Witchblade : Demon Reborn, la review par Julien Lordinator


C’est les vacances ! Et vous aurez remarqué que le blog poursuit actuellement un rythme beaucoup moins soutenu… et pourtant, sachez que de l’autre côté de votre écran, la TLGB Crew prépare ni vu ni connu deux trois petits bijoux pour cet été dont vous me direz des nouvelles, à commencer par cette review du titre Witchblade : Demon Reborn par mon fidèle et titanesque Julien Lordinator au cas où vous seriez passé à côté…

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Witchblade  : Demon Reborn

Une nouvelle mini-série Witchblade. C’est bien me direz-vous, une de plus… Et bien non, pas seulement une de plus dans le cas qui nous intéresse, pourquoi ? Parce que Demon Reborn c’est bien, ça peut être lu sans vraiment connaître la série originale, c’est bien écrit et c’est surtout super bien dessiné.

De quoi il en retourne donc de ce Witchblade Reborn et pourquoi faut-il le lire  ? Je vais tenter de vous convaincre.

Demon Reborn, c’est tout d’abord la suite d’un one-shot publié en 2003 chez Dynamite et signé Mark Millar au scénario et Jae Lee aux dessins. Autant dire qu’une Dream Team aux commandes d’un comic, ça a de quoi laissé rêveur et on en espère le meilleur et bien là c’était le cas  : Demon, c’était avant tout une claque graphique, avec un Jae Lee au top de sa forme et un Mark Millar qui se lâchait avec une histoire nous décrivant un serial killer sanguinaire complètement illuminé qui tue au hasard les gens qu’il considère comme trop «  bons  » afin de repeupler le Paradis…

Demon était une histoire très courte (Seulement 14 pages, vendues 6 dollars à l’époque*) mais qui réussissait le temps de quelques pages à créer une véritable ambiance sombre et malsaine. Devant une telle réussite, il était un peu normal qu’une suite soit envisagée… Ou pas, vue le nombre de très bons One-shots concernant Witchblade. Il aura donc fallut attendre dix ans pour qu’enfin une suite voit le jour et ce à l’initiative de Nick Barrucci, fondateur de Dymanite qui contacte Ande Parks, un artiste surtout connu pour ces boulots d’encreur, et lui demande si il est partant pour écrire cette histoire. Ande Park dit banco, et se met à l’écriture d’un script. Reste à trouver un dessinateur et ce sera donc Jose Luis, un artiste brésilien surtout connu pour avoir dessiné les aventures des Teen Titans en 2010 à l’époque où la scénariste Felicia D. Henderson écrivait la série (Les épisodes 75 à 87 de l’univers pré-New 52).

Cette épique équipe formée, il ne restait plus qu’à attendre de voir ce que cela donnerait et la surprise fut à la auteur de mon attente de la sortie du trade paper back  : Brillante, cette histoire est tout simplement brillante  !

WBDemonTPChapter01_Page_10Demon Reborn commence donc par la réimpression de l’épisode original de Millar et Lee et embraye sur Sara Pezzini dans l’univers pré-Rebirth (Avant que Jackie Estacado alias The Darkness ne remodèle l’univers Top Cow d’après ces propres fantasmes). Sara Pezzini est donc toujours en couple avec Patrick Gleason et est toujours la mère de la petite Hope. Ont retrouve donc une Sara embrigadée dans son quotidien de flic chasseuse de monstres, mais torturée par des cauchemars incessants lui montrant des visions infernales. Sara va rapidement comprendre que ces cauchemars coïncident avec le retour du Démon, le tueur dont elle a mis fin aux agissements un an plus tôt.

On le comprend donc assez vite, cette histoire n’est pas incluse dans la chronologie de la série originale, ce qui est donc en soit un avantage permettant ainsi à un plus large public de pouvoir s’y intéresser.

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Le Démon est donc de retour et semble multiplier les meurtres en étant cette fois-ci plus sadique et sanguinaire que lors de sa précédente incarnation. C’est d’ailleurs une chose qui choque dès les premiers meurtres  : Ils y sont plus glauques et brutaux que dans la série Witchblade, cela vient beaucoup du fait que les victimes sont des innocents. Mais comment le Démon est il revenu à la vie  ? Là est la première marque d’originalité de Ande Parks dans son récit  : Parks y décrit l’Enfer comme une immense entreprise dans laquelle travaillent des bureaucrates tous plus véreux les uns que les autres. Le diable y est montré comme un chef d’entreprise tout-puissant et il charge donc une de ces émissaires de «  réhabiliter  » le Démon en le renvoyant sur Terre pour se venger de Sara et continuer son odyssée meurtrière.

6c168e83f9ffd2b2497a0c86279eab5cC’est aussi au détour de ces premières pages que l’on peut admirer le travail absolument époustouflant de Jose Luis  : Ses visions de l’Enfer sont absolument dantesque et criblés de détails.

Le Démon revient donc sur Terre est reprend son itinéraire de mort, multipliant les morts sanglantes sur des victimes innocentes. Vu la teneur des incidents, Sara est dépêchée et chargée de l’enquête.

Là où cela va se corser c’est que bien plus qu’un serial killer ordinaire, le Démon va mettre Sara face au fardeau que représente la Witchblade  : Elle possède certes une arme surpuissante mais une arme qui ne cesse de la tester et dans un sens profite d’elle pour l’inclure dans des combats, un peu contre son gré. La Witchblade protège donc Sara, mais qui protège Sara de la Witchblade  ? Cette réflexion guide une grande partie de l’histoire et aborde certains points rarement abordés dans la série, notamment la relation d’attraction/répulsion entre Sara et la Witchblade.
WBDemonTPChapter01_Page_06L’autre point intéressant soulevé dans ce récit et l’utilité de la Witchblade pour protéger l’entourage de Sara  : Aussi puissant soit cet artefact, que peut-il face à des criminels disons plus réels  ? Cet état de fait est exploré au travers d’un histoire parallèle, dans laquelle une amie de Sara abusée par un pervers sexuel se voit harcelée par ce dernier. Le criminel est capturé avec fracas par Sara mais malgré les preuves, il est à peine condamné et continue de harceler sa pauvre victime, et pour une fois la Witchblade n’est d’aucune utilité à Sara.

Cette inefficacité de la Witchblade face à des problèmes autres que des monstres ou des démons et aussi un point rarement abordé dans la série originale, mais qui mériterait clairement de l’être un peu plus.

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Pour finir, il faut saluer l’extraordinaire performance de Jose Luis aux dessins  : L’artiste brésilien livre un travail absolument somptueux, chaque page est constellée de détails et ses personnages sont élégants ou monstrueux selon les cas, un véritable plaisir pour les yeux qui renforce l’idée de lire une histoire exceptionnelle, les quelques pages reproduites dans cette review parleront d’elles mêmes. Rajouté à cela que toutes les couvertures sont de Jae Lee, rien que ça  !

Demon Reborn est donc une histoire atypique, abordant certains thèmes et réflexions sur le mythe de la Witchblade et de son entourage. Une histoire donc plus réfléchie et profonde qu’il n’y paraît, servie par des dessins magnifiques et parfaitement abordables pour tous types de lecteurs, novices comme aficionados. Un carton plein donc pour l’éditeur Dynamite, qui prouve qu’il peut faire autre chose que des crossovers géants quand ont lui confit d’autres licences.

* Le one shot Demon a été publié en France dans le magazine Witchblade Hors Série 12 chez Semic en Mars 2004.

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