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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 32


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Massacre à la Tronçonneuse, première partie

Il est des films qui marquent durablement, que ce soit le spectateur, le monde du cinéma, la culture populaire et l’imaginaire collectif. Une famille de cannibales du fin fond du Texas, des victimes terrorisées, une ambiance glauque et poisseuse ainsi qu’un boogeyman devenu depuis une figure emblématique de l’horreur moderne : Il n’en aura pas fallu plus pour faire de The Texas Chainsaw Massacre (Massacre à la Tronçonneuse en France) un film culte, symptomatique de son époque et représentatif de toute une nouvelle génération de cinéastes et de films qui en leur temps vont redéfinir le monde de l’horreur au cinéma. Massacre à la Tronçonneuse s’est aussi une licence foisonnante : Sept films, des produits dérivée à la pelle et bien sûr vous vous en aurez douté puisque c’est le nerf de cette rubrique, des comics !
Avant de nous intéresser plus particulièrement aux déclinaisons en format neuvième art de cette saga mythique, petit rappel de ce qu’est Massacre à la Tronçonneuse, son histoire et son impact.

At the chainsaw – chainsaw buffet
The secret ingredient screams
You’re my main course
At the chainsaw buffet
Feed on man-eaters’s cuisine
At the chainsaw – chainsaw buffet

Lordi – The Chainsaw Buffet, extrait de l’album The Arockalypse (2006) (1)

Note  : Pour des raisons de place et d’exhaustivité, je ne m’intéresserais qu’à deux films de la saga, à savoir le film original et son remake de 2003. Le premier pour son coté historique et iconique et le second d’une part pour sa qualité indéniable, et car la plupart des comics Massacre à la Tronçonneuse sont issus de l’univers de ce film.

Massacre à la Tronçonneuse  : L’enfant de la douleur

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Massacre à la Tronçonneuse sort sur les écrans américains le 1 octobre 1974 et pour les américains c’est un choc, aussi bien visuel qu’émotionnel : Le film est d’une violence crue, brutale et sans concession, du jamais vu jusqu’alors. Filmé de manière réaliste, limite documentaire, le film choque, dégoûte, indigne et fascine : Nous sommes dans les années 70 et le cinéma d’horreur amorce déjà depuis plusieurs années un virage vers quelque chose de nouveau et Massacre à la Tronçonneuse va en être l’une des pierres angulaires.

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L’histoire raconte la calvaire vécu par Sally Hardesty et sa bande d’amis : Alors qu’ils traversent le Texas en van, Sally et son frère handicapé Franklin insistent pour faire un détour par leur maison d’enfance. En chemin ils prennent en auto-stop un personnage aussi excentrique qu’inquiétant : Scarifié, en proie à un accès de démence, il s’entaille la main en hurlant de rire avant d’être éjecté du van. Arrivé à une station service, pas plus d’aide ne leur viendra du gérant, personnage affable mais bizarre…
Arrivés à la maison d’enfance de Sally et Franklin, quelques membres du petit groupe disparaissent à proximité d’une petite ferme se trouvant non loin. Très vite la nuit tombe et commence alors pour Sally un véritable calvaire aux mains d’une des familles de psychopathes les plus dangereues et les plus sadiques jamais vus au cinéma.

Pour comprendre l’impact du film, il faut se remettre dans le contexte de l’époque : Nous sommes à la fin des années 70, les États Unis sortent péniblement de la guerre du Viêt Nam, un conflit qui leur aura coûté leur fierté, aura divisé le pays et marque en quelque sorte la fin de l’idéal de vie à la mode américaine. Le modèle de « l’American Way of Life » est ébranlé par ce conflit sanglant, les jeunes générations cherchent à se démarquer mais se heurtent à la réalité : Le mouvement hippie a du plomb dans l’aile et montre ses limites, la jeunesse est déboussolée et désillusionnée, l’actualité et frappée par des faits divers qui vont eux aussi marquer l’époque : Le scandale du Watergate ébranle l’Amérique et des noms comme Ed Gein, Charles Manson, Ted Bundy ou John Wayne Gacy font les gros titres des journaux. Pour la plupart de ces criminels, ils sont tous de la même génération et leurs méfaits participent à façonner un nouvel imaginaire horrifique, plus réaliste, dont le cinéma va vite s’emparer.
Dans les années 50/60, le cinéma est dominé par l’horreur gothique de la Hammer, des films qui placent l’horreur dans des châteaux luxuriant européens et confrontent les victimes à des monstres pour la plupart issus de la littérature populaire : Dracula, le monstre de Frankenstein ou la Momie sont les têtes d’affiche de toute une pléthore de films dont le succès s’étiole considérablement à cette époque, le public ne croit plus à ces histoires trop souvent ressassées et cherche de la nouveauté.

Quelques films et réalisateurs vont commencer à marquer une évolution du style vers quelque chose de différent, dés le milieu des années 60 quelques films vont apparaître et progressivement faire évoluer l’horreur au cinéma vers quelque chose de différent : On notera des films comme 2000 Maniacs de Herschell Gordon Lewis en 1964, La Nuit des Morts-Vivants de George Romero en 1968, Black Christmas de Bob Clark en 1974, Le Mort Vivant de ce même Bob Clark la même année qui reprend le thème du symptôme post-traumatique de la guerre du Viêt Nam, La Colline à des Yeux de Wes Craven en 1977, Halloween de John Carpenter en 1978, Zombie de George Romero et I Spit On Your Grave de Meir Zarchi la même année et enfin Maniac de William Lustig en 1980.

Ces films ont pour points communs de démonter les codes jusque là établis par le cinéma d’horreur et d’amener l’horreur au plus proche du spectateur : Fini les monstres classiques, les châteaux hantés et les cimetières brumeux, les nouvelles faces de l’horreur ont des visages humains, tueurs en séries, zombies, psychopathes en tout genre sont légions et l’action est délocalisée dans les quartiers pavillonnaires, les campagnes et les lieux de vie communs (hôpitaux, centres commerciaux etc.). De ce fait, le spectateur se sent du coup plus impliqué dans l’action donnant au cinéma une authenticité accrue, c’est d’ailleurs sur cet aspect réaliste que va jouer au maximum Massacre à la Tronçonneuse, jusque allez dans… La publicité mensongère  !

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L’idée de Massacre à la Tronçonneuse vient au jeune réalisateur Tobe Hooper durant les années 70 alors qu’il n’est qu’un simple étudiant en cinéma documentaire, ces études seront d’ailleurs déterminante pour le style visuel de son futur film.
Il développe l’histoire pendant des années, s’inspirant notamment beaucoup du tueur nécrophile Ed Gein, dont il reprendra beaucoup d’éléments, notamment la ferme isolée, le masque en peau humaine de son tueur à la tronçonneuse et l’attirance pour la profanation de cadavres d’un des autres personnages. Pour ce qui est de la tronçonneuse, l’idée lui est venu alors qu’il était en train de faire la queue dans un magasin, il remarqua un étalage avec des tronçonneuses et se dit que si il pouvait en saisir une et découper les autres clients avec, il avancerait plus vite.
Le scénario définitif sera écrit par Tobe Hooper et Kim Henkel et le tournage commence dans une petite ferme de Round Rock au Texas, durant l’été 1973.
La plupart des acteurs sont de parfaits inconnus, pour la plupart, ils sont texans et ont simplement joué dans des publicités ou des films d’entreprise.

Les conditions de tournage sont extrêmes : Dans la petite ferme, la température estivale avoisine souvent les plus de 40 degrés et dû à un budget serré, l’équipe tourne parfois jusque 16 heures par jour, mettant à rude épreuve les nerfs des acteurs : La relation avec certains acteurs, notamment William Vail qui, excédé par les conditions de tournage deviendra insupportable, la légende raconte même que Tobe Hooper le fera mourir plus tôt que prévu dans le film afin de se débarrasser de lui.
De plus, l’atmosphère du plateau est très lourde : Pour les besoins du tournage, Hooper et Henkel se sont approvisionnés en os et cadavres d’animaux chez un vétérinaire du coin. Très vite les charognes d’animaux commencent à pourrir à cause de la chaleur et on doit injecter du formol dedans. L’odeur de pourriture, de formol, la chaleur et le manque de sommeil mettent à bout les acteurs et l’équipe technique, si bien que durant la scène du dîner, l’actrice Marilyn Burns craque et fait une véritable crise de nerfs, visible à l’écran, cette scène n’étant en fait pas simulée.

L’autre acteur du film à souffrir du tournage n’est autre que Gunnar Hansen, qui interprète Tronche de Cuir : Afin que les autres acteurs le trouvent toujours impressionnant et ne sympathisent pas avec lui, il passe la totalité du tournage à l’écart des autres, portant son masque durant parfois 16 heures par jour, même pour manger.
Encore pour des raisons budgétaires, le sang utilisé dans le film est du véritable sang d’animaux, récupéré dans un abattoir car moins cher que le sang factice.
Niveau budget, le film devient rapidement un gouffre : Prévu au départ pour ne coûter que 60 000 dollars, il en coûtera en fait plus de 300 000…

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Conscient que le réalisme est une part essentiel du succès d’un film, la première bande annonce du film n’hésitera pas à scander « Ce qui se passe est réel », l’idée d’un tel slogan étant venu à Hooper après qu’il ait vu dans la rue l’affiche d’un film d’horreur de série B utilisant le même genre d’accroche.

Le film sort le 1 octobre 1974 à Austin au Texas dans une version classé X (interdit au moins de 18 ans), Hooper demandera à de nombreuses reprises à la MPAA d’examiner de nouveau le film afin qu’il obtienne un classement R, classement accordé après la coupe de plusieurs scènes.
Une version complète du film sera finalement diffusée avec une interdiction R à San Francisco, provoquant le départ de plusieurs spectateurs durant la projection du film. En 1976, deux cinémas d’Ottawa au Canada projetteront le film, les gérants seront alors convoqués par la police locale afin de cesser sa diffusion sous peine de condamnations.
Le film sera interdit dans de nombreux pays, notamment l’Angleterre qui après un an de diffusion en salles censurera le film, censure qui ne sera levée qu’en 1998. Le film sera également interdit dans sa version intégrale en Australie, le pays des kangourous lui préférant sa version coupée R du MPAA américain. Le film sera également interdit de diffusion et d’exploitation dans de nombreux pays, notamment la Suède, la Finlande, le Chili, l’Irlande et la France.
Pour ce qui est de notre beau pays, il sera interdit par cinq ministres de la culture successifs, et malgré l’acharnement du distributeur René Chateau qui a acquis les droits du film, c’est finalement Jack Lang qui lèvera cette interdiction en 1979. Massacre à la Tronçonneuse sera d’ailleurs le premier film que René Château éditera en VHS dans sa collection « Les Films que Vous ne Verrez Jamais à la Télévision  , suivront d’autres films marquants comme Zombie de George Romero et Maniac de William Lustig.

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Malgré tous ces aléas, le film est un succès mondial et rapportera rien qu’aux États Unis plus de 31 millions de dollars, devenant l’un des films d’horreur les plus rentables de l’histoire, il ne sera détrôné que 4 ans plus tard par Halloween de John Carpenter.

D’un simple film a petit budget, filmé et distribué dans la douleur, Massacre à la Tronçonneuse devient un des films emblématiques de l’histoire du cinéma en redéfinissant (ainsi que d’autres films de l’époque) tous les codes de l’horreur. Un film charnière, indispensable qui quelques décennies plus tard, n’allat bien évidemment pas échapper à la mode du remake…

Massacre à la Tronçonneuse 2003  : On ne prend pas les mêmes et on recommence  !

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En 2003, le producteur Michael Bay, à l’époque tout juste auréolé de ses succès en tant que réalisateur sur des films d’action comme Bad Boys, Rock, Armageddon et Pearl Harbor décide de produire un remake de Massacre à la Tronçonneuse.
Levée de boucliers immédiate de la part des fans qui voient en l’intention de cet actioner une entreprise purement mercantile qui débouchera forcément sur un futur nanar, hors c’était bien mal connaître le gaillard.
Pour ne rien arranger, Bay nomme à la réalisation un parfait inconnu du nom de Marcus Nispel, réalisateur allemand qui n’a jusque là réalisé que des clips vidéos, notamment pour Faith No More, Janet Jackson et surtout Mylène Farmer, pour qui il a d’ailleurs réalisé 4 clips.
Contre toute attente, la collaboration entre le faiseur d’explosions américain et le jeune réalisateur allemand va donner à ce remake une qualité jusque là rarement atteinte pour un film de ce type.

Sorti sur les écrans en France le 21 janvier 2004, le film est boudé par la presse mais plébiscité par le public : Dés son premier week-end d’exploitation, il rapporte plus de 80 millions de dollars de recettes et reçoit de nombreuses critiques favorables, encore de la part du public.

Pour ce qui est du film en lui-même, j’avoue ne pas avoir accroché au premier visionnage et il a fallu que je le revois pour vraiment l’apprécier et il fait maintenant parti de mes remakes favoris (avec L’Armée des Morts de Zack Snyder, La Colline à des Yeux de Alexandre Aja et Halloween de Rob Zombie) et ce pour de nombreuses raisons, que je vais soumettre ici.

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Première chose appréciable, ce remake n’est pas tombé dans le piège de la copie conforme : Plutôt que de refaire le film original, le remake n’en prend que la trame originale, à savoir un groupe de jeunes, perdu au fin fond du Texas en proie avec une famille de psychopathes.

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De là, Michael Bay et son scénariste Scott Kosar vont complètement se détacher du film original et faire un film complètement différent : De passage dans une petite ville du Texas, en route pour un concert, Erin et ses amis prennent en stop une jeune femme visiblement en état de choc, bredouillant des phrases à peine compréhensible. La jeune femme fini par se suicider en se tirant une balle dans la tête à l’arrière de leur van…
Effrayés, gênés par une cargaison de cannabis qu’ils comptaient vendre durant le concert, le groupe d’amis fini par s’arrêter dans une station service et appelle le shérif du coin pour demander de l’aide. Ledit shérif leur donne rendez-vous non loin de là mais alors qu’il tarde à arriver, certains membres du petit groupe finissent par explorer les alentours et découvrent une grande bâtisse, seulement habitée par un vieil homme acariâtre en chaise roulante.

Après un coup de fil au shérif, Erin et un de ses amis sont attaqués par un individu masqué armé d’une tronçonneuse. Entre temps le shérif est arrivé sur les lieux et trouvant un joint de cannabis dans la voiture, livre un interrogatoire musclé aux jeunes gens et fini par les emmener chez lui menottes aux poignets, son chez lui étant la fameuse bâtisse découverte par Erin quelques heures plus tôt…
Commence alors pour les survivants une nuit d’horreur aux mains d’une terrifiante famille de psychopathes.

Le film est surtout remarquable sur deux points : D’une part sa direction artistique, absolument fantastique, et sa réalisation. L’addition de ses deux facteurs donne au film un cachet visuel d’une efficacité redoutable. D’un aspect sombre, poisseux et glauque, les décors sont une part intégrante de l’efficacité visuelle du film, Nispel ayant un talent indéniable pour filmer les décors.
La réalisation est également un des points forts du film : Rythmée et nerveuse pendant les phases de tensions, elle sait également se faire plus contemplative (voir notamment ce plan magnifique de Erin marchant sous des arbres ombragés), jouant avec les nerfs des spectateurs.

De ce coté on peut également féliciter la production sans faille du film, même si on n’apprécie pas Michael Bay, force est de reconnaître que sur ce genre de film, c’est un producteur de génie.
Dernier point et pas des moindres, le casting et l’interprétation : la tête d’affiche est Jessica Biel, à l’époque surtout célèbre pour son rôle de petite fille modèle dans la série bigote 7 à la Maison qui livre une performance intense très efficace. Autre point fort du casting, le rôle du shérif sadique est tenu par Robert Lee Ermey, acteur populaire pour son rôle de sergent instructeur sadique dans le Full Metal Jacket de Stanley Kubrick. Quand au rôle de Leatherface, il est tenu par Andrew Bryniarski, un acteur habitué des seconds rôles qui demanda lui même à Michael Bay d’auditionner pour le rôle.

Tout ces facteurs combinés font de ce Massacre à la Tronçonneuse version 2003 un film d’une redoutable efficacité, brutal, rapide et cru, il prend à contre-pied le film original pour livrer quelque chose de différent et réussi impeccablement à imposer une ambiance, un rythme qui lui est propre : Un remake détaché du film original, qui réussi à se créer sa propre identité, la définition même du remake réussi  !

Fin de la première partie, rendez-vous le mois prochain pour passer au crible les comics issues de la saga de la famille texane la plus barrée de l’histoire du cinéma  !

1 : 

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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 31


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Lucy Loyd’s Nightmare

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Les comics d’horreur et leur éditeur historique et emblématique EC (Entertainement Comics), sont un véritable pan de l’imaginaire collectif américain qui a influencé un nombre incroyable d’auteurs de part le monde, que se soit dans les bandes dessinées ou d’autres médias comme le cinéma ou la littérature.
Stephen King, Alan Moore, Frank Miller ou encore David Cronenberg, George A Romero ou Rob Zombie en étaient des fervents lecteurs et leur ont déjà rendu hommage à de nombreuses reprises (1). Emblématique de leur époque, leur héritage est encore très présent aujourd’hui et il arrive régulièrement que des auteurs leur rendent hommage : On a tous en tête la série télévisée culte qui en était directement inspirée, Les Contes de la Crypte, mais aussi au travers de films (Body Bags, Creepshow, Les Contes de la Nuit Noire entre autres) ou de récits d’anthologies et c’est aujourd’hui le cas puisque nous allons parler de Lucy Loyd’s Nightmare, ouvrage paru un peu dans l’indifférence générale en 2014 et pourtant pas dénué d’intérêt si les récits horrifiques vous passionnent, mais avant, c’est quoi un comic d’horreur ? D’où ça vient ? Petite piqûre de rappel.

Make you’re mommy cry
Daddy blows his mind
Listen up and learn, 
We’re not bad for the kids, we’re worse
Make ’em take offense
Taint your innocence
The first time always hurts
We’re not bad for the kids, we’re worse

Lordi – We’re not bad for the kids (We’re worse), Extrait de l’album To Beast or Not To Beast (2013)

Les comics d’horreur typiques, tel qu’ils ont été popularisés depuis les années 50 sont des histoires courtes où le plus important est la chute : Souvent morbides et/ou cruelles, elles sont aussi souvent au désavantage du méchant de l’histoire qui se retrouve pris à son propre jeu et en paye le prix fort.
Ces comics étaient très populaires au début des années 50 et ont connu durant cette période un succès phénoménal.

Malheureusement, cet âge d’or ne va pas durer : De la fin des années 40 au début des années 50, un psychiatre américain du nom de Fredric Wertham va mener une croisade très virulente contre les comics. Même si parmi les fans de comics il est surtout tristement connu pour ces observations/conclusions particulièrement fantasque sur les super-héros, sa campagne était au départ principalement axée sur les comics d’horreur et policier, les Crime Comics, qu’ils jugent responsable majoritairement de la délinquance juvénile.

Cet acharnement atteindra son apogée en 1954 et la publication de son livre La Séduction de L’innocent. Suite à la publication de ce livre, le docteur Wertham donnera nombre de conférences et une commission sénatoriale est créée, commission qui débouchera sur la création du fameux Comic Code Authority, un organisme chargé de contrôler le contenu des publications accessibles à la jeunesse aux États-Unis.

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Le docteur Wertham, examinant un comic

Les comics vont subir durant cette période un véritable acharnement médiatique (des séances publiques de bûcher durant lesquels les enfants brûlent leur collection sont même organisées un peu partout aux États Unis), EC ne s’en relèvera pas et ferme ses portes en 1955, laissant derrière elle un héritage encore présent de nos jours.
Les comics EC ont vu des auteurs emblématiques travailler dans leurs pages, ces auteurs sont maintenant considérés comme des légendes : Wally Wood, Harvey Kurtzman, John Severin ou Jack Davis ont offert aux EC Comics leurs plus beaux récits et ont marqué de leur empreinte tout un média et un pan de la culture populaire mondiale.
Il faudra attendre le début des années 60 pour revoir de nouveaux des comics d’horreur dans les étals américains et l’apparition d’un autre éditeur emblématique dans le domaine, Warren Publishings. Fondé par James Warren en 1960, la maison d’édition publie tout d’abord deux magazines consacrés au cinéma fantastique et de science fiction : Famous Monsters of Filmland et Monster World, au succès quasi immédiat. Suivrons deux autres magazines, Spacemen et Help!.
James Warren introduit d’abord timidement ce qu’il appelle les monster comics dans le magazine Monster World avant de lancer ses premiers titres entièrement dédiés au genre en 1964 avec la publication des magazines mythiques Creepy et Eerie.

Ces magazines en noir et blanc vont de suite avoir un succès phénoménal, et pour ne pas avoir de problème avec le Comics Code Authority, James Warren va prendre une décision simple : Ne pas apposer le logo de l’organisme et s’en affranchir.
De ce fait ses magazines vont immédiatement tomber dans la catégorie des livres pour adulte et les auteurs seront du coup libres d’y raconter les histoires qu’ils souhaitent, sans aucune limitation de contenu.
Autre différence, Warren délaisse le format comics, qu’il juge à l’époque trop similaire à celui des comics pour la jeunesse, pour un format magazine, plus attractif pour une audience plus âgée.
Durant plus de dix ans, les publications Warren vont de nouveaux remettre sur le devant de la scène les comics d’horreur et c’est encore un véritable festival d’auteurs devenus aujourd’hui des légendes de leur média qui vont travailler sur ces magazines, d’une part la plupart des auteurs ayant œuvré sur les publications EC vont faire leur retour chez Warren, mais l’éditeur verra aussi émerger une nouvelle génération d’auteurs tous plus talentueux les uns que les autres, la liste est particulièrement longue mais ont peut citer pêle-mêle des auteurs comme Dave Cockrum, Berni Wrightson, Richard Corben, Rich Buckler ou Pepe Romano qui feront leur début dans les pages des publications Warren (2).

Suite à une baisse d’intérêt de la part du public, des choix éditoriaux et financiers hasardeux ainsi que des problèmes de santé de son créateur, James Warren, Warren Publishings est déclaré en banqueroute en 1983. C’est l’éditeur Dark Horse qui reprendra les droits des magazines Creepy et Eerie et dans un premier temps, et en rééditera les histoires emblématiques avant de relancer en 2009 Creepy et Eerie en 2012.
Pour finir, il est bon de souligner que même si les éditeurs emblématiques de ce genre sont EC et Warren, DC Comics et Marvel Comics ont eux aussi publié nombre de comics horrifiques, certes moins démonstratifs niveau thème et imagerie que les deux éditeurs historiques du genre mais de qualité globale plutôt bonne, voir parfois excellente : Ainsi DC Comics publiera des revues particulièrement intéressantes comme House of Mystery, Tales of the Unexpected Swamp Thing ou encore It’s MidnightThe Witching Hour. Du coté de chez Marvel, les titres Tomb of Dracula ou The Monster of Frankenstein surferont aussi sur la vague, mais sans vraiment s’écarter nettement du genre super héroïque comme l’a fait DC Comics.
Pour trouver des titres plus proches de ce style chez Marvel, il faut plutôt se diriger à l’époque vers la ligne Epic, un dérivé de Marvel plus accès sur des publications « adulte ».

