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America First


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Lorsque je disais l’autre jour que Marvel aurait dans un futur plus ou moins proche sans doute du mal à exprimer ou faire valoir ouvertement une position vis à vis du contexte politique actuel dans ses publications au même titre qu’Image Comics, c’était (et je m’en excuse) omettre bien facilement une série à venir qui s’avère être mine de rien une petite révolution.

En effet, et si America Chavez était quelque part la réponse de la Maison des Idées face à l’Amérique de Trump ?
Cette héroïne Queer, Latinx (on reviendra sur cette définition), capable de traverser les différentes Terres de l’Univers Marvel (et par conséquent de briser les murs qui les séparent, tout autant que d’autres dans notre réalité s’attèlent à les ériger), et dont les auteurs sont indéniablement impliqués dans le Shitstorm ambiant, va sans aucun doute faire parler d’elle à tout point de vue, au même titre que ses amis Miles Morales et Kamala Khan, ces Social Justice Warriors des comics déjà au travail depuis quelques années.

America Chavez est donc l’héroïne Latinx que nous méritions tous (pour citer bons nombres de titres d’articles que Noisybear ne supporte même plus ^^).
Dans ce terme il s’agit de retrouver les personnes appartenant à la communauté LGBTQ mais correspondant plus précisément à des origines Latino Américaines.
Il s’avère que ce nouveau terme existe déjà depuis plusieurs années, mais personnellement, c’est une notion dont j’ai très récemment été sensibilisée, notamment à cause du statut problématique et ubuesque de l’actrice Floriane Lima d’origine Italienne, incarnant une Maggie Swayer Latina dans la série Supergirl et rencontrant un certain rejet auprès des réseaux sociaux (à coup d’articles de 3 km de long à l’appui, et ne vous méprenez pas, j’entends complètement ces reproches, mais les meufs, où étiez-vous quand Renee Montoya s’est faite violer scénaristiquement dans Gotham ? Allez, montrez-moi !), alors que la Maggie Swayer originale est loin d’incarner la diversité ethnique au sein de DC Comics.

Quoi qu’il en soit, l’unanimité des votes se dirigent désormais vis à vis d’America, une héroïne, un titre, un symbole…
Avec Joe Quinones et Gabby Rivera aux commandes, on ne peut que souhaiter longue vie à ce nouveau titre, le premier concernant un personnage lesbien dans une série régulière chez cet éditeur.

Well… Ça ne vous rappelle rien ?
Oh, et oui, ici on suivra tout cela de très près :

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Les jeudis de l’angoisse (des comics) #16


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Night of the Living Deadpool / la Nuit des Morts-Vivants de Deadpool

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Je suis partout en ce moment ! Au cas où vous ne vous en seriez pas rendu compte, (dans ce cas vous devez vivre dans une yourte au pôle nord ou un penthouse avec des prostitués en déconnexion avec le monde moderne) mon film est visible un peu partout dans les salles de ciné du monde et de Navarre (d’ailleurs je me suis toujours demandé où était ce fameux Navarre… Tout le monde en parle, ça doit être chouette !) et autant y aller franco de porc, je casse la baraque, je suis partout, on parle de moi dans la presse (sauf dans Closer, je suis déçu… Pourtant je fais tout pour  !) je suis une célébrité  ! Enfin une célébrité, je l’ai toujours été, dans ma tête vu le monde qu’il y a et parmi ces asociaux consommateurs de papier que sont les fans de comics, mais depuis ce film, c’est la grande vie : Même des gens que je ne connais pas reconnaissent ma gueule d’ange, un peu comme Katchoo, la fille très énervée qui dirige ce blog, elle aussi très connue en passant.

2C’est en faisant des recherches sur internet à la recherche d’un tutoriel sur les techniques de protection des silos nucléaires en Ouzbékistan (en fait je cherchais du porno, et comme il y a Lesbian dans le titre…) que je suis tombé sur son blog et plus particulièrement cette rubrique qui j’avoue me plaît bien parce que l’horreur, ça me connait, même si pour moi c’est plus souvent fun qu’autre chose :p (Note de Lordinator : Wade, j’ai dit pas d’émoticônes, tu écris une rubrique, tu tchatches pas sur Tinder là !)
Quel rabat-joie celui là… Bon du coup comme j’aimais bien cette rubrique, j’ai demandé à l’auteur si je ne pouvais pas étaler ma prose et parler d’une de mes aventures bien gore qui m’est arrivé dans un univers alternatif que ma raconté un autre Deadpool d’une autre dimension, car oui, je connais d’autres Deadpool d’autres univers ^_^ (Note de Lordinator : ARRÊTE avec les émoticônes !) Mais il était à la japonaise celui-là… Il est tout mimi en plus… Bon c’est tout, j’arrête… L’auteur de cette rubrique fut ravi que je prenne sa place pour ce mois-ci et il s’est enfui en courant en me lançant une histoire de solitude et de poignet, un paquet de mouchoir en papier à la main… Enfin bref, j’ai pas tout compris… (Note de Lordinator  : ZUT !)

