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L’Art et la Manière


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J’ai profité d’une courte mais salvatrice escapade parisienne pour aller visiter l’exposition consacrée à un éditeur largement mis en avant sur ce blog grâce à ses super héroïnes mais également ses autrices œuvrant en son sein. Je ne pouvais en effet aucunement rater L’art de DC – L’aube des Super-Héros qui se déroule pendant encore près d’un mois au Musée Art Ludique situé à deux pas de la gare d’Austerlitz.

Malgré les kilomètres qui nous séparent, ce n’est pas la première fois que j’ai la chance de visiter une exposition dans ce musée qui compte parmi mes incontournables lorsque je me rends dans la capitale.
Au delà des thèmes proposés, c’est la qualité, la singularité et surtout la rareté des œuvres réunies dans un unique et même lieu qui m’émerveillent à chaque fois, c’était déjà le cas lors des expositions consacrées aux Studios Ghibli et Walt Disney, celle consacrée à l’univers de DC Comics ne fait pas exception, et je me considère extrêmement chanceuse d’avoir pu découvrir tous ces trésors qui ont fait ou qui font encore l’Histoire des comics.

Se développant autour du prisme cinématographique via ses figures les plus iconiques ou populaires grâce à la présence de nombreux costumes, véhicules, illustrations préliminaires, l’exposition fait également la part belle au support de base, via une collection hallucinante de planches originales où se côtoient les couvertures ou les scènes les plus emblématiques liées à l’Histoire de DC et réunissant des auteurs de légende.

J’ai eu la gorge serrée à plusieurs reprises en contemplant de si belles et inestimables œuvres. Je n’arrive même pas encore je crois à me rendre compte du statut rarissime, exceptionnel d’une telle exposition. Ici, il ne s’agit même pas d’être fan de DC ou de Marvel, il est surtout question d’être le témoin privilégié du patrimoine culturel d’un éditeur (et il s’avère qu’il est celui qui a nourri mes rêves de petite fille en quête d’aventures). Quel bonheur, mais quel bonheur nom d’un chien.

Imaginez-vous vous tenir devant la couverture iconique de The Flash #123 dessinée par Carmine Infantino, la page #59 de Batman Arkham Asylum façonnée en partie avec de la toile de jute par Dave McKean pour donner corps au personnage de Scarecrow. le dessin préliminaire du costume de Wonder Woman par HG Peter qui sera repris dans la série DC Comics Bombshells, la colère de Power Girl dans All-Star Comics #64 ou encore la splash page de Neal Adams dans Superman vs Mohamed Ali(il y avait même la couverture de Robin #126 avec Stephanie Brown ! Oui je sais bien que tout le monde s’en tape mais ça m’a fait un plaisir fou de la voir)


Énumérer tous ces instants qui font partie intégrante de l’histoire des Comics de super héros, de The Killing Joke à Batman The Dark knight Returns en passant par différents  travaux de Bruce Timm ou d’Alex Ross, sans oublier Jack Kirby, Tim Sale, Bernie Wrightson, Darwyn Cooke, Jim Lee, George Pérez, Wally Wood, Bill Sienkiewicz, Mike Mignola… il est quasiment impossible nommer tous ces artistes sans en oublier, impossible de décrire également toutes les œuvres exposées tant elles sont abondantes.
Fort heureusement, le catalogue de l’exposition recense à merveille tous ces trésors (mais malheureusement en couverture souple, pour le même prix le catalogue de l’expo Comics Unmasked s’offrait une belle hardcover, avec il est vrai 70 pages en moins, mais je n’aurais certainement pas hésité à débourser 5 € de plus pour une belle couverture rigide), le mieux est encore de s’y rendre tant l’amateur de super héros que le féru de culture comics s’en trouvera largement comblé.

