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This school needs a Batman


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J’ai la chance d’avoir des lecteurs assez formidables. Quand ils regardent ou qu’ils lisent quelque chose susceptible de pouvoir m’intéresser ils m’attrapent sur les réseaux sociaux et me font part de leurs découvertes. Il se peut que je connaisse déjà, sans avoir eu l’occasion (ou l’envie) d’en parler ici, il s’avère également que je ne connaisse absolument pas l’oeuvre en question, la surprise est d’autant plus belle lorsqu’elle me donne envie d’écrire dessus.

Il existe un troisième cas de figure, celui où l’on me parle d’une oeuvre dont j’ai déjà beaucoup entendu parler sans avoir franchi le pas, c’est le cas ici avec la série Sweet/Vicious diffusée sur MTV depuis mi-novembre et qui est un condensé tout ce que l’on peut aimer, et nous rassembler ici.
Sweet/Vicious est une série pour ado/jeunes adultes dans la même verve que Faking it ou South of Nowhere (elles aussi produites par MTV) créée par Jennifer Kaytin Robinson et mélangeant très agréablement plusieurs genres chers à ce blog : le féminisme, le vigilantisme, la comédie, le drame et pour finir l’insolence de certaines situations où les protagonistes principaux sont embringuées dans des situations que l’on ne peut cautionner mais dont on espère les voir s’extirper.

La trame de fond de Sweet/Vicious ne prête en effet pas à la rigolade, traitant avant tout de l’insécurité et des viols subis par de nombreuses étudiantes au sein des campus universitaires américains, la plupart de ces délits restant impunis, ou lorsqu’ils le sont de manière totalement anecdotique.
Ophelia, procrastineuse rebelle, combinarde, grande gueule, dealeuse de drogue et experte en informatique, découvre l’identité secrète de Jules, une étudiante discrète appartenant à une sororité le jour, vigilante ninja qui se démène à venger de manière très musclée les victimes de viols de son campus la nuit.
Les actes désespérés de l’une vont donner un sens à la vie de l’autre, mais certaines situations ne vont pas se dérouler comme les deux jeunes filles l’auraient surement voulu.

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Il y a de très belles intentions dans ce Sweet/Vicious, déjà parce que malgré son sujet difficile et toujours présent, la série arrive à rester légère, drôle, décomplexée parfois. Les deux comédiennes, Taylor Dearden (fille de Bryan Cranston) et Eliza Bennett sont excellentes dans leurs rôles respectifs, et les références au medium des comics sont régulières sans être omniprésentes ou étouffantes.
La première saison ne durant que 10 épisodes déjà diffusés, je ne saurai vous dire à l’heure actuelle si la série va être reconduite, je l’espère en tout cas, car une chose est sure, elle donne un nouveau souffle bien intéressant dans le panorama des séries dites de super héros.

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L’hymne à la joie


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I’m back bitches !
Et pour « célébrer » mon retour, quoi de plus logique que de vous parler de ce début de seconde saison de Supergirl et de la tournure positivement pro-LGBT que cette série a volontairement décidé d’épouser, de prendre à bras-le corps même, et cela dans un contexte mondialo-social (un quoi ?) des plus anxiogènes, c’est une certitude, Kara Zor-El est bel et bien là pour nous sauver, une fois de plus.

A vrai dire, on peut parler ici dès le départ d’une série ouvertement pro-LGBT, il suffisait en effet de savoir lire entre les lignes pour comprendre que celle-ci s’avérait être un petit trésor de rendez-vous hebdomadaires pour toute une communauté, sans évidemment s’imposer comme tel, la première saison se voulant être universelle, fédératrice, et réunissant toutes les catégories de téléspectateurs sous le même Symbole, car le S n’est pas un S, il signifie juste « Stronger Together » (qui fut justement le slogan de campagne d’Hillary Clinton pour les élections présidentielles américaines … comme quoi !).
Certes, la chaîne originelle (CBS) où elle était diffusée l’année dernière ne se serait sans doute jamais permis une telle ouverture d’esprit, sauf peut-être au bout de 10 saisons qui de toute façon n’auraient jamais vu le jour. Mais ici le fait est que le passage sur CW est un bonus indéniable pour ce programme (même si il touchera beaucoup moins de téléspectateurs sur le continent américain) et sa répercussion auprès d’une fanbase LGBT toujours avide de programmes positifs de cet acabit.
Greg Berlanti et Ali Alder, les deux créateurs de la série sont réciproquement gay et lesbienne. En d’autres termes, what else ?

Comme je l’espérais il y a de cela quelques mois, grâce au transfert de la série de CBS vers CW, celle-ci a gagné en maturité sans perdre de son optimiste. Il suffit juste de voir comment le personnage de Superman est traité par exemple en début de saison, c’est un vrai bonheur de le voir évoluer auprès de sa cousine, de les voir ensemble prendre du plaisir à sauver des vies, il n’y a pas plus positif comme message et l’on est à des années lumière de l’imagerie Darko-Krypto-Christique de Zack Snyder à laquelle je n’adhère toujours pas.
Le format TV a ses limites notamment en terme d’effets spéciaux, c’est un fait, mais pour moi cela fonctionne la plupart du temps, parfois même mieux que sur le précédent network et son budget confortable. Comme quoi…
Il faut dire que mercato télévisuel concernant Supergirl a eu quelques conséquences en terme de restrictions budgétaires comme le départ de Calista Flockhart qui reviendra certainement mettre son grain de sel dans un futur plus ou moins proche, ainsi que la gestion des effets spéciaux, et c’est précisément dans ce domaine que cette seconde saison devient des plus intéressantes, car qui dit moins de SFX dit forcément plus de Drama, et d’interaction avec les personnages.

