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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 33


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Massacre à la Tronçonneuse, deuxième partie

Massacre à la Tronçonneuse : Les Comics

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Comme toute bonne saga cinématographique qui se respecte, Massacre à la Tronçonneuse a eu droit à de nombreuses déclinaisons en comics, mais de façon beaucoup moindre que d’autres sagas du même genre : Son aspect hardcore visuellement très cinématographique étant, je pense, émotionnellement assez difficile à retranscrire en bande dessinée. Ça n’a pas empêché plusieurs éditeurs de s’y essayer, pour des résultats parfois assez surprenants, dans le bon comme le mauvais. Petit tour d’horizon des versions dessinées de la famille de dégénérés la plus célèbre du Texas  !

Leatherface, mini série en 4 numéros, publiée aux États Unis par Northstar Comics en 1991

Cette mini série est en fait l’adaptation du troisième film de la saga, elle est écrite par Mort Castle, le premier numéro est dessiné par Kirk Jarvinen et les numéros suivants par Guy Burwell.
L’histoire est exactement la même que le film éponyme à quelques détails près puisque Mort Castle a travaillé à l’écriture de son scénario à partir du script original du film écrit par David Schow.
L’histoire raconte le calvaire de Michelle et Ryan, un couple de passage au Texas alors que les exactions de la terrible famille viennent d’être découvertes  : Les membres de la famille sont en fuite et la police sillonne la région à leur recherche. Mais la famille compte en fait plus de membres et Michelle et Ryan vont vite le découvrir après une échauffourée avec le gérant d’une station service particulièrement belliqueux.

Pour le scénariste, le fait d’avoir écrit son histoire à partir du script original a un effet particulièrement flagrant dés les premières pages  : Le comic est clairement plus violent et gore que le film, déjà lui-même particulièrement édulcoré (2).
Contre toute attente, cette mini-série est particulièrement réussie : L’histoire est très prenante, riche en rebondissements, en scènes gore et les dessins, même si ils restent sur de nombreux points typiques des productions des années 90 sont assez réussis.
Mention spéciale aux couvertures, réalisées par Guy Burwell, splendides  !
En résumé, un bon moment de lecture horrifique, malheureusement aujourd’hui quasiment introuvable à prix décent, chacun des 4 numéros se monnayant autour de 20 dollars…
De plus, il n’en existe pas de version reliée.

Pour la petite histoire, Nothstar avait en projet plusieurs autres comics exploitant la licence, notamment une adaptation du film original de 1974 (une publicité était d’ailleurs visible à la fin du dernier numéro de Leatherface) ainsi que deux one shots : Texas Chainsaw Massacre Portfolio (Avec Dave Dorman au scénario) et Leatherface Special, écrit par Mike Baron qui devait raconter l’enfance du tueur au masque de chaire humaine.
Tout ces projets n’ont jamais vu le jour.

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Jason Vs Leatherface, mini-série en trois numéros publiée par Topps Comics en 1995

Rencontre au sommet entre Jason Voorhees, le tueur au masque de hockey de Crystal Lake et la famille de barjots texane  !
Alors que des industriels véreux ont en projet de vider le lac, plein de déchets radioactifs, dans lequel ce bon Jason repose pour y construire un complexe hôtelier, notre bon vieux tueur monolithique se retrouve enfermé dans un container et expédié vers un dépôt de produits toxiques au Mexique. C’est sans compter la vigueur du bonhomme qui durant le voyage en train s’échappe du container, massacre le personnel à bord et se retrouve au beau milieu du Texas, sur les terres de la famille de Leatherface ! Jason ne tarde pas à croiser leur chemin et contre toute attente, touché par la détresse du monstre masqué à la tronçonneuse dans lequel il se reconnait, fait ami ami avec eux. Mais bientôt, des dissensions apparaissent et l’affrontement parait inévitable.

Écrit par Nancy A. Collins, dessiné par Jeff Butler sur des couvertures de Simon Bisley, Jason Vs Leatherface est un pur comics gore décomplexé, mais particulièrement surprenant sur la façon dont sont traités ses personnages : Le rapport entre Jason et Leatherface est ainsi parfois presque touchant, de même que les rares moments durant lesquels les membres de la famille se livrent à Jason (on pense notamment à la scène du grenier, à la fois touchante et pathétique) ou lorsque ce dernier s’interroge sur son propre statut familial.
Les dessins de Jeff Butler sont quant à eux quasiment parfaits, dessinés dans un style très EC Comics et servent admirablement le récit. Les couvertures acérées de Simon Bisley complètent ce tableau et vous l’aurez compris, Jason Vs Leatherface est une lecture que je recommande plus que chaudement.

