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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 32


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Massacre à la Tronçonneuse, première partie

Il est des films qui marquent durablement, que ce soit le spectateur, le monde du cinéma, la culture populaire et l’imaginaire collectif. Une famille de cannibales du fin fond du Texas, des victimes terrorisées, une ambiance glauque et poisseuse ainsi qu’un boogeyman devenu depuis une figure emblématique de l’horreur moderne : Il n’en aura pas fallu plus pour faire de The Texas Chainsaw Massacre (Massacre à la Tronçonneuse en France) un film culte, symptomatique de son époque et représentatif de toute une nouvelle génération de cinéastes et de films qui en leur temps vont redéfinir le monde de l’horreur au cinéma. Massacre à la Tronçonneuse s’est aussi une licence foisonnante : Sept films, des produits dérivée à la pelle et bien sûr vous vous en aurez douté puisque c’est le nerf de cette rubrique, des comics !
Avant de nous intéresser plus particulièrement aux déclinaisons en format neuvième art de cette saga mythique, petit rappel de ce qu’est Massacre à la Tronçonneuse, son histoire et son impact.

At the chainsaw – chainsaw buffet
The secret ingredient screams
You’re my main course
At the chainsaw buffet
Feed on man-eaters’s cuisine
At the chainsaw – chainsaw buffet

Lordi – The Chainsaw Buffet, extrait de l’album The Arockalypse (2006) (1)

Note  : Pour des raisons de place et d’exhaustivité, je ne m’intéresserais qu’à deux films de la saga, à savoir le film original et son remake de 2003. Le premier pour son coté historique et iconique et le second d’une part pour sa qualité indéniable, et car la plupart des comics Massacre à la Tronçonneuse sont issus de l’univers de ce film.

Massacre à la Tronçonneuse  : L’enfant de la douleur

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Massacre à la Tronçonneuse sort sur les écrans américains le 1 octobre 1974 et pour les américains c’est un choc, aussi bien visuel qu’émotionnel : Le film est d’une violence crue, brutale et sans concession, du jamais vu jusqu’alors. Filmé de manière réaliste, limite documentaire, le film choque, dégoûte, indigne et fascine : Nous sommes dans les années 70 et le cinéma d’horreur amorce déjà depuis plusieurs années un virage vers quelque chose de nouveau et Massacre à la Tronçonneuse va en être l’une des pierres angulaires.

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L’histoire raconte la calvaire vécu par Sally Hardesty et sa bande d’amis : Alors qu’ils traversent le Texas en van, Sally et son frère handicapé Franklin insistent pour faire un détour par leur maison d’enfance. En chemin ils prennent en auto-stop un personnage aussi excentrique qu’inquiétant : Scarifié, en proie à un accès de démence, il s’entaille la main en hurlant de rire avant d’être éjecté du van. Arrivé à une station service, pas plus d’aide ne leur viendra du gérant, personnage affable mais bizarre…
Arrivés à la maison d’enfance de Sally et Franklin, quelques membres du petit groupe disparaissent à proximité d’une petite ferme se trouvant non loin. Très vite la nuit tombe et commence alors pour Sally un véritable calvaire aux mains d’une des familles de psychopathes les plus dangereues et les plus sadiques jamais vus au cinéma.

Pour comprendre l’impact du film, il faut se remettre dans le contexte de l’époque : Nous sommes à la fin des années 70, les États Unis sortent péniblement de la guerre du Viêt Nam, un conflit qui leur aura coûté leur fierté, aura divisé le pays et marque en quelque sorte la fin de l’idéal de vie à la mode américaine. Le modèle de « l’American Way of Life » est ébranlé par ce conflit sanglant, les jeunes générations cherchent à se démarquer mais se heurtent à la réalité : Le mouvement hippie a du plomb dans l’aile et montre ses limites, la jeunesse est déboussolée et désillusionnée, l’actualité et frappée par des faits divers qui vont eux aussi marquer l’époque : Le scandale du Watergate ébranle l’Amérique et des noms comme Ed Gein, Charles Manson, Ted Bundy ou John Wayne Gacy font les gros titres des journaux. Pour la plupart de ces criminels, ils sont tous de la même génération et leurs méfaits participent à façonner un nouvel imaginaire horrifique, plus réaliste, dont le cinéma va vite s’emparer.
Dans les années 50/60, le cinéma est dominé par l’horreur gothique de la Hammer, des films qui placent l’horreur dans des châteaux luxuriant européens et confrontent les victimes à des monstres pour la plupart issus de la littérature populaire : Dracula, le monstre de Frankenstein ou la Momie sont les têtes d’affiche de toute une pléthore de films dont le succès s’étiole considérablement à cette époque, le public ne croit plus à ces histoires trop souvent ressassées et cherche de la nouveauté.

Quelques films et réalisateurs vont commencer à marquer une évolution du style vers quelque chose de différent, dés le milieu des années 60 quelques films vont apparaître et progressivement faire évoluer l’horreur au cinéma vers quelque chose de différent : On notera des films comme 2000 Maniacs de Herschell Gordon Lewis en 1964, La Nuit des Morts-Vivants de George Romero en 1968, Black Christmas de Bob Clark en 1974, Le Mort Vivant de ce même Bob Clark la même année qui reprend le thème du symptôme post-traumatique de la guerre du Viêt Nam, La Colline à des Yeux de Wes Craven en 1977, Halloween de John Carpenter en 1978, Zombie de George Romero et I Spit On Your Grave de Meir Zarchi la même année et enfin Maniac de William Lustig en 1980.

Ces films ont pour points communs de démonter les codes jusque là établis par le cinéma d’horreur et d’amener l’horreur au plus proche du spectateur : Fini les monstres classiques, les châteaux hantés et les cimetières brumeux, les nouvelles faces de l’horreur ont des visages humains, tueurs en séries, zombies, psychopathes en tout genre sont légions et l’action est délocalisée dans les quartiers pavillonnaires, les campagnes et les lieux de vie communs (hôpitaux, centres commerciaux etc.). De ce fait, le spectateur se sent du coup plus impliqué dans l’action donnant au cinéma une authenticité accrue, c’est d’ailleurs sur cet aspect réaliste que va jouer au maximum Massacre à la Tronçonneuse, jusque allez dans… La publicité mensongère  !

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L’idée de Massacre à la Tronçonneuse vient au jeune réalisateur Tobe Hooper durant les années 70 alors qu’il n’est qu’un simple étudiant en cinéma documentaire, ces études seront d’ailleurs déterminante pour le style visuel de son futur film.
Il développe l’histoire pendant des années, s’inspirant notamment beaucoup du tueur nécrophile Ed Gein, dont il reprendra beaucoup d’éléments, notamment la ferme isolée, le masque en peau humaine de son tueur à la tronçonneuse et l’attirance pour la profanation de cadavres d’un des autres personnages. Pour ce qui est de la tronçonneuse, l’idée lui est venu alors qu’il était en train de faire la queue dans un magasin, il remarqua un étalage avec des tronçonneuses et se dit que si il pouvait en saisir une et découper les autres clients avec, il avancerait plus vite.
Le scénario définitif sera écrit par Tobe Hooper et Kim Henkel et le tournage commence dans une petite ferme de Round Rock au Texas, durant l’été 1973.
La plupart des acteurs sont de parfaits inconnus, pour la plupart, ils sont texans et ont simplement joué dans des publicités ou des films d’entreprise.

Les conditions de tournage sont extrêmes : Dans la petite ferme, la température estivale avoisine souvent les plus de 40 degrés et dû à un budget serré, l’équipe tourne parfois jusque 16 heures par jour, mettant à rude épreuve les nerfs des acteurs : La relation avec certains acteurs, notamment William Vail qui, excédé par les conditions de tournage deviendra insupportable, la légende raconte même que Tobe Hooper le fera mourir plus tôt que prévu dans le film afin de se débarrasser de lui.
De plus, l’atmosphère du plateau est très lourde : Pour les besoins du tournage, Hooper et Henkel se sont approvisionnés en os et cadavres d’animaux chez un vétérinaire du coin. Très vite les charognes d’animaux commencent à pourrir à cause de la chaleur et on doit injecter du formol dedans. L’odeur de pourriture, de formol, la chaleur et le manque de sommeil mettent à bout les acteurs et l’équipe technique, si bien que durant la scène du dîner, l’actrice Marilyn Burns craque et fait une véritable crise de nerfs, visible à l’écran, cette scène n’étant en fait pas simulée.

L’autre acteur du film à souffrir du tournage n’est autre que Gunnar Hansen, qui interprète Tronche de Cuir : Afin que les autres acteurs le trouvent toujours impressionnant et ne sympathisent pas avec lui, il passe la totalité du tournage à l’écart des autres, portant son masque durant parfois 16 heures par jour, même pour manger.
Encore pour des raisons budgétaires, le sang utilisé dans le film est du véritable sang d’animaux, récupéré dans un abattoir car moins cher que le sang factice.
Niveau budget, le film devient rapidement un gouffre : Prévu au départ pour ne coûter que 60 000 dollars, il en coûtera en fait plus de 300 000…

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Conscient que le réalisme est une part essentiel du succès d’un film, la première bande annonce du film n’hésitera pas à scander « Ce qui se passe est réel », l’idée d’un tel slogan étant venu à Hooper après qu’il ait vu dans la rue l’affiche d’un film d’horreur de série B utilisant le même genre d’accroche.

Le film sort le 1 octobre 1974 à Austin au Texas dans une version classé X (interdit au moins de 18 ans), Hooper demandera à de nombreuses reprises à la MPAA d’examiner de nouveau le film afin qu’il obtienne un classement R, classement accordé après la coupe de plusieurs scènes.
Une version complète du film sera finalement diffusée avec une interdiction R à San Francisco, provoquant le départ de plusieurs spectateurs durant la projection du film. En 1976, deux cinémas d’Ottawa au Canada projetteront le film, les gérants seront alors convoqués par la police locale afin de cesser sa diffusion sous peine de condamnations.
Le film sera interdit dans de nombreux pays, notamment l’Angleterre qui après un an de diffusion en salles censurera le film, censure qui ne sera levée qu’en 1998. Le film sera également interdit dans sa version intégrale en Australie, le pays des kangourous lui préférant sa version coupée R du MPAA américain. Le film sera également interdit de diffusion et d’exploitation dans de nombreux pays, notamment la Suède, la Finlande, le Chili, l’Irlande et la France.
Pour ce qui est de notre beau pays, il sera interdit par cinq ministres de la culture successifs, et malgré l’acharnement du distributeur René Chateau qui a acquis les droits du film, c’est finalement Jack Lang qui lèvera cette interdiction en 1979. Massacre à la Tronçonneuse sera d’ailleurs le premier film que René Château éditera en VHS dans sa collection « Les Films que Vous ne Verrez Jamais à la Télévision  , suivront d’autres films marquants comme Zombie de George Romero et Maniac de William Lustig.

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Malgré tous ces aléas, le film est un succès mondial et rapportera rien qu’aux États Unis plus de 31 millions de dollars, devenant l’un des films d’horreur les plus rentables de l’histoire, il ne sera détrôné que 4 ans plus tard par Halloween de John Carpenter.

D’un simple film a petit budget, filmé et distribué dans la douleur, Massacre à la Tronçonneuse devient un des films emblématiques de l’histoire du cinéma en redéfinissant (ainsi que d’autres films de l’époque) tous les codes de l’horreur. Un film charnière, indispensable qui quelques décennies plus tard, n’allat bien évidemment pas échapper à la mode du remake…

Massacre à la Tronçonneuse 2003  : On ne prend pas les mêmes et on recommence  !

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En 2003, le producteur Michael Bay, à l’époque tout juste auréolé de ses succès en tant que réalisateur sur des films d’action comme Bad Boys, Rock, Armageddon et Pearl Harbor décide de produire un remake de Massacre à la Tronçonneuse.
Levée de boucliers immédiate de la part des fans qui voient en l’intention de cet actioner une entreprise purement mercantile qui débouchera forcément sur un futur nanar, hors c’était bien mal connaître le gaillard.
Pour ne rien arranger, Bay nomme à la réalisation un parfait inconnu du nom de Marcus Nispel, réalisateur allemand qui n’a jusque là réalisé que des clips vidéos, notamment pour Faith No More, Janet Jackson et surtout Mylène Farmer, pour qui il a d’ailleurs réalisé 4 clips.
Contre toute attente, la collaboration entre le faiseur d’explosions américain et le jeune réalisateur allemand va donner à ce remake une qualité jusque là rarement atteinte pour un film de ce type.

Sorti sur les écrans en France le 21 janvier 2004, le film est boudé par la presse mais plébiscité par le public : Dés son premier week-end d’exploitation, il rapporte plus de 80 millions de dollars de recettes et reçoit de nombreuses critiques favorables, encore de la part du public.

Pour ce qui est du film en lui-même, j’avoue ne pas avoir accroché au premier visionnage et il a fallu que je le revois pour vraiment l’apprécier et il fait maintenant parti de mes remakes favoris (avec L’Armée des Morts de Zack Snyder, La Colline à des Yeux de Alexandre Aja et Halloween de Rob Zombie) et ce pour de nombreuses raisons, que je vais soumettre ici.

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Première chose appréciable, ce remake n’est pas tombé dans le piège de la copie conforme : Plutôt que de refaire le film original, le remake n’en prend que la trame originale, à savoir un groupe de jeunes, perdu au fin fond du Texas en proie avec une famille de psychopathes.

