Korrasami


LOK Head

Il y a quelques jours je sortais de ma torpeur estivale pour exprimer ma grande déception envers une partie du cast de Supergirl, qui se moquait de façon assez dédaigneuse de l’engouement des fans de la série vis à vis d’une relation fantasmée, un ship comme on dit, entre l’héroïne et sa nemesis potentielle sur le long terme, Lena Luthor.
Alors que j’écris ces lignes et que je m’achemine à faire la review de ce premier volume de The Legend of Korra : Turf Wars, tout s’illumine soudain devant moi : Michael DiMartino et Bryan Konietzko ont totalement adhéré à cette vision inspirée par leurs fans car elle allait complètement dans le sens de tout ce qu’ils avaient cherché à montrer dans leur univers jusqu’à maintenant.
Ne pouvant malheureusement pas développer (pour des raisons évidentes) ce ship entre Korra et Asami dans la série animée, leur histoire pourrait toutefois obtenir une suite avec tout le recul nécessaire grâce à une trilogie publiée chez Dark Horse Comics, et dont le premier numéro est (enfin) sorti mercredi dernier.

Evidemment vous imaginez bien que j’attendais cette suite comme le Messie. Mais cela ne m’a toutefois pas empêché de rester vigilante sur de nombreux points, tant l’univers d’Avatar The Last Airbender est devenu depuis ces dernières années un véritable refuge, je ne compte plus le nombre d’épisodes (re)visionnés le soir à l’heure du repas en compagnie du Sidekick, à tel point que nous pourrions nous perdre et nous retrouver sans encombre autant dans les dédales de Ba Sing Se, de la Bibliothèque, du Monde Spirituel ou des souterrains du lac Laogai. Et nous aurions dans nos poches quelques feuilles de choux à grignoter, et Jinora saurait fort heureusement où nous trouver, jute au cas où…

Il était donc naturellement, et en premier lieu, important que cette suite des aventures de Korra (dont la série vient tout juste d’être diffusée sur France 4) respecte autant graphiquement que scénaristiquement ce fameux cahier des charges. C’est le cas pour certains aspects, malheureusement un petit peu moins bien pour d’autres.
L’histoire de The Legend of Korra : Turf Wars se déroule quelques secondes après la fin du dernier épisode de LOK où l’on voit Korra et Asami bien décidées à s’octroyer quelques jours de vacances après les épreuves fraîchement subies au cœur de Republic City.

Ce qui est constant dans The Legend of Korra, et qui est une notion que j’aime particulièrement, c’est cette confrontation inéluctable entre le monde spirituel sensible aux traditions ancestrales (notamment incarnés par les Maîtres de l’air) et celui des hommes fuyant vers le progrès. Ainsi, Korra et Asami forment à elles deux les faces d’une société en pleine évolution qui a résolument du mal à se trouver.
L’apparition d’un nouveau portail menant au monde des Esprits en plein cœur de Republic City est un événement qui va affecter cet équilibre déjà fragile, mais également faire l’objet de toutes les convoitises dont celles de Wonyong Keum, propriétaire du terrain où se trouve le portail et qui souhaite rentabiliser cette opportunité en créant un parc d’attraction. Si cela ne suffisait pas, la débâcle engendrée par le raid de Kuvira sur la ville a non seulement forcé des milliers d’habitants à vivre dans des camps en attendant d’être relogés, mais également ravivé la guerre de territoires entre les différentes triades, une guerre que souhaite remporter Tokuga, un profane bloqueur de shi.

LOK 1

C’est ce sinistre état des lieux auquel nos deux héroïnes doivent faire face à leur retour de vacances, après quelques jours passés ensemble dans le monde spirituel. Un séjour durant lequel Korra et Asami vont enfin s’avouer leurs sentiments respectifs faisant notamment référence à leur longue correspondance lorsque Korra était en convalescence.
C’est l’aboutissement en toute logique d’une relation qui avait pourtant démarré assez mal, mais qui va désormais être au cœur des nouvelles aventures de l’Avatar, notamment par le biais de la gestion de leur coming out auprès des parents de Korra,  de leurs amis, voire du reste du monde puisque l’Avatar est un personnage public.
Michael DiMartino et Bryan Konietzko intègre ainsi et de façon très juste une nouvelle approche de leur oeuvre, avec la présence de personnages LGBT qui ont en fait toujours été considérés comme canon (c’est ce qu’on appelle le miracle des comics). On apprend ainsi que Kya est lesbienne, que l’Avatar Kyoshi était bisexuelle et que les nomades de l’air toléraient parfaitement l’homosexualité. Mais les scénaristes ont également l’idée de représenter l’homophobie dans les différentes cultures de leur univers, et cette notion est vraisemblablement l’un des défis supplémentaires que Korra devra relever dans cette nouvelle saison.

Ce premier volume de Turf Wars nous livre une généreuse suite des aventures de Korra, à tel point que je me suis sentie complètement frustrée à la fin de ma lecture tant celle-ci fut prenante et trop courte. Irene Koh nous livre un travail très respectueux envers l’oeuvre de Michael DiMartino et Bryan Konietzko, mais je trouve le style qu’elle emploie ici un peu trop cartoony à mon gout, alors que cette série se veut être plus mature que la précédente. De plus certaines de ses cases manquent cruellement de détails et de finition, notamment sur certains visages, ce dont je suis la première à regretter car j’aime beaucoup cette artiste. Pas de quoi fouetter un chat, je trouve ça jute un petit peu dommage.

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Il y a donc de très belles choses dans ce premier épisode de The Legend of Korra : Turf Wars, celui-ci fait toutefois office de longue introduction, mais c’est avant tout parce que ses créateurs ont décidé de prendre le temps d’intégrer des notions importantes, ce qui était impossible dans la série animée diffusée sur Nickelodeon à l’époque. Certaines choses ont heureusement changé depuis en terme de représentation des LGBT dans des programmes pour enfants (je pense notamment aux séries Steven Universe et Adventure Time) bien qu’il reste de gros progrès à faire, The Legend of Korra reste pionnière dans son genre et Turf Wars permet d’offrir à de nombreux fans exactement ce qu’ils attendaient depuis un bon moment.

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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 33


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Massacre à la Tronçonneuse, deuxième partie

Massacre à la Tronçonneuse : Les Comics

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Comme toute bonne saga cinématographique qui se respecte, Massacre à la Tronçonneuse a eu droit à de nombreuses déclinaisons en comics, mais de façon beaucoup moindre que d’autres sagas du même genre : Son aspect hardcore visuellement très cinématographique étant, je pense, émotionnellement assez difficile à retranscrire en bande dessinée. Ça n’a pas empêché plusieurs éditeurs de s’y essayer, pour des résultats parfois assez surprenants, dans le bon comme le mauvais. Petit tour d’horizon des versions dessinées de la famille de dégénérés la plus célèbre du Texas  !

Leatherface, mini série en 4 numéros, publiée aux États Unis par Northstar Comics en 1991

Cette mini série est en fait l’adaptation du troisième film de la saga, elle est écrite par Mort Castle, le premier numéro est dessiné par Kirk Jarvinen et les numéros suivants par Guy Burwell.
L’histoire est exactement la même que le film éponyme à quelques détails près puisque Mort Castle a travaillé à l’écriture de son scénario à partir du script original du film écrit par David Schow.
L’histoire raconte le calvaire de Michelle et Ryan, un couple de passage au Texas alors que les exactions de la terrible famille viennent d’être découvertes  : Les membres de la famille sont en fuite et la police sillonne la région à leur recherche. Mais la famille compte en fait plus de membres et Michelle et Ryan vont vite le découvrir après une échauffourée avec le gérant d’une station service particulièrement belliqueux.

Pour le scénariste, le fait d’avoir écrit son histoire à partir du script original a un effet particulièrement flagrant dés les premières pages  : Le comic est clairement plus violent et gore que le film, déjà lui-même particulièrement édulcoré (2).
Contre toute attente, cette mini-série est particulièrement réussie : L’histoire est très prenante, riche en rebondissements, en scènes gore et les dessins, même si ils restent sur de nombreux points typiques des productions des années 90 sont assez réussis.
Mention spéciale aux couvertures, réalisées par Guy Burwell, splendides  !
En résumé, un bon moment de lecture horrifique, malheureusement aujourd’hui quasiment introuvable à prix décent, chacun des 4 numéros se monnayant autour de 20 dollars…
De plus, il n’en existe pas de version reliée.

Pour la petite histoire, Nothstar avait en projet plusieurs autres comics exploitant la licence, notamment une adaptation du film original de 1974 (une publicité était d’ailleurs visible à la fin du dernier numéro de Leatherface) ainsi que deux one shots : Texas Chainsaw Massacre Portfolio (Avec Dave Dorman au scénario) et Leatherface Special, écrit par Mike Baron qui devait raconter l’enfance du tueur au masque de chaire humaine.
Tout ces projets n’ont jamais vu le jour.

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Jason Vs Leatherface, mini-série en trois numéros publiée par Topps Comics en 1995

Rencontre au sommet entre Jason Voorhees, le tueur au masque de hockey de Crystal Lake et la famille de barjots texane  !
Alors que des industriels véreux ont en projet de vider le lac, plein de déchets radioactifs, dans lequel ce bon Jason repose pour y construire un complexe hôtelier, notre bon vieux tueur monolithique se retrouve enfermé dans un container et expédié vers un dépôt de produits toxiques au Mexique. C’est sans compter la vigueur du bonhomme qui durant le voyage en train s’échappe du container, massacre le personnel à bord et se retrouve au beau milieu du Texas, sur les terres de la famille de Leatherface ! Jason ne tarde pas à croiser leur chemin et contre toute attente, touché par la détresse du monstre masqué à la tronçonneuse dans lequel il se reconnait, fait ami ami avec eux. Mais bientôt, des dissensions apparaissent et l’affrontement parait inévitable.

