Le Bilan 2014 du TLGB (Yeah !) 3ème partie


4/Mes chouchous de 2014
Cette année (oui, bon, enfin l’année dernière) j’ai lu quelques comics (si si) pas autant que je l’aurais souhaité mais voici dans le désordre ceux que j’ai le plus apprécié :

  • Rat Queens Vol.1 : une vraie bouffée d’oxygène pour cette série d’aventure et d’Heroic Fantasy au féminin à la fois légère et décalée, très drôle et bourrée d’action. Les dessins de Roc Upchurch sont extraordinaires et servent à la perfection cet univers et ses héroïnes qui explosent littéralement les stéréotypes du genre dans lequel elles évoluent habituellement.
  • Batgirl: Future’s End #1 : c’est le chant du cygne de Gail Simone avec son héroïne de prédilection, une très agréable surprise au sein d’une série qui m’a laissé de marbre, j’explique en détail pourquoi ici.
  • Edge of Spider-Verse #2 : Spider-Gwen est venue discrètement tisser sa toile dans le paysage des héroïnes des comics sans prévenir, et le succès mêlé à l’étonnement ne s’est pas fait attendre. Un costume parfait, un personnage qui n’a jamais été oublié par les fans de l’Araignée, et un univers qui lui appartient et semble vouloir lui donner toute ses chances. Que demander de plus ? Une série régulière qui démarre dès le mois d’avril.
  • The Wake : Prix Eisner de la meilleure mini-série, ce comics horrifique où des créatures subaquatiques issues du fond des âges se révèlent être une menace pour l’humanité tout entière se découpe en deux parties bien distinctes et complémentaires, du huis-clos sous tension des plus efficaces à l’issue magistrale, à la trame post-apocalyptique aux élans philosophiques (voire métaphysiques). On plonge effectivement autant pour le scénario de Scott Snyder que pour le découpage de Sean Murphy.
  • The Wicked + The Divine #1-? : Lorsque Kieron Gillen et Jamie McKelvie sortent un nouveau titre de leur boite secrète où travaillent tout simplement ensemble pour un gros éditeur, il se créé une alchimie incomparable qui est devenue rapidement une empreinte, cette nouvelle collaboration ne déroge pas à la règle puisqu’elle emploie une nouvelle fois les codes que l’on retrouve dans la plupart des œuvres du duo, que cela soit la fascination pour la jeunesse et l’iconographie de la culture musicale. Le tout sublimé par les couleurs de Matt Wilson, il me tarde d’avoir le premier TPB entre les mains.
  • Lumberjanes #1-? : Aussi frais, divertissant et passionnant que Rat Queens mais dans un tout autre genre, Lumberjanes nous offre sur un plateau d’argent 5 héroïnes que rien n’arrêtent, une sorte de Scooby-Gang qui va passer un été des plus animés dans un camp de scouts au cœur d’une forêt où logent des créatures surnaturelles. Dans la même veine qu’Adventure Times, Grace Ellis, Noelle Stevenson, et Brooke Allen décrivent des personnages diversifiés, loin des poncifs habituels, le tout servi d’un humour vivifiant, à lire à tout âge, une sortie en VF est obligatoire sous peine de pétage de plomb de ma part.

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3/Des comics et des casseroles
A y repenser, on s’est tous bien marré quand même en 2014. Et la plupart du temps, c’est par le biais du tout internet qui arrive à se quereller et se perdre dans des débats sans fin par le biais d’une simple couv’ de comics. Tout a commencé en janvier avec une couverture des Powerpuff Girls aux faux airs de Sucker Punch chez IDW, celle Red Hood and The Outlaws chez DC avec une Starfire toujours très en forme, sans oublier celle de Teen Titans que l’éditrice Janelle Asselin a eu le malheur de critiquer et ainsi subir les foudres (et les menaces de viol) de certains « lecteurs ».
Mais la cerise sur le gâteau fut largement remportée cette année par Milo Manara et son interprétation de la couverture variante de Spider-Woman, une héroïne qui ne demandait sans doute pas tant d’attention, ou du moins sur la partie de son anatomie concernée.

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Se sentant surement pris de court, DC décide de sortir deux magnifiques T-shirt l’un représentant Superman et Wonder Woman se faisant un gros câlin avec le commentaire suivant : “Score! Superman Does It Again!” tandis qu’un autre est décoré d’un “I’m Training to Be Batman’s Wife,”. C’est vrai qu’il y a des priorités dans la vie… mais comment voulez-vous qu’on arrive à mettre en valeur la place des femmes dans ce milieu si les éditeurs laissent eux-même passer ce genre de message simpliste et réducteur ?

