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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 34


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Vampires Vs Zombies  !

 

Les « Jeudis » prennent aussi leurs quartiers d’été en ce beau mais chaud mois d’août ! Après un long dossier en deux parties sur la saga Massacre à la Tronçonneuse (que vous pouvez retrouver ici et ici) qui m’a cannibalisé (sans mauvais jeux de mots) pas mal de temps et d’efforts, je lève le pied ce mois-ci et plutôt que de vous proposer un long dossier sur un thème ou une saga horrifique précise, je vous propose pas une, mais deux reviews de deux comics d’horreur traitant du même thème : Et si les vampires existaient, comment réagiraient-ils à une invasion de zombies (qui eux n’existent pas non plus cela dit…) ?
Deux auteurs ont tenté de répondre à cette question et pas des moindres : La légende de l’horreur qui nous a malheureusement quitté depuis peu, George Romero et le surdoué Max Brooks. Deux légendes, deux approches différentes, direction le stade ultime de l’horreur, quand vampires et zombies sont forcés de se tirer la bourre !

 

Honneur aux légendes et ouvrons le bal avec Empire of the Dead, de George Romero et Alex Maleev, Dalibor Talajic et Andrea Mutti, publié en trois tomes en France par Panini de Septembre 2014 à Mai 2015.

L’humanité se remet tant bien que mal de la peste zombie qui a sévi des années 60 à nos jours : Les zombies sont quasiment vaincus, la peste est endiguée et les humains tentent tant bien que mal de reformer une société cohérente dans des bastions dirigés de main de maître par des hommes politiques tyranniques et sans pitié. C’est le cas de New York, ville fortifiée dirigée par le maire Chandrake. Dans cette ville sans foi ni loi, Penny Jones, une jeune scientifique, étudie les zombies et constate qu’en plus d’avoir réussi à les domestiquer, ces derniers servant désormais de chair à canon pour les militaires et de gladiateurs pour amuser les civils dans des duels d’arènes, évoluent et sont progressivement en train d’acquérir des consciences qui leurs sont propres, c’est le cas de Xavier, une jeune militaire récemment infectée qui lutte entre sa raison et la faim tenace qui la tiraille.
Mais dans New York, des rumeurs folles se propagent : Des cadavres sont découvert exsangues dans les rues, deux marques au cou et la haute société qui dirige la ville ne semble pas être étrangère à ces meurtres. Commence alors pour Penny Jones, Xavier et quelques autres une succession de découvertes, comme un mystérieux « Camp de Travail » dans lequel des jeunes gens sont parqués comme des animaux et disparaissent.

 

Empire of the Dead est un récit typique de George Romero, on y retrouve la plupart des thématiques chères au réalisateur avec la lutte des classes, l’anti-militarisme, l’évolution des zombies vers une seconde humanité et beaucoup d’autres choses que je vous laisse le soin de découvrir.
De plus, Romero a eu la bonne idée de placer son récit dans son propre univers et sa saga des …  Of The Dead : Ainsi, plusieurs références sont faites aux films La Nuit des Morts Vivants, Zombie mais surtout à Day of the Dead et Land of The Dead, Empire of the Dead étant d’ailleurs plus ou moins une suite à ce dernier film, tant les thématiques et l’aspect visuel sont similaires.

9Là où l’incursion des vampires aurait pu paraître plutôt exagérée et extravagante, Romero a choisi de traiter cela de façon subtile et plutôt que de faire des vampires des êtres bestiaux et assoiffés de sang, à l’image des zombies pour la chair humaine, ils sont ici dépeint comme des êtres froids et calculateurs, se rendant bien compte que sans les humains et à la mercie des zombies, leur propre race va droit à sa perte. On retrouve donc et comme je le citais plus haut, un parallèle avec la lutte des classes cher au réalisateur de Pittsburg, les vampires symbolisant de toute évidence les politiques et les zombies la classe populaire, qui tant qu’elle reste passive ne représente pas de danger mais qu’il faut tout de même garder à l’œil. A coté de ça, il y a aussi des références faite à plusieurs thèmes « zombiesque », notamment l’apprivoisement et l’évolution des zombies, commencé dans Le Jour des Morts-Vivants et développé dans Land of the Dead, la zombie Xavier ayant assurément des points communs avec le zombie pompiste Big Daddy du film.

11Empire of the Dead est de ce fait un récit dense, complexe, qui peut être lu à plusieurs niveaux : Bien loin d’un combat gore entre deux espèces du cinéma d’horreur, c’est une histoire intelligente, dont le seul et unique défaut est peut-être, selon moi, une profusion de personnages qui du fait force parfois le lecteur à revenir en arrière pour se remémorer qui est qui.

Visuellement, les trois tomes sont signés par trois artistes différents, mais au style assez similaires.
Le premier tome est dessiné par la star Alex Maleev, le bulgare et sont style sombre servant à merveille le récit, pas grand chose à reprocher à ce tome, le trait de Maleev étant résolument parfaitement adapté au récit.
Le second tome quand à lui est réalisé par Dalibor Talajic, l’artiste croate ayant un trait sensiblement similaire à celui de Maleev, moins détaillé et plus clair dans les lignes notamment, on est pas trop dépaysé et la transition se fait en douceur. Enfin le dernier tome est signé par Andrea Mutti, un autre habitué de cette rubrique et des récits d’horreur en général, là encore le choix de l’artiste est pertinent puisque son style s’adapte parfaitement à ceux de ces prédécesseurs, donnant à l’ensemble une cohérence assez surprenante malgré la succession de trois artistes.
12A noter que toutes les couvertures alternatives sont compilées en fin de chaque album et on y retrouve des talents comme l’habitué des zombies Arthur Suydam, Frank Cho, Greg Horn, Alexander Lozano ou l’excellent et brillant Francesco Mattina.

Panini propose les trois tomes en hardcover, dans une édition et une traduction impeccable : Rien à redire de ce coté là.

En résumé  : Une histoire d’horreur ancrée dans la saga cinématographique de George Romero qui étend et développe des thématiques de façon intelligente, bien illustrée et bien éditée, en bref une lecture plus que recommandable.

 

Deuxième round et c’est cette fois au créateur du fameux et depuis référentiel Guide de Survie en Territoire Zombie de s’attaquer à cette épineuse question : Et si les zombies infestaient un monde déjà peuplé de vampires, comment ces derniers réagiraient-ils ? Extinction Parade est un comic en deux tomes publié en France par Panini en juin et novembre 2015, c’est donc Max Brooks qui scénarise et le dessinateur espagnol Raulo Caceres qui s’attelle au coté visuel.

