Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 34


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Vampires Vs Zombies  !

 

Les « Jeudis » prennent aussi leurs quartiers d’été en ce beau mais chaud mois d’août ! Après un long dossier en deux parties sur la saga Massacre à la Tronçonneuse (que vous pouvez retrouver ici et ici) qui m’a cannibalisé (sans mauvais jeux de mots) pas mal de temps et d’efforts, je lève le pied ce mois-ci et plutôt que de vous proposer un long dossier sur un thème ou une saga horrifique précise, je vous propose pas une, mais deux reviews de deux comics d’horreur traitant du même thème : Et si les vampires existaient, comment réagiraient-ils à une invasion de zombies (qui eux n’existent pas non plus cela dit…) ?
Deux auteurs ont tenté de répondre à cette question et pas des moindres : La légende de l’horreur qui nous a malheureusement quitté depuis peu, George Romero et le surdoué Max Brooks. Deux légendes, deux approches différentes, direction le stade ultime de l’horreur, quand vampires et zombies sont forcés de se tirer la bourre !

 

Honneur aux légendes et ouvrons le bal avec Empire of the Dead, de George Romero et Alex Maleev, Dalibor Talajic et Andrea Mutti, publié en trois tomes en France par Panini de Septembre 2014 à Mai 2015.

L’humanité se remet tant bien que mal de la peste zombie qui a sévi des années 60 à nos jours : Les zombies sont quasiment vaincus, la peste est endiguée et les humains tentent tant bien que mal de reformer une société cohérente dans des bastions dirigés de main de maître par des hommes politiques tyranniques et sans pitié. C’est le cas de New York, ville fortifiée dirigée par le maire Chandrake. Dans cette ville sans foi ni loi, Penny Jones, une jeune scientifique, étudie les zombies et constate qu’en plus d’avoir réussi à les domestiquer, ces derniers servant désormais de chair à canon pour les militaires et de gladiateurs pour amuser les civils dans des duels d’arènes, évoluent et sont progressivement en train d’acquérir des consciences qui leurs sont propres, c’est le cas de Xavier, une jeune militaire récemment infectée qui lutte entre sa raison et la faim tenace qui la tiraille.
Mais dans New York, des rumeurs folles se propagent : Des cadavres sont découvert exsangues dans les rues, deux marques au cou et la haute société qui dirige la ville ne semble pas être étrangère à ces meurtres. Commence alors pour Penny Jones, Xavier et quelques autres une succession de découvertes, comme un mystérieux « Camp de Travail » dans lequel des jeunes gens sont parqués comme des animaux et disparaissent.

 

Empire of the Dead est un récit typique de George Romero, on y retrouve la plupart des thématiques chères au réalisateur avec la lutte des classes, l’anti-militarisme, l’évolution des zombies vers une seconde humanité et beaucoup d’autres choses que je vous laisse le soin de découvrir.
De plus, Romero a eu la bonne idée de placer son récit dans son propre univers et sa saga des …  Of The Dead : Ainsi, plusieurs références sont faites aux films La Nuit des Morts Vivants, Zombie mais surtout à Day of the Dead et Land of The Dead, Empire of the Dead étant d’ailleurs plus ou moins une suite à ce dernier film, tant les thématiques et l’aspect visuel sont similaires.

9Là où l’incursion des vampires aurait pu paraître plutôt exagérée et extravagante, Romero a choisi de traiter cela de façon subtile et plutôt que de faire des vampires des êtres bestiaux et assoiffés de sang, à l’image des zombies pour la chair humaine, ils sont ici dépeint comme des êtres froids et calculateurs, se rendant bien compte que sans les humains et à la mercie des zombies, leur propre race va droit à sa perte. On retrouve donc et comme je le citais plus haut, un parallèle avec la lutte des classes cher au réalisateur de Pittsburg, les vampires symbolisant de toute évidence les politiques et les zombies la classe populaire, qui tant qu’elle reste passive ne représente pas de danger mais qu’il faut tout de même garder à l’œil. A coté de ça, il y a aussi des références faite à plusieurs thèmes « zombiesque », notamment l’apprivoisement et l’évolution des zombies, commencé dans Le Jour des Morts-Vivants et développé dans Land of the Dead, la zombie Xavier ayant assurément des points communs avec le zombie pompiste Big Daddy du film.

11Empire of the Dead est de ce fait un récit dense, complexe, qui peut être lu à plusieurs niveaux : Bien loin d’un combat gore entre deux espèces du cinéma d’horreur, c’est une histoire intelligente, dont le seul et unique défaut est peut-être, selon moi, une profusion de personnages qui du fait force parfois le lecteur à revenir en arrière pour se remémorer qui est qui.

Visuellement, les trois tomes sont signés par trois artistes différents, mais au style assez similaires.
Le premier tome est dessiné par la star Alex Maleev, le bulgare et sont style sombre servant à merveille le récit, pas grand chose à reprocher à ce tome, le trait de Maleev étant résolument parfaitement adapté au récit.
Le second tome quand à lui est réalisé par Dalibor Talajic, l’artiste croate ayant un trait sensiblement similaire à celui de Maleev, moins détaillé et plus clair dans les lignes notamment, on est pas trop dépaysé et la transition se fait en douceur. Enfin le dernier tome est signé par Andrea Mutti, un autre habitué de cette rubrique et des récits d’horreur en général, là encore le choix de l’artiste est pertinent puisque son style s’adapte parfaitement à ceux de ces prédécesseurs, donnant à l’ensemble une cohérence assez surprenante malgré la succession de trois artistes.
12A noter que toutes les couvertures alternatives sont compilées en fin de chaque album et on y retrouve des talents comme l’habitué des zombies Arthur Suydam, Frank Cho, Greg Horn, Alexander Lozano ou l’excellent et brillant Francesco Mattina.

Panini propose les trois tomes en hardcover, dans une édition et une traduction impeccable : Rien à redire de ce coté là.

En résumé  : Une histoire d’horreur ancrée dans la saga cinématographique de George Romero qui étend et développe des thématiques de façon intelligente, bien illustrée et bien éditée, en bref une lecture plus que recommandable.

 

Deuxième round et c’est cette fois au créateur du fameux et depuis référentiel Guide de Survie en Territoire Zombie de s’attaquer à cette épineuse question : Et si les zombies infestaient un monde déjà peuplé de vampires, comment ces derniers réagiraient-ils ? Extinction Parade est un comic en deux tomes publié en France par Panini en juin et novembre 2015, c’est donc Max Brooks qui scénarise et le dessinateur espagnol Raulo Caceres qui s’attelle au coté visuel.

 

L’infection zombie est en train de se déclarer et les humains sont envahis par les vagues de zombies qui se propagent de plus en plus de part le monde. D’abord amusés et condescendants, les vampires observent cette débandade, amusés de constater que les humains et leur société soient si facilement submergés par des êtres si faibles et pitoyables. Mais malgré tous leurs efforts pour endiguer l’infection, les humains succombent et l’amusement des vampires va vite se succéder à un sentiment d’inquiétude, voir de peur : Et si les humains étaient vaincus, que vont-ils devenir sans source de nourriture ? L’extinction des vampires, dont l’existence dépendait des humains, est-elle également en marche ? Depuis des millénaires, habitués à vivre dans l’ombre d’une société humaine qu’il méprisent, les vampires vont devoir sortir de leur anonymat pour combattre les zombies et ainsi devenir, peut-être, les sauveurs de la race humaine.
Mais là où les humains, malgré des siècles d’expériences de la guerre ont échoué, les vampires et leurs simples pouvoirs suffiront-ils à venir à bout de la horde de zombies, maintenant maîtres du monde, les vampires ont-ils retenu les leçons de la défaite humaine ? Rien n’est moins sûr…

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Même thème, traitement différent : Max Brooks dépeint dans Extinction Parade des vampires absolument détestables : Orgueilleux, condescendants, les vampires de Max Brooks sont des êtres absolument infâmes, traitant les humains, pourtant essentiels à leur survie, comme du bétail. Dans le premier tome, les vampires, d’abord amusés de la débandade humaine face aux zombies prennent peu à peu conscience de ce qui se passe : L’extinction des humains est inéluctable, et sans humains plus de sang et donc cela signifie aussi leur extinction à eux. Les vampires sont alors forcés de sortir de l’ombre et combattre les zombies, mais ces êtres si puissants se révèle eux aussi rapidement submergés par la masse des zombies et doivent très vite revoir leur tactique. C’est ainsi que dans le second tome, sous titré Guerre Totale, les vampires vont devoir apprendre à faire ce qu’ils n’ont jamais fait : La Guerre. Mais là où les humains ont échoué malgré leur expérience millénaire à s’entre-tuer, les vampires vont devoir commencer à zéro, étudiant l’ennemi, tirant des leçons des victoires et des défaites…

3Véritable analogie de l’évolution de la société et des statuts des êtres qui la composent dans le premier tome, les vampires symbolisant évidemment « les puissants » et les humains la classe populaire qui même si elle est à leurs yeux méprisables est essentielles à leur survie, Extinction Parade est un portrait au vitriol sanglant de notre société qui va droit dans le mur de par son inertie et sa condescendance : Ainsi les vampires restent inertes face à une situation qui très vite devient ingérable et se réveille pour secourir une civilisation qui est aux portes de son extinction au pire moment, celui où l’écroulement est déjà engagée…
7Dans le second tome, les vampires, cachés depuis des millénaires doivent faire la guerre, mais dans ce cas là, il faut tout commencer à zéro mais la situation est déjà mal engagée, et les vampires n’ont qu’un seul exemple, celui des humains, qui ont déjà échouer face aux zombies : Les suceurs de sang ont-ils retenu la leçon de la défaite humaine ou vont-ils de nouveau faire des erreurs ? Le constat de Max Brooks est cinglant : Là encore dans ce tome on a droit à une analogie de l’histoire de la guerre au travers des découvertes et expérimentations des vampires, où l’évolution des moyens ne va pas forcément dans le bon sens…
La conclusion est sans équivoque, mais pour la connaître, il va falloir lire cette histoire  !

