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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 32


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Massacre à la Tronçonneuse, première partie

Il est des films qui marquent durablement, que ce soit le spectateur, le monde du cinéma, la culture populaire et l’imaginaire collectif. Une famille de cannibales du fin fond du Texas, des victimes terrorisées, une ambiance glauque et poisseuse ainsi qu’un boogeyman devenu depuis une figure emblématique de l’horreur moderne : Il n’en aura pas fallu plus pour faire de The Texas Chainsaw Massacre (Massacre à la Tronçonneuse en France) un film culte, symptomatique de son époque et représentatif de toute une nouvelle génération de cinéastes et de films qui en leur temps vont redéfinir le monde de l’horreur au cinéma. Massacre à la Tronçonneuse s’est aussi une licence foisonnante : Sept films, des produits dérivée à la pelle et bien sûr vous vous en aurez douté puisque c’est le nerf de cette rubrique, des comics !
Avant de nous intéresser plus particulièrement aux déclinaisons en format neuvième art de cette saga mythique, petit rappel de ce qu’est Massacre à la Tronçonneuse, son histoire et son impact.

At the chainsaw – chainsaw buffet
The secret ingredient screams
You’re my main course
At the chainsaw buffet
Feed on man-eaters’s cuisine
At the chainsaw – chainsaw buffet

Lordi – The Chainsaw Buffet, extrait de l’album The Arockalypse (2006) (1)

Note  : Pour des raisons de place et d’exhaustivité, je ne m’intéresserais qu’à deux films de la saga, à savoir le film original et son remake de 2003. Le premier pour son coté historique et iconique et le second d’une part pour sa qualité indéniable, et car la plupart des comics Massacre à la Tronçonneuse sont issus de l’univers de ce film.

Massacre à la Tronçonneuse  : L’enfant de la douleur

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Massacre à la Tronçonneuse sort sur les écrans américains le 1 octobre 1974 et pour les américains c’est un choc, aussi bien visuel qu’émotionnel : Le film est d’une violence crue, brutale et sans concession, du jamais vu jusqu’alors. Filmé de manière réaliste, limite documentaire, le film choque, dégoûte, indigne et fascine : Nous sommes dans les années 70 et le cinéma d’horreur amorce déjà depuis plusieurs années un virage vers quelque chose de nouveau et Massacre à la Tronçonneuse va en être l’une des pierres angulaires.

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L’histoire raconte la calvaire vécu par Sally Hardesty et sa bande d’amis : Alors qu’ils traversent le Texas en van, Sally et son frère handicapé Franklin insistent pour faire un détour par leur maison d’enfance. En chemin ils prennent en auto-stop un personnage aussi excentrique qu’inquiétant : Scarifié, en proie à un accès de démence, il s’entaille la main en hurlant de rire avant d’être éjecté du van. Arrivé à une station service, pas plus d’aide ne leur viendra du gérant, personnage affable mais bizarre…
Arrivés à la maison d’enfance de Sally et Franklin, quelques membres du petit groupe disparaissent à proximité d’une petite ferme se trouvant non loin. Très vite la nuit tombe et commence alors pour Sally un véritable calvaire aux mains d’une des familles de psychopathes les plus dangereues et les plus sadiques jamais vus au cinéma.

Pour comprendre l’impact du film, il faut se remettre dans le contexte de l’époque : Nous sommes à la fin des années 70, les États Unis sortent péniblement de la guerre du Viêt Nam, un conflit qui leur aura coûté leur fierté, aura divisé le pays et marque en quelque sorte la fin de l’idéal de vie à la mode américaine. Le modèle de « l’American Way of Life » est ébranlé par ce conflit sanglant, les jeunes générations cherchent à se démarquer mais se heurtent à la réalité : Le mouvement hippie a du plomb dans l’aile et montre ses limites, la jeunesse est déboussolée et désillusionnée, l’actualité et frappée par des faits divers qui vont eux aussi marquer l’époque : Le scandale du Watergate ébranle l’Amérique et des noms comme Ed Gein, Charles Manson, Ted Bundy ou John Wayne Gacy font les gros titres des journaux. Pour la plupart de ces criminels, ils sont tous de la même génération et leurs méfaits participent à façonner un nouvel imaginaire horrifique, plus réaliste, dont le cinéma va vite s’emparer.
Dans les années 50/60, le cinéma est dominé par l’horreur gothique de la Hammer, des films qui placent l’horreur dans des châteaux luxuriant européens et confrontent les victimes à des monstres pour la plupart issus de la littérature populaire : Dracula, le monstre de Frankenstein ou la Momie sont les têtes d’affiche de toute une pléthore de films dont le succès s’étiole considérablement à cette époque, le public ne croit plus à ces histoires trop souvent ressassées et cherche de la nouveauté.

Quelques films et réalisateurs vont commencer à marquer une évolution du style vers quelque chose de différent, dés le milieu des années 60 quelques films vont apparaître et progressivement faire évoluer l’horreur au cinéma vers quelque chose de différent : On notera des films comme 2000 Maniacs de Herschell Gordon Lewis en 1964, La Nuit des Morts-Vivants de George Romero en 1968, Black Christmas de Bob Clark en 1974, Le Mort Vivant de ce même Bob Clark la même année qui reprend le thème du symptôme post-traumatique de la guerre du Viêt Nam, La Colline à des Yeux de Wes Craven en 1977, Halloween de John Carpenter en 1978, Zombie de George Romero et I Spit On Your Grave de Meir Zarchi la même année et enfin Maniac de William Lustig en 1980.

Ces films ont pour points communs de démonter les codes jusque là établis par le cinéma d’horreur et d’amener l’horreur au plus proche du spectateur : Fini les monstres classiques, les châteaux hantés et les cimetières brumeux, les nouvelles faces de l’horreur ont des visages humains, tueurs en séries, zombies, psychopathes en tout genre sont légions et l’action est délocalisée dans les quartiers pavillonnaires, les campagnes et les lieux de vie communs (hôpitaux, centres commerciaux etc.). De ce fait, le spectateur se sent du coup plus impliqué dans l’action donnant au cinéma une authenticité accrue, c’est d’ailleurs sur cet aspect réaliste que va jouer au maximum Massacre à la Tronçonneuse, jusque allez dans… La publicité mensongère  !

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L’idée de Massacre à la Tronçonneuse vient au jeune réalisateur Tobe Hooper durant les années 70 alors qu’il n’est qu’un simple étudiant en cinéma documentaire, ces études seront d’ailleurs déterminante pour le style visuel de son futur film.
Il développe l’histoire pendant des années, s’inspirant notamment beaucoup du tueur nécrophile Ed Gein, dont il reprendra beaucoup d’éléments, notamment la ferme isolée, le masque en peau humaine de son tueur à la tronçonneuse et l’attirance pour la profanation de cadavres d’un des autres personnages. Pour ce qui est de la tronçonneuse, l’idée lui est venu alors qu’il était en train de faire la queue dans un magasin, il remarqua un étalage avec des tronçonneuses et se dit que si il pouvait en saisir une et découper les autres clients avec, il avancerait plus vite.
Le scénario définitif sera écrit par Tobe Hooper et Kim Henkel et le tournage commence dans une petite ferme de Round Rock au Texas, durant l’été 1973.
La plupart des acteurs sont de parfaits inconnus, pour la plupart, ils sont texans et ont simplement joué dans des publicités ou des films d’entreprise.

Les conditions de tournage sont extrêmes : Dans la petite ferme, la température estivale avoisine souvent les plus de 40 degrés et dû à un budget serré, l’équipe tourne parfois jusque 16 heures par jour, mettant à rude épreuve les nerfs des acteurs : La relation avec certains acteurs, notamment William Vail qui, excédé par les conditions de tournage deviendra insupportable, la légende raconte même que Tobe Hooper le fera mourir plus tôt que prévu dans le film afin de se débarrasser de lui.
De plus, l’atmosphère du plateau est très lourde : Pour les besoins du tournage, Hooper et Henkel se sont approvisionnés en os et cadavres d’animaux chez un vétérinaire du coin. Très vite les charognes d’animaux commencent à pourrir à cause de la chaleur et on doit injecter du formol dedans. L’odeur de pourriture, de formol, la chaleur et le manque de sommeil mettent à bout les acteurs et l’équipe technique, si bien que durant la scène du dîner, l’actrice Marilyn Burns craque et fait une véritable crise de nerfs, visible à l’écran, cette scène n’étant en fait pas simulée.

L’autre acteur du film à souffrir du tournage n’est autre que Gunnar Hansen, qui interprète Tronche de Cuir : Afin que les autres acteurs le trouvent toujours impressionnant et ne sympathisent pas avec lui, il passe la totalité du tournage à l’écart des autres, portant son masque durant parfois 16 heures par jour, même pour manger.
Encore pour des raisons budgétaires, le sang utilisé dans le film est du véritable sang d’animaux, récupéré dans un abattoir car moins cher que le sang factice.
Niveau budget, le film devient rapidement un gouffre : Prévu au départ pour ne coûter que 60 000 dollars, il en coûtera en fait plus de 300 000…

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Conscient que le réalisme est une part essentiel du succès d’un film, la première bande annonce du film n’hésitera pas à scander « Ce qui se passe est réel », l’idée d’un tel slogan étant venu à Hooper après qu’il ait vu dans la rue l’affiche d’un film d’horreur de série B utilisant le même genre d’accroche.

Le film sort le 1 octobre 1974 à Austin au Texas dans une version classé X (interdit au moins de 18 ans), Hooper demandera à de nombreuses reprises à la MPAA d’examiner de nouveau le film afin qu’il obtienne un classement R, classement accordé après la coupe de plusieurs scènes.
Une version complète du film sera finalement diffusée avec une interdiction R à San Francisco, provoquant le départ de plusieurs spectateurs durant la projection du film. En 1976, deux cinémas d’Ottawa au Canada projetteront le film, les gérants seront alors convoqués par la police locale afin de cesser sa diffusion sous peine de condamnations.
Le film sera interdit dans de nombreux pays, notamment l’Angleterre qui après un an de diffusion en salles censurera le film, censure qui ne sera levée qu’en 1998. Le film sera également interdit dans sa version intégrale en Australie, le pays des kangourous lui préférant sa version coupée R du MPAA américain. Le film sera également interdit de diffusion et d’exploitation dans de nombreux pays, notamment la Suède, la Finlande, le Chili, l’Irlande et la France.
Pour ce qui est de notre beau pays, il sera interdit par cinq ministres de la culture successifs, et malgré l’acharnement du distributeur René Chateau qui a acquis les droits du film, c’est finalement Jack Lang qui lèvera cette interdiction en 1979. Massacre à la Tronçonneuse sera d’ailleurs le premier film que René Château éditera en VHS dans sa collection « Les Films que Vous ne Verrez Jamais à la Télévision  , suivront d’autres films marquants comme Zombie de George Romero et Maniac de William Lustig.

