Un nouvel espoir


ATTENTION ! WARNING ! ACHTUNG BABY ! Surtout ne lisez pas ce billet si vous n’avez pas vu Star Wars : The Force Awakens ! Car il contient plein de spoilers méchants pas beaux ! Bouuuuuuhhhhhhh !!!!!!

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Chewie, on est à la maison.

Ahem. C’est bon ? On est entre nous vous croyez ? Si ce n’est pas le cas tant pis, c’est pas comme si je ne les avais pas prévenus.
Tiens à propos, avant de démarrer ce petit billet en bonne et due forme, je dois vous avouer que cela faisait bien longtemps que je n’avais pas ressenti un tel plaisir de voir un film sans pratiquement rien savoir de son histoire, à l’heure où les trailers actuels vous inondent d’images vous révélant toute la trame du début à la fin, il est bon de constater que certains au contraire préfèrent garder le mystère coûte que coûte, quitte à offusquer des journaleux de la capitale en mal de sensations fortes. Qui se souviendra des rageux dans 20 ou 30 ans ? De ceux qui auront tenté de tirer une quelconque couverture sur eux en exploitant de façon malhonnête le nom de la saga cinématographique la plus populaire de tous les temps, quitte à se rendre totalement ridicule en voulant se faire passer pour des pseudo rebelles ?
Le geek, le vrai, est loin d’être un abruti (si si ! C’est vrai !). Il sait depuis un bail et de par son exigence naturelle faire la part des choses entre ce qu’on lui donne en pâture (et ce, quelque soit le medium : cela vaut en effet autant pour les comics, le cinéma que les jeux vidéo, les jeux de rôle sans doute aussi, mais dans ce domaine je vous avoue que je suis totalement inculte), et ce qu’il est prêt à accepter pour que le mythe perdure (oui, je parle bien de mythe, et non pas de licence commerciale). C’est donc lui qui donnera LE jugement dernier à ce Star Wars 7, lui et personne d’autre.
Surtout ne vous laissez pas embourber les neuronnes  par des personnes qui sont payées pour parler de choses qu’elles n’aiment pas, ou qui n’en n’ont au final absolument rien à foutre. Faites confiance plutôt à ceux qui, gratuitement et de bon coeur, quelque soit leur avis, vous donnent leur ressenti avec pourtant toute l’objectivité, le sérieux, et le recul qu’une telle oeuvre peut demander.
Après cette légère introduction à mon tour de vous donner ici le mien, il se noiera bien évidemment dans le flux des dissertations de gens passionnés avant tout, et c’est bien cela le plus important.

Je ne vais pas aller par quatre chemins, pour moi la saga, l’épopée Star Wars est un des héritages culturels que je souhaiterais léguer à mon fils. La Force, la Résistance, l’Abnégation, l’Amour, l’Amitié et la Fraternité sont des valeurs saines auxquels on peut s’agripper quoi qu’il arrive.  Star Wars est un conte de fée intergalactique, il a sa princesse, son chevalier, son fidèle destrier, son épée magique, son mentor, son voyage initiatique/sa quête, évidemment son méchant sorcier/despote et j’en passe… C’est très drôle parce qu’en ce moment justement le Sidekick est en train d’apprendre l’archétype du conte. A vrai dire ce film vient à point nommé.

En ce qui me concerne je frôle les 40 piges. J’ai grandi avec cette saga et avec mon frère aîné, nos liens culturels se sont essentiellement construits sur ce que Tonton Georges a pu nous léguer. Lucas c’était notre Charles Perrault à nous. En 1997, nous nous faisions une joie immense de pouvoir vivre la « première » trilogie au cinéma, pour la seconde, nous étions comme des fous à la séance de minuit. Je prends le temps d’expliquer les choses car il n’y a pas de Star Wars sans histoire personnelle.
Le moins que l’on puisse dire c’est que nous n’avons pas du tout accueilli la mise en chantier de The Force Awakens avec le même enthousiasme. Pour mon frangin, « l’abandon » de George Lucas aux bonnes mains de Disney, et la nomination de JJ Abrams à la réalisation de ce nouveau volet est une totale hérésie, voire une trahison. J’ai eu beau lui expliquer lors de nos traditionnels repas dominicaux devant un bon poulet rôti mitonné par mon père qu’il se trompait effroyablement, qu’il fallait donner sa chance à JJ parce que merde, Lost quoi ! Il restait de marbre malgré tous les arguments que je pouvais lui annoncer (oui oui, venez manger chez moi un dimanche midi, surtout en période électorale, c’est assez pittoresque…).
Je décidais donc, pour la toute première fois, d’amener le Sidekick voir Star Wars 7 plutôt que mon frère, car quitte à partager un rêve de gosse, autant que cela soit avec le sien.

