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Korrasami


LOK Head

Il y a quelques jours je sortais de ma torpeur estivale pour exprimer ma grande déception envers une partie du cast de Supergirl, qui se moquait de façon assez dédaigneuse de l’engouement des fans de la série vis à vis d’une relation fantasmée, un ship comme on dit, entre l’héroïne et sa nemesis potentielle sur le long terme, Lena Luthor.
Alors que j’écris ces lignes et que je m’achemine à faire la review de ce premier volume de The Legend of Korra : Turf Wars, tout s’illumine soudain devant moi : Michael DiMartino et Bryan Konietzko ont totalement adhéré à cette vision inspirée par leurs fans car elle allait complètement dans le sens de tout ce qu’ils avaient cherché à montrer dans leur univers jusqu’à maintenant.
Ne pouvant malheureusement pas développer (pour des raisons évidentes) ce ship entre Korra et Asami dans la série animée, leur histoire pourrait toutefois obtenir une suite avec tout le recul nécessaire grâce à une trilogie publiée chez Dark Horse Comics, et dont le premier numéro est (enfin) sorti mercredi dernier.

Evidemment vous imaginez bien que j’attendais cette suite comme le Messie. Mais cela ne m’a toutefois pas empêché de rester vigilante sur de nombreux points, tant l’univers d’Avatar The Last Airbender est devenu depuis ces dernières années un véritable refuge, je ne compte plus le nombre d’épisodes (re)visionnés le soir à l’heure du repas en compagnie du Sidekick, à tel point que nous pourrions nous perdre et nous retrouver sans encombre autant dans les dédales de Ba Sing Se, de la Bibliothèque, du Monde Spirituel ou des souterrains du lac Laogai. Et nous aurions dans nos poches quelques feuilles de choux à grignoter, et Jinora saurait fort heureusement où nous trouver, jute au cas où…

Il était donc naturellement, et en premier lieu, important que cette suite des aventures de Korra (dont la série vient tout juste d’être diffusée sur France 4) respecte autant graphiquement que scénaristiquement ce fameux cahier des charges. C’est le cas pour certains aspects, malheureusement un petit peu moins bien pour d’autres.
L’histoire de The Legend of Korra : Turf Wars se déroule quelques secondes après la fin du dernier épisode de LOK où l’on voit Korra et Asami bien décidées à s’octroyer quelques jours de vacances après les épreuves fraîchement subies au cœur de Republic City.

Ce qui est constant dans The Legend of Korra, et qui est une notion que j’aime particulièrement, c’est cette confrontation inéluctable entre le monde spirituel sensible aux traditions ancestrales (notamment incarnés par les Maîtres de l’air) et celui des hommes fuyant vers le progrès. Ainsi, Korra et Asami forment à elles deux les faces d’une société en pleine évolution qui a résolument du mal à se trouver.
L’apparition d’un nouveau portail menant au monde des Esprits en plein cœur de Republic City est un événement qui va affecter cet équilibre déjà fragile, mais également faire l’objet de toutes les convoitises dont celles de Wonyong Keum, propriétaire du terrain où se trouve le portail et qui souhaite rentabiliser cette opportunité en créant un parc d’attraction. Si cela ne suffisait pas, la débâcle engendrée par le raid de Kuvira sur la ville a non seulement forcé des milliers d’habitants à vivre dans des camps en attendant d’être relogés, mais également ravivé la guerre de territoires entre les différentes triades, une guerre que souhaite remporter Tokuga, un profane bloqueur de shi.