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Malgré tous ces aléas, le film est un succès mondial et rapportera rien qu’aux États Unis plus de 31 millions de dollars, devenant l’un des films d’horreur les plus rentables de l’histoire, il ne sera détrôné que 4 ans plus tard par Halloween de John Carpenter.

D’un simple film a petit budget, filmé et distribué dans la douleur, Massacre à la Tronçonneuse devient un des films emblématiques de l’histoire du cinéma en redéfinissant (ainsi que d’autres films de l’époque) tous les codes de l’horreur. Un film charnière, indispensable qui quelques décennies plus tard, n’allat bien évidemment pas échapper à la mode du remake…

Massacre à la Tronçonneuse 2003  : On ne prend pas les mêmes et on recommence  !

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En 2003, le producteur Michael Bay, à l’époque tout juste auréolé de ses succès en tant que réalisateur sur des films d’action comme Bad Boys, Rock, Armageddon et Pearl Harbor décide de produire un remake de Massacre à la Tronçonneuse.
Levée de boucliers immédiate de la part des fans qui voient en l’intention de cet actioner une entreprise purement mercantile qui débouchera forcément sur un futur nanar, hors c’était bien mal connaître le gaillard.
Pour ne rien arranger, Bay nomme à la réalisation un parfait inconnu du nom de Marcus Nispel, réalisateur allemand qui n’a jusque là réalisé que des clips vidéos, notamment pour Faith No More, Janet Jackson et surtout Mylène Farmer, pour qui il a d’ailleurs réalisé 4 clips.
Contre toute attente, la collaboration entre le faiseur d’explosions américain et le jeune réalisateur allemand va donner à ce remake une qualité jusque là rarement atteinte pour un film de ce type.

Sorti sur les écrans en France le 21 janvier 2004, le film est boudé par la presse mais plébiscité par le public : Dés son premier week-end d’exploitation, il rapporte plus de 80 millions de dollars de recettes et reçoit de nombreuses critiques favorables, encore de la part du public.

Pour ce qui est du film en lui-même, j’avoue ne pas avoir accroché au premier visionnage et il a fallu que je le revois pour vraiment l’apprécier et il fait maintenant parti de mes remakes favoris (avec L’Armée des Morts de Zack Snyder, La Colline à des Yeux de Alexandre Aja et Halloween de Rob Zombie) et ce pour de nombreuses raisons, que je vais soumettre ici.

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Première chose appréciable, ce remake n’est pas tombé dans le piège de la copie conforme : Plutôt que de refaire le film original, le remake n’en prend que la trame originale, à savoir un groupe de jeunes, perdu au fin fond du Texas en proie avec une famille de psychopathes.

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De là, Michael Bay et son scénariste Scott Kosar vont complètement se détacher du film original et faire un film complètement différent : De passage dans une petite ville du Texas, en route pour un concert, Erin et ses amis prennent en stop une jeune femme visiblement en état de choc, bredouillant des phrases à peine compréhensible. La jeune femme fini par se suicider en se tirant une balle dans la tête à l’arrière de leur van…
Effrayés, gênés par une cargaison de cannabis qu’ils comptaient vendre durant le concert, le groupe d’amis fini par s’arrêter dans une station service et appelle le shérif du coin pour demander de l’aide. Ledit shérif leur donne rendez-vous non loin de là mais alors qu’il tarde à arriver, certains membres du petit groupe finissent par explorer les alentours et découvrent une grande bâtisse, seulement habitée par un vieil homme acariâtre en chaise roulante.

Après un coup de fil au shérif, Erin et un de ses amis sont attaqués par un individu masqué armé d’une tronçonneuse. Entre temps le shérif est arrivé sur les lieux et trouvant un joint de cannabis dans la voiture, livre un interrogatoire musclé aux jeunes gens et fini par les emmener chez lui menottes aux poignets, son chez lui étant la fameuse bâtisse découverte par Erin quelques heures plus tôt…
Commence alors pour les survivants une nuit d’horreur aux mains d’une terrifiante famille de psychopathes.

Le film est surtout remarquable sur deux points : D’une part sa direction artistique, absolument fantastique, et sa réalisation. L’addition de ses deux facteurs donne au film un cachet visuel d’une efficacité redoutable. D’un aspect sombre, poisseux et glauque, les décors sont une part intégrante de l’efficacité visuelle du film, Nispel ayant un talent indéniable pour filmer les décors.
La réalisation est également un des points forts du film : Rythmée et nerveuse pendant les phases de tensions, elle sait également se faire plus contemplative (voir notamment ce plan magnifique de Erin marchant sous des arbres ombragés), jouant avec les nerfs des spectateurs.

De ce coté on peut également féliciter la production sans faille du film, même si on n’apprécie pas Michael Bay, force est de reconnaître que sur ce genre de film, c’est un producteur de génie.
Dernier point et pas des moindres, le casting et l’interprétation : la tête d’affiche est Jessica Biel, à l’époque surtout célèbre pour son rôle de petite fille modèle dans la série bigote 7 à la Maison qui livre une performance intense très efficace. Autre point fort du casting, le rôle du shérif sadique est tenu par Robert Lee Ermey, acteur populaire pour son rôle de sergent instructeur sadique dans le Full Metal Jacket de Stanley Kubrick. Quand au rôle de Leatherface, il est tenu par Andrew Bryniarski, un acteur habitué des seconds rôles qui demanda lui même à Michael Bay d’auditionner pour le rôle.

Tout ces facteurs combinés font de ce Massacre à la Tronçonneuse version 2003 un film d’une redoutable efficacité, brutal, rapide et cru, il prend à contre-pied le film original pour livrer quelque chose de différent et réussi impeccablement à imposer une ambiance, un rythme qui lui est propre : Un remake détaché du film original, qui réussi à se créer sa propre identité, la définition même du remake réussi  !

Fin de la première partie, rendez-vous le mois prochain pour passer au crible les comics issues de la saga de la famille texane la plus barrée de l’histoire du cinéma  !

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La fin de l’innocence (2ème partie)


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Allez hop ! Nous voici donc réunis pour le second épisode du décorticage en bonne et due forme de ce film consacré à Wonder Woman, made in TLGB s’il vous plait ! Comme pour le précédent billet, je vous conseille vivement d’avoir vu l’oeuvre en question, car je compte parler de détails qui dévoilent résolument l’intrigue… Oh wait ! Non mais vous plaisantez j’espère ! Parce que certains d’entre vous ici ne l’on pas encore vu ??? Mais vous foutez quoi ???

D’où je viens, les généraux ne se cachent pas dans des bureaux comme des lâches. Ils se battent aux côtés de leurs soldats. Ils meurent avec eux sur le champ de bataille.

Dans cette seconde partie nous allons donc parler des péripéties de Diana de Themyscira dans le monde des Hommes, de la mise en abîme de tous ses idéaux, et comme le titre de ce billet l’indique, la perte de son innocence.

Mais avant cela revenons d’abord sur un interlude fort intéressant qui permet justement de faire la transition entre l’atmosphère paradisiaque et sereine de l’Ile du Paradis, et le tumulte, l’effervescence, et la noirceur de cette Europe du début du XXème siècle.
Il s’agit, vous l’aurez compris de la scène du bateau, employée comme métaphore de l’Odyssée ou du  passage d’un monde à un autre correspondant au mythe de la traversée que l’on peut facilement rattacher aux personnages d’Ulysse mais surtout de Charon dans la mythologie grecque, car quelque part, on assiste bel et bien ici à un trajet dont le point de départ est un lieu sublimé par la vie, en direction d’un territoire littéralement soufflé par les flammes du royaume d’Hades.
Lors de cet interlude, nous assistons à une nouvelle confrontation culturelle entre Diana et Steve (car oui, je considère que toutes les oppositions de genre montrées dans ce film sont d’ordre culturels, voire ethnologiques et ne se limitent pas à une vulgaire guerre des sexes) dans laquelle un piètre navigateur marin qui tente de faire bonne figure écoute avec patience la vision édulcorée d’une candide Amazone, qui de son côté a pourtant acquis sont lot de vérité par le Savoir, à défaut d’Expérience.
Ici encore, hormis la barque en elle-même, tout a été réalisé sur fond vert, mais c’est sur ce qui se passe sur la barque qui nous intéresse.
Quand Steve interroge Diana sur la façon dont elle a été créée, celui-ci semble être bien sûr de lui quand il évoque la seule façon naturelle d’avoir une progéniture, une notion qui n’est pas étrangère à notre Amazone, mais qu’elle rejette, selon ses propres critères culturels.
Jusqu’ici tout va bien, la pensée de Marston est du moins à moitié respectée, car Zeus entre dans l’équation et cela reste l’une des plus mauvaises idées du film.
Mais ce qui retient surtout notre attention est cette référence aux 12 volumes rédigés par une certaine Clio (un personnage créé par le duo George Pérez et Chris Marrinan, mais qui fait surtout référence à Sappho, figure emblématique, culturelle et historique pour toute lesbienne qui se respecte) dont la conclusion accablante sort de la bouche même de notre héroïne : Les hommes ont leur part indéniable de responsabilité lorsqu’il il s’agit de procréation, mais en ce qui concerne le plaisir charnel (que l’on traduit ici par compréhension des attentes et désirs du corps féminin, il me semble que c’est très explicite dans ce film vu la manière dont a plupart des spectatrices ont réagit dans la salle face à cette scène), ceux-ci restent malheureusement à côté de la plaque.
Cette scène fait partie des quelques tentatives de la part des scénaristes (Allan Heinberg, Geoff Johns et Zack Snyder, j’opterai plus pour une idée du premier) de suivre le message véhiculé par le créateur de Wonder Woman, tout en restant en harmonie avec la version actuelle qui, je le rappelle ici, a rendu officiellement canon son statut de personnage Queer.