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Vous noterez que je n’ai toujours pas parlé de ce que je pense de ce 7ème épisode de Star Wars, voici donc mon avis sans plus attendre (merci aux deux du fond qui sont restés jusque là…).

Nous sommes donc tous réunis autour du fait d’avoir déjà vu ce film au moins une fois (sauf toi Julien, je te vois espèce de bléro), et nous sommes tous complètement d’accord je pense sur le fait que TFA n’est ni plus ni moins qu’un remake/hommage/aboutissement contemporain du Nouvel Espoir de Georges Lucas. Si je dis des conneries surtout dites le moi.
En voyant ce nouvel épisode j’ai tout de suite ressenti ce que j’avais déjà éprouvé pour deux films comptant parmi mes préférés, et renfermant eux aussi quasiment autant de qualités que de lacunes, le Superman Returns de Bryan Singer, et le King Kong de Peter Jackson. Ces trois films ont pour principal point commun de transpirer l’amour d’un cinéaste envers un concept emblématique issu de la culture populaire, mais surtout d’essayer de redéfinir de nos jours la notion même de l’épopée dans toute la noblesse du terme.
Enfant, j’ai pour ma part toujours été un peu frustrée par ce que pouvait m’offrir la première trilogie Star Wars : Luke était bien trop naïf pour moi au début, puis trop statique et psychorigide pour devenir mon héros (dans le sens auquel je pourrais m’identifier), Han Solo se définissait bien trop macho man envers Leia, et celle-ci bien trop absente à mon goût malgré ses réparties salvatrices.
Oui je sais, vous allez vous dire : La meuf voue un culte à Supergirl et dénigre la Princesse Leia, symbole même de la rébellion. Le problème dans l’histoire c’est qu’il ne s’agit pas justement de montrer un personnage féminin au caractère bien trempé de façon basique, et de le laisser comme tel. A mon sens Leia n’a pas eu la même opportunité d’évoluer au même rythme que ses deux coéquipiers dans la première trilogie diffusée entre 1977 et 1983.
Le fait est que le statut de la Princesse Leia a toujours posé problème, celui de la « Slave Leia » encore plus. Il était temps de passer à autre chose, et JJ Abrams a su imposer ce putain de miracle, surement influencé par d’autres courants déjà actifs dans ce domaine, provenant notamment tout droit de la télévision US… Comme quoi la boucle est bouclée.

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The Force Awakens répare immédiatement cette injustice en faisant de Rey l’héroïne principale de cette nouvelle trilogie, où l’on retrouve en un seul personnage les meilleurs aspects de Luke, Leïa et Solo. Le film a beau reprendre (de copier, certains diront) tous les codes narratifs d’Un Nouvel Espoir, il n’en reste pas moins qu’il n’y a plus de demoiselle en détresse, plus de princesse captive qui attend d’être délivrée, ici Rey se sauve toute seule, et avec brio. Daisy Ridley incarne à merveille une jeune femme solitaire qui a toujours su se débrouiller toute seule, qui n’a pas besoin d’homme pour lui venir en aide, la scène sur Jakku où Finn la regarde en train de défendre BB8 va imposer cette idée tout le long du film. Faire d’elle un Jedi  est quoiqu’on en dise totalement révolutionnaire, parce que des millions de garçons vont ainsi enfin pouvoir s’identifier à une héroïne, sans en ressentir la moindre honte.
Alors certes, on avait déjà vu des femmes Jedi dans l’ensemble des œuvres Star Wars (Aayla SecuraAhsoka Tano), mais pas avec un statut aussi important, JJ Abrams impose ainsi une vision salvatrice pour tous les fans oubliés de la saga, ces laissés pour compte qui n’arrivaient pas à rentrer totalement dans cet univers par manque de diversité du casting, et il en est de même pour le personnage de Finn. Les campagnes racistes de boycott du film prouvent à quel point il est primordial de montrer et de représenter des héros différents, actuels, sortant d’une norme instaurée datant de la fin des 70’s.
Et que dire de notre trio vieillissant ? De la forme olympique d’un Han Solo piquant un sprint pour échapper aux rathtars, de la contenance du Général Organa dans les situations les plus dramatiques (là encore, une princesse qui devient général ! On est loin du conte de fée plus ou moins inspiré de George Lucas), et du regard qui en dit long d’un Luke Skywalker bien fatigué, mais qui garde encore en lui la Force. Au delà de la nostalgie et de l’effet miroir de ce temps qui passe autant pour nos héros que pour nous, il y a surtout la volonté de montrer des personnages d’un age mûr continuer de prendre part à cette épopée galactique.