Car cette exposition exceptionnelle a bien un avantage, c’est quelle est capable de réunir aisément le visiteur curieux déjà sensible à la filmographie de la Distinguée Concurrence et le drogué en perf de planches originales. On a ainsi droit à des échanges très intéressants sur place. Car écouter les commentaires de chacun face à une oeuvre s’avère aussi humainement très enrichissant, outre la véracité du commentaire, la bonne ou mauvaise fois de celui-ci, le fait d’assister à cette réflexion est intéressant, et on a tendance à oublier que lorsque l’on va dans un musée c’est avant tout pour apprendre et découvrir, et non pas se conforter dans ses acquis élitistes.

Vous l’aurez sensiblement compris, je ne parlerai que très peu de l’aspect cinématographique de cette exposition gargantuesque. Non pas par élitisme justement, j’ai pris beaucoup de plaisir à contempler les costumes de certains films (les Returns de Batman et Superman sont mes préférés, hormis le 1er Superman de Richard Donner qui est pour moi juste inclassable tant il m’a toujours hautement inspiré), ici encore je ne peux que vous conseiller de vous ruer sur cette fabuleuse exposition.

Mais passons si vous le voulez bien à des détails un peu moins réjouissants concernant cette exposition.
Au delà de ces deux sensibles articulations cinématographiques et purement liées à l’art séquentiel, l’exposition L’art de DC – L’aube des Super-Héros cible la plupart de son contenu sur les 3 pierres angulaires et historiques de l’éditeur, à savoir Superman, Batman et Wonder Woman. Sur le visuel de l’exposition cela se voit parfaitement bien telle une véritable affiche de cinéma, sur le papier également mais qu’en est-il d’entre les murs ?
Je vais encore une fois faire ma morue dessalée mais tant pis : Une chose est belle et bien claire, de l’affiche au contenu, Diana de Themyscira n’a quasiment pas sa place au sein de cette exposition, et ce malgré les petits trésors concédés par les bienveillants donateurs de cette exposition, je m’insurge, je me révolte envers la sous-exploitation de ce personnage, et ce malgré un premier film qui lui est miraculeusement consacré cette année et qui remplit donc logiquement une grande partie de l’espace qui lui est consacré.

Commençons déjà par prendre comme exemple l’affiche de cette exposition : Alors que Superman et Batman ont droit à des représentations morphologiques certes athlétiques mais tout à fait normales au regard de leur statut de super héros, Wonder Woman est littéralement difforme, bien au delà de l’iconographie sexy et cheesecake dans laquelle on a l’habitude de la retrouver régulièrement. Sérieusement j’ai mal au dos pour elle.
Ici et c’est malheureusement annonciateur pour la suite des événements, Wondie est encore une fois appréhendée pour son physique et non pas pour ce qu’elle représente vraiment. Je vais encore me répéter mais tant pis, je doute fort que William Moulton Marston aurait pu valider ce genre de représentation pour son héroïne, que ce soit en 1941 ou en 2017.

Et concernant l’exposition en elle même, je ne vous cache pas que je trouve inconcevable qu’elle ait droit à une salle et demi, soit autant que pour Harley Quinn. J’ai beau respecter ce personnage sans parler du travail sans faute d’Amanda Conner sur celui-ci, (on peut d’ailleurs saluer le fait qu’on lui consacre, en tant qu’autrice, une si belle exposition et la remercier vivement d’avoir fourni la plupart des planches originales concernant Harley) cette sur-représentation vis à vis d’un personnage aussi emblématique que Wonder Woman crée selon moi un véritable malaise au sein de cette exposition.

Une salle et demi, avec évidement en fond sonore la musique de la série TV, et les trois quart de cet espace consacré aux versions audiovisuelles la concernant. Si cela ne suffisait pas les quelques planches originales (sublimes et complètement intéressantes, ce n’est pas le problème, je pense que vous aurez compris ma vision des choses) sont souillées par des commentaires audio d’un autre monde.
J’étais tellement en colère en écoutant cela sur le moment ! Et je crois que mes amis l’ont remarqué.
Encore une fois, quel décalage entre les commentaires riches en informations octroyés aux deux super slips et le vide abyssal dénué de toute connexion entre les différents médium contrairement aux deux autres parties, idéalement foisonnantes…
Devoir écouter en guise de quasi unique panel audio l’évolution du physique de Wonder Woman au fil des décennies, et ce sans aucune présentation préalable du personnage dans son contexte, comme ce fut le cas pour ses prédécesseurs, ce fut pour moi un moment des plus surréalistes.