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Malheureusement, comme pour le comic Leatherface cité plus haut, trouver les trois numéros à un prix décent est un véritable sacerdoce, aucun éditeur n’ayant reprit les droits des publications Topps, ce comic est probablement à jamais perdu dans les limbes…
Il n’existe bien évidemment pas de version reliée non plus.

Les productions Avatar Press 

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Après le remake de 2003, Avatar Press récupère de nombreuses licences issue des films d’horreur New Line Cinéma, notamment Vendredi 13, Les Griffes de la Nuit et bien sûr Massacre à la Tronçonneuse, pour en produire des adaptations et des comics dérivés.
En ce qui concerne Massacre à la Tronçonneuse, Avatar Press produira deux one shots et une mini série, tous issus de l’univers du remake de 2003, tous se situant chronologiquement avant le film et lui servant de préquelle.

The Texas Chainsaw Massacre Special , one shot publié en 2005

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Dans ce one shot, on suit le calvaire de trois condamnés en fuite et de leurs compagnes. Après avoir braqué l’épicerie de Luda Mae, ils sont pris en chasse par Leatherface et le shérif Hoyt.

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Ce one shot est écrit par Brian Pulido est dessiné par Jacen Burrows, l’un des artistes phares de la maison d’édition et autant être franc d’emblée, malgré sa courte durée ce one shot est une grande réussite, réussissant en quelques pages à parfaitement retranscrire l’ambiance du film, notamment grâce à l’utilisation de tons bruns pour les couleurs et une parfaite ressemblance entre les personnages dessinés et les acteurs du film. Une réussite, dont on ne peut reprocher que la durée, beaucoup trop courte…

The Texas Chainsaw Massacre : The Grind, mini série en trois numéros, publiée en 2006

Le bus d’une chorale de jeunes filles tombe en panne à proximité de l’abattoir abandonné non loin de la ferme de la famille Hewitt. Très vite, le couple qui les accompagnait est tué par Leatherface après qu’ils soient partis chercher de l’aide. Quant aux jeunes femmes et la jeune enfant du couple, elles sont faites prisonnières et droguées par le shérif Hoyt dans l’abattoir en attendant que Leatherface viennent les tuer et les « conditionner ». Les filles vont tenter de s’enfuir, mais se sera pour affronter un à un les différents membres de la famille.

Une fois de plus c’est Brian Pulido qui écrit avec brio cette histoire dérivée du remake de 2003, on retrouve donc les mêmes personnages et les mêmes lieux. Une fois de plus, Pulido prouve qu’il a bien saisi les codes et références visuels du film et livre une histoire haletante, enchaînant les scènes gores et sadiques avec jubilation, le genre de production typique Avatar qui, je l’avoue, me ravisse à chaque fois.

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Niveau dessin, c’est l’artiste Daniel HDR qui s’y colle, dans un style très voisin de celui de Jacen Burrows sans toutefois atteindre le niveau de ce dernier, notamment dans la reproduction des visages des acteurs du film. Néanmoins ça reste parfaitement lisible, The Grind étant comme le one shot précédent une lecture particulièrement jouissive.

The Texas Chainsaw Massacre  Fearbook, one shot publié en 2006

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Quatre amis sont de passage à proximité de la ferme Hewitt, sur le chemin ils s’arrêtent à l’épicerie de Luda Mae mais alors que le shérif était de bonne humeur et aurait pu les laisser repartir sans encombre, Hoyt a des soupçons (fondés) sur le fait que l’un d’eux, végétarien qui plus est (ce qui déplaît fortement à l’irascible shérif) soit sous l’emprise ou en possession de drogues. Il n’en faut pas plus pour que le belliqueux shérif embarque tout ce petit monde jusque chez lui… Commence alors pour les quatre amis un voyage sans retour vers l’enfer.

Brian Pulido laisse sa place à Antony Johnston au scénario et ce dernier s’en sort admirablement en l’espace de quelques pages : Ce Fearbook est une nouvelle fois une réussite, gore, sans concession, sa conclusion à la fois pathétique et terrible laissant un goût amer au lecteur.
Aux dessins, Daniel HDR rempile tout en étant assisté de Mauricio Dias pour les décors : Pas grand chose à reprocher de ce côté, Daniel HDR continuant sur la lancée de The Grind.

On reproche souvent aux productions Avatar Press une certaine facilité dans le gore facile et les productions de pure exploitation : Force et de reconnaître que dans le cas de l’exploitation de la licence Massacre à la Tronçonneuse, le petit éditeur à fourni un travail admirable en adéquation avec le film qu’il exploite.
Après libre à chacun de penser ce qu’il veut de ces comics, personnellement, je suis fan et très franchement je les recommande, surtout si comme moi vous avez apprécié le remake de 2003, dont les comics cités plus haut respectent à la lettre les codes visuels et scénaristiques.
Seule déception, aucun de ces comics n’a été réédité ni collecté dans des éditions reliées et ne le sera probablement jamais pour des problèmes évident de droit… On peut toujours les trouver d’occasion par ci par là, mais souvent à des prix prohibitifs.

