Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 35


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Resident Evil : Code Veronica et les comics Resident Evil

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Aaaaah Resident Evil, rien que le nom me donne envie de laisser tomber l’écriture de cette chronique pourtant si chère à mon cœur et de me jeter sur ma console pour mettre des roustes à coup de Beretta à toute une horde de monstruosités mutantes. Tout le monde connait plus ou moins la licence Resident Evil, que se soit au travers de la série de jeux vidéos ou même, honte à vous, des (infâmes et irrespectueux) films avec Milla Jovovich. Comme toute saga engrangeant de l’argent, les produits dérivés sont légion : Outre les figurines, statuettes et autres joyeusetés promotionnelles chères aux fans hardcore (il existe même des éventails Resident Evil ! Et euh… Si vous pouvez vous en procurer et bien euh… Je suis preneur…) il ne fallut pas longtemps avant que les premiers mangas et comics arrivent sur les étals en arborant fièrement le fameux logo rouge sang.
Bien que se soit une série de jeux essentiellement japonaise (néanmoins, certains titres Resident Evil ont été développés en occident), il en existe des comics produit aux États-Unis et ça tombe bien (ou pas) puisque… C’est de mangas (plutôt de manhwas d’ailleurs) que l’on va parler aujourd’hui ! Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, si vous connaissez peu ou pas ce qu’est Resident Evil, une petite présentation s’impose.

Resident Evil et le survival horror

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Resident Evil (Biohazard au Japon (1) ) est donc une série de jeu vidéo dont le premier titre fut distribué en 1996 sur Playstation. Fondateur du genre de jeu vidéo dit de Survival Horror (2), il s’agit d’un style de jeu dans lequel le héros est coincé dans un endroit hostile, le plus souvent infesté de monstres de tout genre et doit survivre pour s’en sortir en rationnant les munitions et les items de soin, tout en résolvant des énigmes. Dés sa sortie, Resident Evil est un succès mondial, aussi bien critique que public (3) et va donc engendrer des suites, beaucoup de suites : A ce jour la série Resident Evil compte sept épisodes principaux et pas moins d’une quinzaine de spin-off et de versions plus ou moins améliorées ou remakes des différents épisodes.

Le survival horror est un style très populaire pour plusieurs raisons, déjà pour le challenge que chaque jeux proposent : Ce sont des jeux exigeants, difficiles et qui mettent les nerfs des joueurs à rude épreuve. Ce sont également des jeux tirant leurs inspirations de la culture horrifiques : Films de monstres ou de zombies (Resident Evil, Parasite Eve), phénomènes paranormaux (Silent Hill, Project Zero) ou encore ils arrivent même que le style se mixe avec d’autres genres comme le jeu d’infiltration (Forbidden Siren, Haunting Ground) ou le FPS (Amnesia, Condemned).

 

A partir de Resident Evil 4, la série va prendre un virage à 180 degrés en s’orientant vers le jeu d’action (même si ce virage était déjà amorcé depuis longtemps avec un Resident Evil 3 orienté plus action que survie et la série de spin-ofs des Resident Evil Survivor), cette orientation va durer durant 3 épisodes (Resident Evil 4, 5 et 6) avant de revenir au survival horror récemment avec le septième opus, à un petit détail prêt : D’un style de jeu à la troisième personne (style de jeu où l’on voit son personnage), le jeu passe en mode FPS (style de jeu où l’on voit avec les yeux des personnages).

Même si Resident Evil 7 est une réussite incontestable, Resident Evil reste pour les fans de la première heure un survival horror dans lequel on tire sur des zombies (ce qui n’est pas tout à fait vrai puisque même si le zombie reste l’antagoniste de choix dans les premiers épisodes, il y a de nombreux épisodes de la série qui n’en comportent pas, comme Resident Evil 4 et 5 et Resident Evil Révélations par exemple).

Comme toute série, tout les épisodes et spin-off ne se valent pas et les fans ont tendance à avoir des préférences, généralement en fonction de l’époque où ils ont connu la série : Pour les plus jeunes, le favori est souvent Resident Evil 4, épisode sorti en 2005 sur le Gamecube de Nintendo, pour les autres qui ont comme moi connu et suivi la série depuis son tout premier opus, les préférences vont souvent aux épisodes originaux et en ce qui me concerne un de mes épisodes favoris est sans conteste Resident Evil : Code Veronica et ce pour plusieurs raisons, que je vais exposer ci dessous avec plaisir.

