Switch #1 : la preview


Alors que Top Cow a une bien étrange façon de célébrer les 20 ans de Witchblade en annulant cette série culte (ici, on a mal) au mois d’Octobre avec le #185, l’éditeur ne condamne pas l’existence de l’artefact qui a fait sa renommée dans l’industrie pour autant.
Est ainsi lancée dans la foulée une toute nouvelle série intitulée Switch, au départ un webcomic initié par ce bon Stjepan Sejic et disponible sur son DeviantArt depuis plusieurs mois. Switch c’est un peu l’anti-Witchblade des années 90, ici pas d’héroïne aux mensurations de rêve mais une adolescente qui se retrouve être la nouvelle détentrice du bracelet magique, et qui est capable de communiquer avec ses prédécesseures appartenant à différentes époques.
Se positionnant entre le reboot et la version hors continuité, nous retrouvons dans Switch les grandes figures mythologiques de la série mère, à savoir The Darkness et Angelus, et des personnages que l’on avait pas vu depuis un bail tels que Sonatine et Kenneth Irons.
Le tout semble très prometteur, donnant une chance supplémentaire d’accrocher de nouveaux lecteurs et leur faire découvrir un univers fantastique qui a certes connu des hauts et des bas, mais qui est sans doute le seul a avoir fait évoluer son héroïne principale aussi longtemps.

Switch sort le 14 Octobre et une preview de 22 pages est disponible ici.

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La guerre des Etoiles


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Sorti (enfin) ce mercredi, le premier numéro de Zodiac Starforce avait de quoi m’envoyer du rêve, teasé par Dark Horse comme étant un savant mélange entre Buffy the Vampire Slayer et Sailor Moon. De quoi ratisser très large me direz-vous, dans un contexte où chaque éditeur tente désormais de tirer son épingle du jeu auprès d’un lectorat de plus en plus féminin et/ou hétéroclite, quitte à se prendre les pieds dans un sac de nœud à l’exemple de DC Comics qui actuellement, n’a définitivement toujours pas réussi, depuis 2011, à cibler son lectorat (c’est vrai quoi, mais qui peut bien lire du DC de nos jours ? Des hommes ? Des femmes ? Des chats ? Des Chiens ? Oh wait… Tout cela en même temps ? C’est bien trop compliqué !!!)

C’est donc au tour de l’éditeur au cheval noir de lancer sa série « girly » (une expression finalement très réductrice), là où d’autres maisons d’édition ont parfaitement réussi dans ce registre, à l’image de Boom Studios ! avec Lumberjanes et IDW et sa relecture de Jem and the Holograms. Ces deux derniers titres étant devenus pour moi des références absolues dans leur manière d’aborder les personnages féminins de façon tout autant positive qu’actuelle, la question était de savoir si Zodiac Starforce était une série qui allait suivre cette tendance, en attendant le Papergirls de Brian K. Vaughan et Cliff Chiang.

Zodiac Starforce 001

Zodiac Starforce démarre en quelque sorte là où la 7ème saison de Buffy the Vampire Slayer, se serait terminée si il n’y avait pas eu de suite en comics : que peut-il bien se passer après qu’une équipe de super héroïnes ait sauvé le monde d’une terrible menace. Emma, ​​Kim, Savanna et Molly, dont les pouvoirs leur ont jadis été légués par une divinité nommée Astra dans le but de protéger la Terre de l’effroyable Cimméria, ont pour certaines d’entre elles payé dramatiquement le prix de leur héroïsme et ont retrouvé chacune une vie normale de lycéenne, entre révisions à la bibliothèque et soirées étudiantes, quitte à ce qu’elles se perdent de vue malgré leurs exploits passés.
Alors qu’Emma, l’ancienne chef du groupe essaie d’avancer en se concentrant sur ses études, Kim ne pense qu’à ressouder le groupe, chose d’autant plus nécessaire depuis la disparition d’une jeune fille depuis quelques jours. L’apparition d’un monstre sur le campus obligera les filles à se réunir en urgence, mais la solidarité et l’esprit des Zodiac Starforce ne sont plus ce qu’ils étaient.

Ce premier numéro, qui réussi à esquisser autant la psychologie de chaque personnage que les événements qui ont engendré leur désunion, nous donne envie d’en lire plus si l’on est pas d’emblée hermétique au genre des magical girls et surtout à une omniprésente teinte rose qui pourra en rebuter plus d’un. Mais le côté rose-bonbon, graphiquement parlant, de ce numéro dénote pourtant de sa teneur dramatique (un bon point pour le scénariste Kevin Panetta), ici encore, un tel mélange des genres ne pourra pas convenir à tout le monde.
Paulina Ganucheau nous offre des planches très dynamiques aux influences manga et web comic bien assumées, donnant à Zodiac Starforce une véritable identité visuelle nous permettant d’être rapidement séduits par ses héroïnes.

Zodiac Starforce 1-2

Tout cela démarre donc très bien, l’avenir nous dira si cette série parviendra a atteindre le niveau des illustres titres cités plus haut, elle est en tout cas bien partie pour aller dans ce sens.

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Les jeudis de l’angoisse (des comics) #10


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Rob Zombie et son Bigfoot

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Il y a des choses que l’on regrette dans la vie, des choix que l’on a fait ou des choses pour lesquelles on s’est passionné et qui avec le recul se sont révélées être une inépuisable perte de temps et d’énergie. Pour moi il y en a deux : Dragon Ball Z (1) et le paranormal.
Le fameux manga et le surnaturel sont donc deux choses auxquels je regrette très sincèrement de m’être passionné, surtout qu’en plus, je m’y suis intéressé en même temps et à la même période.
Mais que ce soit l’un ou l’autre, il y a des restes… Je l’avais déjà prouvé avec le Jeudi consacré à Grey et le très long paragraphe sur les extra-terrestres et je vais donc par la force des choses et parce que le sujet de ce mois-ci s’y prête de nouveau, remettre le couvert et prendre le risque de, encore, passer pour un illuminé.
Donc on va parler légendes urbaines ce mois-ci et parmi les légendes urbaines américaines, il en existe une (en fait beaucoup… Trop… Enfin bref  !), de légende urbaine, qui a la dent dure ou plutôt le pied large, et qui persiste avec les années : Celle du Bigfoot.
Comme toutes les légendes urbaines américaines, elle est une base inépuisable pour des adaptations, y compris les comics et ça tombe bien, puisque c’est une rubrique sur les comics  !

(Note de l’auteur : Et puis au passage je vais en profiter pour vous parler d’une de mes idoles, parce que quitte à paraître pour un débile en parlant de singes cryptzoologique, autant que je me fasse aussi un peu plaisir quand même.)

Avant de nous lancer dans la présentation de la bande dessinée, petite mise à nouveau si les grands singes poilus des bois ne vous sont pas familiers, à moins que vous en ayez un dans votre famille ? Non, oui ? Bon moi j’ai mon tonton Robert, mais bon, il paraît que ce n’est pas vraiment un singe… Pourtant il a des poils partout, même dans les oreilles. Enfin bref.