Lost in translation

Le véritable périple de Diana commence dès son arrivée à Londres, le contraste est saisissant de part les tons chromatiques utilisés dans cette seconde partie du film, des tons bleus et gris en adéquation avec Man of Steel et BvS comme le soulignait bien justement Julien dans sa critique.
Même Tower Bridge a retrouvé ses couleurs de début de siècle pour l’occasion (pour la petite histoire, c’est en 1977, à l’occasion du jubilé de la Reine Elizabeth que l’armature métallique du pont a été peinte en bleu, blanc et rouge. Pendant la Première Guerre Mondiale celle-ci était de couleur brune, comme on peut le voir plus ou moins, dans le film).
Cet aspect visuel, que l’on retrouve dans la scène ou Diana découvre l’effervescence de la vie Londonienne, est grandement inspiré par l’œuvre de l’impressionniste américain John Singer Sargent, un artiste qui vécu une grande partie de sa vie en Europe, notamment pendant la Der des Ders, et qui utilisait souvent une seule source de lumière dans ses portraits, un procédé extrêmement moderne pour l’époque.

A ce stade du long métrage, il est intéressant de voir comment l’intrusion de Diana dans ce « bon vieux Londres » fait office de choc culturel, autant pour elle que pour les autochtones de la Perfide Albion. c’est en cela que Wonder Woman se démarque de Captain America : First Avenger (un film que l’on adore ici Btw) auquel il a souvent été comparé avant même que l’on ait vu les premières images, à cause de son contexte historique.
Ici on assiste quasiment (excusez-moi pour la référence, le pire c’est que je ne regarde plus la TV depuis des années) à un épisode de Rendez-vous en terre inconnue, où un protagoniste découvre les us et coutumes d’une civilisation quasi opposée à la sienne.
Nous sommes donc témoins du passage obligé (et loin d’être inintéressant) dans lequel Diana se doit tant bien que mal de s’uniformiser au Monde des Hommes, tout en s’exprimant sans ambages sur le non-sens de celui-ci.

Deux scènes sont à retenir à ce propos : celui de l’essayage vestimentaire aux côtés de la truculente Etta Candy, une femme moderne totalement consciente des mouvements féministes de son époque puisqu’elle fait référence aux suffragettes, mais malheureusement limitée dans son statut de secrétaire (nous allons reparler d’elle un peu plus tard, cela va de soi..), et cette de l’irruption au Conseil de Guerre. introduisant le personnage de  Sir Patrick Morgan.
Dans ces deux situations, Diana prend conscience du statut des femmes européennes en ce début de XXème siècle qui se résume en une référence cinématographique tout à fait appropriée pour le coup : Soit belle et tais-toi.
Mais il me semble intéressant aussi d’étendre ici cette problématique sur l’image même de cette héroïne : Combien de fois avons-nous en effet été amenés à déblatérer sur son costume (jusqu’à son absence de costume ! Et par extension de celui des super héroïnes en général, alors que pour leurs homologues masculins, il n’y a pratiquement jamais aucun débat !), qu’il s’agisse du port du pantalon, de la jupe ou du short étoilé. La question est ainsi également posée dans le film : Comment diantre doit-elle être habillée ? Et surtout, comment est-il possible de faire régner la Justice avec un accoutrement pareil ?
Pour Diana, c’est finalement le costume le plus discret et le plus sobre qui sera retenu, avec un clin d’œil appuyé et bienvenu sur l’uniforme que porte Lynda Carter dans la série TV. Autre référence sympathique, le port d’un accessoire totalement inutile, celui des lunettes qui rappelle forcément celles de Clark Kent. C’est d’ailleurs amusant de voir que les dites binocles sont pulvérisées lors d’une autre référence au Superman de Richard Donner, avec la scène du guet-apens qui se déroule dans la ruelle.
Encore une fois il faut saluer le travail inouï de Lindy Hemming qui supervise les costumes, ainsi que la chef décoratrice Aline Bonetto, la scène de l’essayage a été tournée dans l’extraordinaire Exhibition Hall de l’ambassade d’Australie à Londres, et elle donne littéralement le tournis en terme de décoration et d’accessoires.

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En ce qui concerne la scène du conseil de guerre, Steve présente Diana comme étant sa secrétaire, Wonder Woman fut effectivement la secrétaire de la JSA dans les pages d’All-Star Comics et reléguée au dernier plan, un statut que réprouvait totalement William Moulton Marston à l’époque (mais le pauvre bougre écrivait déjà ses aventures sur  Sensation Comics, Wonder Woman et Comic Cavalcade, il ne pouvait pas être partout !). Comme vous le savez surement en 1918 les femmes n’avaient absolument aucune légitimité politique, et encore moins le droit d’être présente physiquement dans un quelconque conseil, hors le fait est qu’en Angleterre, le droit de vote des femmes fut accordé cette même année, les citoyennes devaient alors être âgées de 30 ans (tandis que les hommes devaient avoir célébré leurs 21ème anniversaire , il faudra attendre 10 piges de plus pour que l’égalité soit rétablie).
OK ! Donc je m’époumone à dire depuis le début que scénaristiquement, le choix historique (la Première Guerre Mondiale au lieu de la Seconde) est intimement lié au contexte du mouvement des Suffragettes, un mouvement grandement soutenu par le trio Marston, Holloway, Byrne à l’époque des faits comme on dit.
Dans ce film, il s’agissait clairement de montrer l’opposition entre une société patriarcale où la guerre règne en  maître, et celle d’un féminisme balbutiant et instigatrice de paix. De là à dire que les hommes viennent de Mars et le femmes de Venus, il n’y a qu’un pas…
Si le sujet vous intéresse, je vous invite à lire l’ouvrage Égalité des sexes et pouvoir en Grande-Bretagne de Françoise Barret-Ducrocq.

Il est temps désormais de parler des personnages secondaires qui apparaissent dans cette seconde partie du film.
En tout bien tout honneur, commençons par Etta Candy, qui se devait d’être absolument présente tellement elle fait partie de l’Histoire de Wonder Woman. A tel point que l’on peut aisément la comparer avec Jimmy Olsen dans Superman. C’est un personnage indispensable, qui est apparue dans la plupart des comics et autres formats consacrés à notre fière Amazone. Elle est également issue de l’imaginaire de William Moulton Marston, et fait office de point d’ancrage, de référence, ou source d’inspiration quand il s’agit du statut des femmes selon les époques où elle apparaît : Dans les années 40 son physique, tout en rondeurs est très loin des standards de l’époque, et elle participe avec sa sororité, les fameuses Hollidays Girls à l’effort de guerre dans la lutte contre les Nazis.
Il est vraiment fort dommage qu’Etta et ses filles, n’aient pas été transposées comme telles dans ce film, par exemple en tant que membres des Women’s Royal Air Force qui officiaient déjà pendant la Première Guerre Mondiale.

Il y auraient eu tant de choses à dire sur ces femmes… Au lieu de cela nous avons droit à une Etta Candy, fort sympathique certes, mais un peu cruche qui sert avant tout de comic relief, et qui est surtout largement sous-exploitée.

En toute logique c’est donc un groupe d’hommes, quelque part les Holliday Boys de Steve Trevor qui vont aider Diana dans son périple Européen. De manière totalement assumée, le film nous sert sur un plateau le stéréotype de l’équipe de bras cassés constituée de soldats qui n’ont pas leur place dans ce conflit mais qui n’ont pas d’autre choix que d’y pendre part : Sameer le Marocain roublard dont le rêve est d’être acteur, le Chef, dont le peuple a été décimé et qui est déjà une relique de sa propre culture, et enfin Charlie, un écossais alcoolique (pléonasme ?) qui souffre du syndrome de stress post-traumatique.
Ici encore, ces personnages sont sous-exploités et n’ont pas grande utilité si ce n’est de faire prendre conscience à Diana de toute la complexité du monde des Hommes.

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Face à eux, le Général Lundendorff et le Dr Maru sont les deux faces d’une même pièce, inspirés par une force dont ils n’ont même pas conscience.
Basé sur une figure de la Première Guerre Mondiale, Erich Ludendorff, le personnage interprété par Danny Huston est censé incarner le mal absolu mais n’arrive pas vraiment à convaincre, notamment à cause d’un doublage Français qui s’efforce d’imiter un accent Allemand à la limite de la parodie (il en est de même pour Maru d’ailleurs).
Le Doctor Poison quant à elle aurait mérité une meilleure exposition, il aurait mieux valu que les deux personnages fusionnent pour représenter une menace unique beaucoup plus impressionnante. On a bien conscience que Maru est ce que l’on appelle « un savant fou », capable de tester ses inventions sur son propre visage, mais elle reste une subordonnée, une exécutante du Général qui manque de confiance en elle.
La scène avec Steve dans le château montre à quel point ce personnage (et son actrice, la délicieuse Elena Anaya) avait du potentiel.

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On assiste donc tout au long du film à une succession de petites frustrations, que cela soit dans l’utilisation de ses personnages secondaires, l’abus de ralentis et d’acrobaties lors de certaines scènes d’action, ou de la maladresse du message véhiculé par le film par rapport à la vision de Marston (notamment concernant ses origines).
Toutes ces tracasseries vont être balayées d’un coup de lasso le temps de LA scène épique du film, je veux bien évidemment parler de celle du No Man’s Land, Rien que de me souvenir de cette scène, j’en ai encore les larmes aux yeux. La voir sortir des tranchées et gagner du terrain mètre après mètre sous le feu discontinu des soldats Allemand est un moment iconique que l’on a trop peu eu la chance de voir pour une héroïne quelle qu’elle soit, tout média confondu. C’est une scène qui sera dorénavant montrée comme source d’inspiration pour des générations de femmes (et d’hommes) qui luttent contre l’adversité.

Contrairement à la scène de la plage qui était à mon avis considérablement appauvrie par des effets visuels outranciers, la chorégraphie des scènes d’action dans la bataille de Veld est largement plus réussie, mis à part le « poutrage de clocher » censé  montrer une fois pour toute la toute puissance de l’héroïne, une scène qui j’en suis sure a été TRES influencée par Snyder qui ne peut de toute manière pas s’empêcher de détruire tous les édifices qui se présentent devant lui…
Et puisque que l’on parle de ce réalisateur (vous allez croire que je le déteste à force alors que pas du tout !), je vous invite à remarquer les quelques similitudes et différences entre cette scène d’action de Wonder Woman et celle de Sucker Punch, le jeté de table a encore de belles heures devant lui.

 

On va s’arrêter là pour cette seconde partie, rendez-vous la semaine prochaine pour la suite et fin du décorticage de ce film fort sympathique et dont le succès poussera j’espère les studios à enchaîner sur des œuvres encore plus abouties.