Le comics d’horreur est un thème franchement très vaste et passionnant sur lequel il y a beaucoup plus à dire que le résumé très succin que je viens de faire ci-dessus, peut-être qu’un jour je m’y attarderai plus en détails…
Enfin bref, revenons à nos moutons et passons au livre de ce mois-ci, l’excellent mais énigmatique Lucy Loyd’s Nightmare ! Pourquoi énigmatique ? Excellent au point que Kurt Russel y fasse un caméo ? Mais pourquoi toutes ces questions et pourquoi je m’emballe autant ! ? Pour la dernière question je ne sais pas, pour les autres, réponse tout de suite  !

Lucy Loyd’s Nightmare est un comic d’horreur publié aux États-Unis chez le petit éditeur Jinx Comics et en France en 2014 par Delcourt, le scénario est écrit par Lucy Loyd et les dessins sont signés Mike Robb. Enfin la colorisation est d’une illustre inconnue, qui signe juste du prénom Beverly.

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Lucy Loyd’s Nightmare est un recueil d’histoires courtes d’horreur, toutes plus ou moins liées de façon directe ou indirecte.
Le livre s’ouvre sur un court récit d’introduction : Joey rencontre une de ses amies, Candy, sur une brocante. Après quelques quelques courtoisies d’usage, Joey est assez surpris de découvrir sur le stand de Candy un exemplaire du dernier livre de Lucy Loyd. En le feuilletant, Joey découvre que le protagoniste de la première histoire n’est autre que… Lui-même ! Avant même de se rendre compte de ce qu’il se passe, Joey est brutalement écrasé par un poids lourd.

La première histoire intitulée Love Grass, nous présente un homme récemment divorcé rendu particulièrement nerveux par le bruit des paysagistes œuvrant dans la cour de son immeuble, se rendant compte que les paysagistes travaillent aussi non loin de l’immeuble dans lequel vit sa femme, il va mettre au point une terrible machination afin de se venger de celle-ci.

7 La seconde histoire est titrée Bad Habits et nous emmène à l’époque du far west faire la connaissance d’un shérif particulièrement truculent, amateur d’histoires scabreuses et vulgaires qui un soir va se retrouver confronté à une armée de zombies bien décidés à lui faire la peau.
L’histoire suivante a pour titre A Good Man.
Encore enfant, Sam n’aspirait qu’à devenir quelqu’un de bien. Vingt cinq ans plus tard, il est un clochard alcoolique dont la providence viendra peut être d’Eddy un ancien camarade de classe, mais les apparences sont parfois trompeuses…
La quatrième histoire, Inside, est l’une des plus intéressantes :  Jim est un fan de Lucy Loyd et il attend chaque nouveau livre de l’auteure avec impatience. Cependant, il n’attend pas les livres pour les mêmes raisons que les autres fans : Jim est en effet convaincu d’être une création de Lucy Loyd et que celle-ci prend un malin plaisir à lui faire vivre des histoires toutes plus horribles les unes que les autres et de le faire survivre à chaque fois pour le tourmenter de nouveau.

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Dernière histoire, Préhistorock et c’est avec surprise que le récit s’ouvre sur une conversation entre Bob et Syphilis, respectivement un tyrannosaure en plastique et un poisson rouge. Bob est en fait le jouet favori de Tommy, leader du groupe de rock Let’s Get Kill. C’est en fait Bob qui écrit et compose toutes les chansons du groupe, Tommy le cachant dans son appartement et s’attribuant toute la renommée. Seulement Bob commence à en avoir assez et va échafauder un plan pour se venger du chanteur.
Chaque histoire est entrecoupée de petits interludes montrant le destin du livre que vous tiendrez pendant la lecture, jusqu’à ce qu’il atterrisse entre vos mains. Ces petites histoires sont présentées par un mystérieux personnage au visage sombre nommé Jack, particulièrement cruel et sadique. On retiendra notamment le destin tragique de Timmy, un petit garçon prisonnier du destin que lui a réservé Lucy Loyd.

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A-t-on vraiment encore besoin de présenter Lucy Loyd ?
Si vous êtes fan d’horreur, le nom de cette écrivaine ne vous est probablement pas inconnu, dans le cas contraire, voici une rapide présentation ! Lucy Loyd est une auteure d’horreur américaine très prolifique : Durant sa carrière elle a signé de nombreuses anthologies d’histoires d’horreur, toutes adaptées par la suite en comics.
La première est Lucy Loyd’s Fantasy, c’est d’ailleurs dans ce premier livre qu’apparait le personnage de Jim (3), que l’on retrouve dans l’histoire Inside. Suivrons ensuite et entre autres les livres Lucy Loyd’s Darkness et Lucy Loyd’s Madness.
Lucy Loyd est une personne très secrète : On sait juste d’elle qu’elle est très âgée, qu’elle est handicapée et qu’elle ne se montre quasiment jamais en public. Elle n’a, de plus, jamais dédicacé un seul de ses livres.
On la dit acariâtre et souvent désagréable avec les dessinateurs travaillant avec elle, le seul avec qui elle a avoué avoir eu plaisir à travailler étant Mike Robb qui signe d’ailleurs l’intégralité des dessins de ce recueil ainsi que l’encrage. Je n’ai par contre trouvé aucune information sur la coloriste, qui signe simplement du prénom de Beverly (4).

La maîtrise de Lucy Loyd dans le genre horrifique est en soit assez impressionnante : chaque histoire à une chute franchement très surprenante et imprévisible, même moi qui suis très aguerri à ce style d’histoire je fus très agréablement surpris par ce livre et ces petites histoires qui brassent assez large niveau thème et ambiance : Amoureux transis de monstres, zombies, psychopathes, meurtriers, les thèmes sont variés et malgré la violence de certaines histoires elles sont à chaque fois teintées d’une pointe d’humour noir assez rafraîchissante dédramatisant un peu le sordide des scènes.
De plus, comme je le dis plus haut, chaque histoire est plus ou moins liée directement de façon astucieuse et on se surprend à chercher chaque référence à telle ou telle histoire dans la suivante ou la précédente.
Le quatrième mur est également régulièrement brisé, impliquant le lecteur dans l’histoire qu’il est en train de lire et renforçant ainsi l’immersion.
Enfin, pour les connaisseurs, les personnages sont représentés avec l’apparence de personnalités plus ou moins connues de l’univers du fantastique et de l’horreur : Ainsi Jim, le « jouet » de Lucy Loyd est manifestement l’acteur Kurt Russel alors que son psychiatre est un sosie de l’éditeur James Warren (voir plus haut pour plus de détails). Je suis quasiment certain d’en avoir raté d’autres, mais je suis sûr que la plupart des personnages sont inspirés par des personnes réelles gravitant autour du monde de l’horreur imaginée.

Niveau dessins, Mike Robb fourni un travail exceptionnel : Son trait est fin et détaillé, de plus le coté sobre et réaliste du dessinateur sied parfaitement à l’atmosphère sombre et crû de l’ensemble des histoires. Un choix parfaitement adapté, la partie graphique étant sans conteste un point fort du livre.
Enfin la colorisation, volontairement old school avec ses teintes pâles et claires est également très bien vu, renforçant le coté « hommage » de ce recueil. Personnellement, j’aurais rajouté une colorisation tramée en points, comme sur les anciens comics afin de renforcer cet aspect, mais bon, je chipote.

Lucy Loyd’s Nightmare est un comic d’horreur absolument jouissif : A mi-chemin entre hommage aux EC Comics et histoires aux thèmes plus moderne, finement écris, intelligent et superbement dessins et mis en couleurs, c’est un véritable régal pour les amateurs d’horreur dessinés et même les autres. C’est également je pense un parfait point de départ pour qui voudrait avoir un premier contact avec le genre horrifique des comics d’horreur de style EC ou Warren, la maîtrise dont font preuve les auteurs sur ce livre étant absolument admirable et de plus, parfaitement abordable pour tout type de lecteurs.
Plus qu’un livre, une lecture plus que recommandable, Lucy Loyd étant de toute évidence une auteure à suivre de prés si vous ne la connaissez pas, mais je suis sûr qu’en tant que fan d’horreur vous avez très certainement déjà lu quelque chose d’elle, donc c’est un achat que vous avez forcément déjà fait.

Lucy Loyd’s Nightmare, de Lucy Loyd, Mike Robb et Beverly, disponible depuis le 2 avril 2014 chez Delcourt dans la collection Machination.


Bande annonce de Lucy Loyd’s Nightmare

Attendez, c’est quoi ce bruit derrière moi ? Qui êtes vous madame et qu’est ce que vous faites là… Si j’ai lu le livre ? Oui, et j’ai beaucoup aimé… Me le dédicacer, euh oui… Mais pourquoi vous m’appelez Jim  ? D’accord… Non…
Je ne sais pas ce qu’il m’a pris d’écrire sur ce livre…

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Je les entends gratter la porte… Aidez-moi…

1 : Stephen King et George A Romero se sont même rejoints l’espace d’un film afin de rendre un vibrant hommage sous forme d’un film à sketchs, Creepshow que j’ai déjà chroniqué dans cette rubrique.

2: Warren sera aussi un des premiers éditeurs à faire travailler des auteurs internationaux sur ces publications, notamment des auteurs espagnols.

3  : Jim est un personnage récurrent des histoires de Lucy Loyd, notamment pour ces histoires durant lesquels il affronte les Junkmunks, des gremlins sanguinaires habillés comme des musiciens hippies des années 60.

4  : La maison d’édition Jinx Comics, Lucy Loyd, Mike Robb et Beverly n’existent pas

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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 30


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28 Jours de Plus tard

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Au début des années 2000, le cinéma d’horreur connaît un renouveau salvateur au travers d’une nouvelle vague de films de genre que l’on croyait jusque là complètement dépassée, les films de zombies : Resident Evil (adaptation du célèbre jeu vidéo) de Paul WS Anderson en 2002, L’Armée des Morts (remake du Dawn of the Dead / Zombie de George Romero par Zack Snyder) en 2004, et même le vétéran George Romero reviendra derrière la caméra avec l’excellent Land of the Dead – Le Territoire des Morts en 2005.
Mais de nombreux films vont également et étonnement venir d’Europe, notamment d’Angleterre et d’Espagne : Le délirant et très british Shaun of the Dead du tandem Edgar Wright et Simon Pegg en 2004 et l’oppressant [Rec] de Jaume Balaguero en 2007, un found footage espagnol aussi effrayant qu’efficace. Même la France y touchera, mais sur le tard, avec le très bon La Horde de Yannick Dahan en 2009.
Mais la plus grosse claque de cette époque nous viendra directement de la perfide albion et ce sera le réalisateur chéri des festivals de l’époque, Danny Boyle, qui la signera : On est en 2002 (2003 pour le reste du monde) et apparaît sur les écrans 28 Jours Plus Tard et là, c’est la claque !
Décryptage d’un film hors du commun par son approche du film de virus, son ambiance survoltée et son atmosphère délétère, un cocktail qui allait inévitablement intéresser le monde des comics.

Now if I am to survive
The infection must die
Murder the beast
That’s been eating me alive
The infection must die

Disturbed – The Infection, extrait de l’album Asylum (2010)

28 Jours Plus Tard de Danny Boyle, 2002

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Le film commence lorsqu’un commando de défense des droits des animaux fait irruption dans un laboratoire avec pour but de délivrer les animaux servant aux expérimentations qui y sont détenus. Malgré les avertissements d’un scientifique sur place, les bons samaritains de la cause animale libèrent un singe contaminé par un virus inconnu qui une fois délivré, devient fou furieux et attaque les membres du commando, les infectant de sa maladie…

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28 jours plus tard, Jim, qui était dans le coma, se réveille dans un hôpital désert de Londres et commence à errer dans les rues de la ville, elles aussi désertes. Il trouve refuge dans une église et y découvre un charnier et croit trouver d’autres survivants : Il s’agit en fait de personnes infectées, reconnaissables à leurs yeux injectés de sang, qui le poursuivent immédiatement. Jim ne doit son salut qu’à deux personnes, Marc et Séléna, qui le sauvent in extremis de ses poursuivants.
Jim apprend alors que l’Angleterre est en quarantaine, ravagée par un virus appelé « La Fureur ». Le trio va alors se mettre en quête d’un moyen de quitter l’Angleterre.

3

A l’époque, Danny Boyle est surtout connu pour trois films : La très britannique comédie noire Petits Meurtres entre Amis, le décadent Trainspotting et une adaptation à la qualité « discutable » d’un livre d’Alex Garland, La Plage noter que l’idée de 28 Jours Plus Tard vient également d’Alex Garland, qui soumettra l’idée à Danny Boyle après le tournage de La Plage, ce film ayant au moins le mérite d’avoir servi à réunir les deux auteurs). Il est d’autant plus bizarre à l’époque de le voir sur un film d’horreur, mais le réalisateur récidivera des années suivantes en touchant à d’autres genres tout aussi varié, la science fiction avec Sunshine (2007), le drame humain avec Slumdog Millionnaire (2008), le huis clos avec 127 Heures (2010) et même le biopic avec Steve Jobs en 2015, l’histoire du créateur de la multinationale Apple.

28 Jours Plus Tard est un film aussi novateur que surprenant : Déjà par son approche, le film a un rythme très rapide, là où la plupart des films sur ce thème prennent le temps de poser leur univers ou leur ambiance, 28 Jours Plus Tard, dès les premières scènes impose une ambiance oppressante, suffocante et viscérale.
Le sentiment d’insécurité est perpétuel, les scènes de violence et de course poursuite sont filmées caméra à l’épaule, lui donnant de faux airs de documentaire d’une efficacité redoutable. Le jeu des acteurs, sans cesse à fleur de peau, ainsi que la musique dramatique et désespérante exceptionnelle de John Murphy, finissent de former un cocktail détonnant qui donne au film une ambiance particulière, jusque là rarement vue dans ce genre de film.

28 Jours Plus Tard (parallèlement à L’Armée des Morts de Zack Snyder pour le genre zombies (1)) va imposer de nouveaux standards dans le film de virus et d’infection, tant bien qu’un nouveau sous-genre va alors apparaître, le film dit « d’infectés » (2).
Le film est un véritable succès international et reçoit 31 nominations et 10 récompenses dans divers festivals à travers le monde.
Financièrement, pour un budget initial de 8 millions de dollars, il en rapporte 6 fois plus après son exploitation en salles à travers le monde. Une suite est rapidement envisagée mais mettra quand même 5 ans à arriver sur les écrans.

28 Semaines Plus Tard de Juan Carlos Fresnadillo, 2007

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Le film s’ouvre sur une séquence nous présentant Don, un homme qui s’est retranché dans une ferme en rase campagne avec un groupe de survivants aux premières heures de l’infection. Un soir, un jeune garçon apeuré frappe à la porte et malgré le danger, les survivants lui ouvre : Des infectés en profitent pour entrer et massacrent les survivants, seul Don en réchappera…

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28 semaines après le début initial de l’infection qui a frappée l’Angleterre, l’île est devenue un no man’s land farouchement gardé par les forces de l’OTAN sous commandement américain. L’épidémie a été endiguée et le repeuplement du pays est en cours, toujours supervisé par l’OTAN. On retrouve Don, qui après avoir récupéré ses deux enfants est relogé dans un appartement du centre de Londres.
Désireux de récupérer des affaires dans leur ancienne maison, ses deux enfants déjouent la vigilance des soldats et pénètrent dans la zone interdite. Dans leur ancienne maison, à leur grande surprise, ils y retrouvent leur mère (dont leur père leur a affirmé qu’elle était morte), contaminée, désorientée mais consciente, un comportement aux antipodes des infectés réguliers. Ramenée à la base, leur mère subit des tests et il en est déduit qu’elle est une porteuse saine du virus. Malheureusement, elle est condamnée à mort par les soldats pour ne prendre aucun risque. Don, rongé par la culpabilité d’avoir menti à ses enfants, la fait s’échapper mais après avoir l’avoir embrassé, fini contaminé et commence à attaquer les autres survivants du centre d’accueil…

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Le réalisateur Juan Carlos Fresnadillo est à l’époque un quasi-inconnu : Il n’a réalisé qu’un seul long métrage assez confidentiel, Intacto, avec Max Von Sydow sur un homme volant la chance des autres pour le compte du propriétaire d’un casino. Il est donc assez surprenant de le retrouver aux commandes d’un projet aussi important que la suite de 28 Jours Plus Tard. Néanmoins, il été repéré par Danny Boyle, un gage de qualité d’autant plus que le britannique va d’ailleurs réaliser lui-même la scène d’ouverture du film (l’attaque de la ferme) avant de passer la main au jeune réalisateur espagnol.

La principale différence entre 28 Jours Plus tard et 28 Semaines Plus Tard est de toute évidence les moyens : Tout est plus grand, plus impactant, plus agressif et spectaculaire que le premier opus. Il en ressort du film un aspect moins personnel et intimiste pour une mise en avant flagrante du spectaculaire donnant au film un ton plus apocalyptique, encore plus survitaminé et violent. L’incursion de l’armée donne ainsi lieu à des scènes puissantes et tendues (l’attaque au lance-flammes), renforçant le coté menaçant et violent du film.

Contrairement à son prédécesseur, 28 Semaines Plus Tard va à sa sortie beaucoup diviser : Certains apprécient son ton plus agressif et rapide que celui du premier film, d’autres au contraire regrettent l’aspect plus réfléchi et posé du premier film.
Chacun son opinion, néanmoins il faut reconnaître que 28 Semaines Plus Tard est un spectacle d’une efficacité redoutable, à la fois brut et violent, visuellement et idéologiquement très agressif. Si dans la forme cette suite diffère de son prédécesseur, dans le fond le discours et l’intention restent les mêmes et c’est cela l’essentiel.

28 Jours Plus Tard, les comics

Avec son ambiance très british, ses personnages forts, ainsi que son climat de fin du monde survoltée, la licence allait inévitablement intéresser le monde des comics.
Le film est distribué par Fox Atomic (3) aux États Unis, une branche de la 20th Century Fox spécialisée dans les petites productions de films de genre comportant également une branche de publications de comics, et c’est donc logiquement sous ce petit et éphémère label que paraît le premier comic issu de l’univers de 28 Jours Plus Tard, ce sera d’ailleurs le premier comic publié par Fox Atomic.

28 Jours Plus Tard  : Le Contre-Coup

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28 Days Later  : The Aftermath (28 Jours Plus Tard  : Le Contre-Coup en France) est donc publié en 2007, soit 5 ans après la sortie du premier film pour promouvoir le second film, 28 Semaines Plus Tard.
Le graphic novel est décomposé en 4 parties, reprenant les différents stades de l’infection : Développement, Propagation, Extermination et Quarantaine. Tous les chapitres sont écrits par Steve Niles (qu’on ne présente plus si vous êtes un habitué de cette rubrique, sinon vous pouvez vous reporter ici pour plus de détails) et chaque chapitre est dessiné par un artiste différent, les trois premiers chapitres sont indépendants et racontent l’histoire de personnages à différents stades de l’épidémie, le quatrième est une conclusion, réunissant tout les protagonistes des chapitres précédents.

Chapitre 1  : Développement

Dans ce premier chapitre, on suit le parcours de deux scientifiques travaillant sur un « remède » visant à calmer les pulsions violentes des personnes les plus agressives, mais les recherches vont prendre un tournant inattendu…

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Aux dessins on a Dennis Calero (que l’on retrouve également sur la quatrième histoire) et son trait sombre sied parfaitement à l’histoire, un choix particulièrement judicieux donc.

Chapitre 2  : Propagation

Second chapitre où l’on assiste cette fois-ci aux premières heures de l’infection : Une famille fait un pique-nique dans un parc de Cambridge quand le petit garçon de la famille est attaqué par un singe enragé. L’enfant est emmené d’urgence en ambulance, suivi de près par sa famille. S’ensuit une véritable lutte pour la survie pour la petite famille dans une ville dévastée par l’épidémie.
Aux pinceaux, c’est cette fois-ci Diego Olmos qui s’y colle et son style très comics est un peu en décalage avec celui de Dennis Calero tout en restant très agréable. Son style clair correspond néanmoins à l’ambiance du récit, car nous sommes aux débuts de l’épidémie.

Chapitre 3  : Extermination

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Troisième chapitre avec l’histoire de Hugh, un survivant solitaire arpentant les rues de Londres qu’il considère comme son territoire, jusqu’au jour où un rival va empiéter sur son « territoire », s’ensuit une lutte entre les deux survivants où tous les coups sont permis.

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Très bonne surprise puisque l’on a droit aux dessins du beaucoup trop rare Nat Jones pour ce troisième chapitre. Ce dessinateur plutôt discret fait partie des artistes dont je guette chaque apparition (je l’ai connu avec l’excellent The Nail de Steve Niles et Rob Zombie) avec impatience : Son trait fin et détaillé est tout bonnement impressionnant et cette histoire prouve une nouvelle fois les qualités et le talent indéniables de l’artiste.

Chapitre 4  : Quarantaine

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Chapitre final de ce graphic novel  : Clive, l’un des scientifiques du premier chapitre, Sid et Soph du chapitre deux et Hugh du chapitre trois se retrouvent dans un camp de quarantaine vers la fin de l’infection. Mais très vite les suspicions sur les véritables intentions des militaires à leur égards commencent à poindre et s’évader devient vite une évidence…
Retour de Dennis Calero aux dessins qui change légèrement de style avec une touche plus claire et visiblement, l’utilisation de l’informatique. N’en reste pas moins que son style est parfaitement adapté à l’histoire, le choix de lui confier cet ultime chapitre étant de toute évidence particulièrement logique.

28 Jours Plus Tard : Le Contre-Coup est un très bon graphic novel  : Finement écrit, il respecte à la lettre le scénario et l’ambiance du film tout en étoffant son histoire. De plus, il se lit plutôt vite et sans aucune lassitude et l’on replonge avec plaisir dans l’ambiance survoltée et désespérée des films. Un excellent moment de lecture horrifique plus que recommandable.

En France ce graphic novel à été publié par Panini dans leur collection Darkside.

28 Jours plus Tard  : La mini-série

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Publiée de juillet 2009 à juin 2011 par Boom! Studios aux États Unis et en France d’avril 2010 à juin 2012 par Delcourt, la mini-série 28 Jours Plus Tard se situe chronologiquement entre les deux films. Elle est écrite par Michael Alan Nelson et dessinée par Declan Shalvey et Alejandro Aragon.

