L’hymne à la joie


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I’m back bitches !
Et pour « célébrer » mon retour, quoi de plus logique que de vous parler de ce début de seconde saison de Supergirl et de la tournure positivement pro-LGBT que cette série a volontairement décidé d’épouser, de prendre à bras-le corps même, et cela dans un contexte mondialo-social (un quoi ?) des plus anxiogènes, c’est une certitude, Kara Zor-El est bel et bien là pour nous sauver, une fois de plus.

A vrai dire, on peut parler ici dès le départ d’une série ouvertement pro-LGBT, il suffisait en effet de savoir lire entre les lignes pour comprendre que celle-ci s’avérait être un petit trésor de rendez-vous hebdomadaires pour toute une communauté, sans évidemment s’imposer comme tel, la première saison se voulant être universelle, fédératrice, et réunissant toutes les catégories de téléspectateurs sous le même Symbole, car le S n’est pas un S, il signifie juste « Stronger Together » (qui fut justement le slogan de campagne d’Hillary Clinton pour les élections présidentielles américaines … comme quoi !).
Certes, la chaîne originelle (CBS) où elle était diffusée l’année dernière ne se serait sans doute jamais permis une telle ouverture d’esprit, sauf peut-être au bout de 10 saisons qui de toute façon n’auraient jamais vu le jour. Mais ici le fait est que le passage sur CW est un bonus indéniable pour ce programme (même si il touchera beaucoup moins de téléspectateurs sur le continent américain) et sa répercussion auprès d’une fanbase LGBT toujours avide de programmes positifs de cet acabit.
Greg Berlanti et Ali Alder, les deux créateurs de la série sont réciproquement gay et lesbienne. En d’autres termes, what else ?

Comme je l’espérais il y a de cela quelques mois, grâce au transfert de la série de CBS vers CW, celle-ci a gagné en maturité sans perdre de son optimiste. Il suffit juste de voir comment le personnage de Superman est traité par exemple en début de saison, c’est un vrai bonheur de le voir évoluer auprès de sa cousine, de les voir ensemble prendre du plaisir à sauver des vies, il n’y a pas plus positif comme message et l’on est à des années lumière de l’imagerie Darko-Krypto-Christique de Zack Snyder à laquelle je n’adhère toujours pas.
Le format TV a ses limites notamment en terme d’effets spéciaux, c’est un fait, mais pour moi cela fonctionne la plupart du temps, parfois même mieux que sur le précédent network et son budget confortable. Comme quoi…
Il faut dire que mercato télévisuel concernant Supergirl a eu quelques conséquences en terme de restrictions budgétaires comme le départ de Calista Flockhart qui reviendra certainement mettre son grain de sel dans un futur plus ou moins proche, ainsi que la gestion des effets spéciaux, et c’est précisément dans ce domaine que cette seconde saison devient des plus intéressantes, car qui dit moins de SFX dit forcément plus de Drama, et d’interaction avec les personnages.

Avouons-le, le gros handicap de la première saison de Supergirl était sa propension à sombrer dans la mièvrerie avec son triangle amoureux entre Kara, Jimmy, et Winn daté des années 60, tiens, on se croyait même lire un comics issu de cette époque, il manquait plus que Comet faire une apparition le temps d’un épisode et la coupe était pleine…
Avec ce mercato est apparue une nouvelle dynamique, un développement scénaristique auprès des nombreux personnages secondaires de la série, à commencer par le Martian Manhunter et celle qu’on appelle Miss Martian, de la collaboration entre Winn et Jimmy en mode Vigilante, et bien sûr de la sœur adoptive de Kara, Alex Danvers, et de sa rencontre avec une certaine Maggie Sawyer, Maggie, elle est juste open bar ici depuis des années

