Bliss is Love !


Love is Love 3

Je ne le dirai jamais assez, parce qu’il existe encore trop d’injustice, trop de haine, trop de mépris envers la communauté LGBT, (qu’il s’agisse de l’horreur que subissent actuellement les jeunes gays de Tchétchénie, et ce dans la quasi indifférence des politiques de ce monde, ou de ce gros naze de Cyril Hanouna qui, dans son émission de merde, dynamite en une pantomime abjecte le travail de nombreuses associations qui viennent en aide aux victimes d’homophobie), l’anthologie Love is Love fait partie de ces œuvres d’utilité publique que l’on doit soutenir, promouvoir, et diffuser au delà des frontières et des cultures, coûte que coûte.

Love is Love est comme son titre l’indique un ouvrage universel. Il vous donne du courage, il vous montre que vous n’êtes pas seul. Il rassemble des centaines d’artistes face à une tragédie aussi inattendue qu’incompréhensible et prend le temps de poser des mots et des images sur l’inexplicable.
Et comme le décrit si bien Corentin sur DC Planet à l’occasion de la journée internationale de lutte contre l’homophobie du 17 mai, une autre oeuvre avant elle avait parfaitement su dénoncer ces cruautés envers les homosexuels, il s’agit bien sûr de l’anthologie AARGH ! initiée par le grand Alan Moore que j’ai pu naturellement chroniquer sur ce blog.

Une anthologie pareille ne pouvait pas rester longtemps dans l’ombre en terme de parution dans nos contrées. Bliss Comics a réussi à se démarquer en obtenant l’édition française de Love is Love, l’annonce du jeune éditeur sur les réseaux sociaux correspondant avec cette date symbolique du 17 mai :

Love is Love 4

La Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et transphobie est célébrée chaque année le 17 mai. Cette journée a pour but de promouvoir des actions de sensibilisation et de prévention pour lutter contre l’homophobie, la lesbophobie, la biphobie et la transphobie.
Plus que jamais, l’actualité nous rappelle que ces fléaux sont encore bien présents partout dans le monde et font de nombreuses victimes. Aujourd’hui, comme tous les autres jours de l’année, nous pouvons agir. En parler, sensibiliser, mener des actions concrètes dans les écoles, les bibliothèques, dans la rue, sur les réseaux sociaux, sur nos lieux de travail…
Pour plus d’informations sur cette journée et les actions que vous pouvez mener, consultez le site :
https://www.homophobie.org/

Parce que la lutte contre les violences anti-LGBT peut prendre de nombreuses formes et ne s’arrête pas le lendemain du 17 mai, nous sommes heureux d’annoncer la sortie en France, en novembre prochain, d’un ouvrage qui nous tient particulièrement à cœur : Love is Love.
Love is Love est un projet caritatif publié aux Etats-Unis à l’initiative de l’auteur Marc Andreyko et l’éditeur IDW (Tortues Ninja, X-Files, Infinite Loop) avec la participation de DC Comics. Son objectif est de lever des fonds au profit des victimes, des survivants et leurs familles de l’attentat commis à Orlando le 12 juin 2016 dans la boite de nuit LGBT le Pulse, qui a fait 49 morts et 53 blessés.

Cet ouvrage collectif de 144 pages rassemble de très nombreux auteurs travaillant dans le monde du comics, comme Phil Jimenez, Paul Dini, Gail Simone, Jonathan Hickman, Marguerite Bennett, Jason Aaron, Carla Speed McNeil, George Perez, Jay Edidin, Rafael Albuquerque, Jim Lee, Mark Millar, James Tynion IV et des dizaines d’autres. Tous ont voulu, à travers de courtes histoires et textes illustrés inspirés par cet événement tragique, témoigner de leur solidarité et leur compassion. Cet ouvrage inclus également des personnages aussi divers que Supergirl, Harley Quinn, Batwoman, Kevin Keller (d’Archie Comics) ou encore le Spirit de WIll Eisner.
La couverture est réalisée par la française Elsa Charretier (Infinite Loop, Harley Quinn) et Jordie Bellaire (coloriste de Batman, X-Files, Injection,…).

Sorti aux Etats-Unis en décembre 2016, Love is Love a depuis levé plus de 165 000 dollars et atteint sa cinquième ré-impression.
La version française sera enrichie par des histoires réalisées par des artistes français et francophones. La totalité des bénéfices réalisés seront reversés à deux associations de défense des LGBT, une française (SOS Homophobie) et une américaine.

Love is Love
Publié en France par Bliss Comics.
Scénario et Dessins : Collectif
Couverture : Elsa Charretier et Jordie Bellaire
Préface de Patty Jenkins, réalisatrice du film Wonder Woman.

Prix de vente : 15 euros.
Reliure cartonnée.
Disponible en novembre 2017.

Love is Love 1

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Suite à cette annonce, j’ai pu m’entretenir avec Florent Degletagne, responsable éditorial de Bliss Comics, et lui demander ce qui l’a motivé de publier une telle anthologie, ici, en France…
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Bonjour Florent, tu as très récemment annoncé la parution prochaine (en novembre pour être exacte) de l’adaptation française de l’anthologie Love is Love sortie fin 2016 chez l’éditeur IDW en partenariat avec DC (et non Valiant, qui jusqu’ici était l’univers auquel vous vous consacriez exclusivement).
J’aimerais savoir tout simplement pourquoi tu as fait tout ton possible pour obtenir les droits de publication française pour une telle oeuvre.

Parce que ce livre mérite d’être diffusé le plus largement possible, au-delà des Etats-Unis ! Je ne sais pas si j’ai fait “tout mon possible”, mais en tout cas je souhaitais vraiment qu’il voit le jour en France… alors j’ai demandé !

Quand tu as ouvert les pages de Love is Love pour la première fois, qu’as tu ressenti ?

Dès les premières pages j’ai eu le ventre noué. Peu de comics me font ressentir des émotions aussi fortes. Je me suis senti submergé par les dizaines de témoignages. Au point d’en avoir le souffle un peu coupé et les larmes aux yeux. Un seul comics m’avait fait cet effet-là avant, un épisode de la série No Mercy dédié aux victimes des camps de “conversion sexuelle” aux Etats-Unis.