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L’héroïne est Séléna, l’une des survivantes du premier film qui après l’épidémie qui a frappé l’Angleterre a trouvé refuge dans un camp en Norvège. Là-bas elle est contactée par un journaliste américain, Clint Harris, qui a pour projet de retourner en Angleterre afin de réaliser un reportage sur ce qui se passe vraiment là-bas, les autorités de l’OTAN muselant toute personne cherchant à parler de ce qui s’y est vraiment passé.
D’abord réticente, Séléna fini par accepter de l’accompagner et retourne dans l’enfer qu’est devenu ce pays. Mais à peine arrivés sur place, les choses vont se compliquer et Séléna et Clint vont vite se retrouver piégés sur le no man’s land qu’est devenu la Grande Bretagne.
Entre la menace des infectés toujours présente, les militaires sur place, des survivants très agressifs et les fantômes du passé de Séléna, sortir de nouveau de cet enfer ne va pas être une partie de plaisir pour nos deux infortunés héros…

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Sorti deux ans après la sortie du film 28 Semaines Plus Tard, ce comic ne peut donc pas se targuer de vouloir surfer sur le succès du film… Par contre, de vouloir surfer sur le succès de Walking Dead, probablement, la série de Robert Kirkman étant à l’époque en pleine ascension.
Enfin bref, quoi qu’il en soit, si j’ai décidé de vous parler de cette mini-série ce mois-ci c’est qu’elle vaut le détour, et ce pour plusieurs raisons que je vais vous exposer de suite !

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Tout d’abord malgré sa longueur (24 numéros) la série n’est jamais lassante : Mark Alan Nelson décrit les mésaventures de Séléna et Clint sans jamais tomber dans la redite, que se soit de ce qui a déjà été fait dans les films ou dans d’autres récits du même genre, une prouesse vue le nombre d’histoires de zombies ou de virus existant s déjà lors de la publication de cette mini-série.
Nos deux héros vont véritablement de Charybde en Scylla tout au long de leurs mésaventures, leurs péripéties sont véritablement prenantes et haletantes et on attend la suite avec beaucoup d’impatience, ce qui est plutôt surprenant pour un comic dérivé d’un film, ces outils  promotionnels (qui n’en ne sont pas vraiment uns, vu ce que j’ai écrit plus haut) étant rarement de bonne qualité. Ce n’est pas le cas ici vu les superlatifs que j’utilise depuis le début de cette critique : Pour être franc, c’est même une de mes séries favorites du genre et vous devez vous douter que j’ai dû en voir et lire énormément.
Si la série est excellemment bien écrite, qu’en est-il de sa partie graphique ? Là aussi, on peut être surpris.

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Aux dessins, les premiers chapitres (1 à 12) sont donc dessinés par Declan Shalvey, l’artiste irlandais fourni une prestation remarquable, respectant à la lettre l’ambiance des films de même que leurs codes visuels, que se soit l’ambiance post-apocalyptique à la touche british, l’apparence des infectés, les tenues des survivants ou des militaires, visuellement on est de nouveau projeté dans l’ambiance des films sans aucune ambiguïté. Enfin, les personnages déjà rencontrés dans les films (car hormis Séléna, on croise d’autres visages connus) sont aussi reconnaissables au premier coup d’œil, ce qui est rarement le cas dans ce genre de comic.
Les autres chapitres sont quand à eux dessinés en majorité (en majorité car d’autres dessinateurs font des apparitions pour certains chapitres) par Alejandro Aragon. L’artiste argentin est quand même un niveau en dessous de Declan Shalvey et même si la transition est plutôt douce, Aragon tentant au début de « copier » le style de son prédécesseur, le style moins précis d’Aragon jure un peu avec celui de Shalvey. Néanmoins, autant être honnête, ça reste aisément lisible et même si Aragon n’est pas du niveau de Shalvey, ça ne gène pas la lecture à moins d’être vraiment très exigeant.
Visuellement donc, sans être exceptionnelle, c’est tout à fait lisible et appréciable, l’ambiance sombre et violente des films étant parfaitement retranscrite.

C’est donc quasiment un carton plein pour cette mini-série : Très bien écrite, tenant la route visuellement, elle est une parfaite continuation des films. Si vous avez aimé les films où êtes juste à la recherche d’une bonne histoire d’horreur, cette mini série est faites pour vous.

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L’intégralité de cette mini-série a été publiée en France par Delcourt en cinq tomes.
Que se soit en films ou en comics, 28 Jours/Semaines a profondément marqué le genre du film d’infectés en instaurant de nouveaux codes visuels ou scénaristiques : Avec un traitement plus agressif, une ambiance rapide et survoltée, l’univers et ses codes créés par Alex Garland et Danny Boyle au cinéma sont très vite rentrés dans l’imaginaire collectif et l’on peut y voir ses influences de façon très nettes dans de nombreuses œuvres actuelles du même genre (4).
Voici donc deux films majeurs dans le cinéma de genre horrifique qui se doivent d’être vus absolument, si ce n’est pas déjà fait.

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1 : Les deux films, même si ils ont de nombreux points communs ont eu des développements et des productions très proches (à peine un an de différence), il est donc peu probable que ce dernier ai copié sur l’autre, les points communs des films étant sans doutes des coïncidences. De même que le début de 28 Jours Plus Tard étant quasiment identique à celui de Walking Dead, Robert Kirkman ayant révélé que lorsqu’il a écrit Walking Dead, il n’avait pas encore vu ni entendu parlé de 28 Jours Plus Tard.

2 : Même si rétrospectivement, George Romero s’était déjà intéressé à ce thème avec son film The Crazies (1973), re-titré La Nuit des Fous Vivants en France, qui décrivait déjà une infection par un virus rendant les gens complètement fous.

3 : Fox Atomic sera un label plus qu’éphémère puisqu’il ne durera que 3 ans, de 2006 à 2009  : Seul 10 films sortiront sous ce label, majoritairement des films d’horreur. Quand à la branche comics, seul 4 seront publiés : 28 Days Later, The Aftermath, The Hills Have Eyes : The Beginning (un préquel du film La Colline à des Yeux 2) et deux tomes de Nightmare Factory, une compilation de petites histoires d’horreur inspirées des nouvelles de Thomas Ligotti.

4 : Par exemple le jeu vidéo ZombiU de Ubisoft sorti en 2012 sur WiiU puis sur Xbox One et PS4 en 2015 en reprend quasiment tout les codes visuels, notamment la localisation en Angleterre.

 

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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 29


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Eerie & Creepy présentent Bernie Wrightson

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Il y a parfois des moments où l’actualité vous rattrape et mon statut de simple collaborateur sur un blog ne me fait pas déroger à la règle…
Je ne vais pas vous cacher qu’à la base, un autre « Jeudi » sur un tout autre thème était prévu mais le décès prématuré de Bernie Wrightson dimanche dernier m’a brusquement fait changer mes plans. Exit donc ma première idée, et place à un autre hommage (j’en ai déjà fait un « à chaud » ici) à ce grand maître de l’horreur dessinée !

Bernie Wrightson est surtout connu des fans de comics pour sa légendaire itération illustrée du Frankenstein de Mary Shelley, mais l’artiste a également beaucoup travaillé pour les magazines d’horreur Warren Publishing, particulièrement les mythiques revues Eerie et Creepy, durant les années 70 (de 1974 à 1978 pour être plus précis) et c’est l’intégralité de ces travaux pour ces deux magazines que propose l’éditeur Delirium dans cet album (1).

L’album reprend donc l’ensemble des histoires réalisées par Bernie Wrighston pour les deux magazines est force est de reconnaître à la lecture de cet ouvrage que le dessinateur a un peu touché à tout les genres et ambiances, petit tour d’horizon des histoires présentes et sur son contenu.

Le livre s’ouvre sur une longue préface de Bruce Jones, le scénariste, ami et collaborateur de Bernie Wrightson revient avec nostalgie, humour et passion sur son amitié avec l’artiste au gré de nombreuses anecdotes. Une bien belle façon de commencer le livre qui confirme, si il en était encore besoin, de la valeur aussi bien humaine qu’artistique de l’artiste. Cette préface prend encore plus de sens et de symbole depuis son décès car elle prouve encore une fois que Bernie Wrightson était en plus d’être un artiste exceptionnel, une personne admirable.

Les histoires sont classées en deux parties, celles publiées dans Creepy, puis ceux publiées dans Eerie.

Le Chat Noir (The Black Cat) adaptation de la nouvelle d’Edgar Alan Poe

Paru dans Creepy #62 de mai 1974

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Un homme jaloux du chat de sa femme va peu à peu sombrer dans la folie jusqu’à commettre l’irréparable, un classique de la littérature horrifique ici adapté par Bernie Wrightson.

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Bien avant Frankenstein, Wrightson montrait déjà sa passion pour les classiques de l’horreur avec cette adaptation de toute beauté. Les dessins de l’artiste, comme pour Frankenstein, bien loin de seulement adapter l’histoire originale, la magnifie en lui donnant une véritable identité : Le style gothique, sombre, psychologique et malsain de Poe est ici parfaitement retranscrit par Wrightson.
Bien plus qu’une adaptation, c’est un véritable hommage qu’il rend à ce classique de la plus belle des manières. On y perçoit d’ailleurs les prémices de son futur chef d’œuvre avec une obsession du détail, notamment dans les décors.
Une histoire charnière pour l’artiste, un must read.

Jenifer, histoire écrite par Bruce Jones, dessinée par Bernie Wrightson

Parue dans Creepy #63 de juillet 1974

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Un chasseur surprend dans les bois un homme tentant de tuer par décapitation une jeune femme. Le chasseur tire sur l’homme qui, agonisant dans ses bras, n’a le temps de prononcer que le nom de la fille, « Jenifer ». Le chasseur recueille l’infortunée pour s’apercevoir qu’elle a un visage difforme et ne peut pas parler. Touché par la détresse de la pauvre créature, le chasseur l’accueille chez lui, au sein de sa petite famille. Mais la présence de Jenifer au sein du foyer va vite devenir problématique…

5

De toute les histoires de cet album, Jenifer est sans conteste ma préférée : Malsaine, la sensation d’attraction / répulsion pour Jenifer est palpable au travers des dessins de Wrightson et le lecteur est vite chamboulé entre la pitié et la haine pour cette créature pathétique et monstrueuse et son malheureux bienfaiteur. Une histoire troublante, magnifiquement mise en image par Wrightson.

Clarice, histoire de Bruce Jones, dessinée par Bernie Wrighston

Parue dans Creepy #76 de février 1977

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Un homme se remémore les bons moments passés avec sa défunte femme tandis que le fantôme de celle-ci semble le harceler à l’extérieur de chez lui durant une tempête de neige.
Encore une histoire particulièrement troublante, quasiment onirique, dont la chute est certes assez commune mais surprenante. L’histoire est courte mais loin des canons de ce genre de récit : Ici point de scènes de violence où de monstre hideux, le ton est triste, presque nostalgique jusqu’à la révélation finale, cette chute étant en fait le seul impondérable de cette histoire. Une histoire différente mais particulièrement réussie.

Les Rats des Champs (Country Pie) scénario de Bruce Jones, dessins de Carmine Infantino, encrage de Bernie Wrightson

Parue dans Creepy #83 de octobre 1976

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Un homme prend en auto-stop une jeune femme et son petit frère, croyant bien faire, il se retrouve malgré lui la victime d’une machination diabolique. Dans le même temps, deux policiers suivent, sans grande conviction, les directives d’une médium concernant un tueur en série. Les deux affaires seraient-elles liées  ?

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Une histoire assez surprenante, à la chute plutôt bien vue et différente de la majorité de ce genre d’histoire, ce qui la rend d’autant plus intéressante.

Seulement encrée par Bernie Wrightson, cette histoire est dessinée par le grand Carmine Infantino, à l’époque dans une période creuse de sa carrière. Infantino venait d’être renvoyé de chez DC Comics et Bruce Jones et Bernie Wrightson décidèrent de l’aider en lui confiant les dessins de cette histoire. Pour la petite anecdote, à l’époque où Wrightson commença à travailler pour DC Comics, Infantino était la star incontestée de DC, lorsqu’il fut congédié, il se retrouva dans un petit bureau de Warren Publishing et c’est là que Jones et Wrightson le retrouvèrent. Touchés par sa situation et se souvenant de l’aide qu’il lui avait apporté au début de sa carrière, Wrightson lui proposa les dessins de cette histoire. Infantino en dessina une autre, toujours encrée par Bernie Wrightson dont je vais parler de suite.

Dick Swift et sa bague de force électrique  ! (Dick Swift and his electric Power Ring  !) écrit par Bill DuBay, dessins de Carmine Infantino et encrage de Bernie Wrightson

Parue dans Creepy #86 de février 1977

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Peter est un jeune garçon très malade. Malgré les traitements, son état ne fait qu’empirer et alité, il ne fait que discuter avec son meilleur ami, le vieux monsieur Music et lire les comics de Dick Swift, son héros favori. Un jour il commande l’arme favorite de son héros, la fameuse bague de force électrique et une fois en sa possession, cette bague va lui redonner espoir, de la plus belle des façons.

Une histoire particulièrement touchante, en décalage complet avec les thèmes de la plupart des histoires habituellement publiées dans Creepy. Une véritable réflexion sur l’utilité des héros imaginaires et leur influence, à lire absolument.

Une saga martienne (A Martian Saga) histoire de Nicola Cuti, dessins de Bernie Wrightson

Publiée dans Creepy #87 de mars 1977

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Un mystérieux personnage masqué arpente les paysages de Mars sans but lorsqu’il assiste quasiment impuissant au massacre d’un petit village et ses habitants des mains d’un monstre horrible. Arrivé trop tard, il abat le monstre et sauve une jeune femme. Mais ce sauvetage était il vraiment une bonne chose pour lui  ?

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On sort de l’horreur pure pour la science fiction sombre et violente avec cette histoire. Le récit est relativement court mais les deux auteurs aux commandes réussissent à créer malgré cela une véritable ambiance glauque et malsaine et presque désespérante. L’histoire est de plus sans paroles, narrée par le personnage principal sous forme d’un poème. Un très bon moment de lecture.

L’Homme qui rit (The Laughing Man) scénario de Bruce Jones, dessins de Bernie Wrightson

Publiée dans Creepy #95 de février 1978

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Dans une colonie africaine, un homme en guenilles apparait un beau jour et réclame à boire. L’homme, épuisé, semble être sujet à une crise de démence, ne pouvant s’empêcher de rire. Une fois calmé, il raconte alors son histoire : Lui et son meilleur ami étaient partis en expédition pour découvrir une tribu légendaire de singes civilisés, mais leur expédition va vite virer à l’horreur…

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Une histoire sordide et glauque, typique du magazine Creepy à la chute aussi invraisemblable qu’horrible, magnifiquement mise en image par un Bernie Wrightson au top de sa forme : En résumé, du très bon comic d’horreur, l’une des meilleures histoires de ce recueil.

Le monstre de Pepper Lake (The Pepper Lake Monster) scénario et dessins de Bernie Wrightson

Publié dans Eerie #58 de juillet 1974

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Summers est un homme obsédé par la chasse aux monstres, mais il n’en a jamais rencontré aucun… Jusqu’au jour où son obsession devient réalité et son chemin fini par croiser celui d’une immense créature marine à Pepper Lake. Le monstre devient son obsession et le capturer sa raison de vivre. Mais les habitants de Pepper Lake ne semblent pas du même avis.

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Une histoire très inspiré par le monstre du Loch Ness, qui donne une image assez caustique des habitants du fameux lac. Originale et cruelle, une histoire qui même si elle est typique des productions Warren est magnifiée par le talent de Bernie Wrightson.

Quand la nuit tombe (Nightfall) scénario de Bill DuBay, dessins de Bernie Wrightson

Parue dans Eerie #60 de septembre 1974

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Némo est un petit garçon bien malchanceux : Toutes les nuits des monstres surgissent des coins sombres de sa chambre pour l’emmener dans leur monde. Personne ne le croit et chaque nuit Némo espère que ça ne sera pas sa dernière nuit… Au grand dam de ses parents, forcés chaque nuit de le rassurer.

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Entre peurs enfantines et monstres hideux, cet hommage au Little Nemo de Winsor McCay est absolument jouissif, principalement pour les dessins de Wrightson qui démontre toute l’étendue de son talent pour dessiner des monstres. Chaque planche est un ravissement et l’amateur de monstruosités en tout genre y trouvera sans problème son compte  !

Un air glacé (HP Lovecraft’s Cool Air) adaptation de la nouvelle de Howard Phillips Lovecraft par Bernie Wrightson

Publiée dans Eerie #62 de janvier 1975

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Un homme raconte sa phobie des courants d’air au travers d’un de ses souvenirs de jeunesse. Alors jeune employé d’un journal, il découvre un jour une tâche d’ammoniaque au plafond de son petit appartement. L’infiltration le fait se sentir mal et c’est tant bien que mal qu’il va se plaindre à son voisin du dessus. Il y découvre Mr Munoz, un vieil homme forcé de vivre dans un appartement aux températures glaciales. Mais un jour, le climatiseur du vieil homme tombe en panne, et ainsi commence une aventure aussi invraisemblable que terrible pour notre pauvre héros.

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Après Edgar Alan Poe, c’est au tour de HP Lovecraft de se voir être adapté par Bernie Wrightson et encore une fois c’est une grande réussite : L’histoire originale gagne ainsi un coté visuel assez impressionnant, Wrightson mettant encore une fois beaucoup de passion à illustrer cette histoire, cette passion transpirant à chaque planche. Une histoire à classer parmi les classiques de Bernie Wrightson, ni plus ni moins.

Reuben Youngblood  : Détective Privée  ! (Reuben youngblood  : Private Eye !) scénario de Budd Lewis, dessins de Howard Chaykin et Bernie Wrightson

Parue dans Eerie #72 de février 1976

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Reuben Youngblood est un détective privé avide d’aventures, ainsi lorsqu’un de ses amis lui confie une enquête, ce n’est ni une ni deux que le fougueux détective monte à bord d’un zeppelin pour y mettre à jour un trafic… De sang humain ! Une aventure rocambolesque qui va amener notre aventurier à se coltiner des vamps au physique avantageux ainsi que des industriels nazis.

Changement de style pour cette histoire d’aventure dessinée à quatre mains par Howard Chaykin (dessins) et Bernie Wrightson (finitions et encrage). L’histoire est typique de celles que l’on pouvait lire dans les pulps des années 30 et en est un hommage à peine dissimulé. Le ton léger et aventureux de ce récit détonne assez singulièrement avec les autres histoires de l’ouvrage, de plus l’histoire est très verbeuse, rendant sa lecture parfois un peu laborieuse, mais le côté un peu rétro qui s’en dégage la rend néanmoins assez agréable à lire.

Le monstre de boue (The Muck Monster) scénario et dessin de Bernie Wrightson

Publiée dans Eerie #68 de septembre 1975

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Il est une créature sans âme, née de la science d’un savant fou pour qui sa création n’a aucune valeur. Sacrifiée, la créature réussira malgré tout à revenir à la vie pour réclamer une explication à son existence.

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Seule récit de l’ouvrage en couleur, cette histoire est intéressante surtout pour le fait que l’on est en présence d’un premier jet manifeste du futur Frankenstein de Bernie Wrightson : Des ambiances du récit au look des personnages, tout y est déjà.
Wrightson étant peu habitué aux récits en couleurs, elle apporte néanmoins ici une touche supplémentaire au travail de l’artiste et donne une idée de ce à quoi aurait pu ressembler une version colorisée de son chef d’œuvre. Une histoire essentielle dans la carrière de l’artiste, à lire absolument pour tout fan de Wrightson.

Cette histoire conclu de façon admirable un ouvrage tout aussi admirable, mais ce n’est pas fini  !

Ultime chapitre du livre, une galerie d’images constituée des frontispices (2), illustrations et couvertures que Bernie Wrightson a réalisé pour les deux magazines sont proposés et autant être franc, c’est un véritable déluge visuel, un ravissement pour les amateurs d’horrible, ces illustrations étant de véritables pépites pour les fans d’horreur dessinée.

La galerie s’ouvre d’ailleurs sur un dessin que Bernie Wrightson avait fait alors qu’il n’était qu’un lecteur de ces revues, dessin qui fut publié à l’époque dans le courrier des lecteurs, comme quoi à force d’efforts et de talent, tout est possible.

Un dernier mot sur l’édition française et autant dire que Delirium n’a plus rien à prouver, leurs ouvrages étant de véritables modèles de professionnalisme : Grand format, couverture rigide, papier glacé, impression et traduction impeccables (traduction signée par Doug Headline aka Tristan Jean Manchette), cet ouvrage est à l’image des autres publications de l’éditeur, un objet de toute beauté.

Eerie & Creepy présentent Bernie Wrightson est un ouvrage que tout fan de l’artiste ou même de comics d’horreur se doit de posséder : C’est clairement un ouvrage de référence, magnifiquement édité, limite indispensable.
Je n’ai rien d’autre à ajouter, personnellement j’ai dû le lire cinq ou six fois et je n’ai qu’une seule envie, refaire la connaissance de Jenifer, Clarice, Némo et tout les autres créatures immortalisées par Bernie Wrightson ! Si comme moi vous voulez faire le chemin, courrez vous procurer cet ouvrage et entreprenez vous aussi ce voyage au cœur des ténèbres, vous ne serez pas déçu.

Eerie & Creepy présentent Bernie Wrightson, disponible en France depuis le 19 novembre 2014 chez l’éditeur Delerium.

1 : Pour les plus complétistes, il ne manque dans cet album qu’une histoire back-up de deux pages publiées dans Vampirella (un autre magazine de Warren Publishing) intitulée The Believer pour avoir l’intégralité des travaux de Bernie Wrightson pour Warren Publishing. Mais heureusement, cette histoire a été publiée en France dans le magazine Special USA #14 sous le titre «  Le Dieu Cornu  ».

2 : Les frontispices sont des illustrations pleine page, présentant une histoire. Dans les revues d’horreur, elles mettent souvent en scène un narrateur, présentant de façon ironique et macabre le récit qui va suivre.

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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 28


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Aliens Versus Predator : 3ème partie

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En France, quand on parle de Aliens Vs Predator, depuis quelques années on pense surtout à deux films à la réputation disons, calamiteuse… Mais les films, on en parlera plus bas, avant on va parler jeux vidéos parce que oui, en France, ce n’est pas à travers les comics que Aliens Vs Predator a acquis sa notoriété, c’est par l’intermédiaire des consoles, des bornes d’arcade et surtout du PC.
Des jeux Aliens, il y en a eu des tonnes, des jeux Predator, un peu moins (1) (le style du film avec sa créature unique ne se prêtant pas vraiment à rendre un jeu palpitant, contrairement à Aliens et sa cohorte de créatures féroces) et des jeux Aliens Vs Predator, et bien… Il y en a pas eu des masses non plus, mais contrairement aux jeux Aliens et Predator, la plupart sont bons et certains ont même des qualités insoupçonnées.

Avant de parler des films (je sais que beaucoup d’entre vous piaffent d’impatience de me lire sur le sujet, pensant que je vais vomir ma bile vengeresse sur ces deux films, là aussi vous risquez d’être déçus les amis) on va faire un petit tour d’horizon des productions vidéoludiques mettant en scène l’affrontement de nos deux monstres préférés : Préparez les manettes, les claviers / souris et les pièces de 5 francs (pour les bornes d’arcade), c’est parti pour la baston en pixels  !