Avouons-le, le gros handicap de la première saison de Supergirl était sa propension à sombrer dans la mièvrerie avec son triangle amoureux entre Kara, Jimmy, et Winn daté des années 60, tiens, on se croyait même lire un comics issu de cette époque, il manquait plus que Comet faire une apparition le temps d’un épisode et la coupe était pleine…
Avec ce mercato est apparue une nouvelle dynamique, un développement scénaristique auprès des nombreux personnages secondaires de la série, à commencer par le Martian Manhunter et celle qu’on appelle Miss Martian, de la collaboration entre Winn et Jimmy en mode Vigilante, et bien sûr de la sœur adoptive de Kara, Alex Danvers, et de sa rencontre avec une certaine Maggie Sawyer, Maggie, elle est juste open bar ici depuis des années

Fichtre ! Mais par où commencer ?
Et bien déjà que Maggie Sawyer ici n’est pas véritablement Maggie Sawyer. Il s’agit de notre Renee. Renee Montoya. On a beau dire on a beau faire, quand on connait les deux personnages sur le bout des doigts (oui bon ça va…), on ne peut éviter de penser que la comédienne Floriana Lima aurait pu incarner magistralement le rôle de Renee. Sauf que Renee, et bien elle a été v****e (je n’aime pas ce terme) scénaristiquement par l’équipe de la série Gotham sur une chaîne concurrente, donc…
Donc du coup on se retrouve avec une Maggie Montoya, ou une Renee Sawyer, en me relisant je trouve que Maggie Montoya c’est plutôt cool, on va rester comme ça.

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Maggie elle est flic à National City et elle est totalement Badass. Elle est ouvertement lesbienne et elle rentre dans le lard de tout le monde.
Ce personnage est POSITIF car elle S’ASSUME complètement et envoie plein des messages, des signaux balistiques pour des générations à venir. Dans la série elle symbolise l’affirmation, la sérénité de faire partie d’une telle communauté, et le message lancé à Alex est sans équivoque : It gets better, encore faut-il se lancer.

En vérité il serait légitime de penser que l’homosexualité d’Alex arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, elle qui jouait au chat et à la souris avec Maxwell Lord pendant une partie de la première saison. Mais la série aborde justement de façon très subtile un sujet qui n’a que trop rarement été traité à la télévision, celui du coming-out personnel, car avant de l’avouer aux autres, encore faut arriver à se l’avouer à soi-même.
Car il n’existe pas de coming-out unique ou pré-établi. Si vous interrogez un LGBT sur son expérience personnelle, vous aurez à chaque fois une version différente. De plus, il n’est absolument pas rare de voir un homosexuel se découvrir, je dirais, sur le tard, même après avoir fondé une famille hétérosexuelle. Le cas d’Alex est intéressant car il montre une femme âgée d’une trentaine d’années qui commence à peine à se découvrir alors qu’en général cette thématique est abordée avec des personnages beaucoup plus jeunes.

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De plus, on a beau être dans une série de super héros, on aura rarement vu un tel sujet abordé avec autant de réalisme et de justesse. La scène où Alex dit à Maggie qu’elle a peut-être raison à son sujet sans employer le mot gay ou lesbienne, parce qu’elle est encore dans le déni, son coming out auprès de Kara qui se fait dans la douleur, l’ascenseur émotionnel du personnage qui passe de l’euphorie d’être enfin soi-même à l’effondrement le plus total suite à une déception amoureuse, sans parler du second coming out, cette fois-ci auprès de sa mère qui ne se fait pas non plus avec le sourire… A part ce dernier exemple qui se trouve dans un autre épisode, le 6ème écrit par Berlanti (qui je le rappelle, est gay) est un florilège de situations qui font écho au vécu de nombreux LGBT et au combat qu’ils mènent dans leur quotidien, au sein de leur famille, leurs amis, leur travail.
En plus de nous divertir cette série est également là pour nous donner un peu de baume au cœur dans un contexte particulièrement sombre et un avenir incertain pour nos acquis.

Tout comme la truculente série Wynonna Earp, Supergirl impose désormais une très belle représentation queer dans son cast principal, et qu’est-ce que ça fait du bien bordel !

Mais la relation Alex/Maggie n’est pas la seule raison qui pousse des hordes de lesbiennes à se ruer devant leur poste de télévision le lundi soir (ça me rappelle la belle époque où un silence religieux se posait dans les bars lesbiens qui diffusaient Xena). Il existe un autre duo qui suscite bien des émois parmi les accros de Tumblr et adeptes des fan fictions (les fanfic, c’est la vie !) : celui de Kara et Lena, la sœur adoptive de Lex Luthor. Le comportement de Lena envers notre héroïne est parfois assez troublant il faut le dire, exhortant une partie des internets (dont je fais partie) à concevoir l’impensable.

Alors si l’on doit trouver de véritables défauts à cette série, c’est du côté des garçons qui faudra se pencher, les personnages masculins (sauf le Martian Manhunter) étant particulièrement mal écrits, et le comble, c’est que c’est justement eux qui apportent l’aspect cul cul de la série qui fait tant rager les rageux. Non mais balancez-moi Jimmy Olsen et Mon-El sur ce qui reste de Krypton et qu’on en parle plus !

Supergirl reste donc une série très chère à mon petit cœur pour des raisons encore plus évidentes quelles ne l’étaient déjà, et j’envie actuellement toutes les petites et jeunes filles qui découvrent et qui suivent ce merveilleux programme. Plus jeune, il est clair que j’aurais beaucoup aimé voir une telle série, et je suis convaincue que cela m’aurait aidé à plus d’un titre. Quoiqu’il en soit et au vue des réactions de la part des spectateurs LGBT, Supergirl fait partie des plus belles et heureuses surprises de cette année pourtant bien douloureuse à notre égard. Quoi de plus normal pour notre Maiden of Might ?