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De là, Michael Bay et son scénariste Scott Kosar vont complètement se détacher du film original et faire un film complètement différent : De passage dans une petite ville du Texas, en route pour un concert, Erin et ses amis prennent en stop une jeune femme visiblement en état de choc, bredouillant des phrases à peine compréhensible. La jeune femme fini par se suicider en se tirant une balle dans la tête à l’arrière de leur van…
Effrayés, gênés par une cargaison de cannabis qu’ils comptaient vendre durant le concert, le groupe d’amis fini par s’arrêter dans une station service et appelle le shérif du coin pour demander de l’aide. Ledit shérif leur donne rendez-vous non loin de là mais alors qu’il tarde à arriver, certains membres du petit groupe finissent par explorer les alentours et découvrent une grande bâtisse, seulement habitée par un vieil homme acariâtre en chaise roulante.

Après un coup de fil au shérif, Erin et un de ses amis sont attaqués par un individu masqué armé d’une tronçonneuse. Entre temps le shérif est arrivé sur les lieux et trouvant un joint de cannabis dans la voiture, livre un interrogatoire musclé aux jeunes gens et fini par les emmener chez lui menottes aux poignets, son chez lui étant la fameuse bâtisse découverte par Erin quelques heures plus tôt…
Commence alors pour les survivants une nuit d’horreur aux mains d’une terrifiante famille de psychopathes.

Le film est surtout remarquable sur deux points : D’une part sa direction artistique, absolument fantastique, et sa réalisation. L’addition de ses deux facteurs donne au film un cachet visuel d’une efficacité redoutable. D’un aspect sombre, poisseux et glauque, les décors sont une part intégrante de l’efficacité visuelle du film, Nispel ayant un talent indéniable pour filmer les décors.
La réalisation est également un des points forts du film : Rythmée et nerveuse pendant les phases de tensions, elle sait également se faire plus contemplative (voir notamment ce plan magnifique de Erin marchant sous des arbres ombragés), jouant avec les nerfs des spectateurs.

De ce coté on peut également féliciter la production sans faille du film, même si on n’apprécie pas Michael Bay, force est de reconnaître que sur ce genre de film, c’est un producteur de génie.
Dernier point et pas des moindres, le casting et l’interprétation : la tête d’affiche est Jessica Biel, à l’époque surtout célèbre pour son rôle de petite fille modèle dans la série bigote 7 à la Maison qui livre une performance intense très efficace. Autre point fort du casting, le rôle du shérif sadique est tenu par Robert Lee Ermey, acteur populaire pour son rôle de sergent instructeur sadique dans le Full Metal Jacket de Stanley Kubrick. Quand au rôle de Leatherface, il est tenu par Andrew Bryniarski, un acteur habitué des seconds rôles qui demanda lui même à Michael Bay d’auditionner pour le rôle.

Tout ces facteurs combinés font de ce Massacre à la Tronçonneuse version 2003 un film d’une redoutable efficacité, brutal, rapide et cru, il prend à contre-pied le film original pour livrer quelque chose de différent et réussi impeccablement à imposer une ambiance, un rythme qui lui est propre : Un remake détaché du film original, qui réussi à se créer sa propre identité, la définition même du remake réussi  !

Fin de la première partie, rendez-vous le mois prochain pour passer au crible les comics issues de la saga de la famille texane la plus barrée de l’histoire du cinéma  !

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Wonder Woman : La critique de Julien Lordinator


Wonder Woman  : Retour en grâce d’une icône

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[Note de la Katchoo : Comme indiqué plus haut, il s’agit de la review du film par notre ami Julien Lordinator, la mienne arrivera dès que je l’aurai vu !]

Figure emblématique de l’univers DC, pour de nombreux lecteurs de comics, Wonder Woman est bien plus qu’un simple personnage de fiction : C’est un symbole et à l’image de son homologue masculin Superman, elle représente des valeurs et des idées chers dans le cœur de ses fans (dont je fais partie).
Même si dans les comics cet aspect du personnage a de nombreuses fois été mis en avant, à contrario des autres membres de la trinité DC Comics que sont Superman et Batman, la fière et farouche amazone n’avait pas encore eu les honneurs d’une adaptation en film live (1). Lourde tache donc pour la réalisatrice Patty Jenkins et l’actrice Gal Gadot de lui offrir son premier voyage vers le grand écran et de donner aux fans et au grand public une interprétation crédible du personnage.
C’est conquis, satisfait et le sourire aux lèvres que je suis ressorti de la salle de cinéma, lecteur de Wonder Woman depuis aujourd’hui une vingtaine d’années, j’avais enfin « mon » film, ou plutôt Wonder Woman et ses fans ont enfin LEUR film.

This is who we are
This is what we’ve got
No, this is not our Paradise
But it’s all we want,
And all that we’re fighting for
Though it’s not paradise

Within Temptation & Tarja Turunen – Paradise (What About Us ?), extrait de l’album Hydra (2014) (2)

Diana est une fillette énergique, souriante et espiègle vivant sur Thémiscyra, l’île des amazones de la mythologie grecque. Fascinée par ses consœurs, Diana rêve chaque jour, comme elles, de pouvoir s’entraîner au combat afin de devenir une grande guerrière, entraînement que lui refuse Hippolyte, sa mère et chef des amazones. Mais ce n’est pas le cas d’Antiope, la plus grande guerrière de Thémiscyra qui voit en Diana un plus grand potentiel que celui que semble voir en elle sa mère et commence à l’entraîner en secret.
Les années passent et Diana devient jour après jour une grande guerrière et commence même à développer des talents jusque là jamais vus chez les amazones, c’est à la suite d’un de ces entraînements qu’elle aperçoit un avion s’écrasant sur les plages paradisiaque de son île, suivi par une horde de soldats surarmés.
Après un combat féroce opposant les amazones et les soldats, le pilote de l’avion écrasé explique que le monde extérieur est en proie à une guerre mondiale jamais vue jusque là.

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Pour Diana ça ne fait aucun doute, le responsable est Arès, le Dieu de la Guerre et ennemi juré des amazones et il est du devoir de son peuple de se lancer elles aussi dans ce conflit. Réponse négative de la part d’Hippolyte, qui juge que les combats des hommes ne les concerne pas.
Seulement Steve Trevor, le pilote qui s’est écrasé, a en ça possession le carnet de recherche du Docteur Maru (surnommée le Docteur Poison), une scientifique espagnole travaillant pour le compte du général allemand Erich Ludendorff : Le Docteur Maru a mis au point un gaz terrible qui, bien que la signature de l’armistice soit très proche, pourrait changer le cours de la guerre.
Contre l’avis de sa mère, Diana décide de raccompagner Steve Trevor dans le monde des hommes afin qu’il remette ce carnet à ses supérieurs, lui permettant également de régler son compte à Arès afin de mettre fin à ce conflit sanglant.
Entre découvertes, désillusions et épreuves, c’est un véritable voyage initiatique qui commence pour la jeune amazone.

Le choix a donc été fait de placer l’action du film durant la première guerre mondiale et même si ce choix ne fera pas l’unanimité, il est le centre du film et sert énormément son histoire et son ambiance.
Ce choix permet déjà de créer une scission entre le monde des amazones et celui des hommes : On passe donc d’un univers paradisiaque et lumineux à un monde sombre et gris, justifiant donc (pour une fois) l’aspect limite monochromal des productions DC Comics au cinéma. Certains pesteront probablement encore sur ce choix, mais dans le cas de Wonder Woman il est parfaitement justifié et sert l’histoire de façon admirable. De plus le film garde cet aspect et sa logique artistique tout du long, lui donnant un aspect sobre et logique remarquable là où d’autres productions oscillent constamment entre des choix visuels parfois hasardeux.

NIGHTINGALE

Autre point fort du film, c’est son actrice principale : Contestée dès les premières images, voire moquée, Gal Gadot avait partiellement rassurée après son apparition dans Batman V Superman, L’Aube de la Justice mais une simple apparition ne fait pas un personnage (sinon Stan Lee serait le plus grand acteur de tout les temps), et tout restait encore à prouver pour la jeune actrice israélienne. Époustouflante, magistrale, Gal Gadot est sans conteste une Wonder Woman d’exception et tord le cou à tout ses détracteurs : A la fois redoutable, touchante, naïve, lucide et drôle, elle campe un personnage aux multiples facettes, aussi complet qu’attachant, qui se remet en question et dont on assiste à l’évolution.
C’est d’ailleurs une des constantes du film : L’évolution du personnage se fait sous le regard du spectateur, Diana, jeune femme naïve et pleine d’idéaux doit au fur et à mesure se remettre en question au gré de ses découvertes, tout n’est pas tout blanc ou noir et à l’image du monde des hommes tel qu’il est caractérisé dans le film, les nuances de gris sont bien présentes et dominante.
Malgré cela, Diana continue de croire en ses idéaux et reste malgré les épreuves et les horreurs qu’elle traverse un personnage positif, véhiculant des valeurs et un état d’esprit humaniste particulièrement touchant : Le scénariste Allan Heinberg et la réalisatrice Patty Jenkins ont donc parfaitement saisis les constantes du personnage, un tour de force visible à l’écran qui donne au personnage une envergure jamais vu jusqu’ici.
Les autres personnages ne sont pas en reste, tout particulièrement Steve Trevor et sa relation avec la jeune amazone : Sans jamais tombéer dans le pathos ou les lieux communs, la relation entre les deux personnages se construit au fur et à mesure du film, s’entrechoque, tout en restant crédible et touchante. Chris Pine livre une interprétation sans faille d’un Steve Trevor courageux et humainement réaliste, qui malgré les horreurs de la guerre continue de croire en ses idées, un parfait contre-pied à la mentalité naïve de Diana.
Le film est également criblé de seconds rôles savoureux, la pétillante Etta Candy ou les membres du commando de Steve Trevor sont des personnages double, à l’image du débonnaire tireur d’élite écossais, dissimulant derrière cet aspect un traumatisme bien plus grand. Là encore largement contesté lors de son annonce, force et de reconnaître que le choix de Danny Huston pour le méchant de service se révèle être un choix audacieux et payant, l’acteur campant un général allemand froid et impitoyable particulièrement glaçant. Notons la présence du français Saïd Taghmaoui au casting, qui après son apparition dans le reboot (raté) de Conan, GI Joe et Infiltrator continue mine de rien de se frayer un chemin discret dans les grosses productions américaines.

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Car il ne faut pas l’oublier, on reste dans un blockbuster américain et les amateurs de grand spectacle n’ont pas été oublié : Les scènes d’action sont bien présentes dans le film et sont d’une efficacité redoutable. Dans sa première partie, on assiste aux impressionnants entraînements des amazones, tout en grâce et en acrobaties, faisant limite penser à de la danse et dans sa seconde partie aux affrontements crus et violent de la première guerre mondiale, là encore la scission est brutale et même dans ces scènes d’action, la différence entre les deux mondes est visible.
La sauvagerie et la fougue de l’amazone s’en ressent durant ses affrontements avec les troupes allemandes, spectaculaire, à couper le souffle, les scènes de combat font partie des plus impressionnantes que j’ai pu voir dans un film de ce genre (de mémoire, pour voir des scènes semblables il faut que je remonte aux deux premiers Captain America, celles de Wonder Woman leur étant quand même supérieur en terme de dynamique et de mise en scène). Diana est réellement impressionnante durant ces combats, contrastant avec son état d’esprit humaniste et naïf : Une véritable amazone.

Malgré toutes les louanges ci-dessus, je dois tout de même admettre que le film souffre de quelques défauts. Le premier est la densité de son histoire, mais c’est un défaut somme toute assez relatif puisque seul le lecteur de comics pourra lui reprocher : Wonder Woman est un personnage complexe, à l’histoire longue et j’avoue que j’aurais voulu en savoir plus sur ses origines mais je reconnais que l’on est dans un film et que cela aurait probablement occupé une grande partie du métrage. Néanmoins, j’avoue avoir été déçu de ne pas avoir eu de scène emblématique de son histoire, notamment le « concours » des amazones pour savoir qui raccompagnerait Steve Trevor, scène que j’aurais voulu et espérais voir dans le film. Mais je le répète, on est dans un film et malgré ces deux heures dix, il fallait aller à l’essentiel.
Autre gros point critiquable du film, c’est son dernier acte.
Fouillis, limite bordélique, on sent une volonté de conclure et c’est particulièrement flagrant, voir trop flagrant : Tout est bouclé à grand renfort d’explosions en un temps record, laissant un peu le spectateur comme deux ronds de flan devant ce déluge de révélations, de coup de théâtre, de combats et d’explosions calés dans une fenêtre temporelle aussi courte. J’aurais sincèrement apprécié une conclusion plus fragmentée, longue et du coup plus claire que ce maelstrom limite indigeste qu’est le dernier acte du film.
Même si il reste crédible, alors que le film prend tout son temps dans ces trois premiers actes, le final est trop rapide et expédié et contraste assez singulièrement avec le reste du film.
Dommage.

Entre sobriété, humanisme, grand spectacle et réalisme, le film est un quasi sans faute et rend enfin justice à un personnage que le grand public avait figé depuis trop longtemps dans l’image d’une série télévisée rétro-kitsch des années soixante-dix. Son positionnement temporel durant la première guerre mondiale, l’une des périodes les plus noires de l’histoire humaine, dessert admirablement le personnage, faisant de ce fait ressortir ses valeurs. Avec ce film est imposé l’image d’une Wonder Woman aux idéaux toujours d’actualité, un personnage fort, emblématique, humain et positif.

L’autre point positif non-négligeable du film est dû à cette mode du film de super-héros : Là où Marvel traîne des pieds pour mettre en avant ces personnages féminins (on attend toujours un film Black Widow qui visiblement n’est pas prêt d’arriver…), DC/Warner à eu l’audace de mettre en avant la plus grande et la plus emblématique de toute les super-héroïnes, de tenter de faire quelque chose de nouveau en bousculant son image tout en gardant ces bases : Pari réussi car Wonder Woman est sans conteste un des plus grands films de super-héro de ces dernières années.

