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Run Kara, run.


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Que l’on apprécie ou non la série TV consacrée à Supergirl et diffusée sur le network CW, il faut bien reconnaître que ce programme aura permis à Kara Zor-El de se voir être dotée d’un nouveau statut, à commencer par celui fourni par son éditeur/exploitant qui va choisir de décliner ce personnage à travers différentes orientations : Tout d’abord à destination du jeune public via sa présence dans la série animée DC Super Hero Girls (à vrai dire les deux séries sont sorties à peu près au même moment), puis dans la mini-série Adventures of Supergirl, écrite par Sterling Gates et illustrée entre autre par Bengal, qui est en quelque sorte un complément de la série TV.
On notera également son retour dans une série régulière parmi les titres Rebirth de DC Comics,  et qui repend d’ailleurs beaucoup de détails provenant du show télé lui-même.

Et puis il y a Supergirl : Being Super, une mini-série de quatre numéros au format de 45 pages illustrée par Joëlle Jones et écrite par Mariko Tamaki, dont la moitié a été publiée à ce jour, et il était temps que je vous parle de ce petit bijou, car oui encore une fois, Kara va avoir une place de choix sur ce blog…

A la lecture de ces deux premiers numéros le ton est donné, dans cette mini-série il n’y a pas de Superman. Kara est Kal-El sur cette itération du mythe Kryptonien.
Recueillie par un couple d’agriculteurs alors que sa navette s’est écrasée au beau milieu de leur champ de maïs, l’enfance de Kara (qui arrive sur Terre à l’âge de 8 ans) n’est pas le centre d’intérêt de cette histoire, c’est bel et bien son adolescence, alors que la jeune fille s’apprête à avoir 16 ans, que Mariko Tamaki a décidé d’explorer, à travers de nombreuses pistes qui je crois pourraient mine de rien faire de cette mini-série un must have en terme de BD sur les sujets concernant l’adolescence d’un point de vue générationnel, au même titre que Ghost World en son temps.
Je suis encore dans le conditionnel, les 2 autres numéros n’étant pas encore sortis…

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A première vue,  Supergirl : Being Super s’apparente beaucoup avec la mini-série publiée en 2015 et écrite par Max Landis, Superman: American Alien qui revisitait elle aussi de façon moderne et générationnelle l’histoire de Kal-El, à commencer par son enfance et bien au delà.

Le fait est que les autrices responsables de cette mini-série savent absolument de quoi elles parlent. J’avais déjà vanté les mérites de Mariko Tamaki via son oeuvre co-produite avec sa cousine  Jillian Tamaki, Cet Eté là, publié chez Rue de Sèvres, tout comme ceux de Joëlle Jones (qui avait signé le génial Lady Killer, disponible chez Glénat Comics), et il faut avouer  qu’ici leur association fait merveille.
Dans Supergirl : Being Super, on retrouve le génie qu’a la scénariste pour décrire avec toujours autant de justesse les émotions et les réactions que tout un chacun a pu vivre pendant cette période tumultueuse qu’est l’adolescence. Tamaki nous fait découvrir l’environnement de Kara, ses amies, sa famille, ses entraînements d’athlétisme dans un format très proche de celui des séries TV que l’on trouve justement sur la chaîne CW. Je pense même que Being Super pourrait faire un excellent pilote si jamais il existait une série consacrée à la jeunesse de Supergirl.

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Ici Kara est une adolescente de ce qui a de plus normale (du moins en apparence), qui passe de très bon moments avec ses meilleures amies, qui a souvent du mal à communiquer avec ses parents et qui ne peut pas se passer de son téléphone portable. Sans se perdre dans les clichés, l’autrice nous dépeint une jeune fille authentique qui est sur le point de vivre de très grands bouleversements.
Même si elle ne connait pas ses origines ni l’étendu de ses pouvoirs (qui semblent d’ailleurs lui faire parfois défaut pour des raisons que l’on ignore encore), Kara a très bien su s’intégrer et mène une vie sans encombres jusqu’au jour ou un violent séisme dévaste la petite ville de Midvale. Alors que certains scénaristes se seraient précipités (c’est le cas de le dire) dans l’héroïsme facile compte tenu du personnage, ici il n’en est rien, le drame frappe notre héroïne de la plus cruelle des manières.

J’ai rarement pu lire un comics traitant du deuil de manière aussi juste et sensible que celui-ci. Lorsque l’on perd quelqu’un qu’on aime, il n’y a plus rien autour de nous. Vous-même, pendant un moment vous cessez d’exister. Vous agissez comme un automate par pur instinct de survie, mais vous n’êtes plus là.
Cette sensation de vide sidéral, d’avoir l’impression d’être une « vieille éponge » est retranscrite ici avec tant de brio que ce Supergirl : Being Super est sans doute la meilleure histoire jamais écrite sur Supergirl à ce jour.

Joëlle Jones excelle à représenter Kara en une adolescente en pleine mutation corporelle, sa mise en scène est toujours aussi dynamique, et l’expression de ses visages en totale adéquation avec les écrits de sa scénariste. Les couleurs de Kelly Fitzpatrick sont quant à elles sublimes, accentuant les effets dynamiques et dramaturgiques en quelques nuances le temps d’une seule scène (celle où Kara atteint le mur du son).

