L’ange de National City


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Review garantie sans spoilers, ou balancez moi dans la Zone Fantôme !

Laissez-moi tout d’abord vous dire que je ne crois pas en cette histoire de fuite. Franchement, comme si la chaîne CBS allait laisser filer comme ça le pilote d’une de ses séries les plus attendues de la rentrée prochaine sans arrière pensée…
Il m’est plus d’avis que les réactions très partagées suite à la diffusion du long trailer de 6 minutes ont fait réagir la chaîne, préférant « sacrifier » son pilote et prendre la température afin de réajuster ce qui doit l’être, comme ce fut le cas avec CW et son premier épisode de Flash l’année dernière.
Il n’en reste pas moins que l’accès inopiné à 46 minutes de Supergirl 6 mois avant sa diffusion officielle a de quoi faire peur, ai-je pour ma part eu raison de craquer ? La réponse est oui, oui, et encore oui.

Pour ceux qui ont vu ce fameux trailer et qui ont tremblé des genoux en s’offusquant de la tournure passablement « girly » que semblait prendre la série, rassurez-vous, tout était bel et bien condensé dans ce premier aperçu, celui-ci s’avère être d’ailleurs un bon résumé du pilote, donc si il ne vous a pas plu je ne peux malheureusement rien pour vous.
Cet épisode se révèle pourtant bien plus riche et dramatique que ce que l’on a pu voir précédemment, en mettant notamment l’accent sur les origines de l’héroïne (passage obligé pour un pilote me direz-vous), ainsi que la relation, très forte, qu’elle partage avec Alex, sa sœur adoptive.
Kara a beau être une héroïne surpuissante, Melissa Benoist parvient (non sans humour parfois) à faire ressortir sa fragilité et ses hésitations, à l’image d’un Grant Gustin incarnant le bolide écarlate, on trouvera d’ailleurs certaines similitudes entre les deux séries de part leur construction scénaristique et leur légèreté plus que bienvenue.

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Supergirl prend des coups, tombe, se relève, évite le crash d’un avion et se prend un 36 tonnes en pleine poire, les scènes d’action bien que maîtrisées sont pourtant parfois limites au niveau des effets spéciaux comme on pouvait s’en douter, mais ne gâchent en rien le spectacle. Si CBS doit remanier quelque chose dans les 6 mois à venir, je pencherai plutôt de ce côté là, bien qu’ici encore nous restons dans la même moyenne qu’un Flash ou un Arrow, j’aurais seulement souhaité que le rendu soit encore meilleur.

Quant à l’intrigue, elle ouvre des possibilité très TRES intéressantes, que ce soit au sein de l’organisation qui chapeaute notre héroïne, que dans un contexte beaucoup plus vaste, le « grand méchant » de la saison qui nous est présenté étant particulièrement séduisant.
Et cerise sur le gâteau, ce pilote de Supergirl évite donc pas mal de clichés quand on y pense, elle ne tombe même pas éperdument amoureuse du prince charmant dès le premier épisode ! Au contraire notre héroïne interagit avec ses partenaires masculins d’une façon assez drôle, comme si Willow Rosenberg se retrouvait enfermée dans le corps de Buffy Summers. On pense inévitablement à Loïs & Clark en regardant cet épisode, et pour moi c’est une très bonne référence.

Awesome

Sans être parfait (ce qui est, ma foi, une bonne chose, ça me permet de penser que ça va aller crescendo) ce premier épisode de Supergirl est néanmoins déjà rempli de promesses, ses acteurs sont tout à fait crédibles et à ce sujet d’ailleurs, le trailer de 6 minutes ne rendait absolument pas hommage à Calista Flockhart qui incarne Cat Grant, un personnage que l’on aimera détester mais qui s’avérera j’en suis sure être bien plus profond qu’il n’y parait de prime abord.
Le pilote d’une série est un exercice difficile où l’on doit présenter en un temps très court à la fois les origines du héros, ses motivations, et dans quelle trame plus large il va évoluer tout au long de la saison. Ces trois facteurs sont ici bel et bien présents, le tout enveloppé dans un bel écrin d’action, d’humour, et d’émotion… Bon ok, je crois que je vais aller me le revoir une troisième fois, c’est pas comme si j’avais attendu ça presque toute ma vie.

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Jem and The Holograms #3 : la preview


Pas plus tard que la semaine dernière, nous avons pu découvrir sous nous yeux ébahis (ou horrifiés, c’est selon votre capacité à encaisser le fait qu’on ose passer un souvenir de votre enfance au motoculteur) la première bande annonce de l’adaptation ciné de Jem and The Holograms, réalisé par Jon M. Chu, responsable de 2 documentaires sur Justin Bieber, 2 Sexy Dance et 1 G.I. Joe Conspiration (miam !)
Je suis la première à dire qu’il ne faut pas juger un livre sur sa couverture, le verdict est tout de même des plus accablants à la vision de ce trailer, le film a l’air de ressembler à tout sauf à la Jem qui faisait notre bonheur dans les années 80. En effet, comment ne pas s’interroger (car c’est le genre de questions vitales extrêmement importantes que nous sommes tous amenés à nous poser au moins une fois dans notre vie) sur l’absence de Synergy (Showtime ! Oups, désolée) et des Misfits, éléments fondamentaux de la série. Pour résumer : Mais qu’est-ce que c’est que ce machin !
Suite aux réactions plus que négatives de la part des fans, Stefanie Scott qui incarne le personnage de Kimber dans le film a déclaré qu’il fallait vraiment voir le film en entier pour vraiment comprendre le message qu’il voulait faire passer, et ne pas se fier à une seule bande annonce. Certes, la jeune femme marque un point, mais présenter une licence amputée de la sorte n’engage rien de bon, imaginez par exemple un trailer des Tortues Ninja où l’on n’en verrait que 2, ou même 3  sur 4… ce serait considéré comme une véritable hérésie.
Il faudra attendre le 13 avril 2016 (!) pour se faire un ulcère une idée, d’ici là, la trame du titre littéralement transportée par Sophie Campbell et Kelly Thompson aura bien avancé, avec on l’espère un  heureux dénouement sur les difficultés rencontrées par Kimber et Stormer les Romeo et Juliette de la scène musicale, car comme le dit si bien notre chanteuse préférée, I believe in happy endings