ALIENS VERSUS PREDATOR : LES JEUX VIDEOS

Alien Versus Predator (Aliens Vs Predator au Japon), sorti sur Super Nintendo en 1993

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Le premier jeu AVP sort donc sur la Super Nintendo en 1993, le jeu est développé par Jorudan Co. et distribué par Activision.
L’histoire se situe dans le futur : Alors qu’ils creusaient un tunnel de métro sur la planète Vega-4, des colons humains mettent à jour des œufs d’Aliens qui bien vite infectent toute la petite planète. Les humains lancent un appel de détresse, intercepté par des Predators qui décident de l’aubaine pour s’offrir une bonne chasse. Vous incarnez donc un Predator, prêt à en découdre avec les xénomorphes.
Le jeu est un beat’em all à scrolling horizontal (à la manière de Final Fight ou Streets of Rage pour les connaisseurs), en gros vous avancez de gauche à droite et devez matraquer tout ce qui s’amène à l’écran, dans le cas précis des Aliens.
3Dire que pour un premier essai pour porter la licence AVP en jeu vidéo est un peu raté serait un euphémisme… AVP sur Super Nintendo, c’est une masse de défauts sur un chouïa de qualités et là ou certains jeux de prime abord mauvais peuvent apporter quelque chose (notamment AVP Extinction dont je parlerai plus bas), ce premier jeu AVP est une vrai purge et ce pour quelques raisons évidentes une fois la manette en main..

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Dès l’écran titre, c’est l’agression auditive : Un thème aussi hors sujet qu’abrutissant sonnant bon la musique au format midi vous arrive dans les oreilles avec la subtilité d’un semi-remorque dans un concours de tricot. Et ça ne va pas s’arranger par la suite, les thèmes des six stages sont tous plus inaudibles les uns que les autres, seules les quelques thèmes des cut-scenes passent relativement bien, mais ces musiques de stages, c’est juste du poison pour les oreilles que personnellement, j’ai vite coupé.
Et cette musique, vous allez l’entendre car l’autre gros défaut de ce AVP, c’est sa difficulté, inhumaine, énervante, elle poussera à bout même les joueurs les plus aguerris. Car oui, le jeu est difficile mais il est aussi d’un ennui, mais d’un ennui, comme si on regardait trois épisodes de l’Inspecteur Derrick à la suite ! Cet ennui est surtout dû à des niveaux d’une longueur calamiteuse, recyclant à répétition les mêmes décors et multipliant les vagues d’ennemis jusqu’à l’écœurement.

Et la jouabilité me direz-vous ? Ah mais mes pauvres, la jouabilité est un désastre, le Predator se déplaçant à la vitesse d’une limace au galop, souvent bloqué entre deux ennemis qui vous matraquent sans relâche jusqu’à ce que mort s’en suive. La cerise sur le gâteau, c’est une animation absolument dégueulasse, des personnages à la raideur presque cadavérique qui rendent le jeu parfois involontairement comique (voir cette animation cocasse du Predator attrapant un Alien).
Ce jeu a-t’il des qualités ? En cherchant bien on peut lui en trouver deux : Des graphismes plutôt jolis (malheureusement gâchés par l’animation) et un bestiaire particulièrement fourni, multipliant les abominations xénomorphes (Aliens volants, aquatiques etc.) qui raviront les amateurs.


Petite vidéo présentant le début du jeu

En résumé, AVP commence mal avec sa première incursion sur nos chers consoles de jeu et la seconde tentative et bien comme vous allez le lire, ce ne sera pas bien mieux…

Aliens vs Predator  : The Last of his Clan, sorti sur Game Boy en 1993

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Quasiment conjointement à la version Super Nintendo, la petite portable de Nintendo se voit elle aussi «  gratifiée  » d’un jeu AVP. Pouvait-on faire pire que la purge de la Super Nintendo ? Horreur, malheur, et bien oui, c’est possible ! Le jeu est développé par ASK Kodansha et toujours distribué par Activision.
Le jeu reprend grosso merdo la trame du premier comic : Des œufs d’Aliens sont largués sur la planète Alpha Centauri 3 par les Predators pour une future chasse. Sauf que des humains ont colonisé la planète entre temps et qu’à leur arrivée, les Predators trouvent plus d’Aliens que prévu. Les chasseurs se font décimer et vous incarnez le seul survivant, bien décidé à regagner l’honneur de son clan en bottant les fesses des xénomorphes sur place.
Le jeu est un jeu de plateforme classique, les niveaux se présentent sous formes de mini-labyrinthes dont il faut trouver la sortie en trouvant des clés pour ouvrir des portes tout en tuant les Aliens que l’on croise sur son chemin.

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Déception ? Le mot est faible. Première chose qui marque (hormis la musique, toujours aussi inaudible) le jeu est d’une laideur, même pour de la Game Boy, c’est limite insultant : Les créatures sont des amas de pixels animés avec les pieds, encore raides comme des piquets (voir le Predator sauter tient du gag) tout en sachant que cette laideur est inexplicable, le magnifique Super Mario Land 2 étant sorti sur la portable de Nintendo l’année précédente. Que dire des décors, désespérément vides, de ces plateformes sans relief et pour finir cette maniabilité à s’arracher les cheveux… AVP sur Game Boy fait parti de ces rares jeux Aliens que je n’ai pas eu le courage de terminer car pour que je termine un jeu, il faut qu’il donne envie et si il y a bien une chose que AVP Last of His Clan ne procure pas, c’est l’envie et je pense que dès le premier niveau, un joueur normalement constitué jettera l’éponge.


Vidéo de présentation du jeu

Deuxième essai loupé pour AVP qui loupe allègrement son passage sur la portable de Nintendo avec un jeu à la nullité presque intersidéral. (2)

Peut on encore sauver le soldat AVP en jeu vidéo ? Bien sûr, mais pour cela, il va falloir faire appel à des spécialistes !

Alien Vs Predator, sorti en arcade en 1994

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En 1994, la société japonaise Capcom est le leader incontesté des salles d’arcade : En 1991 est sorti le légendaire Street Fighter II et le premier vrai jeu de combat de l’histoire du jeu vidéo devient rapidement un phénomène mondial. Mais en plus du jeu de combat, Capcom est également le maître du beat’em all avec des titres comme Final Fight (1989), The Punisher (adaptation du personnage Marvel, sorti en 1993) et ses deux adaptations de Dungeons & Dragons, Tower of Doom et sa suite Shadow over Mystara (sorti en 1994 et 1996).
C’est en 1994 que Capcom distribue un beat’em all basé sur la licence AVP et bien que ce jeu soit méconnu dans nos contrées, il s’agit là de la première grosse réussite vidéoludique utilisant la licence AVP  !

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Le scénario est archi-classique et ne s’encombre pas de subtilité : La ville de San Drad en Californie est infestée par les Aliens ! Deux membres des Marines se retrouvent coincés dans la ville (le cyborg Dutch Schaeffer et la synthétique Linn Kurosawa) après avoir été abandonnés par leurs camarades. Alors qu’ils sont encerclés par les Aliens, deux Predators apparaissent et les sauvent in extremis des griffes des xénomorphes. Les deux chasseurs proposent alors une alliance aux deux soldats afin de nettoyer la zone des Aliens. Nos quatre alliés vont donc parcourir la petite ville et ses environs afin de connaître la raison de cette infestation et y mettre fin.

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Le jeu est donc un beat’em all, on avance de gauche à droite et on bastonne sans retenue tout ce qui se présente à l’écran.
Là où le AVP de la Super Nintendo se vautrait lamentablement en accumulant les défauts, cette version arcade pilotée par Capcom prouve le savoir faire indéniable du japonais pour le genre : Le jeu est en tout point une réussite incontestable  !
Graphiquement, le jeu est magnifique : Que ce soient les héros, les ennemis ou même les décors, le jeu est une réussite et tire le meilleur du moteur CPS2 de Capcom. Niveau animation, c’est le même traitement : Ça bouge vite, c’est fluide et malgré le nombre d’ennemis parfois très important à l’écran, l’action reste toujours lisible.
Pour ce qui est du gameplay, là encore l’expérience de Capcom pour le genre parle d’elle-même : Les coups sont variés, nombreux et les 4 personnages ont tous une palette de coups vraiment différents.
Niveau sonore, là encore rien à dire : Les thèmes musicaux sont en adéquation avec l’ambiance, variés et entraînants. Idem, pour les sons et effets sonores, que se soient le bruit des armes ou le hurlement des Aliens, tout y est pour vous plonger dans la frénésie des affrontements entre Yautjas et xénomorphes.


Le premier stage du jeu

Alien Vs Predator de Capcom est donc une réussite totale : Long, varié, beau et jouissif, en plus d’être à mon avis, un des meilleurs jeux AVP jamais sortis, c’est un jeu d’une qualité absolument indéniable, peut être même le beat’em all le plus réussi de Capcom.
On ne peut malheureusement que lui reprocher une seule chose, le fait de ne jamais être sorti des salles d’arcade…

Alien Versus Predator sorti sur Jaguar en 1994

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Alors que les salles d’arcade profitaient du beat’em all de Capcom, c’est la console d’Atari qui fait rentrer le combat entre yautjas et xénomorphes dans les foyers.
Tout fan de jeux vidéos qui se respecte connaît l’histoire de la Jaguar : Console soit-disant surpuissante, elle fut l’un des échecs les plus retentissants du monde du jeu vidéo. Elle fut l’une des premières à utiliser le format CD mais entre sa fiabilité plus que discutable (trouver aujourd’hui une Jaguar en état de marche tient du miracle), sa ludothèque risible constitué à 99% de jeux pourris, la console signa la mort du géant Atari qui ne se remettra jamais vraiment de cet échec.
C’est malgré tout sur cette machine que fut développé et distribué le premier FPS (First Person Shooter, jeu d’action à la première personne) Aliens Vs Predator
Le jeu est développé par Rebellion et est disponible uniquement sur la console Jaguar.

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On peut y jouer au choix un Alien, un Predator ou un Marine.
Le jeu commence de la même façon pour les trois races  : La station spatiale d’entraînement des Marines USS Golgotha détecte à proximité de sa position la présence d’un vaisseau Predator et d’un vaisseau ingénieur à la dérive (abritant, supposément, des Aliens). La station est tout de suite mise en état d’alerte, prête à faire face aux menaces.
Le jeu avec chacune des races est différent : Si vous commencez avec l’Alien, le but du jeu est de libérer la Reine Alien prisonnière sur le vaisseau Predator. L’Alien ne peut pas se guérir des blessures et au lieu de ça peut infecter des Marines avec des face-huggers et si il meurt, il reprendra au dernier Marines qu’il a infecté en incarnant l’Alien né de celui-ci. L’Alien ne peut pas utiliser les ascenseurs et interrupteur et à la place utilise les conduits d’aération pour passer d’un endroit à l’autre.

Incarner le Predator consiste à débusquer la reine Alien et la vaincre pour obtenir son crâne comme trophée. Le jeu avec le Predator consiste à accumuler des points d’honneur en tuant les Aliens et Marines de façon honorable : Par exemple, tuer une proie avec son camouflage rapporte moins de points etc. Plus vous obtenez de points, plus vous avez accès à de nombreuses armes. Le Predator peut utiliser les ascenseurs ou interrupteurs pour progresser dans la base, il a aussi la possibilité de transporter plusieurs items de soin pour se soigner.

Enfin en jouant le Marine, le but est simplement de mettre en marche le système d’auto-destruction du vaisseau et de réussir à s’enfuir. Au début du jeu, le Marine n’a aucune arme et équipement et le but premier et de fouiller chaque recoin du vaisseau pour trouver son équipement. On y retrouve les armes et équipements des films : Pistolet, fusil à pompe, Smartgun, détecteur de mouvement etc.
Le Marine peut utiliser les ascenseurs, interrupteurs et conduits d’aération pour se déplacer mais ne peut pas transporter de packs de soin : Son énergie et restaurée automatiquement dés qu’il en ramasse un.

Niveau gameplay, c’est assez simple  : On avance, on tire, on ouvre des portes, récupère des clés, rien de plus.

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Même si il fut très bien accueilli à l’époque de sa sortie, il faut reconnaître que le jeu à aujourd’hui pris un sacré coup de vieux : Le jeu tourne sur un moteur similaire à celui des premiers Doom, à savoir des décors en 3D et des ennemis en 2D.

Comme je le dis plus haut, le jeu a très mal vieilli : Les décors et ennemis sont très pixelisés, les animations sommaires et les niveaux labyrinthiques particulièrement lassants, d’autant plus que la plupart des décors se ressemblent et le syndrome typique de ce genre de jeu de l’époque, à savoir que l’on se perd très facilement justement parce que tout se ressemble, devient très gênant et décourageant après quelques niveaux traversés. Remis dans le contexte de l’époque, le jeu devait très certainement être très jouable, mais les temps ont changés, la technique et les mécaniques de jeu aussi et là où Duke Nukem 3D par exemple qui repose sur le même genre de moteur graphique peut encore aujourd’hui être très jouable de part ses stages variés, AVP version Jaguar est très vite monotone et ennuyeux.


Extrait du jeu avec L’Alien

En résumé, un jeu qui, remis dans le contexte de l’époque, était franchement enthousiasmant mais qui aujourd’hui donne une impression sérieusement datée et est difficilement jouable de nos jours.

Aliens Versus Predator, sorti exclusivement sur Mac et PC en 1999

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Cinq ans après la version Jaguar, le studio Rebellion remet le couvert avec l’univers AVP, cette fois-ci sur ordinateur : Avec des moyens techniques plus importants, le studio va-t’il réussir à créer un jeu moins ennuyeux que son prédécesseur ? Ce ne serait pas difficile me direz-vous et le jeu va de très loin dépasser toutes les espérances des joueurs et fans, décryptage d’une réussite.

Comme dans la version Jaguar, le joueur peut incarner soit un Marine, soit un Predator soit un Alien, les trois campagnes étant indépendantes et non liées entre elles.
En incarnant l’Alien, le but du jeu et de s’échapper d’un temple et de rejoindre un centre de recherches humains pour gagner la Terre. On y traverse d’ailleurs des lieux connus des fans, comme la station Gateway que l’on voit au début du film Aliens le Retour et un vaisseau nommé le Ferrarco, largement inspiré par le Nostromo, le vaisseau du premier film Alien.
En incarnant le Predator, vous effectuerez trois missions distinctes, sans lien entre elles : La première consiste à aller secourir un de vos camarades prisonnier des humains. La seconde vous ramène sur la planète Fiorina Fury 161 de Alien 3, qui après les événements du film abrite une ruche Alien, le but est de vous y rendre et de nettoyer la planète.
Enfin, vous vous rendez sur une planète sur laquelle les Marines ont développé une sorte de réserve de xénomorphes, votre but est donc de mettre fin à cet élevage en supprimant tous les Aliens.
Enfin en incarnant le Marine, vous vous retrouverez sur la planète LV-426 du film Aliens, le Retour : La compagnie Weyland Yutani a construit autour du vaisseau ingénieur abritant les œufs d’Aliens un centre de recherche, protégé par les Marines au cas où quelque chose se passerait mal… ce qui arrive lorsque les Aliens réussissent à s’évader du centre de recherche. Vous êtes un des derniers Marine sur la planète et devez trouver un moyen de la quitter.

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AVP version 1999 est une grande réussite pour l’époque : Graphiquement le jeu est même particulièrement impressionnant, (encore une fois pour l’époque). Niveau gameplay il est aussi exemplaire : Malgré un petit temps d’adaptation pour l’Alien est ses déplacements à 360 degrés (il peut adhérer aux murs), la maniabilité est instinctive et prendre en main l’une des trois «  créatures  » se fait de manière très simple.
Les niveaux sont relativement longs et variés : On traverse des lieux cultes de la saga, de nouveaux environnements et les niveaux sont suffisamment rythmés pour ne pas devenir lassants. Idem pour l’ambiance sonore très fidèle à celle des films, elle plonge directement dans l’ambiance.


Extrait du jeu avec le Predator

Pas grand chose à reprocher à cette version de AVP : Le jeu est en tout point quasiment parfait (pour l’époque) et même si il a un peu vieilli de nos jours, il reste quand même très agréable à jouer.
Notez d’ailleurs qu’une version disponible sur Steam, nommé Aliens versus Predator Classic 2000 permet de le faire tourner sur les OS récents.

Aliens Versus Predator 2, sorti sur PC et Mac en 2001

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Sorti deux ans après le premier AVP sur PC, Aliens Versus Predator 2 doit réussir la prouesse de dépasser en qualité son aîné : Tâche ardue si il en est tant le premier opus avait mis la barre haut. Défi relevé de la part du studio Rebellion  ? Réponse de suite.

Encore une fois, ont peut incarner les trois races d’extra-terrestres les plus belliqueuses de la galaxie, à savoir Aliens, Predator et humains. Contrairement au premier jeu, les trois campagnes sont liées dans une grande histoire commune, les trois races traversant parfois les mêmes lieux à des moments différents. Son histoire fouillée est même une des grandes qualités du jeu, en plus d’autres choses car oui, AVP2 dépasse en qualité le jeu précédent et de très loin  !

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L’histoire commence sur la planète LV-426, plusieurs années après les événements du premier jeu : La compagnie Weyland Yutani, après avoir étudié le vaisseau ingénieur trouvé sur ladite planète a réussi à décrypter une feuille de route vers une planète inconnue rapidement rebaptisée LV-1201. Cette planète abrite un temple d’une civilisation inconnue ce qui attise la curiosité et la cupidité de la compagnie qui y établi rapidement un centre de recherche. Malheureusement, la planète est infestée de xénomorphes et la première mission scientifique est décimée… Le seul survivant est le Professeur Eisenberg qui rouvrira quelques années plus tard le même centre de recherche.
Dix ans après la réouverture du site, le centre de recherche se porte mal et la compagnie envoie un superviseur pour savoir ce qui ne va pas : Des artefacts disparaissent, plusieurs zones sont maintenant fermées suite à des incidents (notamment le fameux Pod 5, dont l’histoire du désastre est relatée dans l’extension Primal Hunt) et le Docteur Eisenberg doit se justifier.
Dans le même temps, les Iron Bears, un groupe de militaires privé travaillant avec la compagnie livre sur le vaisseau Aurora un artefact volé sur LV-1201, ledit artefact abrite un œuf Alien dont le face hugger s’évade bientôt et infecte un occupant du vaisseau : C’est de cet Alien dont le joueur prend le controle.
Dans le même temps, trois Predators menés par un ancien nommé Prince (que le joueur incarne) débarque sur LV-1201 pour une chasse. Le vaisseau predator est détecté à son arrivée sur LV-1201 et ce que Prince ignore, c’est que les Iron Bears sont menés par le général Vassili Rykov, un soldat qui depuis qu’il a été blessé par Prince sur une autre planète a développé une haine sans borne pour les Predators, Rykov y voit donc une chance inespérée de se venger de Prince et à peine arrivés, les Predators sont capturés par les Iron Bears… Grâce à un concours de circonstances, en fait l’évasion d’Aliens dans le centre de recherches, Prince est libéré, retrouve son équipement et bien décidé à se venger de Rykov et part à sa recherche.

Après l’invasion de xénomorphes sur LV-1201, un signal de détresse est envoyé et c’est à ce moment que le contingent du Caporal Harrisson est chargé de se rendre sur la planète pour porter secours aux survivants : Vous incarnez Harrisson lorsque vous jouez l’humain et devrez sortir vivant de l’enfer qu’est devenu LV-1201.

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AVP2 dépasse de loin en qualité le premier opus : Déjà, graphiquement le jeu est beaucoup plus beau et on peine à croire que seulement deux ans séparent la sortie des deux jeux tant le fossé graphique entre les deux jeux est énorme. Ensuite niveau gameplay le jeu s’est encore considérablement amélioré, les trois races jouables se sont étoffées de nouveaux mouvements et armes et les quelques défauts du premier opus (notamment le déplacement parfois hasardeux de l’Alien) ont été corrigés. Comme on peut le constater dans mon résumé de l’histoire plus haut, le jeu est de plus doté d’une campagne solo particulièrement longue et passionnante avec un scénario très fouillé et particulièrement bien écrit.
Enfin le jeu inclu pour la première fois un mode multi-joueurs largement inspiré par celui de Quake II (pour les connaisseurs) qui encore aujourd’hui compte des dizaines de milliers de joueurs.


Le premier stage du jeu avec le Marine

En suivant directement les traces de son aîné et en améliorant tout ce qui en avait fait le succès, AVP2 est une suite exemplaire. Tout fan des xénomorphes et des yautjas se doit de l’avoir essayé  au moins une fois, c’est un jeu mythique et emblématique de la licence AVP est un incontournable du style FPS : En résumé, un must  !

Aliens Versus Predator 2  : Primal Hunt, sorti en 2002 sur PC et Mac

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Primal Hunt est une extension au jeu original Aliens Versus Predator 2 : Il propose 3 nouvelles campagnes solo inédites et des ajouts pour le mode multi-joueurs.
A noter que cette extension n’est pas développée par Rebellion, mais par un autre studio, Third Law Entertainement.

Vous pouvez y incarner pour la première fois un Predalien, un Predator Elder ou le Major Dunya, la militaire rapidement aperçu dans le jeu AVP2.

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Lorsque l’on incarne le Predator, le jeu débute 500 ans avant les événements de AVP2 et montre comment le Predator que l’on incarne a découvert le nid xénomorphe sur LV-1201. Le jeu avec le Predalien commence aussi 500 ans plus tôt mais suite à un incident, l’Alien tombe en stase et ne se réveille que 500 ans après. Enfin, lors du jeu avec le Major Dunya, l’action se situe peu avant les événements du jeu original et relate la tragédie du Pod 5, rapidement évoqué dans le jeu AVP2.
Primal Hunt est une extension de très bonne tenue qui allonge agréablement la durée de vie du jeu original : Un petit plus non négligeable qui d’ailleurs fut vendu en pack avec le jeu.

Aliens Versus Predator  : Extinction, sorti sur PS2 et Xbox en 2003

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Après s’être bastonner dans des beat’em all et des FPS, les Aliens et les Predators décident de s’attaquer à un autre style de jeu, le jeu de stratégie ! C’est donc en 2003 que sort exclusivement sur PS2 et Xbox Aliens Versus Predator : Extinction, un jeu dans lequel Aliens, Predator et Marines vont s’affronter de nouveau, cette fois-ci en sollicitant nos talents de stratège.
Le jeu est développé par Zono Entertainement et distribué par Electronic Arts.

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Comme dans les FPS, quatre campagnes différentes sont proposés : Aliens, Predators et Marines, chaque race ayant un gameplay différent.
L’histoire se passe en majeure partie sur la planète LV-742 : Des expériences humaines ont créé une race d’Aliens clonés surnommés K-Series du nom de leur créateur, le Professeur Kadinski. Seulement, cette race a été créée à partir d’une reine Alien volée par les Marines à un clan Predator, les chasseurs n’ont pas vraiment apprécié et se mettent en chasse des auteurs du larcin. Dans le même temps, des Aliens du nid dont la reine a été dérobée ont survécu et comptent bien secourir leur matriarche et se venger à la fois des K-Series, des Predators et des humains. En parallèle, les Aliens K-Series se sont échappes et commencent à infester la petite planète…
Plus qu’une planète, LV-742 devient une véritable zone de guerre sur laquelle non pas une ni deux ni trois mais quatre races d’extra-terrestres se font la guerre : Aliens, Aliens K-Series, Predators et Humains  !