Ces deux numéros sont une réussite absolue, car ils explorent une vision d’un de mes personnages favoris comme rarement il m’a été donné de voir. Kara Zor-El est une héroïne magnifique qui mérite les plus belles histoires et Supergirl : Being Super est en train d’accomplir ce miracle, là, sous nos yeux ébahis. Il faut que je retourne chez mon père pour recommencer à sauter du haut de sa table de jardin, avec un peu de chance je réussirai enfin à voler.    

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L’hymne à la joie


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I’m back bitches !
Et pour « célébrer » mon retour, quoi de plus logique que de vous parler de ce début de seconde saison de Supergirl et de la tournure positivement pro-LGBT que cette série a volontairement décidé d’épouser, de prendre à bras-le corps même, et cela dans un contexte mondialo-social (un quoi ?) des plus anxiogènes, c’est une certitude, Kara Zor-El est bel et bien là pour nous sauver, une fois de plus.

A vrai dire, on peut parler ici dès le départ d’une série ouvertement pro-LGBT, il suffisait en effet de savoir lire entre les lignes pour comprendre que celle-ci s’avérait être un petit trésor de rendez-vous hebdomadaires pour toute une communauté, sans évidemment s’imposer comme tel, la première saison se voulant être universelle, fédératrice, et réunissant toutes les catégories de téléspectateurs sous le même Symbole, car le S n’est pas un S, il signifie juste « Stronger Together » (qui fut justement le slogan de campagne d’Hillary Clinton pour les élections présidentielles américaines … comme quoi !).
Certes, la chaîne originelle (CBS) où elle était diffusée l’année dernière ne se serait sans doute jamais permis une telle ouverture d’esprit, sauf peut-être au bout de 10 saisons qui de toute façon n’auraient jamais vu le jour. Mais ici le fait est que le passage sur CW est un bonus indéniable pour ce programme (même si il touchera beaucoup moins de téléspectateurs sur le continent américain) et sa répercussion auprès d’une fanbase LGBT toujours avide de programmes positifs de cet acabit.
Greg Berlanti et Ali Alder, les deux créateurs de la série sont réciproquement gay et lesbienne. En d’autres termes, what else ?

Comme je l’espérais il y a de cela quelques mois, grâce au transfert de la série de CBS vers CW, celle-ci a gagné en maturité sans perdre de son optimiste. Il suffit juste de voir comment le personnage de Superman est traité par exemple en début de saison, c’est un vrai bonheur de le voir évoluer auprès de sa cousine, de les voir ensemble prendre du plaisir à sauver des vies, il n’y a pas plus positif comme message et l’on est à des années lumière de l’imagerie Darko-Krypto-Christique de Zack Snyder à laquelle je n’adhère toujours pas.
Le format TV a ses limites notamment en terme d’effets spéciaux, c’est un fait, mais pour moi cela fonctionne la plupart du temps, parfois même mieux que sur le précédent network et son budget confortable. Comme quoi…
Il faut dire que mercato télévisuel concernant Supergirl a eu quelques conséquences en terme de restrictions budgétaires comme le départ de Calista Flockhart qui reviendra certainement mettre son grain de sel dans un futur plus ou moins proche, ainsi que la gestion des effets spéciaux, et c’est précisément dans ce domaine que cette seconde saison devient des plus intéressantes, car qui dit moins de SFX dit forcément plus de Drama, et d’interaction avec les personnages.

Avouons-le, le gros handicap de la première saison de Supergirl était sa propension à sombrer dans la mièvrerie avec son triangle amoureux entre Kara, Jimmy, et Winn daté des années 60, tiens, on se croyait même lire un comics issu de cette époque, il manquait plus que Comet faire une apparition le temps d’un épisode et la coupe était pleine…
Avec ce mercato est apparue une nouvelle dynamique, un développement scénaristique auprès des nombreux personnages secondaires de la série, à commencer par le Martian Manhunter et celle qu’on appelle Miss Martian, de la collaboration entre Winn et Jimmy en mode Vigilante, et bien sûr de la sœur adoptive de Kara, Alex Danvers, et de sa rencontre avec une certaine Maggie Sawyer, Maggie, elle est juste open bar ici depuis des années

Fichtre ! Mais par où commencer ?
Et bien déjà que Maggie Sawyer ici n’est pas véritablement Maggie Sawyer. Il s’agit de notre Renee. Renee Montoya. On a beau dire on a beau faire, quand on connait les deux personnages sur le bout des doigts (oui bon ça va…), on ne peut éviter de penser que la comédienne Floriana Lima aurait pu incarner magistralement le rôle de Renee. Sauf que Renee, et bien elle a été v****e (je n’aime pas ce terme) scénaristiquement par l’équipe de la série Gotham sur une chaîne concurrente, donc…
Donc du coup on se retrouve avec une Maggie Montoya, ou une Renee Sawyer, en me relisant je trouve que Maggie Montoya c’est plutôt cool, on va rester comme ça.

