Archives de Catégorie: Movie of the day

C’est une belle journée


Wonder Woman Édition Commemorative Deluxe - Blu-ray + DVD + Figurine Amazon

Pour tout fan de Wonder Woman qui se respecte, la date du 7 juin 2017 marque depuis un bon moment déjà la sortie du film éponyme réalisé par Patty JenkinsLa Gadot aura bien des défis à relever autant sur grand écran que vis à vis des critiques…
Mais en ce 7 juin 2017, une autre sortie tout aussi symbolique (et en préco sur Amazon) est à mettre en avant puisqu’il s’agit de l’édition définitive (director’s cut, pour se la jouer branchouille tout en surfant allègrement sur la vague de la version live) du film d’animation sorti en 2009 et dont j’avais déjà vanté les mérites.

Il s’agit ici d’une toute nouvelle édition à prix, certes, modique (24,99 €) comprenant les versions Blu-Ray et DVD, + une figurine de Diana en version New 52 finie à la truelle, sans parler du vol graphique commis auprès de Stanley Lau concernant la jaquette de cette édition, tout cela dans un coffret appelé « Commémorative Deluxe », ou comment chercher à me mettre bien en colère alors qu’aucune version VF n’avait jamais jusqu’ici été proposée.

Bon alors, on va tenter de se calmer un peu et ne pas faire la fine bouche car le fait est qu’on attendait ça depuis des années, et que ce film reste à voir, absolument…
Mais le côté opportuniste pique tellement les yeux que j’ai presque envie de me contenter de ma version light en VO non sous-titrée avec la belle voix de Keri Russell.

A part ça, tout va bien, et même que je vais l’acheter, ce truc…

En tout cas, merci Julien de m’avoir balancé l’info ^^

Poster un commentaire

Classé dans Movie of the day

Grave : la critique de Julien Lordinator


Grave : C’est pas si grave…

1

Annoncé comme le nouveau choc cinématographico-horrifique français, Grave est le film qui a fait sensation dans les festivals de France (et même dans le monde) et a même raflé le prix du jury lors de l’édition 2017 du Festival de Gerardmer en janvier dernier.
Grave, c’est aussi un film polémique, ayant déclenché des malaises lors de ses projections à l’étranger.
Le film est visible depuis mercredi dernier dans les salles françaises et vu sa réputation sulfureuse, dire que j’étais impatient de le voir est un euphémisme, ma passion pour le cinéma d’horreur n’étant plus un secret pour grand monde.
Alors est-ce que Grave est un film aussi grave que sa réputation le laissait entendre ?
En tant que vieux routard de la culture horrifique, je peux, je pense, aisément répondre à la question et force est de reconnaître qu’une réputation est souvent surfaite…

Grave raconte l’histoire de Justine, une jeune femme qui vient tout juste d’intégrer l’école vétérinaire dans laquelle ses parents ont eu leur diplôme et dans laquelle sa sœur est en train de finir ses études. Mais dans la famille de Justine, on est aussi végétarien (et donc vétérinaires) de parent à enfant et c’est durant une séance de bizutage un peu mouvementée que Justine va pour la première fois goûter à de la viande crûe.
Véritable révélation pour la jeune femme, ces nouvelles sensations vont faire surgir en elle des pulsions probablement refoulées et révéler un aspect plus bestial de sa personnalité. De jeune femme timide et renfermée, Justine va devenir une véritable bête affamée de chair fraîche, dans tout les sens du terme.

Alors soyons clair, en ce qui me concerne, Grave est loin, très loin même, d’être à la hauteur de sa réputation. Le film n’est certes pas dénué de qualités et je vais commencer d’ailleurs par celles-ci avant de m’étendre un peu plus sur ses défauts.

2

La principale qualité de Grave c’est avant tout son interprétation, en particulier et surtout concernant Garance Marillier  : La jeune femme livre une prestation admirable, de jeune femme timide et renfermée, sa métamorphose progressive est visible dans ses gestes et sa façon d’être. Une véritable prouesse pour la jeune actrice qui est sans conteste l’atout phare du film.
Pour ce qui est des seconds rôles, Ella Rumpf interprète Alexia, la sœur rebelle de Justine et si Garance Marillier est très impliquée, Ella Rumpf quant à elle interprète un personnage classique et sans grande envergure. La faute probablement à une écriture un peu légère d’un personnage au final trop classique pour être vraiment convaincant.
Reste enfin Rabah Nait Oufella qui interprète Adrien, l’ami gay-victime de service. Comme pour le personnage d’Alexia, malgré l’interprétation du jeune acteur, la faiblesse d’écriture ne rend pas justice à son jeu et le personnage reste malheureusement trop classique pour vraiment convaincre.

L’autre atout du film c’est son atmosphère, poisseuse, humide et étouffante : Il émane du film une véritable ambiance malsaine presque palpable qui met régulièrement et selon les situations particulièrement mal à l’aise.
Du niveau de la réalisation, on est dans un film de style body-horror et les effets de style inhérents à ce genre de films sont présents avec des gros plans sur les actrices et les corps martyrisés ainsi que son lot de plans crasseux et gore.
La réalisation est plutôt léchée (sans mauvais jeu de mot) et visuellement le film est plutôt une réussite, osant certains partis pris assez osés dans ce genre de film. Néanmoins, rien de nouveau à l’horizon et malgré ces quelques originalités, le film ne détonne pas vraiment de ce coté là et reste dans les poncifs du genre, souffrant là encore d’un aspect un peu trop « classique ».

3

Passons maintenant à ses défauts et là, il y a du boulot…
Comme je le dis plus haut, la faiblesse d’écriture du scénario est un des principaux problèmes du film : Les personnages sont vraiment trop classiquement écrits et manquent cruellement de relief pour vraiment convaincre.
La faiblesse d’écriture s’en ressent aussi au niveau de l’histoire : Le scénario paraît décousu et certaines scènes s’enchaînent de façon illogiques et même parfois incompréhensibles (surtout dans sa seconde partie).
Pour ma part, il s’agit très certainement d’une volonté de faire un film volontairement un peu onirique (= Cauchemardesque) dans la psyché de son personnage principal, mais force est de reconnaître que cet aspect fonctionne parfois mais tombe réellement à plat la plupart du temps.Par ailleurs le film est une succession d’occasions manquées.
Je veux dire par là qu’il ose des choses sans jamais vraiment aller jusqu’au bout : Ainsi certaines idées du film de prime abord intéressantes restent en suspens et ne sont pas exploitées à fond. La réticence de l’héroïne face à la cruauté envers les animaux aurait mérité un développement plus long et aurait véritablement pu être un thème intéressant du film. Ici on sent la volonté d’aborder le sujet mais sans vraiment trop s’y impliquer, ainsi certaines séquences du film, notamment les cours de l’école vétérinaire, auraient mérité des scènes plus explicites afin de vraiment marquer les esprits et montrer l’évolution du personnage.