Le fait est que je suis là, alors éteignez les lumières, serrez-vous les uns contre les autres et écoutez mon histoire, celle de Night of The Living Deadpool  (La Nuit des Morts-Vivants de Deadpool pour les non-anglophones, car oui, je suis américain).

3L’histoire commence simplement : Je me réveille dans un restaurant désert, une phénoménale gueule de bois en travers du crâne avec comme fond sonore des gémissements dignes des ronflements de Blind Al après une soirée tequila.
Tant bien que mal je m’extirpe de ma torpeur et commence à visiter ce monde post-apocalyptique en noir et blanc dont je suis le seul élément colorisé (cherchez pas à comprendre, le noir et blanc c’est cool dans un film d’horreur, ça fait old school).
Ça ne vous rappelle rien  ? Si hein, la série avec Andrew Lincoln adaptée d’un comics lui même déjà en noir et blanc, lui même déjà inspiré d’un film en noir et blanc, à croire que le noir et blanc, c’est un peu la couleur du zombie à la base, donc dans le fond c’est pas étonnant que mon histoire de zombies commence en noir et blanc…
Ah mince, du coup exit le suspense : Dans cet univers aux teintes argentées, les zombies dominent le monde et votre serviteur va devoir survivre tant bien que mal aux dévoreurs de chair humaine, mais aussi à toute une tripotée de menaces diverses et variées comme, l’A.I.M., mon propre facteur auto-guérisseur et même un gang de mamies vengeresses de l’apocalypse ! Et puis bon sang la plus grosse question : Pourquoi je suis le seul en couleurs dans ce bazar  !?
Donc vous voilà partis en ma compagnie pour une véritable odyssée zombiesque, faite de rires, de gore, de quiproquos et de coups de théâtre : Bienvenus dans La Nuit des Morts-Vivants de Deadpool, et comme c’est avec moi, ça mérite forcément le détour  ! Pourquoi ? Déjà pour les gus aux commandes, et il y a du lourd, dont un Espagnol ! Et ouais, j’adore la paella  !

Pour l’équipe créative donc, j’ai réussi a choper la crème de la crème : Pour relater mes aventures tel un Robert Howard avec Conan lui contant ses aventures (je ne sais pas ce que prenait Howard mais visiblement c’était de la bonne, moi je ne prends rien en passant, alors imaginez si c’était le cas…), j’ai choisi ce bon Cullen Bunn, un habitué de chez Marvel puisque le bougre bosse pour la Maison des Idées de génie variable depuis 2012 et a tourné sur la plupart des titres de mes potes : Mister pyjama alias Spider-Man, mon pote griffu Wolverine, ces bons samaritains d’Avengers et même l’event typiquement Marvelien dont personne ne se souvient et qui n’a servi à rien (pléonasme) Fear Itself.
Il avait déjà bossé sur moi (enfin avec moi, n’allez pas croire ce que je n’ai pas dit, on est visiblement sur un blog respectable) dans ma propre série et sur mon duo avec ce gros dur monolithique de Cable, le fils d’une autre dimension alternative de Cyclope, l’ex nouveau chef des X-Men par intérim… Et après on s’étonne que j’ai du mal à rester chez les X-Men… La fois où dans un coup de folie j’ai voulu dézinguer tout mes potes super-slips, (Deadpool Kill The Marvel Universe, un titre qui claque bien, même si je l’ai piqué au Punisher) c’était lui aussi qui était aux commandes, autant dire que ce gars me connait bien  !

7Enfin bref, Cullen Bunn pour le coup et pour relater mes trépidantes aventures aux pays des zombies, il fait bien le taf, en racontant mon histoire de manière assez cool et originale alternant plein de clins d’œil à tout plein de films et bandes dessinées que j’aime bien avec des trouvailles à lui, et ce tout en respectant ma verve et mon charme qui font mon succès depuis ma création, c’est du bon taf, sérieux  ! Merci Cullen, t’es un mec cool même si ton nom est bizarre, on dirait une marque de donuts.