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Alors voici au final ma synthèse vis à vis de cette exposition : Elle est clairement et indubitablement à ne pas manquer pour tout amateur de comics et Culture Pop qui se respecte.
En effet, JAMAIS vous n’aurez l’incroyable opportunité de découvrir autant d’œuvres, de richesses en terme de patrimoine et d’histoire concernant un éditeur aussi légendaire.
Mais il ne s’agit pas que de cela : il s’agit en effet de prendre en compte tous les auteurs et personnages qui construisent cette fameuse Légende, à partir du moment où elle démarre avec la naissance du Dernier Fils de Krypton, l’aube du super héros.
Ma question est la suivante : OK ! Mais qu’en est-il de l’aube de la super héroïne ? Démarrent-ils avec les costumes en cuir de Catwoman ou Batgirl ? Est-ce que l’on doit considérer Harley Quinn comme notre libératrice dans ce domaine via la façon dont elle est mise en avant ? N’y avait-il pas plus à montrer sur Wonder Woman ?
En gros, est-ce qu’on me donnera enfin l’opportunité d’arrêter de râler, parce que je vous assure, je ne demande que ça.

L’AVIS DE JULIEN LORDINATOR :

L’Art des Super-héros DC, compte rendu de l’exposition

C’est en ce dimanche 13 août 2017 que je me suis rendu dans la capitale afin de traîner mes guêtres dans l’exposition consacrée aux super-héros DC Comics organisée par Le Musée Art Ludique. Après quelques heures à flâner émerveillé dans les allées, il est temps de donner mon avis sur cet événement à la gloire de ces héros costumés.

Lecteur de comics depuis maintenant plus d’une vingtaine d’années (ce qui fait en gros plus des deux tiers de ma vie quand même, et c’est pas rien), j’avoue être souvent dubitatif quand ce genre d’événement est organisé, la principale appréhension étant de savoir à quelle sauce ma passion première va être traitée : Par dessus la jambe ou de façon respectueuse… En ce qui concerne le Musée Art Ludique, j’avais déjà une référence, ayant déjà visité leur précédente exposition consacrée à leurs homologues de Marvel et j’avoue y avoir passé un très bon moment, comme tous ceux qui ont lu mon billet à ce sujet (c’est à dire pas grand monde) avaient put le constater, une piqûre de rappel si besoin est disponible ici.
Fi de Marvel, retournons du coté de la Distinguée Concurrence puisque c’est elle qui nous intéresse dans le cas présent et commençons par une petite visite guidée !

Selon moi, l’exposition est clairement divisée en quatre parties, alors allons-y dans l’ordre.
Dans l’entrée, on nous présente l’univers DC papier-en-comics au moyen d’une frise chronologique assez chiche ornée de différentes couvertures emblématiques de l’éditeur : Certes c’est succin, mais suffisamment informatif pour qui voudrait connaître le BA-ba de cet éditeur.
Sans surprise, les deux premières salles sont consacrées à Superman : Le Dernier Fils de Krypton se taille donc logiquement le luxe d’ouvrir l’exposition avec des dizaines de planches et couvertures emblématiques de sa très longue carrière. En plus des comics, on peut également y apercevoir des story-boards, accessoires et miniatures ayant servi durant les films dont il fut le héros. Cerise sur le gâteau, du mythique costume de Christopher Reeve à la combinaison que porté Henry Cavill dans Batman V Superman, L’Aube de la Justice en passant par le délicieusement costume kitsch de Brandon Routh dans Superman Returns, toutes les tenues cinématiques de l’homme d’acier sont admirables.
Une petite vitrine est même consacrée à Superman Lives ! Le projet de film abandonné de 1998 qui aurais dû voir Nicolas Cage (gloups…) porté la défroque de notre kryptonien préféré.

