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Saving Private Danvers


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You’re a badass Danvers.

Avant de faire un retour comme il se doit sur cette seconde saison de Supergirl, (celle-ci n’étant pas encore finie je préfère encore garder un peu mes billes), je voulais revenir sur l’épisode de la semaine dernière qui m’a particulièrement plu et pour cause : il est centré sur Alex Danvers et sa relation avec Maggie Sawyer, une relation qui a connu des hauts et des bas tout au long de cette saison, et qui a surtout à mon avis été assez mal exploitée malgré un début très prometteur.

J’ai déjà parlé des forces et des faiblesses de la première saison de Supergirl, ainsi que de mes attentes. Puis j’ai exprimé mon enthousiasme sur ce début de seconde saison… et depuis plus rien. La raison en est simple, il n’y avait pas grand chose à dire à mon goût et pour cause : cette seconde saison a pris une direction assez décevante en se prenant une nouvelle fois les pieds dans une love story lourdingue entre son héroïne principale et le bellatre/benet de service. L’année dernière il s’agissait de Jimmy Olsen, cette année de Mon-El, et pendant qu’on nous inflige ces bluettes insipides qui n’intéressent absolument personne, le temps imparti pour le reste des personnages secondaires est irrémédiablement réduit comme une peau de chagrin.
Pourtant si il existe une certitude en ce monde, c’est bien la suivante : on ne regarde pas Supergirl pour sa romance avec un tâcheron venu de Daxam mais bel et bien pour tout le reste, j’y reviendrai dans un autre billet en fin de saison.

Fort heureusement, il existe quelques bouffées d’oxygène dont cet épisode 19 intitulé sobrement Alex. Dans celui-ci la sœur adoptive de Kara se fait enlever et notre jeune héroïne va devoir la retrouver dans une course contre la montre, aidée naturellement par sa petite amie (d’Alex, pas de Kara, pour ça on verra la saison prochaine) Maggie « Montoya » Sawyer.
Les deux femmes ont beau avoir le même but, elles sont loin d’avoir les mêmes méthodes, celles de Kara sont pour le moins expéditives, dues à sa jeunesse, son enthousiasme et bien entendu l’ampleur de ses super pouvoirs. En gros avec Kara c’est du « On tape d’abord, on discute après », comme nous le montre la scène d’ouverture de cet épisode. Maggie au contraire est une femme d’expérience (ce qu’on avait compris dès le début de la saison) qui mettra 17 heures à essayer de négocier une prise d’otage avant que celle-ci prenne fin de manière musclée par la dernière fille de Krypton.
Dans la scène suivante, on voit qu’il y a un gros malaise concernant l’événement précédent, Mon-El en mode gros lourdingue se demandant à quoi peut bien servir la police alors que Supergirl est tout à fait capable de faire le job toute seule, ce qui est loin de ravir notre flic préférée.

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Celle-ci argumente que ces méthodes expéditives (et souvent violentes) pourraient se retourner contre elle devant un tribunal, les malfrats s’en sortant grâce à un non lieu. Mais Supergirl met en avant l’image qu’elle représente : L’espoir, l’aide et la compassion. Le symbole contre le système.
Et au milieu de ce crêpage de chignon en mode Justice Warrior, Alex fait du mieux qu’elle peut afin de faire tampon entre la femme qu’elle aime et son impétueuse sœur.

Alors quand Alex se fait kidnapper au terme de cette soirée pizza des plus mouvementées, les deux personnes à qui elle tient le plus vont tenter de travailler ensemble malgré leurs différents. S’en suit une tension palpable, maîtrisée et allant crescendo tout au long de cet épisode, où les trois principaux protagonistes (Kara, Alex, Maggie) seront traités de manière égale car face à un même destin, et sincèrement cela fait un bien fou de les voir être pris au sérieux un peu plus que d’ordinaire.

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Face à la disparition d’Alex, Kara et Maggie auront des réactions logiquement différentes en ce début d’épisode, le flair et le professionnalisme de Maggie va s’opposer au manque de sang froid et l’impulsivité de Kara. Alex n’est plus là pour les tempérer, elle s’efforce de trouver une solution pour se libérer toute seule de sa cage en verre (qui on le devine va soudainement se remplir d’eau, sinon c’est pas drôle), car Alex c’est tout sauf une demoiselle en détresse. Ingénieuse et Badass, elle ira jusqu’à s’extraire en mode Rambo l’implant situé dans son épaule qui est censé la localiser, afin de pouvoir le reconnecter et permettre à ses amis de la retrouver.

Pendant ce temps là Kara perd toujours un peu plus son sang froid, alors que l’identité du kidnappeur est révélé et que son chantage est mis à jour : la vie d’une sœur contre la liberté d’un père qui a pris perpette. Comme le DEO ne négocie pas avec les terroristes, Supergirl voit littéralement rouge :

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Ce qui est pourtant loin d’impressionner son adversaire, un ancien camarade de classe que côtoyaient les deux frangines lorsqu’elles vivaient encore à Midvale et qui connait la véritable identité de Supergirl.
Fort heureusement, Maggie « Montoya » Sawyer va tenter de débloquer la situation avec ce qu’elle sait faire de mieux : la négociation.
C’est à partir de ce moment que l’épisode devient véritablement intéressant car il prend en compte l’orientation sexuelle d’Alex à travers l’amour que lui porte Maggie.

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Rick Malverne, le kidnappeur d’Alex fera allusion à son homosexualité autant qu’il le peut, jusqu’à se demander qui, entre Kara et Maggie, l’aime le plus.
Après une énième saute d’humeur de Supergirl, Maggie reprend les choses en main, faisant intervenir Jonn Jonzz qui a pris l’apparence du père de Rick mais le subterfuge ne prend pas.

