Paye ton FIBD, con.


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Les habitués de ce blog sont au fait que je suis loin d’être une consommatrice de gros festivals de bande dessinée, mais que je suis pourtant capable de faire des centaines de kilomètres quitte à m’expatrier le temps de quelques jours hors de nos frontières pour profiter de la convivialité d’un événement aussi confidentiel soit-il.
Ceci étant dit, voici les deux principaux arguments qui m’incitent à me déplacer en festival : sans surprise (c’est à dire comme la plupart d’entre nous), cela concerne les auteurs invités, et la qualité et diversité du contenu proposé (en l’occurrence, les expositions et conférences). Je pourrais rajouter un troisième facteur tout aussi important à mes yeux : celui de rencontrer de nouveaux visages ou de retrouver d’anciens, le temps d’une queue pour une dédicace, d’une conférence, d’un petit déjeuner chaleureux.

Certes, je dois avoir une vision très naïve de ce genre de manifestation mais peu importe, ce que je retiens de cette édition du FIBD c’est qu’elle m’a donné beaucoup de satisfaction sans en oublier pour autant les multiples fautes de goût de la part des grandes instances du festival qui auront su se faire remarquer du début à la fin.

Tout comme la Comic Con Paris, on n’aura de cesse de reprocher à cette édition du FIBD (à juste titre) son manque de respect. Pleinement consciente du décalage abyssal (pour rester correcte) que les auteurs et éditeurs ont pu ressentir et/ou subir vis à vis de leur travail, passion, métier de tous les jours, il n’en reste pas moins que le Festival International de la BD d’Angoulême regorge d’une présence créative et multiculturelle indéniable-et surtout-accessible auprès du grand public., que ce soit par le biais d’associations, écoles et étudiants, collectifs, amateurs, journalistes, conférenciers, etc etc etc…

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Considérer le FIBD uniquement par la débâcle de ces derniers jours serait également porter un jugement bien trop cruel et raccourci vis à vis du travail dantesque de ses bénévoles, services de sécurité, organisateurs de conf ou expo et je ne sais quelles petites mains que je n’ai pas eu l’occasion de côtoyer mais auquel je pense très fort.

C’est comme ça que je vois les choses cette année, je suis partagée entre ce foutage de gueule dont j’ai déjà parlé d’ailleurs dans des billets précédents, et le travail, sincère, des amoureux de la BD tous univers confondus.

Tout ceci étant bien établi, voici mon compte rendu de cette édition du FIBD, telle que je l’ai vécu, ni plus ni moins, et c’est déjà pas mal.

Après une demi journée de BlaBla Car des plus enrichissantes, j’ai trouvé le moyen de me garer à 1km8 du centre ville, une opportunité idéale pour une personne comme moi qui a en horreur toute activité physique…
Pour être tout à fait honnête, je ne souhaitais pas vraiment venir à Angoulême cette année, mais Jean-Paul Jennequin a su trouver les mots pour me convaincre, en me demandant si j’étais intéressée pour débattre avec lui des super héros LGBT lors d’une conférence consacrée au sujet. Ainsi, comment refuser de remettre une couche sur Batwoman ? Alors que JP se chargeait de retracer un historique sur les comics LGBT, je proposais un tour d’horizon de toute la diversité que l’on pouvait rencontrer chez ces personnages à travers 10 visages (enfin, un peu plus car j’ai trouvé le moyen de tricher un peu ^^) plus ou moins connus mais pour moi assez représentatifs.

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Le Conservatoire d’Angoulême est ce lieu un peu en retrait du festival où se déroule bon nombre de conférences de qualité, et cette année encore je m’en suis donnée à cœur joie en assistant aux performances de Jean-Michel Ferragatti sur Les Super Héros américains en France, ou Xavier Fournier qui retraçait la carrière de Joe Kubert, et qui a pu s’entretenir avec Jason Latour. Je vous partagerai très bientôt ces trois panels que j’ai eu l’occasion d’enregistrer ou filmer.
J’ai également jeté mon dévolu sur les expositions consacrées à Hugo Pratt et Otomo, toutes deux superbes bien que très différentes dans leur forme et contenu. Là encore je développerai tout cela dans un autre billet avec des images qui je l’espère vous donnerons un bel aperçu.

