Les jeudis de l’angoisse (des comics) #11


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Ferals

Je vous avais déjà parlé de loups-garous dans le jeudi consacré à l’excellent Bienvenue à Hoxford (que Katchoo va gentiment linker ici) et je vais donc de nouveau aborder le sujet avec un autre comic d’une qualité indéniable et abordant le sujet, Ferals  !

[Copié/Collé] Dans les comics d’horreur, la plupart des créatures emblématiques ont souvent déjà les honneurs d’albums ou de séries qui leurs sont consacrées. Mais il en est un qui a un peu de mal à s’imposer, le loup-garou.
Même si au cinéma son succès ne faibli pas, en ce qui concerne les comics, c’est une autre paire de manche : Soit rencardé en personnage secondaire comme Jack Russel, le loup-garou attitré et historique de  Marvel Comics, la série  Wolfman de Robert Kirkman  ou dans des séries sujettes à discussion comme  Ferals  chez  Avatar Press Bienvenue à Hoxford chez IDW, série qui peut se résumer par des loups-garous, du gore et du cul (moi j’aime bien !) , les lycanthropes ont rarement droit aux honneurs des couvertures et il m’a fallu chercher très intensément dans mes souvenirs de lecture pour trouver une histoire de loups-garous digne de ce nom à vous présenter et il m’est revenu en tête cette excellente BD sortie il y a quelques années dans l’indifférence quasi-générale  :  Bienvenue à Hoxford Ferals. [Copié/Collé]

Donc Ferals c’est un comic d’horreur mettant en scène des loups-garous, qui se battent entre eux, tuent des gens et passent tout leur temps à s’envoyer en l’air et bien sûr, c’est chez Avatar Press et ça a même était publié en France chez Panini ! C’est scénarisé par… Heu (Google est mon ami…) David Lapham (j’aurais pu le deviner en fait vu le CV du mec…) et dessiné par (…) Gabriel Andrade.
Ça raconte quoi ? Bah l’histoire d’un mec qui se fait mordre par un loup-garou, qui en devient un mais ne veut pas faire comme les autres, du coup il passe tout son temps à se battre et tuer des mecs de façon bien gore et à s’envoyer en l’air avec d’autres heu… Loup-garoutes.

C’est très idiot dans le fond mais il y a dedans une vraie réflexion sur… Sur rien, j’ai juste adoré parce qu’il y a du gore et du cul et que c’est super bien dessiné  ! Et moi tant qu’il y a du gore et du cul, je kiffe ma race et c’est tout et si vous aimez ça aussi, et bah vous allez kiffer aussi  !

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Ferals, de David Lapham et Gabriel Andrade disponible en France en trois tomes chez Panini Fusion

Voilà voilà, ça c’est de la chronique bien expédiée, allez hop, un petit Gears of War maintenant  !

… Quoi ? Un souci Katchoo ? Me regarde pas avec ces yeux là tu me fais pas peur… Ou peut être un peu quand même…

Bon ok, là vous êtes sûrement en train de vous dire que je me fous de votre trogne parce que j’ai repompé une introduction d’une de mes anciennes chroniques sur le même sujet, que j’ai volontairement choisi un comic sur lequel il n’y a pas grand chose à dire pour expédier cette chronique vite fait… Et vous avez raison. Après tout, pas grand monde ne la lit cette chronique, donc personne ne s’en apercevra… Ou peut être pas.

Bon allez, fis des boutades et autres billevesées, je suis un mec sérieux et afin de sauver le peu de crédibilité que j’ai, la véritable chronique arrive de suite  !

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Les Jeudis de l’Angoisse (des Comics) 11,5  : Highway to Hell, Face à l’Enfer

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Dans le monde des comics, il est parfois difficile de se démarquer en offrant de l’inédit et c’est encore plus le cas dans le domaine des comics d’horreur qui dépend très souvent d’un autre média, à savoir le cinéma. En tentant de se donner la paternité d’une nouveauté, on s’expose souvent à un rapprochement avec quelque chose de déjà-vu ailleurs, ce rapprochement est souvent implicite et reconnu mais aussi parfois involontaire, la passion étant tellement ancrée que l’on copie ou s’inspire d’idées enfouies dans notre subconscient.
On peut aussi s’inspirer d’un concept ou d’une idée existante, la mélanger avec d’autres et ainsi la transcender et en faire quelque chose de nouveau sans toutefois trahir ou flouer l’originale et c’est ce que les petits gars du studio The Italian Job ont fait avec Highway To Hell (Sous-titré Face à l’Enfer en VF), mini-série horrifique ultra référencée mais ô combien jouissive publiée cette année dans notre beau pays par Panini.