Écrit par Nancy A. Collins, dessiné par Jeff Butler sur des couvertures de Simon Bisley, Jason Vs Leatherface est un pur comics gore décomplexé, mais particulièrement surprenant sur la façon dont sont traités ses personnages : Le rapport entre Jason et Leatherface est ainsi parfois presque touchant, de même que les rares moments durant lesquels les membres de la famille se livrent à Jason (on pense notamment à la scène du grenier, à la fois touchante et pathétique) ou lorsque ce dernier s’interroge sur son propre statut familial.
Les dessins de Jeff Butler sont quant à eux quasiment parfaits, dessinés dans un style très EC Comics et servent admirablement le récit. Les couvertures acérées de Simon Bisley complètent ce tableau et vous l’aurez compris, Jason Vs Leatherface est une lecture que je recommande plus que chaudement.

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Malheureusement, comme pour le comic Leatherface cité plus haut, trouver les trois numéros à un prix décent est un véritable sacerdoce, aucun éditeur n’ayant reprit les droits des publications Topps, ce comic est probablement à jamais perdu dans les limbes…
Il n’existe bien évidemment pas de version reliée non plus.

Les productions Avatar Press 

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Après le remake de 2003, Avatar Press récupère de nombreuses licences issue des films d’horreur New Line Cinéma, notamment Vendredi 13, Les Griffes de la Nuit et bien sûr Massacre à la Tronçonneuse, pour en produire des adaptations et des comics dérivés.
En ce qui concerne Massacre à la Tronçonneuse, Avatar Press produira deux one shots et une mini série, tous issus de l’univers du remake de 2003, tous se situant chronologiquement avant le film et lui servant de préquelle.

The Texas Chainsaw Massacre Special , one shot publié en 2005

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Dans ce one shot, on suit le calvaire de trois condamnés en fuite et de leurs compagnes. Après avoir braqué l’épicerie de Luda Mae, ils sont pris en chasse par Leatherface et le shérif Hoyt.

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Ce one shot est écrit par Brian Pulido est dessiné par Jacen Burrows, l’un des artistes phares de la maison d’édition et autant être franc d’emblée, malgré sa courte durée ce one shot est une grande réussite, réussissant en quelques pages à parfaitement retranscrire l’ambiance du film, notamment grâce à l’utilisation de tons bruns pour les couleurs et une parfaite ressemblance entre les personnages dessinés et les acteurs du film. Une réussite, dont on ne peut reprocher que la durée, beaucoup trop courte…

The Texas Chainsaw Massacre : The Grind, mini série en trois numéros, publiée en 2006

Le bus d’une chorale de jeunes filles tombe en panne à proximité de l’abattoir abandonné non loin de la ferme de la famille Hewitt. Très vite, le couple qui les accompagnait est tué par Leatherface après qu’ils soient partis chercher de l’aide. Quant aux jeunes femmes et la jeune enfant du couple, elles sont faites prisonnières et droguées par le shérif Hoyt dans l’abattoir en attendant que Leatherface viennent les tuer et les « conditionner ». Les filles vont tenter de s’enfuir, mais se sera pour affronter un à un les différents membres de la famille.

Une fois de plus c’est Brian Pulido qui écrit avec brio cette histoire dérivée du remake de 2003, on retrouve donc les mêmes personnages et les mêmes lieux. Une fois de plus, Pulido prouve qu’il a bien saisi les codes et références visuels du film et livre une histoire haletante, enchaînant les scènes gores et sadiques avec jubilation, le genre de production typique Avatar qui, je l’avoue, me ravisse à chaque fois.

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Niveau dessin, c’est l’artiste Daniel HDR qui s’y colle, dans un style très voisin de celui de Jacen Burrows sans toutefois atteindre le niveau de ce dernier, notamment dans la reproduction des visages des acteurs du film. Néanmoins ça reste parfaitement lisible, The Grind étant comme le one shot précédent une lecture particulièrement jouissive.

The Texas Chainsaw Massacre  Fearbook, one shot publié en 2006

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Quatre amis sont de passage à proximité de la ferme Hewitt, sur le chemin ils s’arrêtent à l’épicerie de Luda Mae mais alors que le shérif était de bonne humeur et aurait pu les laisser repartir sans encombre, Hoyt a des soupçons (fondés) sur le fait que l’un d’eux, végétarien qui plus est (ce qui déplaît fortement à l’irascible shérif) soit sous l’emprise ou en possession de drogues. Il n’en faut pas plus pour que le belliqueux shérif embarque tout ce petit monde jusque chez lui… Commence alors pour les quatre amis un voyage sans retour vers l’enfer.

Brian Pulido laisse sa place à Antony Johnston au scénario et ce dernier s’en sort admirablement en l’espace de quelques pages : Ce Fearbook est une nouvelle fois une réussite, gore, sans concession, sa conclusion à la fois pathétique et terrible laissant un goût amer au lecteur.
Aux dessins, Daniel HDR rempile tout en étant assisté de Mauricio Dias pour les décors : Pas grand chose à reprocher de ce côté, Daniel HDR continuant sur la lancée de The Grind.

On reproche souvent aux productions Avatar Press une certaine facilité dans le gore facile et les productions de pure exploitation : Force et de reconnaître que dans le cas de l’exploitation de la licence Massacre à la Tronçonneuse, le petit éditeur à fourni un travail admirable en adéquation avec le film qu’il exploite.
Après libre à chacun de penser ce qu’il veut de ces comics, personnellement, je suis fan et très franchement je les recommande, surtout si comme moi vous avez apprécié le remake de 2003, dont les comics cités plus haut respectent à la lettre les codes visuels et scénaristiques.
Seule déception, aucun de ces comics n’a été réédité ni collecté dans des éditions reliées et ne le sera probablement jamais pour des problèmes évident de droit… On peut toujours les trouver d’occasion par ci par là, mais souvent à des prix prohibitifs.

Les productions Wildstorm

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En 2007, Avatar Press perd la totalité de ses licences issues des films d’horreur New Line Cinéma qui sont récupérées par DC/Wildstorm. Cette même année, Wildstorm publie une mini série en 6 épisodes sobrement intitulée The Texas Chainsaw Massacre, cette mini série sera suivie de trois one shots et d’une autre mini série en 3 numéros. Un numéro spécial, New Line Cinema’s Tales of Horror, contiendra également une histoire courte mettant en scène la terrible famille (3).

The Texas Chainsaw Massacre, mini série en 6 numéros publié en 2007

Après les événements du premier film, les membres de la famille Hewitt sont introuvables, Erin, la seule survivante est en état de choc et à été placée dans un asile…
Deux agents du FBI sont chargés d’enquêter sur ces odieux crimes, l’agent Blaine est d’ailleurs l’oncle de Pepper, l’une des victimes, et est bien décidé de faire la lumière sur ces crimes odieux et la disparition de sa nièce. Arrivés sur place en même temps qu’une équipe de télévision menée par la présentatrice Kim Burns, les malchanceux nouveaux arrivants vont devoir faire face à la mystérieuse et sadique famille qui loin d’avoir disparue et est au contraire toujours bien présente, couverte par les habitants du coin qui « Ne veulent pas de problèmes avec les Hewitt… ».
Commence alors pour nos malheureuses victimes un véritable voyage en enfer, entre cannibalisme, viols et tortures rien ne leur sera épargné.

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Au scénario, on a deux scénaristes chevronnés à savoir Andy Lanning et Dan Abnett. Il est plutôt surprenant de voir ces deux scénaristes aux commandes de cette mini série, les deux hommes étant plutôt habitués aux productions super héroïques, notamment sur les séries spatiales (le tandem à fait les beaux jours des Gardiens de la Galaxie et de Thanos chez Marvel notamment). La principale différence entre le film et cette mini série, c’est la psychologie des personnages : Là où dans le film (et même dans les comics Avatar Press) pour certains leurs motivations et implications restaient assez nébuleuses, dans cette mini série ils sont tous dépeints comme de véritables psychopathes, cruels et dépravés ne laissant aucune place à l’ambiguïté quant à leur réelle place dans cette famille et leurs intentions. Les scénaristes incluent même de nouveaux membres à la famille étayant ainsi le portrait de famille déjà bien fourni en personnages bizarres.
Ce postulat plus cru et direct déplaira très certainement à ceux qui ont apprécié cette ambiguïté dans le film (on pense notamment au personnage des deux femmes vivants dans la caravane ou le jeune Jedidiah) (4) mais se révèle efficace : On ressent réellement un aspect de survie sans espoir pour les personnages tout au long de l’histoire, les survivants ne pouvant logiquement compter sur personne que sur eux-même pour survivre.
Visuellement, c’est Wes Craig qui dessine l’intégralité des 6 numéros de cette mini série et c’est manifestement très inégal : Les visages sont parfois différents d’une case à l’autre, ressemblant parfois aux acteurs du film, parfois non… Les lacunes sont nombreuses au niveau du dessin et très honnêtement, finissent par gêner la lecture.
Scénaristiquement osée, desservie par une partie graphique tout juste passable, cette première mini série n’est malheureusement pas ce qui est sorti de mieux sur l’univers de Massacre à la Tronçonneuse, une lecture à réserver aux fans pur et dur de la saga.

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Prévue à la base pour être un ongoing, la série se limitera finalement à ces six épisodes, Wildstorm préférant par la suite continuer l’exploitation de ces licences au travers de mini séries plus courtes et de one shots.

The Texas Chainsaw Massacre  : Cut  ! One shot publié en 2007

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30 ans après les événements du premier film, une équipe d’étudiants en cinéma reviennent sur les lieux du massacre pour y tourner un documentaire. Malheureusement pour eux, la maison Hewitt est toujours occupée…

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Une histoire courte plutôt bien fichue, écrite par Will Pfeifer et dessinée par Stefano Raffaele. L’histoire montre ce que sont devenues les membres de la famille trente ans plus tard et son découpage, notamment dans la scène finale, est particulièrement réussi.
Scénario intéressant ajoutant pas mal de choses à la mythologie et agrémenté de dessins réussis, un one shot plus que recommandable.

The Texas Chainsaw Massacre  : About A Boy, one shot publié en 2007

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Cette histoire est en fait une préquelle au film Massacre à la Tronçonneuse  : Le Commencement, sorti en 2007.
L’action se situe deux ans avant, en 1972 et est centrée sur Leatherface. L’instituteur de la ville se rend à la maison Hewitt afin de s’entretenir avec Luda Mae concernant son fils Thomas, futur Leatherface. Dans le même temps, Thomas espionne des jeunes en train de se baigner, surpris il est pris à parti par un des garçons qui se moque de lui et le blesse. Furieux, Thomas se met en tête de se venger…

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Une histoire intéressante, qui approfondie bien et développe des thèmes et histoires que l’on aurait manifestement voulu voir dans le film (5). Au scénario se sont de nouveau Dan Abnett et Andy Lanning et aux dessins l’artiste Joel Gomez, qui livrent une prestation honorable, on appréciera notamment le faciès de Thomas Hewitt, largement inspiré par le Frankenstein de Bernie Wrightson.

