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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 29


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Eerie & Creepy présentent Bernie Wrightson

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Il y a parfois des moments où l’actualité vous rattrape et mon statut de simple collaborateur sur un blog ne me fait pas déroger à la règle…
Je ne vais pas vous cacher qu’à la base, un autre « Jeudi » sur un tout autre thème était prévu mais le décès prématuré de Bernie Wrightson dimanche dernier m’a brusquement fait changer mes plans. Exit donc ma première idée, et place à un autre hommage (j’en ai déjà fait un « à chaud » ici) à ce grand maître de l’horreur dessinée !

Bernie Wrightson est surtout connu des fans de comics pour sa légendaire itération illustrée du Frankenstein de Mary Shelley, mais l’artiste a également beaucoup travaillé pour les magazines d’horreur Warren Publishing, particulièrement les mythiques revues Eerie et Creepy, durant les années 70 (de 1974 à 1978 pour être plus précis) et c’est l’intégralité de ces travaux pour ces deux magazines que propose l’éditeur Delirium dans cet album (1).

L’album reprend donc l’ensemble des histoires réalisées par Bernie Wrighston pour les deux magazines est force est de reconnaître à la lecture de cet ouvrage que le dessinateur a un peu touché à tout les genres et ambiances, petit tour d’horizon des histoires présentes et sur son contenu.

Le livre s’ouvre sur une longue préface de Bruce Jones, le scénariste, ami et collaborateur de Bernie Wrightson revient avec nostalgie, humour et passion sur son amitié avec l’artiste au gré de nombreuses anecdotes. Une bien belle façon de commencer le livre qui confirme, si il en était encore besoin, de la valeur aussi bien humaine qu’artistique de l’artiste. Cette préface prend encore plus de sens et de symbole depuis son décès car elle prouve encore une fois que Bernie Wrightson était en plus d’être un artiste exceptionnel, une personne admirable.

Les histoires sont classées en deux parties, celles publiées dans Creepy, puis ceux publiées dans Eerie.

Le Chat Noir (The Black Cat) adaptation de la nouvelle d’Edgar Alan Poe

Paru dans Creepy #62 de mai 1974

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Un homme jaloux du chat de sa femme va peu à peu sombrer dans la folie jusqu’à commettre l’irréparable, un classique de la littérature horrifique ici adapté par Bernie Wrightson.

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Bien avant Frankenstein, Wrightson montrait déjà sa passion pour les classiques de l’horreur avec cette adaptation de toute beauté. Les dessins de l’artiste, comme pour Frankenstein, bien loin de seulement adapter l’histoire originale, la magnifie en lui donnant une véritable identité : Le style gothique, sombre, psychologique et malsain de Poe est ici parfaitement retranscrit par Wrightson.
Bien plus qu’une adaptation, c’est un véritable hommage qu’il rend à ce classique de la plus belle des manières. On y perçoit d’ailleurs les prémices de son futur chef d’œuvre avec une obsession du détail, notamment dans les décors.
Une histoire charnière pour l’artiste, un must read.

Jenifer, histoire écrite par Bruce Jones, dessinée par Bernie Wrightson

Parue dans Creepy #63 de juillet 1974

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Un chasseur surprend dans les bois un homme tentant de tuer par décapitation une jeune femme. Le chasseur tire sur l’homme qui, agonisant dans ses bras, n’a le temps de prononcer que le nom de la fille, « Jenifer ». Le chasseur recueille l’infortunée pour s’apercevoir qu’elle a un visage difforme et ne peut pas parler. Touché par la détresse de la pauvre créature, le chasseur l’accueille chez lui, au sein de sa petite famille. Mais la présence de Jenifer au sein du foyer va vite devenir problématique…

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De toute les histoires de cet album, Jenifer est sans conteste ma préférée : Malsaine, la sensation d’attraction / répulsion pour Jenifer est palpable au travers des dessins de Wrightson et le lecteur est vite chamboulé entre la pitié et la haine pour cette créature pathétique et monstrueuse et son malheureux bienfaiteur. Une histoire troublante, magnifiquement mise en image par Wrightson.

Clarice, histoire de Bruce Jones, dessinée par Bernie Wrighston

Parue dans Creepy #76 de février 1977

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Un homme se remémore les bons moments passés avec sa défunte femme tandis que le fantôme de celle-ci semble le harceler à l’extérieur de chez lui durant une tempête de neige.
Encore une histoire particulièrement troublante, quasiment onirique, dont la chute est certes assez commune mais surprenante. L’histoire est courte mais loin des canons de ce genre de récit : Ici point de scènes de violence où de monstre hideux, le ton est triste, presque nostalgique jusqu’à la révélation finale, cette chute étant en fait le seul impondérable de cette histoire. Une histoire différente mais particulièrement réussie.

Les Rats des Champs (Country Pie) scénario de Bruce Jones, dessins de Carmine Infantino, encrage de Bernie Wrightson

Parue dans Creepy #83 de octobre 1976

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Un homme prend en auto-stop une jeune femme et son petit frère, croyant bien faire, il se retrouve malgré lui la victime d’une machination diabolique. Dans le même temps, deux policiers suivent, sans grande conviction, les directives d’une médium concernant un tueur en série. Les deux affaires seraient-elles liées  ?

