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Super Queer Fandom Is Super !


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La fameuse Comic Con de San Diego cuvée 2017 vient de fermer ses portes laissant derrière elle son lot de bandes annonces inédites (je pense ne choquer personne en disant que cette manifestation s’est irrémédiablement tournée depuis des années sur l’exploitation de médiums audiovisuels et cinématographiques au détriment des œuvres en papier), de panels gigantesques vouant un culte aux Super Star(K)s du moment, de séances de dédicaces quasi inaccessibles, sans omettre le cœur et la moelle de toute belle convention de comics qui se respecte : la présence de nombreux éditeurs et de leurs artistes respectifs qui auront eu la joie de rencontrer leur lecteurs tout au long de ce week-end dantesque.

Je n’irai probablement jamais à la Comic Con de San Diego (et ça me va très bien) mais je sais que dans cette faune insensée, dans ce tumulte de quatre jours se côtoient comme dans chaque manifestation de ce genre, de nombreuses communautés présentes grâce à leur centre d’intérêt ou leur domaine, qu’il s’agisse du milieu du cosplay, de l’édition, du blogging, et que sais-je encore.

Je ne saurais sans doute jamais parler avec autant de justesse d’une autre communauté que la mienne via ces nombreux médias, par pudeur et soucis de réalisme, mais cela ne m’empêchera jamais d’être solidaire avec elle.
Mais ce dont je suis sure c’est que comme chaque année, une grande partie du milieu Geek LGBT basé sur terre aura eu les yeux rivés vers la côte ouest des Etats Unis tout au long de ce week-end.

Au delà donc des bandes annonces, des panels et des séances de dédicaces partagées via Youtube, deux choses m’auront marqué cette année :

  • Love is Love a été récompensé d’un Eisner Award, c’est à dire la plus prestigieuse des récompenses en matière de comics, dans la catégorie Meilleure Anthologie pour cette année 2017.
    Rien ne m’a plus fait plaisir ce week-end que d’apprendre cette nouvelle. Love is Love devrait rafler toutes les récompenses existantes dans sa catégorie tout simplement parce qu’elle permet de soigner le cœur et l’âme de tous ceux qui ont été affectés de près ou de loin par cette tragédie.Si vous ne connaissez toujours pas ce recueil, vous pouvez en apprendre un peu plus ici, et soyez persuadés que la version française éditée par Bliss Comics sera non seulement respectueuse, mais également légitime dans la continuité de l’oeuvre originale.

 

  • En marge du panel consacré à la 3ème saison de Supergirl, une interview vidéo diffusée sur la chaîne de MTV s’est transformée en véritable séquence post 3ème mi-temps où la plupart du casting s’est mis à se moquer froidement d’une extrapolation issue du fandom de la série, celle que l’on appelle SuperCorp et qui met en scène une intrigue amoureuse entre Kara et Lena, un sujet viral notamment sur Tumblr dont je vous ai déjà parlé ici.

    Ici on parle de fan fictions, qui comme son nom l’indique sont des visions alternatives, fantasmées, composées par des écrivains en herbe dont LE BUT est essentiellement de faire du bien à ceux qui les lisent, de partager une passion pour un univers en y respectant ses codes, tout en innovant de façon assez personnelle sur la tournure d’une intrigue et surtout sur la relation entre ses personnages.
    Tout le monde sait très bien que ce qu’on appelle le ship en anglais entre Kara et Lena n’aura jamais lieu dans la série officielle, et c’est bien entendu pour cela que les fan fictions d’une manière générale existent, elles extrapolent des directions inexploitées, souvent issues de minorités qui se sentent encore trop souvent lésées par les médium généralistes.
    Alors basher aussi grossièrement le temps d’une sauterie audiovisuelle une interprétation libre, non officielle et surtout issue d’une communauté que la série est censée respecter dans sa seconde saison est digne d’une tentative de suicide en terme de promotion de la part de la quasi totalité du casting.Je parlerai du couple Sanvers au cœur de la seconde saison et de son devenir dans un autre post, car ce n’est pas le propos ici.
    Il est déjà clair qu’il existe un PUTAIN de malaise entre la direction prise, pro LGBT en ce début de 2ème saison, la mièvrerie digne du Cœur a ses Raisons quasiment tout du long de celle-ci, et la conclusion généreusement ouverte (manière de garder cette communauté de spectateurs en otage) mais rapidement obturée par les nouvelles du départ de la comédienne Floriana Lima qui n’interviendra du coup qu’épisodiquement tout au long de la troisième saison, car convoitant de meilleures opportunités professionnelles (ce que fit Laura Prepon sur Orange Is The New Black, mais grâce à un peu de bon sens comme cette dernière, on peut espérer qu’elle fasse demi tour).Alors comment expliquer ce consternant dérapage lors de cette interview ? A aucun moment je serai capable de dire que tel ou tel membre du casting est homophobe car ce serait évidemment un mensonge. Jeremy Jordan a notamment fait le maximum pour faire libérer sa cousine lesbienne d’un établissement anti-gay où elle était retenue contre sa volonté il y a tout juste un an, l’interprète de Winn s’est d’ailleurs excusé assez rapidement via les réseaux sociaux, quant à Melissa Benoist on se souvient de sa pancarte brandie en pleine Woman March le 21 janvier dernier, je l’imagine mal manifester pour le droit des femmes et dénigrer aussi violemment une partie de ses fans LGBT.

    Et ce dénigrement (sous couvert de l’humour) de ce fandom est d’autant plus flagrant lorsque l’on compare la réaction de l’ensemble du cast face à celle de Katie McGrath qui interprète Lena Luthor dans la série et également présente lors de cette entrevue. Le contraste est saisissant. Là où les autres acteurs sont en parfaite roue libre, la divine Katie en grande professionnelle va tenter de sauver les meubles comme elle le peut comme on le voit dans la vidéo.
    Elle enfoncera un peu plus tard le clou dans une autre interview, cette fois-ci soutenue par Odette Annable (qui va incarner l’antagoniste Reign dans la 3ème saison).

 

 

Katie McGrath c’est juste la grande classe, et tout ce que j’espère si ce n’est pas déjà fait c’est que le reste de cette équipe de bras cassés se fasse chauffer les oreilles par Papa Berlanti, parce que se gausser d’une catégorie de fans qui, mine de rien, contribue à la notoriété du show c’est se tirer soi-même une balle dans le pied.

