Valentine Girl


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Pour un gay, le coming out est certainement l’un des moments les plus importants de toute sa vie.
Peu importe dans quelles circonstances il se fait et à qui il est destiné, sa famille, ses amis, ses collègues de travail, son chat, c’est un passage à l’acte souvent lourd de conséquences qu’elles soient positives ou non. Il y a un avant et il y a un après, on passe de l’ombre à la lumière, littéralement.
Chaque homo se souvient de son premier coming out, où il était, ce qu’il a dit, à qui. Mais il arrive aussi que l’on se souvienne à jamais de celui d’autres personnes tant il est symbolique, beau et porteur d’espoir.
Ce qu’a fait Ellen Page ce week-end est un acte militant, et au delà de son discours plein d’émotion, c’est un message de gratitude vis à vis de tous ceux qui se battent chaque jour pour les droits, la santé et le bien être de la communauté LGBT à travers le monde.
A l’image de Lana Wachowski qui avait fait part d’une manière tout aussi vibrante de son expérience, notre Kitty Pryde est désormais pour notre plus grand bonheur l’une des meilleures ambassadrices dans la lutte contre l’homophobie, un fléau bien plus dévastateur que les Sentinelles du Dr Trask.

Voici la traduction fournie par le site Madmoizelle :

« Bonjour ! Wow. Merci.
Merci Chad, merci pour ces mots gentils et pour le travail encore meilleur que vous faites avec la fondation Human Rights Campaign chaque jour — tout particulièrement au nom des jeunes lesbiennes, gays, bisexuel-les et personnes transgenres ici et à travers les États-Unis d’Amérique.

C’est un honneur d’être ici et d’inaugurer la conférence Time To Thrive. C’est un peu étrange aussi. Parce que me voilà, dans cet endroit, à cause d’une asso dont j’admire profondément le travail. Et je suis entourée par des gens qui consacrent leur vie à rendre celle des autres meilleure — profondément meilleure. Certains d’entre vous enseignent à des jeunes – des gens comme moi. Certains aident les jeunes à se soigner et à trouver leur voie. Certains écoutent. Certains passent à l’action. Certains sont eux-mêmes ces jeunes gens… et dans ce cas, c’est encore plus étrange pour quelqu’un comme moi de prendre la parole devant vous.

C’est étrange parce que me voilà, en tant qu’actrice, représentant — au moins d’une certaine façon — cette industrie qui nous écrase tous de ses standards. Pas juste les jeunes, mais tout le monde. Des standards de beauté, de vie réussie, de succès. Des standards qui, je déteste l’admettre, m’ont affectée. Vous avez des idées plantées dans la tête, des pensées que vous n’aviez jamais eues auparavant, qui vous disent comment agir, comment vous habiller et qui vous devez être. J’ai essayé de les repousser, d’être authentique, de suivre mon coeur, mais ça peut être difficile.

C’est pourquoi je suis là. Dans cet endroit, on peut tous faire beaucoup plus ensemble qu’individuellement. Et j’espère que cette pensée vous remontera le moral autant qu’à moi. J’espère que les ateliers auxquels vous assisterez dans les jours à venir vous rendront plus forts. Parce que j’imagine qu’il y a des jours — des jours où vous avez travaillé dur sans que votre boss n’y prête attention, juste pour aider un môme dont vous êtes convaincu-e qu’il peut s’en sortir. Des jours où vous vous sentez complètement seuls. Minés. Ou sans espoir.

Je sais qu’il y a des gens dans cette pièce qui vont à l’école tous les jours et qui se font traiter comme de la merde pour aucune raison. Ou vous rentrez à la maison et vous vous dites que vous ne pouvez pas dire à vos parents toute la vérité à votre propos. Au-delà de vous coller telle ou telle étiquette, vous vous inquiétez pour le futur. À propos de l’université, du travail ou même pour votre propre sécurité. Tenter de créer une image mentale de votre vie – de ce qui va bien pouvoir vous arriver – ça vous brise un peu plus chaque jour. C’est toxique, douloureux, et profondément injuste.

Parfois, ce sont les petites choses insignifiantes qui peuvent vous abattre. J’essaie de ne pas lire la presse people en règle générale, mais l’autre jour, un site a publié une photo de moi allant à la salle de gym en jogging. L’auteur demandait « pourquoi cette petite beauté persiste à s’habiller comme un gros mec ? »

*pause*

Parce que j’aime être à l’aise. Il y a des stéréotypes envahissants sur la masculinité et la féminité qui définissent la façon dont nous sommes tous censés agir, nous habiller et parler. Ils ne sont à l’avantage de personne. Quiconque défie ces prétendues “normes” doit supporter les commentaires et un examen minutieux. La communauté LGBT connaît tout ça trop bien.

Malgré tout, il y a du courage autour de nous. Le héros du football, Michael Sam. L’actrice Laverne Cox. Les musiciennes Tegan et Sara Quinn. La famille qui soutient sa fille ou son fils qui vient de faire son coming-out. Et il y a du courage dans cette pièce. Vous en faites tous preuve.

Être dans cette pièce avec vous m’inspire parce que chacun d’entre vous est là pour la même raison.

Vous êtes ici parce que votre motivation principale repose sur la conviction que ce monde serait bien meilleur si nous faisions tous un effort pour être un peu moins horribles les uns envers les autres. Si nous prenions juste cinq minutes pour reconnaître la beauté de uns et des autres, au lieu de s’attaquer pour nos différences. Ce n’est pas difficile. C’est même plus simple, et une meilleure façon de vivre. Et en définitive, ça sauve des vies.

Mais en réalité, ce n’est pas simple du tout. C’est peut-être la chose la plus difficile, parce qu’aimer les autres commence par s’aimer et s’accepter soi-même. Je sais que beaucoup d’entre vous ont eu des difficultés avec ça. Votre force et votre soutien m’ont inspirée, à un point que vous n’imaginez pas.

Je suis ici aujourd’hui parce que je suis gay. Et parce que… peut-être que je peux changer les choses. Pour aider les autres à vivre une vie plus simple et avec plus d’espoir. Aussi parce que je sens que j’ai une obligation personnelle et une responsabilité sociale.

Je le fais aussi égoïstement, parce que je suis fatiguée de me cacher et fatiguée de mentir par omission. J’ai souffert pendant des années parce que j’avais peur d’être « découverte ». Mon esprit en a souffert, ma santé mentale en a souffert et mes relations en ont souffert.

Et je me tiens ici aujourd’hui, avec vous toutes et vous tous, de l’autre côté de la barrière de cette douleur. Je suis jeune, oui, mais j’ai appris que l’amour, sa beauté, sa joie et même sa douleur, est le plus incroyable cadeau qu’un être humain puisse donner et recevoir.

Et que nous méritons tous de le vivre pleinement, à égalité, sans honte ni compromis.

Il y a trop d’enfants qui souffrent de brimades, d’être rejetés ou simplement maltraités pour ce qu’ils sont. Trop d’exclus. Trop d’abus. Trop de gens sans foyers. Trop de suicides. Vous pouvez changer tout ça et vous êtes en train de le changer.
Mais vous n’avez jamais eu besoin de moi pour vous le dire. Donc c’était un petit peu bizarre. La seule chose que je peux vraiment déclarer, c’est ce vers quoi m’amène ce que je dit depuis cinq minutes. Merci. Merci de m’inspirer. Merci de me donner de l’espoir et s’il-vous-plaît, continuez à changer le monde pour des gens comme moi.

Joyeuse Saint Valentin. Je vous aime. »

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