4

L’autre défaut du film vient d’ailleurs de là : Même si Grave profite d’une ambiance malsaine à souhait, celui-ci n’ose pas choquer comme il devrait et le manque cruel de scènes chocs se fait ressentir au fur et à mesure que le film avance : L’amateur de gore et de secousses visuelles émotionnelles restera probablement sur sa faim comme se fut mon cas.

Alors certes, le film est ponctué de scènes bien cradingues mais ce manque de gore marque un autre défaut du film, son manque de rythme. Le film est profondément déséquilibré : On passe souvent d’une très longue scène d’exposition à une scène d’horreur expédiée en quelques minutes ne laissant ainsi pas le temps au spectateur d’être secoué. Ainsi le film enchaîne les scènes de façon parfois un peu brutale, revenant ainsi à son défaut de déroulement parfois un peu chaotique dont je parle plus haut.

5

Un autre principal défaut du film est le même que celui que je reproche aux films de genre français, plus particulièrement les films d’horreur : Soit ils en font trop, beaucoup trop, comme c’est le cas pour Martyrs (Pascal Laugier, 2008) ou A l’Intérieur (Julien Maury et Alexandre Bustillo, 2007) par exemple, au risque de ne plus être crédibles, soient il n’en font pas assez, comme c’est le cas pour Grave
C’est rare que je reproche ça, mais le film manque cruellement de scènes gore et choc et vu sa réputation, c’est plutôt paradoxal. On s’attend à vraiment être secoué et au final, on attend avec impatience des scènes choquantes qui une fois arrivées ne sont pas vraiment à la hauteur. Comme quoi parfois il faut se méfier de la réputation d’un film, souvent galvaudée pour des yeux habitués.

Pour prendre un exemple concret, Haute Tension (Alexandre Aja, 2003) avec sa tension maintenue et soutenue tout le long du film est pour moi l’exemple parfait que l’on peut faire des films français d’horreur bien fichus, à condition de trouver un bon équilibre entre la narration et les scènes d’horreur.

Pour finir, un petit mot sur la musique, qui là encore pose un problème : Parfois réussie, notamment durant les (rares ?) scènes chocs, la plupart du temps, la musique est limite contemplative et devient même parfois un peu soporifique, ne desservant pas vraiment l’ambiance déjà assez lente du film.

6

En conclusion, est-ce que j’ai été convaincu par Grave ? Vous aurez aisément compris que non. Précédé d’une réputation sulfureuse, le film m’a vraiment déçu et je m’attendais à quelque chose de vraiment choquant, ce qui n’est manifestement pas le cas : Écriture faiblarde, le film accumule les occasions manquées et les lacunes pour vraiment atteindre son but et être à la hauteur de sa réputation.

Après la question que certains doivent se poser est « Est-ce que son expérience des films d’horreur l’a rendu blasé et c’est peut-être pour ça que le film ne l’a pas secoué plus que ça  ? » Je répondrai que non, il m’arrive encore régulièrement de sortir complètement tourne-boulé d’un film (ça m’est encore arrivé récemment avec The Woman de Lucky McKee, entre autre), donc non, je ne suis pas devenu un monstre d’insensibilité et le fait que le film ne m’ait pas convaincu ne vient probablement pas de là.
Libre à vous de vous faire votre propre avis en voyant le film, mais pour moi, Grave, il ne m’a grave pas convaincu (j’assume ce jeu de mot pourri).

Grave, de Julia Ducournau avec Garance Marillier, Ella Rumpf et  Rabah Nait Oufella sorti en salle de 15 mars 2017

 

Poster un commentaire

Classé dans Movie of the day

L’épée de Vérité


WONDER WOMAN Head

Attendu de pied ferme pendant de longues heures à grand coup de tisane menthe verveine toute la journée et une partie de la nuit dernière, c’est à 3h du matin que s’est enfin dévoilé le second trailer de Wonder Woman, un film aux enjeux bien plus vastes que ce qu’on veut bien lui concéder, un film qui pourrait changer beaucoup de choses concernant la représentation des super héroïnes sur grand écran.
Encore une fois il y a de très belles choses tout au long de ces 2 min. 30, d’autres que je qualifierai de très intéressantes, et d’autres qui me laissent encore un petit peu perplexes. Prenons le temps donc de décortiquer un petit peu tout ça, jusqu’à vous partager deux ou trois théories car comme on le sait, certaines bandes annonces ont parfois tendance à nous aiguiller vers des pistes pour mieux nous piéger et nous surprendre avec le résultat final.

Alors que le précédent trailer présentait aux spectateurs l’univers de Wonder Woman, sa destiné, ainsi que sa nouvelle place au sein d’une civilisation fondée sur le patriarcat, cette nouvelle bande annonce donne une place importante à son histoire, son île et la société dont elle provient, basée elle sur le matriarcat.
Themyscira est une île bénie des Dieux. Elle est montrée ici comme un paradis terrestre (il fallait bien qu’elle porte son nom) à la végétation luxuriante où les édifices ont été battis en s’adaptant à un relief vertigineux et immaculé, et où l’eau coule en abondance à travers de multiples cascades.

WONDER WOMAN Themyscira 1WONDER WOMAN Themyscira 2WONDER WOMAN Themyscira 3.1

Dans le film, et contrairement à ce que l’on peut voir régulièrement dans les comics où Themyscira est représentée avec une architecture classique greco-romaine, la cité où vivent les amazones est largement inspirée par les habitats troglodytes de la ville de Matera, située au sud de l’Italie (et dont une partie du film a été tourné), habitats fondés au XIIème siècle par des moines byzantins.

Matera-gravina-di-materaThemys… non,  Matera, sud de l’Italie

Érigée sur le principe de l’agencement des fondations en terrasse, la cité des amazones laisse entrevoir des trésors d’architecture et de sculpture comme la fresque murale représentée ci-dessous, ce qui me permet de penser que cette civilisation n’est pas uniquement constituée de guerrières en furie comme le porte à croire les deux bandes annonces.