Et pendant ce temps là, Wynnona Earp qui embrasse (c’est le cas de le dire !) à pleine bouche sa Queeritude est reconduite pour une 3ème saison.
D’ailleurs sur ce, je vous laisse sur ce tweet d’Emily Andras, productrice de la série :

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Saving Private Danvers


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You’re a badass Danvers.

Avant de faire un retour comme il se doit sur cette seconde saison de Supergirl, (celle-ci n’étant pas encore finie je préfère encore garder un peu mes billes), je voulais revenir sur l’épisode de la semaine dernière qui m’a particulièrement plu et pour cause : il est centré sur Alex Danvers et sa relation avec Maggie Sawyer, une relation qui a connu des hauts et des bas tout au long de cette saison, et qui a surtout à mon avis été assez mal exploitée malgré un début très prometteur.

J’ai déjà parlé des forces et des faiblesses de la première saison de Supergirl, ainsi que de mes attentes. Puis j’ai exprimé mon enthousiasme sur ce début de seconde saison… et depuis plus rien. La raison en est simple, il n’y avait pas grand chose à dire à mon goût et pour cause : cette seconde saison a pris une direction assez décevante en se prenant une nouvelle fois les pieds dans une love story lourdingue entre son héroïne principale et le bellatre/benet de service. L’année dernière il s’agissait de Jimmy Olsen, cette année de Mon-El, et pendant qu’on nous inflige ces bluettes insipides qui n’intéressent absolument personne, le temps imparti pour le reste des personnages secondaires est irrémédiablement réduit comme une peau de chagrin.
Pourtant si il existe une certitude en ce monde, c’est bien la suivante : on ne regarde pas Supergirl pour sa romance avec un tâcheron venu de Daxam mais bel et bien pour tout le reste, j’y reviendrai dans un autre billet en fin de saison.

Fort heureusement, il existe quelques bouffées d’oxygène dont cet épisode 19 intitulé sobrement Alex. Dans celui-ci la sœur adoptive de Kara se fait enlever et notre jeune héroïne va devoir la retrouver dans une course contre la montre, aidée naturellement par sa petite amie (d’Alex, pas de Kara, pour ça on verra la saison prochaine) Maggie « Montoya » Sawyer.
Les deux femmes ont beau avoir le même but, elles sont loin d’avoir les mêmes méthodes, celles de Kara sont pour le moins expéditives, dues à sa jeunesse, son enthousiasme et bien entendu l’ampleur de ses super pouvoirs. En gros avec Kara c’est du « On tape d’abord, on discute après », comme nous le montre la scène d’ouverture de cet épisode. Maggie au contraire est une femme d’expérience (ce qu’on avait compris dès le début de la saison) qui mettra 17 heures à essayer de négocier une prise d’otage avant que celle-ci prenne fin de manière musclée par la dernière fille de Krypton.
Dans la scène suivante, on voit qu’il y a un gros malaise concernant l’événement précédent, Mon-El en mode gros lourdingue se demandant à quoi peut bien servir la police alors que Supergirl est tout à fait capable de faire le job toute seule, ce qui est loin de ravir notre flic préférée.

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Celle-ci argumente que ces méthodes expéditives (et souvent violentes) pourraient se retourner contre elle devant un tribunal, les malfrats s’en sortant grâce à un non lieu. Mais Supergirl met en avant l’image qu’elle représente : L’espoir, l’aide et la compassion. Le symbole contre le système.
Et au milieu de ce crêpage de chignon en mode Justice Warrior, Alex fait du mieux qu’elle peut afin de faire tampon entre la femme qu’elle aime et son impétueuse sœur.

Alors quand Alex se fait kidnapper au terme de cette soirée pizza des plus mouvementées, les deux personnes à qui elle tient le plus vont tenter de travailler ensemble malgré leurs différents. S’en suit une tension palpable, maîtrisée et allant crescendo tout au long de cet épisode, où les trois principaux protagonistes (Kara, Alex, Maggie) seront traités de manière égale car face à un même destin, et sincèrement cela fait un bien fou de les voir être pris au sérieux un peu plus que d’ordinaire.

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Face à la disparition d’Alex, Kara et Maggie auront des réactions logiquement différentes en ce début d’épisode, le flair et le professionnalisme de Maggie va s’opposer au manque de sang froid et l’impulsivité de Kara. Alex n’est plus là pour les tempérer, elle s’efforce de trouver une solution pour se libérer toute seule de sa cage en verre (qui on le devine va soudainement se remplir d’eau, sinon c’est pas drôle), car Alex c’est tout sauf une demoiselle en détresse. Ingénieuse et Badass, elle ira jusqu’à s’extraire en mode Rambo l’implant situé dans son épaule qui est censé la localiser, afin de pouvoir le reconnecter et permettre à ses amis de la retrouver.

Pendant ce temps là Kara perd toujours un peu plus son sang froid, alors que l’identité du kidnappeur est révélé et que son chantage est mis à jour : la vie d’une sœur contre la liberté d’un père qui a pris perpette. Comme le DEO ne négocie pas avec les terroristes, Supergirl voit littéralement rouge :

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Ce qui est pourtant loin d’impressionner son adversaire, un ancien camarade de classe que côtoyaient les deux frangines lorsqu’elles vivaient encore à Midvale et qui connait la véritable identité de Supergirl.
Fort heureusement, Maggie « Montoya » Sawyer va tenter de débloquer la situation avec ce qu’elle sait faire de mieux : la négociation.
C’est à partir de ce moment que l’épisode devient véritablement intéressant car il prend en compte l’orientation sexuelle d’Alex à travers l’amour que lui porte Maggie.

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Rick Malverne, le kidnappeur d’Alex fera allusion à son homosexualité autant qu’il le peut, jusqu’à se demander qui, entre Kara et Maggie, l’aime le plus.
Après une énième saute d’humeur de Supergirl, Maggie reprend les choses en main, faisant intervenir Jonn Jonzz qui a pris l’apparence du père de Rick mais le subterfuge ne prend pas.

