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Non, Wonder Woman n’est pas lesbienne


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Wonder Woman est Queer.

En réaction à des identités « gay » et « lesbienne » considérées comme figées et excluantes (et représentant surtout des individus blancs et appartenant aux classes moyennes), en réaction aussi aux revendications assimilationnistes du mouvement gay et lesbien, la réappropriation du mot « queer » en vient à signifier un refus de la définition identitaire d’un groupe trop bien délimité (la « communauté gay » ou la « communauté lesbienne ») en même temps qu’un refus de l’assimilation à la société dominante. « Queer » est alors une manière de chercher à dissoudre les frontières afin que d’autres identités (transgenre, bisexuels, etc…) et la multiplicité des identités gays et lesbiennes (folles, tantes, butch/fem…) aient toute leur place dans un mouvement contestant les normes sexuelles, culturelles, et sociales.

Didier.Eribon, Dictionnaire des cultures Gays et Lesbiennes.

Oui Wonder Woman est Queer, non pas parce qu’elle vient d’une île uniquement peuplée d’Amazones, ou que son créateur se passionnait pour le bondage et entretenait une relation polyamoureuse avec deux femmes.
Wonder Woman est Queer parce qu’elle n’est pas définie par sa sexualité. Elle est Queer parce qu’aucune norme ne peut la statuer, elle est Queer parce qu’elle ne rentrera jamais dans aucune case, et pourtant nombreux sont ceux qui s’évertuent à vouloir l’y mettre…
Wonder Woman est Queer parce qu’elle n’appartient à aucune communauté (mise à part celle de ses sœurs amazones), et qu’elle les représente toutes. Enfin, Wonder Woman est Queer car elle est un symbole de la lutte contre l’hétérosexisme et le patriarcat.

Tel est le message que souhaite transmettre Greg Rucka, interrogé par Matt Santori-Griffith pour le site Comicosity. Mais c’est un message que les admirateurs de l’Amazone ont déjà bien compris, c’est même d’ailleurs pour cette raison que nous l’aimons tant, notre Diana.
Depuis le début du Rebirth de Wonder Woman, l’auteur est parvenu à réaffirmer la véritable dimension de ce personnage, mutilé par des années d’errances scénaristiques. Sa vision de l’héroïne, mais également de Steve Trevor, de Themyscira et de Barbara Ann Minerva est d’une telle justesse que nous sommes en train de suivre l’une des meilleures histoires jamais écrite sur l’Amazone.

Wonder Woman est Queer et ce n’est pas la faute de son actuel scénariste, elle l’a toujours été, et plus important encore, elle le sera toujours.

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Le retour des reines


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La WonderCon a été l’occasion pour DC Comics de présenter sa nouvelle Révolution appelée Rebirth, une énième tentative de regagner le cœur de ses lecteurs après les décevants New 52 et DC You, une façon aussi de dire à ses plus anciens fans qu’ils n’ont pas été oubliés après toutes ces années de séries plus ou moins concluantes.
Le ton est ainsi donné avec une sorte de retour aux sources vis à vis des personnages iconiques les plus populaires datant de la période pré New 52, Supergirl revient ainsi pour notre plus grand plaisir et retrouve son costume classique, la Batgirl de Burnside part pour un voyage initiatique, les Birds of Prey reforment la trinité qui avait fait leur succès (avec une petite variante puisque l’on aura droit à Batgirl ET Oracle), le risque est pris avec ce Superwoman par Phil Jimenez, tandis que Donna Troy rejoint les Titans.

Mais ce sont deux annonces qui m’ont fait particulièrement plaisir, à savoir le retour inespéré de notre sublime, majestueuse, incandescente Reine de Gotham, Batwoman dans la série Detective Comics (disponible le 8 juin) où elle sera entourée de Batman (évidemment), Gueule d’ArgileTim Drake en Robin et (je suis au bord de l’apoplexie), les toxiques Stephanie Brown et Cassandra Cain. Je n’arrive même pas à croire ce que je suis en train d’écrire, d’autant plus que d’après ce qu’il a été dit lors du panel, Kate Kane aurait un rôle tout aussi important et central que celui du Caped Crusader.

