Wonder Woman : La critique de Julien Lordinator


Wonder Woman  : Retour en grâce d’une icône

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[Note de la Katchoo : Comme indiqué plus haut, il s’agit de la review du film par notre ami Julien Lordinator, la mienne arrivera dès que je l’aurai vu !]

Figure emblématique de l’univers DC, pour de nombreux lecteurs de comics, Wonder Woman est bien plus qu’un simple personnage de fiction : C’est un symbole et à l’image de son homologue masculin Superman, elle représente des valeurs et des idées chers dans le cœur de ses fans (dont je fais partie).
Même si dans les comics cet aspect du personnage a de nombreuses fois été mis en avant, à contrario des autres membres de la trinité DC Comics que sont Superman et Batman, la fière et farouche amazone n’avait pas encore eu les honneurs d’une adaptation en film live (1). Lourde tache donc pour la réalisatrice Patty Jenkins et l’actrice Gal Gadot de lui offrir son premier voyage vers le grand écran et de donner aux fans et au grand public une interprétation crédible du personnage.
C’est conquis, satisfait et le sourire aux lèvres que je suis ressorti de la salle de cinéma, lecteur de Wonder Woman depuis aujourd’hui une vingtaine d’années, j’avais enfin « mon » film, ou plutôt Wonder Woman et ses fans ont enfin LEUR film.

This is who we are
This is what we’ve got
No, this is not our Paradise
But it’s all we want,
And all that we’re fighting for
Though it’s not paradise

Within Temptation & Tarja Turunen – Paradise (What About Us ?), extrait de l’album Hydra (2014) (2)

Diana est une fillette énergique, souriante et espiègle vivant sur Thémiscyra, l’île des amazones de la mythologie grecque. Fascinée par ses consœurs, Diana rêve chaque jour, comme elles, de pouvoir s’entraîner au combat afin de devenir une grande guerrière, entraînement que lui refuse Hippolyte, sa mère et chef des amazones. Mais ce n’est pas le cas d’Antiope, la plus grande guerrière de Thémiscyra qui voit en Diana un plus grand potentiel que celui que semble voir en elle sa mère et commence à l’entraîner en secret.
Les années passent et Diana devient jour après jour une grande guerrière et commence même à développer des talents jusque là jamais vus chez les amazones, c’est à la suite d’un de ces entraînements qu’elle aperçoit un avion s’écrasant sur les plages paradisiaque de son île, suivi par une horde de soldats surarmés.
Après un combat féroce opposant les amazones et les soldats, le pilote de l’avion écrasé explique que le monde extérieur est en proie à une guerre mondiale jamais vue jusque là.

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Pour Diana ça ne fait aucun doute, le responsable est Arès, le Dieu de la Guerre et ennemi juré des amazones et il est du devoir de son peuple de se lancer elles aussi dans ce conflit. Réponse négative de la part d’Hippolyte, qui juge que les combats des hommes ne les concerne pas.
Seulement Steve Trevor, le pilote qui s’est écrasé, a en ça possession le carnet de recherche du Docteur Maru (surnommée le Docteur Poison), une scientifique espagnole travaillant pour le compte du général allemand Erich Ludendorff : Le Docteur Maru a mis au point un gaz terrible qui, bien que la signature de l’armistice soit très proche, pourrait changer le cours de la guerre.
Contre l’avis de sa mère, Diana décide de raccompagner Steve Trevor dans le monde des hommes afin qu’il remette ce carnet à ses supérieurs, lui permettant également de régler son compte à Arès afin de mettre fin à ce conflit sanglant.
Entre découvertes, désillusions et épreuves, c’est un véritable voyage initiatique qui commence pour la jeune amazone.