WONDER WOMAN Themyscira 4

Outre les influences byzantines, les yeux de lynx férus d’histoire de l’art auront reconnu la cour intérieure du Castel Del Monte lui aussi situé dans le sud de l’Italie, à 80 km au nord de Matera, et qui date lui du XIIIème siècle.

WONDER WOMAN Themyscira 55635062596_30ab604a2b_bLa cour centrale du Castel Del Monte

La grande tour de forme octogonale, érigée telle une cheminée au cœur de la cité semble correspondre à ce lieu précis, là où sont conservés les présents des Dieux, dont la fameuse épée Godkiller. Elle n’est pas s’en rappeler la tour conique du Grand Zimbabwe construite au XIVème siècle.

Mais revenons au contenu de cette bande annonce. Comme ont pu témoigner les quelques privilégiées qui ont eu la chance de voir 15 min du film, une partie va s’attarder sur la jeunesse de Diana, explorant son enfance et son adolescence à travers son apprentissage aux côtés de la guerrière Antiope. Il m’est impossible ici de ne pas penser à Legend of Wonder Woman, qui explorait aussi cet aspect avec le personnage de Philippus.
Le film va t-il prendre la même direction que Man of Steel dans sa narration ? Cela me parait assez probable, espérons si c’est le cas que la fin soit de plus haute volée.

Ici l’accent est particulièrement porté sur la présence de l’épée Godkiller, dressée telle Excalibur, et que seules les plus féroces Amazones peuvent manier, Hippolyta statuant que Diana n’en fait pas partie.
Mais comment notre héroïne, enfant protégée par sa mère bienveillante va-t’elle devenir en une apprentie combattante à l’entrainement des plus intenses ? Cela reste un mystère. Mais ce qui est pour le moins gênant dans cet extrait, c’est qu’il suggère que Diana développe une sorte d’obsession envers l’épée, ce qui la pousse à devenir l’élève d’Antiope.

tumblr_omombesEQR1vilgmyo2_500

Autre détail intéressant vis à vis de cette épée, le design n’est pas le même que dans BVS (elle n’a pas non plus le même bouclier soit-dit en passant) s’agit-il donc de la même arme ? J’ai de gros doutes. De plus au terme de cette bande annonce, l’épée a disparu des mains de Wonder Woman, comme si elle le lui avait été enlevée, ou bien qu’elle s’en était volontairement défaite, privilégiant son accessoire légendaire, le lasso de vérité cher à Marston.
Il faut dire que la symbolique phallique assez évidente de cette épée ne correspond pas vraiment avec le message véhiculé par le personnage. A ce stade de mes spéculations personnelles qui n’engagent que moi, il m’est d’avis que Diana va être amenée à refuser d’utiliser Godkiller pour battre Ares. Et que d’autres armes, plus idéologiques vont l’y aider.

Quoi qu’il en soit, les capacités super héroïques de Diana de Themyscira ne se limitent pas à la maîtrise d’une épée, d’un bouclier ou d’un lasso. Souvenez-dans ce film magistral qu’est BVS, la toute première entrée en scène de Wonder Woman face à Doomsday s’opérait via le champ de force engendré par ses bracelets pour sauver Batman du barbecue.
Dans ce trailer, il semble que Diana découvre ce champ de force pour la première fois, et que par la même occasion elle se rende compte qu’elle n’est pas une amazone comme les autres.

wonder-woman-drops-third-trailer.gif

Au même instant, la voix off d’Hippolyta suggère que Diana ignore tout de ses véritables origines, on lorgne donc dangereusement vers le run d’Azzarello dans lequel elle s’avère être la fille de Zeus, mais dont elle est pleinement consciente dans le premier trailer. Pourquoi parler d’un secret dans un second trailer intitulé « origine » si il est déjà statué dans le premier qu’elle est la fille d’un Dieu ?

Outre la scène avec Chris Pine torse poil dont on a rien à foutre ici, et la prise en main d’Excalibur, la suite directe de cette seconde bande annonce est un montage de scènes déjà montrées dans sa version du mois de juillet 2016, jusqu’à l’arrivée de Diana et Trevor dans ce bon vieux Londres.

Cette scène est importante car outre l’introduction de filtres dégueulasses voulant certainement montrer la monochromie du monde moderne qui a sombré dans la guerre et l’industrialisation de masse, on voit ici « clairement » qu’il faudra du temps à ce que Diana s’acclimate au monde des hommes.

On s’offre ensuite un joli tribute au Superman de Richard Donner (une scène en partie déjà vue dans le premier trailer), une belle notre d’intention qui n’est pas pour me déplaire.

superman-muggingtumblr_ommf6fImih1rq9ihbo1_500

Faites ensuite attention à cette image précise : ces soldats ont l’air de porter un masque bien particulier, le même porté par le soldat défenestré par Wondie sur l’image que j’ai mis en première illustration de ce post.
Si j’en crois la logique de ce qui est montré dans ces deux bandes annonces, Doctor Poison aurait trouvé la formule d’un gaz bien plus mortel que le fameux gaz moutarde utilisé pendant la Première Guerre Mondiale, car capable de dissoudre les masques à gaz utilisés par les poilus. Les Allemands sont eux équipés d’un masque pouvant filtrer ce nouveau gaz ultra toxique, afin de pouvoir gagner la guerre.
Mon autre théorie concernant Doctor Poison, c’est que celle-ci a été exposée au gaz moutarde par l’armée française, et que par esprit de vengeance, elle a décidé de s’allier avec les forces Allemandes afin de créer cette super toxine.

WONDER WOMAN Maks

Les enfants on est bien d’accord que tout cela reste du spéculoos, mais mon petit doigt me dit que…

Nous avons ensuite pas mal de redites vis à vis du premier trailer, mis à part encore une fois à ce qui semble être un hommage à peine dissimulé à Superman avec cette allusion de la couverture culte d’Action Comics #1.