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Bordeaux Geek Festival : Year One


Entree

Je me suis rendue cette semaine au Bordeaux Geek Festival, un nouveau rendez-vous plein de promesses dédiée à la culture Geek sous toutes ses formes (jeux vidéo et retro gaming, cosplay, science fiction et fantastique, robotique et High Tech, comics, cinéma et séries TV…), accompagnée de mon Sidekick, car je tenais beaucoup à ce que pour une fois, il puisse participer pleinement à ce genre de manifestation avec moi.
C’est donc dans un esprit très décontracté que nous avons profité de cet événement, à taille humaine, mais qui a tout de même su réunir près de 20.000 visiteurs en 4 jours, ce qui est déjà très encourageant pour la suite. Car le BGF est une manifestation qui ne cache pas ses grandes ambitions, organisée par l’association Mandora déjà responsable du Festival Animasia, qui a déjà fait ses preuves depuis de nombreuses années.

Nous avons donc eu le grand plaisir de passer pas mal de temps sur le stand de Cap Sciences où l’on pouvait expérimenter l’Oculus Rift et sa réalité virtuelle totalement immersive, voir évoluer plusieurs imprimantes 3D, et participer à un match de foot intense aux commandes de robots araignées.
Un atelier Pixel Art (dont le principe est de composer une oeuvre à partir de perles qui sont ensuite chauffées au fer à repasser pour ne constituer qu’un ensemble rigide) était également présent et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on y a passé un sacré bon moment ! Cette animation était d’autant plus sympathique que l’on pouvait repartir avec son travail, le prix étant totalement libre.
Outre les nombreux stands consacrés au jeux vidéo où les visiteurs pouvaient se mesurer entre eux sur tout un tas de licences, de superbes expositions étaient également présentes, comme celle consacrée aux 75 ans de Batman, montée par French Paper Art Club et intitulée One Year of Batman, réunissant de superbes sérigraphies dont les auteurs ne vous seront pas inconnus : M. Garcin, Guillaume Singelin, Stan Sakaï, Dustin Nguyen, Paul Pope…
Une seconde expo, elle aussi de toute beauté et cette fois-ci consacrée aux produits dérivés issus de différents succès cinématographiques (Aliens, Stargate, Star Wars, Avengers, Indiana Jones…) était proposée par Proder Expo.
La maison d’édition bordelaise Akileos (qui publie notamment Queen & Country et Courtney Crumrin) était de la partie, et je n’ai pas pu m’empêcher d’aller faire un tour sur le stand des amis de Geek Inc, la célèbre équipe de podcasteurs qui avait tout simplement réussi à décorer leur stand d’une DeLorean

Le Bordeaux Geek Festival ne se résumait bien évidemment pas à ces quelques animations, mais ces exemples présentent assez bien je crois la diversité que l’on pouvait trouver au sein de ce tout nouveau rendez-vous consacrée à la culture Geek, cette première édition ayant déjà été très solide, je ne me fais aucune inquiétude quant à la qualité de la seconde.

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Vous pouvez répéter la Question ?


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L’event Convergence est le petit cadeau empoisonné de la part de DC Comics permettant à ses lecteurs, le temps de quelques numéros (et de leur transfert de New York à Burbank), de retrouver « l’ambiance » et l’aura des titres publiés avant le rebaunch (ah ça faisait longtemps qu’on l’avait pas vu celui là !) des New 52 en septembre 2011. Le principe est des plus simples, faire interagir les personnages issus des différentes périodes de l’éditeur, de Flashpoint à Zero Hour en passant par le cultissime Crisis on Infinite Earths.
Quand je dis cadeau empoisonné c’est qu’en ce qui me concerne, j’ai la très grande joie de retrouver Stephanie Brown aux côtés de Cassandra Cain (dans Convergence : Batgirl), Oracle sous la plume de Gail Simone (Convergence : Nightwing and Oracle), la version la plus WTF de Supergirl (Convergence : Supergirl Matrix) sans oublier les New Teen Titans (ah… quel bonheur de revoir enfin Donna Troy), Wonder Woman sans les Finch (mais je me console déjà avec sa série hebdomadaire, un peu bonheur), Catwoman… mais tout ça, ça ne dure qu’un temps, c’est à dire en moyenne l’espace de deux numéros, engendrant bien évidemment la plus grande des frustrations même si certains titres ne vont finalement pas rester dans les annales d’après ce que j’ai pu comprendre.

Il en est pourtant un, de titre, qui a non seulement la particularité de réunir l’un des tandems les plus excitants de ces dernières années appartenant à l’univers de Gotham mais qui est, cerise sur le gâteau, également écrit par le scénariste qui a façonné les meilleures histoires les concernant. Ce titre c’est Convergence : The Question, où Greg Rucka revient après de nombreuses années d’absence chez DC pour renouer enfin avec ses « filles », Renee Montoya alias The Question, et Batwoman, sans oublier Huntress qui accompagne l’ancien couple avec tout le charisme qu’on lui connait.

Convergence : The Question fait directement référence à la série Gotham Central, où Rucka avait développé avec brio le personnage de Renee, de ses rapports difficiles avec ses parents dû à son homosexualité en passant par le duel psychologique que lui inflige Double-Face, jusqu’à sa relation avec Kate Kane/Batwoman qui elle, est retracée dans l’excellente série 52 (mais si vous êtes un ou une habituée de ce blog, je suis persuadée que vous connaissez toutes ces histoires sur le bout des doigts !).

