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Comic’Gone 2015 : Interview de Jordie Bellaire


Il est des billets dont on est particulièrement fière, en l’occurrence l’interview que je vous propose de lire aujourd’hui, non pas pour les questions que j’ai pu poser à Jordie Bellaire invitée par l’équipe de Comixity lors de la dernière Comic’Gone, mais surtout grâce à ses réponses, toutes plus jouissives les unes que les autres.
Il y a en effet des personnalités que l’on serait tenté de suivre jusqu’au bout du monde car au delà de leur travail au quotidien -ici publié chez un grand nombre d’éditeur selon une cadence astronomique- c’est un véritable message qu’elles parviennent à transmettre grâce à leurs interventions et leur militantisme.
Jordie Bellaire est une femme en or. Tous ceux qui on eu la chance de la côtoyer le mois dernier ne serait-ce que quelques instants ne peuvent me contredire. Et je considère d’autant plus cet entretien comme un cadeau qu’elle a su s’exprimer pleinement sur des sujets qui nous tiennent toutes les deux vraiment à cœur.

Une nouvelle fois, je tiens à remercier vivement Mathilde Tamae-Bouhon qui a eu la gentillesse de retranscrire et traduire ce long entretien en français, la version originale est disponible ici pour les amis anglophones qui ont parfois la curiosité de visiter ce blog.


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Comment avez-vous commencé votre carrière de coloriste ?

Tout a commencé quand j’ai fait la connaissance de Declan Shalvey, qui illustre actuellement Injection et Moon Knight. Nous nous sommes rencontrés à New York, et alors que nous marchions dans la rue – je venais de finir mes études en école d’art –, il m’a demandé ce que je voulais faire, à quoi j’ai répondu que je voulais être heureuse. « En gros, tu n’as pas de but », m’a-t-il dit, ce qui m’a interloquée. J’étais très pauvre à l’époque, je voulais travailler dans les comics, je dessinais, j’avais fait un cursus d’illustration… mais je ne me trouvais pas assez bonne, surtout après avoir rencontré Declan. Quand on voit en quoi consiste vraiment le travail des artistes séquentiels… je serais incapable de griffonner une moto à brûle-pourpoint, ou de dessiner une maison, juste parce que quelqu’un l’a décrété ! Alors Declan m’a demandé si j’avais déjà pensé à la mise en couleur. Je n’y avais jamais songé – on réfléchit rarement au processus de création des comics dans sa totalité, avec le lettrage, la mise en couleurs, le dessin, l’encrage… Alors j’ai décidé d’essayer, j’ai envoyé quelques pages-test, et décroché mon premier engagement avec Stephen Mooney, qui dessine Half Past Danger. On a travaillé ensemble sur une histoire courte pour Angel, le comic issu du Whedonverse ; c’était là ma première expérience. À partir de là, j’ai reçu de plus en plus de propositions. Grâce à ma formation, je connaissais pas mal de grands illustrateurs, comme Chris Samnee, Tom Fowler, Ramón Pérez… Je les connaissais de mes années d’études, et eux aimaient mes dessins, alors quand ils ont su que j’étais coloriste, ils se sont dit : « on devrait travailler ensemble ! » C’est comme ça que j’ai décollé. J’ai eu beaucoup de chance, mais je pense que cela tient principalement à ma formation d’illustratrice.

Comment se déroule une journée dans la peau de Jordie Bellaire ? Quelles sont les différentes étapes de votre travail ?

Mon processus… Tout commence bien sûr avec l’arrivée des planches de l’artiste ; en général je préfère lire le script et regarder les planches de concert, de façon à me faire une idée de leur vision à tous les deux, scénariste et artiste, plutôt que de les voir séparément, ou de lire le script sans les illustrations – je préfère tout voir ensemble. J’aime aussi demander à l’artiste comme au scénariste s’ils ont des photos qui les auraient inspirés, ou toute pensée, commentaire, les films qui les travaillent… J’adore le cinéma, alors si un artiste m’explique « je regardais Kill Bill tous les jours quand j’ai dessiné ça », je vais me dire « oh, je ferais bien de regarder Kill Bill avant de le mettre en couleur ». Après m’être ainsi échauffé le cerveau, j’envoie les planches à un flatter, qui sépare les illustrations en à-plats [en anglais flat, d’où le terme de flatter, NdlT] de couleur que je peux ensuite étalonner et corriger… Vous voyez qui est le Rocketeer, je suppose ? Un jour, j’ai envoyé des planches de Rocketeer au flatter, et quand elles me sont revenues, le héros était tout vêtu de noir, on aurait dit Dark Vador ! Évidemment, cela n’allait pas… Donc, je corrige, je colorise, j’effectue le rendu, puis j’envoie le tout pour approbation – c’est très important pour moi. Je crois que certains coloristes ne soucient pas trop de l’avis de l’artiste, mais pour moi sa satisfaction est essentielle… sans doute parce que je vis avec un artiste, et que j’en étais une moi-même au départ, je me soucie beaucoup de leur avis. Puis, une fois que l’artiste m’a donné son accord, ainsi que le scénariste, alors tout est prêt, ça passe au lettrage, et voilà !

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Est-ce que vous travaillez de la même manière pour tous les éditeurs ou devez vous vous adapter ?