Action_Comics_1WONDER WOMAN - Action 0WONDER WOMAN - Action

Puis cette phrase lourde de sens : « Je suis Diana de Themyscira, fille d’Hippolyte, au nom de tout ce qui est bon, votre colère qui accable le monde, s’achève ici. » Accompagnée par cette iconographie christique résolument Snyderesque mis à part qu’elle n’a pas les bras en croix et que les éclairs l’entoure. Quel dieu de la mythologie grecque balance des éclairs à son bon plaisir du haut de l’Olympe ? Oh, wait… Non mais le filtre bleu industriel a disparu ! Cela voudrait-il dire que… ??!

ww_1

Et si après tout on se donnait rendez-vous pour la sortie du film ? Qu’on mette les choses à plat ?

Et en bonus, l’excellent theme instrumental contenu dans la bande annonce, ça vous changera de l’électrique « Is she with you ».

1 commentaire

Classé dans Movie of the day

Rogue No One


Review garantie AVEC des spoilers qui font corps avec la Force.

rogue-one-a-star-wars-story-nouvelle-bande-annonce-vost-youtube-google_2016-12-15_23-01-38

Ok, donc allons-y, j’aimerais bien savoir si entre nous, nous pouvions être un minimum sérieux.
Parce qu’entre ce qui a été vendu comme du rêve entre l’image ci-dessus, la bande annonce ci-dessous, et son résultat cinématographique, je me demande pour le coup si il existe une quelconque légitimité vis à vis du film que j’ai pu voir mercredi dernier, et revoir une seconde fois ce dimanche, manière d’être vraiment sûre :

Ne vous méprenez pas, je n’ai aucunement l’intention de dire que Star Wars Rogue One est un film horriblement mauvais.
Le problème, c’est que j’ai été foncièrement et globalement déçue par ce qui aurait pu représenter pour moi un aboutissement salvateur de cette année totalement merdique, à défaut de prolonger la direction prise par Lucasfilm/Disney concernant ses héroïnes provenant de la bordure extérieure.
Oui la déconfiture est d’autant plus brutale que je fais partie de ceux qui ont kiffé l’épisode 7, et c’est d’ailleurs assez drôle de voir à quel point ceux qui ont aimé The Force Awakens ont la plupart du temps été déçus par Rogue One (et inversement). Comme si il existait deux camps, encore et toujours, parmi ceux des Rebelles et ceux de l’Empire…

Je m’en rends compte désormais, il est clair que j’attendais beaucoup trop de ce film pour diverses raisons, entre autre parce que j’ai été biberonnée par cette licence comme des millions de personnes à travers le monde depuis ma plus tendre enfance, parce qu’avec mon frangin, on se réexplique les films encore, et encore, et encore…

Ceci dit, vouloir comparer The Force Awakens avec Rogue One est une aberration, un non sens absolu.
Si l’on doit comparer ce dernier film avec une autre oeuvre de cette licence, il s’agira bel et bien de Star Wars Rebels, la fabuleuse série animée de Dave Filoni qui fait suite à The Clone Wars.
Il existe effectivement beaucoup de points communs entre Star Wars Rebels et Rogue One, les deux se situant à la même époque, c’est à dire juste avant les événements se déroulant dans l’Episode IV, Un Nouvel Espoir.
Dans les deux cas nous avons aussi à faire à une équipe improbable réunie autour d’une même cause. Nous avons un droïde au caractère bien trempé (une constante dans la licence, comme si les robots avaient finalement plus de conscience que les êtres vivants), un pilote, un (enfin deux ) jedi ou l’un qui ressent la Force jusqu’au bout du bâton, un aveugle, un renégat qui embrasse sa destiné, un tireur d’élite, un soldat sans état d’âme qui retrouve son humanité…. que sais-je encore.

Certes le format n’est pas le même, dans une série on a souvent plus le temps d’installer ses personnages et les voir évoluer, mais ce n’est pas vraiment le cas dans Star Wars Rebels. On apprend à les connaitre plus par leurs actions et leurs répercussions au sein de l’équipe, que par leur propre passé au fil des épisodes. Dans Rogue One c’est exactement la même chose, on ne sait absolument rien des protagonistes qui nous sont présentés et mis à part Jyn Erso (Alter Ego d’Ezra Bridger dans la série, Erso – Ezra, allons bon) qui s’octroie un petit passif en début de film ainsi qu’un flash-back brouillon pour bien faire.

Et c’est exactement cela que je reproche à Rogue One, si l’on veut faire un film choral (puisque c’est de cela dont il s’agit ?) pourquoi ne pas donner plus de crédit, de substance  à chaque personnage en dehors de leurs moments de bravoure ultime ? En 2h15 c’était fichtrement possible. Enfin je crois.
Au lieu de cela on perd notre temps à se balader d’une planète à l’autre, on fait du tourisme, Rogue One c’est un peu le catalogue FRAM de l’univers étendu de Star Wars. Et selon l’humeur, on nomme les planètes, et parfois non, démerde-toi jeune Padawan géographe galactique.

rogue-one-a-star-wars.jpg

Et puis franchement, j’aurais aimé connaitre un peu plus de la relation entre Chirrut Îmwe et Baze Malbus (c’est super ! Les mecs sur Wiki Star Wars ils ont 4 lignes !!! Woohoo ! Quelle histoire !) et du passif, ne serait-ce que par le biais d’un flash back, concernant Cassian Andor et de son trauma, parce que là, pour moi il n’est absolument pas crédible, il peut très bien mentir à Jyn pendant 2h15, vu qu’on nous montre à la base qu’il est capable des pires bassesses, et son retournement de veste est tellement téléphoné (genre « il pleut tellement devant mes yeux… que je change d’avis »).

Et ce fameux pilote, Bodhi Rook, chair à canon issu de l’Empire. N’a-t’il pas eu la même réflexion que Finn dans l’Episode VII ? N’est-il pas intéressant de montrer son parcours plutôt que l’aboutissement de ses hésitations, mise en scène par sa folie absurde et son sacrifice irrespectueux (Oh une grenade ! Ah ben c’est vraiment pas de bol de mourir comme une merde ! Parce qu’à part ça c’est quand même un peu grâce à moi si on en est là, nan ?).