Les productions Wildstorm

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En 2007, Avatar Press perd la totalité de ses licences issues des films d’horreur New Line Cinéma qui sont récupérées par DC/Wildstorm. Cette même année, Wildstorm publie une mini série en 6 épisodes sobrement intitulée The Texas Chainsaw Massacre, cette mini série sera suivie de trois one shots et d’une autre mini série en 3 numéros. Un numéro spécial, New Line Cinema’s Tales of Horror, contiendra également une histoire courte mettant en scène la terrible famille (3).

The Texas Chainsaw Massacre, mini série en 6 numéros publié en 2007

Après les événements du premier film, les membres de la famille Hewitt sont introuvables, Erin, la seule survivante est en état de choc et à été placée dans un asile…
Deux agents du FBI sont chargés d’enquêter sur ces odieux crimes, l’agent Blaine est d’ailleurs l’oncle de Pepper, l’une des victimes, et est bien décidé de faire la lumière sur ces crimes odieux et la disparition de sa nièce. Arrivés sur place en même temps qu’une équipe de télévision menée par la présentatrice Kim Burns, les malchanceux nouveaux arrivants vont devoir faire face à la mystérieuse et sadique famille qui loin d’avoir disparue et est au contraire toujours bien présente, couverte par les habitants du coin qui « Ne veulent pas de problèmes avec les Hewitt… ».
Commence alors pour nos malheureuses victimes un véritable voyage en enfer, entre cannibalisme, viols et tortures rien ne leur sera épargné.

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Au scénario, on a deux scénaristes chevronnés à savoir Andy Lanning et Dan Abnett. Il est plutôt surprenant de voir ces deux scénaristes aux commandes de cette mini série, les deux hommes étant plutôt habitués aux productions super héroïques, notamment sur les séries spatiales (le tandem à fait les beaux jours des Gardiens de la Galaxie et de Thanos chez Marvel notamment). La principale différence entre le film et cette mini série, c’est la psychologie des personnages : Là où dans le film (et même dans les comics Avatar Press) pour certains leurs motivations et implications restaient assez nébuleuses, dans cette mini série ils sont tous dépeints comme de véritables psychopathes, cruels et dépravés ne laissant aucune place à l’ambiguïté quant à leur réelle place dans cette famille et leurs intentions. Les scénaristes incluent même de nouveaux membres à la famille étayant ainsi le portrait de famille déjà bien fourni en personnages bizarres.
Ce postulat plus cru et direct déplaira très certainement à ceux qui ont apprécié cette ambiguïté dans le film (on pense notamment au personnage des deux femmes vivants dans la caravane ou le jeune Jedidiah) (4) mais se révèle efficace : On ressent réellement un aspect de survie sans espoir pour les personnages tout au long de l’histoire, les survivants ne pouvant logiquement compter sur personne que sur eux-même pour survivre.
Visuellement, c’est Wes Craig qui dessine l’intégralité des 6 numéros de cette mini série et c’est manifestement très inégal : Les visages sont parfois différents d’une case à l’autre, ressemblant parfois aux acteurs du film, parfois non… Les lacunes sont nombreuses au niveau du dessin et très honnêtement, finissent par gêner la lecture.
Scénaristiquement osée, desservie par une partie graphique tout juste passable, cette première mini série n’est malheureusement pas ce qui est sorti de mieux sur l’univers de Massacre à la Tronçonneuse, une lecture à réserver aux fans pur et dur de la saga.

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Prévue à la base pour être un ongoing, la série se limitera finalement à ces six épisodes, Wildstorm préférant par la suite continuer l’exploitation de ces licences au travers de mini séries plus courtes et de one shots.

The Texas Chainsaw Massacre  : Cut  ! One shot publié en 2007

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30 ans après les événements du premier film, une équipe d’étudiants en cinéma reviennent sur les lieux du massacre pour y tourner un documentaire. Malheureusement pour eux, la maison Hewitt est toujours occupée…

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Une histoire courte plutôt bien fichue, écrite par Will Pfeifer et dessinée par Stefano Raffaele. L’histoire montre ce que sont devenues les membres de la famille trente ans plus tard et son découpage, notamment dans la scène finale, est particulièrement réussi.
Scénario intéressant ajoutant pas mal de choses à la mythologie et agrémenté de dessins réussis, un one shot plus que recommandable.

