Les filles du Paradis : 1ère partie


Comme si cela n’était pas assez compliqué comme ça, certains personnages de comics se payent (souvent ?) le luxe d’être déclinés en plusieurs versions suivant les époques,  les aléas des hautes sphères éditoriales, et l’imagination débordantes de certains scénaristes.
C’est ainsi que pour l’héroïne qui nous concerne aujourd’hui, Wonder Girl, nous sommes à même de recenser trois jolies jeunes femmes répondant à cette Appellation d’Origine Contrôlée par DC Comics et toutes liées bien évidemment à la création de William Moulton Marston, Wonder Woman.
Nous devons ainsi retenir trois dates pour mieux comprendre comment le nom de Wonder Girl a pu se s’extrapoler ainsi : 1959, 1965 et 1996 avec trois apparitions bien distinctes, issues à chaque fois d’une vision bien particulière de ce que peut être une Wonder Girl.

Si si la famille

Vous vous êtes un jour peut être demandé à quoi pouvaient ressembler les aventures de Wonder Woman avant que la Princesse de  Themyscira ne devienne l’héroïne que nous connaissons tous.
Et bien il s’avère que la jeunesse de Diana a bel et bien été traitée parmi ces sept dernières décennies, mais pas forcément pour le meilleur des résultats. C’est Robert « Bob » Kanigher, façonnant l’univers de l’héroïne pendant 22 ans (de 1946 à 1968), qui va introduire une Wonder Woman Family composée de Wonder Woman, sa mère Hippolyta, Wonder Girl et Wonder Tot (autrement dit bébé Wondie) où trois « générations » d’un même personnage sont capables de coexister côte à côte grâce à la magie des amazones.
Le fait est qu’à la mort de Marston en 1947, un sérieux problème se pose vis à vis de la direction à prendre concernant la suite des aventures de notre fière amazone, personne ne semble en effet savoir quoi faire avec ce personnage ! Le plus important à l’époque semble être de continuer à publier le titre pour en garder les droits, Wondie va donc se retrouver confrontée à toutes sortes de brigands, robots, géants, ou encore doubles d’elle même, jusqu’à ce que Frederic Wertham enfonce encore un peu plus le clou via son livre Seduction of the Innocent et influe sur une approche beaucoup plus romantique et conformiste bien en phase avec ce que l’on attend de la part des femmes de cette génération. 

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C’est dans cette optique que Bob Kanigher se met à repenser les origines du personnage, décidant de lui donner une « vraie » famille et de raconter les incroyables aventures vécues dans sa prime jeunesse, le lecteur va donc d’abord découvrir Wonder Woman à plusieurs étapes de son existence, de la petite enfance (avec Wonder Tot) au stade de pré-adolescente (Wonder Girl of course), avant que tout ce petit monde soit réunit pour la première fois dans Wonder Woman #124, un épisode intitulé The Impossible Day (si seulement…).
Dans cette histoire,  Steve Trevor et Diana Prince admirent une peinture rupestre dans laquelle Wonder Woman, Wonder Girl, Wonder Tot et la reine Hippolyta sont présentées en train d’affronter un dinosaure. Alors que Wonder Woman revient à Paradise Island, elle et la reine inspirées par la peinture, fusionnent des bobines de film (franchement, dans ma petite carrière de projectionniste, j’ai jamais vu ça…) afin de créer un film dans lequel elles s’associent à merveille avec Tot et Wonder Girl pour lutter contre Multiple Man, un ennemi à la forme d’un caméléon.

WW1C’est ainsi que ces trois entités de Diana vont apparaître régulièrement  aux côtés de leur mère, mais revenons si vous le voulez bien à nos moutons c’est à dire quelques années auparavant en 1959 avec le #105, un numéro qui annonce d’emblée la couleur car il inclut un backup intitulé Secret Origin of Wonder Woman.
Si vous connaissez un minimum vos classiques en matière de guerrière amazone, je ne vous apprendrai rien en vous disant que Wonder Woman et ses sœurs vivent sur une île paradisiaque uniquement peuplée de femmes et évoluant dans une société utopique régie par le matriarcat et fondée sur des valeurs telles que la paix, l’amour et la non violence. Dégoûtées par le monde des hommes et leur constante agression patriarcale, les Amazones se sont isolées pour construire leur propre société supérieure et prospère, en vue de créer un monde meilleur.
A priori Kanigher n’est pas complètement d’accord avec cette vision pourtant assez sympathique, puisqu’il donne une nouvelle feuille de route quant aux origines des Amazones : Avant de partir pour Paradise Island, elles avaient maris, frères et fils, et ceux-ci s’avéraient même être des guerriers. Pire encore, ces femmes restaient à la maison tandis que les hommes allaient se battre. Mais lorsque ceux-ci furent tous tués au combat, les femmes accablées de douleur furent incapables de supporter d’avantage ce monde infesté par la guerre, elles préférèrent donc le fuir. Les dieux eurent finalement pitié d’elles et les amenèrent à Paradise Island, où elles formèrent une nouvelle société où personne ne pourrait les blesser à nouveau.
On peut donc supposer que Diana avait un père, et nous découvrirons dans les numéros suivant que celui-ci pouvait vraisemblablement être l’amant d’Hippolyta, le Prince Theno. Quoiqu’il en soit Baby Diana va avoir la chance d’acquérir dès le plus jeune âge les pouvoirs d’Aphrodite, Athéna, Mercure, et Hercules, les dieux venant lui rendre visite à tour de rôle alors qu’elle est encore dans son berceau.
Ce sont ces pouvoirs divins qui vont donc permettre aux Amazones de quitter définitivement le monde des hommes, une Diana alors adolescente bâtissant en un temps record le bateau qui allait les mener sur Paradise Island, c’est ainsi qu’apparaît pour la première fois le terme de Wonder Girl.

