All the world is waiting for you


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Cette bande annonce se devait d’être quasi parfaite.
Elle devait continuer à nous donner l’espoir de voir la plus majestueuse des super héroïnes être traitée de façon sérieuse et digne sur grand écran (comme ce fut le cas dans BVS, malgré sa courte mais très remarquée présence, d’ailleurs le seul point positif du film).
Elle se devait de répondre aux attentes des fans les plus exigeants et les plus pointilleux, en introduisant des concepts forts et indissociables de ce que symbolise le personnage de Wonder Woman.
Il fallait également qu’elle hypnotise les nouveaux spectateurs, certains d’entre eux n’ayant comme référence que la vision de Lynda Carter en short bouffant et l’écoute d’un générique haut en couleurs.
A l’image de cette scène épique dans les tranchées de la Première Guerre Mondiale où Diana essuie les tirs de nombreux assaillants, cette bande annonce a su s’imposer comme étant l’une des plus belles surprises de ce dernier San Diego Comic Con,  je vous propose donc de revenir en détail sur ce qui reste un grand moment pour tout fan de Wonder Woman qui se respecte.

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Notre aventure commence donc sur les rives de Themyscira (certaines vagues m’ont l’air d’être en CGI mais c’est pas grave), avec la scène clé de la première rencontre entre Diana et Steve Trevor. L’héroïne y apparaît ici bienveillante, confiante et paisible (dans le sens où c’est la première fois qu’elle voit un homme de sa vie), vivant en parfaite harmonie avec son île mais clairvoyante de ce qui existe dans le monde extérieur. C’est exactement la Wonder Woman définie par William Moulton Marston. En contrepartie Steve lui répond avec humour, d’autres réparties humoristiques (et bien senties) de sa part sont d’ailleurs présentes dans cette BA, ce qui nous porte à croire que le personnage sera traité de manière beaucoup moins fade que d’habitude. J’espère toutefois que cette caractérisation ne volera pas trop la vedette au véritable centre d’intérêt sur film.

Pour le peu que l’on puisse voir à ce stade, Themyscira ne semble pas être l’île à l’architecture à la fois classique et flamboyante qu’ont pu nous offrir George Pérez, Phil Jimenez où plus récemment Yanick Paquette. J’ai l’impression que les amazones vivent de manière beaucoup plus simple, plus austère, disposant des grottes de l’île et les façonnant pour en faire leurs demeures et leurs temples, comme on peut le voir ici.

WONDER WOMAN Themyscira

Plan suivant, et signe indubitable que ce film va être jouissif au possible, c’est la mise en avant de la relation entre Diana et sa mère Hyppolita, dans cette scène on ressent tout l’amour et le déchirement qu’une mère peut ressentir à laisser partir son enfant, la fierté d’Hyppolita  pour sa fille est autant palpable dans son regard que dans ses paroles (« Tu as été mon plus grand amour, fais attention Diana, ils ne te méritent pas »).

Passage ensuite dans l’Angleterre du début du 20ème siècle, où notre héroïne porte des vêtements appartenant au Monde de l’homme, jusqu’à participer à une réception mondaine en robe, dissimulant son épée derrière son dos !  C’est à la fois improbable et bien pensé, comme si notre amazone n’était pas venue pour profiter de la soirée ou dissimuler cette arme bien longtemps, mais bel et bien d’aller droit au but, qui est vraisemblablement d’éliminer le méchant gradé en costume (incarné par Danny Huston, le fils de John et frère d’Angelica soit dit en passant).

Il y a ensuite cette image intrigante de l’actrice espagnole Elena Anaya (qu’on aime beaucoup avec Julien parce qu’elle a joué dans Room in Rome) et son visage à demi masqué en mode Fantôme de l’Opéra. Mais qui peut-elle bien être ? S’agit -il de Paula von Gunther ? Circe ? (j’ai de gros doutes) Doctor Poison Doctor Cyber ? Il est trop tôt pour le deviner encore je crois. En tout cas cette apparition est bien flippante et fait son petit effet.

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On se recentre ensuite sur les origines de Diana avec une discussion entre elle et Steve sur ce qui semble être un bateau (sans doute pendant le trajet Themyscira/Angleterre). Notre héroïne déclare qu’elle n’a pas de père, et qu’elle a été mise au monde par Zeus. Entre nous c’est ce détail qui me fait le plus ch*** dans cette BA. Pourquoi Zeus et pas Aphrodite ? Pourquoi faire référence au run D’Azrarello franchement ? Je ne suis absolument pas d’accord, ça affaibli l’échange au possible, mais passons.
Dans cette partie il y a une scène forte intéressante, on y voit Diana se faire soigner (la dame à la tunique blanche derrière elle fait penser qu’elle est une sorte d’infirmière…) avec sur la droite un récipient contenant un liquide lumineux, rappelant la tunique de la soignante, mais faisant surtout référence au rayon pourpre utilisé par les amazones pour guérir de leurs blessures.