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C’est ce sinistre état des lieux auquel nos deux héroïnes doivent faire face à leur retour de vacances, après quelques jours passés ensemble dans le monde spirituel. Un séjour durant lequel Korra et Asami vont enfin s’avouer leurs sentiments respectifs faisant notamment référence à leur longue correspondance lorsque Korra était en convalescence.
C’est l’aboutissement en toute logique d’une relation qui avait pourtant démarré assez mal, mais qui va désormais être au cœur des nouvelles aventures de l’Avatar, notamment par le biais de la gestion de leur coming out auprès des parents de Korra,  de leurs amis, voire du reste du monde puisque l’Avatar est un personnage public.
Michael DiMartino et Bryan Konietzko intègre ainsi et de façon très juste une nouvelle approche de leur oeuvre, avec la présence de personnages LGBT qui ont en fait toujours été considérés comme canon (c’est ce qu’on appelle le miracle des comics). On apprend ainsi que Kya est lesbienne, que l’Avatar Kyoshi était bisexuelle et que les nomades de l’air toléraient parfaitement l’homosexualité. Mais les scénaristes ont également l’idée de représenter l’homophobie dans les différentes cultures de leur univers, et cette notion est vraisemblablement l’un des défis supplémentaires que Korra devra relever dans cette nouvelle saison.

Ce premier volume de Turf Wars nous livre une généreuse suite des aventures de Korra, à tel point que je me suis sentie complètement frustrée à la fin de ma lecture tant celle-ci fut prenante et trop courte. Irene Koh nous livre un travail très respectueux envers l’oeuvre de Michael DiMartino et Bryan Konietzko, mais je trouve le style qu’elle emploie ici un peu trop cartoony à mon gout, alors que cette série se veut être plus mature que la précédente. De plus certaines de ses cases manquent cruellement de détails et de finition, notamment sur certains visages, ce dont je suis la première à regretter car j’aime beaucoup cette artiste. Pas de quoi fouetter un chat, je trouve ça jute un petit peu dommage.

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Il y a donc de très belles choses dans ce premier épisode de The Legend of Korra : Turf Wars, celui-ci fait toutefois office de longue introduction, mais c’est avant tout parce que ses créateurs ont décidé de prendre le temps d’intégrer des notions importantes, ce qui était impossible dans la série animée diffusée sur Nickelodeon à l’époque. Certaines choses ont heureusement changé depuis en terme de représentation des LGBT dans des programmes pour enfants (je pense notamment aux séries Steven Universe et Adventure Time) bien qu’il reste de gros progrès à faire, The Legend of Korra reste pionnière dans son genre et Turf Wars permet d’offrir à de nombreux fans exactement ce qu’ils attendaient depuis un bon moment.

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L’espoir fait vivre


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Prévue à l’origine pour le 20 juin prochain, la première partie de The Legend of Korra : Turf Wars publiée chez Dark Horse s’est vue être repoussé à la date du 8 août, l’illustratrice Irene Koh se donnant le temps d’offrir le meilleur pour cette suite directe du dernier épisode de la 4ème saison de cette merveilleuse série diffusée sur la chaîne Nickelodeon.

Il faudra donc s’armer encore un peu de patience pour retrouver la team Avatar, l’autre bonne nouvelle étant qu’une version doublée en Français est enfin prévue pour les trois dernières saisons, suite au projet de « Voice bending » mis en oeuvre par les membres de l’association Avatar Realms. Je vous invite d’ailleurs à regarder leur doublage de l’épisode 4×07 : Reunion, c’est un excellent travail de passionnés, et ayant suivi leur progression depuis des mois, je suis bluffée par le résultat final compte tenu de leurs moyens, alors qu’une autre boite de production a été engagée pour produire le doublage définitif, ils ont au moins permis de faire avancer les choses, bravo les gars.

Ce qui me fait écrire ces quelques lignes c’est que j’ai beau craindre le pire dans les jours qui arrivent, il me reste l’espoir, et la surprise de voir un baiser entre Korra et Asami au saut du lit ce matin, c’est un bonheur inattendu et une invitation à croire en un futur plus radieux.

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Oui, je sais, il ne me faut pas grand chose. Mais je préfère pour le moment me lover dans cette capture d’image supprimée par l’artiste depuis, plutôt que me demander si dans un an ce blog existera toujours car il sera considéré comme un objet de propagande et de dépravation aux yeux d’un gouvernement fasciste et totalitaire.