Voilà donc pourquoi j’ai aimé ce film, bien que celui-ci ne soit pas exempt de défauts, comme par exemple la sous représentation du fameux Captain Phasma dont on connait bien la comédienne cachée sous l’armure argentée, et qui incarne d’ordinaire l’un de mes personnages préférés dans Game of Thrones.
Il en est de même avec Poe Dameron, personnage au potentiel incroyable mais uniquement survolé (oui, bon, ça va) dans cet épisode.
Je suis également restée sur ma faim concernant le nouveau méchant de cette trilogie, Kylo Ren. L’idée de lui donner une ambivalence est ma foi bien trouvée, mais elle manque cruellement de subtilité et de profondeur, n’est pas Zuko qui veut. Il faut espérer que le personnage gagne en intensité, quitte à nous montrer vraiment comment il a pu basculer du côté obscur jusqu’à éprouver une telle haine pour son père. C’est vraiment dommage car ce genre de personnage est toujours très intéressant mais il est clairement traité ici par dessus la jambe.
En parlant de subtilité, le fan service à outrance ça va bien 5 minutes, mais pendant 2h15, ça commence à faire long. Je conçois tout à fait que JJ Abrams veuille s’amuser avec les codes, les répliques, les lieux même de la saga historique, il faut savoir aussi s’en détacher… c’est le cas à 50% grâce au sang neuf apporté par ces nouveaux personnages.
La musique enfin, on a connu John Williams plus inspiré , son score manque cruellement de force (sans mauvais jeu de mots), et l’on arrive même à retrouver certaines mélodies issues des précédents volets de la saga, rebootées pour l’occasion (March on the Jedi Temple et March of the Resistance se ressemblent quand même pas mal je trouve, et le Rey’s Theme, que j’adore, n’est ni plus ni moins qu’une variante de The Force Theme, avec une pincée d’Harry Potter. Comment ça c’est voulu ?). La seconde trilogie a beau être ce qu’elle est, ce n’est pas du côté de la musique qui faut lui chercher des avaries.

Malgré ces maladresses, je ne peux m’empêcher d’avoir été le témoin d’un véritable tour de Force dont Kathleen Kennedy, productrice à la carrière phénoménale (et pour ce qui nous concerne ici, Star Wars Rebels) et surtout actuelle présidente de Lucasfilm ne doit largement pas être étrangère. J’ai beaucoup entendu parler en effet de la vision de JJ Abrams et du point de vue de George Lucas concernant ce nouveau volet, mais qu’en est-il de celui de la gardienne du temple, alors que d’ici un an, une autre héroïne de premier plan incarnée cette fois-ci par Felicity Jones fera son apparition dans Rogue One…
Il est clair que certains spectateurs ne se retrouveront pas dans ce reboot à peine dissimulé, et comme je les comprends, c’était un peu mon cas depuis… ah oui tant que ça déjà ? Comme le temps passe vite ! Mais d’expérience je peux dire qu’au final on arrive à s’y faire, assez bien même, il faut juste être patient et espérer que les choses changent. Ah l’Espoir…

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3 Commentaires

Classé dans Movie of the day

3 réponses à “Un nouvel espoir

  1. Superbe critique, comme toujours.

  2. Assez d’accord avec tout ce que tu dis là. Un film très sympa, certainement pas le meilleur mais sympa quand même. Daisy Ridley crève l’écran, BB-8 aussi d’ailleurs. Il me manque un thème musical majeur, comme a pu l’être Duel of the Fates par exemple. On verra par la suite si l’un des nouveaux thèmes revient, mais je vois pas de successeur à Duel of the Fates ou à l’Imperial March pour l’instant.

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