Peux-tu nous dire quelles participations as-tu le plus apprécié dans cette anthologie, selon toi dans ton âme de lecteur, plutôt qu’en tant qu’éditeur ?

Difficile d’en choisir seulement quelque-unes. La page réalisée par Daniel Beals et David Lafuente m’a frappée. Elle montre en parallèle, deux enfants et leur famille respective, voisines l’une de l’autre et réagissant à la nouvelle de l’attentat. Le contraste est effrayant. Le jeune père que je suis a été vraiment pris aux tripes.

La page illustrée par Carla Speed McNeil, qui témoigne de l’urgence, la panique, la proximité étouffante de l’événement, lorsque l’on ignore si un de nos proches est en vie. J’ai tout de suite fait le parallèle avec l’attentat du Bataclan.

D’autres témoignages prennent la forme de manifestes plus universels, directs et frappants, comme la page de Jay Edidin et Sophia Foster-Dimino. Encore plus lorsque l’on sait que l’auteur est trans.

Love is Love 2

Te souviens-tu ce que tu faisais lorsque que tu as appris la tragédie du Pulse ?

Pas précisément. Je devais être avec ma femme et mon fils, chez nous, le dimanche matin.

Penses-tu qu’une telle oeuvre peut véritablement faire bouger les choses en matière de tolérance et de sensibilisation ? Est-ce qu’il est envisageable de voir l’édition française de Love is Love, au delà des bibliothèques (ce qui serait déjà une très bonne chose), être présente dans les CDI des collèges et lycées de notre territoire ?

C’est un effort parmi d’autres. Bien sûr que nous ferons tout pour qu’il soit largement diffusé dans les bibliothèques et les écoles !

Es-tu capable de nous en dire un peu plus sur cette participation d’auteurs francophones, ou dans un sens plus large, des bonus inclus dans cette édition française ?

Je ne peux pas trop en dire pour le moment car nous travaillons dessus et n’avons pas de liste définitive, mais le livre sera enrichi par des participations de divers auteurs français ou francophones. Nous aimerions rajouter environ une quinzaine de pages.

Il a été annoncé sur les réseaux sociaux que la totalité des bénéfices réalisés seraient reversés à deux associations de défense des LGBT, SOS Homophobie pour la France, et une américaine… Il n’y aura donc vraiment aucun bénéfice pour Bliss Comics ?
Peut-on considérer qu’il s’agit d’une oeuvre caritative à part entière provenant de Bliss Comics ?

Oui, c’est une oeuvre totalement caritative, Bliss ne touchera pas un centime de bénéfice.

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Alien Covenant : la critique de Julien Lordinator


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Avant-propos  : Je suis un fan absolument dévoué et obsédé par la saga Alien : Je connais les films, leurs thèmes et histoire de création sur le bout des doigts et collectionne chaque nouvelle édition de chaque film, produits dérivés, bandes dessinées, romans, livres et tout ce qui est possible de collecter sur cette saga cinématographique et ses dérivés avec assiduité et passion.
Mais bon, ça, la plupart des personnes qui me lisent de temps en temps ou régulièrement le savent et par l’entremise du blog où vous lisez ces lignes, j’ai également déjà prouvé que je l »étais et que la saga était une source inépuisable de matière à débattre (1).
Tout ça pour dire que la saga Alien, ce sont plus que des films pour moi, c’est une véritable passion, un leitmotiv, un moteur de mon propre imaginaire, je le répète, je suis passionné par cet univers, jusqu’au bout des ongles.

Dire que j’attendais avec beaucoup d’impatience ce nouvel opus est un euphémisme : Après un Prometheus qui, contrairement à beaucoup, m’avait vraiment enthousiasmé en donnant de nouvelles pistes et en établissant de nouvelles bases de réflexion pour la saga, Covenant se devait d’être à la hauteur et être l’épisode charnière qui (r)amènerais ces créatures emblématiques sur le devant de la scène.

Le bilan est positif en ce qui me concerne mais Alien : Covenant n’est pas un film qui plaira à tout le monde, loin de là même, car Ridley Scott a clairement décidé de donner un virage à 180 degrés à la saga qu’il a lui même créé il y a de de cela presque quarante ans. Bousculer de fond en comble tout ce que l’on croyait savoir sur la saga Alien, voilà ce qui Ridley Scott fait avec son Alien : Covenant et c’est une entreprise osée et risquée, mais assumée par le réalisateur britannique. Pari réussi ou pas ? Ma réponse de suite.

Brille brille petite étoile,
Dans la nuit qui se dévoile
Tout là-haut au firmament
Tu scintilles comme un diamant
Brille brille petite étoile
Vieille sur ceux qui dorment en bas

Comptine anglaise

En 2012 sort sur les écrans Prometheus, vraie/fausse préquelle à la saga Alien totalement assumée par le réalisateur Ridley Scott, Prometheus va diviser les fans d’Alien de façon plutôt agressive, outre ses qualités techniques indéniables, sur lesquelles je ne reviendrai pas ici car tel n’est pas le sujet du jour, le film divise surtout les fans de la saga : Certains dont moi, louant les qualités du film qui esquisse enfin le début d’une cohérence pour un univers qui n’en a jamais vraiment eu, d’autres justement lui reprochant son audace avec véhémence, préférant l’aspect mystérieux et volontairement nébuleux du premier Alien. (je reviendrai d’ailleurs plus bas sur le clivage qu’à créé Prometheus et que manifestement, Covenant va encore plus creuser).

Bande annonce française de Prometheus

Autre point important, il faut se rendre à l’évidence, même en étant un fan la saga Alien est en berne depuis plusieurs décennies au cinéma : Même si elle fait la joie des amateurs dans son univers étendu (comics, romans et jeux vidéos (2) d’une qualité parfois vraiment surprenante pullulent et alimentent régulièrement les étalages), au cinéma, la saga souffre depuis plusieurs années d’une baisse d’intérêt flagrante : Entre les deux derniers opus qui ont peiné à ramener des spectateurs en salle (Alien 3 a été un échec et Alien : La Résurrection n’a pas suffisamment rapporté), une saga dérivée, Aliens Vs Predator, deux séries B (Voir Z pour Aliens Vs Predator : Requiem) à la réputation et à la qualité calamiteuse, la renommée de la saga a du plomb de l’aile et peine face à d’autres mastodontes du genre comme Star Wars ou plus récemment Avatar.