The Texas Chainsaw Massacre  : Hoyt By Himself, one shot publié en 2007

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Un histoire courte centrée sur le personnage du shérif Hoyt et de son passé durant la guerre de Corée, conflit durant lequel il fut forcé de se livrer au cannibalisme afin de survivre.

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Très certainement un des meilleurs one shot sorti à ce jour concernant Massacre à la Tronçonneuse. Cette histoire dresse un portrait à la fois terrible, pathétique et sensible du shérif Hoyt et de son passé, rendant le personnage et ses motivations presque logiques aux vues de ses expériences passées : Un must read, renforcé par des dessins absolument sublimes de Wes Craig, qui montre beaucoup encore plus l’étendue de son talent sur cette histoire courte que sur la mini série précédente sur laquelle il à œuvré.

The Texas Chainsaw Massacre : Raising Cain, mini série en trois numéros publiée en 2008

Raising Cain raconte l’histoire de deux frères jumeaux, Cain et Abel, nées au sein du clan Hewitt. L’histoire se situe plusieurs années après les événements du premier film de 2003, la mère des jumeaux est Henrietta, la femme malingre vivant dans la caravane.
Malgré son appartenance à la diabolique et monstrueuse famille, leur mère est bien décidée à les faire échapper à l’héritage familial. Après avoir pris la fuite durant la nuit, Henrietta tombe dans une rivière : Un des bébés est sauvé in extremis par Luda Mae, mais l’autre est emporté par les flots en même temps que sa mère. Henrietta meurt quelques heures plus tard au bord de la rivière, le bébé survit malgré tout et sera recueilli par une famille normale, tandis que l’autre sera élevé dans la famille Hewitt. Leurs deux destins seront ainsi mis en parallèle mais comme beaucoup de malédiction, l’héritage de la famille n’est jamais bien loin et les deux frères vont finir par être réunis…

Très certainement une des histoires les plus intéressantes sorties chez Wildstorm concernant Massacre à la Tronçonneuse : L’histoire est très réussie, brossant une fois de plus un portrait particulièrement effrayant de la famille Texane, farouchement accrochée au concept de la famille unie et malheur à quiconque essayera de passer outre cette idéologie.
L’histoire est signée par la star des comics d’horreur Bruce Jones dont j’avais déjà parlé dans mon Jeudi précédent.
Niveau dessins, j’avoue là par contre être dubitatif : Réalisés par Chris Gugliotti, leur aspect caricatural, limite abstrait, donne certes un certain cachet à l’histoire mais très honnêtement, j’aurais préféré un style plus réaliste qui à coup sûr aurait mieux servi le thème et l’ambiance de l’histoire, mais ce n’est qu’un avis personnel, le style visuel étant parfaitement maîtrisé, pas grand chose à reprocher malgré tout de ce coté là.

Bonus :
The Texas Chainsaw Massacre : The Texas Chainsaw Salesman, histoire courte issue du magazine New Line Cinema’s Tales of Horror, publiée en 2007

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Dans cette histoire courte, un vendeur à domicile s’arrête un soir à la maison Hewitt. Son destin de futur repas semble tout tracé à un détail prés qui pourrait bien le sauver  : Il vend des tronçonneuses  !

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Une histoire courte assez plaisante à la fin surprenante, écrite par Peter Milligan et dessinée de façon admirable par Tom Feister, à lire  !

Contrairement aux productions Northstar, Topps et Avatar, la totalité de ces histoires ont été collectées dans deux albums reliés, la première mini série a même été publiée en France par Panini Comics en 2009 dans leur collection Darkside.

Massacre à la Tronçonneuse est une saga mythique qui au fur et à mesure du temps a su se tailler une place particulière dans le cœur des fans d’horreur : Plus réaliste qu’un Vendredi 13 ou un des épisodes des Griffes de la Nuit, Massacre à la Tronçonneuse nous ramène à une réalité brutale beaucoup plus effrayante et viscérale, chose que peu de sagas horrifique réussissent.
Le premier film reste à ce jour un monument du cinéma d’horreur, quasiment inaltéré par le temps dont la puissance visuelle et évocatrice et encore aujourd’hui presque palpable. Même si le remake de 2003 a choisi de prendre une direction radicalement opposée, ces thématiques sont respectées et en font son digne successeur.
Les comics issus de cette franchise l’ont bien compris et pour la plupart respecte cet aspect, parfois même plus que les multiples suites sorties en film, un tour de force très rares qui mérite amplement que les fans d’horreur s’intéressent à ces produits dérivés, respectueux et honorables très méconnus, même par les fans de la saga, à bon entendeur !

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2 : Massacre à la Tronçonneuse III est dans sa version originale considérablement censurée, comme la plupart des films produit par la société New Line à l’époque  : Plus de 4 minutes de plans gore et de scènes de violence ont ainsi été coupés pour que le film échappe à la classification X aux États Unis, une version non-censurée sortira 12 ans plus tard en DVD, incluant également une fin alternative. Jason Va En Enfer, le neuvième épisode de la série Vendredi 13 aura droit au même traitement.

3 : Ce magazine contient également une histoire courte mettant en scène Freddy Krueger, cette histoire est dérivée de l’univers de la série de films Les Griffes de La Nuit.

4 : Cette ambiguïté sera également absente de la préquelle du remake de 2003, Massacre à la Tronçonneuse, le Commencement, réalisé par Jonathan Liebesman sorti en 2007.

5 : Des scènes racontant l’histoire de Thomas Hewitt auraient dû être tournées mais ne le furent pas par décision des producteurs, voulant garder un aspect plus mystérieux au personnage de Leatherface, il en subsiste quelques traces dans les scènes coupées du film, visibles dans les bonus du DVD.

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Super Queer Fandom Is Super !


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La fameuse Comic Con de San Diego cuvée 2017 vient de fermer ses portes laissant derrière elle son lot de bandes annonces inédites (je pense ne choquer personne en disant que cette manifestation s’est irrémédiablement tournée depuis des années sur l’exploitation de médiums audiovisuels et cinématographiques au détriment des œuvres en papier), de panels gigantesques vouant un culte aux Super Star(K)s du moment, de séances de dédicaces quasi inaccessibles, sans omettre le cœur et la moelle de toute belle convention de comics qui se respecte : la présence de nombreux éditeurs et de leurs artistes respectifs qui auront eu la joie de rencontrer leur lecteurs tout au long de ce week-end dantesque.

Je n’irai probablement jamais à la Comic Con de San Diego (et ça me va très bien) mais je sais que dans cette faune insensée, dans ce tumulte de quatre jours se côtoient comme dans chaque manifestation de ce genre, de nombreuses communautés présentes grâce à leur centre d’intérêt ou leur domaine, qu’il s’agisse du milieu du cosplay, de l’édition, du blogging, et que sais-je encore.

Je ne saurais sans doute jamais parler avec autant de justesse d’une autre communauté que la mienne via ces nombreux médias, par pudeur et soucis de réalisme, mais cela ne m’empêchera jamais d’être solidaire avec elle.
Mais ce dont je suis sure c’est que comme chaque année, une grande partie du milieu Geek LGBT basé sur terre aura eu les yeux rivés vers la côte ouest des Etats Unis tout au long de ce week-end.

Au delà donc des bandes annonces, des panels et des séances de dédicaces partagées via Youtube, deux choses m’auront marqué cette année :

  • Love is Love a été récompensé d’un Eisner Award, c’est à dire la plus prestigieuse des récompenses en matière de comics, dans la catégorie Meilleure Anthologie pour cette année 2017.
    Rien ne m’a plus fait plaisir ce week-end que d’apprendre cette nouvelle. Love is Love devrait rafler toutes les récompenses existantes dans sa catégorie tout simplement parce qu’elle permet de soigner le cœur et l’âme de tous ceux qui ont été affectés de près ou de loin par cette tragédie.Si vous ne connaissez toujours pas ce recueil, vous pouvez en apprendre un peu plus ici, et soyez persuadés que la version française éditée par Bliss Comics sera non seulement respectueuse, mais également légitime dans la continuité de l’oeuvre originale.

 

  • En marge du panel consacré à la 3ème saison de Supergirl, une interview vidéo diffusée sur la chaîne de MTV s’est transformée en véritable séquence post 3ème mi-temps où la plupart du casting s’est mis à se moquer froidement d’une extrapolation issue du fandom de la série, celle que l’on appelle SuperCorp et qui met en scène une intrigue amoureuse entre Kara et Lena, un sujet viral notamment sur Tumblr dont je vous ai déjà parlé ici.

    Ici on parle de fan fictions, qui comme son nom l’indique sont des visions alternatives, fantasmées, composées par des écrivains en herbe dont LE BUT est essentiellement de faire du bien à ceux qui les lisent, de partager une passion pour un univers en y respectant ses codes, tout en innovant de façon assez personnelle sur la tournure d’une intrigue et surtout sur la relation entre ses personnages.
    Tout le monde sait très bien que ce qu’on appelle le ship en anglais entre Kara et Lena n’aura jamais lieu dans la série officielle, et c’est bien entendu pour cela que les fan fictions d’une manière générale existent, elles extrapolent des directions inexploitées, souvent issues de minorités qui se sentent encore trop souvent lésées par les médium généralistes.
    Alors basher aussi grossièrement le temps d’une sauterie audiovisuelle une interprétation libre, non officielle et surtout issue d’une communauté que la série est censée respecter dans sa seconde saison est digne d’une tentative de suicide en terme de promotion de la part de la quasi totalité du casting.Je parlerai du couple Sanvers au cœur de la seconde saison et de son devenir dans un autre post, car ce n’est pas le propos ici.
    Il est déjà clair qu’il existe un PUTAIN de malaise entre la direction prise, pro LGBT en ce début de 2ème saison, la mièvrerie digne du Cœur a ses Raisons quasiment tout du long de celle-ci, et la conclusion généreusement ouverte (manière de garder cette communauté de spectateurs en otage) mais rapidement obturée par les nouvelles du départ de la comédienne Floriana Lima qui n’interviendra du coup qu’épisodiquement tout au long de la troisième saison, car convoitant de meilleures opportunités professionnelles (ce que fit Laura Prepon sur Orange Is The New Black, mais grâce à un peu de bon sens comme cette dernière, on peut espérer qu’elle fasse demi tour).Alors comment expliquer ce consternant dérapage lors de cette interview ? A aucun moment je serai capable de dire que tel ou tel membre du casting est homophobe car ce serait évidemment un mensonge. Jeremy Jordan a notamment fait le maximum pour faire libérer sa cousine lesbienne d’un établissement anti-gay où elle était retenue contre sa volonté il y a tout juste un an, l’interprète de Winn s’est d’ailleurs excusé assez rapidement via les réseaux sociaux, quant à Melissa Benoist on se souvient de sa pancarte brandie en pleine Woman March le 21 janvier dernier, je l’imagine mal manifester pour le droit des femmes et dénigrer aussi violemment une partie de ses fans LGBT.