Pourquoi ne pas avoir non plus creusé la relation entre Galen Erso et Orson Krennic ? Et est-ce que l’on peut m’expliquer à quoi sert Saw Gerrera ? Parce que j’ai beau chercher, je n’ai toujours pas compris.
Quant au fameux K-2SO et son franc-parler, esthétiquement l’hommage au Géant de fer et au robot de Laputa est certes, fort sympathique mais en même temps tellement grossier…
Ma plus grosse déception concerne vous vous en doutez Jyn Erso, c’est un personnage mou, malheureusement sans aucun charisme et je pense que Felicity Jones y est pour beaucoup de l’avoir rendu sans grand relief. Felicity, ainsi qu’un montage et des coupes qui l’ont amputée de grands moments de bravoure comme le suggère les différentes bandes annonces qui ont pu nous être présentés.

ben_mendelsohn_rogue_one

A l’image de son héroïne, le film manque cruellement de densité et de souffle épique, il ne fait que suivre une trame contenue dans un mouchoir de poche digne d’un jeu vidéo simpliste (super, nos héros ont réussi a passer tous les levels, mais le dénouement du film se déroule en haut d’une tour ! Ils sont sérieux les mecs ?), et de ce fait, il est très difficile de ressentir une quelconque empathie vis à vis des personnages, sacrifiés sur l’autel du gameplay et d’un montage foireux. Ceux qui s’en sortent le mieux sont sans conteste Chirrut Îmwe et Krennic, sans doute parce que ce sont ceux qui se rapprochent le plus de l’essence même de Star Wars

Chaque film et séries de la licence ne sont pas exempts de défauts ni de qualités, celles que l’on retiendra pour Rogue One concernent des effets spéciaux résolument irréprochables, dont ce fameux insert de l’acteur Peter Cushing comme si il ne nous avait jamais quitté, l’apparition de Leia jeune étant par contre un peu moins convaincante.
La dernière partie du film est très réussie notamment grâce à un combat spatial dantesque (comme quoi, c’était possible), et un massacre Dark Vadorien visuellement hallucinant.
Autant d’exemples qui font me particulièrement rager en m’imaginant ce que ce film aurait pu être dans son ensemble, personnellement j’aurais juste souhaité pouvoir cracher mon thé par le nez comme l’autre matin en regardant la fin du dernier épisode de la saison 2 de Star Wars Rebels (oui, je sais, c’est vraiment dégueu). Ah mais non, en fait ça n’aurait pas été vraiment cool pour la personne assise devant…

3 Commentaires

Classé dans Movie of the day

Le Bonbon du Jeudi


Mais oui ! Même les bonbons sont de retour !

Tout le monde l’a déjà vu sur les réseaux sociaux depuis hier soir mais on s’en fout, ce duel entre Wolverine et Wonder Woman réalisé par Aaron Schoenke, qui était teasé depuis pas mal de temps déjà par Bat In The Sun déjà responsable de plein de fan films de très haut niveau depuis de nombreuses années (notamment sur le Batverse), force le respect dans sa réalisation et sa mise en scène, mise à part les interactions un peu légères entre ses différents personnages.

Non non, ce film n’est pas un bonbon parce que Wondie s’en sort plutôt bien face à l’indestructible Logan, il l’est vraiment pour son dynamisme et sa maîtrise des effets spéciaux, je ne sais pas quel a été le budget de ce court-métrage mais certains devraient en prendre de la graine.
On observera aussi quelques clins d’œil fort sympathiques vis à vis de Diana, dont celui tiré de Superman/Batman Apocalypse :

tumblr_lyaclfzzlk1qdj4i3o1_500

Poster un commentaire

Classé dans Movie of the day

SOS Fantômes : la critique de Julien Lordinator


Cinéreview  : SOS Fantômes (2016)

1

A l’annonce du reboot de Ghostbusters, l’une des licences cinématographiques emblématiques des années 80, on a eu droit à un véritable ouragan de haine de la part des trentenaires nostalgiques dont le principal argument n’était pas la qualité de la première bande annonce (selon moi, excellente en tout point), mais plutôt à la base de « On ne touche pas au film de mon enfance ! » et de commentaires à peine blindés de sous-entendus du genre « Ouais mais non, je suis pas misogyne, mais pas une équipe de gonzesses quoi ! ».
Moi, je ne suis pas un nostalgique et très franchement, la nostalgie, ça m’emmerde, ça fausse un peu tout les jugements et c’est un peu l’excuse préférée de ceux qui veulent cracher sur quelque chose sans avoir d’arguments vraiment valables. Je passerai sur les commentaires misogynes, sous-entendus ou directs, qui pour moi sont inexplicables et impardonnables et ne méritent même pas que l’on en débatte : Je n’y reviendrai d’ailleurs plus dans cette critique.

Moi je suis quelqu’un d’ouvert, pas vraiment nostalgique, et cette nouvelle version des Ghostbusters, je l’attendais avec impatience, à tel point que le jour même de la sortie nationale, j’étais au cinoche et que là tout de suite maintenant, je vais répondre à la question fatidique : Bon alors, ce film, il est bien ou pas  ?

2

Avant toute chose, je précise que pour moi, SOS Fantômes, ce sont deux films cultes, que j’adore et que je connais par cœur, au plan et à la réplique près. Mais comme je le dis plus haut, je ne suis pas un nostalgique borné, je suis quelqu’un d’ouvert et toujours à l’affût de la nouveauté, quitte a être déçu (j’ai été voir les deux Alien Vs Predator au cinéma, donc respect hein !) mais je laisse toujours la chance à un concept, je ne crache dessus si nécessaire qu’après avoir jugé sur pièce et c’est ce que je vais faire aujourd’hui avec ce reboot de SOS Fantômes et je vais le faire en toute honnêteté, ça va de soi.

Déjà autant y aller franco et annoncer la couleur dès le départ, ce film est-il, très honnêtement, meilleur que les deux films originaux ? Non, il ne l’est pas mais est-ce que cela en fait un mauvais film pour autant ? La réponse est encore non. Le film a de nombreuses qualités, mais aussi plusieurs défauts qui l’empêche d’atteindre le niveau de qualité qu’avait les deux films originaux et je vais y revenir plus précisément durant cette critique.