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Maggie elle est flic à National City et elle est totalement Badass. Elle est ouvertement lesbienne et elle rentre dans le lard de tout le monde.
Ce personnage est POSITIF car elle S’ASSUME complètement et envoie plein des messages, des signaux balistiques pour des générations à venir. Dans la série elle symbolise l’affirmation, la sérénité de faire partie d’une telle communauté, et le message lancé à Alex est sans équivoque : It gets better, encore faut-il se lancer.

En vérité il serait légitime de penser que l’homosexualité d’Alex arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, elle qui jouait au chat et à la souris avec Maxwell Lord pendant une partie de la première saison. Mais la série aborde justement de façon très subtile un sujet qui n’a que trop rarement été traité à la télévision, celui du coming-out personnel, car avant de l’avouer aux autres, encore faut arriver à se l’avouer à soi-même.
Car il n’existe pas de coming-out unique ou pré-établi. Si vous interrogez un LGBT sur son expérience personnelle, vous aurez à chaque fois une version différente. De plus, il n’est absolument pas rare de voir un homosexuel se découvrir, je dirais, sur le tard, même après avoir fondé une famille hétérosexuelle. Le cas d’Alex est intéressant car il montre une femme âgée d’une trentaine d’années qui commence à peine à se découvrir alors qu’en général cette thématique est abordée avec des personnages beaucoup plus jeunes.

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De plus, on a beau être dans une série de super héros, on aura rarement vu un tel sujet abordé avec autant de réalisme et de justesse. La scène où Alex dit à Maggie qu’elle a peut-être raison à son sujet sans employer le mot gay ou lesbienne, parce qu’elle est encore dans le déni, son coming out auprès de Kara qui se fait dans la douleur, l’ascenseur émotionnel du personnage qui passe de l’euphorie d’être enfin soi-même à l’effondrement le plus total suite à une déception amoureuse, sans parler du second coming out, cette fois-ci auprès de sa mère qui ne se fait pas non plus avec le sourire… A part ce dernier exemple qui se trouve dans un autre épisode, le 6ème écrit par Berlanti (qui je le rappelle, est gay) est un florilège de situations qui font écho au vécu de nombreux LGBT et au combat qu’ils mènent dans leur quotidien, au sein de leur famille, leurs amis, leur travail.
En plus de nous divertir cette série est également là pour nous donner un peu de baume au cœur dans un contexte particulièrement sombre et un avenir incertain pour nos acquis.

Tout comme la truculente série Wynonna Earp, Supergirl impose désormais une très belle représentation queer dans son cast principal, et qu’est-ce que ça fait du bien bordel !

Mais la relation Alex/Maggie n’est pas la seule raison qui pousse des hordes de lesbiennes à se ruer devant leur poste de télévision le lundi soir (ça me rappelle la belle époque où un silence religieux se posait dans les bars lesbiens qui diffusaient Xena). Il existe un autre duo qui suscite bien des émois parmi les accros de Tumblr et adeptes des fan fictions (les fanfic, c’est la vie !) : celui de Kara et Lena, la sœur adoptive de Lex Luthor. Le comportement de Lena envers notre héroïne est parfois assez troublant il faut le dire, exhortant une partie des internets (dont je fais partie) à concevoir l’impensable.

Alors si l’on doit trouver de véritables défauts à cette série, c’est du côté des garçons qui faudra se pencher, les personnages masculins (sauf le Martian Manhunter) étant particulièrement mal écrits, et le comble, c’est que c’est justement eux qui apportent l’aspect cul cul de la série qui fait tant rager les rageux. Non mais balancez-moi Jimmy Olsen et Mon-El sur ce qui reste de Krypton et qu’on en parle plus !

Supergirl reste donc une série très chère à mon petit cœur pour des raisons encore plus évidentes quelles ne l’étaient déjà, et j’envie actuellement toutes les petites et jeunes filles qui découvrent et qui suivent ce merveilleux programme. Plus jeune, il est clair que j’aurais beaucoup aimé voir une telle série, et je suis convaincue que cela m’aurait aidé à plus d’un titre. Quoiqu’il en soit et au vue des réactions de la part des spectateurs LGBT, Supergirl fait partie des plus belles et heureuses surprises de cette année pourtant bien douloureuse à notre égard. Quoi de plus normal pour notre Maiden of Might ?

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Le destin de Kara


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My name is Kara Zor-El. When I was a child, my planet, Krypton, was dying. I was sent to Earth to protect my cousin. But my pod got knocked off course and by the time I got here, my cousin had already grown up and become Superman. And so I hid my powers until recently, when an accident forced me to reveal myself to the world. To most people, I’m an assistant at CatCo Worldwide Media. But in secret, I work with my adopted sister and the DEO to protect my city from alien life and anyone else that means to cause it harm. I am Supergirl.

Au même titre que l’excellente série Marvel’s Agent Carter, l’un des rares autres programmes télévisuels parvenant à démontrer véritablement ce que peut représenter une héroïne issue de l’univers des comics au petit écran, je me devais de faire un bilan de cette première saison de Supergirl, une série qui, à l’image de notre Maiden of might, fourmille de bonnes intentions mais dont la candeur et la générosité ne suffisent parfois pas à faire la différence.