Autre excellente nouvelle, c’est le départ du couple Finch sur la série consacrée à Wonder Woman, dont certaines rumeurs avaient placé Marguerite Bennett pour remplacer la scénariste. Il n’en est rien, et c’est un plutôt un hommage au passé que l’éditeur nous propose avec un duo d’auteurs qui ont déjà travaillé sur notre flamboyante Amazone avec brio : Greg Rucka, et Nicola Scott vont en effet refaire honneur à notre héroïne aidés de l’artiste Liam Sharp.
Greg Rucka revient donc chez DC après des années d’embrouille et pourra enfin écrire l’histoire qu’il souhaitait pour Diana depuis une dizaine d’années. Son retour laisse surtout présager la présence de personnages qu’il affectionne particulièrement sur la série, ou pourquoi pas sa participation sur de nouveaux titres… comme au bon vieux temps si vous voyez où je veux en venir.

Toutes ces nouvelles me mettent bien évidemment de très bonne humeur ce soir, surtout après la déconvenue de cette semaine sur le plan cinématographique, de quoi retrouver dans les comics cet espoir qui manque tant dans d’autres supports.

Voici un panorama des autres séries féminines proposée par cette re-re-re naissance de DC :

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Vous pouvez répéter la Question ?


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L’event Convergence est le petit cadeau empoisonné de la part de DC Comics permettant à ses lecteurs, le temps de quelques numéros (et de leur transfert de New York à Burbank), de retrouver « l’ambiance » et l’aura des titres publiés avant le rebaunch (ah ça faisait longtemps qu’on l’avait pas vu celui là !) des New 52 en septembre 2011. Le principe est des plus simples, faire interagir les personnages issus des différentes périodes de l’éditeur, de Flashpoint à Zero Hour en passant par le cultissime Crisis on Infinite Earths.
Quand je dis cadeau empoisonné c’est qu’en ce qui me concerne, j’ai la très grande joie de retrouver Stephanie Brown aux côtés de Cassandra Cain (dans Convergence : Batgirl), Oracle sous la plume de Gail Simone (Convergence : Nightwing and Oracle), la version la plus WTF de Supergirl (Convergence : Supergirl Matrix) sans oublier les New Teen Titans (ah… quel bonheur de revoir enfin Donna Troy), Wonder Woman sans les Finch (mais je me console déjà avec sa série hebdomadaire, un peu bonheur), Catwoman… mais tout ça, ça ne dure qu’un temps, c’est à dire en moyenne l’espace de deux numéros, engendrant bien évidemment la plus grande des frustrations même si certains titres ne vont finalement pas rester dans les annales d’après ce que j’ai pu comprendre.

Il en est pourtant un, de titre, qui a non seulement la particularité de réunir l’un des tandems les plus excitants de ces dernières années appartenant à l’univers de Gotham mais qui est, cerise sur le gâteau, également écrit par le scénariste qui a façonné les meilleures histoires les concernant. Ce titre c’est Convergence : The Question, où Greg Rucka revient après de nombreuses années d’absence chez DC pour renouer enfin avec ses « filles », Renee Montoya alias The Question, et Batwoman, sans oublier Huntress qui accompagne l’ancien couple avec tout le charisme qu’on lui connait.

Convergence : The Question fait directement référence à la série Gotham Central, où Rucka avait développé avec brio le personnage de Renee, de ses rapports difficiles avec ses parents dû à son homosexualité en passant par le duel psychologique que lui inflige Double-Face, jusqu’à sa relation avec Kate Kane/Batwoman qui elle, est retracée dans l’excellente série 52 (mais si vous êtes un ou une habituée de ce blog, je suis persuadée que vous connaissez toutes ces histoires sur le bout des doigts !).