La genèse de Resident Evil : Code Veronica

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Resident Evil est une série de jeu dont chaque épisode a subi des développements plus ou moins chaotiquse, et cela tient en général en plusieurs facteurs : D’une part le tempérament volcanique et exigeant de son créateur, le terrible Shinji Mikami qui n’a pas hésité à plusieurs reprises à revoir de A à Z des jeux de la série dont le processus de production étaient déjà bien avancé (4), l’autre facteur est souvent dû à la société Capcom elle-même, souvent en bisbille avec ses deux principaux rivaux de l’époque, à savoir Namco et Squaresoft (futur SquareEnix). Et c’est de cette rivalité que viendra principalement les aléas de développement de Code Veronica.

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Shinji Mikami, créateur de la série Resident Evil lors de la promotion de son dernier jeu, The Evil Within

Pourquoi à l’époque Capcom en veut à Namco et Squaresoft ? Pour le premier, Namco (créateur de la série de jeux de combat Tekken, entre autre), il s’agit plus d’un problème d’ego : Capcom a eu beaucoup de mal lors du passage à la 3D, particulièrement des jeux de combat, ce qui ne fut pas le cas de Namco qui avec Tekken et Soul Blade sont devenus en quelques mois les leaders du marché, reléguant Capcom et ses jeux de castagne en 2D quasiment aux oubliettes… Il faudra attendre Street Fighter IV, soit 14 ans plus tard pour que Capcom retrouve l’estime des joueurs et le chemin du succès dans ce domaine.
Pour ce qui est de Squaresoft (studio créateur de la saga Final Fantasy, entre autres), c’est encore pire et directement lié à Shinji Mikami et au développement de Resident Evil 2 : En effet, lors du développement de Resident Evil 2, et comme je l’ai rapidement abordé, Mikami décida au 2/3 du développement du jeu de tout reprendre de zéro, car selon lui il était insatisfait du résultat.
Découragés, les ¾ de l’équipe créative et technique partirent sans se retourner pour aller travailler… Chez Squaresoft qui à l’époque développe un autre gros titre de l’horreur vidéoludique, Parasite Eve, l’adaptation/suite en jeu vidéo d’un roman d’horreur à succès au Japon.
Lassé d’attendre la sortie de Resident Evil 2, le public japonais se détournera de ce dernier un temps pour porter plus d’attention à Parasite Eve, projet plus stable et prometteur qu’un hypothétique Resident Evil 2, déjà trois fois repoussé. Resident Evil 2 et Parasite Eve sortiront même à quelques mois d’intervalles au Japon, janvier pour Resident Evil 2, mars pour Parasite Eve.

Enfin, à l’origine, Code Veronica devait accompagner la sortie de la console Dreamcast de Sega mais soucieux du succès de cette dernière, Capcom décida d’attendre que le parc des consoles atteignent le million d’exemplaires avant de lancer son titre… Du coup encore repoussé.
En attendant, Capcom développera un autre épisode de Resident Evil, Resident Evil 3 : The Last Escape sur la Playstation 1 (5), les deux jeux seront alors développés en parallèle et certaines idées à la base prévues pour Code Veronica finiront d’ailleurs dans Resident Evil 3, comme la présence d’un ennemi récurrent traquant le héros, devenant l’imposant Nemesis.
D’ailleurs pour la petite histoire, Code Veronica aurait dû être l’épisode 3 de la franchise mais Capcom aurait préféré donner cette appellation à l’opus Playstation 1 pour rester dans les bonnes grâces de Sony (6).

Resident Evil 3 et Code Veronica eurent d’ailleurs des dates de sorties très proches, à peine 6 mois : Resident Evil 3 sorti en septembre 1999 et Code Veronica en février 2000.