J’ai pu aussi rencontrer furtivement le très sympathique Kieron Gillen sur le stand Panini, et comme l’année dernière avec Brian K. Vaughan qui était présent sur le stand d’Urban Comics, je n’ai pas manqué de le remercier pour sa contribution à la cause LGBT grâce à la visibilité et la finesse dans l’écriture de nombreux personnages issus de cette communauté dans la plupart de ses œuvres, où il n’a d’ailleurs pas hésité à dénoncer l’homophobie que subissent certains jeunes (il suffit de lire le poignant Generation Hope #9 pour s’en convaincre…).

Tout cela en une journée et demi, ce fut donc un petit week-end bien rempli que je me dois de vous développer plus en détails très prochainement rien que pour le plaisir des yeux et des oreilles.

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Les jeudis de l’angoisse (des comics) #15


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Hunting The Heroes, The Predators Attack  !

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Il y a plus d’un an, j’exposais ma passion pour l’univers d’Alien au travers d’un Jeudi consacré à l’improbable crossover Batman/Aliens. Entre Aliens et Predator il n’y a qu’un pas, la rivalité entre ces deux monstres (au sens propre comme au figuré) sacrés du cinéma étant depuis longtemps entré dans la légende.
Mais Aliens Vs Predator c’est une institution, et plutôt que de m’étaler sur cet univers alternatif (1) et comme j’avais juste envie de parler de Predator, j’ai recherché un crossover comics les mettant en scène qui mériterait le coup d ‘œil et serait suffisamment original. Batman Vs Predator ? Tout le monde le connait celui-là… Superman Vs Predator ? Trop commun… JLA Vs Predator ? Trop nul… Superman & Batman Vs Aliens & Predator ? Trop long comme titre… Avec Dredd, Robo Magnus ? Nan…
Ah, attend (fouillant dans ma collection de comics), c’est quoi ce truc ? Et mais ouais, même moi j’avais oublié ça ! Allez, je le prends tiens !

Donc vous l’aurez compris, ce mois-ci ont va parler chasseurs extra-terrestres avec les collectionneurs de trophées les plus sanguinaires de l’univers : Les Predators  !

Killing for the hunt – hunting for the kill
Armed to the teeth with a wildcat’s will
Survival of the fittest I have what it takes
To turn human beings into spiders and snakes

Meister Mephisto – Master Hunter (Extrait de l’album Sturmgeist, 2005)

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Avant de commencer, présentons vite fait ce que sont les Predators, ces chasseurs extra-terrestres qui terrifient nos écrans depuis 1987. Le premier Predator, Yautja (prononcez Ya-Oute-Chah) dans leur langue à eux, apparaît donc en 1987 dans le film du même nom, réalisé par John Mc Tiernan (L’Arme Fatale) sur un scénario de Jim et John Thomas. Le film raconte les déboires d’une troupe de mercenaires en Amazonie qui suite à une mission de sauvetage se retrouve traqué par un ennemi apparemment invincible et invisible. Le dit ennemi se révèle être en fait un chasseur extra-terrestre avide de trophées et il faudra toute la ténacité du chef des mercenaires (interprété par un Arnold Schwarzenegger au sommet de sa carrière et de son talent à l’époque) pour en venir à bout durant un duel final aussi épique que mythique, aujourd’hui passé à la postérité comme une des scènes cultes du cinéma fantastique.
Entre sa réalisation efficace, son interprétation impeccable, sa bande son monumentale et ses effets spéciaux remarquables signés par le grand Stan Winston, Predator devient rapidement un film culte aujourd’hui encore inégalé.


Bande annonce française de Predator (1987)

C’est sans surprise qu’une suite est rapidement envisagée et voit le jour : Predator 2 sort sur les écrans en 1990. Au scénario on retrouve de nouveau Jim et John Thomas et à la réalisation Stephen Hopkins (coupable à l’époque du navrant cinquième opus de la saga Freddy), cette fois-ci la « proie » est interprété par Danny Glover (L’Arme Fatale). De l’Amazonie, l’action est délocalisée dans un Los Angeles écrasé par une canicule et une féroce guerre de gangs, Danny Glover incarne un officier de police dont l’entourage péri sous les assauts d’un ennemi aussi agressif qu’invisible. Même si il est clairement en dessous du premier opus, Predator 2 reste néanmoins un spectacle époustouflant d’une redoutable efficacité.


