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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 29


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Eerie & Creepy présentent Bernie Wrightson

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Il y a parfois des moments où l’actualité vous rattrape et mon statut de simple collaborateur sur un blog ne me fait pas déroger à la règle…
Je ne vais pas vous cacher qu’à la base, un autre « Jeudi » sur un tout autre thème était prévu mais le décès prématuré de Bernie Wrightson dimanche dernier m’a brusquement fait changer mes plans. Exit donc ma première idée, et place à un autre hommage (j’en ai déjà fait un « à chaud » ici) à ce grand maître de l’horreur dessinée !

Bernie Wrightson est surtout connu des fans de comics pour sa légendaire itération illustrée du Frankenstein de Mary Shelley, mais l’artiste a également beaucoup travaillé pour les magazines d’horreur Warren Publishing, particulièrement les mythiques revues Eerie et Creepy, durant les années 70 (de 1974 à 1978 pour être plus précis) et c’est l’intégralité de ces travaux pour ces deux magazines que propose l’éditeur Delirium dans cet album (1).

L’album reprend donc l’ensemble des histoires réalisées par Bernie Wrighston pour les deux magazines est force est de reconnaître à la lecture de cet ouvrage que le dessinateur a un peu touché à tout les genres et ambiances, petit tour d’horizon des histoires présentes et sur son contenu.

Le livre s’ouvre sur une longue préface de Bruce Jones, le scénariste, ami et collaborateur de Bernie Wrightson revient avec nostalgie, humour et passion sur son amitié avec l’artiste au gré de nombreuses anecdotes. Une bien belle façon de commencer le livre qui confirme, si il en était encore besoin, de la valeur aussi bien humaine qu’artistique de l’artiste. Cette préface prend encore plus de sens et de symbole depuis son décès car elle prouve encore une fois que Bernie Wrightson était en plus d’être un artiste exceptionnel, une personne admirable.

Les histoires sont classées en deux parties, celles publiées dans Creepy, puis ceux publiées dans Eerie.

Le Chat Noir (The Black Cat) adaptation de la nouvelle d’Edgar Alan Poe

Paru dans Creepy #62 de mai 1974

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Un homme jaloux du chat de sa femme va peu à peu sombrer dans la folie jusqu’à commettre l’irréparable, un classique de la littérature horrifique ici adapté par Bernie Wrightson.

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Bien avant Frankenstein, Wrightson montrait déjà sa passion pour les classiques de l’horreur avec cette adaptation de toute beauté. Les dessins de l’artiste, comme pour Frankenstein, bien loin de seulement adapter l’histoire originale, la magnifie en lui donnant une véritable identité : Le style gothique, sombre, psychologique et malsain de Poe est ici parfaitement retranscrit par Wrightson.
Bien plus qu’une adaptation, c’est un véritable hommage qu’il rend à ce classique de la plus belle des manières. On y perçoit d’ailleurs les prémices de son futur chef d’œuvre avec une obsession du détail, notamment dans les décors.
Une histoire charnière pour l’artiste, un must read.

Jenifer, histoire écrite par Bruce Jones, dessinée par Bernie Wrightson

Parue dans Creepy #63 de juillet 1974

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Un chasseur surprend dans les bois un homme tentant de tuer par décapitation une jeune femme. Le chasseur tire sur l’homme qui, agonisant dans ses bras, n’a le temps de prononcer que le nom de la fille, « Jenifer ». Le chasseur recueille l’infortunée pour s’apercevoir qu’elle a un visage difforme et ne peut pas parler. Touché par la détresse de la pauvre créature, le chasseur l’accueille chez lui, au sein de sa petite famille. Mais la présence de Jenifer au sein du foyer va vite devenir problématique…

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De toute les histoires de cet album, Jenifer est sans conteste ma préférée : Malsaine, la sensation d’attraction / répulsion pour Jenifer est palpable au travers des dessins de Wrightson et le lecteur est vite chamboulé entre la pitié et la haine pour cette créature pathétique et monstrueuse et son malheureux bienfaiteur. Une histoire troublante, magnifiquement mise en image par Wrightson.

Clarice, histoire de Bruce Jones, dessinée par Bernie Wrighston

Parue dans Creepy #76 de février 1977

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Un homme se remémore les bons moments passés avec sa défunte femme tandis que le fantôme de celle-ci semble le harceler à l’extérieur de chez lui durant une tempête de neige.
Encore une histoire particulièrement troublante, quasiment onirique, dont la chute est certes assez commune mais surprenante. L’histoire est courte mais loin des canons de ce genre de récit : Ici point de scènes de violence où de monstre hideux, le ton est triste, presque nostalgique jusqu’à la révélation finale, cette chute étant en fait le seul impondérable de cette histoire. Une histoire différente mais particulièrement réussie.

Les Rats des Champs (Country Pie) scénario de Bruce Jones, dessins de Carmine Infantino, encrage de Bernie Wrightson

Parue dans Creepy #83 de octobre 1976

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Un homme prend en auto-stop une jeune femme et son petit frère, croyant bien faire, il se retrouve malgré lui la victime d’une machination diabolique. Dans le même temps, deux policiers suivent, sans grande conviction, les directives d’une médium concernant un tueur en série. Les deux affaires seraient-elles liées  ?

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Une histoire assez surprenante, à la chute plutôt bien vue et différente de la majorité de ce genre d’histoire, ce qui la rend d’autant plus intéressante.

Seulement encrée par Bernie Wrightson, cette histoire est dessinée par le grand Carmine Infantino, à l’époque dans une période creuse de sa carrière. Infantino venait d’être renvoyé de chez DC Comics et Bruce Jones et Bernie Wrightson décidèrent de l’aider en lui confiant les dessins de cette histoire. Pour la petite anecdote, à l’époque où Wrightson commença à travailler pour DC Comics, Infantino était la star incontestée de DC, lorsqu’il fut congédié, il se retrouva dans un petit bureau de Warren Publishing et c’est là que Jones et Wrightson le retrouvèrent. Touchés par sa situation et se souvenant de l’aide qu’il lui avait apporté au début de sa carrière, Wrightson lui proposa les dessins de cette histoire. Infantino en dessina une autre, toujours encrée par Bernie Wrightson dont je vais parler de suite.

Dick Swift et sa bague de force électrique  ! (Dick Swift and his electric Power Ring  !) écrit par Bill DuBay, dessins de Carmine Infantino et encrage de Bernie Wrightson

Parue dans Creepy #86 de février 1977

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Peter est un jeune garçon très malade. Malgré les traitements, son état ne fait qu’empirer et alité, il ne fait que discuter avec son meilleur ami, le vieux monsieur Music et lire les comics de Dick Swift, son héros favori. Un jour il commande l’arme favorite de son héros, la fameuse bague de force électrique et une fois en sa possession, cette bague va lui redonner espoir, de la plus belle des façons.

Une histoire particulièrement touchante, en décalage complet avec les thèmes de la plupart des histoires habituellement publiées dans Creepy. Une véritable réflexion sur l’utilité des héros imaginaires et leur influence, à lire absolument.

Une saga martienne (A Martian Saga) histoire de Nicola Cuti, dessins de Bernie Wrightson

Publiée dans Creepy #87 de mars 1977

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Un mystérieux personnage masqué arpente les paysages de Mars sans but lorsqu’il assiste quasiment impuissant au massacre d’un petit village et ses habitants des mains d’un monstre horrible. Arrivé trop tard, il abat le monstre et sauve une jeune femme. Mais ce sauvetage était il vraiment une bonne chose pour lui  ?

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On sort de l’horreur pure pour la science fiction sombre et violente avec cette histoire. Le récit est relativement court mais les deux auteurs aux commandes réussissent à créer malgré cela une véritable ambiance glauque et malsaine et presque désespérante. L’histoire est de plus sans paroles, narrée par le personnage principal sous forme d’un poème. Un très bon moment de lecture.

L’Homme qui rit (The Laughing Man) scénario de Bruce Jones, dessins de Bernie Wrightson

Publiée dans Creepy #95 de février 1978

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Dans une colonie africaine, un homme en guenilles apparait un beau jour et réclame à boire. L’homme, épuisé, semble être sujet à une crise de démence, ne pouvant s’empêcher de rire. Une fois calmé, il raconte alors son histoire : Lui et son meilleur ami étaient partis en expédition pour découvrir une tribu légendaire de singes civilisés, mais leur expédition va vite virer à l’horreur…

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Une histoire sordide et glauque, typique du magazine Creepy à la chute aussi invraisemblable qu’horrible, magnifiquement mise en image par un Bernie Wrightson au top de sa forme : En résumé, du très bon comic d’horreur, l’une des meilleures histoires de ce recueil.

Le monstre de Pepper Lake (The Pepper Lake Monster) scénario et dessins de Bernie Wrightson

Publié dans Eerie #58 de juillet 1974

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Summers est un homme obsédé par la chasse aux monstres, mais il n’en a jamais rencontré aucun… Jusqu’au jour où son obsession devient réalité et son chemin fini par croiser celui d’une immense créature marine à Pepper Lake. Le monstre devient son obsession et le capturer sa raison de vivre. Mais les habitants de Pepper Lake ne semblent pas du même avis.

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Une histoire très inspiré par le monstre du Loch Ness, qui donne une image assez caustique des habitants du fameux lac. Originale et cruelle, une histoire qui même si elle est typique des productions Warren est magnifiée par le talent de Bernie Wrightson.

Quand la nuit tombe (Nightfall) scénario de Bill DuBay, dessins de Bernie Wrightson

Parue dans Eerie #60 de septembre 1974

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Némo est un petit garçon bien malchanceux : Toutes les nuits des monstres surgissent des coins sombres de sa chambre pour l’emmener dans leur monde. Personne ne le croit et chaque nuit Némo espère que ça ne sera pas sa dernière nuit… Au grand dam de ses parents, forcés chaque nuit de le rassurer.

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Entre peurs enfantines et monstres hideux, cet hommage au Little Nemo de Winsor McCay est absolument jouissif, principalement pour les dessins de Wrightson qui démontre toute l’étendue de son talent pour dessiner des monstres. Chaque planche est un ravissement et l’amateur de monstruosités en tout genre y trouvera sans problème son compte  !

Un air glacé (HP Lovecraft’s Cool Air) adaptation de la nouvelle de Howard Phillips Lovecraft par Bernie Wrightson

Publiée dans Eerie #62 de janvier 1975

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Un homme raconte sa phobie des courants d’air au travers d’un de ses souvenirs de jeunesse. Alors jeune employé d’un journal, il découvre un jour une tâche d’ammoniaque au plafond de son petit appartement. L’infiltration le fait se sentir mal et c’est tant bien que mal qu’il va se plaindre à son voisin du dessus. Il y découvre Mr Munoz, un vieil homme forcé de vivre dans un appartement aux températures glaciales. Mais un jour, le climatiseur du vieil homme tombe en panne, et ainsi commence une aventure aussi invraisemblable que terrible pour notre pauvre héros.