Resident Evil : Code Veronica, l’épisode différent

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Ce qui frappe au premier abord avec Code Veronica (appelons-le CV pour plus de facilité), c’est que le jeu diffère totalement de Resident Evil 3 : Déjà en terme de gameplay, Code Veronica revient aux sources des deux premiers opus et s’éloigne du traitement plus action de Resident Evil 3, ce dernier proposait aux joueurs un système d’esquive, des espaces de jeu plus larges, un nombre d’ennemis plus important à l’écran et des armes lourdes. Rien de tout cela n’est présent dans CV : On revient aux bases du premier opus avec des munitions plus rares, des espaces confinés et des ennemis plus résistants. L’autre différence est notable visuellement, pas de villes apocalyptiques et retour aux vieilles bâtisses glauques et aux centres de recherches souterrain abandonnés.
L’autre différence flagrante et au niveau scénaristique : CV est en effet l’un des premiers épisodes de la série à proposer un scénario plus fouillé et notamment des méchants plus travaillés, le retour d’Albert Wesker, plus charismatique que jamais et surtout le terrifiant Alfred Ashford, personnage psychotique et sadique à la personnalité trouble.
C’est aussi la première fois que le jeu fait des références appuyés à autre chose que des films de zombies : On y voit ainsi des références à Psychose d’Alfred Hitchcock, HP Lovecraft, aux films de la Hammer ainsi qu’aux Giallo italiens.
Le scénario est résolument intéressant et complexe et du coup je ne peux pas trop en dévoiler ici au risque de spoiler, pour ceux qui jouent et qui n’ont pas fait le jeu, il ne vous reste qu’à prendre une manette et vous lancer (7), pour les autres qui ne jouent pas (personne n’est parfait), au pire demandez à quelqu’un de vous faire découvrir le jeu ou regardez un walkthrough sur internet.

Avec son retour aux sources de la série, sa direction artistique résolument différente des autres opus, son scénario allant de surprises en surprises (brouillant même parfois les pistes), et ses méchants charismatiques, CV est un épisode à part de la franchise Resident Evil : Différent, il a su s’attirer la préférence d’une partie des fans et est considéré par beaucoup (dont moi) comme le meilleur épisode de la période survival de la saga.

Resident Evil : Code Veronica X, la mise à jour.

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Malgré ces qualités, CV souffre de quelques défauts : La principale étant son final, énigmatique et expédié, laissant de nombreuses questions sans réponses.
Ce défaut sera corrigé dans une version corrigé de CV, appelé Resident Evil Code Veronica : Complete sur Dreamcast et Resident Evil Code Veronica : X lors de son portage sur Playstation 2 et Gamecube. Cette nouvelle mouture proposera donc une séquence finale augmenté de plus de neuf minutes de cinématique, plus explicative et claire que la séquence originale.
L’autre défaut étant par contre plus cocasse puisqu’il s’agit de la ressemblance un peu trop flagrante entre Steve, l’un des personnages du jeu avec Leonardo Di Caprio (période Titanic), ayant servi d’inspiration. Ça peut prêter à sourire aujourd’hui mais Capcom eu tellement de retour des joueurs sur ce point que le pauvre Steve dû se retrouver affublé d’une nouvelle coiffure lors de la version X de CV.

Resident Evil  : Les Comics

Comme toute saga vidéoludique qui se respecte, Resident Evil eu droit à de nombreuses adaptations en comics (et plus tard en mangas, mais c’est un autre sujet sur lequel je reviendrais probablement une autre fois) pour m’intéresser aujourd’hui uniquement aux comics.

 

Le tout premier comic Resident Evil est un comic promotionnel publié par Marvel pour promouvoir la sortie du premier jeu sur Playstation. Le jeu suit la triste destinée de Richard Aiken à son arrivée dans le manoir Spencer, jusque sa rencontre avec le terrible Yawn. En parallèle, ont suit la préparation de l’équipe Alpha des S.T.A.R.S. menée par Albert Wesker.
Autant être franc, c’est très mauvais : Mal écrit (scénario de Dan Shahee, Chris Krahmer et Simone Seydoux) et dessiné avec les pieds par un Dave Johnson débutant pas vraiment au top et qu’on a depuis connu plus à l’aise.
Un pur objet promotionnel sans autre réel intérêt que d’être un collector très prisé des fans car aujourd’hui complètement introuvable.