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Dans ce titre constitué seulement de deux numéros, nous retrouvons Renee Montoya quasiment au même stade que nous l’avions laissée… il y a cinq ans. Incarnant toujours The Question, elle fait désormais équipe avec Huntress (elles sont même colocataires) et doit faire face aux conséquences liées à la présence du dôme qui a transformé Gotham une nouvelle fois en un no man’s land. La loi du plus fort est de mise, la peur à chaque coin de rue. Mais ce qui affecte le plus notre héroïne, c’est que son père gravement malade est sur le point de mourir, alité dans une chambre de l’hôpital Saint Luke.
Totalement impuissante, elle peut néanmoins compter sur le soutien affectif d’Helena ainsi que celui plus torturé et ambigu de Double-Face qui, dans sa quête de rédemption lui permet d’approvisionner l’hôpital en doses de morphine, denrée extrêmement rare et sujette au marché noir.
Car au même titre que son héroïne, Greg Rucka n’omet pas, principalement dans le premier numéro, de mettre en valeur la complexité psychologique du personnage de Double-Face, constamment sur le point de sombrer dans la folie (si ce n’est pas déjà fait) et qui ne doit son salut qu’à la présence bienveillante de Renee.
Le lecteur habitué à cet univers prendra énormément de plaisir de retrouver ces protagonistes, dans un contexte différent mais pourtant si familier. Et la construction des deux numéros est d’autant plus impressionnante que l’on sait que les pages sont limités, le scénariste arrive avec la maestria qu’on lui connait de jongler avec l’introspection de Renee, la démence de Double-Face, la répartie réjouissante de Huntress et… la présence toujours aussi majestueuse de Batwoman, qui vient en renfort dans le second numéro.

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L’occasion était trop belle pour Rucka de ne pas revenir sur une pièce maîtresse de la mythologie de ses deux héroïnes, leur relation amoureuse faite de drames et de tensions, et qui se révèle d’ailleurs être l’une des plus vibrantes de tout le DC-verse.
A partir de ce moment, les échanges entre les trois vigilantes ne sont que pur bonheur, on sent que Rucka se fait autant plaisir à lui qu’à nous, et retrouve avec une aisance déconcertante la maîtrise de ses personnages, comme si il ne les avait jamais laissé. Et la frustration est d’autant plus grande, car plus on tourne les pages de Convergence : The Question, plus celle-ci pose le quand de leur prochaine rencontre. En effet tous les ingrédients sont placés pour qu’une série sur le long terme avec ces trois là soit envisageable, et l’amertume se niche quand on se doute que cela n’arrivera probablement jamais.

Le pire, c’est que l’on se se met à rêver du succès d’une telle entreprise, qui plus est avec la présence du dessinateur Cully Hamner, partenaire de Rucka sur les back-up de The Question dans Detective Comics #854 à 865 où elle faisait déjà équipe avec une certaine Helena Bertinelli. C’est dire que ce Convergence : The Question a des airs de retrouvailles en famille.

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Je n’ai pas lu tous les titres Convergence, mais j’ai entendu dire à plusieurs reprises que celui-ci était le meilleur d’entre tous. La fangirl que je suis répondra du tac au tac « c’est tout à fait normal, vu qu’il est muni du combo de la mort : Batwoman/Renee/Rucka », mais le plus évident je crois, c’est qu’il est en fin de compte le plus sincère, là où toutes les autres mini-séries sont axées principalement sur de l’action pure et des enjeux qui nous dépassent, Convergence : The Question s’attache à mettre en valeur les rapports humains, qu’ils soient familiaux, amicaux ou amoureux, c’était à peu près ça, ce que l’on pouvait lire chez DC Comics lors de la période pré-New 52.

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Le fer et le sang


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« Car seul le fer peut nous sauver
Seul le sang peut nous délivrer
des lourdes chaînes du pêché
de la malicieuse exubérance »

Max von Schenkendorf, 1813.