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Le jeu se décompose donc en trois campagnes différentes  : Aliens, Predators et Marines, les trois races ayant un gameplay différent.
Le jeu avec les Aliens consiste généralement à créer une Reine puis «  nettoyer  » la zone de toute présence hostile. Les Aliens doivent récupérer leurs victimes, les ramener au nid pour les féconder avec des œufs pondus par la reine et ainsi créer de nouvelles unités.
Pour ce qui est des Predators, le but est généralement soit de nettoyer la zone, soit de collecter un trophée précis. Pour remporter des points et créer de nouvelles unités, les Predators doivent collecter des trophées sur leurs victimes.
Enfin en ce qui concerne les Marines, pour gagner des points et créer de nouvelles unités, ils doivent soit battre des ennemis, soit réparer des processeurs atmosphérique disséminés un peu partout sur la carte. Le but des missions est souvent de regagner une zone ou de récupérer des items sur la carte.
Des trois races, le jeu le plus intéressant est sans conteste celui avec les Aliens : leur gameplay plus complet que les deux autres races permet plus de possibilités (par exemple en fécondant certaines races indigènes, ont peut créer des unités inédites), on peut également avec les xénomorphes créer des zones sécurisées pour ces unités avec des points où elles peuvent se soigner et faire évoluer ces unités (les Predaliens par exemple évoluent et deviennent de plus en plus résistants au fur et à mesure qu’ils combattent), ainsi que les mutations des Prétoriens qui permettent de créer de nouveaux types d’Aliens.
Le jeu avec les Marines est par contre très classique : On créé des unités et on avance en tuant ou détruisant un peu tout ce que l’on croise, le but étant généralement de récupérer un item lourdement protégé.
Enfin pour les Predators, ça a beau être du AVP, le but des missions est souvent similaire à celui des Marines : A savoir tout nettoyer ou récupérer un trophée. Le plus déstabilisant étant d’envoyer des dizaines de Predators au charbon, mettant ainsi de coté l’aspect un peu redoutable des yautjas qui dans la majorité des histoires AVP ne sont guère que 3 ou 4… Très honnêtement, des trois campagnes, c’est celle qui m’a le moins passionné.

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AVP Extinction est un jeu très moyen : L’intelligence artificielle est souvent aux fraises, des unités se «  perdant  » régulièrement sur la carte ou restant souvent bloquées dans des éléments du décor. Des plus le jeu n’est pas très beau (surtout sur PS2) et la maniabilité demande un très long temps d’adaptation. Mais la richesse du jeu est ailleurs : Dans ces très nombreuses idées originales.

En effet, avant AVPE, la hiérarchie du nid Alien n’était pas vraiment précise, avec AVPE, elle est bien définie et cette organisation a depuis été reprise dans d’autres médias, notamment les comics et d’autres jeux vidéos. De plus, ces idées sont maintenant inconsciemment ancrées comme évidentes et logiques pour de nombreux fans, alors que la plupart ignorent que ces idées proviennent de ce jeu.
C’est un peu la même chose pour les Predators : Jusqu’à ce jeu, les grades et rangs des clans étaient peu précis, chaque créatif pouvant travailler sur la licence étant un peu libre de décider ce qu’ils voulaient. AVPE va du coup y mettre un peu d’ordre et créer un système cohérent qui aujourd’hui fait très souvent référence, par exemple dans les comics les plus récents.
Pour ce qui est des Marines, pas grand chose de nouveau, hormis la création de certaines armes notamment l’impressionnante armure de combat, par contre il est agréable de constater que les développeurs des studios Zono se sont très largement documentés et que de nombreuses idées jusque là seulement vues dans des ouvrages comme Colonial Marines Technical Manual (indédit en France), comme les lance roquettes SADAR ou le grade de Sniper sont utilisées.


L’introduction du jeu et la première mission avec les Aliens

En résumé, malgré ces lacunes, Aliens Versus Predator : Extinction est un jeu essentiel dont les idées originales sont depuis entrées dans l’inconscient des fans comme des évidences : Un jeu à faire et résolument appréciable.

Aliens Versus Predator : Requiem sorti en 2007 exclusivement sur PSP

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Aussi étonnant que cela puisse paraître, même un film aussi exécrable que Aliens vs Predator : Requiem a eu droit à son adaptation en jeu vidéo. C’est donc la portable de Sony qui a le «  privilège  » d’accueillir cette adaptation en 2007. Sorti en catimini, le jeu est-il meilleur que le film ? Dans un sens, si vous avez vu le film, vous allez me dire que ce n’est pas très compliqué… Et vous avez raison  !

AVPR reprend donc le pitch du film : Vous incarnez le Predator Wolf et devez vous rendre à Gunnisson dans le Colorado afin faire disparaître toute trace de l’infestation Alien qui s’y déroule après qu’un vaisseau Predator s’y soit écrasé après qu’un Predalien y ait massacré les yautjas à bord. Et c’est tout… C’est la même histoire que le film quoi… Enfin bref.
Le jeu a été développé par Rebellion et est distribué par Sierra Entertainement.

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Pour être franc, AVPR sur PSP est un bon jeu : Vous incarnez donc Wolf, le Predator surarmé venu sur Terre pour botter les fesses des Aliens. Le jeu est un jeu d’action à la troisième personne (vous voyez votre personnage de dos) et vous suivez à peu de chose près le déroulement du film. Niveau gameplay, le jeu ressemble beaucoup à Predator : Concrete Jungle et on y retrouve le même genre de mécaniques de jeu, le coté plateforme étant quand même beaucoup moins prononcé dans AVPR.

Assez étonnement, AVPR est un petit jeu assez plaisant à jouer : Il est facile, plutôt varié et se laisse suivre assez facilement. Quelques heures seulement sont nécessaires pour le terminer et autant être franc, sans le bagage particulièrement pesant de statut d’adaptation de film pourri, le jeu est assez sympathique.


Présentation du gameplay du jeu

Malgré le fait qu’il soit catalogué comme «  adaptation pour le pognon d’un film pourri  » AVPR sur PSP est un petit jeu sympathique avec lequel ont passe un (court) moment assez agréable, à essayer si on le trouve à pas cher.

Aliens Versus Predator sorti en 2010 sur PC, Xbox 360 et PS3

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Attendu depuis des années, ce quatrième chapitre de la série de FPS Aliens Versus Predator arrivera finalement en 2010 sur PC, Xbox 360 et PS3. Auréolé du succès de ses opus précédents, surtout les deux épisodes PC, il était très attendu et pour beaucoup, la déception fut à la hauteur de l’attente…
Le jeu est encore développé par Rebellion est distribué par Sega.

Le jeu nous propose comme ses trois prédécesseurs d’incarner soit un Alien nommé Specimen-6, soit un Predator surnommé Dark et enfin un Marine débutant, surnommé Rookie.
L’histoire du jeu se passe sur la planète BG-386 : Des colons basés sur place y découvrent une pyramide Yautja et ni une ni deux, des scientifiques de la compagnie Weyland Yutani débarquent pour l’étudier. Ils y découvrent des œufs de xénomorphes et commencent à les étudier en laboratoire. Mais tout n’est pas du goût des Predators qui envoient trois des leurs sur BG-386 pour enquêter sur les intrus ayant profané leur lieu de culte. A leur arrivée, les Predators commencent les représailles en éliminant les intrus, permettant ainsi aux Aliens de s’échapper… Quelques humains survivants ont le temps de lancer un appel de détresse intercepté par les Marines qui à leur tour et envoient une équipe de secours sur la petite planète.
Humains, Aliens et Predators commencent alors un affrontement sans pitié et font de BG-386 une véritable zone de guerre.

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A sa sortie, ce jeu fut assez mal reçu, la plupart des critiques lui reprochant sa faiblesse graphique, son gameplay éculé et sa trop grande linéarité, ce qui n’est pas faux dans un sens car toutes ces lacunes peuvent lui être reprochées mais heureusement, il se rattrape avec d’autres qualités, moindre mais pas négligeables non plus.
En ce qui me concerne, ce nouvel AVP en FPS fut une demi-déception : D’une part parce que de base, je ne suis pas un grand amateur de FPS donc j’avais peu de moyens de comparaison et d’autre part parce que je suis fan d’Alien Vs Predator et que du coup, j’étais un peu pris à partie.

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Enfin bref, quoi qu’il en soit, il faut l’admettre, AVP 2010 est un jeu très moyen, bien loin des qualités des trois opus l’ayant précédé et les principaux reproches qu’on lui faisait et que j’ai énuméré plus haut se vérifient très vite une fois la manette en main : Premier constat, même si on est en 2010, le jeu est largement en dessous de la qualité graphique des jeux de l’époque, il n’est pas laid mais certains décors sont vides et les personnages peu détaillés. Ensuite niveau gameplay, on a un système de jeu archi-classique qui convient bien néanmoins à l’autre gros défaut du jeu, à savoir son déroulement particulièrement linéaire car c’est là son plus gros défaut : Le jeu est extrêmement dirigiste et ont ne fait que suivre un chemin prédéfini tout le long du jeu.

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Enfin l’autre gros reproche que l’on peut lui faire et que les trois campagnes sont inégales : Autant la campagne du Marine est très longue et intéressante, celle du Predator plus courte et celle de l’Alien encore moins… Visiblement, les développeurs se sont plus penchés sur la campagne du Marine au détriment des deux autres et ça se ressent très vite une fois le jeu terminé..
Par contre le jeu est doté d’un très bon scénario, faisant se télescoper les trois campagnes à de nombreuses reprises et rendant l’histoire très palpitante et surprenante.
Son autre grosse qualité et son ambiance sonore : Les sons des films sont particulièrement bien reproduits et les thèmes musicaux très dans l’esprit de la licence et on est vite plongé dans l’ambiance.


Bande annonce du jeu

AVP version 2010 est donc et comme je le dis plus haut un jeu très moyen sur tout les points, que se soit graphiquement ou niveau gameplay, le jeu se rattrape par un scénario très prenant et une très bonne ambiance sonore, ce qui il faut l’avouer, est très léger…

Aliens Versus Predator : Evolution sorti sur Androïd et IOS en 2013

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Des jeux Aliens et Predator, voir AVP sur mobiles, il y en a eu des dizaines mais autant être franc, la plupart sont des bouses : Entre les jeux d’action en 2D vu du dessus et les jeux de platesformes vu de profil, que se soient les Aliens ou les Predators, les deux races d’extra-terrestres n’ont pas vraiment été vernies par les jeux sur portables. Néanmoins, il y en a un qui réussi à sortir son épingle du jeu de façon efficace avec un jeu simple et amusant.

Le jeu se situe sur LV-412, une petite planète sur laquelle le clan des Super-Predators (vu dans le film Predators) a réussi à sécuriser une arme particulièrement efficace : Des Aliens. Il capture ainsi un membre d’un clan de chasseurs pour le confronter aux Aliens. Le chasseur résiste tant bien que mal avant de tomber sous les coups du Berserker Predator. Le chasseur a malgré tout le temps d’envoyer un signal de détresse, intercepté par un des autres membres de son clan qui viendra le venger.

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Dans AVP Evolution, vous incarnez tour à tour un Alien et un Predator dans une histoire commune aux deux créatures. Le jeu est assez simple et il suffit en général d’avancer et de tuer tout ce qui se présente à l’écran en matraquant les touches d’attaque. Il y a également un système de mise à mort assez original et assez gore.
Dit comme ça, le jeu paraît un peu basique (et ça, il l’est) mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un jeu sur portable et que ce style de jeu se prête assez bien pour décompresser vite fait en s’amusant sur son téléphone portable. De plus les niveaux sont assez courts, se prêtant assez bien à des cessions de jeu plutôt courtes.
L’histoire est également assez intéressante en reprenant des éléments du film Predators et en les ajoutant à la mythologie AVP.


Bande annonce du jeu

AVP Evolution est un petit jeu assez sympathique, peu coûteux (comptez environ 3€, un pack avec le jeu Predators est également disponible pour 4 ou 5€ je crois) et ma foi assez réussi pour un jeu sur portable, franchement pour le prix, ont peut facilement se laisser tenter.

ALIENS VERSUS PREDATOR  : LES FILMS  :

Alien Versus Predator en film, c’était un peu un fantasme de fan qui dure depuis la publication du premier comic : Souvent évoqué, souvent annulé, le projet a refait surface durant des décennies sans que cela n’aboutisse vraiment… Avant de se concrétiser en 2004 pour un résultat bien en dessous des espérances des fans et cinéphiles.

La première idée d’un film AVP fait surface en 1991 avec un scénario écrit par Peter Briggs : Baptisé The Hunt : Alien Vs Predator, à la lecture du script, pas de secrets, le scénariste adapte avec fidélité la première série de comics mais même si le script est assez enthousiasmant, il faut se rendre à l’évidence, c’est beaucoup trop ambitieux pour l’époque.
Briggs écrit une seconde version du script, selon lui une version «  allégée  », mais même cette version n’intéresse pas les cadres de la Fox qui laisseront le projet de coté.
L’échec de Alien 3 et les scores modeste de Alien : La Résurrection au box office mettront définitivement l’idée d’un film AVP au point mort pour quelques années.
Au début des années 2000, James Cameron déclare travailler sur un nouveau film Aliens. Après en avoir discuté avec Ridley Scott, Cameron a pour projet de réaliser un film revenant à la base du mythe des Aliens et explorer leurs origines, beaucoup de ces idées seront reprises quelques années plus tard par Scott lors de l’écriture du script de Prometheus.
A l’annonce de la validation du projet AVP par la Fox, James Cameron abandonnera définitivement l’idée d’un cinquième film Alien, pensant que l’idée d’un film AVP décrédibiliserait les deux licences.
James DeMonaco et Kevin Fox tentent alors leur chance avec un scénario se situant dans l’espace mais le producteur John Davis refusera l’idée, préférant un film se situant sur Terre, moins coûteux à produire et réaliser.
C’est alors que Paul WS Anderson présente à John Davis ses idées de scénario sur lequel il travaille depuis 8 ans. Séduit par les idées du réalisateur et les concept arts réalisés par Randy Bowen, John Davis donne le feu vert à Anderson qui enchaîne l’écriture du script de AVP après avoir fini celui de Resident Evil Apocalypse.
Six mois plus tard, Anderson livre un scénario détaillé à John Davis qui après quelques modifications l’approuve. Le tournage à lieu en République Tchèque, dans les studios Barrandov et certains extérieurs sont filmés en France et en Italie, notamment à Courmayeur.
Le film sort sur les écrans le 12 août 2004.

Alien Versus Predator (2004)

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AVP se passe sur Terre, en 2004 : Un satellite de la compagnie Weyland détecte une activité anormale sur l’île Bouvet en Antarctique. Après plusieurs analyses, la compagnie découvre qu’il s’agit en fait d’activité due à une source de chaleur inexpliquée, provenant d’une pyramide cachée sous la glace. Très vite, une expédition scientifique est montée afin d’aller enquêter. L’équipe est composée de scientifiques, d’archéologues, et de quelques mercenaires mais aussi d’une équipe de forage et d’une guide de haute montagne, Alexa Woods. Cette dernière s’oppose à diriger l’expédition, prétextant que l’inexpérience et la précipitation sont des facteurs dangereux, elle se rétracte au dernier moment et fini par accepter à contre cœur de diriger l’expédition.
Arrivés sur les lieux, l’équipe découvre qu’un tunnel a déjà été foré et descend à la découverte de la pyramide. Peu après leur arrivée, les scientifiques dans la pyramide se font attaquer par des Face Huggers et l’équipe restée à la surface par des Predators qui descendent eux aussi dans la pyramide.
Ladite pyramide est en fait piégée et sert de lieu de rite de passage pour les Predators, qui y libère et chasse des Aliens.
Coincés dans les dédales labyrinthiques de la pyramide, pris entre le feu croisé d’un affrontement séculaire entre deux races d’extra-terrestres, les rares survivants vont devoir tout faire pour survivre…

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Annoncé en grandes pompes par la Fox et attendu de pied ferme par les fans, AVP n’a pas fait grande impression à sa sortie : La plupart lui reprochant son ton résolument série B de luxe et un aspect trop porté sur l’action. Je peux comprendre cette déception, mais comme je l’ai dit à de nombreuses dans ce dossier, AVP, ce n’est ni Alien, ni Predator, ça n’a rien à voir et c’est quelque chose d’autre et c’est manifestement ce que beaucoup de spectateurs ont eu du mal à comprendre : Essayez de retrouver l’ambiance d’Alien ou Predator dans AVP, c’est peine perdue puisque c’est quelque chose d’autre qui n’a rien à voir avec les films «  solo  » des créatures et ça, même si visiblement Paul WS Anderson l’avait compris, ce n’était pas le cas des spectateurs qui ont boudé le film en bloc à cause de cet aspect.

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L’autre facteur à prendre en compte est également le développement chaotique du film : Même si on est loin de l’enfer que fut le processus créatif de Alien 3, Paul WS Anderson avouera à demi-mot après le tournage que les producteurs omniprésents sur le tournage lui ont mis successivement des bâtons dans les roues, déjà en imposant des idées contre son gré et surtout en réduisant son budget au fur et à mesure du tournage, forçant le réalisateur à faire des choix et mettre de coté certaines idées (à la base, par exemple, c’est une équipe de cinq Predators qui était prévue).

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Objectivement, je trouve que AVP n’est pas un mauvais film : Son scénario est assez bien trouvé (même si l’idée de la pyramide n’est pas nouvelle, voir le jeu Aliens Vs Predator 2), certaines scènes d’action sont plutôt réussies (le combat entre Celtic Predator et l’Alien Grid, ou encore le combat final) et les créatures sont montrées telle qu’elles devraient toujours l’être : Les Predators comme des êtres puissants, intelligents et vertueux et les Aliens comme des monstres agressifs et sanguinaires.

Ensuite, niveaux effets spéciaux le film est assez impressionnant : Anderson a voulu privilégier les effets spéciaux traditionnels au détriment des effets numériques, le film comporte moins de 20% de plans numériques sur sa totalité, maquettes et maquillages (signés Alec Gillis et Tom Woodruff, deux anciens assistants de Stan Winston, Gillis et Woodruff avaient déjà signé les effets et maquillages de Alien 3 et Alien Résurrection) étant majoritaires.
Par contre j’admets que son coté série B peut paraître gênant et très en décalage avec les films «  solo  » des deux créatures qui sont de vrais blockbusters d’auteurs mais Alien Vs Predator reste ce qu’il est, à savoir un divertissement honorable et de bonne facture.
Enfin, il faut savoir que le film comporte une excellente version longue qui rajoute une dizaine de minutes de film, pour le moment exclusivement disponible en DVD.


Bande annonce VF du film

Dénigré à sa sortie, AVP est un honnête divertissement qui doit être pris comme tel pour être vraiment apprécié mais l’ombre de ces deux références lui ont été particulièrement néfastes et le film à fini, selon moi, à tort dans la catégorie des nanards.

Niveau box office, AVP fut par contre particulièrement rentable : Au terme de son exploitation, il a rapporté plus de 172 millions de dollars pour un budget initial de 60 millions, soit quasiment le triple. Pas étonnant alors que la Fox, malgré des critiques calamiteuses, veuillent mettre en chantier une suite.
Déjà auréolé d’une réputation plus que douteuse, la licence cinéma AVP va avoir droit au pire traitement imaginable, toutes licences confondues, en cette année 2007 avec un film qui porte tristement bien son nom puisqu’il va enterrer la licence, cette chose filmée a pour nom Aliens Vs Predator : Requiem et ceux qui ont trouvé que AVP premier du nom était un mauvais film vont devoir revoir leur standard, car oui, AVPR, c’est pire, bien pire…

Aliens Versus Predator  : Requiem (2007)

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C’est en 2006 qu’après avoir proposé un scénario à la Fox que les frères Colin et Greg Strause sont engagés pour réaliser Aliens Vs Predator : Requiem. Le tournage a un impératif : Être terminé en 52 jours pour une sortie l’année suivante. A l’époque les frères Strause n’ont qu’une très maigre expérience de la réalisation : Avec leur société Hydraulx, ils n’ont réalisé que des clips ou des publicités et participé aux effets spéciaux de nombreux films comme 300, Titanic, Le Jour d’Après ou Volcano. Les deux frères décident de relever le défi, leur expérience des effets spéciaux numériques pouvant être bénéfique au studio qui du coup (c’est Colin Strause qui le dit) va pouvoir faire des économies… Le tournage commence le 25 septembre 2006 à Vancouver, sur un scénario de Shane Salerno.

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Suite à la mort du Predator Scar à la fin du premier film, le cadavre de celui-ci est ramené à bord d’un vaisseau Predator. Horreur, malheur, le cadavre du yautja abrité un embryon d’Alien qui naît et créé un Predalien, un hybride entre un Alien et un Predator. L’imposante créature commence a faire régner la terreur sur le vaisseau et à en décimer les occupants. En perdition, le vaisseau s’écrase sur Terre, dans une forêt près de la petite ville américaine de Gunnisson dans le Colorado. Le Predalien s’échappe, délivrant dans sa fuite une cohorte de Face Huggers détenus par les yautjas qui contaminent les malheureux humains s’approchant trop près de l’épave du vaisseau.
C’est au même moment que Kelly O’Brien, une militaire revient de son service pour retrouver sa famille et que Dallas, un ancien repris de justice reviens à Gunnisson pour y retrouver son petit frère Ricky.
Arrivé en ville, le Predalien et quelques Aliens nouvellement nés vont commencer à faire régner la terreur et transformer Gunnisson en véritable zone de guerre que même l’armée et un Predator venu chasser les Aliens ne pourront juguler…

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Dire que AVPR est un mauvais film est un euphémisme : Le film compile toutes les erreurs et lacunes imaginables pour un film de ce genre, voir les aggrave.

Première chose, le scénario : Indigent, inintéressant, doté de personnages tous plus pathétiques les uns que les autres, il ne vaut pas mieux que celui d’un téléfilm de série B fantastique. Les dialogues font parti des plus mauvais que j’ai put entendre, certaines répliques étant tellement hors contexte que certains échanges entre les personnages en deviennent presque drôle. Certains acteurs, surtout les seconds rôles, sont aussi très mauvais et les intrigues secondaires à la limite du risible (l’une des intrigues centrales du film étant de savoir sir Ricky, le tocard du lycée va serrer Jesse la bimbo blonde, pour vous donner le niveau…).
Second gros défaut, et c’est l’une des choses qu’on lui reprochera le plus, sa photographie, quasiment inexistante : le film est sombre, au point que parfois on ne comprend quasiment rien à ce qui se passe à l’écran, c’est particulièrement flagrant durant les scènes d’action durant lesquelles des zones sombres et humides gesticulent sur l’écran avec des bruits bizarres.