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1 : On retiendra surtout un long métrage animé d’excellente facture sorti en 2009, qui sera d’ailleurs disponible le 7 juin 2017 en France dans une édition director’s cut.

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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 31


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Lucy Loyd’s Nightmare

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Les comics d’horreur et leur éditeur historique et emblématique EC (Entertainement Comics), sont un véritable pan de l’imaginaire collectif américain qui a influencé un nombre incroyable d’auteurs de part le monde, que se soit dans les bandes dessinées ou d’autres médias comme le cinéma ou la littérature.
Stephen King, Alan Moore, Frank Miller ou encore David Cronenberg, George A Romero ou Rob Zombie en étaient des fervents lecteurs et leur ont déjà rendu hommage à de nombreuses reprises (1). Emblématique de leur époque, leur héritage est encore très présent aujourd’hui et il arrive régulièrement que des auteurs leur rendent hommage : On a tous en tête la série télévisée culte qui en était directement inspirée, Les Contes de la Crypte, mais aussi au travers de films (Body Bags, Creepshow, Les Contes de la Nuit Noire entre autres) ou de récits d’anthologies et c’est aujourd’hui le cas puisque nous allons parler de Lucy Loyd’s Nightmare, ouvrage paru un peu dans l’indifférence générale en 2014 et pourtant pas dénué d’intérêt si les récits horrifiques vous passionnent, mais avant, c’est quoi un comic d’horreur ? D’où ça vient ? Petite piqûre de rappel.

Make you’re mommy cry
Daddy blows his mind
Listen up and learn, 
We’re not bad for the kids, we’re worse
Make ’em take offense
Taint your innocence
The first time always hurts
We’re not bad for the kids, we’re worse

Lordi – We’re not bad for the kids (We’re worse), Extrait de l’album To Beast or Not To Beast (2013)

Les comics d’horreur typiques, tel qu’ils ont été popularisés depuis les années 50 sont des histoires courtes où le plus important est la chute : Souvent morbides et/ou cruelles, elles sont aussi souvent au désavantage du méchant de l’histoire qui se retrouve pris à son propre jeu et en paye le prix fort.
Ces comics étaient très populaires au début des années 50 et ont connu durant cette période un succès phénoménal.

Malheureusement, cet âge d’or ne va pas durer : De la fin des années 40 au début des années 50, un psychiatre américain du nom de Fredric Wertham va mener une croisade très virulente contre les comics. Même si parmi les fans de comics il est surtout tristement connu pour ces observations/conclusions particulièrement fantasque sur les super-héros, sa campagne était au départ principalement axée sur les comics d’horreur et policier, les Crime Comics, qu’ils jugent responsable majoritairement de la délinquance juvénile.

Cet acharnement atteindra son apogée en 1954 et la publication de son livre La Séduction de L’innocent. Suite à la publication de ce livre, le docteur Wertham donnera nombre de conférences et une commission sénatoriale est créée, commission qui débouchera sur la création du fameux Comic Code Authority, un organisme chargé de contrôler le contenu des publications accessibles à la jeunesse aux États-Unis.

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Le docteur Wertham, examinant un comic

Les comics vont subir durant cette période un véritable acharnement médiatique (des séances publiques de bûcher durant lesquels les enfants brûlent leur collection sont même organisées un peu partout aux États Unis), EC ne s’en relèvera pas et ferme ses portes en 1955, laissant derrière elle un héritage encore présent de nos jours.
Les comics EC ont vu des auteurs emblématiques travailler dans leurs pages, ces auteurs sont maintenant considérés comme des légendes : Wally Wood, Harvey Kurtzman, John Severin ou Jack Davis ont offert aux EC Comics leurs plus beaux récits et ont marqué de leur empreinte tout un média et un pan de la culture populaire mondiale.
Il faudra attendre le début des années 60 pour revoir de nouveaux des comics d’horreur dans les étals américains et l’apparition d’un autre éditeur emblématique dans le domaine, Warren Publishings. Fondé par James Warren en 1960, la maison d’édition publie tout d’abord deux magazines consacrés au cinéma fantastique et de science fiction : Famous Monsters of Filmland et Monster World, au succès quasi immédiat. Suivrons deux autres magazines, Spacemen et Help!.
James Warren introduit d’abord timidement ce qu’il appelle les monster comics dans le magazine Monster World avant de lancer ses premiers titres entièrement dédiés au genre en 1964 avec la publication des magazines mythiques Creepy et Eerie.

Ces magazines en noir et blanc vont de suite avoir un succès phénoménal, et pour ne pas avoir de problème avec le Comics Code Authority, James Warren va prendre une décision simple : Ne pas apposer le logo de l’organisme et s’en affranchir.
De ce fait ses magazines vont immédiatement tomber dans la catégorie des livres pour adulte et les auteurs seront du coup libres d’y raconter les histoires qu’ils souhaitent, sans aucune limitation de contenu.
Autre différence, Warren délaisse le format comics, qu’il juge à l’époque trop similaire à celui des comics pour la jeunesse, pour un format magazine, plus attractif pour une audience plus âgée.
Durant plus de dix ans, les publications Warren vont de nouveaux remettre sur le devant de la scène les comics d’horreur et c’est encore un véritable festival d’auteurs devenus aujourd’hui des légendes de leur média qui vont travailler sur ces magazines, d’une part la plupart des auteurs ayant œuvré sur les publications EC vont faire leur retour chez Warren, mais l’éditeur verra aussi émerger une nouvelle génération d’auteurs tous plus talentueux les uns que les autres, la liste est particulièrement longue mais ont peut citer pêle-mêle des auteurs comme Dave Cockrum, Berni Wrightson, Richard Corben, Rich Buckler ou Pepe Romano qui feront leur début dans les pages des publications Warren (2).

Suite à une baisse d’intérêt de la part du public, des choix éditoriaux et financiers hasardeux ainsi que des problèmes de santé de son créateur, James Warren, Warren Publishings est déclaré en banqueroute en 1983. C’est l’éditeur Dark Horse qui reprendra les droits des magazines Creepy et Eerie et dans un premier temps, et en rééditera les histoires emblématiques avant de relancer en 2009 Creepy et Eerie en 2012.
Pour finir, il est bon de souligner que même si les éditeurs emblématiques de ce genre sont EC et Warren, DC Comics et Marvel Comics ont eux aussi publié nombre de comics horrifiques, certes moins démonstratifs niveau thème et imagerie que les deux éditeurs historiques du genre mais de qualité globale plutôt bonne, voir parfois excellente : Ainsi DC Comics publiera des revues particulièrement intéressantes comme House of Mystery, Tales of the Unexpected Swamp Thing ou encore It’s MidnightThe Witching Hour. Du coté de chez Marvel, les titres Tomb of Dracula ou The Monster of Frankenstein surferont aussi sur la vague, mais sans vraiment s’écarter nettement du genre super héroïque comme l’a fait DC Comics.
Pour trouver des titres plus proches de ce style chez Marvel, il faut plutôt se diriger à l’époque vers la ligne Epic, un dérivé de Marvel plus accès sur des publications « adulte ».

Le comics d’horreur est un thème franchement très vaste et passionnant sur lequel il y a beaucoup plus à dire que le résumé très succin que je viens de faire ci-dessus, peut-être qu’un jour je m’y attarderai plus en détails…
Enfin bref, revenons à nos moutons et passons au livre de ce mois-ci, l’excellent mais énigmatique Lucy Loyd’s Nightmare ! Pourquoi énigmatique ? Excellent au point que Kurt Russel y fasse un caméo ? Mais pourquoi toutes ces questions et pourquoi je m’emballe autant ! ? Pour la dernière question je ne sais pas, pour les autres, réponse tout de suite  !

Lucy Loyd’s Nightmare est un comic d’horreur publié aux États-Unis chez le petit éditeur Jinx Comics et en France en 2014 par Delcourt, le scénario est écrit par Lucy Loyd et les dessins sont signés Mike Robb. Enfin la colorisation est d’une illustre inconnue, qui signe juste du prénom Beverly.

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Lucy Loyd’s Nightmare est un recueil d’histoires courtes d’horreur, toutes plus ou moins liées de façon directe ou indirecte.
Le livre s’ouvre sur un court récit d’introduction : Joey rencontre une de ses amies, Candy, sur une brocante. Après quelques quelques courtoisies d’usage, Joey est assez surpris de découvrir sur le stand de Candy un exemplaire du dernier livre de Lucy Loyd. En le feuilletant, Joey découvre que le protagoniste de la première histoire n’est autre que… Lui-même ! Avant même de se rendre compte de ce qu’il se passe, Joey est brutalement écrasé par un poids lourd.

La première histoire intitulée Love Grass, nous présente un homme récemment divorcé rendu particulièrement nerveux par le bruit des paysagistes œuvrant dans la cour de son immeuble, se rendant compte que les paysagistes travaillent aussi non loin de l’immeuble dans lequel vit sa femme, il va mettre au point une terrible machination afin de se venger de celle-ci.

7 La seconde histoire est titrée Bad Habits et nous emmène à l’époque du far west faire la connaissance d’un shérif particulièrement truculent, amateur d’histoires scabreuses et vulgaires qui un soir va se retrouver confronté à une armée de zombies bien décidés à lui faire la peau.
L’histoire suivante a pour titre A Good Man.
Encore enfant, Sam n’aspirait qu’à devenir quelqu’un de bien. Vingt cinq ans plus tard, il est un clochard alcoolique dont la providence viendra peut être d’Eddy un ancien camarade de classe, mais les apparences sont parfois trompeuses…
La quatrième histoire, Inside, est l’une des plus intéressantes :  Jim est un fan de Lucy Loyd et il attend chaque nouveau livre de l’auteure avec impatience. Cependant, il n’attend pas les livres pour les mêmes raisons que les autres fans : Jim est en effet convaincu d’être une création de Lucy Loyd et que celle-ci prend un malin plaisir à lui faire vivre des histoires toutes plus horribles les unes que les autres et de le faire survivre à chaque fois pour le tourmenter de nouveau.

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Dernière histoire, Préhistorock et c’est avec surprise que le récit s’ouvre sur une conversation entre Bob et Syphilis, respectivement un tyrannosaure en plastique et un poisson rouge. Bob est en fait le jouet favori de Tommy, leader du groupe de rock Let’s Get Kill. C’est en fait Bob qui écrit et compose toutes les chansons du groupe, Tommy le cachant dans son appartement et s’attribuant toute la renommée. Seulement Bob commence à en avoir assez et va échafauder un plan pour se venger du chanteur.
Chaque histoire est entrecoupée de petits interludes montrant le destin du livre que vous tiendrez pendant la lecture, jusqu’à ce qu’il atterrisse entre vos mains. Ces petites histoires sont présentées par un mystérieux personnage au visage sombre nommé Jack, particulièrement cruel et sadique. On retiendra notamment le destin tragique de Timmy, un petit garçon prisonnier du destin que lui a réservé Lucy Loyd.

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A-t-on vraiment encore besoin de présenter Lucy Loyd ?
Si vous êtes fan d’horreur, le nom de cette écrivaine ne vous est probablement pas inconnu, dans le cas contraire, voici une rapide présentation ! Lucy Loyd est une auteure d’horreur américaine très prolifique : Durant sa carrière elle a signé de nombreuses anthologies d’histoires d’horreur, toutes adaptées par la suite en comics.
La première est Lucy Loyd’s Fantasy, c’est d’ailleurs dans ce premier livre qu’apparait le personnage de Jim (3), que l’on retrouve dans l’histoire Inside. Suivrons ensuite et entre autres les livres Lucy Loyd’s Darkness et Lucy Loyd’s Madness.
Lucy Loyd est une personne très secrète : On sait juste d’elle qu’elle est très âgée, qu’elle est handicapée et qu’elle ne se montre quasiment jamais en public. Elle n’a, de plus, jamais dédicacé un seul de ses livres.
On la dit acariâtre et souvent désagréable avec les dessinateurs travaillant avec elle, le seul avec qui elle a avoué avoir eu plaisir à travailler étant Mike Robb qui signe d’ailleurs l’intégralité des dessins de ce recueil ainsi que l’encrage. Je n’ai par contre trouvé aucune information sur la coloriste, qui signe simplement du prénom de Beverly (4).

La maîtrise de Lucy Loyd dans le genre horrifique est en soit assez impressionnante : chaque histoire à une chute franchement très surprenante et imprévisible, même moi qui suis très aguerri à ce style d’histoire je fus très agréablement surpris par ce livre et ces petites histoires qui brassent assez large niveau thème et ambiance : Amoureux transis de monstres, zombies, psychopathes, meurtriers, les thèmes sont variés et malgré la violence de certaines histoires elles sont à chaque fois teintées d’une pointe d’humour noir assez rafraîchissante dédramatisant un peu le sordide des scènes.
De plus, comme je le dis plus haut, chaque histoire est plus ou moins liée directement de façon astucieuse et on se surprend à chercher chaque référence à telle ou telle histoire dans la suivante ou la précédente.
Le quatrième mur est également régulièrement brisé, impliquant le lecteur dans l’histoire qu’il est en train de lire et renforçant ainsi l’immersion.
Enfin, pour les connaisseurs, les personnages sont représentés avec l’apparence de personnalités plus ou moins connues de l’univers du fantastique et de l’horreur : Ainsi Jim, le « jouet » de Lucy Loyd est manifestement l’acteur Kurt Russel alors que son psychiatre est un sosie de l’éditeur James Warren (voir plus haut pour plus de détails). Je suis quasiment certain d’en avoir raté d’autres, mais je suis sûr que la plupart des personnages sont inspirés par des personnes réelles gravitant autour du monde de l’horreur imaginée.