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Deux ans plus tard, peu après la sortie de Resident Evil 2 sur le sol américain, c’est DC/Wildstorm qui obtient la licence Resident Evil et lance un magazine sobrement intitulé Resident Evil. Ce magazine durera 5 numéros et consistera surtout en un ensemble d’histoires courtes ayant plus ou moins de liens entre elles se déroulant dans l’univers de Resident Evil 1 et 2 et ou utilisant les personnages de ces deux jeux.
La plupart des ces histoires sont assez courtes et signées principalement par les scénaristes Ted Adams (aujourd’hui président de IDW) et Kris Oprisko (un habitué des comics à licence puisqu’il travaillera sur les adaptations en comics de Metal Gear Solid, Les Experts ou encore Underworld). Niveau dessins, là aussi quelques artistes reviennent régulièrement et plutôt des têtes connues, principalement Carlos D’Anda et Lee Bermejo.

17Autant être franc, c’est vraiment pas la joie et la qualité des histoires oscillent souvent entre le « pas terrible » et le « nul »… Des lectures anecdotiques puisque même pour les fans ces histoires n’ont aucun intérêt, ne faisant même pas partie de la chronologie.
Les différents numéros sont agrémentés d’interviews et de fiches des personnages et monstres ainsi que de jolies couvertures, notamment de Jim Lee.
Pour résumer, un pur magazine destiné à racketter l’argent des fans les plus assidus.
Sachez que si le cœur vous en dit, les histoires courtes des quatre premiers numéros (pour une raison que j’ignore il manque les histoires du numéro 5) sont compilés dans un trade paperback intitulé Residen Evil Collection One.

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Le second « comic » publié dans le pays de l’oncle Sam est en fait l’adaptation de Resident Evil Code Veronica, mais ça, j’y reviendrais plus bas.

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Troisième comic Resident Evil, Fire & Ice est toujours publié par Wildstorm sous la forme d’une mini-série en 4 numéros publiée de décembre 2000 à mai 2001, puis réimprimée dans un trade paperback en 2010 pour accompagner la sortie du jeu Resident Evil 5. La série fut publiée en France par Panini Comics en 2010 dans un hardcover sous le titre Resident Evil : La Glace et le Feu.
Au scénario on retrouve donc les auteurs ayant « œuvré » sur les numéros du magazine publié en 1998, à savoir Ted Adams et Kris Opersko au scénario et Lee Bermejo et Shawn Crystal aux dessins.
On fait donc la découverte de l’équipe Charlie des STARS, une équipe spécialement créée pour combattre les scientifiques fous de la société Umbrella. L’équipe Charlie enquête sur un cirque visiblement infecté par un virus et va vite découvrir les ramifications et origines de cette infection.

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Là encore et malgré le talent de Lee Bermejo, ça ne vole pas bien haut et la lecture devient vite très barbante et le pire c’est que malgré le fait que je sois très bon public pour ce genre de publications, c’est assez rare que je ne ressente pas l’impression de lire un comic dérivé de la série dont il porte le nom et c’est ce qui s’est passé avec Fire & Ice car durant toute la lecture je n’ai pas eu l’impression de lire un comic Resident Evil… Les personnages ne sont pas attachants, les scènes d’action anecdotiques et l’histoire pas vraiment originale.
Encore une occasion manquée avec un comic qui aurait pu être réussi.

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Le dernier comic Resident Evil publié à ce jour est une mini-série en 6 numéros sobrement intitulée Resident Evil Volume 2 et fut publiée par Wildstorm en 2009 puis compilée dans un trade paperback en 2011.
Le scénario est de Ricardo Sanchez et les dessins de Jheremy Raapack et Kevin Sharpe.
Le scénario, même si il ne fait pas partie de la chronologie officielle est un spin-off de Resident Evil 5 et nous présente deux nouveaux personnages, membres du BSAA : Mina Gere et Holiday Sugarman. En mission sur une station spatiale, Mina Gere va se retrouver aux prises avec des zombies et des mutants, pendant ce temps, en mission au Grezbekistan, l’équipe de Sugarman se fait décimer par une armée de mutants, il sera le seul survivant. Ces deux événements apparemment sans lien vont très vite se recouper quand Sugarman et Mina Gere vont devoir faire équipe.