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Après Edgar Alan Poe, c’est au tour de HP Lovecraft de se voir être adapté par Bernie Wrightson et encore une fois c’est une grande réussite : L’histoire originale gagne ainsi un coté visuel assez impressionnant, Wrightson mettant encore une fois beaucoup de passion à illustrer cette histoire, cette passion transpirant à chaque planche. Une histoire à classer parmi les classiques de Bernie Wrightson, ni plus ni moins.

Reuben Youngblood  : Détective Privée  ! (Reuben youngblood  : Private Eye !) scénario de Budd Lewis, dessins de Howard Chaykin et Bernie Wrightson

Parue dans Eerie #72 de février 1976

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Reuben Youngblood est un détective privé avide d’aventures, ainsi lorsqu’un de ses amis lui confie une enquête, ce n’est ni une ni deux que le fougueux détective monte à bord d’un zeppelin pour y mettre à jour un trafic… De sang humain ! Une aventure rocambolesque qui va amener notre aventurier à se coltiner des vamps au physique avantageux ainsi que des industriels nazis.

Changement de style pour cette histoire d’aventure dessinée à quatre mains par Howard Chaykin (dessins) et Bernie Wrightson (finitions et encrage). L’histoire est typique de celles que l’on pouvait lire dans les pulps des années 30 et en est un hommage à peine dissimulé. Le ton léger et aventureux de ce récit détonne assez singulièrement avec les autres histoires de l’ouvrage, de plus l’histoire est très verbeuse, rendant sa lecture parfois un peu laborieuse, mais le côté un peu rétro qui s’en dégage la rend néanmoins assez agréable à lire.

Le monstre de boue (The Muck Monster) scénario et dessin de Bernie Wrightson

Publiée dans Eerie #68 de septembre 1975

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Il est une créature sans âme, née de la science d’un savant fou pour qui sa création n’a aucune valeur. Sacrifiée, la créature réussira malgré tout à revenir à la vie pour réclamer une explication à son existence.

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Seule récit de l’ouvrage en couleur, cette histoire est intéressante surtout pour le fait que l’on est en présence d’un premier jet manifeste du futur Frankenstein de Bernie Wrightson : Des ambiances du récit au look des personnages, tout y est déjà.
Wrightson étant peu habitué aux récits en couleurs, elle apporte néanmoins ici une touche supplémentaire au travail de l’artiste et donne une idée de ce à quoi aurait pu ressembler une version colorisée de son chef d’œuvre. Une histoire essentielle dans la carrière de l’artiste, à lire absolument pour tout fan de Wrightson.

Cette histoire conclu de façon admirable un ouvrage tout aussi admirable, mais ce n’est pas fini  !

Ultime chapitre du livre, une galerie d’images constituée des frontispices (2), illustrations et couvertures que Bernie Wrightson a réalisé pour les deux magazines sont proposés et autant être franc, c’est un véritable déluge visuel, un ravissement pour les amateurs d’horrible, ces illustrations étant de véritables pépites pour les fans d’horreur dessinée.

La galerie s’ouvre d’ailleurs sur un dessin que Bernie Wrightson avait fait alors qu’il n’était qu’un lecteur de ces revues, dessin qui fut publié à l’époque dans le courrier des lecteurs, comme quoi à force d’efforts et de talent, tout est possible.

Un dernier mot sur l’édition française et autant dire que Delirium n’a plus rien à prouver, leurs ouvrages étant de véritables modèles de professionnalisme : Grand format, couverture rigide, papier glacé, impression et traduction impeccables (traduction signée par Doug Headline aka Tristan Jean Manchette), cet ouvrage est à l’image des autres publications de l’éditeur, un objet de toute beauté.

Eerie & Creepy présentent Bernie Wrightson est un ouvrage que tout fan de l’artiste ou même de comics d’horreur se doit de posséder : C’est clairement un ouvrage de référence, magnifiquement édité, limite indispensable.
Je n’ai rien d’autre à ajouter, personnellement j’ai dû le lire cinq ou six fois et je n’ai qu’une seule envie, refaire la connaissance de Jenifer, Clarice, Némo et tout les autres créatures immortalisées par Bernie Wrightson ! Si comme moi vous voulez faire le chemin, courrez vous procurer cet ouvrage et entreprenez vous aussi ce voyage au cœur des ténèbres, vous ne serez pas déçu.

Eerie & Creepy présentent Bernie Wrightson, disponible en France depuis le 19 novembre 2014 chez l’éditeur Delerium.

1 : Pour les plus complétistes, il ne manque dans cet album qu’une histoire back-up de deux pages publiées dans Vampirella (un autre magazine de Warren Publishing) intitulée The Believer pour avoir l’intégralité des travaux de Bernie Wrightson pour Warren Publishing. Mais heureusement, cette histoire a été publiée en France dans le magazine Special USA #14 sous le titre «  Le Dieu Cornu  ».

2 : Les frontispices sont des illustrations pleine page, présentant une histoire. Dans les revues d’horreur, elles mettent souvent en scène un narrateur, présentant de façon ironique et macabre le récit qui va suivre.

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Wraithborn : la review de Julien Lordinator


Rapide review  : Wraithborn Tome 1

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Joe Benitez a la côte : Depuis le succès de sa série Lady Mechanika, un véritable coup de projecteur sur cet artiste et son travail assez méconnus dans nos contrées (il était surtout connu des fans de l’univers Top Cow) a été donné. C’est donc à la faveur de cette nouvelle notoriété qu’arrive chez nous Wraithborn, une mini-série en 6 épisodes publiée 10 ans avant Lady Mechanika, en 2005 / 2006.
J’avais déjà parlé de Lady Mechanika (ici, et je vais très probablement en reparler assez rapidement), et mon avis fut assez mitigé. Qu’en est-il de Wraithborn ? Réponse maintenant.

All you need all you need
All you need
Is not what you’re getting 

All you live all you give
All you live
Fits in a teardrop

The Gathering – Monsters (Extrait de l’album Souvenirs, 2003)

Wraithborn, c’est l’histoire de Mélanie, une jeune adolescente comme les autres : Timide, effacée et même un peu lâche, elle vit seule avec son père depuis le décès de sa mère et jongle entre sa passion pour la lecture, son petit boulot dans une librairie, les études et sa seule amie, Zoé.
Un soir, après une dure journée, Mélanie va se recueillir sur la tombe de sa défunte mère et se retrouve nez à nez avec un gigantesque personnage livrant bataille à une horde de monstres. Mélanie tente de s’enfuir mais est rattrapée par le colosse qui pratique sur elle un rituel avant de mourir, sous le choc, Mélanie s’évanouit… A son réveil, elle est chez elle, dans son lit et ne se souvient plus vraiment si il s’agissait d’un cauchemar ou de la réalité. Mais des visions de monstres en tout genre vont vite lui faire prendre conscience qu’il ne s’agissait pas d’un rêve : Mélanie est maintenant la détentrice du Wraithborn, un pouvoir mystique très convoité.

Le scénario est signé Marcia Chen et Joe Benitez est ma foi, encore loin d’être à la hauteur de sa partie graphique…

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Je reprochais déjà à Lady Mechanika une certaine faiblesse au niveau du scénario, notamment un gros effet de déjà-vu et force et de constater que Wraithborn souffre du même défaut… Cette histoire, à quelques détails prés, est un véritable copié collé d’une autre série que, si vous suivez régulièrement ce blog, vous avez déjà entendu parler : Witchblade.

Certes les héroïnes des deux séries ont des caractères opposés (Sara, l’héroïne de Witchblade est une femme flic volontaire et dure alors que Mélanie est une jeune femme timide et effacée), mais les deux histoires ont des points communs plus qu’évidents : On retrouve le même genre de personnage, le grand ténébreux aux sabres, nommé ici Valin (le même genre que Nottingham dans Witchblade), la méchante surpuissante Brijit (sorte de fusion entre Kenneth Irons dans Witchblade et L’Angelus de The Darkness), la chasseuse de monstres dont le look est quasiment identique à celui de Magdalena (un autre personnage Top Cow) ou encore l’organisation secrète (qui n’est pas sans rappelé le clergé de la mini-série Magdalena ou la Confrérie des Ténèbres dans The Darkness).
De plus, certains détails de l’histoire sont aussi flagrants : L’héroïne de Wraithborn se retrouve, comme dans Witchblade, en possession d’un pouvoir séculaire et surpuissant par accident et le refuse dans un premier temps avant de l’accepter, elle reçoit de l’aide d’une vielle femme tenant une boutique d’objets occultes, de même, dans un des arcs de la série Witchblade, Sara reçoit l’aide… D’un vieil homme tenant une boutique d’objets occultes.

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A ce niveau, ce n’est plus que des points de détails en commun, les deux séries étant vraiment trop proches pour que ce ne soit que du hasard, Wraithborn étant quasiment une déclinaison adolescente de Witchblade.
A l’époque, Joe Benitez vient tout juste de quitter le studio Top Cow et ça ne m’étonnerait pas qu’il ait pensé cette histoire comme une partie intégrante de cet univers ou été encore très influencé par son travail au sein de cet éditeur, enfin bref. De plus, la fin ouverte ne laisse aucune ambiguïté sur la volonté des auteurs d’en faire une série régulière, ce qui ne fut visiblement pas le cas.

Visuellement, on a comme pour Lady Mechanika du Joe Benitez pur jus : Même si il a été assisté pour les décors (par Martin Montiel, dont j’avais déjà parlé dans mon article sur The Unforgiving, ici), c’est visuellement très impressionnant. Le niveau de détails des planches est hallucinant, les personnages sont visuellement très beaux et l’esthétique si caractéristique des monstres et créatures de Benitez fait une nouvelle fois mouche. Wraithborn est donc comme pour la plupart des travaux de Joe Benitez quasiment irréprochable d’un point de vue graphique et confirme le talent du dessinateur, si il le fallait encore le souligner…

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Pour ce qui est de cette édition française, Glénat Comics nous propose l’intégralité de la mini-série, soit les six épisodes dans un hardcover et la qualité de l’ouvrage est comme nous l’a habitué cet éditeur, sans faille et exemplaire.

Ai-je été convaincu par Wraithborn ? Vous avez dû comprendre que non, mais je pense que c’est une question de point de vue et d’expérience de lecteur, je vais revenir là-dessus un peu plus bas. D’un côté, malgré son aspect visuel, ses points communs et similitudes avec les productions Top Cow sont beaucoup trop évidentes et ceux qui comme moi sont rompus à ce genre de récits seront gênés par ces points communs, beaucoup trop présents et évidents. D’un autre côté, si vous ne connaissez pas les productions Top Cow, je pense que Wraithborn peut être aisément appréciable : C’est très beau (Benitez oblige) et l’histoire va à cent à l’heure et se laisse suivre facilement.
Tout est question d’expérience de lecture pour apprécier Wraithborn, à savoir dans quelle catégorie de lecteurs vous rentrez.