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Représentation classique d’un Bigfoot

Historiquement parlant, il faut tout d’abord savoir que ce mythe du primate hominidé est quelque chose de bien ancré et d’explicitement présent dans la plupart des cultures de part le monde : Dans la religion chrétienne, Esau est décrit comme étant un homme de grande taille aux poils roux et même dans l’Islam, une créature nommée Al Djassassa a l’apparence d’un Bigfoot. L’autre primate hominidé le plus célèbre au monde est bien sûr le yéti tibétain, mais par souci d’exhaustivité, je ne vais pas m’étendre sur le susnommé.
Pour ce qui est du Bigfoot (ou Sasquatch en Amérique du Nord), il faut savoir que bien avant l’arrivée des colons, les amérindiens avaient déjà dans leurs légendes et leur folklore des histoires décrivant l’existence de ce genre de créatures, de même, lors de la ruée vers l’or, de nombreux témoignages oraux viendront en plus étoffer la légende de cet être mystérieux. Tout cela aura pour effet d’établir la créature comme une des légendes urbaines les plus répandues dans la culture américaine. Son nom vient du fait que l’on retrouve souvent dans son sillage de larges empreintes de pieds, qui font la joie des amateurs qui les moulent avec passion. Le Bigfoot est donc une créature dont la renommée vient de ses panards… Normal.
Historiquement parlant, la renommée du Bigfoot et l’intérêt que lui porteront les amateurs de surnaturel et de paranormal (plus particulièrement la cryptzoologie, l’étude des animaux mystérieux, car oui, oui, ça existe !), commencera officiellement en 1967 lorsque Roger Patterson et Robert Gimlin filmeront un Bigfoot dans les bois de Bluff Creek en Californie avec une caméra 16mm. Cette vidéo de quelques minutes, considérée depuis comme un classique, va propulser le Bigfoot sur le devant de la scène du paranormal. L’authenticité de cette vidéo est néanmoins largement contestée, du fait de sa qualité d’une part, très approximative et aussi par le fait que de nombreuses personnes ont révélé avoir participé à la supposée supercherie qui selon ces personnes aurait été entièrement montée par Roger Patterson sans que Robert Gimlin ne soit mis au courant.


La fameuse vidéo de Patterson et Gimlin

Quoi qu’il en soit, d’un point de vue purement objectif, vu la renommée de la vidéo, il serait aujourd’hui risqué de prouver qu’elle est fausse vu la passion qu’elle a engendré. Cependant et pour prendre un exemple concret, on sait depuis des années que la première photo du Monstre du Loch Ness était fausse mais cela n’empêche pas des milliers d’amateurs de continuer à y croire.
En ce qui me concerne, je pense que cette vidéo du Bigfoot est fausse et que sa qualité plus que médiocre permet toutes les interprétations possibles, d’où sa renommée.
Ce qui est plutôt amusant, c’est que malgré l’évolution des moyens d’enregistrement vidéo, les vidéos supposées de Bigfoot qui vont être révélées par la suite vont toutes avoir un point commun : Celui de devenir de moins en moins claires et précises au fur et à mesure des perfectionnements des moyens vidéos…
De nombreuses vidéos tournées dans les années 70/80 vont ainsi apparaître, pour la plupart truquées et il faudra attendre 2001 pour qu’une nouvelle vidéo supposément authentique fasse son apparition. La vidéo dite de Marble Mountain (toujours en Californie), tournée par de jeunes catholiques en randonnée. La vidéo montre les jeunes découvrant une étrange habitation constituée de branchages, peu après, le cameraman film une imposante silhouette en haut d’une colline à plusieurs centaines de mètres. L’être, visiblement en colère, parcourt le haut de la colline avant de disparaître derrière une formation rocheuse.
Tournée à l’aide d’une caméra VHS, cette vidéo est symptomatique de ce que je disais plus haut, à savoir que plus les moyens d’enregistrement vidéo se perfectionnent et moins les vidéos réputées «  authentiques  » deviennent claires… En effet, cette fameuse silhouette, ça peut dans le fond être n’importe qui : Un randonneur qui fait des signes par exemple et son physique supposément imposant peut aussi être un trucage ou une déformation due à la qualité de la vidéo, de l’éclairage, etc. Mais non, il s’agit bien évidemment d’une nouvelle preuve de l’existence du Bigfoot
Pour la petite anecdote, il s’agit de la vidéo la plus longue du genre jamais tournée.


La vidéo de Marble Mountain

Le 16 avril 2005, le pilote de ferry Bobby Clarke filme de nouveau un Bigfoot au bord d’une rivière à Manitoba au Canada. On remarquera la chance du pilote qui ce jour là se baladait à son travail avec une caméra… Cette vidéo fait les gros titres des journaux et très franchement, j’ai beau l’avoir vu des dizaines de fois, je n’y vois mais alors strictement RIEN ! Cette vidéo confirme ma théorie comme quoi plus les moyens de technologie évoluent et moins les vidéos de ce genre deviennent claires.


La vidéo de Manitoba

Pour en finir avec les «  preuves  » vidéo, la dernière en date apparaît en 2010. Lors d’un tournage sur un pêcheur à la mouche, une équipe de télévision filme accidentellement (l’apparition dure à peine quelques secondes) ce qui semble être un groupe de Bigfoot au bord d’une rivière. Là vous vous dites sûrement : Équipe de télévision = Matos de compétition pour filmer et donc vidéo de qualité. Faux, encore une fois la vidéo est floue, instable et on peine vraiment à y apercevoir quelque chose.


La vidéo de la rivière McKenzie

Pour ce qui est des témoignages oraux, ils ont quasiment le même point commun à savoir de décrire un être agressif. De nombreux récits de campeurs décrivent des attaques nocturnes contre des tentes ou des caravanes, la plupart du temps lesdits campeurs prennent la poudre d’escampette et concluent souvent à une attaque d’un animal sauvage, mais pas un ours ni un puma, non, non… Mais un Bigfoot (2). Pour ma part, la plupart de ces récits sont des canulars montés de toute pièce ou de mauvaises interprétations, et ne doivent absolument pas être pris sérieusement.

Cet état de fait est d’ailleurs une constante aux États-Unis qui même s’il est un des pays historiquement parlant les plus jeunes au monde, détient paradoxalement le record d’observations de phénomènes paranormaux, OVNI, cryptzoologie ou phénomène de hantise compris. Une constante de ces phénomènes étant d’ailleurs souvent une certaine agressivité du sujet observé envers les observateurs, parce que quitte a être mystérieux, autant être méchant !
On a cru en 2008 avoir enfin une preuve probante de l’existence du Bigfoot lorsque deux hommes nommés Rick Dyer et Matthew Whitton révèlent avoir découvert et conservé dans un congélateur le cadavre d’un Bigfoot. La supercherie durera un temps, CNN organisera même une conférence de presse pour l’occasion, jusqu’à ce que l’on découvre que les deux hommes possèdent une boutique spécialisée dans… Les produits dérivés issue du Bigfoot ! Le fameux Bigfoot congelé se révélera être en fait un mannequin portant une combinaison de gorille en caoutchouc…

Enfin bref, pour conclure : Il n’existe à ce jour aucune preuve matérielle probante de l’existence du Bigfoot, ce qui n’empêche pas d’occuper des milliers de passionnés à travers le monde. La communauté scientifique quant à elle est divisé en deux clans : D’un côté le clan de ceux qui veulent prouver une bonne fois pour toute l’existence d’une telle créature en en capturant un, mort ou vif et de l’autre, un clan heureusement plus majoritaire qui admettent que si le Bigfoot existe vraiment, il a réussi à vivre caché durant toutes ces années et que le mieux est qu’il continue et qu’on lui fiche la paix.

Pour ce qui est des déclinaisons dans les médias culturels, le Bigfoot reste un personnage de choix, surtout dans les séries TV. Ainsi dans la série pour enfants de Joe Dante Eerie Indiana (Marshall et Simon, diffusée en France dans le cadre de l’émission les Mini Keums en 1995) un Bigfoot arpente les rues de la petite ville à la nuit tombée pour y faire les poubelles (3).