Chaque projet est un peu différent, bien sûr ; je dirais que cela dépend surtout de la maison d’édition. Chez Image, c’est un peu le Far West, parce que personne n’est vraiment soumis à un éditeur, et chacun fonctionne différemment, si bien que les processus collaboratifs varient… certains sont plus mouvementés, alors que d’autres roulent tout seuls. Prenez mon travail avec Declan, par exemple : on travaille ensemble sur Injection, et là ça roule tout seul, parce qu’on a déjà fait Moon Knight avec Warren [Ellis]… bon sang, on a fait tellement de choses ensemble, avec Declan… on a aussi fait Deadpool… Du coup, Injection, ça roule. Autre exemple : They’re Not Like Us, avec Simon Gane, et Eric Stephenson au scénario – là encore, ça roule tout seul, parce qu’on est tous en phase. Nous n’avions jamais travaillé ensemble, mais le premier numéro s’est mis en place tout seul, direct.

À côté de cela, il y a d’autres maisons où il faut passer par un éditeur ; là, j’envoie les couleurs séparément à l’éditeur, qui les envoie ensuite à l’artiste. Je n’aime pas trop quand la communication est ainsi interrompue, je préfère m’adresser à l’artiste directement. C’est sans doute la seule vraie concession, le pire frein en terme de processus.

Je cherche un autre exemple de collaboration fluide… Pretty Deadly, tenez, là encore, ça roule tout seul, nous sommes en train de préparer le second volume, qui doit sortir à l’automne. On vient de mettre en place quelques pages d’aperçu, après un an d’interruption… je m’inquiétais un peu, maintenant que nous avons une éditrice – à vrai dire c’est notre deuxième, nous en avions déjà une autre [Sigrid Ellis] avant –, je craignais que cela entrave un peu notre processus… Mais c’était génial, parfaitement organique, comme avant. J’ai envoyé toutes les pages, qui ont été approuvées, elle est contente, moi aussi, tout le monde est content – c’est dans la boîte. C’est magique. Quand les comics se font tout seuls, comme ça, c’est le paradis.

Ma réponse est un peu longue, désolée !

Savez-vous exactement combien de titres vous avez colorisé jusqu’à maintenant ? Comment faites-vous pour travailler sur autant de titres à la fois ?

06-journey-into-mysteryCela fait maintenant… quatre ans, je crois, que je travaille comme coloriste ? J’en ai colorisé beaucoup, même si je ne saurais dire combien exactement. Honnêtement, je n’arrive plus à compter… Au moins une centaine, peut-être plus, deux cents… En particulier si on compte les couvertures indépendamment des intérieurs, à ce moment-là ça fait beaucoup, à n’en pas douter. Par mois, je colorise généralement entre dix et douze titres – je me garde habituellement de le dire, c’est une info secrète ! Certes, c’est coton, mais certains titres sont plus faciles que d’autres… Je n’ai pas de vie. Je passe mes journées assise, chez moi, à mettre en couleurs, jour après jour, mais le jeu en vaut la chandelle, car j’adore tous les titres sur lesquels je travaille, ils me passionnent, qu’il s’agisse d’Injection, de Pretty Deadly, ou encore de They’re Not Like Us.

Mais, oui, si on compte douze titres par mois, peut-être, et qu’on multiplie par vingt-quatre, c’est ce que je fais à l’année. Les bonnes années ! Parfois c’est pire, j’en fais encore plus… Jamais moins. Je suis très occupée.

Pouvez-vous me parler de votre initiative “Comics are for everybody” ? Savez-vous quelle en a été la portée ?

J03-marae ne sais pas trop comment cela a été reçu. Je crois que cela a bien pris sur Twitter, on a vendu beaucoup de t-shirts, tous les profits sont allés à une œuvre caritative pour les femmes, V-day [un organisme luttant contre les violences envers les femmes et les jeunes filles].

Je ne sais pas si vous en avez entendu parler en France, mais il y a un t-shirt qui avait fait parler de lui, avec une phrase idiote sur le café, qu’est-ce que c’était déjà… « I take my fangirls the way I take my coffee… I fucking hate coffee ! [Mes fangirls, je les prends comme mon café… putain, je déteste le café !] » Et quand j’ai vu ce slogan… À vrai dire, notre t-shirt était déjà prévu depuis un moment, j’en avais discuté avec Steven Finch, qui s’était occupé du design ; il signe le design de Saga, Nowhere Men, They’re Not Like Us, Injection, il est génial [et mieux connu sous le pseudonyme de Fonographiks]. Nous parlions déjà de faire ce t-shirt, parce que j’en avais tellement ma claque de voir les femmes se sentir mises à l’écart de cette industrie, tout comme les jeunes enfants, les personnes trans… Je m’en suis remise depuis, mais quand j’ai vu ce foutu t-shirt, j’ai renversé une table, j’ai fait ma Liz Lemon dans 30 Rock, mon sang n’a fait qu’un tour !