Le choix a donc été fait de placer l’action du film durant la première guerre mondiale et même si ce choix ne fera pas l’unanimité, il est le centre du film et sert énormément son histoire et son ambiance.
Ce choix permet déjà de créer une scission entre le monde des amazones et celui des hommes : On passe donc d’un univers paradisiaque et lumineux à un monde sombre et gris, justifiant donc (pour une fois) l’aspect limite monochromal des productions DC Comics au cinéma. Certains pesteront probablement encore sur ce choix, mais dans le cas de Wonder Woman il est parfaitement justifié et sert l’histoire de façon admirable. De plus le film garde cet aspect et sa logique artistique tout du long, lui donnant un aspect sobre et logique remarquable là où d’autres productions oscillent constamment entre des choix visuels parfois hasardeux.

NIGHTINGALE

Autre point fort du film, c’est son actrice principale : Contestée dès les premières images, voire moquée, Gal Gadot avait partiellement rassurée après son apparition dans Batman V Superman, L’Aube de la Justice mais une simple apparition ne fait pas un personnage (sinon Stan Lee serait le plus grand acteur de tout les temps), et tout restait encore à prouver pour la jeune actrice israélienne. Époustouflante, magistrale, Gal Gadot est sans conteste une Wonder Woman d’exception et tord le cou à tout ses détracteurs : A la fois redoutable, touchante, naïve, lucide et drôle, elle campe un personnage aux multiples facettes, aussi complet qu’attachant, qui se remet en question et dont on assiste à l’évolution.
C’est d’ailleurs une des constantes du film : L’évolution du personnage se fait sous le regard du spectateur, Diana, jeune femme naïve et pleine d’idéaux doit au fur et à mesure se remettre en question au gré de ses découvertes, tout n’est pas tout blanc ou noir et à l’image du monde des hommes tel qu’il est caractérisé dans le film, les nuances de gris sont bien présentes et dominante.
Malgré cela, Diana continue de croire en ses idéaux et reste malgré les épreuves et les horreurs qu’elle traverse un personnage positif, véhiculant des valeurs et un état d’esprit humaniste particulièrement touchant : Le scénariste Allan Heinberg et la réalisatrice Patty Jenkins ont donc parfaitement saisis les constantes du personnage, un tour de force visible à l’écran qui donne au personnage une envergure jamais vu jusqu’ici.
Les autres personnages ne sont pas en reste, tout particulièrement Steve Trevor et sa relation avec la jeune amazone : Sans jamais tombéer dans le pathos ou les lieux communs, la relation entre les deux personnages se construit au fur et à mesure du film, s’entrechoque, tout en restant crédible et touchante. Chris Pine livre une interprétation sans faille d’un Steve Trevor courageux et humainement réaliste, qui malgré les horreurs de la guerre continue de croire en ses idées, un parfait contre-pied à la mentalité naïve de Diana.
Le film est également criblé de seconds rôles savoureux, la pétillante Etta Candy ou les membres du commando de Steve Trevor sont des personnages double, à l’image du débonnaire tireur d’élite écossais, dissimulant derrière cet aspect un traumatisme bien plus grand. Là encore largement contesté lors de son annonce, force et de reconnaître que le choix de Danny Huston pour le méchant de service se révèle être un choix audacieux et payant, l’acteur campant un général allemand froid et impitoyable particulièrement glaçant. Notons la présence du français Saïd Taghmaoui au casting, qui après son apparition dans le reboot (raté) de Conan, GI Joe et Infiltrator continue mine de rien de se frayer un chemin discret dans les grosses productions américaines.

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Car il ne faut pas l’oublier, on reste dans un blockbuster américain et les amateurs de grand spectacle n’ont pas été oublié : Les scènes d’action sont bien présentes dans le film et sont d’une efficacité redoutable. Dans sa première partie, on assiste aux impressionnants entraînements des amazones, tout en grâce et en acrobaties, faisant limite penser à de la danse et dans sa seconde partie aux affrontements crus et violent de la première guerre mondiale, là encore la scission est brutale et même dans ces scènes d’action, la différence entre les deux mondes est visible.
La sauvagerie et la fougue de l’amazone s’en ressent durant ses affrontements avec les troupes allemandes, spectaculaire, à couper le souffle, les scènes de combat font partie des plus impressionnantes que j’ai pu voir dans un film de ce genre (de mémoire, pour voir des scènes semblables il faut que je remonte aux deux premiers Captain America, celles de Wonder Woman leur étant quand même supérieur en terme de dynamique et de mise en scène). Diana est réellement impressionnante durant ces combats, contrastant avec son état d’esprit humaniste et naïf : Une véritable amazone.