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Dans ce titre constitué seulement de deux numéros, nous retrouvons Renee Montoya quasiment au même stade que nous l’avions laissée… il y a cinq ans. Incarnant toujours The Question, elle fait désormais équipe avec Huntress (elles sont même colocataires) et doit faire face aux conséquences liées à la présence du dôme qui a transformé Gotham une nouvelle fois en un no man’s land. La loi du plus fort est de mise, la peur à chaque coin de rue. Mais ce qui affecte le plus notre héroïne, c’est que son père gravement malade est sur le point de mourir, alité dans une chambre de l’hôpital Saint Luke.
Totalement impuissante, elle peut néanmoins compter sur le soutien affectif d’Helena ainsi que celui plus torturé et ambigu de Double-Face qui, dans sa quête de rédemption lui permet d’approvisionner l’hôpital en doses de morphine, denrée extrêmement rare et sujette au marché noir.
Car au même titre que son héroïne, Greg Rucka n’omet pas, principalement dans le premier numéro, de mettre en valeur la complexité psychologique du personnage de Double-Face, constamment sur le point de sombrer dans la folie (si ce n’est pas déjà fait) et qui ne doit son salut qu’à la présence bienveillante de Renee.
Le lecteur habitué à cet univers prendra énormément de plaisir de retrouver ces protagonistes, dans un contexte différent mais pourtant si familier. Et la construction des deux numéros est d’autant plus impressionnante que l’on sait que les pages sont limités, le scénariste arrive avec la maestria qu’on lui connait de jongler avec l’introspection de Renee, la démence de Double-Face, la répartie réjouissante de Huntress et… la présence toujours aussi majestueuse de Batwoman, qui vient en renfort dans le second numéro.

Rivals

L’occasion était trop belle pour Rucka de ne pas revenir sur une pièce maîtresse de la mythologie de ses deux héroïnes, leur relation amoureuse faite de drames et de tensions, et qui se révèle d’ailleurs être l’une des plus vibrantes de tout le DC-verse.
A partir de ce moment, les échanges entre les trois vigilantes ne sont que pur bonheur, on sent que Rucka se fait autant plaisir à lui qu’à nous, et retrouve avec une aisance déconcertante la maîtrise de ses personnages, comme si il ne les avait jamais laissé. Et la frustration est d’autant plus grande, car plus on tourne les pages de Convergence : The Question, plus celle-ci pose le quand de leur prochaine rencontre. En effet tous les ingrédients sont placés pour qu’une série sur le long terme avec ces trois là soit envisageable, et l’amertume se niche quand on se doute que cela n’arrivera probablement jamais.

Le pire, c’est que l’on se se met à rêver du succès d’une telle entreprise, qui plus est avec la présence du dessinateur Cully Hamner, partenaire de Rucka sur les back-up de The Question dans Detective Comics #854 à 865 où elle faisait déjà équipe avec une certaine Helena Bertinelli. C’est dire que ce Convergence : The Question a des airs de retrouvailles en famille.

Jealous

Je n’ai pas lu tous les titres Convergence, mais j’ai entendu dire à plusieurs reprises que celui-ci était le meilleur d’entre tous. La fangirl que je suis répondra du tac au tac « c’est tout à fait normal, vu qu’il est muni du combo de la mort : Batwoman/Renee/Rucka », mais le plus évident je crois, c’est qu’il est en fin de compte le plus sincère, là où toutes les autres mini-séries sont axées principalement sur de l’action pure et des enjeux qui nous dépassent, Convergence : The Question s’attache à mettre en valeur les rapports humains, qu’ils soient familiaux, amicaux ou amoureux, c’était à peu près ça, ce que l’on pouvait lire chez DC Comics lors de la période pré-New 52.

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Up Up and Away


Nuffsaid

J’ai 10 ans. Je me tiens sur le seuil de la cuisine les points fermés, regardant ma mère occupée à faire la vaisselle, sa silhouette est éclairée par la fenêtre qui donne sur notre jardin, un beau jardin où j’ai passé des heures sans fin à rêver que j’étais elle…
Je ne savais pas comment lui annoncer. Je me disais que comme elle m’aimait, elle comprendrait forcément. C’est alors qu’avec la plus grande des angoisses et des craintes qu’une petite fille puisse ressentir comme si elle allait tomber dans le vide, je lui avouais mon grand secret.

« Maman » lui dis-je, « je sais ce que je rêve de faire quand je serais plus grande. Je crois que je veux devenir Supergirl » .
A ma très grande surprise (sans parler de ma profonde déception), sa réaction ne fut pas celle que j’attendais, et mon cœur de petite illuminée fut tellement meurtri que je n’eu jamais le courage de lui avouer plus tard mon homosexualité, jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

Stand up

Supergirl a toujours été pour moi cette héroïne de l’impossible. Enfant, je me voyais m’élever dans les airs, sentir la chaleur du soleil sur mes joues, laisser filer le vent entre mes doigts… Je me pensais capable de soulever un bus pour sauver l’ami coincé en dessous, et par dessus tout, je me croyais positivement libre. Quel enfant à un moment donné ou un autre n’a t-il pas rêvé de l’être ?

Mais dans la réalité la fille de Krypton n’a pourtant jamais été une femme libre. Créée une poignée d’années après le Comic Code, son rôle était de représenter l’adolescente parfaite, la petite fiancée de l’Amérique toujours surveillée par la figure paternaliste de son cousin afin de devenir un modèle de vertu et d’héroïsme pour les jeunes lectrices de l’époque. Malgré la grandeur et la puissance de ses pouvoirs, ses aventures resteront centrées sur des bluettes sans grand intérêt (hormis peut-être pour Comet, car là il y a quand même du niveau), car contrairement à l’idée de ce que je me faisais d’elle, il n’a jamais été question que Supergirl soit l’héroïne où tous les espoirs pouvaient être permis.
De son sacrifice ultime dans Crisis on Infinite Earths à ses multiples (ré)incarnations, être une fan de Supergirl n’est pas chose aisée loin de là.