Entre temps, Alex Badass Danvers a réussi à se faire localiser par le DEO, ce qui va bien évidement pousser Supergirl à foncer dans le tas, contre l’avis de Maggie qui en bonne inspectrice sent le coup fourré à des kilomètres, tout en lui mettant dans les dents que se la jouer solo dans ce sauvetage est une fausse bonne idée.

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Ce qui devait arriver arriva, Supergirl se retrouve au mauvais endroit et déclenche le remplissage de la cellule d’Alex, il ne lui reste alors plus que 4 heures à vivre. Ayant récupéré un ordinateur portable sur place, Kara peut communiquer avec sa sœur qui lui interdit de rentrer dans le jeu du terroriste, en bon soldat du DEO qu’elle est.
Déboule alors Maggie, alors que l’eau monte irrémédiablement, Alex souhaite lui parler seule à seule comme si elle devait lui faire ses adieux, s’en suit ce qui semble être une ultime discussion entre les deux jeunes femmes puis lorsque la connexion se rompt, d’une dispute entre une Maggie désespérée et une Kara qui continue à rester sur ses positions.
Alors là les enfants, je peux vous dire qu’après une semaine je suis encore en train de passer la serpillière chez moi. Cette scène est juste superbe, autant Chyler Leigh m’avait bluffée tout au long de l’épisode 6, autant Floriana Lima m’a donné la chair de poule dans celui-ci, jouant les dures à cuire comme à son habitude en début de programme pour finir en pleine décomposition lacrymale. J’imagine des cohortes de lesbiennes littéralement tomber en syncope suite à cette scène.

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Maggie was right.

Le compte à rebours continue et Kara se rend compte que son tempérament à vouloir agir sans réfléchir risque de tuer sa sœur. Le Martian Manhunter (qui porte souvent la voie de la raison dans la série) va la réconforter sans toutefois apporter de solutions tangibles.
C’est encore une fois Maggie qui va débloquer la situation, faisant fi des principes qu’elle a pourtant pendu au nez de Supergirl tout au long de l’épisode. Après un échange avec Rick, elle décide d’exfiltrer son père de prison afin de donner une chance à Alex. On notera la maîtrise totale de notre flic de choc dans cette dernière confrontation alors que nous l’avions laissé complètement déconfite dans la scène précédente. Ah bonté divine, cette femme est tellement parfaite (oui j’avoue, je suis amoureuse de Maggie Montoya et alors ???) !

Alex n’est pas en reste, toujours en mode Rambo (ou McGyver, on ne sait pas trop exactement), l’agent fait tout ce qu’elle peut survire jusqu’à se servir de son pantalon pour en faire une bouée de sauvetage.
Kara comprend ensuite les intentions de Maggie et file tout droit au centre de détention où est incarcéré le père de Rick, et là miracle, c’est elle qui arrive à raisonner et Maggie et le paternel, touchée par la grâce de la négociation.

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Ni une ni deux, les deux héroïnes se rendent à l’endroit où est détenue Alex et Supergirl arrive in extremis à libérer sa sœur de son cercueil aquatique.

La scène qui suit est encore une fois responsable d’une montée des eaux devant mon écran, Alex et Maggie enfin réunies partagent un moment qui, mine de rien, fait fichtrement chaud au cœur dans ce monde de brutes.
Oui je vous l’accorde, c’est mélo, c’est cucul, mais ici on est ni dans Sense8 ni dans Orange is the New Black, on peut voir deux lesbiennes qui s’aiment dans un programme tout public (et notamment destiné à un jeune public) et j’imagine très bien la portée, la résonance que cette scène (comme la précédente) peut avoir dans le subconscient de celles et ceux qui souffrent parce qu’ils se sentent rejetés à cause de leur orientation sexuelle.

Alors qu’en Tchétchénie un véritable génocide anti-gay est actuellement en train d’avoir lieu, sous le comportement semi-léthargique de la part du reste du monde (hormis l’Allemagne grâce à la Mère Merkel), il est important de continuer à diffuser ce genre de scènes au plus grand nombre, car dans ce programme ce couple est traité comme n’importe quel autre, il s’agit juste de deux personnes qui ont failli ne plus jamais se revoir.

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Oui cet épisode me fait beaucoup de bien à chaque fois que je le regarde (je préfère taire le nombre de visionnages en une semaine) car même si comme d’habitude il est truffé de défauts (je vous invite à lire la désopilante review de Not a Unicorn) il véhicule de très belle choses comme le fait que l’amour ressenti par Kara et Maggie envers Alex est ici traité au même niveau.
Certes la série a beau être logiquement centrée sur Supergirl (et par extension sa relation assommante avec Mon-El), elle s’offre parfois de belles ouvertures comme c’est le cas ici avec ce couple malheureusement encore mal exploité selon moi, tout comme les autres couples et duo de la série… Mais j’aurais le temps de développer tout ça dans un autre billet.

J’ai volontairement mis de côté les scènes qui concernaient Lena et sa relation naissante avec Rhea, celle-ci a beau être intéressante dans le déroulement de l’intrigue générale, je voulais surtout faire part de mon enthousiasme vis à vis du développement de personnages qui me tiennent à cœur, et comme je l’ai déjà dit, trop souvent sous exploités à mon goût.
On notera également l’absence ou la très grande discrétion des personnages masculins réguliers dans cet épisode, que ce soit Mon-El (il a du avoir 3 répliques et c’est tant mieux !), Winn, Olsen, ou encore Martian, qui toutefois s’en sort mieux que les autres. Est-ce pour autant que cet épisode se révèle être un poil au dessus que ses prédécesseurs ?
Ayant vu l’épisode suivant aujourd’hui, j’ai personnellement une bribe de réponse : Il faut vraiment que cette série laisse la place à ses personnages secondaires, à partir du moment où elle ne fait que survoler la psyché de son héroïne principale.

Du reste cet épisode fait partie de mes préférés pour cette seconde saison, mais par Rao, le chemin vers la perfection s’avère être encore fichtrement long…
Bon à part ça si jamais vous avez le 06 de Maggie Montoya je suis preneuse.

