Wonder Woman : la Vérité sur la plus célèbre des super héroïnes


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Tout le monde connaît Wonder Woman et semble avoir une idée bien précise de ce qu’elle peut représenter : Première super héroïne notable, icône du féminisme ou égérie de la pop culture, elle est sans doute tout cela à la fois, mais elle est bien plus encore.
Wonder Woman fut créé en 1941 par un psychanalyste excentrique nommé William Moulton Marston à une époque où l’on demandait aux femmes pendant une courte période de sortir de leur foyer et prendre la place des hommes partis au front pendant la Seconde Guerre Mondiale. Les comics dans lesquels elle évoluait ne suggéraient pas seulement que les femmes pouvaient être l’égal des hommes, le souhait de Marston était de montrer qu’elles pouvaient leur être supérieures en de nombreux points.
C’est cette notion de “super femme” qui est restée dans l’imagerie collective, et pourtant on ne peut pas vraiment dire que son statut a évolué au même rythme que celui de la condition féminine dans notre société.
Alors qu’elle est sur le point d’entamer une carrière cinématographique, des décennies après ses deux comparses de chez DC Comics (ainsi que de nombreux autres personnages de moindre importance), nous allons donc essayer de voir qu’elle a été son évolution depuis ses origines et comprendre pourquoi malgré son manque de considération après la mort de son créateur, elle est devenue un symbole culturel et social qui dépasse largement les limites de la bande dessinée.

Le Golden Age

En créant le personnage de Wonder Woman, le message de Marston était tout à fait clair, il voulait préparer le lectorat à une future et inévitable suprématie des femmes dans notre société, et ce dans un futur plus ou moins proche.
Alors que la plupart des super héros masculins créés à la même époque trouvaient leur motivation dans un traumatisme ou un évènement tragique qui allait forger leur destin, le message véhiculé dans les premiers numéros de Wonder Woman était bien plus positif et prônait des idées féministes à destination des hommes.

Qui est Marston ?

2William Moulton Marston ne pouvait être comparé à aucun scénariste de bandes dessinées de l’époque. Contrairement à ses pairs et futures légendes des comics (comme les scénaristes Joe Shuster, Jerry Siegel, Bill Finger, Joe Simon, tous âgés d’une vingtaine d’années au début des années 40), Marston, né en 1893 avait déjà une belle carrière derrière lui en tant qu’Universitaire, psychanalyste, écrivain, consultant et scénariste pour divers studios de cinéma à Hollywood, et chroniqueur dans différents magazines tels que le Rotarian et le Ladies Home Journal.
Avant d’avoir créé Wonder Woman, Marston était déjà connu pour avoir été l’inventeur du polygraphe, un dispositif qui mesure la pression artérielle et qu’on appelle plus communément le détecteur de mensonge.

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Mais Marston était également un fervent partisan de la cause féministe, n’hésitant pas à dire en 1937 dans une interview pour le New York Times que les femmes étaient destinées à diriger le pays tant sur le plan politique qu’économique, et que cela se produirait dans les 100 prochaines années.
La très haute opinion que Marston pouvait avoir des femmes est indubitablement liée à celles qui partageaient sa vie. Il entretenait une relation polyamoureuse très peu conventionnelle pour l’époque avec Elizabeth « Sadie » Holloway qu’il épouse en 1915, et Olive Byrne qu’il rencontre cinq années plus tard.

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Ces deux femmes avaient suivi de longues études, chose très rare en ce début de 20ème siècle, alors que les femmes n’étaient pas encore autorisées à s’inscrire dans les universités les plus prestigieuses. Elizabeth fait figure de pionnière en obtenant trois diplômes dans trois établissements différents : une licence en psychologie au Mount Holyoke College, une licence de droit à l’Université de Boston et un master en psychologie au Radcliffe College, un département exclusivement féminin annexé à l’Université d’Harvard lui réservé aux hommes où officie Marston. Elle travaille avec son époux sur sa thèse qui porte sur la corrélation entre les niveaux de pression artérielle et le mensonge et donne son premier enfant à l’âge de 35 ans tout en continuant de travailler, chose révolutionnaire pour l’époque.

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Olive, en plus d’être une femme de savoir, est également très proche du mouvement du contrôle des naissances qui prône l’accès, l’éducation et la légalisation de la contraception et dont l’une des fondatrices n’est autre que sa tante, Margaret Sanger. La mère d’Olive, Ethel Higgins Byrne a quant à elle ouvert en 1916 la toute première clinique de contrôle des naissances aux États-Unis dans le but d’empêcher les avortements non médicalisés, elle fût arrêtée par la police et sa libération fut l’objet d’un chantage dans lequel elle ne devrait plus jamais être liée à ce mouvement.
Toutes deux donneront deux enfants chacunes à Marston, les enfants d’Olive seront adoptés par le couple « légitime », à des fins juridiques. Tous vivaient dans le même foyer comme une seule et même famille, Marston et Elizabeth travaillant ensemble, et Olive élevant les enfants.