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La fin de l’innocence (1ère partie)


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Comme d’habitude, je préfère vous prévenir, ici on ne fait pas dans la dentelle parce qu’on va au FOND des choses, les spoilers sont donc de mise !

Je voulais sauver le Monde…

Il n’est parfois pas chose aisée de rester objectif, impartial, ou de bonne fois lorsque l’on passe la plupart de son temps à écrire, écrire, et écrire encore sur la super héroïne la plus médiatisée (surtout en ce moment) du prisme des comics.
Wonder Woman, puisque c’est d’elle dont il s’agit, a pour moi depuis longtemps dépassé le statut d’icône. Elle est devenue, au fil des ans et des billets que je lui ai consacrée, une amie.
Comme c’est souvent le cas lorsque nous partageons un lien d’amitié avec quelqu’un, cela comprend des valeurs et des idéaux communs, des expériences personnelles ainsi que, ne serait-ce qu’une partie de son histoire propre.
Hors Wonder Woman n’est pas une amie comme les autres. Elle a beau appartenir à personne (et ne me dites pas qu’elle appartient à DC Comics/Warner, vous seriez bien accueillis), bon nombre d’entre nous se l’approprie plus ou moins sans complexe, parce son statut le lui permet, tout simplement.

Espérer, puis attendre un film sur Wonder Woman a été depuis près de 30 ans vécu pour moi (parmi tant d’autres, je le sais) comme une véritable épopée faite de moments d’ivresse et de désillusion.
Hors après avoir vu ce long métrage, la première chose qui m’est venue à l’esprit est que non, par Héra, je n’ai pas succombé au parti pris facile du fangirlisme (ce mot n’existe pas, on est bien d’accord) comme si sous mes yeux ébahis ma meilleure amie avait été sélectionnée pour représenter la France à l’Eurovision.
Ce film existe désormais, et dans son ensemble je l’ai beaucoup apprécié pour tout un tas de choses que je vais exposer ici, en détail, alors que d’autres notions m’ont laissé totalement de marbre ou encore littéralement agacé, je vous propose de décortiquer ce film en respectant la trame de ces trois parties, bien distinctes : la vie sur Themyscira, le choc Européen, puis le combat ultime. Trois billets pour un film, parce qu’après tout Wondie méritait une telle exposition, il me semble.

Pour Themyscira

Si l’on considère que Wonder Woman est le troisième film qui fini de cimenter la fameuse Trinité dans le DCEU, celui-ci tout comme ses prédécesseurs prend effectivement le temps d’instaurer un climat de présentation de son personnage, Man of Steel exposait les dernières heures de Krypton, BvS le traumatisme du jeune Bruce Wayne au sortir d’une salle de cinéma, dans ce film on plonge quasi directement dans l’aspect mythologique de ce personnage que le grand public a encore du mal à cerner.
Diana de Themyscira vit depuis sa création sur cette Île Paradisiaque qui a été choisie par Zeus lui-même comme, à la fois refuge et lieu d’exil pour ses chères Amazones qui en des temps immémoriaux ont lutté de toutes leurs forces contre Ares, le Dieu de La Guerre.

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Terre sacrée, fertile et sauvage, où ses occupantes vivent en parfaite harmonie avec une nature luxuriante et bienveillante, Themyscira est un personnage à part entière en ce début de film, elle personnifie complètement le Matriarcat imaginé par Marston (qui je le rappelle ici, était convaincu que les femmes étaient supérieures aux hommes).
Les Amazones ont bâti leur cité séculaire en respectant le relief et les innombrables ressources qui leur ont été offerte en ce lieu, à l’image des habitations troglodytes que nous retrouvons dans notre propre civilisation (j’avais déjà un petit peu développé certains aspects de l’île ici, je vous invite à y jeter un œil pour ne pas faire de redite un peu lourdingue), sans portes ni fenêtres, elles peuvent évoluer librement sans aucune contrainte.
De plus, on s’aperçoit très rapidement dans les premières minutes du film que les Amazones ne sont pas uniquement constituées de guerrières athlétiques sur-entraînées. On comprend en effet qu’il existe des préceptrices, logiquement Gardiennes du Savoir destinées à contribuer à l’éducation de la plus jeune des Amazones. Mais les quelques scènes qui nous invitent à prendre connaissance de la jeunesse de Diana nous font également comprendre que chaque Amazone quelque soit son statut, contribue à la vie de la Cité, et cela de façon totalement inclusive, dans le principe même du terme de communauté.
L’eau y est omniprésente et a des valeurs curatives tout en émettant une source de lumière… dans un autre post j’avais émis l’hypothèse que cette eau luminescente pouvait être une interprétation cinématographique du rayon pourpre inventé par Marston, c’est effectivement le cas.

Ainsi, même si les Amazones ont bien été créées dans ce film par le plus grand Dieu de l’Olympe, un être qui symbolise les Cieux, leur culture est quant à elle fondée sur la roche, le minéral, par extension Gaïa la Déesse mère de la Terre, une notion encore une fois chère à Will (oui je l’appelle Will, et alors ?) qui souhaitait que Diana soit le fruit d’une procréation exclusivement féminine (dans le film, nous avons droit à une toute autre interprétation, on y reviendra un peu plus tard, ne vous inquiétez pas…).
Autre symbolisme véhiculant la féminité dans cette première partie du film, l’utilisation de la forme du coquillage pour représenter la féminité dans le design de la chambre de la petite Diana, ainsi que que la salle du trône où Steve Trevor se voit contraint de dire la Vérité sous le joug du lasso doré d’Hestia. A l’instar de Yanick Paquette qui s’était inspiré de la représentation de la Déesse Aphrodite de Botticelli dans son Wonder Woman: Earth One, on retrouve dans le film ces mêmes motifs ainsi que des références au courant Art Déco (un mouvement artistique qui se déroule justement à l »époque du récit, c’est à dire pendant la Première Guerre Mondiale), jetez un œil par exemple aux motifs des marches d’escalier ainsi que le design du trône de la Reine Hippolyte, peut-être influencé par l’oeuvre des céramistes Pierre et Joseph Mougin.

Autre détail qui fait référence à l’univers des comics dans ce film à ce stade, celle-ci concerne la représentation de Diana encore enfant puis adolescente, à la fois innocente et débordante de fougue (un modèle extraordinaire autant pour les filles que pour les garçons qui auront la chance de voir ce film au cinéma), où on la voit en plein entrainement avec Antiope, je ne peux m’empêcher d’y voir un clin d’œil à l’excellent The Legend of Wonder Woman de  Renae De Liz, où dans cette version la jeune amazone s’entraîne avec Alcippe.

Et puisque cette première partie du film fait la part belle aux Amazones, parlons un peu plus d’elles en détail, si vous le voulez bien.
Dans cette version cinématographique, celles-ci sont pluri-ethniques et c’est un vrai bonheur de voir ça, sans parler du fait que les comédiennes qui les incarnent sont bien loin d’appartenir à un quelconque stéréotype esthétique, ce sont pour la plupart de véritables athlètes, cascadeuses, championnes de boxe, haltérophiles, danseuses professionnelles… Comme je l’ai dit plus haut, elles ne sont pas uniquement constituées de guerrières, elles sont aussi éducatrices, agricultrices, pêcheuses, politiciennes, chacune a son rôle dans la Cité. Themyscira a beau être gouvernée par une reine, la démocratie reste une institution inébranlable où chacune aura son mot à dire en temps de crise. De plus, c’est un peuple pacifique qui emploiera la violence uniquement pour se défendre.
Ici encore, un gigantesque et incroyable travail de design a été mis en oeuvre pour créer une véritable identité à ces amazones, autant dans leurs costumes que dans leurs armements. Alors que chaque guerrière (et elles sont nombreuses !) aura un costume et des armes propres, ont y retrouve les ornements et décorations présentes dans l’architecture de l’île, les motifs de coquillage et les figures Art déco sont effectivement incrustés de façon judicieuse, tout cela est supervisé d’une main de maître par la très talentueuse Aline Bonetto, chef décoratrice française a qui l’on doit les décors de nombreux films de Jean-Pierre Jeunet, ainsi que la costumière Lindy Hemming qui ont véritablement su insuffler une âme et une identité à  Themyscira et le peuple qu’elle abrite.

Autre élément intéressant concernant ces Amazones, celles-ci n’ont pas toutes le même âge, la maturité d’Hippolyte et Antiope saute aux yeux, mais on notera également la présence d’Artemis, incarnée par l’imposante Ann Wolfe et qui est âgée de 46 ans. Tous ces exemples montre qu’il y a eu une vraie volonté de créer un univers cohérent autour de ces Amazones, même si faute de temps la plupart d’entre elles sont sous exploitées, à l’image de Menalippe qui était pourtant bien mise en avant au même rang que ses sœurs dans les premiers visuels montrés il y a un an.

Quoiqu’il en soit la partie qui leur est consacrée reste d’une très grande beauté, à tel point qu’elle donne envie de voir un spin-off ou une série TV qui leur serait entièrement dédiée, leurs origines étant succinctement expliquée par Hippolyte à sa fille telle une comptine pour enfant, une scène dantesque mise en image et superbement illustrée par le duo d’artistes Raffy Ochoa et Houston Sharp.

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Et puisque l’on parle d’origines, celles qui concernent notre héroïne dans ce film sont loin d’avoir mon approbation, car elles dénaturent complètement le statut du personnage : Pourquoi vouloir à tout prix donner un père biologique à Diana ? Alors ça, c’est quelque chose que je n’arrive vraiment pas à comprendre. Pourquoi imposer la figure du père à une héroïne dont le postulat, totalement révolutionnaire pour l’époque est qu’elle avait été créée comme je le disais plus haut par des femmes et UNIQUEMENT des femmes. Elle est le fruit du matriarcat, mais surtout le fruit d’un amour d’une mère pour sa fille, point barre. Lui donner un père ne la rendra pas plus humaine, ça ne fait que dévaloriser complètement ce que Marston voyait en elle. Ici elle devient juste la fille de Zeus, comme on est l’épouse d’un tel ou la sœur d’un tel. C’est pas bien de faire ça, franchement.

Autre déception, on ne prend pas le temps de nous parler du costume de Diana, contrairement aux allusions faites pour le lasso d’Hestia et la fameuse Godkiller. Et pourtant, le spectateur lambda ne pourra que remarquer la différence chromatique entre ce costume et ceux qui lui ont été montré jusqu’alors. Cela saute même aux yeux de Steve Trevor lorsque Diana le revêt pour la première fois. Ce costume a lui aussi une origine, et cela aurait été judicieux, ne serait-ce que d’en faire allusion soit à ce moment précis, soit lorsque Diana enfant visite la tour de l’armurerie avec sa mère.