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Malgré les aboiements des insatisfaits, déjà à l’époque de la sortie de Prometheus, Ridley Scott souhaite donner une suite à son film, considérant que de nombreuses questions laissées en suspens méritaient des réponses. Entre-temps il va tourner trois autres films, un thriller, Cartel avec Michael Fassebender en 2013, un péplum (son autre genre de prédilection) avec Exodus : Gods and Kings en 2014, et enfin un autre film de science-fiction plus « réaliste » (un genre très en vogue depuis Gravity) Seul Sur Mars en 2015.

Après de nombreuses annonces et désistements du projet, notamment celui du scénariste Damon Lindelof et du compositeur Harry Gregson-Williams, le tournage de Alien : Covenant commence en mars 2016 et s’achève huit mois plus tard, en septembre 2016 pour une sortie en salles prévue le 4 août 2017, finalement ramenée à mi-mai 2017 (le 9 mai en Europe, le 19 pour les États-Unis).

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Le film s’ouvre sur un long dialogue entre l’industriel Charles Weyland (Guy Pearce s’offrant par la même occasion un cameo en reprenant son rôle) et son « fils », un androïde David 8, sur l’existence et l’inévitable mort des êtres vivants à contrario du destin des être artificiels, destinés à vivre éternellement (3).

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Après cette scène d’introduction, direction l’espace à bord du USCSS Covenant, un vaisseau en voyage vers la future colonie spatiale Origae-6 et c’est un nouvel androïde du nom de Walter qui est présenté. Alors qu’il travaille seul, une éruption stellaire imprévue endommage le vaisseau et force le synthétique à réveiller en catastrophe les membres de l’équipage de leur sommeil cryogénique.
Durant l’accident, le commandant de bord décède, remplacé au pied levé par Oram (Billy Crudup), le commandant en second, qui dès le début peine à se faire respecter des autres membres d’équipage.
Alors que les réparations vont bon train, une planète habitable est détectée à proximité du lieu de transit du Covenant. Malgré les réticences de Daniels, un de ses seconds, Oram décide de suivre l’avis général et de descendre sur cette mystérieuse planète afin de constater si elle offre un cadre habitable, la plupart des membres de l’équipage n’ayant pas envie de retourner en stase, la fin du voyage nécessitant encore sept ans d’hibernation.
Arrivé sur cette planète, l’équipage y découvre un lieu sauvage à la végétation luxuriante, idéal pour une colonisation mais étrangement déserte de toute vie animale.

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A leur insu, deux membres de l’équipage sont contaminés par des spores noires et tombent malades, enfantant des créatures particulièrement agressives. Suite à des catastrophes successives dues à ces créatures (4), leur vaisseau est détruit et les membres d’équipage se retrouvent coincés sur la planète hostile, incapable de rejoindre le Covenant resté en orbite, bloqué par une tempête…
Commence alors pour l’équipage du Covenant une véritable lutte pour la survie et malgré une aide en apparence providentielle, quitter la planète devient rapidement vitale.

Dès la scène d’introduction, le dialogue entre Charles Weyland et le synthétique David 8, la filiation entre Covenant et Prometheus est directe et c’est avec plaisir que l’on constate que Ridley Scott a fait fi des divers critiques des mécontents envers son précédent film et continue de l’assumer et d’en assumer les partis pris et les thématiques. Il ressort rien que de cette simple conversation l’exploration de sujets jusque là à peine esquissées dans la saga Alien et légèrement approfondies dans Prometheus sur l’inéluctabilité de la mort des êtres vivants et l’existence éternelle des êtres artificiels, destinés de ce fait à être supérieurs à leurs créateurs. La scène d’ouverture souligne et met donc en avant ce qu’était une des bases de réflexion de Prometheus, et très vite il convient que cette réflexion sera le fer de lance de l’intrigue principale de Covenant.

Cette réflexion et son aspect très mystique, ainsi que le rapport créateur / création est très élaboré dans Covenant : Cette idée de la création qui dépasse son créateur est cristallisée par un des personnages, devenant une sorte de De Vinci maléfique, mais là encore, je préfère ne pas trop m’attarder sur ce point afin de ne pas trop en révéler sur le film et laisser la surprise à ceux qui ne l’ont pas encore vu de le découvrir par eux-même.

Il est clair que bien loin de nous narrer une énième histoire de monstre tueur de l’espace, Covenant va plus loin dans la réflexion et explore des thèmes juste introduits dans Prometheus, Alien : Covenant se charge de nous établir une véritable continuité et éclaircir des points jusque là particulièrement nébuleux de la saga Alien : D’où viennent les Aliens, par qui ont-ils été créés, dans quel but ? La place de la compagnie Weyland Yutani y est également renforcée, bien plus qu’une simple société tentaculaire tentant de s’approprier les fameux et terribles xénomorphes pour son propre profit, son rôle et sa responsabilité s’étoffent et là encore, gagnent une place centrale dans sa filiation avec les Aliens.
Sans trop en révéler, toutes les questions, suppositions et interrogations de la saga auront une réponse dans Covenant et je pense très sincèrement que ces éclaircissements vont particulièrement diviser les fans de tout bord, mais ça, j’y reviendrai plus bas.