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Les numéros suivant vont continuer d’explorer le passé de Wonder Woman, ou plutôt Wonder Girl, ce qui va permettre également d’en savoir plus sur la vie sentimentale de notre héroïne avant qu’elle ne fasse la connaissance de ce bon vieux Steve Trevor. Ainsi dans le #107, autrement ditWonder Woman – Amazon Teenager, nous découvrons un certain (ou plutôt le fameux) Mer-Boy, l’homme sirène qui est loin d’être insensible aux charmes de la jeune fille. C’est aussi dans cet épisode que Bob Kanigher va donner une nouvelle explication (un peu tirée par les cheveux d’ailleurs) quant aux origines de son costume, mais ça… c’est une autre histoire.

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Wonder Woman #113 voit dans ses pages la première apparition de Wonder Tot, c’est à dire une Wondie âgée de 3 ans et présente dans un flash-back de l’épisode intitulé Wonder Girl’s Birthday Party Hippolyta se souvient des précédents anniversaires de sa fille qui l’ont le plus marquée. A cette époque, Diana avait réussi à projeter son gâteau d’anniversaire en orbite autour de la terre alors qu’elle essayait juste de souffler ses bougies. Je crois que de nos jours on appelle ça un space cake.

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Dans la continuité de Bob Kanigher, Wonder Girl est totalement consciente de la femme qu’elle va devenir, et ce grâce à cette merveilleuse invention que l’on appelle la machine à voyager dans le temps. Déjà présente dans le #112, cette machine va même permettre aux deux versions de notre héroïne de se côtoyer dans Wonder Woman #117, du moins c’est ce que semble penser Wonder Girl qui souhaite aider son alter ego du futur lors de ses affrontements. Malheureusement elle arrive à chaque fois trop tard. Et si la jeune héroïne pense pourtant être sauvée par sa version adulte, il ne s’agit en fait que de sa mère déguisée en Wonder Woman, essayant de lui faire comprendre finalement qu’elle ne pourra jamais se rencontrer elle-même.

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Nous l’avons vu plus haut, les membres de la Wonder Family vont se réunir dans Wonder Woman #124 sans ne jamais plus vraiment se quitter au fil de leur nombreuses aventures, et ce jusqu’en 1965 avec le #158 qui va mettre un terme à cette, ou plutôt ces premières versions de Wonder Girl.
Dans The End–or the Beginning, Robert Kanigher himself devient l’un des protagonistes du titre sur lequel il travaille depuis de si longues années, et il est celui par qui le scandale arrive. Dans ce numéro Wondie a en effet de quoi s’inquiéter, elle doit non seulement faire face à des lecteurs mécontents, nostalgiques du Golden age, mais surtout, elle assiste impuissante à la disparition de certains membres de sa famille, adieu donc Wonder Girl et Wonder Tot ainsi que ceux qui étaient liés à elles et leurs aventures depuis tant d’années : Mer-Boy et Bird-Boy en tête. La scène est d’une froideur déconcertante : tout ces personnages sont rangés dans un tiroir, même si l’auteur se permet de les rassurer une dernière fois de son amour paternel. Le cercle familial se recentre donc désormais autour de Maman Hippolyta (qui pour le coup reprend sa couleur de cheveux d’origine) et Steve Trevor.

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Mais tout n’est pas perdu pour Wonder Girl, puisque cette même année voit le jour une nouvelle héroïne, Donna Troy, qui va donc porter ce titre dans les pages de Brave and the Bold #60 où l’on continue de découvrir une nouvelle équipe de jeunes super héros, les Teen Titans et dont le succès incite DC Comics à lui consacrer une série dès 1966. C’est ce que nous verrons dans la seconde partie de ce fabuleux dossier consacré aux Wonder Girls, en attendant, je vous offre ma tournée de space cakes.

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