On a donc mis en ligne notre t-shirt, et je crois que ça a pris immédiatement, les gens ont été ravis de se le procurer. Je suis très heureuse de voir des auteurs tels que Kieron Gillen, Scott Snyder, Fred Van Lente, et même Greg Pak il me semble, se l’approprier. Ils font l’effort de le mettre pour aller aux conventions, quand ils donnent des conférences, où ils savent qu’ils seront vus. Et c’est vraiment agréable de voir ces hommes blancs faire ce geste, parce que bien sûr, comme on le dit souvent, seuls les hommes blancs peuvent faire entendre leur voix ; alors c’est agréable de les voir se mobiliser, en tant qu’hommes blancs, et dire « nous soutenons cette initiative, et tout le monde devrait le faire. » Cela marche bien, je suis vraiment enthousiaste.

Je ne sais pas si je devrais vous le dire, mais allez : j’en ai discuté récemment avec Eric Stephenson, l’auteur de They’re Not Like Us et de Nowhere Men [et directeur exécutif d’Image Comics], parce qu’Image s’est montré d’un grand soutien également, même s’il s’agit bien sûr d’une initiative indépendante, dont nous avons pris soin qu’elle ne soit liée à personne en particulier ; nous voulions juste transmettre un message. Mais Image va adopter notre slogan à l’avenir. C’est génial : Image sera à présent responsable de sa distribution, ce sera toujours lié à une œuvre de charité – laquelle, nous n’en sommes pas encore sûrs. Mais je suis enthousiaste, car Image est un éditeur qui a le vent en poupe, qui sait vraiment tirer son épingle du jeu, et avec eux derrière, ça va être génial. J’ai hâte de voir le slogan apparaître dans les fascicules d’Image, lors des conventions… qui sait jusqu’où ça ira ! Je suis confiante, je pense que c’est une phrase qui va faire son chemin. C’est cool.

Il existe d’autres mouvements qui cherchent à promouvoir la diversité dans les comics, tels que “We are comics” ou le “Women read comics in public too”, pensez-vous qu’un jour cette diversité devienne réellement acquise au sein de l’industrie ?

tumblr_nkad1ssLrw1u5shugo2_500J’aime à le croire, oui, je pense que pour l’heure on a identifié le problème. Je ne vais pas prétendre réciter les statistiques par cœur, parce que je risque de m’emmêler les pinceaux, mais ce que je sais, c’est que les créateurs noirs sont effroyablement peu nombreux ; je sais que les créateurs asiatiques sont effroyablement peu nombreux ; je sais que la proportion de créateurs trans est épouvantablement ridicule, et quant aux créateurs gays… Honnêtement, c’est à peine si la communauté gay et trans existe dans le milieu des comics ! Bien sûr, il y a plein d’artistes indés, qui se battent de toutes leurs forces pour publier leur travail par eux-mêmes… mais si vous regardez du côté de Marvel et de DC, jamais ils n’engagent ce type de talents de façon pérenne, ou alors seulement sur des petites choses, des anthologies féminines… Alors, oui, j’aime beaucoup les anthologies féminines, j’aime beaucoup les annuels qui mettent en avant les femmes, mais j’ai vu plein de femmes engagées pour ces seules anthologies chez Marvel, et jamais pour un ongoing du même Marvel… Alors, oui, l’intention est bonne, mais quand même… Je ne comprends pas pourquoi un homme ou une femme trans, ou gay, ou une femme d’origine asiatique par exemple, ne disposent pas encore de leur propre titre, à l’année.

J’aimerais pouvoir vous dire que les choses s’arrangent ; prenez par exemple la liste des Eisner Awards de l’année dernière, c’était merveilleux, tout ce talent féminin, c’était énorme, incroyable… Les choses sont donc en train de changer, lentement, mais à côté de cela, il y a encore tellement d’hommes pour dire « je ne vois pas pourquoi on en fait tout un plat », ou « qu’est-ce que ça peut bien leur faire, aux femmes, si ça ne leur plaît pas, elles n’ont qu’à créer leurs propres comics ! » Et franchement, tenir ce genre de discours, ça n’apporte rien au débat. Ça devrait être pour tout le monde, parce que les comics, c’est pour tout le monde, tout simplement ! J’espère que cela va s’arranger.

Tenez – je peux me montrer un peu défaitiste, parfois – j’ai eu récemment vent d’une histoire qui m’a chagrinée, au sujet d’une immense auteure, dont je tairai le nom, mais qui a été très agacée de se voir poser une question du type « Sans vous demander ce que ça fait d’être une femme dans les comics, qu’est-ce que ça fait, d’être une femme ? » Et il s’agit de quelqu’un de très célèbre, dont je ne saurais même pas vous citer les accomplissements tellement ils sont nombreux, et elle disait « franchement, on est en 2015, quand est-ce qu’on va nous lâcher avec ça ? » Vous croyez que ça passerait, si quelqu’un demandait « et qu’est-ce que ça fait d’être un Noir dans les comics ? » Personne n’oserait dire ce genre de conneries ! Et quand bien même, s’il fallait le demander… non, sérieux, ne posez jamais ce genre de question ! [rire] Contentez-vous de soutenir ces créateurs, soyez heureux de voir une telle diversité !