Visuellement, c’est un de mes artistes favoris qui s’occupe de ce combat sanglant, le dessinateur espagnol Raulo Caceres. En effet, Caceres fait sans conteste parti de mes artistes favoris, donc excuse-moi si j’ai tendance à trop jeter de fleurs durant les lignes qui suivent.
Visuellement, le savoir faire de l’artiste est stupéfiant à chaque page : C’est gore, très gore même, honteusement détaillé tout en restant lisible, les splash pages sont énormes, dépeignant des scènes de massacres absolument infernales. De même le savoir faire de l’artiste dans le dessin des corps et des expressions des visages dans le style typiquement ibérique – style que j’affectionne beaucoup en passant – fait des merveilles : L’horreur de certaines situations est véritablement visible sur le visage de certains personnages, rendant du coup l’immersion et le coté désespéré de l’histoire encore plus fort.
Caceres était donc véritablement l’artiste tout désigné pour cette histoire, un carton plein absolument flagrant dès les premières planches, comme vous pourrez le constater avec les images qui égayent cet article.

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Extinction Parade est donc une histoire surprenante : Sur des visuels gores et cradingues de toute beauté, Brooks réussi à y ajouter une réflexion et un constat cinglant de l’état de notre société et de ses dérives. Un tour de force salutaire, une lecture dont on ressort le cœur et l’esprit retournés.

Bien loin de l’image habituel des « Versus », Empire of the Dead et Extinction Parade sont deux visions, certes très différentes, mais à la fois intelligentes et surprenantes de la rencontre entre deux icônes de l’horreur.
Je dis souvent qu’il n’y a pas de mauvaise idée, juste de mauvais scénaristes et le fait de faire s’opposer deux mythes aussi différents que les zombies et les vampires était en soit un projet casse-gueule, à moins d’y mettre des personnes compétentes et talentueuses qui maîtrisent le sujet, et qui mieux que George Romero et Max Brooks, spécialistes des histoires de zombies pouvaient réussir ce tour de force ? La preuve tient en ces deux histoires, réussies tout en étant très différentes, mes lectures conseillées de l’été, assurément  !
(sauf que l’été prend fin le jour de la publication de cette chronique…)

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L’Art et la Manière


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J’ai profité d’une courte mais salvatrice escapade parisienne pour aller visiter l’exposition consacrée à un éditeur largement mis en avant sur ce blog grâce à ses super héroïnes mais également ses autrices œuvrant en son sein. Je ne pouvais en effet aucunement rater L’art de DC – L’aube des Super-Héros qui se déroule pendant encore près d’un mois au Musée Art Ludique situé à deux pas de la gare d’Austerlitz.

Malgré les kilomètres qui nous séparent, ce n’est pas la première fois que j’ai la chance de visiter une exposition dans ce musée qui compte parmi mes incontournables lorsque je me rends dans la capitale.
Au delà des thèmes proposés, c’est la qualité, la singularité et surtout la rareté des œuvres réunies dans un unique et même lieu qui m’émerveillent à chaque fois, c’était déjà le cas lors des expositions consacrées aux Studios Ghibli et Walt Disney, celle consacrée à l’univers de DC Comics ne fait pas exception, et je me considère extrêmement chanceuse d’avoir pu découvrir tous ces trésors qui ont fait ou qui font encore l’Histoire des comics.

Se développant autour du prisme cinématographique via ses figures les plus iconiques ou populaires grâce à la présence de nombreux costumes, véhicules, illustrations préliminaires, l’exposition fait également la part belle au support de base, via une collection hallucinante de planches originales où se côtoient les couvertures ou les scènes les plus emblématiques liées à l’Histoire de DC et réunissant des auteurs de légende.

J’ai eu la gorge serrée à plusieurs reprises en contemplant de si belles et inestimables œuvres. Je n’arrive même pas encore je crois à me rendre compte du statut rarissime, exceptionnel d’une telle exposition. Ici, il ne s’agit même pas d’être fan de DC ou de Marvel, il est surtout question d’être le témoin privilégié du patrimoine culturel d’un éditeur (et il s’avère qu’il est celui qui a nourri mes rêves de petite fille en quête d’aventures). Quel bonheur, mais quel bonheur nom d’un chien.

Imaginez-vous vous tenir devant la couverture iconique de The Flash #123 dessinée par Carmine Infantino, la page #59 de Batman Arkham Asylum façonnée en partie avec de la toile de jute par Dave McKean pour donner corps au personnage de Scarecrow. le dessin préliminaire du costume de Wonder Woman par HG Peter qui sera repris dans la série DC Comics Bombshells, la colère de Power Girl dans All-Star Comics #64 ou encore la splash page de Neal Adams dans Superman vs Mohamed Ali(il y avait même la couverture de Robin #126 avec Stephanie Brown ! Oui je sais bien que tout le monde s’en tape mais ça m’a fait un plaisir fou de la voir)


Énumérer tous ces instants qui font partie intégrante de l’histoire des Comics de super héros, de The Killing Joke à Batman The Dark knight Returns en passant par différents  travaux de Bruce Timm ou d’Alex Ross, sans oublier Jack Kirby, Tim Sale, Bernie Wrightson, Darwyn Cooke, Jim Lee, George Pérez, Wally Wood, Bill Sienkiewicz, Mike Mignola… il est quasiment impossible nommer tous ces artistes sans en oublier, impossible de décrire également toutes les œuvres exposées tant elles sont abondantes.
Fort heureusement, le catalogue de l’exposition recense à merveille tous ces trésors (mais malheureusement en couverture souple, pour le même prix le catalogue de l’expo Comics Unmasked s’offrait une belle hardcover, avec il est vrai 70 pages en moins, mais je n’aurais certainement pas hésité à débourser 5 € de plus pour une belle couverture rigide), le mieux est encore de s’y rendre tant l’amateur de super héros que le féru de culture comics s’en trouvera largement comblé.

Car cette exposition exceptionnelle a bien un avantage, c’est quelle est capable de réunir aisément le visiteur curieux déjà sensible à la filmographie de la Distinguée Concurrence et le drogué en perf de planches originales. On a ainsi droit à des échanges très intéressants sur place. Car écouter les commentaires de chacun face à une oeuvre s’avère aussi humainement très enrichissant, outre la véracité du commentaire, la bonne ou mauvaise fois de celui-ci, le fait d’assister à cette réflexion est intéressant, et on a tendance à oublier que lorsque l’on va dans un musée c’est avant tout pour apprendre et découvrir, et non pas se conforter dans ses acquis élitistes.

Vous l’aurez sensiblement compris, je ne parlerai que très peu de l’aspect cinématographique de cette exposition gargantuesque. Non pas par élitisme justement, j’ai pris beaucoup de plaisir à contempler les costumes de certains films (les Returns de Batman et Superman sont mes préférés, hormis le 1er Superman de Richard Donner qui est pour moi juste inclassable tant il m’a toujours hautement inspiré), ici encore je ne peux que vous conseiller de vous ruer sur cette fabuleuse exposition.

Mais passons si vous le voulez bien à des détails un peu moins réjouissants concernant cette exposition.
Au delà de ces deux sensibles articulations cinématographiques et purement liées à l’art séquentiel, l’exposition L’art de DC – L’aube des Super-Héros cible la plupart de son contenu sur les 3 pierres angulaires et historiques de l’éditeur, à savoir Superman, Batman et Wonder Woman. Sur le visuel de l’exposition cela se voit parfaitement bien telle une véritable affiche de cinéma, sur le papier également mais qu’en est-il d’entre les murs ?
Je vais encore une fois faire ma morue dessalée mais tant pis : Une chose est belle et bien claire, de l’affiche au contenu, Diana de Themyscira n’a quasiment pas sa place au sein de cette exposition, et ce malgré les petits trésors concédés par les bienveillants donateurs de cette exposition, je m’insurge, je me révolte envers la sous-exploitation de ce personnage, et ce malgré un premier film qui lui est miraculeusement consacré cette année et qui remplit donc logiquement une grande partie de l’espace qui lui est consacré.

Commençons déjà par prendre comme exemple l’affiche de cette exposition : Alors que Superman et Batman ont droit à des représentations morphologiques certes athlétiques mais tout à fait normales au regard de leur statut de super héros, Wonder Woman est littéralement difforme, bien au delà de l’iconographie sexy et cheesecake dans laquelle on a l’habitude de la retrouver régulièrement. Sérieusement j’ai mal au dos pour elle.
Ici et c’est malheureusement annonciateur pour la suite des événements, Wondie est encore une fois appréhendée pour son physique et non pas pour ce qu’elle représente vraiment. Je vais encore me répéter mais tant pis, je doute fort que William Moulton Marston aurait pu valider ce genre de représentation pour son héroïne, que ce soit en 1941 ou en 2017.

Et concernant l’exposition en elle même, je ne vous cache pas que je trouve inconcevable qu’elle ait droit à une salle et demi, soit autant que pour Harley Quinn. J’ai beau respecter ce personnage sans parler du travail sans faute d’Amanda Conner sur celui-ci, (on peut d’ailleurs saluer le fait qu’on lui consacre, en tant qu’autrice, une si belle exposition et la remercier vivement d’avoir fourni la plupart des planches originales concernant Harley) cette sur-représentation vis à vis d’un personnage aussi emblématique que Wonder Woman crée selon moi un véritable malaise au sein de cette exposition.

Une salle et demi, avec évidement en fond sonore la musique de la série TV, et les trois quart de cet espace consacré aux versions audiovisuelles la concernant. Si cela ne suffisait pas les quelques planches originales (sublimes et complètement intéressantes, ce n’est pas le problème, je pense que vous aurez compris ma vision des choses) sont souillées par des commentaires audio d’un autre monde.
J’étais tellement en colère en écoutant cela sur le moment ! Et je crois que mes amis l’ont remarqué.
Encore une fois, quel décalage entre les commentaires riches en informations octroyés aux deux super slips et le vide abyssal dénué de toute connexion entre les différents médium contrairement aux deux autres parties, idéalement foisonnantes…
Devoir écouter en guise de quasi unique panel audio l’évolution du physique de Wonder Woman au fil des décennies, et ce sans aucune présentation préalable du personnage dans son contexte, comme ce fut le cas pour ses prédécesseurs, ce fut pour moi un moment des plus surréalistes.