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A la mort de Marston en 1947, Elizabeth et Olive vont rester ensemble pendant près de 40 ans, élevant les quatre enfants de Marston en totale harmonie. Rien n’est dit sur la nature exacte de la relation entre les deux femmes suite au décès de l’auteur (ou même avant d’ailleurs) mais on peut imaginer que les deux premières résidentes de l’ïle de Themiscyra avaient trouvé la plus belle des manières de protéger les intérêts de leur petite tribu. Elizabeth décédera en 1993 à l’age de 100 ans.

Le contexte

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En 1940, William Moulton Marston est engagé par All American Publications (futur DC Comics) en matière de consultant, grâce à un article intitulé Don’t Laugh at the Comics publié dans les pages du magazine Family Circle et particulièrement apprécié par l’éditeur Max Gaines. En effet dans cet article, Marston prônait les vertus éducatives des comics souvent snobés par les intellectuels.
A cette époque, beaucoup d’associations de parents et d’enseignants pensaient que les comics étaient dangereux pour les enfants, arguant sur la violence de leur contenu et prônant la “vraie” lecture. C’est ainsi que beaucoup d’éditeurs firent appel à des experts en éducation et des psychologues pour lire leurs publications, et les valider.
Marston soumet alors à Sheldon Mayer son idée de donner aux jeunes lecteurs une alternative aux titres teintés de violence et exclusivement masculins. Il créé une héroïne qu’il appelle “Suprema The wonder Woman”, un nom que va raccourcir Mayer.

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9Il fait la connaissance de Harry G. Peter avec qui il va travailler pour élaborer l’aspect de l’héroïne. Son style graphique à l’ancienne se différencie de celui d’artistes beaucoup plus jeunes que lui, et qui dessinent déjà des créatures de rêve au physique hypersexualisé. C’est lui qui va donner à Wonder Woman un style si particulier, à l’encontre des standards de l’époque, et lui permettant de se faire remarquer parmi les innombrables publications déjà disponibles.

Par l’intermédiaire de divers billets échangés entre les deux auteurs, Wonder Woman va prendre forme pour finalement apparaître dans les pages d’All Star Comics #8 en décembre 1941.

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Il y a des milliers d’années, les Amazones furent emprisonnées par Hercule dans sa quête des douze travaux, le neuvième étant de s’emparer de la ceinture d’Hippolyte, reine des Amazones, ce qu’il réussi à obtenir par la duperie et la tricherie. Après s’être libérées, elles décidèrent de quitter le monde violent et agressif des hommes et furent guidées par Aphrodite vers une île cachée où seules les femmes pouvaient résider.
C’est là que la Reine Hippolyte sculpta dans l’argile une enfant qui allait prendre vie par la volonté des Dieux et qu’elle nommerait Diana.
Devenue adulte, elle sauve le pilote Steve Trevor d’un accident d’avion mais les déesses Aphrodite et Athena demandent à ce qu’il soit renvoyé dans son monde au plus vite, et qu’une guerrière Amazone soit choisi pour l’aider à défendre l’Amérique, dernier rempart de la démocratie, et de l’égalité des droits pour les femmes.
La Reine Hippolyte organise un tournoi, empêchant Diana d’y participer de peur de perdre son unique enfant, mais celle-ci déguisée le remporte facilement. Elle devient alors Wonder Woman et se pare d’un costume aux couleurs de l’Amérique pour être considérée plus facilement comme une alliée. Elle ramène Steve à bord de son jet invisible et prend l’identité secrète de Diana Prince, tout d’abord l’infirmière de Steve puis sa secrétaire.

L’idéologie

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Même si la série Wonder Woman était destinée à un jeune public, elle véhiculait néanmoins quelques théories sur lesquelles Marston a travaillé tout au long de sa carrière de psychologue, notamment son système d’analyse du comportement appelé DISC (Dominance, Inducement, Submission, and Compliance, que l’on peut traduire par la Domination, l’Incitation, la Soumission et la Docilité).
Cette théorie fut l’objet d’un livre paru en 1928 et intitulé Emotions of Normal People, qui  expliquait les caractéristiques du disque des émotions exprimées par les gens normaux à l’aide de ces quatre types de comportement.
Selon lui, les hommes sont enclins à avoir un comportement de dominant alors que les femmes se voient naturellement reléguées a un statut de soumission, hors celles-ci étant également plus aimantes et désintéressées, elles sont plus à même d’assumer émotionnellement une position de leader que les hommes. Il écrit ainsi :  “Il n’y a pas assez d’amour dans l’organisme masculin pour qu’il puisse diriger cette planète de manière pacifique (…)  Le règne des hommes dominants conduit la société vers la violence et les conflits”.
En 1942 dans un numéro du magazine Tomorrow, il déclare : “L’avenir sera femme, dès qu’elles réaliseront leur frustration actuelle, et leur formidable et puissant potentiel (…) les femmes dirigeront le monde.”