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Une histoire assez surprenante, à la chute plutôt bien vue et différente de la majorité de ce genre d’histoire, ce qui la rend d’autant plus intéressante.

Seulement encrée par Bernie Wrightson, cette histoire est dessinée par le grand Carmine Infantino, à l’époque dans une période creuse de sa carrière. Infantino venait d’être renvoyé de chez DC Comics et Bruce Jones et Bernie Wrightson décidèrent de l’aider en lui confiant les dessins de cette histoire. Pour la petite anecdote, à l’époque où Wrightson commença à travailler pour DC Comics, Infantino était la star incontestée de DC, lorsqu’il fut congédié, il se retrouva dans un petit bureau de Warren Publishing et c’est là que Jones et Wrightson le retrouvèrent. Touchés par sa situation et se souvenant de l’aide qu’il lui avait apporté au début de sa carrière, Wrightson lui proposa les dessins de cette histoire. Infantino en dessina une autre, toujours encrée par Bernie Wrightson dont je vais parler de suite.

Dick Swift et sa bague de force électrique  ! (Dick Swift and his electric Power Ring  !) écrit par Bill DuBay, dessins de Carmine Infantino et encrage de Bernie Wrightson

Parue dans Creepy #86 de février 1977

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Peter est un jeune garçon très malade. Malgré les traitements, son état ne fait qu’empirer et alité, il ne fait que discuter avec son meilleur ami, le vieux monsieur Music et lire les comics de Dick Swift, son héros favori. Un jour il commande l’arme favorite de son héros, la fameuse bague de force électrique et une fois en sa possession, cette bague va lui redonner espoir, de la plus belle des façons.

Une histoire particulièrement touchante, en décalage complet avec les thèmes de la plupart des histoires habituellement publiées dans Creepy. Une véritable réflexion sur l’utilité des héros imaginaires et leur influence, à lire absolument.

Une saga martienne (A Martian Saga) histoire de Nicola Cuti, dessins de Bernie Wrightson

Publiée dans Creepy #87 de mars 1977

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Un mystérieux personnage masqué arpente les paysages de Mars sans but lorsqu’il assiste quasiment impuissant au massacre d’un petit village et ses habitants des mains d’un monstre horrible. Arrivé trop tard, il abat le monstre et sauve une jeune femme. Mais ce sauvetage était il vraiment une bonne chose pour lui  ?

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On sort de l’horreur pure pour la science fiction sombre et violente avec cette histoire. Le récit est relativement court mais les deux auteurs aux commandes réussissent à créer malgré cela une véritable ambiance glauque et malsaine et presque désespérante. L’histoire est de plus sans paroles, narrée par le personnage principal sous forme d’un poème. Un très bon moment de lecture.

L’Homme qui rit (The Laughing Man) scénario de Bruce Jones, dessins de Bernie Wrightson

Publiée dans Creepy #95 de février 1978

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Dans une colonie africaine, un homme en guenilles apparait un beau jour et réclame à boire. L’homme, épuisé, semble être sujet à une crise de démence, ne pouvant s’empêcher de rire. Une fois calmé, il raconte alors son histoire : Lui et son meilleur ami étaient partis en expédition pour découvrir une tribu légendaire de singes civilisés, mais leur expédition va vite virer à l’horreur…

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Une histoire sordide et glauque, typique du magazine Creepy à la chute aussi invraisemblable qu’horrible, magnifiquement mise en image par un Bernie Wrightson au top de sa forme : En résumé, du très bon comic d’horreur, l’une des meilleures histoires de ce recueil.

Le monstre de Pepper Lake (The Pepper Lake Monster) scénario et dessins de Bernie Wrightson

Publié dans Eerie #58 de juillet 1974

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Summers est un homme obsédé par la chasse aux monstres, mais il n’en a jamais rencontré aucun… Jusqu’au jour où son obsession devient réalité et son chemin fini par croiser celui d’une immense créature marine à Pepper Lake. Le monstre devient son obsession et le capturer sa raison de vivre. Mais les habitants de Pepper Lake ne semblent pas du même avis.

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Une histoire très inspiré par le monstre du Loch Ness, qui donne une image assez caustique des habitants du fameux lac. Originale et cruelle, une histoire qui même si elle est typique des productions Warren est magnifiée par le talent de Bernie Wrightson.

Quand la nuit tombe (Nightfall) scénario de Bill DuBay, dessins de Bernie Wrightson

Parue dans Eerie #60 de septembre 1974

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Némo est un petit garçon bien malchanceux : Toutes les nuits des monstres surgissent des coins sombres de sa chambre pour l’emmener dans leur monde. Personne ne le croit et chaque nuit Némo espère que ça ne sera pas sa dernière nuit… Au grand dam de ses parents, forcés chaque nuit de le rassurer.

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Entre peurs enfantines et monstres hideux, cet hommage au Little Nemo de Winsor McCay est absolument jouissif, principalement pour les dessins de Wrightson qui démontre toute l’étendue de son talent pour dessiner des monstres. Chaque planche est un ravissement et l’amateur de monstruosités en tout genre y trouvera sans problème son compte  !