L’un des moments forts de cette première partie concerne la bataille épique entre les Amazones et les soldats Allemands qui ont réussi à franchir l’épais brouillard qui protégeait Lilly Aspellde toute intrusion ainsi que de la menace d’Ares, un dieu vaincu mais représenté telle une épée de Damoclès dans l’esprit de ces gardiennes de la paix.
Cette scène très maîtrisée techniquement dans sa réalisation grâce notamment à de très beaux travellings est malheureusement alourdie par des effets visuels symptomatiques que l’on retrouve dans les films du DCEU, et de Zack Snyder en particulier, l’utilisation à outrance des ralentis et acrobaties sorties tout droit de cinématiques de jeux vidéo est pour moi un véritable fléau oculaire qui m’horripile de plus en plus. Dans cette scène, cela passe encore à peu près, mais nous verrons plus tard que l’un des plus gros défauts du film correspond justement à l’utilisation à outrance et de façon agressive de ce genre de technique…

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Autre scène mythique, celle du sauvetage de Steeve Trevor, ô combien décrite dans les comics, celle-ci a été totalement réalisée en CGI, qu’il s’agisse du paysage, des reliefs, de ce qui se passe sous la mer, tout a été animé en studio et le résulat est bluffant. La lumière omniprésente et le choix des couleurs est une évocation évidente représentant parfaitement l’héroïsme qu’incarne Diana, un choix chromatique que l’on va retrouver un peu plus tard dans une autre scène du film, tout aussi mythique. J’ai particulièrement aimé ce moment où Steve, alors qu’il est en train de sombrer coincé dans son avion, discerne une forme à la surface, telle une apparition angélique alors qu’il s’avère que dans les comics de l’ère Marston (et plus tard également), il a pour habitude de l’appeler son « ange ».

Cela nous mène à parler de la dynamique des interractions entre Diana et Steve dans ce début de film, elles sont toutes très bien senties et témoigent d’une réelle osmose et une complicité évidente entre les deux acteurs. Même si je suis loin d’être une amatrice de Chris Pine, je concède volontiers qu’il s’en sort très bien dans le rôle de Steve Trevor, lui donnant le volume, la consistance qui lui a fait très souvent défaut dans les comics.
Dans cette première partie de film, Diana et Steve sont deux êtres qui se confrontent et se découvrent vis à vis de leur propre culture, ici le matriarcat fondé sur la bienveillance et le savoir, opposé au patriarcat régit par des règles imposées par le dictat et l’esclavage du temps, du travail, du mariage. Les dialogues sont animés et font réagir l’audience, c’est une des belles victoires de ce film que de synthétiser ainsi avec humour les différences culturelles basées sur leur genre respectif.

Autre fil conducteur qui parcourt cette première partie, la justesse de jeux des acteurs de la petite Lilly Aspell qui incarne Diana à l’age de huit ans, aux vétéranes Connie Nielsen et Robin Wright aussi imposantes qu’impériales, et tout aussi injustement sous-exploitées par le temps (décidement ! Putain de patriarcat !).

On assiste donc en ce début de film à une très belle exposition du concept des Amazones, l’introduction d’un nouveau monde aux antipodes des visions Kryptoniennes et Gothamites largement développées à travers les différents films consacrés à leur héros respectif. Celui-ci sans être parfait est déjà d’ine richesse inouie et donne une réelle identité au personnage de Diana de Themyscira, dont les principes seront ébranlés au contact du monde des Hommes, c’est que nous verrons en décortiquant la seconde partie du film.

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Wonder Woman : La critique de Julien Lordinator


Wonder Woman  : Retour en grâce d’une icône

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[Note de la Katchoo : Comme indiqué plus haut, il s’agit de la review du film par notre ami Julien Lordinator, la mienne arrivera dès que je l’aurai vu !]

Figure emblématique de l’univers DC, pour de nombreux lecteurs de comics, Wonder Woman est bien plus qu’un simple personnage de fiction : C’est un symbole et à l’image de son homologue masculin Superman, elle représente des valeurs et des idées chers dans le cœur de ses fans (dont je fais partie).
Même si dans les comics cet aspect du personnage a de nombreuses fois été mis en avant, à contrario des autres membres de la trinité DC Comics que sont Superman et Batman, la fière et farouche amazone n’avait pas encore eu les honneurs d’une adaptation en film live (1). Lourde tache donc pour la réalisatrice Patty Jenkins et l’actrice Gal Gadot de lui offrir son premier voyage vers le grand écran et de donner aux fans et au grand public une interprétation crédible du personnage.
C’est conquis, satisfait et le sourire aux lèvres que je suis ressorti de la salle de cinéma, lecteur de Wonder Woman depuis aujourd’hui une vingtaine d’années, j’avais enfin « mon » film, ou plutôt Wonder Woman et ses fans ont enfin LEUR film.

This is who we are
This is what we’ve got
No, this is not our Paradise
But it’s all we want,
And all that we’re fighting for
Though it’s not paradise

Within Temptation & Tarja Turunen – Paradise (What About Us ?), extrait de l’album Hydra (2014) (2)

Diana est une fillette énergique, souriante et espiègle vivant sur Thémiscyra, l’île des amazones de la mythologie grecque. Fascinée par ses consœurs, Diana rêve chaque jour, comme elles, de pouvoir s’entraîner au combat afin de devenir une grande guerrière, entraînement que lui refuse Hippolyte, sa mère et chef des amazones. Mais ce n’est pas le cas d’Antiope, la plus grande guerrière de Thémiscyra qui voit en Diana un plus grand potentiel que celui que semble voir en elle sa mère et commence à l’entraîner en secret.
Les années passent et Diana devient jour après jour une grande guerrière et commence même à développer des talents jusque là jamais vus chez les amazones, c’est à la suite d’un de ces entraînements qu’elle aperçoit un avion s’écrasant sur les plages paradisiaque de son île, suivi par une horde de soldats surarmés.
Après un combat féroce opposant les amazones et les soldats, le pilote de l’avion écrasé explique que le monde extérieur est en proie à une guerre mondiale jamais vue jusque là.

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Pour Diana ça ne fait aucun doute, le responsable est Arès, le Dieu de la Guerre et ennemi juré des amazones et il est du devoir de son peuple de se lancer elles aussi dans ce conflit. Réponse négative de la part d’Hippolyte, qui juge que les combats des hommes ne les concerne pas.
Seulement Steve Trevor, le pilote qui s’est écrasé, a en ça possession le carnet de recherche du Docteur Maru (surnommée le Docteur Poison), une scientifique espagnole travaillant pour le compte du général allemand Erich Ludendorff : Le Docteur Maru a mis au point un gaz terrible qui, bien que la signature de l’armistice soit très proche, pourrait changer le cours de la guerre.
Contre l’avis de sa mère, Diana décide de raccompagner Steve Trevor dans le monde des hommes afin qu’il remette ce carnet à ses supérieurs, lui permettant également de régler son compte à Arès afin de mettre fin à ce conflit sanglant.
Entre découvertes, désillusions et épreuves, c’est un véritable voyage initiatique qui commence pour la jeune amazone.

Le choix a donc été fait de placer l’action du film durant la première guerre mondiale et même si ce choix ne fera pas l’unanimité, il est le centre du film et sert énormément son histoire et son ambiance.
Ce choix permet déjà de créer une scission entre le monde des amazones et celui des hommes : On passe donc d’un univers paradisiaque et lumineux à un monde sombre et gris, justifiant donc (pour une fois) l’aspect limite monochromal des productions DC Comics au cinéma. Certains pesteront probablement encore sur ce choix, mais dans le cas de Wonder Woman il est parfaitement justifié et sert l’histoire de façon admirable. De plus le film garde cet aspect et sa logique artistique tout du long, lui donnant un aspect sobre et logique remarquable là où d’autres productions oscillent constamment entre des choix visuels parfois hasardeux.

NIGHTINGALE

Autre point fort du film, c’est son actrice principale : Contestée dès les premières images, voire moquée, Gal Gadot avait partiellement rassurée après son apparition dans Batman V Superman, L’Aube de la Justice mais une simple apparition ne fait pas un personnage (sinon Stan Lee serait le plus grand acteur de tout les temps), et tout restait encore à prouver pour la jeune actrice israélienne. Époustouflante, magistrale, Gal Gadot est sans conteste une Wonder Woman d’exception et tord le cou à tout ses détracteurs : A la fois redoutable, touchante, naïve, lucide et drôle, elle campe un personnage aux multiples facettes, aussi complet qu’attachant, qui se remet en question et dont on assiste à l’évolution.
C’est d’ailleurs une des constantes du film : L’évolution du personnage se fait sous le regard du spectateur, Diana, jeune femme naïve et pleine d’idéaux doit au fur et à mesure se remettre en question au gré de ses découvertes, tout n’est pas tout blanc ou noir et à l’image du monde des hommes tel qu’il est caractérisé dans le film, les nuances de gris sont bien présentes et dominante.
Malgré cela, Diana continue de croire en ses idéaux et reste malgré les épreuves et les horreurs qu’elle traverse un personnage positif, véhiculant des valeurs et un état d’esprit humaniste particulièrement touchant : Le scénariste Allan Heinberg et la réalisatrice Patty Jenkins ont donc parfaitement saisis les constantes du personnage, un tour de force visible à l’écran qui donne au personnage une envergure jamais vu jusqu’ici.
Les autres personnages ne sont pas en reste, tout particulièrement Steve Trevor et sa relation avec la jeune amazone : Sans jamais tombéer dans le pathos ou les lieux communs, la relation entre les deux personnages se construit au fur et à mesure du film, s’entrechoque, tout en restant crédible et touchante. Chris Pine livre une interprétation sans faille d’un Steve Trevor courageux et humainement réaliste, qui malgré les horreurs de la guerre continue de croire en ses idées, un parfait contre-pied à la mentalité naïve de Diana.
Le film est également criblé de seconds rôles savoureux, la pétillante Etta Candy ou les membres du commando de Steve Trevor sont des personnages double, à l’image du débonnaire tireur d’élite écossais, dissimulant derrière cet aspect un traumatisme bien plus grand. Là encore largement contesté lors de son annonce, force et de reconnaître que le choix de Danny Huston pour le méchant de service se révèle être un choix audacieux et payant, l’acteur campant un général allemand froid et impitoyable particulièrement glaçant. Notons la présence du français Saïd Taghmaoui au casting, qui après son apparition dans le reboot (raté) de Conan, GI Joe et Infiltrator continue mine de rien de se frayer un chemin discret dans les grosses productions américaines.