Je ne sais pas, parfois je me sens découragée. Je vois du changement, mais je vois aussi beaucoup de recul, hélas souvent du fait de l’ignorance, je pense, parce que les gens ont vécu si longtemps d’une certaine manière qu’ils ne voient pas le besoin d’en changer… et tout cela est bel et bon, mais assez naïf, aussi. Or, on ne peut pas progresser si on est entouré de gens naïfs qui tirent tout le monde vers le bas ; il faut se montrer radical, enthousiaste ! Si vous pensez être en position de force, en tant qu’auteur, engagez une artiste féminine ; si, en tant que scénariste blanc, vous avez le sentiment de n’écrire que des personnages blancs, alors, essayez d’élargir votre éventail… Une autre race, ce n’est pas si difficile ! Il y a tellement de gens qui se demandent « mais comment on écrit les femmes ? » Ce n’est pas difficile, vous savez, elles disposent des mêmes éléments de bases que les personnes normales ! [rire] J’aimerais voir les gens s’aventurer hors de leur zone de confort, parce qu’on a vraiment besoin de plus de titres comme Ms. Marvel, qui est arrivé de nulle part et a rencontré un succès incroyable, pour de bonnes raisons… Saga, pareil, venu de nulle part, énorme succès… Encore un autre : The Wicked and the Divine ! Voilà un titre qui célèbre toutes sortes de gens, dans leur diversité, et là encore, avec beaucoup de succès… Et Kieron Gillen ne se contente pas de réécrire sans cesse les mêmes personnages ; et même si G. Willow Wilson écrit sur un sujet qui lui est proche, pour le lecteur, c’est totalement inédit. Et tout cela, c’est très important. Plus on verra d’histoires différentes, qui ne se content pas de suivre un homme blanc sur le chemin de l’héroïsme, de recycler sans cesse le même concept, et plus on attirera un lectorat nombreux et varié. Et, de fait, ça fera changer l’industrie derrière, du moins je l’espère…

Encore une fois, toutes mes excuses pour cette longue réponse, c’est un sujet qui me tient à cœur !

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Quelles sont les auteures féminines dont vous suivez actuellement la carrière ?

Pour être honnête, je suis terriblement occupée, ce qui me laisse peu de temps pour lire, mais si je devais citer mes auteures préférées… Kelly Sue DeConnick, bien sûr, parce qu’elle est géniale ; G. Willow Wilson, bien sûr, géniale aussi ; ce sont mes deux chouchous… Il y a Kate Leth, aussi, elle est en train de monter en puissance : elle écrit Edward Scissorhands [Edward aux mains d’argent] et Bravest Warriors il me semble, c’est une personnalité jeune et pétillante, j’aime beaucoup sa plume. Sinon… oh, bon sang, qui… j’ai un trou, désolée. C’est mon trio de tête, mais il y en a une… Je sais qu’Emma Rios a commencé à écrire ; je n’ai encore rien lu d’elle en tant que scénariste, j’ai hâte, elle est si talentueuse… Oh, Ming Doyle ! Ma toute meilleure amie dans le milieu, je l’adore, j’ai tellement d’affection pour elle. Elle écrit Constantine, et ça déchire, elle est formidable, je sais qu’elle l’écrit en tandem avec quelqu’un [James Tynion IV], mais je suis persuadée qu’elle est parfaitement capable d’écrire toute seule, j’ai hâte de voir où elle va aller, parce qu’elle un sacré cerveau, très fécond. Oh, elle est si brillante ! Becky Cloonan aussi, bien sûr, j’adorerais voir Becky écrire en solo ; je sais qu’elle travaille en tandem [sur Gotham Academy] avec Brenden Fletcher, qui est génial. Mais, voyez, c’est un autre point qui m’agace : tous ces titres avec des héroïnes, écrits par des femmes en tandem avec des hommes… J’aime beaucoup toutes les personnes impliquées, mais je ne puis m’empêcher de tiquer : les femmes n’ont pas besoin qu’on leur tienne la main… donnez-leur leur propre bouquin, merde ! Je vous assure qu’elles en sont capables ! Mais bon, je comprends, et j’espère qu’à l’avenir on n’aura plus besoin de les encadrer ainsi…

Enfin bref, voilà les femmes qui font vrombir mon moteur,  qui me font tripper. Mais j’entends sans cesse de nouveaux noms… et pas seulement des femmes. Là encore : j’aimerais voir toutes les minorités représentées, afin qu’elles ne soient plus dans la minorité, justement. J’aimerais pouvoir vous citer un ou une auteur gay, mais je ne suis même pas sûre de le pouvoir, car ils sont si peu nombreux dans le milieu… J’aimerais pouvoir citer un ou une auteur trans, mais je ne suis pas sûre d’en connaître. C’est… ça me met en rogne. C’est comme pour les réalisatrices, il y en a si peu de connues ; Kathryn Bigelow est la plus célèbre, je suis fan, mais… j’en veux plus. J’aimerais tellement que vous me demandiez « Jordie, qui sont tes auteures préférées » – même si j’espère qu’on n’en sera plus à poser ce genre de question dans dix ans, bien sûr, mais j’aimerais alors pouvoir citer tellement de femmes, avec des lesbiennes, des noires, des lesbiennes noires, toutes sortes de femmes… Mais pour l’heure, c’est tout juste si on peut citer dix auteures blanches vraiment géniales. J’en veux plus… Donnez-m’en plus ! C’est tout ce que je demande : qu’il y en ait plus.