Supergirl Fly

A l’annonce de la série prévue sur CBS, mon sang n’a fait qu’un tour. J’ai senti le soleil sur mes joues, et le vent filer entre mes doigts. Je n’en n’ai pas trop fait allusion ici à part un ou deux billets car je n’aurais pas survécu à un second échec après le fiasco Wonder Woman. Et plus l’approche de ce trailer se manifestait, plus je n’osais croire à ce que j’ai vu hier soir.

Première chose, oui Melissa Benoist est Kara. Plus je la vois et contre toute attente (et mes premiers doutes), son joli minois et sa fraîcheur l’emportent sur tout le reste. Seconde chose, l’aspect « Girly » du trailer a pu en rebuter plus d’un (et d’une), et très sincèrement, je les comprends, mais tout le monde sait que l’on peut faire n’importe quoi en montant quelques scènes sur une musique un peu branchouille, le but ici est de séduire le plus grand monde, les femmes autant que les hommes, si un montage ciblé peut permettre à Supergirl de passer le cap de la demi saison, sans réellement savoir si au final l’esprit de la série ira entièrement dans ce sens, mais moi je dis oui sans problème, bordel de merde.
Quand bien même, il s’agit rappelons-le d’une série sur une jeune femme « solaire », Kara est un personnage qui est tout sauf grim and gritty, pour ceux qui pensaient voir la suite de Daredevil, ça va pas du tout les enfants.
Troisième détail, de quoi parlons-nous vraiment au juste, qu’est-ce qui est VRAIMENT important ? Des 3 minutes pour midinette (que l’on retrouve également dans Flash et Arrow soit dit en passant) inévitables, ou bien des scènes où l’on voit Supergirl être enfin libre à la télévision ?

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Oui, c’est bien ce qu’il me semblait.

La scène la plus emblématique pour moi dans ce trailer est justement le passage où « Kara la soumise » prend son envol dans la nuit afin de sauver sa sœur adoptive et ainsi devenir Supergirl à jamais. Quant aux autres scènes où elle apparaît, je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée émue pour la série Loïs & Clark qui a certes bien vieilli mais qui en son temps était vraiment parfaite.
Et à vrai dire, je n’ose même pas imaginer tout le potentiel que cette série puisse amener, ouvrant si il le faut la voie sur d’autres projets  aussi ambitieux pour nos super héroïnes.  Y a t-il vraiment de quoi se plaindre à ce sujet ?

Et pour montrer qu’on peut tout faire avec un montage, je vous laisse le nouveau trailer qui a été mis en ligne et subitement effacé, mais que j’ai réussi à récupérer car moi aussi, je viens de Krypton.

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Les jeudis de l’angoisse (des comics) #7


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Le Secret

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Comme vous avez dû le constater si vous suivez religieusement ma rubrique mensuelle, les comics d’horreur et les styles qu’ils abordent sont assez vastes, quasiment autant que le média inventé par les frères Lumière qui leur sert souvent d’inspiration. Mais certains styles de films d’horreur semblent au premier abord assez difficiles à transposer en bandes dessinées, notamment le style dit du Survival.
Surtout basé sur une situation d’oppression, souvent malsaine, et d’empathie envers les malheureuses victimes, le survival est un style déjà en soit assez compliqué à rendre crédible au cinéma, demandant notamment un talent très prononcé à l’ensemble de l’équipe du film, notamment les acteurs dont l’implication doit être totale sous peine de perdre la crédibilité essentielle à ce genre de film.

3Autant être franc, je n’ai pour le moment jamais lu de comics de type survival qui ai réussi à me faire ressentir le malaise que j’ai ressenti en regardant certains ténors du genre (films dont je vais rapidement revenir plus bas) et je ne pense pas que se soit possible, le style visuel et la violence très graphiquement réalistes et psychologiques de ce style ne me paraissant pas vraiment se prêter aux codes inhérents du genre comics.
Et si le seul moyen d’y arriver était de prendre le même style d’histoire, mais de l’aborder différemment ? C’est ce que l’on est tenté de se dire après la lecture de Le Secret, tant on se retrouve là avec une pure histoire de type survival, sans jamais en voir un seul des poncifs. Comment c’est possible, vous le saurez en continuant à lire mais en avant cela, depuis le début de ce modeste article, vous me voyez écrire survival par-ci par-là, mais du coup, un film d’horreur de type survival, c’est quoi  ?

Je ne vais pas m’étendre sur la longue histoire de ce type de films au risque de faire un historique trop ou pas assez exhaustif, mais plutôt citer et décrire certains films emblématiques de ce style,  afin que ceux qui ne connaissent pas (ou ne croient pas connaître) ce genre, se fassent rapidement une idée de ce dont on parle car je suis quasiment sûr que la plupart des lecteurs ont vu un ou plusieurs des films dont je vais parler.
L’un des premiers et des plus populaires films de ce genre est Massacre à la Tronçonneuse (Tobe Hooper, 1974) car ce film aura un succès mondial, sera très controversé (1) et va poser les bases de ce qu’est un survival : Des victimes prises au piège, et/ou séquestrées par un ou plusieurs individus très mal-intentionnés qui vont leur faire subir les pires atrocités. Certains argueront que Délivrance (John Boorman, 1972) posa en premier les bases du survival, mais en ce qui me concerne, Délivrance est plus un thriller psychologique qu’un véritable film d’horreur. L’autre survival notable de cette époque sera La Colline à des Yeux (Wes Craven, 1977) et ses cannibales issus d’essais nucléaires (2).