Générique de Eerie Indiana / Marshall et Simon

Une série TV lui sera même entièrement dédiée, Bigfoot et les Henderson. Dérivé du film du même nom sorti en 1987.

Alors qu’il rentre chez eux en voiture, la famille Henderson heurte un Bigfoot qu’il ramène chez eux. L’être est baptisé Harry par la famille et est rapidement adopté. Le film comme la série ont un énorme succès de part le monde et participeront grandement à la renommée du personnage.
Je vous conseille surtout le film, typique des films de monstres gentils des années 80 qui est vraiment très sympathique, surtout pour son coté écologique.

Bande-annonce du film Bigfoot et les Henderson

Dans le domaine de l’horreur, il existe peu de versions horrifiques du mythe du Bigfoot, la plupart des films sont soit des documentaires (vrais ou faux), soit des courts métrages ou des épisodes de séries anthologiques (l’épisode Southern Sasquatch de la série Lost Tapes par exemple). Il existe bien sûr des films d’horreur sur le sujet, mais la plupart sont mauvais, voir très mauvais. Le dernier exemple en date étant Abominable (2006), film qui porte malheureusement bien son nom…

Pour ce qui est des comics, là, c’est plus simple puisqu’un personnage Marvel est tout simplement nommé… Sasquatch ! Membre de la Division Alpha, sorte de X-Men canadiens, le docteur Walter Langkowski répète l’expérience ayant donné au docteur Bruce Banner son pouvoir de se métamorphoser en Hulk : L’effet est bien différent puisque le bon docteur se métamorphose en Sasquatch et gardera cette appellation comme nom de code.

3

Sasquatch chez Marvel

Hormis lui, des Bigfoots font des apparitions dans des différents comics, mais toujours dans des rôles très secondaires. Jusqu’à ce qu’une bande dessinée d’horreur soit publiée en 2005 chez l’éditeur IDW et attention, on a une dream-team aux commandes et le résultat est lourd, très lourd  !
Steve Niles, Rob Zombie et Richard Corben  : Il faut quand même avouer que ces trois noms sur la couverture d’un comic, ça a quand même sacrément de la gueule et c’est le cas de Bigfoot, récit horrifique publié en 2005 chez l’éditeur IDW.

Bigfoot, grands pieds, grand monstre, grand psychopathe… Grands auteurs !

Dans les années 70, alors que le jeune Billy est en vacances dans un chalet en forêt, il assiste impuissant au meurtre de ses parents des mains d’une énorme créature qui fait irruption dans le chalet familial. Il survit miraculeusement à l’attaque mais fini traumatisé. Vingt ans plus tard, toujours marqué par ces meurtres horribles, Billy entend à la radio que des meurtres du même type se sont produits non loin du lieu où ses parents se sont fait tuer. Il décide alors de se rendre à cet endroit et de retrouver le responsable de ces meurtres afin d’exorciser une bonne fois pour toutes ses peurs enfantines.
Aux commandes de cette bande dessinée on trouve donc trois célébrités  : Steve Niles, Rob Zombie et Richard Corben, petit tour d’horizon de ce trio horrifique.

4Steve Niles est un scénariste de comics très prolifique. Il grandit à Washington DC et tout jeune il s’intéresse à de nombreux médias, les comics bien sûr mais aussi la musique et le cinéma. Il tourne plusieurs courts métrages et joue dans des petits groupes punks, tout en travaillant dans des comic-shops locaux. Très attiré par les récits d’horreur (il révélera avoir beaucoup été influencé par les émissions de Count Gore De Vol, un présentateur de soirée télévisée horrifique américain), il cite comme référence Berni Wrightson, Georges Romero ou John Carpenter.
Il commence dans les comics en s’auto-publiant sous le label Arcane Comix avec une adaptation du roman de Richard Matheson, Je suis une Légende et plusieurs comics pour les labels Eclipse et Fantaco. Il collaborera ensuite avec Todd McFarlane et écrira des scénarios pour Spawn et surtout Spawn Dark Ages dont il signera les meilleurs chapitres.

Parallèlement, il écrit un scénario d’un film de vampires nommé 30 Jours de Nuit. Il tente de démarcher des producteurs mais essuie refus sur refus. Lors de la création du label IDW Publishings, il soumet une liste de ses projets refusés à Ted Adams, l’éditeur et créateur du label. Adams est assez enthousiasmé par 30 Jours de Nuit et lui propose de remanier le scénario pour en faire un comic dessiné par Ben Templesmith. Steve Niles et Ben Templesmith produisent le premier numéro de 30 Jours de Nuit gratuitement pour des ventes plutôt moyennes… Néanmoins cela aura pour effet de donner un coup de projecteur sur la série qui sera adapté en film en 2007.

En 2004, il forme un partenariat avec la star de la musique Rob Zombie et créé la compagnie Creep International. Deux comics seront publiés suite à cette alliance : The Nail, dessiné par Nat Jones et publié en collaboration avec l’éditeur Dark Horse et Bigfoot avec Richard Corben aux dessins et publié par IDW.
Dans le même temps, Niles créé son personnage de Criminal Macabre, à ce jour son plus gros succès.
De 2006 à 2008, il signera le scénario de plusieurs one shots et mini-séries horrifiques chez DC Comics comme Gotham County Line, The Creeper ou Simon Dark. Son plus gros succès chez DC sera la mini-série Batman : Gotham After Midnight avec Kelley Jones aux dessins.
Il signe aussi en 2007 l’épisode Halloween de Superman nommé Strange Cargo dans lequel Superman, Lois Lane et Jimmy Olsen découvre un bateau rempli de zombies  !

Niles est un auteur très prolifique et faire une liste exhaustive de tous les projets qu’il a réalisé serait franchement difficile, depuis quelques années il collabore régulièrement avec une de ses idoles, Berni Wrightson : Ils ont réalisé ensemble de nombreuses mini-séries comme Dead, She Said, The Ghoul, City of Others et plus récemment Frankenstein Alive ! Alive !, une suite/hommage à l’œuvre originale de Berni Wrightson.

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Rob Zombie est un artiste très complet, à la base chanteur/compositeur/interprète, il est aussi scénariste de comics et réalisateur de films.
Fils de forain, Robert Bartleh Cummings est élevé dans le monde du cirque et il développe très vite un goût très prononcé pour le bizarre et le burlesque ainsi que le divertissement, notamment le catch. Passant des journées entières devant la télévision, il devient un amateur assidu de films et de séries TV, plus particulièrement lorsque celles-ci ont un univers horrifique : Il se passionne très jeune pour les films de la Hammer et les séries TV comme La Famille Addams ou Les Monstres, ainsi que les comics d’horreur.

Il découvre à la même époque le heavy metal et cite des groupes comme Kiss, Alice Cooper, Ministry ou Black Sabbath comme des références notables l’ayant beaucoup influencé.

A 18 ans il rejoint l’école d’art Parsons de New York mais est rapidement renvoyé à cause de ses résultats trop faibles. Il devient ensuite technicien sur l’émission pour enfants de Pee Wee Herman, Pee Wee’s Playhouse. A la même époque il rencontre Shauna Reynolds qui deviendra sa première compagne et avec qui il partage la même passion pour le macabre et la musique. Ils emménagent tout les deux à Manhattan et alors que Rob et Shauna enchaînent les petits boulots (Rob sera coursier puis designer pour un magazine pornographique) ils créent tout les deux un groupe de punk psychédélique nommé White Zombie, dont le nom est un hommage au film du même nom de Béla Lugosi.