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American Horror Story 06×1 : la critique de Julien Lordinator


American Horror Story Saison 6, My Roanoke Nightmare : Premier épisode, premières impressions

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Je suis un grand fan d’American Horror Story (AHS), cette série étant d’ailleurs l’une des deux seules séries que je suis (avec The Walking Dead) car ce n’est pas un secret, je n’aime pas les séries, surtout car je n’ai pas la patience de les suivre, mais AHS, j’adore : C’est de l’horreur, c’est bien écrit, bien interprété, bien réalisé et j’attends chaque nouvelle saison avec impatience… Au format physique.
Car oui, je ne télécharge pas et je préfère attendre patiemment la sortie blu-ray ou DVD d’un film ou d’une série que j’attends avec impatience pour pouvoir en profiter dans les meilleures conditions. Mais là, pour ce premier épisode de ma série favorite, je n’ai pas pu résister, pourquoi ? Tout simplement parce que depuis hier, j’en entends que du mal de ce premier épisode de AHS
Ma curiosité a finalement eu raison de ma patience et par un moyen autre que le téléchargement (cherchez pas…) j’ai réussi à me procurer ce premier épisode. Bilan ? Et bien, ce n’est pas très glorieux et pour une fois, je suis assez raccord avec les critiques…

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Déjà de quoi ça parle ? D’une maison hantée à la campagne et de citadins qui viennent y habiter. Jusque là, ça va, c’est le début de la plupart des films d’horreur sur ce thème depuis des lustres, ce n’est peut être pas très original mais c’est le genre d’histoire qui a fait ses preuves. Sauf que si sur le fond, ça tient la route, sur la forme, c’est une autre paire de manches…
Je ne sais pas ce qui a pris aux créateurs de la série mais ils ont décidé de nous présenter cette nouvelle saison, tout du moins le premier épisode, sous la forme d’une fausse émission de télé sur le paranormal (les amateurs de l’émission « Phénoméne Paranomal » sur la chaîne Numéro 23 de la TNT seront en terrain connu) avec tous les lieux communs de ce genre d’émission : Témoignages des gens ayant été témoins des phénomènes, reconstitutions etc. C’est un parti pris audacieux sauf que… Ça ne fonctionne pas.
Ce qui fait la force de ce genre d’émission, c’est que de base, c’est tiré de faits réels (enfin supposés réels) et que les gens qui regardent ce genre d’émission y croient (1) et que se sont des formats courts (15/20 minutes par sujet) hors là, déjà on y croit pas puisque d’une part c’est une série fictive et d’autre part, c’est trop long. Trop long parce qu’entendre de faux témoignages pendant 40 minutes, ça devient vite ennuyant et c’est ce que je reproche principalement à ce premier épisode, c’est long, mais long…
Ça a beau être bien filmé, ça a beau être bien interprété (on retrouve les acteurs habituels de la série, Sarah Paulson en tête, toujours aussi excellente d’ailleurs), c’est long, les coupes de faux témoignages en étant la principale cause.

Après, j’avoue, si vous êtes friand de ce genre d’émission télé et que le paranormal vous impressionne, vous serez probablement satisfait de l’orientation de cet épisode, si ce n’est pas le cas, ça va faire comme pour moi, vous allez un peu vous ennuyer…

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Autre chose qui m’a dérangé, c’est les références : Jusque là dans AHS, les références étaient subtiles et plutôt bien amenées (par exemple les références aux films Freaks, la Monstrueuse Parade ou Elephant Man dans la saison 4) mais dans cet épisode, c’est trop flagrant. La forêt vivante ? Déjà vu dans Evil Dead. Les breloques dans les arbres ? Déjà vu dans Blair Witch (bon sang, c’est les mêmes en plus !). Les jumelles fantômes ? Déjà vu dans Shining… La cassette vidéo flippante ? Ring, ça vous dit quelque chose ? Des villageois qui attaquent la nuit, torches à la main ? Hum, le jeu vidéo Resident Evil 4 ? (le cadrage de la scène est même quasiment identique !) et au passage, je fais l’impasse sur les multiples références à l’univers de Stephen King.
Un manque de créativité de la part des créateurs de la série ? J’espère que non, la créativité et l’originalité étant les choses qui m’ont séduit dans les quatre précédentes saisons, mais là, j’avoue que ça fait un peu best of des idées des autres.

Bilan : Très honnêtement je suis déçu. Même si l’épisode est agréable à regarder, il n’est clairement pas au niveau des saisons précédentes : L’orientation choisie par les créateurs n’est pas franchement ce qu’il y a de mieux et on ressent un cruel manque de créativité… Après, ce n’est que le premier épisode, difficile de se faire un avis avec juste le premier épisode mais bon, comme toute la série est déjà en boite, j’ai une grosse appréhension, qui se confirmera ou s’infirmera avec le second épisode. Wait & see comme disent nos amis anglophones…

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1 : Ce qui n’est pas mon cas, car je précise que  je ne crois absolument pas aux phénomènes paranormaux, pour moi c’est juste bon pour le cinéma et la littérature.