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Comic’Gone 2015 : Interview de Sabine Rich


L’édition 2015 de la Comic’Gone m’a permis de rencontrer une artiste dont je suivais le parcours depuis un petit moment déjà, grâce à ses diverses couvertures chez Zenescope et Aspen Comics, ainsi que ses magnifiques illustrations d’héroïnes via son DeviantArt.
Sabine Rich 
est une habituée des plus grosses conventions de comics aux Etats-Unis et au Canada, tels que C2E2, la SDCC, ou FanExpo, ce qui permet à ses nombreux fans outre atlantique de lui demander des commissions toutes plus fabuleuses les unes que les autres.

Travaillant principalement à l’aquarelle, cette artiste franco-britannique totalement autodidacte a oeuvré comme dessinatrice et coloriste dans divers domaines tels que les livres pour enfants et les jeux vidéos. Ses couvertures pour Aspen, Zenescope et BlueRainbow l’ont faite connaitre du grand public, et ce que je peux dire c’est que sa gentillesse et sa bonne humeur n’ont d’égal que son talent.

Voici donc une interview exclusive, où Sabine revient sur son parcours, ses influences et ses goût artistiques, et finit tout simplement par nous donner les quelques ingrédients qui aboutissent à une parfaite héroïne de comics.

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Comic’Gone 2015 : Interview de Sara Pichelli


J’ai donc eu le privilège la semaine dernière de pouvoir m’entretenir avec quatre artistes fabuleuses, qui par l’ampleur de leur travail dans leurs disciplines respectives, et la portée de leurs actions au sein de l’industrie, représentent parfaitement cette génération de femmes qui évolue actuellement dans l’univers des comics.
Commençons par (il me semble) la plus connue d’entre elles, dont certains d’entre nous sont capables de braver une file d’attente de plusieurs heures pour obtenir un sketch.
Sara Pichelli est une artiste des plus généreuses et spontanées qui malgré la fatigue d’une première journée bien remplie s’est prêtée au jeu de répondre à mes petites questions avec beaucoup d’humour et de franc-parler, évoquant sa fulgurante réussite, son implication dans le collectif Truckers, et son statut d’artiste féminine.

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Comic’Gone to the Max


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En cette année des plus moroses concernant la variété des festivals de comics en France (je rappelle rapidement le contexte, la PCE et le LCF sont annulés, et la Comic Con France peine encore à enthousiasmer une communauté légitimement devenue très exigeante grâce à l’excellent travail fourni par des festivals de moindre envergure déjà présents depuis des années), venir à la Comic’Gone de Lyon était en soi un acte militant, comme pour montrer si cela n’était pas encore évident qu’en province se déroulent autant d’événements incontournables, capables de vous marquer à jamais en souvenirs inoubliables, qu’ils soient émouvants, drôles, ou des plus inattendus.

Ayant déjà participé à la première édition et connaissant les organisateurs de la Comic’Gone , je savais que ce cru allait envoyer de la quenelle (on parle bien ici de la spécialité Lyonnaise), grâce notamment à son impeccable organisation, j’en profite d’ailleurs pour saluer tous les bénévoles de l’association BD Ciné Goodies (chose que je n’ai pas dit l’année dernière mais ils font vraiment un travail formidable, toujours disponibles et à l’écoute quand j’avais besoin d’un renseignement, jusqu’à me soigner une migraine !) qui ont vraiment fait leur maximum pour satisfaire autant les festivaliers que les artistes.

Toujours située dans le cadre exceptionnel qu’est la Mairie de Lyon, la Comic’Gone a réitéré sa formule déjà très efficace l’année passée en installant son Artist Alley dans la cour principale, très ensoleillée le samedi, malheureusement beaucoup moins le dimanche. Étaient présents les inévitables Elsa Charetier et Pierrick Colinet qui ne sont pas venus les mains vides car ils présentaient en exclusivité leur second sketchbook, rempli évidemment de très belles illustrations d’Elsa et agrémenté de petits textes rédigés par votre blogueuse préférée…
Guile SharpJulien Hugonnard-Bert, Emanuel Simeoni, Pierre Lainé, Jon Lankry, Little Gingko, Sabine Rich… il y avait clairement du beau monde dans ce salon, autant à l’extérieur où d’autres stands étaient présents (mais j’y reviendrai) qu’en l’enceinte même de la mairie qui comme l’année dernière hébergeait artistes internationaux, libraires, et expositions.

En parlant d’exposition justement, celle des œuvres de Sanjulian montrant ses travaux sur Eerie, Creepy ainsi que Vampirella méritaient largement le détour, on pourra regretter toutefois un manque de textes descriptifs de chaque, ou d’un ensemble d’œuvres, l’artiste est quant à lui extrêmement attachant par sa simplicité, et m’a très facilement rappelé ma rencontre avec un certain Mr Infantino.

Mais la Comic’Gone s’est une nouvelle fois faite remarquer par une sélection exceptionnelle d’auteurs internationaux de très haute volée, j’avais déjà eu la chance d’en rencontrer certains tels que Mahmud AsrarSara Pichelli, David Messina et Pere Perez (qui pour la petite histoire m’a demandé si on ne s’était pas déjà vu quelque part, c’était il y a 14 ans à Aviles, à cette époque il avait 19 ans…), j’en ai découvert beaucoup d’autres tout aussi sympathiques tels que Ramon Bachs, Elena Casagrande, Declan Shalvey, Stephen Mooney, Ciro Tota, Arianna Florean… et je suis tombée amoureuse de Jordie Bellaire, je vous expliquerai très bientôt pourquoi.
Les femmes étant particulièrement bien représentées cette année, j’ai réussi à interviewer Elena, Sabine, Sara et Jordie (aaahhh Jordie…), et il me tarde vraiment de pouvoir vous montrer tout ça !