Entre temps, Alex Badass Danvers a réussi à se faire localiser par le DEO, ce qui va bien évidement pousser Supergirl à foncer dans le tas, contre l’avis de Maggie qui en bonne inspectrice sent le coup fourré à des kilomètres, tout en lui mettant dans les dents que se la jouer solo dans ce sauvetage est une fausse bonne idée.

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Ce qui devait arriver arriva, Supergirl se retrouve au mauvais endroit et déclenche le remplissage de la cellule d’Alex, il ne lui reste alors plus que 4 heures à vivre. Ayant récupéré un ordinateur portable sur place, Kara peut communiquer avec sa sœur qui lui interdit de rentrer dans le jeu du terroriste, en bon soldat du DEO qu’elle est.
Déboule alors Maggie, alors que l’eau monte irrémédiablement, Alex souhaite lui parler seule à seule comme si elle devait lui faire ses adieux, s’en suit ce qui semble être une ultime discussion entre les deux jeunes femmes puis lorsque la connexion se rompt, d’une dispute entre une Maggie désespérée et une Kara qui continue à rester sur ses positions.
Alors là les enfants, je peux vous dire qu’après une semaine je suis encore en train de passer la serpillière chez moi. Cette scène est juste superbe, autant Chyler Leigh m’avait bluffée tout au long de l’épisode 6, autant Floriana Lima m’a donné la chair de poule dans celui-ci, jouant les dures à cuire comme à son habitude en début de programme pour finir en pleine décomposition lacrymale. J’imagine des cohortes de lesbiennes littéralement tomber en syncope suite à cette scène.

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Maggie was right.

Le compte à rebours continue et Kara se rend compte que son tempérament à vouloir agir sans réfléchir risque de tuer sa sœur. Le Martian Manhunter (qui porte souvent la voie de la raison dans la série) va la réconforter sans toutefois apporter de solutions tangibles.
C’est encore une fois Maggie qui va débloquer la situation, faisant fi des principes qu’elle a pourtant pendu au nez de Supergirl tout au long de l’épisode. Après un échange avec Rick, elle décide d’exfiltrer son père de prison afin de donner une chance à Alex. On notera la maîtrise totale de notre flic de choc dans cette dernière confrontation alors que nous l’avions laissé complètement déconfite dans la scène précédente. Ah bonté divine, cette femme est tellement parfaite (oui j’avoue, je suis amoureuse de Maggie Montoya et alors ???) !

Alex n’est pas en reste, toujours en mode Rambo (ou McGyver, on ne sait pas trop exactement), l’agent fait tout ce qu’elle peut survire jusqu’à se servir de son pantalon pour en faire une bouée de sauvetage.
Kara comprend ensuite les intentions de Maggie et file tout droit au centre de détention où est incarcéré le père de Rick, et là miracle, c’est elle qui arrive à raisonner et Maggie et le paternel, touchée par la grâce de la négociation.

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Ni une ni deux, les deux héroïnes se rendent à l’endroit où est détenue Alex et Supergirl arrive in extremis à libérer sa sœur de son cercueil aquatique.

La scène qui suit est encore une fois responsable d’une montée des eaux devant mon écran, Alex et Maggie enfin réunies partagent un moment qui, mine de rien, fait fichtrement chaud au cœur dans ce monde de brutes.
Oui je vous l’accorde, c’est mélo, c’est cucul, mais ici on est ni dans Sense8 ni dans Orange is the New Black, on peut voir deux lesbiennes qui s’aiment dans un programme tout public (et notamment destiné à un jeune public) et j’imagine très bien la portée, la résonance que cette scène (comme la précédente) peut avoir dans le subconscient de celles et ceux qui souffrent parce qu’ils se sentent rejetés à cause de leur orientation sexuelle.

Alors qu’en Tchétchénie un véritable génocide anti-gay est actuellement en train d’avoir lieu, sous le comportement semi-léthargique de la part du reste du monde (hormis l’Allemagne grâce à la Mère Merkel), il est important de continuer à diffuser ce genre de scènes au plus grand nombre, car dans ce programme ce couple est traité comme n’importe quel autre, il s’agit juste de deux personnes qui ont failli ne plus jamais se revoir.

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Oui cet épisode me fait beaucoup de bien à chaque fois que je le regarde (je préfère taire le nombre de visionnages en une semaine) car même si comme d’habitude il est truffé de défauts (je vous invite à lire la désopilante review de Not a Unicorn) il véhicule de très belle choses comme le fait que l’amour ressenti par Kara et Maggie envers Alex est ici traité au même niveau.
Certes la série a beau être logiquement centrée sur Supergirl (et par extension sa relation assommante avec Mon-El), elle s’offre parfois de belles ouvertures comme c’est le cas ici avec ce couple malheureusement encore mal exploité selon moi, tout comme les autres couples et duo de la série… Mais j’aurais le temps de développer tout ça dans un autre billet.

J’ai volontairement mis de côté les scènes qui concernaient Lena et sa relation naissante avec Rhea, celle-ci a beau être intéressante dans le déroulement de l’intrigue générale, je voulais surtout faire part de mon enthousiasme vis à vis du développement de personnages qui me tiennent à cœur, et comme je l’ai déjà dit, trop souvent sous exploités à mon goût.
On notera également l’absence ou la très grande discrétion des personnages masculins réguliers dans cet épisode, que ce soit Mon-El (il a du avoir 3 répliques et c’est tant mieux !), Winn, Olsen, ou encore Martian, qui toutefois s’en sort mieux que les autres. Est-ce pour autant que cet épisode se révèle être un poil au dessus que ses prédécesseurs ?
Ayant vu l’épisode suivant aujourd’hui, j’ai personnellement une bribe de réponse : Il faut vraiment que cette série laisse la place à ses personnages secondaires, à partir du moment où elle ne fait que survoler la psyché de son héroïne principale.