L’histoire commence en 2016, après qu’un jeune guide ait fait visiter un manoir prétendument hanté à des touristes, celui-ci se retrouve pris au piège à l’intérieur après la fermeture et est victime de phénomènes paranormaux particulièrement violents.
Le lendemain, son patron prend contact avec Erin Gilbert, une scientifique professeure d’université spécialiste en phénomènes paranormaux.
Erin apprend par cet homme que Abigail Yates, son amie d’enfance, a republié un livre traitant de paranormal dont elle a particulièrement honte et tente de cacher à son entourage, ledit bouquin risquant de mettre en péril sa future titularisation à l’université où elle travaille. Erin reprend donc contact avec Abby, elle aussi férue de paranormal. Abby travaille dans une petite université avec Jillian Holtzmann, une spécialiste en mécanique et électronique de pointe quelque peu… Extravagante.
Apprenant l’existence d’un fantôme dans le manoir, les trois femmes s’y rendent aussitôt et y rencontrent le fantôme, qui au final se révèle particulièrement hostile… Bientôt rejoint par Patty, une employée de métro ayant elle aussi rencontré un fantôme, la fine équipe va alors se mettre en chasse de ces fameux spectres et découvrir pourquoi New York est devenu subitement l’épicentre de tellement de phénomènes paranormaux.

5

Dès la scène d’ouverture, on est en terrain connu : L’esprit des films originaux est bien là et cela se ressentira durant tout le film : Les scénaristes et le réalisateur (Katie Dippold et Paul Feige) n’ont pris aucun risque de ce côté là, le déroulement du film étant calqué sur celui des précédents films, les deux compères ne s’en cachent d’ailleurs pas, multipliant les clins d’œil aux films originaux avec la complicité d’un Bill Murray qui au passage s’offre le caméo le plus long du film en la personne du détestable démystificateur Martin Heiss.

Niveau scénario, pas de surprise, l’intrigue suit donc une voie toute tracée et si vous connaissez comme moi sur le bout des doigts les films originaux, vous arriverez sans peine à deviner comment et quelles scènes vont arriver. Est-ce un défaut en soit ? Pas vraiment, la structure narrative des deux films originaux, à savoir l’enchaînement Formation de l’équipe – Création du matériel – Chasse aux fantômes – Identification de la menace – Combat final est quasiment la même et cela fonctionne très bien dans les deux premiers films, pas de raison donc que pour cette version de 2016, ça ne fonctionne pas non plus et force est de reconnaître que… Ça marche encore plutôt bien car, même si je savais plus ou moins comment ça allait se passer, j’ai regardé le film sans aucune lassitude ni déplaisir, ayant passé un très agréable moment avec nos quatre apprenties chasseuses de fantômes.

3

L’un des points forts du film, c’est sans aucun doute son casting, c’est même très honnêtement ce qui tient le film et le fait fonctionner : L’alchimie entre les quatre actrices est flagrante à l’écran et la complicité et la bonne humeur qui s’en dégage est réellement communicative : L’expérience des quatre femmes dans le stand-up et plus particulièrement l’émission du Saturday Night Live est particulièrement bienvenue et montre sans conteste que le casting est un véritable sans faute.

En effet et comme c’était le cas pour les deux films originaux, la quasi totalité du casting du film provient de l’émission humoristique Saturday Night Live : Melissa McCarthy, Kristen Wiig, Leslie Jones et Kate McKinnon viennent de cette émission… Tout comme c’était le cas de Ivan Reitman, Dan Aykroyd et Bill Murray pour les films originaux. Niveau humour, on est donc en terrain connu mais on est plus non plus dans les années 80, reste à savoir si l’humour américain contemporain vous amuse, moi oui, j’ai donc eu plusieurs éclats de rire durant le film et ça faisait très longtemps que ça ne m’était pas arrivé au cinéma.

Impossible de parler du casting sans parler de l’extraordinaire prestation de Chris Hemsworth : Complètement à contre-emploi dans ce film, le bellâtre campe Kevin, le standardiste, un véritable benêt dont la candide idiotie touche parfois au génie comique absolu. Hemsworth est véritablement la révélation comique du film la plus surprenante, s’en tirant avec certaines des répliques les plus hilarantes du film.

6

Pour ce qui est des seconds rôles et des caméos, c’est un véritable festival de têtes connues : Andy Garcia, Charles Dance, la quasi intégralité du casting des films originaux (il ne manque que Rick Moranis…) et même Ozzy Osbourne sont de la fête.
Un hommage est même rendu à plusieurs reprises dans le film à Harold Ramis, qui nous a quitté récemment, l’interprète de l’intello Egon Spengler dans les films originaux, je vous laisse le soin de les débusquer comme je l’ai fait.
D’ailleurs, pour les fans hardcore du cinéma des années 80, d’une manière plus générale, sachez également que le film est blindé de références plus ou moins directes à toute cette période cinématographique.

Niveau réalisation, pas vraiment besoin de s’attarder sur ce point : On a là du Paul Feige pur jus, avec tout ses poncifs et passages obligés. Si vous avez vu ces films précédents (je pense surtout au film Les Flingueuses, très proche en terme de réalisation avec SOS Fantômes 2016), le bonhomme continue sur sa lancée. Après, reste à savoir si vous aimez son style ou pas, moi j’aime bien, sans plus, et ça ne m’a pas gêné plus que ça pour apprécier ce film.

Les effets spéciaux sont également assez réussis et ce qui m’a marqué plus particulièrement, c’est l’aspect des fantômes : Là où dans les films originaux, ils ont un aspect volontairement cartoon, dans cette version 2016, ils ont une apparence beaucoup plus sérieuse et monstrueuse, voir quasiment effrayante (le fantôme du manoir ou celui du métro par exemple), leurs designs sont en général très réussis, portant leur histoire dans leur aspect, ce qui m’a d’ailleurs rappelé deux autres films de fantômes qui avaient eux aussi réussi cela : Fantômes Contre Fantômes (Peter Jackson, 1996) et 13 Fantômes (Steve Beck, 2001. Film qui au passage n’avait que ça de réussi, ses fantômes…). Un bon point pour cette version 2016, assurément. Seul fantôme vraiment en décalage avec les autres, le rigolo et emblématique Slimer (Bouffe-Tout en VF) dont l’absence aurait néanmoins été incompréhensible.

GHOSTBUSTERS

Par contre autant être franc, mon œil moyennement aiguisé a parfois un peu tiqué sur certains effets en fond vert un peu voyant, mais ce n’est honnêtement pas vraiment gênant pour quelqu’un qui n’y prête pas attention.