Pour mettre en image tout ce bazar, j’ai choisi un artiste d’exception, un surdoué du crayon, le De Vinci du spandex, j’ai nommé euh… Un gars nommé euh… Deux secondes (recherche rapide sur Gogole…) Ramon Rosanas ! Il a fait quoi le dessinateur espagnol avant de représenter ma trogne en train de défourailler du zombie ? Bah euh, (recherche rapide sur Gogole deuxième partie…) il a bossé chez Marvel sur tout un tas de trucs, en tant qu’encreur ou dessinateur sur les adaptations des films Iron Man 2 et 3 (vous savez, le genre de comics que personne ne veut faire et que l’on refile aux petits nouveaux…), sur la mini-série Spider-Man 1602, une mini-série sur Atlas que personne n’a lu (et de toute façon Atlas dans l’univers Marvel, personne ne sait qui c’est !) et depuis quelques temps, il bosse sur la série Ant Man, le personnage Marvel que tout le monde trouvait ringard avant son film (personnellement, j’ai pas eu besoin d’un film, mais de plusieurs apparitions dans des cartoons et des jeux vidéos… Mon film est venu après, moi ! Je l’ai eu à la sueur de mon front et de mes vannes !) et donc cette fabuleuse mini-série sur moi qui tue des zombies, mais il l’a fait avant de s’occuper de Ant Man hein, du coup je sais pas comment je dois le prendre… J’étais genre un coup d’essai ou autre chose ? Je me sens sale d’un coup, l’impression d’avoir été utilisé… J’aime bien 🙂 (Note de Lordinator : Wade ! Les émoticônes !) Oh tiens t’es revenu toi ? Ta boite de mouchoirs est vide ?! Tu devais être sacrément enrhumé.

9Dans le fond, mes aventures chez les cannibales putréfiés, c’est pas du neuf  : Thor s’est déjà cogné avec des zombies aussi (1) (faut toujours qu’il fasse mieux que tout le monde lui…) et plusieurs de mes potes super-héros ont déjà eu leur lot d’histoires un peu glauques, même le gentil Spider-Man, quand il se frotte à ses symbiotes c’est pas joli joli (2) et que dire d’un gars comme Ghost Rider (3), c’est quand même un motard en cuir avec un crâne enflammé à la place de la tête quoi ! Il me fiche les foies ce mec d’ailleurs…
Même moi, avant de me retrouver dans ce monde de zombies, j’avais sacrément fait dans le gore avec mes potes de X-Force (4) ! Que dire de la concurrence quand on voit ce que ce bon Batman s’envoie comme tueurs psychopathes, vampires et autres monstres en tout genre dans sa ville qui n’existe même pas !
Donc mélanger du Super-slibards et de l’horreur, ça n’a rien de nouveau et donc dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui, pourquoi vous devriez lire mon histoire plutôt qu’une autre ? Parce que je suis dedans tout d’abord, et que chaque comics dans lequel je suis, c’est déjà en soit un événement, ensuite parce que c’est bien : L’histoire est cool et marrante, le traitement graphique est original et c’est super bien dessiné. Et puis autant être franc, vu la mode actuelle des zombies et le buzz de mon film, ce bouquin, c’est un peu le mélange de deux mondes pourtant opposés, un peu comme le chocolat sur la crème glacée sauf que là c’est plus du jus de cervelle en fait.
Bon allez, je me suis bien marré, mais il m’a dit deux pages et j’ai toujours pas fait les renvois avec les petits numéros… Bah pas grave, il le fera, allez zou, bonne lecture et salut les gens  !

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Et allez voir mon film  !

(Note de Lordinator  : Ah le sagouin… Bon bah je m’y colle du coup…)

1 : Je pense que Wade parlait de la mini série Thor Viking, disponible en VF chez Panini dans la collection Marvel Dark.

2 : Là, il pensait sûrement aux mini-séries consacrées aux symbiotes, dont la plupart on été traduites en VF , notamment l’excellent Venom Vs Carnage, de Peter Milligan et Clayton Crain, publié aussi dans la collection Marvel Dark.

3 : Idem pour Ghost Rider, rendez-vous dans la collection Marvel Dark, pour un rodéo orchestré par Garth Ennis et Clayton Crain  !

4 : La série Uncanny X-Force, à lire en VF aussi, mais pas dans la collection Marvel Dark, plutôt en Deluxe, toujours chez Panini 😉
(Note de Deadpool  : Ah, t’as mis un émoticône  ! Grillé  ! Du coup je me venge  : 🙂 😦 😉 -_-  😥 :/ 😛 )

Deadpool : la Nuit des Morts-Vivants disponible en VF chez Panini dans la collection Marvel Dark depuis le 8 octobre 2014.