Du reste cet épisode fait partie de mes préférés pour cette seconde saison, mais par Rao, le chemin vers la perfection s’avère être encore fichtrement long…
Bon à part ça si jamais vous avez le 06 de Maggie Montoya je suis preneuse.

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Supergirl: Being Super #3 : la preview


C’est avec la plus grande impatience que j’attends ce troisième opus (sur quatre) de Supergirl: Being Super, une mini-série admirablement déjà bien entamée par Mariko Tamaki et Joëlle Jones et dont je suis, je  l’espère, parvenue à vous en vanter les mérites.
Autant la série consacrée à Supergirl sur CW continue de me décevoir dans l’ensemble car elle passe totalement à coté du personnage malgré de belles envolées (sans mauvais jeux de mots), autant on touche ici la perfection en terme de compréhension moderne de cette super héroïne.

Le 26 avril, c’est la date à retenir pour la suite des vraies aventures de Supergirl.

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Run Kara, run.


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Que l’on apprécie ou non la série TV consacrée à Supergirl et diffusée sur le network CW, il faut bien reconnaître que ce programme aura permis à Kara Zor-El de se voir être dotée d’un nouveau statut, à commencer par celui fourni par son éditeur/exploitant qui va choisir de décliner ce personnage à travers différentes orientations : Tout d’abord à destination du jeune public via sa présence dans la série animée DC Super Hero Girls (à vrai dire les deux séries sont sorties à peu près au même moment), puis dans la mini-série Adventures of Supergirl, écrite par Sterling Gates et illustrée entre autre par Bengal, qui est en quelque sorte un complément de la série TV.
On notera également son retour dans une série régulière parmi les titres Rebirth de DC Comics,  et qui repend d’ailleurs beaucoup de détails provenant du show télé lui-même.

Et puis il y a Supergirl : Being Super, une mini-série de quatre numéros au format de 45 pages illustrée par Joëlle Jones et écrite par Mariko Tamaki, dont la moitié a été publiée à ce jour, et il était temps que je vous parle de ce petit bijou, car oui encore une fois, Kara va avoir une place de choix sur ce blog…

A la lecture de ces deux premiers numéros le ton est donné, dans cette mini-série il n’y a pas de Superman. Kara est Kal-El sur cette itération du mythe Kryptonien.
Recueillie par un couple d’agriculteurs alors que sa navette s’est écrasée au beau milieu de leur champ de maïs, l’enfance de Kara (qui arrive sur Terre à l’âge de 8 ans) n’est pas le centre d’intérêt de cette histoire, c’est bel et bien son adolescence, alors que la jeune fille s’apprête à avoir 16 ans, que Mariko Tamaki a décidé d’explorer, à travers de nombreuses pistes qui je crois pourraient mine de rien faire de cette mini-série un must have en terme de BD sur les sujets concernant l’adolescence d’un point de vue générationnel, au même titre que Ghost World en son temps.
Je suis encore dans le conditionnel, les 2 autres numéros n’étant pas encore sortis…

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A première vue,  Supergirl : Being Super s’apparente beaucoup avec la mini-série publiée en 2015 et écrite par Max Landis, Superman: American Alien qui revisitait elle aussi de façon moderne et générationnelle l’histoire de Kal-El, à commencer par son enfance et bien au delà.

Le fait est que les autrices responsables de cette mini-série savent absolument de quoi elles parlent. J’avais déjà vanté les mérites de Mariko Tamaki via son oeuvre co-produite avec sa cousine  Jillian Tamaki, Cet Eté là, publié chez Rue de Sèvres, tout comme ceux de Joëlle Jones (qui avait signé le génial Lady Killer, disponible chez Glénat Comics), et il faut avouer  qu’ici leur association fait merveille.
Dans Supergirl : Being Super, on retrouve le génie qu’a la scénariste pour décrire avec toujours autant de justesse les émotions et les réactions que tout un chacun a pu vivre pendant cette période tumultueuse qu’est l’adolescence. Tamaki nous fait découvrir l’environnement de Kara, ses amies, sa famille, ses entraînements d’athlétisme dans un format très proche de celui des séries TV que l’on trouve justement sur la chaîne CW. Je pense même que Being Super pourrait faire un excellent pilote si jamais il existait une série consacrée à la jeunesse de Supergirl.

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Ici Kara est une adolescente de ce qui a de plus normale (du moins en apparence), qui passe de très bon moments avec ses meilleures amies, qui a souvent du mal à communiquer avec ses parents et qui ne peut pas se passer de son téléphone portable. Sans se perdre dans les clichés, l’autrice nous dépeint une jeune fille authentique qui est sur le point de vivre de très grands bouleversements.
Même si elle ne connait pas ses origines ni l’étendu de ses pouvoirs (qui semblent d’ailleurs lui faire parfois défaut pour des raisons que l’on ignore encore), Kara a très bien su s’intégrer et mène une vie sans encombres jusqu’au jour ou un violent séisme dévaste la petite ville de Midvale. Alors que certains scénaristes se seraient précipités (c’est le cas de le dire) dans l’héroïsme facile compte tenu du personnage, ici il n’en est rien, le drame frappe notre héroïne de la plus cruelle des manières.