« Pouvoir faire la différence », c’est ce que souhaite par dessus tout Kara Zor-El en embrassant le destin de Supergirl lorsqu’elle sauve l’avion transportant sa sœur adoptive du crash dans une scène spectaculaire et très réussie du fameux pilote diffusé « par mégarde » 6 mois trop tôt.
Kara est en effet cette héroïne qui, sans toujours réfléchir aux conséquences de ses actes à la fois par manque d’expérience et de maturité, agit pourtant dans un seul but qui est le bien de l’humanité. Et ce comportement est d’autant plus admirable qu’à la différence de Kal El, elle n’a pas toujours vécu sur Terre, celle-ci n’est pas sa planète au même titre que Superman qui n’aura connu qu’une seule culture. Supergirl, c’est tout simplement l’histoire d’une immigrée qui va tenter de trouver sa voie en protégeant comme elle le peut sa terre d’accueil.

Dit comme ça, ça fait bien évidemment rêver. Du moins, ça fait rêver la petite fille qui sommeille toujours un peu en moi, et qui n’a pas pu s’empêcher de verser quelques larmes de crocodile en la voyant prendre son envol pour la première fois dans ce premier épisode il y a un an tout juste.
Il faut avouer d’ailleurs qu’il est difficile de prime abord de savoir quel genre de spectateurs Supergirl va interpeller le plus. Est-ce une série pour ado, où pour les nostalgiques quadra du Superman de Richard Donner ? Un programme sincèrement féministe, ou a contrario un amalgame de poncifs niais et réducteurs où le côté cucul la praline façon Le destin de Lisa (oui je sais, j’ai des super références) en aura fait fuir plus d’une ? A qui est-elle vraiment destinée ? A l’homme hétéro qui ne saura pas rester insensible bien longtemps face au joli minois de Melissa Benoist ? A la gamine qui découvrira et suivra avec bonheur les aventures d’une super héroïne, dont le message d’espoir lui rendra service dans sa vie future beaucoup plus souvent qu’elle pourra se l’imaginer ? A la communauté gay, réceptive au grand retour de Calista Flockhart, interprétant une Cat Grant fantasque, et reconnaissant de pouvoir mater le physique de Mehcad Brooks ?
Et si Supergirl était cette série extra-terrestre capable de rassembler autour d’elle tous ces publics largement différents, (une certaine tueuse de vampire avait déjà réussi cette gageure à une autre époque) mais que finalement, cet atout pouvait également être sa Kryptonite ?

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Ce qui choque le plus en regardant Supergirl, c’est l’on est face à une série foncièrement optimiste (mièvre diront certains), et qu’elle dénote complètement avec le reste des programmes (hormis Flash) qui peuvent lui faire concurrence. Alors le Grim and Gritty s’empare de plus en plus des séries TV, Supergirl fait front et aborde le thème de l’héroïsme d’une façon totalement décomplexée dans sa manière d’aborder la thématique de l’espoir.
De l’interprétation juste de son actrice principale qui arrive à donner parfaitement corps à ses deux personnages Kara/Supergirl, à la musique de Blake Neely qui s’amuse à réinterpréter à sa manière le score de John Williams sur Superman (The Planet Krypton et surtout Leaving home en sont les parfait exemples), en passant par des moments d’une rare intensité quand il s’agit d’explorer l’effet de déracinement vécu par l’héroïne, voilà autant de belles choses qui arrivent à faire oublier les maladresses de ce programme.

Ce que l’on peut en effet aisément reprocher à Supergirl, c’est par exemple le manque de consistance et de crédibilité de ses différents antagonistes tout au long de cette première saison, de Vartox à Red Tornado en passant par Silver Banshee (une énorme déception pour moi, car qu’elle fait partie de mes vilaines préférées), sans parler de Non qui est pourtant censé représenter une terrible menace pour la planète entière, mais qui a malheureusement le charisme d’une huître. Non c’est une sorte d’anti Vandal Savage (le bad guy de la série Legends of Tomorrow qui nous a offert, lui par contre, de belles scènes de cabotinage tout au long de la saison) par son inertie et le manque de nuance dans le jeu de son interprète Chris Vance.
Malgré un budget assez confortable (3 millions de Dollars par épisode quand même) les effets spéciaux font également partie des points faibles de la série, du moins sur certains épisodes, limitant de ce fait l’impact envers le spectateur de la présence d’une telle super héroïne évoluant sur le petit écran. Il faut tout de même concéder que l’aspect du Martian Manhunter est une sacrée réussite, tout comme les scènes aériennes de notre kryptonienne. Ici encore, c’est plus du côté des méchants que l’on froncera les sourcils, certains costumes frôlant le ridicule (Aaaaargh Siobhan !!!!! Mais pourquoiiiiii !!!!).
Autre point critique, certains personnages secondaires sont sans saveur, Jimmy Olsen en particulier (dont les mimiques faciales de son interprète sont devenues pour moi une sorte de gimmick au fil des épisodes), et le volet romantique (inévitable) de la série est également l’un de ses plus gros points faibles, que ce soit avec Jimmy, Foster ou même Winn, rien n’est fait pour apporter un peu de piment dans cette vision stéréotypée de la candide assistante de direction amoureuse du mâle alpha.

