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La revanche de Shelly


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Décidément ces dernières semaines les choses évoluent dans le bon sens et de manière exponentielle lorsque l’on parle de la place des femmes dans l’industrie des comics et plus précisément dans le domaine de l’édition.

Je me réjouissais en effet récemment du grand retour de Karen Berger dans le game (j’essaie de paraître branchée… Excusez-moi, je recommencerai plus) avec la création d’un label sous son entière responsabilité pour Dark Horse Comics et nommé Berger Books, et je faisais également état un peu plus tôt du projet de Shelly Bond intitulé Femme Magnifique, une anthologie s’articulant autour des femmes qui ont marqué l’Histoire, sous la forme d’un financement participatif sur Kickstarter.

Mais c’était sans compter une nouvelle autant inattendue que réjouissante : à l’occasion de l’Emerald City Comicon qui se tient ce week-end à Seattle, l’éditeur IDW a déclaré lors d’un panel que Shelly serait elle-même à la tête d’un inprint du nom de Black Crown et dont les premiers titres et artistes seraient annoncés l’été prochain pour la Comic Con de San Diego.

Après avoir travaillé pendant 20 ans pour Vertigo, et de ce fait d’avoir grandement contribué à son rayonnement, on peut imaginer au même titre que Karen Berger que Shelly Bond a d’excellents atouts et un flair imparable pour créer une nouvelle ère créative et innovante dans la sphère des comics indépendants, où la diversité sera un enjeu essentiel, et la surprise toujours au rendez-vous à travers autant de parutions en singles que de graphic novels.

Je vous invite à lire l’interview exclusive de Shelly Bond à ce sujet sur The Comics Beat.

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Pour 49 battements de coeur


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« Superman and I have spent our lives trying to better our adopted world… Helping those who need it… Trying to inspire hope in those who don’t have any.
But sometimes… sometimes…
…sometimes we’re too late.
Sometimes our friends and families and neighbours suffer… and my heart breaks.
I wish I could fix this… I wish I could spin the world backwards and make this all go away… I wish I could save everyone.
This world is so, so beautiful
… Why would anyone want to hurt it ?
Why ? »

Extrait de WHY, page consacrée à Supergirl, écrite par Sterling Gates et dessinée par Matt Clark.

Beaucoup d’entre nous se souviendront toujours où nous étions et ce que nous faisions le 12 juin 2016, lorsque nous avons appris pour le Pulse.
Moi j’accompagnais mon Sidekick dans notre cinéma de quartier (celui où j’ai été bénévole pendant des années) voir TMNT 2. Il était à peu près 18h et en attendant que la séance démarre, je flânais sur Facebook, puis j’ai su. J’ai ressenti immédiatement une immense colère, à tel point que le Sidekick m’a demandé ce qui n’allait pas. Je lui ai alors montré l’article que j’avais sous la main, et après l’avoir lu il m’a posé cette question si juste : Mais comment on peut tuer des gens pour ça ?

De la colère d’un côté, de l’incrédulité de l’autre, rajouté à cela un gouffre sans fond de tristesse, de désespoir, de renoncement. La tuerie du Pulse a dévasté bien plus que 49 vies, leurs familles, leurs amis. Toutes ces balles ont ricoché d’une certaine manière sur nos vies à nous. Moi même, je n’ai pas eu le courage d’écrire pendant un moment.
Puis vient le temps de se redresser. Parce que même si cette tragédie est la plus violente et  la plus radicale que l’on ai pu voir ces dernières années, elle est loin d’être la première. Elle ne sera pas la dernière non plus. Et c’est bien d’ailleurs pour cela que nous manifestons chaque année au mois de juin justement. Parce que même si l’on nous frappe, même si l’on nous tue, nous sommes et resterons fiers d’être ce que nous sommes, pour toujours.

La couverture de Love is Love dessinée par Elsa Charretier exprime bien cette idée. On peut y voir le début de cortège d’une Gay Pride, où Thémis, déesse de la Justice brandit le drapeau gay d’une main et accompagne la future génération de l’autre. Derrière elle, c’est toute la diversité des LGBT qui est représentée : Queer, Bear, Trans, Camp, Butch, des jeunes, des moins jeunes, et des couleurs de peau aussi diverses que l’arc en ciel qui nous symbolise.