Un air glacé (HP Lovecraft’s Cool Air) adaptation de la nouvelle de Howard Phillips Lovecraft par Bernie Wrightson

Publiée dans Eerie #62 de janvier 1975

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Un homme raconte sa phobie des courants d’air au travers d’un de ses souvenirs de jeunesse. Alors jeune employé d’un journal, il découvre un jour une tâche d’ammoniaque au plafond de son petit appartement. L’infiltration le fait se sentir mal et c’est tant bien que mal qu’il va se plaindre à son voisin du dessus. Il y découvre Mr Munoz, un vieil homme forcé de vivre dans un appartement aux températures glaciales. Mais un jour, le climatiseur du vieil homme tombe en panne, et ainsi commence une aventure aussi invraisemblable que terrible pour notre pauvre héros.

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Après Edgar Alan Poe, c’est au tour de HP Lovecraft de se voir être adapté par Bernie Wrightson et encore une fois c’est une grande réussite : L’histoire originale gagne ainsi un coté visuel assez impressionnant, Wrightson mettant encore une fois beaucoup de passion à illustrer cette histoire, cette passion transpirant à chaque planche. Une histoire à classer parmi les classiques de Bernie Wrightson, ni plus ni moins.

Reuben Youngblood  : Détective Privée  ! (Reuben youngblood  : Private Eye !) scénario de Budd Lewis, dessins de Howard Chaykin et Bernie Wrightson

Parue dans Eerie #72 de février 1976

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Reuben Youngblood est un détective privé avide d’aventures, ainsi lorsqu’un de ses amis lui confie une enquête, ce n’est ni une ni deux que le fougueux détective monte à bord d’un zeppelin pour y mettre à jour un trafic… De sang humain ! Une aventure rocambolesque qui va amener notre aventurier à se coltiner des vamps au physique avantageux ainsi que des industriels nazis.

Changement de style pour cette histoire d’aventure dessinée à quatre mains par Howard Chaykin (dessins) et Bernie Wrightson (finitions et encrage). L’histoire est typique de celles que l’on pouvait lire dans les pulps des années 30 et en est un hommage à peine dissimulé. Le ton léger et aventureux de ce récit détonne assez singulièrement avec les autres histoires de l’ouvrage, de plus l’histoire est très verbeuse, rendant sa lecture parfois un peu laborieuse, mais le côté un peu rétro qui s’en dégage la rend néanmoins assez agréable à lire.

Le monstre de boue (The Muck Monster) scénario et dessin de Bernie Wrightson

Publiée dans Eerie #68 de septembre 1975

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Il est une créature sans âme, née de la science d’un savant fou pour qui sa création n’a aucune valeur. Sacrifiée, la créature réussira malgré tout à revenir à la vie pour réclamer une explication à son existence.

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Seule récit de l’ouvrage en couleur, cette histoire est intéressante surtout pour le fait que l’on est en présence d’un premier jet manifeste du futur Frankenstein de Bernie Wrightson : Des ambiances du récit au look des personnages, tout y est déjà.
Wrightson étant peu habitué aux récits en couleurs, elle apporte néanmoins ici une touche supplémentaire au travail de l’artiste et donne une idée de ce à quoi aurait pu ressembler une version colorisée de son chef d’œuvre. Une histoire essentielle dans la carrière de l’artiste, à lire absolument pour tout fan de Wrightson.

Cette histoire conclu de façon admirable un ouvrage tout aussi admirable, mais ce n’est pas fini  !

Ultime chapitre du livre, une galerie d’images constituée des frontispices (2), illustrations et couvertures que Bernie Wrightson a réalisé pour les deux magazines sont proposés et autant être franc, c’est un véritable déluge visuel, un ravissement pour les amateurs d’horrible, ces illustrations étant de véritables pépites pour les fans d’horreur dessinée.

La galerie s’ouvre d’ailleurs sur un dessin que Bernie Wrightson avait fait alors qu’il n’était qu’un lecteur de ces revues, dessin qui fut publié à l’époque dans le courrier des lecteurs, comme quoi à force d’efforts et de talent, tout est possible.

Un dernier mot sur l’édition française et autant dire que Delirium n’a plus rien à prouver, leurs ouvrages étant de véritables modèles de professionnalisme : Grand format, couverture rigide, papier glacé, impression et traduction impeccables (traduction signée par Doug Headline aka Tristan Jean Manchette), cet ouvrage est à l’image des autres publications de l’éditeur, un objet de toute beauté.

Eerie & Creepy présentent Bernie Wrightson est un ouvrage que tout fan de l’artiste ou même de comics d’horreur se doit de posséder : C’est clairement un ouvrage de référence, magnifiquement édité, limite indispensable.
Je n’ai rien d’autre à ajouter, personnellement j’ai dû le lire cinq ou six fois et je n’ai qu’une seule envie, refaire la connaissance de Jenifer, Clarice, Némo et tout les autres créatures immortalisées par Bernie Wrightson ! Si comme moi vous voulez faire le chemin, courrez vous procurer cet ouvrage et entreprenez vous aussi ce voyage au cœur des ténèbres, vous ne serez pas déçu.