You know you saw them but no-one ever listens
They’ll be long gone by the time the sun has risen
You feel ’em lurking, hear ’em howling in the shadows
Wreaking havoc on your perfect world

Lordi featuring Udo (Accept) – They Only Came Out at Night (The Arockalypse – 2006)

Highway To Hell commence comme une histoire d’horreur classique : Des meurtres ignobles sont commis le long de la route 5 dans le comté de Calédonia dans le Vermont. Deux agents spéciaux du FBI rompus aux enquêtes classées sont alors dépêchés sur place afin de mener l’enquête. Alors que les meurtres vont se multiplier, les deux enquêteurs vont très vite faire la connaissance d’un mystérieux personnage masqué et en armure qui arpente la fameuse route. Mais les apparences sont parfois trompeuses et nos deux agents vont vite mettre à jour un sinistre complot fomenté par une bande de monstres prêts à tout pour protéger leur anonymat et le mystérieux personnage en armure semble être un élément central de toute cette machination.
Avant de rentrer dans le vif du sujet, je vous ai parlé de The Italian Job tout à l’heure, mais c’est qui ces mecs au fait  ?

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The Italian Job est un collectif d’artistes italiens fondé par Davide Dileo aussi connu sous le pseudo de Boosta au sein du groupe de rock alternatif italien Subsonica. Il est aussi producteur de musique, animateur radio et télé ainsi que romancier, spécialiste des histoires sombres et morbides.

8Le collectif compte aussi Ricardo Burchielli, Giuseppe Camuncoli et Francisco Mattina. Le studio travaille pour le monde des comics mais aussi le jeu vidéo (récemment ils ont travaillé sur les jeux Sacred 3 et Lone Wolf), dans l’animation (Hulk and The Agents of SMASH) et même la publicité, notamment la récente campagne pour la marque de pneus Goodyear.
Le studio est très apprécié aux États-Unis surtout pour son approche très européenne des super héros américains, Francesco Mattina est même d’ailleurs un des dessinateurs principaux du jeu de cartes Marvel, War of Heroes.

Au scénario de Highway To Hell on retrouve donc logiquement Davide Dileo associé pour le coup à la superstar Victor Gishler : Romancier à succès plusieurs fois nommé aux Edgar et Anthony Awards aux États-Unis, Il est surtout connu parmi les amateurs de comics pour son travail chez Marvel, notamment les séries Punisher, Deadpool et X-Men ainsi que sur beaucoup de séries Dark Horse, Clown fatale et surtout Buffy the Vampire Slayer.
Son roman La Cage aux Singes sera prochainement adapté au cinéma par Ryuhei Kitamura.

Aux dessins, ce sont donc les deux autres membres du studio qui s’y collent à savoir Ricardo Burcelli et Francesco Mattina, le premier dessinant les intérieurs et le second s’occupant des couvertures et des courts passages de flashbacks.

9Ricardo Burcelli s’oriente vers les comics en 2003 après un passage dans la publicité. Il co-créé la fameuse série DMZ avec Bryan Wood chez DC Vertigo. Il travaille aussi sur les séries Northlanders, American Vampire et Batman : Black & White.
Francesco Mattina est engagé comme cover artist par Marvel, il signe les couvertures de séries diverses et variées comme Fantastic Four, Nova, Thunderbolts et plus récemment Spider-Man 2099 et Avengers Undercover.
C’est aussi un collaborateur régulier avec différents départements de licence, notamment celui de Warner Bros / DC Comics.

Après ce petit tour d’horizon de ces artistes hétéroclites, revenons à nos moutons, à savoir cette autoroute pour l’enfer.

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Ce qui frappe lors de la lecture de Highway To Hell, c’est que c’est très référencé, mais loin d’être gênant, c’est fait de façon intelligente : Dès le début, les références sont donc claires et se font de plus en plus présentes au fur et à mesure de l’histoire : La référence à X-Files est bien entendu évidente et à mesure que le récit avance, on va voir des similitudes avec la série Buffy Contre les Vampires (Joss Whedon, 1997/2003), les films Vampires (John Carpenter, 1998), Une Nuit en Enfer (Robert Rodriguez, 1996), Underworld (Len Wiseman, 2003), le tout dans une ambiance de film d’horreur type Massacre à la Tronçonneuse (Marcus Nispel, 2003) et surtout Hitcher (Robert Harmon, 1986).
En résumé, les petits gars de The Italian Job ont donc voulu faire de leur bande dessinée un vibrant hommage à tout le paysage horrifique de la fin des années 90 / début 2000, et cela se ressent de façon évidente tout au long de la lecture. Mais loin d’être une simple appropriation de toutes ces idées visuelles et scénaristiques, il s’agit là de ce dont je parlais plus haut, à savoir une appropriation cohérente : Sans être un véritable hommage ni un honteux plagiat, le collectif italien a su tirer la quintessence de ces idées issues de différents univers et a réussi à les mixer de façon cohérente, du très bon boulot qui tout en étant ultra-référencé reste très personnel et parfaitement lisible, même par les néophytes dont les références échapperont, bravo aux ritals pour ce tour de force !