Wraithborn tome 1  : Renaissance, de Marcia Chen et Joe Benitez, disponible depuis février 2017 chez Glénat Comics

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I left my heart in Coryana


Batwoman Head

Il est donc enfin là, ce premier numéro de Batwoman Rebirth (à ne pas confondre avec Batwoman : Rebirth #1 sorti le mois dernier et faisant surtout office de #0, un consensus de bon niveau entre les adeptes de longue date et les nouveaux convertis via la série Detective Comics), un opus qui se veut être un nouveau départ pour notre héroïne culte, mais qui comprend tout de même assez de fan service pour caresser dans le sens du poil les quelques vieux lecteurs que nous sommes ici.

Malgré (ou à cause) de ma dévotion sans borne pour cette héroïne (je vous invite à lire les 165 autres billets déjà écrits à son sujet), il n’est pas chose aisé de ne pas voir d’un œil suspect cette nouvelle série consacrée à Batwoman. Certes, on retrouve Marguerite Bennett,  James Tynion IV et Steve Epting, des d’artistes qui ont fait leurs preuves et qui ont une réelle légitimité ici, quant aux vœux pieux de DC, ils sont également les bienvenus…

Mais la plaie reste encore tellement ouverte qu’il faudra je crois plus d’un premier numéro, aussi réussi soit-il (c’est effectivement le cas), pour faire oublier un passé  parfois douloureux concernant notre Déesse de Gotham.

Ironie du sort, les nouvelles aventures de Batwoman ont elles aussi une connexion avec une période de sa vie parmi les plus sombres, intitulée The lost year et correspondant à sa mise en abîme (dans tous les sens du terme, d’ailleurs dans ce numéro on remarquera un splendide graphisme de la part de Steve Epting sur ces quelques flash-back) liée à son renvoi de West Point pour cause d’homosexualité.
Mais les premières pages de ce numéro sont bel et bien encrées dans le présent, d’un exotisme digne des meilleurs films de James Bond. Car outre le fait que la scène d’ouverture se déroule en plein cœur du Grand Bazar d’Istanbul (l’exotisme est donc au rendez-vous, et croyez-moi dans mes souvenirs ce site majestueux est d’une splendeur autant visuelle qu’olfactive et auditive), Kate Kane a également droit aux dernières ressources technologiques dignes des films où officient Miss Moneypenny et Q, tous deux incarnés ici en la seule personne de Julia Pennyworth.
Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il existe une certaine défiance entre les deux femmes qui vont devoir sans doute s’apprivoiser au fil des épisodes, nous sommes bien loin de la relation fusionnelle entre Bruce et Alfred.

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Alors ça, c’est pour la nouveauté (ou du moins il n’y a pas eu un seul moment où j’ai regretté de la retrouver dans l’espace) : la nouvelle série Batwoman est un savant mélange d’aventure et d’espionnage où son héroïne continue mine de rien de s’émanciper de sa figure tutélaire.
Mais qu’en est-il du respect de sa mythologie et par la même occasion de celui de ses premiers fidèles ?
Tout comme dans le précédent numéro (rappelez-vous l’allusion à Alice au Pays des Merveilles), ici encore nous avons droit à des clins d’œil sympathiques mais qui je l’espère ne deviendront pas redondant. Car à force tout cela va devenir à mon sens un petit peu lourd…
Je veux parler entre autre de la phrase He’s gonna get my boot in his face, référence à peine voilée de la couverture du Batwoman #o version New 52, ainsi que le yacht servant de base opératoire dans cette nouvelle aventure et prénommé Séquoia, arbre mythique pour la dynastie des Kane qui n’aura pas survécu à l’assaut de l’Hydre…
Malgré tout ce fan service, l’une des questions qui me taraudaient l’esprit était de savoir si nous allions retrouver Bette Kane dans ces nouvelles aventures en plus d’un autre personnage diablement emblématique teasé dans l’opus précédent. Et bien il suffit de lire ce numéro pour en avoir la réponse ^^

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Je ne vais donc absolument pas me plaindre, Batwoman est bel et bien de retour et rien ne peut me rendre plus heureuse actuellement en terme de parution mensuelle.
Mais soyons direct, les Anciens ne pourront que ressentir un manque. Pour les connaisseurs, l’erreur fondamentale serait de vouloir comparer cette nouvelle série avec les précédents travaux de Rucka, Williams III et Blakman. Actuellement, réjouissons-nous d’abord que les nouveaux artistes crédités se sentent aussi impliqués, mais restons vigilants, car il est des personnages qui ne sauraient sombrer dans la demi-mesure.
Mais ce n’est nullement le cas ici, pour le moment.

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Batwoman #1 : la preview


Cette journée ne peut être que magique : Il fait beau, je suis de repos, et Batwoman va mater du monstre en plein Grand Bazar d’Istambul, un endroit magnifique que j’ai eu la chance de visiter il y a des années de cela.
Istambul est l’une des plus belles villes du monde, et je suis toujours ravie de la voir être représentée dans un comic-book, comme ce fut le cas le temps d’une case dans le Supergirl de Mahmud Asrar.

Voir Batwoman rependre ses aventures d’une aussi belle manière me fait grandement plaisir et il me tarde de lire la suite, ce qui ne saurait tarder puisque ce numéro #1 sort aujourd’hui.

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Losing my religion


C’est décidément la période des come-back et pas uniquement en ce qui concerne les éditrices chevronnées, les héroïnes semblent être elles aussi de la partie, du moins une dont on avait pas eu de nouvelles depuis un bail et dont la précédente série régulière (écrite par l’excellent Ron Marz) datait de 2010 et n’avait duré que 12 numéros.

Magdalena est un personnage que les fans de Top Cow connaissent bien. Apparaissant pour la première fois en 1998 et évoluant au sein des différentes séries phares de l’éditeur, Darkness et Witchblade, elle est au même titre que ceux-ci incarnés par différents protagonistes tout au long de l’histoire de l’humanité.
La Magdalena de notre époque contemporaine se prénomme Patience, et comme ses ancêtres descend de l’union entre Jesus Christ et Marie Madeleine.
Choisie pour protéger l’Eglise Catholique contre les forces du Mal et autres monstres répugnants, celle-ci semble être sur le point de céder sa lance légendaire à une nouvelle propriétaire, plus jeune, beaucoup plus rebelle, prénommée Maya et descendant elle même d’une lignée mystique.

Inspirés par la relation mentor/apprenti entre Bruce Wayne et Terry McGinnis dans Batman Beyond, (moi je penserai plus à Barbara Gordon/Stephanie Brown dans la série Batgirl pré N52) les scénaristes Tini Howard et Ryan Cady souhaitent apporter un sang neuf au statut de Magdalena dans l’univers Top Cow sans laisser de côté celle qui a contribué à son succès.
Cette nouvelle série se veut également être un retour aux sources, graphiquement plus proche de ce qui se faisait chez l’éditeur à la fin des années 90, et ce grâce au dessinateur Christian Dibari.

Magdalena #1 sort donc le 22 mars prochain, nous suivrons ici ses nouvelles aventures avec beaucoup d’attention.

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Run Kara, run.


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Que l’on apprécie ou non la série TV consacrée à Supergirl et diffusée sur le network CW, il faut bien reconnaître que ce programme aura permis à Kara Zor-El de se voir être dotée d’un nouveau statut, à commencer par celui fourni par son éditeur/exploitant qui va choisir de décliner ce personnage à travers différentes orientations : Tout d’abord à destination du jeune public via sa présence dans la série animée DC Super Hero Girls (à vrai dire les deux séries sont sorties à peu près au même moment), puis dans la mini-série Adventures of Supergirl, écrite par Sterling Gates et illustrée entre autre par Bengal, qui est en quelque sorte un complément de la série TV.
On notera également son retour dans une série régulière parmi les titres Rebirth de DC Comics,  et qui repend d’ailleurs beaucoup de détails provenant du show télé lui-même.

Et puis il y a Supergirl : Being Super, une mini-série de quatre numéros au format de 45 pages illustrée par Joëlle Jones et écrite par Mariko Tamaki, dont la moitié a été publiée à ce jour, et il était temps que je vous parle de ce petit bijou, car oui encore une fois, Kara va avoir une place de choix sur ce blog…

A la lecture de ces deux premiers numéros le ton est donné, dans cette mini-série il n’y a pas de Superman. Kara est Kal-El sur cette itération du mythe Kryptonien.
Recueillie par un couple d’agriculteurs alors que sa navette s’est écrasée au beau milieu de leur champ de maïs, l’enfance de Kara (qui arrive sur Terre à l’âge de 8 ans) n’est pas le centre d’intérêt de cette histoire, c’est bel et bien son adolescence, alors que la jeune fille s’apprête à avoir 16 ans, que Mariko Tamaki a décidé d’explorer, à travers de nombreuses pistes qui je crois pourraient mine de rien faire de cette mini-série un must have en terme de BD sur les sujets concernant l’adolescence d’un point de vue générationnel, au même titre que Ghost World en son temps.
Je suis encore dans le conditionnel, les 2 autres numéros n’étant pas encore sortis…

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A première vue,  Supergirl : Being Super s’apparente beaucoup avec la mini-série publiée en 2015 et écrite par Max Landis, Superman: American Alien qui revisitait elle aussi de façon moderne et générationnelle l’histoire de Kal-El, à commencer par son enfance et bien au delà.

Le fait est que les autrices responsables de cette mini-série savent absolument de quoi elles parlent. J’avais déjà vanté les mérites de Mariko Tamaki via son oeuvre co-produite avec sa cousine  Jillian Tamaki, Cet Eté là, publié chez Rue de Sèvres, tout comme ceux de Joëlle Jones (qui avait signé le génial Lady Killer, disponible chez Glénat Comics), et il faut avouer  qu’ici leur association fait merveille.
Dans Supergirl : Being Super, on retrouve le génie qu’a la scénariste pour décrire avec toujours autant de justesse les émotions et les réactions que tout un chacun a pu vivre pendant cette période tumultueuse qu’est l’adolescence. Tamaki nous fait découvrir l’environnement de Kara, ses amies, sa famille, ses entraînements d’athlétisme dans un format très proche de celui des séries TV que l’on trouve justement sur la chaîne CW. Je pense même que Being Super pourrait faire un excellent pilote si jamais il existait une série consacrée à la jeunesse de Supergirl.