White Zombie va très vite se faire une petite renommée dans le milieu underground grâce à son style musical hétéroclite, mélange de Punk, Funk, Industriel et samples de vieux films, le tout supporté par une imagerie pseudo sataniste très second degré largement inspiré par les vieux films d’horreur. Cette imagerie est entièrement créée par Rob Zombie qui signe d’ailleurs tout l’aspect visuel du groupe, des pochettes des disques aux motifs des t-shirts. Après une longue série de EPs et de démos, le groupe signe enfin avec une major, Geffen Records, maison de disque renommée qui produit à l’époque les albums de Nirvana. C’est en 1993 que sort le premier véritable album du groupe : La Sexorcisto : Devil Music, Vol 1. Le groupe profitera largement de la mise en avant de la chaîne MTV, qui diffusera le clip de leur premier single, Thunder Kiss 65 quasiment en boucle. Ce clip sera réalisé par Rob Zombie qui signe donc là sa première réalisation.


Clip de Thunder Kiss 65

Le groupe va de nouveau profiter de l’exposition proposée par MTV en voyant leurs clips souvent diffusés durant l’émission très populaire Beavis & Butt-Head. Ils collaboreront même avec la superstar du rock Iggy Pop sur le titre Black Sunshine.
En 1995 sort le second album du groupe Astro Creep 2000 et le premier single, More Human Than Human qui devient rapidement un énorme succès.
Le dernier album du groupe sera un album de remix des titres des deux albums précédents de White Zombie. Nommé Supersexy Swingin’ Sounds, cet album aura en couverture une pin-up nommée Sheri Skerkis, qui deviendra des années plus tard Sheri Moon Zombie, chorégraphe, épouse, muse et actrice fétiche de Rob Zombie.
White Zombie se sépare officiellement en 1998, les raisons de la séparation sont assez flous (Zombie étant très discret sur sa vie privée) mais il semblerait que les membres du groupe ne se supportaient plus et auraient préféré se séparer plutôt que de continuer à travailler ensemble et selon Rob Zombie « Continuer à faire des albums de merde ».

Rob Zombie commence sa carrière solo la même année et sort son premier album, Hellbilly Deluxe : L’album est un énorme succès et se vend à trois millions d’exemplaires et les clips des deux titres phares, Dragula et Living Dead Girl sont matraqués à longueur de journée sur MTV.
Rob Zombie réalisera d’ailleurs lui-même tous ses clips, celui de Living Dead Girl étant un vibrant image au film muet Le cabinet du Docteur Caligari. C’est aussi la première fois qu’il fait tourner Sheri Moon.


Clip de Living Dead Girl

Rob Zombie devient rapidement une des figures emblématiques du milieu de la scène métal américaine et les sorties de ses albums se succèdent avec à chaque fois un succès qui ne démord pas, son dernier opus Venomous Rat Regeneration Vendor est sorti en 2013 (4).

En dehors de la musique, Rob Zombie va s’intéresser à deux autres médiums, à savoir la bande dessinée et le cinéma. Dans le milieu des comics il s’associera avec Steve Niles et scénarise deux mini-séries : The Nail, l’histoire d’un catcheur qui se retrouve assiégé avec sa famille sur une colline par une bande de motards démons et bien entendu Bigfoot dont je vais revenir plus bas.
Il éditera même un magazine de bande dessinée nommé Rob Zombie’s Spookshow International, revue dans laquelle il écrira de nombreux récits d’horreur dessinés par des grands noms du comics, notamment Gene Colan.
Zombie en viendra très vite au cinéma et son premier film sera La Maison des 1000 Morts, un film qu’il mettra presque trois ans à terminer et à sortir, un véritable development hell qui ne le découragera heureusement pas. Tournée en 2000 et sorti en 2003, La Maison des 1000 Morts raconte l’histoire d’un groupe de jeunes qui font le tour des attractions effrayantes américaines pendant Halloween. Attiré par la légende du mystérieux Dr Satan, ils se perdent et durant une nuit d’orage se retrouvent aux mains d’une famille de cannibales satanistes. Très influencé par l’univers de Rob Zombie déjà présent dans ces clips, House of 1000 Corpses devient rapidement un film culte parmi les amateurs de films bis et Rob Zombie rempile rapidement pour une suite.


Bande-annonce de la Maison des 1000 Morts

C’est ainsi qu’en 2005 sort The Devil’s Rejects, vraie / fausse suite de La Maison des 1000 Morts (peu de références étant faite au film précédent), le ton y est plus sérieux, réaliste et malsain et ce film propulse Rob Zombie au statut de réalisateurs cultes de la nouvelle génération horrifique, au cotés notamment de James Wan (Saw) et Eli Roth (Hostel).
The Devil’s Rejects raconte l’histoire de Baby et Otis Firefly, frère et sœur d’une famille de psychopathes traqués par un shérif revanchard et sanguinaire. Bientôt rejoint par leur odieux père, le terrifiant Captain Spaulding, on suit la fuite du trio à travers les routes du Texas. The Devil’s Rejects est donc un road movie durant lequel on partage la fuite d’une bande de tueurs sanguinaires et sadiques, un parti pris qui vaut rapidement au film un succès amplement mérité en en faisant un classique de l’horreur moderne.


Bande-annonce de The Devil’s Rejects

Très franchement il y a beaucoup à dire sur ces deux films et je profiterai d’une prochaine occasion pour plus développer le sujet.

En 2007, Zombie remporte la timbale et se retrouve aux commandes du remake d’un classique de l’horreur, Halloween  : La Nuit des Masques.
Contrairement à son modèle, Zombie choisi une vision totalement opposée en donnant à Michael Myers une histoire complète et travaillée en présentant tout le cheminement qui fera de ce petit garçon psychologiquement dérangé un tueur psychopathe insensible. La version de Zombie divisera les fans, certains (dont moi) louant le film de Zombie comme un véritable nouveau départ pour la saga qui depuis des décennies patinait dans un cycle de films tous plus plats et répétitif les uns que les autres. Les autres crieront au scandale, condamnant le traitement du personnage de Myers qui n’est plus le personnage mystérieux, presque mystique des films précédents.
Néanmoins, le film de Rob Zombie est littéralement charcuté et remonté par les producteurs au point que la version cinéma diffère en de nombreux points de la version Director’s Cut (indisponible en France mais disponible partout ailleurs…) que personnellement je trouve bien meilleure, Zombie lui-même révèlera que la version director’s cut est sa véritable version du film.


Bande-annonce de Halloween

Même topo pour Halloween II, suite que Zombie réalisera en 2009 : Le film sera un véritable slasher à l’ancienne, viscéral et ultra-violent, aux antipodes du film précédent. En réalisant son film de façon plus brute que le précédent, Zombie se venge des critiques en livrant une véritable odyssée violente et primaire. Malheureusement, les couteaux des producteurs vont de nouveaux s’abattre sur le film en le dénaturant complètement et la version cinéma ne contiendra que quelques bribes des axes de réflexions voulu par Zombie, notamment l’impact qu’a eu Michael Myers sur sa sœur, complètement traumatisée (5).


Bande-annonce de Halloween II

Entre les deux Halloween, Zombie adapte en film animé l’un de ces comics, The Haunted World of El Superbeasto. Le film est une gigantesque farce à prendre au second degré, pleine de gags d’un goût douteux que seuls les fans de Rob Zombie apprécieront vraiment.