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Alors voici au final ma synthèse vis à vis de cette exposition : Elle est clairement et indubitablement à ne pas manquer pour tout amateur de comics et Culture Pop qui se respecte.
En effet, JAMAIS vous n’aurez l’incroyable opportunité de découvrir autant d’œuvres, de richesses en terme de patrimoine et d’histoire concernant un éditeur aussi légendaire.
Mais il ne s’agit pas que de cela : il s’agit en effet de prendre en compte tous les auteurs et personnages qui construisent cette fameuse Légende, à partir du moment où elle démarre avec la naissance du Dernier Fils de Krypton, l’aube du super héros.
Ma question est la suivante : OK ! Mais qu’en est-il de l’aube de la super héroïne ? Démarrent-ils avec les costumes en cuir de Catwoman ou Batgirl ? Est-ce que l’on doit considérer Harley Quinn comme notre libératrice dans ce domaine via la façon dont elle est mise en avant ? N’y avait-il pas plus à montrer sur Wonder Woman ?
En gros, est-ce qu’on me donnera enfin l’opportunité d’arrêter de râler, parce que je vous assure, je ne demande que ça.

L’AVIS DE JULIEN LORDINATOR :

L’Art des Super-héros DC, compte rendu de l’exposition

C’est en ce dimanche 13 août 2017 que je me suis rendu dans la capitale afin de traîner mes guêtres dans l’exposition consacrée aux super-héros DC Comics organisée par Le Musée Art Ludique. Après quelques heures à flâner émerveillé dans les allées, il est temps de donner mon avis sur cet événement à la gloire de ces héros costumés.

Lecteur de comics depuis maintenant plus d’une vingtaine d’années (ce qui fait en gros plus des deux tiers de ma vie quand même, et c’est pas rien), j’avoue être souvent dubitatif quand ce genre d’événement est organisé, la principale appréhension étant de savoir à quelle sauce ma passion première va être traitée : Par dessus la jambe ou de façon respectueuse… En ce qui concerne le Musée Art Ludique, j’avais déjà une référence, ayant déjà visité leur précédente exposition consacrée à leurs homologues de Marvel et j’avoue y avoir passé un très bon moment, comme tous ceux qui ont lu mon billet à ce sujet (c’est à dire pas grand monde) avaient put le constater, une piqûre de rappel si besoin est disponible ici.
Fi de Marvel, retournons du coté de la Distinguée Concurrence puisque c’est elle qui nous intéresse dans le cas présent et commençons par une petite visite guidée !

Selon moi, l’exposition est clairement divisée en quatre parties, alors allons-y dans l’ordre.
Dans l’entrée, on nous présente l’univers DC papier-en-comics au moyen d’une frise chronologique assez chiche ornée de différentes couvertures emblématiques de l’éditeur : Certes c’est succin, mais suffisamment informatif pour qui voudrait connaître le BA-ba de cet éditeur.
Sans surprise, les deux premières salles sont consacrées à Superman : Le Dernier Fils de Krypton se taille donc logiquement le luxe d’ouvrir l’exposition avec des dizaines de planches et couvertures emblématiques de sa très longue carrière. En plus des comics, on peut également y apercevoir des story-boards, accessoires et miniatures ayant servi durant les films dont il fut le héros. Cerise sur le gâteau, du mythique costume de Christopher Reeve à la combinaison que porté Henry Cavill dans Batman V Superman, L’Aube de la Justice en passant par le délicieusement costume kitsch de Brandon Routh dans Superman Returns, toutes les tenues cinématiques de l’homme d’acier sont admirables.
Une petite vitrine est même consacrée à Superman Lives ! Le projet de film abandonné de 1998 qui aurais dû voir Nicolas Cage (gloups…) porté la défroque de notre kryptonien préféré.

Constellée de textes explicatifs et de vidéos, ont peut quasiment tout connaître de L’Homme D’Acier et très franchement, cette exposition commence fort.

Seconde partie de l’exposition (et la plus fréquentée au moment de ma visite), c’est au tour de Batman d’embrayer le pas à son homologue bleu et rouge.
A l’instar de Superman, cette partie de l’exposition est tout simplement pharaonique : Dés l’entrée nous sommes accueillis par une monstrueuse statue du Chevalier Noir qui tel le Penny géant de la Batcave nous accueille dans son antre et là encore, c’est la bacchanale visuelle : De multiples couvertures et planches originale de comics signées par des artistes aussi variées que Bernie Wrightson, Dave McKean ou encore Brian Bolland forme une frise ininterrompue à la gloire du croisé à la cape. En plus de ces merveilles dessinées, là encore de multiples costumes, accessoires et story-boards des divers adaptations filmées sont présentes : Des costumes des films de Tim Burton (j’avoue être tombé extatique devant le costume de Pingouin de Danny De Vito porté dans Batman, Le Défi, à ce jour encore mon film Batman préféré), de l’impressionnante armure porté par Ben Affleck en passant par le costume de Joker de Heath Ledger dans The Dark Knight ou les navrants (mais malgré tout amusants) costumes (à tétons) des film de Joel Shumacher, c’est une mine de belles choses qui s’offrent à nos yeux.
Comme pour Superman, cette partie consacrée au défenseur de Gotham City est magnifique et se laisse parcourir sans lassitude.

Je passe rapidement sur la partie consacrée à Suicide Squad, qui est surtout là grâce au succès du film et qui selon moi, occupait inutilement beaucoup trop de place.

Troisième partie, et c’est là que ça se gâte un peu, c’est cette fois-ci Wonder Woman et la Ligue de Justice qui ont droit aux honneurs.
Wonder Woman, c’est la troisième entité de ce que l’on nomme la Trinité chez DC Comics, avec ses homologues masculins Superman et Batman.
Même si son apparition sur grand écran est assez récente et que sa popularité auprès du grand public (hormis dans les années 70 et la fameuse série télévisée disco) n’a jamais atteint celle de ses deux camarades, j’avoue avoir été relativement déçu par cette partie consacrée à l’Amazone. Certes couvertures, planches originales étaient légion, même si les costumes issues de la série télévisée et le splendide costume porté par Gal Gadot dans Batman V Superman, L’Aube de la Justice valait à eux seuls le détour, j’avoue que les différents textes explicatifs étaient, contrairement à ceux consacrés à Superman et Batman, assez chiches et s’attardaient plus sur des explications purement cosmétiques du personnage plutôt que sur son histoire et son influence.
Ce sous-traitement est un peu dommage, mais j’étais quand même assez content de constater qu’une partie lui était quand même exclusivement consacrée.

Pour ce qui est de la Ligue de Justice, c’est un peu le même topo que pour Wonder Woman : Pas de film, donc le strict minimum pour cette équipe à savoir un nombre de couvertures et de planches originales assez impressionnant qui même si elles raviront le fan de comics, ne feront pas s’attarder le promeneur lambda et c’est bien dommage car admirer des originaux d’Alex Ross, j’avoue que c’est très peu commun et assez rare pour être remarqué.

Quand à la dernière partie, c’est un peu une partie fourre-tout : De Flash en passant par Green Lantern, les Teen Titans ou Supergirl (et même Hawkman, qui à ma grande surprise a droit à un pan de mur entier malgré le fait qu’il ne soit clairement pas un des personnage DC Comics les plus populaires) c’est j’avoue la partie qui m’a le plus déçu : Pas vraiment de logique dans cette partie de l’exposition et le traitement rapide de certains personnages qui malgré leur rayonnement n’ont droit qu’à quelques panneaux explicatifs assez vague quand à leur historique…
Je peux comprendre que ces personnages n’ont pas droit à autant d’attention aux vues de leur actualité que la Trinité, mais j’avoue avoir été déçu de les voir tous rencardés dans les dernières salles.

En résumé, même si les parties consacrées à Superman et Batman valent à eux seules le détour, je reconnais que l’univers DC Comics est si foisonnant que tout caler dans une seule exposition était en soit impossible et que de nombreuses concessions ont dû être faites : Je trouve juste dommage le traitement de certains personnages qui de part leur actualité les expose moins que la Trinité et de ce fait ont été remisés en toute fin d’exposition. Idem pour Wonder Woman dont au final on apprend pas grand chose.
Très honnêtement, j’ai passé un très bon moment et je reconnais que mes remarques négatives sont uniquement dû au fait que je sois avant tout fan de comics, après, je me met à la place du novice qui ne connais cet univers que par le biais des films et dont un minimum de curiosité le poussera à s’intéresser aux planches et illustrations de comics originales présentes et là, cette exposition est clairement un point d’entrée parfait, à la fois ludique et informatif.

L’Art de DC, L’Aube des Super-héros, exposition au musée Art Ludique de Paris, encore visible jusqu’au 10 septembre 2017

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Paye ton Hashtag


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, , , peu importe la façon dont ils sont diffusés sur les réseaux sociaux actuellement (et sur Twitter principalement), voici autant de messages envoyés qui prouvent que malgré tous les trolls, les ignorants et les vrais trous du cul gens aux intentions plus que douteuses, il existe un vrai mouvement de solidarité entre les divers protagonistes qui évoluent dans le milieu des comics et ceux qui les consomment.

J’ai l’impression dans ce genre d’exercice de m’auto-parodier, d’où mon manque désormais de réactivité à chaud envers toutes ces actualités.
Je préfère bien plus lire les opinions et les prises de position de chaque point de vue, mais finalement ce que j’en ressors c’est que ces Hashtags sont des centres de ralliement, un peu lorsque vous faites un exercice de simulation d’incendie à votre travail et que vous devez rejoindre le même endroit que les autres, peu importe le chemin utilisé.
C’est une question de survie.
Vous devez vous rassembler. Vous devez exprimer que vous êtes solidaire tout simplement parce que vous ressentez la même chose que la personne qui a lancé ce symbole.

Et la Cause est d’autant plus importante qu’elle est pacifique. Parmi tous ces Hashtags je n’ai pas eu l’occasion de lire un message haineux ou inapproprié. On ne peut malheureusement pas en dire autant de la partie adverse.
Les réseaux sociaux sont effectivement le terrain propice à diverses joutes verbales, celle-ci balayent très facilement d’un revers de main la vraie problématique : Quand cesserons-nous de payer, de subir le fait d’exister tels que nous sommes ?