 

Enfin un bon comic Resident Evil ? Presque ! Suivant la logique de la série des jeux, ce comic délaisse le coté survie pour se concentrer sur de l’action gore à outrance et ma foi, ça fonctionne plutôt bien. L’histoire ne casse pas trois pattes à un zombie mais se laisse suivre agréablement, du fait d’une narration décomplexée peu avare en dialogues et des dessins étonnement réussis.
En bref, une mini-série qui ne réinvente pas le genre mais se laisse agréablement lire sans lassitude.

Resident Evil : Code Veronica, l’adaptation officielle

 

Cette bande dessinée est l’adaptation officielle du jeu du même nom, elle est écrite par Lee Chung Hin et Hui King Sum et dessinée, encrée et colorisée par Hui King Sum. Elle fut publiée en Chine et en Corée en 2000 en 18 numéros, quasiment conjointement à la sortie du jeu, puis publiée aux États-Unis par Wildstorm en 2002.

L’histoire reprend exactement la trame du jeu : Alors qu’elle a infiltrée le QG parisien de la société Umbrella, Claire Redfield est capturée puis emprisonnée sur l’île prison de Rockfort Island. Suite à une attaque de l’île par un commando inconnu, elle est libérée par son geôlier et découvre que l’île est peuplée de zombies… Elle fait la connaissance d’un autre prisonnier évadé, le jeune Steve, et les deux infortunés vont devoir faire équipe pour sortir vivant de l’enfer qu’est devenu la petite île. Peu après sa libération, Claire réussi à envoyer un message de détresse à son frère, Chris, qui se met immédiatement en route pour secourir sa sœur.

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Comme pour le jeu qu’il adapte, ce comic, qui est en fait un manhwa (8), a une histoire de publication assez originale : Publiée d’abord en Corée et en Chine en 18 chapitres, cette bande dessinée sera ensuite traduite en anglais en quatre volumes, comprenant chacun 4 chapitres et la moitié d’un cinquième, la suite dudit chapitre scindé en deux se trouvant dans le volume suivant. Les dialogues ont été de plus complètement réécrit pour la version anglophone par Ted Adams et Kris Oprisko (encore eux…)

 

Objectivement, cette bande dessinée est très réussie, à condition de ne pas être allergique au style coréen : Plus vif, énergique et dépouille que le style japonais, si on ne connait pas trop ce genre, ses aspects peuvent être déstabilisant aux début mais très honnêtement, on s’y fait assez vite. Le trait est donc très vif et dynamique et les décors sont souvent assez chiches, privilégiant les personnages et l’action (9).

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CV ne déroge pas à la règle et reste dans les canons inhérent du style manhwa : Tout les aspects visuels inhérent au style sont présents, après, libre au lecteur d’adhérer ou non. Personnellement, j’ai eu un peu de mal au début et puis au bout de quelques pages on s’y fait, tout est question de goût. Néanmoins, si déjà vous êtes habitués à lire des mangas, la lecture d’un manhwa ne devrait pas vraiment être un problème.
Enfin, lors de gros plans où de splash-pages, la colorisation prend un aspect peint du plus bel effet et les-dites vignettes et pages ont un rendu parfois vraiment impressionnant, certaines égayant d’ailleurs cette chronique.

 

Niveau scénario, si vous avez fait le jeu, pas de véritable surprise à l’horizon puisque cette bande dessinée suit pas à pas le déroulement du jeu original, quasiment aux détails prêts : L’action suit celle du jeu quasiment à l’identique, allant même jusqu’à représenter les personnages ramassant certains items ou donner les solutions des énigmes. Une fidélité bienvenue qui montre un respect évident pour le matériel original mais qui à la longue se révèle un peu « lourde » : En effet, lire une bande dessinée qui est entrecoupée de passages durant lesquels les personnages débattent avec eux-même sur l’utilité de tel ou tel objet casse parfois un peu le rythme.
D’un coté, pour ceux qui n’ont pas fait le jeu, c’est plutôt bienvenu puisque la lecture de la bande dessinée peut quasiment servir de compagnon et aider à anticiper certains événements et difficultés du jeu original, néanmoins il faut avouer que pour ceux qui ne jouent pas, savoir que telle clé ouvre telle porte n’a pas grand intérêt.