    Et ce dénigrement (sous couvert de l’humour) de ce fandom est d’autant plus flagrant lorsque l’on compare la réaction de l’ensemble du cast face à celle de Katie McGrath qui interprète Lena Luthor dans la série et également présente lors de cette entrevue. Le contraste est saisissant. Là où les autres acteurs sont en parfaite roue libre, la divine Katie en grande professionnelle va tenter de sauver les meubles comme elle le peut comme on le voit dans la vidéo.
    Elle enfoncera un peu plus tard le clou dans une autre interview, cette fois-ci soutenue par Odette Annable (qui va incarner l’antagoniste Reign dans la 3ème saison).

 

 

Katie McGrath c’est juste la grande classe, et tout ce que j’espère si ce n’est pas déjà fait c’est que le reste de cette équipe de bras cassés se fasse chauffer les oreilles par Papa Berlanti, parce que se gausser d’une catégorie de fans qui, mine de rien, contribue à la notoriété du show c’est se tirer soi-même une balle dans le pied.

Et pendant ce temps là, Wynnona Earp qui embrasse (c’est le cas de le dire !) à pleine bouche sa Queeritude est reconduite pour une 3ème saison.
D’ailleurs sur ce, je vous laisse sur ce tweet d’Emily Andras, productrice de la série :

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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 32


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Massacre à la Tronçonneuse, première partie

Il est des films qui marquent durablement, que ce soit le spectateur, le monde du cinéma, la culture populaire et l’imaginaire collectif. Une famille de cannibales du fin fond du Texas, des victimes terrorisées, une ambiance glauque et poisseuse ainsi qu’un boogeyman devenu depuis une figure emblématique de l’horreur moderne : Il n’en aura pas fallu plus pour faire de The Texas Chainsaw Massacre (Massacre à la Tronçonneuse en France) un film culte, symptomatique de son époque et représentatif de toute une nouvelle génération de cinéastes et de films qui en leur temps vont redéfinir le monde de l’horreur au cinéma. Massacre à la Tronçonneuse s’est aussi une licence foisonnante : Sept films, des produits dérivée à la pelle et bien sûr vous vous en aurez douté puisque c’est le nerf de cette rubrique, des comics !
Avant de nous intéresser plus particulièrement aux déclinaisons en format neuvième art de cette saga mythique, petit rappel de ce qu’est Massacre à la Tronçonneuse, son histoire et son impact.

At the chainsaw – chainsaw buffet
The secret ingredient screams
You’re my main course
At the chainsaw buffet
Feed on man-eaters’s cuisine
At the chainsaw – chainsaw buffet

Lordi – The Chainsaw Buffet, extrait de l’album The Arockalypse (2006) (1)

Note  : Pour des raisons de place et d’exhaustivité, je ne m’intéresserais qu’à deux films de la saga, à savoir le film original et son remake de 2003. Le premier pour son coté historique et iconique et le second d’une part pour sa qualité indéniable, et car la plupart des comics Massacre à la Tronçonneuse sont issus de l’univers de ce film.

Massacre à la Tronçonneuse  : L’enfant de la douleur

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Massacre à la Tronçonneuse sort sur les écrans américains le 1 octobre 1974 et pour les américains c’est un choc, aussi bien visuel qu’émotionnel : Le film est d’une violence crue, brutale et sans concession, du jamais vu jusqu’alors. Filmé de manière réaliste, limite documentaire, le film choque, dégoûte, indigne et fascine : Nous sommes dans les années 70 et le cinéma d’horreur amorce déjà depuis plusieurs années un virage vers quelque chose de nouveau et Massacre à la Tronçonneuse va en être l’une des pierres angulaires.

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L’histoire raconte la calvaire vécu par Sally Hardesty et sa bande d’amis : Alors qu’ils traversent le Texas en van, Sally et son frère handicapé Franklin insistent pour faire un détour par leur maison d’enfance. En chemin ils prennent en auto-stop un personnage aussi excentrique qu’inquiétant : Scarifié, en proie à un accès de démence, il s’entaille la main en hurlant de rire avant d’être éjecté du van. Arrivé à une station service, pas plus d’aide ne leur viendra du gérant, personnage affable mais bizarre…
Arrivés à la maison d’enfance de Sally et Franklin, quelques membres du petit groupe disparaissent à proximité d’une petite ferme se trouvant non loin. Très vite la nuit tombe et commence alors pour Sally un véritable calvaire aux mains d’une des familles de psychopathes les plus dangereues et les plus sadiques jamais vus au cinéma.

Pour comprendre l’impact du film, il faut se remettre dans le contexte de l’époque : Nous sommes à la fin des années 70, les États Unis sortent péniblement de la guerre du Viêt Nam, un conflit qui leur aura coûté leur fierté, aura divisé le pays et marque en quelque sorte la fin de l’idéal de vie à la mode américaine. Le modèle de « l’American Way of Life » est ébranlé par ce conflit sanglant, les jeunes générations cherchent à se démarquer mais se heurtent à la réalité : Le mouvement hippie a du plomb dans l’aile et montre ses limites, la jeunesse est déboussolée et désillusionnée, l’actualité et frappée par des faits divers qui vont eux aussi marquer l’époque : Le scandale du Watergate ébranle l’Amérique et des noms comme Ed Gein, Charles Manson, Ted Bundy ou John Wayne Gacy font les gros titres des journaux. Pour la plupart de ces criminels, ils sont tous de la même génération et leurs méfaits participent à façonner un nouvel imaginaire horrifique, plus réaliste, dont le cinéma va vite s’emparer.
Dans les années 50/60, le cinéma est dominé par l’horreur gothique de la Hammer, des films qui placent l’horreur dans des châteaux luxuriant européens et confrontent les victimes à des monstres pour la plupart issus de la littérature populaire : Dracula, le monstre de Frankenstein ou la Momie sont les têtes d’affiche de toute une pléthore de films dont le succès s’étiole considérablement à cette époque, le public ne croit plus à ces histoires trop souvent ressassées et cherche de la nouveauté.

Quelques films et réalisateurs vont commencer à marquer une évolution du style vers quelque chose de différent, dés le milieu des années 60 quelques films vont apparaître et progressivement faire évoluer l’horreur au cinéma vers quelque chose de différent : On notera des films comme 2000 Maniacs de Herschell Gordon Lewis en 1964, La Nuit des Morts-Vivants de George Romero en 1968, Black Christmas de Bob Clark en 1974, Le Mort Vivant de ce même Bob Clark la même année qui reprend le thème du symptôme post-traumatique de la guerre du Viêt Nam, La Colline à des Yeux de Wes Craven en 1977, Halloween de John Carpenter en 1978, Zombie de George Romero et I Spit On Your Grave de Meir Zarchi la même année et enfin Maniac de William Lustig en 1980.

Ces films ont pour points communs de démonter les codes jusque là établis par le cinéma d’horreur et d’amener l’horreur au plus proche du spectateur : Fini les monstres classiques, les châteaux hantés et les cimetières brumeux, les nouvelles faces de l’horreur ont des visages humains, tueurs en séries, zombies, psychopathes en tout genre sont légions et l’action est délocalisée dans les quartiers pavillonnaires, les campagnes et les lieux de vie communs (hôpitaux, centres commerciaux etc.). De ce fait, le spectateur se sent du coup plus impliqué dans l’action donnant au cinéma une authenticité accrue, c’est d’ailleurs sur cet aspect réaliste que va jouer au maximum Massacre à la Tronçonneuse, jusque allez dans… La publicité mensongère  !

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L’idée de Massacre à la Tronçonneuse vient au jeune réalisateur Tobe Hooper durant les années 70 alors qu’il n’est qu’un simple étudiant en cinéma documentaire, ces études seront d’ailleurs déterminante pour le style visuel de son futur film.
Il développe l’histoire pendant des années, s’inspirant notamment beaucoup du tueur nécrophile Ed Gein, dont il reprendra beaucoup d’éléments, notamment la ferme isolée, le masque en peau humaine de son tueur à la tronçonneuse et l’attirance pour la profanation de cadavres d’un des autres personnages. Pour ce qui est de la tronçonneuse, l’idée lui est venu alors qu’il était en train de faire la queue dans un magasin, il remarqua un étalage avec des tronçonneuses et se dit que si il pouvait en saisir une et découper les autres clients avec, il avancerait plus vite.
Le scénario définitif sera écrit par Tobe Hooper et Kim Henkel et le tournage commence dans une petite ferme de Round Rock au Texas, durant l’été 1973.
La plupart des acteurs sont de parfaits inconnus, pour la plupart, ils sont texans et ont simplement joué dans des publicités ou des films d’entreprise.