Rares sont les scénaristes qui ont réussi à traiter aussi merveilleusement bien leurs héroïnes que Greg Rucka. Qu’elles appartiennent déjà à un éditeur, ou qu’elles proviennent tout doit de son imagination, les femmes de Rucka ont toutes au moins un point en commun : aucun cliché ne saurait les définir.
La justesse avec laquelle l’auteur de Batwoman Elegy et Gotham Central développe ses personnage féminins dans chacune de ses œuvres est en effet devenue une véritable marque de fabrique, une valeur sûre que l’on est certain de retrouver quelque soit le genre qu’il va emprunter, de Wonder Woman à Stumptown, de Queen & Country à Felon, de The Question à Lady SabreGreg Rucka ne perd pas son temps à affubler ses héroïnes de poncifs inutiles et révélateurs d’une vision réductrice ou simpliste, comme on en voit encore trop souvent dans les comics.

Lazarus-Forever-674x1024Écrivain prolixe, l’une de ses dernières séries en date s’intitule Lazarus, dont le premier tome vient d’être publiée en France par Glénat Comics, l’éditeur diversifiant actuellement son catalogue en proposant du très bon matériel dont nous aurons le plaisir de reparler sur ce blog, les femmes étant particulièrement mises à l’honneur.
Dans cette série originellement publiée chez Image, Rucka retrouve un artiste qu’il connait bien puisqu’ils ont œuvré ensemble sur les 3/4 des numéros de Gotham Central, Michael Lark qui continue d’imposer ici son style à la fois sombre, violent et très réaliste à l’image des polars des 70’s.
Le registre de Lazarus est toutefois bien différent, puisqu’il se situe dans un futur proche et dystopique, où suite à une catastrophe à grande échelle la société s’est réorganisée auprès de plusieurs familles utilisant un système quasi féodal, exploitant des ressources et les distribuant à un nombre restreint, le reste de l’humanité étant considéré comme des déchets.
Élevée par la famille Carlyle, Forever en est à la fois la protectrice, la représentante et l’exécutrice, dotée de facultés régénératrices hors du commun sa loyauté envers les siens n’est pourtant basée que sur des mensonges, son père et ses frères et soeurs se servant d’elle comme d’une véritable machine à tuer.

On a l’impression en lisant ce premier tome que Greg Rucka n’a aucunement envie de brûler les étapes tant le fil narratif se déploie relativement doucement, la succession des chapitres pouvant d’ailleurs être interprétés comme l’évolution l’héroïne dans le développement de sa maturité, (re)naissant au début du livre, on la voit ensuite interagir parmi les membres de sa famille, pour ensuite prendre ses premières décisions et se confronter au sentiment amoureux, jusqu’à aboutir vraisemblablement à une sorte de crise d’adolescence où la figure paternelle risque d’en prendre un sacré coup.
Le tome 1 s’arrête là où d’autres auraient choisi la facilité d’imposer ce twist dès la fin du premier numéro, Rucka lui sait que toute la beauté et la profondeur d’un personnage se construit et se défini sur la longueur, sans omettre de chorégraphier quelques scènes d’action pure dont il a le secret.

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Le scénariste met également l’accent sur les enjeux politiques d’une société basée sur le pouvoir d’une poignée de familles, les Carlyle et les Morray, se sont en quelque sorte les Capulet et les Montaigu du futur, la comparaison va sans doute s’arrêter là mais les rapports complexes et ambigus entre certains membres de la famille de l’héroïne ne pouvaient également m’empêcher de faire le rapprochement avec un certain auteur britannique.

Sans aller plus loin, car ce serait vous gâcher le plaisir de cette lecture, sachez donc qu’avec cette nouvelle série on retrouve tout ce que l’on peut apprécier d’un auteur tel que Greg Rucka. Son héroïne est la digne héritière de Tara Chase et Renee Montoya, et transposée graphiquement avec le réalisme saisissant de Michael Lark, bien qu’il s’agisse malgré tout d’un récit de science fiction. Espérons que cette ambiance particulière soit respectueusement rendue à l’occasion de la future adaptation TV.