Le dernier Hashtag en date, , prône et incite la visibilité des artistes féminines dans l’industrie des comics en incluant tout autant les amatrices que les personnalités confirmées. Et c’est une excellente chose.
Cette initiative n’est pas nouvelle, par exemple le recueil Womanthology agençait justement à merveille les participations professionnelles et débutantes.
Je l’ai déjà dit des dizaines de fois, Internet a ce merveilleux atout de faire connaitre des artistes féminines, de véritables stars en devenir, grâce notamment aux réseaux sociaux.
Mais heureusement quelque part cela ne suffit pas. En effet peu importe le genre, c’est le talent, la capacité d’un artiste à apprendre et à évoluer qui prime, selon moi.

Ces Hashtags n’ont nul autre but que de faire prendre conscience que dans un milieu patriarcal et hétéronormé quel qu’il soit, les femmes et les LGBT vont devoir se motiver et se soutenir pour réussir, ou même ne serait-ce qu’aller de l’avant un jour de plus.

One More Day.

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Korrasami


LOK Head

Il y a quelques jours je sortais de ma torpeur estivale pour exprimer ma grande déception envers une partie du cast de Supergirl, qui se moquait de façon assez dédaigneuse de l’engouement des fans de la série vis à vis d’une relation fantasmée, un ship comme on dit, entre l’héroïne et sa nemesis potentielle sur le long terme, Lena Luthor.
Alors que j’écris ces lignes et que je m’achemine à faire la review de ce premier volume de The Legend of Korra : Turf Wars, tout s’illumine soudain devant moi : Michael DiMartino et Bryan Konietzko ont totalement adhéré à cette vision inspirée par leurs fans car elle allait complètement dans le sens de tout ce qu’ils avaient cherché à montrer dans leur univers jusqu’à maintenant.
Ne pouvant malheureusement pas développer (pour des raisons évidentes) ce ship entre Korra et Asami dans la série animée, leur histoire pourrait toutefois obtenir une suite avec tout le recul nécessaire grâce à une trilogie publiée chez Dark Horse Comics, et dont le premier numéro est (enfin) sorti mercredi dernier.

Evidemment vous imaginez bien que j’attendais cette suite comme le Messie. Mais cela ne m’a toutefois pas empêché de rester vigilante sur de nombreux points, tant l’univers d’Avatar The Last Airbender est devenu depuis ces dernières années un véritable refuge, je ne compte plus le nombre d’épisodes (re)visionnés le soir à l’heure du repas en compagnie du Sidekick, à tel point que nous pourrions nous perdre et nous retrouver sans encombre autant dans les dédales de Ba Sing Se, de la Bibliothèque, du Monde Spirituel ou des souterrains du lac Laogai. Et nous aurions dans nos poches quelques feuilles de choux à grignoter, et Jinora saurait fort heureusement où nous trouver, jute au cas où…

Il était donc naturellement, et en premier lieu, important que cette suite des aventures de Korra (dont la série vient tout juste d’être diffusée sur France 4) respecte autant graphiquement que scénaristiquement ce fameux cahier des charges. C’est le cas pour certains aspects, malheureusement un petit peu moins bien pour d’autres.
L’histoire de The Legend of Korra : Turf Wars se déroule quelques secondes après la fin du dernier épisode de LOK où l’on voit Korra et Asami bien décidées à s’octroyer quelques jours de vacances après les épreuves fraîchement subies au cœur de Republic City.

Ce qui est constant dans The Legend of Korra, et qui est une notion que j’aime particulièrement, c’est cette confrontation inéluctable entre le monde spirituel sensible aux traditions ancestrales (notamment incarnés par les Maîtres de l’air) et celui des hommes fuyant vers le progrès. Ainsi, Korra et Asami forment à elles deux les faces d’une société en pleine évolution qui a résolument du mal à se trouver.
L’apparition d’un nouveau portail menant au monde des Esprits en plein cœur de Republic City est un événement qui va affecter cet équilibre déjà fragile, mais également faire l’objet de toutes les convoitises dont celles de Wonyong Keum, propriétaire du terrain où se trouve le portail et qui souhaite rentabiliser cette opportunité en créant un parc d’attraction. Si cela ne suffisait pas, la débâcle engendrée par le raid de Kuvira sur la ville a non seulement forcé des milliers d’habitants à vivre dans des camps en attendant d’être relogés, mais également ravivé la guerre de territoires entre les différentes triades, une guerre que souhaite remporter Tokuga, un profane bloqueur de shi.

LOK 1

C’est ce sinistre état des lieux auquel nos deux héroïnes doivent faire face à leur retour de vacances, après quelques jours passés ensemble dans le monde spirituel. Un séjour durant lequel Korra et Asami vont enfin s’avouer leurs sentiments respectifs faisant notamment référence à leur longue correspondance lorsque Korra était en convalescence.
C’est l’aboutissement en toute logique d’une relation qui avait pourtant démarré assez mal, mais qui va désormais être au cœur des nouvelles aventures de l’Avatar, notamment par le biais de la gestion de leur coming out auprès des parents de Korra,  de leurs amis, voire du reste du monde puisque l’Avatar est un personnage public.
Michael DiMartino et Bryan Konietzko intègre ainsi et de façon très juste une nouvelle approche de leur oeuvre, avec la présence de personnages LGBT qui ont en fait toujours été considérés comme canon (c’est ce qu’on appelle le miracle des comics). On apprend ainsi que Kya est lesbienne, que l’Avatar Kyoshi était bisexuelle et que les nomades de l’air toléraient parfaitement l’homosexualité. Mais les scénaristes ont également l’idée de représenter l’homophobie dans les différentes cultures de leur univers, et cette notion est vraisemblablement l’un des défis supplémentaires que Korra devra relever dans cette nouvelle saison.

Ce premier volume de Turf Wars nous livre une généreuse suite des aventures de Korra, à tel point que je me suis sentie complètement frustrée à la fin de ma lecture tant celle-ci fut prenante et trop courte. Irene Koh nous livre un travail très respectueux envers l’oeuvre de Michael DiMartino et Bryan Konietzko, mais je trouve le style qu’elle emploie ici un peu trop cartoony à mon gout, alors que cette série se veut être plus mature que la précédente. De plus certaines de ses cases manquent cruellement de détails et de finition, notamment sur certains visages, ce dont je suis la première à regretter car j’aime beaucoup cette artiste. Pas de quoi fouetter un chat, je trouve ça jute un petit peu dommage.

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Il y a donc de très belles choses dans ce premier épisode de The Legend of Korra : Turf Wars, celui-ci fait toutefois office de longue introduction, mais c’est avant tout parce que ses créateurs ont décidé de prendre le temps d’intégrer des notions importantes, ce qui était impossible dans la série animée diffusée sur Nickelodeon à l’époque. Certaines choses ont heureusement changé depuis en terme de représentation des LGBT dans des programmes pour enfants (je pense notamment aux séries Steven Universe et Adventure Time) bien qu’il reste de gros progrès à faire, The Legend of Korra reste pionnière dans son genre et Turf Wars permet d’offrir à de nombreux fans exactement ce qu’ils attendaient depuis un bon moment.

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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 33


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Massacre à la Tronçonneuse, deuxième partie

Massacre à la Tronçonneuse : Les Comics

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Comme toute bonne saga cinématographique qui se respecte, Massacre à la Tronçonneuse a eu droit à de nombreuses déclinaisons en comics, mais de façon beaucoup moindre que d’autres sagas du même genre : Son aspect hardcore visuellement très cinématographique étant, je pense, émotionnellement assez difficile à retranscrire en bande dessinée. Ça n’a pas empêché plusieurs éditeurs de s’y essayer, pour des résultats parfois assez surprenants, dans le bon comme le mauvais. Petit tour d’horizon des versions dessinées de la famille de dégénérés la plus célèbre du Texas  !

Leatherface, mini série en 4 numéros, publiée aux États Unis par Northstar Comics en 1991

Cette mini série est en fait l’adaptation du troisième film de la saga, elle est écrite par Mort Castle, le premier numéro est dessiné par Kirk Jarvinen et les numéros suivants par Guy Burwell.
L’histoire est exactement la même que le film éponyme à quelques détails près puisque Mort Castle a travaillé à l’écriture de son scénario à partir du script original du film écrit par David Schow.
L’histoire raconte le calvaire de Michelle et Ryan, un couple de passage au Texas alors que les exactions de la terrible famille viennent d’être découvertes  : Les membres de la famille sont en fuite et la police sillonne la région à leur recherche. Mais la famille compte en fait plus de membres et Michelle et Ryan vont vite le découvrir après une échauffourée avec le gérant d’une station service particulièrement belliqueux.

Pour le scénariste, le fait d’avoir écrit son histoire à partir du script original a un effet particulièrement flagrant dés les premières pages  : Le comic est clairement plus violent et gore que le film, déjà lui-même particulièrement édulcoré (2).
Contre toute attente, cette mini-série est particulièrement réussie : L’histoire est très prenante, riche en rebondissements, en scènes gore et les dessins, même si ils restent sur de nombreux points typiques des productions des années 90 sont assez réussis.
Mention spéciale aux couvertures, réalisées par Guy Burwell, splendides  !
En résumé, un bon moment de lecture horrifique, malheureusement aujourd’hui quasiment introuvable à prix décent, chacun des 4 numéros se monnayant autour de 20 dollars…
De plus, il n’en existe pas de version reliée.

Pour la petite histoire, Nothstar avait en projet plusieurs autres comics exploitant la licence, notamment une adaptation du film original de 1974 (une publicité était d’ailleurs visible à la fin du dernier numéro de Leatherface) ainsi que deux one shots : Texas Chainsaw Massacre Portfolio (Avec Dave Dorman au scénario) et Leatherface Special, écrit par Mike Baron qui devait raconter l’enfance du tueur au masque de chaire humaine.
Tout ces projets n’ont jamais vu le jour.