 

L’infection zombie est en train de se déclarer et les humains sont envahis par les vagues de zombies qui se propagent de plus en plus de part le monde. D’abord amusés et condescendants, les vampires observent cette débandade, amusés de constater que les humains et leur société soient si facilement submergés par des êtres si faibles et pitoyables. Mais malgré tous leurs efforts pour endiguer l’infection, les humains succombent et l’amusement des vampires va vite se succéder à un sentiment d’inquiétude, voir de peur : Et si les humains étaient vaincus, que vont-ils devenir sans source de nourriture ? L’extinction des vampires, dont l’existence dépendait des humains, est-elle également en marche ? Depuis des millénaires, habitués à vivre dans l’ombre d’une société humaine qu’il méprisent, les vampires vont devoir sortir de leur anonymat pour combattre les zombies et ainsi devenir, peut-être, les sauveurs de la race humaine.
Mais là où les humains, malgré des siècles d’expériences de la guerre ont échoué, les vampires et leurs simples pouvoirs suffiront-ils à venir à bout de la horde de zombies, maintenant maîtres du monde, les vampires ont-ils retenu les leçons de la défaite humaine ? Rien n’est moins sûr…

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Même thème, traitement différent : Max Brooks dépeint dans Extinction Parade des vampires absolument détestables : Orgueilleux, condescendants, les vampires de Max Brooks sont des êtres absolument infâmes, traitant les humains, pourtant essentiels à leur survie, comme du bétail. Dans le premier tome, les vampires, d’abord amusés de la débandade humaine face aux zombies prennent peu à peu conscience de ce qui se passe : L’extinction des humains est inéluctable, et sans humains plus de sang et donc cela signifie aussi leur extinction à eux. Les vampires sont alors forcés de sortir de l’ombre et combattre les zombies, mais ces êtres si puissants se révèle eux aussi rapidement submergés par la masse des zombies et doivent très vite revoir leur tactique. C’est ainsi que dans le second tome, sous titré Guerre Totale, les vampires vont devoir apprendre à faire ce qu’ils n’ont jamais fait : La Guerre. Mais là où les humains ont échoué malgré leur expérience millénaire à s’entre-tuer, les vampires vont devoir commencer à zéro, étudiant l’ennemi, tirant des leçons des victoires et des défaites…

3Véritable analogie de l’évolution de la société et des statuts des êtres qui la composent dans le premier tome, les vampires symbolisant évidemment « les puissants » et les humains la classe populaire qui même si elle est à leurs yeux méprisables est essentielles à leur survie, Extinction Parade est un portrait au vitriol sanglant de notre société qui va droit dans le mur de par son inertie et sa condescendance : Ainsi les vampires restent inertes face à une situation qui très vite devient ingérable et se réveille pour secourir une civilisation qui est aux portes de son extinction au pire moment, celui où l’écroulement est déjà engagée…
7Dans le second tome, les vampires, cachés depuis des millénaires doivent faire la guerre, mais dans ce cas là, il faut tout commencer à zéro mais la situation est déjà mal engagée, et les vampires n’ont qu’un seul exemple, celui des humains, qui ont déjà échouer face aux zombies : Les suceurs de sang ont-ils retenu la leçon de la défaite humaine ou vont-ils de nouveau faire des erreurs ? Le constat de Max Brooks est cinglant : Là encore dans ce tome on a droit à une analogie de l’histoire de la guerre au travers des découvertes et expérimentations des vampires, où l’évolution des moyens ne va pas forcément dans le bon sens…
La conclusion est sans équivoque, mais pour la connaître, il va falloir lire cette histoire  !

Visuellement, c’est un de mes artistes favoris qui s’occupe de ce combat sanglant, le dessinateur espagnol Raulo Caceres. En effet, Caceres fait sans conteste parti de mes artistes favoris, donc excuse-moi si j’ai tendance à trop jeter de fleurs durant les lignes qui suivent.
Visuellement, le savoir faire de l’artiste est stupéfiant à chaque page : C’est gore, très gore même, honteusement détaillé tout en restant lisible, les splash pages sont énormes, dépeignant des scènes de massacres absolument infernales. De même le savoir faire de l’artiste dans le dessin des corps et des expressions des visages dans le style typiquement ibérique – style que j’affectionne beaucoup en passant – fait des merveilles : L’horreur de certaines situations est véritablement visible sur le visage de certains personnages, rendant du coup l’immersion et le coté désespéré de l’histoire encore plus fort.
Caceres était donc véritablement l’artiste tout désigné pour cette histoire, un carton plein absolument flagrant dès les premières planches, comme vous pourrez le constater avec les images qui égayent cet article.

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Extinction Parade est donc une histoire surprenante : Sur des visuels gores et cradingues de toute beauté, Brooks réussi à y ajouter une réflexion et un constat cinglant de l’état de notre société et de ses dérives. Un tour de force salutaire, une lecture dont on ressort le cœur et l’esprit retournés.

Bien loin de l’image habituel des « Versus », Empire of the Dead et Extinction Parade sont deux visions, certes très différentes, mais à la fois intelligentes et surprenantes de la rencontre entre deux icônes de l’horreur.
Je dis souvent qu’il n’y a pas de mauvaise idée, juste de mauvais scénaristes et le fait de faire s’opposer deux mythes aussi différents que les zombies et les vampires était en soit un projet casse-gueule, à moins d’y mettre des personnes compétentes et talentueuses qui maîtrisent le sujet, et qui mieux que George Romero et Max Brooks, spécialistes des histoires de zombies pouvaient réussir ce tour de force ? La preuve tient en ces deux histoires, réussies tout en étant très différentes, mes lectures conseillées de l’été, assurément  !
(sauf que l’été prend fin le jour de la publication de cette chronique…)

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Korrasami


LOK Head

Il y a quelques jours je sortais de ma torpeur estivale pour exprimer ma grande déception envers une partie du cast de Supergirl, qui se moquait de façon assez dédaigneuse de l’engouement des fans de la série vis à vis d’une relation fantasmée, un ship comme on dit, entre l’héroïne et sa nemesis potentielle sur le long terme, Lena Luthor.
Alors que j’écris ces lignes et que je m’achemine à faire la review de ce premier volume de The Legend of Korra : Turf Wars, tout s’illumine soudain devant moi : Michael DiMartino et Bryan Konietzko ont totalement adhéré à cette vision inspirée par leurs fans car elle allait complètement dans le sens de tout ce qu’ils avaient cherché à montrer dans leur univers jusqu’à maintenant.
Ne pouvant malheureusement pas développer (pour des raisons évidentes) ce ship entre Korra et Asami dans la série animée, leur histoire pourrait toutefois obtenir une suite avec tout le recul nécessaire grâce à une trilogie publiée chez Dark Horse Comics, et dont le premier numéro est (enfin) sorti mercredi dernier.

Evidemment vous imaginez bien que j’attendais cette suite comme le Messie. Mais cela ne m’a toutefois pas empêché de rester vigilante sur de nombreux points, tant l’univers d’Avatar The Last Airbender est devenu depuis ces dernières années un véritable refuge, je ne compte plus le nombre d’épisodes (re)visionnés le soir à l’heure du repas en compagnie du Sidekick, à tel point que nous pourrions nous perdre et nous retrouver sans encombre autant dans les dédales de Ba Sing Se, de la Bibliothèque, du Monde Spirituel ou des souterrains du lac Laogai. Et nous aurions dans nos poches quelques feuilles de choux à grignoter, et Jinora saurait fort heureusement où nous trouver, jute au cas où…

Il était donc naturellement, et en premier lieu, important que cette suite des aventures de Korra (dont la série vient tout juste d’être diffusée sur France 4) respecte autant graphiquement que scénaristiquement ce fameux cahier des charges. C’est le cas pour certains aspects, malheureusement un petit peu moins bien pour d’autres.
L’histoire de The Legend of Korra : Turf Wars se déroule quelques secondes après la fin du dernier épisode de LOK où l’on voit Korra et Asami bien décidées à s’octroyer quelques jours de vacances après les épreuves fraîchement subies au cœur de Republic City.