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This school needs a Batman


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J’ai la chance d’avoir des lecteurs assez formidables. Quand ils regardent ou qu’ils lisent quelque chose susceptible de pouvoir m’intéresser ils m’attrapent sur les réseaux sociaux et me font part de leurs découvertes. Il se peut que je connaisse déjà, sans avoir eu l’occasion (ou l’envie) d’en parler ici, il s’avère également que je ne connaisse absolument pas l’oeuvre en question, la surprise est d’autant plus belle lorsqu’elle me donne envie d’écrire dessus.

Il existe un troisième cas de figure, celui où l’on me parle d’une oeuvre dont j’ai déjà beaucoup entendu parler sans avoir franchi le pas, c’est le cas ici avec la série Sweet/Vicious diffusée sur MTV depuis mi-novembre et qui est un condensé tout ce que l’on peut aimer, et nous rassembler ici.
Sweet/Vicious est une série pour ado/jeunes adultes dans la même verve que Faking it ou South of Nowhere (elles aussi produites par MTV) créée par Jennifer Kaytin Robinson et mélangeant très agréablement plusieurs genres chers à ce blog : le féminisme, le vigilantisme, la comédie, le drame et pour finir l’insolence de certaines situations où les protagonistes principaux sont embringuées dans des situations que l’on ne peut cautionner mais dont on espère les voir s’extirper.

La trame de fond de Sweet/Vicious ne prête en effet pas à la rigolade, traitant avant tout de l’insécurité et des viols subis par de nombreuses étudiantes au sein des campus universitaires américains, la plupart de ces délits restant impunis, ou lorsqu’ils le sont de manière totalement anecdotique.
Ophelia, procrastineuse rebelle, combinarde, grande gueule, dealeuse de drogue et experte en informatique, découvre l’identité secrète de Jules, une étudiante discrète appartenant à une sororité le jour, vigilante ninja qui se démène à venger de manière très musclée les victimes de viols de son campus la nuit.
Les actes désespérés de l’une vont donner un sens à la vie de l’autre, mais certaines situations ne vont pas se dérouler comme les deux jeunes filles l’auraient surement voulu.

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Il y a de très belles intentions dans ce Sweet/Vicious, déjà parce que malgré son sujet difficile et toujours présent, la série arrive à rester légère, drôle, décomplexée parfois. Les deux comédiennes, Taylor Dearden (fille de Bryan Cranston) et Eliza Bennett sont excellentes dans leurs rôles respectifs, et les références au medium des comics sont régulières sans être omniprésentes ou étouffantes.
La première saison ne durant que 10 épisodes déjà diffusés, je ne saurai vous dire à l’heure actuelle si la série va être reconduite, je l’espère en tout cas, car une chose est sure, elle donne un nouveau souffle bien intéressant dans le panorama des séries dites de super héros.

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L’hymne à la joie


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I’m back bitches !
Et pour « célébrer » mon retour, quoi de plus logique que de vous parler de ce début de seconde saison de Supergirl et de la tournure positivement pro-LGBT que cette série a volontairement décidé d’épouser, de prendre à bras-le corps même, et cela dans un contexte mondialo-social (un quoi ?) des plus anxiogènes, c’est une certitude, Kara Zor-El est bel et bien là pour nous sauver, une fois de plus.

A vrai dire, on peut parler ici dès le départ d’une série ouvertement pro-LGBT, il suffisait en effet de savoir lire entre les lignes pour comprendre que celle-ci s’avérait être un petit trésor de rendez-vous hebdomadaires pour toute une communauté, sans évidemment s’imposer comme tel, la première saison se voulant être universelle, fédératrice, et réunissant toutes les catégories de téléspectateurs sous le même Symbole, car le S n’est pas un S, il signifie juste « Stronger Together » (qui fut justement le slogan de campagne d’Hillary Clinton pour les élections présidentielles américaines … comme quoi !).
Certes, la chaîne originelle (CBS) où elle était diffusée l’année dernière ne se serait sans doute jamais permis une telle ouverture d’esprit, sauf peut-être au bout de 10 saisons qui de toute façon n’auraient jamais vu le jour. Mais ici le fait est que le passage sur CW est un bonus indéniable pour ce programme (même si il touchera beaucoup moins de téléspectateurs sur le continent américain) et sa répercussion auprès d’une fanbase LGBT toujours avide de programmes positifs de cet acabit.
Greg Berlanti et Ali Alder, les deux créateurs de la série sont réciproquement gay et lesbienne. En d’autres termes, what else ?

Comme je l’espérais il y a de cela quelques mois, grâce au transfert de la série de CBS vers CW, celle-ci a gagné en maturité sans perdre de son optimiste. Il suffit juste de voir comment le personnage de Superman est traité par exemple en début de saison, c’est un vrai bonheur de le voir évoluer auprès de sa cousine, de les voir ensemble prendre du plaisir à sauver des vies, il n’y a pas plus positif comme message et l’on est à des années lumière de l’imagerie Darko-Krypto-Christique de Zack Snyder à laquelle je n’adhère toujours pas.
Le format TV a ses limites notamment en terme d’effets spéciaux, c’est un fait, mais pour moi cela fonctionne la plupart du temps, parfois même mieux que sur le précédent network et son budget confortable. Comme quoi…
Il faut dire que mercato télévisuel concernant Supergirl a eu quelques conséquences en terme de restrictions budgétaires comme le départ de Calista Flockhart qui reviendra certainement mettre son grain de sel dans un futur plus ou moins proche, ainsi que la gestion des effets spéciaux, et c’est précisément dans ce domaine que cette seconde saison devient des plus intéressantes, car qui dit moins de SFX dit forcément plus de Drama, et d’interaction avec les personnages.

