Pour 49 battements de coeur


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« Superman and I have spent our lives trying to better our adopted world… Helping those who need it… Trying to inspire hope in those who don’t have any.
But sometimes… sometimes…
…sometimes we’re too late.
Sometimes our friends and families and neighbours suffer… and my heart breaks.
I wish I could fix this… I wish I could spin the world backwards and make this all go away… I wish I could save everyone.
This world is so, so beautiful
… Why would anyone want to hurt it ?
Why ? »

Extrait de WHY, page consacrée à Supergirl, écrite par Sterling Gates et dessinée par Matt Clark.

Beaucoup d’entre nous se souviendront toujours où nous étions et ce que nous faisions le 12 juin 2016, lorsque nous avons appris pour le Pulse.
Moi j’accompagnais mon Sidekick dans notre cinéma de quartier (celui où j’ai été bénévole pendant des années) voir TMNT 2. Il était à peu près 18h et en attendant que la séance démarre, je flânais sur Facebook, puis j’ai su. J’ai ressenti immédiatement une immense colère, à tel point que le Sidekick m’a demandé ce qui n’allait pas. Je lui ai alors montré l’article que j’avais sous la main, et après l’avoir lu il m’a posé cette question si juste : Mais comment on peut tuer des gens pour ça ?

De la colère d’un côté, de l’incrédulité de l’autre, rajouté à cela un gouffre sans fond de tristesse, de désespoir, de renoncement. La tuerie du Pulse a dévasté bien plus que 49 vies, leurs familles, leurs amis. Toutes ces balles ont ricoché d’une certaine manière sur nos vies à nous. Moi même, je n’ai pas eu le courage d’écrire pendant un moment.
Puis vient le temps de se redresser. Parce que même si cette tragédie est la plus violente et  la plus radicale que l’on ai pu voir ces dernières années, elle est loin d’être la première. Elle ne sera pas la dernière non plus. Et c’est bien d’ailleurs pour cela que nous manifestons chaque année au mois de juin justement. Parce que même si l’on nous frappe, même si l’on nous tue, nous sommes et resterons fiers d’être ce que nous sommes, pour toujours.

La couverture de Love is Love dessinée par Elsa Charretier exprime bien cette idée. On peut y voir le début de cortège d’une Gay Pride, où Thémis, déesse de la Justice brandit le drapeau gay d’une main et accompagne la future génération de l’autre. Derrière elle, c’est toute la diversité des LGBT qui est représentée : Queer, Bear, Trans, Camp, Butch, des jeunes, des moins jeunes, et des couleurs de peau aussi diverses que l’arc en ciel qui nous symbolise.

Love is Love, c’est l’hommage et le message d’amour que le scénariste Marc Andreyko a voulu offrir non seulement aux victimes du Pulse mais également à toute une communauté. Réunissant d’innombrables artistes et scénaristes de l’industrie (311 au total), cette anthologie recèle de véritables trésors graphiques qui pour la plupart ne font qu’une ou deux pages.
Les éditeurs partenaires étant IDW, DC Comics et Archie Comics (on regrette évidemment l’absence de Marvel, mais des auteurs phares de l’éditeur y sont tout de même présents), on retrouve bien évidemment les grandes figures de ces trois maisons, quelles soient LGBT ou non. D’un autre côté, on trouve également des histoires où les super héros sont absents, l’émotion est alors à son comble la plupart du temps.

Car pour lire cet ouvrage dans sont intégralité, il m’aura fallu le faire en plusieurs séances tant son contenu est chargé et puissant émotionnellement à bien des égards. On ne peut effectivement sortir indemne d’une telle lecture, et ce, que l’on fasse partie de la communauté LGBT ou non, car tout le monde peut se reconnaître dans cette tragédie.

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La préface de Patty Jenkins (réalisatrice de Monster et Wonder Woman) résume parfaitement bien le contenu de Love is Love : sans amour et sans compassion, notre société n’engendrera que des victimes. Mais grâce à des personnes de bonne volonté, des bénévoles dans des centres d’accueil, des artistes qui répondent à l’appel, la violence et la haine s’éteindront un jour, peut être…

Le contenu de cette anthologie n’est ensuite pour moi ni plus ni moins qu’une succession de merveilles, dont certaines ont été façonnées par des artistes que j’ai eu la chance inouïe de rencontrer lors des nombreux festivals que j’ai pu écumer toutes ces années. Ici et maintenant je peux le dire, ces artistes là, ce sont eux mes super héros et je ne les remercierai jamais assez d’avoir participé à ce livre.
Car Love is Love fait en effet désormais partie de ces grandes œuvres qui ont réuni parmi les plus grands artistes dans un projet caritatif, comme AARGH et 9-11 à leur époque.

Dans Love is Love on pleure beaucoup, on rit parfois, mais surtout on danse. On danse comme tous ceux qui étaient au Pulse ce soir là, parce danser c’est vivre, s’amuser et aimer qui l’on veut, c’est rentrer chez soi safe et remettre ça le week-end suivant. 49 personnes ne sont pas rentrées chez elles ce soir là, mais nous on continuera de danser pour eux.

Les bénéfices de Love is Love sont intégralement redistribués à  l’organisation Equality Florida et son fond d’aide aux victimes de la fusillade du Pulse, ainsi que leurs familles.

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2 Commentaires

Classé dans Comic of the day

2 réponses à “Pour 49 battements de coeur

  1. Il est déjà plus dispo 😦

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