Ce qui est constant dans The Legend of Korra, et qui est une notion que j’aime particulièrement, c’est cette confrontation inéluctable entre le monde spirituel sensible aux traditions ancestrales (notamment incarnés par les Maîtres de l’air) et celui des hommes fuyant vers le progrès. Ainsi, Korra et Asami forment à elles deux les faces d’une société en pleine évolution qui a résolument du mal à se trouver.
L’apparition d’un nouveau portail menant au monde des Esprits en plein cœur de Republic City est un événement qui va affecter cet équilibre déjà fragile, mais également faire l’objet de toutes les convoitises dont celles de Wonyong Keum, propriétaire du terrain où se trouve le portail et qui souhaite rentabiliser cette opportunité en créant un parc d’attraction. Si cela ne suffisait pas, la débâcle engendrée par le raid de Kuvira sur la ville a non seulement forcé des milliers d’habitants à vivre dans des camps en attendant d’être relogés, mais également ravivé la guerre de territoires entre les différentes triades, une guerre que souhaite remporter Tokuga, un profane bloqueur de shi.

LOK 1

C’est ce sinistre état des lieux auquel nos deux héroïnes doivent faire face à leur retour de vacances, après quelques jours passés ensemble dans le monde spirituel. Un séjour durant lequel Korra et Asami vont enfin s’avouer leurs sentiments respectifs faisant notamment référence à leur longue correspondance lorsque Korra était en convalescence.
C’est l’aboutissement en toute logique d’une relation qui avait pourtant démarré assez mal, mais qui va désormais être au cœur des nouvelles aventures de l’Avatar, notamment par le biais de la gestion de leur coming out auprès des parents de Korra,  de leurs amis, voire du reste du monde puisque l’Avatar est un personnage public.
Michael DiMartino et Bryan Konietzko intègre ainsi et de façon très juste une nouvelle approche de leur oeuvre, avec la présence de personnages LGBT qui ont en fait toujours été considérés comme canon (c’est ce qu’on appelle le miracle des comics). On apprend ainsi que Kya est lesbienne, que l’Avatar Kyoshi était bisexuelle et que les nomades de l’air toléraient parfaitement l’homosexualité. Mais les scénaristes ont également l’idée de représenter l’homophobie dans les différentes cultures de leur univers, et cette notion est vraisemblablement l’un des défis supplémentaires que Korra devra relever dans cette nouvelle saison.

Ce premier volume de Turf Wars nous livre une généreuse suite des aventures de Korra, à tel point que je me suis sentie complètement frustrée à la fin de ma lecture tant celle-ci fut prenante et trop courte. Irene Koh nous livre un travail très respectueux envers l’oeuvre de Michael DiMartino et Bryan Konietzko, mais je trouve le style qu’elle emploie ici un peu trop cartoony à mon gout, alors que cette série se veut être plus mature que la précédente. De plus certaines de ses cases manquent cruellement de détails et de finition, notamment sur certains visages, ce dont je suis la première à regretter car j’aime beaucoup cette artiste. Pas de quoi fouetter un chat, je trouve ça jute un petit peu dommage.

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Il y a donc de très belles choses dans ce premier épisode de The Legend of Korra : Turf Wars, celui-ci fait toutefois office de longue introduction, mais c’est avant tout parce que ses créateurs ont décidé de prendre le temps d’intégrer des notions importantes, ce qui était impossible dans la série animée diffusée sur Nickelodeon à l’époque. Certaines choses ont heureusement changé depuis en terme de représentation des LGBT dans des programmes pour enfants (je pense notamment aux séries Steven Universe et Adventure Time) bien qu’il reste de gros progrès à faire, The Legend of Korra reste pionnière dans son genre et Turf Wars permet d’offrir à de nombreux fans exactement ce qu’ils attendaient depuis un bon moment.

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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 33


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Massacre à la Tronçonneuse, deuxième partie

Massacre à la Tronçonneuse : Les Comics

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Comme toute bonne saga cinématographique qui se respecte, Massacre à la Tronçonneuse a eu droit à de nombreuses déclinaisons en comics, mais de façon beaucoup moindre que d’autres sagas du même genre : Son aspect hardcore visuellement très cinématographique étant, je pense, émotionnellement assez difficile à retranscrire en bande dessinée. Ça n’a pas empêché plusieurs éditeurs de s’y essayer, pour des résultats parfois assez surprenants, dans le bon comme le mauvais. Petit tour d’horizon des versions dessinées de la famille de dégénérés la plus célèbre du Texas  !

Leatherface, mini série en 4 numéros, publiée aux États Unis par Northstar Comics en 1991

Cette mini série est en fait l’adaptation du troisième film de la saga, elle est écrite par Mort Castle, le premier numéro est dessiné par Kirk Jarvinen et les numéros suivants par Guy Burwell.
L’histoire est exactement la même que le film éponyme à quelques détails près puisque Mort Castle a travaillé à l’écriture de son scénario à partir du script original du film écrit par David Schow.
L’histoire raconte le calvaire de Michelle et Ryan, un couple de passage au Texas alors que les exactions de la terrible famille viennent d’être découvertes  : Les membres de la famille sont en fuite et la police sillonne la région à leur recherche. Mais la famille compte en fait plus de membres et Michelle et Ryan vont vite le découvrir après une échauffourée avec le gérant d’une station service particulièrement belliqueux.

Pour le scénariste, le fait d’avoir écrit son histoire à partir du script original a un effet particulièrement flagrant dés les premières pages  : Le comic est clairement plus violent et gore que le film, déjà lui-même particulièrement édulcoré (2).
Contre toute attente, cette mini-série est particulièrement réussie : L’histoire est très prenante, riche en rebondissements, en scènes gore et les dessins, même si ils restent sur de nombreux points typiques des productions des années 90 sont assez réussis.
Mention spéciale aux couvertures, réalisées par Guy Burwell, splendides  !
En résumé, un bon moment de lecture horrifique, malheureusement aujourd’hui quasiment introuvable à prix décent, chacun des 4 numéros se monnayant autour de 20 dollars…
De plus, il n’en existe pas de version reliée.

Pour la petite histoire, Nothstar avait en projet plusieurs autres comics exploitant la licence, notamment une adaptation du film original de 1974 (une publicité était d’ailleurs visible à la fin du dernier numéro de Leatherface) ainsi que deux one shots : Texas Chainsaw Massacre Portfolio (Avec Dave Dorman au scénario) et Leatherface Special, écrit par Mike Baron qui devait raconter l’enfance du tueur au masque de chaire humaine.
Tout ces projets n’ont jamais vu le jour.

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Jason Vs Leatherface, mini-série en trois numéros publiée par Topps Comics en 1995

Rencontre au sommet entre Jason Voorhees, le tueur au masque de hockey de Crystal Lake et la famille de barjots texane  !
Alors que des industriels véreux ont en projet de vider le lac, plein de déchets radioactifs, dans lequel ce bon Jason repose pour y construire un complexe hôtelier, notre bon vieux tueur monolithique se retrouve enfermé dans un container et expédié vers un dépôt de produits toxiques au Mexique. C’est sans compter la vigueur du bonhomme qui durant le voyage en train s’échappe du container, massacre le personnel à bord et se retrouve au beau milieu du Texas, sur les terres de la famille de Leatherface ! Jason ne tarde pas à croiser leur chemin et contre toute attente, touché par la détresse du monstre masqué à la tronçonneuse dans lequel il se reconnait, fait ami ami avec eux. Mais bientôt, des dissensions apparaissent et l’affrontement parait inévitable.

