Batgirl Rising (again)


Batgirl Head

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Alors que Batgirl est sur le point (en octobre, à partir du #35) de se faire faire un véritable ravalement de façade par les bons soins de Cameron Stewart, sa protégée Babs Tarr et Brenden Fletcher, il est peut-être utile de rappeler que Barbara Gordon est un personnage qui n’a eu de cesse d’évoluer depuis sa création en 1967, et que son dramatique accident causé par le Joker (ou Alan Moore, c’est selon) qui la cloua dans un fauteuil pendant 23 ans (soit un peu plus de la moitié de son existence sur papier) ne saurait entièrement façonner et résumer sa personnalité.

Car oui, Batgirl est avant tout un personnage rayonnant, arrivant juste derrière Wonder Woman en terme de figure iconique de l’univers DC, tout simplement parce que sa création coïncide avec l’émergence du mouvement d’émancipation de la femme, et que contrairement à l’Amazing Amazone, elle s’inscrit dans la réalité.
Lorsqu’elle apparaît en 1967, elle est titulaire d’un Doctorat, alors qu’à cette époque bon nombre de jeunes filles ne finissaient même pas leurs études, étant déjà enrôlées dans une vie maritale toute tracée.
Femme de lettres, intellectuelle, et hautement qualifiée, elle dirige à ses débuts la Gotham City Public Library, et contrairement à ses camarades féminins comme Catwoman, Black Canary, Zatanna, où encore Power Girl, son costume est loin d’éveiller les fantasmes les plus gratinés des lecteurs, celui-ci étant la copie quasi-conforme de celui de Batman.
Bien sûr ce personnage sera mainte fois malmené (tout comme la plupart des héroïnes de sa génération) à coup de sac à main inutile et de bas effilochés lui empêchant de prendre part au combat, une tendance représentative du manque de considération des éditeurs de l’époque non seulement pour ses héroïnes et son lectorat féminin, faisant fit des propos d’Yvonne Craig concernant son personnage dans la bondissante série télévisée : « Je rencontre des jeunes femmes qui disent que Batgirl est leur modèle … Elles me disent que c’est parce que c’est la première fois qu’elles se rendent compte que les filles peuvent faire les mêmes choses que les garçons, et parfois même mieux. Je pense que c’est très agréable. »

Le coup de grâce donné par Alan Moore, alors que Barbara Randall lui avait fait prendre sa retraite quelques mois plus tôt dans Batgirl #1 spécial, a enterré pendant plus de vingt ans l’imagerie collective de cette jeune fille aussi intelligente (voir plus, compte tenu de ses études) que Batman, et physiquement aussi endurante que Robin, parcourant les toits de Gotham à l’affût des brigands.
Fort heureusement, pendant tout ce temps quelques séries lui ont permis de revêtir une nouvelle fois son costume de justicière par le biais de flash-Back, on peut citer bien évidemment l’excellente série Birds of Prey où elle officiait sous le nom d‘Oracle, la fameuse et superbe mini-série Batgirl Year One, écrite par Chuck Dixon et dessinée par Marcos Martin, sans oublier sa présence rapide mais remarquée dans All Star Batman and Robin de Jim Lee et Franck Miller. Et lorsque c’est Stephanie Brown qui incarne Batgirl à partir de 2009, on retrouve la fraîcheur et l’energie de Babs dans ses premières années.

Il me semble que c’est cet esprit que souhaitent ramener les trois nouveaux responsables des aventures de Barbara Gordon, loin de la noirceur et de la violence que tentait d’exorciser Gail Simone à son personnage fétiche. Batgirl démarre une nouvelle vie, pour elle même, dans un quartier de Gotham (Burnside) qui n’a absolument rien à voir avec les bas fonds de la mégalopole dont elle connait pourtant les moindres recoins. Et c’est en ce sens que cette nouvelle version du personnage est la bienvenue, Batgirl n’est pas Batman dans le sens où elle n’a pas les mêmes démons intérieurs que son mentor. Certes son passé n’est pas exempt de drames cornéliens et indissociables de sa personnalité (la folie meurtrière de son frère, le traumatisme indélébile causé par le Joker), si ce n’est de panser ses blessures, Babs est capable d’aller de l’avant et de vouloir vivre comme une jeune fille de son âge en continuant ses études (et oui, c’est une notion qui est toujours aussi importante en 2014 vis à vis de ce personnage, Barbara Gordon, c’est une héroïne avec un cerveau).

 Cette métamorphose, symbolisée par le spectaculaire changement de costume (qui a mis en émoi toute la blogosphère comics, Tumblr et des hordes de cosplayeuses déjà en transe) nous rappelle que malgré les directions très discutables prises par DC ces dernières années en matière de personnage féminin, l’éditeur arrive encore à nous surprendre en regardant (enfin) ce qui se passe autour de lui.
Cette toute nouvelle Batgirl dans son costume violet et jaune (une référence évidente à celui d’Yvonne Craig, comme quoi la boucle est bouclée) nous promet de bien belles choses dans les mois à venir, et inaugure peut être espérons le une nouvelle tendance pour le bien de nos héroïnes « d’ici ».

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2 Commentaires

Classé dans Goddess of the day

2 réponses à “Batgirl Rising (again)

  1. Nighthowl

    Bonjour

    Moi je me demande si c’est pas un stratagème de DC pour faire oublier qu’il y a eu d’autres Batgirl (suivez mon regard vers Cassandra Cain et Stephanie Brown)…

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