Eerie & Creepy présentent Bernie Wrightson, disponible en France depuis le 19 novembre 2014 chez l’éditeur Delerium.

1 : Pour les plus complétistes, il ne manque dans cet album qu’une histoire back-up de deux pages publiées dans Vampirella (un autre magazine de Warren Publishing) intitulée The Believer pour avoir l’intégralité des travaux de Bernie Wrightson pour Warren Publishing. Mais heureusement, cette histoire a été publiée en France dans le magazine Special USA #14 sous le titre «  Le Dieu Cornu  ».

2 : Les frontispices sont des illustrations pleine page, présentant une histoire. Dans les revues d’horreur, elles mettent souvent en scène un narrateur, présentant de façon ironique et macabre le récit qui va suivre.

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Hommage à Bernie Wrightson (par Julien Lordinator)


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Difficile de trouver un titre efficace et original lorsqu’une de vos idoles quitte ce monde… J’ai choisi quelque chose de sobre et de direct et ma foi assez classique.
Classique, si il y a bien un mot qui dans les faits caractérise à merveille le travail de Bernie Wrightson, c’est classique, dans le sens le plus noble du terme.

Bernie Wrightson est décédé ce dimanche. Lui qui même sur son lit d’hôpital continuait de signer ses prints, a su durant sa carrière magnifier l’horreur au travers de ses dessins. Je ne vais pas faire une longue nécrologie de l’artiste, beaucoup l’ont déjà fait et le feront sûrement encore après moi, personnellement, Wrightson m’a beaucoup influencé et faisait partie de mes artistes favoris, c’est donc plutôt de mon admiration pour lui et de quelle façon lui et son travail m’ont profondément marqué dont je vais parler.

Mon premier contact avec l’artiste se fit au travers du crossover Batman / Aliens (dont j’ai déjà parlé plus longuement ici) : Nous sommes en 1998, je ne lis des comics que depuis quelques années et déjà c’est une claque. Un trait fin et détaillé, des splash pages énormes et magnifiques (ce plan sublime du vaisseau écrasé en pleine jungle amazonienne ou cette abomination xénomorphe de fin de récit !) et je suis loin de me douter que ce premier contact avec l’art de Bernie Wrightson allait être déterminant pour moi et le futur de ma passion pour les comics, plus particulièrement d’horreur.

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Bien des années après, j’arpente les brocantes à la recherche de comics old-school en version française (ce que je fais toujours d’ailleurs) et c’est une seconde claque visuelle en découvrant au détour d’un de mes chinages un numéro de La Créature du Marais chez Aredit sobrement intitulé La Créature du Marais : La Dernière des Sorcières. Véritable révélation artistique, à l’époque je dessine déjà un peu mais je viens de trouver un de mes maîtres, Wrightson va devenir mon inspiration et sans vouloir copier son style, lorsque je dessine, je veux faire ce genre de chose !

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Dés lors je vais tenter de me procurer un maximum du travail de l’artiste et ma quête va inévitablement croiser celle de son Frankenstein. Détail amusant, à l’époque je n’ai jamais lu ce roman et ma première lecture se fera donc au travers de la version illustrée par Bernie Wrightson et avec le recul, je n’aurais pas pu rêver meilleur premier contact avec ce classique : Plus que de l’illustrer, Wrightson le magnifie, le complète, et lui donne une véritable identité visuelle. J’ai passé des heures à admirer chaque page, relevant chaque détail et admirant la complexité de ses illustrations. Plus qu’une influence, ce livre fut pour moi un moteur et une motivation à me dépasser, à mon niveau de gribouilleur amateur du dimanche bien sûr.

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Il y a des artistes qui marquent la vie des passionnés, pour moi, Bernie Wrightson fait partie de ceux là : C’est un modèle que j’ai perdu ce week-end, une motivation, et le meilleur hommage que je peux lui rendre est de continuer à essayer de me dépasser, encore une fois, à mon niveau.
Depuis ce week-end, si les monstres pouvaient pleurer, ils pleureraient sans aucun doute la disparition de celui qui a su les rendre beaux, qui a su leur rendre hommage en les magnifiant au travers de ses dessins et ses illustrations, ce portraitiste du macabre, cet artiste au talent monstrueux leur manquera, tout comme il manquera à ceux qui comme moi, admirait son art.
Le Docteur Frankenstein cria « Il est vivant ! » à la naissance de son monstre, et dans nos cœurs, vivant, Bernie Wrightson le sera toujours.

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[NDLK]

Magnifier l’horreur. C’est exactement l’expression que j’aurais employé pour donner un sens à l’oeuvre de Bernie Wrightson.
Même si le genre dans lequel il évoluait n’était pas nécessairement aux goûts de tous, régnaient dans toute son oeuvre bel et bien la Technique et l’Art à proprement parler qu’aucun être humain dans ce bas monde ne pourrait contester.
Bernie était non seulement un maître, pour moi l’un des quatre piliers de ce fameux Studio, mais avant tout cet artiste qui naviguait sans cesse sur ce fil si fragile qui lie l’horrifique à la poésie.
Sa disparition est pour moi synonyme d’une perte sans pareille. Sans l’avoir jamais connu je savais qu’il était un homme bienveillant, cela se voyait tout simplement dans ses œuvres, car tout ses monstres avaient bien cela en commun : ils étaient bien plus humains que la plupart d’entre nous.