Écrit par Nancy A. Collins, dessiné par Jeff Butler sur des couvertures de Simon Bisley, Jason Vs Leatherface est un pur comics gore décomplexé, mais particulièrement surprenant sur la façon dont sont traités ses personnages : Le rapport entre Jason et Leatherface est ainsi parfois presque touchant, de même que les rares moments durant lesquels les membres de la famille se livrent à Jason (on pense notamment à la scène du grenier, à la fois touchante et pathétique) ou lorsque ce dernier s’interroge sur son propre statut familial.
Les dessins de Jeff Butler sont quant à eux quasiment parfaits, dessinés dans un style très EC Comics et servent admirablement le récit. Les couvertures acérées de Simon Bisley complètent ce tableau et vous l’aurez compris, Jason Vs Leatherface est une lecture que je recommande plus que chaudement.

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Malheureusement, comme pour le comic Leatherface cité plus haut, trouver les trois numéros à un prix décent est un véritable sacerdoce, aucun éditeur n’ayant reprit les droits des publications Topps, ce comic est probablement à jamais perdu dans les limbes…
Il n’existe bien évidemment pas de version reliée non plus.

Les productions Avatar Press 

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Après le remake de 2003, Avatar Press récupère de nombreuses licences issue des films d’horreur New Line Cinéma, notamment Vendredi 13, Les Griffes de la Nuit et bien sûr Massacre à la Tronçonneuse, pour en produire des adaptations et des comics dérivés.
En ce qui concerne Massacre à la Tronçonneuse, Avatar Press produira deux one shots et une mini série, tous issus de l’univers du remake de 2003, tous se situant chronologiquement avant le film et lui servant de préquelle.

The Texas Chainsaw Massacre Special , one shot publié en 2005

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Dans ce one shot, on suit le calvaire de trois condamnés en fuite et de leurs compagnes. Après avoir braqué l’épicerie de Luda Mae, ils sont pris en chasse par Leatherface et le shérif Hoyt.

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Ce one shot est écrit par Brian Pulido est dessiné par Jacen Burrows, l’un des artistes phares de la maison d’édition et autant être franc d’emblée, malgré sa courte durée ce one shot est une grande réussite, réussissant en quelques pages à parfaitement retranscrire l’ambiance du film, notamment grâce à l’utilisation de tons bruns pour les couleurs et une parfaite ressemblance entre les personnages dessinés et les acteurs du film. Une réussite, dont on ne peut reprocher que la durée, beaucoup trop courte…

The Texas Chainsaw Massacre : The Grind, mini série en trois numéros, publiée en 2006

Le bus d’une chorale de jeunes filles tombe en panne à proximité de l’abattoir abandonné non loin de la ferme de la famille Hewitt. Très vite, le couple qui les accompagnait est tué par Leatherface après qu’ils soient partis chercher de l’aide. Quant aux jeunes femmes et la jeune enfant du couple, elles sont faites prisonnières et droguées par le shérif Hoyt dans l’abattoir en attendant que Leatherface viennent les tuer et les « conditionner ». Les filles vont tenter de s’enfuir, mais se sera pour affronter un à un les différents membres de la famille.

Une fois de plus c’est Brian Pulido qui écrit avec brio cette histoire dérivée du remake de 2003, on retrouve donc les mêmes personnages et les mêmes lieux. Une fois de plus, Pulido prouve qu’il a bien saisi les codes et références visuels du film et livre une histoire haletante, enchaînant les scènes gores et sadiques avec jubilation, le genre de production typique Avatar qui, je l’avoue, me ravisse à chaque fois.

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Niveau dessin, c’est l’artiste Daniel HDR qui s’y colle, dans un style très voisin de celui de Jacen Burrows sans toutefois atteindre le niveau de ce dernier, notamment dans la reproduction des visages des acteurs du film. Néanmoins ça reste parfaitement lisible, The Grind étant comme le one shot précédent une lecture particulièrement jouissive.

The Texas Chainsaw Massacre  Fearbook, one shot publié en 2006

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Quatre amis sont de passage à proximité de la ferme Hewitt, sur le chemin ils s’arrêtent à l’épicerie de Luda Mae mais alors que le shérif était de bonne humeur et aurait pu les laisser repartir sans encombre, Hoyt a des soupçons (fondés) sur le fait que l’un d’eux, végétarien qui plus est (ce qui déplaît fortement à l’irascible shérif) soit sous l’emprise ou en possession de drogues. Il n’en faut pas plus pour que le belliqueux shérif embarque tout ce petit monde jusque chez lui… Commence alors pour les quatre amis un voyage sans retour vers l’enfer.

Brian Pulido laisse sa place à Antony Johnston au scénario et ce dernier s’en sort admirablement en l’espace de quelques pages : Ce Fearbook est une nouvelle fois une réussite, gore, sans concession, sa conclusion à la fois pathétique et terrible laissant un goût amer au lecteur.
Aux dessins, Daniel HDR rempile tout en étant assisté de Mauricio Dias pour les décors : Pas grand chose à reprocher de ce côté, Daniel HDR continuant sur la lancée de The Grind.

On reproche souvent aux productions Avatar Press une certaine facilité dans le gore facile et les productions de pure exploitation : Force et de reconnaître que dans le cas de l’exploitation de la licence Massacre à la Tronçonneuse, le petit éditeur à fourni un travail admirable en adéquation avec le film qu’il exploite.
Après libre à chacun de penser ce qu’il veut de ces comics, personnellement, je suis fan et très franchement je les recommande, surtout si comme moi vous avez apprécié le remake de 2003, dont les comics cités plus haut respectent à la lettre les codes visuels et scénaristiques.
Seule déception, aucun de ces comics n’a été réédité ni collecté dans des éditions reliées et ne le sera probablement jamais pour des problèmes évident de droit… On peut toujours les trouver d’occasion par ci par là, mais souvent à des prix prohibitifs.

Les productions Wildstorm

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En 2007, Avatar Press perd la totalité de ses licences issues des films d’horreur New Line Cinéma qui sont récupérées par DC/Wildstorm. Cette même année, Wildstorm publie une mini série en 6 épisodes sobrement intitulée The Texas Chainsaw Massacre, cette mini série sera suivie de trois one shots et d’une autre mini série en 3 numéros. Un numéro spécial, New Line Cinema’s Tales of Horror, contiendra également une histoire courte mettant en scène la terrible famille (3).

The Texas Chainsaw Massacre, mini série en 6 numéros publié en 2007

Après les événements du premier film, les membres de la famille Hewitt sont introuvables, Erin, la seule survivante est en état de choc et à été placée dans un asile…
Deux agents du FBI sont chargés d’enquêter sur ces odieux crimes, l’agent Blaine est d’ailleurs l’oncle de Pepper, l’une des victimes, et est bien décidé de faire la lumière sur ces crimes odieux et la disparition de sa nièce. Arrivés sur place en même temps qu’une équipe de télévision menée par la présentatrice Kim Burns, les malchanceux nouveaux arrivants vont devoir faire face à la mystérieuse et sadique famille qui loin d’avoir disparue et est au contraire toujours bien présente, couverte par les habitants du coin qui « Ne veulent pas de problèmes avec les Hewitt… ».
Commence alors pour nos malheureuses victimes un véritable voyage en enfer, entre cannibalisme, viols et tortures rien ne leur sera épargné.