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Jason Vs Leatherface, mini-série en trois numéros publiée par Topps Comics en 1995

Rencontre au sommet entre Jason Voorhees, le tueur au masque de hockey de Crystal Lake et la famille de barjots texane  !
Alors que des industriels véreux ont en projet de vider le lac, plein de déchets radioactifs, dans lequel ce bon Jason repose pour y construire un complexe hôtelier, notre bon vieux tueur monolithique se retrouve enfermé dans un container et expédié vers un dépôt de produits toxiques au Mexique. C’est sans compter la vigueur du bonhomme qui durant le voyage en train s’échappe du container, massacre le personnel à bord et se retrouve au beau milieu du Texas, sur les terres de la famille de Leatherface ! Jason ne tarde pas à croiser leur chemin et contre toute attente, touché par la détresse du monstre masqué à la tronçonneuse dans lequel il se reconnait, fait ami ami avec eux. Mais bientôt, des dissensions apparaissent et l’affrontement parait inévitable.

Écrit par Nancy A. Collins, dessiné par Jeff Butler sur des couvertures de Simon Bisley, Jason Vs Leatherface est un pur comics gore décomplexé, mais particulièrement surprenant sur la façon dont sont traités ses personnages : Le rapport entre Jason et Leatherface est ainsi parfois presque touchant, de même que les rares moments durant lesquels les membres de la famille se livrent à Jason (on pense notamment à la scène du grenier, à la fois touchante et pathétique) ou lorsque ce dernier s’interroge sur son propre statut familial.
Les dessins de Jeff Butler sont quant à eux quasiment parfaits, dessinés dans un style très EC Comics et servent admirablement le récit. Les couvertures acérées de Simon Bisley complètent ce tableau et vous l’aurez compris, Jason Vs Leatherface est une lecture que je recommande plus que chaudement.

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Malheureusement, comme pour le comic Leatherface cité plus haut, trouver les trois numéros à un prix décent est un véritable sacerdoce, aucun éditeur n’ayant reprit les droits des publications Topps, ce comic est probablement à jamais perdu dans les limbes…
Il n’existe bien évidemment pas de version reliée non plus.

Les productions Avatar Press 

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Après le remake de 2003, Avatar Press récupère de nombreuses licences issue des films d’horreur New Line Cinéma, notamment Vendredi 13, Les Griffes de la Nuit et bien sûr Massacre à la Tronçonneuse, pour en produire des adaptations et des comics dérivés.
En ce qui concerne Massacre à la Tronçonneuse, Avatar Press produira deux one shots et une mini série, tous issus de l’univers du remake de 2003, tous se situant chronologiquement avant le film et lui servant de préquelle.

The Texas Chainsaw Massacre Special , one shot publié en 2005

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Dans ce one shot, on suit le calvaire de trois condamnés en fuite et de leurs compagnes. Après avoir braqué l’épicerie de Luda Mae, ils sont pris en chasse par Leatherface et le shérif Hoyt.

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Ce one shot est écrit par Brian Pulido est dessiné par Jacen Burrows, l’un des artistes phares de la maison d’édition et autant être franc d’emblée, malgré sa courte durée ce one shot est une grande réussite, réussissant en quelques pages à parfaitement retranscrire l’ambiance du film, notamment grâce à l’utilisation de tons bruns pour les couleurs et une parfaite ressemblance entre les personnages dessinés et les acteurs du film. Une réussite, dont on ne peut reprocher que la durée, beaucoup trop courte…

The Texas Chainsaw Massacre : The Grind, mini série en trois numéros, publiée en 2006

Le bus d’une chorale de jeunes filles tombe en panne à proximité de l’abattoir abandonné non loin de la ferme de la famille Hewitt. Très vite, le couple qui les accompagnait est tué par Leatherface après qu’ils soient partis chercher de l’aide. Quant aux jeunes femmes et la jeune enfant du couple, elles sont faites prisonnières et droguées par le shérif Hoyt dans l’abattoir en attendant que Leatherface viennent les tuer et les « conditionner ». Les filles vont tenter de s’enfuir, mais se sera pour affronter un à un les différents membres de la famille.

Une fois de plus c’est Brian Pulido qui écrit avec brio cette histoire dérivée du remake de 2003, on retrouve donc les mêmes personnages et les mêmes lieux. Une fois de plus, Pulido prouve qu’il a bien saisi les codes et références visuels du film et livre une histoire haletante, enchaînant les scènes gores et sadiques avec jubilation, le genre de production typique Avatar qui, je l’avoue, me ravisse à chaque fois.

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Niveau dessin, c’est l’artiste Daniel HDR qui s’y colle, dans un style très voisin de celui de Jacen Burrows sans toutefois atteindre le niveau de ce dernier, notamment dans la reproduction des visages des acteurs du film. Néanmoins ça reste parfaitement lisible, The Grind étant comme le one shot précédent une lecture particulièrement jouissive.

The Texas Chainsaw Massacre  Fearbook, one shot publié en 2006

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Quatre amis sont de passage à proximité de la ferme Hewitt, sur le chemin ils s’arrêtent à l’épicerie de Luda Mae mais alors que le shérif était de bonne humeur et aurait pu les laisser repartir sans encombre, Hoyt a des soupçons (fondés) sur le fait que l’un d’eux, végétarien qui plus est (ce qui déplaît fortement à l’irascible shérif) soit sous l’emprise ou en possession de drogues. Il n’en faut pas plus pour que le belliqueux shérif embarque tout ce petit monde jusque chez lui… Commence alors pour les quatre amis un voyage sans retour vers l’enfer.

Brian Pulido laisse sa place à Antony Johnston au scénario et ce dernier s’en sort admirablement en l’espace de quelques pages : Ce Fearbook est une nouvelle fois une réussite, gore, sans concession, sa conclusion à la fois pathétique et terrible laissant un goût amer au lecteur.
Aux dessins, Daniel HDR rempile tout en étant assisté de Mauricio Dias pour les décors : Pas grand chose à reprocher de ce côté, Daniel HDR continuant sur la lancée de The Grind.

On reproche souvent aux productions Avatar Press une certaine facilité dans le gore facile et les productions de pure exploitation : Force et de reconnaître que dans le cas de l’exploitation de la licence Massacre à la Tronçonneuse, le petit éditeur à fourni un travail admirable en adéquation avec le film qu’il exploite.
Après libre à chacun de penser ce qu’il veut de ces comics, personnellement, je suis fan et très franchement je les recommande, surtout si comme moi vous avez apprécié le remake de 2003, dont les comics cités plus haut respectent à la lettre les codes visuels et scénaristiques.
Seule déception, aucun de ces comics n’a été réédité ni collecté dans des éditions reliées et ne le sera probablement jamais pour des problèmes évident de droit… On peut toujours les trouver d’occasion par ci par là, mais souvent à des prix prohibitifs.

Les productions Wildstorm

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En 2007, Avatar Press perd la totalité de ses licences issues des films d’horreur New Line Cinéma qui sont récupérées par DC/Wildstorm. Cette même année, Wildstorm publie une mini série en 6 épisodes sobrement intitulée The Texas Chainsaw Massacre, cette mini série sera suivie de trois one shots et d’une autre mini série en 3 numéros. Un numéro spécial, New Line Cinema’s Tales of Horror, contiendra également une histoire courte mettant en scène la terrible famille (3).

The Texas Chainsaw Massacre, mini série en 6 numéros publié en 2007

Après les événements du premier film, les membres de la famille Hewitt sont introuvables, Erin, la seule survivante est en état de choc et à été placée dans un asile…
Deux agents du FBI sont chargés d’enquêter sur ces odieux crimes, l’agent Blaine est d’ailleurs l’oncle de Pepper, l’une des victimes, et est bien décidé de faire la lumière sur ces crimes odieux et la disparition de sa nièce. Arrivés sur place en même temps qu’une équipe de télévision menée par la présentatrice Kim Burns, les malchanceux nouveaux arrivants vont devoir faire face à la mystérieuse et sadique famille qui loin d’avoir disparue et est au contraire toujours bien présente, couverte par les habitants du coin qui « Ne veulent pas de problèmes avec les Hewitt… ».
Commence alors pour nos malheureuses victimes un véritable voyage en enfer, entre cannibalisme, viols et tortures rien ne leur sera épargné.

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Au scénario, on a deux scénaristes chevronnés à savoir Andy Lanning et Dan Abnett. Il est plutôt surprenant de voir ces deux scénaristes aux commandes de cette mini série, les deux hommes étant plutôt habitués aux productions super héroïques, notamment sur les séries spatiales (le tandem à fait les beaux jours des Gardiens de la Galaxie et de Thanos chez Marvel notamment). La principale différence entre le film et cette mini série, c’est la psychologie des personnages : Là où dans le film (et même dans les comics Avatar Press) pour certains leurs motivations et implications restaient assez nébuleuses, dans cette mini série ils sont tous dépeints comme de véritables psychopathes, cruels et dépravés ne laissant aucune place à l’ambiguïté quant à leur réelle place dans cette famille et leurs intentions. Les scénaristes incluent même de nouveaux membres à la famille étayant ainsi le portrait de famille déjà bien fourni en personnages bizarres.
Ce postulat plus cru et direct déplaira très certainement à ceux qui ont apprécié cette ambiguïté dans le film (on pense notamment au personnage des deux femmes vivants dans la caravane ou le jeune Jedidiah) (4) mais se révèle efficace : On ressent réellement un aspect de survie sans espoir pour les personnages tout au long de l’histoire, les survivants ne pouvant logiquement compter sur personne que sur eux-même pour survivre.
Visuellement, c’est Wes Craig qui dessine l’intégralité des 6 numéros de cette mini série et c’est manifestement très inégal : Les visages sont parfois différents d’une case à l’autre, ressemblant parfois aux acteurs du film, parfois non… Les lacunes sont nombreuses au niveau du dessin et très honnêtement, finissent par gêner la lecture.
Scénaristiquement osée, desservie par une partie graphique tout juste passable, cette première mini série n’est malheureusement pas ce qui est sorti de mieux sur l’univers de Massacre à la Tronçonneuse, une lecture à réserver aux fans pur et dur de la saga.

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Prévue à la base pour être un ongoing, la série se limitera finalement à ces six épisodes, Wildstorm préférant par la suite continuer l’exploitation de ces licences au travers de mini séries plus courtes et de one shots.