 

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Big Gun


Wynonna Earp Head

Pour ceux qui sont comme moi très sensibles au sujet, nous avons constaté (et j’ai déjà eu l’occasion d’en parler à plusieurs reprises) que les héroïnes de comics osent s’offrir depuis quelques années une nouvelle jeunesse grâce à la télévision – à défaut véritablement de s’épanouir au cinéma – et ce grâce à des programmes qui leurs sont plus ou moins fidèles.
Jessica Jones, Supergirl, Agent Carter… autant de séries qui font en effet du bien car elles apportent dans l’ensemble une vision à la fois classique et novatrice sur le statut de ces héroïnes et permettent ainsi de glaner, qui sait, un nouveau lectorat.
Mais si il y en a bien une que l’on a pas vu venir, c’est Wynonna Earp, prévue à l’heure où je vous parle sur 13 épisodes (nous en sommes au 9ème) et diffusée sur la chaîne SyFy.

Alors je vois bien certains d’entre vous me demander : « Non mais c’est quoi encore que ce truc ?!!!! » Il s’avère que Wynonna Earp, n’est ni plus ni moins qu’une série issue des années 90, une époque largement sujette à polémiques et débats de nos jours, à juste titre (la conférence de Paul Renaud et Jean-Marc Lainé sur le Marvel des 90’s peut d’ailleurs vous éclairer sur le sujet), alors que d’un autre côté Julien Lordinator et moi sommes bel et bien reconnaissants de l’héritage de ces héroïnes compte tenue de l’époque dans laquelle elles sont apparues, la plupart d’entre elles ayant su évoluer naturellement sans dénigrer totalement leur pedigree.

Prenons par exemple Witchblade, et par extension Darkchylde et (donc) Wynonna Earp, (sans oublier bien sûr Lady Death), la première de ces trois demoiselles ayant vu le jour en 1995, les deux autres une année plus tard. Et si le féminisme en matière de comics ne pourrait-il pas AUSSI se véhiculer via la série la plus Bad Girls qui soit ? C’est la question que je me pose, je n’en ai pas la réponse mais je pense résolument que la piste est loin d’être idiote, faut il encore avoir la sagesse de remettre les choses dans leur contexte.

Wynonna Earp rentre donc totalement dans le moule des trois titres pré-cités à savoir : de la belle pépé et du fantastique.
Créé par Beau Smith et publiée par Image Comics en 1996, la série narre les aventures de la descendante du célèbre Wyatt Earp, protagoniste légendaire et icône du Far West. En tant qu’agent officiant pour une unité spéciale appartenant aux US Marshals et appelée Black Badge Division, elle se bat contre de nombreuses menaces surnaturelles menées par Bobo Del Rey et ses acolytes vampires, zombies et autres savants fous….
Sans grande surprise, les 5 premiers numéros édités par Image à l’époque s’inscrivent donc naturellement dans la mouvance des Bad Girls avec toutefois une nuance de taille : la présence de Joyce Chin en tant qu’artiste sur les 3 premiers opus. Pat Lee prendra ensuite la relève, en parfait plagiaire de Rob Liefeld sur des planches plus atroces les unes que les autres :

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IDW Publishing reprendra ensuite le flambeau entre 2003 et 2004 (toujours sous la tutelle de Beau Smith) avec une première mini-série de 3 numéros intitulée Wynonna Earp: Home on the Strange avec Carlos Ferreira aux dessins, puis en 2011 sur un autre run de 4 numéros intitulé Wynonna Earp: The Yeti Wars, sans oublier sa présence dans l’album IDW’s Tales of Terror, un recueil paru en 2004 et réunissant des histoires originales et horrifiques provenant des grandes figures de l’éditeur telles que Steve Niles et Ben Templesmith pour ne citer qu’elles. 

Le contraste entre la version Image et IDW de Wynonna Earp est des plus saisissants : fini la bimbo peroxydée aux jambes interminables, notre héroïne (toujours blonde) s’est largement rhabillée et ne s’emploie plus à se mettre en scène dans des positions anatomiquement improbables issues d’une autre époque.

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Sans être la série du siècle, celle-ci se laisse facilement apprécier par les amateurs du genre mêlant humour, action, et fantastique, d’autres blondes ayant justement très bien réussi dans ces domaines précis.

J’invite d’ailleurs Julien Lordinator à vous en parler de façon plus précise et détaillée comme il en a l’aisance, l’intégrale des publications Image et IDW étant rassemblée dans un seul volume de 300 pages intitulé Wynonna Earp: Strange Inheritance.

Les années et les modes défilant à la vitesse d’un cheval au galop, on pensait légitimement ne plus avoir à faire à une héroïne de son acabit, mais c’était sans compter sur la surprenante idée de la chaîne SyFy de miser sur une telle adaptation.
Développée par Emily Andras (à qui l’on doit Lost Girl, l’un de mes plaisirs coupables en matière de séries) qui fait également office de productrice exécutive et showrunner, la série TV  Wynonna Earp déboule ni vu ni connu en avril 2016.

Après plusieurs années d’exil de sa ville natale, Wynonna Earp retourne à Purgatory le jour de ses 27 ans et accepte son rôle d’héritière maudite de Wyatt Earp. Elle devra protéger la ville des Revenants, les criminels que son arrière-grand-père a tués avec son Colt 45. Elle est aidée dans sa mission par sa sœur, Waverly, par l’agent Dolls et son ami immortel Doc Holliday.

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Mis à part son pitch de base où l’on retrouve l’héritage de Wynonna et son appartenance à une unité spéciale en lutte contre démons, vampires et autres goules, la série puise ses influences sur une production bien connue de la chaîne CW : Supernatural.
Les producteurs ont en effet choisi de rajouter une sœur à Wynonna avec le personnage de Waverly, une très belle idée qui appuie encore un peu plus la thématique de la sororité dans les grands medium de l’entertainment.
Si l’on rajoute à cela un ton totalement décalé où le second degré devient évident dès les premières scènes, avec (si l’on passe à côté de ce postulat) des absurdités au niveau du scénario à s’en arracher les cheveux, et des acteurs qui surjouent à outrance, le programme en devient complètement jouissif parce que barré au possible.

