Lady Mechanika : la review de Julien Lordinator


Rapide review  : Lady Mechanika Tome 1

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Lady Mechanika c’est un peu la série dont on parle beaucoup et qu’on encense sans que personne ne l’ai vraiment lu… C’est une série qui a réussi à faire le buzz à grand renfort de couvertures alternatives, de mini sketchbooks et de visuels percutants et surtout par sa rareté, chaque numéro étant tellement attendu et espacé dans le temps que leurs sorties sont une sorte de mini événement dans le microcosme des fans de comics. Mais bien loin de son buzz, qu’est-ce qu’elle vaut vraiment cette série ? A l’occasion de sa publication il y a quelques mois chez Glénat Comics, j’ai eu l’occasion de me faire mon avis, que je vais vous soumettre de suite.

5Lady Mechanika, c’est le bébé de Joe Benitez, dessinateur surdoué issue des studios Top Cow. Il livre d’ailleurs ses premiers travaux chez cet éditeur : Tout d’abord avec sa propre série, Weapon Zero (une série à héros cybernétiques typique des années 90) puis sur les séries The Darkness, Magdalena, Wraithborn et plusieurs crossovers, toujours chez Top Cow. Le style de dessin de Benitez est vif et détaillé, le dessinateur ayant d’ailleurs la réputation d’être un artiste assez lent pour livrer ses planches mais en général et en tant qu’admirateur de l’artiste, je peux vous assurer que l’attente en vaut généralement le coup.
Lady Mechanika ne déroge pas à la règle, le premier numéro fut publié en août 2010 et le dernier en mars 2015… 5 ans pour 5 numéros (plus un numéro 0 servant de prologue), autant dire que si on est fan de cette série, il vaut mieux ne pas être pressé…
Glénat nous propose donc en un volume le numéro 0 ainsi que les trois premiers numéros de la série principale, avec en bonus une galerie de couvertures alternatives.

In this mechanical world made of mechanical feelings
Where mechanical brains are living mechanical lives
Are your hearts beating in this dirty paradise ?

Markize – Mechanical Hearts (Extrait de l’album A Perfect Lie, 2012) (1)

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Le prologue nous montre la chasse d’une créature dans les rues d’une ville d’aspect victorien en version Steampunk. Chassée à la fois par des excités de la gâchette et par notre héroïne, la pauvre créature va finalement tomber sur Mechanika, est-ce un bien ou un mal ? A vous de le constater en lisant le bouquin.
L’histoire commence vraiment dans le chapitre suivant, après un court prologue montrant (encore) la traque d’une fillette aux mains mécaniques, on découvre Lady Mechanika, une jeune femme aux bras mécaniques, protectrice de la ville de… Mechanika.
Amnésique, la jeune femme est à la recherche de son passé et il semble que la compagnie d’armement Blackpool, qui a la main basse sur l’économie de la ville, y soit inévitablement liée. Commence pour notre héroïne une enquête pleine d’action et de rebondissements.

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Autant venir directement au fait, Lady Mechanika, visuellement, c’est une véritable claque : Chaque planche est prompte à vous décoller la rétine par sa beauté. Détaillés sans être trop chargés, les dessins de Benitez sont d’une beauté à couper le souffle. C’est même très certainement ce que j’ai vu de plus beau en comics depuis un sacré moment. On retrouve avec plaisir l’esprit visuel de la grande époque des comics Top Cow des années 90 et ses pages somptueuses.
Rien à redire donc niveau dessin, c’est un boulot admirable de la part de Benitez et l’attente en valait véritablement la peine.

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Par contre niveau scénario, là, je suis plus réservé… Je peux en gros reprocher à Lady Mechanika ce que je reprochais au relaunch de Ghost, également publié chez Glénat Comics : Un scénario basé sur des grosses ficelles, déjà usées sur des dizaines d’autres récits. Dans Lady Mechanika, on a encore une fois la présence de l’héroïne amnésique à la recherche de son passé, de l’assistant qui sert de comique relief, du chef d’entreprise machiavélique, de la tueuse sadique au service du méchant et du  personnage secondaire amoureux de l’héroïne qui va malgré lui se retrouver embringué dans l’histoire… Très franchement, en tant que fan de la période Bad Girls, des récits reposant sur ces bases, j’en ai lu des dizaines et j’ai du mal à croire que les scénaristes aient si peu d’imagination pour se renouveler.
Après, ceux qui n’ont pas connu la période des Bad Girls, dans le fond ça ne les dérangera peut être pas, mais moi je ne peux pas faire comme si je n’avais jamais lu ce genre de récit.

Avant de conclure, un mot sur l’édition française et encore une fois Glénat Comics nous livre un travail exemplaire, que se soit au niveau de l’édition (un hardcover irréprochable agrémenté de bonus) que de la traduction, parfaitement maîtrisée, d’un langage du début du siècle dernier très adapté au ton du récit. Comme à l’habitude, le travail de cet éditeur force le respect.

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Donc pour finir, Lady Mechanika, est-ce que ça vaut le coup ? Malgré quelques réserves, je dirais quand même oui, principalement pour son coté visuel qui, et c’est un peu dommage de le dire, représente le plus grand intérêt de cette série. Néanmoins, je garde une réserve, on a là que les trois premiers numéros de la série et j’espère être surpris par la suite.

1 :

 

2 Commentaires

Classé dans Comic of the day

2 réponses à “Lady Mechanika : la review de Julien Lordinator

  1. Belziane

    Concernant l’édition de glénat… j’ai l’impression que d’ici novembre ça va gueuler sec sur le coup du numéro en deux livre puis 2 semaines après une version avec tout dedans…

    Sinon j’ai bien aimé le livre, mais vraiment sur le travail de Benitez. J’avoue que c’est un livre que j’ai prit pour le dessinateur. C’est dans la famille des bouquins qui sont moyen , sans plus mais juste pour le dessinateur… (Spider-man/wolvie madueira, Superman pour Demain, etc… )

    J’attends le Tome 2 maintenant pour voir la fin, mais en tout cas niveau dessin, c’est du beau boulot et ce qu’on a sur la couve, on l’a dans les pages…(pas comme Zenescope…)

    Merci pour la review

    • Julien Lordinator

      Pas de quoi !
      Et comme tu le dit, ce genre de bouquin ont les prends surtout pour les dessinateurs, pas pour le récit, ce qui est un peu dommage du coup…

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