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Marston était convaincu que la participation des femmes à l’effort de guerre allait faciliter cette prise de conscience et accélérer l’avènement d’une société matriarcale, et il voulait faire en sorte que Wonder Woman personnifie ce changement.
Son désir n’était pas uniquement de créer une super héroïne, il souhaitait aussi qu’elle encourage les femmes à joindre les forces auxiliaires ou trouver un emploi pouvant servir la nation. Wonder Woman allait ainsi se battre sur tout les fronts, de l’Allemagne au Japon en passant par le Mexique, l’Amérique du sud et la Chine, tout en faisant face à des injustices beaucoup plus sociales, comme les mauvaises conditions de travail, l’inflation ou l’intimidation.

Avec elle, le statut de la demoiselle en détresse symbolisé par la plupart des héroïnes de cette époque allait littéralement exploser comme ce fut le cas avec Miss Fury, Miss America ou Phantom Lady.
Plus encore, l’archétype classique était totalement inversé puisque ce rôle là était tenu par Steve Trevor, régulièrement kidnappé et devant être sauvé afin de développer l’intrigue amoureuse. Par contre, lorsque Wonder Woman se retrouvait en mauvaise posture, Steve arrivait trop tard, se faisait assommer pour se réveiller ensuite et constater que Diana avait parfaitement pu s’en sortir toute seule.

Dans les années 40 Wonder Woman arrivera à surpasser Superman en terme de ventes à plusieurs reprises, atteignant un public de plus de 5 millions de lecteurs et apparaîtra dans 3 séries différentes.

Le bondage

13Marston était persuadé que chaque femme pouvait être une Wonder Woman en puissance et qu’elle finirait par prendre en charge le destin du monde. La plupart de ses écrits ont évangélisé ce concept, souvent couplé par l’apologie de la pratique du bondage que l’on retrouve dans bon nombre de ses oeuvres, qu’elles soient de fiction ou des travaux en psychologie.

Certes, cette présence récurrente du bondage dans les épisodes du Golden Age où Wonder Woman se retrouve pieds et points liés, peut aller de prime abord à l’encontre de toute idéologie féministe, elle en est pourtant intimement liée.
Dans les années 40 la pratique du bondage n’avait à priori pas grand chose à voir avec l’imagerie sado/maso qu’on lui donne aujourd’hui. Pour Marston le bondage était plus qu’une pratique, c’était un mode de vie basé sur le contrôle, la soumission et la confiance. Le terme régulièrement employé par le psychologue est “loving authority”, une autorité bienveillante que les hommes devraient être prêts à expérimenter de la part des femmes.
Selon lui, le succès de Wonder Woman était la preuve que le processus de soumission avait commencé : “les hommes de tout âge exaucent leurs désirs lorsqu’ils lisent des comics, ils sont devenus fous de Wonder Woman, cela veut dire qu’il attendent une femme magnifique et passionnante qui est plus forte que ce qu’ils sont (…) Wonder Woman est le désir subconscient et minutieusement déguisé des hommes d’être maîtrisés par une femme qui les aime”.
En ces temps troublés par la guerre, Marston était persuadé que le seul espoir pour la paix était d’enseigner aux hommes les joies de la soumission, prévalant la voie de la force et de la violence.

Ainsi, les Amazones dans Wonder Woman ont naturellement intégré la pratique du bondage dans leur culture comme expression de la confiance par l’enseignement, soulignant que leur utopie était fondée sur la parenté et la hiérarchie de soumission. Et le pouvoir de la soumission, symbolisé par le lasso de la vérité, est toujours toujours utilisé à des fins bénéfiques et altruistes.

14D’un autre côté, Marston va également dénoncer cette pratique lorsqu’elle est employée par des hommes, à des fins cruelles et dominatrices. Cette brutalité subie par les femmes dans Wonder Woman était une critique de la société patriarcale de l’époque et de l’oppression politique et sociale dont elles étaient victimes.

A la suite de nombreuses lettres d’inquiétudes et de protestations de la part de différentes associations telles que la Child Study Association of America, Max Gaines se voit obligé de demander à Marston de lever le pied avec ses allusions au bondage. Dans une lettre datée de 1943, Gaines conseille en effet à l’auteur de réduire de 50 à 75% l’utilisation des chaînes dans ses numéros sans que cela interfère sur la qualité de ses oeuvres ni des ventes.
Cette même année, un lecteur servant dans l’armée écrit à Gaines : «Je suis l’un de ces hommes bizarres, peut-être malheureux qui tire un plaisir érotique extrême à la seule pensée d’une belle fille enchaînée ou attachée … Avez-vous le même intérêt pour le ligotement et les entraves que moi ? »
Pour sa part, Marston a farouchement défendu sa création, en déclarant dans une lettre à son éditeur : «Ceci, mon cher ami, est  la preuve de la grande contribution de ma bande dessinée Wonder Woman à l’éducation morale des jeunes. Le seul espoir pour la paix est d’enseigner aux gens qui sont pleins de dynamisme et de leur montrer l’avantage de profiter d’être ligoté … C’est seulement lorsque le contrôle de soi par les autres sera enfin perçu comme plus agréable que l’affirmation de soi dans les relations humaines, que nous pourrons espérer une société stable et pacifique des hommes … Donner aux autres, étant contrôlées par eux, se soumettre à d’autres personnes ne saurait être agréable sans un fort élément érotique. »