Les conditions de tournage sont extrêmes : Dans la petite ferme, la température estivale avoisine souvent les plus de 40 degrés et dû à un budget serré, l’équipe tourne parfois jusque 16 heures par jour, mettant à rude épreuve les nerfs des acteurs : La relation avec certains acteurs, notamment William Vail qui, excédé par les conditions de tournage deviendra insupportable, la légende raconte même que Tobe Hooper le fera mourir plus tôt que prévu dans le film afin de se débarrasser de lui.
De plus, l’atmosphère du plateau est très lourde : Pour les besoins du tournage, Hooper et Henkel se sont approvisionnés en os et cadavres d’animaux chez un vétérinaire du coin. Très vite les charognes d’animaux commencent à pourrir à cause de la chaleur et on doit injecter du formol dedans. L’odeur de pourriture, de formol, la chaleur et le manque de sommeil mettent à bout les acteurs et l’équipe technique, si bien que durant la scène du dîner, l’actrice Marilyn Burns craque et fait une véritable crise de nerfs, visible à l’écran, cette scène n’étant en fait pas simulée.

L’autre acteur du film à souffrir du tournage n’est autre que Gunnar Hansen, qui interprète Tronche de Cuir : Afin que les autres acteurs le trouvent toujours impressionnant et ne sympathisent pas avec lui, il passe la totalité du tournage à l’écart des autres, portant son masque durant parfois 16 heures par jour, même pour manger.
Encore pour des raisons budgétaires, le sang utilisé dans le film est du véritable sang d’animaux, récupéré dans un abattoir car moins cher que le sang factice.
Niveau budget, le film devient rapidement un gouffre : Prévu au départ pour ne coûter que 60 000 dollars, il en coûtera en fait plus de 300 000…

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Conscient que le réalisme est une part essentiel du succès d’un film, la première bande annonce du film n’hésitera pas à scander « Ce qui se passe est réel », l’idée d’un tel slogan étant venu à Hooper après qu’il ait vu dans la rue l’affiche d’un film d’horreur de série B utilisant le même genre d’accroche.

Le film sort le 1 octobre 1974 à Austin au Texas dans une version classé X (interdit au moins de 18 ans), Hooper demandera à de nombreuses reprises à la MPAA d’examiner de nouveau le film afin qu’il obtienne un classement R, classement accordé après la coupe de plusieurs scènes.
Une version complète du film sera finalement diffusée avec une interdiction R à San Francisco, provoquant le départ de plusieurs spectateurs durant la projection du film. En 1976, deux cinémas d’Ottawa au Canada projetteront le film, les gérants seront alors convoqués par la police locale afin de cesser sa diffusion sous peine de condamnations.
Le film sera interdit dans de nombreux pays, notamment l’Angleterre qui après un an de diffusion en salles censurera le film, censure qui ne sera levée qu’en 1998. Le film sera également interdit dans sa version intégrale en Australie, le pays des kangourous lui préférant sa version coupée R du MPAA américain. Le film sera également interdit de diffusion et d’exploitation dans de nombreux pays, notamment la Suède, la Finlande, le Chili, l’Irlande et la France.
Pour ce qui est de notre beau pays, il sera interdit par cinq ministres de la culture successifs, et malgré l’acharnement du distributeur René Chateau qui a acquis les droits du film, c’est finalement Jack Lang qui lèvera cette interdiction en 1979. Massacre à la Tronçonneuse sera d’ailleurs le premier film que René Château éditera en VHS dans sa collection « Les Films que Vous ne Verrez Jamais à la Télévision  , suivront d’autres films marquants comme Zombie de George Romero et Maniac de William Lustig.

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Malgré tous ces aléas, le film est un succès mondial et rapportera rien qu’aux États Unis plus de 31 millions de dollars, devenant l’un des films d’horreur les plus rentables de l’histoire, il ne sera détrôné que 4 ans plus tard par Halloween de John Carpenter.

D’un simple film a petit budget, filmé et distribué dans la douleur, Massacre à la Tronçonneuse devient un des films emblématiques de l’histoire du cinéma en redéfinissant (ainsi que d’autres films de l’époque) tous les codes de l’horreur. Un film charnière, indispensable qui quelques décennies plus tard, n’allat bien évidemment pas échapper à la mode du remake…

Massacre à la Tronçonneuse 2003  : On ne prend pas les mêmes et on recommence  !

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En 2003, le producteur Michael Bay, à l’époque tout juste auréolé de ses succès en tant que réalisateur sur des films d’action comme Bad Boys, Rock, Armageddon et Pearl Harbor décide de produire un remake de Massacre à la Tronçonneuse.
Levée de boucliers immédiate de la part des fans qui voient en l’intention de cet actioner une entreprise purement mercantile qui débouchera forcément sur un futur nanar, hors c’était bien mal connaître le gaillard.
Pour ne rien arranger, Bay nomme à la réalisation un parfait inconnu du nom de Marcus Nispel, réalisateur allemand qui n’a jusque là réalisé que des clips vidéos, notamment pour Faith No More, Janet Jackson et surtout Mylène Farmer, pour qui il a d’ailleurs réalisé 4 clips.
Contre toute attente, la collaboration entre le faiseur d’explosions américain et le jeune réalisateur allemand va donner à ce remake une qualité jusque là rarement atteinte pour un film de ce type.

Sorti sur les écrans en France le 21 janvier 2004, le film est boudé par la presse mais plébiscité par le public : Dés son premier week-end d’exploitation, il rapporte plus de 80 millions de dollars de recettes et reçoit de nombreuses critiques favorables, encore de la part du public.

Pour ce qui est du film en lui-même, j’avoue ne pas avoir accroché au premier visionnage et il a fallu que je le revois pour vraiment l’apprécier et il fait maintenant parti de mes remakes favoris (avec L’Armée des Morts de Zack Snyder, La Colline à des Yeux de Alexandre Aja et Halloween de Rob Zombie) et ce pour de nombreuses raisons, que je vais soumettre ici.

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Première chose appréciable, ce remake n’est pas tombé dans le piège de la copie conforme : Plutôt que de refaire le film original, le remake n’en prend que la trame originale, à savoir un groupe de jeunes, perdu au fin fond du Texas en proie avec une famille de psychopathes.

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De là, Michael Bay et son scénariste Scott Kosar vont complètement se détacher du film original et faire un film complètement différent : De passage dans une petite ville du Texas, en route pour un concert, Erin et ses amis prennent en stop une jeune femme visiblement en état de choc, bredouillant des phrases à peine compréhensible. La jeune femme fini par se suicider en se tirant une balle dans la tête à l’arrière de leur van…
Effrayés, gênés par une cargaison de cannabis qu’ils comptaient vendre durant le concert, le groupe d’amis fini par s’arrêter dans une station service et appelle le shérif du coin pour demander de l’aide. Ledit shérif leur donne rendez-vous non loin de là mais alors qu’il tarde à arriver, certains membres du petit groupe finissent par explorer les alentours et découvrent une grande bâtisse, seulement habitée par un vieil homme acariâtre en chaise roulante.

Après un coup de fil au shérif, Erin et un de ses amis sont attaqués par un individu masqué armé d’une tronçonneuse. Entre temps le shérif est arrivé sur les lieux et trouvant un joint de cannabis dans la voiture, livre un interrogatoire musclé aux jeunes gens et fini par les emmener chez lui menottes aux poignets, son chez lui étant la fameuse bâtisse découverte par Erin quelques heures plus tôt…
Commence alors pour les survivants une nuit d’horreur aux mains d’une terrifiante famille de psychopathes.

Le film est surtout remarquable sur deux points : D’une part sa direction artistique, absolument fantastique, et sa réalisation. L’addition de ses deux facteurs donne au film un cachet visuel d’une efficacité redoutable. D’un aspect sombre, poisseux et glauque, les décors sont une part intégrante de l’efficacité visuelle du film, Nispel ayant un talent indéniable pour filmer les décors.
La réalisation est également un des points forts du film : Rythmée et nerveuse pendant les phases de tensions, elle sait également se faire plus contemplative (voir notamment ce plan magnifique de Erin marchant sous des arbres ombragés), jouant avec les nerfs des spectateurs.

De ce coté on peut également féliciter la production sans faille du film, même si on n’apprécie pas Michael Bay, force est de reconnaître que sur ce genre de film, c’est un producteur de génie.
Dernier point et pas des moindres, le casting et l’interprétation : la tête d’affiche est Jessica Biel, à l’époque surtout célèbre pour son rôle de petite fille modèle dans la série bigote 7 à la Maison qui livre une performance intense très efficace. Autre point fort du casting, le rôle du shérif sadique est tenu par Robert Lee Ermey, acteur populaire pour son rôle de sergent instructeur sadique dans le Full Metal Jacket de Stanley Kubrick. Quand au rôle de Leatherface, il est tenu par Andrew Bryniarski, un acteur habitué des seconds rôles qui demanda lui même à Michael Bay d’auditionner pour le rôle.

Tout ces facteurs combinés font de ce Massacre à la Tronçonneuse version 2003 un film d’une redoutable efficacité, brutal, rapide et cru, il prend à contre-pied le film original pour livrer quelque chose de différent et réussi impeccablement à imposer une ambiance, un rythme qui lui est propre : Un remake détaché du film original, qui réussi à se créer sa propre identité, la définition même du remake réussi  !

Fin de la première partie, rendez-vous le mois prochain pour passer au crible les comics issues de la saga de la famille texane la plus barrée de l’histoire du cinéma  !

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La fin de l’innocence (2ème partie)


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Allez hop ! Nous voici donc réunis pour le second épisode du décorticage en bonne et due forme de ce film consacré à Wonder Woman, made in TLGB s’il vous plait ! Comme pour le précédent billet, je vous conseille vivement d’avoir vu l’oeuvre en question, car je compte parler de détails qui dévoilent résolument l’intrigue… Oh wait ! Non mais vous plaisantez j’espère ! Parce que certains d’entre vous ici ne l’on pas encore vu ??? Mais vous foutez quoi ???

D’où je viens, les généraux ne se cachent pas dans des bureaux comme des lâches. Ils se battent aux côtés de leurs soldats. Ils meurent avec eux sur le champ de bataille.

Dans cette seconde partie nous allons donc parler des péripéties de Diana de Themyscira dans le monde des Hommes, de la mise en abîme de tous ses idéaux, et comme le titre de ce billet l’indique, la perte de son innocence.

