Archives quotidiennes : 4 septembre 2012

Somewhere over the Rainbow : Fiche Perso # 13


Nom : Clay
Prénom : Johnny
Pseudonyme : Rawhide-kid
Première apparition :  Rawhide Kid #1 (Mars 1955)
Gay Power : Pour le meilleur ou pour le pire et avant Brokeback Mountain, il y avait Rawhide Kid, un essai maladroit de la part de Marvel d’amener de la diversité dans le monde des comics. Ce personnage aura eu la chance d’être critiqué  par les deux camps, ce qui n’est quand même pas donné à tout le monde.

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Créé par Stan Lee et Bob Brown, Rawhide-Kid a commencé à écumer les vastes prairies de l’ouest sauvage en 1955 (à une époque où les personnages de western étaient bien plus populaires que les super héros) dans une première série de 16 numéros édités par Atlas Comics jusqu’en 1957. Lorsque cet éditeur prit ensuite le nom de Marvel, le cow-boy continua ses aventures toujours sous la plume de Lee en compagnie cette fois de Jack Kirby à partir de 1960, reprenant sa numérotation là où elle s’était arrêtée. Jack Davis prendra ensuite la relève au dessin, puis ce fut au tour de Jack Lieber (qui se trouve être le frère cadet de Stan The Man) de le remplacer, pour devenir l’artiste principal (scénariste et dessinateur) de cette série pendant 9 ans, de 1964 à 1973. La série prendra fin en 1979 au numéro 151, le personnage réapparaîtra ensuite en 1985 dans une mini-série de 4 numéros, mais c’est dans les années 2000 que toute l’attention va être à nouveau portée sur lui par le biais d’une nouvelle mini-série le décrivant cette fois-ci comme étant un personnage homosexuel .

Né en 1850, Johnny Clay encore enfant se retrouva orphelin quand un raid de Cheyennes tua ses parents, et fut ensuite adopté par Ben Bart, un ancien Texas Ranger. L’enfant se trouva rapidement être très doué au tir mais ce don ne put empêcher son père adoptif de se faire tuer par Hawk Brown en 1868. Après avoir confondu l’assassin de son père, Johnny commença son périple de cow-boy solitaire, devenant justicier et hors la loi.

En Avril 2003, la mini-série The Rawhide Kid: Slap Leather crée la polémique en décrivant le personnage de Johnny Clay comme étant gay, l’affublant de tout un tas de stéréotypes propres au registre de l’homosexuel efféminé et maniéré, à commencer par un humour camp et tendancieux qui va désarçonner plus d’un lone ranger croisé sur sa route. La série écrite par Ron Zimmerman et dessinée par John Severin, est évidemment estampillée d’un gros avertissement « Parental Advisory Explicit Content » sur sa couverture, et fait partie de la collection Max de chez Marvel, consacrée à un public adulte, ou du moins mature.

Qui plus est, et anticipant le fait que le concept d’un héros gay allait être très controversé, les éditeurs de chez Marvel décidèrent de donner à Rawhide-Kid une approche pour le moins prudente: « Il ne va pas faire son coming-out et dire qu’il est gay », a rassuré Joe Quesada« Mais il est évident qu’à travers ses actions et ses allusions, il va dire qu’il préfère les hommes, pas les femmes. »
Ainsi dans le premier numéro de Slap Leather on pourra relever cette phrase sans équivoque lorsqu’il exprime son admiration pour le personnage du Lone Ranger : « I think that mask and powder-blue outfit are fantastic. I can certainly see why that Indian follows him around. »

Les réactions fusent de toutes parts, certains salueront la volonté de Marvel de vouloir casser l’image elle aussi stéréotypée du personnage macho issu d’un genre très codifié et presque immuable, d’autres relèveront également la tentative de l’éditeur d’aller chercher un nouveau lectorat, celui de la communauté gay ou en tout cas de ses représentants masculins.
A l’opposé, la droite religieuse donna bien entendu son point de vue, par la voix d’Andrea Lafferty, Présidente de la Coalition des Valeurs Traditionnelles qui alla sur un plateau de CNN exprimer ses craintes concernant le fait que certains jeune garçons pourraient récupérer une copie de Rawhide Kid:  Slap Leather et devenir immédiatement gay.
Enfin certains membres de la communauté homosexuelle déploraient quant à eux que le personnage soit trop caricatural dans sa façon de parler et d’interagir avec les autres personnages.

Mais une autre polémique apparut également au sein de la Maison des Idées, lorsque le scénariste Chuck Dixon (qui n’est pas réputé pour être gay friendly) se permit de faire quelques commentaires jusqu’à emmettre l’hypothèse que John Severin alors âgé de 86 ans, n’était pas forcément au courant de la condition d’un héros qu’il avait déjà dessiné à ses débuts, car si cela avait été réellement le cas, il n’aurait pas forcément participé à cette entreprise :
« John objected to (but finally drew) a western story I wrote in which an unmarried couple were shown together in bed. (this was for the more adult-oriented ‘Savage Tales’ magazine.) Could he have willingly participated in this? I doubt it very strongly. I’ll bet he was handed a plot with no idea that the subject of the Rawhide Kid’s ‘secret’ would be revealed in the dialogue. »
Ici encore Joe Quesada se devra de remettre les pendules à l’heure, niant le fait que toujours selon les dires de Dixon, l’éditeur Axel Alonso avait essayé de duper Severin et que celui-ci malgré son âge respectable, avait encore toute sa tête et ne pouvait pas être si crédule.

En 2010, une autre mini-série intitulée Rawhide Kid: The Sensational Seven, toujours écrite par Zimmerman apportera également son lot de connotations plus ou moins bien senties, mais sans parler du buzz engendré par le sujet qui nous concerne, ces deux séries n’ont au final pas été encensées par la critique. Il devient alors évident que « transformer » un personnage hétéro déjà existant en éminent représentant de la cause gay ne doit se faire qu’avec une base solide et un scénario en béton, comme ce fut le cas pour vous savez qui…

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