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Ici Kara est une adolescente de ce qui a de plus normale (du moins en apparence), qui passe de très bon moments avec ses meilleures amies, qui a souvent du mal à communiquer avec ses parents et qui ne peut pas se passer de son téléphone portable. Sans se perdre dans les clichés, l’autrice nous dépeint une jeune fille authentique qui est sur le point de vivre de très grands bouleversements.
Même si elle ne connait pas ses origines ni l’étendu de ses pouvoirs (qui semblent d’ailleurs lui faire parfois défaut pour des raisons que l’on ignore encore), Kara a très bien su s’intégrer et mène une vie sans encombres jusqu’au jour ou un violent séisme dévaste la petite ville de Midvale. Alors que certains scénaristes se seraient précipités (c’est le cas de le dire) dans l’héroïsme facile compte tenu du personnage, ici il n’en est rien, le drame frappe notre héroïne de la plus cruelle des manières.

J’ai rarement pu lire un comics traitant du deuil de manière aussi juste et sensible que celui-ci. Lorsque l’on perd quelqu’un qu’on aime, il n’y a plus rien autour de nous. Vous-même, pendant un moment vous cessez d’exister. Vous agissez comme un automate par pur instinct de survie, mais vous n’êtes plus là.
Cette sensation de vide sidéral, d’avoir l’impression d’être une « vieille éponge » est retranscrite ici avec tant de brio que ce Supergirl : Being Super est sans doute la meilleure histoire jamais écrite sur Supergirl à ce jour.

Joëlle Jones excelle à représenter Kara en une adolescente en pleine mutation corporelle, sa mise en scène est toujours aussi dynamique, et l’expression de ses visages en totale adéquation avec les écrits de sa scénariste. Les couleurs de Kelly Fitzpatrick sont quant à elles sublimes, accentuant les effets dynamiques et dramaturgiques en quelques nuances le temps d’une seule scène (celle où Kara atteint le mur du son).

Ces deux numéros sont une réussite absolue, car ils explorent une vision d’un de mes personnages favoris comme rarement il m’a été donné de voir. Kara Zor-El est une héroïne magnifique qui mérite les plus belles histoires et Supergirl : Being Super est en train d’accomplir ce miracle, là, sous nos yeux ébahis. Il faut que je retourne chez mon père pour recommencer à sauter du haut de sa table de jardin, avec un peu de chance je réussirai enfin à voler.    

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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 28


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Aliens Versus Predator : 3ème partie

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En France, quand on parle de Aliens Vs Predator, depuis quelques années on pense surtout à deux films à la réputation disons, calamiteuse… Mais les films, on en parlera plus bas, avant on va parler jeux vidéos parce que oui, en France, ce n’est pas à travers les comics que Aliens Vs Predator a acquis sa notoriété, c’est par l’intermédiaire des consoles, des bornes d’arcade et surtout du PC.
Des jeux Aliens, il y en a eu des tonnes, des jeux Predator, un peu moins (1) (le style du film avec sa créature unique ne se prêtant pas vraiment à rendre un jeu palpitant, contrairement à Aliens et sa cohorte de créatures féroces) et des jeux Aliens Vs Predator, et bien… Il y en a pas eu des masses non plus, mais contrairement aux jeux Aliens et Predator, la plupart sont bons et certains ont même des qualités insoupçonnées.

Avant de parler des films (je sais que beaucoup d’entre vous piaffent d’impatience de me lire sur le sujet, pensant que je vais vomir ma bile vengeresse sur ces deux films, là aussi vous risquez d’être déçus les amis) on va faire un petit tour d’horizon des productions vidéoludiques mettant en scène l’affrontement de nos deux monstres préférés : Préparez les manettes, les claviers / souris et les pièces de 5 francs (pour les bornes d’arcade), c’est parti pour la baston en pixels  !

ALIENS VERSUS PREDATOR : LES JEUX VIDEOS

Alien Versus Predator (Aliens Vs Predator au Japon), sorti sur Super Nintendo en 1993

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Le premier jeu AVP sort donc sur la Super Nintendo en 1993, le jeu est développé par Jorudan Co. et distribué par Activision.
L’histoire se situe dans le futur : Alors qu’ils creusaient un tunnel de métro sur la planète Vega-4, des colons humains mettent à jour des œufs d’Aliens qui bien vite infectent toute la petite planète. Les humains lancent un appel de détresse, intercepté par des Predators qui décident de l’aubaine pour s’offrir une bonne chasse. Vous incarnez donc un Predator, prêt à en découdre avec les xénomorphes.
Le jeu est un beat’em all à scrolling horizontal (à la manière de Final Fight ou Streets of Rage pour les connaisseurs), en gros vous avancez de gauche à droite et devez matraquer tout ce qui s’amène à l’écran, dans le cas précis des Aliens.
3Dire que pour un premier essai pour porter la licence AVP en jeu vidéo est un peu raté serait un euphémisme… AVP sur Super Nintendo, c’est une masse de défauts sur un chouïa de qualités et là ou certains jeux de prime abord mauvais peuvent apporter quelque chose (notamment AVP Extinction dont je parlerai plus bas), ce premier jeu AVP est une vrai purge et ce pour quelques raisons évidentes une fois la manette en main..

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Dès l’écran titre, c’est l’agression auditive : Un thème aussi hors sujet qu’abrutissant sonnant bon la musique au format midi vous arrive dans les oreilles avec la subtilité d’un semi-remorque dans un concours de tricot. Et ça ne va pas s’arranger par la suite, les thèmes des six stages sont tous plus inaudibles les uns que les autres, seules les quelques thèmes des cut-scenes passent relativement bien, mais ces musiques de stages, c’est juste du poison pour les oreilles que personnellement, j’ai vite coupé.
Et cette musique, vous allez l’entendre car l’autre gros défaut de ce AVP, c’est sa difficulté, inhumaine, énervante, elle poussera à bout même les joueurs les plus aguerris. Car oui, le jeu est difficile mais il est aussi d’un ennui, mais d’un ennui, comme si on regardait trois épisodes de l’Inspecteur Derrick à la suite ! Cet ennui est surtout dû à des niveaux d’une longueur calamiteuse, recyclant à répétition les mêmes décors et multipliant les vagues d’ennemis jusqu’à l’écœurement.

Et la jouabilité me direz-vous ? Ah mais mes pauvres, la jouabilité est un désastre, le Predator se déplaçant à la vitesse d’une limace au galop, souvent bloqué entre deux ennemis qui vous matraquent sans relâche jusqu’à ce que mort s’en suive. La cerise sur le gâteau, c’est une animation absolument dégueulasse, des personnages à la raideur presque cadavérique qui rendent le jeu parfois involontairement comique (voir cette animation cocasse du Predator attrapant un Alien).
Ce jeu a-t’il des qualités ? En cherchant bien on peut lui en trouver deux : Des graphismes plutôt jolis (malheureusement gâchés par l’animation) et un bestiaire particulièrement fourni, multipliant les abominations xénomorphes (Aliens volants, aquatiques etc.) qui raviront les amateurs.


Petite vidéo présentant le début du jeu

En résumé, AVP commence mal avec sa première incursion sur nos chers consoles de jeu et la seconde tentative et bien comme vous allez le lire, ce ne sera pas bien mieux…

Aliens vs Predator  : The Last of his Clan, sorti sur Game Boy en 1993

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Quasiment conjointement à la version Super Nintendo, la petite portable de Nintendo se voit elle aussi «  gratifiée  » d’un jeu AVP. Pouvait-on faire pire que la purge de la Super Nintendo ? Horreur, malheur, et bien oui, c’est possible ! Le jeu est développé par ASK Kodansha et toujours distribué par Activision.
Le jeu reprend grosso merdo la trame du premier comic : Des œufs d’Aliens sont largués sur la planète Alpha Centauri 3 par les Predators pour une future chasse. Sauf que des humains ont colonisé la planète entre temps et qu’à leur arrivée, les Predators trouvent plus d’Aliens que prévu. Les chasseurs se font décimer et vous incarnez le seul survivant, bien décidé à regagner l’honneur de son clan en bottant les fesses des xénomorphes sur place.
Le jeu est un jeu de plateforme classique, les niveaux se présentent sous formes de mini-labyrinthes dont il faut trouver la sortie en trouvant des clés pour ouvrir des portes tout en tuant les Aliens que l’on croise sur son chemin.

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Déception ? Le mot est faible. Première chose qui marque (hormis la musique, toujours aussi inaudible) le jeu est d’une laideur, même pour de la Game Boy, c’est limite insultant : Les créatures sont des amas de pixels animés avec les pieds, encore raides comme des piquets (voir le Predator sauter tient du gag) tout en sachant que cette laideur est inexplicable, le magnifique Super Mario Land 2 étant sorti sur la portable de Nintendo l’année précédente. Que dire des décors, désespérément vides, de ces plateformes sans relief et pour finir cette maniabilité à s’arracher les cheveux… AVP sur Game Boy fait parti de ces rares jeux Aliens que je n’ai pas eu le courage de terminer car pour que je termine un jeu, il faut qu’il donne envie et si il y a bien une chose que AVP Last of His Clan ne procure pas, c’est l’envie et je pense que dès le premier niveau, un joueur normalement constitué jettera l’éponge.


Vidéo de présentation du jeu

Deuxième essai loupé pour AVP qui loupe allègrement son passage sur la portable de Nintendo avec un jeu à la nullité presque intersidéral. (2)

Peut on encore sauver le soldat AVP en jeu vidéo ? Bien sûr, mais pour cela, il va falloir faire appel à des spécialistes !

Alien Vs Predator, sorti en arcade en 1994

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En 1994, la société japonaise Capcom est le leader incontesté des salles d’arcade : En 1991 est sorti le légendaire Street Fighter II et le premier vrai jeu de combat de l’histoire du jeu vidéo devient rapidement un phénomène mondial. Mais en plus du jeu de combat, Capcom est également le maître du beat’em all avec des titres comme Final Fight (1989), The Punisher (adaptation du personnage Marvel, sorti en 1993) et ses deux adaptations de Dungeons & Dragons, Tower of Doom et sa suite Shadow over Mystara (sorti en 1994 et 1996).
C’est en 1994 que Capcom distribue un beat’em all basé sur la licence AVP et bien que ce jeu soit méconnu dans nos contrées, il s’agit là de la première grosse réussite vidéoludique utilisant la licence AVP  !

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Le scénario est archi-classique et ne s’encombre pas de subtilité : La ville de San Drad en Californie est infestée par les Aliens ! Deux membres des Marines se retrouvent coincés dans la ville (le cyborg Dutch Schaeffer et la synthétique Linn Kurosawa) après avoir été abandonnés par leurs camarades. Alors qu’ils sont encerclés par les Aliens, deux Predators apparaissent et les sauvent in extremis des griffes des xénomorphes. Les deux chasseurs proposent alors une alliance aux deux soldats afin de nettoyer la zone des Aliens. Nos quatre alliés vont donc parcourir la petite ville et ses environs afin de connaître la raison de cette infestation et y mettre fin.