J’ai rarement pu lire un comics traitant du deuil de manière aussi juste et sensible que celui-ci. Lorsque l’on perd quelqu’un qu’on aime, il n’y a plus rien autour de nous. Vous-même, pendant un moment vous cessez d’exister. Vous agissez comme un automate par pur instinct de survie, mais vous n’êtes plus là.
Cette sensation de vide sidéral, d’avoir l’impression d’être une « vieille éponge » est retranscrite ici avec tant de brio que ce Supergirl : Being Super est sans doute la meilleure histoire jamais écrite sur Supergirl à ce jour.

Joëlle Jones excelle à représenter Kara en une adolescente en pleine mutation corporelle, sa mise en scène est toujours aussi dynamique, et l’expression de ses visages en totale adéquation avec les écrits de sa scénariste. Les couleurs de Kelly Fitzpatrick sont quant à elles sublimes, accentuant les effets dynamiques et dramaturgiques en quelques nuances le temps d’une seule scène (celle où Kara atteint le mur du son).

Ces deux numéros sont une réussite absolue, car ils explorent une vision d’un de mes personnages favoris comme rarement il m’a été donné de voir. Kara Zor-El est une héroïne magnifique qui mérite les plus belles histoires et Supergirl : Being Super est en train d’accomplir ce miracle, là, sous nos yeux ébahis. Il faut que je retourne chez mon père pour recommencer à sauter du haut de sa table de jardin, avec un peu de chance je réussirai enfin à voler.    

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L’hymne à la joie


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I’m back bitches !
Et pour « célébrer » mon retour, quoi de plus logique que de vous parler de ce début de seconde saison de Supergirl et de la tournure positivement pro-LGBT que cette série a volontairement décidé d’épouser, de prendre à bras-le corps même, et cela dans un contexte mondialo-social (un quoi ?) des plus anxiogènes, c’est une certitude, Kara Zor-El est bel et bien là pour nous sauver, une fois de plus.

A vrai dire, on peut parler ici dès le départ d’une série ouvertement pro-LGBT, il suffisait en effet de savoir lire entre les lignes pour comprendre que celle-ci s’avérait être un petit trésor de rendez-vous hebdomadaires pour toute une communauté, sans évidemment s’imposer comme tel, la première saison se voulant être universelle, fédératrice, et réunissant toutes les catégories de téléspectateurs sous le même Symbole, car le S n’est pas un S, il signifie juste « Stronger Together » (qui fut justement le slogan de campagne d’Hillary Clinton pour les élections présidentielles américaines … comme quoi !).
Certes, la chaîne originelle (CBS) où elle était diffusée l’année dernière ne se serait sans doute jamais permis une telle ouverture d’esprit, sauf peut-être au bout de 10 saisons qui de toute façon n’auraient jamais vu le jour. Mais ici le fait est que le passage sur CW est un bonus indéniable pour ce programme (même si il touchera beaucoup moins de téléspectateurs sur le continent américain) et sa répercussion auprès d’une fanbase LGBT toujours avide de programmes positifs de cet acabit.
Greg Berlanti et Ali Alder, les deux créateurs de la série sont réciproquement gay et lesbienne. En d’autres termes, what else ?

Comme je l’espérais il y a de cela quelques mois, grâce au transfert de la série de CBS vers CW, celle-ci a gagné en maturité sans perdre de son optimiste. Il suffit juste de voir comment le personnage de Superman est traité par exemple en début de saison, c’est un vrai bonheur de le voir évoluer auprès de sa cousine, de les voir ensemble prendre du plaisir à sauver des vies, il n’y a pas plus positif comme message et l’on est à des années lumière de l’imagerie Darko-Krypto-Christique de Zack Snyder à laquelle je n’adhère toujours pas.
Le format TV a ses limites notamment en terme d’effets spéciaux, c’est un fait, mais pour moi cela fonctionne la plupart du temps, parfois même mieux que sur le précédent network et son budget confortable. Comme quoi…
Il faut dire que mercato télévisuel concernant Supergirl a eu quelques conséquences en terme de restrictions budgétaires comme le départ de Calista Flockhart qui reviendra certainement mettre son grain de sel dans un futur plus ou moins proche, ainsi que la gestion des effets spéciaux, et c’est précisément dans ce domaine que cette seconde saison devient des plus intéressantes, car qui dit moins de SFX dit forcément plus de Drama, et d’interaction avec les personnages.

Avouons-le, le gros handicap de la première saison de Supergirl était sa propension à sombrer dans la mièvrerie avec son triangle amoureux entre Kara, Jimmy, et Winn daté des années 60, tiens, on se croyait même lire un comics issu de cette époque, il manquait plus que Comet faire une apparition le temps d’un épisode et la coupe était pleine…
Avec ce mercato est apparue une nouvelle dynamique, un développement scénaristique auprès des nombreux personnages secondaires de la série, à commencer par le Martian Manhunter et celle qu’on appelle Miss Martian, de la collaboration entre Winn et Jimmy en mode Vigilante, et bien sûr de la sœur adoptive de Kara, Alex Danvers, et de sa rencontre avec une certaine Maggie Sawyer, Maggie, elle est juste open bar ici depuis des années

Fichtre ! Mais par où commencer ?
Et bien déjà que Maggie Sawyer ici n’est pas véritablement Maggie Sawyer. Il s’agit de notre Renee. Renee Montoya. On a beau dire on a beau faire, quand on connait les deux personnages sur le bout des doigts (oui bon ça va…), on ne peut éviter de penser que la comédienne Floriana Lima aurait pu incarner magistralement le rôle de Renee. Sauf que Renee, et bien elle a été v****e (je n’aime pas ce terme) scénaristiquement par l’équipe de la série Gotham sur une chaîne concurrente, donc…
Donc du coup on se retrouve avec une Maggie Montoya, ou une Renee Sawyer, en me relisant je trouve que Maggie Montoya c’est plutôt cool, on va rester comme ça.