Bande annonce américaine de Predator 2 (1990)

Il faudra attendre 20 ans pour revoir les chasseurs inter-galactiques en solo sur les écrans (entre temps, deux films AVP ont été « commis », surtout un Aliens Vs Predator Requiem repoussant les limites de la nullité jusqu’à un niveau rarement atteint) et c’est en 2010 que sort Predators, réalisé par Robert Rodriguez (Une Nuit en Enfer) avec Adrien Brody (Le Pianiste) dans le rôle principal. Cette fois-ci direction une planète éloignée pour un groupe de personnes qui ne se connaissent pas mais sont liées par des vies violentes : Le groupe compte des soldats, des mercenaires ou des criminels. Pourquoi sont-ils réunis à l’autre bout de l’espace ? Il semblerait que cette planète soit en fait une réserve de chasse et eux les proies…
Attendu de longue date, ce nouvel opus divisera les fans, certains y voyant un film de série B sans grande originalité, les autres une honnête suite qui à défaut d’originalité apporte enfin du neuf à la mythologie de la saga.


Bande annonce française sous-titrée de Predators (2010)

Les Yautjas ont beau être des chasseurs violents, ils sont néanmoins des êtres intelligents, très avancés technologiquement dotés d’armement de pointe : Canon à plasma, griffes et lances rétractiles, camouflage optique, vision infra-rouge, disque de combat, kit de premiers soins et j’en passe, ils sont parés à la plupart des éventualités. Ils vivent très longtemps, plusieurs centaines d’années pour ceux qui réussissent à survivre aux chasses et vivent en clans gouvernés par un ancien (un Elder).

3Le clan dit «  Lost  » du film Predator 2 avec le chef Elder au centre

Ils se déplacent de planètes en planètes afin de trouver et de chasser les créatures les plus redoutables. Ils sont également régis par un code de l’honneur très prononcé, par exemple il est déshonorant de tuer une proie désarmée et ou non belliqueuse ou une femelle enceinte. Si on réussi à vaincre un Yautja ou lorsque l’on réalise une chasse ramenant un trophée glorieux, on devient immédiatement leur égal et l’on gagne le respect du clan. De même si on sauve la vie d’un Yautja, celui-ci vous est redevable et doit faire de même. Certains humains ont déjà réussis certaines de ces prouesses, la plus célèbre étant Machiko Noguchi (2).

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Machiko Noguchi

Niveau comics la première mini-série mettant en scène les Predators parait en 1989 et se finit en 1990 quelques mois avant la sortie du second film. Baptisée dans un premier temps juste « Predator » elle est rapidement renommée Predator : Concrete Jungle (3) dans les éditions reliées. Cette première mini-série réutilise de nombreux éléments du premier film, par exemple le personnage de Dutch interprété par Arnold Schwarzenegger et partage de nombreux points communs avec Predator 2, notamment des scènes quasiment identiques (la descente du Predator dans un repaire de trafiquants de drogues) et certains ressorts scénaristiques similaires (la guerre des gangs, le héros est un policier etc.). Elle est scénarisée par Mark Verheiden, un habitué des comics à licence cinématographique puisqu’il a à l’époque déjà œuvré sur des comics dérivés des films Aliens et travaillera plus tard sur ceux issus de l’univers de The Terminator.

De nombreuses mini-séries et crossovers paraîtront par la suite, de qualité très variables (les très bons Race War, Big Game, 1718 ou Primal côtoie des séries moins glorieuses comme Kindred ou Xenogenesis) et nos sanguinaires chasseurs feront des rencontres plus ou moins intéressantes : Hormis les très nombreux crossovers avec les Aliens qui sont un cas à part, les très bons crossovers avec Judge Dredd, Batman ou Magnus côtoieront de véritables ratages, notamment un JLA Vs Predator fait sans passion ou Tarzan Vs Predator, qui aurait put être rudement intéressant vu l’affiche, mais se révèle complètement anecdotique à cause d’un scénario fantaisiste n’exploitant même pas un tiers de la mythologie Predator.

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On notera également plus récemment le loufoque Archie Vs Predator durant lequel un Predator vient massacrer à tour de bras les personnages cartoonesque des comics Archie.

Dans cette jungle de crossovers, l’un d’entre eux est passé complètement inaperçu mais était pourtant très ambitieux : Hunting the Heroes, the Predators Attack !

Pour comprendre le pourquoi de ce crossover / event, il faut revenir à cette époque bénie des années 90 et sur l’initiative des éditions Dark Horse : En effet, de 1993 à 1996, l’éditeur américain tente de lancer son propre univers partagé d’abord sous la bannière Comics’ Greatest World puis plus simplement Dark Horse Heroes à partir de 1995. Cet univers partagé contient plusieurs personnages, évoluant dans des villes imaginaires ainsi Ghost et X vivent dans la ville d’Arcadia et Barb Wire et Motorhead dans celle de Steel Harbor.
Si le concept est intéressant, la qualité sera rarement au rendez-vous et beaucoup de séries s’arrêteront au bout de quelques numéros, les seules exceptions – succès seront Barb Wire, X et surtout Ghost qui perdureront quelques années avant de s’arrêter.