Maintenant que j’ai suffisamment jeté des fleurs au film, passons à la douloureuse partie des points négatifs… Et il y en a.
Première chose qui m’a vraiment énervé durant tout le film, et j’ai remarqué que c’est une impression que j’ai de plus en plus avec les films récents, c’est que le film a été manifestement charcuté par le studio pour tenir en moins de deux heures : Ainsi certaines coupes sont tellement flagrantes qu’elles en deviennent gênantes, à l’image du show final de Chris Hemsworth, coupé dans le film mais… Montré durant le générique de fin ! Idem pour certains passages, anormalement survolés mais longtemps débattu en amont par les héroïnes (l’explication des lignes telluriques entre autres choses). Je me suis surpris à plusieurs reprises durant le film à lever un sourcil dubitatif en me disant « C’est bizarre, j’ai l’impression qu’il manque un truc là… » et de mémoire, la dernière fois que j’ai fait ça, c’était durant Batman V Superman qui a eu droit à un tonitruant director’s cut qui enrichissait le film de plus de 30 minutes…

Cela se ressent également dans le personnage du méchant dont au final ont ne sait quasiment rien, juste que « Il n’aime pas les gens et veux détruire la ville »… On est loin du charismatique Viggo des Carpates du second film original. Aux vues du peu que l’on voit de ce nouveau méchant dans le film, je pense que les scénaristes avaient des plans bien plus larges pour ce personnage.

Second défaut du film et là on a encore un défaut inhérent au cinéma contemporain, le syndrome du « Premier épisode de la trilogie »… Car après le visionnage du film, cet aspect est évident : Les personnages et leur situation « n’avancent pas » et c’est particulièrement frustrant, surtout quand on se rend compte que c’est pour garder des cartouches pour une éventuelle suite. Des pistes sont lancées, des portes s’ouvrent sur des intrigues ou des histoires secondaires pour se claquer violemment à la tête du spectateur qui doit ronger son frein et se rendre à l’évidence d’une suite prochaine… (d’ailleurs pour les grands fans des films originaux, restez après le générique, vous allez apprécier.).
Dans un sens c’est encourageant, car ça signifie qu’une suite est probablement sur les rails mais c’est aussi particulièrement énervant de jouer avec les nerfs du spectateur en lui faisant miroiter plusieurs concepts intéressants (notamment le coup du QG ou la création de la chambre de confinement, des poncifs du film original, ici à peine esquissés) pour ne pas ou peu y donner suite.
Cette obsession de la suite programmée devient véritablement gênante à la longue, surtout quand elle nuit au film, comme c’est ici le cas.

7

En résumé est-ce que ce reboot de Ghostbusters mérite le bashing et les torrents de commentaires haineux qu’il a engendré avant même sa sortie ? De mon avis, clairement pas. A défaut d’être un film vraiment original, il reprend de façon intelligente les idées et poncifs des films originaux et les ressert à la sauce contemporaine, Paul Feige n’a au final pas pris de risques et c’est tant mieux : Il ressort de cette nouvelle version un respect évident pour le matériel original et beaucoup de reboots/remakes feraient bien de s’en inspirer. Même sans prendre de risques, Feige réussi malgré tout à y imposer son style et son humour avec surtout un casting exemplaire et admirable qui est sans conteste la grande force du film, on a nos nouveaux Ghostbusters et ils fonctionnent, point.

Sans atteindre le niveau des films originaux et malgré ses défauts, ce Ghostbusters version 2016 réussi néanmoins à atteindre son but : Celui d’être une comédie fantastique réussie, jouissive, divertissante et drôle, un vrai film pop-corn, dans le sens plus noble du terme.

 

Poster un commentaire

Classé dans Movie of the day

All the world is waiting for you


Head

Cette bande annonce se devait d’être quasi parfaite.
Elle devait continuer à nous donner l’espoir de voir la plus majestueuse des super héroïnes être traitée de façon sérieuse et digne sur grand écran (comme ce fut le cas dans BVS, malgré sa courte mais très remarquée présence, d’ailleurs le seul point positif du film).
Elle se devait de répondre aux attentes des fans les plus exigeants et les plus pointilleux, en introduisant des concepts forts et indissociables de ce que symbolise le personnage de Wonder Woman.
Il fallait également qu’elle hypnotise les nouveaux spectateurs, certains d’entre eux n’ayant comme référence que la vision de Lynda Carter en short bouffant et l’écoute d’un générique haut en couleurs.
A l’image de cette scène épique dans les tranchées de la Première Guerre Mondiale où Diana essuie les tirs de nombreux assaillants, cette bande annonce a su s’imposer comme étant l’une des plus belles surprises de ce dernier San Diego Comic Con,  je vous propose donc de revenir en détail sur ce qui reste un grand moment pour tout fan de Wonder Woman qui se respecte.

giphy

Notre aventure commence donc sur les rives de Themyscira (certaines vagues m’ont l’air d’être en CGI mais c’est pas grave), avec la scène clé de la première rencontre entre Diana et Steve Trevor. L’héroïne y apparaît ici bienveillante, confiante et paisible (dans le sens où c’est la première fois qu’elle voit un homme de sa vie), vivant en parfaite harmonie avec son île mais clairvoyante de ce qui existe dans le monde extérieur. C’est exactement la Wonder Woman définie par William Moulton Marston. En contrepartie Steve lui répond avec humour, d’autres réparties humoristiques (et bien senties) de sa part sont d’ailleurs présentes dans cette BA, ce qui nous porte à croire que le personnage sera traité de manière beaucoup moins fade que d’habitude. J’espère toutefois que cette caractérisation ne volera pas trop la vedette au véritable centre d’intérêt sur film.

Pour le peu que l’on puisse voir à ce stade, Themyscira ne semble pas être l’île à l’architecture à la fois classique et flamboyante qu’ont pu nous offrir George Pérez, Phil Jimenez où plus récemment Yanick Paquette. J’ai l’impression que les amazones vivent de manière beaucoup plus simple, plus austère, disposant des grottes de l’île et les façonnant pour en faire leurs demeures et leurs temples, comme on peut le voir ici.

WONDER WOMAN Themyscira

Plan suivant, et signe indubitable que ce film va être jouissif au possible, c’est la mise en avant de la relation entre Diana et sa mère Hyppolita, dans cette scène on ressent tout l’amour et le déchirement qu’une mère peut ressentir à laisser partir son enfant, la fierté d’Hyppolita  pour sa fille est autant palpable dans son regard que dans ses paroles (« Tu as été mon plus grand amour, fais attention Diana, ils ne te méritent pas »).