J’éprouve un énorme plaisir à regarder cette série, notamment grâce à la prestation (complètement à contre emploi au niveau du personnage) de Melanie Scrofano ainsi que de Dominique Provost-Chalkey, sans oublier Katherine Barrell dans le rôle de l’officier Haught (Hot Damn !). Du coup on est bel et bien à des années-lumière de l’oeuvre originale issue des 90’s, la série lorgnant beaucoup plus dans une identité queer au même titre que Lost Girl.

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Qualifier simplement Wynonna Earp de western fantastique serait extrêmement réducteur, je vous invite à tenter de regarder quelques épisodes, personnellement l’annonce d’une seconde saison me ferait extrêmement plaisir.

Et parallèlement à la série TV, IDW a eu la judicieuse et mercantile idée de proposer une nouvelle mini- série liée au show disponible sur SyFy, on y retrouve en effet Wynonna en version brunette, l’agent Xavier Dolls et Doc Holliday. Le ton général est très plaisant à lire et hyper référencé en terme de culture fantastico-horrifique.
Ma foi, qui aurait cru qu’un ersatz de Witchblade puisse un jour atteindre une telle classe ? Pas moi en tout cas, c’est certain.

« If Buffy meets Justified meets Frozen … »

Emily Andras

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Le destin de Kara


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My name is Kara Zor-El. When I was a child, my planet, Krypton, was dying. I was sent to Earth to protect my cousin. But my pod got knocked off course and by the time I got here, my cousin had already grown up and become Superman. And so I hid my powers until recently, when an accident forced me to reveal myself to the world. To most people, I’m an assistant at CatCo Worldwide Media. But in secret, I work with my adopted sister and the DEO to protect my city from alien life and anyone else that means to cause it harm. I am Supergirl.

Au même titre que l’excellente série Marvel’s Agent Carter, l’un des rares autres programmes télévisuels parvenant à démontrer véritablement ce que peut représenter une héroïne issue de l’univers des comics au petit écran, je me devais de faire un bilan de cette première saison de Supergirl, une série qui, à l’image de notre Maiden of might, fourmille de bonnes intentions mais dont la candeur et la générosité ne suffisent parfois pas à faire la différence.

« Pouvoir faire la différence », c’est ce que souhaite par dessus tout Kara Zor-El en embrassant le destin de Supergirl lorsqu’elle sauve l’avion transportant sa sœur adoptive du crash dans une scène spectaculaire et très réussie du fameux pilote diffusé « par mégarde » 6 mois trop tôt.
Kara est en effet cette héroïne qui, sans toujours réfléchir aux conséquences de ses actes à la fois par manque d’expérience et de maturité, agit pourtant dans un seul but qui est le bien de l’humanité. Et ce comportement est d’autant plus admirable qu’à la différence de Kal El, elle n’a pas toujours vécu sur Terre, celle-ci n’est pas sa planète au même titre que Superman qui n’aura connu qu’une seule culture. Supergirl, c’est tout simplement l’histoire d’une immigrée qui va tenter de trouver sa voie en protégeant comme elle le peut sa terre d’accueil.

Dit comme ça, ça fait bien évidemment rêver. Du moins, ça fait rêver la petite fille qui sommeille toujours un peu en moi, et qui n’a pas pu s’empêcher de verser quelques larmes de crocodile en la voyant prendre son envol pour la première fois dans ce premier épisode il y a un an tout juste.
Il faut avouer d’ailleurs qu’il est difficile de prime abord de savoir quel genre de spectateurs Supergirl va interpeller le plus. Est-ce une série pour ado, où pour les nostalgiques quadra du Superman de Richard Donner ? Un programme sincèrement féministe, ou a contrario un amalgame de poncifs niais et réducteurs où le côté cucul la praline façon Le destin de Lisa (oui je sais, j’ai des super références) en aura fait fuir plus d’une ? A qui est-elle vraiment destinée ? A l’homme hétéro qui ne saura pas rester insensible bien longtemps face au joli minois de Melissa Benoist ? A la gamine qui découvrira et suivra avec bonheur les aventures d’une super héroïne, dont le message d’espoir lui rendra service dans sa vie future beaucoup plus souvent qu’elle pourra se l’imaginer ? A la communauté gay, réceptive au grand retour de Calista Flockhart, interprétant une Cat Grant fantasque, et reconnaissant de pouvoir mater le physique de Mehcad Brooks ?
Et si Supergirl était cette série extra-terrestre capable de rassembler autour d’elle tous ces publics largement différents, (une certaine tueuse de vampire avait déjà réussi cette gageure à une autre époque) mais que finalement, cet atout pouvait également être sa Kryptonite ?

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Ce qui choque le plus en regardant Supergirl, c’est l’on est face à une série foncièrement optimiste (mièvre diront certains), et qu’elle dénote complètement avec le reste des programmes (hormis Flash) qui peuvent lui faire concurrence. Alors le Grim and Gritty s’empare de plus en plus des séries TV, Supergirl fait front et aborde le thème de l’héroïsme d’une façon totalement décomplexée dans sa manière d’aborder la thématique de l’espoir.
De l’interprétation juste de son actrice principale qui arrive à donner parfaitement corps à ses deux personnages Kara/Supergirl, à la musique de Blake Neely qui s’amuse à réinterpréter à sa manière le score de John Williams sur Superman (The Planet Krypton et surtout Leaving home en sont les parfait exemples), en passant par des moments d’une rare intensité quand il s’agit d’explorer l’effet de déracinement vécu par l’héroïne, voilà autant de belles choses qui arrivent à faire oublier les maladresses de ce programme.