C’est ainsi qu’en 1995, Dark Horse profite de sa détention de la licence Predator pour mettre les chasseurs de l’espace face à certaines de ses créations maison durant un event qui touchera quatre de ses titres.

Le premier titre impacté sera le tout nouveau Motorhead qui voit le héros schizophrène confronté dés son premier numéro à un Predator.
Motorhead est un personnage issu de l’univers de Barb Wire, il s’agit en résumé d’un ancien soldat devenu surpuissant après avoir fusionné avec une technologie inconnue appelée le « Motor », cette fusion a également pour méfait de lui faire entendre des voix et de les matérialiser sous la forme d’un petit homme blond surexcité.
L’histoire est archi-classique : Alors qu’il se débat tant bien que mal avec les voix dans sa tête, Motorhead est pris en chasse par un Predator. S’ensuit une course poursuite dans les rues de Steel Harbor qui se fini par un combat sur les quais et… C’est tout.
C’est écrit par D.G. Chichester, dessiné par Karl Waller et encré par Tim Bradstreet sur une couverture de Simon Bisley.
Autant faire court et bref, que se soit niveau histoire ou dessin, c’est vraiment pas terrible et largement dispensable.

Second titre touché par cet event, l’excellent Ghost et son héroïne paranormale Elisa Cameron. Ghost est une des bad girls les plus réussies des années 90 : Amnésique, Elisa Cameron se réveille un jour sous l’apparence d’un fantôme et va alors enquêter sur sa propre mort. Elle apparaît pour la première fois dans le huitième numéro spécial de la série X, dont je vais reparler plus bas.

L’héroïne aura surtout pour elle la chance de voir des artistes talentueux œuvrer sur sa série comme Adam Hughes, Terry Dodson, Ivan Reis ou encore John Cassaday. De tout les titres Dark Horse Heroes, se sera d’ailleurs celui qui perdurera le plus longtemps.
Alors que Ghost continue son enquête sur sa mort dans les ruelles et recoins sombres d’Arcadia en compagnie de sa sœur Margo, elle est prise en chasse par un Predator. La chasse prend une tournure funeste pour le Predator lorsque celui-ci est rapidement mis hors d’état de nuire par notre héroïne.

Même si ce numéro 5 de Ghost fait partie de l’event Hunting the Heroes, il en ressort sans conteste que le scénario avait déjà été écrit à l’avance et les passages avec le Predator un peu rajoutés à l’arrachée. Du coup le Predator ne fait que de timides apparitions durant le récit, principalement au début et à la fin. L’histoire quant à elle est dans la continuité de la série Ghost.
Très peu d ‘intérêt donc pour cette histoire, la présence du Predator tenant plus d’un caméo qu’autre chose…
Cet épisode est le seul de l’event à avoir été publié en France, par Semic dans le numéro 4 du magazine Ghost en juin 2000.

Troisième titre Dark Horse à faire partie de cet event, le mystérieux justicier X. Sorte de fusion improbable entre Batman et le Punisher, X est un justicier très violent dont ont ne sait quasiment rien, mise à part qu’il fait la loi dans les rues de la ville d’Arcadia. Alors qu’il lutte contre le crime, X doit malgré lui protéger un agent du gouvernement venu enquêter sur la présence d’un Predator dans la ville, mais les apparences sont parfois trompeuses et X va devoir user de tout son talent de combattant pour empêcher le Predator de faire de sa tête un nouveau trophée…

Des quatre séries impliquées dans cet event, ce chapitre avec X est sans conteste le plus réussi  : Le coté sombre et violent de la série X se prête admirablement bien à l’apparition d’un Predator et de plus, l’histoire, bien que brève, est rudement bien menée et haletante, le point culminant étant le duel final entre X et le Predator, absolument épique. C’est écrit par Steven Grant, dessiné par Christopher Renaud sur une couverture de Frank Miller.
Sans conteste la meilleure histoire de cet event et même si ont ne connait pas l’univers de X, c’est une lecture plus que recommandable.

Dernière série impactée par Hunting the Heroes, Agents of Law, dans son sixième (et dernier) numéro.