Mais tous ces malencontreux détails sont bien loin d’entacher tout le bonheur que j’éprouve en regardant cette série, la raison en est simple, elle me rappelle toute la noblesse et la sincérité des super héros issus des comics de mon enfance, je vois ainsi en Supergirl une sorte de madeleine de Proust qui me rappelle une époque où ces personnages de papier m’apportaient un certain espoir et m’aidaient à avoir confiance en la vie malgré l’adversité, et à mon sens il n’y a pas plus beau message que celui-ci.

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Et c’est peut-être bien pour cela que je n’ai jamais douté du fait qu’une seconde saison voit le jour. Le transfert de Supergirl sur la chaîne CW qui héberge déjà les autres séries de super héros DC est pour moi une très bonne chose, j’ai foi en ce que le ton de la série soit toujours aussi positif, tout en gagnant en maturité. Le crossover avec Arrow, Flash et Legends of Tomorrow promet d’être dantesque (tout en permettant à la chaîne de faire de belles économies), je suis juste un peu inquiète concernant le budget alloué aux effets spéciaux. Mais après tout, nous verrons bien, comme je l’ai dit plus haut la série est à l’image de son héroïne, et de ce fait logiquement pleine de ressources.

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Le retour des reines


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La WonderCon a été l’occasion pour DC Comics de présenter sa nouvelle Révolution appelée Rebirth, une énième tentative de regagner le cœur de ses lecteurs après les décevants New 52 et DC You, une façon aussi de dire à ses plus anciens fans qu’ils n’ont pas été oubliés après toutes ces années de séries plus ou moins concluantes.
Le ton est ainsi donné avec une sorte de retour aux sources vis à vis des personnages iconiques les plus populaires datant de la période pré New 52, Supergirl revient ainsi pour notre plus grand plaisir et retrouve son costume classique, la Batgirl de Burnside part pour un voyage initiatique, les Birds of Prey reforment la trinité qui avait fait leur succès (avec une petite variante puisque l’on aura droit à Batgirl ET Oracle), le risque est pris avec ce Superwoman par Phil Jimenez, tandis que Donna Troy rejoint les Titans.

Mais ce sont deux annonces qui m’ont fait particulièrement plaisir, à savoir le retour inespéré de notre sublime, majestueuse, incandescente Reine de Gotham, Batwoman dans la série Detective Comics (disponible le 8 juin) où elle sera entourée de Batman (évidemment), Gueule d’ArgileTim Drake en Robin et (je suis au bord de l’apoplexie), les toxiques Stephanie Brown et Cassandra Cain. Je n’arrive même pas à croire ce que je suis en train d’écrire, d’autant plus que d’après ce qu’il a été dit lors du panel, Kate Kane aurait un rôle tout aussi important et central que celui du Caped Crusader.

Autre excellente nouvelle, c’est le départ du couple Finch sur la série consacrée à Wonder Woman, dont certaines rumeurs avaient placé Marguerite Bennett pour remplacer la scénariste. Il n’en est rien, et c’est un plutôt un hommage au passé que l’éditeur nous propose avec un duo d’auteurs qui ont déjà travaillé sur notre flamboyante Amazone avec brio : Greg Rucka, et Nicola Scott vont en effet refaire honneur à notre héroïne aidés de l’artiste Liam Sharp.
Greg Rucka revient donc chez DC après des années d’embrouille et pourra enfin écrire l’histoire qu’il souhaitait pour Diana depuis une dizaine d’années. Son retour laisse surtout présager la présence de personnages qu’il affectionne particulièrement sur la série, ou pourquoi pas sa participation sur de nouveaux titres… comme au bon vieux temps si vous voyez où je veux en venir.

Toutes ces nouvelles me mettent bien évidemment de très bonne humeur ce soir, surtout après la déconvenue de cette semaine sur le plan cinématographique, de quoi retrouver dans les comics cet espoir qui manque tant dans d’autres supports.

Voici un panorama des autres séries féminines proposée par cette re-re-re naissance de DC :

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Un fauteuil pour deux


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Jessica Jones V Supergirl. Voici venu le temps où tu dois choisir ton camp, camarade. Outre l’éternel clivage entre Marvel et DC, c’est surtout l’approche, la direction employée pour aborder le concept même de la « super héroïne » qui est à creuser à travers ces deux programmes, bien plus qu’une concurrence directe entre deux personnages qui n’ont absolument rien à voir, et qui ne sauraient être comparées dans leur statut purement basique.

Je vous lâche mon opinion direct, comme ça on est tranquille. S’obliger à comparer Jessica Jones avec Supergirl et vice versa, en terme de programme super héroïque au féminin en ce début de 21ème siècle est absolument dramatique. Oui oui c’est dramatique, je pèse mes mots, car nous sommes actuellement tellement à la ramasse en terme de visibilité de super héroïnes à la télévision que nous ne pouvons pas nous permettre de mettre à mal ces deux séries en les opposant l’une face à l’autre, ce serait une véritable insulte face au petit miracle dont nous sommes actuellement les témoins.
Les deux séries ont autant leurs atouts qu’elles ont leurs lacunes, et elles sont du coup d’autant plus complémentaires, car elles montrent ainsi plusieurs facettes de ce qui est possible de voir et d’apprécier en terme de représentativité d’un personnage féminin et de son statut d’héroïne.