Love is Love, c’est l’hommage et le message d’amour que le scénariste Marc Andreyko a voulu offrir non seulement aux victimes du Pulse mais également à toute une communauté. Réunissant d’innombrables artistes et scénaristes de l’industrie (311 au total), cette anthologie recèle de véritables trésors graphiques qui pour la plupart ne font qu’une ou deux pages.
Les éditeurs partenaires étant IDW, DC Comics et Archie Comics (on regrette évidemment l’absence de Marvel, mais des auteurs phares de l’éditeur y sont tout de même présents), on retrouve bien évidemment les grandes figures de ces trois maisons, quelles soient LGBT ou non. D’un autre côté, on trouve également des histoires où les super héros sont absents, l’émotion est alors à son comble la plupart du temps.

Car pour lire cet ouvrage dans sont intégralité, il m’aura fallu le faire en plusieurs séances tant son contenu est chargé et puissant émotionnellement à bien des égards. On ne peut effectivement sortir indemne d’une telle lecture, et ce, que l’on fasse partie de la communauté LGBT ou non, car tout le monde peut se reconnaître dans cette tragédie.

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La préface de Patty Jenkins (réalisatrice de Monster et Wonder Woman) résume parfaitement bien le contenu de Love is Love : sans amour et sans compassion, notre société n’engendrera que des victimes. Mais grâce à des personnes de bonne volonté, des bénévoles dans des centres d’accueil, des artistes qui répondent à l’appel, la violence et la haine s’éteindront un jour, peut être…

Le contenu de cette anthologie n’est ensuite pour moi ni plus ni moins qu’une succession de merveilles, dont certaines ont été façonnées par des artistes que j’ai eu la chance inouïe de rencontrer lors des nombreux festivals que j’ai pu écumer toutes ces années. Ici et maintenant je peux le dire, ces artistes là, ce sont eux mes super héros et je ne les remercierai jamais assez d’avoir participé à ce livre.
Car Love is Love fait en effet désormais partie de ces grandes œuvres qui ont réuni parmi les plus grands artistes dans un projet caritatif, comme AARGH et 9-11 à leur époque.

Dans Love is Love on pleure beaucoup, on rit parfois, mais surtout on danse. On danse comme tous ceux qui étaient au Pulse ce soir là, parce danser c’est vivre, s’amuser et aimer qui l’on veut, c’est rentrer chez soi safe et remettre ça le week-end suivant. 49 personnes ne sont pas rentrées chez elles ce soir là, mais nous on continuera de danser pour eux.

Les bénéfices de Love is Love sont intégralement redistribués à  l’organisation Equality Florida et son fond d’aide aux victimes de la fusillade du Pulse, ainsi que leurs familles.

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Batwoman is Love


Les enfants il me tarde de vous retrouver.
Il me tarde de vous dire tout le bien que je pense de la seconde saison de Supergirl par exemple, et à quel point la série Rebirth de Wonder Woman est toujours aussi excellente.
A vrai dire il n’y avait qu’une seule héroïne capable de me sortir de mes préoccupations actuelles, toutefois fondées sur ma passion pour les comics, Batwoman est ainsi apparue sur le toit d’un immeuble, apportant tout le réconfort possible à l’une des victimes indirectes de la tuerie d’Orlando.

Cette scène, nous allons la retrouver dans l’anthologie Love is Love, le fabuleux projet de  Marc Andreyko dont je vous ai déjà parlé, une oeuvre salvatrice pour toutes celles et ceux qui ont pu se sentir concernés, touchés, meurtris à vif par cette apocalypse.

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Cette page livrée aujourd’hui est d’autant plus significative pour moi qu’elle est issue d’un couple que je connais depuis un petit moment déjà, à savoir Cat Staggs et Amanda Delbert. Ces deux artistes élèvent ensemble une merveilleuse petite fille, une petite Wondie qui suivra sans problème le parcours de ses deux mamans, compte tenu de leur talent.