Niveau dessins, Mike Robb fourni un travail exceptionnel : Son trait est fin et détaillé, de plus le coté sobre et réaliste du dessinateur sied parfaitement à l’atmosphère sombre et crû de l’ensemble des histoires. Un choix parfaitement adapté, la partie graphique étant sans conteste un point fort du livre.
Enfin la colorisation, volontairement old school avec ses teintes pâles et claires est également très bien vu, renforçant le coté « hommage » de ce recueil. Personnellement, j’aurais rajouté une colorisation tramée en points, comme sur les anciens comics afin de renforcer cet aspect, mais bon, je chipote.

Lucy Loyd’s Nightmare est un comic d’horreur absolument jouissif : A mi-chemin entre hommage aux EC Comics et histoires aux thèmes plus moderne, finement écris, intelligent et superbement dessins et mis en couleurs, c’est un véritable régal pour les amateurs d’horreur dessinés et même les autres. C’est également je pense un parfait point de départ pour qui voudrait avoir un premier contact avec le genre horrifique des comics d’horreur de style EC ou Warren, la maîtrise dont font preuve les auteurs sur ce livre étant absolument admirable et de plus, parfaitement abordable pour tout type de lecteurs.
Plus qu’un livre, une lecture plus que recommandable, Lucy Loyd étant de toute évidence une auteure à suivre de prés si vous ne la connaissez pas, mais je suis sûr qu’en tant que fan d’horreur vous avez très certainement déjà lu quelque chose d’elle, donc c’est un achat que vous avez forcément déjà fait.

Lucy Loyd’s Nightmare, de Lucy Loyd, Mike Robb et Beverly, disponible depuis le 2 avril 2014 chez Delcourt dans la collection Machination.


Bande annonce de Lucy Loyd’s Nightmare

Attendez, c’est quoi ce bruit derrière moi ? Qui êtes vous madame et qu’est ce que vous faites là… Si j’ai lu le livre ? Oui, et j’ai beaucoup aimé… Me le dédicacer, euh oui… Mais pourquoi vous m’appelez Jim  ? D’accord… Non…
Je ne sais pas ce qu’il m’a pris d’écrire sur ce livre…

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Je les entends gratter la porte… Aidez-moi…

1 : Stephen King et George A Romero se sont même rejoints l’espace d’un film afin de rendre un vibrant hommage sous forme d’un film à sketchs, Creepshow que j’ai déjà chroniqué dans cette rubrique.

2: Warren sera aussi un des premiers éditeurs à faire travailler des auteurs internationaux sur ces publications, notamment des auteurs espagnols.

3  : Jim est un personnage récurrent des histoires de Lucy Loyd, notamment pour ces histoires durant lesquels il affronte les Junkmunks, des gremlins sanguinaires habillés comme des musiciens hippies des années 60.

4  : La maison d’édition Jinx Comics, Lucy Loyd, Mike Robb et Beverly n’existent pas

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Alien Covenant : la critique de Julien Lordinator


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Avant-propos  : Je suis un fan absolument dévoué et obsédé par la saga Alien : Je connais les films, leurs thèmes et histoire de création sur le bout des doigts et collectionne chaque nouvelle édition de chaque film, produits dérivés, bandes dessinées, romans, livres et tout ce qui est possible de collecter sur cette saga cinématographique et ses dérivés avec assiduité et passion.
Mais bon, ça, la plupart des personnes qui me lisent de temps en temps ou régulièrement le savent et par l’entremise du blog où vous lisez ces lignes, j’ai également déjà prouvé que je l »étais et que la saga était une source inépuisable de matière à débattre (1).
Tout ça pour dire que la saga Alien, ce sont plus que des films pour moi, c’est une véritable passion, un leitmotiv, un moteur de mon propre imaginaire, je le répète, je suis passionné par cet univers, jusqu’au bout des ongles.

Dire que j’attendais avec beaucoup d’impatience ce nouvel opus est un euphémisme : Après un Prometheus qui, contrairement à beaucoup, m’avait vraiment enthousiasmé en donnant de nouvelles pistes et en établissant de nouvelles bases de réflexion pour la saga, Covenant se devait d’être à la hauteur et être l’épisode charnière qui (r)amènerais ces créatures emblématiques sur le devant de la scène.

Le bilan est positif en ce qui me concerne mais Alien : Covenant n’est pas un film qui plaira à tout le monde, loin de là même, car Ridley Scott a clairement décidé de donner un virage à 180 degrés à la saga qu’il a lui même créé il y a de de cela presque quarante ans. Bousculer de fond en comble tout ce que l’on croyait savoir sur la saga Alien, voilà ce qui Ridley Scott fait avec son Alien : Covenant et c’est une entreprise osée et risquée, mais assumée par le réalisateur britannique. Pari réussi ou pas ? Ma réponse de suite.

Brille brille petite étoile,
Dans la nuit qui se dévoile
Tout là-haut au firmament
Tu scintilles comme un diamant
Brille brille petite étoile
Vieille sur ceux qui dorment en bas

Comptine anglaise

En 2012 sort sur les écrans Prometheus, vraie/fausse préquelle à la saga Alien totalement assumée par le réalisateur Ridley Scott, Prometheus va diviser les fans d’Alien de façon plutôt agressive, outre ses qualités techniques indéniables, sur lesquelles je ne reviendrai pas ici car tel n’est pas le sujet du jour, le film divise surtout les fans de la saga : Certains dont moi, louant les qualités du film qui esquisse enfin le début d’une cohérence pour un univers qui n’en a jamais vraiment eu, d’autres justement lui reprochant son audace avec véhémence, préférant l’aspect mystérieux et volontairement nébuleux du premier Alien. (je reviendrai d’ailleurs plus bas sur le clivage qu’à créé Prometheus et que manifestement, Covenant va encore plus creuser).

Bande annonce française de Prometheus

Autre point important, il faut se rendre à l’évidence, même en étant un fan la saga Alien est en berne depuis plusieurs décennies au cinéma : Même si elle fait la joie des amateurs dans son univers étendu (comics, romans et jeux vidéos (2) d’une qualité parfois vraiment surprenante pullulent et alimentent régulièrement les étalages), au cinéma, la saga souffre depuis plusieurs années d’une baisse d’intérêt flagrante : Entre les deux derniers opus qui ont peiné à ramener des spectateurs en salle (Alien 3 a été un échec et Alien : La Résurrection n’a pas suffisamment rapporté), une saga dérivée, Aliens Vs Predator, deux séries B (Voir Z pour Aliens Vs Predator : Requiem) à la réputation et à la qualité calamiteuse, la renommée de la saga a du plomb de l’aile et peine face à d’autres mastodontes du genre comme Star Wars ou plus récemment Avatar.

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Malgré les aboiements des insatisfaits, déjà à l’époque de la sortie de Prometheus, Ridley Scott souhaite donner une suite à son film, considérant que de nombreuses questions laissées en suspens méritaient des réponses. Entre-temps il va tourner trois autres films, un thriller, Cartel avec Michael Fassebender en 2013, un péplum (son autre genre de prédilection) avec Exodus : Gods and Kings en 2014, et enfin un autre film de science-fiction plus « réaliste » (un genre très en vogue depuis Gravity) Seul Sur Mars en 2015.

Après de nombreuses annonces et désistements du projet, notamment celui du scénariste Damon Lindelof et du compositeur Harry Gregson-Williams, le tournage de Alien : Covenant commence en mars 2016 et s’achève huit mois plus tard, en septembre 2016 pour une sortie en salles prévue le 4 août 2017, finalement ramenée à mi-mai 2017 (le 9 mai en Europe, le 19 pour les États-Unis).

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Le film s’ouvre sur un long dialogue entre l’industriel Charles Weyland (Guy Pearce s’offrant par la même occasion un cameo en reprenant son rôle) et son « fils », un androïde David 8, sur l’existence et l’inévitable mort des êtres vivants à contrario du destin des être artificiels, destinés à vivre éternellement (3).

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Après cette scène d’introduction, direction l’espace à bord du USCSS Covenant, un vaisseau en voyage vers la future colonie spatiale Origae-6 et c’est un nouvel androïde du nom de Walter qui est présenté. Alors qu’il travaille seul, une éruption stellaire imprévue endommage le vaisseau et force le synthétique à réveiller en catastrophe les membres de l’équipage de leur sommeil cryogénique.
Durant l’accident, le commandant de bord décède, remplacé au pied levé par Oram (Billy Crudup), le commandant en second, qui dès le début peine à se faire respecter des autres membres d’équipage.
Alors que les réparations vont bon train, une planète habitable est détectée à proximité du lieu de transit du Covenant. Malgré les réticences de Daniels, un de ses seconds, Oram décide de suivre l’avis général et de descendre sur cette mystérieuse planète afin de constater si elle offre un cadre habitable, la plupart des membres de l’équipage n’ayant pas envie de retourner en stase, la fin du voyage nécessitant encore sept ans d’hibernation.
Arrivé sur cette planète, l’équipage y découvre un lieu sauvage à la végétation luxuriante, idéal pour une colonisation mais étrangement déserte de toute vie animale.

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A leur insu, deux membres de l’équipage sont contaminés par des spores noires et tombent malades, enfantant des créatures particulièrement agressives. Suite à des catastrophes successives dues à ces créatures (4), leur vaisseau est détruit et les membres d’équipage se retrouvent coincés sur la planète hostile, incapable de rejoindre le Covenant resté en orbite, bloqué par une tempête…
Commence alors pour l’équipage du Covenant une véritable lutte pour la survie et malgré une aide en apparence providentielle, quitter la planète devient rapidement vitale.

Dès la scène d’introduction, le dialogue entre Charles Weyland et le synthétique David 8, la filiation entre Covenant et Prometheus est directe et c’est avec plaisir que l’on constate que Ridley Scott a fait fi des divers critiques des mécontents envers son précédent film et continue de l’assumer et d’en assumer les partis pris et les thématiques. Il ressort rien que de cette simple conversation l’exploration de sujets jusque là à peine esquissées dans la saga Alien et légèrement approfondies dans Prometheus sur l’inéluctabilité de la mort des êtres vivants et l’existence éternelle des êtres artificiels, destinés de ce fait à être supérieurs à leurs créateurs. La scène d’ouverture souligne et met donc en avant ce qu’était une des bases de réflexion de Prometheus, et très vite il convient que cette réflexion sera le fer de lance de l’intrigue principale de Covenant.

Cette réflexion et son aspect très mystique, ainsi que le rapport créateur / création est très élaboré dans Covenant : Cette idée de la création qui dépasse son créateur est cristallisée par un des personnages, devenant une sorte de De Vinci maléfique, mais là encore, je préfère ne pas trop m’attarder sur ce point afin de ne pas trop en révéler sur le film et laisser la surprise à ceux qui ne l’ont pas encore vu de le découvrir par eux-même.

Il est clair que bien loin de nous narrer une énième histoire de monstre tueur de l’espace, Covenant va plus loin dans la réflexion et explore des thèmes juste introduits dans Prometheus, Alien : Covenant se charge de nous établir une véritable continuité et éclaircir des points jusque là particulièrement nébuleux de la saga Alien : D’où viennent les Aliens, par qui ont-ils été créés, dans quel but ? La place de la compagnie Weyland Yutani y est également renforcée, bien plus qu’une simple société tentaculaire tentant de s’approprier les fameux et terribles xénomorphes pour son propre profit, son rôle et sa responsabilité s’étoffent et là encore, gagnent une place centrale dans sa filiation avec les Aliens.
Sans trop en révéler, toutes les questions, suppositions et interrogations de la saga auront une réponse dans Covenant et je pense très sincèrement que ces éclaircissements vont particulièrement diviser les fans de tout bord, mais ça, j’y reviendrai plus bas.

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Pour revenir à Covenant lui-même, Ridley Scott renoue avec l’ambiance claustrophobique du premier film, là où Prometheus avait pris une certaine « largeur » dans son environnement : Malgré son cadre, une planète luxuriante et sauvage, il se dégage du film une véritable ambiance oppressante et bizarrement une certaine impression de solitude, un peu similaire à celle que peut ressentir un explorateur qui découvre pour la première fois un endroit mystérieux et hostile. Il ressort du film une impression bizarre, à mi-chemin entre une aventure et épouvante plutôt étonnante et là encore totalement nouvelle dans la saga.
Covenant renoue clairement avec le mix science-fiction et horreur qui avait fait la renommée du premier Alien, son ambiance sombre, oppressante et poisseuse couplée par des scènes gores très graphiques et violentes, à déconseiller aux âmes sensibles, en font un film plutôt « dur », même si le dernier acte se veut plus spectaculaire et moins intimiste, finissant le film sur une charge d’adrénaline assez étonnante. Il se dégage du film une véritable impression de monter crescendo dans la pression, assez plaisante je dois avouer.
Impression générale renforcée d’ailleurs par l’extraordinaire direction artistique donnée au film : Sa photographie sombre mêlant teintes grises et brunes donne un véritable cachet très particulier au métrage et une véritable identité en totale opposition à celle de Prometheus, plutôt claire et lumineuse.
Autre point fort, sa partie musicale, oppressante et mystérieuse, signée Jed Kurzel, bande-son à mi-chemin entre hommage au score de Jerry Goldsmith du premier Alien, emprunt à ceux des suivants (surtout à James Horner dans sa seconde partie, certaines musiques ne sont pas non plus sans rappeler les influences religieuses du score de Ellioth Goldenthal pour Alien 3) et composition digne d’un véritable film d’horreur, tout en étant déstructurée, la musique reste cohérente à ce que l’on voit à l’écran et correspond au rythme du film, parfois intimiste, parfois violente, c’est un des points forts du film.