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Au scénario, on a deux scénaristes chevronnés à savoir Andy Lanning et Dan Abnett. Il est plutôt surprenant de voir ces deux scénaristes aux commandes de cette mini série, les deux hommes étant plutôt habitués aux productions super héroïques, notamment sur les séries spatiales (le tandem à fait les beaux jours des Gardiens de la Galaxie et de Thanos chez Marvel notamment). La principale différence entre le film et cette mini série, c’est la psychologie des personnages : Là où dans le film (et même dans les comics Avatar Press) pour certains leurs motivations et implications restaient assez nébuleuses, dans cette mini série ils sont tous dépeints comme de véritables psychopathes, cruels et dépravés ne laissant aucune place à l’ambiguïté quant à leur réelle place dans cette famille et leurs intentions. Les scénaristes incluent même de nouveaux membres à la famille étayant ainsi le portrait de famille déjà bien fourni en personnages bizarres.
Ce postulat plus cru et direct déplaira très certainement à ceux qui ont apprécié cette ambiguïté dans le film (on pense notamment au personnage des deux femmes vivants dans la caravane ou le jeune Jedidiah) (4) mais se révèle efficace : On ressent réellement un aspect de survie sans espoir pour les personnages tout au long de l’histoire, les survivants ne pouvant logiquement compter sur personne que sur eux-même pour survivre.
Visuellement, c’est Wes Craig qui dessine l’intégralité des 6 numéros de cette mini série et c’est manifestement très inégal : Les visages sont parfois différents d’une case à l’autre, ressemblant parfois aux acteurs du film, parfois non… Les lacunes sont nombreuses au niveau du dessin et très honnêtement, finissent par gêner la lecture.
Scénaristiquement osée, desservie par une partie graphique tout juste passable, cette première mini série n’est malheureusement pas ce qui est sorti de mieux sur l’univers de Massacre à la Tronçonneuse, une lecture à réserver aux fans pur et dur de la saga.

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Prévue à la base pour être un ongoing, la série se limitera finalement à ces six épisodes, Wildstorm préférant par la suite continuer l’exploitation de ces licences au travers de mini séries plus courtes et de one shots.

The Texas Chainsaw Massacre  : Cut  ! One shot publié en 2007

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30 ans après les événements du premier film, une équipe d’étudiants en cinéma reviennent sur les lieux du massacre pour y tourner un documentaire. Malheureusement pour eux, la maison Hewitt est toujours occupée…

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Une histoire courte plutôt bien fichue, écrite par Will Pfeifer et dessinée par Stefano Raffaele. L’histoire montre ce que sont devenues les membres de la famille trente ans plus tard et son découpage, notamment dans la scène finale, est particulièrement réussi.
Scénario intéressant ajoutant pas mal de choses à la mythologie et agrémenté de dessins réussis, un one shot plus que recommandable.

The Texas Chainsaw Massacre  : About A Boy, one shot publié en 2007

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Cette histoire est en fait une préquelle au film Massacre à la Tronçonneuse  : Le Commencement, sorti en 2007.
L’action se situe deux ans avant, en 1972 et est centrée sur Leatherface. L’instituteur de la ville se rend à la maison Hewitt afin de s’entretenir avec Luda Mae concernant son fils Thomas, futur Leatherface. Dans le même temps, Thomas espionne des jeunes en train de se baigner, surpris il est pris à parti par un des garçons qui se moque de lui et le blesse. Furieux, Thomas se met en tête de se venger…

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Une histoire intéressante, qui approfondie bien et développe des thèmes et histoires que l’on aurait manifestement voulu voir dans le film (5). Au scénario se sont de nouveau Dan Abnett et Andy Lanning et aux dessins l’artiste Joel Gomez, qui livrent une prestation honorable, on appréciera notamment le faciès de Thomas Hewitt, largement inspiré par le Frankenstein de Bernie Wrightson.

The Texas Chainsaw Massacre  : Hoyt By Himself, one shot publié en 2007

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Un histoire courte centrée sur le personnage du shérif Hoyt et de son passé durant la guerre de Corée, conflit durant lequel il fut forcé de se livrer au cannibalisme afin de survivre.

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Très certainement un des meilleurs one shot sorti à ce jour concernant Massacre à la Tronçonneuse. Cette histoire dresse un portrait à la fois terrible, pathétique et sensible du shérif Hoyt et de son passé, rendant le personnage et ses motivations presque logiques aux vues de ses expériences passées : Un must read, renforcé par des dessins absolument sublimes de Wes Craig, qui montre beaucoup encore plus l’étendue de son talent sur cette histoire courte que sur la mini série précédente sur laquelle il à œuvré.

The Texas Chainsaw Massacre : Raising Cain, mini série en trois numéros publiée en 2008

Raising Cain raconte l’histoire de deux frères jumeaux, Cain et Abel, nées au sein du clan Hewitt. L’histoire se situe plusieurs années après les événements du premier film de 2003, la mère des jumeaux est Henrietta, la femme malingre vivant dans la caravane.
Malgré son appartenance à la diabolique et monstrueuse famille, leur mère est bien décidée à les faire échapper à l’héritage familial. Après avoir pris la fuite durant la nuit, Henrietta tombe dans une rivière : Un des bébés est sauvé in extremis par Luda Mae, mais l’autre est emporté par les flots en même temps que sa mère. Henrietta meurt quelques heures plus tard au bord de la rivière, le bébé survit malgré tout et sera recueilli par une famille normale, tandis que l’autre sera élevé dans la famille Hewitt. Leurs deux destins seront ainsi mis en parallèle mais comme beaucoup de malédiction, l’héritage de la famille n’est jamais bien loin et les deux frères vont finir par être réunis…

Très certainement une des histoires les plus intéressantes sorties chez Wildstorm concernant Massacre à la Tronçonneuse : L’histoire est très réussie, brossant une fois de plus un portrait particulièrement effrayant de la famille Texane, farouchement accrochée au concept de la famille unie et malheur à quiconque essayera de passer outre cette idéologie.
L’histoire est signée par la star des comics d’horreur Bruce Jones dont j’avais déjà parlé dans mon Jeudi précédent.
Niveau dessins, j’avoue là par contre être dubitatif : Réalisés par Chris Gugliotti, leur aspect caricatural, limite abstrait, donne certes un certain cachet à l’histoire mais très honnêtement, j’aurais préféré un style plus réaliste qui à coup sûr aurait mieux servi le thème et l’ambiance de l’histoire, mais ce n’est qu’un avis personnel, le style visuel étant parfaitement maîtrisé, pas grand chose à reprocher malgré tout de ce coté là.

Bonus :
The Texas Chainsaw Massacre : The Texas Chainsaw Salesman, histoire courte issue du magazine New Line Cinema’s Tales of Horror, publiée en 2007

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Dans cette histoire courte, un vendeur à domicile s’arrête un soir à la maison Hewitt. Son destin de futur repas semble tout tracé à un détail prés qui pourrait bien le sauver  : Il vend des tronçonneuses  !

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Une histoire courte assez plaisante à la fin surprenante, écrite par Peter Milligan et dessinée de façon admirable par Tom Feister, à lire  !

Contrairement aux productions Northstar, Topps et Avatar, la totalité de ces histoires ont été collectées dans deux albums reliés, la première mini série a même été publiée en France par Panini Comics en 2009 dans leur collection Darkside.

Massacre à la Tronçonneuse est une saga mythique qui au fur et à mesure du temps a su se tailler une place particulière dans le cœur des fans d’horreur : Plus réaliste qu’un Vendredi 13 ou un des épisodes des Griffes de la Nuit, Massacre à la Tronçonneuse nous ramène à une réalité brutale beaucoup plus effrayante et viscérale, chose que peu de sagas horrifique réussissent.
Le premier film reste à ce jour un monument du cinéma d’horreur, quasiment inaltéré par le temps dont la puissance visuelle et évocatrice et encore aujourd’hui presque palpable. Même si le remake de 2003 a choisi de prendre une direction radicalement opposée, ces thématiques sont respectées et en font son digne successeur.
Les comics issus de cette franchise l’ont bien compris et pour la plupart respecte cet aspect, parfois même plus que les multiples suites sorties en film, un tour de force très rares qui mérite amplement que les fans d’horreur s’intéressent à ces produits dérivés, respectueux et honorables très méconnus, même par les fans de la saga, à bon entendeur !