Malgré toutes les louanges ci-dessus, je dois tout de même admettre que le film souffre de quelques défauts. Le premier est la densité de son histoire, mais c’est un défaut somme toute assez relatif puisque seul le lecteur de comics pourra lui reprocher : Wonder Woman est un personnage complexe, à l’histoire longue et j’avoue que j’aurais voulu en savoir plus sur ses origines mais je reconnais que l’on est dans un film et que cela aurait probablement occupé une grande partie du métrage. Néanmoins, j’avoue avoir été déçu de ne pas avoir eu de scène emblématique de son histoire, notamment le « concours » des amazones pour savoir qui raccompagnerait Steve Trevor, scène que j’aurais voulu et espérais voir dans le film. Mais je le répète, on est dans un film et malgré ces deux heures dix, il fallait aller à l’essentiel.
Autre gros point critiquable du film, c’est son dernier acte.
Fouillis, limite bordélique, on sent une volonté de conclure et c’est particulièrement flagrant, voir trop flagrant : Tout est bouclé à grand renfort d’explosions en un temps record, laissant un peu le spectateur comme deux ronds de flan devant ce déluge de révélations, de coup de théâtre, de combats et d’explosions calés dans une fenêtre temporelle aussi courte. J’aurais sincèrement apprécié une conclusion plus fragmentée, longue et du coup plus claire que ce maelstrom limite indigeste qu’est le dernier acte du film.
Même si il reste crédible, alors que le film prend tout son temps dans ces trois premiers actes, le final est trop rapide et expédié et contraste assez singulièrement avec le reste du film.
Dommage.

Entre sobriété, humanisme, grand spectacle et réalisme, le film est un quasi sans faute et rend enfin justice à un personnage que le grand public avait figé depuis trop longtemps dans l’image d’une série télévisée rétro-kitsch des années soixante-dix. Son positionnement temporel durant la première guerre mondiale, l’une des périodes les plus noires de l’histoire humaine, dessert admirablement le personnage, faisant de ce fait ressortir ses valeurs. Avec ce film est imposé l’image d’une Wonder Woman aux idéaux toujours d’actualité, un personnage fort, emblématique, humain et positif.

L’autre point positif non-négligeable du film est dû à cette mode du film de super-héros : Là où Marvel traîne des pieds pour mettre en avant ces personnages féminins (on attend toujours un film Black Widow qui visiblement n’est pas prêt d’arriver…), DC/Warner à eu l’audace de mettre en avant la plus grande et la plus emblématique de toute les super-héroïnes, de tenter de faire quelque chose de nouveau en bousculant son image tout en gardant ces bases : Pari réussi car Wonder Woman est sans conteste un des plus grands films de super-héro de ces dernières années.

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1 : On retiendra surtout un long métrage animé d’excellente facture sorti en 2009, qui sera d’ailleurs disponible le 7 juin 2017 en France dans une édition director’s cut.

2 :

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4 Commentaires

Classé dans Movie of the day

4 réponses à “Wonder Woman : La critique de Julien Lordinator

  1. Même si je reconnais que certains passages sont un peu faibles et qu’il y a quelques incohérences (l’infiltration WTF dans le manoir tenu par les allemands…) je dois avouer que ce Wonder Woman est très plaisant et réserve son lot de belles scènes (la scène du no man’s land est mythique !).

    Je dois avouer que la véritable identité du méchant m’a quelque peu étonné et que je ne m’y attendais pas du tout. Comme quoi je peux encore être surpris, en bien, avec le cinéma actuel.

  2. ludo

    Bonjour Katchoo . A quand votre critique ? j’ai vu le film. J’ai adoré. Je voulais lire l’avis d’une experte 🙂

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