Je peux ici vous faire part d’une anecdote que nous partagerons à tout jamais entre Julien, Bernie, et moi. Si il fallait nommer un Empereur au sommet de la pyramide de nos affects communs celui-ci se nommerait sans équivoque Bernie Wrightson.
Il y a quelques années Julien a traversé quasiment tout le pays pour venir me rendre visite dans mes contrées sudistes. Malgré nos nombreux différents, sur de bien belles choses nous restons unanime, et le genre horrifique fait partie de nos valeurs communes.
Un jour où nous prospections quelques trouvailles dans un vide grenier en plein cœur de la ville rose, Julien tomba nez à nez sur l’édition de Frankenstein parue chez Albin Michel. Le livre était en très bon état, pour un prix très avantageux, ni une ni deux j’en suis depuis ce jour l’heureuse propriétaire et ce grâce à l’œil aiguisé de notre Julien National. Je suis depuis ce jour tombée sur d’autres exemplaires mais pas aussi bien conservés que celui que je possède actuellement, et je ne remercierai jamais assez mon ami de me l’avoir mis sous les yeux.

Bernie Wrightson nous manque déjà énormément, et nous les freaks orphelins il ne nous reste plus désormais qu’à replonger dans son univers peuplé de goules, créatures du marais et autres zombies décharnés, des êtres souvent empreints d’une certaine mélancolie poétique, c’est bien l’état dans lequel nous sommes depuis dimanche dernier.

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Les jeudis de l’angoisse (des comics) #9


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La Foire aux Monstres

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Le monstre humain (Freaks en anglais) est un mot qui n’a pas la même signification d’une personne à l’autre. Insulte pour certains, terme choquant et marquant utilisé par d’autres pour marquer leur différence, le mot lui-même divise, dérange. Depuis la nuit des temps, les monstres humains attirent, révulsent, mais rien ne peut empêcher la fascination qu’ils exercent sur l’être humain « normal », cette attirance, ce voyeurisme pour la différence, la difformité ou le handicap.
Vous l’aurez compris, ce mois-ci je ne vais pas parler de monstres imaginaires, d’extraterrestres ou de morts vivants, mais de ces gens différents, qui au début du siècle faisaient les choux gras des cirques et autres foires, ces êtres que l’on surnomme « les monstres », les freaks.

Tout d’abord, un freak c’est quoi  ? Il s’agit en général de personnes atteintes de diverses maladies aux symptômes visibles : Nanisme, microcéphalie, acromégalie, hirsutisme (les fameuses femmes à barbe), jumeaux siamois, hermaphrodisme, toutes différences physiques clairement visibles en somme. L’image que l’on en a est généralement celle véhiculée par la culture populaire, de l’être difforme, vociférant, exhibé en cage devant un public horrifié. Il faut savoir que cette image est partiellement tronquée. Pour ce qui est de la difformité, c’est un fait que durant le dix-neuvième et le début du vingtième siècle, les freaks étaient des attractions très répandues dans les cirques, mais l’exhibition n’était pas un passage obligé : La plupart de ces artistes étaient utilisés dans des spectacles de magie ou de clowns, voir faisaient eux même leur propre numéro.

Le sensationnel et l’effrayant était malgré tout particulièrement vendeur et la plupart de ces artistes étaient prêts à jouer le jeu pour gagner leur vie en se faisant passer pour le « Chaînon manquant », ou « L’homme bête » venu d’une contrée exotique.
Très populaire durant le dix-neuvième siècle et le début du vingtième, ils finiront par progressivement disparaître suite aux découvertes médicales expliquant les difformités ainsi que l’apparition de lois régulant plus sévèrement ce genre d’exhibition.

Aujourd’hui les freakshows existent toujours mais plutôt que de mettre l’accent sur les difformités physiques, ils mettent en avant des artistes aux talents « bizarres » tel que du body art, des fakirs, contorsionnistes ou magiciens performants des tours plus axés sur le bizarre et le glauque que le divertissement tout public.
Faire un historique des freaks ou bien présenter les plus célèbres d’entre eux serait particulièrement laborieux, surtout que l’endroit ne s’y prête pas forcément, néanmoins lorsque l’on aborde le sujet, il y a un film sur lequel ont ne peut pas faire l’impasse  : Freaks, La Monstrueuse Parade.