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That’ 90s Show


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Avant de revenir sur mon petit trip à Angoulême et vous faire partager ce que j’ai pu y voir et entendre, je voulais d’abord vous montrer une conférence qui s’est tenue récemment sur Toulouse (plus précisément à Labège, au centre Diagora, là ou se tiendra très bientôt la prochaine édition du Toulouse Game Show –à savoir les 9 et 10 avril prochains un événement dont je vous ai souvent parlé sur ce blog, mais un peu moins récemment pour des raisons déontologiques, je me vois mal en effet faire la promotion ici d’une manifestation à laquelle je participe activement pour sa partie comics) lors de la première édition du Salon Flashback dédié à la pop culture des années 80/90 qui se tenait les 6 et 7 février derniers.

Parmi les différents spectacles, concerts, expositions et séances de dédicace, un volet Comics relatif à ces deux décennies était également mis en avant grâce à la présence de Paul Renaud (que l’on ne présente plus ici, enfin j’espère) et Jean-Marc Lainé, essayiste, scénariste et dessinateur, ancien responsable éditorial chez Semic, traducteur, co-auteur du fameux livre Nos Années Strange et plus récemment Nos Années Temps X, et avant toute chose, super copain depuis plus de 15 ans.
Très accessibles pendant ces deux jours à travers plusieurs séances de dédicace, les deux invités ont aussi pris le temps d’animer deux conférences consacrées à l’histoire des publications Marvel de cette époque.
N’ayant malheureusement pas pu être sur place le samedi (je fais partie de ces personnes qui travaillent de temps en temps ce jour là), je n’aurais raté la conf du dimanche pour rien au monde.

Les comics des années 90… le moins que l’on puisse dire c’est que c’est tout un programme (et c’est d’ailleurs à ce moment là que j’ai commencé à m’y intéresser de manière plus intensive, comme quoi…), et ce qui a pu se faire chez Marvel retrace assez bien l’ambiance et le marché hautement spéculatif de l’époque où des auteurs tels que Todd McFarlane, Jim Lee et Rob Liefeld sont devenus des demi-dieux en quelques années pour obtenir les carrières plus ou moins réussies qu’on leur connait.
En un peu plus d’une heure, ces deux érudits des comics que sont Paul Renaud et Jean-Marc Lainé ont su synthétiser autant de séries et runs emblématiques qui ont parcouru avec plus ou moins de bonheur l’histoire de La Maison des Idées, un passage peut être inévitable qui a sans doute permis d’apprendre certaines leçons en terme de diversité (en gros, si Liefeld n’avait pas sévi dans les 90’s, peut être n’aurions-nous jamais connu Kamala Khan, qui sait…)

Voici donc la capture vidéo de cette conférence en trois parties, plus l’intégralité  en mode audio à écouter dans sa baignoire avec des bougies partout.

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Fire in the Disco


Le disco est un genre musical et une danse apparus aux États-Unis au début des années 1970.

Debut_of_DazzlerQu’on le veuille ou non, il y a pratiquement toujours une femme derrière les origines de la plupart des héroïnes de comics.
Et la mise au monde de Dazzler en 1979 sous l’instigation d’Alice Donenfeld, alors avocate et vice-présidente des affaires commerciales chez Marvel, prouve encore une fois que, même si l’on ne retient souvent que les grands noms de l’industrie (en l’occurrence ici Jim Shooter), certains concepts et grandes idées créées ou inspirées par des femmes (Miss Fury est une création de Tarpe Mills, le célèbre costume de Vampirella a été imaginé par Trina Robbins, l’existence même de Wonder Woman provenant d’Elizabeth Holloway et Olive Byrne, de même que pour Catwoman et Big Barda inspirées par les femmes de Bob Kane et Jack Kirby… sans parler de Madame Xanadu, Isis... m’enfin lisez les rétro-billets et vous saurez de quoi je parle) tiennent encore debout aujourd’hui et laissent aux lecteurs un souvenir impérissable.

Dazzler fait ses débuts dans X-Men #130 en 1980, un numéro que les passionnés de la série mutante connaissent particulièrement bien puisqu’il appartient à l’un des meilleurs arcs écrits par Chris Claremont (et dessiné par John Byrne) sur les X-Men appelé la Saga du Phénix Noir et qui prend son envol au numéro précédent, celui-ci va introduire d’ailleurs les personnages d’Emma Frost et Kitty Pryde, mais ça les enfants, c’est une autre histoire.