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Le jeu est donc un beat’em all, on avance de gauche à droite et on bastonne sans retenue tout ce qui se présente à l’écran.
Là où le AVP de la Super Nintendo se vautrait lamentablement en accumulant les défauts, cette version arcade pilotée par Capcom prouve le savoir faire indéniable du japonais pour le genre : Le jeu est en tout point une réussite incontestable  !
Graphiquement, le jeu est magnifique : Que ce soient les héros, les ennemis ou même les décors, le jeu est une réussite et tire le meilleur du moteur CPS2 de Capcom. Niveau animation, c’est le même traitement : Ça bouge vite, c’est fluide et malgré le nombre d’ennemis parfois très important à l’écran, l’action reste toujours lisible.
Pour ce qui est du gameplay, là encore l’expérience de Capcom pour le genre parle d’elle-même : Les coups sont variés, nombreux et les 4 personnages ont tous une palette de coups vraiment différents.
Niveau sonore, là encore rien à dire : Les thèmes musicaux sont en adéquation avec l’ambiance, variés et entraînants. Idem, pour les sons et effets sonores, que se soient le bruit des armes ou le hurlement des Aliens, tout y est pour vous plonger dans la frénésie des affrontements entre Yautjas et xénomorphes.


Le premier stage du jeu

Alien Vs Predator de Capcom est donc une réussite totale : Long, varié, beau et jouissif, en plus d’être à mon avis, un des meilleurs jeux AVP jamais sortis, c’est un jeu d’une qualité absolument indéniable, peut être même le beat’em all le plus réussi de Capcom.
On ne peut malheureusement que lui reprocher une seule chose, le fait de ne jamais être sorti des salles d’arcade…

Alien Versus Predator sorti sur Jaguar en 1994

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Alors que les salles d’arcade profitaient du beat’em all de Capcom, c’est la console d’Atari qui fait rentrer le combat entre yautjas et xénomorphes dans les foyers.
Tout fan de jeux vidéos qui se respecte connaît l’histoire de la Jaguar : Console soit-disant surpuissante, elle fut l’un des échecs les plus retentissants du monde du jeu vidéo. Elle fut l’une des premières à utiliser le format CD mais entre sa fiabilité plus que discutable (trouver aujourd’hui une Jaguar en état de marche tient du miracle), sa ludothèque risible constitué à 99% de jeux pourris, la console signa la mort du géant Atari qui ne se remettra jamais vraiment de cet échec.
C’est malgré tout sur cette machine que fut développé et distribué le premier FPS (First Person Shooter, jeu d’action à la première personne) Aliens Vs Predator
Le jeu est développé par Rebellion et est disponible uniquement sur la console Jaguar.

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On peut y jouer au choix un Alien, un Predator ou un Marine.
Le jeu commence de la même façon pour les trois races  : La station spatiale d’entraînement des Marines USS Golgotha détecte à proximité de sa position la présence d’un vaisseau Predator et d’un vaisseau ingénieur à la dérive (abritant, supposément, des Aliens). La station est tout de suite mise en état d’alerte, prête à faire face aux menaces.
Le jeu avec chacune des races est différent : Si vous commencez avec l’Alien, le but du jeu est de libérer la Reine Alien prisonnière sur le vaisseau Predator. L’Alien ne peut pas se guérir des blessures et au lieu de ça peut infecter des Marines avec des face-huggers et si il meurt, il reprendra au dernier Marines qu’il a infecté en incarnant l’Alien né de celui-ci. L’Alien ne peut pas utiliser les ascenseurs et interrupteur et à la place utilise les conduits d’aération pour passer d’un endroit à l’autre.

Incarner le Predator consiste à débusquer la reine Alien et la vaincre pour obtenir son crâne comme trophée. Le jeu avec le Predator consiste à accumuler des points d’honneur en tuant les Aliens et Marines de façon honorable : Par exemple, tuer une proie avec son camouflage rapporte moins de points etc. Plus vous obtenez de points, plus vous avez accès à de nombreuses armes. Le Predator peut utiliser les ascenseurs ou interrupteurs pour progresser dans la base, il a aussi la possibilité de transporter plusieurs items de soin pour se soigner.

Enfin en jouant le Marine, le but est simplement de mettre en marche le système d’auto-destruction du vaisseau et de réussir à s’enfuir. Au début du jeu, le Marine n’a aucune arme et équipement et le but premier et de fouiller chaque recoin du vaisseau pour trouver son équipement. On y retrouve les armes et équipements des films : Pistolet, fusil à pompe, Smartgun, détecteur de mouvement etc.
Le Marine peut utiliser les ascenseurs, interrupteurs et conduits d’aération pour se déplacer mais ne peut pas transporter de packs de soin : Son énergie et restaurée automatiquement dés qu’il en ramasse un.

Niveau gameplay, c’est assez simple  : On avance, on tire, on ouvre des portes, récupère des clés, rien de plus.

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Même si il fut très bien accueilli à l’époque de sa sortie, il faut reconnaître que le jeu à aujourd’hui pris un sacré coup de vieux : Le jeu tourne sur un moteur similaire à celui des premiers Doom, à savoir des décors en 3D et des ennemis en 2D.

Comme je le dis plus haut, le jeu a très mal vieilli : Les décors et ennemis sont très pixelisés, les animations sommaires et les niveaux labyrinthiques particulièrement lassants, d’autant plus que la plupart des décors se ressemblent et le syndrome typique de ce genre de jeu de l’époque, à savoir que l’on se perd très facilement justement parce que tout se ressemble, devient très gênant et décourageant après quelques niveaux traversés. Remis dans le contexte de l’époque, le jeu devait très certainement être très jouable, mais les temps ont changés, la technique et les mécaniques de jeu aussi et là où Duke Nukem 3D par exemple qui repose sur le même genre de moteur graphique peut encore aujourd’hui être très jouable de part ses stages variés, AVP version Jaguar est très vite monotone et ennuyeux.


Extrait du jeu avec L’Alien

En résumé, un jeu qui, remis dans le contexte de l’époque, était franchement enthousiasmant mais qui aujourd’hui donne une impression sérieusement datée et est difficilement jouable de nos jours.

Aliens Versus Predator, sorti exclusivement sur Mac et PC en 1999

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Cinq ans après la version Jaguar, le studio Rebellion remet le couvert avec l’univers AVP, cette fois-ci sur ordinateur : Avec des moyens techniques plus importants, le studio va-t’il réussir à créer un jeu moins ennuyeux que son prédécesseur ? Ce ne serait pas difficile me direz-vous et le jeu va de très loin dépasser toutes les espérances des joueurs et fans, décryptage d’une réussite.

Comme dans la version Jaguar, le joueur peut incarner soit un Marine, soit un Predator soit un Alien, les trois campagnes étant indépendantes et non liées entre elles.
En incarnant l’Alien, le but du jeu et de s’échapper d’un temple et de rejoindre un centre de recherches humains pour gagner la Terre. On y traverse d’ailleurs des lieux connus des fans, comme la station Gateway que l’on voit au début du film Aliens le Retour et un vaisseau nommé le Ferrarco, largement inspiré par le Nostromo, le vaisseau du premier film Alien.
En incarnant le Predator, vous effectuerez trois missions distinctes, sans lien entre elles : La première consiste à aller secourir un de vos camarades prisonnier des humains. La seconde vous ramène sur la planète Fiorina Fury 161 de Alien 3, qui après les événements du film abrite une ruche Alien, le but est de vous y rendre et de nettoyer la planète.
Enfin, vous vous rendez sur une planète sur laquelle les Marines ont développé une sorte de réserve de xénomorphes, votre but est donc de mettre fin à cet élevage en supprimant tous les Aliens.
Enfin en incarnant le Marine, vous vous retrouverez sur la planète LV-426 du film Aliens, le Retour : La compagnie Weyland Yutani a construit autour du vaisseau ingénieur abritant les œufs d’Aliens un centre de recherche, protégé par les Marines au cas où quelque chose se passerait mal… ce qui arrive lorsque les Aliens réussissent à s’évader du centre de recherche. Vous êtes un des derniers Marine sur la planète et devez trouver un moyen de la quitter.

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AVP version 1999 est une grande réussite pour l’époque : Graphiquement le jeu est même particulièrement impressionnant, (encore une fois pour l’époque). Niveau gameplay il est aussi exemplaire : Malgré un petit temps d’adaptation pour l’Alien est ses déplacements à 360 degrés (il peut adhérer aux murs), la maniabilité est instinctive et prendre en main l’une des trois «  créatures  » se fait de manière très simple.
Les niveaux sont relativement longs et variés : On traverse des lieux cultes de la saga, de nouveaux environnements et les niveaux sont suffisamment rythmés pour ne pas devenir lassants. Idem pour l’ambiance sonore très fidèle à celle des films, elle plonge directement dans l’ambiance.


Extrait du jeu avec le Predator

Pas grand chose à reprocher à cette version de AVP : Le jeu est en tout point quasiment parfait (pour l’époque) et même si il a un peu vieilli de nos jours, il reste quand même très agréable à jouer.
Notez d’ailleurs qu’une version disponible sur Steam, nommé Aliens versus Predator Classic 2000 permet de le faire tourner sur les OS récents.

Aliens Versus Predator 2, sorti sur PC et Mac en 2001

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Sorti deux ans après le premier AVP sur PC, Aliens Versus Predator 2 doit réussir la prouesse de dépasser en qualité son aîné : Tâche ardue si il en est tant le premier opus avait mis la barre haut. Défi relevé de la part du studio Rebellion  ? Réponse de suite.

Encore une fois, ont peut incarner les trois races d’extra-terrestres les plus belliqueuses de la galaxie, à savoir Aliens, Predator et humains. Contrairement au premier jeu, les trois campagnes sont liées dans une grande histoire commune, les trois races traversant parfois les mêmes lieux à des moments différents. Son histoire fouillée est même une des grandes qualités du jeu, en plus d’autres choses car oui, AVP2 dépasse en qualité le jeu précédent et de très loin  !