Fichtre ! Mais par où commencer ?
Et bien déjà que Maggie Sawyer ici n’est pas véritablement Maggie Sawyer. Il s’agit de notre Renee. Renee Montoya. On a beau dire on a beau faire, quand on connait les deux personnages sur le bout des doigts (oui bon ça va…), on ne peut éviter de penser que la comédienne Floriana Lima aurait pu incarner magistralement le rôle de Renee. Sauf que Renee, et bien elle a été v****e (je n’aime pas ce terme) scénaristiquement par l’équipe de la série Gotham sur une chaîne concurrente, donc…
Donc du coup on se retrouve avec une Maggie Montoya, ou une Renee Sawyer, en me relisant je trouve que Maggie Montoya c’est plutôt cool, on va rester comme ça.

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Maggie elle est flic à National City et elle est totalement Badass. Elle est ouvertement lesbienne et elle rentre dans le lard de tout le monde.
Ce personnage est POSITIF car elle S’ASSUME complètement et envoie plein des messages, des signaux balistiques pour des générations à venir. Dans la série elle symbolise l’affirmation, la sérénité de faire partie d’une telle communauté, et le message lancé à Alex est sans équivoque : It gets better, encore faut-il se lancer.

En vérité il serait légitime de penser que l’homosexualité d’Alex arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, elle qui jouait au chat et à la souris avec Maxwell Lord pendant une partie de la première saison. Mais la série aborde justement de façon très subtile un sujet qui n’a que trop rarement été traité à la télévision, celui du coming-out personnel, car avant de l’avouer aux autres, encore faut arriver à se l’avouer à soi-même.
Car il n’existe pas de coming-out unique ou pré-établi. Si vous interrogez un LGBT sur son expérience personnelle, vous aurez à chaque fois une version différente. De plus, il n’est absolument pas rare de voir un homosexuel se découvrir, je dirais, sur le tard, même après avoir fondé une famille hétérosexuelle. Le cas d’Alex est intéressant car il montre une femme âgée d’une trentaine d’années qui commence à peine à se découvrir alors qu’en général cette thématique est abordée avec des personnages beaucoup plus jeunes.

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De plus, on a beau être dans une série de super héros, on aura rarement vu un tel sujet abordé avec autant de réalisme et de justesse. La scène où Alex dit à Maggie qu’elle a peut-être raison à son sujet sans employer le mot gay ou lesbienne, parce qu’elle est encore dans le déni, son coming out auprès de Kara qui se fait dans la douleur, l’ascenseur émotionnel du personnage qui passe de l’euphorie d’être enfin soi-même à l’effondrement le plus total suite à une déception amoureuse, sans parler du second coming out, cette fois-ci auprès de sa mère qui ne se fait pas non plus avec le sourire… A part ce dernier exemple qui se trouve dans un autre épisode, le 6ème écrit par Berlanti (qui je le rappelle, est gay) est un florilège de situations qui font écho au vécu de nombreux LGBT et au combat qu’ils mènent dans leur quotidien, au sein de leur famille, leurs amis, leur travail.
En plus de nous divertir cette série est également là pour nous donner un peu de baume au cœur dans un contexte particulièrement sombre et un avenir incertain pour nos acquis.

Tout comme la truculente série Wynonna Earp, Supergirl impose désormais une très belle représentation queer dans son cast principal, et qu’est-ce que ça fait du bien bordel !

Mais la relation Alex/Maggie n’est pas la seule raison qui pousse des hordes de lesbiennes à se ruer devant leur poste de télévision le lundi soir (ça me rappelle la belle époque où un silence religieux se posait dans les bars lesbiens qui diffusaient Xena). Il existe un autre duo qui suscite bien des émois parmi les accros de Tumblr et adeptes des fan fictions (les fanfic, c’est la vie !) : celui de Kara et Lena, la sœur adoptive de Lex Luthor. Le comportement de Lena envers notre héroïne est parfois assez troublant il faut le dire, exhortant une partie des internets (dont je fais partie) à concevoir l’impensable.