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Car il ne faut pas l’oublier, on reste dans un blockbuster américain et les amateurs de grand spectacle n’ont pas été oublié : Les scènes d’action sont bien présentes dans le film et sont d’une efficacité redoutable. Dans sa première partie, on assiste aux impressionnants entraînements des amazones, tout en grâce et en acrobaties, faisant limite penser à de la danse et dans sa seconde partie aux affrontements crus et violent de la première guerre mondiale, là encore la scission est brutale et même dans ces scènes d’action, la différence entre les deux mondes est visible.
La sauvagerie et la fougue de l’amazone s’en ressent durant ses affrontements avec les troupes allemandes, spectaculaire, à couper le souffle, les scènes de combat font partie des plus impressionnantes que j’ai pu voir dans un film de ce genre (de mémoire, pour voir des scènes semblables il faut que je remonte aux deux premiers Captain America, celles de Wonder Woman leur étant quand même supérieur en terme de dynamique et de mise en scène). Diana est réellement impressionnante durant ces combats, contrastant avec son état d’esprit humaniste et naïf : Une véritable amazone.

Malgré toutes les louanges ci-dessus, je dois tout de même admettre que le film souffre de quelques défauts. Le premier est la densité de son histoire, mais c’est un défaut somme toute assez relatif puisque seul le lecteur de comics pourra lui reprocher : Wonder Woman est un personnage complexe, à l’histoire longue et j’avoue que j’aurais voulu en savoir plus sur ses origines mais je reconnais que l’on est dans un film et que cela aurait probablement occupé une grande partie du métrage. Néanmoins, j’avoue avoir été déçu de ne pas avoir eu de scène emblématique de son histoire, notamment le « concours » des amazones pour savoir qui raccompagnerait Steve Trevor, scène que j’aurais voulu et espérais voir dans le film. Mais je le répète, on est dans un film et malgré ces deux heures dix, il fallait aller à l’essentiel.
Autre gros point critiquable du film, c’est son dernier acte.
Fouillis, limite bordélique, on sent une volonté de conclure et c’est particulièrement flagrant, voir trop flagrant : Tout est bouclé à grand renfort d’explosions en un temps record, laissant un peu le spectateur comme deux ronds de flan devant ce déluge de révélations, de coup de théâtre, de combats et d’explosions calés dans une fenêtre temporelle aussi courte. J’aurais sincèrement apprécié une conclusion plus fragmentée, longue et du coup plus claire que ce maelstrom limite indigeste qu’est le dernier acte du film.
Même si il reste crédible, alors que le film prend tout son temps dans ces trois premiers actes, le final est trop rapide et expédié et contraste assez singulièrement avec le reste du film.
Dommage.

Entre sobriété, humanisme, grand spectacle et réalisme, le film est un quasi sans faute et rend enfin justice à un personnage que le grand public avait figé depuis trop longtemps dans l’image d’une série télévisée rétro-kitsch des années soixante-dix. Son positionnement temporel durant la première guerre mondiale, l’une des périodes les plus noires de l’histoire humaine, dessert admirablement le personnage, faisant de ce fait ressortir ses valeurs. Avec ce film est imposé l’image d’une Wonder Woman aux idéaux toujours d’actualité, un personnage fort, emblématique, humain et positif.

L’autre point positif non-négligeable du film est dû à cette mode du film de super-héros : Là où Marvel traîne des pieds pour mettre en avant ces personnages féminins (on attend toujours un film Black Widow qui visiblement n’est pas prêt d’arriver…), DC/Warner à eu l’audace de mettre en avant la plus grande et la plus emblématique de toute les super-héroïnes, de tenter de faire quelque chose de nouveau en bousculant son image tout en gardant ces bases : Pari réussi car Wonder Woman est sans conteste un des plus grands films de super-héro de ces dernières années.

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1 : On retiendra surtout un long métrage animé d’excellente facture sorti en 2009, qui sera d’ailleurs disponible le 7 juin 2017 en France dans une édition director’s cut.

2 :

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Ice Ice Baby #2


ATTENTION ! CE BILLET CONTIENT UN SPOIL ABSOLUMENT INSIGNIFIANT EN TERME D’INTRIGUE SUR LE FILM WONDER WOMAN.
MAIS SAIT-ON JAMAIS, JE PRÉFÈRE PRÉVENIR LES TARÉS DANS MON GENRE, IL SE PEUT QUE CELA VOUS INCITE A VOUS NOYER SUR LES RIVES DE THEMYSCiRA, POUR LES AUTRES, ENJOY !!!

Ice cream is wonderful !
You should be very proud of this achievement !

Je vais vous avouer quelque chose, je suis insomniaque. En général je ne dors en moyenne que 4 heures par nuit, 6 heures si j’ai de la chance, alors en essayant de trouver le sommeil via les réseaux sociaux, l’autre jour je suis tombée sur un making of de 13 minutes du film Wonder Woman, qui comme vous le savez est sur le point de de sortir dans les salles obscures d’ici la semaine prochaine.

Un très court extrait de cette featurette a éveillé en moi le souvenir d’un billet posté en 2011 (la fameuse période des New 52) où je m’interloquais sur le soudain intérêt de Wonder Woman concernant les glaces en cornet, à l’époque paru dans Justice League #3.
A ce moment là, je peux vous dire que j’ai littéralement éclaté de rire, à 4h du matin.

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Il faut dire que ce moment précis avait déjà été librement transposé dans le film d’animation Justice League : War, comme un clin d’œil pour définir un lien, certes particulier, entre Diana et le monde des Hommes.

Hors dans le film de Patty Jenkins, sous vos yeux ébahis, attendez-vous désormais à retrouver encore une fois cette référence, comme annoncée dans le making of mis en lien plus haut.

Le pire c’est qu’à chaque fois, Wonder Woman prononcera exactement la même tirade. Il ne faut pas chercher bien loin pour en reconnaître l’influence directe : un certain Geoff Johns qui fait ici sur les trois productions, office de maître de cérémonie.

Mais au delà de cette référence, mon petit doigt me dit que le film consacré à Wonder woman va lui aussi amener son lot d’easter eggs au même titre que les autres films DC/Warner… Sauf que cette fois-ci, j’ai quand même du mal à croire que le grand public parvienne à les discerner.

Mais si j’ai pu attraper celle-ci, vous pouvez compter sur moi pour pouvoir lire une review du film digne d’une Amazone.

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Alien Covenant : la critique de Julien Lordinator


1

Avant-propos  : Je suis un fan absolument dévoué et obsédé par la saga Alien : Je connais les films, leurs thèmes et histoire de création sur le bout des doigts et collectionne chaque nouvelle édition de chaque film, produits dérivés, bandes dessinées, romans, livres et tout ce qui est possible de collecter sur cette saga cinématographique et ses dérivés avec assiduité et passion.
Mais bon, ça, la plupart des personnes qui me lisent de temps en temps ou régulièrement le savent et par l’entremise du blog où vous lisez ces lignes, j’ai également déjà prouvé que je l »étais et que la saga était une source inépuisable de matière à débattre (1).
Tout ça pour dire que la saga Alien, ce sont plus que des films pour moi, c’est une véritable passion, un leitmotiv, un moteur de mon propre imaginaire, je le répète, je suis passionné par cet univers, jusqu’au bout des ongles.

Dire que j’attendais avec beaucoup d’impatience ce nouvel opus est un euphémisme : Après un Prometheus qui, contrairement à beaucoup, m’avait vraiment enthousiasmé en donnant de nouvelles pistes et en établissant de nouvelles bases de réflexion pour la saga, Covenant se devait d’être à la hauteur et être l’épisode charnière qui (r)amènerais ces créatures emblématiques sur le devant de la scène.

Le bilan est positif en ce qui me concerne mais Alien : Covenant n’est pas un film qui plaira à tout le monde, loin de là même, car Ridley Scott a clairement décidé de donner un virage à 180 degrés à la saga qu’il a lui même créé il y a de de cela presque quarante ans. Bousculer de fond en comble tout ce que l’on croyait savoir sur la saga Alien, voilà ce qui Ridley Scott fait avec son Alien : Covenant et c’est une entreprise osée et risquée, mais assumée par le réalisateur britannique. Pari réussi ou pas ? Ma réponse de suite.

Brille brille petite étoile,
Dans la nuit qui se dévoile
Tout là-haut au firmament
Tu scintilles comme un diamant
Brille brille petite étoile
Vieille sur ceux qui dorment en bas

Comptine anglaise

En 2012 sort sur les écrans Prometheus, vraie/fausse préquelle à la saga Alien totalement assumée par le réalisateur Ridley Scott, Prometheus va diviser les fans d’Alien de façon plutôt agressive, outre ses qualités techniques indéniables, sur lesquelles je ne reviendrai pas ici car tel n’est pas le sujet du jour, le film divise surtout les fans de la saga : Certains dont moi, louant les qualités du film qui esquisse enfin le début d’une cohérence pour un univers qui n’en a jamais vraiment eu, d’autres justement lui reprochant son audace avec véhémence, préférant l’aspect mystérieux et volontairement nébuleux du premier Alien. (je reviendrai d’ailleurs plus bas sur le clivage qu’à créé Prometheus et que manifestement, Covenant va encore plus creuser).

Bande annonce française de Prometheus

Autre point important, il faut se rendre à l’évidence, même en étant un fan la saga Alien est en berne depuis plusieurs décennies au cinéma : Même si elle fait la joie des amateurs dans son univers étendu (comics, romans et jeux vidéos (2) d’une qualité parfois vraiment surprenante pullulent et alimentent régulièrement les étalages), au cinéma, la saga souffre depuis plusieurs années d’une baisse d’intérêt flagrante : Entre les deux derniers opus qui ont peiné à ramener des spectateurs en salle (Alien 3 a été un échec et Alien : La Résurrection n’a pas suffisamment rapporté), une saga dérivée, Aliens Vs Predator, deux séries B (Voir Z pour Aliens Vs Predator : Requiem) à la réputation et à la qualité calamiteuse, la renommée de la saga a du plomb de l’aile et peine face à d’autres mastodontes du genre comme Star Wars ou plus récemment Avatar.