Bande annonce originale de Massacre à la Tronçonneuse


Bande annonce original de La Colline a des yeux

Le survival va ensuite s’ouvrir à de nouvelles possibilités, notamment en incluant de la science-fiction comme dans The Thing (John Carpenter, 1982) ou Predator (John McTiernan, 1987) ou même du surnaturel comme dans La Maison de Cire (Jaumet Collet-Serra, 2005) ou le parodique La Maison des 1000 Morts (Rob Zombie, 2003). Un nouveau palier dans l’horreur sera franchi avec l’ajout d’une violence extrême avec le sous-genre dit de Torture-Porn, créé en 2005 par le réalisateur Eli Roth et son insoutenable Hostel.
Mais nous allons éviter de nous égarer dans les sous-genres et rester dans le style de base, à savoir celui introduit par Massacre à la Tronçonneuse.

Le survival est donc un genre de film bien établi, avec ses codes et ses passages obligés : Les psychopathes peuvent être de nature différente, des rednecks comme dans Massacre à la Tronçonneuse ou les éprouvants Eden Lake (James Watkins, 2008) et Wolf Creek (Greg McLean, 2006), des docteurs timbrés comme dans le gerbant The Human Centipede (Tom Six, 2010) ou bien des hommes des cavernes primitifs comme vu dans The Descent (Neil Marshall, 2005), leur but reste le même : En faire baver à de malheureuses victimes jusqu’à les pousser dans leurs derniers retranchements. Le survival a donc, comme je l’ai annoncé plus haut ses passages obligés, notamment des courses-poursuites entre le grand méchant de service et la malheureuse victime qui tente de s’échapper, le discours du psychopathe ou la scène de tension durant laquelle le dingue torture l’une de ses victimes sous les yeux d’une autre.

Autant être franc, ce type de films d’horreur réussi rarement à faire dans l’originalité et la plupart se ressemble, mais leur aspect émotionnel et psychologique assez intense réussi néanmoins à en faire un genre à part, toujours autant plébiscité et efficace et ce, presque quarante ans après le premier Massacre à la Tronçonneuse.

Maintenant que je vous ai exposé ce qu’était à peu de chose près un « Vrai » survival, revenons à nos moutons et à la bande dessinée du mois, à savoir Le Secret de Mike Richardson et Jason Shawn Alexander, publié en 2007 chez Dark Horse aux États-Unis et Urban Comics en France dans leur collection Indies en 2013.

2Le Secret commence par une fête entre jeunes et durant la soirée les insouciants vont s’adonner à un jeu particulièrement stupide consistant à appeler un numéro au hasard, à juste dire « Je connais ton secret » et donner rendez-vous à la victime du canular pour se foutre de sa poire. Après une bonne partie de rigolade, c’est au tour de la jeune Pam de s’adonner à ce petit jeu mais après avoir composé le numéro, personne ne répond, ne laissant entendre qu’un bruit de respiration très fort et une télévision hurlant le journal télévisé… Pam fini quand même par dire la fameuse phrase pour qu’une voix caverneuse lui réponde en lui demandant comment elle connaît son secret. Stupéfaction dans l’assemblé, mais Pam donne quand même rendez-vous à l’inconnu et en compagnie de quelques amis et de son petit copain Tommy, se rend sur les lieux. Peu après leur arrivée, un immense camion se gare et l’imposante silhouette d’un homme vêtu d’un manteau à capuche en descend. Impressionnés par l’inconnu, les jeunes n’oseront pas aller jusqu’au bout de la blague et s’enfuiront… Quelques jours plus tard, Pam reçoit de nombreux appels sur son téléphone portable : Il s’agit de l’homme qu’elle a eu au téléphone durant la soirée qui manifestement, a retrouvé sa trace ! Malgré l’aide et l’attention de ses amis, un soir, Pam disparait…
Sans aucune trace, piste ou indice, l’enquête piétine jusqu’à être abandonnée et tout le monde croit Pam définitivement disparue, tout le monde sauf Tommy qui persiste à croire que tant que l’on n’a pas trouvé son corps, l’espoir de la retrouver vivante subsiste.
Un an a passé et Tommy reste profondément marqué par la disparition de sa petite amie et une nuit, alors qu’il se perd sur une route de campagne, il aperçoit une ferme isolée et… Pour savoir la suite il faudra lire le livre  !

4Le Secret est donc un comic d’horreur écrit par Mike Richardson, créateur de la maison d’édition américaine Dark Horse, producteur et scénariste de cinéma, il a notamment écrit le scénario (et quelques comics) du film The Mask avec Jim Carrey, Time Cop avec Jean-Claude Vandamme et produit des films comme Barb Wire (avec Pamela Anderson, adaptation d’un comic Dark Horse), Alien Vs Predator ou les deux films Hellboy, eux-aussi adaptés d’un comic Dark Horse.
Côtés comics, il a surtout coécrit avec d’autres scénaristes, notamment la mini-série 47 Ronins avec Stan Sakai.
Aux pinceaux, on a Jason Shawn Alexander, un peintre illustrateur surtout renommé pour ses couvertures de livres. Dans le monde des comics, il est surtout connu pour avoir illustré de nombreux épisodes de la série Gotham Central chez DC Comics et de nombreuses mini-séries, notamment Queen & Country : Operation Blackwall chez Oni Press ou des adaptations de films comme Van Helsing ou The Fountain.

Ce qui fait de cette bande dessinée horrifique une œuvre à part, c’est que même si elle répond quasiment à tous les codes du survival, elle ne le montre jamais, le soin étant donné au lecteur de deviner ce qui se passe en même temps que le héros découvre peu à peu le funeste calvaire de sa petite amie.