The Texas Chainsaw Massacre  : About A Boy, one shot publié en 2007

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Cette histoire est en fait une préquelle au film Massacre à la Tronçonneuse  : Le Commencement, sorti en 2007.
L’action se situe deux ans avant, en 1972 et est centrée sur Leatherface. L’instituteur de la ville se rend à la maison Hewitt afin de s’entretenir avec Luda Mae concernant son fils Thomas, futur Leatherface. Dans le même temps, Thomas espionne des jeunes en train de se baigner, surpris il est pris à parti par un des garçons qui se moque de lui et le blesse. Furieux, Thomas se met en tête de se venger…

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Une histoire intéressante, qui approfondie bien et développe des thèmes et histoires que l’on aurait manifestement voulu voir dans le film (5). Au scénario se sont de nouveau Dan Abnett et Andy Lanning et aux dessins l’artiste Joel Gomez, qui livrent une prestation honorable, on appréciera notamment le faciès de Thomas Hewitt, largement inspiré par le Frankenstein de Bernie Wrightson.

The Texas Chainsaw Massacre  : Hoyt By Himself, one shot publié en 2007

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Un histoire courte centrée sur le personnage du shérif Hoyt et de son passé durant la guerre de Corée, conflit durant lequel il fut forcé de se livrer au cannibalisme afin de survivre.

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Très certainement un des meilleurs one shot sorti à ce jour concernant Massacre à la Tronçonneuse. Cette histoire dresse un portrait à la fois terrible, pathétique et sensible du shérif Hoyt et de son passé, rendant le personnage et ses motivations presque logiques aux vues de ses expériences passées : Un must read, renforcé par des dessins absolument sublimes de Wes Craig, qui montre beaucoup encore plus l’étendue de son talent sur cette histoire courte que sur la mini série précédente sur laquelle il à œuvré.

The Texas Chainsaw Massacre : Raising Cain, mini série en trois numéros publiée en 2008

Raising Cain raconte l’histoire de deux frères jumeaux, Cain et Abel, nées au sein du clan Hewitt. L’histoire se situe plusieurs années après les événements du premier film de 2003, la mère des jumeaux est Henrietta, la femme malingre vivant dans la caravane.
Malgré son appartenance à la diabolique et monstrueuse famille, leur mère est bien décidée à les faire échapper à l’héritage familial. Après avoir pris la fuite durant la nuit, Henrietta tombe dans une rivière : Un des bébés est sauvé in extremis par Luda Mae, mais l’autre est emporté par les flots en même temps que sa mère. Henrietta meurt quelques heures plus tard au bord de la rivière, le bébé survit malgré tout et sera recueilli par une famille normale, tandis que l’autre sera élevé dans la famille Hewitt. Leurs deux destins seront ainsi mis en parallèle mais comme beaucoup de malédiction, l’héritage de la famille n’est jamais bien loin et les deux frères vont finir par être réunis…

Très certainement une des histoires les plus intéressantes sorties chez Wildstorm concernant Massacre à la Tronçonneuse : L’histoire est très réussie, brossant une fois de plus un portrait particulièrement effrayant de la famille Texane, farouchement accrochée au concept de la famille unie et malheur à quiconque essayera de passer outre cette idéologie.
L’histoire est signée par la star des comics d’horreur Bruce Jones dont j’avais déjà parlé dans mon Jeudi précédent.
Niveau dessins, j’avoue là par contre être dubitatif : Réalisés par Chris Gugliotti, leur aspect caricatural, limite abstrait, donne certes un certain cachet à l’histoire mais très honnêtement, j’aurais préféré un style plus réaliste qui à coup sûr aurait mieux servi le thème et l’ambiance de l’histoire, mais ce n’est qu’un avis personnel, le style visuel étant parfaitement maîtrisé, pas grand chose à reprocher malgré tout de ce coté là.

Bonus :
The Texas Chainsaw Massacre : The Texas Chainsaw Salesman, histoire courte issue du magazine New Line Cinema’s Tales of Horror, publiée en 2007

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Dans cette histoire courte, un vendeur à domicile s’arrête un soir à la maison Hewitt. Son destin de futur repas semble tout tracé à un détail prés qui pourrait bien le sauver  : Il vend des tronçonneuses  !

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Une histoire courte assez plaisante à la fin surprenante, écrite par Peter Milligan et dessinée de façon admirable par Tom Feister, à lire  !

Contrairement aux productions Northstar, Topps et Avatar, la totalité de ces histoires ont été collectées dans deux albums reliés, la première mini série a même été publiée en France par Panini Comics en 2009 dans leur collection Darkside.