The Texas Chainsaw Massacre  : Cut  ! One shot publié en 2007

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30 ans après les événements du premier film, une équipe d’étudiants en cinéma reviennent sur les lieux du massacre pour y tourner un documentaire. Malheureusement pour eux, la maison Hewitt est toujours occupée…

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Une histoire courte plutôt bien fichue, écrite par Will Pfeifer et dessinée par Stefano Raffaele. L’histoire montre ce que sont devenues les membres de la famille trente ans plus tard et son découpage, notamment dans la scène finale, est particulièrement réussi.
Scénario intéressant ajoutant pas mal de choses à la mythologie et agrémenté de dessins réussis, un one shot plus que recommandable.

The Texas Chainsaw Massacre  : About A Boy, one shot publié en 2007

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Cette histoire est en fait une préquelle au film Massacre à la Tronçonneuse  : Le Commencement, sorti en 2007.
L’action se situe deux ans avant, en 1972 et est centrée sur Leatherface. L’instituteur de la ville se rend à la maison Hewitt afin de s’entretenir avec Luda Mae concernant son fils Thomas, futur Leatherface. Dans le même temps, Thomas espionne des jeunes en train de se baigner, surpris il est pris à parti par un des garçons qui se moque de lui et le blesse. Furieux, Thomas se met en tête de se venger…

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Une histoire intéressante, qui approfondie bien et développe des thèmes et histoires que l’on aurait manifestement voulu voir dans le film (5). Au scénario se sont de nouveau Dan Abnett et Andy Lanning et aux dessins l’artiste Joel Gomez, qui livrent une prestation honorable, on appréciera notamment le faciès de Thomas Hewitt, largement inspiré par le Frankenstein de Bernie Wrightson.

The Texas Chainsaw Massacre  : Hoyt By Himself, one shot publié en 2007

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Un histoire courte centrée sur le personnage du shérif Hoyt et de son passé durant la guerre de Corée, conflit durant lequel il fut forcé de se livrer au cannibalisme afin de survivre.

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Très certainement un des meilleurs one shot sorti à ce jour concernant Massacre à la Tronçonneuse. Cette histoire dresse un portrait à la fois terrible, pathétique et sensible du shérif Hoyt et de son passé, rendant le personnage et ses motivations presque logiques aux vues de ses expériences passées : Un must read, renforcé par des dessins absolument sublimes de Wes Craig, qui montre beaucoup encore plus l’étendue de son talent sur cette histoire courte que sur la mini série précédente sur laquelle il à œuvré.

The Texas Chainsaw Massacre : Raising Cain, mini série en trois numéros publiée en 2008

Raising Cain raconte l’histoire de deux frères jumeaux, Cain et Abel, nées au sein du clan Hewitt. L’histoire se situe plusieurs années après les événements du premier film de 2003, la mère des jumeaux est Henrietta, la femme malingre vivant dans la caravane.
Malgré son appartenance à la diabolique et monstrueuse famille, leur mère est bien décidée à les faire échapper à l’héritage familial. Après avoir pris la fuite durant la nuit, Henrietta tombe dans une rivière : Un des bébés est sauvé in extremis par Luda Mae, mais l’autre est emporté par les flots en même temps que sa mère. Henrietta meurt quelques heures plus tard au bord de la rivière, le bébé survit malgré tout et sera recueilli par une famille normale, tandis que l’autre sera élevé dans la famille Hewitt. Leurs deux destins seront ainsi mis en parallèle mais comme beaucoup de malédiction, l’héritage de la famille n’est jamais bien loin et les deux frères vont finir par être réunis…

Très certainement une des histoires les plus intéressantes sorties chez Wildstorm concernant Massacre à la Tronçonneuse : L’histoire est très réussie, brossant une fois de plus un portrait particulièrement effrayant de la famille Texane, farouchement accrochée au concept de la famille unie et malheur à quiconque essayera de passer outre cette idéologie.
L’histoire est signée par la star des comics d’horreur Bruce Jones dont j’avais déjà parlé dans mon Jeudi précédent.
Niveau dessins, j’avoue là par contre être dubitatif : Réalisés par Chris Gugliotti, leur aspect caricatural, limite abstrait, donne certes un certain cachet à l’histoire mais très honnêtement, j’aurais préféré un style plus réaliste qui à coup sûr aurait mieux servi le thème et l’ambiance de l’histoire, mais ce n’est qu’un avis personnel, le style visuel étant parfaitement maîtrisé, pas grand chose à reprocher malgré tout de ce coté là.

Bonus :
The Texas Chainsaw Massacre : The Texas Chainsaw Salesman, histoire courte issue du magazine New Line Cinema’s Tales of Horror, publiée en 2007

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Dans cette histoire courte, un vendeur à domicile s’arrête un soir à la maison Hewitt. Son destin de futur repas semble tout tracé à un détail prés qui pourrait bien le sauver  : Il vend des tronçonneuses  !

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Une histoire courte assez plaisante à la fin surprenante, écrite par Peter Milligan et dessinée de façon admirable par Tom Feister, à lire  !

Contrairement aux productions Northstar, Topps et Avatar, la totalité de ces histoires ont été collectées dans deux albums reliés, la première mini série a même été publiée en France par Panini Comics en 2009 dans leur collection Darkside.

Massacre à la Tronçonneuse est une saga mythique qui au fur et à mesure du temps a su se tailler une place particulière dans le cœur des fans d’horreur : Plus réaliste qu’un Vendredi 13 ou un des épisodes des Griffes de la Nuit, Massacre à la Tronçonneuse nous ramène à une réalité brutale beaucoup plus effrayante et viscérale, chose que peu de sagas horrifique réussissent.
Le premier film reste à ce jour un monument du cinéma d’horreur, quasiment inaltéré par le temps dont la puissance visuelle et évocatrice et encore aujourd’hui presque palpable. Même si le remake de 2003 a choisi de prendre une direction radicalement opposée, ces thématiques sont respectées et en font son digne successeur.
Les comics issus de cette franchise l’ont bien compris et pour la plupart respecte cet aspect, parfois même plus que les multiples suites sorties en film, un tour de force très rares qui mérite amplement que les fans d’horreur s’intéressent à ces produits dérivés, respectueux et honorables très méconnus, même par les fans de la saga, à bon entendeur !

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2 : Massacre à la Tronçonneuse III est dans sa version originale considérablement censurée, comme la plupart des films produit par la société New Line à l’époque  : Plus de 4 minutes de plans gore et de scènes de violence ont ainsi été coupés pour que le film échappe à la classification X aux États Unis, une version non-censurée sortira 12 ans plus tard en DVD, incluant également une fin alternative. Jason Va En Enfer, le neuvième épisode de la série Vendredi 13 aura droit au même traitement.

3 : Ce magazine contient également une histoire courte mettant en scène Freddy Krueger, cette histoire est dérivée de l’univers de la série de films Les Griffes de La Nuit.

4 : Cette ambiguïté sera également absente de la préquelle du remake de 2003, Massacre à la Tronçonneuse, le Commencement, réalisé par Jonathan Liebesman sorti en 2007.

5 : Des scènes racontant l’histoire de Thomas Hewitt auraient dû être tournées mais ne le furent pas par décision des producteurs, voulant garder un aspect plus mystérieux au personnage de Leatherface, il en subsiste quelques traces dans les scènes coupées du film, visibles dans les bonus du DVD.

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Super Queer Fandom Is Super !


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La fameuse Comic Con de San Diego cuvée 2017 vient de fermer ses portes laissant derrière elle son lot de bandes annonces inédites (je pense ne choquer personne en disant que cette manifestation s’est irrémédiablement tournée depuis des années sur l’exploitation de médiums audiovisuels et cinématographiques au détriment des œuvres en papier), de panels gigantesques vouant un culte aux Super Star(K)s du moment, de séances de dédicaces quasi inaccessibles, sans omettre le cœur et la moelle de toute belle convention de comics qui se respecte : la présence de nombreux éditeurs et de leurs artistes respectifs qui auront eu la joie de rencontrer leur lecteurs tout au long de ce week-end dantesque.

Je n’irai probablement jamais à la Comic Con de San Diego (et ça me va très bien) mais je sais que dans cette faune insensée, dans ce tumulte de quatre jours se côtoient comme dans chaque manifestation de ce genre, de nombreuses communautés présentes grâce à leur centre d’intérêt ou leur domaine, qu’il s’agisse du milieu du cosplay, de l’édition, du blogging, et que sais-je encore.

Je ne saurais sans doute jamais parler avec autant de justesse d’une autre communauté que la mienne via ces nombreux médias, par pudeur et soucis de réalisme, mais cela ne m’empêchera jamais d’être solidaire avec elle.
Mais ce dont je suis sure c’est que comme chaque année, une grande partie du milieu Geek LGBT basé sur terre aura eu les yeux rivés vers la côte ouest des Etats Unis tout au long de ce week-end.

Au delà donc des bandes annonces, des panels et des séances de dédicaces partagées via Youtube, deux choses m’auront marqué cette année :

  • Love is Love a été récompensé d’un Eisner Award, c’est à dire la plus prestigieuse des récompenses en matière de comics, dans la catégorie Meilleure Anthologie pour cette année 2017.
    Rien ne m’a plus fait plaisir ce week-end que d’apprendre cette nouvelle. Love is Love devrait rafler toutes les récompenses existantes dans sa catégorie tout simplement parce qu’elle permet de soigner le cœur et l’âme de tous ceux qui ont été affectés de près ou de loin par cette tragédie.Si vous ne connaissez toujours pas ce recueil, vous pouvez en apprendre un peu plus ici, et soyez persuadés que la version française éditée par Bliss Comics sera non seulement respectueuse, mais également légitime dans la continuité de l’oeuvre originale.

 

  • En marge du panel consacré à la 3ème saison de Supergirl, une interview vidéo diffusée sur la chaîne de MTV s’est transformée en véritable séquence post 3ème mi-temps où la plupart du casting s’est mis à se moquer froidement d’une extrapolation issue du fandom de la série, celle que l’on appelle SuperCorp et qui met en scène une intrigue amoureuse entre Kara et Lena, un sujet viral notamment sur Tumblr dont je vous ai déjà parlé ici.