Mais avant cela revenons d’abord sur un interlude fort intéressant qui permet justement de faire la transition entre l’atmosphère paradisiaque et sereine de l’Ile du Paradis, et le tumulte, l’effervescence, et la noirceur de cette Europe du début du XXème siècle.
Il s’agit, vous l’aurez compris de la scène du bateau, employée comme métaphore de l’Odyssée ou du  passage d’un monde à un autre correspondant au mythe de la traversée que l’on peut facilement rattacher aux personnages d’Ulysse mais surtout de Charon dans la mythologie grecque, car quelque part, on assiste bel et bien ici à un trajet dont le point de départ est un lieu sublimé par la vie, en direction d’un territoire littéralement soufflé par les flammes du royaume d’Hades.
Lors de cet interlude, nous assistons à une nouvelle confrontation culturelle entre Diana et Steve (car oui, je considère que toutes les oppositions de genre montrées dans ce film sont d’ordre culturels, voire ethnologiques et ne se limitent pas à une vulgaire guerre des sexes) dans laquelle un piètre navigateur marin qui tente de faire bonne figure écoute avec patience la vision édulcorée d’une candide Amazone, qui de son côté a pourtant acquis sont lot de vérité par le Savoir, à défaut d’Expérience.
Ici encore, hormis la barque en elle-même, tout a été réalisé sur fond vert, mais c’est sur ce qui se passe sur la barque qui nous intéresse.
Quand Steve interroge Diana sur la façon dont elle a été créée, celui-ci semble être bien sûr de lui quand il évoque la seule façon naturelle d’avoir une progéniture, une notion qui n’est pas étrangère à notre Amazone, mais qu’elle rejette, selon ses propres critères culturels.
Jusqu’ici tout va bien, la pensée de Marston est du moins à moitié respectée, car Zeus entre dans l’équation et cela reste l’une des plus mauvaises idées du film.
Mais ce qui retient surtout notre attention est cette référence aux 12 volumes rédigés par une certaine Clio (un personnage créé par le duo George Pérez et Chris Marrinan, mais qui fait surtout référence à Sappho, figure emblématique, culturelle et historique pour toute lesbienne qui se respecte) dont la conclusion accablante sort de la bouche même de notre héroïne : Les hommes ont leur part indéniable de responsabilité lorsqu’il il s’agit de procréation, mais en ce qui concerne le plaisir charnel (que l’on traduit ici par compréhension des attentes et désirs du corps féminin, il me semble que c’est très explicite dans ce film vu la manière dont a plupart des spectatrices ont réagit dans la salle face à cette scène), ceux-ci restent malheureusement à côté de la plaque.
Cette scène fait partie des quelques tentatives de la part des scénaristes (Allan Heinberg, Geoff Johns et Zack Snyder, j’opterai plus pour une idée du premier) de suivre le message véhiculé par le créateur de Wonder Woman, tout en restant en harmonie avec la version actuelle qui, je le rappelle ici, a rendu officiellement canon son statut de personnage Queer.

Lost in translation

Le véritable périple de Diana commence dès son arrivée à Londres, le contraste est saisissant de part les tons chromatiques utilisés dans cette seconde partie du film, des tons bleus et gris en adéquation avec Man of Steel et BvS comme le soulignait bien justement Julien dans sa critique.
Même Tower Bridge a retrouvé ses couleurs de début de siècle pour l’occasion (pour la petite histoire, c’est en 1977, à l’occasion du jubilé de la Reine Elizabeth que l’armature métallique du pont a été peinte en bleu, blanc et rouge. Pendant la Première Guerre Mondiale celle-ci était de couleur brune, comme on peut le voir plus ou moins, dans le film).
Cet aspect visuel, que l’on retrouve dans la scène ou Diana découvre l’effervescence de la vie Londonienne, est grandement inspiré par l’œuvre de l’impressionniste américain John Singer Sargent, un artiste qui vécu une grande partie de sa vie en Europe, notamment pendant la Der des Ders, et qui utilisait souvent une seule source de lumière dans ses portraits, un procédé extrêmement moderne pour l’époque.

A ce stade du long métrage, il est intéressant de voir comment l’intrusion de Diana dans ce « bon vieux Londres » fait office de choc culturel, autant pour elle que pour les autochtones de la Perfide Albion. c’est en cela que Wonder Woman se démarque de Captain America : First Avenger (un film que l’on adore ici Btw) auquel il a souvent été comparé avant même que l’on ait vu les premières images, à cause de son contexte historique.
Ici on assiste quasiment (excusez-moi pour la référence, le pire c’est que je ne regarde plus la TV depuis des années) à un épisode de Rendez-vous en terre inconnue, où un protagoniste découvre les us et coutumes d’une civilisation quasi opposée à la sienne.
Nous sommes donc témoins du passage obligé (et loin d’être inintéressant) dans lequel Diana se doit tant bien que mal de s’uniformiser au Monde des Hommes, tout en s’exprimant sans ambages sur le non-sens de celui-ci.

Deux scènes sont à retenir à ce propos : celui de l’essayage vestimentaire aux côtés de la truculente Etta Candy, une femme moderne totalement consciente des mouvements féministes de son époque puisqu’elle fait référence aux suffragettes, mais malheureusement limitée dans son statut de secrétaire (nous allons reparler d’elle un peu plus tard, cela va de soi..), et cette de l’irruption au Conseil de Guerre. introduisant le personnage de  Sir Patrick Morgan.
Dans ces deux situations, Diana prend conscience du statut des femmes européennes en ce début de XXème siècle qui se résume en une référence cinématographique tout à fait appropriée pour le coup : Soit belle et tais-toi.
Mais il me semble intéressant aussi d’étendre ici cette problématique sur l’image même de cette héroïne : Combien de fois avons-nous en effet été amenés à déblatérer sur son costume (jusqu’à son absence de costume ! Et par extension de celui des super héroïnes en général, alors que pour leurs homologues masculins, il n’y a pratiquement jamais aucun débat !), qu’il s’agisse du port du pantalon, de la jupe ou du short étoilé. La question est ainsi également posée dans le film : Comment diantre doit-elle être habillée ? Et surtout, comment est-il possible de faire régner la Justice avec un accoutrement pareil ?
Pour Diana, c’est finalement le costume le plus discret et le plus sobre qui sera retenu, avec un clin d’œil appuyé et bienvenu sur l’uniforme que porte Lynda Carter dans la série TV. Autre référence sympathique, le port d’un accessoire totalement inutile, celui des lunettes qui rappelle forcément celles de Clark Kent. C’est d’ailleurs amusant de voir que les dites binocles sont pulvérisées lors d’une autre référence au Superman de Richard Donner, avec la scène du guet-apens qui se déroule dans la ruelle.
Encore une fois il faut saluer le travail inouï de Lindy Hemming qui supervise les costumes, ainsi que la chef décoratrice Aline Bonetto, la scène de l’essayage a été tournée dans l’extraordinaire Exhibition Hall de l’ambassade d’Australie à Londres, et elle donne littéralement le tournis en terme de décoration et d’accessoires.

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En ce qui concerne la scène du conseil de guerre, Steve présente Diana comme étant sa secrétaire, Wonder Woman fut effectivement la secrétaire de la JSA dans les pages d’All-Star Comics et reléguée au dernier plan, un statut que réprouvait totalement William Moulton Marston à l’époque (mais le pauvre bougre écrivait déjà ses aventures sur  Sensation Comics, Wonder Woman et Comic Cavalcade, il ne pouvait pas être partout !). Comme vous le savez surement en 1918 les femmes n’avaient absolument aucune légitimité politique, et encore moins le droit d’être présente physiquement dans un quelconque conseil, hors le fait est qu’en Angleterre, le droit de vote des femmes fut accordé cette même année, les citoyennes devaient alors être âgées de 30 ans (tandis que les hommes devaient avoir célébré leurs 21ème anniversaire , il faudra attendre 10 piges de plus pour que l’égalité soit rétablie).
OK ! Donc je m’époumone à dire depuis le début que scénaristiquement, le choix historique (la Première Guerre Mondiale au lieu de la Seconde) est intimement lié au contexte du mouvement des Suffragettes, un mouvement grandement soutenu par le trio Marston, Holloway, Byrne à l’époque des faits comme on dit.
Dans ce film, il s’agissait clairement de montrer l’opposition entre une société patriarcale où la guerre règne en  maître, et celle d’un féminisme balbutiant et instigatrice de paix. De là à dire que les hommes viennent de Mars et le femmes de Venus, il n’y a qu’un pas…
Si le sujet vous intéresse, je vous invite à lire l’ouvrage Égalité des sexes et pouvoir en Grande-Bretagne de Françoise Barret-Ducrocq.

Il est temps désormais de parler des personnages secondaires qui apparaissent dans cette seconde partie du film.
En tout bien tout honneur, commençons par Etta Candy, qui se devait d’être absolument présente tellement elle fait partie de l’Histoire de Wonder Woman. A tel point que l’on peut aisément la comparer avec Jimmy Olsen dans Superman. C’est un personnage indispensable, qui est apparue dans la plupart des comics et autres formats consacrés à notre fière Amazone. Elle est également issue de l’imaginaire de William Moulton Marston, et fait office de point d’ancrage, de référence, ou source d’inspiration quand il s’agit du statut des femmes selon les époques où elle apparaît : Dans les années 40 son physique, tout en rondeurs est très loin des standards de l’époque, et elle participe avec sa sororité, les fameuses Hollidays Girls à l’effort de guerre dans la lutte contre les Nazis.
Il est vraiment fort dommage qu’Etta et ses filles, n’aient pas été transposées comme telles dans ce film, par exemple en tant que membres des Women’s Royal Air Force qui officiaient déjà pendant la Première Guerre Mondiale.

Il y auraient eu tant de choses à dire sur ces femmes… Au lieu de cela nous avons droit à une Etta Candy, fort sympathique certes, mais un peu cruche qui sert avant tout de comic relief, et qui est surtout largement sous-exploitée.

En toute logique c’est donc un groupe d’hommes, quelque part les Holliday Boys de Steve Trevor qui vont aider Diana dans son périple Européen. De manière totalement assumée, le film nous sert sur un plateau le stéréotype de l’équipe de bras cassés constituée de soldats qui n’ont pas leur place dans ce conflit mais qui n’ont pas d’autre choix que d’y pendre part : Sameer le Marocain roublard dont le rêve est d’être acteur, le Chef, dont le peuple a été décimé et qui est déjà une relique de sa propre culture, et enfin Charlie, un écossais alcoolique (pléonasme ?) qui souffre du syndrome de stress post-traumatique.
Ici encore, ces personnages sont sous-exploités et n’ont pas grande utilité si ce n’est de faire prendre conscience à Diana de toute la complexité du monde des Hommes.