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Puis arrive le moment d’action : une chevauchée dans les bois, un envol d’Amazone (c’est Antiope ?), une autre chevauchée fantastique (Ouiiiiiiii c’est Antiope !!!) suivie d’une bataille sur la plage, de quoi saisir le spectateur tout en lui faisant rappeler qu’il y aura aussi (forcément) une intrigue amoureuse entre nos deux héros.

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Vous remarquerez ici que l’on voit très bien à gauche et à droite des amazones de couleur, ce qu’avait promis la réalisatrice Patty Jenkins en terme de diversité, suite à la première photo où l’on voyait Diana aux côtés de sa « famille »..

S’ensuit cette fameuse scène dans les tranchées. Il faut jouer avec les codes de l’Amazone, son lasso fermement serré à sa taille, son bouclier solidement harnaché sur le dos, son regard déterminé quant elle gravit cette échelle. Ici en quelque sorte, La Gadot, c’est Rambo. Le côté surréaliste d’un tel personnage (décalé et anachronique) évoluant dans cet environnement rappellera pour beaucoup de spectateurs le premier Captain America. Et c’est une très bonne chose car à mon humble avis Captain America : The First Avenger reste le meilleur des trois films.

Il y a ensuite une autre scène dans un bar où l’on arrive à déterminer la force de Diana, mais où l’on peut aussi apercevoir l’acteur Saïd Taghmaoui de dos.
Quand on voit cette scène au ralenti, on assiste également à un fondu, un effet miroir  entre le pauvre homme se faisant étaler par Diana, et une posture de l’amazone dans le plan suivant correspondant à l’une de ses acrobaties. Tout ça va très vite, c’est pas forcément facile à déceler.

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Vient le moment de la jubilation, l’utilisation du fameux lasso, instrumentalisé ici de façon aussi iconique que le bouclier de Captain America. Je ne reviendrai pas sur la symbolique du lasso de vérité utilisé par Marston. Son aspect doré, étincellent, lumineux, représente une lueur d’espoir et de vérité au milieu de tout ce chaos.

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Entre moultes scènes d’action qui vont se juxtaposer dans les secondes suivantes, l’échange entre Steve et Diana ressort indubitablement. Dans ce qui semble être le fameux bal, lorsque l’aviateur lui dit « Ne faites pas ça », elle lui répond « Je fais ce que je veux » (ou plutôt, « Ce que je fais n’est pas de ton ressort », la traduction française a enlevé le côté féministe du dialogue, et ça aussi, c’est quand même assez dommage…).

De l’action, encore de l’action, pour en arriver à une autre scène des plus intéressantes où un soldat pulvérise son fusil sur les hanches de Wonder Woman, la guerre se broie littéralement au contact de son statut de femme de Paix. Détail également à relever qui plus est, dans cette BA Diana ne tue pas, et c’est surement quelque chose d’important à suivre.

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C’est ainsi qu’à la fin de ce montage des plus épiques, l’assortiment de guitares et de percussions refait surface ne laissant plus aucun doute : Is she with you ? est bel et bien le thème officiel de Wonder Woman. Pas glop.

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Cette bande annonce était déjà très satisfaisante, mais le coup de grâce survient avec l’arrivée d’Etta Candy qui amène un vent de fraîcheur dans toute cette frénésie belliqueuse, et permet malicieusement d’introduire (comme je me l’imaginais) la rhétorique féministe provenant de l’oeuvre de Willian Moulton Marston. Le « What is a secretary » est devenu en une semaine un meme à lui tout seul, une preuve que ce trailer a été appréhendé de manière très positive pour les bonnes raisons.

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La bande annonce de Wonder Woman est donc ce moment surréaliste où l’on se rend compte de manière concrète que cette héroïne tant attendue (avec tout ce qu’elle peut représenter quelque soient les générations) viendra libérer son lasso dans un peu moins d’un an.
Mise à part la bouche d’ornithorynque que Chris Pine, regarder cette bande annonce est comme déguster un bon caramel au beurre salé, ou ingurgiter n’importe quoi à partir du moment où il y a de la cannelle dedans. C’est mortel, on en croit pas ses papilles et surtout, on en redemande, il n’y aura de toute manière pas d’indigestion possible.

