Athena : la review de Julien Lordinator


Rapide review  : Athena

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Zeus, constate que l’on ne croit plus en lui et ses semblables, ce qui mènerait inévitablement à leur disparition… Il décide alors d’envoyer sur terre plusieurs de ses enfants, Athéna en tête, afin de les protéger. Mais le père des Dieux de l’antiquité leur a effacé la mémoire et les a privés de leurs pouvoirs, les laissant errer sur Terre comme de simples humains. Athéna, aujourd’hui enquêtrice auprès du procureur de New York mène une existence plus ou moins paisible, ignorante de son héritage divin. Mais bientôt les origines d’Athéna vont lui revenir en mémoire à la grâce d’une enquête dont les points communs avec un des plus grands événements mythologiques de l’histoire ne sont pas forcément fortuits…

2Il n’est pas rare que les comics empruntent à la mythologie, qu’elle soit, grecque, nordique ou même égyptienne, il existe une sorte de tradition dans les comics américains voulant donner à plusieurs super-héros des liens avec des divinités issues de civilisations antiques, de là à dire que l’éditeur Dynamite n’a fait que vouloir sa part du gâteau il n’y a qu’un pas, que je ne franchirai pas… A moins que se soit déjà fait, enfin bref  !

Athéna est donc une héroïne qui s’inscrit dans la directe lignée de ce genre de personnage et les points communs avec une certaine amazone portant la bannière étoilée ne sont, je pense, pas fortuit, surtout quand on se rend compte que la belle Athéna a des pouvoirs étrangement similaires, jusqu’au fait de pouvoir décerner la vérité chez les gens.

L’histoire nous présente donc la belle Athéna, dont le métier va la mener à enquêter sur une histoire d’enlèvement au sein de la mafia : Le chef d’un gang tombe amoureux de la femme d’un gang rival, va la «  kidnapper  » et la ramener chez lui. Mais le mari cocufié ne l’entend pas de cette oreille et va assiéger la demeure des amants, allant jusqu’à utiliser un camping-car piégé pour entrer dans la demeure. Acculée et embringuée dans cette histoire, Athéna ne devra son salut qu’au retour impromptu de ses pouvoirs.
« Mais c’est l’histoire de la guerre de Troie ? » vont s’écrier les lecteurs les plus assidus et connaisseurs de récits mythologique et bien oui, il s’agit en fait de l’histoire de la guerre de Troie, revue et corrigée façon mafioso. Et c’est là l’un des principaux problèmes du livre, que ce soit les emprunts chez les personnages de la concurrence (Voir plus haut) ou une trame scénaristique calquée sur un récit mythologique bien connu, on ressent tout au long de la lecture un cruel manque d’originalité, même chez le look des héros : Athéna fait singulièrement penser à un mix entre Wonder Woman et la Glory de Rob Liefeld (Première période, pas la nouvelle version que j’ai chroniqué récemment ici même), et Arès est quasiment une décalcomanie de celui de Marvel

3Pour revenir plus précisément sur l’histoire, autant être franc, je trouve l’ensemble très anarchique : Entre flashbacks, rappels mythologiques, séquences inutiles et passages éludés ou trop vite expédiés (Le retour des pouvoirs d’Athéna par exemple, aussi rapide qu’incompréhensible), le récit peine à trouver son rythme et se termine sur une fin ouverte aussi abrupte que frustrante. L’ensemble est renforcé par une désagréable sensation de déjà vu, ne jouant pas en la faveur du récit.

Je passerai rapidement sur le chapitre spécial publié en fin du livre qui montre Athéna déjouant un attentat terroriste dirigé contre Barack Obama, le dit président ayant du coup droit à un caméo, le côté patriotique typiquement ricain me dépassant un peu.

Pour ce qui est de la partie dessin, je me réjouissais de voir à l’œuvre le français Paul Renaud, étant un grand fan de l’artiste et je fus assez déçu de constater que l’intéressé n’avait signé que quelques pages, qui en passant sont absolument sublimes, et que le reste avait était réalisé par Fabiano Neves, un artiste dont j’admire également le travail. Et bien entre les quelques pages réalisées par Paul Renaud et le travail de Fabiano Neves, Athena a quand même pour elle d’avoir eu deux artistes de talent aux commandes : L’ensemble est vraiment très beau et malgré la relative faiblesse du récit rend la lecture particulièrement agréable.

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Bilan très moyen donc pour cette nouvelle héroïne mythologique, et véritable dilemme en ce qui me concerne : D’un coté on a un récit ma foi assez classique et convenu et de l’autre une partie visuelle franchement impressionnante. Est-ce que j’ai été déçu par cette Athéna ? Je ne vous cacherai pas que oui, m’attendant franchement à autre chose, surtout venant d’un éditeur comme Dynamite qui m’avait déjà bien surpris avec ces versions du Shadow et de héros de pulp (Je vous conseille d’ailleurs le très bon Masks, la réunion de tous ces héros dans une sorte de Ligue de Justice improvisé version années 30, publié en deux tomes chez Panini) et cette tentative de donner dans le mythologique m’a franchement donné l’impression que l’éditeur voulait donner sa version maison de Wonder Woman… Dommage.

 Athena, disponible depuis le 27 août 2014 chez Delcourt dans la collection Contrebande

1 commentaire

Classé dans Comic of the day

Une réponse à “Athena : la review de Julien Lordinator

  1. Il m’intéressait beaucoup, mais pourquoi la vêtir ainsi, la caractériser comme Wonder Woman et forcément tout rattacher à la sacro-sainte Amérique (s’ils avaient le monopole de la mythologie, ça se saurait^^) ? Bref, vous me mettez de gros doutes, et tant mieux.🙂

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