Le Silver Age

La Wonder Woman du Golden Age était en avance sur son temps, à l’image de Rosie la Riveteuse qui se présentait comme le symbole de ce que les femmes pourraient devenir, sans que cela leur soit permis. Après la guerre, le sort des femmes fut de retourner à une vie tranquille et centrée sur le foyer et la vie maritale. Pour ce qui est des comics, la mode des super héros costumés prend fin, entraînant l’arrêt de nombreuses séries.

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A la mort de Marston en 1947, Robert Kanigher va prendre la relève et écrira les histoires de Wonder Woman pendant près de 20 ans, sans qu’il soit nécessairement crédité en tant que scénariste, mais comme éditeur.
Embauché par DC en 1945, il crée avec Carmine Infantino le personnage de Black Canary, ainsi que celui de Rose and Thorn, et décide de ne pas continuer la démarche féministe et progressiste initiée par son prédécesseur.
H.G. Peter restera sur le titre pendant plusieurs années jusqu’au Wonder Woman #98 puis sera remplacé par le dessinateur Ross Andrew, assisté de l’encreur Mike Esposito qui vont apporter un tout autre style, bien plus proche de ce qui était déjà visible à l’époque. Ce numéro marque définitivement une vraie fracture avec l’ère Marston, Kanigher allant jusqu’à modifier les origines de l’héroïne sept numéros plus tard.

16Nous sommes en 1959 et le #105, inclut un backup intitulé Secret Origin of Wonder Woman, ou Kanigher va remodeler le passé des Amazones et la façon dont elles sont arrivées sur Paradise Island.
Autrefois mariées à des guerriers et mères au foyer, elles ont fini par pleurer la perte de leurs hommes morts au combat, cherchant à fuir ce monde accablé par les guerres. Les dieux eurent finalement pitié d’elles et les amenèrent à Paradise Island, où elles formèrent une nouvelle société où personne ne pourrait les blesser à nouveau.
On peut donc supposer que Diana avait un père, et nous découvrirons dans les numéros suivant que celui-ci pouvait vraisemblablement être l’amant d’Hippolyte, le Prince Theno. Quoiqu’il en soit Baby Diana va avoir la chance d’acquérir dès le plus jeune âge les pouvoirs d’Aphrodite, Athena, Mercure, et Hercule, les dieux venant lui rendre visite à tour de rôle lorsqu’elle est encore dans son berceau.
Alors qu’Hercule était pour Marston le symbole de l’hégémonie masculine, et l’archétype de l’agressivité, de la violence et de la domination envers les femmes, pour Kanigher il est tout simplement la source de la force de Wonder Woman.

Ce sont ces pouvoirs divins qui vont donc permettre aux Amazones de quitter définitivement le monde des hommes, une Diana alors adolescente bâtissant en un temps record le bateau qui allait les mener sur Paradise Island, c’est ainsi qu’apparaît pour la première fois le terme de Wonder Girl.

17La mode est en effet d’introduire des versions plus jeunes des héros populaires, et de constituer des “familles” autour de ces personnages, comme c’est le cas avec Superman et Batman.

En 1961, Wonder Woman remporte l’award du “pire comic-book actuellement publié” et en 1964 celui du “pire comic régulièrement publié”. Cela s’explique par les changements drastiques opérés par Kanigher sur le personnage ainsi que les thèmes récurrents mis en avant dans de nombreux comic-books des années 50 et dont Wonder Woman ne pourra échapper : l’amour, le mariage et la famille.

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En 1954, trois super héros ont encore droit à leur propre série : Superman, Batman et Wonder Woman, celle-ci gardant son titre principal, les deux autres titres ou elle officiait : Comic Cavalcade et Sensation Comics ayant été annulés quelques années plus tôt.
Cette même année, le psychiatre Fredric Wertham qui est à l’époque considéré comme un expert sur les troubles psychologiques des adolescents publie son livre : Seduction of the Innocent, qui est la synthèse de nombreux articles déjà publiés dans lesquels il expliquait que les comics avaient une telle influence sur les jeunes qu’ils pervertissaient leur esprit.
La publication de ce livre va coïncider avec les travaux d’une commission d’enquête sénatoriale dans ce domaine.