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Face à eux, le Général Lundendorff et le Dr Maru sont les deux faces d’une même pièce, inspirés par une force dont ils n’ont même pas conscience.
Basé sur une figure de la Première Guerre Mondiale, Erich Ludendorff, le personnage interprété par Danny Huston est censé incarner le mal absolu mais n’arrive pas vraiment à convaincre, notamment à cause d’un doublage Français qui s’efforce d’imiter un accent Allemand à la limite de la parodie (il en est de même pour Maru d’ailleurs).
Le Doctor Poison quant à elle aurait mérité une meilleure exposition, il aurait mieux valu que les deux personnages fusionnent pour représenter une menace unique beaucoup plus impressionnante. On a bien conscience que Maru est ce que l’on appelle « un savant fou », capable de tester ses inventions sur son propre visage, mais elle reste une subordonnée, une exécutante du Général qui manque de confiance en elle.
La scène avec Steve dans le château montre à quel point ce personnage (et son actrice, la délicieuse Elena Anaya) avait du potentiel.

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On assiste donc tout au long du film à une succession de petites frustrations, que cela soit dans l’utilisation de ses personnages secondaires, l’abus de ralentis et d’acrobaties lors de certaines scènes d’action, ou de la maladresse du message véhiculé par le film par rapport à la vision de Marston (notamment concernant ses origines).
Toutes ces tracasseries vont être balayées d’un coup de lasso le temps de LA scène épique du film, je veux bien évidemment parler de celle du No Man’s Land, Rien que de me souvenir de cette scène, j’en ai encore les larmes aux yeux. La voir sortir des tranchées et gagner du terrain mètre après mètre sous le feu discontinu des soldats Allemand est un moment iconique que l’on a trop peu eu la chance de voir pour une héroïne quelle qu’elle soit, tout média confondu. C’est une scène qui sera dorénavant montrée comme source d’inspiration pour des générations de femmes (et d’hommes) qui luttent contre l’adversité.

Contrairement à la scène de la plage qui était à mon avis considérablement appauvrie par des effets visuels outranciers, la chorégraphie des scènes d’action dans la bataille de Veld est largement plus réussie, mis à part le « poutrage de clocher » censé  montrer une fois pour toute la toute puissance de l’héroïne, une scène qui j’en suis sure a été TRES influencée par Snyder qui ne peut de toute manière pas s’empêcher de détruire tous les édifices qui se présentent devant lui…
Et puisque que l’on parle de ce réalisateur (vous allez croire que je le déteste à force alors que pas du tout !), je vous invite à remarquer les quelques similitudes et différences entre cette scène d’action de Wonder Woman et celle de Sucker Punch, le jeté de table a encore de belles heures devant lui.

 

On va s’arrêter là pour cette seconde partie, rendez-vous la semaine prochaine pour la suite et fin du décorticage de ce film fort sympathique et dont le succès poussera j’espère les studios à enchaîner sur des œuvres encore plus abouties.

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Batwoman #4 : la preview


Comme vous le savez Wonder Woman n’est pas la seule Déesse qui honore régulièrement ce blog de sa présence. Il en existe une autre, beaucoup moins médiatisée mais tout aussi magnifique, et nous suivons ici le renouveau de ses aventures avec beaucoup de ferveur.
N’ayant pas eu le temps de finir ma review du #3, je vous propose de l’adosser à une prochaine critique de ce #4 sur le point de sortir, à vue de nez les deux opus sont résolument liés, donc ça peut être intéressant de faire un parallèle entre eux.

Mine de rien nous vivons actuellement un petit moment de grâce, même si celui-ci est de courte durée, il est évident que certaines choses se concrétisent de façon positives pour les héroïnes de comics. Diana n’en est pas l’instigatrice, mais j’ai très bon espoir que le succès critique et financer de son film engendre de belles initiatives et-ou prises de risques.

Je vais vous raconter une anecdote, pas plus tard qu’hier je participais à une séance de photocall dans un multiplexe aux alentours de Toulouse à l’occasion de la sortie de Wonder Woman. A cet effet, une de mes collègues du TGS (l’admirable Sandra, pour ne pas la nommer) avait fait le bel effort de revêtir le costume de l’Amazone, je veux dire par là celui de la réplique même du film, pas le costume d’Halloween vulgos que l’on trouve dans les boutiques de déguisements.
Ce costume, c’est moi qui ai eu le plaisir de le suggérer à l’organisation qui m’avait sollicité pour l’occasion, et me faisait ainsi entièrement confiance dans mes choix  vestimentaires.
Alors que les séances photos s’enchaînaient pour la promotion d’un autre film (en l’occurrence une avp de Cars 3), Sandra se tenait prête pour la séance suivante lorsque tout d’un coup, elle fut interpellée par une petite fille d’environ 6 ans tenant sa mère par la main. Je n’oublierai jamais le visage et le bonheur dans les yeux de cette petite. « Maman ! Regarde ! C’est Wonder Woman ! » a t-elle dit à sa mère en saluant énergiquement Sandra de son autre main, notre Amazone lui répondant évidemment de la même manière.

J’ai failli pleurer bordel de merde. Quel bonheur de voir ce moment, de voir cette petite fille déjà conquise par le véritable Pouvoir de Wonder Woman. Il ne faut pas grand chose pour inspirer les plus ou moins jeunes d’entre nous, il suffit d’un personnage incarnant des valeurs jusqu’ici encore immaculées, et vous avez encore droit à ce genre de miracle. Ce miracle, je le vis également quand mon fils me demande de revoir et re-revoir ce film quand la moindre opportunité se présente.

Batwoman aura toujours cet effet sur moi, celui de la lectrice qui se sera d’emblée reconnue en elle. Adhérer totalement à ses premières aventures est aussi proche que de tomber sans s’y attendre sur Wonder Woman en personne quand on a 6 ans. C’est une révélation.

Que le Dieu Grec des comics bénisse cette onde salvatrice d’exposition d’héroïnes et de super héroïnes, sur ce blog, tel un sanctuaire, on veillera toujours sur leur intégrité.

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La fin de l’innocence (1ère partie)


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Comme d’habitude, je préfère vous prévenir, ici on ne fait pas dans la dentelle parce qu’on va au FOND des choses, les spoilers sont donc de mise !

Je voulais sauver le Monde…

Il n’est parfois pas chose aisée de rester objectif, impartial, ou de bonne fois lorsque l’on passe la plupart de son temps à écrire, écrire, et écrire encore sur la super héroïne la plus médiatisée (surtout en ce moment) du prisme des comics.
Wonder Woman, puisque c’est d’elle dont il s’agit, a pour moi depuis longtemps dépassé le statut d’icône. Elle est devenue, au fil des ans et des billets que je lui ai consacrée, une amie.
Comme c’est souvent le cas lorsque nous partageons un lien d’amitié avec quelqu’un, cela comprend des valeurs et des idéaux communs, des expériences personnelles ainsi que, ne serait-ce qu’une partie de son histoire propre.
Hors Wonder Woman n’est pas une amie comme les autres. Elle a beau appartenir à personne (et ne me dites pas qu’elle appartient à DC Comics/Warner, vous seriez bien accueillis), bon nombre d’entre nous se l’approprie plus ou moins sans complexe, parce son statut le lui permet, tout simplement.

Espérer, puis attendre un film sur Wonder Woman a été depuis près de 30 ans vécu pour moi (parmi tant d’autres, je le sais) comme une véritable épopée faite de moments d’ivresse et de désillusion.
Hors après avoir vu ce long métrage, la première chose qui m’est venue à l’esprit est que non, par Héra, je n’ai pas succombé au parti pris facile du fangirlisme (ce mot n’existe pas, on est bien d’accord) comme si sous mes yeux ébahis ma meilleure amie avait été sélectionnée pour représenter la France à l’Eurovision.
Ce film existe désormais, et dans son ensemble je l’ai beaucoup apprécié pour tout un tas de choses que je vais exposer ici, en détail, alors que d’autres notions m’ont laissé totalement de marbre ou encore littéralement agacé, je vous propose de décortiquer ce film en respectant la trame de ces trois parties, bien distinctes : la vie sur Themyscira, le choc Européen, puis le combat ultime. Trois billets pour un film, parce qu’après tout Wondie méritait une telle exposition, il me semble.

Pour Themyscira

Si l’on considère que Wonder Woman est le troisième film qui fini de cimenter la fameuse Trinité dans le DCEU, celui-ci tout comme ses prédécesseurs prend effectivement le temps d’instaurer un climat de présentation de son personnage, Man of Steel exposait les dernières heures de Krypton, BvS le traumatisme du jeune Bruce Wayne au sortir d’une salle de cinéma, dans ce film on plonge quasi directement dans l’aspect mythologique de ce personnage que le grand public a encore du mal à cerner.
Diana de Themyscira vit depuis sa création sur cette Île Paradisiaque qui a été choisie par Zeus lui-même comme, à la fois refuge et lieu d’exil pour ses chères Amazones qui en des temps immémoriaux ont lutté de toutes leurs forces contre Ares, le Dieu de La Guerre.

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Terre sacrée, fertile et sauvage, où ses occupantes vivent en parfaite harmonie avec une nature luxuriante et bienveillante, Themyscira est un personnage à part entière en ce début de film, elle personnifie complètement le Matriarcat imaginé par Marston (qui je le rappelle ici, était convaincu que les femmes étaient supérieures aux hommes).
Les Amazones ont bâti leur cité séculaire en respectant le relief et les innombrables ressources qui leur ont été offerte en ce lieu, à l’image des habitations troglodytes que nous retrouvons dans notre propre civilisation (j’avais déjà un petit peu développé certains aspects de l’île ici, je vous invite à y jeter un œil pour ne pas faire de redite un peu lourdingue), sans portes ni fenêtres, elles peuvent évoluer librement sans aucune contrainte.
De plus, on s’aperçoit très rapidement dans les premières minutes du film que les Amazones ne sont pas uniquement constituées de guerrières athlétiques sur-entraînées. On comprend en effet qu’il existe des préceptrices, logiquement Gardiennes du Savoir destinées à contribuer à l’éducation de la plus jeune des Amazones. Mais les quelques scènes qui nous invitent à prendre connaissance de la jeunesse de Diana nous font également comprendre que chaque Amazone quelque soit son statut, contribue à la vie de la Cité, et cela de façon totalement inclusive, dans le principe même du terme de communauté.
L’eau y est omniprésente et a des valeurs curatives tout en émettant une source de lumière… dans un autre post j’avais émis l’hypothèse que cette eau luminescente pouvait être une interprétation cinématographique du rayon pourpre inventé par Marston, c’est effectivement le cas.