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Au final est-ce que je conseille la lecture de cette bande dessinée ? Assurément, d’une part pour sa fidélité à l’œuvre originale car elle permet de revivre cette véritable odyssée de l’horreur que vont vivre Claire, Steve et Chris sur Rockfort Island de façon très fidèle. Ensuite pour son style visuel vraiment original qui sort des sentiers battus.
A mi-chemin entre objet promotionnel et véritable bande dessinée d’action/horreur, Resident Evil : Code Veronica est une œuvre atypique, intéressante et vraiment originale : Un must read pour les fans de la franchise et une vraie et excellente curiosité pour les autres.

 

Sachez que la Corée adapta également les opus deux et trois de Resident Evil ainsi que l’épisode Zero, ces différentes bande dessinées ayant d’ailleurs aujourd’hui le même point commun : Celui d’être extrêmement rare, donc très prisé des fans et s’arrachant donc logiquement à prix d’or sur internet : Comptez entre 40 et 70 € selon les tomes pour la version américaine de Resident Evil Code Veronica

 

Resident Evil est devenu avec le temps bien plus qu’une série de jeux vidéo : Déclinée en films, bandes dessinées, romans (papier et audio) et multiples produits dérivés, c’est devenue une part essentielle de la culture horrifique geek, elle a également instauré des codes visuels et scénaristiques uniques.
De part son style sans équivalent à ce jour, la saga a su transcender le jeu vidéo et est devenue elle-même une référence qui dorénavant influence les médias dont elle s’est inspirée : La série fêtait ses 20 ans d’existence en 2015 et il est fort à parier que l’on a pas fini d’en entendre parler  !

Resident Evil : Code Veronica, mini-série en 4 tomes publiée de juin à Décembre 2002 aux États-Unis par DC/Wildstorm.

1 : La série fut renommée Resident Evil en occident pour éviter une confusion avec un groupe de métal américain du même nom.

2 : Il est utile de préciser que l’appellation « Survival Horror » fut créée par Capcom pour designer les jeux de ce style sortis par eux-même, même si elle s’est généralisée depuis, à la base c’est un terme réservé aux productions Capcom, tout comme le terme « Versus Fighting » qui désigne les jeux de combat sorti chez Capcom.

3 : Le premier Resident Evil sera même le seul jeu de l’histoire à obtenir la note ultime de 100% dans le magazine de jeux vidéo français Joypad.

4 : Mikami n’hésita pas par exemple à reprendre de zéro le développement de Resident Evil 2, pourtant achevé à… 65%  ! Reculant ainsi de quasiment un an la sortie du jeu. Le bougre réitéra la chose à une moindre mesure lors du développement de Resident Evil 4, passant d’un style survival horror à un style de pur jeu d’action.

5  : Prévu sur Playstation 2, Resident Evil 3 sortira finalement sur Playstation 1 et là encore pour une histoire de rivalité : En effet Capcom n’aurait apparemment pas apprécié que Sony envoie en priorité ses kits de développement Playstation 2 aux studios qu’elle jugeait plus « loyaux » et quels étaient ces studios  ? Je vous le donne en mille : Namco et Squaresoft  !

6 : D’ailleurs Shinji Mikami n’ayant été que producteur sur Resident Evil 2 et 3, il considère Code Veronica comme son véritable Resident Evil 2.

7 : Pour information, le jeu est disponible sur Dreamcast, Playstation 2, Gamecube, PS3 et Xbox 360. On peut aussi revivre l’histoire du jeu de façon assez fidèle sous la forme d’un jeu de tir dans Resident Evil : The Darkside Chronicles sur Wii et PS3. A noter également que le deuxième opus de la série de jeux vidéos Survivor reprend la trame scénaristique de Resident Evil Code Veronica, mais vu la qualité du titre, très mauvaise, il vaut mieux se tourner vers The Darkside Chronicles.

8 : Un manwa est une bande dessinée coréenne, très proche du manga, ces bandes dessinées ont en fait un style et une narration qui leur sont propres, légèrement différente de leurs cousins japonais.

9 : L’autre différence entre manga et manhwa est le mode de publication : Là où les mangas sont d’abord publié de façon hebdomadaire dans de grosses revues anthologique en noir et blanc (comme le très célèbre Weekly Shonen Jump), les manhwas sont en couleurs et publiés sous forme de fascicules d’une vingtaine de pages, un peu à la manières des comics américains.

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