5Comme je le disais au tout début, il me semble un peu difficile de donner les mêmes sensations qu’un véritable film survival en bande dessinée, Mike Richardson va donc s’en approprier les codes et les détourner : Plutôt que de mettre l’accent sur le calvaire de la victime, l’ensemble du récit se base sur Tommy et le lecteur va le suivre et découvrir avec lui la vérité sur la disparition de sa petite amie. Alors que la plupart des films de ce genre préfèrent mettre l’accent sur le côté spectaculaire de l’horreur (violence, gore, etc.), plus particulièrement les tourments endurés par les victimes et ce pour des raisons évidentes de spectacle, dans Le Secret, on s’intéresse à l’autre bord, celui de ceux qui se demandent où sont passés les victimes et font tout pour les retrouver, d’ailleurs, nombre de survival se termine par ce genre de scène durant laquelle un personnage que l’on avait presque oublié depuis le début du film revient pour aider la malheureuse victime en bien mauvaise posture : Et bien là on a droit à tout le cheminement et le parcours de ce « sauveur » providentiel (3).
Le Secret c’est donc un genre de survival au point de vue inversé en quelque sorte, Tommy y est montré comme psychologiquement brisé par cette disparition dont il refuse la conclusion imposée par les autorités, sa survie à lui consistant à continuer à croire que Pam est vivante, quelque part.

6Pour ce qui est de la partie graphique, Jason Shawn Alexander peint des planches à l’ambiance très cinématographique et réaliste, s’accordant ainsi avec la narration très inspirée d’un film d’horreur de Mike Richardson : Les cadrages y sont manifestement pensés pour ressembler à des photos que l’on croirait sorties d’un magazine de cinéma et ça fonctionne à merveille car l’impression d’avoir lu une sorte d’hybride entre roman-photo et comic est flagrante après la fin de la lecture. Les planches sont très pâles et sombres, donnant au récit un aspect oppressant assez impressionnant.
Le côté visuel est donc parfaitement en accord avec l’écriture, du bon boulot de la part des deux artistes.

Le Secret est donc une bande dessinée horrifique qui loin de tenter de ressembler à un survival a préféré s’en éloigner, tout en en gardant le type d’histoire, les codes et le cheminement. Il s’agit donc d’une expérience de lecture différente du style dont elle s’inspire et qui de part son originalité peut séduire les amateurs d’horreur et proposer aux connaisseurs une expérience différente.
Une bande dessinée curieuse et intéressante que je recommande aux connaisseurs aussi bien qu’aux amateurs.
Aux dernières nouvelles, Le Secret aurait été envisagé pour être adapté en film.

Je vous ai gardé le meilleur pour la fin : La bande dessinée a été adapté en motion comics et visible gratuitement et légalement dans son intégralité sur internet, notamment à l’adresse suivante  :

Maintenant vous n’avez plus d’excuses pour ne pas lui laisse sa chance  !

Le Secret, de Mike Richardson et Jason Shawn Alexander, disponible depuis le 27 novembre 2013 chez Urban Comics dans la collection Indies.
Preview disponible à cette adresse : http://www.urban-comics.com/le-secret/

1 : Le film sera interdit en France après une semaine d’exploitation et le restera jusqu’en 1982, c’est sans compter l’acharnement du distributeur René Château qui le distribuera en VHS en 1979 dans sa collection « Les Films que Vous Ne Verrez jamais à la Télévision », collection qui accueillera également d’autres films d’horreur légendaires comme Zombie de George Romero ou Maniac de Joe Spinell.

2 : Notez que ces deux films emblématiques du genre ont tout deux eu droit à des remakes d’excellente qualité  : Massacre à la Tronçonneuse en 2003 par Marcus Nispel et La Colline a des Yeux en 2006 par le français Alexandre Aja.

3 : A ma connaissance peu de films ont pris ce parti, le premier me venant à l’esprit à d’ailleurs un pitch assez similaire à Le Secret, il s’agit de Hush : En Route Vers l’Enfer (Mark Tonderai, 2009) dans lequel on suivait un homme dont la petite amie se faisait enlever par un camionneur, mais hormis quelques scènes un peu tendues, l’ensemble était plutôt moyen.

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My Batgirl is French : Interview de Bengal


Bengal fait parti de cette vague d’auteurs français que les éditeurs américains convoitent actuellement, et DC Comics ne s’est pas trompé en lui laissant la lourde tache d’illustrer Batgirl Endgame, un numéro uniquement construit sur l’image et sans aucun dialogue, un exercice des plus difficiles où le dessinateur a parfaitement réussi à rendre dynamique le récit de Cameron Stewart et Brenden Fletcher.

Entre deux projets des plus alléchants, Bengal a eu la grande gentillesse de m’accorder une interview où il revient sur son entrée en scène dans la BD américaine, son attachement pour Batgirl et Spider Gwen, et son sentiment sur les coups d’éclat qui secouent régulièrement les réseaux sociaux concernant la représentation des héroïnes de comics.

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Salut Bengal, je suis vraiment ravie que tu aies accepté cette petite interview pour le TLGB d’autant plus que je me doute que ton emploi du temps est très chargé actuellement.
Est-ce que tu pourrais te présenter à nos lecteurs, nous raconter tes débuts et décrire ton parcours ?

Hello ! Je suis donc auteur de BD depuis plus ou moins 1998, et de comics désormais depuis l’année dernière ; j’ai également été designer pour le jeu vidéo il y a longtemps, et illustrateur de temps à autre.

J’ai évidemment commencé à dessiner quand j’étais pas bien grand, puis j’ai continué pendant toute mon adolescence, jusqu’à rencontrer, à 19 ans, JD Morvan et tout l’atelier 510 TTC lors d’une dédicace ; à partir de là je suis resté en contact avec eux et j’ai monté mon premier projet BD avec JD, chez Glénat, en 1998, projet qui malheureusement prendra 6 ans à se faire difficilement. Dans le même temps je me suis retrouvé à travailler donc comme designer dans un studio français, Darkworks, jusqu’en 2004, avant de reprendre la BD avec Meka chez Delcourt, puis Naja chez Dargaud, etc.