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Pirate !


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Il y a bientôt deux ans, je m’enthousiasmais sur le dernier creator-owned de Greg Rucka et Rick Burchett, un webcomic original, rafraîchissant et bourré d’aventures intitulé  Lady Sabre and the Pirates of the Ineffable Aether. La bonne nouvelle du jour, c’est que le duo vient de lancer un projet Kickstarter afin d’éditer ce petit bijou dans une très belle édition de 192 pages regroupant les 5 premiers chapitres en format CinemaScope.
Seneca Sabre
est la 14ème marquise de Cascadia, et capitaine du navire Pegasus, flibustière sans peur et sans reproche, elle évolue dans un univers proche de l’Angleterre Victorienne et son imagerie Steampunk, et des vastes épopées du Far West peuplé de hors la loi.
Sa Seigneurie est à la fois espionne, voleuse, maître d’armes, sorcière, violoniste… Elle navigue sur l’Aether – une étendue presque infinie et insondable – entre terres flottantes en quête de gloire, d’or, une pincée de magie, et son propre et inconnu ordre du jour. Le long de son chemin, elle va rencontrer méchants, voleurs, folles, ainsi que deux défenseurs inconditionnels de la loi – le maréchal Miles Drake et son adjoint Keyton Drum.

En une journée à peine,  ce projet à déjà atteint 70% des fonds nécessaires à sa publication. Ce bel objet est  disponible à partir d’une enchère à 30$ (et compter 20$ de frais de port supplémentaires), et une édition française c’est trop demander ?

 

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Comment écrire un bon personnage féminin avec Greg Rucka


Après Ron Marz, c’est au tour de Greg Rucka d’être passé au crible de Sara Lima.

La semaine dernière nous avons débattu avec l’écrivain Ron Marz sur la meilleure façon d’écrire un personnage féminin fort. Marz a révélé que pour lui, l’écriture d’un personnage féminin était juste la même que pour un personnage masculin, mais que celle-ci était un peu plus mature émotionnellement. La discussion a vraiment beaucoup fait réagir certains d’entre vous, en commentant les caractéristiques qu’un personnage avait besoin d’avoir pour qu’il soit fort, et ce que cela signifiait pour vous tous. Nous avons teasé que nous allions parler de cela à Greg Rucka prochainement, et lui poser les mêmes questions. Nous avons pensé qu’il était assez approprié de le faire étant donné que nous pensons que Greg Rucka est l’un des meilleurs écrivains qui a réussi à dépeindre des femmes puissantes dans la bande dessinée.

Et bien Rucka a commencé sa carrière comme auteur de romans policiers, il s’est essayé à la bande dessinée avec la sortie de son roman graphique à succès, Whiteout , qui a ensuite été adapté en film. L’histoire était centré autour de Carrie Stetko , une US Marshall en Antarctique qui, alors qu’elle enquête sur ​​un meurtre, trouve encore plus de victimes. Stetko est un personnage fort qui défie son destin, et se retrouve souvent face à des situations impossibles.

Rucka publie plus tard Queen and Country , également sur Oni Press, qui est devenue sa série la plus connue. L’histoire a suivi Tara Chace , agent secret britannique de l’Intelligence Service qui, après une formation et une éducation intensive à Cambridge, s’élève dans les rangs du SIS. Tara est un personnage incroyablement puissant, intelligent et rusé – et avec ces deux livres, Rucka a prouvé qu’il savait ce qu’il fallait pour écrire une femme forte.

Rucka a ensuite signé chez DC et a demandé à écrire Wonder Woman , la dame la plus célèbre de DC. C’est pendant son run que Diana a commencé à évoluer et à devenir un personnage très fort, sécurisant et autonome. Certains de ses moments les plus mémorables proviennent du run de Rucka. Quand elle a percé ses propres yeux afin de vaincre Medusa , ce fut Rucka. Rappelez-vous quand elle a opté de briser le cou de Maxwell Lord ? Cela aussi a été Greg Rucka. Sa compréhension de Diana comme étant le point à mi chemin entre Batman et Superman a révolutionné son personnage. Sous la plume de Rucka, Diana a non seulement trouvé son autonomie, mais elle s’est sacrifiée et s’est transcendé.

