Archives de Tag: Féminisme

Mauvais genre


Le sujet du statut de la femme dans la culture Geek est quelque chose de passionnant lorsqu’il est bien traité, c’est à dire lorsqu’il arrive à dénoncer méthodiquement et de manière ludique la représentation souvent abusive des personnages féminins à destination d’une catégorie dominante et pourtant réductrice de la communauté Geek (les hommes blancs hétérosexuels).
Il existait déjà quelques blogs gérés par des filles, gameuses ou lectrices de comics désireuses de partager leur passion et donner leur avis tout aussi intéressants que ces messieurs, mais pour aller plus loin, et pour faire peut être un peu bouger les choses, un nouveau genre de site a fait petit à petit son apparition sur la toile.
Afin que le plus grand nombre d’entre nous prenne conscience que la communauté geek n’est pas plus ouverte ou plus tolérante qu’une autre, et que mettre un doigt (ou deux) sur ce qui ne va pas c’est justement essayer de l’améliorer (on peut toujours rêver), ces blogs tentent d’analyser un aspect des plus sympathiques de notre société, celui de la pop culture pourtant gangrené par des images et des comportements abjectes à l’égard des femmes, des personnages fictifs jusqu’à leur difficile présence dans les différentes professions liées à ce milieu.

L’existence de ces blogs est donc salutaire et n’existe malheureusement que parce que le constat est bel et bien là : le sexisme et la misogynie est un mal qui ronge notre communauté devenue pourtant tellement tendance, il s’agirait de montrer l’exemple non ?

Je vous conseille donc vivement de vous pencher sur Genre et Les Dégenreuses qui ont décidé de s’atteler à ce vaste sujet.

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Brûlons nos soutifs !



Car en cette journée qui sera vite oubliée jusqu’à l’année prochaine, si l’on ne doit porter qu’un seul costume, c’est bien celui-ci :

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Kapow 2012 : Où sont les femmes ?


Il y a un an je m’énervais contre le fait que la cérémonie de récompenses de la Kapow (les Stan Lee Awards) n’avait pas eu le bon gout de nominer une quelconque représentante du beau sexe parmi les meilleurs artistes et héros de comics de l’année 2011. Cette année il semble que Mark Millar persiste et signe dans des choix qui ne reflètent absolument pas la réalité d’un marché qui progresse lentement mais surement vers la féminisation des talents, et se paye le luxe de trouver des excuses qui ne sont pas valables quand on est le porte parole d’une convention qui se veut être une alternative aux grosses machines américaines, qui elles laissent un minimum de place au femmes (et si elles n’en n’ont pas assez, et bien elles le prennent).

Depuis une semaine en effet, les critiques fusent de la part des female furies de la blogosphère comics qui s’interrogent sur l’absence totale d’artistes féminines parmi les invités de la Kapow, comme vous pouvez le voir dans le trombinoscope suivant :

Oui la plupart de ces artistes sont la fine fleur de ce que le Royaume Uni a de plus créatif en matière de bandes dessinées, leur talent a d’ailleurs depuis longtemps dépassé les frontières de la perfide albion, et Mark Millar a également bien raison de leur rendre hommage ainsi. Mais cela voudrait-il dire qu’il n’existe aucune artiste féminine (non plus) de l’autre côté de la Manche ? Rien n’est moins sur.
Maura McHugh, écrivain et scénariste irlandaise s’est « amusée » à référencer toutes ses consoeurs pour prouver que si Mr Millar s’était un tant soit peu intéressé au sujet, il n’aurait eu que l’embarras du choix.
La formidable Laura Sneddon qui n’est pas la dernière à monter au créneau s’est même entretenue avec l’artiste via Twitter et lui a demandé comment se faisait-il qu’aucune artiste britannique soient invitée pour la Kapow. Et l’écossais de lui répondre qu’il y avait bien des invitées mais pour la partie audiovisuelle de la convention (cinéma et télévision), et que malheureusement aucune femme n’était présente dans la catégorie BD car les grands noms des comic books étaient tous de sexe masculin et que la Kapow était une convention mainstream qui ne s’intéressait qu’au domaine des super héros, à savoir ceux des partenaires suivants :

Mettre de côté tout un pan créatif parce qu’il n’est pas « mainstream » où qu’il ne concerne pas le domaine des super héros est selon moi une aberration. Déjà parce qu’il y a des femmes célèbres qui travaillent dans ce domaine précis depuis des années, et même depuis plus longtemps que certains de ces messieurs cités plus haut. Ensuite parce que les artistes féminines  devraient aussi pouvoir partager cet évènement à la gloire du comics made in britain. Je ne comprend vraiment pas pourquoi ce n’est pas le cas. C’est vraiment se renfermer sur soi que de diriger une convention dans une telle direction.
Un festival est selon moi un moyen exceptionnel de faire rencontrer les artistes avec leurs nombreux fans, c’est un fait, mais c’est aussi une opportunité de découvrir de nouveaux artistes, de nouveau courants, de nouvelles façon de voir la bande dessinée, et même si il ne s’agit que de super héros.
Millar devrait revoir sa copie, il devrait inviter Posy Simmonds, Emma Vieceli, Maya Gavin, Denise Mina, Melinda Gebbie, qui sont britanniques mais aussi Becky Cloonan, Gail Simone, Stephanie Hans, Emanuela Lupacchino qui maîtrisent parfaitement bien l’univers des super héros…

Toute proportion gardée, je me demande si le Lille Comics Festival se pose la question de savoir si une femme a sa place comme invitée parce qu’elle ne fait pas partie du panthéon des auteurs super stars. Franchement je ne crois pas.