Malgré tout, il y a un point concernant la musique qui m’a un peu agacé et peut être ramené à un autre point négatif que je vais énumérer plus bas, à savoir l’hommage au premier film Alien et cet aspect un peu fan-service : Durant la première partie du film, on a un peu l’impression que certains thèmes du premier film (5) tournent en boucle et j’ai parfois eu envie de dire « C’est bon, on a compris, on est revenu dans Alien ! ». Néanmoins, il faut quand même relativiser car je pense que pour une personne qui ne connait pas ou peu le premier film de la saga comme moi ou certains fans le connaissent, cet aspect peut passer presque inaperçu, la musique intemporelle de Jerry Goldsmith restant, 38 ans après sa création, d’une efficacité presque exemplaire.

Hormis une utilisation un peu trop systématique de la musique originelle, d’autres points m’ont fait tiquer dans Alien Covenant, l’un de ces ponts est malheureusement symptomatique du cinéma actuel et il était assez peu probable que le film y échappe, à savoir ce que j’appelle le syndrome de la saga.
Après Prometheus, qui laissait suffisamment de portes ouvertes pour une suite qui paraissait presque obligatoire, Covenant souffre du même phénomène, cette fois-ci en étant un film de milieu de saga. Suite directe de Prometheus, il est assez dommage que le spectateur qui n’est pas vu ledit film puisse se retrouver un peu largué à la découverte du second acte de Covenant (celui sur la planète) : Qui est Elizabeth Shaw ? Qu’est ce que la mission Prometheus ? Qui sont les ingénieurs ? Ces questions sont rapidement expédiées, laissant un peu le spectateur qui n’a peut-être pas vu Prometheus, comme deux ronds de flan.
Cette mode actuelle de la saga peut un peu gêner, surtout aux vues des précédents opus de la saga Alien qui se suffisent à eux-même en établissant souvent un lien direct mais succin avec le ou les opus précédents en ne nuisant pas vraiment à leur déroulement, ce qui n’est pas le cas avec Covenant qui au fur et à mesure du film se confirme comme étant la « seconde partie » de Prometheus et se terminant sur un très prévisible et frustrant « à suivre »…

Le second point qui m’a un peu dérangé est un trop plein d’idées dans le film : On ressent à certains moments que Ridley Scott et son scénariste John Logan tentent un peu de « raccrocher les wagons » au train en marche en lançant tout un tas d’idées nouvelles. Certes la plupart de ces idées s’incluent bien dans le film, mais à certains moments on peine à les assimiler toutes en même temps, donnant au film une densité parfois un peu trop importante, là ou Prometheus restait volontairement et agréablement (enfin en ce qui me concerne) un peu nébuleux : Covenant reste globalement plus explicatif et concret que Prometheus, un postulat qui en dérangera certains et au contraire en satisferont d’autres, personnellement je reste assez dubitatif sur ce point.

Le rythme du film est influencé par cet aspect, allant crescendo jusqu’à un dénouement final survolté et spectaculaire, similaire à ce que l’on a pu voir dans Prometheus où dans le second film de la série, Aliens, Le Retour de James Cameron.
Car si il y a bien un point que Ridley Scott semble avoir retenu après Prometheus (qui se suffisait plus ou moins à lui-même en ne faisant que suggérer son appartenance à la saga), c’est la filiation des autres films de la série avec son opus originel : Dans Covenant, les clins d’œil et hommages à ceux qui lui ont succédé sont légions parfois subtils (la naissance du xénomorphe (6.1), certains plans « guerrier » de l’héroïne(6.2)), souvent évident (la scène finale (6.3)), visuels (6.4) ou même carrément digne du fan-service (la scène de la douche (6.5)) Scott brosse les fans dans le sens du poil sans en avoir l’air tout en ne se reniant pas ni en dénaturant son propre film, une prouesse plutôt bienvenue et honorable pour un réalisateur qui jusque là était assez vague sur les différentes suites données à son propre film. Véritable hommage de la part du réalisateur à ses successeurs ou demande appuyée des producteurs ? Je pencherais plutôt pour le premier choix, Ridley Scott ayant prouvé avec Prometheus que les pressions des studios, il pouvait assez simplement s’en affranchir.

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Dernier point négatif, le casting du film, que je trouve particulièrement inégal. Certains personnages sont très mis en avant de part leur importance dans le film, notamment Walter, interprété par un Michael Fassebender absolument grandiose avec son interprétation de l’androïde, sans cesse à la limite du sur-jeu et de la retenue, donnant un aspect presque candide et sensible au personnage.
Même chose pour le personnage de Daniels, interprété par Katherine Waterstone qui reprend à son compte celui de la femme forte de service campée précédemment par Sigourney Weaver et Noomi Rapace. D’autres s’en tirent bien, comme Billy Crudup (Le commandant Oram) en bigot aveuglé par sa foi, ou Danny McBride dans le rôle de Tennessee, le pilote du Covenant. Malheureusement, les autres personnages « secondaires » souffrent d’un traitement beaucoup moins fouillé et sont presque transparents pour certains : Le meilleur moyen de s’en rendre compte et que l’on peine à se souvenir de leur nom et que l’on se souvient surtout de la façon dont ils périssent… Alors que je me souvenais du nom de tous les membres de l’équipage du Nostromo après le premier visionnage du premier Alien, pour ce qui est de Covenant, je peine vraiment à me souvenir du moindre nom des autres personnages que ceux cités plus haut. Dans Covenant, les personnages secondaires servent surtout de chair à canon pour distiller des scènes gore, plutôt réussies d’ailleurs, et c’est un traitement assez peu habituel dans la saga où le décès de certains personnages, même secondaires, était vraiment ressentis comme de véritables pertes pour le spectateur.

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Le point essentiel de Alien : Covenant et c’est sans conteste celui-ci qui va le plus faire parler et son coté très explicatif et concret. Là où le premier Alien se voulait volontairement nébuleux et psychologique, Covenant explique, décortique et établi une mythologie concrète et crédible de son univers, mettant ainsi à mal le coté réfléchi et psychologique du premier film. Plus de place aux théories, suppositions ou explications métaphysique, dans Alien : Covenant, ce sont toutes les certitudes des fans qui sont mises à mal (ou confirmés pour certains, sait-on jamais), tout y est expliqué, jusque dans les moindres détails, expliquant, justifiant chaque détail de l’existence de la créature et de son univers. Tout y est soigneusement expliqué et il  en découle du film un univers cohérent et un début de continuité crédible faisant jusque là défaut à la saga.
Cette volonté manifeste de faire de la série Alien une véritable saga à part entière est une intention particulièrement louable de la part de Ridley Scott, une véritable continuité étant manifestement ce qui à toujours fait défaut à cette série de films, chaque réalisateur et scénariste ayant toujours un peu fait comme bon lui semble sur chaque opus, néanmoins, force est de constater que c’était un état de fait qui plaisait à beaucoup de fans.

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Et c’est là que Covenant va manifestement diviser : En expliquant tout de l’existence des Aliens, Covenant annule ce qui plaisait à une partie des fans de la série, le coté mystérieux et jusque là inexpliqué de l’existence des xénomorphes n’est plus, et les amateurs de théories et de suppositions diverses et variées vont devoir revoir leur copie.
Est-ce un bien ou un mal ? Difficile à dire, mais en ce qui me concerne, je ne suis pas et de très loin un amateur de ce genre de théorie de fans qui soutiennent mordicus à grands renforts de détails fumeux que seuls eux semblent voir qu’ils détiennent la vérité, j’aime les choses claires et définies et c’est ce que Covenant m’a offert, et ce à ma grande satisfaction : Plus de place à l’ambiguïté dans la saga Alien et c’est aussi bien car cela met la saga sur des bases solides et crédibles, ouvrant les portes pour une mythologie et une continuité plus stable et ouverte.

Alien : Covenant est donc pour moi une véritable réussite, plutôt que de se borner à refaire Alien ou donner une simple suite à Prometheus, Ridley Scott (re)créé un véritable univers autour de la franchise.
Le fait est que Alien est une licence très « dispersée », que se soit les films ou l’univers étendu, aucune continuité crédible n’avait été établie… Jusqu’à aujourd’hui avec Alien Covenant.
Donner une cohérence à un univers qui n’en a jamais eu, tel est le but de Ridley Scott avec cette nouvelle saga/préquelle/suite (barrer la mention inutile) et personnellement, je trouve qu’il est en bonne voie de réussir.
Reste à savoir si il va garder cette optique de cohérence et d’indépendance sur le long terme sans céder aux sirènes du fan-service à outrance ou aux exigences des producteurs. Car si Alien : Covenant est bel et bien ponctué de plusieurs clin d’œils et hommages aux autres opus de la saga, ça ne reste dans le fond que des détails car le film reste indépendant et c’est avec plaisir que l’on constate que le réalisateur garde son intention de départ sans tenir compte des avis extérieurs : Une indépendance d’idée qui par les temps qui courent dans le milieu du cinéma mainstream, fait quand même bien plaisir : Oui, Ridley Scott a encore des choses à dire et à faire sur la licence et il continue de le faire contre vents et marées, n’en déplaisent aux éternels insatisfaits.

Alien : Covenant de Ridley Scott avec Katherine Waterston et Michael Fassebender, en salle depuis le 10 mai 2017

Bande annonce française de Alien  : Covenant

Film Review Alien: Covenant

1 : Quelques articles sur le sujet que j’ai déjà écrit sont disponibles ici  :
Batman / Aliens :
https://thelesbiangeek.wordpress.com/2015/01/15/les-jeudis-de-langoisse-des-comics-3/

Hunting The Heroes, The Predators Attack ! : https://thelesbiangeek.wordpress.com/2016/01/28/les-jeudis-de-langoisse-des-comics-15/

Aliens Vs Predator Partie 1  : https://thelesbiangeek.wordpress.com/2016/12/29/les-jeudis-de-langoisse-des-comics-26/

Aliens Vs Predator Partie 2  : https://thelesbiangeek.wordpress.com/2017/01/26/les-jeudis-de-langoisse-des-comics-27/

Aliens Vs Predator Partie 3  : https://thelesbiangeek.wordpress.com/2017/02/23/les-jeudis-de-langoisse-des-comics-28/

2 : Je ne peux d’ailleurs que vous motiver à vous pencher sur l’univers étendu, les œuvres dérivés de cette saga méritent même récemment amplement que l’on s’y attarde, que se soit le roman Alien : Hors des Ombres de Tim Lebbon publié en France par Huginn & Mummin, absolument génial, l’excellente saga en bande dessinée Le Feu et la Roche publiée en France par Wetta ou le fantastique jeu vidéo Alien : Isolation de Sega, l’univers étendu d’Alien est rempli d’œuvres de qualité.

3 : Même si il s’agit sans aucun doute d’une coïncidence, il est amusant de constater que le même genre de thématique et de réflexion apparaissent également dans la saga en comics Fire & Stone (Le Feu et la Roche) au travers du personnage du synthétique Elden.

4 : Ces créatures portent d’ailleurs le nom de « Néomorphes », comme on peut le voir dans le générique de fin.

5 : Le thème principal entre autre  :

6.1 : SPOIL  : Étrangement similaire, avec une variation plus «  christique  », à celle du xénomorphe de Alien 3

6.2 : SPOIL  : Jusqu’au t-shirt blanc et la coupe de cheveux de l’héroïne, quasiment calqués sur l’aspect de Ripley dans la scène finale du second film.

6.3 : SPOIL  : L’utilisation d’une grue à pinces pour se débarrasser du xénomorphe, rappel à peine déguisé du Power Loader de Aliens, le Retour.

6.4 : SPOIL  : L’atelier de David 8 jonché d’expériences ratées dont certaines sont quasiment identiques à celles vu dans Alien, La Résurrection dans les laboratoires du vaisseau Auriga, dont l’homonymie avec la destination originelle du Covenant, la planète Origae-6, n’est très certainement pas un hasard non plus.

6.5 : SPOIL  : Sorte de mix entre la scène de « viol » de Lambert du premier film et l’attaque de l’infirmerie de Alien 3.

 

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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 30


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28 Jours de Plus tard

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Au début des années 2000, le cinéma d’horreur connaît un renouveau salvateur au travers d’une nouvelle vague de films de genre que l’on croyait jusque là complètement dépassée, les films de zombies : Resident Evil (adaptation du célèbre jeu vidéo) de Paul WS Anderson en 2002, L’Armée des Morts (remake du Dawn of the Dead / Zombie de George Romero par Zack Snyder) en 2004, et même le vétéran George Romero reviendra derrière la caméra avec l’excellent Land of the Dead – Le Territoire des Morts en 2005.
Mais de nombreux films vont également et étonnement venir d’Europe, notamment d’Angleterre et d’Espagne : Le délirant et très british Shaun of the Dead du tandem Edgar Wright et Simon Pegg en 2004 et l’oppressant [Rec] de Jaume Balaguero en 2007, un found footage espagnol aussi effrayant qu’efficace. Même la France y touchera, mais sur le tard, avec le très bon La Horde de Yannick Dahan en 2009.
Mais la plus grosse claque de cette époque nous viendra directement de la perfide albion et ce sera le réalisateur chéri des festivals de l’époque, Danny Boyle, qui la signera : On est en 2002 (2003 pour le reste du monde) et apparaît sur les écrans 28 Jours Plus Tard et là, c’est la claque !
Décryptage d’un film hors du commun par son approche du film de virus, son ambiance survoltée et son atmosphère délétère, un cocktail qui allait inévitablement intéresser le monde des comics.