Avouons-le, le gros handicap de la première saison de Supergirl était sa propension à sombrer dans la mièvrerie avec son triangle amoureux entre Kara, Jimmy, et Winn daté des années 60, tiens, on se croyait même lire un comics issu de cette époque, il manquait plus que Comet faire une apparition le temps d’un épisode et la coupe était pleine…
Avec ce mercato est apparue une nouvelle dynamique, un développement scénaristique auprès des nombreux personnages secondaires de la série, à commencer par le Martian Manhunter et celle qu’on appelle Miss Martian, de la collaboration entre Winn et Jimmy en mode Vigilante, et bien sûr de la sœur adoptive de Kara, Alex Danvers, et de sa rencontre avec une certaine Maggie Sawyer, Maggie, elle est juste open bar ici depuis des années

Fichtre ! Mais par où commencer ?
Et bien déjà que Maggie Sawyer ici n’est pas véritablement Maggie Sawyer. Il s’agit de notre Renee. Renee Montoya. On a beau dire on a beau faire, quand on connait les deux personnages sur le bout des doigts (oui bon ça va…), on ne peut éviter de penser que la comédienne Floriana Lima aurait pu incarner magistralement le rôle de Renee. Sauf que Renee, et bien elle a été v****e (je n’aime pas ce terme) scénaristiquement par l’équipe de la série Gotham sur une chaîne concurrente, donc…
Donc du coup on se retrouve avec une Maggie Montoya, ou une Renee Sawyer, en me relisant je trouve que Maggie Montoya c’est plutôt cool, on va rester comme ça.

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Maggie elle est flic à National City et elle est totalement Badass. Elle est ouvertement lesbienne et elle rentre dans le lard de tout le monde.
Ce personnage est POSITIF car elle S’ASSUME complètement et envoie plein des messages, des signaux balistiques pour des générations à venir. Dans la série elle symbolise l’affirmation, la sérénité de faire partie d’une telle communauté, et le message lancé à Alex est sans équivoque : It gets better, encore faut-il se lancer.

En vérité il serait légitime de penser que l’homosexualité d’Alex arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, elle qui jouait au chat et à la souris avec Maxwell Lord pendant une partie de la première saison. Mais la série aborde justement de façon très subtile un sujet qui n’a que trop rarement été traité à la télévision, celui du coming-out personnel, car avant de l’avouer aux autres, encore faut arriver à se l’avouer à soi-même.
Car il n’existe pas de coming-out unique ou pré-établi. Si vous interrogez un LGBT sur son expérience personnelle, vous aurez à chaque fois une version différente. De plus, il n’est absolument pas rare de voir un homosexuel se découvrir, je dirais, sur le tard, même après avoir fondé une famille hétérosexuelle. Le cas d’Alex est intéressant car il montre une femme âgée d’une trentaine d’années qui commence à peine à se découvrir alors qu’en général cette thématique est abordée avec des personnages beaucoup plus jeunes.

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De plus, on a beau être dans une série de super héros, on aura rarement vu un tel sujet abordé avec autant de réalisme et de justesse. La scène où Alex dit à Maggie qu’elle a peut-être raison à son sujet sans employer le mot gay ou lesbienne, parce qu’elle est encore dans le déni, son coming out auprès de Kara qui se fait dans la douleur, l’ascenseur émotionnel du personnage qui passe de l’euphorie d’être enfin soi-même à l’effondrement le plus total suite à une déception amoureuse, sans parler du second coming out, cette fois-ci auprès de sa mère qui ne se fait pas non plus avec le sourire… A part ce dernier exemple qui se trouve dans un autre épisode, le 6ème écrit par Berlanti (qui je le rappelle, est gay) est un florilège de situations qui font écho au vécu de nombreux LGBT et au combat qu’ils mènent dans leur quotidien, au sein de leur famille, leurs amis, leur travail.
En plus de nous divertir cette série est également là pour nous donner un peu de baume au cœur dans un contexte particulièrement sombre et un avenir incertain pour nos acquis.

Tout comme la truculente série Wynonna Earp, Supergirl impose désormais une très belle représentation queer dans son cast principal, et qu’est-ce que ça fait du bien bordel !

Mais la relation Alex/Maggie n’est pas la seule raison qui pousse des hordes de lesbiennes à se ruer devant leur poste de télévision le lundi soir (ça me rappelle la belle époque où un silence religieux se posait dans les bars lesbiens qui diffusaient Xena). Il existe un autre duo qui suscite bien des émois parmi les accros de Tumblr et adeptes des fan fictions (les fanfic, c’est la vie !) : celui de Kara et Lena, la sœur adoptive de Lex Luthor. Le comportement de Lena envers notre héroïne est parfois assez troublant il faut le dire, exhortant une partie des internets (dont je fais partie) à concevoir l’impensable.

Alors si l’on doit trouver de véritables défauts à cette série, c’est du côté des garçons qui faudra se pencher, les personnages masculins (sauf le Martian Manhunter) étant particulièrement mal écrits, et le comble, c’est que c’est justement eux qui apportent l’aspect cul cul de la série qui fait tant rager les rageux. Non mais balancez-moi Jimmy Olsen et Mon-El sur ce qui reste de Krypton et qu’on en parle plus !

Supergirl reste donc une série très chère à mon petit cœur pour des raisons encore plus évidentes quelles ne l’étaient déjà, et j’envie actuellement toutes les petites et jeunes filles qui découvrent et qui suivent ce merveilleux programme. Plus jeune, il est clair que j’aurais beaucoup aimé voir une telle série, et je suis convaincue que cela m’aurait aidé à plus d’un titre. Quoiqu’il en soit et au vue des réactions de la part des spectateurs LGBT, Supergirl fait partie des plus belles et heureuses surprises de cette année pourtant bien douloureuse à notre égard. Quoi de plus normal pour notre Maiden of Might ?

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American Horror Story 06×1 : la critique de Julien Lordinator


American Horror Story Saison 6, My Roanoke Nightmare : Premier épisode, premières impressions

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Je suis un grand fan d’American Horror Story (AHS), cette série étant d’ailleurs l’une des deux seules séries que je suis (avec The Walking Dead) car ce n’est pas un secret, je n’aime pas les séries, surtout car je n’ai pas la patience de les suivre, mais AHS, j’adore : C’est de l’horreur, c’est bien écrit, bien interprété, bien réalisé et j’attends chaque nouvelle saison avec impatience… Au format physique.
Car oui, je ne télécharge pas et je préfère attendre patiemment la sortie blu-ray ou DVD d’un film ou d’une série que j’attends avec impatience pour pouvoir en profiter dans les meilleures conditions. Mais là, pour ce premier épisode de ma série favorite, je n’ai pas pu résister, pourquoi ? Tout simplement parce que depuis hier, j’en entends que du mal de ce premier épisode de AHS
Ma curiosité a finalement eu raison de ma patience et par un moyen autre que le téléchargement (cherchez pas…) j’ai réussi à me procurer ce premier épisode. Bilan ? Et bien, ce n’est pas très glorieux et pour une fois, je suis assez raccord avec les critiques…