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L’histoire commence sur la planète LV-426, plusieurs années après les événements du premier jeu : La compagnie Weyland Yutani, après avoir étudié le vaisseau ingénieur trouvé sur ladite planète a réussi à décrypter une feuille de route vers une planète inconnue rapidement rebaptisée LV-1201. Cette planète abrite un temple d’une civilisation inconnue ce qui attise la curiosité et la cupidité de la compagnie qui y établi rapidement un centre de recherche. Malheureusement, la planète est infestée de xénomorphes et la première mission scientifique est décimée… Le seul survivant est le Professeur Eisenberg qui rouvrira quelques années plus tard le même centre de recherche.
Dix ans après la réouverture du site, le centre de recherche se porte mal et la compagnie envoie un superviseur pour savoir ce qui ne va pas : Des artefacts disparaissent, plusieurs zones sont maintenant fermées suite à des incidents (notamment le fameux Pod 5, dont l’histoire du désastre est relatée dans l’extension Primal Hunt) et le Docteur Eisenberg doit se justifier.
Dans le même temps, les Iron Bears, un groupe de militaires privé travaillant avec la compagnie livre sur le vaisseau Aurora un artefact volé sur LV-1201, ledit artefact abrite un œuf Alien dont le face hugger s’évade bientôt et infecte un occupant du vaisseau : C’est de cet Alien dont le joueur prend le controle.
Dans le même temps, trois Predators menés par un ancien nommé Prince (que le joueur incarne) débarque sur LV-1201 pour une chasse. Le vaisseau predator est détecté à son arrivée sur LV-1201 et ce que Prince ignore, c’est que les Iron Bears sont menés par le général Vassili Rykov, un soldat qui depuis qu’il a été blessé par Prince sur une autre planète a développé une haine sans borne pour les Predators, Rykov y voit donc une chance inespérée de se venger de Prince et à peine arrivés, les Predators sont capturés par les Iron Bears… Grâce à un concours de circonstances, en fait l’évasion d’Aliens dans le centre de recherches, Prince est libéré, retrouve son équipement et bien décidé à se venger de Rykov et part à sa recherche.

Après l’invasion de xénomorphes sur LV-1201, un signal de détresse est envoyé et c’est à ce moment que le contingent du Caporal Harrisson est chargé de se rendre sur la planète pour porter secours aux survivants : Vous incarnez Harrisson lorsque vous jouez l’humain et devrez sortir vivant de l’enfer qu’est devenu LV-1201.

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AVP2 dépasse de loin en qualité le premier opus : Déjà, graphiquement le jeu est beaucoup plus beau et on peine à croire que seulement deux ans séparent la sortie des deux jeux tant le fossé graphique entre les deux jeux est énorme. Ensuite niveau gameplay le jeu s’est encore considérablement amélioré, les trois races jouables se sont étoffées de nouveaux mouvements et armes et les quelques défauts du premier opus (notamment le déplacement parfois hasardeux de l’Alien) ont été corrigés. Comme on peut le constater dans mon résumé de l’histoire plus haut, le jeu est de plus doté d’une campagne solo particulièrement longue et passionnante avec un scénario très fouillé et particulièrement bien écrit.
Enfin le jeu inclu pour la première fois un mode multi-joueurs largement inspiré par celui de Quake II (pour les connaisseurs) qui encore aujourd’hui compte des dizaines de milliers de joueurs.


Le premier stage du jeu avec le Marine

En suivant directement les traces de son aîné et en améliorant tout ce qui en avait fait le succès, AVP2 est une suite exemplaire. Tout fan des xénomorphes et des yautjas se doit de l’avoir essayé  au moins une fois, c’est un jeu mythique et emblématique de la licence AVP est un incontournable du style FPS : En résumé, un must  !

Aliens Versus Predator 2  : Primal Hunt, sorti en 2002 sur PC et Mac

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Primal Hunt est une extension au jeu original Aliens Versus Predator 2 : Il propose 3 nouvelles campagnes solo inédites et des ajouts pour le mode multi-joueurs.
A noter que cette extension n’est pas développée par Rebellion, mais par un autre studio, Third Law Entertainement.

Vous pouvez y incarner pour la première fois un Predalien, un Predator Elder ou le Major Dunya, la militaire rapidement aperçu dans le jeu AVP2.

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Lorsque l’on incarne le Predator, le jeu débute 500 ans avant les événements de AVP2 et montre comment le Predator que l’on incarne a découvert le nid xénomorphe sur LV-1201. Le jeu avec le Predalien commence aussi 500 ans plus tôt mais suite à un incident, l’Alien tombe en stase et ne se réveille que 500 ans après. Enfin, lors du jeu avec le Major Dunya, l’action se situe peu avant les événements du jeu original et relate la tragédie du Pod 5, rapidement évoqué dans le jeu AVP2.
Primal Hunt est une extension de très bonne tenue qui allonge agréablement la durée de vie du jeu original : Un petit plus non négligeable qui d’ailleurs fut vendu en pack avec le jeu.

Aliens Versus Predator  : Extinction, sorti sur PS2 et Xbox en 2003

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Après s’être bastonner dans des beat’em all et des FPS, les Aliens et les Predators décident de s’attaquer à un autre style de jeu, le jeu de stratégie ! C’est donc en 2003 que sort exclusivement sur PS2 et Xbox Aliens Versus Predator : Extinction, un jeu dans lequel Aliens, Predator et Marines vont s’affronter de nouveau, cette fois-ci en sollicitant nos talents de stratège.
Le jeu est développé par Zono Entertainement et distribué par Electronic Arts.

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Comme dans les FPS, quatre campagnes différentes sont proposés : Aliens, Predators et Marines, chaque race ayant un gameplay différent.
L’histoire se passe en majeure partie sur la planète LV-742 : Des expériences humaines ont créé une race d’Aliens clonés surnommés K-Series du nom de leur créateur, le Professeur Kadinski. Seulement, cette race a été créée à partir d’une reine Alien volée par les Marines à un clan Predator, les chasseurs n’ont pas vraiment apprécié et se mettent en chasse des auteurs du larcin. Dans le même temps, des Aliens du nid dont la reine a été dérobée ont survécu et comptent bien secourir leur matriarche et se venger à la fois des K-Series, des Predators et des humains. En parallèle, les Aliens K-Series se sont échappes et commencent à infester la petite planète…
Plus qu’une planète, LV-742 devient une véritable zone de guerre sur laquelle non pas une ni deux ni trois mais quatre races d’extra-terrestres se font la guerre : Aliens, Aliens K-Series, Predators et Humains  !

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Le jeu se décompose donc en trois campagnes différentes  : Aliens, Predators et Marines, les trois races ayant un gameplay différent.
Le jeu avec les Aliens consiste généralement à créer une Reine puis «  nettoyer  » la zone de toute présence hostile. Les Aliens doivent récupérer leurs victimes, les ramener au nid pour les féconder avec des œufs pondus par la reine et ainsi créer de nouvelles unités.
Pour ce qui est des Predators, le but est généralement soit de nettoyer la zone, soit de collecter un trophée précis. Pour remporter des points et créer de nouvelles unités, les Predators doivent collecter des trophées sur leurs victimes.
Enfin en ce qui concerne les Marines, pour gagner des points et créer de nouvelles unités, ils doivent soit battre des ennemis, soit réparer des processeurs atmosphérique disséminés un peu partout sur la carte. Le but des missions est souvent de regagner une zone ou de récupérer des items sur la carte.
Des trois races, le jeu le plus intéressant est sans conteste celui avec les Aliens : leur gameplay plus complet que les deux autres races permet plus de possibilités (par exemple en fécondant certaines races indigènes, ont peut créer des unités inédites), on peut également avec les xénomorphes créer des zones sécurisées pour ces unités avec des points où elles peuvent se soigner et faire évoluer ces unités (les Predaliens par exemple évoluent et deviennent de plus en plus résistants au fur et à mesure qu’ils combattent), ainsi que les mutations des Prétoriens qui permettent de créer de nouveaux types d’Aliens.
Le jeu avec les Marines est par contre très classique : On créé des unités et on avance en tuant ou détruisant un peu tout ce que l’on croise, le but étant généralement de récupérer un item lourdement protégé.
Enfin pour les Predators, ça a beau être du AVP, le but des missions est souvent similaire à celui des Marines : A savoir tout nettoyer ou récupérer un trophée. Le plus déstabilisant étant d’envoyer des dizaines de Predators au charbon, mettant ainsi de coté l’aspect un peu redoutable des yautjas qui dans la majorité des histoires AVP ne sont guère que 3 ou 4… Très honnêtement, des trois campagnes, c’est celle qui m’a le moins passionné.

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AVP Extinction est un jeu très moyen : L’intelligence artificielle est souvent aux fraises, des unités se «  perdant  » régulièrement sur la carte ou restant souvent bloquées dans des éléments du décor. Des plus le jeu n’est pas très beau (surtout sur PS2) et la maniabilité demande un très long temps d’adaptation. Mais la richesse du jeu est ailleurs : Dans ces très nombreuses idées originales.

En effet, avant AVPE, la hiérarchie du nid Alien n’était pas vraiment précise, avec AVPE, elle est bien définie et cette organisation a depuis été reprise dans d’autres médias, notamment les comics et d’autres jeux vidéos. De plus, ces idées sont maintenant inconsciemment ancrées comme évidentes et logiques pour de nombreux fans, alors que la plupart ignorent que ces idées proviennent de ce jeu.
C’est un peu la même chose pour les Predators : Jusqu’à ce jeu, les grades et rangs des clans étaient peu précis, chaque créatif pouvant travailler sur la licence étant un peu libre de décider ce qu’ils voulaient. AVPE va du coup y mettre un peu d’ordre et créer un système cohérent qui aujourd’hui fait très souvent référence, par exemple dans les comics les plus récents.
Pour ce qui est des Marines, pas grand chose de nouveau, hormis la création de certaines armes notamment l’impressionnante armure de combat, par contre il est agréable de constater que les développeurs des studios Zono se sont très largement documentés et que de nombreuses idées jusque là seulement vues dans des ouvrages comme Colonial Marines Technical Manual (indédit en France), comme les lance roquettes SADAR ou le grade de Sniper sont utilisées.


L’introduction du jeu et la première mission avec les Aliens

En résumé, malgré ces lacunes, Aliens Versus Predator : Extinction est un jeu essentiel dont les idées originales sont depuis entrées dans l’inconscient des fans comme des évidences : Un jeu à faire et résolument appréciable.

Aliens Versus Predator : Requiem sorti en 2007 exclusivement sur PSP

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Aussi étonnant que cela puisse paraître, même un film aussi exécrable que Aliens vs Predator : Requiem a eu droit à son adaptation en jeu vidéo. C’est donc la portable de Sony qui a le «  privilège  » d’accueillir cette adaptation en 2007. Sorti en catimini, le jeu est-il meilleur que le film ? Dans un sens, si vous avez vu le film, vous allez me dire que ce n’est pas très compliqué… Et vous avez raison  !

AVPR reprend donc le pitch du film : Vous incarnez le Predator Wolf et devez vous rendre à Gunnisson dans le Colorado afin faire disparaître toute trace de l’infestation Alien qui s’y déroule après qu’un vaisseau Predator s’y soit écrasé après qu’un Predalien y ait massacré les yautjas à bord. Et c’est tout… C’est la même histoire que le film quoi… Enfin bref.
Le jeu a été développé par Rebellion et est distribué par Sierra Entertainement.