Comme vous le savez, je suis bel et bien une adepte de la Maiden of might via ses différentes itérations, bien plus qu’une version du Faucon Maltais à la sauce Marvel pourtant bourrée de références. C’est une question de culture (j’ai été séduite très tôt par l’aura des super héros de DC Comics, à l’image de nombreux d’entre nous avec Marvel, grâce notamment aux magazines Strange), de sensibilité aussi, ça ne se discute pas. Malgré tout, je sais faire la part des choses, et je vais tenter de comparer ces deux séries non pas en les opposant l’une envers l’autre, mais plutôt par rapport à ce qu’elles vont nous apporter en terme de représentation de l’héroïsme au féminin, puisqu’au final c’est bien ça le plus important.

Pour commencer, Jessica Jones et Supergirl ont pour point commun de refaire découvrir à un public assez large ce qu’est une super héroïne et dans quel environnement elle évolue, après une belle traversée du désert qui aura démarré avec la fin des séries Buffy et Dark Angel (on passera sur Bionic Woman, Witchblade et Painkiller Jane qui n’auront pas réussi à trouver leur public… pour les deux premiers on comprend aisément pourquoi). Qu’elles soient inconnues ou mésestimées, ces deux héroïnes offrent d’abord l’opportunité de sensibiliser le spectateur à un univers qu’il ne maîtrise pas forcément, sans qu’il se sente obligé de s’infliger des décennies de lecture. A l’image des séries mettant en vedette les super héros masculins, il s’agit aussi de faire connaissance avec toute une mythologie, et autant de protagonistes à dévoiler où mettre en scène au fil des épisodes (Luke Cage, Red Tornado…)
Les deux séries ont également la volonté de montrer comment une femme, aussi puissante soit-elle, doit continuer à se battre malgré tout quoi qu’il arrive pour rester au sommet et garder le contrôle total de sa vie. On retrouve cette notion bien évidemment avec nos têtes d’affiche, mais aussi via les personnages secondaires féminins, dont on notera d’ailleurs des similitudes dans les deux programmes. On peut déceler en effet bien des points communs entre les success women Cat Grant et Jeri Hogart, femmes accomplies dans leur carrières respectives, vindicatives à souhait et pourtant toujours autant vulnérables. De même, les sœurs adoptives de nos héroïnes se sont toujours battues pour parvenir à leur actuel statut, que se soit en dépit d’un secret à protéger, ou bien d’une mère abusive.
Les styles des deux séries ont beau être diamétralement opposées, le message reste le même : Étrangère, survivante, working girl ou personnage de soutien, rien n’est jamais acquis dans la vie d’une femme, et chaque jour est un éternel recommencement, cette idée était d’ailleurs déjà véhiculée dans une autre série féministe qui avait récemment fait notre bonheur : Marvel’s Agent Carter.

Autre belle surprise que l’on retrouve dans les deux shows, un excellent choix de casting en ce qui concerne Krysten Ritter et Melissa Benoist… si on arrive à mettre de côté le support initial (chose qui s’est avérée être de plus en plus facile au fur et à mesure que l’on « plonge » dans les épisodes). Personnellement au début j’ai quand même eu un peu de mal avec Ms Ritter, trop jolie et plastique à mon goût pour incarner une détective qui est tout sauf gracieuse dans le comic-book.

Mais les deux séries sont pourtant loin d’être irréprochables, cumulant ensemble pas mal de clichés et de tropes qui m’ont fait (ou qui continuent de me faire) lever les yeux au ciel durant de nombreux épisodes. Commençons par Supergirl, qui malgré le coefficient de sympathie que j’éprouve pour sa comédienne, manque cruellement d’enjeux dramatiques du moins dans le premier quart de saison diffusé jusqu’ici, il faudra en effet attendre le 6ème épisode pour voir Kara enfin exprimer sa frustration et sa colère, rendant le personnage bien plus complexe que la jeune fille naïve, gaffeuse et fleur bleue qui nous avait été servi jusqu’alors (mais que l’on retrouve de toute façon souvent dans le comic-book).

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Jessica Jones quant à elle recèle deux problèmes majeurs, qui sont l’omniprésence de bouteilles d’alcool et de paires de fesse à s’en faire exploser la rétine. Alors ne vous méprenez pas, je ne suis pas du tout sombrée du côté obscur de Christine Boutin, certes, l’alcoolisme de l’héroïne fait partie intégrante du personnage, c’est une notion qui est d’ailleurs bien présente dans l’oeuvre de Brian Michael Bendis, et qui découle surtout du traumatisme subi par l’héroïne, mais elle y est abordée de façon beaucoup plus subtile et surtout moins redondante, le nombre de plans comprenant une bouteille d’alcool est tellement hallucinant qu’on en vient à se demander si les producteurs de la série n’ont pas passé un contrat avec un quelconque lobby de spiritueux.

