What Would Wonder Woman Do ?


Wonder Woman - Rebirth Head

Nous l’avons tous bien compris, la nouvelle politique éditoriale de DC Comics intitulée Rebirth et censée revenir aux fondamentaux vis à vis de son lectorat de longue date tout autant que ses personnages emblématiques, est une réponse sans équivoque suite au ratage économique (parfois artistique et même idéologique) au sens large que constituent les New 52, et malheureusement plus récemment avec DC You (oui je sais, je suis pas très sympa, l’idéal aurait été que DC You arrive d’emblée à la place des N52 en 2011 et que quelques réajustements se fassent petit à petit, mais d’ailleurs n’existerait-il pas une Terre où l’on pourrait voir ça ?).

Nous avons effectivement pu nous rendre compte ces 6 dernières années à travers ce blog, que bon nombre d’héroïnes DC se sont retrouvées plus ou moins malmenées dans leurs diverses représentations, et ce dès le départ avec Catwoman et Starfire (hypersexualisées à outrance) en passant par Raven, Cassie Sandsmark, Donna Troy, Batgirl (toutes out of character), certaines d’entre elles ont su heureusement retrouver un second souffle grâce à des équipes créatives plus inspirées que leurs prédécesseurs, alors que d’autres déjà iconiques (Harley Quinn, Power Girl, Poison Ivy) auront eu l’opportunité de regagner en popularité, ce qui est une très bonne chose, sans oublier qu’il aura fallu attendre pratiquement la fin de cet énorme trafic éditorial pour revoir des personnages hyper populaires (Stephanie Brown, Cassandra Cain) refaire surface.
Mais comme je l’ai dit précédemment, je ne suis pas forcément super sympa car si les New 52 ont quand même su nous offrir un personnage charismatique inespéré, c’est il faut bien le reconnaître, Harper Row.

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Mais qu’en est-il de la Reine Mère de toutes les super héroïnes ? Quel fut le sort de Wonder Woman depuis ce fameux mois de novembre 2011 où le prometteur Wonder Woman #1 version Brian Azzarello et Cliff Chiang fut publié ?
Le scénariste de 100 Bullets, dans la plus grande lignée de son style, nous a livré une héroïne digne de ses précédentes aspirations à travers une mythologie qui lui est totalement personnelle -et tout autant dark que badass- mais où les Dieux de l’Olympe essentiellement masculins n’ont cessé d’écraser notre héroïne de leur aura, alors que les Amazones ont été elles-même réduites à être considérées comme des Mantes religieuses esclavagistes et fondamentalistes, concepts dans lesquels vont s’engouffrer le couple de dessinateur/scénariste Finch  en manque d’inspiration, et dont votre blogueuse préférée ne s’en sera toujours pas remise jusqu’à en arrêter son abonnement.

Mais à l’annonce de ce Rebirth l’espoir a osé renaître, non seulement par le biais d’une nouvelle perspective façonnée (dans la glaise ?) par un scénariste qui non seulement n’a cessé d’œuvrer pour l’épanouissement et la mise en valeur des personnages féminins dont il a eu la responsabilité quelque soient leur medium (romans, comics) et le genre dont elles sont issues (du polar à la SF en passant par les super héros), mais qui a surtout toujours affectionné particulièrement notre sémillante Amazone depuis son plus jeune âge.

Entre Greg Rucka et Wonder Woman il s’agit bel et bien d’une histoire d’amour entre un scénariste et sa muse depuis Wonder Woman: The Hiketeia puis à partir de Wonder Woman #195 et ce sur 31 numéros, à tel point qu’il préféra claquer la porte de l’éditeur lorsque celui-ci lui refusa un projet intitulé à l’époque Wonder Woman Year One au bénéfice d’un certain trublion chauve britannique…
Mais alors que Grant Morrison était sur le point de livrer sa version (forcément sujette à polémiques) de l’Amazone, Rucka quant à lui nous offrait deux numéros consacrés à Renee Montoya / The question, Batwoman et Huntress lors de l’event Convergence il y a de cela à peine un an. Le magnifique Convergence : The Question se voulait en effet être un signe d’ouverture, galvanisant les fans de ces héroïnes, et préméditant qu’un retour aux sources pouvait être bel et bien possible…

Et pourtant, le grand retour de Greg Rucka sur Wonder Woman a toutefois fait l’effet d’une bombe, je n’ai moi-même pas pu m’empêcher de réagir via les réseaux sociaux pour exprimer ma grande satisfaction. L’homme qui était parvenu à transformer Batwoman en une icône LGBT était bien l’un des seuls écrivains à pouvoir sauver Diana de Themyscira de l’effroyable pétrin dans lequel on l’avait fourré dans sa série régulière (et dérivées), pour ma part je m’étais rabattue sur Sensation Comics, Bombshells, The Legend of Wonder Woman et Wonder Woman ’77.