Wertham va aussi expliquer que la force et l’indépendance de Wonder Woman – en plus du fait qu’elle habite sur une île exclusivement peuplée par des femmes – font d’elle une lesbienne. De plus il ira jusqu’à dire que « le genre d’histoire dans lequel évolue Batman ne peut qu’inciter les enfants à assouvir leurs fantasmes homosexuels. » à cause d’un « un homo-érotisme récurrent entre Batman et son jeune acolyte Robin ».
Seduction of the Innocent fini par influencer les politiques qui obligèrent les éditeurs à se censurer en créant le fameux Comic Code Authority.

A une époque où la norme se veut d’habiter dans une maison pavillonnaire en périphérie avec un cadre dans lequel l’homme travaille et la femme reste au foyer pour élever les enfants, le Comic Code va favoriser et instituer des histoires prônant la romance et soulignant les valeurs du mariage et du foyer.

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Pendant la période du Golden Age, Wonder Woman a toujours su faire face aux avances de Steve, arguant que son devoir d’amazone passerait toujours avant une demande en mariage.
Mais les choses changent pendant l’ère suivante, l’héroïne acceptant de sortir avec lui mais rejetant encore toute proposition de mariage, en tout cas pas tant que ses services soient nécessaires, d’autant plus que cela voudrait dire qu’elle ne pourrait pas être sa femme à plein temps. Elle lui demande alors d’être patient jusqu’à ce que l’on n’ai plus besoin de ses talents de super héroïne.

20A partir de Wonder Woman #118 Steve rentre en compétition avec Mer-Man, l’homme sirène, que l’on peut considérer comme un amour de jeunesse, et dont le triangle amoureux couvrira plusieurs numéros.
Onze ans après leur création, les fameuses Holliday Girls, compagnes d’aventure de Wonder Woman (et nécessairement lesbiennes selon Wertham) vont totalement disparaître, il en sera de même avec le bondage.
De 1960 à 1969, le nombre de comics mensuels vendus avoisine les 200.000 exemplaires, alors que la série arrivait parfois à surpasser les ventes de ses acolytes Superman et Batman durant le Golden Age.
C’est sans doute de qui pousse DC Comics à remercier Kanigher après plus de 20 ans de bons et loyaux services, dans le but de moderniser un personnage qui est resté à la traîne par rapport aux revendications et aux mouvements féministes à nouveau en plein essor.

Le Bronze Age

Wonder Woman no more

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Denny O’Neil n’a pas 30 ans lorsqu’il débarque sur la série à partir du #178 en 1968. C’est à vrai dire sa première grosse collaboration avec DC Comics, il avait déjà travaillé auparavant pour Marvel et Charlton Comics. Il est rejoint par l’artiste Mike Sekowsky, un vétéran qui a commencé sa carrière au début des années 40.
Carmine Infantino, responsable éditorial de DC, secondé par Jack Miller décident de donner une toute nouvelle direction aux aventures de l’Amazone en la privant de ses super pouvoirs et la faisant se confronter à la réalité de ce que pouvait vivre une femme à la fin des années 60.

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Le Bronze Age est cette période charnière où les thèmes traités dans les comics deviennent beaucoup plus en phase avec les préoccupations sociales et générationnelles de leurs lecteurs, malgré le poids et la surveillance du Comic Code Authority, les éditeurs arrivent à faire passer certains messages sur le racisme (comme dans Green Lantern/Green Arrow #76, écrit par O’Neil) ou les dangers de la drogue (Lantern/Green Arrow #85).

Pour ce qui est de Wonder Woman, abandonnée par son lectorat féminin depuis des années, les auteurs fraîchement engagés décident de revitaliser le personnage et de renommer la série en Diana Prince : Wonder Woman, mais le succès et l’accueil positif escomptés n’arriveront jamais.
Le contexte propice de l’émergence des mouvements féministes de la fin des années 60 aurait pu constituer un vivier d’histoires destinées à un lectorat féminin à reconquérir, mais il n’en fut rien.

Tout démarre dans Wonder Woman #179, même si elle commence à s’habiller d’une façon plus moderne dans le numéro précédent.
Pour entrer en contact avec une organisation criminelle dirigée par le mystérieux Dr Cyber, Steve Trevor est secrètement ordonné par le général Darnell de se présenter comme un traître. Il prend la fuite, poursuivi par l’armée et les autorités. Alors que Diana Prince apprend la nouvelle, elle est sommée de rentrer à Paradise Island. La reine Hippolyte l’informe que la magie des Amazones est épuisée après leur séjour de 10.000 ans sur Terre, et qu’elles doivent aller dans une autre dimension pour se reposer et renouveler leurs pouvoirs. Wonder Woman refuse de se joindre à elle, disant que Steve Trevor a besoin d’elle. Elle est ainsi forcée d’abandonner son costume, accomplir le rite Amazone du renoncement, qui retire ses pouvoirs, et revenir au monde des hommes en tant que Diana Prince.
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Elle loue un magasin de vêtements et un appartement, et rencontre un vieux chinois aveugle nommé I-Ching expert en arts martiaux, ce qui va lui permettre de vaincre trois attaquants. I-Ching va lui révéler qu’il sait qu’elle était autrefois Wonder Woman et qu’il est venu pour l’aider à lutter contre le Dr Cyber, dont les agents ont fait irruption dans son temple pour voler des pierres précieuses et tuer ses fidèles compagnons.
Il forme Diana au karaté et autres arts martiaux. Mais, au cours d’une session, Steve Trevor blessé trébuche dans leur dojo, après avoir été abattu et laissé pour mort par les agents du Dr Cyber. Ils apprennent que Cyber ​​prévoit de tuer des membres du Congrès par des bombes contenu dans les jouets pour enfants et de les envoyer aux législateurs. Diana et I-Ching emmènent Steve à l’hôpital, et recherchent les agents de Cyber pour les confondre. Mais Steve reste inconscient et dans un état critique à l’hôpital, et Diana et I-Ching sont plus tard traqués par un homme mystérieux.