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L’autre aspect complètement WTF de la série est le nombre de prises de vue centrées sur le popotin de notre héroïne, tout à fait agréable à regarder qu’on se le dise, et ce grâce à un jean moulant totalement sur mesure mettant avantageusement ses formes en dépit de l’aspect grunge et mal attifé du personnage…
Ici encore, le spectateur pourrait certainement s’amuser à se faire un shot de Vodka à chaque fois qu’il tombe sur l’une des innombrables scènes prises en exemple ci-dessous, devenant du coup lui aussi alcoolique, et là les enfants on ne s’en sort plus.

Au final nous sommes donc face à deux séries qui, malgré leurs grandes différences, se regardent avec autant de satisfaction que d’exigence. Tout est loin d’être parfait dans chacune d’entre elles, qu’on se le dise, mais ce qui est certain c’est qu’aucun des deux programmes n’arrivent non plus à rentrer en concurrence avec l’autre, les deux comédiennes concernées l’ayant d’ailleurs très bien compris, se félicitant mutuellement via les réseaux sociaux. Au delà de l’effet marketing, il faut tout de même essayer d’y voir un peu plus loin en miroitant l’espoir que ces séries (avec Agent Carter) soient les pionnières d’un genre nouveau, où les héroïnes DC, Marvel et autres, pourraient êtres mises en valeur sur le long terme, à travers des programmes qui leurs seraient entièrement dédiées.

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L’ange de National City


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Review garantie sans spoilers, ou balancez moi dans la Zone Fantôme !

Laissez-moi tout d’abord vous dire que je ne crois pas en cette histoire de fuite. Franchement, comme si la chaîne CBS allait laisser filer comme ça le pilote d’une de ses séries les plus attendues de la rentrée prochaine sans arrière pensée…
Il m’est plus d’avis que les réactions très partagées suite à la diffusion du long trailer de 6 minutes ont fait réagir la chaîne, préférant « sacrifier » son pilote et prendre la température afin de réajuster ce qui doit l’être, comme ce fut le cas avec CW et son premier épisode de Flash l’année dernière.
Il n’en reste pas moins que l’accès inopiné à 46 minutes de Supergirl 6 mois avant sa diffusion officielle a de quoi faire peur, ai-je pour ma part eu raison de craquer ? La réponse est oui, oui, et encore oui.

Pour ceux qui ont vu ce fameux trailer et qui ont tremblé des genoux en s’offusquant de la tournure passablement « girly » que semblait prendre la série, rassurez-vous, tout était bel et bien condensé dans ce premier aperçu, celui-ci s’avère être d’ailleurs un bon résumé du pilote, donc si il ne vous a pas plu je ne peux malheureusement rien pour vous.
Cet épisode se révèle pourtant bien plus riche et dramatique que ce que l’on a pu voir précédemment, en mettant notamment l’accent sur les origines de l’héroïne (passage obligé pour un pilote me direz-vous), ainsi que la relation, très forte, qu’elle partage avec Alex, sa sœur adoptive.
Kara a beau être une héroïne surpuissante, Melissa Benoist parvient (non sans humour parfois) à faire ressortir sa fragilité et ses hésitations, à l’image d’un Grant Gustin incarnant le bolide écarlate, on trouvera d’ailleurs certaines similitudes entre les deux séries de part leur construction scénaristique et leur légèreté plus que bienvenue.

sister

Supergirl prend des coups, tombe, se relève, évite le crash d’un avion et se prend un 36 tonnes en pleine poire, les scènes d’action bien que maîtrisées sont pourtant parfois limites au niveau des effets spéciaux comme on pouvait s’en douter, mais ne gâchent en rien le spectacle. Si CBS doit remanier quelque chose dans les 6 mois à venir, je pencherai plutôt de ce côté là, bien qu’ici encore nous restons dans la même moyenne qu’un Flash ou un Arrow, j’aurais seulement souhaité que le rendu soit encore meilleur.

Quant à l’intrigue, elle ouvre des possibilité très TRES intéressantes, que ce soit au sein de l’organisation qui chapeaute notre héroïne, que dans un contexte beaucoup plus vaste, le « grand méchant » de la saison qui nous est présenté étant particulièrement séduisant.
Et cerise sur le gâteau, ce pilote de Supergirl évite donc pas mal de clichés quand on y pense, elle ne tombe même pas éperdument amoureuse du prince charmant dès le premier épisode ! Au contraire notre héroïne interagit avec ses partenaires masculins d’une façon assez drôle, comme si Willow Rosenberg se retrouvait enfermée dans le corps de Buffy Summers. On pense inévitablement à Loïs & Clark en regardant cet épisode, et pour moi c’est une très bonne référence.

Awesome

Sans être parfait (ce qui est, ma foi, une bonne chose, ça me permet de penser que ça va aller crescendo) ce premier épisode de Supergirl est néanmoins déjà rempli de promesses, ses acteurs sont tout à fait crédibles et à ce sujet d’ailleurs, le trailer de 6 minutes ne rendait absolument pas hommage à Calista Flockhart qui incarne Cat Grant, un personnage que l’on aimera détester mais qui s’avérera j’en suis sure être bien plus profond qu’il n’y parait de prime abord.
Le pilote d’une série est un exercice difficile où l’on doit présenter en un temps très court à la fois les origines du héros, ses motivations, et dans quelle trame plus large il va évoluer tout au long de la saison. Ces trois facteurs sont ici bel et bien présents, le tout enveloppé dans un bel écrin d’action, d’humour, et d’émotion… Bon ok, je crois que je vais aller me le revoir une troisième fois, c’est pas comme si j’avais attendu ça presque toute ma vie.