J’ai également pu assister à deux conférences, avec la rencontre très intéressante entre Mahmud Asrar, Pere Perez et Declan Shalvey, brillamment modérée par Romuald qui fut le maître de maison de ce festival extraordinaire, et celle sur les coloristes dont les intervenantes étaient Jordie Bellaire (ooooohhhh Jordie…), Arianna Florean ainsi que deux artistes françaises : Brigitte Findakly (Le chat du rabin, Lapinot) et Anne-Claire Jouvray (Lincoln, La Région, Le Tour du monde en 80 jours) réunies pour nous faire découvrir ce métier méconnu et considéré de manière bien différente en France, en Italie et aux Etats-Unis.

Cette deuxième édition de la Comic’Gone était donc bien riche en émotions, et j’ai d’ailleurs encore une grosse pensée pour les copains de Comixity qui ont eux aussi fait un travail remarquable sur leur stand, invitant trois excellents artistes et proposant des séances de dédicace aux nombreux fans, tous ravis d’avoir pu les côtoyer d’aussi près.
Ce festival a donc pris le parti de continuer sa formule déjà gagnante l’année passée, avec toujours autant de convivialité et de gentillesse, des atouts indéniables qui font que bon nombre d’entre nous ont fait le déplacement des quatre coins de France, une bien belle carte de visite pour les auteurs à venir.

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C’est reparti pour la Comic’ Gone


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Le mois de juin démarre à peine et il tarde déjà pour certains d’entre nous d’arriver à son mi-parcours afin d’assister à la Comic’Gone, un festival de comics qui a su nous émerveiller par la qualité de sa première édition et qui s’est révélée rapidement être un rendez-vous incontournable.
Comme l’année dernière, l’association organisatrice BDCinéGoodies a développé un pôle comics au cœur du Lyon BD Festival, toujours dans le cadre exceptionnel qu’est la Mairie de Lyon, où auront lieu diverses animations prévues ainsi qu’une sélection d’invités parmi les meilleurs artistes actuels :

Mahmud Asrar (Supergirl, X-Men) Esad Ribic (Thor, Secret Wars) Pere Perez (Archer and Armstrong, Batgirl) Arianna Florean (Dr Who, Star Trek), Ramon Bachs (Detective Comics, Civil War) Elena Casagrande (Suicide Risk, Angel), Sara Pichelli (Spider-Man, X-Men) Ciro Tota (Photonik) Sanjulian (Vampirella, Conan), Jordie Bellaire (The Wake, Pretty Deadly) Declan Shalvey (Moon Knight, Forever Evil) et Stephen Mooney (Angel, Grayson)

L’inévitable Artist Alley sera également de la partie rassemblant des auteurs qui ne vous seront pas inconnus :

Alrik, Ashline, Florent Baudry, Adrien Béroud, Patrick Biesse, David Bullet, Benjamin Carret, Elsa Charretier, Pierrick Colinet, Thibault Colon de Franciosi, Vinz El Tabanas, Maxime Garbarini, Guile, Hassan Saber, Chris Hénin, Julien Hugonnard-Bert, JOB, Pierre Lainé, Jon Lankry, Little Gingko, Michel Montheillet, Cécile Morvan, Cédric Poulat, Sabine Rich, Radja Sauperamaniane, Emanuel Simeoni, Virginie Siveton, Svart, Charlène Tabary, TeeNa, ainsi que Tony Venerosy.

Plusieurs expositions seront visibles, deux consacrées aux artistes mythiques que sont Manuel Sanjulian et Ciro Tota, et une troisième retraçant l’âge d’or de la maison d’édition Arédit/Artima.

Les conférences programmées sont également là pour nous vendre du rêve :

De l’écran au papier : films et séries adaptés en comics
Ces dernières années, les adaptations de comics font partie des plus gros succès cinématographiques. «Avengers» est le troisième plus gros succès commercial de l’histoire, les plans de Marvel s’étalent sur plusieurs années et l’univers de DC est en train de se développer. Mais les transpositions ne se font pas uniquement dans ce sens et de nombreuses licences commencent à la télévision ou au cinéma pour connaître une seconde vie sur le papier. Elena Casagrande (« Dr Who », « Angel », « Star Trek »…) et Ramón Bachs (« Star Wars ») parleront de ces adaptations en comics dans une conférence menée parFaouzi B, qui a notamment développé l’univers de Wakfu en bande dessinée avec Justice.

Profession méconnue, Coloriste
Même si de plus en plus d’éditeurs mentionnent leurs coloristes sur les couvertures, la colorisation n’est cependant pas autant reconnue que l’écriture du scénario ou le dessin auprès du grand public. En plus de mettre en lumière cette fonction méconnue de la chaîne créative d’une bande dessinée, cette conférence est l’occasion de découvrir le travail de Jordie Bellaire, lauréate de l’Eisner Award 2014 de cette catégorie («Manhattan Project», «Zero», «Pretty Deadly», etc), d’Arianna Florean («G.I. Joe», «Dr Who» , «X Files », etc.), d’Anne-Claire Jouvray («Lincoln», «La Région», «Le Tour du monde en 80 jours », etc) et de Brigitte Findakly (« Le Combat Ordinaire », « Donjons ». Une rencontre présentée et animée par Vincent Raymond.