Un autre très beau T-shirt rencontré celui-ci lors de la Wondercon, qui montre à quel point les conventions peuvent parfois être hostiles aux amatrices de comics et de culture geek, mais qui montre surtout que certains auteurs n’hésitent pas à réagir dans ce domaine avec virulence, comme ce fut le cas avec Greg Rucka sur son blog.

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Publié à l’occasion du Free Comic Book Day, Future Ends #0 dévoile comme son nom l’indique un futur des plus sombres et apocalyptiques où on a remplacé le vagin de Batgirl en Batsignal ! Mortel ! Batgirl toujours, où la nouvelle équipe artistique a créé la hype à partir du #35, en reliftant le personnage grâce à un nouveau costume, mais en introduisant plus que maladroitement un personnage trans le temps d’un numéro avec toute l’imagerie de la folle hystérique qui va avec. N’est pas Frank N Furter qui veut. Développer ce villain le temps de deux ou trois numéros n’aurait pas été du luxe plutôt que de le laisser faire sa Golden Diva et s’attirer les foudres d’une communauté déjà trop peu ou mal considéré dans ce medium.

Autre énorme déception, c’est le traitement catastrophique de Batwoman tout au long de cette année 2014, hypnotisée par Nocturna et entamant une « relation » avec elle, devenue vampire le temps de Future Ends… pour finir spationaute aux côtés du Demon Etrigan, Clayface, Ragman et Red Alice. Qu’on arrête de donner de la drogue à Marc Andreyko s’il vous plait ! La fin de Batwoman #35 ne pouvait pas mieux exprimer mon ressenti sur le sujet : « How in hell we got here ! » En effet, mais qu’avons nous fait pour en arriver là ?

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2/Generation Next
2014 aura été marquée par l’entrée en scène d’une nouvelle génération de super héroïnes, démontrant qu’un mouvement est peut-être en train de se produire sous nos yeux ébahis. Oui, les femmes prennent le pouvoir dans les comics à travers une présence et une visibilité jusque là inégalée (on n’aura jamais vu arriver autant de séries féminines chez Marvel, et certaines étant même assez culottées comme l’annonce de The Unbeatable Squirrel Girl prévu pour janvier 2015 mais qui illustre bien la confiance de l’éditeur sur ce créneau).
Entre l’arrivée en février de Kamala Khan, héroïne musulmane d’origine pakistanaise en Ms. Marvel, et le fait que Thor soit désormais incarné par une femme, notre monde ne s’est pourtant toujours pas écroulé… La présence d’Equinox, la jeune native américaine de DC qui évolue au sein de la Justice League Canada est un signe d’ouverture sur la diversité, et Renee Montoya nous fait un retour en force inespéré à la fois dans Injustice Gods Among Us : Year Two et la série Gotham (et c’est pas fini).
Sans oublier ses héroïnes classiques, Angela entre dans le giron Marvel et s’offre une série orchestrée par une équipe de classe internationale, alors que la série Harley Quinn pulvérise tout sur son passage en matière de ventes.
Et que dire des relooking extrêmes de Batgirl, Gwen Stacy et Spider-Woman ? Tous ces exemples sont la preuve qu’une prise de conscience se manifeste de la part des éditeurs mainstream (enfin surtout un) qui lorgnent désormais et de manière implicite vers le lectorat féminin pour faire face à la crise.
La prochaine étape, et certainement le nouveau défi, est de transposer et exporter cette tendance vers de nouveaux médias, la télévision et le cinéma, chose entamée avec l’arrivée d’Agent Carter et la future série Jessica Jones.

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1/Geek out
Pour finir, voici ce qui m’a le plus marqué en 2014, il s’agit en fait de deux événements dont l’un s’est déroulé en tout début d’année et l’autre à quelques jours du passage en 2015. Ils ont pour point commun d’avoir fait avancer la cause LGBT par leur prise de position et surtout leur répercussion médiatique. Les habitués du blog ont déjà compris de ce dont je voulais parler : il s’agit du coming-out d’Ellen Page et du Korrasami.
A une époque où ce que l’on appelle la culture geek est désormais passée à un stade de popularisation sans précédent, cet univers et ses représentants se doivent de montrer l’exemple en véhiculant des concepts positifs sur cette diversité dont nous faisons tous partie. Par ce biais, ils donnent ainsi un petit message d’espoir notamment aux plus jeunes, à ceux qui se nourrissent aussi de cette culture comme ce fut le cas pour nous.
A titre d’exemple, voici un florilège des réactions de jeunes spectateurs face au final de Korra, un pur moment d’hystérie collective comme je les aime et qui mérite à lui seul de transmettre ce genre de propos.

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