O’Neil et Sekowsky souhaitaient que Wonder Woman devienne un personnage plus réaliste auquel les lecteurs pouvaient s’identifier, mais la perte de ses pouvoirs résulte ni plus ni moins que de son amour inconditionnel pour Steve Trevor qui mourra dans l’épisode suivant. Alors que toute sa vie d’héroïne s’était au fil du temps centrée sur son attachement pour Steve, sa mort résultera d’une soif de vengeance qui motivera ses actions futures, n’hésitant pas à employer la violence comme rarement elle avait été amenée à le faire.

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Et lorsqu’elle ne pratique pas ses coups de savate, elle s’extasie en essayant de nouveaux vêtement avant d’aller faire la fête comme dans Wonder Woman #182 (l’homme de sa vie est mort il y a deux numéros, rappelons-le). Diana sera d’ailleurs impliquée dans pas moins de 7 intrigues amoureuses durant cette période.
Nous sommes donc loin de toute thématique féministe qui aurait pu pourtant paraître évidente à exploiter à cette époque.

A chaque fois qu’O’Neil sera interrogé sur sa participation à la série, il reconnaîtra à quel point cette ère était mauvaise et n’aura de cesse que de s’excuser.

La réaction des féministes

27Malgré les bonnes intentions du duo O’Neil / Sekowsky, cette nouvelle version de Wonder Woman est très mal perçue par le milieu et la presse féministe, dont la figure emblématique se nomme Gloria Steinem.
Fan de l’héroïne depuis son plus jeune âge, Steinem va, grâce à ses contacts avec Steve Ross (grand patron de Warner Communications, Inc, et sa filiale DC Comics), faire pression pour demander le retour de la Wonder Woman classique ce qui sera fait en 1973 dans le #204.

En lançant son magazine Ms. en juillet 1972, Steinem consacre la couverture de son premier numéro à Wonder Woman, devenue soudainement icône du féminisme après trente années de disgrâce.

Représentée dans toute sa grandeur, Wonder Woman est ici à la fois symbole de paix et de justice, en faisant référence à la guerre du Vietnam et l’héroïne portant avec son lasso un ensemble d’immeubles et de maisons telle Thémis, la déesse grecque de l’équité.28

Le magazine va inclure un article retraçant son histoire sans manquer d’expliquer pourquoi DC Comics se devait de la faire revenir sous sa forme classique, ainsi que quelques pages de All Comics #8 dans lequel elle apparaissait pour la première fois.
Ms. possédait également une division qui publiait des livres, et Wonder Woman fut l’objet d’une collection regroupant quelques rééditions datant du Golden Age et se distinguant en quatre parties : Origins, Sisterhood, Politics et Romance. Chacune d’entre elles était préfacée par Steinem qui va recréer et adapter la vision de Marston à cette nouvelle génération.

Au lieu de replacer les valeurs et les préceptes de Marston dans leur contexte historique, Steinem et son équipe vont se servir de Wonder Woman pour véhiculer leurs propres idées, en omettant ou minimisant sciemment certains détails comme le patriotisme, la vision très stéréotypée des personnages asiatiques (en l’occurrence les japonais) et la pratique du bondage.
Autant Marston avait créé son personnage dans le but de préparer les lecteurs masculins à une ère nouvelle basée sur le matriarcat, autant Steinem souhaite qu’elle devienne un modèle pour les lectrices.

29Cette association entre Wonder Woman, l’idéologie et le mouvement féministe des années 70 va se développer très rapidement, d’autres médias vont ainsi utiliser son image pour transmettre leur idées : En juillet 1973, le journal Sister : The Newspaper of the Los Angeles Women’s Center montre un dessin de l’héroïne saisissant un spéculum des mains d’un médecin et proclamant : “With my speculum, I am strong ! I can fight !”. Le fait de pouvoir disposer soit même de sa santé sexuelle est un principe féministe fondamental, et désormais Wonder Woman semble être la personne idéale pour le faire savoir.