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Pour être franc, AVPR sur PSP est un bon jeu : Vous incarnez donc Wolf, le Predator surarmé venu sur Terre pour botter les fesses des Aliens. Le jeu est un jeu d’action à la troisième personne (vous voyez votre personnage de dos) et vous suivez à peu de chose près le déroulement du film. Niveau gameplay, le jeu ressemble beaucoup à Predator : Concrete Jungle et on y retrouve le même genre de mécaniques de jeu, le coté plateforme étant quand même beaucoup moins prononcé dans AVPR.

Assez étonnement, AVPR est un petit jeu assez plaisant à jouer : Il est facile, plutôt varié et se laisse suivre assez facilement. Quelques heures seulement sont nécessaires pour le terminer et autant être franc, sans le bagage particulièrement pesant de statut d’adaptation de film pourri, le jeu est assez sympathique.


Présentation du gameplay du jeu

Malgré le fait qu’il soit catalogué comme «  adaptation pour le pognon d’un film pourri  » AVPR sur PSP est un petit jeu sympathique avec lequel ont passe un (court) moment assez agréable, à essayer si on le trouve à pas cher.

Aliens Versus Predator sorti en 2010 sur PC, Xbox 360 et PS3

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Attendu depuis des années, ce quatrième chapitre de la série de FPS Aliens Versus Predator arrivera finalement en 2010 sur PC, Xbox 360 et PS3. Auréolé du succès de ses opus précédents, surtout les deux épisodes PC, il était très attendu et pour beaucoup, la déception fut à la hauteur de l’attente…
Le jeu est encore développé par Rebellion est distribué par Sega.

Le jeu nous propose comme ses trois prédécesseurs d’incarner soit un Alien nommé Specimen-6, soit un Predator surnommé Dark et enfin un Marine débutant, surnommé Rookie.
L’histoire du jeu se passe sur la planète BG-386 : Des colons basés sur place y découvrent une pyramide Yautja et ni une ni deux, des scientifiques de la compagnie Weyland Yutani débarquent pour l’étudier. Ils y découvrent des œufs de xénomorphes et commencent à les étudier en laboratoire. Mais tout n’est pas du goût des Predators qui envoient trois des leurs sur BG-386 pour enquêter sur les intrus ayant profané leur lieu de culte. A leur arrivée, les Predators commencent les représailles en éliminant les intrus, permettant ainsi aux Aliens de s’échapper… Quelques humains survivants ont le temps de lancer un appel de détresse intercepté par les Marines qui à leur tour et envoient une équipe de secours sur la petite planète.
Humains, Aliens et Predators commencent alors un affrontement sans pitié et font de BG-386 une véritable zone de guerre.

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A sa sortie, ce jeu fut assez mal reçu, la plupart des critiques lui reprochant sa faiblesse graphique, son gameplay éculé et sa trop grande linéarité, ce qui n’est pas faux dans un sens car toutes ces lacunes peuvent lui être reprochées mais heureusement, il se rattrape avec d’autres qualités, moindre mais pas négligeables non plus.
En ce qui me concerne, ce nouvel AVP en FPS fut une demi-déception : D’une part parce que de base, je ne suis pas un grand amateur de FPS donc j’avais peu de moyens de comparaison et d’autre part parce que je suis fan d’Alien Vs Predator et que du coup, j’étais un peu pris à partie.

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Enfin bref, quoi qu’il en soit, il faut l’admettre, AVP 2010 est un jeu très moyen, bien loin des qualités des trois opus l’ayant précédé et les principaux reproches qu’on lui faisait et que j’ai énuméré plus haut se vérifient très vite une fois la manette en main : Premier constat, même si on est en 2010, le jeu est largement en dessous de la qualité graphique des jeux de l’époque, il n’est pas laid mais certains décors sont vides et les personnages peu détaillés. Ensuite niveau gameplay, on a un système de jeu archi-classique qui convient bien néanmoins à l’autre gros défaut du jeu, à savoir son déroulement particulièrement linéaire car c’est là son plus gros défaut : Le jeu est extrêmement dirigiste et ont ne fait que suivre un chemin prédéfini tout le long du jeu.

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Enfin l’autre gros reproche que l’on peut lui faire et que les trois campagnes sont inégales : Autant la campagne du Marine est très longue et intéressante, celle du Predator plus courte et celle de l’Alien encore moins… Visiblement, les développeurs se sont plus penchés sur la campagne du Marine au détriment des deux autres et ça se ressent très vite une fois le jeu terminé..
Par contre le jeu est doté d’un très bon scénario, faisant se télescoper les trois campagnes à de nombreuses reprises et rendant l’histoire très palpitante et surprenante.
Son autre grosse qualité et son ambiance sonore : Les sons des films sont particulièrement bien reproduits et les thèmes musicaux très dans l’esprit de la licence et on est vite plongé dans l’ambiance.


Bande annonce du jeu

AVP version 2010 est donc et comme je le dis plus haut un jeu très moyen sur tout les points, que se soit graphiquement ou niveau gameplay, le jeu se rattrape par un scénario très prenant et une très bonne ambiance sonore, ce qui il faut l’avouer, est très léger…

Aliens Versus Predator : Evolution sorti sur Androïd et IOS en 2013

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Des jeux Aliens et Predator, voir AVP sur mobiles, il y en a eu des dizaines mais autant être franc, la plupart sont des bouses : Entre les jeux d’action en 2D vu du dessus et les jeux de platesformes vu de profil, que se soient les Aliens ou les Predators, les deux races d’extra-terrestres n’ont pas vraiment été vernies par les jeux sur portables. Néanmoins, il y en a un qui réussi à sortir son épingle du jeu de façon efficace avec un jeu simple et amusant.

Le jeu se situe sur LV-412, une petite planète sur laquelle le clan des Super-Predators (vu dans le film Predators) a réussi à sécuriser une arme particulièrement efficace : Des Aliens. Il capture ainsi un membre d’un clan de chasseurs pour le confronter aux Aliens. Le chasseur résiste tant bien que mal avant de tomber sous les coups du Berserker Predator. Le chasseur a malgré tout le temps d’envoyer un signal de détresse, intercepté par un des autres membres de son clan qui viendra le venger.

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Dans AVP Evolution, vous incarnez tour à tour un Alien et un Predator dans une histoire commune aux deux créatures. Le jeu est assez simple et il suffit en général d’avancer et de tuer tout ce qui se présente à l’écran en matraquant les touches d’attaque. Il y a également un système de mise à mort assez original et assez gore.
Dit comme ça, le jeu paraît un peu basique (et ça, il l’est) mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un jeu sur portable et que ce style de jeu se prête assez bien pour décompresser vite fait en s’amusant sur son téléphone portable. De plus les niveaux sont assez courts, se prêtant assez bien à des cessions de jeu plutôt courtes.
L’histoire est également assez intéressante en reprenant des éléments du film Predators et en les ajoutant à la mythologie AVP.


Bande annonce du jeu

AVP Evolution est un petit jeu assez sympathique, peu coûteux (comptez environ 3€, un pack avec le jeu Predators est également disponible pour 4 ou 5€ je crois) et ma foi assez réussi pour un jeu sur portable, franchement pour le prix, ont peut facilement se laisser tenter.

ALIENS VERSUS PREDATOR  : LES FILMS  :

Alien Versus Predator en film, c’était un peu un fantasme de fan qui dure depuis la publication du premier comic : Souvent évoqué, souvent annulé, le projet a refait surface durant des décennies sans que cela n’aboutisse vraiment… Avant de se concrétiser en 2004 pour un résultat bien en dessous des espérances des fans et cinéphiles.

La première idée d’un film AVP fait surface en 1991 avec un scénario écrit par Peter Briggs : Baptisé The Hunt : Alien Vs Predator, à la lecture du script, pas de secrets, le scénariste adapte avec fidélité la première série de comics mais même si le script est assez enthousiasmant, il faut se rendre à l’évidence, c’est beaucoup trop ambitieux pour l’époque.
Briggs écrit une seconde version du script, selon lui une version «  allégée  », mais même cette version n’intéresse pas les cadres de la Fox qui laisseront le projet de coté.
L’échec de Alien 3 et les scores modeste de Alien : La Résurrection au box office mettront définitivement l’idée d’un film AVP au point mort pour quelques années.
Au début des années 2000, James Cameron déclare travailler sur un nouveau film Aliens. Après en avoir discuté avec Ridley Scott, Cameron a pour projet de réaliser un film revenant à la base du mythe des Aliens et explorer leurs origines, beaucoup de ces idées seront reprises quelques années plus tard par Scott lors de l’écriture du script de Prometheus.
A l’annonce de la validation du projet AVP par la Fox, James Cameron abandonnera définitivement l’idée d’un cinquième film Alien, pensant que l’idée d’un film AVP décrédibiliserait les deux licences.
James DeMonaco et Kevin Fox tentent alors leur chance avec un scénario se situant dans l’espace mais le producteur John Davis refusera l’idée, préférant un film se situant sur Terre, moins coûteux à produire et réaliser.
C’est alors que Paul WS Anderson présente à John Davis ses idées de scénario sur lequel il travaille depuis 8 ans. Séduit par les idées du réalisateur et les concept arts réalisés par Randy Bowen, John Davis donne le feu vert à Anderson qui enchaîne l’écriture du script de AVP après avoir fini celui de Resident Evil Apocalypse.
Six mois plus tard, Anderson livre un scénario détaillé à John Davis qui après quelques modifications l’approuve. Le tournage à lieu en République Tchèque, dans les studios Barrandov et certains extérieurs sont filmés en France et en Italie, notamment à Courmayeur.
Le film sort sur les écrans le 12 août 2004.

Alien Versus Predator (2004)

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AVP se passe sur Terre, en 2004 : Un satellite de la compagnie Weyland détecte une activité anormale sur l’île Bouvet en Antarctique. Après plusieurs analyses, la compagnie découvre qu’il s’agit en fait d’activité due à une source de chaleur inexpliquée, provenant d’une pyramide cachée sous la glace. Très vite, une expédition scientifique est montée afin d’aller enquêter. L’équipe est composée de scientifiques, d’archéologues, et de quelques mercenaires mais aussi d’une équipe de forage et d’une guide de haute montagne, Alexa Woods. Cette dernière s’oppose à diriger l’expédition, prétextant que l’inexpérience et la précipitation sont des facteurs dangereux, elle se rétracte au dernier moment et fini par accepter à contre cœur de diriger l’expédition.
Arrivés sur les lieux, l’équipe découvre qu’un tunnel a déjà été foré et descend à la découverte de la pyramide. Peu après leur arrivée, les scientifiques dans la pyramide se font attaquer par des Face Huggers et l’équipe restée à la surface par des Predators qui descendent eux aussi dans la pyramide.
Ladite pyramide est en fait piégée et sert de lieu de rite de passage pour les Predators, qui y libère et chasse des Aliens.
Coincés dans les dédales labyrinthiques de la pyramide, pris entre le feu croisé d’un affrontement séculaire entre deux races d’extra-terrestres, les rares survivants vont devoir tout faire pour survivre…

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Annoncé en grandes pompes par la Fox et attendu de pied ferme par les fans, AVP n’a pas fait grande impression à sa sortie : La plupart lui reprochant son ton résolument série B de luxe et un aspect trop porté sur l’action. Je peux comprendre cette déception, mais comme je l’ai dit à de nombreuses dans ce dossier, AVP, ce n’est ni Alien, ni Predator, ça n’a rien à voir et c’est quelque chose d’autre et c’est manifestement ce que beaucoup de spectateurs ont eu du mal à comprendre : Essayez de retrouver l’ambiance d’Alien ou Predator dans AVP, c’est peine perdue puisque c’est quelque chose d’autre qui n’a rien à voir avec les films «  solo  » des créatures et ça, même si visiblement Paul WS Anderson l’avait compris, ce n’était pas le cas des spectateurs qui ont boudé le film en bloc à cause de cet aspect.