Enfin, en 2013, Zombie livre sa dernière production, The Lords of Salem et c’est un véritable tollé. Incompris, radicalement différent des autres films du réalisateur, le film est boudé, que se soit par les spectateurs et les critiques. Lent, contemplatif et baigné dans une ambiance sombre et lourde, le film est majoritairement descendu. Très proche de films comme Rosemary’s Baby ou Le Locataire, The Lords of Salem dénote radicalement dans la filmographie de Rob Zombie. Le film raconte le calvaire subi par une animatrice radio persécutée par des sorcières. L’animatrice radio est interprété par la propre femme de Rob Zombie, Sheri Moon qui porte à elle seule tout le film de façon admirable, l’amour du réalisateur pour sa femme transpirant dans chaque plan du film dans lequel elle apparaît. Le côté éthéré, surnaturel du film et son rythme lent diviseront les spectateurs, certains y voyant une tentative désespéré du réalisateur pour faire un film intello, d’autres (dont moi) y voyant plutôt un film visuellement époustouflant, totalement incompris par la majorité des spectateurs, aux thématiques multiples et plein de secondes lectures.


Bande-annonce de The Lords of Salem (très mal fichue et qui ne caractérise pas vraiment le film…)

Rob Zombie est un artiste très complet, doué dans de nombreux domaines et je pense qu’il n’a pas encore livré toutes les facettes de son talent, une personnalité à suivre de près qui je pense n’a pas encore fini de nous étonner, ce que l’on devrait constater sous peu, son prochain film, 31, est actuellement en tournage.

6Le dernier nom crédité pour le comic Bigfoot et celui de Richard Corben. À t-on vraiment besoin de présenter ce dessinateur légendaire du comic underground  ? Je ne pense pas mais… Je vais le faire quand même rapidement.
Diplômé de la Kansas Art Institut en 1965, il commence d’abord à travailler dans l’animation avant de se tourner vers le comics underground, plus particulièrement les récits d’horreur. Il commence d’abord avec sa propre série, Fantagor avant de massivement travailler pour Warren Publishing en dessinant de nombreuses histoires d’horreur pour les magazines Eerie, Creepy et Vampirella.
Lorsque le magazine Heavy Metal apparaît, Corben adresse certains de ses travaux au magazine et est rapidement publié, son travail le plus connu pour le magazine sera La saga de Den, une histoire de science-fantasy racontant l’histoire d’un jeune geek propulsé dans un monde fantastique où il est une sorte de barbare musculeux et vit des aventures épiques et souvent érotiques (6).

Suite à Den, il continu d’être un collaborateur régulier du magazine Heavy Metal et adapte de nombreux scénarios d’auteurs comme Robert Howard, Harlan Ellison, Bruce Jones ou Jan Strnad. Il signera un autre saga, Monde Mutant, elle aussi publiée dans Heavy Metal.

Malgré le fait que ses travaux soit majoritairement des comics underground, il ne refuse pas de travailler pour les grandes maisons d’édition : Il travaillera chez Marvel en dessinant des mini-séries (majoritairement hors continuité) consacrées à Hulk, Le Punisher, Ghost Rider ou Power Man. Chez DC, il dessinera des épisodes de Hellblazer et de Swamp Thing. Enfin chez Dark Horse il dessinera deux arcs de Hellboy et la mini-série Aliens, Alchemy.
Toujours chez Marvel, il participe à L’Antre de l’Horreur, une anthologie horrifique adaptant de nombreux récits de Edgar Allan Poe renouant ainsi avec ces premiers amours, à savoir les comics d’horreur (7).
Récemment, il a dessiné et scénarisé une nouvelle version de Starr The Slayer avec le scénariste Daniel Way, une saga d’héroïque fantaisie très inspirée par l’univers de Robert Howard, toujours chez Marvel et publié sous leur label MAX.

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Bigfoot, la bande dessinée… Sauvage  !

Comme dit plus haut, Bigfoot c’est avant tout une histoire de vengeance, violente et malsaine. On y retrouve la plupart des éléments narratifs de Rob Zombie, à savoir des personnages un peu caricaturaux comme le héros traumatisé ou le shérif zélé et une ambiance volontairement années 70, période favorite de Rob Zombie, la plupart de ses films se déroulant d’ailleurs durant cette période.
L’accent est mis sur la psychologie fragilisée du jeune Billy, la scène du cauchemar étant d’un aspect malsain et grotesque assez dérangeant et caractérise d’emblée la haine que le jeune homme éprouve pour cette créature qui a ruiné sa vie.
Se rajoute à cela une sombre histoire de conspiration rurale fomentée par le shérif du coin que je vous laisse le soin de découvrir.
Zombie et Niles choisissent donc d’aller dans le sens contraire de la plupart des apparitions populaires du Bigfoot en décrivant un être monstrueux, sanguinaire, dominé par sa violence et tuant de façon aveugle et sauvage, voir sadique. On est donc très loin du gentil Bigfoot des Henderson…

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On reconnaît à la fois le style d’écriture de Zombie et Niles : Le premier développant des personnes torturés et violents, une mise en place rapide de l’intrigue, des dialogues « cash » (notamment le dialogue entre Billy et le Shérif dans la cellule de la prison, absolument jouissif !) et des scènes d’une violence extrême, les meurtres du Bigfoot étant d’une sauvagerie complètement exacerbée, voir spectaculaire. Niles quant à lui fait montre de son talent pour établir une ambiance lourde, pesante et sombre, le tout étant très représentatif de son style.
La collaboration entre Zombie et Niles est donc très complémentaire, l’un imposant son style très graphique et spectaculaire typique du cinéma des années 70/80 et l’autre son talent pour créer des ambiances sombres et inquiétantes : Un duo qui tient donc toutes ses promesses (on retrouve d’ailleurs la même complémentarité dans l’autre bande dessinée du duo, The Nail), et qui est à la hauteur du talent et de la renommée des deux hommes, une collaboration très réussie.

9Pour ce qui est de l’aspect visuel, Richard Corben fut manifestement un choix judicieux, le style tout en rondeur du dessinateur, limite caricatural, servant à merveille le côté sombre et surtout la violence grotesque du récit. De plus, les attaques du Bigfoot et les scènes de violence sont représentées de façon très dynamique, leur donnant un aspect spectaculaire absolument saisissant. Là où encore Corben utilise son style caricatural de façon judicieuse est en exagérant volontairement la taille du monstre, lui donnant donc un aspect encore plus redoutable, il met donc de côté la rigueur anatomique mais cela sert manifestement le récit, un parti pris audacieux parfaitement maîtrisé.
L’une des constantes du style de Corben est également présente, à savoir les expressions faciales légèrement exagérées, on apprécie ou pas cet aspect du dessin de Corben, personnellement je trouve que cela provoque une sorte d’empathie envers les personnages, ce qui est plutôt bienvenu dans un récit horrifique comme celui qui nous intéresse aujourd’hui.
Enfin, Corben utilise un jeu d’ombre et lumière très prononcé n’étant pas sans rappeler celui de Mike Mignola, une très bonne idée qui renforce encore plus l’aspect sombre et immersif du récit.
Bigfoot c’est donc du Corben pur jus et si vous êtes hermétique au style du dessinateur, autant passer votre chemin ou vous faire un peu violence, car ça vaut le coup de quand même s’essayer à la lecture de cet ouvrage.