Contre toute attente, Wonder Woman va revenir dans les mains de Robert Kanigher, exécutant manu militari le personnage d’I-Ching (victime d’un sniper), et rendant Diana amnésique, elle sera ensuite amenée à Paradise Island ou ses pouvoirs et sa mémoire lui seront restaurés, ses origines étant encore quelques peu remaniées pour l’occasion.
Après cela, Kanigher n’aura de cesse que d’adapter des histoires qu’il avait déjà écrit précédemment sur la série (The Chessmen of Doom ! du #55 se transforme en Chessmen of Death ! au #208).
Il sera remplacé à partir du #212 par une nouvelle équipe de scénaristes mais la série n’arrivant toujours pas à décoller, l’éditeur Julius Schwartz décide de faire venir des personnages de la JLA en caméo pour booster les ventes.

Lynda Carter est Wonder Woman

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En 1975, le producteur Douglas Cramer essaie de capitaliser la soudaine popularité de Wonder Woman en développant un téléfilm dont l’héroïne va être incarnée ni plus ni moins que par une ancienne Miss World USA et demi finaliste du concours Miss Monde en 1972, Lynda Carter.
Quelques années auparavant deux autres tentatives télévisuelles n’avaient pas dépassé le stade du pilote, la première en 1967 et la seconde en 1974 avec la blonde Cathy Lee Crosby dans le rôle titre.
Ce nouveau projet est influencé à la fois par l’esprit de William Moulton Marston (le téléfilm étant une adaptation de All Star Comics #8 et Sensation Comics #1) et la vision de Gloria Steinem.

Diffusé le 7 novembre 1975, ce téléfilm est un tel succès qu’il incite la chaîne ABC à produire une série qui sera diffusée l’année suivante et qui fera de la comédienne une super star tout en gravant encore un peu plus la popularité du personnage dans l’esprit collectif. Car la série, à l’instar de quelques oeuvres télévisuelles de l’époque comme Charlie’s Angels, The Bionic Woman, ou The secret of Isis sont destinées autant aux jeunes téléspectatrices qu’aux hommes, et c’est sans doute pourquoi un large public a pu y trouver son compte.

Le Modern Age

L’ère Pérez

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En 1985, DC Comics publie sa série évènement Crisis on Infinite Earths, qui prévoit de regrouper tous ses univers alternatifs en un seul monde, près de 50 ans d’histoires ayant rendu la continuité très complexe à suivre, autant pour les lecteurs que pour les éditeurs eux même.
Dans le dernier numéro, Marv Wolfman et George Pérez décident de tuer la Wonder Woman de Terre I, ou plutôt de la faire revenir à son état originel (l’argile) d’un coup de rayon de l’Anti-Monitor.

Mais c’est pour mieux la faire revenir l’année suivante dans une toute nouvelle série qui lui est consacrée et rebootée pour l’occasion. Alors qu’aucun auteur de chez DC ne souhaite prendre en mains ses nouvelles aventures, George Pérez se porte volontaire et s’attelle à la tache, se destinant à rester uniquement le temps de 6 numéros afin de lancer la série. Il la quittera finalement 5 ans plus tard.

Les fans et les critiques considèrent les 60 numéros créés par Pérez comme l’un des points culminants de l’histoire de Wonder Woman. Pérez et son acolyte Greg Potter donnèrent au personnage une personnalité féministe, et les recherches approfondies de Pérez en matière de mythologie grecque insufflèrent plus de profondeur et de richesse que dans les versions précédentes.

Dans sa nouvelle incarnation, Wonder Woman est Diana, une princesse et émissaire de Paradise Island dans le monde des hommes. Au début, elle ne garde pas son identité secrète, et ne se comporte pas non plus comme une super héroïne, son personnage étant d’abord celui d’une jeune fille innocente. Diana parle seulement le grec ancien, et doit apprendre l’anglais quand elle arrive aux États-Unis, au lieu de savoir le parler intuitivement. Néanmoins, Diana a reçu un entraînement de guerrière et n’hésite pas à tuer son adversaire lorsque c’est nécessaire. Les sujets de ses aventures sont la guerre, l’injustice, l’inégalité, la mort, et divers conflits impliquant les dieux de l’Olympe.
Les personnages secondaires sont eux aussi modifiés. Par exemple, Steve Trevor est changé en un officier de l’Air Force, qui paraît beaucoup plus âgé que Diana, et la traditionnelle romance entre les deux est abandonnée. À la place, Trevor est lié sentimentalement à Etta Candy, qui devient elle-même un officier militaire de rang important et plutôt ronde, mais sans exagération. Cheetah, l’ennemie de Diana, devient une femme qui peut se transformer en une féroce créature féline-humanoïde, aussi forte qu’elle au combat.

Empruntant les idées de Marston et Kanigher, Pérez combine des éléments du Golden Age et du Silver Age tout en revitalisant le personnage. De plus, de nombreuses femmes artistes, scénaristes, éditrices viennent lui prêter main forte : L’éditrice Janice Race développe la série avant de la léguer à Karen Berger, Mindy Newell co-écrit 12 numéros avec Pérez, pendant que Jill Thompson dessine les derniers opus de son run, en alternance avec Colleen Doran et Cynthia Martin. Tatjana Wood a colorisé les premiers numéros et Nansi Hoolahan est présente sur les derniers.