Constellée de textes explicatifs et de vidéos, ont peut quasiment tout connaître de L’Homme D’Acier et très franchement, cette exposition commence fort.

Seconde partie de l’exposition (et la plus fréquentée au moment de ma visite), c’est au tour de Batman d’embrayer le pas à son homologue bleu et rouge.
A l’instar de Superman, cette partie de l’exposition est tout simplement pharaonique : Dés l’entrée nous sommes accueillis par une monstrueuse statue du Chevalier Noir qui tel le Penny géant de la Batcave nous accueille dans son antre et là encore, c’est la bacchanale visuelle : De multiples couvertures et planches originale de comics signées par des artistes aussi variées que Bernie Wrightson, Dave McKean ou encore Brian Bolland forme une frise ininterrompue à la gloire du croisé à la cape. En plus de ces merveilles dessinées, là encore de multiples costumes, accessoires et story-boards des divers adaptations filmées sont présentes : Des costumes des films de Tim Burton (j’avoue être tombé extatique devant le costume de Pingouin de Danny De Vito porté dans Batman, Le Défi, à ce jour encore mon film Batman préféré), de l’impressionnante armure porté par Ben Affleck en passant par le costume de Joker de Heath Ledger dans The Dark Knight ou les navrants (mais malgré tout amusants) costumes (à tétons) des film de Joel Shumacher, c’est une mine de belles choses qui s’offrent à nos yeux.
Comme pour Superman, cette partie consacrée au défenseur de Gotham City est magnifique et se laisse parcourir sans lassitude.

Je passe rapidement sur la partie consacrée à Suicide Squad, qui est surtout là grâce au succès du film et qui selon moi, occupait inutilement beaucoup trop de place.

Troisième partie, et c’est là que ça se gâte un peu, c’est cette fois-ci Wonder Woman et la Ligue de Justice qui ont droit aux honneurs.
Wonder Woman, c’est la troisième entité de ce que l’on nomme la Trinité chez DC Comics, avec ses homologues masculins Superman et Batman.
Même si son apparition sur grand écran est assez récente et que sa popularité auprès du grand public (hormis dans les années 70 et la fameuse série télévisée disco) n’a jamais atteint celle de ses deux camarades, j’avoue avoir été relativement déçu par cette partie consacrée à l’Amazone. Certes couvertures, planches originales étaient légion, même si les costumes issues de la série télévisée et le splendide costume porté par Gal Gadot dans Batman V Superman, L’Aube de la Justice valait à eux seuls le détour, j’avoue que les différents textes explicatifs étaient, contrairement à ceux consacrés à Superman et Batman, assez chiches et s’attardaient plus sur des explications purement cosmétiques du personnage plutôt que sur son histoire et son influence.
Ce sous-traitement est un peu dommage, mais j’étais quand même assez content de constater qu’une partie lui était quand même exclusivement consacrée.

Pour ce qui est de la Ligue de Justice, c’est un peu le même topo que pour Wonder Woman : Pas de film, donc le strict minimum pour cette équipe à savoir un nombre de couvertures et de planches originales assez impressionnant qui même si elles raviront le fan de comics, ne feront pas s’attarder le promeneur lambda et c’est bien dommage car admirer des originaux d’Alex Ross, j’avoue que c’est très peu commun et assez rare pour être remarqué.