Now if I am to survive
The infection must die
Murder the beast
That’s been eating me alive
The infection must die

Disturbed – The Infection, extrait de l’album Asylum (2010)

28 Jours Plus Tard de Danny Boyle, 2002

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Le film commence lorsqu’un commando de défense des droits des animaux fait irruption dans un laboratoire avec pour but de délivrer les animaux servant aux expérimentations qui y sont détenus. Malgré les avertissements d’un scientifique sur place, les bons samaritains de la cause animale libèrent un singe contaminé par un virus inconnu qui une fois délivré, devient fou furieux et attaque les membres du commando, les infectant de sa maladie…

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28 jours plus tard, Jim, qui était dans le coma, se réveille dans un hôpital désert de Londres et commence à errer dans les rues de la ville, elles aussi désertes. Il trouve refuge dans une église et y découvre un charnier et croit trouver d’autres survivants : Il s’agit en fait de personnes infectées, reconnaissables à leurs yeux injectés de sang, qui le poursuivent immédiatement. Jim ne doit son salut qu’à deux personnes, Marc et Séléna, qui le sauvent in extremis de ses poursuivants.
Jim apprend alors que l’Angleterre est en quarantaine, ravagée par un virus appelé « La Fureur ». Le trio va alors se mettre en quête d’un moyen de quitter l’Angleterre.

3

A l’époque, Danny Boyle est surtout connu pour trois films : La très britannique comédie noire Petits Meurtres entre Amis, le décadent Trainspotting et une adaptation à la qualité « discutable » d’un livre d’Alex Garland, La Plage noter que l’idée de 28 Jours Plus Tard vient également d’Alex Garland, qui soumettra l’idée à Danny Boyle après le tournage de La Plage, ce film ayant au moins le mérite d’avoir servi à réunir les deux auteurs). Il est d’autant plus bizarre à l’époque de le voir sur un film d’horreur, mais le réalisateur récidivera des années suivantes en touchant à d’autres genres tout aussi varié, la science fiction avec Sunshine (2007), le drame humain avec Slumdog Millionnaire (2008), le huis clos avec 127 Heures (2010) et même le biopic avec Steve Jobs en 2015, l’histoire du créateur de la multinationale Apple.

28 Jours Plus Tard est un film aussi novateur que surprenant : Déjà par son approche, le film a un rythme très rapide, là où la plupart des films sur ce thème prennent le temps de poser leur univers ou leur ambiance, 28 Jours Plus Tard, dès les premières scènes impose une ambiance oppressante, suffocante et viscérale.
Le sentiment d’insécurité est perpétuel, les scènes de violence et de course poursuite sont filmées caméra à l’épaule, lui donnant de faux airs de documentaire d’une efficacité redoutable. Le jeu des acteurs, sans cesse à fleur de peau, ainsi que la musique dramatique et désespérante exceptionnelle de John Murphy, finissent de former un cocktail détonnant qui donne au film une ambiance particulière, jusque là rarement vue dans ce genre de film.

28 Jours Plus Tard (parallèlement à L’Armée des Morts de Zack Snyder pour le genre zombies (1)) va imposer de nouveaux standards dans le film de virus et d’infection, tant bien qu’un nouveau sous-genre va alors apparaître, le film dit « d’infectés » (2).
Le film est un véritable succès international et reçoit 31 nominations et 10 récompenses dans divers festivals à travers le monde.
Financièrement, pour un budget initial de 8 millions de dollars, il en rapporte 6 fois plus après son exploitation en salles à travers le monde. Une suite est rapidement envisagée mais mettra quand même 5 ans à arriver sur les écrans.

28 Semaines Plus Tard de Juan Carlos Fresnadillo, 2007

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Le film s’ouvre sur une séquence nous présentant Don, un homme qui s’est retranché dans une ferme en rase campagne avec un groupe de survivants aux premières heures de l’infection. Un soir, un jeune garçon apeuré frappe à la porte et malgré le danger, les survivants lui ouvre : Des infectés en profitent pour entrer et massacrent les survivants, seul Don en réchappera…

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28 semaines après le début initial de l’infection qui a frappée l’Angleterre, l’île est devenue un no man’s land farouchement gardé par les forces de l’OTAN sous commandement américain. L’épidémie a été endiguée et le repeuplement du pays est en cours, toujours supervisé par l’OTAN. On retrouve Don, qui après avoir récupéré ses deux enfants est relogé dans un appartement du centre de Londres.
Désireux de récupérer des affaires dans leur ancienne maison, ses deux enfants déjouent la vigilance des soldats et pénètrent dans la zone interdite. Dans leur ancienne maison, à leur grande surprise, ils y retrouvent leur mère (dont leur père leur a affirmé qu’elle était morte), contaminée, désorientée mais consciente, un comportement aux antipodes des infectés réguliers. Ramenée à la base, leur mère subit des tests et il en est déduit qu’elle est une porteuse saine du virus. Malheureusement, elle est condamnée à mort par les soldats pour ne prendre aucun risque. Don, rongé par la culpabilité d’avoir menti à ses enfants, la fait s’échapper mais après avoir l’avoir embrassé, fini contaminé et commence à attaquer les autres survivants du centre d’accueil…

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Le réalisateur Juan Carlos Fresnadillo est à l’époque un quasi-inconnu : Il n’a réalisé qu’un seul long métrage assez confidentiel, Intacto, avec Max Von Sydow sur un homme volant la chance des autres pour le compte du propriétaire d’un casino. Il est donc assez surprenant de le retrouver aux commandes d’un projet aussi important que la suite de 28 Jours Plus Tard. Néanmoins, il été repéré par Danny Boyle, un gage de qualité d’autant plus que le britannique va d’ailleurs réaliser lui-même la scène d’ouverture du film (l’attaque de la ferme) avant de passer la main au jeune réalisateur espagnol.

La principale différence entre 28 Jours Plus tard et 28 Semaines Plus Tard est de toute évidence les moyens : Tout est plus grand, plus impactant, plus agressif et spectaculaire que le premier opus. Il en ressort du film un aspect moins personnel et intimiste pour une mise en avant flagrante du spectaculaire donnant au film un ton plus apocalyptique, encore plus survitaminé et violent. L’incursion de l’armée donne ainsi lieu à des scènes puissantes et tendues (l’attaque au lance-flammes), renforçant le coté menaçant et violent du film.

Contrairement à son prédécesseur, 28 Semaines Plus Tard va à sa sortie beaucoup diviser : Certains apprécient son ton plus agressif et rapide que celui du premier film, d’autres au contraire regrettent l’aspect plus réfléchi et posé du premier film.
Chacun son opinion, néanmoins il faut reconnaître que 28 Semaines Plus Tard est un spectacle d’une efficacité redoutable, à la fois brut et violent, visuellement et idéologiquement très agressif. Si dans la forme cette suite diffère de son prédécesseur, dans le fond le discours et l’intention restent les mêmes et c’est cela l’essentiel.

28 Jours Plus Tard, les comics

Avec son ambiance très british, ses personnages forts, ainsi que son climat de fin du monde survoltée, la licence allait inévitablement intéresser le monde des comics.
Le film est distribué par Fox Atomic (3) aux États Unis, une branche de la 20th Century Fox spécialisée dans les petites productions de films de genre comportant également une branche de publications de comics, et c’est donc logiquement sous ce petit et éphémère label que paraît le premier comic issu de l’univers de 28 Jours Plus Tard, ce sera d’ailleurs le premier comic publié par Fox Atomic.

28 Jours Plus Tard  : Le Contre-Coup

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28 Days Later  : The Aftermath (28 Jours Plus Tard  : Le Contre-Coup en France) est donc publié en 2007, soit 5 ans après la sortie du premier film pour promouvoir le second film, 28 Semaines Plus Tard.
Le graphic novel est décomposé en 4 parties, reprenant les différents stades de l’infection : Développement, Propagation, Extermination et Quarantaine. Tous les chapitres sont écrits par Steve Niles (qu’on ne présente plus si vous êtes un habitué de cette rubrique, sinon vous pouvez vous reporter ici pour plus de détails) et chaque chapitre est dessiné par un artiste différent, les trois premiers chapitres sont indépendants et racontent l’histoire de personnages à différents stades de l’épidémie, le quatrième est une conclusion, réunissant tout les protagonistes des chapitres précédents.

Chapitre 1  : Développement

Dans ce premier chapitre, on suit le parcours de deux scientifiques travaillant sur un « remède » visant à calmer les pulsions violentes des personnes les plus agressives, mais les recherches vont prendre un tournant inattendu…

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Aux dessins on a Dennis Calero (que l’on retrouve également sur la quatrième histoire) et son trait sombre sied parfaitement à l’histoire, un choix particulièrement judicieux donc.

Chapitre 2  : Propagation

Second chapitre où l’on assiste cette fois-ci aux premières heures de l’infection : Une famille fait un pique-nique dans un parc de Cambridge quand le petit garçon de la famille est attaqué par un singe enragé. L’enfant est emmené d’urgence en ambulance, suivi de près par sa famille. S’ensuit une véritable lutte pour la survie pour la petite famille dans une ville dévastée par l’épidémie.
Aux pinceaux, c’est cette fois-ci Diego Olmos qui s’y colle et son style très comics est un peu en décalage avec celui de Dennis Calero tout en restant très agréable. Son style clair correspond néanmoins à l’ambiance du récit, car nous sommes aux débuts de l’épidémie.

Chapitre 3  : Extermination

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Troisième chapitre avec l’histoire de Hugh, un survivant solitaire arpentant les rues de Londres qu’il considère comme son territoire, jusqu’au jour où un rival va empiéter sur son « territoire », s’ensuit une lutte entre les deux survivants où tous les coups sont permis.

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Très bonne surprise puisque l’on a droit aux dessins du beaucoup trop rare Nat Jones pour ce troisième chapitre. Ce dessinateur plutôt discret fait partie des artistes dont je guette chaque apparition (je l’ai connu avec l’excellent The Nail de Steve Niles et Rob Zombie) avec impatience : Son trait fin et détaillé est tout bonnement impressionnant et cette histoire prouve une nouvelle fois les qualités et le talent indéniables de l’artiste.

Chapitre 4  : Quarantaine

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Chapitre final de ce graphic novel  : Clive, l’un des scientifiques du premier chapitre, Sid et Soph du chapitre deux et Hugh du chapitre trois se retrouvent dans un camp de quarantaine vers la fin de l’infection. Mais très vite les suspicions sur les véritables intentions des militaires à leur égards commencent à poindre et s’évader devient vite une évidence…
Retour de Dennis Calero aux dessins qui change légèrement de style avec une touche plus claire et visiblement, l’utilisation de l’informatique. N’en reste pas moins que son style est parfaitement adapté à l’histoire, le choix de lui confier cet ultime chapitre étant de toute évidence particulièrement logique.

28 Jours Plus Tard : Le Contre-Coup est un très bon graphic novel  : Finement écrit, il respecte à la lettre le scénario et l’ambiance du film tout en étoffant son histoire. De plus, il se lit plutôt vite et sans aucune lassitude et l’on replonge avec plaisir dans l’ambiance survoltée et désespérée des films. Un excellent moment de lecture horrifique plus que recommandable.

En France ce graphic novel à été publié par Panini dans leur collection Darkside.

28 Jours plus Tard  : La mini-série

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Publiée de juillet 2009 à juin 2011 par Boom! Studios aux États Unis et en France d’avril 2010 à juin 2012 par Delcourt, la mini-série 28 Jours Plus Tard se situe chronologiquement entre les deux films. Elle est écrite par Michael Alan Nelson et dessinée par Declan Shalvey et Alejandro Aragon.

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L’héroïne est Séléna, l’une des survivantes du premier film qui après l’épidémie qui a frappé l’Angleterre a trouvé refuge dans un camp en Norvège. Là-bas elle est contactée par un journaliste américain, Clint Harris, qui a pour projet de retourner en Angleterre afin de réaliser un reportage sur ce qui se passe vraiment là-bas, les autorités de l’OTAN muselant toute personne cherchant à parler de ce qui s’y est vraiment passé.
D’abord réticente, Séléna fini par accepter de l’accompagner et retourne dans l’enfer qu’est devenu ce pays. Mais à peine arrivés sur place, les choses vont se compliquer et Séléna et Clint vont vite se retrouver piégés sur le no man’s land qu’est devenu la Grande Bretagne.
Entre la menace des infectés toujours présente, les militaires sur place, des survivants très agressifs et les fantômes du passé de Séléna, sortir de nouveau de cet enfer ne va pas être une partie de plaisir pour nos deux infortunés héros…

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Sorti deux ans après la sortie du film 28 Semaines Plus Tard, ce comic ne peut donc pas se targuer de vouloir surfer sur le succès du film… Par contre, de vouloir surfer sur le succès de Walking Dead, probablement, la série de Robert Kirkman étant à l’époque en pleine ascension.
Enfin bref, quoi qu’il en soit, si j’ai décidé de vous parler de cette mini-série ce mois-ci c’est qu’elle vaut le détour, et ce pour plusieurs raisons que je vais vous exposer de suite !

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Tout d’abord malgré sa longueur (24 numéros) la série n’est jamais lassante : Mark Alan Nelson décrit les mésaventures de Séléna et Clint sans jamais tomber dans la redite, que se soit de ce qui a déjà été fait dans les films ou dans d’autres récits du même genre, une prouesse vue le nombre d’histoires de zombies ou de virus existant s déjà lors de la publication de cette mini-série.
Nos deux héros vont véritablement de Charybde en Scylla tout au long de leurs mésaventures, leurs péripéties sont véritablement prenantes et haletantes et on attend la suite avec beaucoup d’impatience, ce qui est plutôt surprenant pour un comic dérivé d’un film, ces outils  promotionnels (qui n’en ne sont pas vraiment uns, vu ce que j’ai écrit plus haut) étant rarement de bonne qualité. Ce n’est pas le cas ici vu les superlatifs que j’utilise depuis le début de cette critique : Pour être franc, c’est même une de mes séries favorites du genre et vous devez vous douter que j’ai dû en voir et lire énormément.
Si la série est excellemment bien écrite, qu’en est-il de sa partie graphique ? Là aussi, on peut être surpris.

