Spider-Gwen #1, la toile descendante


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Pour peu que l’on s’intéresse à ce medium qu’est l’industrie des comic-books dorénavant popularisé à outrance par Hollywood, où la présence des super héros est désormais chose acquise jusqu’à arriver à saturation (dans le sens masculin du terme, de toute manière jusqu’à maintenant, on ne peut pas dire qu’une super héroïne ait encore réussi à faire réagir les spectateurs en bien, et pour cause, elles sont pour la plupart insipides ou mal exploitées, voir non exploitées d’ailleurs) Spider-Gwen reste un vrai phénomène.
Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’aucune autre série n’aura rarement été autant attendue par ses futurs lecteurs, ses futurs détracteurs aussi sans doute, allant jusqu’à mériter un article chez nous en France via le site Madmoizelle (alors autant je me méfie de ce que peuvent écrire les gros médias sur le sujet, autant cet article est plutôt pas mal foutu, je vous invite donc à y jeter un coup d’oeil, si le cœur vous en dit).

Et puis cette semaine le premier numéro de Spider-Gwen est enfin sorti. Il était donc temps de savoir si ce titre méritait autant d’impatience, autant de buzz, et autant fangirling de ma part. Il était également question de savoir si un tel personnage méritait d’avoir sa propre série, et si celle-ci était capable de durer plus d’un seul arc. Autant de questions que nous allons tenter de répondre dans les lignes qui suivent.

Pour commencer, ce numéro 1 nous offre une très belle entrée en matière, une double entrée même puisqu’il nous présente le personnage par ses deux prismes, autant par sa jeune présence dans l’univers Marvel que cette fameuse hype instaurée depuis des mois via les réseaux sociaux de tout bord.
Cela se traduit tout d’abord par le biais d’une page résumant le fameux numéro où elle fit sa première apparition, à savoir Edge of Spider-Verse #2mais également à la toute fin de l’ouvrage grâce à la note d’intention de l’éditeur du titre, Nick Lowe, totalement conscient de résumer (et d’une très belle manière) ici l’importance de rappeler l’engouement de l’existence d’un tel personnage.
Par ces deux manières, il est impossible de ne pas trouver un intérêt quelconque en cette nouvelle Gwen Stacy.

Gwen Stacy, mine de rien, fait partie de ces personnages féminins qui ont marqué l’histoire des comics, et sont quelque part une institution. Pour les fans, chacun sait que ce personnage est mort en 1973 grâce aux bonnes œuvres de Gerry Conway et Gil Kane, alors que Spider-Man se bâtait avec son ennemi le Bouffon Vert qui l’avait kidnappé, et dont le tisseur provoquait sans le vouloir la mort sur le pont George Washington.

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A mon agréable surprise, le second Amazing Spider-Man réalisé par Marc Webb réussissait à traduire sensiblement l’un des moments forts présents dans l’oeuvre originale, et ce grâce à l’alchimie indiscutable opérant entre les deux acteurs, Andrew Garfield et Emma Stone.

Evidemment le personnage ne cessera de réapparaître, et ce de multiples manières comme par exemple sous la forme d’un clone grâce au Chacal, mais ce qui nous intéresse plus particulièrement c’est par le biais de son univers alternatif d’où elle provient, mis en avant par Dan Slott et faisant partie du fameux Spider-Verse.
Nous sommes donc sur Terre-65, la Gwen Stacy de cet univers ayant subi les syndromes de Peter Parker à sa place au contact de l’araignée. Après avoir donné de sa personne lors de l’event Spider-Verse et ainsi rencontré de nombreux alter ego qui ont pour la plupart beaucoup plus la classe qu’elle dans leurs univers respectifs, Gwen doit retourner chez elle et faire face à sa première menace : Le Vautour, tout en gérant son départ du groupe des Mary Janes ainsi que sa relation avec son père, bien au courant de sa double identité.

Alors autant le dire de suite, la hype est descendue d’un cran entre la lecture de Edge of Spider-Verse #2 et ce premier numéro de Spider-Gwen. Non pas que le style de Robbi Rodriguez, toujours aussi efficace, y soit pour quelque chose, il s’agirait plutôt de l’histoire, pourtant bien menée si l’on aime s’amuser à compter les références à l’univers régulier du tisseur. C’est sympa le temps de deux ou trois pages, ça gonfle au bout de la quatrième.
Dans l’univers de Spider-Gwen, Ben Grimm est un simple flic, Matt Murdock un caïd de la pègre, et Frank Castle… au fond reste lui même (faut pas déconner non plus). Ce qui me dérange surtout, c’est le fait que la Gwen Stacy de cet univers ne soit ni plus ni moins montrée comme une Peter Parker issue d’un elseworld sans autre but que de dupliquer les mêmes blagues et les mêmes erreurs juvéniles que son alter ego masculin de l’ère 616, et il ne faut quand même pas nous prendre pour des andouilles pour se rendre compte que ce personnage mérite beaucoup mieux que cela.

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A l’instar de Batgirl, Gwen Stacy est elle aussi dans l’air du temps, entretenant une relation des plus ambiguës avec son téléphone portable. Ce qui manque dans ce numéro qui reste introductif, c’est un enjeu véritable, au delà de la menace du Vautour qui sera expédiée on le sait à la fin du premier arc. Et c’est d’autant plus dommage vis à vis de ce que Silk, jouant sur les mêmes bases et d’une manière totalement inattendue, est parvenue à amener le temps d’un seul numéro.

Je vais donc continuer à brandir mon T-shirt Spider-Gwen dans les futures conventions mais je serais ravie que cela soit pour une bonne raison, au delà de ce costume qui reste le meilleur design que le medium ait pu produire depuis des années.

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2 Commentaires

Classé dans Comic of the day

2 réponses à “Spider-Gwen #1, la toile descendante

  1. Je ne pense pas que je vais accrocher, et je me demande si cette recherche d’un nouveau public ne va pas faire fuir tous les premiers fans de Spider Man, Spider Gwen à l’air d’un chiant…

  2. moonworld82

    Il ne faut quand même pas oublier Black Widow et l’agent Carter comme héroïnes au cinéma. Certes, elles n’ont pas eu leur propre film (même si la seconde a à présent sa série) mais elles ont été bien développées et font partie des personnages les plus intéressants je trouve. Maintenant, je ne sais pas si elles ont vraiment marqué le grand public…

    Quant à Spider Gwen, ça ne m’étonne absolument pas que le titre soit très moyen. Vu tout le foin fait autour, difficile pour lui d’être à la hauteur des attentes. Tout cela n’est que du marketing à coup de gros sabots de la part de Marvel et il est assez consternant, je trouve, de voir toutes les fangirls tomber dans le panneau.
    Viser un public féminin dans les comics est louable en soi mais faire des comics pour les filles, non. ça va peut-être surprendre Marvel ou DC (car on ne peut pas dire que le dernier Batgirl relève le niveau) mais non, toutes les femmes ne pensent pas qu’à faire la fête, à être scotchées à leur téléphone des journées entières, à draguer, à traîner avec leur bande de copines…Bref, ce concentré de clichés voulus hypes personnellement m’agace et rien que pour ça, je n’achèterai pas ces titres et n’y jetterai même pas un œil (mieux à faire).
    Que Marvel et DC se contentent de produire des œuvres où les héroïnes sont sur un pied d’égalité avec leurs homologues masculins et ça sera très bien. En attendant, je retourne liure Captain Marvel et Red Sonja 😉

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