Quand à la dernière partie, c’est un peu une partie fourre-tout : De Flash en passant par Green Lantern, les Teen Titans ou Supergirl (et même Hawkman, qui à ma grande surprise a droit à un pan de mur entier malgré le fait qu’il ne soit clairement pas un des personnage DC Comics les plus populaires) c’est j’avoue la partie qui m’a le plus déçu : Pas vraiment de logique dans cette partie de l’exposition et le traitement rapide de certains personnages qui malgré leur rayonnement n’ont droit qu’à quelques panneaux explicatifs assez vague quand à leur historique…
Je peux comprendre que ces personnages n’ont pas droit à autant d’attention aux vues de leur actualité que la Trinité, mais j’avoue avoir été déçu de les voir tous rencardés dans les dernières salles.

En résumé, même si les parties consacrées à Superman et Batman valent à eux seules le détour, je reconnais que l’univers DC Comics est si foisonnant que tout caler dans une seule exposition était en soit impossible et que de nombreuses concessions ont dû être faites : Je trouve juste dommage le traitement de certains personnages qui de part leur actualité les expose moins que la Trinité et de ce fait ont été remisés en toute fin d’exposition. Idem pour Wonder Woman dont au final on apprend pas grand chose.
Très honnêtement, j’ai passé un très bon moment et je reconnais que mes remarques négatives sont uniquement dû au fait que je sois avant tout fan de comics, après, je me met à la place du novice qui ne connais cet univers que par le biais des films et dont un minimum de curiosité le poussera à s’intéresser aux planches et illustrations de comics originales présentes et là, cette exposition est clairement un point d’entrée parfait, à la fois ludique et informatif.

L’Art de DC, L’Aube des Super-héros, exposition au musée Art Ludique de Paris, encore visible jusqu’au 10 septembre 2017

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Las mujeres maravillas


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Le 34ème festival international de la bande dessinée de Barcelone (34 Saló Internacional del Còmic de Barcelona, ou Ficomic pour les intimes) va se tenir du 5 au 8 mai prochain et promet une nouvelle fois de très bon moments, avec la venue d’auteurs prestigieux tels que Frank Miller annoncée la semaine dernière.
Je n’ai jamais encore eu l’occasion de m’y rendre, cette année pourtant il se pourrait bien que je fasse le déplacement, notamment pour voir une exposition consacrée aux super héroïnes et intitulée Elles tenen súper poders (elles ont des super pouvoirs).

L’exposition a l’ambition de raconter non seulement l’Histoire de ces femmes merveilleuses en commençant par Fantomah (créée en 1940 par Hank Fletcher) et bien évidemment Wonder Woman, pour ensuite dévoiler toute la diversité de ces héroïnes, qu’elles appartiennent à des équipes de super héros (Black Canary, Invisible Girl, Black Widow, Power Girl ou Storm) ou qu’elles agissent en solo (Batgirl Elektra, Catwoman, She-Hulk, Ms Marvel, Supergirl ou Black Orchid).
Mais Elles tenen súper poders va également s’intéresser aux auteures qui évoluent dans l’industrie des comics, faisant la part belle à des pionnières telles que Ramona Fradon et Marie Severin ainsi que celles personnifiant la relève : Amanda Conner, Rachel Dodson, Jan Duursema, Fiona Staples, Nicola Scott, Jo Duffy, Barbara Kesel, Ann Nocenti, Rachel Pollack et Louise Simonson, sans oublier bien sûr les artistes espagnoles Natacha Bustos, Carmen Carnero et Emma Rios.

Cette exposition me parait donc des plus aguichantes, car elle met en avant des personnages  emblématiques appartenant aux Big Two tout en célébrant la présence d’artistes féminines bien connues ici, sans oublier d’autres noms de légende qui ont su honorer ces héroïnes tout au long de leur carrière : John Buscema, John Byrne, George Perez, Frank Miller et Bill Sienkiewicz, ainsi que les dessinateurs espagnols Daniel Acuña, Ramon Bachs, Natacha Bustos, Fernando Dagnino, Rafa Fonteriz Andres Guinaldo, David Lopez, Alvaro Martinez, Francis Portela, Javier Rodriguez, Jésus Saiz, Daniel Sampere et Juan Santacruz.