Law est une sorte de shérif à super pouvoirs faisant régner la loi à Golden City, une ville utopique créée par la super héroïne Grace. Law a des méthodes disons un peu discutables et particulièrement violentes, ce qui attire l’attention d’un Predator, souhaitant ajouter la tête de ce représentant de l’ordre à son tableau de chasse.
Niveau histoire, on a là encore du classique, à savoir une course poursuite matinée de duels à travers les rues de Golden City, simple certes mais bien plus réussi que la rencontre avec Motorhead. Une histoire simple mais efficace à la conclusion plutôt inattendue SPOILER Il s’agit en effet de la seule victoire d’un Predator durant cet event, une façon à peine déguisée de la part de Dark Horse de se débarrasser d’une série dont le succès ne fut jamais au rendez-vous FIN DU SPOILER.

Hunting The Heroes, The Predators Attack ! Est au final un crossover en forme d’event assez décevant : La plupart des histoires sont de piètre qualité et seuls les chapitres mettant en scène X et Agents of Law valent véritablement le détour. L’aspect expédié et opportuniste certainement dû à la fin de vie de ces séries se fait cruellement sentir et autant être honnête, même pour les fans les plus assidus de l’univers de Predator, ce sont clairement des lectures largement dispensables, exception faite du crossover avec X qui sans être vraiment exceptionnel, est le seul à avoir su véritablement saisir l’esprit des films de la créature extra-terrestre chasseuse de tête.
Je reviendrais plus tard sur l’univers de Predator dans un autre article car c’est véritablement un univers intéressant et complexe mais je voulais quand même parler de cet event, méconnu et par opposition aux livres que je chronique habituellement dans cette rubrique, pas vraiment réussi. Car j’ai beau lire énormément de comics d’horreur – fantastique, je ne lis pas que de la qualité et même en étant fan jusqu’au bout des ongles d’une licence (ce qui est mon cas avec Predator) on ne peut décemment pas dire du bien de quelque chose d’aussi médiocre, même avec la plus grande fan attitude au monde…

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1 : Il faut savoir que l’univers de Aliens Vs Predator est un univers alternatif totalement indépendant des deux autres licences qu’il a uni, il existe donc trois univers distincts : Celui de Alien, celui de Predator et celui de Aliens Vs Predator (souvent abrégé AVP). Je précise également que même si ils reprennent souvent des éléments des films, les comics issues de ces trois licences ne sont pas canoniques aux films et forment une chronologie également indépendante. C’est un peu compliqué mais j’y reviendrai sûrement un des ces quatre.

2 : Elle est l’héroïne d’une trilogie de comics AVP : Une Chasse à l’Homme, War et Troisième Guerre des Mondes, trilogie sur laquelle je reviendrai très certainement un jour.

3 : Il existe également un jeu vidéo du même nom, sorti en 2005 sur PS2 et Xbox n’ayant aucun lien avec la BD.

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GLAAD Awards 2016 : les comics nominés


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Comme chaque année les GLAAD Awards vont récompenser lors de deux cérémonies et dans diverses catégories les œuvres qui ont contribué au mieux la visibilité des LGBT dans les médias.
En ce qui concerne le 7ème art, il sera certainement très difficile de départager Carol, The Danish Girl et Freeheld (on pourrait pas donner une récompense aux 3 ?), et pour ce qui est des séries TV j’espère sincèrement que Sense8 sera récompensé (sinon, je me les coupe).

Mais nous sommes là pour parler comics, et cette année on annonce également du très lourd parmi les nominés :

  • Angela: Queen of Hel de Marguerite Bennett, Kim Jacinto, Israel Silva, Stephanie Hans chez Marvel Comics
  • Harley Quinn d’Amanda Conner, Jimmy Palmiotti, Chad Hardin, John Timms, Jed Dougherty chez DC Comics
  • Lumberjanes de Noelle Stevenson, Shannon Watters, Kat Leyh, Carolyn Nowak, Brooke Allen chez BOOM! Studios
  • Midnighter de Steve Orlando, Aco, Hugh Petrus, Alec Morgan, Stephen Mooney chez DC Comics
  • The Wicked + Divine de Kieron Gillen, Jamie McKelvie, Kate Brown, Tula Lotay chez Image Comics

Que dire de cette sélection ? ET BIEN QU’ELLE EST FICHTREMENT DIFFICILE A DÉPARTAGER !!!

Je trouve que chaque titre (contrairement à certaines années) mérite d’avoir sa place parmi les nominés pour des raisons différentes : Par exemple, c’est dans Harley Quinn que le couple Harley/Ivy est enfin canonisé, pour ce qui est de Midnighter, on retrouve enfin, après notre regrettée Batwoman, un personnage gay qui tient le rôle titre de sa propre série. Angela et Sera n’ont quant à elles absolument pas à rougir de faire partir de cette liste, et pour ce qui est de la série culte de Kieron Gillen et Jamie McKelvie, les références à la culture LGBT sont tellement nombreuses qu’on pourrait y passer la soirée.