Comment t’es tu retrouvé à travailler dans le milieu des comics, il me semble qu’à la base tu es plutôt un grand amateur de manga et de bande dessinée européenne, n’est-ce pas ?

J’ai eu une éducation de lecture à la BD européenne, par la grande collection de mon père, puis je me suis mis au manga à l’adolescence, et c’est encore ce que je lis le plus de très loin, en effet ; mais j’avais aussi plein de Strange et autres périodiques du genre quand j’étais petit, et j’ai donc une vision bien spécifique des superhéros, je ne sais pas trop ce qui s’est passé pour eux depuis 30 ans, et je pense que du coup ça me permet d’aborder leurs aventures d’une manière un peu spéciale, avec d’un côté des habitudes de narration plutôt manga/BD, et de l’autre une vision un peu arriérée et naïve des personnages, et il se trouve que le résultat semble convenir chez les éditeurs US, donc on va continuer comme ça !

10403169_332408470242625_628287754325524834_nEst-ce que tu peux nous raconter comment l’aventure Batgirl a démarré ? Étais-tu familier avec le personnage ? Comment as tu collaboré avec Cameron Stewart et Brenden Fletcher sur Batgirl Endgame ?

Je me suis intéressé de nouveau à Batgirl pour la première fois depuis la fin du dessin animé Batman (celui designé par Bruce Timm) quand je suis tombé sur le relooking fait par Cameron Stewart l’année dernière. J’ai trouvé la logique de design excellente, le résultat bien équilibré, avec des lignes de costume nettes, simples et dynamiques, et un petit air global de Fantômette rafraîchissant ; j’ai ensuite découvert la nouvelle série et le boulot de Babs Tarr, et j’ai bien aimé la direction que prenait cette nouvelle Batgirl.

Dans la même période, je découvrais donc aussi les quelques images qui commençaient à traîner de Spider Gwen, et j’ai absolument adoré le costume : j’ai donc dessiné un fan art, pour le plaisir.

Il s’avère que la Bat Team (Cameron & Brenden) tombèrent sur mon dessin de Gwen et me demandèrent si je serais intéressé de faire un truc dans le même genre pour une variant cover pour Batgirl : évidemment j’ai sauté de joie, surtout qu’on m’a laissé faire ce que je voulais comme composition, et j’ai pu faire la cover du numero #37.

À partir de là, ça s’est enchaîné simplement : la Bat Team, satisfaite de la couverture, m’a proposé de dessiner le Endgame, à partir du script pas entièrement découpé (la deadline approchait à grands pas), avec la charge donc de construire toute la narration (silencieuse) par moi-même, ce qui m’a donné l’opportunité de leur montrer que j’en étais capable et d’y mettre ma manière de faire. J’ai pris un plaisir fantastique à le faire et je suis très heureux de l’accueil que le bouquin a eu, et c’est grâce à ça qu’on a tout de suite parlé de ce que je pourrais faire ensuite!

DSCN0156Tu sembles être très à l’aise pour représenter des héroïnes jeunes et graciles, qu’est-ce qui t’intéresse vraiment dans ce genre de personnage en particulier ?

Dans l’absolu, tous les personnages m’intéressent, mais je ne sais pas tous aussi bien les faire, tout simplement. J’adore par exemple les vieux compères de la BD “Les Vieux Fourneaux”, mais je ne serais pas très doué pour faire de tels personnages ; ou encore, j’adore des personnages comme Hulk, mais beaucoup d’auteurs le feront bien mieux que moi.

Il y a beaucoup de personnages que j’aimerais savoir faire, car j’adore les lire. Il s’avère que je me débrouille sur les personnages féminins, je vise à toujours les faire à la fois attirantes et élégantes, c’est comme ça que je les aime, donc voilà ; après, peu importe leur caractère, ça m’intéresse tout autant de travailler sur Wonder Woman que sur Batgirl, il y a une très grande variété parmi les héroïnes “jeunes et graciles” et c’est leur caractère propre qui les définit le plus, au fond, et ça influence ma manière d’aborder chacune.

Il y a justement une certaine levée de bouclier de la part de certains mouvements -que je ne peux pas qualifier de féministes car pour moi elles ne le sont clairement pas- vis à vis de la représentation des femmes dans la BD américaine, peux-tu nous dire quel est ton sentiment à ce sujet ?

Tout d’abord, je suis effaré par un fait aussi étonnant qu’écrasant de nos jours : c’est à quel point chacun devient nombriliste sur le net. C’est sidérant. Tout le monde pense que son opinion fait oeuvre de loi, et du coup, tout le monde pense que SES problèmes sont les problèmes du reste de l’humanité entière. Je ne comprends pas ce prisme qui déforme la perception qu’on a des autres individus sur le net, comme s’ils n’étaient que des PNJ dans un jeu où on est le seul joueur humain, je ne comprends pas ce comportement qui en découle. Je ne veux pas être méchant, mais je ne considère pas que chaque individu a un truc intéressant à dire ; tout le monde a le droit absolu de s’exprimer, bien entendu, mais il est impossible d’écouter tout le monde, puisque les avis des uns marcheront toujours sur les avis des autres, et beaucoup de monde n’a rien à dire, rien d’important.