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Great, Britain


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Après la pantalonnade qu’a réussi à nous servir le Festival d’Angoulême, ou plutôt son désormais célèbre Grand Prix de l’autocentrisme (avant cela, il s’agissait d’une des récompenses les plus prestigieuses du 9ème Art, mais ça c’était avant), les choses ont fini par plus ou moins se régler dans le cadre d’un feuilleton digne des meilleures telenovelas brésiliennes qui aura su nous tenir en haleine pendant près d’une semaine.
Résultat des courses, les votants ont désormais libre choix de l’artiste dont ils veulent honorer la carrière, les femmes restent quant à elles toujours quasi inexistantes dans le panorama de la BD mondiale selon le FIBD d’Angoulême, qui n’a de toute façon pas vocation à ce que cela change.

Dieu merci, le FIBD d’Angoulême n’est absolument pas représentatif de ce qui se fait de part le monde en matière de visibilité des auteures de bandes dessinées, et alors que nous sommes devenus la risée de nombreux médias, il n’est pas trop tard pour s’intéresser à ce qui se fait ailleurs, notamment dans les pays anglo-saxons, bien plus sensibilisés et ouverts dans ce domaine.

Il suffit ainsi, et encore une fois, de traverser la Manche pour découvrir qu’une exposition intitulée Comix Creatrix: 100 Women Making Comics est sur le point d’avoir lieu du 5 février au 15 mai à la Maison de l’illustration (House of Illustration) de Londres.
Si vous suivez attentivement ce blog, ce n’est pas la première fois que je vous parle d’une expo Londonienne liée à la bande dessinée, j’avais en effet plusieurs fois fait l’éloge de Comics Unmasked, Art and Arnachy in the UK, une exposition des plus riches sur l’histoire de la BD au Royaume Uni commandité par Paul Gravett.
C’est cette fois-ci aux côtés d’Olivia Ahmad que Paul a confectionné cette nouvelle expo consacrée aux femmes de la BD, à travers des illustrations originales créées par 100 auteures dont le travail a su traverser à la fois les genres et les générations des années 1800 à nos jours, responsables de scènes de situations comiques aux récits de fantasy surréalistes, en passant par des biographies contestataires jusqu’aux brûlots dissidents et subversifs.
Mettant en lumière des artistes telles que Marie Duval, Tove Jansson, Posy Simmonds, Audrey Niffenegger, ou encore Nina Bunjevac, Comix Creatrix: 100 Women Making Comics est la plus grande exposition britannique jamais réalisée consacrée à de grandes artistes féminines de bande dessinée. Cette exposition présente ainsi le travail de 100 artistes innovantes, démystifiant le mythe que les femmes ont une participation limitée dans le monde de la bande dessinée.
L’exposition souhaite en effet révéler à la fois les œuvres d’auteures évoluant dans ce 21e siècle, tout en faisant découvrir des œuvres avant-gardistes provenant des 19e et 20e siècles, mettant en évidence l’influence d’artistes internationaux sur la scène britannique.

Mon petit doigt me dit que je serai amenée à vous parler de cette exposition d’une manière ou d’une autre très prochainement, comme ce fut le cas pour Comics Unmasked. Car après la débâcle du FIBD d’Angoulême, il est plus que jamais crucial de faire savoir que de nombreuses femmes évoluent dans le milieu de la BD, et ce depuis trèèèèèèèèès longtemps et à travers le monde. La BD ne devrait pas avoir de sexe ni de frontière, or ce n’est nullement le cas ni dans un contexte ni dans un autre.
Il s’avère également que malgré sa notoriété et son aura, le FIBD d’Angoulême n’est absolument pas l’écho de ce qui se fait en matière de visibilité d’auteures françaises, et encore moins internationales dans nos contrées. Des tas de festivals de BD, plus modestes, ou différents, ont eu le courage et la générosité d’introduire le sujet des femmes dans la BD dans leur thématique, comme pour montrer que justement, ce 9ème Art que nous aimons tant était d’autant plus riche grâce à cette présence féminine, et dès lors qu’il était impossible désormais de le nier, il fallait désormais en faire prendre conscience auprès du grand public.

