Only the beginning


Jem and the Holograms Head

Je vais vous parler d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre. Celui dont la génération d’aujourd’hui ne cesse de découvrir les séries et les films à grand coup de remakes, adaptations, suites, clins d’œil à gogo dans les différents médias qui leur sont alloués. Ce vent de nostalgie qui souffle depuis plusieurs années sur notre environnement culturel a d’ailleurs beau être perçu (à juste titre) comme un manque flagrant d’imagination de la part des scénaristes/producteurs de tout poils, il n’en reste pas moins une passerelle évidente et enrichissante entre les enfants de la NES et ceux des réseaux sociaux.

Quand j’étais (beaucoup plus) jeune, non seulement j’étais blonde, mais je passais surtout pas mal de temps devant la télévision à regarder des dessins animés. Cela ne m’empêchait pas pour autant d’aller jouer dehors et essayer de devenir Supergirl, car à cette époque, il y avait un temps pour tout.
Je fais donc partie de cette fameuse génération 80, adepte des émissions jeunesse Vitamine, Récré A2 et autre Club Dorothée, sans oublier Croque-vacances dans le désordre, vous voyez je n’ai pas oublié mes classiques.
Comme tout garçon manqué qui se respecte, j’avais bien évidemment mes préférences, et je considérais que les programmes pour garçons étaient sans conteste beaucoup plus intéressants que ceux destinés aux filles… allez savoir pourquoi. Je ne vais pas énumérer ici les séries en question car cela prendrait un billet entier, et ce n’est pas le propos.
Il serait par contre malhonnête de ma part de ne pas citer quelles séries pour filles ont grandement marqué mon enfance, et vous l’aurez compris Jem et les Hologrammes (tout comme Lady OscarSigné Cat’s Eyes, ou encore She-Ra) en fait partie.

Ce que j’aimais surtout dans Jem et les Hologrammes, c’était la musique. Rien que le générique de début me mettait en joie, et chaque épisode avait la particularité de contenir des morceaux originaux, qui ne duraient pas plus de 2 minutes et qui résumaient à merveille la trame en cours. Je n’ai jamais pu oublier aucun de ces morceaux. Et je me souviens encore de la voix particulière de Jem, chantée par Britta Phillips, qui résonne à mes oreilles telle une petite madeleine de Proust.
Mais Jem c’était aussi et surtout une belle histoire d’amitié où l’on pouvait facilement se reconnaître dans chacune de ses héroïnes, grâce à la caractérisation maîtrisée par la créatrice de la série,  Christy Marx, dont on ne peut que regretter l’absence pour l’actuel projet d’adaptation de la franchise sur grand écran.
Enfin, Jem et les Hologrammes était un programme qui, tout en étant issu d’un concept des plus commerciaux (la vente des figurines Hasbro à l’effigie des personnages) renfermait bon nombre de messages positifs basés sur la solidarité et la diversité (je ne me souviens pas à l’époque avoir vu d’autres héroïnes asiatiques ou afro-américaines telles qu’Aja et Shana).

Jem 1

Compte tenu de la vague actuelle des adaptations de franchises à succès provenant des années 80 (et dont l’éditeur IDW est passé maître en la matière), il n’était qu’une question de temps pour que les aventures de Jerrica et ses sœurs soient transposées sous la forme d’un comic-book. L’idée était donc de savoir sous quelle augure cette interprétation allait-elle se faire, dans le respect de l’oeuvre de Christy Marx ou à des fins purement mercantiles.
Le choix de l’équipe créative lors des premières annonces avait déjà de quoi nous rassurer, Kelly Thompson et Sophie Campbell étant parfaitement capables, de par leurs sensibilités personnelles, de raviver cette flamme âgée de plus de 30 ans, tout en la modernisant pour le lectorat d’aujourd’hui. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette difficile alchimie s’est effectivement produite dans ce premier numéro de Jem and the Holograms.

En quelques pages, Kelly Thompson est arrivée à trouver le ton juste pour nous représenter ses héroïnes, ou plutôt nous les faire découvrir sous un jour nouveau, de telle sorte que les vieux de la vieille n’y voient que du feu sans être pris pour des imbéciles, tout en séduisant les nouveaux et futurs adeptes de la franchise.
Sophie Campbell quant à elle, nous offre ni plus ni moins qu’un chara design grandiose, où fringues stylées mais sans fioritures rivalisent de fashionista avec des coiffures hallucinantes, le tout transcendé par la colorisation de M. Victoria Robado.

Ce qui frappe également est l’importance donné à la synergie (sans mauvais jeu de mot) entre les personnages dès le début de l’histoire, de la dualité entre Kimber et Jerrica qui ont dû passer par des moments très difficiles, aux attentes du reste du groupe, solidaire malgré les dissensions. On retrouve ici pleinement l’esprit de Christy Marx, à n’en point douter.

Jem and the Holograms badass

A la lecture de ce premier numéro, il est clair et évident que Kelly Thompson et Sophie Campbell étaient faites pour travailler sur ce titre.
Tout en étant extrêmement fun, une indescriptible sensation de gravité se dégage de l’ensemble, laissant le lecteur exigeant comblé parce qu’il vient de voir et de lire. Et pour couronner le tout, Jerrica nous chante même un morceau de moins de 2 minutes résumant parfaitement la situation dans laquelle elle se trouve. Ai-je besoin de rajouter que j’ai adoré ce premier numéro ?

2 Commentaires

Classé dans Comic of the day

2 réponses à “Only the beginning

  1. Après avoir lu ta chronique et suivi ta recommandation sur Twitter, j’ai lu ce chapitre et j’ai globalement bien aimé. Dans les points positifs : on rentre rapidement dans le vif du sujet, ce n’est pas du tout décompressé, et ça fait toujours plaisir. Et puis graphiquement j’adore quand l’équipe créative s’assure que les personnages aient des corps différents les uns des autres.

    Après, je suis curieux de savoir où l’histoire va nous mener, surtout que j’étais trop petit à l’époque de la diffusion du dessin animé à la télé pour me souvenir des intrigues ^^ (je revois une fille qui fait apparaître des hologrammes en appuyant sur sa boucle d’oreille, de la musique, des couleurs fluo, et surtout des looks méga années 80). J’aime bien la rubrique She has no head! de Kelly Thompson sur CBR, ses points de vue à la fois nuancés et affirmés, mais je ne la connais pas en tant que scénariste du coup j’ai envie de savoir ce qu’elle a à raconter, que ce soit ici ou en collaboration avec Kelly Sue DeConnick sur Captain Marvel & the Carol corps🙂

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