Ce que l’on peut en effet aisément reprocher à Supergirl, c’est par exemple le manque de consistance et de crédibilité de ses différents antagonistes tout au long de cette première saison, de Vartox à Red Tornado en passant par Silver Banshee (une énorme déception pour moi, car qu’elle fait partie de mes vilaines préférées), sans parler de Non qui est pourtant censé représenter une terrible menace pour la planète entière, mais qui a malheureusement le charisme d’une huître. Non c’est une sorte d’anti Vandal Savage (le bad guy de la série Legends of Tomorrow qui nous a offert, lui par contre, de belles scènes de cabotinage tout au long de la saison) par son inertie et le manque de nuance dans le jeu de son interprète Chris Vance.
Malgré un budget assez confortable (3 millions de Dollars par épisode quand même) les effets spéciaux font également partie des points faibles de la série, du moins sur certains épisodes, limitant de ce fait l’impact envers le spectateur de la présence d’une telle super héroïne évoluant sur le petit écran. Il faut tout de même concéder que l’aspect du Martian Manhunter est une sacrée réussite, tout comme les scènes aériennes de notre kryptonienne. Ici encore, c’est plus du côté des méchants que l’on froncera les sourcils, certains costumes frôlant le ridicule (Aaaaargh Siobhan !!!!! Mais pourquoiiiiii !!!!).
Autre point critique, certains personnages secondaires sont sans saveur, Jimmy Olsen en particulier (dont les mimiques faciales de son interprète sont devenues pour moi une sorte de gimmick au fil des épisodes), et le volet romantique (inévitable) de la série est également l’un de ses plus gros points faibles, que ce soit avec Jimmy, Foster ou même Winn, rien n’est fait pour apporter un peu de piment dans cette vision stéréotypée de la candide assistante de direction amoureuse du mâle alpha.

Mais tous ces malencontreux détails sont bien loin d’entacher tout le bonheur que j’éprouve en regardant cette série, la raison en est simple, elle me rappelle toute la noblesse et la sincérité des super héros issus des comics de mon enfance, je vois ainsi en Supergirl une sorte de madeleine de Proust qui me rappelle une époque où ces personnages de papier m’apportaient un certain espoir et m’aidaient à avoir confiance en la vie malgré l’adversité, et à mon sens il n’y a pas plus beau message que celui-ci.

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Et c’est peut-être bien pour cela que je n’ai jamais douté du fait qu’une seconde saison voit le jour. Le transfert de Supergirl sur la chaîne CW qui héberge déjà les autres séries de super héros DC est pour moi une très bonne chose, j’ai foi en ce que le ton de la série soit toujours aussi positif, tout en gagnant en maturité. Le crossover avec Arrow, Flash et Legends of Tomorrow promet d’être dantesque (tout en permettant à la chaîne de faire de belles économies), je suis juste un peu inquiète concernant le budget alloué aux effets spéciaux. Mais après tout, nous verrons bien, comme je l’ai dit plus haut la série est à l’image de son héroïne, et de ce fait logiquement pleine de ressources.

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Hollywood Story


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Marvel’s Agent Carter est la série qui m’avait le plus enthousiasmée l’année dernière (avec Sense8 des sœurs Wachowski, mais pour des raisons sensiblement différentes) grâce à sa fraîcheur, son féminisme posé et intelligent faisant référence au statut des femmes après la Seconde Guerre Mondiale (un sujet que je suis loin de maîtriser mais qui me passionne), ainsi que le talent et le charisme affolants de son interprète principale Hayley Atwell.
J’attendais donc cette seconde saison avec beaucoup d’impatience, me demandant d’ailleurs si la série allait réussir à s’émanciper un peu plus de l’ombre tutélaire du film dont elle est à la base le spin-off : Captain America : First Avenger.
C’est effectivement le cas, notamment grâce au transfert de l’intrigue vers des contrées plus ensoleillées, en effet direction Hollywood, ses palmiers immenses, sa chaleur caniculaire, et ses légendaires plateaux de cinéma pour une saison que l’on aurait pu aisément appeler « Pas de vacances pour Peggy » .

Alors que la première saison se centrait sur les répercussions immédiates de la guerre, (avec la perte de Steve Rogers et les nouvelles menaces annonçant la guerre froide) celle-ci fait sensiblement allusion à l’ère du nucléaire avec ses essais plus ou moins réussis de la part d’organisations secrètes en quête de pouvoir.
Au programme donc, des références bien connues des amateurs de l’univers Marvel telles qu’une entité appelée Zero Matter (renommée Darkforce dans la série Agents of S.H.I.E.L.D, et reliée à l’univers de Doctor Strange) au centre de toutes les convoitises qui est capable d’absorber la matière ou la transporter dans une autre dimension, Rayons Gamma et j’en passe, bref autant d’expériences scientifiques qui vont mal tourner et qui ont fait le succès de la Maison des Idées depuis des décennies.