Freaks 1

Freaks (sous titré en France La Monstrueuse Parade) est un film en noir et blanc de Tod Browning, sorti en 1932.
A l’époque le cinéma muet est sur le déclin et le parlant s’impose massivement à Hollywood, Tod Browning est un réalisateur américain célèbre pour ses multiples collaborations avec la star du muet d’épouvante Lon Chaney. Un matin, le comédien Harry Earles (qui interprétera plus tard le rôle du candide Hans dans Freaks), qui avait collaboré avec Browning et Chaney sur le film Le Club des Trois, l’histoire de trois gangsters, lui présente un livre intitulé Spurs, une histoire sordide de vengeance au sein d’un cirque incluant des artistes freaks. Ayant déjà eu un passif dans un cirque et le monde du spectacle, il a même déjà réalisé un film se passant dans un cirque, le magnifique L’Inconnu avec son acteur fétiche Lon Chaney, Browning est charmé par l’idée de l’adapter en film et il va tenter durant de long mois de convaincre la Metro Goldwyn Mayer de produire le film avec bien sûr Lon Chaney dans un des rôles titres. Avec le temps, Freaks devient une obsession pour Browning, il refusera même de tourner une version du Bossu de Notre Dame au profit de Freaks. Mais le décès de Lon Chaney en 1930, va mettre une nouvelle difficulté sur le chemin de Browning, néanmoins, le producteur Irving Thalberg fini par accepter de produire le film et le tournage débute en 1931 et durera 36 jours.
En ce qui concerne le casting, le rôle titre sera tenu par Wallace Ford, dans le rôle du clown Phroso. Ford est à l’époque un jeune acteur n’ayant que quatre films à son actif. Le rôle féminin quant à lui sera confié à Leila Hyams, actrice chevronnée ayant déjà tourné dans plus d’une trentaine de films, elle jouera le rôle de Venus, une dompteuse. L’autre grand rôle féminin est tenu par Olga Baclanova qui malgré son jeune âge (30 ans) est une actrice considérée comme étant en fin de carrière. Pour ce qui est des rôles des Freaks, Browning va recevoir des centaines de candidatures de tous les États-Unis, si le rôle du nain Hans est logiquement tenu par Harry Earles (c’est d’ailleurs la propre sœur de Harry, Daisy, qui jouera le rôle de sa fiancé dans le film), Browning va choisir méticuleusement chaque personnage, même lorsque celui-ci n’a que quelques scènes durant le film : Ainsi quelques célébrités du monde du cirque vont rejoindre le casting, comme les sœurs jumelles siamoises Daisy et Violet Hilton, le nain Angelo Rossetto, l’homme tronc Prince Randian, l’homme squelette Pete Robinson ou encore le demi-homme Johnny Eck.

freaks 2Le casting au grand complet, Tod Browning est au centre en haut, l’homme moustachu avec une cravate

L’histoire raconte la vie d’un petit cirque en Allemagne et plus particulièrement celle de Hans, un nain illusionniste, qui malgré ses récentes fiançailles avec une autre naine du cirque, la jolie Frieda,  est fou amoureux de Cléopâtre, une trapéziste hautaine.
En parallèle, on suit l’amourette naissante entre le clown Phroso et la dompteuse Venus après que celle-ci ai rompu avec l’hercule du cirque. A peine séparé de Venus, Hercule va tomber dans les bras de Cléopâtre et tout les deux vont s’amuser de l’affection que Hans porte à cette dernière. Mais très vite les deux amants vont échafauder un plan machiavélique pour se débarrasser du naïf Hans après avoir appris que ce dernier vient d’hériter d’une grosse fortune.
Les histoires de Hans, Frieda, Cléopâtre, Phroso et Venus vont alors s’entremêler, jusqu’à un dénouement dramatique…

freaks 3Harry et Daist Earles, interprétant Hans et Frieda

Réalisé sobrement, sans voyeurisme, Freaks est un film qui divise à sa sortie (et même encore aujourd’hui) : Fable sensible sur la différence pour certains, film voyeur pour d’autre, celui-ci est très mal reçu à sa sortie et est un véritable échec commercial. De plus, il commence à se tailler une réputation de film « dérangeant » et la Metro Goldwyn Mayer, plutôt que de l’assumer, préfère stopper son exploitation à peine un an après sa sortie.
Le film sombrera dans l’oubli pendant quasiment trente ans et refera surface à la fin des années soixante lorsque la pop culture dite « freaks » issue de la jeunesse post-Viet Nam commencera à avoir vent du film au travers de projections dans des cinéma-clubs.
Aujourd’hui, Freaks la Monstrueuse Parade est considéré comme un classique du cinéma, ode à la différence, déclaration d’amour aux gens dits différents, le film est le porte-étendard de tout un mouvement prônant la différence comme une normalité. Une renommée que Tod Browning ne connaîtra jamais, le réalisateur décède le 6 octobre 1962.


Bande-annonce non-officielle de Freaks, La Monstrueuse Parade, réalisée par un internaute (1)

Freaks est en soit un film unique qui a durablement marqué l’histoire du cinéma, il était donc logique que de nombreux artistes de tous bords et de tous médias lui rendent hommage et parmi, ceux-là, on trouve bien sûr les comics  !