2

Malgré les aboiements des insatisfaits, déjà à l’époque de la sortie de Prometheus, Ridley Scott souhaite donner une suite à son film, considérant que de nombreuses questions laissées en suspens méritaient des réponses. Entre-temps il va tourner trois autres films, un thriller, Cartel avec Michael Fassebender en 2013, un péplum (son autre genre de prédilection) avec Exodus : Gods and Kings en 2014, et enfin un autre film de science-fiction plus « réaliste » (un genre très en vogue depuis Gravity) Seul Sur Mars en 2015.

Après de nombreuses annonces et désistements du projet, notamment celui du scénariste Damon Lindelof et du compositeur Harry Gregson-Williams, le tournage de Alien : Covenant commence en mars 2016 et s’achève huit mois plus tard, en septembre 2016 pour une sortie en salles prévue le 4 août 2017, finalement ramenée à mi-mai 2017 (le 9 mai en Europe, le 19 pour les États-Unis).

3

Le film s’ouvre sur un long dialogue entre l’industriel Charles Weyland (Guy Pearce s’offrant par la même occasion un cameo en reprenant son rôle) et son « fils », un androïde David 8, sur l’existence et l’inévitable mort des êtres vivants à contrario du destin des être artificiels, destinés à vivre éternellement (3).

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Après cette scène d’introduction, direction l’espace à bord du USCSS Covenant, un vaisseau en voyage vers la future colonie spatiale Origae-6 et c’est un nouvel androïde du nom de Walter qui est présenté. Alors qu’il travaille seul, une éruption stellaire imprévue endommage le vaisseau et force le synthétique à réveiller en catastrophe les membres de l’équipage de leur sommeil cryogénique.
Durant l’accident, le commandant de bord décède, remplacé au pied levé par Oram (Billy Crudup), le commandant en second, qui dès le début peine à se faire respecter des autres membres d’équipage.
Alors que les réparations vont bon train, une planète habitable est détectée à proximité du lieu de transit du Covenant. Malgré les réticences de Daniels, un de ses seconds, Oram décide de suivre l’avis général et de descendre sur cette mystérieuse planète afin de constater si elle offre un cadre habitable, la plupart des membres de l’équipage n’ayant pas envie de retourner en stase, la fin du voyage nécessitant encore sept ans d’hibernation.
Arrivé sur cette planète, l’équipage y découvre un lieu sauvage à la végétation luxuriante, idéal pour une colonisation mais étrangement déserte de toute vie animale.

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A leur insu, deux membres de l’équipage sont contaminés par des spores noires et tombent malades, enfantant des créatures particulièrement agressives. Suite à des catastrophes successives dues à ces créatures (4), leur vaisseau est détruit et les membres d’équipage se retrouvent coincés sur la planète hostile, incapable de rejoindre le Covenant resté en orbite, bloqué par une tempête…
Commence alors pour l’équipage du Covenant une véritable lutte pour la survie et malgré une aide en apparence providentielle, quitter la planète devient rapidement vitale.

Dès la scène d’introduction, le dialogue entre Charles Weyland et le synthétique David 8, la filiation entre Covenant et Prometheus est directe et c’est avec plaisir que l’on constate que Ridley Scott a fait fi des divers critiques des mécontents envers son précédent film et continue de l’assumer et d’en assumer les partis pris et les thématiques. Il ressort rien que de cette simple conversation l’exploration de sujets jusque là à peine esquissées dans la saga Alien et légèrement approfondies dans Prometheus sur l’inéluctabilité de la mort des êtres vivants et l’existence éternelle des êtres artificiels, destinés de ce fait à être supérieurs à leurs créateurs. La scène d’ouverture souligne et met donc en avant ce qu’était une des bases de réflexion de Prometheus, et très vite il convient que cette réflexion sera le fer de lance de l’intrigue principale de Covenant.

Cette réflexion et son aspect très mystique, ainsi que le rapport créateur / création est très élaboré dans Covenant : Cette idée de la création qui dépasse son créateur est cristallisée par un des personnages, devenant une sorte de De Vinci maléfique, mais là encore, je préfère ne pas trop m’attarder sur ce point afin de ne pas trop en révéler sur le film et laisser la surprise à ceux qui ne l’ont pas encore vu de le découvrir par eux-même.

Il est clair que bien loin de nous narrer une énième histoire de monstre tueur de l’espace, Covenant va plus loin dans la réflexion et explore des thèmes juste introduits dans Prometheus, Alien : Covenant se charge de nous établir une véritable continuité et éclaircir des points jusque là particulièrement nébuleux de la saga Alien : D’où viennent les Aliens, par qui ont-ils été créés, dans quel but ? La place de la compagnie Weyland Yutani y est également renforcée, bien plus qu’une simple société tentaculaire tentant de s’approprier les fameux et terribles xénomorphes pour son propre profit, son rôle et sa responsabilité s’étoffent et là encore, gagnent une place centrale dans sa filiation avec les Aliens.
Sans trop en révéler, toutes les questions, suppositions et interrogations de la saga auront une réponse dans Covenant et je pense très sincèrement que ces éclaircissements vont particulièrement diviser les fans de tout bord, mais ça, j’y reviendrai plus bas.

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Pour revenir à Covenant lui-même, Ridley Scott renoue avec l’ambiance claustrophobique du premier film, là où Prometheus avait pris une certaine « largeur » dans son environnement : Malgré son cadre, une planète luxuriante et sauvage, il se dégage du film une véritable ambiance oppressante et bizarrement une certaine impression de solitude, un peu similaire à celle que peut ressentir un explorateur qui découvre pour la première fois un endroit mystérieux et hostile. Il ressort du film une impression bizarre, à mi-chemin entre une aventure et épouvante plutôt étonnante et là encore totalement nouvelle dans la saga.
Covenant renoue clairement avec le mix science-fiction et horreur qui avait fait la renommée du premier Alien, son ambiance sombre, oppressante et poisseuse couplée par des scènes gores très graphiques et violentes, à déconseiller aux âmes sensibles, en font un film plutôt « dur », même si le dernier acte se veut plus spectaculaire et moins intimiste, finissant le film sur une charge d’adrénaline assez étonnante. Il se dégage du film une véritable impression de monter crescendo dans la pression, assez plaisante je dois avouer.
Impression générale renforcée d’ailleurs par l’extraordinaire direction artistique donnée au film : Sa photographie sombre mêlant teintes grises et brunes donne un véritable cachet très particulier au métrage et une véritable identité en totale opposition à celle de Prometheus, plutôt claire et lumineuse.
Autre point fort, sa partie musicale, oppressante et mystérieuse, signée Jed Kurzel, bande-son à mi-chemin entre hommage au score de Jerry Goldsmith du premier Alien, emprunt à ceux des suivants (surtout à James Horner dans sa seconde partie, certaines musiques ne sont pas non plus sans rappeler les influences religieuses du score de Ellioth Goldenthal pour Alien 3) et composition digne d’un véritable film d’horreur, tout en étant déstructurée, la musique reste cohérente à ce que l’on voit à l’écran et correspond au rythme du film, parfois intimiste, parfois violente, c’est un des points forts du film.

Malgré tout, il y a un point concernant la musique qui m’a un peu agacé et peut être ramené à un autre point négatif que je vais énumérer plus bas, à savoir l’hommage au premier film Alien et cet aspect un peu fan-service : Durant la première partie du film, on a un peu l’impression que certains thèmes du premier film (5) tournent en boucle et j’ai parfois eu envie de dire « C’est bon, on a compris, on est revenu dans Alien ! ». Néanmoins, il faut quand même relativiser car je pense que pour une personne qui ne connait pas ou peu le premier film de la saga comme moi ou certains fans le connaissent, cet aspect peut passer presque inaperçu, la musique intemporelle de Jerry Goldsmith restant, 38 ans après sa création, d’une efficacité presque exemplaire.

Hormis une utilisation un peu trop systématique de la musique originelle, d’autres points m’ont fait tiquer dans Alien Covenant, l’un de ces ponts est malheureusement symptomatique du cinéma actuel et il était assez peu probable que le film y échappe, à savoir ce que j’appelle le syndrome de la saga.
Après Prometheus, qui laissait suffisamment de portes ouvertes pour une suite qui paraissait presque obligatoire, Covenant souffre du même phénomène, cette fois-ci en étant un film de milieu de saga. Suite directe de Prometheus, il est assez dommage que le spectateur qui n’est pas vu ledit film puisse se retrouver un peu largué à la découverte du second acte de Covenant (celui sur la planète) : Qui est Elizabeth Shaw ? Qu’est ce que la mission Prometheus ? Qui sont les ingénieurs ? Ces questions sont rapidement expédiées, laissant un peu le spectateur qui n’a peut-être pas vu Prometheus, comme deux ronds de flan.
Cette mode actuelle de la saga peut un peu gêner, surtout aux vues des précédents opus de la saga Alien qui se suffisent à eux-même en établissant souvent un lien direct mais succin avec le ou les opus précédents en ne nuisant pas vraiment à leur déroulement, ce qui n’est pas le cas avec Covenant qui au fur et à mesure du film se confirme comme étant la « seconde partie » de Prometheus et se terminant sur un très prévisible et frustrant « à suivre »…

Le second point qui m’a un peu dérangé est un trop plein d’idées dans le film : On ressent à certains moments que Ridley Scott et son scénariste John Logan tentent un peu de « raccrocher les wagons » au train en marche en lançant tout un tas d’idées nouvelles. Certes la plupart de ces idées s’incluent bien dans le film, mais à certains moments on peine à les assimiler toutes en même temps, donnant au film une densité parfois un peu trop importante, là ou Prometheus restait volontairement et agréablement (enfin en ce qui me concerne) un peu nébuleux : Covenant reste globalement plus explicatif et concret que Prometheus, un postulat qui en dérangera certains et au contraire en satisferont d’autres, personnellement je reste assez dubitatif sur ce point.