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L’autre facteur à prendre en compte est également le développement chaotique du film : Même si on est loin de l’enfer que fut le processus créatif de Alien 3, Paul WS Anderson avouera à demi-mot après le tournage que les producteurs omniprésents sur le tournage lui ont mis successivement des bâtons dans les roues, déjà en imposant des idées contre son gré et surtout en réduisant son budget au fur et à mesure du tournage, forçant le réalisateur à faire des choix et mettre de coté certaines idées (à la base, par exemple, c’est une équipe de cinq Predators qui était prévue).

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Objectivement, je trouve que AVP n’est pas un mauvais film : Son scénario est assez bien trouvé (même si l’idée de la pyramide n’est pas nouvelle, voir le jeu Aliens Vs Predator 2), certaines scènes d’action sont plutôt réussies (le combat entre Celtic Predator et l’Alien Grid, ou encore le combat final) et les créatures sont montrées telle qu’elles devraient toujours l’être : Les Predators comme des êtres puissants, intelligents et vertueux et les Aliens comme des monstres agressifs et sanguinaires.

Ensuite, niveaux effets spéciaux le film est assez impressionnant : Anderson a voulu privilégier les effets spéciaux traditionnels au détriment des effets numériques, le film comporte moins de 20% de plans numériques sur sa totalité, maquettes et maquillages (signés Alec Gillis et Tom Woodruff, deux anciens assistants de Stan Winston, Gillis et Woodruff avaient déjà signé les effets et maquillages de Alien 3 et Alien Résurrection) étant majoritaires.
Par contre j’admets que son coté série B peut paraître gênant et très en décalage avec les films «  solo  » des deux créatures qui sont de vrais blockbusters d’auteurs mais Alien Vs Predator reste ce qu’il est, à savoir un divertissement honorable et de bonne facture.
Enfin, il faut savoir que le film comporte une excellente version longue qui rajoute une dizaine de minutes de film, pour le moment exclusivement disponible en DVD.


Bande annonce VF du film

Dénigré à sa sortie, AVP est un honnête divertissement qui doit être pris comme tel pour être vraiment apprécié mais l’ombre de ces deux références lui ont été particulièrement néfastes et le film à fini, selon moi, à tort dans la catégorie des nanards.

Niveau box office, AVP fut par contre particulièrement rentable : Au terme de son exploitation, il a rapporté plus de 172 millions de dollars pour un budget initial de 60 millions, soit quasiment le triple. Pas étonnant alors que la Fox, malgré des critiques calamiteuses, veuillent mettre en chantier une suite.
Déjà auréolé d’une réputation plus que douteuse, la licence cinéma AVP va avoir droit au pire traitement imaginable, toutes licences confondues, en cette année 2007 avec un film qui porte tristement bien son nom puisqu’il va enterrer la licence, cette chose filmée a pour nom Aliens Vs Predator : Requiem et ceux qui ont trouvé que AVP premier du nom était un mauvais film vont devoir revoir leur standard, car oui, AVPR, c’est pire, bien pire…

Aliens Versus Predator  : Requiem (2007)

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C’est en 2006 qu’après avoir proposé un scénario à la Fox que les frères Colin et Greg Strause sont engagés pour réaliser Aliens Vs Predator : Requiem. Le tournage a un impératif : Être terminé en 52 jours pour une sortie l’année suivante. A l’époque les frères Strause n’ont qu’une très maigre expérience de la réalisation : Avec leur société Hydraulx, ils n’ont réalisé que des clips ou des publicités et participé aux effets spéciaux de nombreux films comme 300, Titanic, Le Jour d’Après ou Volcano. Les deux frères décident de relever le défi, leur expérience des effets spéciaux numériques pouvant être bénéfique au studio qui du coup (c’est Colin Strause qui le dit) va pouvoir faire des économies… Le tournage commence le 25 septembre 2006 à Vancouver, sur un scénario de Shane Salerno.

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Suite à la mort du Predator Scar à la fin du premier film, le cadavre de celui-ci est ramené à bord d’un vaisseau Predator. Horreur, malheur, le cadavre du yautja abrité un embryon d’Alien qui naît et créé un Predalien, un hybride entre un Alien et un Predator. L’imposante créature commence a faire régner la terreur sur le vaisseau et à en décimer les occupants. En perdition, le vaisseau s’écrase sur Terre, dans une forêt près de la petite ville américaine de Gunnisson dans le Colorado. Le Predalien s’échappe, délivrant dans sa fuite une cohorte de Face Huggers détenus par les yautjas qui contaminent les malheureux humains s’approchant trop près de l’épave du vaisseau.
C’est au même moment que Kelly O’Brien, une militaire revient de son service pour retrouver sa famille et que Dallas, un ancien repris de justice reviens à Gunnisson pour y retrouver son petit frère Ricky.
Arrivé en ville, le Predalien et quelques Aliens nouvellement nés vont commencer à faire régner la terreur et transformer Gunnisson en véritable zone de guerre que même l’armée et un Predator venu chasser les Aliens ne pourront juguler…

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Dire que AVPR est un mauvais film est un euphémisme : Le film compile toutes les erreurs et lacunes imaginables pour un film de ce genre, voir les aggrave.

Première chose, le scénario : Indigent, inintéressant, doté de personnages tous plus pathétiques les uns que les autres, il ne vaut pas mieux que celui d’un téléfilm de série B fantastique. Les dialogues font parti des plus mauvais que j’ai put entendre, certaines répliques étant tellement hors contexte que certains échanges entre les personnages en deviennent presque drôle. Certains acteurs, surtout les seconds rôles, sont aussi très mauvais et les intrigues secondaires à la limite du risible (l’une des intrigues centrales du film étant de savoir sir Ricky, le tocard du lycée va serrer Jesse la bimbo blonde, pour vous donner le niveau…).
Second gros défaut, et c’est l’une des choses qu’on lui reprochera le plus, sa photographie, quasiment inexistante : le film est sombre, au point que parfois on ne comprend quasiment rien à ce qui se passe à l’écran, c’est particulièrement flagrant durant les scènes d’action durant lesquelles des zones sombres et humides gesticulent sur l’écran avec des bruits bizarres.

Enfin, le film enchaîne les séquences gores gratuites à vitesse grand V : Empalement, membres arrachés, fécondations d’humaines bien cradingue et même la mort d’un enfant, le film est gore jusqu’à l’écœurement, comme si il voulait justifier un classement interdit au moins de 16 ans toutes les 10 minutes. Enfin la réalisation est calamiteuse, encore là digne d’un téléfilm, démontrant le manque d’expérience des frères Strause dans le domaine.
Pour ce qui est des effets spéciaux, on souffle le chaud et le froid : Certains effets, notamment les effets numériques, sont d’assez bonne facture, idem pour les maquillages encore signés par le tandem Alec Gillis et Tom Woodruff Jr. Le Predator a par exemple un look particulièrement réussi, les maquillages et prothèses étant en général, l’un des atouts du film. Par contre, il y a un point particulièrement gênant, c’est le Predalien : Même si le maquillage est une réussite, lorsqu’il est joué par un acteur, la lourdeur du costume vire parfois au comique, ses déplacements patauds lui donnant une attitude nonchalante prêtant à sourire (personnellement, je l’ai toujours comparé à Casimir, de l’émission L’île aux Enfants).
Dans toute cette avalanche de médiocrité, il y a malgré tout quelques éclairs de positif : Par exemple la scène d’ouverture, présentant pour la première le monde natif des yautjas, un mur de trophées Predator particulièrement fourni (on y aperçoit par exemple un casque d’Ingénieur) mais le plus gros point positif, c’est sans conteste la musique de Bryan Tyler qui signe une bande son admirable, mixant les deux ambiances des films Alien et Predator de façon particulièrement efficace.


Bande annonce VF du film

Aliens Versus Predator : Requiem est l’un des pires films que j’ai pu voir  : Véritable nanard, accumulant défauts, maladresses, erreurs et incohérences, c’est d’autant plus navrant que ce film soit attaché à deux licences aussi prestigieuses que Aliens et Predator. Le film signera d’ailleurs l’arrêt de cette licence au cinéma et mettra au point mort tout projet cinématographique utilisant l’un des deux univers.
Il faudra attendre 2012 avec le retour de Ridley Scott et le succès de son film Prometheus (Un spin-of d’Alien) pour redonner de l’intérêt aux producteurs pour ces licences.

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Après ces trois parties, des heures d’écriture et de recherches complétées par des connaissances personnelles, c’est avec un pincement au cœur que je vous annonce qu’il est maintenant tant de conclure  !

Aliens et Predator sont des créatures et univers mythiques de l’imaginaire collectif : Ancrées dans l’esprit des fans de science fiction comme des références, l’univers conjoint d’Aliens Versus Predator créé dans les comics s’est depuis largement démocratisé au travers de jeux vidéos et de deux films à la réputation sulfureuse. AVP reste néanmoins une licence à part entière ayant sa propre mythologie, qui même détachée de ces deux univers natifs mérite tout autant d’intérêt et j’espère au travers de ce dossier vous avoir donné l’envie de vous plonger dans cette guerre séculaire.

1 : Le seul jeu Predator à retenir est Predator : Concrete Jungle (sorti sur PS2 et Xbox en 2005) qui malgré quelques lacunes, notamment graphiques, réussissait parfaitement à retranscrire l’ambiance et l’esprit des films. Les Aliens y font d’ailleurs un caméo le temps d’une mission.

2 : La Game Boy ne sera pas vraiment vernie puisque la seconde incursion des xénomorphes sur son petit écran monochrome se fera la même année avec l’adaptation de Alien 3, considéré comme un des jeux Alien les plus mauvais jamais sortis.

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