Wonder Woman - Rebirth 1

En grand conteur d’histoires qu’il est, le co-créateur de Lazarus ne pouvait pas via ce numéro purgatoire enchaîner directement sur une nouvelle intrigue comme si de rien n’était. Il fallait, peut-être pas forcément faire table rase du passé mais du moins mettre certaines cartes sur table pour pouvoir aller de l’avant bien plus sereinement.
Ce numéro Renaissance se veut donc comme un moment d’introspection de la part de notre héroïne, comme si elle prenait enfin le temps dans se rendre compte qu’il y avait quelque chose de pourri dans le royaume de Themyscira.
De nos jours, à l’ère des internets, on appelle ça un bon gros troll des familles, et il est sacrément le bienvenu.
Dans une première partie illustrée par Matthew Clark (dont le style à la Greg Land est VRAIMENT très loin de m’accommoder, surtout sur un numéro aussi important que celui-ci), Wonder Woman se veut toujours présente pour défendre le sort de la femme oppressée par le système phallocrate qui règne sur notre monde. Mais lorsque qu’elle rentre chez elle, elle en est à se demander « Qui suis-je, où vais-je, dans quel état j’erre ? ».

Greg Rucka n’y va pas par 4 chemins, il broie au sens propre comme au sens figuré le statut problématique et sans issue de notre messagère de paix en tant que God of War instauré par Azzarello. Toutes ces dernières années vécues par Wonder Woman n’étaient que pur mensonge et même elle, en tant que gardienne de la vérité, ne l’a pas vu venir.
Bien sûr, le scénariste va une nouvelle fois évoquer ses origines et son passé plus ou moins proche pour ne pas dérouter un nouveau lecteur qui passerait par là et trouverait déjà que son histoire est un bordel sans nom. Mais ce numéro est surtout marqué par la prise de conscience de notre héroïne sur son propre statut : non, Wondie ne léchera plus de glaces de sitôt les enfants.

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Mais ce numéro reste malheureusement assez frustrant compte tenu du peu de nombre de pages dessinées par Liam Sharp (6 au total), celles-ci ayant d’ailleurs été visibles depuis un certain nombre de semaines en preview et sous toutes les coutures (crayonnées, encrées, puis colorisées par Laura Martin). Mais la présence de deux dessinateurs au style si différent permet justement de d’accentuer cette transition entre la « fausse » et la « vraie » Wonder Woman, ce numéro se voulant surtout et au même titre que DC Universe Rebirth être un épisode intermédiaire et de remise à niveau avant que les choses commencent sérieusement. En gros, il fallait bien en passer par là avant de passer aux choses sérieuses et Greg Rucka s’en est naturellement sorti avec brio.

La suite étant prévue pour dans une dizaine de jours maintenant, où le présent et le passé vont s’alterner toutes les 2 semaines entre les illustrations de Liam Sharp (avec Wonder Woman #1 : The lies) et Nicola Scott (avec Wonder Woman #2 : Year One, et le peu que j’ai pu voir de ce qu’elle a fait sur le titre est littéralement à tomber)le vrai retour de Wonder Woman pourra alors commencer vraiment, enfin, oui c’est promis.

2 Commentaires

Classé dans Comic of the day

2 réponses à “What Would Wonder Woman Do ?

  1. Mad Monkey

    Bonjour et félicitation pour ce bel article (comme d’hab).

    Personnellement j’ai bien aimé ce numéro de WW, surtout après le désastre du couple Finch. (Mais par tous les dieux de l’Olympe pourquoi avoir confié une icône féministe comme Diana à une scénariste dont l’unique expérience était chez cet éditeur racoleur qu’est Zenescope ?)

    J’ai vu sur le net, que beaucoup de gens sont comme toi et ne semble pas apprécier les planches de Matthew Clark. OK la transition est violente avec celles de Liam Sharp mais c’est plutôt pas mal. Et puis comme tu le dis ça se justifie par le scénario.

    Et perso je n’ai pu m’empêcher de sourire quand l’héroïne s’enerve parce qu’on a fait d’elle une idiote. Si c’est pas la façon de Rucka de donner son avis sur le run précédent je sais pas ce que c’est.

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