Mais si on me demandait qui je souhaiterais voir être récompensé cette année, je persiste et signe, je choisirais encore Lumberjanes.
Car même si la série est depuis peu un poil moins intéressante de ce qu’elle fut par le passé, elle est la seule parmi tous ces titres à être destinée à un jeune public. Elle est la seule qui puisse amener un jeune LGBT à se dire « Hey, je ne suis pas tout seul. Molly, Mal et Jo sont comme moi, elles me ressemblent, elle sont heureuses comme elles sont, et elles sont hyper cool, bordel ». Elle est aussi la seule à faire passer un vrai message de tolérance auprès de jeunes lecteurs hétéros.
Les comics sont certes en premier lieu un divertissement, mais si ils peuvent montrer une voie, ou un quelconque espoir auprès d’un certain lectorat grâce à des messages ou des représentations positives, c’est en ça que cette récompense prend toute sa valeur.

Friendship to the max.

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Créatures célestes


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Intrigantes, envoûtantes, charnelles et vengeresses, les héroïnes d’InSEXts la prometteuse série du nouvel éditeur Aftershock Comics, avaient su séduire l’imperturbable Julien, qui pour honorer leurs premiers battements d’ailes le mois dernier, nous avait offert une review tout en style et lyrisme.

Ce premier numéro fut également pour moi un véritable enchantement, liant avec parcimonie, une certaine audace, et surtout une grande élégance des préceptes me rappelant avec délectation mon affect pour le cinéma de Jean Rollin des années 70 ainsi que le court-métrage Sick Girl de Lucky McKee diffusé dans la série Les Maîtres de l’horreur il y a une dizaine d’années.
Érotisme, fantastique et romantisme d’une autre époque, InSEXts avait décidément tout pour me plaire, et ce premier opus aurait d’ailleurs très bien pu se clore sans que l’on en exige une suite, tout en rejoignant pourquoi pas un recueil de récits publiés du style Eerie ou Creepy. Il n’en est rien, InSEXts est une série à part entière et ce second volet nous montre très bien qu’elle est prête à nous réserver de nombreuses surprises et nous emmener très loin (du moins, on l’espère).

Le mari de Lady Bertram ayant « disparu » depuis six mois, celle-ci file désormais le parfait amour avec Mariah (et leur fils engendré de manière assez particulière dans le numéro précédent, c’est vrai que c’est plutôt efficace, je n’y avais pas pensé à l’époque…), avec le soutien et la discrétion de ses domestiques, tout en essayant de se défaire de quelques prétendants hypnotisés par sa beauté et son aura surnaturelles, tels des insectes attirés par la lumière.
L’aristocrate a du reste encore du mal à contrôler ses pouvoirs légués par sa compagne, et laisse parfois exprimer sa bestialité non sans violence et monstruosité. Mais Mariah n’est jamais très loin, protégeant son amante telle une chrysalide dans son état transitoire.

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C’est pourtant une menace bien plus insidieuse que les deux femmes vont devoir faire face, alors qu’arrivent en ville le frère du défunt mari et son épouse, pleinement déterminés à récupérer l’immense fortune laissée aux mains des deux lady, sans oublier l’intrusion d’une créature bien connue du folklore et de la littérature fantastique dont on ignore encore tout. Dans cette série, le Mal a donc de nombreux visages, qu’il soit incarné par nos deux héroïnes, le milieu dans lequel elles évoluent, ou les périls qu’elles vont devoir affronter.

Ce second volet d’InSEXts réussit donc encore à nous séduire sans aucun problème grâce à une atmosphère à la fois sensuelle, violente et vaporeuse. Ariela Kristantina (qui laisse exprimer tout ton talent sur ses couvertures extraordinaires) et Marguerite Bennett (que l’on sent totalement libre et sans compromis dans son approche de la sensualité et de l’horreur), nous offrent ici une très belle série qui démarre de manière totalement jouissive, pour peu qu’on aime ce mélange des genres, digne de la série Penny Dreadful.

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En attendant Batwoman


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Difficile de ne pas résister à la tentation de regarder les 5 premières minutes de Batman : Bad Blood, surtout lorsque que l’on s’aperçoit au fur et à mesure de ce long extrait qu’il est essentiellement centré sur notre Déesse de Rouge et de Noir.
Batwoman virevoltant et se battant avec rage contre la vermine de Gotham, cela fait tellement longtemps que je n’avais pas vu ça que j’en ai les larmes aux yeux, les quelques scènes que je viens de voir me rappellent en effet avec beaucoup d’émotion les meilleurs moments de notre héroïne à ses tout débuts dans la série 52.