Alors si l’on doit trouver de véritables défauts à cette série, c’est du côté des garçons qui faudra se pencher, les personnages masculins (sauf le Martian Manhunter) étant particulièrement mal écrits, et le comble, c’est que c’est justement eux qui apportent l’aspect cul cul de la série qui fait tant rager les rageux. Non mais balancez-moi Jimmy Olsen et Mon-El sur ce qui reste de Krypton et qu’on en parle plus !

Supergirl reste donc une série très chère à mon petit cœur pour des raisons encore plus évidentes quelles ne l’étaient déjà, et j’envie actuellement toutes les petites et jeunes filles qui découvrent et qui suivent ce merveilleux programme. Plus jeune, il est clair que j’aurais beaucoup aimé voir une telle série, et je suis convaincue que cela m’aurait aidé à plus d’un titre. Quoiqu’il en soit et au vue des réactions de la part des spectateurs LGBT, Supergirl fait partie des plus belles et heureuses surprises de cette année pourtant bien douloureuse à notre égard. Quoi de plus normal pour notre Maiden of Might ?

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7 Commentaires

Classé dans TV show of the day

7 réponses à “L’hymne à la joie

  1. Je suis tellement d’accord avec toi ! Cette seconde saison dépasse mes espérances ! Et son traitement LGBT est génial. Hâte d’en voir plus.

  2. Clairement, la storyline d’Alex est somptueuse et tellement bien écrite (et jouée). La scène entre Alex et sa mère, ralala…
    Mais alors si on pouvait virer les mecs de la série, pitié !! Ils sont tellement inintéressants !

  3. Belziane

    Ce que j’aime surtout avec la saison 2 par rapport à la saison 1 c’est moins de girl power et plus de power. J’en avais marre après quelque épisode l’entendre se plaindre d’être une femme et qu’on se moque d’elle pour ça…
    Après saison pro-LGBT, oui même si je pense que ça reste universelle. Je suis hétéro et pourtant j’ai été touché par le coming out d’alex (même si j’adore le fait qu’elle trouve bizarre l’homoséxualité qui n’est pas normal alors qu’elle vit avec une extra terrestre comme quoi )
    Pour les persos masculins, je pense que c’est l’équivalent des persos féminin chez flash et arrow, le perso secondaire du sexe opposé sont …. moyen (voir felicity dans la même navette que Mon-El je veux bien)

    Sinon y’a aussi DC legend avec white canary, même si couché avec la reine anne d’autriche dans un décors californien, je ne suis pas fan.

    • J’adore Legends of Tomorrow. J’adore cette série au même titre que Wynonna Earp, parce qu’elle ne se prend pas au sérieux pour un sou et que ses personnages sont hyper attachant. Et je crois que plus il y a d’invraisemblance (Legends) et de cabotinage de la part des acteurs (WE), plus je prends un certain plaisir coupable et assumé de les regarder.

  4. Du coup, peut-on regarder directement la saison 2 ? Ou faut-il passer par la saison 1 obligatoirement ?
    Parce que ça me motive moyen du coup :p

  5. Merci. Dans la S1 je voyais Kara avoir beaucoup plus d’alchimie avec Cat Grant que avec les persos masculins. Et surtout Supergirl avait beaucoup d’alchimie avec Cat. (Même si Cat avait deviné que c’était la même personne).

    Maintenant, je trouve que Kara et Léna iraient (aussi) bien ensemble.

    D’ailleurs les auteurices de fanfic semblent statistiquement préférer Kara / Léna et Kara / Cat à toutes les relations hétéro de Kara.

    Je veux pas trop espérer car deux couples lesbiens centraux ça ferait « beaucoup » et donc il y a pas des chances énormes mais si ils le font ça serait trop cool

    Concernant Alex et son coming-in, rien à ajouter. La série était très juste et respectueuse sur ce point, en effet rarement abordé de près.

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