Le run de Pérez se termine au #62 et comme l’indique la couverture, il marque la fin d’une époque pour Wonder Woman puisqu’il transmet les rênes au scénariste William Messner-Loeb. Après cinq ans de règne, Pérez a vraiment marqué le personnage de son empreinte, et détient le noble titre de l’homme responsable de la redéfinition de Wonder Woman dans l’univers post-crisis.

Les fans à ce jour sont encore divisés quant à savoir s’ils voient ou non Pérez comme étant le plus grand architecte qui ait jamais œuvré sur la série. Les traditionalistes haïssent le fait que son identité de Diana Prince ait été abandonnée, qu’elle puisse voler comme Superman et n’ait plus besoin d’un jet invisible, ou encore qu’elle ne perde plus sa force lorsqu’elle est enchaînée par un homme. Mais les fans de Pérez aimaient le fait qu’il lie l’histoire de Diana avec les histoires légendaires de la mythologie grecque. Mais quelles que soient leurs opinions, presque tous les fans ont reconnu que Pérez aimait sincèrement Diana et que cela s’est clairement transmis à travers tout son run.

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Après le départ de George Pérez, William Messner-Loebs va emmener Wonder Woman vers d’autres horizons, elle deviendra une pirate de l’espace, puis employée dans un fast-food… Il sera accompagné de l’artiste Mike Deodato Jr dont le style représentant des femmes hypersexualisées va faire rentrer l’héroïne de plein fouet dans les années 90, dont le standard esthétique douteux était constitué de top models aux jambes interminables et aux courbes défiant tout principe anatomique.
John Byrne prendra la relève, faisant fi de tout ce qui avait été fait sur le personnage avant lui. Il la fait débarquer dans une ville appelée Gateway City, l’entoure de nouveaux personnages et la tue même le temps de quelques numéros, elle sera alors remplacée par sa mère Hippolyte.
C’est ensuite l’ère des bons scénaristes : Phil Jimenez, Greg Rucka et Gail Simone, qui vont permettre à la série de remonter dans le classement des ventes de manière occasionnelle.
Le #600 marque l’arrivée de J.Michael Straczynski sur la série mais sa présence ne sera que de courte durée.

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Le relaunch de DC Comics en 2011 apportera une nouvelle équipe créative avec Brian Azzarello et Cliff Chiang, et une nouvelle fois les origines de l’Amazone seront modifiées pour l’occasion, Diana ayant désormais un père en la personne de Zeus, le scénariste gardant le contexte mythologique du personnage, mais dénaturant un aspect qui était l’un des plus progressistes de l’ère Marston : le fait qu’un enfant puisse naître sans père (on pourrait employer le terme de “fécondation in-terro”, pourquoi pas) et être élevé par des femmes d’une manière tout à fait saine.
Un nouveau tandem (en la personne de David Finch et sa femme, Meredith) est sur le point de donner une autre vision du personnage, et les propos de la scénariste (comme quoi Wonder Woman n’était pas féministe) en a fait bondir plus d’un.

Conclusion :

Avoir une idée de qui est Wonder Woman est donc une affaire beaucoup plus complexe qu’elle n’y parait, car elle ne se cantonne pas à figurer dans les pages d’une bande dessinée ou tourner autour d’elle même dans une série télé sur fond de musique disco.
Ses origines sont enracinées dans le combat des femmes pour le droit de vote et à l’avortement, des droits fondamentaux encore inexistants au début du XXème siècle.
Son, ou plutôt ses créateurs (si on inclut Elizabeth et Olive) souhaitaient délivrer un message d’espoir aux femmes, et d’avertissement envers les hommes, que le monde basé sur le patriarcat dans lequel ils vivaient allait bientôt changer.
Son personnage a largement évolué au fil des décennies, en étant parfois en totale corrélation avec son époque, ou bien passant à côté de son statut iconique en devenant vendeuse de fringues, secrétaire pour super héros ou serveuse à Taco Whiz.
Beaucoup d’auteurs l’auront côtoyé, apportant leur version du personnage avec plus ou moins de respect pour la vision de Marston, mais ils ont certainement tous contribué à ce qu’elle représente aujourd’hui : une figure emblématique, historique, et culturelle de la femme, non seulement dans la bande dessinée mais également dans notre culture occidentale dans son ensemble.

4 Commentaires

Classé dans Once upon a day

4 réponses à “Wonder Woman : la Vérité sur la plus célèbre des super héroïnes

  1. Pingback: Paris Comics Expo 2014 : mon compte-rendu ! - Comics Pour Noob

  2. Matthieu

    Merci pour cet excellent article !

  3. excellent compte-rendu, juste, fidéle, efficace! superboulot! merci

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