Enfin, le film enchaîne les séquences gores gratuites à vitesse grand V : Empalement, membres arrachés, fécondations d’humaines bien cradingue et même la mort d’un enfant, le film est gore jusqu’à l’écœurement, comme si il voulait justifier un classement interdit au moins de 16 ans toutes les 10 minutes. Enfin la réalisation est calamiteuse, encore là digne d’un téléfilm, démontrant le manque d’expérience des frères Strause dans le domaine.
Pour ce qui est des effets spéciaux, on souffle le chaud et le froid : Certains effets, notamment les effets numériques, sont d’assez bonne facture, idem pour les maquillages encore signés par le tandem Alec Gillis et Tom Woodruff Jr. Le Predator a par exemple un look particulièrement réussi, les maquillages et prothèses étant en général, l’un des atouts du film. Par contre, il y a un point particulièrement gênant, c’est le Predalien : Même si le maquillage est une réussite, lorsqu’il est joué par un acteur, la lourdeur du costume vire parfois au comique, ses déplacements patauds lui donnant une attitude nonchalante prêtant à sourire (personnellement, je l’ai toujours comparé à Casimir, de l’émission L’île aux Enfants).
Dans toute cette avalanche de médiocrité, il y a malgré tout quelques éclairs de positif : Par exemple la scène d’ouverture, présentant pour la première le monde natif des yautjas, un mur de trophées Predator particulièrement fourni (on y aperçoit par exemple un casque d’Ingénieur) mais le plus gros point positif, c’est sans conteste la musique de Bryan Tyler qui signe une bande son admirable, mixant les deux ambiances des films Alien et Predator de façon particulièrement efficace.


Bande annonce VF du film

Aliens Versus Predator : Requiem est l’un des pires films que j’ai pu voir  : Véritable nanard, accumulant défauts, maladresses, erreurs et incohérences, c’est d’autant plus navrant que ce film soit attaché à deux licences aussi prestigieuses que Aliens et Predator. Le film signera d’ailleurs l’arrêt de cette licence au cinéma et mettra au point mort tout projet cinématographique utilisant l’un des deux univers.
Il faudra attendre 2012 avec le retour de Ridley Scott et le succès de son film Prometheus (Un spin-of d’Alien) pour redonner de l’intérêt aux producteurs pour ces licences.

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Après ces trois parties, des heures d’écriture et de recherches complétées par des connaissances personnelles, c’est avec un pincement au cœur que je vous annonce qu’il est maintenant tant de conclure  !

Aliens et Predator sont des créatures et univers mythiques de l’imaginaire collectif : Ancrées dans l’esprit des fans de science fiction comme des références, l’univers conjoint d’Aliens Versus Predator créé dans les comics s’est depuis largement démocratisé au travers de jeux vidéos et de deux films à la réputation sulfureuse. AVP reste néanmoins une licence à part entière ayant sa propre mythologie, qui même détachée de ces deux univers natifs mérite tout autant d’intérêt et j’espère au travers de ce dossier vous avoir donné l’envie de vous plonger dans cette guerre séculaire.

1 : Le seul jeu Predator à retenir est Predator : Concrete Jungle (sorti sur PS2 et Xbox en 2005) qui malgré quelques lacunes, notamment graphiques, réussissait parfaitement à retranscrire l’ambiance et l’esprit des films. Les Aliens y font d’ailleurs un caméo le temps d’une mission.

2 : La Game Boy ne sera pas vraiment vernie puisque la seconde incursion des xénomorphes sur son petit écran monochrome se fera la même année avec l’adaptation de Alien 3, considéré comme un des jeux Alien les plus mauvais jamais sortis.

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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 27


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Aliens Versus Predator : 2ème partie

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Historique des comics Aliens et Predator

C’est donc en 1988, soit deux ans après la sortie de Aliens le Retour, que Dark Horse se lance dans l’aventure des comics Aliens en obtenant les droits du second film.
Dés lors ils mettent en branle un univers étendu autour de la franchise, ayant pour base le second film Aliens. Les trois premières séries de comics Aliens vont souvent changer de direction éditoriale, d’abord considérées comme des suites officielles au film Aliens, Le Retour prenant comme héros les personnages de Hicks, Newt et Ripley, la sortie d’Alien 3 va changer cet état de fait et la solution la plus simple sera donc de tout simplement changer les noms des protagonistes : Hicks deviendra Wilks, Newt, Billie et Ripley, qui pour une raison qui m’échappe, gardera son nom d’origine.

2Au niveau des titres et appellations, ces trois séries originelles vont aussi changer souvent de nom : D’abord sobrement intitulé Aliens Book 1, 2 et 3, ces trois séries auront des noms divers, faisant tourner la tête des fans de la franchise : Quasiment chaque nouvelle édition se verra renommer : Outbreak, Earth War, Female War, Nightmare Asylum, les noms divers et variés vont s’enchaîner pour ces trois séries qui sont la fondation de la ligne de comics Aliens et vont en définir les codes, aussi bien visuels que scénaristiques.

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Je ne m’attarderai pas aujourd’hui sur ces trois séries, mais j’y reviendrai probablement prochainement, tant leurs qualités sont indéniables (1).
A ce jour, plus d’une cinquantaine de mini-séries et autres one-shots ont étaié publiées par Dark Horse mettant en scène les monstrueux xénomorphes.

Pour ce qui est des comics Predator, c’est un peu le même chemin que pour les comics Aliens  : Après avoir vu le film en salle, Chris Warner à l’époque éditeur chez Dark Horse, est convaincu qu’il faut que la société acquiert au plus vite les droits du film, ce qu’il fait. Deux ans plus tard, en 1989, est publié le premier numéro du comic Predator, sobrement intitulé « Predator » puis rebaptisé lors de ses rééditions suivantes Predator : Concrete Jungle, la mini-série sera d’ailleurs reconnue plus largement sous ce nom.

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Le scénariste Mark Verheiden (en collaboration avec Chris Warner) va profiter du fait que le premier film Predator ne fait qu’esquisser le comportement de la créature : Verheiden va alors créer de nouveaux éléments et développer les aspects rapidement présentés dans le film tout autour du Predator : Du système de chasse au code d’honneur, il va donner au chasseur extra-terrestre une dimension encore plus tribale et rituelle. Le scénariste va également délocaliser l’action en ville, donnant ainsi au Predator un nouveau terrain de chasse et de nouvelles possibilités d’actions.

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Voulu, comme pour les comics Aliens, comme une suite plus ou moins officieuse du film, cette première série Predator reprend certains personnages du film comme Dutch Schaefer (le personnage incarné par Arnold Schwarzenegger dans le premier film) mais en reste suffisamment éloignée pour ne pas se retrouver dans le marasme éditorial dont furent l’objet les premiers comics Aliens.
Predator version comics est à l’image des mini-séries Aliens, une grande réussite, aussi bien créativement que commercialement.

Cela étant dit, revenons au sujet qui nous intéresse aujourd’hui.

La Genèse d’AVP

A la fin des années 80, Dark Horse est le leader incontesté des comics à licence cinématographique sur le marché : Mise à part Aliens et Predator, l’éditeur possède également les droits de la poule aux œufs d’or Star Wars, mais aussi Terminator, Robocop et nombre d’autres films plus ou moins populaires.
C’est lors d’une réunion éditoriale afin de trouver de nouvelles idées, notamment des crossovers (l’idée de Batman Vs Predator sera d’ailleurs abordé pour la première fois durant cette réunion, idée rapidement écartée car jugée ridicule… Pour la petite histoire, par la suite, Batman croisera à 4 reprises les chasseurs extra-terrestres ! C’est d’ailleurs le super-héros qui croisera le plus souvent leur route) que Chris Warner, parti aux toilettes, a une idée toute simple  : Aliens appartient à Fox, Predator aussi, Dark Horse a les droits des deux séries, pourquoi ne pas faire Aliens Vs Predator  !

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Chris Warner contacte alors rapidement la personne en charge des licences Fox qui, très emballé par l’idée, lui donnera immédiatement le feu vert pour démarrer la série.
C’est au débutant Randy Stradley (toujours en collaboration avec Chris Warner) qu’est confié la tache de créer une histoire autour de cette rencontre à la fois excitante et improbable. Quand aux dessins, ce sera un autre débutant, Phil Norwood, qui s’y collera.
La série est teasée pour la première fois dans les magazines Dark Horse Presents 34 à 36, de novembre 1989 à janvier 1990. Ces trois prologues, d’abord sur Aliens, puis Predator et enfin les réunissant tout les 2, auront l’effet voulu et la publication du premier numéro de Aliens Vs Predator est un énorme succès.

Partie 1  : La trilogie Machiko Noguchi

Publié en France sous le titre Aliens Vs Predator : Une Chasse à l’Homme, la série originale AVP est précédée de trois prologues de quelques pages (2) : Dans le premier, on assiste à une mystérieuse industrialisation de la ponte d’œufs Aliens, montrant une redoutable Reine Aliens enchaînée sur une chaîne, forcée de pondre des œufs pour un but indéfini…
Le tout est supporté par la conversation entre deux pilotes humains, débattant de la légitimité et du droit que se donne les humains de coloniser des planètes inhabitées.
Dans le second prologue, ont fait la connaissance de Top Knot et Broken Tusk, deux Predators rivaux s’affrontant pour prendre la tête de leur clan. Le tout est encore supporté par une conversation entre deux humains, cette fois-ci sur la soif de pouvoir des compagnies et autres organisations spatiales.
Enfin dans le dernier prologue, on comprend le pourquoi de la ponte forcée de la Reine Alien du premier prologue et du combat pour la suprématie du clan du second : Les fameux œufs Aliens sont en fait largués sur des planètes sauvages et une fois les Aliens nées, les Predators s’y rendent pour les chasser, cette chasse étant une des plus glorieuses, d’où le combat entre les deux rivaux du second prologue. Encore une fois, toute cette courte histoire est supportée par la conversation entre deux humains, concernant cette fois-ci le frisson et les sensations provoquées par la chasse.

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Suite à ces trois prologues, est publié en 1990 le premier numéro de Aliens Vs Predator.
9L’histoire commence sur la petite planète fermière Ryushi. Cette petite planète semi-déserte, récemment colonisée par la Chigusa Corporation, abrite une colonie nommée Prosperity Wells spécialisée dans l’élevage de Rynths, des gros bovins à mi-chemin entre le bœuf et le rhinocéros.
Cette colonie est dirigée tant bien que mal par Machiko Noguchi, jeune cadre de la Chigusa qui peine à faire respecter son autorité, surtout auprès des éleveurs plus anciens, très influencés par Ackland, le plus gros éleveurs de Rynths de Ryushi. C’est dans cet environnement à la fois tendu et machiste, sur une planète aux conditions climatiques extrêmes que la jeune femme tente tant bien que mal de faire fonctionner cette colonie.
Alors que la situation devient de plus en plus tendue sur la petite planète, de mystérieux objets s’écrasent sur Ryushi, libérant des œufs d’Aliens qui vont infecter en masse les troupeaux de Rynths. Seulement, pour les Predators, Ryushi est encore une planète inoccupée et à leur arrivée, les Aliens sont bien plus nombreux que prévu…
Bien loin de les décourager, cette opulence de proies potentielles, humains et Aliens, ne va qu’exciter encore plus la soif de chasse des chasseurs extra-terrestres qui vont se délecter de cette aubaine.
En quelques jours, la petite planète tranquille va se transformer en véritable zone de guerre opposant deux races extra-terrestres, avec les humains au centre. Spectatrice et actrice de cette guerre, Machiko Noguchi va tout faire pour endiguer le désastre se déroulant sur Ryushi…

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Dans le contexte de l’époque, il faut savoir que seulement deux films Alien étaient sortis lors de la publication du premier numéro de AVP, que quasiment aucun élément du premier film Alien n’y sont abordés (Dark Horse n’ayant à l’époque que les droits du second film, ceux du premier étant encore et toujours détenu par Heavy Metal) et que seulement le premier film Predator était sorti sur les écrans (le second film Predator sortira durant la publication du comic AVP, sans que l’équipe du film ne soit au courant de la création de la BD).
Cela laissait donc à Randy Stradley et Chris Warner tout le loisir de développer une mythologie commune aux deux créatures, ce qu’ils vont brillamment réussir : Bien loin de céder au schéma classique du crossover en comic (Rencontres / Affrontement / Union contre une menace commune), les deux scénaristes vont créer tout un nouvel univers commun aux deux créatures, reprenant certes des éléments des deux films, mais réussissant toutefois à s’en décrocher pour vivre indépendamment des deux licences originelles.

D’ailleurs, petite aparté au passage, je le précise encore, l’ayant déjà fait dans la première partie, AVP, ce n’est ni Aliens, ni Predator, c’est un troisième univers à part, qui vit indépendamment des deux autres licences. Si vous aimez Aliens, si vous aimez Predator, sachez que AVP, c’est autre chose de totalement différent.

Dans l’univers de AVP, les deux races d’extra-terrestres sont liées, éternellement rivales, que se soit dans les rituels et la vie des Predators que dans le développement des Aliens. Bien plus que de créer une histoire mettant face à face deux monstres mythiques du cinéma, AVP c’est un univers complet, intéressant et développé que vont créer Chris Warner et Randy Stradley, un tour de force, magnifié par les dessins de Phil Norwood, à la fois réalistes et détaillés.

Mini-série en 4 numéros plus un numéro 0, AVP, bien loin d’être une bande dessinée opportuniste, devient immédiatement une référence dans le domaine des crossovers : Bien écrite, bien dessinée et commercialement rentable, elle lance la mode des crossovers qui sera très en vogue dans les années 90. AVP est encore aujourd’hui une véritable référence dans le domaine des crossovers, une œuvre fondatrice, exemplaire par ces qualités que tout amateur de comics et ou de cinéma se doit de lire au moins une fois.

Aliens Vs Predator  : Blood Time

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Suite au succès de la première mini série AVP, Dark Horse va en profiter pour battre le fer tant qu’il est chaud et enchaîner avec deux histoires courtes faisant référence aux tragiques événements de Ryushi, la première est Blood Time, publié en 1994 dans le numéro 25 du magazine Dark Horse Comics (3).
Toujours scénarisée par Randy Stradley et dessinée par Phil Norwood, on y retrouve Top Knot, le Predator déjà apparu dans la première mini série AVP. Durant une chasse aux Aliens, un autre Predator, Two-Stripes, va tricher et s’attirer les foudres de son clan, Top Knot en tête.

Cette histoire met bien en avant le coté rituel et solennel des chasses parmi les Predators et en développe encore plus l’idée de code d’honneur régnant parmi ces chasseurs galactiques. C’est une histoire relativement courte, mais superbement dessinée (les progrès évidents de Phil Norwood sont flagrants) et très intéressante.

Aliens Vs Predator  : Duel

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Seconde histoire, cette fois-ci en deux numéros, reprenant pour base les événements de Ryushi, Duel est publié en mars et avril 1995 dans deux magazines éponymes (4).
Toujours écrite par Randy Stradley, elle est dessinée par Javier Saltares.
Duel raconte l’histoire d’une escouade de Marines Coloniaux partie enquêter sur Ryushi peu après la catastrophe de la première mini-série. Arrivés sur place, les soldats n’y trouvent qu’une colonie désertée par les humains, sur laquelle pullule encore beaucoup d’Aliens, ils y croisent également le chemin de Predators restés sur place pour mettre fin à la peste Alien régnant encore sur Ryushi.
Très vite, les militaires se retrouvent dans le feu croisé de cette guerre qui semble s’éterniser sur la petite planète. Surtout que comme sacrilège ultime pour la bande de chasseur, un Predator semble avoir été fécondé par un Alien, faisant naître une créature jusque là jamais vu.
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Duel est un récit intéressant sur de nombreux points : Déjà il ramène dans la mythologie AVP des éléments du second film Aliens avec les Marines Coloniaux, en apporte de nouveau avec la première apparition du Predalien (un Alien issue de la fécondation d’un Predator), laissant donc entendre que lorsque un Alien se développe dans un organisme différent, il peut donner naissance à une toute nouvelle créature.
Cette idée d’Aliens hybrides sera par la suite largement exploitée, que ce soit dans les comics AVP, Aliens ou même les jeux vidéos.
Autre point intéressant amené par cette histoire, on y voit un Predator s’allier avec un humain sans autre raison que de défendre sa propre vie, faisant ainsi évoluer les Predators et prouvant qu’ils peuvent parfois aller au delà de leurs propres coutumes et traditions.
Certes relativement courte, c’est une histoire intéressante, amenant beaucoup de pistes et d’idées nouvelles.

Aliens Vs Predator  : War

War est la seconde mini-série Aliens Vs Predator. Publiée en 4 numéros, elle est la suite directe de la première mini-série AVP et de la mini-série Aliens : Frenzy, dont elle reprend les personnages principaux.
Avant de parler plus en détail de War, je vais vous parler rapidement de Aliens : Frenzy (Aliens : Berserker lors de sa première publication), War y étant rattaché directement, un petit point sur cette mini-série est donc nécessaire.

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Frenzy est publiée de janvier à mars 1995, écrite par John Wagner (un des co-créateurs de Judge Dredd) et dessinée par Paul Mendoza, sur des couvertures de Killian Plunkett.
Frenzy a pour personnages principaux une équipe d’anciens militaires et ou victimes des Aliens réunis dans un but commun : Détruire les Aliens !
A bord de leur vaisseau, le Némésis, ils scrutent l’espace à la recherche de la moindre trace des xénomorphes afin de les exterminer. Lourdement armée, la fine équipe utilise notamment des armures de combats hyper-perfectionnées et tout un arsenal d’armes de destruction massive pour mettre fin à la moindre tentative des parasites de se développer.
Mais l’équipe va tomber sur un os en abordant la station spatiale Terminal 949 qui après un accident en soute, va devenir le plus gros nid d’Aliens jamais vu en infectant des milliers de personnes.

[SPOILER] L’équipage réussira de justesse à endiguer l’épidémie en faisant exploser la station avec une bombe thermonucléaire, endommageant le Némésis et se retrouvant à la dérive dans l’espace [Fin du SPOILER]

Le point étant fait en ce qui concerne Aliens : Frenzy, revenons à War.

Aliens Vs Predator  : War est une mini-série en 4 numéros publiée de mai à août 1995 plus un numéro 0 reprenant les différents teasers ayant été publiés dans le magazines Dark Horse Insiders de janvier 1992 à février 1993. Le scénario est une fois de plus écrit par Randy Stradley et les dessins sont de Chris Warner (#0), Mike Manley (#1 et 2), Jim Hall (#3) et Mark G. Heike (#4) (5).

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On retrouve donc dans War la jeune Machiko Noguchi : Traumatisée par les événements de Ryushi, elle a décidé de suivre les Predators afin de devenir une chasseuse d’Aliens émérite et ainsi être prête à affronter de nouveau les terribles xénomorphes.
Seulement, la vie parmi les chasseurs est difficile et la jeune femme commence sérieusement à regretter son geste et n’aspire qu’à retrouver au plus vite la civilisation… Seule, mise à l’écart, elle ne doit sa relative tranquillité qu’au fait d’avoir été la protégée du respecté Predator Broken Tusk et de porter sa marque. Le nouveau leader du clan, Top Knot, ne l’apprécie pas vraiment et ne fait que lui tendre piège sur piège…
Elle est également en rivalité avec Shorty, un jeune Predator, et le duel l’opposant à ce dernier (durant lequel Shorty va tricher sans être inquiété) va la conforter dans le fait qu’elle ne sera jamais acceptée parmi eux et lui confirmer l’idée qu’elle doit au plus vite regagner les humains.

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Avec une radio qu’elle a gardé de son ancienne vie, elle capte un jour l’appel de détresse d’une petite planète, cette petite planète nommée Bunda est en fait le terrain de chasse des Predators qui y ont déjà largué des œufs d’Aliens. Pendant ce temps, l’équipage en perdition du Némésis a réussi à se poser sur cette petite planète sauvage seulement occupée par un poste d’observation humain…
Très vite la situation devient infernale sur la petite planète et Machiko se met en route pour porter secours aux humains s’y trouvant.
Pour Machiko, c’est l’occasion inespérée de regagner la civilisation mais pour cela elle va devoir s’enfuir du vaisseau Predator, et les monstrueux chasseurs n’acceptent pas facilement que l’on quitte leur clan. Machiko va alors se servir de ses pires ennemis, les Aliens, afin de s’enfuir et créer de nouveau son pire cauchemar, volontairement cette fois-ci, en faisant s’affronter les deux races d’extra-terrestres.
Machiko va t’elle arriver à temps pour porter secours aux humains de cette planète est les infortunés du Némésis  ?

Alors que le premier chapitre s’attardait un peu plus sur les Aliens, ce second volet de la trilogie AVP consacré à Machiko Noguchi s’attarde plus sur les Predators, leurs traditions et leurs coutumes.
L’histoire est assez dense et est très élaborée, reprenant beaucoup d’éléments des deux séries de films. L’influence du film Predator 2 se fait également beaucoup ressentir dans le comportement des Predators, plus organisés, plus clairs et compréhensibles dans leurs coutumes et comportements.
Néanmoins, je dois avouer que la place des Aliens est assez réduite, leur donnant certes un rôle important mais beaucoup moindre que celui des Predators, largement mis en avant.
War reste néanmoins un comic particulièrement divertissant, rythmé et très porté sur l’action, digne successeur de la première série, imposant Machiko Noguchi comme un personnage essentiel de la mythologie Aliens Vs Predator.

Aliens Vs Predator  : Third World War

Chapitre final de la trilogie Aliens Vs Predator consacrée à Machiko Noguchi, Aliens Vs Predator : Troisième Guerre des Mondes en français (6) est publié aux États Unis de janvier à septembre 2010, soit 15 ans après le précédent chapitre. Toujours scénarisé par l’inusable Randy Stradley, cette mini-série en 6 épisodes est dessinée par Rick Leonardi.

Sur une petite planète minière éloignée, des Predators d’un nouveau genre débarquent et massacrent sans raison apparente à l’aide de xénomorphes dressés tous les civils se trouvant sur place. Un comportement aussi improbable que surprenant de la part d’êtres glorifiant le combat et la gloire d’une chasse honorable.
Dépassés par les événements, le corps des Marines Coloniaux fait alors appel à la seule personne capable des les aider à comprendre cette attaque aussi violente qu’incompréhensible : Machiko Noguchi.
Vivant recluse avec secs amis survivants du désastre de Bunda (voir plus haut), elle vit de safaris de chasse pour hommes fortunés qu’elle organise elle-même. Machiko refuse dans un premier temps d’aider les militaires avant qu’une vidéo montrant ces Predators « Tueurs » lui fasse resurgir des bribes du code d’honneur que lui ont inculqués les Predators « Chasseurs » durant l’année qu’elle a passé avec eux.
A contrecœur, elle accepte d’aider les soldats à mettre fin au règne de terreur des « Tueurs » et pour cela, les humains doivent réussir une véritable prouesse : S’allier le temps de cette guerre avec les « Chasseurs ». Retour sur Ryushi pour Machiko qui une fois sur la maudite planète réussi à obtenir la confiance du clan de Predators sur place.
Contre la menace des « Tueur  », humains et yautjas vont devoir lutter et se battre ensemble, cote à cote, dans cette guerre des mondes.

