John Carpenter, ou le cinéma de Papa


Quand j’étais petite, je regardais beaucoup de films d’horreur (sachant ce détail, les gens comprennent en général beaucoup mieux mon goût pour les trucs bien dégueulasses), la légende raconte même que l’année de ma naissance alors que j’étais encore dans le ventre de ma maman, celle-ci est allée voir l’Exorciste.

Mon enfance a donc été bercée par des images fortes et des personnages hauts en couleur (pour ne pas dire impressionnants), et si il y a un réalisateur qui résume à lui seul cet amour que je porte pour le cinéma de genre dont j’ai appris les code très vite, c’est bien John Carpenter.
Rassurez-vous, Carpenter n’est pas mort. Mais j’ai toujours rêvé d’écrire un billet sur lui. Je pourrais faire un copier-coller de Wikipedia mais ce serait trop facile.

Il est à l’origine des films d’horreur et de science fiction les plus célèbres de l’histoire du cinéma, beaucoup d’entre eux ont d’ailleurs déjà eu leur remake. Et même si dans sa filmographie, certaines de ces œuvres ne sont pas à la hauteur de son génie, il y a dans celles -ci des séquences, des acteurs, ou des dialogues inoubliables.
Car l’homme est un stakhanoviste du 7ème art : Réalisateur, scénariste, producteur, compositeur (la musique d’Halloween c’est lui !), monteur, et acteur, tous les stades de l’élaboration de ses films passent par ses mains expertes.
Le premier film a retenir dans sa filmographie est en fait sa seconde œuvre, elle date de 1976, et s’appelle Assaut. Ce film est un hommage à un autre classique du cinéma : Rio Bravo. Western urbain dans toute sa splendeur le film raconte la tentative de survie de quelques personnages retranchés dans un commissariat de police assiégé par un gang réclamant vengeance. Malgré son petit budget, Carpenter impose dès la première scène du film une tension extrème, par un traitement des faits sans concession.
Son film suivant est celui qui le rendra célèbre devant l’éternel : Halloween, la nuit des masques, sorti en 1978, inspiré de Psychose et qui lança la carrière de Jamie Lee Curtis. L’histoire de Michael Myers, le tueur psychopathe masqué, est indubitablement à l’origine des inombrables slasher movies qui ont éculé l’industrie du cinéma depuis lors. Si il y a un film à voir pour connaitre ce genre là, autant voir le premier, les autres (Vendredi 13, Freddy et compagnie) ça reste de la redite avec quelques variations, mais de la redite quand même.


En 1980, Carpenter réalise un autre film d’ambiance, et pour cause puisque dans The Fog, le tueur est un brouillard vaporeux qui apparaît et disparaît mystérieusement. On retrouve dans ce film la Scream Queen, Jamie Lee Curtis, ainsi que la sublime Adrienne Barbeau. Je ne sais pas pourquoi mais The Fog est un de mes films préférés de Carpenter, cette histoire de fantômes vengeurs m’a beaucoup interpellé (m’a fait flippé ma race quoi !) à l’époque où je l’ai vu.

« Quand j’ai commencé à faire ce métier, c’était pour réaliser des westerns, c’est la raison principale pour laquelle je suis entré dans l’industrie du cinéma. » – John Carpenter

Un an plus tard, c’est un autre film culte du réalisateur qui sort sur les écrans et qui renforcera son statut de maître du cinéma de genre : New York 1997, avec un de ces acteurs fétiches Kurt Russell qui incarne Snake Plissken, l’anti-héros cynique par excellence. Grâce à un scénario sans temps mort, et une musique toujours aussi obsédante, New York 1997, film d’action à l’état pur se lit aussi comme une critique de l’Amérique des années 70/80.


En 1982, Carpenter nous offre ensuite un monument du film Gore avec le remake de La chose d’un autre monde : The Thing, toujours avec Kurt Russell dans le rôle principal. Ce huis-clos terrifiant peut être comparé à bien des égards à l’Alien de Ridley Scott.


Un autre film qui m’a beaucoup marqué, c’est Christine, en 1983 d’après le roman de Stephen King. Qui n’a pas été impressionné par la Plymouth Fury de 1958, et ses ardeurs peu communes.