    Ici on parle de fan fictions, qui comme son nom l’indique sont des visions alternatives, fantasmées, composées par des écrivains en herbe dont LE BUT est essentiellement de faire du bien à ceux qui les lisent, de partager une passion pour un univers en y respectant ses codes, tout en innovant de façon assez personnelle sur la tournure d’une intrigue et surtout sur la relation entre ses personnages.
    Tout le monde sait très bien que ce qu’on appelle le ship en anglais entre Kara et Lena n’aura jamais lieu dans la série officielle, et c’est bien entendu pour cela que les fan fictions d’une manière générale existent, elles extrapolent des directions inexploitées, souvent issues de minorités qui se sentent encore trop souvent lésées par les médium généralistes.
    Alors basher aussi grossièrement le temps d’une sauterie audiovisuelle une interprétation libre, non officielle et surtout issue d’une communauté que la série est censée respecter dans sa seconde saison est digne d’une tentative de suicide en terme de promotion de la part de la quasi totalité du casting.Je parlerai du couple Sanvers au cœur de la seconde saison et de son devenir dans un autre post, car ce n’est pas le propos ici.
    Il est déjà clair qu’il existe un PUTAIN de malaise entre la direction prise, pro LGBT en ce début de 2ème saison, la mièvrerie digne du Cœur a ses Raisons quasiment tout du long de celle-ci, et la conclusion généreusement ouverte (manière de garder cette communauté de spectateurs en otage) mais rapidement obturée par les nouvelles du départ de la comédienne Floriana Lima qui n’interviendra du coup qu’épisodiquement tout au long de la troisième saison, car convoitant de meilleures opportunités professionnelles (ce que fit Laura Prepon sur Orange Is The New Black, mais grâce à un peu de bon sens comme cette dernière, on peut espérer qu’elle fasse demi tour).Alors comment expliquer ce consternant dérapage lors de cette interview ? A aucun moment je serai capable de dire que tel ou tel membre du casting est homophobe car ce serait évidemment un mensonge. Jeremy Jordan a notamment fait le maximum pour faire libérer sa cousine lesbienne d’un établissement anti-gay où elle était retenue contre sa volonté il y a tout juste un an, l’interprète de Winn s’est d’ailleurs excusé assez rapidement via les réseaux sociaux, quant à Melissa Benoist on se souvient de sa pancarte brandie en pleine Woman March le 21 janvier dernier, je l’imagine mal manifester pour le droit des femmes et dénigrer aussi violemment une partie de ses fans LGBT.

    Et ce dénigrement (sous couvert de l’humour) de ce fandom est d’autant plus flagrant lorsque l’on compare la réaction de l’ensemble du cast face à celle de Katie McGrath qui interprète Lena Luthor dans la série et également présente lors de cette entrevue. Le contraste est saisissant. Là où les autres acteurs sont en parfaite roue libre, la divine Katie en grande professionnelle va tenter de sauver les meubles comme elle le peut comme on le voit dans la vidéo.
    Elle enfoncera un peu plus tard le clou dans une autre interview, cette fois-ci soutenue par Odette Annable (qui va incarner l’antagoniste Reign dans la 3ème saison).

 

 

Katie McGrath c’est juste la grande classe, et tout ce que j’espère si ce n’est pas déjà fait c’est que le reste de cette équipe de bras cassés se fasse chauffer les oreilles par Papa Berlanti, parce que se gausser d’une catégorie de fans qui, mine de rien, contribue à la notoriété du show c’est se tirer soi-même une balle dans le pied.

Et pendant ce temps là, Wynnona Earp qui embrasse (c’est le cas de le dire !) à pleine bouche sa Queeritude est reconduite pour une 3ème saison.
D’ailleurs sur ce, je vous laisse sur ce tweet d’Emily Andras, productrice de la série :

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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 32


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Massacre à la Tronçonneuse, première partie

Il est des films qui marquent durablement, que ce soit le spectateur, le monde du cinéma, la culture populaire et l’imaginaire collectif. Une famille de cannibales du fin fond du Texas, des victimes terrorisées, une ambiance glauque et poisseuse ainsi qu’un boogeyman devenu depuis une figure emblématique de l’horreur moderne : Il n’en aura pas fallu plus pour faire de The Texas Chainsaw Massacre (Massacre à la Tronçonneuse en France) un film culte, symptomatique de son époque et représentatif de toute une nouvelle génération de cinéastes et de films qui en leur temps vont redéfinir le monde de l’horreur au cinéma. Massacre à la Tronçonneuse s’est aussi une licence foisonnante : Sept films, des produits dérivée à la pelle et bien sûr vous vous en aurez douté puisque c’est le nerf de cette rubrique, des comics !
Avant de nous intéresser plus particulièrement aux déclinaisons en format neuvième art de cette saga mythique, petit rappel de ce qu’est Massacre à la Tronçonneuse, son histoire et son impact.

At the chainsaw – chainsaw buffet
The secret ingredient screams
You’re my main course
At the chainsaw buffet
Feed on man-eaters’s cuisine
At the chainsaw – chainsaw buffet

Lordi – The Chainsaw Buffet, extrait de l’album The Arockalypse (2006) (1)

Note  : Pour des raisons de place et d’exhaustivité, je ne m’intéresserais qu’à deux films de la saga, à savoir le film original et son remake de 2003. Le premier pour son coté historique et iconique et le second d’une part pour sa qualité indéniable, et car la plupart des comics Massacre à la Tronçonneuse sont issus de l’univers de ce film.

Massacre à la Tronçonneuse  : L’enfant de la douleur

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Massacre à la Tronçonneuse sort sur les écrans américains le 1 octobre 1974 et pour les américains c’est un choc, aussi bien visuel qu’émotionnel : Le film est d’une violence crue, brutale et sans concession, du jamais vu jusqu’alors. Filmé de manière réaliste, limite documentaire, le film choque, dégoûte, indigne et fascine : Nous sommes dans les années 70 et le cinéma d’horreur amorce déjà depuis plusieurs années un virage vers quelque chose de nouveau et Massacre à la Tronçonneuse va en être l’une des pierres angulaires.

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L’histoire raconte la calvaire vécu par Sally Hardesty et sa bande d’amis : Alors qu’ils traversent le Texas en van, Sally et son frère handicapé Franklin insistent pour faire un détour par leur maison d’enfance. En chemin ils prennent en auto-stop un personnage aussi excentrique qu’inquiétant : Scarifié, en proie à un accès de démence, il s’entaille la main en hurlant de rire avant d’être éjecté du van. Arrivé à une station service, pas plus d’aide ne leur viendra du gérant, personnage affable mais bizarre…
Arrivés à la maison d’enfance de Sally et Franklin, quelques membres du petit groupe disparaissent à proximité d’une petite ferme se trouvant non loin. Très vite la nuit tombe et commence alors pour Sally un véritable calvaire aux mains d’une des familles de psychopathes les plus dangereues et les plus sadiques jamais vus au cinéma.

Pour comprendre l’impact du film, il faut se remettre dans le contexte de l’époque : Nous sommes à la fin des années 70, les États Unis sortent péniblement de la guerre du Viêt Nam, un conflit qui leur aura coûté leur fierté, aura divisé le pays et marque en quelque sorte la fin de l’idéal de vie à la mode américaine. Le modèle de « l’American Way of Life » est ébranlé par ce conflit sanglant, les jeunes générations cherchent à se démarquer mais se heurtent à la réalité : Le mouvement hippie a du plomb dans l’aile et montre ses limites, la jeunesse est déboussolée et désillusionnée, l’actualité et frappée par des faits divers qui vont eux aussi marquer l’époque : Le scandale du Watergate ébranle l’Amérique et des noms comme Ed Gein, Charles Manson, Ted Bundy ou John Wayne Gacy font les gros titres des journaux. Pour la plupart de ces criminels, ils sont tous de la même génération et leurs méfaits participent à façonner un nouvel imaginaire horrifique, plus réaliste, dont le cinéma va vite s’emparer.
Dans les années 50/60, le cinéma est dominé par l’horreur gothique de la Hammer, des films qui placent l’horreur dans des châteaux luxuriant européens et confrontent les victimes à des monstres pour la plupart issus de la littérature populaire : Dracula, le monstre de Frankenstein ou la Momie sont les têtes d’affiche de toute une pléthore de films dont le succès s’étiole considérablement à cette époque, le public ne croit plus à ces histoires trop souvent ressassées et cherche de la nouveauté.

Quelques films et réalisateurs vont commencer à marquer une évolution du style vers quelque chose de différent, dés le milieu des années 60 quelques films vont apparaître et progressivement faire évoluer l’horreur au cinéma vers quelque chose de différent : On notera des films comme 2000 Maniacs de Herschell Gordon Lewis en 1964, La Nuit des Morts-Vivants de George Romero en 1968, Black Christmas de Bob Clark en 1974, Le Mort Vivant de ce même Bob Clark la même année qui reprend le thème du symptôme post-traumatique de la guerre du Viêt Nam, La Colline à des Yeux de Wes Craven en 1977, Halloween de John Carpenter en 1978, Zombie de George Romero et I Spit On Your Grave de Meir Zarchi la même année et enfin Maniac de William Lustig en 1980.

Ces films ont pour points communs de démonter les codes jusque là établis par le cinéma d’horreur et d’amener l’horreur au plus proche du spectateur : Fini les monstres classiques, les châteaux hantés et les cimetières brumeux, les nouvelles faces de l’horreur ont des visages humains, tueurs en séries, zombies, psychopathes en tout genre sont légions et l’action est délocalisée dans les quartiers pavillonnaires, les campagnes et les lieux de vie communs (hôpitaux, centres commerciaux etc.). De ce fait, le spectateur se sent du coup plus impliqué dans l’action donnant au cinéma une authenticité accrue, c’est d’ailleurs sur cet aspect réaliste que va jouer au maximum Massacre à la Tronçonneuse, jusque allez dans… La publicité mensongère  !