Même si l’analogie avec la fameuse école pour mutants du Professeur Xavier est logique, je ne vais pas encore parler des X-Men, d’autres le font mieux que moi et surtout beaucoup plus souvent. Non, comme à mon habitude, je vais plutôt vous parler d’une bande dessinée très peu connue, pourtant signée par deux grands noms et même publiée en France il y a quelques années, cette bande dessinée parle de monstres freaks, se passe en Allemagne et est une sombre histoire de vengeance : Cette bande dessinée s’appelle La Foire aux Monstres, Freak Show en version originale : Le titre est juste un point commun  ? Pensez-vous, plus référencé que cette bande dessinée, c’est assez rare.

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La Foire aux Monstres est donc un graphic novel publié originellement en 1982 en plusieurs parties dans le magazine Heavy Metal. Cette histoire est signée par deux stars des comics à savoir le scénariste Bruce Jones et le dessinateur Bernie Wrightson. Cette histoire sera assez rapidement publiée en France (1984) par Albin Michel en partenariat avec L’Écho des Savanes dans leur collection Spécial USA.

Je ne vais pas de nouveau m’étendre sur la carrière de cet artiste particulièrement prolifique qu’est Bernie Wrightson, pour cela je vous renvoie au petit paragraphe de présentation que j’avais fait de lui durant mon Jeudi de l’Angoisse (Des Comics) consacré à Batman/Aliens.

1Pour ce qui est de Bruce Jones, il a un peu eu une carrière similaire à celle de Bernie Wrightson  : Il commence sa carrière dans les années 70 en écrivant de nombreux comics d’horreur pour Warren Publishing, notamment dans les magazines Creepy et Eerie. Il délaissera l’horreur pour aller écrire chez Marvel, principalement les séries Ka-Zar et Conan Le Barbare, mais aussi des histoires de science-fiction pour la ligne de magazines Marvel.
En 1979, il rencontre April Campbell (qui deviendra plus tard sa femme) et forme la compagnie Bruce Jones Associates. A eux deux, ils vont éditer, publier et écrire la majeure partie des comics de l’éditeur Pacific Comics, notamment les titres Twisted Tales, Alien World et Pathway To Fantasy.
Suite à la faillite de Pacific Comics, la plupart des titres sont repris par Eclipse Comics.
Par la suite, il écrira des romans policiers mais reviendra sporadiquement à la bande dessinée, notamment en écrivant le graphic novel RIP In Time de Richard Corben ou le comics-strip Flash Gordon de 1990 à 1992, dessiné par Ralph Reese.
En 2001, il est contacté par Axel Alonso pour reprendre l’écriture de la série The Incredible Hulk, il accepte et écrira cette série durant trois ans. Il signe ensuite un contrat d’exclusivité de deux ans avec DC Comics et écrira les titres Nightwing, OMAC, Man-Bat, Vigilante et surtout une sublime mini-série Vertigo consacrée à Deadman.

2Revenons à notre Foire aux Monstres.
L’histoire commence par le discours d’un bonimenteur (comme Freaks tiens justement) qui va conter une histoire en relation avec l’aberration qu’il s’apprête à dévoiler à un public médusé (toujours comme dans Freaks…). L’histoire commence en Allemagne (comme… Dans Freaks, rassurez-vous, les points communs s’arrêtent là pour le moment) et raconte l’histoire de Valker, un homme qui voyage dans la campagne et y recueille tous les laissez pour compte, comme Deja, la femme grenouille ou Robin, l’effrayant garçon oiseau. Même si Valker se sert de ses protégés pour effrayer la populace lors d’un freak show, il les traite bien, leur donnant un foyer, affection et éducation. Un soir Valker recueille Lila, une jeune femme traumatisé par le suicide de son mari. D’abord effrayée, Lila va se prendre d’affection pour Valker et sa troupe et voyager avec eux. Valker et Lila tombent amoureux et Lila fini par être enceinte.
L’accouchement se passe mal et pour tromper son inquiétude, Valker se remet à boire. Lorsque Deja vient lui présenter son enfant, Valker sombre dans une rage aveugle en découvrant un bébé difforme. Convaincu de la tromperie de Lila, Valker va alors commettre l’irréparable…

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Autant être franc d’emblée, La Foire aux Monstres est un immense hommage à Freaks que se soit dans son entrée en matière très semblable, voir certaines scènes quasiment identiques au film : Ainsi lorsque Valker est montré en train de vivre avec ses protégés, la scène ramène immédiatement à l’ouverture du film lorsque la directrice du cirque Madame Tetralini (jouée par la française Rose Dione dont c’est d’ailleurs le seul rôle parlant) pique-nique avec les freaks. Il en est de même pour la scène finale, à l’environnement identique, ainsi que son épilogue là encore quasiment similaire.
Néanmoins, même si certaines scènes ou détails rappellent immédiatement le film de Browning, ce ne sont que des clins d’œils et Bruce Jones et Bernie Wrightson ont choisis d’aborder leur histoire sur un ton clairement horrifique là où le film de Browning jouait plus sur l’empathie.
Les freaks de Jones et Wrightson sont d’affreuses créatures difformes et complètement invraisemblables et le ton de l’histoire y est clairement axé vers l’horrible. La seconde grosse différence est tout le cheminement de Valker, qui va passer une bonne partie de l’histoire à chercher la rédemption, jusqu’à être atrocement rattrapé par son passé.