N’oublions pas le run de Greg Rucka sur Batwoman: Detective Comics , une série qui a sérieusement popularisé le personnage de Kate Kane et l’a porté à l’avant-garde de la bande dessinée.

Avec autant d’expérience sur l’écriture des personnages féminins denses, il n’est pas étonnant d’avoir choisi d’aborder Rucka afin d’acquérir une compréhension de la façon dont il écrit ces femmes. Voici ce qu’il avait à dire.

« La réponse à toutes ces questions est la même, fondamentalement. On n’écrit pas un personnage «femelle», pas plus que l’on écrit un personnage « mâle ». On écrit un personnage, et ce personnage est dérivé de beaucoup, beaucoup de différents composants, le sexe étant juste l’un d’eux. L’éducation, les antécédents, l’enfance, la religion, l’orientation sexuelle et l’expérience, l’histoire unique – toutes ces choses influencent le personnage et le travail de l’écrivain est de présenter l’ensemble du paquet, sous la forme d’un individu. Le problème n’est pas que les auteurs oublient qu’ils écrivent un genre ou un autre, c’est qu’ils le font sans tenir compte des facteurs. Pour écrire n’importe quel personnage, on doit habiter sa vie, l’évaluer, puis voir à la fois par le biais de son personnage, et objectivement. »

Le fait qu’elle soit une femme, selon Rucka, ne devrait pas être sa caractéristique essentielle. Il y a toutes sortes de nuances et de nombreux éléments différents, allant de quel est son vécu et ce qui compose son identité – et chacune de ces qualités sont tout aussi importantes  pour faire d’elle un personnage féminin fort.

Il n’y a pas vraiment un seul ensemble de caractéristiques qui est plus ou moins important qu’un autre – il est plutôt question de travailler avec un tout, en honorant ces composants ainsi que son ‘intégralité. Cela nécessite une sorte d’honnêteté qui est, franchement, plutôt rare, cela exige que l’écrivain soit juste avec son personnage tout en étant son avocat.

L’un des défis les plus importants pour de nombreux écrivains est de savoir comment s’y prendre pour rendre un personnage fort, sans l’exploiter, et comment peut-on distinguer ce qui est très sexy et ce qui est sexiste. Est-ce uniquement dans l’art ? Est-ce bien plus profond que cela ?

« De même, le sexy n’est pas de l’exploitation, alors que l’exploitation est malhonnête. Inversez cette chaîne et vous pouvez voir que, quoique que vous écriviez, si vous êtes honnête à son sujet, et lui permettez un moment de brillance, vous pouvez créer du sexy sans que cela devienne du proxénétisme. Le sexy n’est pas un trait visuel – c’est une aguiche. Les pin-up, ce sont des considérations purement visuelles. Ce qui rend quelqu’un de sexy – ce qui rend toute personne sexy, à mon avis – est moins à quoi ils ressemblent que comment ils agissent. La compétence est très sexy. La capacité est très sexy. La confiance est très sexy. L’intelligence est sexy. Un personnage qui incarne clairement ces traits à un titre ou un autre est un personnage qui va être attrayant.
Se pencher pour ramasser un crayon tombé de haut avec votre cul en l’air n’est pas sexy, c’est juste l’image d’un derrière. Nous confondons excitation avec le sexy de la même manière que nous confondons la force avec la cruauté. Un personnage fort n’est pas comme son nom l’indique, mais la confusion entre les deux a conduit à un raccourci dans lequel la tentative de dépeindre un personnage féminin comme «fort» se traduit par « salope ». La force est également une partie d’un personnage – ces personnages qui savent ce qu’ils veulent, savent de quoi ils sont prêts à faire pour atteindre leurs objectifs, et qui s’élèvent encore et encore contre l’opposition, ils sont par définition, solides. »

Ce qui est sexy, par définition, est différent pour chacun de nous, l’héroïne peut montrer un peu de décolleté et rester une grande combattante si elle a une histoire solide, un vécu et une identité propre. Rucka donne une définition parfaite de ces caractéristiques qui ne valent pas seulement pour les personnages féminins forts, mais pour les personnage forts, en général.