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Maggie elle est flic à National City et elle est totalement Badass. Elle est ouvertement lesbienne et elle rentre dans le lard de tout le monde.
Ce personnage est POSITIF car elle S’ASSUME complètement et envoie plein des messages, des signaux balistiques pour des générations à venir. Dans la série elle symbolise l’affirmation, la sérénité de faire partie d’une telle communauté, et le message lancé à Alex est sans équivoque : It gets better, encore faut-il se lancer.

En vérité il serait légitime de penser que l’homosexualité d’Alex arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, elle qui jouait au chat et à la souris avec Maxwell Lord pendant une partie de la première saison. Mais la série aborde justement de façon très subtile un sujet qui n’a que trop rarement été traité à la télévision, celui du coming-out personnel, car avant de l’avouer aux autres, encore faut arriver à se l’avouer à soi-même.
Car il n’existe pas de coming-out unique ou pré-établi. Si vous interrogez un LGBT sur son expérience personnelle, vous aurez à chaque fois une version différente. De plus, il n’est absolument pas rare de voir un homosexuel se découvrir, je dirais, sur le tard, même après avoir fondé une famille hétérosexuelle. Le cas d’Alex est intéressant car il montre une femme âgée d’une trentaine d’années qui commence à peine à se découvrir alors qu’en général cette thématique est abordée avec des personnages beaucoup plus jeunes.

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De plus, on a beau être dans une série de super héros, on aura rarement vu un tel sujet abordé avec autant de réalisme et de justesse. La scène où Alex dit à Maggie qu’elle a peut-être raison à son sujet sans employer le mot gay ou lesbienne, parce qu’elle est encore dans le déni, son coming out auprès de Kara qui se fait dans la douleur, l’ascenseur émotionnel du personnage qui passe de l’euphorie d’être enfin soi-même à l’effondrement le plus total suite à une déception amoureuse, sans parler du second coming out, cette fois-ci auprès de sa mère qui ne se fait pas non plus avec le sourire… A part ce dernier exemple qui se trouve dans un autre épisode, le 6ème écrit par Berlanti (qui je le rappelle, est gay) est un florilège de situations qui font écho au vécu de nombreux LGBT et au combat qu’ils mènent dans leur quotidien, au sein de leur famille, leurs amis, leur travail.
En plus de nous divertir cette série est également là pour nous donner un peu de baume au cœur dans un contexte particulièrement sombre et un avenir incertain pour nos acquis.

Tout comme la truculente série Wynonna Earp, Supergirl impose désormais une très belle représentation queer dans son cast principal, et qu’est-ce que ça fait du bien bordel !

Mais la relation Alex/Maggie n’est pas la seule raison qui pousse des hordes de lesbiennes à se ruer devant leur poste de télévision le lundi soir (ça me rappelle la belle époque où un silence religieux se posait dans les bars lesbiens qui diffusaient Xena). Il existe un autre duo qui suscite bien des émois parmi les accros de Tumblr et adeptes des fan fictions (les fanfic, c’est la vie !) : celui de Kara et Lena, la sœur adoptive de Lex Luthor. Le comportement de Lena envers notre héroïne est parfois assez troublant il faut le dire, exhortant une partie des internets (dont je fais partie) à concevoir l’impensable.

Alors si l’on doit trouver de véritables défauts à cette série, c’est du côté des garçons qui faudra se pencher, les personnages masculins (sauf le Martian Manhunter) étant particulièrement mal écrits, et le comble, c’est que c’est justement eux qui apportent l’aspect cul cul de la série qui fait tant rager les rageux. Non mais balancez-moi Jimmy Olsen et Mon-El sur ce qui reste de Krypton et qu’on en parle plus !

Supergirl reste donc une série très chère à mon petit cœur pour des raisons encore plus évidentes quelles ne l’étaient déjà, et j’envie actuellement toutes les petites et jeunes filles qui découvrent et qui suivent ce merveilleux programme. Plus jeune, il est clair que j’aurais beaucoup aimé voir une telle série, et je suis convaincue que cela m’aurait aidé à plus d’un titre. Quoiqu’il en soit et au vue des réactions de la part des spectateurs LGBT, Supergirl fait partie des plus belles et heureuses surprises de cette année pourtant bien douloureuse à notre égard. Quoi de plus normal pour notre Maiden of Might ?

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Le destin de Kara


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My name is Kara Zor-El. When I was a child, my planet, Krypton, was dying. I was sent to Earth to protect my cousin. But my pod got knocked off course and by the time I got here, my cousin had already grown up and become Superman. And so I hid my powers until recently, when an accident forced me to reveal myself to the world. To most people, I’m an assistant at CatCo Worldwide Media. But in secret, I work with my adopted sister and the DEO to protect my city from alien life and anyone else that means to cause it harm. I am Supergirl.

Au même titre que l’excellente série Marvel’s Agent Carter, l’un des rares autres programmes télévisuels parvenant à démontrer véritablement ce que peut représenter une héroïne issue de l’univers des comics au petit écran, je me devais de faire un bilan de cette première saison de Supergirl, une série qui, à l’image de notre Maiden of might, fourmille de bonnes intentions mais dont la candeur et la générosité ne suffisent parfois pas à faire la différence.