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2 : Massacre à la Tronçonneuse III est dans sa version originale considérablement censurée, comme la plupart des films produit par la société New Line à l’époque  : Plus de 4 minutes de plans gore et de scènes de violence ont ainsi été coupés pour que le film échappe à la classification X aux États Unis, une version non-censurée sortira 12 ans plus tard en DVD, incluant également une fin alternative. Jason Va En Enfer, le neuvième épisode de la série Vendredi 13 aura droit au même traitement.

3 : Ce magazine contient également une histoire courte mettant en scène Freddy Krueger, cette histoire est dérivée de l’univers de la série de films Les Griffes de La Nuit.

4 : Cette ambiguïté sera également absente de la préquelle du remake de 2003, Massacre à la Tronçonneuse, le Commencement, réalisé par Jonathan Liebesman sorti en 2007.

5 : Des scènes racontant l’histoire de Thomas Hewitt auraient dû être tournées mais ne le furent pas par décision des producteurs, voulant garder un aspect plus mystérieux au personnage de Leatherface, il en subsiste quelques traces dans les scènes coupées du film, visibles dans les bonus du DVD.

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Batwoman #4 : la preview


Comme vous le savez Wonder Woman n’est pas la seule Déesse qui honore régulièrement ce blog de sa présence. Il en existe une autre, beaucoup moins médiatisée mais tout aussi magnifique, et nous suivons ici le renouveau de ses aventures avec beaucoup de ferveur.
N’ayant pas eu le temps de finir ma review du #3, je vous propose de l’adosser à une prochaine critique de ce #4 sur le point de sortir, à vue de nez les deux opus sont résolument liés, donc ça peut être intéressant de faire un parallèle entre eux.

Mine de rien nous vivons actuellement un petit moment de grâce, même si celui-ci est de courte durée, il est évident que certaines choses se concrétisent de façon positives pour les héroïnes de comics. Diana n’en est pas l’instigatrice, mais j’ai très bon espoir que le succès critique et financer de son film engendre de belles initiatives et-ou prises de risques.

Je vais vous raconter une anecdote, pas plus tard qu’hier je participais à une séance de photocall dans un multiplexe aux alentours de Toulouse à l’occasion de la sortie de Wonder Woman. A cet effet, une de mes collègues du TGS (l’admirable Sandra, pour ne pas la nommer) avait fait le bel effort de revêtir le costume de l’Amazone, je veux dire par là celui de la réplique même du film, pas le costume d’Halloween vulgos que l’on trouve dans les boutiques de déguisements.
Ce costume, c’est moi qui ai eu le plaisir de le suggérer à l’organisation qui m’avait sollicité pour l’occasion, et me faisait ainsi entièrement confiance dans mes choix  vestimentaires.
Alors que les séances photos s’enchaînaient pour la promotion d’un autre film (en l’occurrence une avp de Cars 3), Sandra se tenait prête pour la séance suivante lorsque tout d’un coup, elle fut interpellée par une petite fille d’environ 6 ans tenant sa mère par la main. Je n’oublierai jamais le visage et le bonheur dans les yeux de cette petite. « Maman ! Regarde ! C’est Wonder Woman ! » a t-elle dit à sa mère en saluant énergiquement Sandra de son autre main, notre Amazone lui répondant évidemment de la même manière.

J’ai failli pleurer bordel de merde. Quel bonheur de voir ce moment, de voir cette petite fille déjà conquise par le véritable Pouvoir de Wonder Woman. Il ne faut pas grand chose pour inspirer les plus ou moins jeunes d’entre nous, il suffit d’un personnage incarnant des valeurs jusqu’ici encore immaculées, et vous avez encore droit à ce genre de miracle. Ce miracle, je le vis également quand mon fils me demande de revoir et re-revoir ce film quand la moindre opportunité se présente.

Batwoman aura toujours cet effet sur moi, celui de la lectrice qui se sera d’emblée reconnue en elle. Adhérer totalement à ses premières aventures est aussi proche que de tomber sans s’y attendre sur Wonder Woman en personne quand on a 6 ans. C’est une révélation.

Que le Dieu Grec des comics bénisse cette onde salvatrice d’exposition d’héroïnes et de super héroïnes, sur ce blog, tel un sanctuaire, on veillera toujours sur leur intégrité.

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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 31


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Lucy Loyd’s Nightmare

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Les comics d’horreur et leur éditeur historique et emblématique EC (Entertainement Comics), sont un véritable pan de l’imaginaire collectif américain qui a influencé un nombre incroyable d’auteurs de part le monde, que se soit dans les bandes dessinées ou d’autres médias comme le cinéma ou la littérature.
Stephen King, Alan Moore, Frank Miller ou encore David Cronenberg, George A Romero ou Rob Zombie en étaient des fervents lecteurs et leur ont déjà rendu hommage à de nombreuses reprises (1). Emblématique de leur époque, leur héritage est encore très présent aujourd’hui et il arrive régulièrement que des auteurs leur rendent hommage : On a tous en tête la série télévisée culte qui en était directement inspirée, Les Contes de la Crypte, mais aussi au travers de films (Body Bags, Creepshow, Les Contes de la Nuit Noire entre autres) ou de récits d’anthologies et c’est aujourd’hui le cas puisque nous allons parler de Lucy Loyd’s Nightmare, ouvrage paru un peu dans l’indifférence générale en 2014 et pourtant pas dénué d’intérêt si les récits horrifiques vous passionnent, mais avant, c’est quoi un comic d’horreur ? D’où ça vient ? Petite piqûre de rappel.

Make you’re mommy cry
Daddy blows his mind
Listen up and learn, 
We’re not bad for the kids, we’re worse
Make ’em take offense
Taint your innocence
The first time always hurts
We’re not bad for the kids, we’re worse

Lordi – We’re not bad for the kids (We’re worse), Extrait de l’album To Beast or Not To Beast (2013)

Les comics d’horreur typiques, tel qu’ils ont été popularisés depuis les années 50 sont des histoires courtes où le plus important est la chute : Souvent morbides et/ou cruelles, elles sont aussi souvent au désavantage du méchant de l’histoire qui se retrouve pris à son propre jeu et en paye le prix fort.
Ces comics étaient très populaires au début des années 50 et ont connu durant cette période un succès phénoménal.

Malheureusement, cet âge d’or ne va pas durer : De la fin des années 40 au début des années 50, un psychiatre américain du nom de Fredric Wertham va mener une croisade très virulente contre les comics. Même si parmi les fans de comics il est surtout tristement connu pour ces observations/conclusions particulièrement fantasque sur les super-héros, sa campagne était au départ principalement axée sur les comics d’horreur et policier, les Crime Comics, qu’ils jugent responsable majoritairement de la délinquance juvénile.

Cet acharnement atteindra son apogée en 1954 et la publication de son livre La Séduction de L’innocent. Suite à la publication de ce livre, le docteur Wertham donnera nombre de conférences et une commission sénatoriale est créée, commission qui débouchera sur la création du fameux Comic Code Authority, un organisme chargé de contrôler le contenu des publications accessibles à la jeunesse aux États-Unis.