Profession méconnue, encreur
Après le crayonné, lors de la création d’un comic book vient ensuite l’encrage. Cette étape méconnue du grand public est pourtant essentielle. De nombreux artistes ont même fait carrière en tant qu’encreur. Lors d’une conférence, Phil Cordier reviendra sur 100 ans d’histoire d’encrage, les techniques et les personnalités qui ont émaillé dans ce microcosme, jusqu’à la place que cette fonction occupe aujourd’hui dans l’industrie des comics.

Rencontre avec Perez, Asrar, et Ribic à la FNAC Bellecour
Venez rencontrer Mahmud A. Asrar, Esad Ribic, Pere Pérez, ces trois grands artistes internationaux du Comics US vous parleront de leur travail. L’occasion de découvrir l’univers de ces trois artistes et des éditeurs pour lesquels ils travaillent (DC, Marvel, DC…) dont la popularité explose en France depuis quelques années et dont les ventes dépassent aujourd’hui celles du manga. Une rencontre présentée et animée par Romuald Carroz.

Diverses animations sont également prévues, mises en place par les éditeurs qui ont fait le déplacement : Urban Comics, Huginn & Muninn, Aredit, les librairies : la boutique locale Comics Zone, Pulp’s Paris, les associations culturelles, stands de tatouages et cosplay, ainsi que des vendeurs spécialisés, l’équipe de Comixity sera aussi présente pour couvrir l’événement, bref, de quoi offrir un large éventail d’activités et satisfaire le plus grand nombre.

Quant à moi je serai aussi sur place comme l’année dernière, avec de belles choses (je l’espère) pour le TLGB. J’espère vous-y croiser peut-être, n’hésitez pas en tout cas à venir me serrer la pince si l’occasion se présente.

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Awesome Comic’ Gone


La première chose que j’ai envie de retenir à propos de ce nouveau festival de comics, c’est son cadre exceptionnel. C’est en effet dans des sites absolument splendides (et à couper le souffle pour les amateurs du genre dont je fais partie) que sont les bâtiments historiques de la ville de Lyon, (l’Hôtel de ville, le Palais du Commerce, le Musée des Beaux-Arts) que ces monuments d’architecture classique, classés au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO, ont accueilli le temps d’un week-end le Lyon BD Festival et sa nouvelle petite soeur la Comic’Gone.

Pour des questions de facilité, (ben oui Toulouse-Lyon c’est quand même pas la porte à côté mine de rien) j’avais prévu de venir la veille du Festival afin de prendre le temps de visiter l’exposition Des comics à tous les étages. Mais ce vendredi déjà riche en (belles) surprises (ah les joies du covoiturage…) allait rester comme l’un des meilleurs moments de ma vie de comic-girl grâce à mon camarade Romuald aka Apteis (aka The Caped Gamer, bref le plus grand fan des Tortues Ninja de la région lyonnaise, voir largement plus !) qui eu la gentillesse de m’inviter à la soirée inaugurale du Lyon BD Festival en présence de tous les artistes.
Tout commençait autour d’une bière (comme c’est souvent le cas quand on profite d’un festival aussi convivial que celui-ci) avec William Simpson, Yildiray Cinar, Alberto Ponticelli, Pepe Larraz, Emanuel Simeoni, Bill Reinhold et bien sûr Linda Lessmann qu’il me tardait tant de voir pour discuter de notre panel du lendemain à la Fnac, et de plein d’autres choses.
Linda est une personne d’une grande gentillesse et d’une grande sensibilité, lorsque je disais que c’était une grande Dame des comics, je crois que je n’aurais pas pu trouver de meilleur terme pour la décrire. Nous avons parlé de tant de choses ce soir là, et pas seulement de comics, j’ai beaucoup appris de sa part humainement et j’espère qu’elle aura au moins passé un agréable moment en ma compagnie.
En tout cas, c’était bien la première fois que l’on m’a sorti un « Shut up and drink« , (oui, en général on me dit plutôt l’inverse) je ne risque pas de l’oublier celle-là.

D’expérience depuis toutes ces années en festival j’aurais au moins appris une chose : si les auteurs se sentent bien et si ils profitent pleinement de leur présence parmi d’autres artistes, que se soient des amis, des pairs croisés dans d’autres conventions, ou bien de parfaits inconnus mais passionnés par leurs œuvres, tout cela se termine sur la nappe en papier du restaurant. Et ce soir là ce fut le cas, un indice indéniable selon moi que cette Comic’Gone allait être un événement de très haut nivau.