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Chapitre final de la trilogie Machiko Noguchi, AVP : Troisième Guerre des Mondes est scénaristiquement à la hauteur des deux chapitres précédents, une véritable réussite : La maîtrise de Randy Stradley sur l’univers qu’il a créé plus d’une décennie plus tôt est admirable.
Encore une fois le scénariste apporte de nouveaux éléments et livre un récit novateur, plein de nouvelles idées, rythmé et intéressant : Carton plein donc niveau histoire pour cet ultime chapitre qui porte bien son nom, nous livrant des scènes de guerre dantesque opposant Predators, Aliens et humains.
Si du point de vue de l’histoire,  AVP : Troisième Guerre des Mondes tient toute ces promesses avec son récit de massacre galactique gigantesque, niveau dessin et bien, c’est une autre paire de manches… Comme dit plus haut, c’est donc Rick Leonardi qui s’y atèle et autant être franc d’emblée : C’est mauvais.
Dés la première apparition d’un Predator et d’un Alien, le constat est édifiant, le dessinateur n’était pas taillé pour dessiner ce genre de récit. Son trait est imprécis, limite brouillon, certaines planches sont désespérément vides de décors, les personnages sont à peine détaillés (surtout lorsque l’on sait que les Aliens et les Predators, de même que les Marines Coloniaux sont des personnages très graphiques demandant une maîtrise certaine des détails) et les lacunes de l’artiste ne font que s’aggraver au fur et à mesure du récit, gâchant la lecture de façon très désagréable.

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Bilan en demi-teinte donc pour ce chapitre final  : Randy Stradley maîtrise à merveille son univers, le récit est très réussi mais est parasité par des dessins à peine acceptable. Leonardi n’a pas l’étoffe d’un Phil Norwood ou d’un Mike Manley et c’est bien dommage.

Partie 2  : Les autres comics AVP

Suite aux deux premières mini séries AVP, Dark Horse va bien comprendre que le filon rapporte et va mettre en branle d’autres séries estampillées AVP, entre one shots, mini séries et autres numéros spécials et annuals, voici une rapide présentation de deux autres comics AVP auxquels je vous conseille de jeter un œil.

Aliens / Predator  : Deadliest of the Species (7)

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L’un des comics AVP les plus ambitieux  : Mini-série en 12 numéros, écrite par la superstar Chris Claremont et dessinée par Jackson Guice et Eduardo Barreto sur des couvertures de John Bolton, Deadliest of the Species raconte l’histoire de Caryn Delacroix, une jeune femme vivant recluse sur une planète idyllique : Mariée à un riche industriel, sa vie n’est faite que de détente et réceptions mondaines.
Mais quelque chose ne va pas dans sa vie sans qu’elle sache vraiment quoi : Chaque nuit, ses rêves sont agitées et rythmées par des récits de chasses en compagnie de géants extra-terrestres. La découverte sur sa propre planète de cadavres aux ventres explosés vont vite lui faire revenir des souvenirs enfouis, Caryn n’est peut être pas la femme qu’elle croit être…

Récit très riche, plus long qu’à l’accoutumée, Deadliest of the Species est une franche réussite que je conseille assurément, surtout aux fans de Chris Claremont qui découvriront une nouvelle facette du scénariste.

Aliens Vs Predator  : Eternal (8)

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Mini-série en quatre numéros écrite par Ian Edginton et dessinée par Alex Maleev.
Alors qu’elle enquête sur le maintien de la paix dans un petit pays d’Afrique, une journaliste assiste impuissante au massacre de la délégation par des êtres invisibles et surarmés. Survivant miraculeusement à l’attaque, elle commence une enquête qui la mènera jusqu’au Japon sur les traces d’un richissime industriel âgé de 700 ans se servant de la technologie Predator pour assurer sa longévité. Mais dans le vaisseau qu’il a volé aux chasseurs, l’industriel en question va découvrir une mystérieuse cargaison qui risque de signifier sa perte  : Des xénomoprhes.

Comic très original, bien écrit et superbement dessiné par un Alex Maleev au top de sa forme, Eternal est une très bonne lecture sortant des sentiers battus et se différenciant des autres productions en traitant les Aliens et Predators comme ils sont dans les films : Les Predators restent ces êtres mystérieux, sombres et impressionnants et les Aliens des créatures redoutables et violentes. Un très bon moment de lecture.

Partie 3  : Crossovers

Des crossovers avec les Aliens et les Predators, il y en a eu beaucoup : Sans en faire une liste exhaustive, les xénomorphes et les yautjas ont croisé bon nombre de personnages issus d’univers de comics divers et variés : Des super héros DC Comics (La trilogie Batman Vs Predator, Superman Vs Aliens ou encore Justice League Vs Predator pour ne citer que quelques exemples parmi d’autre…), les WildCATS, aux improbables Tarzan Vs Predator ou encore Archie Vs Predator, la liste est longue mais les crossovers réunissant Aliens, Predator et d’autres personnages issus d’un autre univers est plutôt rare et là où un simple crossover peux donner des résultats plutôt satisfaisants simplement (notamment les excellents Batman Vs Predator, Superman Vs Aliens ou Judge Dredd Vs Aliens : Incubus), ce genre de crossover géant est un exercice risqué, certains ont quand même tenté l’expérience… Petit tour d’horizon de ces raretés, souvent à éviter…

Witchblade / The Darkness / Aliens / Predator  : Overkill (9)

Étant moi-même un grand fan des studios Top Cow et de leurs productions, qu’elle ne fut pas ma joie de découvrir ce crossover géant  ! Et rapidement j’ai déchanté…

L’histoire d’Overkill est simple, surtout parce qu’elle a surtout un furieux air de déjà-vu : Lors d’une canicule à New York, une guerre des gangs opposant italiens et jamaïcains fait rage et la police est débordée… Sara Pezzini, détentrice de la Witchblade, une arme symbiotique ancestrale et officier de police à New York est sommée ainsi que ses collègues de régler au plus vite cette guerre des gangs. Elle fait donc appel à une de ses connaissances, Jackie Estacado, mafieux notoire et héritier du Darkness, un pouvoir mystique surpuissant. Ils vont s’allier et découvrir qu’en plus de cette guerre des gangs, un mystérieux géant sème des cadavres dans son sillage en utilisant de monstrueuses créatures comme chien de chasse.

Niveau scénario, comme vous pouvez le constater, pas de secrets : Il ne s’agit qu’un bête décalcomanie du scénario du film Predator 2… Niveau originalité on repassera donc, d’autant plus que cet ersatz de scénario est signé Paul Jenkins qui soyons franc, nous a déjà habitué à beaucoup mieux.
Par contre, si il y a un point indéniable pour lequel Overkill n’est pas critiquable, ce sont ces dessins, absolument magnifiques, ils ont été réalisé à six mains par une équipe de choc : Tout d’abord Joe Benitez, la star montante de l’époque chez Top Cow, Brian Ching et surtout le beaucoup trop rare Clarence Lansang. Overkill c’est un déluge visuel absolument épatant, qui rien que pour ses dessins vaut véritablement le détour.

Un livre somme toute intéressant, surtout pour ses dessins sans pareils.

Witchblade / The Darkness / Aliens / Predator  : Mindhunter (10)

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Alors que Top Cow s’est chargé de Overkill, Dark Horse publie Mindhunter quelques mois plus tard avec ce second tome de ce quadruple crossover.

Alors qu’elle fait un cauchemar concernant les Aliens et ses souvenirs de l’enfer que fut la folle journée de Overkill (voir plus haut), Sara Pezzini se réveille en stase en compagnie de Jackie Estacado sur une mystérieuse station spatiale.
A leurs réveils, ils découvrent qu’une version futuriste de Kenneth Irons (le pire ennemi de Witchblade) tente d’infecter la terre en y envoyant des Aliens. Loin d’être d’accord, Sara Pezzini et son acolyte se mettent en marche pour contrecarrer les plans du personnage.
Mais rien ne va plus quand un groupe de chasseuses Predator débarquent elles-aussi sur la station spatiale et qu’un Alien féconde un des démons du Darkness, enfantant une créature surpuissante et redoutable, visiblement indestructible.

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La version Dark Horse de ce crossover géant est quand même un peu plus fouillé niveau scénario et se permet plus de choses, notamment en apportant tout un lot de concepts et de nouveautés : On y aperçoit pour la première fois clairement des femelles Predator (Big Mama, la femelle Predator de Deadliest of the Species n’ayant pas un physique très différent de celui des mâles) et on fait la connaissance d’un des hybrides Alien les plus redoutables, le terrible Darkalien.
Néanmoins, le scénario ne court pas après l’originalité et cette histoire d’industriel véreux cherchant à utiliser les Aliens est un peu le genre de scénario redondant dans les comics Aliens et ça a souvent était fait, de manière plus intelligente d’ailleurs (voir par exemple le très bon AVP : Eternal de Ian Edginton et Alex Maleev, cité plus haut). L’histoire en elle-même donc, sans casser trois pattes à un canard, se laisse lire. Niveau dessin, Mel Rubi livre une prestation honorable, même si son style, je trouve, légèrement cartoon ne colle pas vraiment à ce genre de récit.
Plus intéressant que Overkill grâce à son scénario un peu plus ambitieux, Mindhunter reste malgré tout une lecture assez anecdotique, à réserver aux fans purs et durs d’une ou des 4 licences concernées.

Aliens Vs Predator Vs The Terminator (11)

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Affiche de rêve, il aura quand même fallu de nombreuses années à Dark Horse avant de se faire s’entrechoquer trois de ces plus grosses licences cinématographiques. Est-ce que l’attente en valait la chandelle ? Réponse maintenant.

Dans le futur, l’androïde Annalee Call a rejoint un groupe clandestin de rebelles et de pirates dont le but est contrer les tentatives de compagnies ou de conglomérats de nuire à la race humaine.
C’est ainsi qu’elle apprend qu’un scientifique travaille actuellement sur des hybrides d’Aliens  ! Avec le souvenir encore très présent du désastre de l’Auriga (voir le film Alien Résurrection), Call se met en tête de retrouver Ripley 8, le clone d’Ellen Ripley, afin de profiter de ses capacités liés aux Aliens. Call réussi à la convaincre et lors de leur première investigation, il découvre que le scientifique en question est en fait un robot de type jusque là inconnu. En fouillant la mémoire de ce robot, Call y découvre une vérité dissimulée depuis des années par les militaires régnant depuis sur Terre : Le monde ne fut en fait pas détruit par des catastrophes nucléaires mais par une guerre opposant hommes et machines nommée Guerre du Jugement Dernier ! Heureusement, les humains ont gagnés mais avant de perdre, Skynet, l’ordinateur commandant les machines, a envoyé des Terminators autonomes un peu partout sur Terre dont le rôle est de s’intégrer parmi les humains et de saisir la moindre occasion de les exterminer. Ce scientifique était un de ces Terminators. Dans le même temps, une bande de Predators aborde et dévaste le centre de recherche et kidnappe Ripley 8.

30Même si l’idée de départ est plutôt bonne et fonctionne assez bien (lier l’univers du film Alien Résurrection à celui de Terminator), à environ les deux tiers, le récit se perd dans un déluge d’action débridée un peu navrant pour se conclure sur une fin bâclée. De plus, l’histoire, même si elle emprunte beaucoup d’éléments de Alien Résurrection est principalement basée sur la mythologie Terminator, les Aliens y font limite de la figuration et que dire des Predators, dont on peine à vraiment saisir la présence dans l’histoire.
Malgré un pitch de départ intéressant, le scénariste Mark Schultz offre une histoire bancale, gâchée par une fin classique assez décevante de classicisme. Aux dessins c’est de nouveaux Mel Rubi qui s’y colle et j’avoue que son travail est bien plus réussi que sur Mindhunter, les personnages de Alien Résurrection ressemblant à merveille aux acteurs du film.

Malheureusement, encore un crossover qui ne tient pas toutes ces promesses, malgré des intentions plus que louables.

Superman & Batman Vs Aliens & Predator (12)

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Après s’être frottés indépendamment de leur cotés aux Aliens et aux Predators, Batman et Superman se retrouvent unis pour affronter les terribles xénomorphes et les belliqueux yautjas. Affiche enthousiasmante, artistes chevronnés aux commandes, ce crossover géant sera t’il enfin l’exception qui confirme la règle  ? Pas sûr…

Alors qu’ils enquêtent chacun de leurs cotés dans leurs villes respectives de Gotham City et Metropolis, Batman et Superman se retrouvent confrontés une nouvelle fois aux Predators. Leurs investigations les conduisent tout deux en Amérique du sud où ils découvrent une colonie visiblement pacifique de Predators vivant dans une cité souterraine à proximité d’un volcan, ladite citée étant protégée par des Aliens faisant office de chiens de garde. Seulement, il y a un hic : Le volcan est agité de séismes, l’éruption est proche et les Predators ont en fait attiré Superman dans leur repaire afin de solliciter son aide. Ni une ni deux, Batman et Superman élaborent un plan afin de renvoyer ces Predators « Pacifiques » chez eux, mais la réalité est en fait tout autre et l’altruisme des deux héros va bientôt se retourner contre eux…

Là encore, le plus gros défi est de faire coexister quatre personnages ensemble en leur donnant une importance égale : Malheureusement, Mark Schultz ne réussi pas vraiment à s’en tirer. Batman et Superman sont de toute évidence deux personnages qui fonctionnent très bien ensemble, les récits les réunissant étant la plupart du temps très réussis, donc pas de soucis en ce qui concerne les deux super-héros, non, ici, même si les Predators sont bien représentés, ce sont les Aliens qui pâtissent une fois de plus d’une exploitation à peine esquissés.
Les xénomorphes sont ainsi réduits à l’état de vulgaire chair à canon, leur présence ne servant qu’à justifier des scènes de castagne. L’histoire est de plus assez prévisible et vire parfois même au grand n’importe quoi (le combat final entre Superman et la Reine Alien). J’avoue avoir été assez déçu par la seconde moitié du récit, même si le pitch de départ laissait augurer le meilleur.

Niveau dessins, là par contre, c’est l’extase : Aux commandes visuelles de ce crossover, on retrouve l’artiste numérique Ariel Olivetti qui fourni une prestation absolument ébouriffante, chaque planche étant une véritable merveille et au final, les dessins sont en fait et surtout le plus gros avantage de ce crossover, dommage…

A suivre, dernière partie du dossier Aliens Vs Predator : Entre jeux vidéos, figurines et films (Sigh…) que vaut l’univers de AVP en dehors des comics ? Réponse le mois prochain.

1 : En 2016, Dark Horse a sorti une édition anniversaire de la série de comics originale avec la traduction de l’époque et les noms des personnages originaux, l’éditeur Wetta l’a également publiée en France la même année.

2 : Publiée en France en 1996 par Dark Horse France, l’édition française collecte également les trois prologues, ces deux tomes n’ont jamais été réédités à ce jour.

3 – 4 – 5 : Publiée en France dans les tome 3 et 4 de Aliens Vs Predator, intitulés War

6 : Publié en France par Soleil US en 2010, deux tomes

7 : Publié partiellement en France chez l’éditeur Le Téméraire sous le nom Aliens / Predator   Espèces Meurtrières, seulement un tome fut publié avant que l’éditeur ne fasse faillite.

8 : Publié en France par Wetta en 2008

9 : Publié en France par Semic dans les magazines Darkness Hors Série 3 et Witchblade Hors série 6, jamais réédité.

10  : Publié en France par Semic dans le magazine Witchblade Hors série 7 puis par Soleil US en 2012

11  : Publié en France par Wetta en 2007

12  : Publié en France par Soleil US en 2010

 

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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 26


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Aliens Versus Predator : 1ère partie

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En tant que fan, on a souvent des rêves de récits, d’affrontements ou de rencontres inopinées entre diverses créations d’horizons parfois différents voire totalement opposés. Dans le langage des connaisseurs, des fans, ces récits portent un nom : Crossovers.
Ce terme, dont l’utilisation était autrefois réservé uniquement à un cercle restreint d’initiés (principalement lecteurs de comics) est maintenant passé dans le langage courant, englobant des rencontres ayant lieu dans tous les médias de divertissement, que ce soit au cinéma, dans les séries télévisées ou les jeux vidéos.

Aimées ou détestées, ces œuvres font souvent figures de récits opportunistes, créés pour extorquer de l’argent aux fans d’une ou des deux licences concernées à grand renforts d’affiches ou de couvertures tapageuses. Peu de ces crossovers ont marqué l’histoire de leurs médias respectifs, les seuls restant dans les mémoires sont, soient les premiers de leur genre (les emblématiques Superman / Spider-Man et X-Men / Teen Titans par exemple), soit ceux qui ont mis longtemps à se concrétiser (l’arlésienne JLA / Avengers).
Les autres cas sont ceux à la portée allant au-delà de leur média d’origine, à l’idée, l’image et l’impact qui parle même au grand public : Frankenstein rencontre Le Loup-Garou, King Kong contre Godzilla, Robocop VS Terminator et… Aliens VS Predator.

Aliens Vs Predator, c’est pour moi un fantasme de gosse : Ceux qui me connaissent de près ou de loin connaissent ma passion dévorante et indéfectible pour l’univers créé par Ridley Scott dans le premier film Alien.
Dès mon premier visionnage de ce film aujourd’hui culte et mythique, je me suis pris d’une passion dévorante pour cet univers sombre, étouffant et claustrophobique, mélange de science-fiction pure et d’horreur malsaine, et de son monstre.

Cristallisation de tout le génie créatif du peintre suisse Hans Ruedi Giger, l’Alien est devenu aujourd’hui une figure emblématique de l’imaginaire collectif et de la science-fiction moderne, à la fois redoutable, effrayante et attirante.
Visuellement, l’Alien est pour moi d’un génie plastique quasi-parfait : Son apparence et ses attitudes en font un monstre séduisant, agréable à regarder tout en étant laid et menaçant. Le monstre parfait.

1L’Alien classique

A contrario et assez bizarrement, la première vision de Predator me terrifia là ou celle d’Alien me fascina. A peine âgé d’une douzaine d’année, ce colosse extra-terrestre sanguinaire m’effraya énormément, tellement que je dû attendre de nombreuses années avant d’avoir le courage de le revisionner une seconde fois et de le découvrir avec un œil beaucoup plus mature, admiratif et fasciné.

Comme pour Alien, ce géant humanoïde au faciès improbable, mélange entre un crabe, un serpent et une pieuvre, issu de l’esprit du génial Stan Winston, marqua également durablement mon esprit et mon imaginaire.
De croque-mitaine ayant marqué mon enfance, le Predator devint une des autres figures marquantes de ma jeunesse et est encore aujourd’hui pour moi un monstre terriblement attirant de par son coté animal, ses attitudes et bien sûr son aspect.

2Un Yautja, équipé pour la chasse

Alien et Predator, sont pour moi bien plus que des monstres : Ce sont des films, des univers, des mondes qui me fascinent et me passionnent toujours autant et cela plus de vingt ans après que je les ai connus.

Avant de parler de Aliens Vs Predator plus en détail, intéressons-nous aux deux parties, à commencer par les Aliens.

3

 

Apparus pour la première dans le film Alien, Le Huitième Passager de Ridley Scott en 1979, les Aliens sont depuis des créatures emblématiques du cinéma fantastique, immédiatement reconnaissables de part leur apparence particulière, même quelqu’un qui n’a pas ou peu vu l’un des quatre films les reconnait sans peine.
L’histoire du premier film se passe dans le futur, un vaisseau cargo appelé le Nostromo est forcé de faire une escale sur une planète inconnue afin de répondre à un mystérieux appel de détresse. Une fois sur la planète en question, l’équipage découvre un vaisseau extra-terrestre écrasé avec à son bord une cargaison inhabituelle, de gros œufs, dont sort une créature qui attaque l’un des membres d’équipage et se fixe à son visage. La victime est ramenée à bord, la créature fixée à son visage meurt et la victime reprend ses esprits.

Durant un repas, l’infortuné est pris de spasmes : Son ventre explose et une créature en surgit. Alors que l’équipage cherche à retrouver la créature, celle-ci grandit de façon extraordinaire et commence à décimer les membres d’équipage. Dorénavant un seul objectif pour les rescapés, survivre à cet étranger, survivre à l’Alien…

Alien, Le Huitième Passager devient rapidement un film culte, de part son univers, à mi-chemin entre la science-fiction hardboiled, le film d’horreur et le huis clos. Le film devient également un phénomène grâce à sa créature, né de l’imagination du peintre suisse Hans Ruedi Giger.
Alien c’est un condensé et un mix de choses jamais vues dans le cinéma à l’époque, un film charnière, essentiel dans la culture populaire que tout cinéphile ou fan de culture pop se doit d’avoir vu.

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Si le premier film est un huis clos angoissant, le second film, piloté par l’actioner James Cameron (déjà responsable du blockbuster-bulldozer Terminator) va prendre une toute autre direction en proposant en 1986 un film guerrier, bourré d’action et donc radicalement différent de son aîné.
Aliens commence 57 ans après le premier film, Ellen Ripley, seule survivante du Nostromo est retrouvée en stase dans son vaisseau de secours, dérivant dans l’espace. A son réveil, personne ne croit à son histoire de monstre spatial et Ripley reste seule avec ses cauchemars… Jusqu’à ce que la compagnie Weyland Yutani la contacte pour qu’elle prenne part à une mission de secours sur la planète LV-426, cette même planète où elle et son équipage ont trouvé et ramené à bord la terrifiante créature.
Le contact avec la planète récemment colonisée est rompu et la compagnie Weyland Yutani souhaite y envoyer une escouade de Marines pour y enquêter. Après de nombreuses hésitations, Ripley fini par accepter.
Une fois arrivés sur la planète coloniale, Ripley et les Marines y découvrent des installations désertes, tous les habitants ayant mystérieusement disparu, la seule survivante étant une petite fille pas très loquace, parlant de l’existence de « monstres ».
Après une petite recherche, les habitants sont localisés près de processeurs atmosphériques (des installations servant à rendre l’atmosphère des planètes respirable).
Arrivés sur place, les Marines sont en partie décimés par une horde d’Aliens et forcés de se replier. De plus, sans entretien, les processeurs atmosphériques sont en surchauffe et leur explosion prochaine rasera l’intégralité de la colonie : Double menace pour nos pauvres rescapés, d’autant plus qu’ils n’ont plus moyen de regagner leur vaisseau resté en orbite, les Aliens ayant détruit leur navette…
Encore une fois, Ripley se retrouve prise au piège avec les terribles xénomorphes et doit leur survivre.

Aliens, Le Retour marque un nouveau départ dans la franchise : Contrairement au premier film qui se suffisait plus ou moins à lui-même, Aliens, Le Retour développe clairement un univers étendu et laisse des pistes pour élaborer des histoires annexes : La compagnie Weyland Yutani, le système de nid Alien, les Marines, autant de points qui permettent de développer un univers étendu et imaginer des histoires se passant dans cet univers.

Je ne parlerai que rapidement de Alien 3 et Alien Résurrection, ces deux films étant sortis après la publication de Aliens Vs Predator, le comic n’en reprend quasiment aucun élément.