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Déjà de quoi ça parle ? D’une maison hantée à la campagne et de citadins qui viennent y habiter. Jusque là, ça va, c’est le début de la plupart des films d’horreur sur ce thème depuis des lustres, ce n’est peut être pas très original mais c’est le genre d’histoire qui a fait ses preuves. Sauf que si sur le fond, ça tient la route, sur la forme, c’est une autre paire de manches…
Je ne sais pas ce qui a pris aux créateurs de la série mais ils ont décidé de nous présenter cette nouvelle saison, tout du moins le premier épisode, sous la forme d’une fausse émission de télé sur le paranormal (les amateurs de l’émission « Phénoméne Paranomal » sur la chaîne Numéro 23 de la TNT seront en terrain connu) avec tous les lieux communs de ce genre d’émission : Témoignages des gens ayant été témoins des phénomènes, reconstitutions etc. C’est un parti pris audacieux sauf que… Ça ne fonctionne pas.
Ce qui fait la force de ce genre d’émission, c’est que de base, c’est tiré de faits réels (enfin supposés réels) et que les gens qui regardent ce genre d’émission y croient (1) et que se sont des formats courts (15/20 minutes par sujet) hors là, déjà on y croit pas puisque d’une part c’est une série fictive et d’autre part, c’est trop long. Trop long parce qu’entendre de faux témoignages pendant 40 minutes, ça devient vite ennuyant et c’est ce que je reproche principalement à ce premier épisode, c’est long, mais long…
Ça a beau être bien filmé, ça a beau être bien interprété (on retrouve les acteurs habituels de la série, Sarah Paulson en tête, toujours aussi excellente d’ailleurs), c’est long, les coupes de faux témoignages en étant la principale cause.

Après, j’avoue, si vous êtes friand de ce genre d’émission télé et que le paranormal vous impressionne, vous serez probablement satisfait de l’orientation de cet épisode, si ce n’est pas le cas, ça va faire comme pour moi, vous allez un peu vous ennuyer…

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Autre chose qui m’a dérangé, c’est les références : Jusque là dans AHS, les références étaient subtiles et plutôt bien amenées (par exemple les références aux films Freaks, la Monstrueuse Parade ou Elephant Man dans la saison 4) mais dans cet épisode, c’est trop flagrant. La forêt vivante ? Déjà vu dans Evil Dead. Les breloques dans les arbres ? Déjà vu dans Blair Witch (bon sang, c’est les mêmes en plus !). Les jumelles fantômes ? Déjà vu dans Shining… La cassette vidéo flippante ? Ring, ça vous dit quelque chose ? Des villageois qui attaquent la nuit, torches à la main ? Hum, le jeu vidéo Resident Evil 4 ? (le cadrage de la scène est même quasiment identique !) et au passage, je fais l’impasse sur les multiples références à l’univers de Stephen King.
Un manque de créativité de la part des créateurs de la série ? J’espère que non, la créativité et l’originalité étant les choses qui m’ont séduit dans les quatre précédentes saisons, mais là, j’avoue que ça fait un peu best of des idées des autres.

Bilan : Très honnêtement je suis déçu. Même si l’épisode est agréable à regarder, il n’est clairement pas au niveau des saisons précédentes : L’orientation choisie par les créateurs n’est pas franchement ce qu’il y a de mieux et on ressent un cruel manque de créativité… Après, ce n’est que le premier épisode, difficile de se faire un avis avec juste le premier épisode mais bon, comme toute la série est déjà en boite, j’ai une grosse appréhension, qui se confirmera ou s’infirmera avec le second épisode. Wait & see comme disent nos amis anglophones…

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1 : Ce qui n’est pas mon cas, car je précise que  je ne crois absolument pas aux phénomènes paranormaux, pour moi c’est juste bon pour le cinéma et la littérature.

 

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Big Gun


Wynonna Earp Head

Pour ceux qui sont comme moi très sensibles au sujet, nous avons constaté (et j’ai déjà eu l’occasion d’en parler à plusieurs reprises) que les héroïnes de comics osent s’offrir depuis quelques années une nouvelle jeunesse grâce à la télévision – à défaut véritablement de s’épanouir au cinéma – et ce grâce à des programmes qui leurs sont plus ou moins fidèles.
Jessica Jones, Supergirl, Agent Carter… autant de séries qui font en effet du bien car elles apportent dans l’ensemble une vision à la fois classique et novatrice sur le statut de ces héroïnes et permettent ainsi de glaner, qui sait, un nouveau lectorat.
Mais si il y en a bien une que l’on a pas vu venir, c’est Wynonna Earp, prévue à l’heure où je vous parle sur 13 épisodes (nous en sommes au 9ème) et diffusée sur la chaîne SyFy.

Alors je vois bien certains d’entre vous me demander : « Non mais c’est quoi encore que ce truc ?!!!! » Il s’avère que Wynonna Earp, n’est ni plus ni moins qu’une série issue des années 90, une époque largement sujette à polémiques et débats de nos jours, à juste titre (la conférence de Paul Renaud et Jean-Marc Lainé sur le Marvel des 90’s peut d’ailleurs vous éclairer sur le sujet), alors que d’un autre côté Julien Lordinator et moi sommes bel et bien reconnaissants de l’héritage de ces héroïnes compte tenue de l’époque dans laquelle elles sont apparues, la plupart d’entre elles ayant su évoluer naturellement sans dénigrer totalement leur pedigree.

Prenons par exemple Witchblade, et par extension Darkchylde et (donc) Wynonna Earp, (sans oublier bien sûr Lady Death), la première de ces trois demoiselles ayant vu le jour en 1995, les deux autres une année plus tard. Et si le féminisme en matière de comics ne pourrait-il pas AUSSI se véhiculer via la série la plus Bad Girls qui soit ? C’est la question que je me pose, je n’en ai pas la réponse mais je pense résolument que la piste est loin d’être idiote, faut il encore avoir la sagesse de remettre les choses dans leur contexte.