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Up Up and Away


Nuffsaid

J’ai 10 ans. Je me tiens sur le seuil de la cuisine les points fermés, regardant ma mère occupée à faire la vaisselle, sa silhouette est éclairée par la fenêtre qui donne sur notre jardin, un beau jardin où j’ai passé des heures sans fin à rêver que j’étais elle…
Je ne savais pas comment lui annoncer. Je me disais que comme elle m’aimait, elle comprendrait forcément. C’est alors qu’avec la plus grande des angoisses et des craintes qu’une petite fille puisse ressentir comme si elle allait tomber dans le vide, je lui avouais mon grand secret.

« Maman » lui dis-je, « je sais ce que je rêve de faire quand je serais plus grande. Je crois que je veux devenir Supergirl » .
A ma très grande surprise (sans parler de ma profonde déception), sa réaction ne fut pas celle que j’attendais, et mon cœur de petite illuminée fut tellement meurtri que je n’eu jamais le courage de lui avouer plus tard mon homosexualité, jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

Stand up

Supergirl a toujours été pour moi cette héroïne de l’impossible. Enfant, je me voyais m’élever dans les airs, sentir la chaleur du soleil sur mes joues, laisser filer le vent entre mes doigts… Je me pensais capable de soulever un bus pour sauver l’ami coincé en dessous, et par dessus tout, je me croyais positivement libre. Quel enfant à un moment donné ou un autre n’a t-il pas rêvé de l’être ?

Mais dans la réalité la fille de Krypton n’a pourtant jamais été une femme libre. Créée une poignée d’années après le Comic Code, son rôle était de représenter l’adolescente parfaite, la petite fiancée de l’Amérique toujours surveillée par la figure paternaliste de son cousin afin de devenir un modèle de vertu et d’héroïsme pour les jeunes lectrices de l’époque. Malgré la grandeur et la puissance de ses pouvoirs, ses aventures resteront centrées sur des bluettes sans grand intérêt (hormis peut-être pour Comet, car là il y a quand même du niveau), car contrairement à l’idée de ce que je me faisais d’elle, il n’a jamais été question que Supergirl soit l’héroïne où tous les espoirs pouvaient être permis.
De son sacrifice ultime dans Crisis on Infinite Earths à ses multiples (ré)incarnations, être une fan de Supergirl n’est pas chose aisée loin de là.

Supergirl Fly

A l’annonce de la série prévue sur CBS, mon sang n’a fait qu’un tour. J’ai senti le soleil sur mes joues, et le vent filer entre mes doigts. Je n’en n’ai pas trop fait allusion ici à part un ou deux billets car je n’aurais pas survécu à un second échec après le fiasco Wonder Woman. Et plus l’approche de ce trailer se manifestait, plus je n’osais croire à ce que j’ai vu hier soir.

Première chose, oui Melissa Benoist est Kara. Plus je la vois et contre toute attente (et mes premiers doutes), son joli minois et sa fraîcheur l’emportent sur tout le reste. Seconde chose, l’aspect « Girly » du trailer a pu en rebuter plus d’un (et d’une), et très sincèrement, je les comprends, mais tout le monde sait que l’on peut faire n’importe quoi en montant quelques scènes sur une musique un peu branchouille, le but ici est de séduire le plus grand monde, les femmes autant que les hommes, si un montage ciblé peut permettre à Supergirl de passer le cap de la demi saison, sans réellement savoir si au final l’esprit de la série ira entièrement dans ce sens, mais moi je dis oui sans problème, bordel de merde.
Quand bien même, il s’agit rappelons-le d’une série sur une jeune femme « solaire », Kara est un personnage qui est tout sauf grim and gritty, pour ceux qui pensaient voir la suite de Daredevil, ça va pas du tout les enfants.
Troisième détail, de quoi parlons-nous vraiment au juste, qu’est-ce qui est VRAIMENT important ? Des 3 minutes pour midinette (que l’on retrouve également dans Flash et Arrow soit dit en passant) inévitables, ou bien des scènes où l’on voit Supergirl être enfin libre à la télévision ?

Supergirl S

Oui, c’est bien ce qu’il me semblait.

La scène la plus emblématique pour moi dans ce trailer est justement le passage où « Kara la soumise » prend son envol dans la nuit afin de sauver sa sœur adoptive et ainsi devenir Supergirl à jamais. Quant aux autres scènes où elle apparaît, je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée émue pour la série Loïs & Clark qui a certes bien vieilli mais qui en son temps était vraiment parfaite.
Et à vrai dire, je n’ose même pas imaginer tout le potentiel que cette série puisse amener, ouvrant si il le faut la voie sur d’autres projets  aussi ambitieux pour nos super héroïnes.  Y a t-il vraiment de quoi se plaindre à ce sujet ?

Et pour montrer qu’on peut tout faire avec un montage, je vous laisse le nouveau trailer qui a été mis en ligne et subitement effacé, mais que j’ai réussi à récupérer car moi aussi, je viens de Krypton.

Fly

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