Archives quotidiennes : 23 septembre 2012

Batwoman #0


On pensait déjà tout savoir sur Batwoman, sur son passé, ses blessures, ses failles, sur sa quête de justice au nom des êtres qu’elle a perdu et sur sa volonté de ne plus jamais être une victime… Tout cela nous l’avions déjà compris et ressenti pleinement dans le double arc de Greg Rucka consacré à l’héroïne, Elegy et Go étaient là pour bâtir d’une manière durable et touchante les fondements et les origines d’un personnage volontaire, troublé, meurtri dans sa chair et pourtant ô combien déterminé. Le challenge était d’autant plus intéressant pour JH Willams III et W. Haden Blackman de revenir sur ces évènements décisifs qui ont transformé Kane Kane en Batwoman, mais sans redite, ni répétition. Et la façon dont les deux artistes s’y prennent pour aborder cette transformation prouve une fois pour toute à ceux qui n’en étaient pas encore convaincus que ces deux là sont de très bons scénaristes et servent notre héroïne à la perfection.
Et oui, car mise à part cette couverture malheureusement très en dessous de ce que Williams a l’habitude de nous offrir (la figure imposée par les numéros 0 n’était certes pas très heureuse), tout le reste est la preuve ultime que cette série est de ce qu’il y a de mieux à lire actuellement.

Dans ce numéro de Batwoman, Williams et Blackman vont donc utiliser comme point d’ancrage cette fameuse scène de l’avion (la scène la plus émotionnellement intense d’Elégie) symbolisant une double prise de conscience pour Kate : vis à vis de son père mais également vis à vis de son statut de justicière. Cette scène est d’ailleurs magistralement représentée à deux reprises dans ce numéro, Williams utilisant une composition de la perspective absolument géniale et qui témoigne encore une fois de son immense talent.

A la façon d’un journal intime, ou plutôt d’une lettre ouverte que Kate écrit à son père, la narration à la première personne est d’une sensibilité et d’une justesse si impressionnante qu’il est impossible que vous ne puissiez pas être ému par son parcours, et sa volonté infaillible de devenir la vigilante que l’on connait désormais. Pour cela l’artiste va employer un format quasi symétrique composé de 6 cases par pages et complété par un texte sur fond rouge, la voix de Kate retrace ces moments qui ont fait d’elle ce qu’elle est, mais fait également allusion à la grande importance que son père a eu tout le long de sa vie.
Ce rapport père/fille est en effet tellement crucial qu’il est l’un des piliers de l’existence de Batwoman, sans lui Kate n’aurait jamais pu complètement parfaire son entrainement ni se lancer pleinement dans sa quête de justice.

Face à la « trahison » de son père, la déception et la rupture pour l’héroïne est d’autant plus grande (et très intelligemment symbolisée par le chute d’Alice) que Kate doit désormais se demander dans son cheminement intérieur qui elle est vraiment, mais surtout pourquoi et à partir de quand elle est en fin de compte devenu Batwoman. Est-ce pour venger sa mère et sa soeur ? Pour suivre les traces de son père à sa manière ? Pour continuer de servir son pays sous un autre uniforme ? La réponse se trouve dans la dernière page de ce chapitre et résonne en quelque sorte comme une délivrance pour la narratrice.

Vous l’aurez compris, il y a donc beaucoup d’émotion dans ce Batwoman #0 et le niveau est encore monté d’un cran quant à la qualité du scénario. Je pense que l’on peut dire ici que la perfection a été atteinte alors que le pari n’était pas forcément gagné d’avance, les origines de Kate ayant quand même été décrites récemment. Mais le point de vue utilisé est ce qui a fait la différence, les différents styles employés par JH Williams III font encore une fois merveille, le trait les scènes concernant le passé de Kate n’ont rien à envier aux fresques monumentales  propres à la Déesse de Gotham.
Qu’on se le dise, ce numéro est indispensable.

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Le Bonbon du Dimanche


Sur le TLGB on aime les fan films, en voici un qui met en vedette Robin, vous l’avez peut-être déjà vu mais comme que je le trouve très réussi (bien qu’un peu décousu sur la fin) bref, enjoy.

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