Batman Bad Blood

Même si elle n’est pas exempte de petits défauts, quelle belle introduction et mise en avant de ce personnage pour ceux (nombreux) qui ne la connaissent pas encore.
J’avais presque oublié cette sensation, ce frémissement le long de ma colonne vertébrale à chacune de ses meilleures apparitions (illustrées pour la plupart par J.H. Williams III), ces premières images de Batman : Bad Blood viennent de me donner un sacré coup de fouet et me laissent envisager un avenir encore incertain mais prometteur à son encontre.

Le film sort aujourd’hui en  Digital HD et le 2 février en Blu-ray et DVD.

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Spider-Gwen : la review de Julien Lordinator


Rapide review : Spider-Gwen Tome 1

 

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Spider-Gwen c’est un peu la série qui a fait le buzz avant même la sortie de son premier numéro et c’est surtout une grosse réussite niveau communication de la part de Marvel : A la base juste un épisode spécial (publié en France dans le magazine Spider-Man Universe numéro 14), Spider-Gwen a réussi à se tailler un énorme capital sympathie auprès des lecteurs et visiblement des cosplayeuses (je n’invente rien, c’est écrit dans la préface de cette édition reliée) faisant de ce personnage un phénomène à partir d’un simple one-shot. Conscient de l’aubaine, Marvel annonça vite une série régulière basée sur le personnage et c’est donc de celle-ci dont je vais vous parler (rapidement) aujourd’hui, à l’occasion de sa publication en français chez Panini.

Un personnage qui doit sa renommée à une avalanche de cosplays ? Connaissant mon aversion pour les costumes en lycra, carton et papier crépon bariolés de peinture à l’eau, très honnêtement, ça commence mal pour cette pauvre Gwen… Mais je sais être objectif quand même.

«  Yeah, I knew I hit the edge when I saw the Spider  !
Blaze they gaze, Amaze at the  razor

Stranlehold L-O-V-E laze or Power Breakdown
Get on it !!! Stateside crazy Get wit’ it !!

Sista told ya, you  ain’t nothin’

Yeah – Yeah – Yeah (Yeah)   »

White Zombie – Spiderbaby (Yeah-Yeah-Yeah) – La Sexorcisto- 1992

2Spider-Gwen c’est donc à la base un simple one-shot issu de l’event Spider-Verse. Spider-Verse c’est quoi ? C’est un arc de la série Spider-Man durant lequel toutes les versions de tous les Spider-Men (comics, mais aussi dessin animé etc.) se rencontraient. C’est en résumé un peu une sorte de Crisis on Infinite Earths, mais uniquement centré sur Spider-Man quoi… Et donc parmi toutes ces versions de Spider-Man venues de dimensions parallèles, il y a Spider-Gwen (enfin Spider-Woman dans son univers) dont l’histoire alternative est simple : Et si en lieu et place de Peter Parker, c’était Gwen Stacy qui avait été mordue par la fameuse araignée radioactive ?
Le one-shot établissait les bases : La mort de Peter Parker [SPOILER] qui se transforme en lézard en tentant de renouveler l’expérience de l’araignée [FIN DU SPOILER], la nouvelle dynamique du personnage de Gwen, qui de petite amie passe à celui de super héroïne solitaire, mais aussi son entourage : Les époux Parker, le capitaine Stacy, J. Jonah Jameson (qui est resté lui-même…) etc.
D’autres personnages sont également de la partie, Mary Jane Watson, le Caïd, fidèle à lui-même ou encore un Franck Castle… Lui aussi pas tellement différent en fait. Certes Gwen est donc Spider-Woman, mais dans le fond l’esprit des séries Spider-Man habituelles est bien là… Et c’est là pour moi le plus gros problème.