Massacre à la Tronçonneuse est une saga mythique qui au fur et à mesure du temps a su se tailler une place particulière dans le cœur des fans d’horreur : Plus réaliste qu’un Vendredi 13 ou un des épisodes des Griffes de la Nuit, Massacre à la Tronçonneuse nous ramène à une réalité brutale beaucoup plus effrayante et viscérale, chose que peu de sagas horrifique réussissent.
Le premier film reste à ce jour un monument du cinéma d’horreur, quasiment inaltéré par le temps dont la puissance visuelle et évocatrice et encore aujourd’hui presque palpable. Même si le remake de 2003 a choisi de prendre une direction radicalement opposée, ces thématiques sont respectées et en font son digne successeur.
Les comics issus de cette franchise l’ont bien compris et pour la plupart respecte cet aspect, parfois même plus que les multiples suites sorties en film, un tour de force très rares qui mérite amplement que les fans d’horreur s’intéressent à ces produits dérivés, respectueux et honorables très méconnus, même par les fans de la saga, à bon entendeur !

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2 : Massacre à la Tronçonneuse III est dans sa version originale considérablement censurée, comme la plupart des films produit par la société New Line à l’époque  : Plus de 4 minutes de plans gore et de scènes de violence ont ainsi été coupés pour que le film échappe à la classification X aux États Unis, une version non-censurée sortira 12 ans plus tard en DVD, incluant également une fin alternative. Jason Va En Enfer, le neuvième épisode de la série Vendredi 13 aura droit au même traitement.

3 : Ce magazine contient également une histoire courte mettant en scène Freddy Krueger, cette histoire est dérivée de l’univers de la série de films Les Griffes de La Nuit.

4 : Cette ambiguïté sera également absente de la préquelle du remake de 2003, Massacre à la Tronçonneuse, le Commencement, réalisé par Jonathan Liebesman sorti en 2007.

5 : Des scènes racontant l’histoire de Thomas Hewitt auraient dû être tournées mais ne le furent pas par décision des producteurs, voulant garder un aspect plus mystérieux au personnage de Leatherface, il en subsiste quelques traces dans les scènes coupées du film, visibles dans les bonus du DVD.

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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 32


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Massacre à la Tronçonneuse, première partie

Il est des films qui marquent durablement, que ce soit le spectateur, le monde du cinéma, la culture populaire et l’imaginaire collectif. Une famille de cannibales du fin fond du Texas, des victimes terrorisées, une ambiance glauque et poisseuse ainsi qu’un boogeyman devenu depuis une figure emblématique de l’horreur moderne : Il n’en aura pas fallu plus pour faire de The Texas Chainsaw Massacre (Massacre à la Tronçonneuse en France) un film culte, symptomatique de son époque et représentatif de toute une nouvelle génération de cinéastes et de films qui en leur temps vont redéfinir le monde de l’horreur au cinéma. Massacre à la Tronçonneuse s’est aussi une licence foisonnante : Sept films, des produits dérivée à la pelle et bien sûr vous vous en aurez douté puisque c’est le nerf de cette rubrique, des comics !
Avant de nous intéresser plus particulièrement aux déclinaisons en format neuvième art de cette saga mythique, petit rappel de ce qu’est Massacre à la Tronçonneuse, son histoire et son impact.

At the chainsaw – chainsaw buffet
The secret ingredient screams
You’re my main course
At the chainsaw buffet
Feed on man-eaters’s cuisine
At the chainsaw – chainsaw buffet

Lordi – The Chainsaw Buffet, extrait de l’album The Arockalypse (2006) (1)

Note  : Pour des raisons de place et d’exhaustivité, je ne m’intéresserais qu’à deux films de la saga, à savoir le film original et son remake de 2003. Le premier pour son coté historique et iconique et le second d’une part pour sa qualité indéniable, et car la plupart des comics Massacre à la Tronçonneuse sont issus de l’univers de ce film.

Massacre à la Tronçonneuse  : L’enfant de la douleur

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Massacre à la Tronçonneuse sort sur les écrans américains le 1 octobre 1974 et pour les américains c’est un choc, aussi bien visuel qu’émotionnel : Le film est d’une violence crue, brutale et sans concession, du jamais vu jusqu’alors. Filmé de manière réaliste, limite documentaire, le film choque, dégoûte, indigne et fascine : Nous sommes dans les années 70 et le cinéma d’horreur amorce déjà depuis plusieurs années un virage vers quelque chose de nouveau et Massacre à la Tronçonneuse va en être l’une des pierres angulaires.

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L’histoire raconte la calvaire vécu par Sally Hardesty et sa bande d’amis : Alors qu’ils traversent le Texas en van, Sally et son frère handicapé Franklin insistent pour faire un détour par leur maison d’enfance. En chemin ils prennent en auto-stop un personnage aussi excentrique qu’inquiétant : Scarifié, en proie à un accès de démence, il s’entaille la main en hurlant de rire avant d’être éjecté du van. Arrivé à une station service, pas plus d’aide ne leur viendra du gérant, personnage affable mais bizarre…
Arrivés à la maison d’enfance de Sally et Franklin, quelques membres du petit groupe disparaissent à proximité d’une petite ferme se trouvant non loin. Très vite la nuit tombe et commence alors pour Sally un véritable calvaire aux mains d’une des familles de psychopathes les plus dangereues et les plus sadiques jamais vus au cinéma.

