Witchblade Born Again : la review de Julien Lordinator


Witchblade, Reborne (Again)

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Ah Witchblade, j’avais déjà dit tout le bien que je pensais de cette série lors d’un précédent dossier publié ici même. Ledit dossier se finissait d’ailleurs à l’aube d’un nouvel arc scénaristique chapeauté par une nouvelle équipe créative, à savoir Tim Seeley et Diego Bernard qui prenait la suite d’un autre duo qui avait marqué durablement la série à savoir le brillantissime Ron Marz et le stakhanoviste Stjepan Sejic.
Aujourd’hui, Tim Seeley et Diego Bernard s’en vont, Ron Marz revient et Diego Bernard laisse sa place à l’italienne Laura Braga. Quel bilan peut-on tirer de la parenthèse Seeley/Bernard et comment s’annonce le retour de Ron Marz ? Réponse par moi-même dans les lignes qui suivent  !

 [ATTENTION SPOILERS !]

Durant la série Artifacts, Jackie Estacado, le détenteur du Darkness profite du fait que la collision entre tout les artefacts à créer un « vide » dans l’espace temps pour utiliser le pouvoir de sa fille Hope et recréer l’univers selon son bon vouloir.
Dans ce nouvel univers, son défunt amour de jeunesse Jenny Romano est vivante et est la mère de Hope et hormis Estacado, toutes les autres personnes liées de près ou de loin aux artefacts n’ont plus aucun souvenir des événements passés, pire, certains dont Sara Pezzini, détentrice de la Witchblade et mère légitime de Hope, voient leur histoire réécrite.

[FIN DES SPOILERS]

Sara n’a donc plus aucun souvenir d’avoir été la mère de Hope et décide de quitter New York et de s’installer à Chicago, devenant détective privée.
C’est sur ce postulat vierge que Tim Seeley commence sa prestation sur la série, ayant ainsi tout le loisirs de créer un univers autour de notre héroïne.
Les premières aventures de Sara la confrontent à une mystérieuse secte dévouée à une mystérieuse « Fontaine », qui en échange de vies humaines confère à ses membres la vie éternelle, les effets secondaires étant que ces bénéficiaires se retrouvent recouverts d’une armure constitué d’os et de viscères.
Dans le même temps, Seeley constitue une base de personnages qui graviteront autour de Sara : Notamment une femme flic bourrue nommée Wosnicki et un nouveau petit ami pour Sara, un magicien appelé Cain. De plus, les menaces se profilent déjà à l’horizon, des motardes sorcières nommées « Les Déesses », une mystérieuse jeune femme nommée Alisa et un politicien aux intentions troubles.

La seconde histoire envoie Sara dans le monde de Faerie ou elle rencontrera Katarina, une précédente détentrice de la Witchblade déjà aperçue dans le crossover Médiéval Spawn/Witchblade (publié en France dans le numéro 1 du magazine Planète Comics chez l’éditeur Semic en avril 1997 (1)). D’une ambiance surnaturelle et gore, ont passe donc à une ambiance radicalement différente typée héroïc fantasy dans laquelle Sara affronte même des dinosaures !
Seeley n’oublie malgré tout pas de continuer à distiller des indices sur les menaces à venir, Alisa et Castor, le politicien, en tête.

Enfin le dernier récit tourne autour d’Esquivel Mohammed, une sorte de chef d’entreprise à la tête d’un conglomérat nommé Mal Analytics et… C’est là que ça se gâte niveau qualité.
Très honnêtement, durant tout cet arc, je me suis demandé où Seeley voulait en venir.
Visiblement, il a dû boucler prématurément tout ce qu’il avait prévu en seulement quelques numéros vu la rapidité d’expédition des intrigues, ainsi les motivations du politicien sont à peine expliquées, tous les personnages des intrigues précédentes reviennent (y compris Katarina) et Seeley tente maladroitement de lier toutes ses intrigues lors d’un duel final assez prévisible. Les sous intrigues sont tout aussi rapidement expédiées, que dire du personnage d’Alisa, longtemps introduit, dont la place se retrouve vite expédiée lors d’un twist final aussi classique que décevant.