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Le docteur Wertham, examinant un comic

Les comics vont subir durant cette période un véritable acharnement médiatique (des séances publiques de bûcher durant lesquels les enfants brûlent leur collection sont même organisées un peu partout aux États Unis), EC ne s’en relèvera pas et ferme ses portes en 1955, laissant derrière elle un héritage encore présent de nos jours.
Les comics EC ont vu des auteurs emblématiques travailler dans leurs pages, ces auteurs sont maintenant considérés comme des légendes : Wally Wood, Harvey Kurtzman, John Severin ou Jack Davis ont offert aux EC Comics leurs plus beaux récits et ont marqué de leur empreinte tout un média et un pan de la culture populaire mondiale.
Il faudra attendre le début des années 60 pour revoir de nouveaux des comics d’horreur dans les étals américains et l’apparition d’un autre éditeur emblématique dans le domaine, Warren Publishings. Fondé par James Warren en 1960, la maison d’édition publie tout d’abord deux magazines consacrés au cinéma fantastique et de science fiction : Famous Monsters of Filmland et Monster World, au succès quasi immédiat. Suivrons deux autres magazines, Spacemen et Help!.
James Warren introduit d’abord timidement ce qu’il appelle les monster comics dans le magazine Monster World avant de lancer ses premiers titres entièrement dédiés au genre en 1964 avec la publication des magazines mythiques Creepy et Eerie.

Ces magazines en noir et blanc vont de suite avoir un succès phénoménal, et pour ne pas avoir de problème avec le Comics Code Authority, James Warren va prendre une décision simple : Ne pas apposer le logo de l’organisme et s’en affranchir.
De ce fait ses magazines vont immédiatement tomber dans la catégorie des livres pour adulte et les auteurs seront du coup libres d’y raconter les histoires qu’ils souhaitent, sans aucune limitation de contenu.
Autre différence, Warren délaisse le format comics, qu’il juge à l’époque trop similaire à celui des comics pour la jeunesse, pour un format magazine, plus attractif pour une audience plus âgée.
Durant plus de dix ans, les publications Warren vont de nouveaux remettre sur le devant de la scène les comics d’horreur et c’est encore un véritable festival d’auteurs devenus aujourd’hui des légendes de leur média qui vont travailler sur ces magazines, d’une part la plupart des auteurs ayant œuvré sur les publications EC vont faire leur retour chez Warren, mais l’éditeur verra aussi émerger une nouvelle génération d’auteurs tous plus talentueux les uns que les autres, la liste est particulièrement longue mais ont peut citer pêle-mêle des auteurs comme Dave Cockrum, Berni Wrightson, Richard Corben, Rich Buckler ou Pepe Romano qui feront leur début dans les pages des publications Warren (2).

Suite à une baisse d’intérêt de la part du public, des choix éditoriaux et financiers hasardeux ainsi que des problèmes de santé de son créateur, James Warren, Warren Publishings est déclaré en banqueroute en 1983. C’est l’éditeur Dark Horse qui reprendra les droits des magazines Creepy et Eerie et dans un premier temps, et en rééditera les histoires emblématiques avant de relancer en 2009 Creepy et Eerie en 2012.
Pour finir, il est bon de souligner que même si les éditeurs emblématiques de ce genre sont EC et Warren, DC Comics et Marvel Comics ont eux aussi publié nombre de comics horrifiques, certes moins démonstratifs niveau thème et imagerie que les deux éditeurs historiques du genre mais de qualité globale plutôt bonne, voir parfois excellente : Ainsi DC Comics publiera des revues particulièrement intéressantes comme House of Mystery, Tales of the Unexpected Swamp Thing ou encore It’s MidnightThe Witching Hour. Du coté de chez Marvel, les titres Tomb of Dracula ou The Monster of Frankenstein surferont aussi sur la vague, mais sans vraiment s’écarter nettement du genre super héroïque comme l’a fait DC Comics.
Pour trouver des titres plus proches de ce style chez Marvel, il faut plutôt se diriger à l’époque vers la ligne Epic, un dérivé de Marvel plus accès sur des publications « adulte ».

Le comics d’horreur est un thème franchement très vaste et passionnant sur lequel il y a beaucoup plus à dire que le résumé très succin que je viens de faire ci-dessus, peut-être qu’un jour je m’y attarderai plus en détails…
Enfin bref, revenons à nos moutons et passons au livre de ce mois-ci, l’excellent mais énigmatique Lucy Loyd’s Nightmare ! Pourquoi énigmatique ? Excellent au point que Kurt Russel y fasse un caméo ? Mais pourquoi toutes ces questions et pourquoi je m’emballe autant ! ? Pour la dernière question je ne sais pas, pour les autres, réponse tout de suite  !

Lucy Loyd’s Nightmare est un comic d’horreur publié aux États-Unis chez le petit éditeur Jinx Comics et en France en 2014 par Delcourt, le scénario est écrit par Lucy Loyd et les dessins sont signés Mike Robb. Enfin la colorisation est d’une illustre inconnue, qui signe juste du prénom Beverly.

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Lucy Loyd’s Nightmare est un recueil d’histoires courtes d’horreur, toutes plus ou moins liées de façon directe ou indirecte.
Le livre s’ouvre sur un court récit d’introduction : Joey rencontre une de ses amies, Candy, sur une brocante. Après quelques quelques courtoisies d’usage, Joey est assez surpris de découvrir sur le stand de Candy un exemplaire du dernier livre de Lucy Loyd. En le feuilletant, Joey découvre que le protagoniste de la première histoire n’est autre que… Lui-même ! Avant même de se rendre compte de ce qu’il se passe, Joey est brutalement écrasé par un poids lourd.

La première histoire intitulée Love Grass, nous présente un homme récemment divorcé rendu particulièrement nerveux par le bruit des paysagistes œuvrant dans la cour de son immeuble, se rendant compte que les paysagistes travaillent aussi non loin de l’immeuble dans lequel vit sa femme, il va mettre au point une terrible machination afin de se venger de celle-ci.

7 La seconde histoire est titrée Bad Habits et nous emmène à l’époque du far west faire la connaissance d’un shérif particulièrement truculent, amateur d’histoires scabreuses et vulgaires qui un soir va se retrouver confronté à une armée de zombies bien décidés à lui faire la peau.
L’histoire suivante a pour titre A Good Man.
Encore enfant, Sam n’aspirait qu’à devenir quelqu’un de bien. Vingt cinq ans plus tard, il est un clochard alcoolique dont la providence viendra peut être d’Eddy un ancien camarade de classe, mais les apparences sont parfois trompeuses…
La quatrième histoire, Inside, est l’une des plus intéressantes :  Jim est un fan de Lucy Loyd et il attend chaque nouveau livre de l’auteure avec impatience. Cependant, il n’attend pas les livres pour les mêmes raisons que les autres fans : Jim est en effet convaincu d’être une création de Lucy Loyd et que celle-ci prend un malin plaisir à lui faire vivre des histoires toutes plus horribles les unes que les autres et de le faire survivre à chaque fois pour le tourmenter de nouveau.

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Dernière histoire, Préhistorock et c’est avec surprise que le récit s’ouvre sur une conversation entre Bob et Syphilis, respectivement un tyrannosaure en plastique et un poisson rouge. Bob est en fait le jouet favori de Tommy, leader du groupe de rock Let’s Get Kill. C’est en fait Bob qui écrit et compose toutes les chansons du groupe, Tommy le cachant dans son appartement et s’attribuant toute la renommée. Seulement Bob commence à en avoir assez et va échafauder un plan pour se venger du chanteur.
Chaque histoire est entrecoupée de petits interludes montrant le destin du livre que vous tiendrez pendant la lecture, jusqu’à ce qu’il atterrisse entre vos mains. Ces petites histoires sont présentées par un mystérieux personnage au visage sombre nommé Jack, particulièrement cruel et sadique. On retiendra notamment le destin tragique de Timmy, un petit garçon prisonnier du destin que lui a réservé Lucy Loyd.