« Pouvoir faire la différence », c’est ce que souhaite par dessus tout Kara Zor-El en embrassant le destin de Supergirl lorsqu’elle sauve l’avion transportant sa sœur adoptive du crash dans une scène spectaculaire et très réussie du fameux pilote diffusé « par mégarde » 6 mois trop tôt.
Kara est en effet cette héroïne qui, sans toujours réfléchir aux conséquences de ses actes à la fois par manque d’expérience et de maturité, agit pourtant dans un seul but qui est le bien de l’humanité. Et ce comportement est d’autant plus admirable qu’à la différence de Kal El, elle n’a pas toujours vécu sur Terre, celle-ci n’est pas sa planète au même titre que Superman qui n’aura connu qu’une seule culture. Supergirl, c’est tout simplement l’histoire d’une immigrée qui va tenter de trouver sa voie en protégeant comme elle le peut sa terre d’accueil.

Dit comme ça, ça fait bien évidemment rêver. Du moins, ça fait rêver la petite fille qui sommeille toujours un peu en moi, et qui n’a pas pu s’empêcher de verser quelques larmes de crocodile en la voyant prendre son envol pour la première fois dans ce premier épisode il y a un an tout juste.
Il faut avouer d’ailleurs qu’il est difficile de prime abord de savoir quel genre de spectateurs Supergirl va interpeller le plus. Est-ce une série pour ado, où pour les nostalgiques quadra du Superman de Richard Donner ? Un programme sincèrement féministe, ou a contrario un amalgame de poncifs niais et réducteurs où le côté cucul la praline façon Le destin de Lisa (oui je sais, j’ai des super références) en aura fait fuir plus d’une ? A qui est-elle vraiment destinée ? A l’homme hétéro qui ne saura pas rester insensible bien longtemps face au joli minois de Melissa Benoist ? A la gamine qui découvrira et suivra avec bonheur les aventures d’une super héroïne, dont le message d’espoir lui rendra service dans sa vie future beaucoup plus souvent qu’elle pourra se l’imaginer ? A la communauté gay, réceptive au grand retour de Calista Flockhart, interprétant une Cat Grant fantasque, et reconnaissant de pouvoir mater le physique de Mehcad Brooks ?
Et si Supergirl était cette série extra-terrestre capable de rassembler autour d’elle tous ces publics largement différents, (une certaine tueuse de vampire avait déjà réussi cette gageure à une autre époque) mais que finalement, cet atout pouvait également être sa Kryptonite ?

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Ce qui choque le plus en regardant Supergirl, c’est l’on est face à une série foncièrement optimiste (mièvre diront certains), et qu’elle dénote complètement avec le reste des programmes (hormis Flash) qui peuvent lui faire concurrence. Alors le Grim and Gritty s’empare de plus en plus des séries TV, Supergirl fait front et aborde le thème de l’héroïsme d’une façon totalement décomplexée dans sa manière d’aborder la thématique de l’espoir.
De l’interprétation juste de son actrice principale qui arrive à donner parfaitement corps à ses deux personnages Kara/Supergirl, à la musique de Blake Neely qui s’amuse à réinterpréter à sa manière le score de John Williams sur Superman (The Planet Krypton et surtout Leaving home en sont les parfait exemples), en passant par des moments d’une rare intensité quand il s’agit d’explorer l’effet de déracinement vécu par l’héroïne, voilà autant de belles choses qui arrivent à faire oublier les maladresses de ce programme.

Ce que l’on peut en effet aisément reprocher à Supergirl, c’est par exemple le manque de consistance et de crédibilité de ses différents antagonistes tout au long de cette première saison, de Vartox à Red Tornado en passant par Silver Banshee (une énorme déception pour moi, car qu’elle fait partie de mes vilaines préférées), sans parler de Non qui est pourtant censé représenter une terrible menace pour la planète entière, mais qui a malheureusement le charisme d’une huître. Non c’est une sorte d’anti Vandal Savage (le bad guy de la série Legends of Tomorrow qui nous a offert, lui par contre, de belles scènes de cabotinage tout au long de la saison) par son inertie et le manque de nuance dans le jeu de son interprète Chris Vance.
Malgré un budget assez confortable (3 millions de Dollars par épisode quand même) les effets spéciaux font également partie des points faibles de la série, du moins sur certains épisodes, limitant de ce fait l’impact envers le spectateur de la présence d’une telle super héroïne évoluant sur le petit écran. Il faut tout de même concéder que l’aspect du Martian Manhunter est une sacrée réussite, tout comme les scènes aériennes de notre kryptonienne. Ici encore, c’est plus du côté des méchants que l’on froncera les sourcils, certains costumes frôlant le ridicule (Aaaaargh Siobhan !!!!! Mais pourquoiiiiii !!!!).
Autre point critique, certains personnages secondaires sont sans saveur, Jimmy Olsen en particulier (dont les mimiques faciales de son interprète sont devenues pour moi une sorte de gimmick au fil des épisodes), et le volet romantique (inévitable) de la série est également l’un de ses plus gros points faibles, que ce soit avec Jimmy, Foster ou même Winn, rien n’est fait pour apporter un peu de piment dans cette vision stéréotypée de la candide assistante de direction amoureuse du mâle alpha.

Mais tous ces malencontreux détails sont bien loin d’entacher tout le bonheur que j’éprouve en regardant cette série, la raison en est simple, elle me rappelle toute la noblesse et la sincérité des super héros issus des comics de mon enfance, je vois ainsi en Supergirl une sorte de madeleine de Proust qui me rappelle une époque où ces personnages de papier m’apportaient un certain espoir et m’aidaient à avoir confiance en la vie malgré l’adversité, et à mon sens il n’y a pas plus beau message que celui-ci.