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Aux dessins, les premiers chapitres (1 à 12) sont donc dessinés par Declan Shalvey, l’artiste irlandais fourni une prestation remarquable, respectant à la lettre l’ambiance des films de même que leurs codes visuels, que se soit l’ambiance post-apocalyptique à la touche british, l’apparence des infectés, les tenues des survivants ou des militaires, visuellement on est de nouveau projeté dans l’ambiance des films sans aucune ambiguïté. Enfin, les personnages déjà rencontrés dans les films (car hormis Séléna, on croise d’autres visages connus) sont aussi reconnaissables au premier coup d’œil, ce qui est rarement le cas dans ce genre de comic.
Les autres chapitres sont quand à eux dessinés en majorité (en majorité car d’autres dessinateurs font des apparitions pour certains chapitres) par Alejandro Aragon. L’artiste argentin est quand même un niveau en dessous de Declan Shalvey et même si la transition est plutôt douce, Aragon tentant au début de « copier » le style de son prédécesseur, le style moins précis d’Aragon jure un peu avec celui de Shalvey. Néanmoins, autant être honnête, ça reste aisément lisible et même si Aragon n’est pas du niveau de Shalvey, ça ne gène pas la lecture à moins d’être vraiment très exigeant.
Visuellement donc, sans être exceptionnelle, c’est tout à fait lisible et appréciable, l’ambiance sombre et violente des films étant parfaitement retranscrite.

C’est donc quasiment un carton plein pour cette mini-série : Très bien écrite, tenant la route visuellement, elle est une parfaite continuation des films. Si vous avez aimé les films où êtes juste à la recherche d’une bonne histoire d’horreur, cette mini série est faites pour vous.

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L’intégralité de cette mini-série a été publiée en France par Delcourt en cinq tomes.
Que se soit en films ou en comics, 28 Jours/Semaines a profondément marqué le genre du film d’infectés en instaurant de nouveaux codes visuels ou scénaristiques : Avec un traitement plus agressif, une ambiance rapide et survoltée, l’univers et ses codes créés par Alex Garland et Danny Boyle au cinéma sont très vite rentrés dans l’imaginaire collectif et l’on peut y voir ses influences de façon très nettes dans de nombreuses œuvres actuelles du même genre (4).
Voici donc deux films majeurs dans le cinéma de genre horrifique qui se doivent d’être vus absolument, si ce n’est pas déjà fait.

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1 : Les deux films, même si ils ont de nombreux points communs ont eu des développements et des productions très proches (à peine un an de différence), il est donc peu probable que ce dernier ai copié sur l’autre, les points communs des films étant sans doutes des coïncidences. De même que le début de 28 Jours Plus Tard étant quasiment identique à celui de Walking Dead, Robert Kirkman ayant révélé que lorsqu’il a écrit Walking Dead, il n’avait pas encore vu ni entendu parlé de 28 Jours Plus Tard.

2 : Même si rétrospectivement, George Romero s’était déjà intéressé à ce thème avec son film The Crazies (1973), re-titré La Nuit des Fous Vivants en France, qui décrivait déjà une infection par un virus rendant les gens complètement fous.

3 : Fox Atomic sera un label plus qu’éphémère puisqu’il ne durera que 3 ans, de 2006 à 2009  : Seul 10 films sortiront sous ce label, majoritairement des films d’horreur. Quand à la branche comics, seul 4 seront publiés : 28 Days Later, The Aftermath, The Hills Have Eyes : The Beginning (un préquel du film La Colline à des Yeux 2) et deux tomes de Nightmare Factory, une compilation de petites histoires d’horreur inspirées des nouvelles de Thomas Ligotti.

4 : Par exemple le jeu vidéo ZombiU de Ubisoft sorti en 2012 sur WiiU puis sur Xbox One et PS4 en 2015 en reprend quasiment tout les codes visuels, notamment la localisation en Angleterre.

 

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Paris Manga & Sci-Fi Show : Le compte-rendu de Julien Lordinator


Paris Manga & Sci-Fi Show 2017, Autopsie d’un festival réussi

affiche

Je fus convié l’année dernière au festival Paris Manga & Sci-Fi Show (mon avis est d’ailleurs toujours lisible ici) et c’est avec un grand plaisir que je répondais de nouveau présent pour cette nouvelle édition qui je l’espérais, serait à la hauteur de la précédente. Je n’ai pu malheureusement m’y rendre que le dimanche 26 mars, et quel fut le bilan de cette journée ? Réponse tout de suite !

Ce fut donc en ce beau dimanche 26 mars 2017 que je me rendis sur les lieux du festival Paris Manga & Sci-Fi Show, galvanisé par les très bons souvenirs de la précédente édition à laquelle j’avais eu la chance d’être convié.
Autant être franc, la partie manga ne m’intéressais que moyennement, j’étais surtout sur place pour la partie comics chapeautée par les petits gars de Central Comics et ce fut bien évidemment le premier endroit où moi et mes compères nous nous rendîmes à peine arrivés sur place.
Force et de constater que les organisateurs ont bien entendu les commentaires positifs des précédentes éditions : Les artistes de comics invités sont encore au même endroit, à savoir un endroit judicieux puisque placés vers le centre du salon, dans une grande allée où le passage est fréquent. Des emplacements plus que bienvenus, ainsi la plupart des visiteurs, même si ils ne sont pas venus pour eux, sont obligés de passer devant eux une, voir plusieurs fois par jour : Une exposition idéale, un autre salon parisien sur ce même thème des comics devrait en prendre de la graine.
Remarquez, le comble se serait de les placer sur un balcon, à l’écart du public, là, se serait vraiment stupide…

Pour ce qui des artistes présents, la star était bien entendu le vétéran Whilce Portacio, un des dessinateurs stars des X-Men dans les années 90 et co-créateur du mutant Bishop. L’homme était d’ailleurs très accessible et souriant, j’ai pu lui parler quelques minutes et ce fut ma foi une bonne rencontre avec cet artiste de légende.
Pour ce qui est des autres artistes, c’était plutôt un beau panel et des plus hétéroclites : Les superstars Alex Maleev et Esad Ribic côtoyaient des artistes un peu plus confidentiels comme Rufus Dayglo (Tankgirl), les excellents et sympathiques David Baldeon, Mirko Colak, Fernando Dagnino, Geoffo ou encore Francis Portela (Faith chez Valiant), une sélection variée particulièrement jouissive et intéressante.

La crème des artistes français était elle aussi présente avec l’adorable Virginie Siveton, le talentueux Julien Hugonnart-Bert, Anthony Dugenest, Junkie Brewster ou encore Desty : Là encore les styles étaient très variés et il y en avait pour tout les goûts.
En résumé, une artist alley plus qu’honorable et qui n’avait pas à rougir de celle d’autres salons du même genre.

Des écrivains étaient également présents, notamment Jérémie Damoiseau qui venait présenter son livre Punisher : L’Histoire Secrète consacré au film avec Dolph Lundgren adapté du célèbre personnage Marvel (1).

Les acteurs de séries télé n’étaient pas en reste avec la présence de belles têtes d’affiche de la série Buffy Contre les Vampires : Kristine Stutherland (qui interprétait la mère de Buffy), Charisma Carpenter (Cordélia), Nicholas Brendon (Xander) et James Marsters (Spike) étaient présents, les fans de la série culte des années 90 avaient fait le déplacement et étaient là en masse pour les rencontrer.
Autre star du salon parmi les acteurs présents, Christopher Judge (Teal’c dans la série Stargate SG-1) se prêtait au jeu des autographes : L’imposant acteur (quand même 1,91m !) avait le sourire, de même que ses fans.
Notons aussi la présence de Kerry Ingram et Ian McEhlinney, deux acteurs de la série Game of Thrones ainsi que Catherine Sutherland, le Ranger rose de la série télé Power Rangers.

Niveau Youtubers, je suis malheureusement incapable de vous dire exactement qui était là, ce genre de « personnalités » ne m’intéressant absolument pas, j’ai juste pu apercevoir de loin l’un des seuls que j’apprécie et suis, à savoir le Joueur du Grenier et son compère Seb, comme d’habitude particulièrement sollicités, les rendant difficilement approchables…

Niveau organisation, Paris Manga & Sci-Fi Show est encore un modèle du genre  : Le placement des stands et scènes est exemplaire et calqué sur celui de l’année passée, on ne change pas une formule qui gagne et les organisateurs l’ont bien compris.
Rien à reprocher de ce coté donc.

Vous l’aurez compris, je suis encore une fois ravi d’avoir pu l’espace d’une journée à flâner sur ce salon, qui reste un des plus agréables auxquels j’ai le plaisir d’être convié  : Bien organisé, doté d’invités variés et prestigieux, Paris Manga & Sci-Fi Show reste un modèle du genre avec sa programmation éclectique, je me répète très certainement par rapport à l’année passée, mais certains autres salons soit-disant spécialisés comics (à tel point qu’ils le mettent dans leur dénomination) devraient en prendre de la graine.

Pour finir, je voudrais juste pousser un coup de gueule personnel qui n’est pas adressé au salon en lui-même et ses organisateurs, mais plutôt au public venant sur ce genre d’événement.
Tout le monde ou presque connaît la mode des Free Hugs, une pratique très répandue parmi le public de ce genre de salon, en particulier les cosplayer,s qui consiste à se balader avec une pancarte pour serrer dans ses bras ceux qui le souhaitent. Jusque là, rien de méchant me direz-vous, cette pratique devant se partager, normalement, dans la bonne humeur et sans arrière pensée, sauf que… Non.

On va encore dire que j’ai l’esprit un peu mal placé, comme quand je critique (gentiment) le cosplay, mais j’ai encore pu apercevoir des choses qui me hérisse le poil : Quand je vais sur ce genre de salon, certes j’y vais principalement pour rencontrer les auteurs mais j’aime aussi beaucoup observer les gens et cela fait plusieurs salons ou conventions auxquels je suis très attentif aux pancartes des free hugers et j’y aperçois depuis quelques temps des indications qui me gène.

Girls Only, Just Girls and Women, No Boys, et No Homo : Je vous laisse le soin de faire la traduction, qui n’est ma foi pas très compliquée mais voilà ce que j’ai pu lire sur de nombreuses pancartes de « distributeurs de câlins », exclusivement des garçons ou des hommes bien entendu. Après ce n’est peut être que moi (j’en doute) mais ces indications m’ont mis clairement mal à l’aise, de la même façon que lorsque je vois des photographes immortaliser des cosplayeuses en zoomant exagérément sur la poitrine ou (véridique, c’était au Japan Expo 2013) l’entre-jambe.

Après, je ne dramatise pas, je suis conscient que ce n’est qu’une minorité mais le fait est que depuis quelques temps, j’en vois de plus en plus et ce qui au départ n’était qu’une indication de bas de pancarte écrit discrètement s’affiche de plus en plus distinctement et sans aucune gêne.
Donc je ne peux que conseiller à ceux qui croisent des free hugers de bien lire la pancarte, car c’est bien connu, il faut toujours bien lire les pancartes, elles sont très révélatrices et, dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui, en disent beaucoup sur leurs propriétaires.

 1 : J’ai d’ailleurs lu ce livre et je vous le conseille très chaudement, c’est une véritable mine d’informations sur ce film très méconnu et injustement sous-estimé.

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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 29


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Eerie & Creepy présentent Bernie Wrightson

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Il y a parfois des moments où l’actualité vous rattrape et mon statut de simple collaborateur sur un blog ne me fait pas déroger à la règle…
Je ne vais pas vous cacher qu’à la base, un autre « Jeudi » sur un tout autre thème était prévu mais le décès prématuré de Bernie Wrightson dimanche dernier m’a brusquement fait changer mes plans. Exit donc ma première idée, et place à un autre hommage (j’en ai déjà fait un « à chaud » ici) à ce grand maître de l’horreur dessinée !

Bernie Wrightson est surtout connu des fans de comics pour sa légendaire itération illustrée du Frankenstein de Mary Shelley, mais l’artiste a également beaucoup travaillé pour les magazines d’horreur Warren Publishing, particulièrement les mythiques revues Eerie et Creepy, durant les années 70 (de 1974 à 1978 pour être plus précis) et c’est l’intégralité de ces travaux pour ces deux magazines que propose l’éditeur Delirium dans cet album (1).

L’album reprend donc l’ensemble des histoires réalisées par Bernie Wrighston pour les deux magazines est force est de reconnaître à la lecture de cet ouvrage que le dessinateur a un peu touché à tout les genres et ambiances, petit tour d’horizon des histoires présentes et sur son contenu.

Le livre s’ouvre sur une longue préface de Bruce Jones, le scénariste, ami et collaborateur de Bernie Wrightson revient avec nostalgie, humour et passion sur son amitié avec l’artiste au gré de nombreuses anecdotes. Une bien belle façon de commencer le livre qui confirme, si il en était encore besoin, de la valeur aussi bien humaine qu’artistique de l’artiste. Cette préface prend encore plus de sens et de symbole depuis son décès car elle prouve encore une fois que Bernie Wrightson était en plus d’être un artiste exceptionnel, une personne admirable.

Les histoires sont classées en deux parties, celles publiées dans Creepy, puis ceux publiées dans Eerie.

Le Chat Noir (The Black Cat) adaptation de la nouvelle d’Edgar Alan Poe

Paru dans Creepy #62 de mai 1974

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Un homme jaloux du chat de sa femme va peu à peu sombrer dans la folie jusqu’à commettre l’irréparable, un classique de la littérature horrifique ici adapté par Bernie Wrightson.