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L’égalité en bandes dessinées


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Je crois qu’il n’est pas besoin de chercher midi à quatorze heures pour trouver un titre à ce billet, tellement celui de l’exposition qui se déroule actuellement à Toulouse à L’espace des diversités et de la laïcité (38 rue d’Aubuisson) jusqu’au 21 juin résume bien son propos.
L’inauguration de cette expo avait lieu aujourd’hui, au total 10 panneaux traitent de la démarche que diverses œuvres et auteurs tentent pour faire avancer les choses en terme d’égalité de sexe et de genre, de race, et d’amour… par le biais du 9ème art.

Cette exposition traite de la lutte contre l’homophobie, le racisme, le sexisme… Elle est ouverte à tous mais spécialement travaillée pour les élèves de collèges et lycées.
Populaire par excellence, la BD est passée d’un art mineur au 9e art, au XXe siècle. Elle s’est émancipée et séduit tous les publics car elle adopte tous les genres, intègre des personnages et des récits plus complexes et aborde toutes les thématiques.
Les 6 premiers panneaux, thématiques, abordent les questions liées au racisme, au sexisme, à l’homophobie. Les 4 derniers panneaux, génériques, traitent des genres autobiographique, fantastique, historique et humoristique.
Cette exposition propose aux enseignants une sélection de 30 BD pour réfléchir aux questions de discrimination et veut apporter des éléments de connaissance sur l’immigration, le racisme, le sexisme, l’homophobie et sur certains genres littéraires dans le domaine de la BD.
Une valise pédagogique, adaptée au collège ou au lycée, sera disponible avec les titres présentés dans l’exposition.

Cette ‘exposition fait partie d’un cycle intitulé « Enseigner l’égalité » avec les deux autres expositions suivantes : « Littérature jeunesse contre les discriminations » et « Cinéma contre l’homophobie ».

Alors le fait de savoir que Wonder Woman et Batwoman sont des personnages qui vont pouvoir être exploités d’une manière pédagogique au sein des collèges et des lycées me procure une joie sans nom… D’ailleurs si certains établissements sont intéressés sur ces deux sujets précis je me ferais un plaisir d’intervenir dans les classes à titre gratuit, cela va sans dire, c’est en plus quelque chose que j’ai déjà eu l’occasion de faire, il y a une dizaine d’années (à l’époque sur Tarzan et Batman) sur près de 500 élèves de primaire et collège lors d’un festival consacré aux adaptations de comics au cinéma dans un petit cinéma Héraultais… Ça c’était dans une autre vie, mais je suis sure que certains lecteurs de ce blog s’en souviennent encore.

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Angoulême 2015 : Exposition Jack Kirby, le super-créateur


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Cette année le festival d’Angoulême a largement contribué à faire connaitre le roi des comics auprès d’un large public par le biais de nombreuses conférences (j’en ai filmé deux, là encore je vais vous les partager très bientôt), mais surtout d’une exposition retraçant sa carrière à l’aide de reproductions de planches emblématiques, de textes décrivant notamment ses aléas avec les deux principaux éditeurs avec lesquels il a travaillé, et la mise en avant de bon nombre de ses collaborateurs, de Joe Simon à Dick Ayers.

Cette exposition a eu la particularité de rendre hommage comme il se doit à un esprit bouillonnant de création qui n’aura de cesse que d’influencer les futures générations de dessinateurs et scénaristes de comics.
L’un des fils rouges de cette expo dépeint la frustration de Kirby de ne pas avoir eu gain de cause en matière de droits d’auteur auprès de Marvel et DC sur la paternité de bon nombre de ses personnages encensés au cinéma de nos jours, que ce soit Captain America, les X-Men, Le Surfer d’Argent, Thor, Hulk, et les Avengers, Ant-Man, Les 4 Fantastiques, ou le fameux Groot que l’on voit désormais se trémousser le popotin sur un un air des Jackson Five

Comme vous pouvez vous en douter j’ai particulièrement apprécié la partie consacrée à sa carrière chez DC Comics au début des années 70, et les quatre séries dont il était responsable et faisant partie de son univers appelé le Quatrième Monde : Forever People, Mister Miracle, New Gods, et Superman Pal’s Jimmy Olsen.