Wynonna Earp rentre donc totalement dans le moule des trois titres pré-cités à savoir : de la belle pépé et du fantastique.
Créé par Beau Smith et publiée par Image Comics en 1996, la série narre les aventures de la descendante du célèbre Wyatt Earp, protagoniste légendaire et icône du Far West. En tant qu’agent officiant pour une unité spéciale appartenant aux US Marshals et appelée Black Badge Division, elle se bat contre de nombreuses menaces surnaturelles menées par Bobo Del Rey et ses acolytes vampires, zombies et autres savants fous….
Sans grande surprise, les 5 premiers numéros édités par Image à l’époque s’inscrivent donc naturellement dans la mouvance des Bad Girls avec toutefois une nuance de taille : la présence de Joyce Chin en tant qu’artiste sur les 3 premiers opus. Pat Lee prendra ensuite la relève, en parfait plagiaire de Rob Liefeld sur des planches plus atroces les unes que les autres :

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IDW Publishing reprendra ensuite le flambeau entre 2003 et 2004 (toujours sous la tutelle de Beau Smith) avec une première mini-série de 3 numéros intitulée Wynonna Earp: Home on the Strange avec Carlos Ferreira aux dessins, puis en 2011 sur un autre run de 4 numéros intitulé Wynonna Earp: The Yeti Wars, sans oublier sa présence dans l’album IDW’s Tales of Terror, un recueil paru en 2004 et réunissant des histoires originales et horrifiques provenant des grandes figures de l’éditeur telles que Steve Niles et Ben Templesmith pour ne citer qu’elles. 

Le contraste entre la version Image et IDW de Wynonna Earp est des plus saisissants : fini la bimbo peroxydée aux jambes interminables, notre héroïne (toujours blonde) s’est largement rhabillée et ne s’emploie plus à se mettre en scène dans des positions anatomiquement improbables issues d’une autre époque.

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Sans être la série du siècle, celle-ci se laisse facilement apprécier par les amateurs du genre mêlant humour, action, et fantastique, d’autres blondes ayant justement très bien réussi dans ces domaines précis.

J’invite d’ailleurs Julien Lordinator à vous en parler de façon plus précise et détaillée comme il en a l’aisance, l’intégrale des publications Image et IDW étant rassemblée dans un seul volume de 300 pages intitulé Wynonna Earp: Strange Inheritance.

Les années et les modes défilant à la vitesse d’un cheval au galop, on pensait légitimement ne plus avoir à faire à une héroïne de son acabit, mais c’était sans compter sur la surprenante idée de la chaîne SyFy de miser sur une telle adaptation.
Développée par Emily Andras (à qui l’on doit Lost Girl, l’un de mes plaisirs coupables en matière de séries) qui fait également office de productrice exécutive et showrunner, la série TV  Wynonna Earp déboule ni vu ni connu en avril 2016.

Après plusieurs années d’exil de sa ville natale, Wynonna Earp retourne à Purgatory le jour de ses 27 ans et accepte son rôle d’héritière maudite de Wyatt Earp. Elle devra protéger la ville des Revenants, les criminels que son arrière-grand-père a tués avec son Colt 45. Elle est aidée dans sa mission par sa sœur, Waverly, par l’agent Dolls et son ami immortel Doc Holliday.

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Mis à part son pitch de base où l’on retrouve l’héritage de Wynonna et son appartenance à une unité spéciale en lutte contre démons, vampires et autres goules, la série puise ses influences sur une production bien connue de la chaîne CW : Supernatural.
Les producteurs ont en effet choisi de rajouter une sœur à Wynonna avec le personnage de Waverly, une très belle idée qui appuie encore un peu plus la thématique de la sororité dans les grands medium de l’entertainment.
Si l’on rajoute à cela un ton totalement décalé où le second degré devient évident dès les premières scènes, avec (si l’on passe à côté de ce postulat) des absurdités au niveau du scénario à s’en arracher les cheveux, et des acteurs qui surjouent à outrance, le programme en devient complètement jouissif parce que barré au possible.

J’éprouve un énorme plaisir à regarder cette série, notamment grâce à la prestation (complètement à contre emploi au niveau du personnage) de Melanie Scrofano ainsi que de Dominique Provost-Chalkey, sans oublier Katherine Barrell dans le rôle de l’officier Haught (Hot Damn !). Du coup on est bel et bien à des années-lumière de l’oeuvre originale issue des 90’s, la série lorgnant beaucoup plus dans une identité queer au même titre que Lost Girl.

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Qualifier simplement Wynonna Earp de western fantastique serait extrêmement réducteur, je vous invite à tenter de regarder quelques épisodes, personnellement l’annonce d’une seconde saison me ferait extrêmement plaisir.

Et parallèlement à la série TV, IDW a eu la judicieuse et mercantile idée de proposer une nouvelle mini- série liée au show disponible sur SyFy, on y retrouve en effet Wynonna en version brunette, l’agent Xavier Dolls et Doc Holliday. Le ton général est très plaisant à lire et hyper référencé en terme de culture fantastico-horrifique.
Ma foi, qui aurait cru qu’un ersatz de Witchblade puisse un jour atteindre une telle classe ? Pas moi en tout cas, c’est certain.

« If Buffy meets Justified meets Frozen … »

Emily Andras

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Le destin de Kara


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My name is Kara Zor-El. When I was a child, my planet, Krypton, was dying. I was sent to Earth to protect my cousin. But my pod got knocked off course and by the time I got here, my cousin had already grown up and become Superman. And so I hid my powers until recently, when an accident forced me to reveal myself to the world. To most people, I’m an assistant at CatCo Worldwide Media. But in secret, I work with my adopted sister and the DEO to protect my city from alien life and anyone else that means to cause it harm. I am Supergirl.

Au même titre que l’excellente série Marvel’s Agent Carter, l’un des rares autres programmes télévisuels parvenant à démontrer véritablement ce que peut représenter une héroïne issue de l’univers des comics au petit écran, je me devais de faire un bilan de cette première saison de Supergirl, une série qui, à l’image de notre Maiden of might, fourmille de bonnes intentions mais dont la candeur et la générosité ne suffisent parfois pas à faire la différence.