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Pour revenir à Covenant lui-même, Ridley Scott renoue avec l’ambiance claustrophobique du premier film, là où Prometheus avait pris une certaine « largeur » dans son environnement : Malgré son cadre, une planète luxuriante et sauvage, il se dégage du film une véritable ambiance oppressante et bizarrement une certaine impression de solitude, un peu similaire à celle que peut ressentir un explorateur qui découvre pour la première fois un endroit mystérieux et hostile. Il ressort du film une impression bizarre, à mi-chemin entre une aventure et épouvante plutôt étonnante et là encore totalement nouvelle dans la saga.
Covenant renoue clairement avec le mix science-fiction et horreur qui avait fait la renommée du premier Alien, son ambiance sombre, oppressante et poisseuse couplée par des scènes gores très graphiques et violentes, à déconseiller aux âmes sensibles, en font un film plutôt « dur », même si le dernier acte se veut plus spectaculaire et moins intimiste, finissant le film sur une charge d’adrénaline assez étonnante. Il se dégage du film une véritable impression de monter crescendo dans la pression, assez plaisante je dois avouer.
Impression générale renforcée d’ailleurs par l’extraordinaire direction artistique donnée au film : Sa photographie sombre mêlant teintes grises et brunes donne un véritable cachet très particulier au métrage et une véritable identité en totale opposition à celle de Prometheus, plutôt claire et lumineuse.
Autre point fort, sa partie musicale, oppressante et mystérieuse, signée Jed Kurzel, bande-son à mi-chemin entre hommage au score de Jerry Goldsmith du premier Alien, emprunt à ceux des suivants (surtout à James Horner dans sa seconde partie, certaines musiques ne sont pas non plus sans rappeler les influences religieuses du score de Ellioth Goldenthal pour Alien 3) et composition digne d’un véritable film d’horreur, tout en étant déstructurée, la musique reste cohérente à ce que l’on voit à l’écran et correspond au rythme du film, parfois intimiste, parfois violente, c’est un des points forts du film.

Malgré tout, il y a un point concernant la musique qui m’a un peu agacé et peut être ramené à un autre point négatif que je vais énumérer plus bas, à savoir l’hommage au premier film Alien et cet aspect un peu fan-service : Durant la première partie du film, on a un peu l’impression que certains thèmes du premier film (5) tournent en boucle et j’ai parfois eu envie de dire « C’est bon, on a compris, on est revenu dans Alien ! ». Néanmoins, il faut quand même relativiser car je pense que pour une personne qui ne connait pas ou peu le premier film de la saga comme moi ou certains fans le connaissent, cet aspect peut passer presque inaperçu, la musique intemporelle de Jerry Goldsmith restant, 38 ans après sa création, d’une efficacité presque exemplaire.

Hormis une utilisation un peu trop systématique de la musique originelle, d’autres points m’ont fait tiquer dans Alien Covenant, l’un de ces ponts est malheureusement symptomatique du cinéma actuel et il était assez peu probable que le film y échappe, à savoir ce que j’appelle le syndrome de la saga.
Après Prometheus, qui laissait suffisamment de portes ouvertes pour une suite qui paraissait presque obligatoire, Covenant souffre du même phénomène, cette fois-ci en étant un film de milieu de saga. Suite directe de Prometheus, il est assez dommage que le spectateur qui n’est pas vu ledit film puisse se retrouver un peu largué à la découverte du second acte de Covenant (celui sur la planète) : Qui est Elizabeth Shaw ? Qu’est ce que la mission Prometheus ? Qui sont les ingénieurs ? Ces questions sont rapidement expédiées, laissant un peu le spectateur qui n’a peut-être pas vu Prometheus, comme deux ronds de flan.
Cette mode actuelle de la saga peut un peu gêner, surtout aux vues des précédents opus de la saga Alien qui se suffisent à eux-même en établissant souvent un lien direct mais succin avec le ou les opus précédents en ne nuisant pas vraiment à leur déroulement, ce qui n’est pas le cas avec Covenant qui au fur et à mesure du film se confirme comme étant la « seconde partie » de Prometheus et se terminant sur un très prévisible et frustrant « à suivre »…

Le second point qui m’a un peu dérangé est un trop plein d’idées dans le film : On ressent à certains moments que Ridley Scott et son scénariste John Logan tentent un peu de « raccrocher les wagons » au train en marche en lançant tout un tas d’idées nouvelles. Certes la plupart de ces idées s’incluent bien dans le film, mais à certains moments on peine à les assimiler toutes en même temps, donnant au film une densité parfois un peu trop importante, là ou Prometheus restait volontairement et agréablement (enfin en ce qui me concerne) un peu nébuleux : Covenant reste globalement plus explicatif et concret que Prometheus, un postulat qui en dérangera certains et au contraire en satisferont d’autres, personnellement je reste assez dubitatif sur ce point.

Le rythme du film est influencé par cet aspect, allant crescendo jusqu’à un dénouement final survolté et spectaculaire, similaire à ce que l’on a pu voir dans Prometheus où dans le second film de la série, Aliens, Le Retour de James Cameron.
Car si il y a bien un point que Ridley Scott semble avoir retenu après Prometheus (qui se suffisait plus ou moins à lui-même en ne faisant que suggérer son appartenance à la saga), c’est la filiation des autres films de la série avec son opus originel : Dans Covenant, les clins d’œil et hommages à ceux qui lui ont succédé sont légions parfois subtils (la naissance du xénomorphe (6.1), certains plans « guerrier » de l’héroïne(6.2)), souvent évident (la scène finale (6.3)), visuels (6.4) ou même carrément digne du fan-service (la scène de la douche (6.5)) Scott brosse les fans dans le sens du poil sans en avoir l’air tout en ne se reniant pas ni en dénaturant son propre film, une prouesse plutôt bienvenue et honorable pour un réalisateur qui jusque là était assez vague sur les différentes suites données à son propre film. Véritable hommage de la part du réalisateur à ses successeurs ou demande appuyée des producteurs ? Je pencherais plutôt pour le premier choix, Ridley Scott ayant prouvé avec Prometheus que les pressions des studios, il pouvait assez simplement s’en affranchir.