Du coup, certains s’inventent des problèmes qui n’en sont pas, au lieu d’aller s’attaquer à de vrais problèmes. Comment peut-on faire un scandale à propos d’une case ou une couverture de comics, au lieu d’aller, pour des raisons semblables et à plus juste titre je trouve, faire un procès aux sites porno, ou à la condition des femmes dans certains pays, j’en passe et des meilleures? Les ‘social warriors’ ont peut-être de bonnes intentions mais mènent des combats bien inutiles je trouve, peut-être parce qu’ils sont plus faciles à mener que les vrais combats. Et le net leur sert de porte-voix, et du coup on les entend très fort alors qu’on a pas forcément envie de les écouter.

Les questions qu’ils soulèvent peuvent tout à fait être valables, parfois, mais ce n’est pas en cherchant le diable là où il n’est pas, et en demandant le bûcher pour des innocents, qu’ils feront avancer l’équité et une meilleure perception des genres, des races et des orientations de chacun ; je crois qu’ils ne font que créer encore plus de séparation entre les gens. Il suffit de voir comment les auteurs de comics ont même commencé à se diviser (Le cas Cho versus Rodriguez, entre autres), alors qu’on n’a jamais eu autant de diversité de produits dans les comics, pour à peu près tous les lectorats imaginables…
C’est bien triste.

Question à 2 € : Batgirl ou Spider Gwen ? Pourquoi ?

Les deux. J’avais dit pour mon poisson d’avril que j’avais obtenu un scenario avec les deux en tandem pour une aventure, ce qui est bien improbable évidemment, mais je te dis pas comment je serais heureux de le faire en vrai !

J’ai un petit amour supplémentaire pour Batgirl quand même, puisque j’ai eu la chance de faire un peu mieux connaissance avec, c’est naturel, on est plus proches.

As-tu le droit de me dire quels sont tes futurs projets sur le marché US ? En dehors de Marvel et DC as tu été sollicité par d’autres éditeurs tels qu’Image Comics ou IDW par exemple ?

Je viens de finir un GotG team-up pour Marvel, c’était très fun et ça m’a changé de mes habitudes! J’attaque les pages pour le Batgirl Annual dont j’ai déjà fait la cover, et j’ai déjà plusieurs options pour la suite. Je n’ai malheureusement pas le droit de trop en dire, certaines idées sont encore en discussion, mais DC et Marvel me proposent des trucs inrefusables et c’est autant un problème qu’une bénédiction, j’aimerais pouvoir tout faire !

Si tout se passe bien, l’Annual ne sera pas la dernière fois que je dessine Batgirl… Mais il ne faut pas le répéter ; et c’est à confirmer avec mes potes de la Bat Team.
Il y aura d’autres trucs plus tard chez un autre éditeur en effet mais je ne peux pas encore dire quoi !

batgirl-annual-3-2015Serais-tu intéressé par l’opportunité de faire du creator-owned directement pour le marché américain ?

C’est déjà prévu et en pré-développement, mais chut !

Nous nous sommes rencontrés à l’occasion du dernier TGS du mois de novembre 2014, et je ne sais pas si tu te souviens, mais la première fois que je t’ai vu, tu accompagnais Claire Wendling jusqu’à votre hôtel où je me trouvais en compagnie des auteurs invités.
Claire est une légende vivante, comment l’as tu rencontré ? Peux tu nous dire ce qu’elle représente pour toi en tant qu’artiste ?

Ah, Claire Wendling. Je vais pas être bien original : j’en suis hardcore fan depuis ses premiers trucs chez Delcourt, et elle a beaucoup influencé mon dessin à un moment ; elle a participé à me faire redescendre de ma passion trop exclusive pour les manga et à jeter à nouveau un œil à ce qui se passait chez nous, il y a une vingtaine d’années. “Les lumières de l’Amalou” et ses carnets de croquis m’ont littéralement giflé.

C’est grâce à internet qu’on a copiné ; c’est assez naturel que les dessinateurs, artistes, etc, se rapprochent les uns des autres, et avec internet c’est devenu simple, et on est tous en contact avec beaucoup d’autres artistes, mais c’est vrai que Claire et moi sommes devenus bons amis, enfin il me semble. On a parlé de beaucoup de choses, on s’est échangé des p’tits trucs pour le dessin (enfin, elle a tout à m’apprendre en dessin, je reste à ma place hein, disons que j’avais modestement 2-3 trucs à partager pour la couleur en échange) ; l’émulation, ça rapproche énormément, et on partage le même avis pour beaucoup de choses.

Bref, on est potes, j’ai beaucoup de chance ; et au dernier TGS, on savait qu’on arrivait par le même train, donc on s’est choppé à la gare !

Tu as annoncé il y a peu de temps via ta page Facebook que certaines de tes planches seraient disponibles à la vente via le prestataire Cadence Comic Art, qui distribue également les travaux originaux de grands noms des comics tels que Becky Cloonan, Sara Pichelli, Jeff Lemire, Emma Rios, David Messina, Jill Thompson, David Lloyd… à vrai dire la liste est tellement longue que je ne peux décemment pas énumérer tous ces talentueux artistes ici…
Peux-tu nous expliquer comment s’est déroulée cette opportunité de vendre et partager tes travaux au plus grand nombre, et pourquoi as-tu choisi ce prestataire plutôt qu’un autre ?

Vu que je suis nouveau dans ce business, j’avoue ne pas connaître grand monde côté galeries et ventes d’originaux ; j’ai donc essayé d’en vendre tout seul sur ma page FB et twitter, j’en ai vendu une paire…

Et là, Cadence Comic Art, que je ne connaissais pas encore, m’a simplement contacté et demandé si je serais intéressé de lui confier mes originaux ; il y a quelques bons amis chez Cadence (Sara, Becky, David, Rafael…) donc j’ai dit oui, très reconnaissant, et heureux de les rejoindre !

Merci beaucoup d’avoir pris le temps de répondre à ces quelques questions, il me tarde de découvrir tes prochains travaux :)

Merci à toi, j’ai hâte de m’attaquer à la suite, je dois avouer !

Spider Gwen Bengal

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