Avec Starman, Carpenter prend une nouvelle direction, et le réalisateur nous offre une bleuette tout à fait honnête, toujours dans le domaine de la science fiction. Dans Les aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin, Carpenter fait preuve une fois de plus de cynisme et emploi l’auto dérision dans ce film jouissif qui malheureusement ne remportera pas le succès escompté, et c’est vraiment dommage.
Avec le Prince des ténèbres, on revient dans l’horreur pure, et dans l’ambiance pesante, le film est d’ailleurs primé au festival d’Avoriaz.
En 1988, Invasion Los Angeles est un des meilleurs films de Carpenter, à la fois film de science fiction, et une critique acerbe sur les années Reagan. Dans ce film le héros découvre (grâce à des lunettes de soleil) que la Terre a été envahie pas des extra-terrestres sans que personne ne s’en soit aperçu. La référence avec L’invasion des profanateurs de sépultures est évidente. On peut voir aussi dans ce film une véritable corrélation avec la vie de Carpenter, le rebelle face aux pontes d’Hollywood.


Avec en 1992, Les aventures d’un homme invisible, Carpenter revient vers des notions plus commerciales.
Deux ans plus tard Carpenter nous offre, l’Antre de la folie, film terrifiant dans la lignée du Prince des ténèbres et Le village des damnés, remake de bonne facture.
En 1996, il retrouve son héros Snake Plissken et son acteur fétiche Kurt Russell pour la suite de New York 1997, Los Angeles 2013. Le film est sympathique dans la même veine que le premier, mais sans l’effet de surprise.
C’est en  1998 qu’il revient à ses premières influences, le Western avec le film Vampires, mettant en scène James Wood, (encore un anti-héros au cynisme ravageur), chasseur de vampires au passé trouble et douloureux. Il nous offre ici un film « sévèrement burné » loin des clichés de films de vampires de l’époque.
Ghosts of Mars est son dernier film à ce jour. Réunissant Natasha Henstridge (sublime, elle aussi) et Ice Cube, cette fois-ci l’anti-héros est une femme ! Ce film fait beaucoup penser à Assaut, et j’en garde un très bon souvenir.

En marge de sa filmographie de cinéma, le maestro a aussi œuvré pour la télé, notamment avec la série (terrrrrrrible !) Masters of Horror. L’un des épisodes : La fin absolue du monde, parle de cinéma, ou plutôt du pouvoir subversif de l’œuvre cinématographique. Un exploitant de salle est chargé de retrouver une mystérieuse copie censée pousser les spectateurs à des actes de violence atroces après visionnage. Il est toujours jouissif pour moi de voir des scènes touchant le domaine de la projection cinématographique (je suis une ancienne projectionniste, mais « Red is Dead m’a tuer »). Ben oui, c’est tellement rare ! Même si cet épisode traine parfois en longueur, l’essentiel est dit dans la dernière partie de l’épisode où l’on voit au sens propre du terme que le cinéma ça prend aux tripes !
Bon, je l’avoue, je n’ai vu que cet épisode de Masters par Carpenter (en vérité je n’ai vu que la saison 1 !), mais il en a réalisé d’autres ! (Je suis honnête au moins !)

Voilà, c’était mon hommage tout gentil à Big Daddy, enfin je veux dire Big John Carpenter. C’est un cinéaste que j’aime beaucoup car il a bercé mon enfance par ces personnages cultes,  ses scènes mémorables et ses scores dantesques, c’est le cinéma de Papa quoi…

5 Commentaires

Classé dans Once upon a day

5 réponses à “John Carpenter, ou le cinéma de Papa

  1. lunereth

    J’avoue que Ghost of Mars, malgré la présence de Jason Statham et Natasha Henstridge ne m’a pas emballé.

    Sinon, il y a pas mal de film de lui que j’aime.🙂

  2. Moi j’ai bien aimé Ghost of Mars … Mais en même temps j’aime tous les carpenter je ne suis pas objectif …

  3. Pingback: Carpenter prend des risques « The Lesbian Geek's Blog

  4. Ah les films de Carpenter qui fleurent bon les 70s, les 80s et les 90s, je suis vraiment nostalgique de cette époque où le cinéma restait ce qu’il était, c’est à dire un divertissement (ce qui n’empêchait pas certains de ses films de faire réfléchir).

    Invasion Los Angeles reste mon préféré.

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