Pour comprendre l’impact du film, il faut se remettre dans le contexte de l’époque : Nous sommes à la fin des années 70, les États Unis sortent péniblement de la guerre du Viêt Nam, un conflit qui leur aura coûté leur fierté, aura divisé le pays et marque en quelque sorte la fin de l’idéal de vie à la mode américaine. Le modèle de « l’American Way of Life » est ébranlé par ce conflit sanglant, les jeunes générations cherchent à se démarquer mais se heurtent à la réalité : Le mouvement hippie a du plomb dans l’aile et montre ses limites, la jeunesse est déboussolée et désillusionnée, l’actualité et frappée par des faits divers qui vont eux aussi marquer l’époque : Le scandale du Watergate ébranle l’Amérique et des noms comme Ed Gein, Charles Manson, Ted Bundy ou John Wayne Gacy font les gros titres des journaux. Pour la plupart de ces criminels, ils sont tous de la même génération et leurs méfaits participent à façonner un nouvel imaginaire horrifique, plus réaliste, dont le cinéma va vite s’emparer.
Dans les années 50/60, le cinéma est dominé par l’horreur gothique de la Hammer, des films qui placent l’horreur dans des châteaux luxuriant européens et confrontent les victimes à des monstres pour la plupart issus de la littérature populaire : Dracula, le monstre de Frankenstein ou la Momie sont les têtes d’affiche de toute une pléthore de films dont le succès s’étiole considérablement à cette époque, le public ne croit plus à ces histoires trop souvent ressassées et cherche de la nouveauté.

Quelques films et réalisateurs vont commencer à marquer une évolution du style vers quelque chose de différent, dés le milieu des années 60 quelques films vont apparaître et progressivement faire évoluer l’horreur au cinéma vers quelque chose de différent : On notera des films comme 2000 Maniacs de Herschell Gordon Lewis en 1964, La Nuit des Morts-Vivants de George Romero en 1968, Black Christmas de Bob Clark en 1974, Le Mort Vivant de ce même Bob Clark la même année qui reprend le thème du symptôme post-traumatique de la guerre du Viêt Nam, La Colline à des Yeux de Wes Craven en 1977, Halloween de John Carpenter en 1978, Zombie de George Romero et I Spit On Your Grave de Meir Zarchi la même année et enfin Maniac de William Lustig en 1980.

Ces films ont pour points communs de démonter les codes jusque là établis par le cinéma d’horreur et d’amener l’horreur au plus proche du spectateur : Fini les monstres classiques, les châteaux hantés et les cimetières brumeux, les nouvelles faces de l’horreur ont des visages humains, tueurs en séries, zombies, psychopathes en tout genre sont légions et l’action est délocalisée dans les quartiers pavillonnaires, les campagnes et les lieux de vie communs (hôpitaux, centres commerciaux etc.). De ce fait, le spectateur se sent du coup plus impliqué dans l’action donnant au cinéma une authenticité accrue, c’est d’ailleurs sur cet aspect réaliste que va jouer au maximum Massacre à la Tronçonneuse, jusque allez dans… La publicité mensongère  !

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L’idée de Massacre à la Tronçonneuse vient au jeune réalisateur Tobe Hooper durant les années 70 alors qu’il n’est qu’un simple étudiant en cinéma documentaire, ces études seront d’ailleurs déterminante pour le style visuel de son futur film.
Il développe l’histoire pendant des années, s’inspirant notamment beaucoup du tueur nécrophile Ed Gein, dont il reprendra beaucoup d’éléments, notamment la ferme isolée, le masque en peau humaine de son tueur à la tronçonneuse et l’attirance pour la profanation de cadavres d’un des autres personnages. Pour ce qui est de la tronçonneuse, l’idée lui est venu alors qu’il était en train de faire la queue dans un magasin, il remarqua un étalage avec des tronçonneuses et se dit que si il pouvait en saisir une et découper les autres clients avec, il avancerait plus vite.
Le scénario définitif sera écrit par Tobe Hooper et Kim Henkel et le tournage commence dans une petite ferme de Round Rock au Texas, durant l’été 1973.
La plupart des acteurs sont de parfaits inconnus, pour la plupart, ils sont texans et ont simplement joué dans des publicités ou des films d’entreprise.