Comment peut-on s’expliquer ce final particulièrement rapide ? Très franchement aucune idée, mais d’un point de vue personnel, j’avoue ne pas avoir été passionné plus que cela par les scénarios de Tim Seeley, certes c’était plutôt bon, sympathique à lire mais on était quand même loin de l’orientation plus intimiste et sensible qu’avait donné Ron Marz à la série.
J’adore Tim Seeley, Hack/Slash étant un de mes comics préféré, mais très honnêtement, je pense que son orientation donné à Witchblade était beaucoup trop éloignée de l’optique établie par Ron Marz durant les années précédentes pour maintenir le lectorat.
Pour ce qui est des dessins, rien à redire de ce cotés, Diego Bernard maintient un très bon niveau tout le long de la série, son style détaillé faisant merveille.
La prestation de Tim Seeley sur la série restera selon moi assez anecdotique, dommage car l’auteur a pourtant le chic pour brosser le portrait de personnages féminins assez forts, je vous conseille d’ailleurs de jeter un œil à la série Hack/Slash (et tant qu’on y est au dossier que je lui ai consacré et qui a été publié sur ce blog, un peu d’auto-promo, ça fait pas de mal).

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C’est donc à la faveur du numéro 170 que Ron Marz reprend du service, et là encore, il y a du neuf et l’heure est au grand chambardement.
La série commence deux ans après la mort de Jackie Estacado. Quoi, comment, Estacado est mort ? Il faut croire que oui, comment, on ne sait pas, on sait juste que c’est Sara qui lui a donné le coup de grâce (2).
Tout est donc revenu tel que c’était avant que Jackie Estacado ne créé son illusion, on retrouve donc notre héroïne au poste de shérif du comté de Saratoga à New York, elle se souvient de toute sa vie passée et n’a plus la Witchblade.
4Ceux qui suivent ou ont suivi la série savent que ce n’est pas la première fois que la belle se retrouve dépossédée, de son plein gré ou pas, de l’artefact. Dans le cas présent, tout est expliqué en quelques pages : Lassée que se soient ses proches qui pâtissent continuellement des ennemis attirés par la Witchblade, Sara demande l’aide de la combattante du Vatican, Magdalena afin de se séparer définitivement du gant maudit. Tant bien que mal et avec l’aide inopportune de Tom Judge, le prêtre défroqué détenteur de l’artefact Rapture, elle réussi à sceller la Witchblade dans un reliquaire, ledit reliquaire finissant au fin fond d’une cache du Vatican.
Sara croit donc être enfin débarrassée de ce fardeau mais c’est sans compter la nouvelle détentrice du pouvoir de l’Angelus, qui s’approprie le gant magique et compte bien tout faire pour que Sara ne glisse de nouveau sa main à l’intérieur.

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2Dés le début de l’histoire, ont reconnaît d’emblée le style d’écriture de Ron Marz, clair, limpide et allant droit au but, brossant en quelques vignettes le caractère de personnages d’emblée, soit  attachants comme les collègues de Sara (mention spéciale à la jeune adjointe, qui je pense va vite devenir un personnage central) soit détestable comme le maire et son assistant servile.
Je ne me suis pour le moment procuré que le premier tradepaper back, qui contient les 4 premiers numéros (Soit les numéros 170 à 174) et je dois avouer que malgré leur statut d’épisodes de pur mise en place, je me suis surpris à le relire deux fois.
Je vais sûrement encore me répéter mais Ron Marz a véritablement du talent pour rendre ses personnages attachants, mêlant tranches de vie et action débridée sans que l’un n’empiète jamais sur l’autre dans un équilibre quasi-parfait, même si pour le moment il est un peu tôt pour vraiment s’enthousiasmer, ces 4 épisodes laissent néanmoins augurer le meilleur pour la suite.

Passons maintenant à la partie visuelle, avec les dessins de Laura Braga et autant dire que c’est une véritable et bonne surprise ! Bonne surprise car on a donc un nouveau style visuel, n’ayant rien en commun avec ces deux prédécesseurs (Stjepan Sejic et Diego Bernard), très frais et séduisant : Le trait de Laura Braga est clair, tout en finesse et particulièrement agréable, j’ai surtout remarqué un réel effort au niveau des expressions faciales, très réussies et qui parviennent parfaitement à retranscrire les émotions des personnages. Idem pour son encrage, que visiblement elle fait elle même, net et tout en rondeur, renforçant le coté élégant des personnages.
En résumé, je suis conquis par le dessin de la jeune italienne, Laura Braga s’annonce comme une nouvelle artiste à surveiller de près et j’espère la voir encore longtemps travailler sur Witchblade  !