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Dernier point négatif, le casting du film, que je trouve particulièrement inégal. Certains personnages sont très mis en avant de part leur importance dans le film, notamment Walter, interprété par un Michael Fassebender absolument grandiose avec son interprétation de l’androïde, sans cesse à la limite du sur-jeu et de la retenue, donnant un aspect presque candide et sensible au personnage.
Même chose pour le personnage de Daniels, interprété par Katherine Waterstone qui reprend à son compte celui de la femme forte de service campée précédemment par Sigourney Weaver et Noomi Rapace. D’autres s’en tirent bien, comme Billy Crudup (Le commandant Oram) en bigot aveuglé par sa foi, ou Danny McBride dans le rôle de Tennessee, le pilote du Covenant. Malheureusement, les autres personnages « secondaires » souffrent d’un traitement beaucoup moins fouillé et sont presque transparents pour certains : Le meilleur moyen de s’en rendre compte et que l’on peine à se souvenir de leur nom et que l’on se souvient surtout de la façon dont ils périssent… Alors que je me souvenais du nom de tous les membres de l’équipage du Nostromo après le premier visionnage du premier Alien, pour ce qui est de Covenant, je peine vraiment à me souvenir du moindre nom des autres personnages que ceux cités plus haut. Dans Covenant, les personnages secondaires servent surtout de chair à canon pour distiller des scènes gore, plutôt réussies d’ailleurs, et c’est un traitement assez peu habituel dans la saga où le décès de certains personnages, même secondaires, était vraiment ressentis comme de véritables pertes pour le spectateur.

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Le point essentiel de Alien : Covenant et c’est sans conteste celui-ci qui va le plus faire parler et son coté très explicatif et concret. Là où le premier Alien se voulait volontairement nébuleux et psychologique, Covenant explique, décortique et établi une mythologie concrète et crédible de son univers, mettant ainsi à mal le coté réfléchi et psychologique du premier film. Plus de place aux théories, suppositions ou explications métaphysique, dans Alien : Covenant, ce sont toutes les certitudes des fans qui sont mises à mal (ou confirmés pour certains, sait-on jamais), tout y est expliqué, jusque dans les moindres détails, expliquant, justifiant chaque détail de l’existence de la créature et de son univers. Tout y est soigneusement expliqué et il  en découle du film un univers cohérent et un début de continuité crédible faisant jusque là défaut à la saga.
Cette volonté manifeste de faire de la série Alien une véritable saga à part entière est une intention particulièrement louable de la part de Ridley Scott, une véritable continuité étant manifestement ce qui à toujours fait défaut à cette série de films, chaque réalisateur et scénariste ayant toujours un peu fait comme bon lui semble sur chaque opus, néanmoins, force est de constater que c’était un état de fait qui plaisait à beaucoup de fans.

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Et c’est là que Covenant va manifestement diviser : En expliquant tout de l’existence des Aliens, Covenant annule ce qui plaisait à une partie des fans de la série, le coté mystérieux et jusque là inexpliqué de l’existence des xénomorphes n’est plus, et les amateurs de théories et de suppositions diverses et variées vont devoir revoir leur copie.
Est-ce un bien ou un mal ? Difficile à dire, mais en ce qui me concerne, je ne suis pas et de très loin un amateur de ce genre de théorie de fans qui soutiennent mordicus à grands renforts de détails fumeux que seuls eux semblent voir qu’ils détiennent la vérité, j’aime les choses claires et définies et c’est ce que Covenant m’a offert, et ce à ma grande satisfaction : Plus de place à l’ambiguïté dans la saga Alien et c’est aussi bien car cela met la saga sur des bases solides et crédibles, ouvrant les portes pour une mythologie et une continuité plus stable et ouverte.

Alien : Covenant est donc pour moi une véritable réussite, plutôt que de se borner à refaire Alien ou donner une simple suite à Prometheus, Ridley Scott (re)créé un véritable univers autour de la franchise.
Le fait est que Alien est une licence très « dispersée », que se soit les films ou l’univers étendu, aucune continuité crédible n’avait été établie… Jusqu’à aujourd’hui avec Alien Covenant.
Donner une cohérence à un univers qui n’en a jamais eu, tel est le but de Ridley Scott avec cette nouvelle saga/préquelle/suite (barrer la mention inutile) et personnellement, je trouve qu’il est en bonne voie de réussir.
Reste à savoir si il va garder cette optique de cohérence et d’indépendance sur le long terme sans céder aux sirènes du fan-service à outrance ou aux exigences des producteurs. Car si Alien : Covenant est bel et bien ponctué de plusieurs clin d’œils et hommages aux autres opus de la saga, ça ne reste dans le fond que des détails car le film reste indépendant et c’est avec plaisir que l’on constate que le réalisateur garde son intention de départ sans tenir compte des avis extérieurs : Une indépendance d’idée qui par les temps qui courent dans le milieu du cinéma mainstream, fait quand même bien plaisir : Oui, Ridley Scott a encore des choses à dire et à faire sur la licence et il continue de le faire contre vents et marées, n’en déplaisent aux éternels insatisfaits.

Alien : Covenant de Ridley Scott avec Katherine Waterston et Michael Fassebender, en salle depuis le 10 mai 2017

Bande annonce française de Alien  : Covenant

Film Review Alien: Covenant

1 : Quelques articles sur le sujet que j’ai déjà écrit sont disponibles ici  :
Batman / Aliens :
https://thelesbiangeek.wordpress.com/2015/01/15/les-jeudis-de-langoisse-des-comics-3/

Hunting The Heroes, The Predators Attack ! : https://thelesbiangeek.wordpress.com/2016/01/28/les-jeudis-de-langoisse-des-comics-15/

Aliens Vs Predator Partie 1  : https://thelesbiangeek.wordpress.com/2016/12/29/les-jeudis-de-langoisse-des-comics-26/

Aliens Vs Predator Partie 2  : https://thelesbiangeek.wordpress.com/2017/01/26/les-jeudis-de-langoisse-des-comics-27/

Aliens Vs Predator Partie 3  : https://thelesbiangeek.wordpress.com/2017/02/23/les-jeudis-de-langoisse-des-comics-28/

2 : Je ne peux d’ailleurs que vous motiver à vous pencher sur l’univers étendu, les œuvres dérivés de cette saga méritent même récemment amplement que l’on s’y attarde, que se soit le roman Alien : Hors des Ombres de Tim Lebbon publié en France par Huginn & Mummin, absolument génial, l’excellente saga en bande dessinée Le Feu et la Roche publiée en France par Wetta ou le fantastique jeu vidéo Alien : Isolation de Sega, l’univers étendu d’Alien est rempli d’œuvres de qualité.