Les conditions de tournage sont extrêmes : Dans la petite ferme, la température estivale avoisine souvent les plus de 40 degrés et dû à un budget serré, l’équipe tourne parfois jusque 16 heures par jour, mettant à rude épreuve les nerfs des acteurs : La relation avec certains acteurs, notamment William Vail qui, excédé par les conditions de tournage deviendra insupportable, la légende raconte même que Tobe Hooper le fera mourir plus tôt que prévu dans le film afin de se débarrasser de lui.
De plus, l’atmosphère du plateau est très lourde : Pour les besoins du tournage, Hooper et Henkel se sont approvisionnés en os et cadavres d’animaux chez un vétérinaire du coin. Très vite les charognes d’animaux commencent à pourrir à cause de la chaleur et on doit injecter du formol dedans. L’odeur de pourriture, de formol, la chaleur et le manque de sommeil mettent à bout les acteurs et l’équipe technique, si bien que durant la scène du dîner, l’actrice Marilyn Burns craque et fait une véritable crise de nerfs, visible à l’écran, cette scène n’étant en fait pas simulée.

L’autre acteur du film à souffrir du tournage n’est autre que Gunnar Hansen, qui interprète Tronche de Cuir : Afin que les autres acteurs le trouvent toujours impressionnant et ne sympathisent pas avec lui, il passe la totalité du tournage à l’écart des autres, portant son masque durant parfois 16 heures par jour, même pour manger.
Encore pour des raisons budgétaires, le sang utilisé dans le film est du véritable sang d’animaux, récupéré dans un abattoir car moins cher que le sang factice.
Niveau budget, le film devient rapidement un gouffre : Prévu au départ pour ne coûter que 60 000 dollars, il en coûtera en fait plus de 300 000…

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Conscient que le réalisme est une part essentiel du succès d’un film, la première bande annonce du film n’hésitera pas à scander « Ce qui se passe est réel », l’idée d’un tel slogan étant venu à Hooper après qu’il ait vu dans la rue l’affiche d’un film d’horreur de série B utilisant le même genre d’accroche.

Le film sort le 1 octobre 1974 à Austin au Texas dans une version classé X (interdit au moins de 18 ans), Hooper demandera à de nombreuses reprises à la MPAA d’examiner de nouveau le film afin qu’il obtienne un classement R, classement accordé après la coupe de plusieurs scènes.
Une version complète du film sera finalement diffusée avec une interdiction R à San Francisco, provoquant le départ de plusieurs spectateurs durant la projection du film. En 1976, deux cinémas d’Ottawa au Canada projetteront le film, les gérants seront alors convoqués par la police locale afin de cesser sa diffusion sous peine de condamnations.
Le film sera interdit dans de nombreux pays, notamment l’Angleterre qui après un an de diffusion en salles censurera le film, censure qui ne sera levée qu’en 1998. Le film sera également interdit dans sa version intégrale en Australie, le pays des kangourous lui préférant sa version coupée R du MPAA américain. Le film sera également interdit de diffusion et d’exploitation dans de nombreux pays, notamment la Suède, la Finlande, le Chili, l’Irlande et la France.
Pour ce qui est de notre beau pays, il sera interdit par cinq ministres de la culture successifs, et malgré l’acharnement du distributeur René Chateau qui a acquis les droits du film, c’est finalement Jack Lang qui lèvera cette interdiction en 1979. Massacre à la Tronçonneuse sera d’ailleurs le premier film que René Château éditera en VHS dans sa collection « Les Films que Vous ne Verrez Jamais à la Télévision  , suivront d’autres films marquants comme Zombie de George Romero et Maniac de William Lustig.

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Malgré tous ces aléas, le film est un succès mondial et rapportera rien qu’aux États Unis plus de 31 millions de dollars, devenant l’un des films d’horreur les plus rentables de l’histoire, il ne sera détrôné que 4 ans plus tard par Halloween de John Carpenter.

D’un simple film a petit budget, filmé et distribué dans la douleur, Massacre à la Tronçonneuse devient un des films emblématiques de l’histoire du cinéma en redéfinissant (ainsi que d’autres films de l’époque) tous les codes de l’horreur. Un film charnière, indispensable qui quelques décennies plus tard, n’allat bien évidemment pas échapper à la mode du remake…

Massacre à la Tronçonneuse 2003  : On ne prend pas les mêmes et on recommence  !

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En 2003, le producteur Michael Bay, à l’époque tout juste auréolé de ses succès en tant que réalisateur sur des films d’action comme Bad Boys, Rock, Armageddon et Pearl Harbor décide de produire un remake de Massacre à la Tronçonneuse.
Levée de boucliers immédiate de la part des fans qui voient en l’intention de cet actioner une entreprise purement mercantile qui débouchera forcément sur un futur nanar, hors c’était bien mal connaître le gaillard.
Pour ne rien arranger, Bay nomme à la réalisation un parfait inconnu du nom de Marcus Nispel, réalisateur allemand qui n’a jusque là réalisé que des clips vidéos, notamment pour Faith No More, Janet Jackson et surtout Mylène Farmer, pour qui il a d’ailleurs réalisé 4 clips.
Contre toute attente, la collaboration entre le faiseur d’explosions américain et le jeune réalisateur allemand va donner à ce remake une qualité jusque là rarement atteinte pour un film de ce type.