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A-t-on vraiment encore besoin de présenter Lucy Loyd ?
Si vous êtes fan d’horreur, le nom de cette écrivaine ne vous est probablement pas inconnu, dans le cas contraire, voici une rapide présentation ! Lucy Loyd est une auteure d’horreur américaine très prolifique : Durant sa carrière elle a signé de nombreuses anthologies d’histoires d’horreur, toutes adaptées par la suite en comics.
La première est Lucy Loyd’s Fantasy, c’est d’ailleurs dans ce premier livre qu’apparait le personnage de Jim (3), que l’on retrouve dans l’histoire Inside. Suivrons ensuite et entre autres les livres Lucy Loyd’s Darkness et Lucy Loyd’s Madness.
Lucy Loyd est une personne très secrète : On sait juste d’elle qu’elle est très âgée, qu’elle est handicapée et qu’elle ne se montre quasiment jamais en public. Elle n’a, de plus, jamais dédicacé un seul de ses livres.
On la dit acariâtre et souvent désagréable avec les dessinateurs travaillant avec elle, le seul avec qui elle a avoué avoir eu plaisir à travailler étant Mike Robb qui signe d’ailleurs l’intégralité des dessins de ce recueil ainsi que l’encrage. Je n’ai par contre trouvé aucune information sur la coloriste, qui signe simplement du prénom de Beverly (4).

La maîtrise de Lucy Loyd dans le genre horrifique est en soit assez impressionnante : chaque histoire à une chute franchement très surprenante et imprévisible, même moi qui suis très aguerri à ce style d’histoire je fus très agréablement surpris par ce livre et ces petites histoires qui brassent assez large niveau thème et ambiance : Amoureux transis de monstres, zombies, psychopathes, meurtriers, les thèmes sont variés et malgré la violence de certaines histoires elles sont à chaque fois teintées d’une pointe d’humour noir assez rafraîchissante dédramatisant un peu le sordide des scènes.
De plus, comme je le dis plus haut, chaque histoire est plus ou moins liée directement de façon astucieuse et on se surprend à chercher chaque référence à telle ou telle histoire dans la suivante ou la précédente.
Le quatrième mur est également régulièrement brisé, impliquant le lecteur dans l’histoire qu’il est en train de lire et renforçant ainsi l’immersion.
Enfin, pour les connaisseurs, les personnages sont représentés avec l’apparence de personnalités plus ou moins connues de l’univers du fantastique et de l’horreur : Ainsi Jim, le « jouet » de Lucy Loyd est manifestement l’acteur Kurt Russel alors que son psychiatre est un sosie de l’éditeur James Warren (voir plus haut pour plus de détails). Je suis quasiment certain d’en avoir raté d’autres, mais je suis sûr que la plupart des personnages sont inspirés par des personnes réelles gravitant autour du monde de l’horreur imaginée.

Niveau dessins, Mike Robb fourni un travail exceptionnel : Son trait est fin et détaillé, de plus le coté sobre et réaliste du dessinateur sied parfaitement à l’atmosphère sombre et crû de l’ensemble des histoires. Un choix parfaitement adapté, la partie graphique étant sans conteste un point fort du livre.
Enfin la colorisation, volontairement old school avec ses teintes pâles et claires est également très bien vu, renforçant le coté « hommage » de ce recueil. Personnellement, j’aurais rajouté une colorisation tramée en points, comme sur les anciens comics afin de renforcer cet aspect, mais bon, je chipote.

Lucy Loyd’s Nightmare est un comic d’horreur absolument jouissif : A mi-chemin entre hommage aux EC Comics et histoires aux thèmes plus moderne, finement écris, intelligent et superbement dessins et mis en couleurs, c’est un véritable régal pour les amateurs d’horreur dessinés et même les autres. C’est également je pense un parfait point de départ pour qui voudrait avoir un premier contact avec le genre horrifique des comics d’horreur de style EC ou Warren, la maîtrise dont font preuve les auteurs sur ce livre étant absolument admirable et de plus, parfaitement abordable pour tout type de lecteurs.
Plus qu’un livre, une lecture plus que recommandable, Lucy Loyd étant de toute évidence une auteure à suivre de prés si vous ne la connaissez pas, mais je suis sûr qu’en tant que fan d’horreur vous avez très certainement déjà lu quelque chose d’elle, donc c’est un achat que vous avez forcément déjà fait.

Lucy Loyd’s Nightmare, de Lucy Loyd, Mike Robb et Beverly, disponible depuis le 2 avril 2014 chez Delcourt dans la collection Machination.


Bande annonce de Lucy Loyd’s Nightmare

Attendez, c’est quoi ce bruit derrière moi ? Qui êtes vous madame et qu’est ce que vous faites là… Si j’ai lu le livre ? Oui, et j’ai beaucoup aimé… Me le dédicacer, euh oui… Mais pourquoi vous m’appelez Jim  ? D’accord… Non…
Je ne sais pas ce qu’il m’a pris d’écrire sur ce livre…

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Je les entends gratter la porte… Aidez-moi…

1 : Stephen King et George A Romero se sont même rejoints l’espace d’un film afin de rendre un vibrant hommage sous forme d’un film à sketchs, Creepshow que j’ai déjà chroniqué dans cette rubrique.

2: Warren sera aussi un des premiers éditeurs à faire travailler des auteurs internationaux sur ces publications, notamment des auteurs espagnols.

3  : Jim est un personnage récurrent des histoires de Lucy Loyd, notamment pour ces histoires durant lesquels il affronte les Junkmunks, des gremlins sanguinaires habillés comme des musiciens hippies des années 60.

4  : La maison d’édition Jinx Comics, Lucy Loyd, Mike Robb et Beverly n’existent pas

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Batwoman #3 : la preview


Les aventures de l’agent Kane se poursuivent la semaine prochaine, au programme espionnage, cours de drague (je vais prendre des notes) et sauts dans le passé. Soit dit en passant ça fait du bien de la voir avec sa coupe de cheveux classique, et oui, je fais ma puriste et j’assume totalement.

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Jolie Couv’


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Ce n’est pas une, mais plus de 100 couvertures que j’aimerais vous présenter aujourd’hui, via l’album Wonder Woman 75th Anniversary Special paru chez DC en octobre dernier. L’organisation caritative Hero Initiative (qui vient en aide financièrement aux artistes dans le besoin) a sollicité une centaine d’illustrateurs afin qu’ils remplissent la version blank cover de ce numéro qui célébrait les 75 ans de notre fière amazone l’année dernière.

Et le résultat est superbe : 111 couvertures viennent d’être dévoilées sur le site d’Hero Initiative avec des pièces vraiment somptueuses dont je vais partager une infime partie ici, chacune d’entre elle sera vendue aux enchères lors de trois événements et lieux différents durant les deux prochains mois.

Alan Davis, Cliff Chiang, Jenny Frison, Adam Hughes, George Pérez, Steve Rude, Nicola Scott, Philip Tan, Rick Leonardi, Tim Sale, Jose Luis Garcia-Lopez… la liste des participants est tellement longue qu’elle en est délirante.

Toutes ces couvertures vont être rassemblées dans un recueil intitulé Wonder Woman 100 Project qui sera disponible courant juin, et dont les recettes iront également à Hero Initiative.

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