Ainsi, même si les Amazones ont bien été créées dans ce film par le plus grand Dieu de l’Olympe, un être qui symbolise les Cieux, leur culture est quant à elle fondée sur la roche, le minéral, par extension Gaïa la Déesse mère de la Terre, une notion encore une fois chère à Will (oui je l’appelle Will, et alors ?) qui souhaitait que Diana soit le fruit d’une procréation exclusivement féminine (dans le film, nous avons droit à une toute autre interprétation, on y reviendra un peu plus tard, ne vous inquiétez pas…).
Autre symbolisme véhiculant la féminité dans cette première partie du film, l’utilisation de la forme du coquillage pour représenter la féminité dans le design de la chambre de la petite Diana, ainsi que que la salle du trône où Steve Trevor se voit contraint de dire la Vérité sous le joug du lasso doré d’Hestia. A l’instar de Yanick Paquette qui s’était inspiré de la représentation de la Déesse Aphrodite de Botticelli dans son Wonder Woman: Earth One, on retrouve dans le film ces mêmes motifs ainsi que des références au courant Art Déco (un mouvement artistique qui se déroule justement à l »époque du récit, c’est à dire pendant la Première Guerre Mondiale), jetez un œil par exemple aux motifs des marches d’escalier ainsi que le design du trône de la Reine Hippolyte, peut-être influencé par l’oeuvre des céramistes Pierre et Joseph Mougin.

Autre détail qui fait référence à l’univers des comics dans ce film à ce stade, celle-ci concerne la représentation de Diana encore enfant puis adolescente, à la fois innocente et débordante de fougue (un modèle extraordinaire autant pour les filles que pour les garçons qui auront la chance de voir ce film au cinéma), où on la voit en plein entrainement avec Antiope, je ne peux m’empêcher d’y voir un clin d’œil à l’excellent The Legend of Wonder Woman de  Renae De Liz, où dans cette version la jeune amazone s’entraîne avec Alcippe.

Et puisque cette première partie du film fait la part belle aux Amazones, parlons un peu plus d’elles en détail, si vous le voulez bien.
Dans cette version cinématographique, celles-ci sont pluri-ethniques et c’est un vrai bonheur de voir ça, sans parler du fait que les comédiennes qui les incarnent sont bien loin d’appartenir à un quelconque stéréotype esthétique, ce sont pour la plupart de véritables athlètes, cascadeuses, championnes de boxe, haltérophiles, danseuses professionnelles… Comme je l’ai dit plus haut, elles ne sont pas uniquement constituées de guerrières, elles sont aussi éducatrices, agricultrices, pêcheuses, politiciennes, chacune a son rôle dans la Cité. Themyscira a beau être gouvernée par une reine, la démocratie reste une institution inébranlable où chacune aura son mot à dire en temps de crise. De plus, c’est un peuple pacifique qui emploiera la violence uniquement pour se défendre.
Ici encore, un gigantesque et incroyable travail de design a été mis en oeuvre pour créer une véritable identité à ces amazones, autant dans leurs costumes que dans leurs armements. Alors que chaque guerrière (et elles sont nombreuses !) aura un costume et des armes propres, ont y retrouve les ornements et décorations présentes dans l’architecture de l’île, les motifs de coquillage et les figures Art déco sont effectivement incrustés de façon judicieuse, tout cela est supervisé d’une main de maître par la très talentueuse Aline Bonetto, chef décoratrice française a qui l’on doit les décors de nombreux films de Jean-Pierre Jeunet, ainsi que la costumière Lindy Hemming qui ont véritablement su insuffler une âme et une identité à  Themyscira et le peuple qu’elle abrite.

Autre élément intéressant concernant ces Amazones, celles-ci n’ont pas toutes le même âge, la maturité d’Hippolyte et Antiope saute aux yeux, mais on notera également la présence d’Artemis, incarnée par l’imposante Ann Wolfe et qui est âgée de 46 ans. Tous ces exemples montre qu’il y a eu une vraie volonté de créer un univers cohérent autour de ces Amazones, même si faute de temps la plupart d’entre elles sont sous exploitées, à l’image de Menalippe qui était pourtant bien mise en avant au même rang que ses sœurs dans les premiers visuels montrés il y a un an.

Quoiqu’il en soit la partie qui leur est consacrée reste d’une très grande beauté, à tel point qu’elle donne envie de voir un spin-off ou une série TV qui leur serait entièrement dédiée, leurs origines étant succinctement expliquée par Hippolyte à sa fille telle une comptine pour enfant, une scène dantesque mise en image et superbement illustrée par le duo d’artistes Raffy Ochoa et Houston Sharp.

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Et puisque l’on parle d’origines, celles qui concernent notre héroïne dans ce film sont loin d’avoir mon approbation, car elles dénaturent complètement le statut du personnage : Pourquoi vouloir à tout prix donner un père biologique à Diana ? Alors ça, c’est quelque chose que je n’arrive vraiment pas à comprendre. Pourquoi imposer la figure du père à une héroïne dont le postulat, totalement révolutionnaire pour l’époque est qu’elle avait été créée comme je le disais plus haut par des femmes et UNIQUEMENT des femmes. Elle est le fruit du matriarcat, mais surtout le fruit d’un amour d’une mère pour sa fille, point barre. Lui donner un père ne la rendra pas plus humaine, ça ne fait que dévaloriser complètement ce que Marston voyait en elle. Ici elle devient juste la fille de Zeus, comme on est l’épouse d’un tel ou la sœur d’un tel. C’est pas bien de faire ça, franchement.

Autre déception, on ne prend pas le temps de nous parler du costume de Diana, contrairement aux allusions faites pour le lasso d’Hestia et la fameuse Godkiller. Et pourtant, le spectateur lambda ne pourra que remarquer la différence chromatique entre ce costume et ceux qui lui ont été montré jusqu’alors. Cela saute même aux yeux de Steve Trevor lorsque Diana le revêt pour la première fois. Ce costume a lui aussi une origine, et cela aurait été judicieux, ne serait-ce que d’en faire allusion soit à ce moment précis, soit lorsque Diana enfant visite la tour de l’armurerie avec sa mère.

L’un des moments forts de cette première partie concerne la bataille épique entre les Amazones et les soldats Allemands qui ont réussi à franchir l’épais brouillard qui protégeait Lilly Aspellde toute intrusion ainsi que de la menace d’Ares, un dieu vaincu mais représenté telle une épée de Damoclès dans l’esprit de ces gardiennes de la paix.
Cette scène très maîtrisée techniquement dans sa réalisation grâce notamment à de très beaux travellings est malheureusement alourdie par des effets visuels symptomatiques que l’on retrouve dans les films du DCEU, et de Zack Snyder en particulier, l’utilisation à outrance des ralentis et acrobaties sorties tout droit de cinématiques de jeux vidéo est pour moi un véritable fléau oculaire qui m’horripile de plus en plus. Dans cette scène, cela passe encore à peu près, mais nous verrons plus tard que l’un des plus gros défauts du film correspond justement à l’utilisation à outrance et de façon agressive de ce genre de technique…

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Autre scène mythique, celle du sauvetage de Steeve Trevor, ô combien décrite dans les comics, celle-ci a été totalement réalisée en CGI, qu’il s’agisse du paysage, des reliefs, de ce qui se passe sous la mer, tout a été animé en studio et le résulat est bluffant. La lumière omniprésente et le choix des couleurs est une évocation évidente représentant parfaitement l’héroïsme qu’incarne Diana, un choix chromatique que l’on va retrouver un peu plus tard dans une autre scène du film, tout aussi mythique. J’ai particulièrement aimé ce moment où Steve, alors qu’il est en train de sombrer coincé dans son avion, discerne une forme à la surface, telle une apparition angélique alors qu’il s’avère que dans les comics de l’ère Marston (et plus tard également), il a pour habitude de l’appeler son « ange ».

Cela nous mène à parler de la dynamique des interractions entre Diana et Steve dans ce début de film, elles sont toutes très bien senties et témoigent d’une réelle osmose et une complicité évidente entre les deux acteurs. Même si je suis loin d’être une amatrice de Chris Pine, je concède volontiers qu’il s’en sort très bien dans le rôle de Steve Trevor, lui donnant le volume, la consistance qui lui a fait très souvent défaut dans les comics.
Dans cette première partie de film, Diana et Steve sont deux êtres qui se confrontent et se découvrent vis à vis de leur propre culture, ici le matriarcat fondé sur la bienveillance et le savoir, opposé au patriarcat régit par des règles imposées par le dictat et l’esclavage du temps, du travail, du mariage. Les dialogues sont animés et font réagir l’audience, c’est une des belles victoires de ce film que de synthétiser ainsi avec humour les différences culturelles basées sur leur genre respectif.

Autre fil conducteur qui parcourt cette première partie, la justesse de jeux des acteurs de la petite Lilly Aspell qui incarne Diana à l’age de huit ans, aux vétéranes Connie Nielsen et Robin Wright aussi imposantes qu’impériales, et tout aussi injustement sous-exploitées par le temps (décidement ! Putain de patriarcat !).

On assiste donc en ce début de film à une très belle exposition du concept des Amazones, l’introduction d’un nouveau monde aux antipodes des visions Kryptoniennes et Gothamites largement développées à travers les différents films consacrés à leur héros respectif. Celui-ci sans être parfait est déjà d’ine richesse inouie et donne une réelle identité au personnage de Diana de Themyscira, dont les principes seront ébranlés au contact du monde des Hommes, c’est que nous verrons en décortiquant la seconde partie du film.

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