Je ne peux pas non plus passez sous silence l’excellent travail de Betsy Gonia à la colorisation qui en donnant aux dessins des tons pastels et pâles donne une véritable identité et une particularité à la série là où dans le mainstream ont trouve souvent des couleurs criardes et éclatantes, ce parti pris graphique est particulièrement bienvenu et original.

Pour finir, oui, ce reboot de Witchblade est bel et bien une réussite, son postulat de départ permet aux nouveaux lecteurs de s’y intéresser sans problème et le retour de Ron Marz ralliera ceux qui comme moi avaient été dubitatifs durant le run de Tim Seeley.
Un scénario solide, des dessins originaux et réussis, en somme un reboot qui en plus d’être de qualité, mérite que l’on s’y attarde  : Si vous n’avez jamais lu Witchblade, ne sachant pas par où commencer, c’est clairement le moment ou jamais de vous y mettre.

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  • (1) Crossover qui accessoirement servi également de base à la mini-série Arcanum.
  • (2) La mort de Jackie Estacado sera prochainement conté dans le graphic novel The Death of Jackie Estacado visiblement prévu pour l’année prochaine.

BONUS  !

Rapide review  : Witchblade / Red Sonja

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Witchblade et les crossovers, c’est un peu une grande histoire d’amour, la porteuse du gant magique ayant croisé un peu tout le monde, de Wolverine à la Justice League en passant par les Aliens et les Predators ou encore Lara Croft, Witchblade a fait des incursions dans un peu tout les univers.
Witchblade rencontre donc aujourd’hui une autre héroïne, emblème de l’heroïc fantasy, vêtue d’un bikini de cottes de mailles et à la chevelure de feu aux vents : Red Sonja !
Une rencontre aussi enthousiasmante qu’improbable, les deux héroïnes vivant à des époques totalement différentes et n’ayant donc que peu de chances de se rencontrer…
Néanmoins, j’avais déjà dit ça pour le crossover Spider-Man/Red Sonja (publié en France dans Spider-Man Hors série 26) et au final, ledit crossover se révéla fort sympathique.
Qu’en est-il donc de ce nouveau crossover ? Et bien, c’est tout aussi sympathique !

Layout 1Déjà le crossover prend un parti pris assez peu évident, celui de ne pas se faire rencontrer les deux héroïnes : En fait, un démon/ange déchu attaque sur deux fronts, le passé et le futur et rencontrera chacune de nos héroïnes à leur époque respective, toutes deux liées par la Witchblade.
Leurs seuls échanges seront par esprits interposés, les deux femmes se parlant de façon astrale.
Tout ça c’est assez tarabiscoté, mais au final, est-ce que ça marche ? Ma foi oui, l’histoire se lit assez bien, est très rythmée et on referme le livre avec la sensation d’avoir passé un bon moment.
Bravo donc au scénariste Doug Wagner de s’en être bien sorti à cet exercice de style qu’est le crossover, auquel il est bien compliqué de donner une originalité.
Note : Chronologiquement, ce crossover se passe avant que Jackie Estacado ne remodèle l’univers, Sara est donc toujours la mère de Hope.

3Cotés dessins, ont trouve un petit nouveau nommé Cesar Razek qui jusque là n’avait bossé que sur des comics à licence (Battlestar Galatica et Stargate) et sur le crossover Hack/Slash/Eva, qui s’en sort avec brio, livrant des pages détaillées et dynamiques à ravir la rétine.
Cerise sur le gâteau, les couvertures (d’ailleurs toutes reproduites dans le TPB) sont signées Ale Garza !

En résumé, un bon petit crossover, original et plaisant à lire en compagnie de deux jolies héroïnes ? Que demander de plus ?

Witchblade : Borne Again Volume 1 disponible depuis le 15 juillet 2014 chez TopCow/Image Comics

Witchblade/Red Sonja disponible depuis le 9 avril 2013 chez Dynamite Entertainement

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