3 : Même si il s’agit sans aucun doute d’une coïncidence, il est amusant de constater que le même genre de thématique et de réflexion apparaissent également dans la saga en comics Fire & Stone (Le Feu et la Roche) au travers du personnage du synthétique Elden.

4 : Ces créatures portent d’ailleurs le nom de « Néomorphes », comme on peut le voir dans le générique de fin.

5 : Le thème principal entre autre  :

6.1 : SPOIL  : Étrangement similaire, avec une variation plus «  christique  », à celle du xénomorphe de Alien 3

6.2 : SPOIL  : Jusqu’au t-shirt blanc et la coupe de cheveux de l’héroïne, quasiment calqués sur l’aspect de Ripley dans la scène finale du second film.

6.3 : SPOIL  : L’utilisation d’une grue à pinces pour se débarrasser du xénomorphe, rappel à peine déguisé du Power Loader de Aliens, le Retour.

6.4 : SPOIL  : L’atelier de David 8 jonché d’expériences ratées dont certaines sont quasiment identiques à celles vu dans Alien, La Résurrection dans les laboratoires du vaisseau Auriga, dont l’homonymie avec la destination originelle du Covenant, la planète Origae-6, n’est très certainement pas un hasard non plus.

6.5 : SPOIL  : Sorte de mix entre la scène de « viol » de Lambert du premier film et l’attaque de l’infirmerie de Alien 3.

 

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Bordeaux Geek Festival : 3ème mi-temps


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Savez-vous où je serai la semaine prochaine ? Assurément à l’autre bout de la Garonne pour cette troisième édition du BGF qui se veut être un rendez-vous des plus sympathiques pour tout amateur de culture pop qui se respecte.
Parce que oui les enfants comme vous le savez déjà, beaucoup de choses se déroulent (fort heureusement) en province, les manifestations se multipliant dans l’hexagone pour notre plus grand plaisir.

Le Bordeaux Geek Festival a su se faire une belle réputation depuis deux ans avec des efforts constants dans le développement de sa partie comics, et il semblerait que cette évolution aille dans le même sens cette année.
Outre les diverses et nombreuses animations qui auront lieu entre les 25 et 28 mai prochain (je vous en laisse voir le détail ici), c’est évidemment le pôle comics qui nous intéresse plus particulièrement.
Comme l’année dernière, une Artist Alley sera mise en place au sein du festival et le moins que l’on puisse dire c’est que les artistes invités font plaisir à voir : l’ami Barry Kitson sera de la partie, ainsi que Rafa Sandoval, Iban Coello, Jordi Tarragona, Declan Shalvey et SURTOUT la magnifique et monumentale Jordie Bellaire (qui m’a honorée de la plus belle des manières il y a deux ans avec sa superbe interview), ainsi que Francis Portela qui sera présent sur le stand de l’éditeur Bliss Comics.
De quoi s’en donner à cœur joie en matière de comics pour cette nouvelle édition, vous pouvez d’ors et déjà compter sur un petit compte-rendu de ma part très prochainement.

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Classé dans Mood of the day

Jolie Couv’


Le mois de juin est traditionnellement celui des fiertés LGBTQ et ce depuis les événements du Stonewall Inn en 1969 qui ont fait naître le mouvement des droits civiques pour les gays, lesbiennes, bi, trans d’abord aux États-Unis puis dans le reste du monde (ou presque).
L’éditeur Image Comics célèbre à sa manière cette commémoration en proposant pas moins de 11 variant covers aux couleurs LGBT, l’intégralité des recettes engendrées par l’achat de ces couvertures variantes iront à l’organisation Human Rights Campaign.

Voici les titres concernés par cette initiative généreuse et bienvenue de la part de l’éditeur : Bitch Planet: Triple Feature #1 illustré par Valente De Landro, The Walking Dead #168 par Sina Grace & Tamra Bonvillain, The Divided States of Hysteria #2 par Howard Chaykin, Rose #3 par Ig Guara, Grrl Scouts: Magic Socks #2 par Jim Mahfood, Redneck #3 par Ed Luce, Crosswind #1 par Cat Staggs, The Old Guard #5 par Leandro Fernandez, Black Magick #6 par Nicola Scott, Deadly Class #29 par Wes Craig, et Shutter #29 par Leila del Duca.

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Batwoman #3 : la preview


Les aventures de l’agent Kane se poursuivent la semaine prochaine, au programme espionnage, cours de drague (je vais prendre des notes) et sauts dans le passé. Soit dit en passant ça fait du bien de la voir avec sa coupe de cheveux classique, et oui, je fais ma puriste et j’assume totalement.

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Saving Private Danvers


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You’re a badass Danvers.

Avant de faire un retour comme il se doit sur cette seconde saison de Supergirl, (celle-ci n’étant pas encore finie je préfère encore garder un peu mes billes), je voulais revenir sur l’épisode de la semaine dernière qui m’a particulièrement plu et pour cause : il est centré sur Alex Danvers et sa relation avec Maggie Sawyer, une relation qui a connu des hauts et des bas tout au long de cette saison, et qui a surtout à mon avis été assez mal exploitée malgré un début très prometteur.

J’ai déjà parlé des forces et des faiblesses de la première saison de Supergirl, ainsi que de mes attentes. Puis j’ai exprimé mon enthousiasme sur ce début de seconde saison… et depuis plus rien. La raison en est simple, il n’y avait pas grand chose à dire à mon goût et pour cause : cette seconde saison a pris une direction assez décevante en se prenant une nouvelle fois les pieds dans une love story lourdingue entre son héroïne principale et le bellatre/benet de service. L’année dernière il s’agissait de Jimmy Olsen, cette année de Mon-El, et pendant qu’on nous inflige ces bluettes insipides qui n’intéressent absolument personne, le temps imparti pour le reste des personnages secondaires est irrémédiablement réduit comme une peau de chagrin.
Pourtant si il existe une certitude en ce monde, c’est bien la suivante : on ne regarde pas Supergirl pour sa romance avec un tâcheron venu de Daxam mais bel et bien pour tout le reste, j’y reviendrai dans un autre billet en fin de saison.