Si par malheur le pire arrive, nous continuerons ici de faire comme si de rien n’était. Nous continuerons de vous offrir le meilleur de nous même en tant que passionnés, en tant qu’êtres humains, avant tout.

L’univers d’Avatar a, tout au long de ses deux programmes, toujours très bien su dénoncer dans ses histoires les menaces totalitaires, le despotisme, le racisme, le contrôle des masses, les enjeux pour notre planète…
Elle a aussi et surtout mis en valeur les idées de rébellion, d’amitié, de fraternité/sororité, de spiritualité, de connexion avec la nature, du pouvoir par le savoir et la sagesse plus que par la force brute.
C’est une oeuvre majeure destinée de prime abord aux enfants mais qui résonne avant tout en chaque adulte normalement constitué.

La suite des aventures de Korra est pour moi un besoin absolu, c’est un signe que quoi qu’il arrive, la vie continue au même titre que le cycle de l’Avatar. Même si nous basculons sous le régime de Kuvira, ou de la Nation du Feu, l’esprit de l’Avatar est en chacun de nous. En tout cas ici c’est une évidence.

En attendant l’apocalypse, voici donc quelques visuels de ce premier tome, plus la couverture du second.

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Welcome to the Spirit World


Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, voilà que Dark Horse choisi son moment pour dévoiler enfin une preview de la suite des aventures de l’Avatar Korra, (accompagnée de la splendide Asami Sato), par le biais d’une nouvelle saison qu’il faudra donc cette fois-ci suivre en lisant un graphic novel de 80 pages en trois parties intitulé The Legend of Korra : Turf Wars.
Au même titre qu’Avatar: The Last Airbender qui s’était décliné en comics via plusieurs séries (qui ont d’ailleurs été traduites, ou en court de traduction par l’équipe d’Avatar Realms), nous aurons le plaisir de retrouver la Team Avatar au grand complet, mais SURTOUT de voir se développer ce qu’on appelle le Korrasami, terme employé pour décrire la relation amoureuse entre Korra et Asami, instituée par les créateurs de la série.

Alors si l’on y regarde d’un peu plus près après s’être dit, « Ben mon cochon, c’est pas trop tôt ! » parce que mine de rien les dernières nouvelles dataient quand même d’Octobre 2015, on constate que l’artiste crédité sur la série a changé : autrefois attribué à  Brittney Williams, c’est désormais Irene Koh (Fresh Romance, Secret Origins : Batgirl, Sensations Comics featuring Wonder Woman) qui se charge de l’illustration de cette série.
Michael DiMartino est lui toujours au scénario, son partenaire créatif Bryan Konietzko étant crédité en tant que consultant.

La machine, telle une Satomobile vrombissante est désormais lancée ! Inutile de dire qu’ici nous suivrons les moindres info tant la hype est à son maximum, et comme je sais que vous êtes de gentils lecteurs, je vous partage en bonus de cette preview quelques images issues du Tumblr d’Irene Koh.

Relishing their newfound feelings for each other, Korra and Asami leave the Spirit World . . . but find nothing in Republic City but political hijinks and human vs. spirit conflict! A pompous developer plans to turn the new spirit portal into an amusement park, potentially severing an already tumultuous connection with the spirits. What’s more, the triads have realigned and are in a brutal all-out brawl at the city’s borders–where hundreds of evacuees have relocated! In order to get through it all, Korra and Asami vow to look out for each other–but first, they’ve got to get better at being a team and a couple! Written by series co-creator Michael Dante DiMartino and drawn by Irene Koh T.M.N.T., Sensation Comics featuring Wonder Woman, Secret Origins: Batgirl, Afrina and the Glass Coffin) and with consultation by Bryan Konietzko, this is the official continuation of The Legend of Korra!