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Et c’est peut-être bien pour cela que je n’ai jamais douté du fait qu’une seconde saison voit le jour. Le transfert de Supergirl sur la chaîne CW qui héberge déjà les autres séries de super héros DC est pour moi une très bonne chose, j’ai foi en ce que le ton de la série soit toujours aussi positif, tout en gagnant en maturité. Le crossover avec Arrow, Flash et Legends of Tomorrow promet d’être dantesque (tout en permettant à la chaîne de faire de belles économies), je suis juste un peu inquiète concernant le budget alloué aux effets spéciaux. Mais après tout, nous verrons bien, comme je l’ai dit plus haut la série est à l’image de son héroïne, et de ce fait logiquement pleine de ressources.

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Le retour des reines


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La WonderCon a été l’occasion pour DC Comics de présenter sa nouvelle Révolution appelée Rebirth, une énième tentative de regagner le cœur de ses lecteurs après les décevants New 52 et DC You, une façon aussi de dire à ses plus anciens fans qu’ils n’ont pas été oubliés après toutes ces années de séries plus ou moins concluantes.
Le ton est ainsi donné avec une sorte de retour aux sources vis à vis des personnages iconiques les plus populaires datant de la période pré New 52, Supergirl revient ainsi pour notre plus grand plaisir et retrouve son costume classique, la Batgirl de Burnside part pour un voyage initiatique, les Birds of Prey reforment la trinité qui avait fait leur succès (avec une petite variante puisque l’on aura droit à Batgirl ET Oracle), le risque est pris avec ce Superwoman par Phil Jimenez, tandis que Donna Troy rejoint les Titans.

Mais ce sont deux annonces qui m’ont fait particulièrement plaisir, à savoir le retour inespéré de notre sublime, majestueuse, incandescente Reine de Gotham, Batwoman dans la série Detective Comics (disponible le 8 juin) où elle sera entourée de Batman (évidemment), Gueule d’ArgileTim Drake en Robin et (je suis au bord de l’apoplexie), les toxiques Stephanie Brown et Cassandra Cain. Je n’arrive même pas à croire ce que je suis en train d’écrire, d’autant plus que d’après ce qu’il a été dit lors du panel, Kate Kane aurait un rôle tout aussi important et central que celui du Caped Crusader.

Autre excellente nouvelle, c’est le départ du couple Finch sur la série consacrée à Wonder Woman, dont certaines rumeurs avaient placé Marguerite Bennett pour remplacer la scénariste. Il n’en est rien, et c’est un plutôt un hommage au passé que l’éditeur nous propose avec un duo d’auteurs qui ont déjà travaillé sur notre flamboyante Amazone avec brio : Greg Rucka, et Nicola Scott vont en effet refaire honneur à notre héroïne aidés de l’artiste Liam Sharp.
Greg Rucka revient donc chez DC après des années d’embrouille et pourra enfin écrire l’histoire qu’il souhaitait pour Diana depuis une dizaine d’années. Son retour laisse surtout présager la présence de personnages qu’il affectionne particulièrement sur la série, ou pourquoi pas sa participation sur de nouveaux titres… comme au bon vieux temps si vous voyez où je veux en venir.

Toutes ces nouvelles me mettent bien évidemment de très bonne humeur ce soir, surtout après la déconvenue de cette semaine sur le plan cinématographique, de quoi retrouver dans les comics cet espoir qui manque tant dans d’autres supports.

Voici un panorama des autres séries féminines proposée par cette re-re-re naissance de DC :

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Un fauteuil pour deux


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Jessica Jones V Supergirl. Voici venu le temps où tu dois choisir ton camp, camarade. Outre l’éternel clivage entre Marvel et DC, c’est surtout l’approche, la direction employée pour aborder le concept même de la « super héroïne » qui est à creuser à travers ces deux programmes, bien plus qu’une concurrence directe entre deux personnages qui n’ont absolument rien à voir, et qui ne sauraient être comparées dans leur statut purement basique.

Je vous lâche mon opinion direct, comme ça on est tranquille. S’obliger à comparer Jessica Jones avec Supergirl et vice versa, en terme de programme super héroïque au féminin en ce début de 21ème siècle est absolument dramatique. Oui oui c’est dramatique, je pèse mes mots, car nous sommes actuellement tellement à la ramasse en terme de visibilité de super héroïnes à la télévision que nous ne pouvons pas nous permettre de mettre à mal ces deux séries en les opposant l’une face à l’autre, ce serait une véritable insulte face au petit miracle dont nous sommes actuellement les témoins.
Les deux séries ont autant leurs atouts qu’elles ont leurs lacunes, et elles sont du coup d’autant plus complémentaires, car elles montrent ainsi plusieurs facettes de ce qui est possible de voir et d’apprécier en terme de représentativité d’un personnage féminin et de son statut d’héroïne.

Comme vous le savez, je suis bel et bien une adepte de la Maiden of might via ses différentes itérations, bien plus qu’une version du Faucon Maltais à la sauce Marvel pourtant bourrée de références. C’est une question de culture (j’ai été séduite très tôt par l’aura des super héros de DC Comics, à l’image de nombreux d’entre nous avec Marvel, grâce notamment aux magazines Strange), de sensibilité aussi, ça ne se discute pas. Malgré tout, je sais faire la part des choses, et je vais tenter de comparer ces deux séries non pas en les opposant l’une envers l’autre, mais plutôt par rapport à ce qu’elles vont nous apporter en terme de représentation de l’héroïsme au féminin, puisqu’au final c’est bien ça le plus important.