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Bien avant Frankenstein, Wrightson montrait déjà sa passion pour les classiques de l’horreur avec cette adaptation de toute beauté. Les dessins de l’artiste, comme pour Frankenstein, bien loin de seulement adapter l’histoire originale, la magnifie en lui donnant une véritable identité : Le style gothique, sombre, psychologique et malsain de Poe est ici parfaitement retranscrit par Wrightson.
Bien plus qu’une adaptation, c’est un véritable hommage qu’il rend à ce classique de la plus belle des manières. On y perçoit d’ailleurs les prémices de son futur chef d’œuvre avec une obsession du détail, notamment dans les décors.
Une histoire charnière pour l’artiste, un must read.

Jenifer, histoire écrite par Bruce Jones, dessinée par Bernie Wrightson

Parue dans Creepy #63 de juillet 1974

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Un chasseur surprend dans les bois un homme tentant de tuer par décapitation une jeune femme. Le chasseur tire sur l’homme qui, agonisant dans ses bras, n’a le temps de prononcer que le nom de la fille, « Jenifer ». Le chasseur recueille l’infortunée pour s’apercevoir qu’elle a un visage difforme et ne peut pas parler. Touché par la détresse de la pauvre créature, le chasseur l’accueille chez lui, au sein de sa petite famille. Mais la présence de Jenifer au sein du foyer va vite devenir problématique…

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De toute les histoires de cet album, Jenifer est sans conteste ma préférée : Malsaine, la sensation d’attraction / répulsion pour Jenifer est palpable au travers des dessins de Wrightson et le lecteur est vite chamboulé entre la pitié et la haine pour cette créature pathétique et monstrueuse et son malheureux bienfaiteur. Une histoire troublante, magnifiquement mise en image par Wrightson.

Clarice, histoire de Bruce Jones, dessinée par Bernie Wrighston

Parue dans Creepy #76 de février 1977

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Un homme se remémore les bons moments passés avec sa défunte femme tandis que le fantôme de celle-ci semble le harceler à l’extérieur de chez lui durant une tempête de neige.
Encore une histoire particulièrement troublante, quasiment onirique, dont la chute est certes assez commune mais surprenante. L’histoire est courte mais loin des canons de ce genre de récit : Ici point de scènes de violence où de monstre hideux, le ton est triste, presque nostalgique jusqu’à la révélation finale, cette chute étant en fait le seul impondérable de cette histoire. Une histoire différente mais particulièrement réussie.

Les Rats des Champs (Country Pie) scénario de Bruce Jones, dessins de Carmine Infantino, encrage de Bernie Wrightson

Parue dans Creepy #83 de octobre 1976

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Un homme prend en auto-stop une jeune femme et son petit frère, croyant bien faire, il se retrouve malgré lui la victime d’une machination diabolique. Dans le même temps, deux policiers suivent, sans grande conviction, les directives d’une médium concernant un tueur en série. Les deux affaires seraient-elles liées  ?

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Une histoire assez surprenante, à la chute plutôt bien vue et différente de la majorité de ce genre d’histoire, ce qui la rend d’autant plus intéressante.

Seulement encrée par Bernie Wrightson, cette histoire est dessinée par le grand Carmine Infantino, à l’époque dans une période creuse de sa carrière. Infantino venait d’être renvoyé de chez DC Comics et Bruce Jones et Bernie Wrightson décidèrent de l’aider en lui confiant les dessins de cette histoire. Pour la petite anecdote, à l’époque où Wrightson commença à travailler pour DC Comics, Infantino était la star incontestée de DC, lorsqu’il fut congédié, il se retrouva dans un petit bureau de Warren Publishing et c’est là que Jones et Wrightson le retrouvèrent. Touchés par sa situation et se souvenant de l’aide qu’il lui avait apporté au début de sa carrière, Wrightson lui proposa les dessins de cette histoire. Infantino en dessina une autre, toujours encrée par Bernie Wrightson dont je vais parler de suite.

Dick Swift et sa bague de force électrique  ! (Dick Swift and his electric Power Ring  !) écrit par Bill DuBay, dessins de Carmine Infantino et encrage de Bernie Wrightson

Parue dans Creepy #86 de février 1977

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Peter est un jeune garçon très malade. Malgré les traitements, son état ne fait qu’empirer et alité, il ne fait que discuter avec son meilleur ami, le vieux monsieur Music et lire les comics de Dick Swift, son héros favori. Un jour il commande l’arme favorite de son héros, la fameuse bague de force électrique et une fois en sa possession, cette bague va lui redonner espoir, de la plus belle des façons.

Une histoire particulièrement touchante, en décalage complet avec les thèmes de la plupart des histoires habituellement publiées dans Creepy. Une véritable réflexion sur l’utilité des héros imaginaires et leur influence, à lire absolument.

Une saga martienne (A Martian Saga) histoire de Nicola Cuti, dessins de Bernie Wrightson

Publiée dans Creepy #87 de mars 1977

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Un mystérieux personnage masqué arpente les paysages de Mars sans but lorsqu’il assiste quasiment impuissant au massacre d’un petit village et ses habitants des mains d’un monstre horrible. Arrivé trop tard, il abat le monstre et sauve une jeune femme. Mais ce sauvetage était il vraiment une bonne chose pour lui  ?

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On sort de l’horreur pure pour la science fiction sombre et violente avec cette histoire. Le récit est relativement court mais les deux auteurs aux commandes réussissent à créer malgré cela une véritable ambiance glauque et malsaine et presque désespérante. L’histoire est de plus sans paroles, narrée par le personnage principal sous forme d’un poème. Un très bon moment de lecture.

L’Homme qui rit (The Laughing Man) scénario de Bruce Jones, dessins de Bernie Wrightson

Publiée dans Creepy #95 de février 1978

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Dans une colonie africaine, un homme en guenilles apparait un beau jour et réclame à boire. L’homme, épuisé, semble être sujet à une crise de démence, ne pouvant s’empêcher de rire. Une fois calmé, il raconte alors son histoire : Lui et son meilleur ami étaient partis en expédition pour découvrir une tribu légendaire de singes civilisés, mais leur expédition va vite virer à l’horreur…

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Une histoire sordide et glauque, typique du magazine Creepy à la chute aussi invraisemblable qu’horrible, magnifiquement mise en image par un Bernie Wrightson au top de sa forme : En résumé, du très bon comic d’horreur, l’une des meilleures histoires de ce recueil.

Le monstre de Pepper Lake (The Pepper Lake Monster) scénario et dessins de Bernie Wrightson

Publié dans Eerie #58 de juillet 1974

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Summers est un homme obsédé par la chasse aux monstres, mais il n’en a jamais rencontré aucun… Jusqu’au jour où son obsession devient réalité et son chemin fini par croiser celui d’une immense créature marine à Pepper Lake. Le monstre devient son obsession et le capturer sa raison de vivre. Mais les habitants de Pepper Lake ne semblent pas du même avis.

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Une histoire très inspiré par le monstre du Loch Ness, qui donne une image assez caustique des habitants du fameux lac. Originale et cruelle, une histoire qui même si elle est typique des productions Warren est magnifiée par le talent de Bernie Wrightson.

Quand la nuit tombe (Nightfall) scénario de Bill DuBay, dessins de Bernie Wrightson

Parue dans Eerie #60 de septembre 1974

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Némo est un petit garçon bien malchanceux : Toutes les nuits des monstres surgissent des coins sombres de sa chambre pour l’emmener dans leur monde. Personne ne le croit et chaque nuit Némo espère que ça ne sera pas sa dernière nuit… Au grand dam de ses parents, forcés chaque nuit de le rassurer.

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Entre peurs enfantines et monstres hideux, cet hommage au Little Nemo de Winsor McCay est absolument jouissif, principalement pour les dessins de Wrightson qui démontre toute l’étendue de son talent pour dessiner des monstres. Chaque planche est un ravissement et l’amateur de monstruosités en tout genre y trouvera sans problème son compte  !

Un air glacé (HP Lovecraft’s Cool Air) adaptation de la nouvelle de Howard Phillips Lovecraft par Bernie Wrightson

Publiée dans Eerie #62 de janvier 1975

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Un homme raconte sa phobie des courants d’air au travers d’un de ses souvenirs de jeunesse. Alors jeune employé d’un journal, il découvre un jour une tâche d’ammoniaque au plafond de son petit appartement. L’infiltration le fait se sentir mal et c’est tant bien que mal qu’il va se plaindre à son voisin du dessus. Il y découvre Mr Munoz, un vieil homme forcé de vivre dans un appartement aux températures glaciales. Mais un jour, le climatiseur du vieil homme tombe en panne, et ainsi commence une aventure aussi invraisemblable que terrible pour notre pauvre héros.

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Après Edgar Alan Poe, c’est au tour de HP Lovecraft de se voir être adapté par Bernie Wrightson et encore une fois c’est une grande réussite : L’histoire originale gagne ainsi un coté visuel assez impressionnant, Wrightson mettant encore une fois beaucoup de passion à illustrer cette histoire, cette passion transpirant à chaque planche. Une histoire à classer parmi les classiques de Bernie Wrightson, ni plus ni moins.

Reuben Youngblood  : Détective Privée  ! (Reuben youngblood  : Private Eye !) scénario de Budd Lewis, dessins de Howard Chaykin et Bernie Wrightson

Parue dans Eerie #72 de février 1976

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Reuben Youngblood est un détective privé avide d’aventures, ainsi lorsqu’un de ses amis lui confie une enquête, ce n’est ni une ni deux que le fougueux détective monte à bord d’un zeppelin pour y mettre à jour un trafic… De sang humain ! Une aventure rocambolesque qui va amener notre aventurier à se coltiner des vamps au physique avantageux ainsi que des industriels nazis.

Changement de style pour cette histoire d’aventure dessinée à quatre mains par Howard Chaykin (dessins) et Bernie Wrightson (finitions et encrage). L’histoire est typique de celles que l’on pouvait lire dans les pulps des années 30 et en est un hommage à peine dissimulé. Le ton léger et aventureux de ce récit détonne assez singulièrement avec les autres histoires de l’ouvrage, de plus l’histoire est très verbeuse, rendant sa lecture parfois un peu laborieuse, mais le côté un peu rétro qui s’en dégage la rend néanmoins assez agréable à lire.

Le monstre de boue (The Muck Monster) scénario et dessin de Bernie Wrightson

Publiée dans Eerie #68 de septembre 1975

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Il est une créature sans âme, née de la science d’un savant fou pour qui sa création n’a aucune valeur. Sacrifiée, la créature réussira malgré tout à revenir à la vie pour réclamer une explication à son existence.

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Seule récit de l’ouvrage en couleur, cette histoire est intéressante surtout pour le fait que l’on est en présence d’un premier jet manifeste du futur Frankenstein de Bernie Wrightson : Des ambiances du récit au look des personnages, tout y est déjà.
Wrightson étant peu habitué aux récits en couleurs, elle apporte néanmoins ici une touche supplémentaire au travail de l’artiste et donne une idée de ce à quoi aurait pu ressembler une version colorisée de son chef d’œuvre. Une histoire essentielle dans la carrière de l’artiste, à lire absolument pour tout fan de Wrightson.

Cette histoire conclu de façon admirable un ouvrage tout aussi admirable, mais ce n’est pas fini  !

Ultime chapitre du livre, une galerie d’images constituée des frontispices (2), illustrations et couvertures que Bernie Wrightson a réalisé pour les deux magazines sont proposés et autant être franc, c’est un véritable déluge visuel, un ravissement pour les amateurs d’horrible, ces illustrations étant de véritables pépites pour les fans d’horreur dessinée.

La galerie s’ouvre d’ailleurs sur un dessin que Bernie Wrightson avait fait alors qu’il n’était qu’un lecteur de ces revues, dessin qui fut publié à l’époque dans le courrier des lecteurs, comme quoi à force d’efforts et de talent, tout est possible.

Un dernier mot sur l’édition française et autant dire que Delirium n’a plus rien à prouver, leurs ouvrages étant de véritables modèles de professionnalisme : Grand format, couverture rigide, papier glacé, impression et traduction impeccables (traduction signée par Doug Headline aka Tristan Jean Manchette), cet ouvrage est à l’image des autres publications de l’éditeur, un objet de toute beauté.

Eerie & Creepy présentent Bernie Wrightson est un ouvrage que tout fan de l’artiste ou même de comics d’horreur se doit de posséder : C’est clairement un ouvrage de référence, magnifiquement édité, limite indispensable.
Je n’ai rien d’autre à ajouter, personnellement j’ai dû le lire cinq ou six fois et je n’ai qu’une seule envie, refaire la connaissance de Jenifer, Clarice, Némo et tout les autres créatures immortalisées par Bernie Wrightson ! Si comme moi vous voulez faire le chemin, courrez vous procurer cet ouvrage et entreprenez vous aussi ce voyage au cœur des ténèbres, vous ne serez pas déçu.

Eerie & Creepy présentent Bernie Wrightson, disponible en France depuis le 19 novembre 2014 chez l’éditeur Delerium.

1 : Pour les plus complétistes, il ne manque dans cet album qu’une histoire back-up de deux pages publiées dans Vampirella (un autre magazine de Warren Publishing) intitulée The Believer pour avoir l’intégralité des travaux de Bernie Wrightson pour Warren Publishing. Mais heureusement, cette histoire a été publiée en France dans le magazine Special USA #14 sous le titre «  Le Dieu Cornu  ».

2 : Les frontispices sont des illustrations pleine page, présentant une histoire. Dans les revues d’horreur, elles mettent souvent en scène un narrateur, présentant de façon ironique et macabre le récit qui va suivre.

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