Alison Blaire, c’est cette jeune mutante qui a la capacité de transformer le son en éclats de lumière aveuglante, créer des illusions holographiques ainsi que des rayons laser intenses, et dont les pouvoirs ont commencé à se manifester comme la plupart des mutants lors de l’adolescence, apparaissant soudainement alors qu’elle est en train de se produire lors d’un spectacle au lycée, fort heureusement pour elle le public qui assiste à la scène pense que cela fait partie du show.

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Bien que son père, le juge Carter Blaire, souhaite qu’Alison poursuive tout comme lui une carrière juridique, elle entre dans le monde de la musique et utilise ses pouvoirs sur scène pour améliorer visuellement ses performances vocales.
Ceux-ci vont à la fois attirer l’attention des mercenaires du Club des Damnés ainsi que des X-Men qui vont tenter de la recruter, mais contre toute attente, Dazzler ne rejoindra l’équipe que bien des années plus tard, après s’être consacrée à sa carrière et son public en donnant de nombreux concerts au cours desquels elle utilisera ses pouvoirs pour contrecarrer divers criminels.

Mais revenons si vous le voulez bien un tout petit peu avant cette première apparition.
En 1979 la mode du Disco est déjà en fin de course, et avant qu’il rende son dernier souffle, Marvel (par le biais de Donenfield) va essayer de capitaliser ce phénomène musical et culturel en créant un personnage qui devrait pouvoir être exploité sous différentes formes, de la musique au cinéma en passant par les produits dérivés.
C’est ainsi que l’éditeur va s’associer à la maison de disque Casablanca Records, écurie d’artistes de renom tels que Kiss, Donna Summer ou les Village People (sans parler de l’éminent Patrick Juvet), ainsi que le studio Filmworks pour élaborer une héroïne dont les aventures seraient lisibles dans une série qui lui serait dédiée, ses chansons disponibles en 45 tours, et en vue d’être adaptée dans un film. Ce n’était d’ailleurs pas la première collaboration entre Marvel et Casablanca, le groupe de rock Kiss ayant fait une apparition en 1977 dans Howard the Duck #12 et #13 pour ensuite revenir dans deux numéros de Marvel Comics Super Special.

Mais les choses ne vont pas se passer idéalement comme prévu. En effet les deux compagnies n’arrivent pas à se mettre d’accord sur des points essentiels comme l’éventail de pouvoirs de la mutante ainsi que sa personnalité, provoquant l’annulation de la série à cinq reprises. C’est Jim Shooter alors éditeur en chef qui prend en charge le projet, et conceptualise un personnage nommé The disco Queen. Le scénariste Tom DeFalco finira par modifier ces facultés (suggérées par Casablanca) en développant le fait qu’elle puisse transformer le son en lumière. Roger Stern nomme le personnage Dazzler et John Romita Jr. essaie de lui donner corps, au début très influencé par la chanteuse Grace Jones, concept qui ne sera finalement pas retenu car Filmworks, responsable d’une hypothétique déclinaison au cinéma va s’y opposer préférant la plastique d’une actrice telle que Bo Derek.

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Neil Bogart, à la fois patron de Casablanca et Filmworks, et Alice Donenfeld (a qui l’on doit le développement de la série animée Les Maitres de l’Univers, mais ça aussi, c’est une autre histoire !) voyaient effectivement les choses en (très) grand : produire un film se déroulant dans un New York futuriste et féodal où Dazzler accompagnée des Avengers était confrontée à deux reines rivales incarnées par deux grandes diva de la scène disco de l’époque,  Cher pour la Witch Queen, et Donna Summer en Queen of Fire. Le reste du cast envoyait également du lourd, les groupes Kiss et Village People étaient de la partie, ainsi que Robin Williams en love interest dénommé Tristan, tout cela dans un script écrit en 4 jours par un Jim Shooter sous acide (ou peut être pas, finalement c’est ça le pire) dont voici un extrait :

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Donenfeld fait même le voyage au 33ème Festival de Cannes pour convaincre Bo Derek de jouer dans son film, coïncidant avec la première apparition de Dazzler dans X-Men #130 publié trois mois auparavant. Ayant lu le script, l’actrice semble être intéressée au point de consentir à être attachée au projet. Dès lors la machine s’emballe, et Jim Shooter est évincé dans l’écriture du scénario par Marvel au profit de Leslie Stevens (créateur de la série Au-delà du réel). Selon les dires de Shooter, le scénario de Stevens est d’une médiocrité sans nom, les pouvoirs de l’héroïne sont supprimés, elle n’est désormais capable que de faire dire la vérité aux gens. De plus, la star qu’est Bo Derek à l’époque (Tarzan, the Ape Man réalisé en 1981 fut pour moi une révélation d’un érotisme puissant… ahem, mais je digresse, excusez-moi) exige que son réalisateur de mari, malheureusement célèbre pour ses dépassements de budget, soit aux commandes du film sans quoi elle quitte le navire. Ce caprice lui vaut son départ du projet, Marvel essaiera plus tard d’imposer l’actrice Daryl Hannah toujours sur le scénario de Stevens, sans succès.