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Bigfoot est donc en ce qui me concerne une réussite totale dans le genre de la bande dessinée horrifique, réussite qui a en plus le prestige d’être porté par un trio d’artistes vraiment très doués, véritablement impliquée dans sa création : L’un des sentiments qui prévaut après la lecture est vraiment d’avoir lu quelque chose d’abouti, que ce soit scénaristiquement ou esthétiquement.
Rob Zombie a d’ailleurs déclaré à plusieurs reprises que c’était la bande dessinée dont il était le plus fier et il a souvent fait allusion à une possible adaptation en film, personnellement j’espère sincèrement que ça arrivera  !
Bigfoot c’est vraiment le genre de chose que j’aimerais lire plus souvent et qui me motive vraiment à écrire cette rubrique pour vous les faire découvrir.
Bon et bien vous savez ce qu’il vous reste à faire, allez dans les bois et cherchez des empreintes de grands pieds… Nan, je déconne, achetez ce bouquin et lisez-le sinon je vous envoie mon tonton Robert !

Bigfoot, de Steve Niles, Rob Zombie et Richard Corben disponible en France aux éditions Toth depuis 2006

1. J’avais juré que je réussirais à parler de Dragon Ball Z dans une critique qui de prime abord n’a rien en commun avec le sujet, donc ça, c’est fait  !

2. J’ai baptisé cette redondance d’explications surnaturels « para-rationalité » à savoir que plutôt que de chercher longuement une explication rationnelle, on préfère plus vite conclure à de l’inexplicable, plus intéressant d’un point de vue émotionnel et sensationnel.

3. Je parle de cette excellente série, injustement méconnue, car ce fut mon premier contact avec la plupart des phénomènes paranormaux qui me passionneront ensuite durant des années. Si vous ne connaissez pas cette série, je vous la sur-conseille, elle est géniale  !

4. Discographie sélective de Rob Zombie  :

1998  : Hellbilly Deluxe
1999  : American Made Music To Strip By (albums de remix de titres de Hellbilly Deluxe et de White Zombie par d’autres groupes, notamment Rammstein)
2001  : The Sinsiter Urge
2003  : Past, Present & future (compilation, comportant notamment un DVD avec tous les clips de Rob Zombie, dont trois inédits)
2006  : Educated Horses
2007  : Zombie Live (Album Live)
2010  : Hellbilly Deluxe 2 (je conseille de vous tourner vers l’édition limitée de cet album, qui comporte un DVD bonus et le sublime titre inédit Michael, qui aurait dû accompagner la bande originale du film Halloween II)
2013  : Venomous Rat Regeneration Vendor
2014  : Spookshow International Live (Bluray Live)

5. Absente de la version DVD, la version Director’s Cut de Halloween II sera néanmoins sur la version bluray.

6. La saga de Den sera adaptée dans un des segments du film d’animation Métal Hurlant (1981).

7. Publiée en France chez Panini dans leur collection Darkside.

 

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Made in Palmiotti


Sur ce blog, nous exprimons déjà depuis plusieurs années Julien Lordinator et moi une sincère sympathie envers un auteur de comics en particulier (c’est d’ailleurs l’un de nos rares points communs), en la personne de Jimmy Palmiotti sans que nous ne nous soyons d’ailleurs vraiment concertés sur le sujet. Il faut dire que sa personnalité singulière, son amour et son respect pour les femmes à la fois fortes de caractère et pulpeuses à souhait, ainsi que son goût prononcé pour la littérature et le cinéma de genre n’ont pu que nous réunir, tant nous sommes effectivement personnellement sensibles envers ces trois critères.

De Queen Crab à Sex and Violence (un titre dont je n’ai pu me lasser de parler à cause de la couv monumentale et non moins cultissime d’Amanda Conner) en passant par Vendredi 13 et Painkiller JaneJimmy Palmiotti (souvent secondé par son binôme Justin Gray) s’est donc retrouvé en haut de l’affiche chez nous à plusieurs reprises, et voir ses œuvres plus confidentielles (d’ailleurs pour la plupart financées grâce à Kickstarter via sa maison d’édition Paperfilms) être publiées en France grâce à Glénat Comics nous ravi donc au plus haut point, l’éditeur prouvant une fois de plus sa volonté d’apporter une nouvelle donne dans le panorama malheureusement trop formaté des publications Françaises.

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Trois histoires sont donc réunies dans cet album intitulé Denver & Other Stories, offrant un aperçu de ce que l’auteur est capable de faire en la matière, accompagné par des illustrateurs complices du nom de Phil Noto, Pier Brito, et Lee Moder.

Le premier volet de ce recueil comprend le récit le plus long (72 pages), et concerne un projet récent que Palmiotti avait réussi à faire financer en février 2014. Denver se déroule dans un futur post-apocalyptique digne des classiques de la SF, un petit clin d’œil assumé à Soleil Vert allant d’ailleurs dans ce sens. Notre histoire démarre des années après qu’une météorite ait percuté la lune, engendrant une montée inéluctable des eaux ainsi qu’un exode massif des populations vers les plus hauts sommets du globe, ou du moins les villes situées à plus de 1000 mètres au dessus du niveau de la mer. C’est le cas de la capitale de l’Etat du Colorado, une cité très convoitée par les migrants et de ce fait hautement protégée par les gardes-côtes dont fait partie Max Flynn notre héros, pleinement confiant du système rigide et impartial qu’il sert et dans lequel il évolue. Un chantage odieux va le contraindre à revoir ses priorités et mettre à mal son idéalisme, beaucoup plus qu’il ne l’aurait pensé.
Je ne sais pas si l’intention était voulue mais je n’ai pas pu m’empêcher de penser au film Les Fils de l’homme (que j’adore) en lisant les premières pages de ce Denver. Le scénario part dans une toute autre direction (c’en est même l’antithèse) et tient la route sans toutefois malheureusement vraiment approfondir la psychologie des personnages. Cette histoire aurait d’ailleurs peut-être mérité le développement d’une mini-série plutôt qu’un one-shot, mais le concept en lui-même est très plaisant.

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La seconde histoire intitulée Trigger Girl 6 nous permet de retrouver un duo, ou plutôt un trio des plus efficaces ayant déjà fait merveille ensemble : en l’occurrence Jimmy Palmiotti, (avec Justin Gray ici en renfort) et Phil Noto, au service d’une héroïne seule contre tous que rien n’arrête sur fond d’espionnage et d’intrigue gouvernementale.
C’était en effet déjà le cas dans Beautiful Killer, une mini-série de 3 numéros parue en 2007 chez l’éditeur Black Bull (et édité en France chez Angle Comics). Ici il s’agit d’un tout autre personnage mais l’esprit reste identique, ce qui nous pousse à encore une fois regretter que l’histoire se déroule aussi rapidement tant les possibilités sont alléchantes (lorgnant du côté d’un Nous3 de Morrison et Quitely) et à peine effleurées.
Initialement paru le temps de 4 numéros dans le magazine créé par Palmiotti et Steve Niles, Creator-Owned Heroes en 2012 chez Image ComicsTrigger Girl 6 ne peut que satisfaire les fans de l’artiste, ici au sommet de son style si particulier faisant résonance aux amateurs de films d’espionnage que nous sommes.