Au delà du cahier des charges à respecter pour pouvoir intégrer pleinement le fameux MCU et satisfaire les fans, le véritable intérêt de Marvel’s Agent Carter se situe dans l’interaction de chacun de ses personnages et du contexte historico-culturel qui font l’essence même de  la série.
Cette nouvelle saison continue en effet de donner la part belle au duo inversé Carter/Jarvis (inversé dans le sens où c’est elle qui comme toujours porte la culotte alors que grâce à lui, nous pouvons passer littéralement du rire aux larmes en quelques minutes) tout en intégrant des personnages secondaires à la fois totalement justes (Ana, la parfaite épouse de Jarvis) et dynamiques (la pétillante Rose et le truculent Aloysius).
Nous avons également le plaisir de retrouver la vénéneuse Dottie Underwood le temps de quelques épisodes, incarnée par une Bridget Regan toujours autant habitée par son personnage, et dont la classe n’a aucunement faibli depuis l’époque où je l’avais découverte dans le regretté Legend of the Seeker.
Seul regret à ce casting trois étoiles, la quasi absence d’Angie la serveuse et meilleure amie de Peggy qui donnait une plus-value intéressante alors que notre héroïne n’interagissait essentiellement qu’avec des personnages masculins dans la première saison…

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Mais la série est également le terrain propice pour décrire une nouvelle fois le statut et la difficulté des femmes à faire leur place dans la société post WWII, Peggy en était déjà le parfait exemple au sein du S.S.R. lors de la première saison, mais il est ici plussoyé par la présence de Whitney Frost, la Nemesis de notre héroïne pour cette saison, super star d’Hollywood sur le déclin à cause de son âge, mais avant toute chose génie scientifique qui se veut être une référence très pertinente à Hedy Lamarr, star sublime de la MGM à la filmographie impressionnante qui en 1941 inventa avec le pianiste/compositeur George Antheil un procédé de transmission codé pour le radio-guidage des torpilles appelé étalement de spectre, ancêtre du GPS et du WIFI…
Son parcours difficile, développé dans quelques flash-backs où il est explicitement montré que la grivoiserie des différents hommes croisés dans son parcours n’aura fait que créer le monstre qui est en elle (les termes condescendants de « good girl » ou « that’s my girl » à son égard sont récurrents au fil des épisodes), rend le personnage d’autant plus respectable et attachant malgré sa folie destructrice.

I Wanna Be Loved

Mais cette seconde saison ne se contente pas de ressasser les mêmes bons préceptes que l’année dernière, c’est effectivement le cas avec l’introduction du personnage de Jason Wilkes, qui va chambouler la vie sentimentale toute tracée de notre agent préférée.
Ainsi la série n’hésite pas à aborder le problème du racisme encore très vivace dans la société d’après guerre, tout en y engendrant une lueur d’espoir, Peggy n’étant pas insensible aux charmes du scientifique qui lui-même est bien conscient d’avoir été embauché par le biais de la discrimination positive au sein d’Isodyne Energy.
On notera cette scène sublime dans le second épisode ou notre héroïne a rendez-vous dans un club de Jazz avec Jason et se retrouve être (quasiment) la seule personne blanche en ce lieu. Moi j’appelle ça la perfection.

Et tout comme la saison précédente, la musique prend une place très importante dans l’univers de Marvel’s Agent Carter, elle est certes hyper référencée compte tenu de l’époque dans laquelle elle évolue, mais fait du reste plaisir aux oreilles pour ceux qui sachent l’apprécier à sa juste valeur, à l’image de cet hommage aux comédies musicales de l’époque où tout le cast sollicité semble s’en être donné à cœur joie :

Il y a donc tellement de choses à retenir et prendre en compte à propos de cette série : Bien au delà d’un Spin-off qui profiterait sournoisement de l’aura d’un film de super héros très populaire, Marvel’s Agent Carter se suffit largement à elle-même grâce à l’exceptionnelle justesse de son casting, l’audace de sa vision féministe et l’originalité de son approche sur la thématique du super héros.
Il n’est pas encore certain qu’une troisième saison voit le jour malgré les rumeurs encourageantes au vu des audiences décevantes de la chaîne ABC qui la diffuse outre atlantique. En effet rien n’est encore perdu, l’Agent Carter ayant largement su se défaire de situations beaucoup plus ubuesques par le passé…

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Un fauteuil pour deux


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Jessica Jones V Supergirl. Voici venu le temps où tu dois choisir ton camp, camarade. Outre l’éternel clivage entre Marvel et DC, c’est surtout l’approche, la direction employée pour aborder le concept même de la « super héroïne » qui est à creuser à travers ces deux programmes, bien plus qu’une concurrence directe entre deux personnages qui n’ont absolument rien à voir, et qui ne sauraient être comparées dans leur statut purement basique.

Je vous lâche mon opinion direct, comme ça on est tranquille. S’obliger à comparer Jessica Jones avec Supergirl et vice versa, en terme de programme super héroïque au féminin en ce début de 21ème siècle est absolument dramatique. Oui oui c’est dramatique, je pèse mes mots, car nous sommes actuellement tellement à la ramasse en terme de visibilité de super héroïnes à la télévision que nous ne pouvons pas nous permettre de mettre à mal ces deux séries en les opposant l’une face à l’autre, ce serait une véritable insulte face au petit miracle dont nous sommes actuellement les témoins.
Les deux séries ont autant leurs atouts qu’elles ont leurs lacunes, et elles sont du coup d’autant plus complémentaires, car elles montrent ainsi plusieurs facettes de ce qui est possible de voir et d’apprécier en terme de représentativité d’un personnage féminin et de son statut d’héroïne.

Comme vous le savez, je suis bel et bien une adepte de la Maiden of might via ses différentes itérations, bien plus qu’une version du Faucon Maltais à la sauce Marvel pourtant bourrée de références. C’est une question de culture (j’ai été séduite très tôt par l’aura des super héros de DC Comics, à l’image de nombreux d’entre nous avec Marvel, grâce notamment aux magazines Strange), de sensibilité aussi, ça ne se discute pas. Malgré tout, je sais faire la part des choses, et je vais tenter de comparer ces deux séries non pas en les opposant l’une envers l’autre, mais plutôt par rapport à ce qu’elles vont nous apporter en terme de représentation de l’héroïsme au féminin, puisqu’au final c’est bien ça le plus important.