1981_Dazzler1Au même moment l’héroïne va faire ses débuts dans une série à son nom qui sera chez Marvel la toute première à être publiée exclusivement pour le marché direct, le premier numéro se vend à 428000 exemplaires. Jusqu’en 1985, Dazzler côtoiera bon nombre de super héros et super villains tels que Spider-Man, Human Torch, Dr. Doom, Galactus, Hulk et les X-Men, afin d’être sûr que le titre reste en haut du classement, ce qui ne sera malheureusement pas le cas puisque la série deviendra bi-mensuelle à partir de 1983 à partir du #25 pour prendre fin au #42.
John Romita Jr est aux dessins jusqu’au #3 puis remplacé par Frank SpringerTom DeFalco scénarise quant à lui jusqu’au #6 et aidera son successeur Danny Fingeroth sur les numéros suivants jusqu’au #27.

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Se réinventant périodiquement au fil des modes musicales qui vont jalonner les années 80 (et Dieu sait qu’il y en a eu…), Dazzler verra son costume être redessiné à plusieurs reprises, influencé autant par Madonna que par l’émergence de courants musicaux tels que la techno-pop.
La série quant à elle, n’est pas exempte de critiques. De nombreux lecteurs rejettent en effet son côté réaliste, où les relations de l’héroïne avec sa famille et sa carrière sont mis en avant au détriment de l’action pure digne d’un comics de super héros, et les somptueuses couvertures de Bill Sienkiewicz à partir du #27 jusqu’au #35 n’y changeront rien. 

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En 1984 dans le roman graphique Dazzler : The Movie, Jim Shooter envoie Alison Blaire à Hollywood (elle est à ce moment là prof d’aérobic), où un producteur véreux nommé Roman Nekoboh la séduit et la persuade de révéler ses pouvoirs dans un film autobiographique afin de stimuler sa carrière. Mais le contraire se produit, sans que le film soit projeté une Dazzler démasquée (et à moitié nue, celle-ci donnant de sa personne en petite tenue afin de faire la démonstration de ses pouvoirs devant un public médusé) subi dès lors les foudres des mouvements anti-mutants, mettant à mal ses vues dans le show-business. Dans ce numéro nous apprenons deux choses : Alison Blaire est foncièrement naïve, et elle peut accumuler l’énergie qu’elle est capable de produire grâce à ses pouvoirs mutants.
Elle se voit ensuite obligée de reconstruire sa vie sous la tutelle des X-Men, ce qui va lui permettre d’améliorer considérablement ses capacités, c’est à ce moment là qu’elle rencontre et tombe amoureuse de Longshot qu’elle va épouser, notre héroïne tombera enceinte mais perdra l’enfant d’une fausse couche. 

Dazzler va côtoyer bon nombre de super héros et d’univers (dont le Mojoverse) tout au long de sa prolifique carrière. A ses débuts, elle est équipée d’un magnétophone muni de haut-parleurs dont les bandes magnétiques pouvaient fournir une musique continuelle, source de ses pouvoirs, et ses fameux patins adhéraient magnétiquement à ses chaussures…
Au même titre que Spider-Woman et She-Hulk, elle doit son existence au sens aigu des affaires et du marketing de la part de Marvel, qui cherchait à capitaliser au mieux un concept ou une mode et de le décliner sur différents médias. Malgré ses différents écueils, Alison Blaire saura rester plus ou moins sur le devant de la scène, jusqu’à se confronter à Dr Doom et Galactus en personne (ce qui n’est pas donné à tout le monde, vous en conviendrez) surfant sur les divers courants musicaux, et changeant de look si nécessaire, comme c’est encore le cas aujourd’hui. Mais c’est sa période Disco, genèse du personnage, qui reste auprès des fans de loin la meilleure.