De part le nombre impressionnant des personnages qu’il a créé, et employant un style à l’époque totalement novateur et dont l’influence majeure n’aura jamais fini de marquer toute une industrie, Jack Kirby est présent dans tous les courants et tous les genres, et fait partie de ces auteurs qui resteront omniprésents car indissociables de ce medium.

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Angoulême 2015 : A la recherche de Calvin et Hobbes


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Lauréat du Grand Prix du festival l’année passée, Bill Watterson et son oeuvre culte Calvin et Hobbes ont fait l’objet d’une très belle et très complète exposition qui se tenait à l’Espace Franquin (tout comme celle sur Mafalda l’année dernière), composée de près de 200 documents, et élaborée par le Billy Ireland Cartoon Library & Museum situé à Columbus dans l’Ohio, état de naissance et de résidence de Watterson.
Détaillant la genèse des aventures trépidantes du garnement et de son inséparable tigre, cette exposition explique également les influences de son auteur (nous avons eu le bonheur de voir des originaux de Peanuts de Charles Schulz, Pogo, de Walt Kelly, ou encore Krazy Kat de George Herriman) ainsi que la place de cette oeuvre au sein d’un genre à part entière qu’est le dessin de presse.
Au fil des saisons, les gags de ce duo attachant d’explorateurs en herbe sont à la fois universels et imparables dans leur traitement, Watterson étant ce génie de la narration qui a dû longtemps se plier aux contraintes du format des comic-strip publiés dans les journaux du dimanche.
Bill Watterson s’est toujours évertué avec Calvin et Hobbes à analyser divers sujets de société à travers les yeux de ses héros, renvoyant inévitablement à nos souvenirs d’enfance faits autant de rêve que d’incompréhension du monde qui nous entoure.

En parallèle à cette exposition, une conférence animée par Harry Morgan s’est tenue pendant le festival, rencontre que votre blogueuse préférée s’est fait un plaisir de filmer et vous présentera dans les prochains jours. En attendant voici quelques détails de cette fameuse expo qui fut l’un des plus beaux événements de ce festival d’Angoulême.

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Des comics à tous les étages


Je crois qu’on ne pouvait pas trouver un meilleur titre à cette exposition, dont l’agencement au cœur de la Maison du Livre de l’Image et du Son de Villeurbanne met judicieusement en valeur cette rétrospective des travaux du couple Bill Reinhold et Linda Lessmann.

Répartis sur les quatre niveaux de la médiathèque autour de son pilier central, les nombreux panneaux de cette exhibition nous font voyager dans le temps et découvrir ainsi quelques pages des titres les plus emblématiques de ce que fut l’âge de bronze des comic-books, des Fantastic Four à Tomb of Dracula, en passant par Captain America et Man-Thing, titres et autant de personnages que Linda Lessmann a superbement colorisé pendant plusieurs décennies pour la Maison des Idées.
L’oeuvre de Bill Reinhold n’est absolument pas en reste, grâce à des reproductions en noir et blanc de toute beauté qui soulignent entre autre son formidable talent d’encreur.
Le processus de l’élaboration graphique d’un comics nous est ainsi expliqué à travers de superbes exemples, alors que l’on s’amuse à tourner en rond et passer à l’étage suivant pour en connaitre la suite.

Cette exposition, je le rappelle, est visible jusqu’au 28 juin et totalement gratuite. Pour ceux qui n’ont pas la chance de pouvoir s’y rendre, Tata Katchoo a bien évidemment pensé à vous.

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