Pour commencer, Jessica Jones et Supergirl ont pour point commun de refaire découvrir à un public assez large ce qu’est une super héroïne et dans quel environnement elle évolue, après une belle traversée du désert qui aura démarré avec la fin des séries Buffy et Dark Angel (on passera sur Bionic Woman, Witchblade et Painkiller Jane qui n’auront pas réussi à trouver leur public… pour les deux premiers on comprend aisément pourquoi). Qu’elles soient inconnues ou mésestimées, ces deux héroïnes offrent d’abord l’opportunité de sensibiliser le spectateur à un univers qu’il ne maîtrise pas forcément, sans qu’il se sente obligé de s’infliger des décennies de lecture. A l’image des séries mettant en vedette les super héros masculins, il s’agit aussi de faire connaissance avec toute une mythologie, et autant de protagonistes à dévoiler où mettre en scène au fil des épisodes (Luke Cage, Red Tornado…)
Les deux séries ont également la volonté de montrer comment une femme, aussi puissante soit-elle, doit continuer à se battre malgré tout quoi qu’il arrive pour rester au sommet et garder le contrôle total de sa vie. On retrouve cette notion bien évidemment avec nos têtes d’affiche, mais aussi via les personnages secondaires féminins, dont on notera d’ailleurs des similitudes dans les deux programmes. On peut déceler en effet bien des points communs entre les success women Cat Grant et Jeri Hogart, femmes accomplies dans leur carrières respectives, vindicatives à souhait et pourtant toujours autant vulnérables. De même, les sœurs adoptives de nos héroïnes se sont toujours battues pour parvenir à leur actuel statut, que se soit en dépit d’un secret à protéger, ou bien d’une mère abusive.
Les styles des deux séries ont beau être diamétralement opposées, le message reste le même : Étrangère, survivante, working girl ou personnage de soutien, rien n’est jamais acquis dans la vie d’une femme, et chaque jour est un éternel recommencement, cette idée était d’ailleurs déjà véhiculée dans une autre série féministe qui avait récemment fait notre bonheur : Marvel’s Agent Carter.

Autre belle surprise que l’on retrouve dans les deux shows, un excellent choix de casting en ce qui concerne Krysten Ritter et Melissa Benoist… si on arrive à mettre de côté le support initial (chose qui s’est avérée être de plus en plus facile au fur et à mesure que l’on « plonge » dans les épisodes). Personnellement au début j’ai quand même eu un peu de mal avec Ms Ritter, trop jolie et plastique à mon goût pour incarner une détective qui est tout sauf gracieuse dans le comic-book.

Mais les deux séries sont pourtant loin d’être irréprochables, cumulant ensemble pas mal de clichés et de tropes qui m’ont fait (ou qui continuent de me faire) lever les yeux au ciel durant de nombreux épisodes. Commençons par Supergirl, qui malgré le coefficient de sympathie que j’éprouve pour sa comédienne, manque cruellement d’enjeux dramatiques du moins dans le premier quart de saison diffusé jusqu’ici, il faudra en effet attendre le 6ème épisode pour voir Kara enfin exprimer sa frustration et sa colère, rendant le personnage bien plus complexe que la jeune fille naïve, gaffeuse et fleur bleue qui nous avait été servi jusqu’alors (mais que l’on retrouve de toute façon souvent dans le comic-book).

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Jessica Jones quant à elle recèle deux problèmes majeurs, qui sont l’omniprésence de bouteilles d’alcool et de paires de fesse à s’en faire exploser la rétine. Alors ne vous méprenez pas, je ne suis pas du tout sombrée du côté obscur de Christine Boutin, certes, l’alcoolisme de l’héroïne fait partie intégrante du personnage, c’est une notion qui est d’ailleurs bien présente dans l’oeuvre de Brian Michael Bendis, et qui découle surtout du traumatisme subi par l’héroïne, mais elle y est abordée de façon beaucoup plus subtile et surtout moins redondante, le nombre de plans comprenant une bouteille d’alcool est tellement hallucinant qu’on en vient à se demander si les producteurs de la série n’ont pas passé un contrat avec un quelconque lobby de spiritueux.

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L’autre aspect complètement WTF de la série est le nombre de prises de vue centrées sur le popotin de notre héroïne, tout à fait agréable à regarder qu’on se le dise, et ce grâce à un jean moulant totalement sur mesure mettant avantageusement ses formes en dépit de l’aspect grunge et mal attifé du personnage…
Ici encore, le spectateur pourrait certainement s’amuser à se faire un shot de Vodka à chaque fois qu’il tombe sur l’une des innombrables scènes prises en exemple ci-dessous, devenant du coup lui aussi alcoolique, et là les enfants on ne s’en sort plus.

Au final nous sommes donc face à deux séries qui, malgré leurs grandes différences, se regardent avec autant de satisfaction que d’exigence. Tout est loin d’être parfait dans chacune d’entre elles, qu’on se le dise, mais ce qui est certain c’est qu’aucun des deux programmes n’arrivent non plus à rentrer en concurrence avec l’autre, les deux comédiennes concernées l’ayant d’ailleurs très bien compris, se félicitant mutuellement via les réseaux sociaux. Au delà de l’effet marketing, il faut tout de même essayer d’y voir un peu plus loin en miroitant l’espoir que ces séries (avec Agent Carter) soient les pionnières d’un genre nouveau, où les héroïnes DC, Marvel et autres, pourraient êtres mises en valeur sur le long terme, à travers des programmes qui leurs seraient entièrement dédiées.

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