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9 Commentaires

Classé dans Movie of the day

9 réponses à “All the world is waiting for you

  1. J ‘ ai fait un peu le même constat sur mon blog . WW va tous massacrée devant elle et nous faire oublié les Thor et Gal Gadot est Diana Prince point .

  2. Mouais, ça m’a pas l’air trop mal ce futur WW mais j’ai bien peur que ce film, comme la plupart des films de super-héros sortis dernièrement, va avoir son lot d’incohérences grosses comme la Tour Eiffel et qu’un certain OC va se faire plaisir à nous faire un spoiler du film de derrière les fagots ^^

  3. Jérémie D

    Katchoo, il faut vraiment que tu arrêtes avec ce bashing anti BvS, je comprends qu’en tant que fan de Wonder Woman on puisse trouver particulièrement frustrant de voir en permanence ce personnage dans l’ombre des deux autres piliers de DC (alors que logiquement en tant qu’icône elle devrait prendre autant de place), mais ce n’est pas une raison pour descendre ce film comme tu l’as fait en ne voyant que ce que tu voulais y voir. Je pense franchement en ayant lu ta critique à l’époque que tu n’es pas allé voir ce film dans le bon état d’esprit. Pour ma part j’ai vu un très bon film, avec des thèmes abordés intéressants, une réalisation originale, une très belle photographie et des acteurs principaux incarnant à la perfection leurs personnages respectifs, bref WW était loin d’être le seul point positif du film.
    Du reste j’espère que Wonder Woman sera un bon métrage, quand je vais voir un film, j’y vais toujours pour passer un bon moment. Mais si dans un an tu devais t’apercevoir que le film n’est pas aussi bien qu’attendu (parce qu’on ne peut jamais juger sur une Bande annonce), j’espère juste que tu auras l’honnêteté de le reconnaître, parce qu’à lire ta chronique du jour on dirait que tu t’ais déjà fait une idée définitive.
    Bonne journée

    • Bonne journée à toi !

      • Jérémie D

        Si on peut même plus discuter…

      • Ben il n’y a pas grand chose à discuter surtout ! Tu as aimé ce film (et sincèrement au prix des places actuellement, je suis ravie pour toi, moi par contre j’ai perdu et mon temps et mon argent). moi non, mais absolument pas pour les raisons que tu me fais dire. ça n’a rien à voir avec la sous représentation de WW. Je savais pertinemment que je ne la verrais pas beaucoup. Et quand bien même juger un film sur ce détail relèverai de la maturité d’une gamine capricieuse de 12 ans.
        J’ai déjà fait une critique du film, je vais pas y revenir….
        Et si je n’étais pas dans le bon état d’esprit, (j’aimerai savoir d’ailleurs dans quel état d’esprit j’aurai dû être d’après toi) qu’en est-il des innombrables spectateurs qui ne l’ont pas aimé non plus ?
        Ensuite penser que je suis capable de projeter de la qualité d’un film uniquement à partir de sa bande annonce, c’est m’octroyer des super pouvoirs que je n’ai pas… Je ne faisais que décrypter cette BA et juste souligner les points qui m’ont plu.
        Si ce film est un étron infâme, je serai la première à le dire, en toute honnêteté, tu peux me faire confiance là dessus !.

      • Jérémie D

        Dans ta critique tu disais qu’avant d’être entrée dans la salle tu t’es dis  » j’ai peur « , mais de quoi ? C’est qu’un film… Peut-être que trop d’appréhension ou d’attente n’aide pas à se mettre dans les meilleures conditions pour passer un bon moment, c’est juste ça que je voulais dire. Et probablement que pour beaucoup de gens, il y a eu trop d’attente sur ce film. Dans tous les cas, on ne peut pas nier que les critiques sur ce film ont pris de trop grandes proportions, il faut relativiser un peu tout ça même si on est fondu de comics (et j’en suis aussi), tu ne crois pas ?
        Bon après ça j’arrête de t’embêter, c’est juste que je trouve dommage de tout jeter dans ce film, ou en tout cas il faut au moins laisser une chance à la version longue qui apparemment corrige pas mal de défauts par rapport à la version ciné.
        Je te souhaite une bonne continuation, en espérant te croiser un jour à la Comic’Gone.

      • Ce sera avec grand plaisir, que ce soit là bas ou ailleurs 🙂

      • Jérémie D

        Je suis de Lyon donc ce sera plutôt là-bas 🙂 Je n’ai pas trop l’occasion de faire d’autres festivals.

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