Cette page me rappelle également une autre scène aussi symbolique, mise en valeur par Frank Quitely et Grant Morrison via le personnage de Superman dans All Star Superman.

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Les super héros ne nous veulent que du bien. Ils ont beau être des personnages fictifs, eux et leurs auteurs nous insufflent une lueur d’espoir dans notre quotidien trop souvent empêtré dans une constante tristitude.

Kate Kane est toujours là pour me rappeler que le combat continue, la preuve en est encore aujourd’hui.
Cette page, avec celle de Rafael Albuquerque ne fait que renforcer l’idée que Batwoman est LE symbole de l’espoir et de la combativité des LGBT dans le medium des comics.

WE SOLDIER ON.

Je vous laisse avec une interview de Mark Andreyko sur ce formidable projet dont il écrira une préface, et dont les bénéfices sont destinés aux victimes de la tuerie du Pulse, Brian Michael Bendis, Michael Avon Oeming, Gail Simone, Scott Snyder, Tom King, Cecil Castellucci, Mirka Adolfo, Paul Dini, Mark Millar, Cat Staggs, Amanda Diebert, Brad Meltzer, Sina Grace, Ed Luce, Jason Aaron, Jason Latour, Kieron Gillen, Olivier Coipel, Phil Jimenez, Patton Oswalt et Damon Lindelof en ont été également les architectes.

On se voit très bientôt les enfants 🙂

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We are Orlando


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Le massacre du Pulse survenu le 12 juin dernier, et qui a sacrifié des centaines de vies innocentes (car au delà des 49 morts et 53 blessés, ce sont des familles entières qui ont été meurtries dans leur chair, à jamais), reste une plaie ouverte et malheureusement incurable pour beaucoup d’entre nous, membres et sympathisants de la communauté LGBT à travers le monde…
Mais au delà du deuil et de la commémoration, cet événement ignoble n’a fait que pointer une nouvelle fois du doigt, médiatiquement parlant, les difficultés et les vicissitudes que nous rencontrons de plus en plus chaque jour dans notre quotidien.

A ce titre (et si certains lecteurs parmi les habitués du TLGB en douteraient encore), il suffit juste de regarder la formidable série de documentaires réalisée par Ellen Page et son comparse Ian Daniel intitulée Gaycation, un tour du monde dépeignant très justement le quotidien des personnes LGBTQ dans bon nombre de pays aux cultures variées… mais je vous en reparlerai très vite 😉 .

Alors même si certains lecteurs de comics affirmeront que ce medium n’a pas la vocation fondamentale de transmettre des messages de tolérance et d’acceptation des différences quelles qu’elles soient, trouvant souvent l’excuse du politiquement correct et de la bien-pensance, ma vision des choses en est tout autre et ce blog n’existerait d’ailleurs pas si ce n’était pas le cas, des événements comme celui survenu à Orlando ne peuvent d’ailleurs que me conforter dans cette idée.

Et lorsque le mal est fait, que l’horreur a eu lieu sans que l’on puisse réagir, ce support culturel qu’est le comic-book (car oui, BD c’est de la culture !) a le devoir d’être utilisé pour panser nos blessures, et pour donner de soi en aidant les autres.

C’est l’idée (bien fondamentale, celle-ci) qu’a eu Marc Andreyko, le scénariste de Manhunter, Batwoman (du coup j’ai presque envie de le pardonner pour ce qu’il a fait endurer à notre déesse de Gotham) et Wonder Woman 77, en regroupant des dizaines et des dizaines de talents pour créer une anthologie dont les bénéfices seraient directement distribués à  l’organisation Equality Florida et son fond d’aide aux victimes de la fusillade du Pulse, ainsi que leurs familles.
A la manière d’Alan Moore et son AARGH ! en son temps, cette oeuvre collective intitulée Love is Love se veut être une lettre d’amour à la communauté LGBTQ et réunit des auteurs de renom tels que Phil Jimenez, Steve Sadowski, Paul Jenkins, Mike Carey, Matt Wagner, Marguerite Bennett, Aneke, Damon Lindelof, Patton Oswalt, Steven Orlando, Rafael Albuquerque, Jason Aaron, Jason Latour, James Asmus, Ming Doyle, James Tynion IV, Cecil Castellucci, Brandon Peterson, Jesus Saiz, Olivier Coipel, Leinil Yu, et Elsa Charretier qui s’est vue l’honneur d’illustrer la couverture.
L’album de 144 pages va regrouper de courtes histoires (soit une centaine au total) d’une ou deux pages et sera vendu 9.99 $, vous pouvez d’ailleurs le pré commander ici.