Que pensez-vous de la définition de Greg ? Acceptez-vous que le sex-appeal d’un personnage féminin ait plus à voir avec ses capacités que la façon dont elle est dessinée ? Pensez-vous qu’il n’y a vraiment aucune différence entre l’écriture des personnages masculins et féminins ? Quels personnages aimeriez-vous voir écrits par Greg Rucka ?

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Greg et les Pirates


Le nouveau et très excitant projet de Greg Rucka démarre aujourd’hui, il s’agit d’un web comic intitulé Lady Sabre and the Pirates of the Ineffable Aether, et dont la première page de cette œuvre dessinée par Rick Burchett est enfin disponible. On découvre l’héroïne de cette série, Seneca Sabre poursuivie par des soldats menaçants, ambiance Steampunk, Western et Piraterie pour un double rendez-vous hebdomadaire (tous les lundi et jeudi), à l’abordage ! (et oui, je suis une flibustière qui s’ignore…)

Swords are cool. People fighting with swords are cool. Airships are cool. Cowboys are cool. Pirates are cool. Clockwork men are cool. Smart, savvy, witty women are very cool. Laconic gunslingers? Totally cool. Steampunk? Frosty.

That’s what Lady Sabre & the Pirates of the Ineffable Aether is, that’s what it’s about. The adventures of the Lady Seneca Sabre and those she meets along the way as she travels the Sphere. Who she fights, who she foils, who she befriends. It’s about adventure and romance and excitement and, to paraphrase the great Zaphod Beeblebrox, “really wild things.”

And most of all, what it’s supposed to be? It’s supposed to be fun.

You remember fun, right? That thing that most print comics seems to have forgotten in their desperate attempt to cling to readers, continuity, and a market that has outstripped and overtaken them? The thing that comes from enjoying a good story where you want to know what happens next and the characters are cool and the villains are villainous and the heroes are heroic because they’re heroes?

Now don’t get us wrong. We’re all for tugging the heartstrings and bringing tears to the eyes. That’s part of a good story, too, and – perhaps paradoxically – those emotions can also be fun. And we aim to play the heartstrings, to move you as much as to entertain you, to make you care about the people in this world we’ve created.

Oh, you want to know about the world? Here’s all you need.

The world, as our characters know it, is called the Sphere, an open, empty sky dotted with Lands, those pieces of terrain that somehow seem to float above it all. The Lands vary in sizes – some of them quite small, barely a city block perhaps, and others the size of continents. Did we say an empty sky? Well, not quite. The Aether – invisible, ineffable – permeates everything, everywhere. Between Lands, its properties change, allowing Aether Ships, effectively sailing vessels, to travel the vast open spaces. Where Aether meets Land, it is more diffuse, weaker, but no less unknown.

There are four Major Powers in the Sphere, roughly analogous to the European Powers from the Age of Enlightenment. Science marches on, its progress slowed somewhat in the face of Magick. Speculation is rife about the connections between the Aether and wizardy and witchcraft.

The Aether is not calm, nor is it complacent. Aether Storms arise in the vast spaces between Lands, treacherous and unpredictable to sailors and Landlubbers alike. Once every hundred years or so, Great Storms descend, and where they make Landfall, they have the ability to remake entire Lands, erasing in one moment what centuries, even aeons, have created. Whole civilizations have vanished from the Sphere at the touch of a Great Storm.

And where one Land is vanished, the Sages speculate, another comes into existence….

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