Painkiller Jane

Last but not least, Glénat Comics nous fait plaisir en éditant une petite et pittoresque aventure datant de 2007 de l’héroïne mythique et chère à ce cher Palmiotti, Painkiller Jane, et ce dans tout l’esprit de ce que les années 90 ont pu nous léguer (le titre proposé ici se joue d’ailleurs ouvertement et allègrement de ces codes gros nichons/grosses fesses/gros flingues propres à cette période, pour notre plus grand plaisir, car nous n’avons plus 16 ans et nous savons bien évidemment faire la part des choses… N’est-ce pas ?) en nous offrant ce Painkiller Jane #0 (publié à l’origine chez Dynamite) illustré par Lee Moder.
Dans cet épisode explosif, Jane Vasco n’hésite pas à donner de sa personne (ou plutôt une partie bien précise de son anatomie) afin de démanteler un réseau de contrebande d’armes. Le tout est très drôle, mais ENCORE  UNE FOIS bien trop court !

Un vrai constat s’impose donc à la lecture de ce Denver & Other Stories : Il s’agit d’un très bel essai de la part de Glénat Comics car sans eux, je suis à peu près sure que nous n’aurions jamais eu droit à ce genre de recueil vraiment intéressant, et d’autant plus actuel vis à vis de ce qui se passe en terme d’édition alternative (bon nombre de grands auteurs n’ont désormais plus aucun état d’âme à passer par le financement participatif, dans le but de voir ses projets personnels se réaliser, et c’est une très bonne chose).

D’après ce que j’ai cru comprendre, l’aventure continue entre Glénat Comics et ce cher Jimmy Palmiotti à partir du moment où sont déjà annoncés à la fin de ce recueil les titres Retrovirus et Sex and Violence. Alors nous,  on peut déjà vous annoncer que ces 2 titres sont vraiment bien parce qu’on les a déjà lu… Vive le crowdfunding…

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Batgirl Forever


Yvonne

« Je rencontre des jeunes femmes qui disent que Batgirl est leur modèle … Elles me disent que c’est parce que c’est la première fois qu’elles se rendent compte que les filles peuvent faire les mêmes choses que les garçons, et parfois même mieux. Je pense que c’est très agréable. »

Yvonne Craig

« Pour la plupart d’entre nous, la révolution n’est pas apparue au terme d’une lecture insipide ou d’une polémique poussiéreuse. Pour la plupart d’entre nous, la révolution est apparue sur la selle d’une moto de dentelle brodée, et portant des collants violets scintillants. »

Gail Simone

Celle qui a personnifié pour la première fois et à la perfection Barbara Gordon en 1967 s’en est allée d’un cancer du sein à l’âge de 78 ans, au terme d’un combat contre la maladie qu’elle menait depuis plusieurs années auprès de ses proches.
Bien avant Lynda Carter, Helen Slater, Lyndsay Wagner, Lucy Lawless, ou Sara Michelle Gellar pour ne citer que les plus marquantes, Yvonne Craig fut une pionnière parmi les rares super héroïnes qui ont jalonné le panorama audiovisuel de ces 50 dernières années.

Bon nombre de médias ont relayé cette bien triste nouvelle, prouvant l’impact que cette comédienne a pu avoir dans notre subconscient, car quelque soit l’âge que nous ayons tout un chacun, nous pouvons tous ressentir personnellement à quel point cette perte est grande au sein panthéon des super héroïnes.

Moi même, je ne suis pas tombée amoureuse de Batgirl grâce à Yvonne comme j’ai pu l’être avec Wonder Woman et Supergirl par le biais de leur comédiennes respectives. Mais en ayant vu la fameuse série où elle a pu exprimer tout son talent le temps d’une ultime saison, comment ne pas être séduite par son franc-parler, sa fraîcheur, son volontarisme et sa gestuelle, dont ses talents de danseuse étaient indéniables, sans parler de sa constante implication pour son rôle, jusqu’à reprendre celui-ci 4 ans plus tard dans le cadre d’une campagne pour l’égalité des salaires aux Etats Unis.

En resituant le contexte du statut des super héroïnes et de son évolution depuis près de 50 ans, l’apparition de Batgirl était déjà considérée comme une véritable bénédiction, à une époque où ses partenaires de papiers subissaient les affres du Comic Code.

Son arrivée fracassante afin de booster l’audience de la série et amener un public féminin renvoyait directement l’image des héroïnes des années 40, audacieuses et indépendantes telles que Miss Fury ou Black Canary. Car en plus d’être douée pour la bagarre, Barbara Gordon était une femme d’une grande intelligence et parfaitement érudite, incarnée par une comédienne qui allait sans le savoir devenir un modèle pour des générations de téléspectatrices, puis de lectrices.

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Yvonne Craig n’a jamais cessé d’être une source d’inspiration pour les scénaristes et artistes qui ont du traiter son personnage, Gail Simone reprenant ses talents de danseuse lors de ses scènes de combats, Cameron Stewart et Babs Tarr revisitant son fameux costume pour leur version actuelle. Et aux yeux des  nombreux fans de Barbara, elle restera la seule et unique personnification de cette héroïne.

Son décès ne nous fera pas oublier à quel point son rôle aura marqué les esprits pendant des décennies, et encore moins que Batgirl est l’une des héroïnes plus puissantes ayant jamais existé, et ce sans une once de super pouvoir, juste parce qu’elle se suffit à elle-même.

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Rise of the Female Superhero (tout est dans le titre)


Voici un très sympa (mais trop court) documentaire sur l’émergence des super héroïnes et des artistes féminines qui peuplent et font actuellement bouger les choses dans l’industrie des comics : Amanda Conner, Gail Simome, G. Willow Wilson, Meredith Finch, Kelly Sue DeConnick, Babs Tarr, Tara Butter et Michele Fazekas (productrices d’Agent Carter), Kate Perkins, Sana Amanat, Haley Atwell, Marguerite Bennett, Shelly Bond, Jennifer Lawrence, Melissa Benoist n’hésitent pas en effet à donner leur point de vue sur la question, on a également l’occasion de voir Grant Morrison (Wonder Woman oblige), Alex Alonso, Jim Lee et Dan Didio parler de la présence des personnages féminins avec plus ou moins de langue de bois.

Du phénomène des « Bad Girls » au fameux « Women in Refrigerators », jusqu’à l’expansion actuelle de ces artistes féminines, le documentaire met également en lumière des personnages emblématiques tels que Ms Marvel, Batgirl, Captain Marvel, revient sur l’importance que Vertigo a pu avoir sur cette actuelle reconnaissance, souligne les dérives de certains internautes, et enfin fait la part belle aux super héroïnes du cinéma et de la télévision.

Réalisé par la célèbre journaliste Katie Couric, ce documentaire est donc un condensé fort intéressant où l’on a le plaisir de voir qui se cache derrière cette vague créatrice féminine qui révolutionne le marché depuis quelques temps.
Cliquez sur l’image pour voir la vidéo.

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Les libératrices


A l’image de leurs cousines les Ame-Comi, statuettes à succès distribuées par DC Collectibles qui ont inspiré une série de comics numériques au niveau assez inégal en 2012, c’est au tour des fameuses Bombshells de se voir être « adaptées » en bande dessinée, sur le thème des héroïnes DC façon World War II avec toute l’interprétation de l’iconographie sexy des pin-up émanant de cette époque qui en découle.
Le concept pourrait sembler de prime abord un peu facile et opportuniste, mais de nombreuses femmes ayant vécu pendant cette période de grand trouble ont largement prouvé leur force et leur valeur soit en participant activement à l’effort de guerre, ou en se battant en première ligne des affrontements les plus meurtriers, c’est sur cet aspect particulier que Marguerite Bennett et Marguerite Sauvage ont décidé de développer cette série, dont les trois premiers numéros introduisent à la fois ambiances et personnages à la perfection.