Pour commencer, Jessica Jones et Supergirl ont pour point commun de refaire découvrir à un public assez large ce qu’est une super héroïne et dans quel environnement elle évolue, après une belle traversée du désert qui aura démarré avec la fin des séries Buffy et Dark Angel (on passera sur Bionic Woman, Witchblade et Painkiller Jane qui n’auront pas réussi à trouver leur public… pour les deux premiers on comprend aisément pourquoi). Qu’elles soient inconnues ou mésestimées, ces deux héroïnes offrent d’abord l’opportunité de sensibiliser le spectateur à un univers qu’il ne maîtrise pas forcément, sans qu’il se sente obligé de s’infliger des décennies de lecture. A l’image des séries mettant en vedette les super héros masculins, il s’agit aussi de faire connaissance avec toute une mythologie, et autant de protagonistes à dévoiler où mettre en scène au fil des épisodes (Luke Cage, Red Tornado…)
Les deux séries ont également la volonté de montrer comment une femme, aussi puissante soit-elle, doit continuer à se battre malgré tout quoi qu’il arrive pour rester au sommet et garder le contrôle total de sa vie. On retrouve cette notion bien évidemment avec nos têtes d’affiche, mais aussi via les personnages secondaires féminins, dont on notera d’ailleurs des similitudes dans les deux programmes. On peut déceler en effet bien des points communs entre les success women Cat Grant et Jeri Hogart, femmes accomplies dans leur carrières respectives, vindicatives à souhait et pourtant toujours autant vulnérables. De même, les sœurs adoptives de nos héroïnes se sont toujours battues pour parvenir à leur actuel statut, que se soit en dépit d’un secret à protéger, ou bien d’une mère abusive.
Les styles des deux séries ont beau être diamétralement opposées, le message reste le même : Étrangère, survivante, working girl ou personnage de soutien, rien n’est jamais acquis dans la vie d’une femme, et chaque jour est un éternel recommencement, cette idée était d’ailleurs déjà véhiculée dans une autre série féministe qui avait récemment fait notre bonheur : Marvel’s Agent Carter.

Autre belle surprise que l’on retrouve dans les deux shows, un excellent choix de casting en ce qui concerne Krysten Ritter et Melissa Benoist… si on arrive à mettre de côté le support initial (chose qui s’est avérée être de plus en plus facile au fur et à mesure que l’on « plonge » dans les épisodes). Personnellement au début j’ai quand même eu un peu de mal avec Ms Ritter, trop jolie et plastique à mon goût pour incarner une détective qui est tout sauf gracieuse dans le comic-book.

Mais les deux séries sont pourtant loin d’être irréprochables, cumulant ensemble pas mal de clichés et de tropes qui m’ont fait (ou qui continuent de me faire) lever les yeux au ciel durant de nombreux épisodes. Commençons par Supergirl, qui malgré le coefficient de sympathie que j’éprouve pour sa comédienne, manque cruellement d’enjeux dramatiques du moins dans le premier quart de saison diffusé jusqu’ici, il faudra en effet attendre le 6ème épisode pour voir Kara enfin exprimer sa frustration et sa colère, rendant le personnage bien plus complexe que la jeune fille naïve, gaffeuse et fleur bleue qui nous avait été servi jusqu’alors (mais que l’on retrouve de toute façon souvent dans le comic-book).

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Jessica Jones quant à elle recèle deux problèmes majeurs, qui sont l’omniprésence de bouteilles d’alcool et de paires de fesse à s’en faire exploser la rétine. Alors ne vous méprenez pas, je ne suis pas du tout sombrée du côté obscur de Christine Boutin, certes, l’alcoolisme de l’héroïne fait partie intégrante du personnage, c’est une notion qui est d’ailleurs bien présente dans l’oeuvre de Brian Michael Bendis, et qui découle surtout du traumatisme subi par l’héroïne, mais elle y est abordée de façon beaucoup plus subtile et surtout moins redondante, le nombre de plans comprenant une bouteille d’alcool est tellement hallucinant qu’on en vient à se demander si les producteurs de la série n’ont pas passé un contrat avec un quelconque lobby de spiritueux.

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L’autre aspect complètement WTF de la série est le nombre de prises de vue centrées sur le popotin de notre héroïne, tout à fait agréable à regarder qu’on se le dise, et ce grâce à un jean moulant totalement sur mesure mettant avantageusement ses formes en dépit de l’aspect grunge et mal attifé du personnage…
Ici encore, le spectateur pourrait certainement s’amuser à se faire un shot de Vodka à chaque fois qu’il tombe sur l’une des innombrables scènes prises en exemple ci-dessous, devenant du coup lui aussi alcoolique, et là les enfants on ne s’en sort plus.

Au final nous sommes donc face à deux séries qui, malgré leurs grandes différences, se regardent avec autant de satisfaction que d’exigence. Tout est loin d’être parfait dans chacune d’entre elles, qu’on se le dise, mais ce qui est certain c’est qu’aucun des deux programmes n’arrivent non plus à rentrer en concurrence avec l’autre, les deux comédiennes concernées l’ayant d’ailleurs très bien compris, se félicitant mutuellement via les réseaux sociaux. Au delà de l’effet marketing, il faut tout de même essayer d’y voir un peu plus loin en miroitant l’espoir que ces séries (avec Agent Carter) soient les pionnières d’un genre nouveau, où les héroïnes DC, Marvel et autres, pourraient êtres mises en valeur sur le long terme, à travers des programmes qui leurs seraient entièrement dédiées.

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