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A-FORCE #1: la preview


Cette nouvelle série n’aura beau être disponible que dans pratiquement 3 semaines, elle s’offre déjà une petite preview, avec plein plein plein de variant covers comme il se doit, vous n’avez que l’embarras du choix, j’ai une préférence pour celle de Stéphanie Hans, qui présente un tout nouveau personnage nommé Singularity.
Avec G. Willow Wilson (Ms Marvel), et Marguerite Bennett (Angela: Asgard Assassin) au scénario ainsi que Jorge Molina (X-Men) aux dessins, A-FORCE se déroule pendant les événements de  Secret Wars, alors que l’équipe des Avengers que l’on connaissait jusqu’alors n’est plus. Une nouvelle équipe constituée de membres tout à fait honorables tels que She-Hulk, Dazzler, Medusa, Nico Minoru, et Captain Marvel ont pour mission de protéger l’île d’Arcadia située aux confins de Battleworld…

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Le mois de juin sera très très Gwen…


Marvel a toujours su faire ce qu’il fallait pour rentabiliser au maximum les séries ou les personnages qui ont soudainement eu du succès auprès de ses lecteurs. Il n’y avait pas de raison pour que Spider Gwen déroge à la règle, les variant covers des publications du mois de juin lui sont donc logiquement consacrées… sur pas moins de 20 séries !
Gwen Stacy sera donc quasiment partout, je suis personnellement partagée sur le fait de la retrouver sur toutes ces couvertures.
Elle reste quoi qu’on en dise, avec la Batgirl de Burnside, l’un des symboles d’un mouvement positif en matière de visibilité des héroïnes à l’égard d’un nouveau lectorat, mais elle est en passe de devenir également (si ce n’est pas déjà le cas) un phénomène de mode, du moins proportionnellement éphémère par rapport à l’importance qui lui a été accordé jusqu’ici.

J’ai appris récemment que la nouvelle Batgirl ne devait durer que le temps de 6 numéros, et revenir à la « normale » à la fin de Convergence. Mais on imagine mal DC Comics mettre un terme au phénomène, le premier numéro de Spider Gwen a, quant à lui fini en troisième position des meilleures ventes au mois de février, avec plus de 254.000 comics vendus, derrière la version séquentielle de la série TV Orphan Black par IDW (une vraie surprise et non moins bonne nouvelle) et Darth Vader toujours chez Marvel.

La « hype » est donc incontestable, ce n’est plus un secret pour personne, mais trop de Spider Gwen ne va t-il pas à force engendrer la mort de Gwen Stacy une seconde fois ? La série est critiquée de manière très positive dans l’ensemble (sauf peut être par moi, mais ça c’est pas très grave, cela ne m’empêche pas d’adorer le personnage), elle a donc de beaux jours devant elle, je l’espère.
J’ai peur cependant qu’un phénomène inverse se produise tôt ou tard, telle une overdose, alors que le but premier est de montrer qu’après Ms. Marvel, les jeunes héroïnes dynamiques et actuelles continuent d’être dans la place au sein des grosses majors, et non plus seulement chez les éditeurs indépendants ou de moindre facture (bien que tout ça, entre nous, ne veut plus vraiment rien dire).

Nous vivons mine de rien, une période des plus intéressantes, il y a presque 5 ans lorsque j’ai commencé ce blog, jamais je n’aurais imaginé une configuration pareille et j’en suis la première ravie… mais il faut toutefois se faire une raison, tout est loin d’être parfait, même si des médias de plus en plus importants s’en font l’écho : les super héroïnes restent un secteur de niche, bien plus encore que celui des comics en général….

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Mise à jour du 06/05/15 : 

Nouvelle salve de Gwen-covers, avec au programme Thors #1 par Kris Anka, X-Men ’92 #1 par Ryan Stegman, Magneto #19 par Declan Shalvey, et Secret Wars #4 par Chris Samnee.

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Spider-Gwen #1, la toile descendante


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Pour peu que l’on s’intéresse à ce medium qu’est l’industrie des comic-books dorénavant popularisé à outrance par Hollywood, où la présence des super héros est désormais chose acquise jusqu’à arriver à saturation (dans le sens masculin du terme, de toute manière jusqu’à maintenant, on ne peut pas dire qu’une super héroïne ait encore réussi à faire réagir les spectateurs en bien, et pour cause, elles sont pour la plupart insipides ou mal exploitées, voir non exploitées d’ailleurs) Spider-Gwen reste un vrai phénomène.
Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’aucune autre série n’aura rarement été autant attendue par ses futurs lecteurs, ses futurs détracteurs aussi sans doute, allant jusqu’à mériter un article chez nous en France via le site Madmoizelle (alors autant je me méfie de ce que peuvent écrire les gros médias sur le sujet, autant cet article est plutôt pas mal foutu, je vous invite donc à y jeter un coup d’oeil, si le cœur vous en dit).