Batwoman, Wonder Woman, Supergirl et Stargirl nous sont en effet présentées successivement via trois genres caractéristiques de l’époque, le pulp pour notre héroïne de rouge et de noir, l’épopée guerrière pour notre amazone et le documentaire de propagande pour nos deux filles de l’air. Le rendu est excellent, d’autant plus qu’il fait référence à un contexte historique extrêmement puissant concernant le rôle important que les femmes ont eu pendant la seconde guerre mondiale.

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Nous découvrons ainsi Kate Kane de la plus belle des manières (mais p***** que ça fait du bien !) sauvant un certain jeune garçon accompagné de ses parents à la sortie d’une séance de cinéma dans une allée humide et sombre. Surgissant de nulle part et armée d’une batte de baseball, The Batwoman inspirera sans doute le jeune homme dans quelques années, en attendant c’est elle qui marque des home run auprès des malfrats de Gotham. On la retrouve ensuite sur le terrain de jeu, avec sa cousine Bette que l’on a aussi évidemment beaucoup de plaisir à retrouver.
Si vous avez vu le film Une équipe hors du commun, vous savez sans doute que des équipes féminines de baseball ont été créé (à partir de 1943, avant cela il s’agissait d’équipes de softball) afin de palier l’absence des joueurs masculins quasiment tous partis au front. Le rôle de ces femmes était de divertir autant les ouvriers que le moral des troupes, et participaient ainsi à leur manière à l’effort de guerre, au même titre que les filles de l’United Service Organizations qui se produisaient devant des milliers de soldats américains.
Lorsque Kate ne rempli pas ses devoirs civiques et ne malmène pas voleurs et autre brigands, elle retrouve sa bien aimée Maggie Sawyer, elle même une femme d’action au sein de la police de Gotham. Mais notre héroïne regrette pourtant ses aventures romanesques passées lors de la guerre civile espagnole quelques années plus tôt.
Aspirant à une plus grande destinée afin de servir véritablement son pays, (on notera énormément de similitudes entre cette version de Kate Kane et la version moderne, notamment concernant leur passé militaire) notre déesse rousse est sur le point de voir son vœu exaucé….

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L’attachement de Bennett à vouloir lier son récit avec, comme fil conducteur, l’exposition de ces femmes durant la Seconde Guerre Mondiale se marie parfaitement bien avec le style de Sauvage, où l’on retrouve admirablement  tout la finesse provenant entre autre de l’univers de la mode.

Au large des côtes de la Grèce, un avion dans la tourmente nous indique que la série ne va pas se contenter de se limiter aux frontières de l’Oncle Sam, le second numéro de DC Comics : Bombshells revisite ainsi l’atterrissage forcé de Steve Trevor sur Themyscira, ici vécu autant comme un rêve qu’un cauchemar par le pilote. Telle une horde de valkyries, les amazones se déploient pour défendre leur île des affrontements aériens entre les forces de la Grande Alliance (sauf qu’en 1940 les américains ne sont pas encore rentrés en guerre, alors qu’est-ce qu’il fout là ce bon vieux Steve ???) et celles des nazis… et ne font pas dans le détail à savoir de quel côté se trouve chacun d’entre eux.
Seul survivant, un Trevor halluciné va faire la rencontre de sa vie, une certaine Diana dont il va s’efforcer d’expliquer la gravité du conflit qui s’étend à travers le monde des hommes.

Bombshells WW

Un peu en dessous pour rapport au numéro qui le précède et celui qui va suivre, l’épisode consacré à Wonder Woman nous offre tout de même de belles compositions aériennes où l’on peut voir les amazones exprimer leur courroux contre leurs assaillants.
Il s’agit ici vraiment d’un épisode d’exposition, peut être encore plus que ses deux congénères, les fans de Wonder Woman resterons donc sans doute un peu sur leur faim, hormis de voir une certaine diversité concernant les amazones, beaucoup plus jolies et agréables à regarder que ce qu’on peut voir sur la série régulière. L’illustratrice avait déjà travaillé sur notre héroïne dans Sensation Comics Featuring Wonder Woman #7, et les plus observateurs auront reconnu deux amazones issues des #23 et #24 dessinés par Noelle Stevenson et écrits par James Tynion IV (elles aussi sont de grandes amatrices de glace !).

Autant le dire tout de suite, le troisième numéro est une véritable petite merveille. Se déroulant au cœur de l’empire soviétique et mettant en scène Supergirl et Stargirl, l’épisode fait référence aux légendaires Sorcières de la nuit, ces combattantes du ciel qui ont été parmi les centaines de milliers de femmes russes à se battre au même rang que les hommes.
Il faut savoir en effet que la mobilisation des femmes en URSS a été extrêmement massive que ce soit dans l’effort de guerre ou au combat, dès 1925 elles étaient recensées en vue d’un hypothétique recrutement dans un futur conflit. On dénombre ainsi entre 500.000 et un million de femmes qui ont participé à la guerre dans n’importe quel domaine, jusqu’à être en première ligne, pilotant des tanks, des avions de chasse, ou en tant que tireuses d’élite.
Parmi les trois régiments exclusivement féminins qui ont combattu dans les forces aériennes de l’Armée rouge, le 588ème régiment de bombardement de nuit totalisera à la fin de la guerre 24000 sorties, ses pilotes n’hésitant pas à couper leur moteur en plein vol afin d’approcher silencieusement leur cible, c’est pour cette raison qu’on les appelle les sorcières de la nuit.
Dans ce numéro les soeurs Kara et Kortni (pour Courtney) font parties de cet escadron de légende dont les appareils sont pourtant connus pour être en très mauvais état. Blondes comme les blés et à la chevelure opulente (dans la réalité toutes les aviatrices avaient les cheveux courts, la longueur réglementaire étant de 5 cm, seule une mécanicienne avait réussi à cacher ses cheveux sous un béret jusqu’à ce qu’un général découvre la supercherie, heureusement pour elle, elle fut autorisée à les garder), les deux jeunes femmes ont été élevées selon les principes du régime communiste, mais Kara tente de tempérer les ardeurs de sa jeune sœur très enthousiaste à l’idée de pouvoir voler et défendre sa nation.

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Il y a de très très belles choses dans ce numéro. De la complicité entre les deux héroïnes, au choix de la part de Bennett de les avoir placé du côté soviétique, (un concept qui n’est pas étranger et qui sera loin de déplaire à Gerald Parel), en passant par l’utilisation de ces fameuses Sorcières ainsi que de l’atmosphère de propagande et de paranoïa propre au régime Stalinien, je me suis vraiment régalée en lisant ce troisième épisode, où Marguerite Sauvage survole toujours cette bien belle série de par son style graphique qui colle vraiment à la peau du récit et de son ambiance vintage et très nuancée.

Ces trois premiers numéros de DC Comics : Bombshells  nous offrent donc une bien belle introduction pour une série des plus attendues mais dont on craignait quand même un peu l’exploitation facile. Il n’en est fort heureusement absolument rien, le duo de Marguerite nous offrent un titre indispensable, au même titre et dans le même registre que Sensation Comics Featuring Wonder Woman.
Disponibles en numérique chaque samedi, les prochains numéros vont continuer à explorer genres et personnages différents tels que Zatanna, Harley Quinn ou encore Mera, si le niveau reste le même la version papier risque de faire un sold-out, c’est tout le mal que je souhaite à cette superbe série.

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