11Le récit est donc divisé en deux parties, l’histoire en elle-même ainsi que de courts flashbacks, éclairant le passé des protagonistes. Même si l’histoire commence comme une simple enquête policière, elle dérive très vite vers l’horreur puis vers de l’action fantastique complètement débridée. La transition se fait malgré tout et heureusement de façon limpide et logique et les flashbacks s’insèrent parfaitement dans la trame scénaristique. On sent le savoir faire des auteurs, issu de leur expérience de romancier pour bien établir les personnages et leurs caractères bien trempés qui sont souvent évidents en quelques pages, du très bon travail, très agréable à lire.

Scénaristiquement, c’est donc du très bon travail : Très référencé sans que se soit invasif, écrit de façon logique et limpide et doté de dialogues bien percutants, Highway To Hell est un régal à lire et se dévore d’une traite sans lassitude, du caviar gore !
Pour la petite histoire il s’agit de l’adaptation d’une nouvelle de David Dileo, Il Tramontatore, réécrite et adaptée avec la participation de Victor Gischler.

12La partie graphique est de Ricardo Burcelli et le trait vif et sombre du dessinateur caractérise très bien l’ambiance du récit et il en ressort une ambiance glauque à souhait faisant très bien ressortir le coté sombre et malsain de l’histoire. Mention spéciale aux scènes gores et aux monstres, surtout ceux aux aspects très Lovecraftien, qui sont vraiment très réussis. Les courts passages de flashbacks sont signés quand à eux par Francesco Mattina et sont peints en numérique et autant être franc : Ils sont absolument magnifiques ! Leur aspect éthéré et brumeux, presque onirique, contraste admirablement avec le reste du récit et constitue de très bons interludes pour pouvoir souffler entre deux scènes d’attaques violentes de monstres.
Contrasté, l’aspect graphique est donc plutôt bien trouvé et les compétences des deux dessinateurs sont utilisés de façon logique : Du travail admirable.

Un petit mot sur l’édition française pour finir : Pas grand chose à reprocher de ce coté, hardcover, papier glacé et traduction aux petits oignons, Studio Makma oblige, en résumé, nickel.

Pour finir, je dirais que Highway To Hell, c’est un peu le genre de bande dessinée fait par des fans qui n’ont pas oublié que l’on peut aussi et surtout s’adresser à un plus large public, et pour cela il fallait rester accessible car on peut être passionné et le montrer avec une œuvre, mais il faut le faire intelligemment de telle façon que n’importe qui puisse la lire sans se sentir largué et c’est ce qu’ont réussi les petits gars du studio Italian Job avec Highway To Hell : De la bande dessinée d’horreur qui ravira les fans et tous les autres.
Et bien maintenant vous savez ce qui vous reste à faire : Lors de votre prochain voyage aux Etats Unis, direction la Route 5 pour y massacrer quelques monstres ou vous faire massacrer… Vous pouvez aussi acheter ce bouquin, c’est moins dangereux.

Highway To Hell, Face à l’Enfer de Davide Dilea, Victor Gischler, Riccardo Burchielli et Francesco Mattina, disponible depuis le 17 juin 2015 chez Panini Comics dans la collection Fusion.

Je peux aller me faire mon Gears of War maintenant  ?

1 commentaire

Classé dans Comic of the day

Une réponse à “Les jeudis de l’angoisse (des comics) #11

  1. Juli1rebelmondo

    merci pour cette critique enjouée!! je vais dés demain me rué sur ces comics! je connais pas mais ton article ma mis en Appetit! je suis fondu de bd gore ou sombre surtout quand les dessinateurs on du talent idem pour le scenariste! Maintenant on peut lire une BD ou chaque case est digne d;étre exposé comme une oeuvre a part entiére..des auteurs comme bill Sienkiewicz ,dave McKean,Simon Bisley…
    Sinon dans le Gore plutot Humouristique il ya Apocalypse sur Carlson City de Griffon. Série B Zombiesque avec Héros de la Loose , Flics Mongoloide, Dessin en Noir et Blanc .Sa ressemble au trait du Tatoueur Lyonnais « Navette ». voila pour mon idée de lecture ! merci du partage ! Ciaooo!

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