4Pour ce qui est du scénario, Bruce Jones écrit son histoire à la manière des EC Comics à savoir une histoire dont le plus important est la chute, chute malgré tout assez prévisible lorsque l’on a suffisamment lu d’histoires de ce genre. Néanmoins, le personnage de Valker reste très intéressant, passant par de multiples facettes tout au long du récit.
Il n’en reste pas moins que l’histoire se lit passionnément, et de ce fait assez rapidement.

Graphiquement, Bernie Wrightson excelle et son talent pour les histoires horrifiques n’est plus à prouver  : La Foire aux Monstres et encore un des nombreux exemples de la maîtrise parfaite qu’a l’artiste de ce style, à la fois sombre, expressif et détaillé, Wrightson est pour moi l’artiste de référence de ce genre et son style est naturellement adapté à cette histoire, à la fois ténébreuse et gothique.
Wrightson est un génie de l’horreur, tout simplement.

Pour finir, La Foire aux Monstres et un grand comic d’horreur, méconnu et qui mérite amplement une lecture que vous soyez passionné ou non du genre. C’est de l’horreur de la vieille école en comic, avec tout ce que ça implique de qualités  : Une lecture bien agréable, référencée, visuellement époustouflante et écrite de façon intelligente.
De plus, malgré sa publication française ante-diluvienne (31 ans !) on le trouve encore assez facilement sur le marché de l’occasion à des prix raisonnables, sur internet ou chez les bouquinistes. Pour les puristes de la version originale, elle est régulièrement réédité. (2)

Bon et bien maintenant il ne vous reste plus qu’à vous faire une soirée film et comic en regardant ce chef-d’œuvre qu’est Freaks et finir par la lecture de ce livre.
En plus, sans le savoir, vous venez de lire un article écrit par un freak, comme quoi.

La Foire aux Monstres de Bernie Wrightson et Bruce Jones publié en 1984 chez Albin Michel dans leur collection Special USA.
Freaks, La Monstrueuse Parade de Tod Browning sorti en 1932, disponible en double DVD collector (contenant en bonus le film muet L’Inconnu avec Lon Chaney) chez Warner Home Vidéo depuis le 1 juin 2005.


1  : J’ai choisi de mettre cette bande-annonce plutôt que l’officielle car celle-ci montre juste les premières minutes du film.
2  : Je précise quand même que la version américaine est en noir et blanc, ce qui n’est pas le cas de la version française qui elle est en couleurs.

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Crocodile Rock


Il y a quelques semaines je vous avais parlé du grand retour de Bernie Wrightson sur son personnage fétiche, aux côtés de Steve Niles avec  Frankenstein, Alive Alive ! Le second numéro devait sortir cette semaine mais a été retardé. Pour nous faire patienter le scénariste a levé le voile via Twitter sur la page 9 et je crois que cela se passe de tout commentaire, en tout cas moi j’ai du mal à ne pas avaler mon dentier quand je vois une page aussi magnifique.

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Bernie Wrightson : Frankenstein mon amour


Restons un peu si vous le voulez bien dans cette belle année 1983, car c’est également à cette époque qu’a été publié chez Marvel un classique de la littérature fantastique, accompagné pour la première fois des illustrations de Bernie Wrightson, le maître incontesté de la bande dessinée horrifique (et co-créateur de Swamp Thing), je veux bien sûr parler de l’oeure de Mary Shelley : Frankenstein.
Selon Wrightson, jamais auparavant cette oeuvre pourtant O combien propice à l’illustration et l’imagerie populaire, n’avait été présentée de la sorte (sauf si l’on tient compte de la série Classic Illustrated) et son amour inconditionnel pour la créature (qu’il découvrit à l’age de huit ans grâce au film avec Boris Karloff) le conduisit à travailler durant 7 ans sur ce projet, parallèlement à ses travaux en cours. En résulteront 40 illustrations absolument époustouflantes, inspirées des gravures de Gustave Doré et Franklin Booth, mais également influencées par  le style de Roy Krenkel. En France, ce livre incontournable pour tous les fans de la créature et de l’artiste fut publié chez Albin Michel en 2004, puis chez Soleil en 2010.

Mais toutes ses illustrations ne furent pas intégrées dans le livre, c’est ainsi qu’en 1993 Apple Press réunit dans un album les pages qui ne furent pas sélectionnées à l’époque, ainsi que des dessins préliminaires (souvent juxtaposés avec le résultat final). Le livre s’intitule Bernie Wrightson : The Lost Frankenstein Pages et démontre la passion et l’obsession de l’auteur pour ce personnage mythique.

Devenu un véritable objet de collection, The Lost Frankenstein Pages est désormais côté aux alentours de 100/150€.

Mais l’histoire d’amour entre entre Wrightson et la créature horrifique ne pouvait s’arrêter là, IDW publie en effet depuis le mois dernier  une mini série écrite par un autre spécialiste des histoires qui font peur : Steve NilesFrankenstein Alive, Alive ! permet de retrouver l’artiste sur une histoire inédite avec toujours autant de talent.

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