Fort heureusement, il existe quelques bouffées d’oxygène dont cet épisode 19 intitulé sobrement Alex. Dans celui-ci la sœur adoptive de Kara se fait enlever et notre jeune héroïne va devoir la retrouver dans une course contre la montre, aidée naturellement par sa petite amie (d’Alex, pas de Kara, pour ça on verra la saison prochaine) Maggie « Montoya » Sawyer.
Les deux femmes ont beau avoir le même but, elles sont loin d’avoir les mêmes méthodes, celles de Kara sont pour le moins expéditives, dues à sa jeunesse, son enthousiasme et bien entendu l’ampleur de ses super pouvoirs. En gros avec Kara c’est du « On tape d’abord, on discute après », comme nous le montre la scène d’ouverture de cet épisode. Maggie au contraire est une femme d’expérience (ce qu’on avait compris dès le début de la saison) qui mettra 17 heures à essayer de négocier une prise d’otage avant que celle-ci prenne fin de manière musclée par la dernière fille de Krypton.
Dans la scène suivante, on voit qu’il y a un gros malaise concernant l’événement précédent, Mon-El en mode gros lourdingue se demandant à quoi peut bien servir la police alors que Supergirl est tout à fait capable de faire le job toute seule, ce qui est loin de ravir notre flic préférée.

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Celle-ci argumente que ces méthodes expéditives (et souvent violentes) pourraient se retourner contre elle devant un tribunal, les malfrats s’en sortant grâce à un non lieu. Mais Supergirl met en avant l’image qu’elle représente : L’espoir, l’aide et la compassion. Le symbole contre le système.
Et au milieu de ce crêpage de chignon en mode Justice Warrior, Alex fait du mieux qu’elle peut afin de faire tampon entre la femme qu’elle aime et son impétueuse sœur.

Alors quand Alex se fait kidnapper au terme de cette soirée pizza des plus mouvementées, les deux personnes à qui elle tient le plus vont tenter de travailler ensemble malgré leurs différents. S’en suit une tension palpable, maîtrisée et allant crescendo tout au long de cet épisode, où les trois principaux protagonistes (Kara, Alex, Maggie) seront traités de manière égale car face à un même destin, et sincèrement cela fait un bien fou de les voir être pris au sérieux un peu plus que d’ordinaire.

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Face à la disparition d’Alex, Kara et Maggie auront des réactions logiquement différentes en ce début d’épisode, le flair et le professionnalisme de Maggie va s’opposer au manque de sang froid et l’impulsivité de Kara. Alex n’est plus là pour les tempérer, elle s’efforce de trouver une solution pour se libérer toute seule de sa cage en verre (qui on le devine va soudainement se remplir d’eau, sinon c’est pas drôle), car Alex c’est tout sauf une demoiselle en détresse. Ingénieuse et Badass, elle ira jusqu’à s’extraire en mode Rambo l’implant situé dans son épaule qui est censé la localiser, afin de pouvoir le reconnecter et permettre à ses amis de la retrouver.

Pendant ce temps là Kara perd toujours un peu plus son sang froid, alors que l’identité du kidnappeur est révélé et que son chantage est mis à jour : la vie d’une sœur contre la liberté d’un père qui a pris perpette. Comme le DEO ne négocie pas avec les terroristes, Supergirl voit littéralement rouge :

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Ce qui est pourtant loin d’impressionner son adversaire, un ancien camarade de classe que côtoyaient les deux frangines lorsqu’elles vivaient encore à Midvale et qui connait la véritable identité de Supergirl.
Fort heureusement, Maggie « Montoya » Sawyer va tenter de débloquer la situation avec ce qu’elle sait faire de mieux : la négociation.
C’est à partir de ce moment que l’épisode devient véritablement intéressant car il prend en compte l’orientation sexuelle d’Alex à travers l’amour que lui porte Maggie.

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Rick Malverne, le kidnappeur d’Alex fera allusion à son homosexualité autant qu’il le peut, jusqu’à se demander qui, entre Kara et Maggie, l’aime le plus.
Après une énième saute d’humeur de Supergirl, Maggie reprend les choses en main, faisant intervenir Jonn Jonzz qui a pris l’apparence du père de Rick mais le subterfuge ne prend pas.

Entre temps, Alex Badass Danvers a réussi à se faire localiser par le DEO, ce qui va bien évidement pousser Supergirl à foncer dans le tas, contre l’avis de Maggie qui en bonne inspectrice sent le coup fourré à des kilomètres, tout en lui mettant dans les dents que se la jouer solo dans ce sauvetage est une fausse bonne idée.

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Ce qui devait arriver arriva, Supergirl se retrouve au mauvais endroit et déclenche le remplissage de la cellule d’Alex, il ne lui reste alors plus que 4 heures à vivre. Ayant récupéré un ordinateur portable sur place, Kara peut communiquer avec sa sœur qui lui interdit de rentrer dans le jeu du terroriste, en bon soldat du DEO qu’elle est.
Déboule alors Maggie, alors que l’eau monte irrémédiablement, Alex souhaite lui parler seule à seule comme si elle devait lui faire ses adieux, s’en suit ce qui semble être une ultime discussion entre les deux jeunes femmes puis lorsque la connexion se rompt, d’une dispute entre une Maggie désespérée et une Kara qui continue à rester sur ses positions.
Alors là les enfants, je peux vous dire qu’après une semaine je suis encore en train de passer la serpillière chez moi. Cette scène est juste superbe, autant Chyler Leigh m’avait bluffée tout au long de l’épisode 6, autant Floriana Lima m’a donné la chair de poule dans celui-ci, jouant les dures à cuire comme à son habitude en début de programme pour finir en pleine décomposition lacrymale. J’imagine des cohortes de lesbiennes littéralement tomber en syncope suite à cette scène.

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Maggie was right.