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Alien 3 sort en 1992 et est réalisé par David Fincher.
Suite aux événements de Aliens, Le Retour, les trois survivants, Ripley, Hicks et Newt se reposent en hyper-sommeil, de retour vers la Terre. Mais durant leur sommeil, un incendie a lieu dans le vaisseau et leur capsule de survie est expédiée dans l’espace, s’écrasant sur Fiorina Fury-161, une planète carcérale.
A son réveil, Ripley constate qu’elle est la seule survivante, ses deux compagnons ayant péri dans le crash et qu’elle a ramené avec elle un Alien. La créature va dés lors commencer à massacrer les prisonniers de la planète.
Alien 3 marque le retour du concept de la créature unique, à l’image du premier film. Alien 3 va malheureusement être profondément marqué par un development hell qui va empoisonner son tournage, considéré par David Fincher comme le pire de sa carrière (1).
Je ne vais pas entrer dans les détails, mais en résumé, alors que la post-production était terminée et le tournage sur le point de commencer, les producteurs ont tout stoppé, demandant à ce que le script soit intégralement réécrit et le réalisateur changé.
Le jeune David Fincher a alors dû s’imposer et reprendre en catastrophe un film qui n’était pas le sien. Il s’en sort malgré tout avec les honneurs, livrant un film esthétiquement admirable, claustrophobique et gothique. Le film sera sublimé lors de sa version director’s cut, sortie en 2003.

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Alien Résurrection quand à lui sort en 1997 et est réalisé par le français Jean-Pierre Jeunet sur un scénario de Joss Whedon.
Suite à sa mort sur Fiorina Fury-161, Ripley est clonée par une équipe de scientifiques militaires afin que l’on extrait l’embryon de Reine Alien qu’elle porte en elle.
Un clone de Ripley surnommé Numéro 8 «naît» alors et un embryon d’Alien en est extrait, la reine commence à pondre et des Aliens sont élevés en laboratoire.
Mais des Aliens réussissent à s’échapper du laboratoire et commencent à semer la terreur sur le vaisseau militaire. En même temps, une bande de pirates de l’espace abordent le vaisseau pour commercer avec les militaires, se retrouvant du même coup coincés sur le vaisseau en compagnie des Aliens.

Alien Résurrection est en soit un film plutôt réussi : Esthétiquement, le film est irréprochable mais pêche par un scénario largement en dessous des trois films précédents : Prévisible et parfois abracadabrantesque, Alien Résurrection tient plus de la série B de luxe que du véritable film de science-fiction.
Contrairement à Alien 3, le tournage de Alien Résurrection se passe bien mais le film ne sera pas le succès escompté par la Fox, mettant du coup l’éventualité d’une suite au point mort…

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Pour finir, il existe un spin-off à la série de films Alien, Prometheus, réalisé par Ridley Scott et sorti le 30 mai 2012 en France.
Prometheus s’intéresse plus précisément aux ingénieurs, les extra-terrestres dont on aperçoit le cadavre momifié d’un des leurs dans le premier film Alien.
Je ne m’attarderai pas sur Prometheus dans cet article, le film étant sorti récemment, les nouveaux éléments qu’il apporte ne furent inclus dans la chronologie des comics Aliens et Predator que dans l’anthologie Fire & Stone (Le Feu et la Roche en France). Fire & Stone étant une sorte d’event/reboot des comics Aliens, Predator, AVP et par extension Prometheus, il serait plus adapté d’en parler dans un article consacré à cette anthologie, anthologie d’assez bonne qualité soit-dit en passant.

Les Aliens  : Les créatures, leurs cycles de vie.

(Note  : Il s’agit ci-dessous d’une description des Aliens tels qu’ils sont dans l’univers étendu.)

Les Aliens sont des créatures extra-terrestres aux origines nébuleuses : On ne sait pas grand chose sur eux (tout du moins dans les films, les comics étant beaucoup plus explicites sur la question de leurs origines), ont sait juste que ce sont des créatures obsédées par leur expansion, vivant dans une structure de nid, dirigés par une créature imposante appelée « Reine ».
Les Aliens ont une hiérarchie similaire à une ruche ou une fourmilière : Tous les Aliens vivent et meurent pour la Reine, étendre et faire prospérer le nid est leur seule et unique motivation.

La Reine pond des œufs, de ces œufs sortent des petites créatures arachnide appelées Face Hugger qui s’accrochent aux visages de leurs victimes et pondent dans leur appareil digestif un embryon qui une fois arrivé à maturité sort du corps de l’hôte en lui explosant la cage thoracique.
Une petite créature ressemblant vaguement à un serpent nommé Chest Burster naît, ladite créature mute rapidement à l’aide d’un cocon en Alien adulte.
Pour ce qui est de la reine, il faut que l’hôte soit fécondé par un Face Hugger spécial, plus imposant et physiquement différent des autres, la croissance de ce Face Hugger dans l’hôte est plus longue, l’Alien qui en naît est un Prétorien, un Alien plus grand et robuste que les guerriers Alien de base.
Le prétorien est chargé de veiller sur la Reine et prendre sa place au cas où celle-ci est tuée.
Il faut également savoir que les Aliens sont tous liés par un lien télépathique, si un Alien est suffisamment éloigné de son nid et que le lien télépathique est rompu, n’importe quel Alien peut muter et devenir un prétorien puis une Reine.

8Les différents Aliens d’un nid

La hiérarchie du nid se présente donc ainsi :
– La caste la plus basse est le drone, il s’agit d’Aliens s’occupant du nid : Ils déplacent les œufs vers les hôtes et prennent soin de la Reine, ils construisent également la structure du nid en secrétant une résine. Ils naissent d’hôtes génétiquement inférieurs, généralement des animaux.
– Le runner est un alien au physique élancé, rapide et qui à la capacité d’adhérer aux murs : Il sert d’éclaireur, c’est lui qui repère les proies éventuelles et ramènent les hôtes au nid lorsque ceux-ci sont immobilisés. Il naît en général d’animaux au physique robuste, des gros chiens par exemple.
– Le guerrier est un Alien essentiel à la ruche, ce sont des créatures très agressives, combatives et très robustes qui peuvent même lorsque le nid à atteint une maturité suffisante, régénérer des membres perdus : Ce sont eux qui mènent les attaques contre les groupes d’éventuels hôtes ou défendent le nid.
Ils naissent en général de créatures au physique très développé, des humains ou des primates par exemple.
– Le prétorien est un Alien qu’une reine peux enfanter une fois que le nid à atteint une très grande maturité : Il s’agit d’un Alien de grande taille, bipède, dont le rôle est de protéger la reine et au cas où celle-ci meurt, muter afin de la remplacer.
Un prétorien peut naître de n’importe quel hôte, la seule condition étant que le Face Hugger soit un Face Hugger de type « Royal ».

8-5Un prétorien, dans le jeu vidéo Aliens Vs Predator (2010)

– La Reine : Elle est unique, il ne peut exister qu’une seule reine dans un nid. La plupart du temps la Reine est recluse au fond du nid et passe tout son temps à pondre des œufs. Néanmoins, si son nid est menacé, elle peut sortir du nid et participer aux attaques. C’est une créature physiquement très puissante, rapide et agressive. Elle est également plus intelligente que les autres Aliens, elle peut comprendre le fonctionnement de mécanismes simples et élaborer des stratégies d’attaque.

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Une Reine Alien

Les cas spéciaux  :
– Les Aliens Pure Breed : Ces Aliens peuvent être créées une fois que le nid à atteint une grande maturité. Les Prétoriens et la Reine sont des pure breed, mais les prétoriens peuvent également muter dans d’autres types d’Aliens pure breed, notamment les Carriers, des Aliens servant à déplacer des Face Huggers en grande quantité ou les Ravagers, des guerriers Aliens gigantesques battis pour l’attaque.
– Les impératrices : La reine peut aussi évoluer : Après avoir atteint une grande maturité, elle gagne le stade d’impératrice : Sa taille augmente, sa peau prend une teinte plus claire et devient plus résistante enfin l’intégralité de son corps se recouvre de pointes.

10Une impératrice, dans le jeu vidéo Aliens Vs Predator (2010)

– La reine mère : Il s’agit de la plus haute évolution d’une reine Alien.
La reine mère et le seul type d’Alien a pouvoir engendrer d’autres reines, elle peut également entrer en contact télépathiquement avec les autres Aliens et même d’autres races d’êtres vivants, même les humains et les contrôler, les humains contrôlés par la reine mère sont surnommés « Infectoïdes », ces humains se conduisent de façon basique, un peu à la manière des zombies dans la culture populaire.

11La reine mère dans le comic Aliens : Earth War

La reine mère ne peut pas se battre, elle est dépourvue de bras et ses déplacements sont limitées. Elle est protégée par des Aliens spécifiques surnommés Paladins, des Aliens de grande taille à mi-chemin entre le drone et le prétorien.

12Un paladin (Dessin de John Bolton)

– Les hybrides : Il s’agit d’Aliens nés d’hôtes spéciaux, comme d’autres races extra-terrestres ou d’animaux ayant des caractéristiques physiques différentes des hôtes habituels. Le plus connu est le Predalien, un Alien naît de la fécondation d’un Yautja.
D’autres sont aussi déjà apparus, notamment dans les comics comme l’imposant Alien-Crocodile (Batman/Aliens) ou le Jockalien (Aliens Apocalypse : The Destroying Angels), un Alien né de la fécondation d’un Ingénieur, une autre race d’extra-terrestres et plus récemment la Vampire Queen, une Reine Volante Alien enfanté d’un vampire (Vampirella/Aliens).

SWPTP PG 127-166p1 PG 17Un Predalien (Dessin de Phil Norwood)

– Les Aliens génétiquement modifiés : Il s’agit d’Aliens créés en laboratoire, ces Aliens ont été créés par des scientifiques ou ont muté suite à des radiations, volontaires ou accidentelles.
Les plus connus sont les Aliens du film Alien La Résurrection, mais ils en existent beaucoup d’autres, notamment le Roi Alien (Aliens : Rogue), les K-Series (Aliens Vs Predator : Extinction), le Raven (Aliens : Colonial Marines) ou même le Xenoborg, un Alien cybernétiquement modifié (Aliens Vs Predator). La liste est longue…

14Les Aliens K-Series (Jaunes) affrontant des Aliens réguliers (Noirs) dans le jeu Aliens Vs Predator : Extinction (2003)

Les Aliens conservent certaines des caractéristiques physiques de leurs hôtes, par exemple si un Alien féconde une créature volante, il y a de grandes chances que l’Alien soit pourvu d’ailes à sa naissance.

Physiquement les Aliens mesurent environ deux à trois mètres selon les spécimens, la Reine mesurant environ cinq à six mètres, voir plus selon son âge et sa maturité.
Les Aliens ont une partie de leur squelette à l’extérieur de leur corps, ceci faisant office de bouclier naturel contre les attaques physiques, de plus, leur sang est un acide hautement corrosif, même morts ou blessés ils restent donc des menaces.
Ce sont des créatures très douées pour la dissimulation, se cachant dans des espaces clos et sombres pour attaquer de façon furtive. Les Aliens ne tuent que lorsqu’ils sont obligés, généralement pour se défendre et plus généralement immobilisent leurs proies pour les ramener au nid afin que la Reine les féconde.
Les Aliens sont dépourvus d’yeux et d’oreilles, ils se déplacent à l’aide d’un sonar similaire à celui des chauves-souris et repère leurs proies grâce aux phéromones que celles-ci dégagent. Leur organisme est également très résistant, ils peuvent vivre dans des conditions climatiques extrêmes et peuvent également survivre sans problème dans le vide de l’espace.

Les présentations avec les Aliens étant faites, passons maintenant aux chasseurs extra-terrestres, les Predators !

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Le premier Predator apparaît dans le film du même nom en 1987, il s’agit d’un extra-terrestre d’apparence humanoïde, de grande taille, doté d’une force et d’une agilité largement supérieure à celle des humains. Il est aussi lourdement armé et équipé de différentes armes blanches ou à feu.
Les Predators sont comme les Aliens, des créatures devenues depuis des emblèmes du cinéma fantastique, ils sont les personnages centraux de trois films, sortis entre 1987 et 2010.

Dans le premier film, dans les années 80, un commando de mercenaires envoyés en mission dans la jungle amazonienne est pris pour cible par un Predator, qui va décimer l’équipe de combattants un à un et ce malgré leur entraînement et leur armement. Le seul survivant de l’équipe finira par le battre, et une fois vaincu, le Predator déclenchera un système d’auto-destruction.
Predator devient instantanément un film culte : Son mélange d’action, de thriller et d’horreur en fait un genre à lui tout seul.

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Predator 2 sort en 1990 et reprend la même trame scénaristique que le premier opus, tout en délocalisant l’action : Cette fois-ci, un Predator chasse en plein Los Angeles durant une canicule et prend pour cible un officier de police interprété par Danny Glover.
De la jungle amazonienne, on passe donc d’une jungle de béton. Le film est scénarisé par Jim et John Thomas, déjà auteurs du script du premier film. Les deux scénaristes vont en profiter pour utiliser des idées du premier film laissés à l’abandon comme le duel final dans le vaisseau Predator.

Spectacle honorable, Predator 2 souffre malheureusement de plusieurs défauts, notamment un scénario plus faiblement écrit que son prédécesseur, des idées et personnages mal exploitées (le groupe du gouvernement chassant le Predator) et des acteurs en roue libre, notamment Gary Busey.
Le film comporte néanmoins des scènes d’anthologie comme la descente du Predator dans le penthouse, la mort de King Willie, la scène du métro ou bien entendu la scène finale.

L’autre point intéressant de Predator 2 c’est que contrairement au premier film, la mythologie Predator va considérablement s’étoffer  : On en apprend beaucoup sur le Predator, ses habitudes et ses coutumes.

Le cas du crane d’Alien : Beaucoup de personne croient, à tort, que l’idée de base de Aliens Vs Predator vient de la fameuse scène finale de Predator 2, durant laquelle Harrigan, le personnage interprété par Danny Glover, voit dans le vaisseau Predator un mur de trophées comportant, entre autres, un crane d’Alien.
C’est faux, car le premier numéro du comic Aliens Vs Predator a été publié alors même que le film Predator 2 était encore en tournage, la présence de ce fameux crane d’Alien est d’ailleurs un clin d’œil direct à ce comic, que lisait l’équipe du film durant le tournage, comme le révélera plus tard l’équipe des effets spéciaux dans les bonus du DVD.
De plus, ont sait depuis que l’équipe de Predator 2 n’était absolument pas au courant de la sortie du comic et qu’ils l’ont découvert en même temps que les lecteurs, lors de la publication du premier numéro.

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Predators est un spin-off de la série de films Predator, produit par Robert Rodriguez (Desperado, Une Nuit en Enfer, Sin City) et réalisé par Nimrod Antal, le film sort le 7 juillet 2010 aux États Unis et le 14 juillet 2010 en France.

Le film raconte l’histoire d’un petit groupe de criminels, soldats et mercenaires que rien ne rapproche, hormis le fait de se retrouver tous ensemble sur une planète éloignée.
Cette planète se révèle être en fait une réserve de chasse et le petit groupe se retrouve à la merci d’un trio de Predators bien décidés à les décimer un par un pour en faire leurs trophées.

Film ambitieux, Predators accumule malheureusement certaines lacunes qui gâche un peu le spectacle : Déjà, le scénario souffre de gros problèmes d’écriture, certaines scènes sont illogiques, certains personnages de prime abord intéressants disparaissent trop rapidement et des idées et concepts abordés sont rapidement éludés.
Même si le film comporte des scènes bien pensées (l’attaque des « chiens » de chasse, le combat au katana, le duel final) et de nouvelles idées (le duel entre clans rivaux, une nouveau type de Predator, entre autre), le film a plus l’aspect d’une série B de luxe surfant sur la nostalgie du premier film.
C’est bien dommage car le film avait, de part son concept de base, la possibilité de vraiment donner un nouveau souffle à la saga.

Les Predators : Ce qu’ils sont, leurs coutumes et leurs traditions.

(Note : Comme pour les Aliens, il s’agit ci-dessous d’une brève présentation des Predators tels qu’ils sont dans l’univers étendu.)

18Le Predator du premier film, un « Blooded »

Les Predators (ou Yautjas dans leur langue) sont des extra-terrestres humanoïdes nomades, allant de planète en planète pour s’adonner à des rituels de chasse.

Les Yautjas sont des êtres de grandes tailles, plus de 2 mètres en général, dotés d’une grande force physique et d’une agilité largement supérieure à celle des humains. Physiologiquement, ont sait que leur vue est très limitée et nécessite un appareillage particulier, en tout cas sur les planètes comportant un soleil jaune, comme la Terre, enfin, ils peuvent vivre des centaines d’années.
Leur sang est vert fluorescent et leurs « cheveux » de longues tentacules inertes qui s’allongent selon l’âge (2).
Les Predators se reproduisent visiblement comme les humains, des femelles Yautjas ayant déjà étaient aperçues ou mentionnées (notamment dans les comics AVP : Deadliest of the Species, Witchblade/Darkness/Aliens/ Predator : Mindhunter ou encore Batman & Superman Vs Aliens & Predator et dans l’adaptation en roman du premier film Alien Vs Predator).
La vie des Yautjas est essentiellement basée sur un rituel de chasse rigoureux et des codes et traditions très élaborés et précis : Arrivé à un certain âge, un jeune Predator (Young Blood) doit tout d’abord passer un rituel de passage en chassant une proie dite « honorable », il se rend alors dans un lieu précis et doit revenir vivant de cette chasse avec un trophée, le jeune chasseur passe alors à l’age adulte et peut ainsi participer à des chasses avec les autres adultes, il gagne ainsi le rang de « Blooded » (les trois jeunes Predators du premier film Alien Vs Predator sont, par exemple, de jeunes chasseurs venus passer ce rituel).

Les Yautjas sont séparés en plusieurs clans rivaux, dirigés par des chefs surnommés Elder (Anciens) ou parfois Clan Leader, les leaders sont désignés durant des joutes à mains nues opposant des yautjas postulant pour ce statut.
Il y a aussi des chefs intermédiaires, des chasseurs plus expérimentés surnommé Elite, qui peuvent diriger des chasses en l’absence des Leader. Un yautja gagne le statut d’élite après avoir rapporté un trophée glorieux.
Enfin il faut savoir que plus il prend de l’importance et de l’expérience en évoluant dans son clan, plus un Yautja se voit privé d’armes et d’équipements, jusqu’à parfois n’en avoir plus qu’une seule, son expérience devant pallier à ces armes : Ils gagnent alors le statut de maître (Master) avec le nom de son arme de prédilection : Par exemple un yautja qui aura choisi la lance gagnera le statut de Spear Master (Maître de la lance). Les Predators se réunissent en groupe, surnommés Clan.

19Le clan « Lost » du film Predator 2, avec au centre le Elder, un Young Blood à gauche et un Shaman à droite

Le plus connu de ces clans et celui des Lost Hunters, que l’ont voit à la fin du film Predator 2.
Certains clans sont particulièrement redoutés, même par les autres Yautjas : Le clan Dark Blade (reconnaissable à leurs tenues sombres, dont fait partie Scarface, le héros du jeu Predator Concrete jungle), le clan dit des « Super-Predators » (vu dans le film Predators) ou encore les Bad Blood. Le terme Bad Blood est un terme un peu générique chez les Yautjas, désignant à la fois les Yautjas ne respectant pas les traditions et les coutumes ou bien ceux qui ont été déshonorés.

Les Predators ont aussi un très grand sens de l’honneur : Ils ne tueront jamais une proie désarmée et ou sans défense, une femelle enceinte ou la progéniture d’une proie.
De plus, si on sauve la vie d’un Predator, celui-ci est redevable et doit protéger celui ou celle qui lui a sauvé la vie.

22Un Predator Bad Blood affrontant un autre Predator (Couverture du comic Predator : Bad Blood)

Il y a aussi des statuts particuliers chez les Yautjas, en voici quelques uns  :
– Les solitaires : Ce sont des chasseurs qui préfèrent rester solitaire et chasser à leur guise. Cependant, dés qu’un Yautja a choisi ce statut, il ne lui est plus possible de rejoindre un clan et il reste seul jusqu’à la fin de sa vie, il n’est pas déshonoré mais doit assumer son choix.
Ce sont généralement des Elders arrivés à la fin de leur vie qui font ce choix, on en voit un notamment dans le crossover Judge Dredd Vs Predator ou récemment dans la saga Fire & Stone, le Predator surnommé Ahab.
Les predators les plus âgés peuvent également choisir de se retirer et finir leur vie tranquillement dans une colonie, mais la plupart choisissent de devenir chasseur solitaire.

21Le solitaire Ahab, du comic Fire & Stone

– Les Shamans : Reconnaissables à leurs ornements et sceptres, ce sont des Yautjas chargés de faire respecter les traditions et rituels de chasse, malgré leur statut, ils participent aux chasses comme n’importe quel autre Predator.
L’armée Predator : Il s’agit de Yautjas lourdement armés, ils sont chargés d’intervenir lorsqu’une chasse a dégénéré et que la situation sur la planète où elle a lieu est devenue problématique, les événements de la planète LV-742 du jeu Aliens Vs Predator Extinction ont par exemple nécessité l’intervention de l’armée Predator. Wolf, le yautja du film Aliens Vs Predator : Requiem est visiblement aussi un membre de l’armée Predator.
Les femelles Predator : On en sait très peu sur elles, ont sait juste qu’elles existent. Les deux seules femelles Predator connues sont celles vu dans les comics AVP : Deadliest of the Species (surnommée Big Mama) et Mindhunter (Sister Midnight).

23Une femelle Predator (Concept art inutilisé du film Predators)

Les « grades » Predator dans un clan peuvent donc être résumés de cette façon  :

  • Young blood (jeune chasseur) avant le rituel
  • Blooded (chasseur confirmé) ayant passé avec succès le rituel
  • Hunter (chasseur de base ayant déjà participé à plusieurs chasses)
  • Elite (chasseur ayant ramené un trophée glorieux)
  • Clan Leader (chasseur ayant gagné le combat contre un prétendant à ce titre)
  • Master (souvent des Leaders expérimentés)
  • Elder (anciens)

Aux vues de l’engouement engendré par ces deux créatures au cinéma, il ne fut donc pas surprenant que l’univers des comics s’intéresse de près à ces deux monstres et à leurs univers.
Le premier qui s’y intéresse est l’éditeur de comics Dark Horse qui fort de son expérience avec les comics issue de films Star Wars, s’approprie la licence Aliens dés 1988 (3) et publie une suite au film de James Cameron dans une mini-série sobrement intitulée Aliens, idem pour Predator qui dès l’année suivante se voit également gratifié d’une mini-série. Mais, c’est une longue histoire et j’y reviendrai dans la seconde partie.

A suivre…

1 : A l’heure actuelle, David Fincher refuse encore de s’exprimer sur ce film, son absence étant d’ailleurs une des récurrences dans les bonus du film.

2 : Contrairement à une idée reçue, les « cheveux » des Predators ne sont pas des dreadlocks mais de longues excroissances, similaire à des tentacules inertes.

3 : Dark Horse a acquis les droits du second film car les droits du premier film n’étaient pas disponibles et sont d’ailleurs toujours détenus aux États Unis par Heavy Metal qui a publié l’adaptation du premier film. Depuis Dark Horse n’a pas hésité à prendre quelques libertés, certains comics comme The Alien, Aliens : Wraith ou Aliens Apocalypse : The Destroying Angels faisant directement référence au premier film. Néanmoins, depuis que Dark Horse a acquis les droits du film Prometheus, la question ne se pose plus.

 

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