Et puis cette semaine le premier numéro de Spider-Gwen est enfin sorti. Il était donc temps de savoir si ce titre méritait autant d’impatience, autant de buzz, et autant fangirling de ma part. Il était également question de savoir si un tel personnage méritait d’avoir sa propre série, et si celle-ci était capable de durer plus d’un seul arc. Autant de questions que nous allons tenter de répondre dans les lignes qui suivent.

Pour commencer, ce numéro 1 nous offre une très belle entrée en matière, une double entrée même puisqu’il nous présente le personnage par ses deux prismes, autant par sa jeune présence dans l’univers Marvel que cette fameuse hype instaurée depuis des mois via les réseaux sociaux de tout bord.
Cela se traduit tout d’abord par le biais d’une page résumant le fameux numéro où elle fit sa première apparition, à savoir Edge of Spider-Verse #2mais également à la toute fin de l’ouvrage grâce à la note d’intention de l’éditeur du titre, Nick Lowe, totalement conscient de résumer (et d’une très belle manière) ici l’importance de rappeler l’engouement de l’existence d’un tel personnage.
Par ces deux manières, il est impossible de ne pas trouver un intérêt quelconque en cette nouvelle Gwen Stacy.

Gwen Stacy, mine de rien, fait partie de ces personnages féminins qui ont marqué l’histoire des comics, et sont quelque part une institution. Pour les fans, chacun sait que ce personnage est mort en 1973 grâce aux bonnes œuvres de Gerry Conway et Gil Kane, alors que Spider-Man se bâtait avec son ennemi le Bouffon Vert qui l’avait kidnappé, et dont le tisseur provoquait sans le vouloir la mort sur le pont George Washington.

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A mon agréable surprise, le second Amazing Spider-Man réalisé par Marc Webb réussissait à traduire sensiblement l’un des moments forts présents dans l’oeuvre originale, et ce grâce à l’alchimie indiscutable opérant entre les deux acteurs, Andrew Garfield et Emma Stone.

Evidemment le personnage ne cessera de réapparaître, et ce de multiples manières comme par exemple sous la forme d’un clone grâce au Chacal, mais ce qui nous intéresse plus particulièrement c’est par le biais de son univers alternatif d’où elle provient, mis en avant par Dan Slott et faisant partie du fameux Spider-Verse.
Nous sommes donc sur Terre-65, la Gwen Stacy de cet univers ayant subi les syndromes de Peter Parker à sa place au contact de l’araignée. Après avoir donné de sa personne lors de l’event Spider-Verse et ainsi rencontré de nombreux alter ego qui ont pour la plupart beaucoup plus la classe qu’elle dans leurs univers respectifs, Gwen doit retourner chez elle et faire face à sa première menace : Le Vautour, tout en gérant son départ du groupe des Mary Janes ainsi que sa relation avec son père, bien au courant de sa double identité.

Alors autant le dire de suite, la hype est descendue d’un cran entre la lecture de Edge of Spider-Verse #2 et ce premier numéro de Spider-Gwen. Non pas que le style de Robbi Rodriguez, toujours aussi efficace, y soit pour quelque chose, il s’agirait plutôt de l’histoire, pourtant bien menée si l’on aime s’amuser à compter les références à l’univers régulier du tisseur. C’est sympa le temps de deux ou trois pages, ça gonfle au bout de la quatrième.
Dans l’univers de Spider-Gwen, Ben Grimm est un simple flic, Matt Murdock un caïd de la pègre, et Frank Castle… au fond reste lui même (faut pas déconner non plus). Ce qui me dérange surtout, c’est le fait que la Gwen Stacy de cet univers ne soit ni plus ni moins montrée comme une Peter Parker issue d’un elseworld sans autre but que de dupliquer les mêmes blagues et les mêmes erreurs juvéniles que son alter ego masculin de l’ère 616, et il ne faut quand même pas nous prendre pour des andouilles pour se rendre compte que ce personnage mérite beaucoup mieux que cela.

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A l’instar de Batgirl, Gwen Stacy est elle aussi dans l’air du temps, entretenant une relation des plus ambiguës avec son téléphone portable. Ce qui manque dans ce numéro qui reste introductif, c’est un enjeu véritable, au delà de la menace du Vautour qui sera expédiée on le sait à la fin du premier arc. Et c’est d’autant plus dommage vis à vis de ce que Silk, jouant sur les mêmes bases et d’une manière totalement inattendue, est parvenue à amener le temps d’un seul numéro.

Je vais donc continuer à brandir mon T-shirt Spider-Gwen dans les futures conventions mais je serais ravie que cela soit pour une bonne raison, au delà de ce costume qui reste le meilleur design que le medium ait pu produire depuis des années.

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