Made in Palmiotti


Sur ce blog, nous exprimons déjà depuis plusieurs années Julien Lordinator et moi une sincère sympathie envers un auteur de comics en particulier (c’est d’ailleurs l’un de nos rares points communs), en la personne de Jimmy Palmiotti sans que nous ne nous soyons d’ailleurs vraiment concertés sur le sujet. Il faut dire que sa personnalité singulière, son amour et son respect pour les femmes à la fois fortes de caractère et pulpeuses à souhait, ainsi que son goût prononcé pour la littérature et le cinéma de genre n’ont pu que nous réunir, tant nous sommes effectivement personnellement sensibles envers ces trois critères.

De Queen Crab à Sex and Violence (un titre dont je n’ai pu me lasser de parler à cause de la couv monumentale et non moins cultissime d’Amanda Conner) en passant par Vendredi 13 et Painkiller JaneJimmy Palmiotti (souvent secondé par son binôme Justin Gray) s’est donc retrouvé en haut de l’affiche chez nous à plusieurs reprises, et voir ses œuvres plus confidentielles (d’ailleurs pour la plupart financées grâce à Kickstarter via sa maison d’édition Paperfilms) être publiées en France grâce à Glénat Comics nous ravi donc au plus haut point, l’éditeur prouvant une fois de plus sa volonté d’apporter une nouvelle donne dans le panorama malheureusement trop formaté des publications Françaises.

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Trois histoires sont donc réunies dans cet album intitulé Denver & Other Stories, offrant un aperçu de ce que l’auteur est capable de faire en la matière, accompagné par des illustrateurs complices du nom de Phil Noto, Pier Brito, et Lee Moder.

Le premier volet de ce recueil comprend le récit le plus long (72 pages), et concerne un projet récent que Palmiotti avait réussi à faire financer en février 2014. Denver se déroule dans un futur post-apocalyptique digne des classiques de la SF, un petit clin d’œil assumé à Soleil Vert allant d’ailleurs dans ce sens. Notre histoire démarre des années après qu’une météorite ait percuté la lune, engendrant une montée inéluctable des eaux ainsi qu’un exode massif des populations vers les plus hauts sommets du globe, ou du moins les villes situées à plus de 1000 mètres au dessus du niveau de la mer. C’est le cas de la capitale de l’Etat du Colorado, une cité très convoitée par les migrants et de ce fait hautement protégée par les gardes-côtes dont fait partie Max Flynn notre héros, pleinement confiant du système rigide et impartial qu’il sert et dans lequel il évolue. Un chantage odieux va le contraindre à revoir ses priorités et mettre à mal son idéalisme, beaucoup plus qu’il ne l’aurait pensé.
Je ne sais pas si l’intention était voulue mais je n’ai pas pu m’empêcher de penser au film Les Fils de l’homme (que j’adore) en lisant les premières pages de ce Denver. Le scénario part dans une toute autre direction (c’en est même l’antithèse) et tient la route sans toutefois malheureusement vraiment approfondir la psychologie des personnages. Cette histoire aurait d’ailleurs peut-être mérité le développement d’une mini-série plutôt qu’un one-shot, mais le concept en lui-même est très plaisant.

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La seconde histoire intitulée Trigger Girl 6 nous permet de retrouver un duo, ou plutôt un trio des plus efficaces ayant déjà fait merveille ensemble : en l’occurrence Jimmy Palmiotti, (avec Justin Gray ici en renfort) et Phil Noto, au service d’une héroïne seule contre tous que rien n’arrête sur fond d’espionnage et d’intrigue gouvernementale.
C’était en effet déjà le cas dans Beautiful Killer, une mini-série de 3 numéros parue en 2007 chez l’éditeur Black Bull (et édité en France chez Angle Comics). Ici il s’agit d’un tout autre personnage mais l’esprit reste identique, ce qui nous pousse à encore une fois regretter que l’histoire se déroule aussi rapidement tant les possibilités sont alléchantes (lorgnant du côté d’un Nous3 de Morrison et Quitely) et à peine effleurées.
Initialement paru le temps de 4 numéros dans le magazine créé par Palmiotti et Steve Niles, Creator-Owned Heroes en 2012 chez Image ComicsTrigger Girl 6 ne peut que satisfaire les fans de l’artiste, ici au sommet de son style si particulier faisant résonance aux amateurs de films d’espionnage que nous sommes.

Painkiller Jane

Last but not least, Glénat Comics nous fait plaisir en éditant une petite et pittoresque aventure datant de 2007 de l’héroïne mythique et chère à ce cher Palmiotti, Painkiller Jane, et ce dans tout l’esprit de ce que les années 90 ont pu nous léguer (le titre proposé ici se joue d’ailleurs ouvertement et allègrement de ces codes gros nichons/grosses fesses/gros flingues propres à cette période, pour notre plus grand plaisir, car nous n’avons plus 16 ans et nous savons bien évidemment faire la part des choses… N’est-ce pas ?) en nous offrant ce Painkiller Jane #0 (publié à l’origine chez Dynamite) illustré par Lee Moder.
Dans cet épisode explosif, Jane Vasco n’hésite pas à donner de sa personne (ou plutôt une partie bien précise de son anatomie) afin de démanteler un réseau de contrebande d’armes. Le tout est très drôle, mais ENCORE  UNE FOIS bien trop court !

Un vrai constat s’impose donc à la lecture de ce Denver & Other Stories : Il s’agit d’un très bel essai de la part de Glénat Comics car sans eux, je suis à peu près sure que nous n’aurions jamais eu droit à ce genre de recueil vraiment intéressant, et d’autant plus actuel vis à vis de ce qui se passe en terme d’édition alternative (bon nombre de grands auteurs n’ont désormais plus aucun état d’âme à passer par le financement participatif, dans le but de voir ses projets personnels se réaliser, et c’est une très bonne chose).

D’après ce que j’ai cru comprendre, l’aventure continue entre Glénat Comics et ce cher Jimmy Palmiotti à partir du moment où sont déjà annoncés à la fin de ce recueil les titres Retrovirus et Sex and Violence. Alors nous,  on peut déjà vous annoncer que ces 2 titres sont vraiment bien parce qu’on les a déjà lu… Vive le crowdfunding…

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