« Pouvoir faire la différence », c’est ce que souhaite par dessus tout Kara Zor-El en embrassant le destin de Supergirl lorsqu’elle sauve l’avion transportant sa sœur adoptive du crash dans une scène spectaculaire et très réussie du fameux pilote diffusé « par mégarde » 6 mois trop tôt.
Kara est en effet cette héroïne qui, sans toujours réfléchir aux conséquences de ses actes à la fois par manque d’expérience et de maturité, agit pourtant dans un seul but qui est le bien de l’humanité. Et ce comportement est d’autant plus admirable qu’à la différence de Kal El, elle n’a pas toujours vécu sur Terre, celle-ci n’est pas sa planète au même titre que Superman qui n’aura connu qu’une seule culture. Supergirl, c’est tout simplement l’histoire d’une immigrée qui va tenter de trouver sa voie en protégeant comme elle le peut sa terre d’accueil.

Dit comme ça, ça fait bien évidemment rêver. Du moins, ça fait rêver la petite fille qui sommeille toujours un peu en moi, et qui n’a pas pu s’empêcher de verser quelques larmes de crocodile en la voyant prendre son envol pour la première fois dans ce premier épisode il y a un an tout juste.
Il faut avouer d’ailleurs qu’il est difficile de prime abord de savoir quel genre de spectateurs Supergirl va interpeller le plus. Est-ce une série pour ado, où pour les nostalgiques quadra du Superman de Richard Donner ? Un programme sincèrement féministe, ou a contrario un amalgame de poncifs niais et réducteurs où le côté cucul la praline façon Le destin de Lisa (oui je sais, j’ai des super références) en aura fait fuir plus d’une ? A qui est-elle vraiment destinée ? A l’homme hétéro qui ne saura pas rester insensible bien longtemps face au joli minois de Melissa Benoist ? A la gamine qui découvrira et suivra avec bonheur les aventures d’une super héroïne, dont le message d’espoir lui rendra service dans sa vie future beaucoup plus souvent qu’elle pourra se l’imaginer ? A la communauté gay, réceptive au grand retour de Calista Flockhart, interprétant une Cat Grant fantasque, et reconnaissant de pouvoir mater le physique de Mehcad Brooks ?
Et si Supergirl était cette série extra-terrestre capable de rassembler autour d’elle tous ces publics largement différents, (une certaine tueuse de vampire avait déjà réussi cette gageure à une autre époque) mais que finalement, cet atout pouvait également être sa Kryptonite ?

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Ce qui choque le plus en regardant Supergirl, c’est l’on est face à une série foncièrement optimiste (mièvre diront certains), et qu’elle dénote complètement avec le reste des programmes (hormis Flash) qui peuvent lui faire concurrence. Alors le Grim and Gritty s’empare de plus en plus des séries TV, Supergirl fait front et aborde le thème de l’héroïsme d’une façon totalement décomplexée dans sa manière d’aborder la thématique de l’espoir.
De l’interprétation juste de son actrice principale qui arrive à donner parfaitement corps à ses deux personnages Kara/Supergirl, à la musique de Blake Neely qui s’amuse à réinterpréter à sa manière le score de John Williams sur Superman (The Planet Krypton et surtout Leaving home en sont les parfait exemples), en passant par des moments d’une rare intensité quand il s’agit d’explorer l’effet de déracinement vécu par l’héroïne, voilà autant de belles choses qui arrivent à faire oublier les maladresses de ce programme.

Ce que l’on peut en effet aisément reprocher à Supergirl, c’est par exemple le manque de consistance et de crédibilité de ses différents antagonistes tout au long de cette première saison, de Vartox à Red Tornado en passant par Silver Banshee (une énorme déception pour moi, car qu’elle fait partie de mes vilaines préférées), sans parler de Non qui est pourtant censé représenter une terrible menace pour la planète entière, mais qui a malheureusement le charisme d’une huître. Non c’est une sorte d’anti Vandal Savage (le bad guy de la série Legends of Tomorrow qui nous a offert, lui par contre, de belles scènes de cabotinage tout au long de la saison) par son inertie et le manque de nuance dans le jeu de son interprète Chris Vance.
Malgré un budget assez confortable (3 millions de Dollars par épisode quand même) les effets spéciaux font également partie des points faibles de la série, du moins sur certains épisodes, limitant de ce fait l’impact envers le spectateur de la présence d’une telle super héroïne évoluant sur le petit écran. Il faut tout de même concéder que l’aspect du Martian Manhunter est une sacrée réussite, tout comme les scènes aériennes de notre kryptonienne. Ici encore, c’est plus du côté des méchants que l’on froncera les sourcils, certains costumes frôlant le ridicule (Aaaaargh Siobhan !!!!! Mais pourquoiiiiii !!!!).
Autre point critique, certains personnages secondaires sont sans saveur, Jimmy Olsen en particulier (dont les mimiques faciales de son interprète sont devenues pour moi une sorte de gimmick au fil des épisodes), et le volet romantique (inévitable) de la série est également l’un de ses plus gros points faibles, que ce soit avec Jimmy, Foster ou même Winn, rien n’est fait pour apporter un peu de piment dans cette vision stéréotypée de la candide assistante de direction amoureuse du mâle alpha.

Mais tous ces malencontreux détails sont bien loin d’entacher tout le bonheur que j’éprouve en regardant cette série, la raison en est simple, elle me rappelle toute la noblesse et la sincérité des super héros issus des comics de mon enfance, je vois ainsi en Supergirl une sorte de madeleine de Proust qui me rappelle une époque où ces personnages de papier m’apportaient un certain espoir et m’aidaient à avoir confiance en la vie malgré l’adversité, et à mon sens il n’y a pas plus beau message que celui-ci.

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Et c’est peut-être bien pour cela que je n’ai jamais douté du fait qu’une seconde saison voit le jour. Le transfert de Supergirl sur la chaîne CW qui héberge déjà les autres séries de super héros DC est pour moi une très bonne chose, j’ai foi en ce que le ton de la série soit toujours aussi positif, tout en gagnant en maturité. Le crossover avec Arrow, Flash et Legends of Tomorrow promet d’être dantesque (tout en permettant à la chaîne de faire de belles économies), je suis juste un peu inquiète concernant le budget alloué aux effets spéciaux. Mais après tout, nous verrons bien, comme je l’ai dit plus haut la série est à l’image de son héroïne, et de ce fait logiquement pleine de ressources.

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