Le compte à rebours continue et Kara se rend compte que son tempérament à vouloir agir sans réfléchir risque de tuer sa sœur. Le Martian Manhunter (qui porte souvent la voie de la raison dans la série) va la réconforter sans toutefois apporter de solutions tangibles.
C’est encore une fois Maggie qui va débloquer la situation, faisant fi des principes qu’elle a pourtant pendu au nez de Supergirl tout au long de l’épisode. Après un échange avec Rick, elle décide d’exfiltrer son père de prison afin de donner une chance à Alex. On notera la maîtrise totale de notre flic de choc dans cette dernière confrontation alors que nous l’avions laissé complètement déconfite dans la scène précédente. Ah bonté divine, cette femme est tellement parfaite (oui j’avoue, je suis amoureuse de Maggie Montoya et alors ???) !

Alex n’est pas en reste, toujours en mode Rambo (ou McGyver, on ne sait pas trop exactement), l’agent fait tout ce qu’elle peut survire jusqu’à se servir de son pantalon pour en faire une bouée de sauvetage.
Kara comprend ensuite les intentions de Maggie et file tout droit au centre de détention où est incarcéré le père de Rick, et là miracle, c’est elle qui arrive à raisonner et Maggie et le paternel, touchée par la grâce de la négociation.

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Ni une ni deux, les deux héroïnes se rendent à l’endroit où est détenue Alex et Supergirl arrive in extremis à libérer sa sœur de son cercueil aquatique.

La scène qui suit est encore une fois responsable d’une montée des eaux devant mon écran, Alex et Maggie enfin réunies partagent un moment qui, mine de rien, fait fichtrement chaud au cœur dans ce monde de brutes.
Oui je vous l’accorde, c’est mélo, c’est cucul, mais ici on est ni dans Sense8 ni dans Orange is the New Black, on peut voir deux lesbiennes qui s’aiment dans un programme tout public (et notamment destiné à un jeune public) et j’imagine très bien la portée, la résonance que cette scène (comme la précédente) peut avoir dans le subconscient de celles et ceux qui souffrent parce qu’ils se sentent rejetés à cause de leur orientation sexuelle.

Alors qu’en Tchétchénie un véritable génocide anti-gay est actuellement en train d’avoir lieu, sous le comportement semi-léthargique de la part du reste du monde (hormis l’Allemagne grâce à la Mère Merkel), il est important de continuer à diffuser ce genre de scènes au plus grand nombre, car dans ce programme ce couple est traité comme n’importe quel autre, il s’agit juste de deux personnes qui ont failli ne plus jamais se revoir.

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Oui cet épisode me fait beaucoup de bien à chaque fois que je le regarde (je préfère taire le nombre de visionnages en une semaine) car même si comme d’habitude il est truffé de défauts (je vous invite à lire la désopilante review de Not a Unicorn) il véhicule de très belle choses comme le fait que l’amour ressenti par Kara et Maggie envers Alex est ici traité au même niveau.
Certes la série a beau être logiquement centrée sur Supergirl (et par extension sa relation assommante avec Mon-El), elle s’offre parfois de belles ouvertures comme c’est le cas ici avec ce couple malheureusement encore mal exploité selon moi, tout comme les autres couples et duo de la série… Mais j’aurais le temps de développer tout ça dans un autre billet.

J’ai volontairement mis de côté les scènes qui concernaient Lena et sa relation naissante avec Rhea, celle-ci a beau être intéressante dans le déroulement de l’intrigue générale, je voulais surtout faire part de mon enthousiasme vis à vis du développement de personnages qui me tiennent à cœur, et comme je l’ai déjà dit, trop souvent sous exploités à mon goût.
On notera également l’absence ou la très grande discrétion des personnages masculins réguliers dans cet épisode, que ce soit Mon-El (il a du avoir 3 répliques et c’est tant mieux !), Winn, Olsen, ou encore Martian, qui toutefois s’en sort mieux que les autres. Est-ce pour autant que cet épisode se révèle être un poil au dessus que ses prédécesseurs ?
Ayant vu l’épisode suivant aujourd’hui, j’ai personnellement une bribe de réponse : Il faut vraiment que cette série laisse la place à ses personnages secondaires, à partir du moment où elle ne fait que survoler la psyché de son héroïne principale.

Du reste cet épisode fait partie de mes préférés pour cette seconde saison, mais par Rao, le chemin vers la perfection s’avère être encore fichtrement long…
Bon à part ça si jamais vous avez le 06 de Maggie Montoya je suis preneuse.

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Un mois


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Un mois tout juste nous sépare de la sortie du film de Patty Jenkins et c’est un euphémisme de dire que je l’attend avec beaucoup d’impatience pour tout un tas de raisons (et si vous êtes des habitués de ce blog vous les énumérerez très aisément).

Pour le moment les différents extraits et bandes annonces ont su nous montrer ce qu’il fallait voir sans nous spoiler, l’idée était surtout de donner une nouvelle image de Diana auprès du grand public, et je pense que ce défi là a été relevé.
Il en est un autre, beaucoup plus délicat, celui de rompre la malédiction des films de super héroïnes qui ont souvent donné des résultats complètement à côté de la plaque en terme de caractérisation. Et en ce sens, je peux dire qu’à un mois de la sortie du film je suis assez confiante. C’était loin d’être le cas au début certes, mais La Gadot est celle qui a réussi à me réveiller de ma tétanie lors de cette fameuse séance de BVS alors… oui j’ai confiance.

Dans un mois j’écrirai donc une critique de ce film tant espéré, et quoiqu’il arrive j’aurai l’honnêteté (encore heureux) de ne pas jouer les fangirls de mauvaise foi si il n’y a rien à sauver.

J’irai voir ce film avec mon Sidekick, nous mettrons tout les deux des T-shirt Wonder Woman, parce que ce sera avant tout un jour de fête, une célébration de voir enfin porter sur grand écran une héroïne aussi majestueuse et porteuse d’espoir pour l’humanité, et j’aurai aussi une pensée pour Christie Marston, la petite fille de William Moulton Marston, car j’espère de tout cœur que le sien sera rempli de bonheur en voyant que le message de son grand père aura respectueusement été transmis.

Mise à jour du 8/05/17 :

Et voici une ultime bande annonce dévoilée la nuit dernière :

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