Après une nuit de sommeil assez courte, je pensais déjà à mon intervention prévue pour 14h à la FNAC Bellecour en compagnie de Linda et l’incroyable Elsa Charretier (que j’avais déjà eu le plaisir de rencontrer avec Pierrick Colinet lors du dernier TGS). Mais ma première mission était de me rendre au cœur de la manifestation, dans les murs de l’hôtel de ville où sa cour principale hébergeait les chapiteaux de l’Artist Alley et autres éditeurs, libraires et commerçants invités pour l’occasion. C’est en pénétrant dans l’enceinte de l’édifice (oui je me prends pour Lara Croft !) que je constatais que d’autres libraires (Apo(K)lyps, qui a eu la gentillesse de m’offrir le fameux numéro de la première apparition de Batwoman dans 52 alors que j’avais vu ce même numéro à la PCE pour 20 € !) Diable Blanc Comics, et Urban qui a eu l’intelligence de participer à une manifestation naissante, même en tant que libraire, sans oublier le comic-shop de Lyon, Comic Zone chaperonné par son gérant Kader, co-organisateur de la Comic’Gone et que j’ai eu le plaisir de remercier pour la qualité de ce festival.
L’éditeur Huginn & Muninn, responsable des plus beaux livres en Français en matière de comics (en tout cas pour ceux que j’ai la chance d’avoir en ma possession) avait également répondu présent au rendez-vous, ainsi que Scarce le magazine légendaire dont j’ai acheté les premiers exemplaires à l’époque où internet ne fournissait pas encore les articles de fond que nous les blogueurs sommes capable de publier dans un accès de folie…

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Le reste de la salle était consacré aux artistes, placés côte à côte le long d’une grande table et tous ravis de rencontrer les festivaliers, de Bill Reinhold à Eduardo Risso, tout le monde est vraisemblablement reparti avec sa dédicace ou son sketch gratuit ou commissionné, il y en avait pour toutes les bourses, dans le plus grand respect des auteurs et de leurs fans, j’ai particulièrement aimé le système des sketchbooks à tarifs modérés (entre 10 et 20 €) où l’on pouvait faire dessiner l’artiste de son choix sur la couverture à son nom.

Et puis fut le moment de sauter dans l’arène, en l’occurrence le forum de la FNAC, le fait est que ce jour-là je n’ai pratiquement rien mangé à midi (je ne sais pas pourquoi mais j’avais quand même l’estomac un peu coincé…) mais au final tout s’est bien passé, essentiellement grâce aux intervenantes auxquelles j’avais à faire, sans oublier notre traductrice de choc (vraiment parfaite !) Marjolaine qui a fait un travail fabuleux le long de ces deux jours auprès des auteurs (mais je sais qu’elle en a fait bien plus !).

Je consacrais le reste de mon séjour à profiter pleinement du festival, en discutant avec l’équipe de DC Planet, Jeff Zewanderer, Patrick Chaduc, Vincent Delage, Maxime Garbarini et Gabriel Venet, Frank Anière, Xavier Fournier, Thierry Mornet… autant de personnalités qui font la promotion des comics en France et qui ont répondu présent à ce premier rendez-vous.

Je suis également allée voir ce que certains artistes franco-belges allaient faire des oeuvres exposées au Musée des Beaux-Arts dans le cadre d’une animation intitulée Lyon BD festival s’invite au musée, je suis donc tombée sur trois dessinateurs : Jorge Gonzales, Jérôme Jouvray et Guillaume Long qui ont réinterprété à leur manière trois grandes oeuvres du 16ème et du 19ème siècle. Et par la même occasion, je n’ai pas boudé mon plaisir de visiter une partie de cet impressionnant musée, je crois que l’inverse aurait été un crime.

Le dimanche matin je fus la première à sauter sur Pepe Larraz (en tout bien tout honneur évidemment) pour lui demander un free sketch de Lady Sif et le résultat est allé bien au delà de mes espérances ! (Les deux dessins ci-dessous appartiennent à Vincent et Amélie, les deux lecteurs du TLGB qui ont eu le courage de répondre aux questions du concours et ainsi gagner des places pour participer à l’événement, leur perspicacité a donc été récompensée.

Sans oublier ma visite de l’exposition Héro(ïne)s dont les panneaux ont, d’après ce que j’ai entendu dire, rencontré un beau succès.

Vous l’aurez compris, mon bilan de cette première Comic’Gone est plus que positif, car ce festival a gagné son pari de réunir avec une organisation pointilleuse des artistes exceptionnels dans un cadre qui ne l’est pas moins, le tout dans une ambiance très conviviale et sereine, ce qui a permis à pas mal d’entre nous de nous retrouver ou de faire connaissance. En une seule édition, la Comic’Gone s’avère être déjà un rendez-vous incontournable, une nouvelle preuve si je devais encore le rappeler que les festivals de province n’ont absolument rien à envier aux manifestations parisiennes.

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Des Comics et des Femmes : Entretien avec Linda Lessmann et Elsa Charretier


Choses promises choses dues, voici la vidéo (en deux parties) de ma petite intervention aux côtés des deux artistes incroyables que sont Linda Lessmann et Elsa Charretier sur le thème de la place des femmes dans les comics, cela s’est déroulé samedi dernier à la Fnac Bellecour de Lyon dans le cadre de la Comic’Gone (dont vous aurez un compte rendu très bientôt).

Ce fut une très belle expérience pour moi, pouvoir poser toutes ces questions à ces deux femmes de grand talent était un honneur et je remercie encore les organisateurs de ce festival de m’en avoir donné l’opportunité.
Je remercie aussi chaleureusement Audrey qui a eu la gentillesse de filmer tout ça alors qu’elle n’était vraiment pas obligée.

Enjoy 🙂

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