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L’idée de Massacre à la Tronçonneuse vient au jeune réalisateur Tobe Hooper durant les années 70 alors qu’il n’est qu’un simple étudiant en cinéma documentaire, ces études seront d’ailleurs déterminante pour le style visuel de son futur film.
Il développe l’histoire pendant des années, s’inspirant notamment beaucoup du tueur nécrophile Ed Gein, dont il reprendra beaucoup d’éléments, notamment la ferme isolée, le masque en peau humaine de son tueur à la tronçonneuse et l’attirance pour la profanation de cadavres d’un des autres personnages. Pour ce qui est de la tronçonneuse, l’idée lui est venu alors qu’il était en train de faire la queue dans un magasin, il remarqua un étalage avec des tronçonneuses et se dit que si il pouvait en saisir une et découper les autres clients avec, il avancerait plus vite.
Le scénario définitif sera écrit par Tobe Hooper et Kim Henkel et le tournage commence dans une petite ferme de Round Rock au Texas, durant l’été 1973.
La plupart des acteurs sont de parfaits inconnus, pour la plupart, ils sont texans et ont simplement joué dans des publicités ou des films d’entreprise.

Les conditions de tournage sont extrêmes : Dans la petite ferme, la température estivale avoisine souvent les plus de 40 degrés et dû à un budget serré, l’équipe tourne parfois jusque 16 heures par jour, mettant à rude épreuve les nerfs des acteurs : La relation avec certains acteurs, notamment William Vail qui, excédé par les conditions de tournage deviendra insupportable, la légende raconte même que Tobe Hooper le fera mourir plus tôt que prévu dans le film afin de se débarrasser de lui.
De plus, l’atmosphère du plateau est très lourde : Pour les besoins du tournage, Hooper et Henkel se sont approvisionnés en os et cadavres d’animaux chez un vétérinaire du coin. Très vite les charognes d’animaux commencent à pourrir à cause de la chaleur et on doit injecter du formol dedans. L’odeur de pourriture, de formol, la chaleur et le manque de sommeil mettent à bout les acteurs et l’équipe technique, si bien que durant la scène du dîner, l’actrice Marilyn Burns craque et fait une véritable crise de nerfs, visible à l’écran, cette scène n’étant en fait pas simulée.

L’autre acteur du film à souffrir du tournage n’est autre que Gunnar Hansen, qui interprète Tronche de Cuir : Afin que les autres acteurs le trouvent toujours impressionnant et ne sympathisent pas avec lui, il passe la totalité du tournage à l’écart des autres, portant son masque durant parfois 16 heures par jour, même pour manger.
Encore pour des raisons budgétaires, le sang utilisé dans le film est du véritable sang d’animaux, récupéré dans un abattoir car moins cher que le sang factice.
Niveau budget, le film devient rapidement un gouffre : Prévu au départ pour ne coûter que 60 000 dollars, il en coûtera en fait plus de 300 000…

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Conscient que le réalisme est une part essentiel du succès d’un film, la première bande annonce du film n’hésitera pas à scander « Ce qui se passe est réel », l’idée d’un tel slogan étant venu à Hooper après qu’il ait vu dans la rue l’affiche d’un film d’horreur de série B utilisant le même genre d’accroche.

Le film sort le 1 octobre 1974 à Austin au Texas dans une version classé X (interdit au moins de 18 ans), Hooper demandera à de nombreuses reprises à la MPAA d’examiner de nouveau le film afin qu’il obtienne un classement R, classement accordé après la coupe de plusieurs scènes.
Une version complète du film sera finalement diffusée avec une interdiction R à San Francisco, provoquant le départ de plusieurs spectateurs durant la projection du film. En 1976, deux cinémas d’Ottawa au Canada projetteront le film, les gérants seront alors convoqués par la police locale afin de cesser sa diffusion sous peine de condamnations.
Le film sera interdit dans de nombreux pays, notamment l’Angleterre qui après un an de diffusion en salles censurera le film, censure qui ne sera levée qu’en 1998. Le film sera également interdit dans sa version intégrale en Australie, le pays des kangourous lui préférant sa version coupée R du MPAA américain. Le film sera également interdit de diffusion et d’exploitation dans de nombreux pays, notamment la Suède, la Finlande, le Chili, l’Irlande et la France.
Pour ce qui est de notre beau pays, il sera interdit par cinq ministres de la culture successifs, et malgré l’acharnement du distributeur René Chateau qui a acquis les droits du film, c’est finalement Jack Lang qui lèvera cette interdiction en 1979. Massacre à la Tronçonneuse sera d’ailleurs le premier film que René Château éditera en VHS dans sa collection « Les Films que Vous ne Verrez Jamais à la Télévision  , suivront d’autres films marquants comme Zombie de George Romero et Maniac de William Lustig.

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Malgré tous ces aléas, le film est un succès mondial et rapportera rien qu’aux États Unis plus de 31 millions de dollars, devenant l’un des films d’horreur les plus rentables de l’histoire, il ne sera détrôné que 4 ans plus tard par Halloween de John Carpenter.

D’un simple film a petit budget, filmé et distribué dans la douleur, Massacre à la Tronçonneuse devient un des films emblématiques de l’histoire du cinéma en redéfinissant (ainsi que d’autres films de l’époque) tous les codes de l’horreur. Un film charnière, indispensable qui quelques décennies plus tard, n’allat bien évidemment pas échapper à la mode du remake…

Massacre à la Tronçonneuse 2003  : On ne prend pas les mêmes et on recommence  !

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En 2003, le producteur Michael Bay, à l’époque tout juste auréolé de ses succès en tant que réalisateur sur des films d’action comme Bad Boys, Rock, Armageddon et Pearl Harbor décide de produire un remake de Massacre à la Tronçonneuse.
Levée de boucliers immédiate de la part des fans qui voient en l’intention de cet actioner une entreprise purement mercantile qui débouchera forcément sur un futur nanar, hors c’était bien mal connaître le gaillard.
Pour ne rien arranger, Bay nomme à la réalisation un parfait inconnu du nom de Marcus Nispel, réalisateur allemand qui n’a jusque là réalisé que des clips vidéos, notamment pour Faith No More, Janet Jackson et surtout Mylène Farmer, pour qui il a d’ailleurs réalisé 4 clips.
Contre toute attente, la collaboration entre le faiseur d’explosions américain et le jeune réalisateur allemand va donner à ce remake une qualité jusque là rarement atteinte pour un film de ce type.

Sorti sur les écrans en France le 21 janvier 2004, le film est boudé par la presse mais plébiscité par le public : Dés son premier week-end d’exploitation, il rapporte plus de 80 millions de dollars de recettes et reçoit de nombreuses critiques favorables, encore de la part du public.

Pour ce qui est du film en lui-même, j’avoue ne pas avoir accroché au premier visionnage et il a fallu que je le revois pour vraiment l’apprécier et il fait maintenant parti de mes remakes favoris (avec L’Armée des Morts de Zack Snyder, La Colline à des Yeux de Alexandre Aja et Halloween de Rob Zombie) et ce pour de nombreuses raisons, que je vais soumettre ici.

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Première chose appréciable, ce remake n’est pas tombé dans le piège de la copie conforme : Plutôt que de refaire le film original, le remake n’en prend que la trame originale, à savoir un groupe de jeunes, perdu au fin fond du Texas en proie avec une famille de psychopathes.

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De là, Michael Bay et son scénariste Scott Kosar vont complètement se détacher du film original et faire un film complètement différent : De passage dans une petite ville du Texas, en route pour un concert, Erin et ses amis prennent en stop une jeune femme visiblement en état de choc, bredouillant des phrases à peine compréhensible. La jeune femme fini par se suicider en se tirant une balle dans la tête à l’arrière de leur van…
Effrayés, gênés par une cargaison de cannabis qu’ils comptaient vendre durant le concert, le groupe d’amis fini par s’arrêter dans une station service et appelle le shérif du coin pour demander de l’aide. Ledit shérif leur donne rendez-vous non loin de là mais alors qu’il tarde à arriver, certains membres du petit groupe finissent par explorer les alentours et découvrent une grande bâtisse, seulement habitée par un vieil homme acariâtre en chaise roulante.

Après un coup de fil au shérif, Erin et un de ses amis sont attaqués par un individu masqué armé d’une tronçonneuse. Entre temps le shérif est arrivé sur les lieux et trouvant un joint de cannabis dans la voiture, livre un interrogatoire musclé aux jeunes gens et fini par les emmener chez lui menottes aux poignets, son chez lui étant la fameuse bâtisse découverte par Erin quelques heures plus tôt…
Commence alors pour les survivants une nuit d’horreur aux mains d’une terrifiante famille de psychopathes.

Le film est surtout remarquable sur deux points : D’une part sa direction artistique, absolument fantastique, et sa réalisation. L’addition de ses deux facteurs donne au film un cachet visuel d’une efficacité redoutable. D’un aspect sombre, poisseux et glauque, les décors sont une part intégrante de l’efficacité visuelle du film, Nispel ayant un talent indéniable pour filmer les décors.
La réalisation est également un des points forts du film : Rythmée et nerveuse pendant les phases de tensions, elle sait également se faire plus contemplative (voir notamment ce plan magnifique de Erin marchant sous des arbres ombragés), jouant avec les nerfs des spectateurs.

De ce coté on peut également féliciter la production sans faille du film, même si on n’apprécie pas Michael Bay, force est de reconnaître que sur ce genre de film, c’est un producteur de génie.
Dernier point et pas des moindres, le casting et l’interprétation : la tête d’affiche est Jessica Biel, à l’époque surtout célèbre pour son rôle de petite fille modèle dans la série bigote 7 à la Maison qui livre une performance intense très efficace. Autre point fort du casting, le rôle du shérif sadique est tenu par Robert Lee Ermey, acteur populaire pour son rôle de sergent instructeur sadique dans le Full Metal Jacket de Stanley Kubrick. Quand au rôle de Leatherface, il est tenu par Andrew Bryniarski, un acteur habitué des seconds rôles qui demanda lui même à Michael Bay d’auditionner pour le rôle.

Tout ces facteurs combinés font de ce Massacre à la Tronçonneuse version 2003 un film d’une redoutable efficacité, brutal, rapide et cru, il prend à contre-pied le film original pour livrer quelque chose de différent et réussi impeccablement à imposer une ambiance, un rythme qui lui est propre : Un remake détaché du film original, qui réussi à se créer sa propre identité, la définition même du remake réussi  !

Fin de la première partie, rendez-vous le mois prochain pour passer au crible les comics issues de la saga de la famille texane la plus barrée de l’histoire du cinéma  !

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