Le rythme du film est influencé par cet aspect, allant crescendo jusqu’à un dénouement final survolté et spectaculaire, similaire à ce que l’on a pu voir dans Prometheus où dans le second film de la série, Aliens, Le Retour de James Cameron.
Car si il y a bien un point que Ridley Scott semble avoir retenu après Prometheus (qui se suffisait plus ou moins à lui-même en ne faisant que suggérer son appartenance à la saga), c’est la filiation des autres films de la série avec son opus originel : Dans Covenant, les clins d’œil et hommages à ceux qui lui ont succédé sont légions parfois subtils (la naissance du xénomorphe (6.1), certains plans « guerrier » de l’héroïne(6.2)), souvent évident (la scène finale (6.3)), visuels (6.4) ou même carrément digne du fan-service (la scène de la douche (6.5)) Scott brosse les fans dans le sens du poil sans en avoir l’air tout en ne se reniant pas ni en dénaturant son propre film, une prouesse plutôt bienvenue et honorable pour un réalisateur qui jusque là était assez vague sur les différentes suites données à son propre film. Véritable hommage de la part du réalisateur à ses successeurs ou demande appuyée des producteurs ? Je pencherais plutôt pour le premier choix, Ridley Scott ayant prouvé avec Prometheus que les pressions des studios, il pouvait assez simplement s’en affranchir.

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Dernier point négatif, le casting du film, que je trouve particulièrement inégal. Certains personnages sont très mis en avant de part leur importance dans le film, notamment Walter, interprété par un Michael Fassebender absolument grandiose avec son interprétation de l’androïde, sans cesse à la limite du sur-jeu et de la retenue, donnant un aspect presque candide et sensible au personnage.
Même chose pour le personnage de Daniels, interprété par Katherine Waterstone qui reprend à son compte celui de la femme forte de service campée précédemment par Sigourney Weaver et Noomi Rapace. D’autres s’en tirent bien, comme Billy Crudup (Le commandant Oram) en bigot aveuglé par sa foi, ou Danny McBride dans le rôle de Tennessee, le pilote du Covenant. Malheureusement, les autres personnages « secondaires » souffrent d’un traitement beaucoup moins fouillé et sont presque transparents pour certains : Le meilleur moyen de s’en rendre compte et que l’on peine à se souvenir de leur nom et que l’on se souvient surtout de la façon dont ils périssent… Alors que je me souvenais du nom de tous les membres de l’équipage du Nostromo après le premier visionnage du premier Alien, pour ce qui est de Covenant, je peine vraiment à me souvenir du moindre nom des autres personnages que ceux cités plus haut. Dans Covenant, les personnages secondaires servent surtout de chair à canon pour distiller des scènes gore, plutôt réussies d’ailleurs, et c’est un traitement assez peu habituel dans la saga où le décès de certains personnages, même secondaires, était vraiment ressentis comme de véritables pertes pour le spectateur.

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Le point essentiel de Alien : Covenant et c’est sans conteste celui-ci qui va le plus faire parler et son coté très explicatif et concret. Là où le premier Alien se voulait volontairement nébuleux et psychologique, Covenant explique, décortique et établi une mythologie concrète et crédible de son univers, mettant ainsi à mal le coté réfléchi et psychologique du premier film. Plus de place aux théories, suppositions ou explications métaphysique, dans Alien : Covenant, ce sont toutes les certitudes des fans qui sont mises à mal (ou confirmés pour certains, sait-on jamais), tout y est expliqué, jusque dans les moindres détails, expliquant, justifiant chaque détail de l’existence de la créature et de son univers. Tout y est soigneusement expliqué et il  en découle du film un univers cohérent et un début de continuité crédible faisant jusque là défaut à la saga.
Cette volonté manifeste de faire de la série Alien une véritable saga à part entière est une intention particulièrement louable de la part de Ridley Scott, une véritable continuité étant manifestement ce qui à toujours fait défaut à cette série de films, chaque réalisateur et scénariste ayant toujours un peu fait comme bon lui semble sur chaque opus, néanmoins, force est de constater que c’était un état de fait qui plaisait à beaucoup de fans.

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Et c’est là que Covenant va manifestement diviser : En expliquant tout de l’existence des Aliens, Covenant annule ce qui plaisait à une partie des fans de la série, le coté mystérieux et jusque là inexpliqué de l’existence des xénomorphes n’est plus, et les amateurs de théories et de suppositions diverses et variées vont devoir revoir leur copie.
Est-ce un bien ou un mal ? Difficile à dire, mais en ce qui me concerne, je ne suis pas et de très loin un amateur de ce genre de théorie de fans qui soutiennent mordicus à grands renforts de détails fumeux que seuls eux semblent voir qu’ils détiennent la vérité, j’aime les choses claires et définies et c’est ce que Covenant m’a offert, et ce à ma grande satisfaction : Plus de place à l’ambiguïté dans la saga Alien et c’est aussi bien car cela met la saga sur des bases solides et crédibles, ouvrant les portes pour une mythologie et une continuité plus stable et ouverte.

Alien : Covenant est donc pour moi une véritable réussite, plutôt que de se borner à refaire Alien ou donner une simple suite à Prometheus, Ridley Scott (re)créé un véritable univers autour de la franchise.
Le fait est que Alien est une licence très « dispersée », que se soit les films ou l’univers étendu, aucune continuité crédible n’avait été établie… Jusqu’à aujourd’hui avec Alien Covenant.
Donner une cohérence à un univers qui n’en a jamais eu, tel est le but de Ridley Scott avec cette nouvelle saga/préquelle/suite (barrer la mention inutile) et personnellement, je trouve qu’il est en bonne voie de réussir.
Reste à savoir si il va garder cette optique de cohérence et d’indépendance sur le long terme sans céder aux sirènes du fan-service à outrance ou aux exigences des producteurs. Car si Alien : Covenant est bel et bien ponctué de plusieurs clin d’œils et hommages aux autres opus de la saga, ça ne reste dans le fond que des détails car le film reste indépendant et c’est avec plaisir que l’on constate que le réalisateur garde son intention de départ sans tenir compte des avis extérieurs : Une indépendance d’idée qui par les temps qui courent dans le milieu du cinéma mainstream, fait quand même bien plaisir : Oui, Ridley Scott a encore des choses à dire et à faire sur la licence et il continue de le faire contre vents et marées, n’en déplaisent aux éternels insatisfaits.

Alien : Covenant de Ridley Scott avec Katherine Waterston et Michael Fassebender, en salle depuis le 10 mai 2017

Bande annonce française de Alien  : Covenant

Film Review Alien: Covenant

1 : Quelques articles sur le sujet que j’ai déjà écrit sont disponibles ici  :
Batman / Aliens :
https://thelesbiangeek.wordpress.com/2015/01/15/les-jeudis-de-langoisse-des-comics-3/

Hunting The Heroes, The Predators Attack ! : https://thelesbiangeek.wordpress.com/2016/01/28/les-jeudis-de-langoisse-des-comics-15/

Aliens Vs Predator Partie 1  : https://thelesbiangeek.wordpress.com/2016/12/29/les-jeudis-de-langoisse-des-comics-26/

Aliens Vs Predator Partie 2  : https://thelesbiangeek.wordpress.com/2017/01/26/les-jeudis-de-langoisse-des-comics-27/

Aliens Vs Predator Partie 3  : https://thelesbiangeek.wordpress.com/2017/02/23/les-jeudis-de-langoisse-des-comics-28/

2 : Je ne peux d’ailleurs que vous motiver à vous pencher sur l’univers étendu, les œuvres dérivés de cette saga méritent même récemment amplement que l’on s’y attarde, que se soit le roman Alien : Hors des Ombres de Tim Lebbon publié en France par Huginn & Mummin, absolument génial, l’excellente saga en bande dessinée Le Feu et la Roche publiée en France par Wetta ou le fantastique jeu vidéo Alien : Isolation de Sega, l’univers étendu d’Alien est rempli d’œuvres de qualité.

3 : Même si il s’agit sans aucun doute d’une coïncidence, il est amusant de constater que le même genre de thématique et de réflexion apparaissent également dans la saga en comics Fire & Stone (Le Feu et la Roche) au travers du personnage du synthétique Elden.

4 : Ces créatures portent d’ailleurs le nom de « Néomorphes », comme on peut le voir dans le générique de fin.

5 : Le thème principal entre autre  :

6.1 : SPOIL  : Étrangement similaire, avec une variation plus «  christique  », à celle du xénomorphe de Alien 3

6.2 : SPOIL  : Jusqu’au t-shirt blanc et la coupe de cheveux de l’héroïne, quasiment calqués sur l’aspect de Ripley dans la scène finale du second film.

6.3 : SPOIL  : L’utilisation d’une grue à pinces pour se débarrasser du xénomorphe, rappel à peine déguisé du Power Loader de Aliens, le Retour.

6.4 : SPOIL  : L’atelier de David 8 jonché d’expériences ratées dont certaines sont quasiment identiques à celles vu dans Alien, La Résurrection dans les laboratoires du vaisseau Auriga, dont l’homonymie avec la destination originelle du Covenant, la planète Origae-6, n’est très certainement pas un hasard non plus.

6.5 : SPOIL  : Sorte de mix entre la scène de « viol » de Lambert du premier film et l’attaque de l’infirmerie de Alien 3.

 

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Un mois


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Un mois tout juste nous sépare de la sortie du film de Patty Jenkins et c’est un euphémisme de dire que je l’attend avec beaucoup d’impatience pour tout un tas de raisons (et si vous êtes des habitués de ce blog vous les énumérerez très aisément).

Pour le moment les différents extraits et bandes annonces ont su nous montrer ce qu’il fallait voir sans nous spoiler, l’idée était surtout de donner une nouvelle image de Diana auprès du grand public, et je pense que ce défi là a été relevé.
Il en est un autre, beaucoup plus délicat, celui de rompre la malédiction des films de super héroïnes qui ont souvent donné des résultats complètement à côté de la plaque en terme de caractérisation. Et en ce sens, je peux dire qu’à un mois de la sortie du film je suis assez confiante. C’était loin d’être le cas au début certes, mais La Gadot est celle qui a réussi à me réveiller de ma tétanie lors de cette fameuse séance de BVS alors… oui j’ai confiance.

Dans un mois j’écrirai donc une critique de ce film tant espéré, et quoiqu’il arrive j’aurai l’honnêteté (encore heureux) de ne pas jouer les fangirls de mauvaise foi si il n’y a rien à sauver.

J’irai voir ce film avec mon Sidekick, nous mettrons tout les deux des T-shirt Wonder Woman, parce que ce sera avant tout un jour de fête, une célébration de voir enfin porter sur grand écran une héroïne aussi majestueuse et porteuse d’espoir pour l’humanité, et j’aurai aussi une pensée pour Christie Marston, la petite fille de William Moulton Marston, car j’espère de tout cœur que le sien sera rempli de bonheur en voyant que le message de son grand père aura respectueusement été transmis.

Mise à jour du 8/05/17 :

Et voici une ultime bande annonce dévoilée la nuit dernière :

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