Sorti sur les écrans en France le 21 janvier 2004, le film est boudé par la presse mais plébiscité par le public : Dés son premier week-end d’exploitation, il rapporte plus de 80 millions de dollars de recettes et reçoit de nombreuses critiques favorables, encore de la part du public.

Pour ce qui est du film en lui-même, j’avoue ne pas avoir accroché au premier visionnage et il a fallu que je le revois pour vraiment l’apprécier et il fait maintenant parti de mes remakes favoris (avec L’Armée des Morts de Zack Snyder, La Colline à des Yeux de Alexandre Aja et Halloween de Rob Zombie) et ce pour de nombreuses raisons, que je vais soumettre ici.

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Première chose appréciable, ce remake n’est pas tombé dans le piège de la copie conforme : Plutôt que de refaire le film original, le remake n’en prend que la trame originale, à savoir un groupe de jeunes, perdu au fin fond du Texas en proie avec une famille de psychopathes.

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De là, Michael Bay et son scénariste Scott Kosar vont complètement se détacher du film original et faire un film complètement différent : De passage dans une petite ville du Texas, en route pour un concert, Erin et ses amis prennent en stop une jeune femme visiblement en état de choc, bredouillant des phrases à peine compréhensible. La jeune femme fini par se suicider en se tirant une balle dans la tête à l’arrière de leur van…
Effrayés, gênés par une cargaison de cannabis qu’ils comptaient vendre durant le concert, le groupe d’amis fini par s’arrêter dans une station service et appelle le shérif du coin pour demander de l’aide. Ledit shérif leur donne rendez-vous non loin de là mais alors qu’il tarde à arriver, certains membres du petit groupe finissent par explorer les alentours et découvrent une grande bâtisse, seulement habitée par un vieil homme acariâtre en chaise roulante.

Après un coup de fil au shérif, Erin et un de ses amis sont attaqués par un individu masqué armé d’une tronçonneuse. Entre temps le shérif est arrivé sur les lieux et trouvant un joint de cannabis dans la voiture, livre un interrogatoire musclé aux jeunes gens et fini par les emmener chez lui menottes aux poignets, son chez lui étant la fameuse bâtisse découverte par Erin quelques heures plus tôt…
Commence alors pour les survivants une nuit d’horreur aux mains d’une terrifiante famille de psychopathes.

Le film est surtout remarquable sur deux points : D’une part sa direction artistique, absolument fantastique, et sa réalisation. L’addition de ses deux facteurs donne au film un cachet visuel d’une efficacité redoutable. D’un aspect sombre, poisseux et glauque, les décors sont une part intégrante de l’efficacité visuelle du film, Nispel ayant un talent indéniable pour filmer les décors.
La réalisation est également un des points forts du film : Rythmée et nerveuse pendant les phases de tensions, elle sait également se faire plus contemplative (voir notamment ce plan magnifique de Erin marchant sous des arbres ombragés), jouant avec les nerfs des spectateurs.

De ce coté on peut également féliciter la production sans faille du film, même si on n’apprécie pas Michael Bay, force est de reconnaître que sur ce genre de film, c’est un producteur de génie.
Dernier point et pas des moindres, le casting et l’interprétation : la tête d’affiche est Jessica Biel, à l’époque surtout célèbre pour son rôle de petite fille modèle dans la série bigote 7 à la Maison qui livre une performance intense très efficace. Autre point fort du casting, le rôle du shérif sadique est tenu par Robert Lee Ermey, acteur populaire pour son rôle de sergent instructeur sadique dans le Full Metal Jacket de Stanley Kubrick. Quand au rôle de Leatherface, il est tenu par Andrew Bryniarski, un acteur habitué des seconds rôles qui demanda lui même à Michael Bay d’auditionner pour le rôle.

Tout ces facteurs combinés font de ce Massacre à la Tronçonneuse version 2003 un film d’une redoutable efficacité, brutal, rapide et cru, il prend à contre-pied le film original pour livrer quelque chose de différent et réussi impeccablement à imposer une ambiance, un rythme qui lui est propre : Un remake détaché du film original, qui réussi à se créer sa propre identité, la définition même du remake réussi  !

Fin de la première partie, rendez-vous le mois prochain pour passer au crible les comics issues de la saga de la famille texane la plus barrée de l’histoire du cinéma  !

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