L’originalité du projet (qui sera publié en décembre prochain), est qu’il est édité conjointement par DC Comics et IDW, on pourrait donc entre autre espérer de sympathiques petits crossovers entre les personnages LGBT des deux maisons d’édition…
En attendant, voici une petite preview de cette anthologie, la première page est signée James Asmus et Ming Doyle, la seconde Steve Orlando et Iain Laurie, sans oublier la magnifique couverture de notre amie Elsa Charretier et la formidable Jordie Bellaire aux couleurs, dont on connait bien évidemment déjà leurs engagements respectifs pour la cause.
Et je ne parlerai même pas de l’émotion qui m’a traversée lorsque j’ai découvert l’illustration de Rafael Albuquerque, avec cette Batwoman fière comme jamais, porte étendard de toute une communauté et d’un idéal de vie basée sur la tolérance et la diversité.

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Jem and the Holograms #7 : la preview


C’est au tour de la série Jem and the Holograms de voir son équipe créative être modifiée, la dessinatrice Sophie Campbell cède en effet la place à Emma Vieceli (qui a également œuvré sur le #46 de  Sensation Comics Featuring Wonder Woman avec Barbara Kesel  au scénario) le temps de 3 numéros.
Son tracé semble ici beaucoup s’adapter à celui de sa prédécesseure, une façon sans doute de faire la transition sans que cela ne soit pas pour autant désagréable.

Les adeptes de la série ne pourront cependant pas oublier de saluer ce premier arc superbement géré par le duo Campbell/Thompson. D’un graphisme impressionnant, enjoué, parfois virevoltant et d’autant plus salvateur, celui-ci servant un scénario respectant intimement et intelligemment le concept de Christy Marx, jusque dans les moindres subtilités déjà présentes dans de nombreux épisodes. Sans oublier l’approche parfaite consacrée à la relation entre Kimber et Stormer, à la fois fun et tragique, et à peine abordée dans le feuilleton télévisé.

Il n’y a pas de raisons pour que la magie ne suive pas son cours ici, Jem and the Holograms faisant partie des coups de cœur du TLGB de l’année 2015, mais ça vous l’aviez déjà compris…

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Jem and the Holograms #5 : la preview


Rien ne va plus pour Jem et ses copines. Alors que Kimber refuse de laisser filer Stormer quitte à recevoir les foudres de Pizzazz et ses female furies, c’est Aja qui va être la première victime directe du sabotage perpétré par Clash comme nous le montre cette preview.
Dans ce prochain numéro, on voit également pour la première fois la transformation de Jem en Jerrica, et nous avons également droit à une très belle couverture variante signée Stéphanie Hans.
Que cela soit autant sur le fond que sur la forme,  Jem and the Holograms continue à être un vrai bijou.
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Jem and the Holograms #4 : la preview


Les choses sont assez mal parties pour Kimber et Stormer : Les Misfists voient en effet d’un très mauvais œil ce début de romance et imposent un ultimatum à la pianiste et cerveau artistique du groupe. Pendant ce temps, Clash, leur fan n°1 prépare un mauvais coup afin de saboter la première prestation live de Jem and the Holograms qui donne un concert pour une oeuvre caritative…
L’équipe créative est toujours au rendez-vous (il risque cependant d’avoir des changements à partir du #7), je vous conseille d’ailleurs à ce sujet de lire la très intéressante interview de Sophie Campbell sur le site de The Advocate.



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