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Ce trope appelé féministe en furie


Comme à son habitude, le site Feminist Frequency a l’art et la manière de parler de la représentation des femmes dans les différents médias qui sont liés à la pop culture. Dans la catégorie Trope vs Women, où nous en sommes au sixième numéro, Anita Sarkeesian nous parle des vilaines sorcières que sont les féministes, où plutôt comment elles sont perçues dans la plupart des grands médias outre atlantique (les sous titres sont dispo en français).

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Comic Girls Assemble !!!


Oye Oye gentes dames et demoiselles, vous qui lisez des comics à longueur d’année et qui le revendiquez haut et fort, préparez vous pour la grande journée du 28 Août. En effet, ce jour là c’est le fameux International Read comics in public Day destiné à promouvoir la lecture des comics dans les lieux publics quels qu’ils soient. Je vous avais déjà parlé de cette initiative l’année dernière.
Cette année encore, les filles sont à l’honneur grâce à l’évènement qui a lieu le même jour et appelé Women read comics in public too. Le concept : Vous êtes une fille, vous lisez des comics, et bien sortez de chez vous ce jour là et prouvez le. Toujours à l’initiative de Sue la blogueuse de DC Women Kicking Ass, cette année un second Tumblr entièrement dédié à l’évènement a vu le jour, alors soyez fière, sortez votre comics préféré de votre sac, prenez-vous en photo dans un lieu public et envoyez le résultat ici. Vous verrez que vous ferez partie d’une longue liste de comic girls à travers le monde.

Ce serait génial que cette année on ait une french wave, moi je vais participer comme l’année dernière même si à ce moment là je serais encore en vacances sur une île (d’Oléron lol), je vais me débrouiller pour faire poster la photo. Si vous ne pouvez pas la poster le jour fatidique le (28 donc), ce n’est pas grave du tout, mais faites le parce c’est fun et que ça montre que l’on existe !

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The Smurfette Principle


Le principe de la Schtroumpfette est un terme employé il y a près de deux décennies par Katha Pollitt, quand elle a noté qu’il y avait une quantité démesurée de personnages masculins dans les programmes destinés aux jeunes.  Même dans une programmation adulte, quand les femmes apparaissent parmi les personnages principaux d’un programme télévisé ou d’un film, elles sont habituellement seules dans un groupe d’hommes. Malheureusement, ce fait récurrent continue à faire son chemin dans le 21ème siècle.

Via Feminist Frequency.

http://blip.tv/play/AYG_4WgC

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Attache-moi !


A quelques minutes de la journée de la femme, et en attendant une petite surprise que je vous ai préparé pour l’occasion, je voulais revenir sur un phénomène à part entière qui est apparu à plusieurs reprises sur les couvertures de Wonder Woman, et à toutes les époques d’ailleurs, je veux bien sûr parler du bondage.

Commençons déjà par une définition :

Le bondage est une pratique qui consiste à rendre un corps captif par tout accessoire de contrainte et quel qu’en soit le procédé.
Un des chercheurs du CNRS donne sur le Dictionnaire du CNRS dix sept mots pour la représentation sémantique du mot bondage et propose de choisir le synonyme qui convient. Sont inclus dans cette représentation les mots : esclavage, servage, emprisonnement, captivité, chaînes, servitude, dépendance etc Howard Becker et son traducteur J.P.Briand ont choisi, eux, captivité.

Il est de notoriété publique que William Moulton Marston, le créateur de Wondie était non pas un libertin mais un adepte de l’amour libre. Psychologue diplômé de Harvard, avocat et provocateur, il a inventé ce que deviendra plus tard le détecteur de mensonge. Sa vision de la femme était également d’un modernisme qui laisse songeur :

« Franchement, Wonder Woman est de la propagande psychologique pour le nouveau type de femme qui devrait, je crois, régner sur le monde. »

Le fait qu’il ait tant de fois fait référence au bondage a souvent été mal interprété. Son fantasme n’était pas de voir son héroïne attachée et impuissante dans l’attente du moindre sévice, mais au contraire cette image de soumission était la parfaite démonstration du statut de la femme dans la société, prisonnière du patriarcat, comme ligotée et prisonnière de  son propre destin. Mais le plus important est de savoir comment se termine l’histoire : à la fin Wonder Woman (et du coup la Femme) se libère de ses liens, de ses menottes et autres tentacules, c’est en ça que William Moulton Marston est un auteur féministe, et  il était un précurseur en la matière.


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