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Be the leaf


Je me fais le plaisir de partager les bonnes nouvelles de la NYCC, car à partir du moment où elles me font bien triper, il n’y a pas de raison que je ne vous en face pas l’info (et puis je viens de découvrir que dorénavant je peux inonder mon blog de gifs, rien que pour ça, ça méritait un billet) !
Comme vous le savez déjà sans doute, je suis une grande fan de la série diffusée sur Nickelodeon The Legend of Korra, un programme dont j’ai déjà vanté les mérites mais qui restait malgré tout sur un goût d’inachevé à la fin de la 4ème saison par le biais d’un plan extraordinaire, repris l’été dernier lors de la San Diego Comic Con en guise de teasing de la mort pour annoncer une suite sous la forme d’une série publiée chez Dark Horse.

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Il nous fallait donc nous armer de patience, sachant que tôt ou tard une annonce serait faite par l’éditeur, ce fut le cas avant-hier grâce à CBR qui nous a fait part de la participation de Brittney Williams (déjà responsable du prochain Patsy Walker A.K.A. Hellcat chez Marvel) aux dessins sur cette future série.

L’intrigue, écrite par Michael Dante DiMartino, démarre vraisemblablement là où nous avions quitté nos héroïnes dans la série TV, permettant entre autre de développer la relation Korra/Asami (ou Korrasami, pour employer le terme approprié), chose quasiment impossible pour un programme à destination d’un public relativement jeune, sans risquer de s’attirer les foudres de mouvements et associations de tarés du style One million Moms.

Pour le moment aucune date de publication n’a encore été divulguée, mais pour nous faire patienter voici une première illustration de Brittney Williams qui ressemble beaucoup à ce que proposent déjà les différentes publications dédiées à Avatar the Last Airbender, toujours chez Dark Horse. De quoi nous rassurer, mais de quoi nous rendre aussi encore plus impatients.

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It gets better (la représentation, c’est la vie)


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Que l’on soit lesbienne, gay, bisexuel(le), transgenre ou queer, voir que son orientation sexuelle et son appartenance à une minorité puisse être représentée de manière positive dans une oeuvre quelle qu’elle soit (on parlera ici bien évidemment de comics), c’est pour la plupart d’entre nous un cadeau ciel (ou d’ailleurs), ou plutôt un témoignage laissé à la postérité prouvant que nous sommes comme tout un chacun, et que nous avons le droit d’être visible par le biais de notre médium préféré.

Depuis une dizaine de jours, c’est une avalanche de bonnes nouvelles qui se sont succédées concernant cette fameuse visibilité, en commençant par l’officialisation de la bisexualité de Catwoman, constat déjà supposé par les lecteurs de longue date.
La série qui a prit un nouveau (et agréable) tournant grâce à la scénariste Genevieve Valentine, à des années lumière de ce que nous avait infligé DC en 2011, nous propose une vision beaucoup plus réaliste du personnage, désormais à la tête de la mafia locale.
Valentine avait réussi en quelques numéros à disséminer certains indices, aiguillant le lecteur attentif sur cette conclusion.

