ? Quel fut le sort de Wonder Woman depuis ce fameux mois de novembre 2011 où le prometteur Wonder Woman #1 version Brian Azzarello et Cliff Chiang fut publié ?
Le scénariste de 100 Bullets, dans la plus grande lignée de son style, nous a livré une héroïne digne de ses précédentes aspirations à travers une mythologie qui lui est totalement personnelle -et tout autant dark que badass- mais où les Dieux de l’Olympe essentiellement masculins n’ont cessé d’écraser notre héroïne de leur aura, alors que les Amazones ont été elles-même réduites à être considérées comme des Mantes religieuses esclavagistes et fondamentalistes, concepts dans lesquels vont s’engouffrer le couple de dessinateur/scénariste Finch  en manque d’inspiration, et dont votre blogueuse préférée ne s’en sera toujours pas remise jusqu’à en arrêter son abonnement.

Mais à l’annonce de ce Rebirth l’espoir a osé renaître, non seulement par le biais d’une nouvelle perspective façonnée (dans la glaise ?) par un scénariste qui non seulement n’a cessé d’œuvrer pour l’épanouissement et la mise en valeur des personnages féminins dont il a eu la responsabilité quelque soient leur medium (romans, comics) et le genre dont elles sont issues (du polar à la SF en passant par les super héros), mais qui a surtout toujours affectionné particulièrement notre sémillante Amazone depuis son plus jeune âge.

Entre Greg Rucka et Wonder Woman il s’agit bel et bien d’une histoire d’amour entre un scénariste et sa muse depuis Wonder Woman: The Hiketeia puis à partir de Wonder Woman #195 et ce sur 31 numéros, à tel point qu’il préféra claquer la porte de l’éditeur lorsque celui-ci lui refusa un projet intitulé à l’époque Wonder Woman Year One au bénéfice d’un certain trublion chauve britannique…
Mais alors que Grant Morrison était sur le point de livrer sa version (forcément sujette à polémiques) de l’Amazone, Rucka quant à lui nous offrait deux numéros consacrés à Renee Montoya / The question, Batwoman et Huntress lors de l’event Convergence il y a de cela à peine un an. Le magnifique Convergence : The Question se voulait en effet être un signe d’ouverture, galvanisant les fans de ces héroïnes, et préméditant qu’un retour aux sources pouvait être bel et bien possible…

Et pourtant, le grand retour de Greg Rucka sur Wonder Woman a toutefois fait l’effet d’une bombe, je n’ai moi-même pas pu m’empêcher de réagir via les réseaux sociaux pour exprimer ma grande satisfaction. L’homme qui était parvenu à transformer Batwoman en une icône LGBT était bien l’un des seuls écrivains à pouvoir sauver Diana de Themyscira de l’effroyable pétrin dans lequel on l’avait fourré dans sa série régulière (et dérivées), pour ma part je m’étais rabattue sur Sensation Comics, Bombshells, The Legend of Wonder Woman et Wonder Woman ’77.

Wonder Woman - Rebirth 1

En grand conteur d’histoires qu’il est, le co-créateur de Lazarus ne pouvait pas via ce numéro purgatoire enchaîner directement sur une nouvelle intrigue comme si de rien n’était. Il fallait, peut-être pas forcément faire table rase du passé mais du moins mettre certaines cartes sur table pour pouvoir aller de l’avant bien plus sereinement.
Ce numéro Renaissance se veut donc comme un moment d’introspection de la part de notre héroïne, comme si elle prenait enfin le temps dans se rendre compte qu’il y avait quelque chose de pourri dans le royaume de Themyscira.
De nos jours, à l’ère des internets, on appelle ça un bon gros troll des familles, et il est sacrément le bienvenu.
Dans une première partie illustrée par Matthew Clark (dont le style à la Greg Land est VRAIMENT très loin de m’accommoder, surtout sur un numéro aussi important que celui-ci), Wonder Woman se veut toujours présente pour défendre le sort de la femme oppressée par le système phallocrate qui règne sur notre monde. Mais lorsque qu’elle rentre chez elle, elle en est à se demander « Qui suis-je, où vais-je, dans quel état j’erre ? ».

Greg Rucka n’y va pas par 4 chemins, il broie au sens propre comme au sens figuré le statut problématique et sans issue de notre messagère de paix en tant que God of War instauré par Azzarello. Toutes ces dernières années vécues par Wonder Woman n’étaient que pur mensonge et même elle, en tant que gardienne de la vérité, ne l’a pas vu venir.
Bien sûr, le scénariste va une nouvelle fois évoquer ses origines et son passé plus ou moins proche pour ne pas dérouter un nouveau lecteur qui passerait par là et trouverait déjà que son histoire est un bordel sans nom. Mais ce numéro est surtout marqué par la prise de conscience de notre héroïne sur son propre statut : non, Wondie ne léchera plus de glaces de sitôt les enfants.

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Mais ce numéro reste malheureusement assez frustrant compte tenu du peu de nombre de pages dessinées par Liam Sharp (6 au total), celles-ci ayant d’ailleurs été visibles depuis un certain nombre de semaines en preview et sous toutes les coutures (crayonnées, encrées, puis colorisées par Laura Martin). Mais la présence de deux dessinateurs au style si différent permet justement de d’accentuer cette transition entre la « fausse » et la « vraie » Wonder Woman, ce numéro se voulant surtout et au même titre que DC Universe Rebirth être un épisode intermédiaire et de remise à niveau avant que les choses commencent sérieusement. En gros, il fallait bien en passer par là avant de passer aux choses sérieuses et Greg Rucka s’en est naturellement sorti avec brio.

La suite étant prévue pour dans une dizaine de jours maintenant, où le présent et le passé vont s’alterner toutes les 2 semaines entre les illustrations de Liam Sharp (avec Wonder Woman #1 : The lies) et Nicola Scott (avec Wonder Woman #2 : Year One, et le peu que j’ai pu voir de ce qu’elle a fait sur le titre est littéralement à tomber)le vrai retour de Wonder Woman pourra alors commencer vraiment, enfin, oui c’est promis.

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