Passage ensuite dans l’Angleterre du début du 20ème siècle, où notre héroïne porte des vêtements appartenant au Monde de l’homme, jusqu’à participer à une réception mondaine en robe, dissimulant son épée derrière son dos !  C’est à la fois improbable et bien pensé, comme si notre amazone n’était pas venue pour profiter de la soirée ou dissimuler cette arme bien longtemps, mais bel et bien d’aller droit au but, qui est vraisemblablement d’éliminer le méchant gradé en costume (incarné par Danny Huston, le fils de John et frère d’Angelica soit dit en passant).

Il y a ensuite cette image intrigante de l’actrice espagnole Elena Anaya (qu’on aime beaucoup avec Julien parce qu’elle a joué dans Room in Rome) et son visage à demi masqué en mode Fantôme de l’Opéra. Mais qui peut-elle bien être ? S’agit -il de Paula von Gunther ? Circe ? (j’ai de gros doutes) Doctor Poison Doctor Cyber ? Il est trop tôt pour le deviner encore je crois. En tout cas cette apparition est bien flippante et fait son petit effet.

13729060_10153807075402781_532283993793427532_n

On se recentre ensuite sur les origines de Diana avec une discussion entre elle et Steve sur ce qui semble être un bateau (sans doute pendant le trajet Themyscira/Angleterre). Notre héroïne déclare qu’elle n’a pas de père, et qu’elle a été mise au monde par Zeus. Entre nous c’est ce détail qui me fait le plus ch*** dans cette BA. Pourquoi Zeus et pas Aphrodite ? Pourquoi faire référence au run D’Azrarello franchement ? Je ne suis absolument pas d’accord, ça affaibli l’échange au possible, mais passons.
Dans cette partie il y a une scène forte intéressante, on y voit Diana se faire soigner (la dame à la tunique blanche derrière elle fait penser qu’elle est une sorte d’infirmière…) avec sur la droite un récipient contenant un liquide lumineux, rappelant la tunique de la soignante, mais faisant surtout référence au rayon pourpre utilisé par les amazones pour guérir de leurs blessures.

purple ray

Puis arrive le moment d’action : une chevauchée dans les bois, un envol d’Amazone (c’est Antiope ?), une autre chevauchée fantastique (Ouiiiiiiii c’est Antiope !!!) suivie d’une bataille sur la plage, de quoi saisir le spectateur tout en lui faisant rappeler qu’il y aura aussi (forcément) une intrigue amoureuse entre nos deux héros.

amazon

giphy 8

Vous remarquerez ici que l’on voit très bien à gauche et à droite des amazones de couleur, ce qu’avait promis la réalisatrice Patty Jenkins en terme de diversité, suite à la première photo où l’on voyait Diana aux côtés de sa « famille »..

S’ensuit cette fameuse scène dans les tranchées. Il faut jouer avec les codes de l’Amazone, son lasso fermement serré à sa taille, son bouclier solidement harnaché sur le dos, son regard déterminé quant elle gravit cette échelle. Ici en quelque sorte, La Gadot, c’est Rambo. Le côté surréaliste d’un tel personnage (décalé et anachronique) évoluant dans cet environnement rappellera pour beaucoup de spectateurs le premier Captain America. Et c’est une très bonne chose car à mon humble avis Captain America : The First Avenger reste le meilleur des trois films.

Il y a ensuite une autre scène dans un bar où l’on arrive à déterminer la force de Diana, mais où l’on peut aussi apercevoir l’acteur Saïd Taghmaoui de dos.
Quand on voit cette scène au ralenti, on assiste également à un fondu, un effet miroir  entre le pauvre homme se faisant étaler par Diana, et une posture de l’amazone dans le plan suivant correspondant à l’une de ses acrobaties. Tout ça va très vite, c’est pas forcément facile à déceler.

mirroir

Vient le moment de la jubilation, l’utilisation du fameux lasso, instrumentalisé ici de façon aussi iconique que le bouclier de Captain America. Je ne reviendrai pas sur la symbolique du lasso de vérité utilisé par Marston. Son aspect doré, étincellent, lumineux, représente une lueur d’espoir et de vérité au milieu de tout ce chaos.

giphy 2

Entre moultes scènes d’action qui vont se juxtaposer dans les secondes suivantes, l’échange entre Steve et Diana ressort indubitablement. Dans ce qui semble être le fameux bal, lorsque l’aviateur lui dit « Ne faites pas ça », elle lui répond « Je fais ce que je veux » (ou plutôt, « Ce que je fais n’est pas de ton ressort », la traduction française a enlevé le côté féministe du dialogue, et ça aussi, c’est quand même assez dommage…).

De l’action, encore de l’action, pour en arriver à une autre scène des plus intéressantes où un soldat pulvérise son fusil sur les hanches de Wonder Woman, la guerre se broie littéralement au contact de son statut de femme de Paix. Détail également à relever qui plus est, dans cette BA Diana ne tue pas, et c’est surement quelque chose d’important à suivre.

giphy 5
giphy 4
C’est ainsi qu’à la fin de ce montage des plus épiques, l’assortiment de guitares et de percussions refait surface ne laissant plus aucun doute : Is she with you ? est bel et bien le thème officiel de Wonder Woman. Pas glop.

giphy 6

Cette bande annonce était déjà très satisfaisante, mais le coup de grâce survient avec l’arrivée d’Etta Candy qui amène un vent de fraîcheur dans toute cette frénésie belliqueuse, et permet malicieusement d’introduire (comme je me l’imaginais) la rhétorique féministe provenant de l’oeuvre de Willian Moulton Marston. Le « What is a secretary » est devenu en une semaine un meme à lui tout seul, une preuve que ce trailer a été appréhendé de manière très positive pour les bonnes raisons.

ww_1.gif

La bande annonce de Wonder Woman est donc ce moment surréaliste où l’on se rend compte de manière concrète que cette héroïne tant attendue (avec tout ce qu’elle peut représenter quelque soient les générations) viendra libérer son lasso dans un peu moins d’un an.
Mise à part la bouche d’ornithorynque que Chris Pine, regarder cette bande annonce est comme déguster un bon caramel au beurre salé, ou ingurgiter n’importe quoi à partir du moment où il y a de la cannelle dedans. C’est mortel, on en croit pas ses papilles et surtout, on en redemande, il n’y aura de toute manière pas d’indigestion possible.

9 Commentaires

Classé dans Movie of the day