3En effet Gwen Stacy a beau être Spider-Woman, on se retrouve avec une énième version alternative de Spider-Man sans grande originalité : La dynamique du personnage et ses problèmes sont les mêmes que son homologue masculin et malgré quelques menues différences, on est manifestement en terrain connu et les similitudes deviennent rapidement (trop ?) évidentes pour donner assez de fraîcheur à un titre qui pourtant semblait être taillé pour en proposer.
De plus, on sent bien le poids du one-shot publié précédemment qui ne laisse pas grand chose au scénariste Jason Latour pour correctement élaborer une base suffisante pour rendre la série de prime abord intéressante : Par exemple, une dynamique Peter/Gwen aurait put être une base intéressante mais privée de ça (et de beaucoup d’autres choses), la série se retrouve handicapée et on sent bien une difficulté pour le scénariste d’élaborer un contexte intéressant avec des personnages que l’on est plus habitué à voir comme secondaires. Le plus gros défaut est sans conteste la présence d’une Némésis pas vraiment convaincante pour notre héroïne.
Néanmoins, quand on y regarde de plus près, tout ça reste un avantage pour Latour : A la base juste des personnages secondaires, il lui reste donc tout le loisir et l’occasion de broder autour d’eux un univers vraiment original, wait & see comme disent nos amis d’outre atlantique…

4Niveau dessin c’est par contre une belle réussite de la part de Robbi Rodriguez car si niveau scénario Spider-Gwen peine un peu, la fraîcheur et le dynamisme du trait de l’artiste texan rend justice au personnage et j’avoue avoir été assez admiratif de certaines planches, à la mise en page très inspirée par le style manga qui du coup dessert bien le personnage, son esprit et son univers jeune et « cool ». Je ne connaissais pas cet artiste et j’avoue avoir été agréablement surpris.

Donc pour finir, Spider-Gwen a peiné à me convaincre : L’histoire manque cruellement d’originalité, les personnages secondaires de consistance, et on sent bien que le scénariste a un peu de mal à établir un univers cohérent et dynamique autour de son personnage. Néanmoins je reste curieux et j’attends de voir la suite pour vraiment me faire une idée sur cette série.

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Spider-Gwen tome 1, disponible depuis le 6 janvier 2016 en France chez Panini Comics.

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Station To Station


Avant de connaitre David Bowie, j’étais une coquille vide.

Ma première véritable rencontre avec lui (je parle d’une vraie rencontre, pas d’un tube reconnu à la radio) date de 1992, je venais de rentrer au lycée et j’étais loin de m’imaginer à quel point David Jones allait me suivre et me poursuivre, parfois contre mon gré, moi et mon petit cheminement intérieur.
Ce fut tout d’abord grâce à ma meilleure amie de l’époque (une grande amie, le genre d’amie que l’on a qu’une seule fois dans sa vie, je pourrais même peut-être dire qu’elle est ma Francine) et l’album Lodger, certainement pas reconnu pour être le plus accessible, mais peu importe. African Night Flight c’était ce grand n’importe quoi auditif que j’écoutais sur mon baladeur cassette en pleine obscurité au milieu de la nuit, c’était un morceau à la fois terrifiant et tellement riche en informations, j’avais l’impression d’avoir à la fois tout compris, et d’être en même temps passée totalement à côté de la plaque.
Juste après Pink Floyd quelques mois auparavant (que j’avais découvert cette fois-ci grâce à un garçon très roux, plein d’esprit, respectueux, et âgé de plus de 4 ans), de nouveaux horizons s’offraient à moi, comme si tout d’un coup, tout devenait limpide, évident, comme un appel vers ce que j’étais amenée à devenir, une vraie personne, qui devrait passer par des chemins sinueux voire douloureux pour assumer et faire comprendre, plutôt que d’imposer, son identité sexuelle.

Car si la vie est un labyrinthe, David Bowie en est la clé.

J’aurais été amenée à recroiser véritablement le chemin de David Bowie, sans véritablement le quitter, deux fois de plus dans ma piètre existence de façon vraiment significative, grâce encore une fois à deux personnes chères à mon cœur qui m’auront fait avancer et ouvrir les yeux.
Figure emblématique totale et sans équivoque de l’iconographie Queer, Bowie a toujours été pour moi un refuge intemporel, lorsque le doute ou l’incompréhension osait faire barrage, il savait refaire surface comme une évidence avec autant de sons et d’images que j’aurais pu l’espérer.

Sa disparition est d’autant plus cruelle pour moi, tout en se noyant dans la tristesse et l’émoi de nombreux fans qui pleurent son départ, que son empreinte sur la culture LGBT reste (et restera) inégalée. En ce sens Bowie est ce Héros de la pop culture, le mien en tout cas, tel un astronaute qui je l’espère aura trouvé sa place sur une très belle étoile.

Bon vent, Mr Bowie, qu’il soit aussi fougueux et rebelle que ce qu’a pu être votre existence, merci d’avoir partager la mienne autant sur le point auditif qu’existentiel… Je sais très bien que ne serai pas grand chose sans vous.

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