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Catwoman est l’un des personnages féminins les plus emblématiques et les plus célèbres de la bande dessinée américaine, elle est même connue de tous sans faire allusion précisément à ce medium. C’est un personnage iconique, symbole d’indépendance et de féminisme, l’une des rares faiblesses du Chevalier Noir dont les aventures auront rarement été à la hauteur de son potentiel, hormis quelques run et one shot vraiment notables (je ne vais pas vous faire une liste, vous connaissez ces titres aussi bien que moi).
Ce qui est vraiment notable justement, c’est la manière dont Genevieve Valentine va réussir à placer ce que bon nombre d’entre nous savait déjà, le plus naturellement possible, de telle sorte que l’on en vienne même à se demander si l’on ne l’avait pas déjà vu embrasser une femme plus tôt.
Si l’on rajoute à cela le fait que la jeune femme dont elle s’éprend est elle aussi issue de la diversité, par ses origines japonaises, nous atteignons un jackpot, loin cependant de tout effet marketing, car ce n’est sincèrement pas avec ce genre d’annonce que le titre se vendra mieux (je n’ai pas encore les chiffres du mois de février mais le numéro précédent obtenait la 94ème place avec 22,386 exemplaires vendus).
Bon nombre de médias se sont fait le plaisir de partager la bonne nouvelle, jusque dans nos contrées avec des articles sur Yagg et Têtu (il me semble, si j’ai bonne mémoire, que le Batwoman Gate leur avait pris un peu plus de temps… oui je sais, j’ai la rancune facile).
Ce qui est intéressant, c’est que cette pseudo-nouvelle ne changera en rien le personnage. Il ne fait que le renforcer. Qui plus est, tout en clarifiant un aspect de sa personnalité, il permet également à nous lecteurs LGBT de se sentir un peu plus et un peu mieux pris en compte, et c’est à ce niveau que la bisexualité de Catwoman, du moins son officialisation, est une information cruciale qui va dans le sens du respect des personnes LGBT, comme des lecteurs sensibles à ce genre de problématique.

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La seconde bonne nouvelle viendra une semaine plus tard de la part du même éditeur, comme si celui-ci voulait se faire pardonner de l’annulation de Batwoman (la rancune facile je vous dis), en montrant une énième fois un rapprochement des plus ambigus entre Harley Quinn et son amie de toujours Poison Ivy.

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Ici encore, les habitués et amateurs de ces deux héroïnes n’ont pas pu voir cette relation passer inaperçue au fil de leurs aventures communes, que cela soit dans la série actuelle écrite par le couple Amanda Conner et Jimmy Palmiotti, ou bien avant cela avec la série Gotham City Sirens (qui mettait donc en scène, pour le coup, trois bisexuelles), crée par Paul Dini et Guillem March, et qui pendant 26 numéros développait les aventures de ces trois drôles de dames.
Mais si l’on remonte encore un peu plus dans le passé, ce même Paul Dini n’a cessé de laisser des indices au sujet de ces Best Friends Forever comme dans les séries Gotham Girls et Batman: Harley and Ivy, autant de traces que ces deux protagonistes nous tiennent en haleine dans leur relation depuis très longtemps.

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Au travers d’Harley Quinn, la série à succès publiée depuis l’année dernière, les scénaristes n’ont pas eu de mal à relancer cette fameuse relation, jusqu’à y consacrer l’intrigue principale du premier Annual où Harley allait faire des pieds et des mains pour sauver son Ivy des murs de l’asile d’Arkham.

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Autant de traces qui nous confortent dans l’idée que tôt ou tard, ces deux là finiront par sauter le pas, c’est en tout cas tout ce qu’on leur souhaite.
Le lectorat d’Harley Quinn n’étant pas forcément le même que celui de Catwoman, il est important de constater que la bisexualité reste visible sur des genres différents, du Burlesque au Polar et pour le même résultat : une visibilité des plus positives.

Arriva ensuite le moment, par contre totalement inattendu, où dans la future série d’IDW Jem and the Holograms, les personnages de Kimber (compositrice et sœur cadette de l’héroïne principale et leader du groupe, Jem/Jerica) et Stormer (pianiste et compositrice également, avec des faux airs de Beth Ditto, dans le futur comics) se voyaient entretenir une relation amoureuse, malgré leur appartenance à deux groupes musicaux antagonistes.
Ici encore, les aficionados de la série TV éponyme se seront immédiatement souvenus d’un épisode ou Kimber et Stormer lâchaient leur groupe respectif (les Holograms et les Misfits) pour monter un duo qui allait fracasser le Top 50 malgré les remontrances de leurs anciennes copines.

Les auteurs de Jem and the Holograms, Kelly Thompson et Sophie Campbell (Wait whaaat ? Sophie à la place de Ross ? But what Happened ? Ce billet n’est pas terminé mes enfants ! Oui oui, il s’en est passé des choses cette semaine, mine de rien !) ont fait ce qu’il fallait pour intégrer de la façon la plus claire possible une relation comme il en existe EVERYWHERE où la difficulté ne réside pas dans l’orientation sexuelle des protagonistes, mais bel et bien dans le clivage qui oppose deux groupes musicaux.

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Kimber Stormer

De cette intrigue des plus intéressantes intégrée à cette nouvelle série, vient s’ajouter la courageuse annonce (qui ne date que de ce week-end) concernant la transition de Ross Campbell en Sophie Campbell (désormais, à partir de cet article, nous l’appellerons ainsi, avec Julien et tout le monde qui opèrent dans les commentaires, si vous le voulez bien 🙂 )

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Sophie Campbell est une artiste qui a toujours soutenu la cause LGBT à travers son oeuvre, en témoignent ses précédents travaux (tels que Wet Moon, mais également Glory), il était donc logique qu’elle intègre cette présence dans sa nouvelle oeuvre, avec le soutien de sa scénariste, Kelly Thompson.
A quelques jours de la sortie de son nouveau titre, et aussi hype que celle-ci puisse paraître, ce coming-out reste un geste extrêmement courageux, autant sur le plan personnel comme on l’imagine bien, que pour l’industrie toute entière.
En vérité, ce qu’il nous faudrait, ce sont des Sophie pour chaque année, ou du moins le plus souvent possible.

Enfin, et pour bien clôturer cette semaine, nous avons fini par avoir des nouvelles du couple Korra et Asami, par le biais du co-créateur de la série Legend of Korra, Bryan Konietzko, qui a posté sur son Tumblr une illustration intitulée Turtle-duck Date Night, ne laissant plus aucun doute sur ce que nous savions déjà :

Voici mon œuvre pour la prochaine exposition à la Galerie Nucleus sur La Légende de Korra / Avatar : le dernier maître de l’air, ouvrant ce samedi 7 mars, de 6h du matin à 22h. Mike et moi serons là pour réaliser des dédicaces pendant la première moitié de la réception (il y a un nombre limité de places dans la file d’attente pour les dédicaces, mais je ne suis pas sûr comment ils s’organisent), et on traînera [dans l’expo] le reste du temps. Je crois qu’il y aura un tirage au sort, et plein de trucs chouettes à acheter. Un tas de membres de l’équipe seront là aussi (des gens d’Avatar aussi, je l’espère), donc ce sera une réunion de famille sympa pour nous. Je suis impatient de voir toutes ces superbes illustrations.

Pour ce qui est de ce dessin, j’ai utilisé et modifié un dessin d’Emily Tetri de la Tour de l’Harmonie (conçue par Lee Jung-Su). Sinon, j’ai dessiné et peint le reste. J’ai basé les bateaux canards-tortues sur les ravissants bateauxcygnes que j’ai vu en visitant le parc Ueno à Tokyo. La Galerie Nucleus vendra l’illustration ci-dessus comme tirage exclusif, en une édition limitée à 100 exemplaires, qui seront disponibles lors de la soirée d’ouverture (et je suis assez sûr que je les dédicacerai). Je ferai don de la totalité de ma part de la recette à un service téléphonique de prévention du suicide pour les LGBTQ (Lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et queers).

J’espère vous voir samedi ! Venez tôt, car les files d’attentes pour ces ouvertures de la Galerie Nucleus s’étendent tout le long d’un pâté de maison. Si vous ne pouvez pas y arriver à temps, l’expo durera deux semaines. Il y a un évènement prévu pour la fermeture également. Plus de détails à venir.

Gallery Nucleus – 210 East Main Street, Alhambra, CA 91801

Traduction : Avatar Realms.

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Comme nous venons de le voir, ces derniers jours furent bien chargés en matière de visibilité, il reste néanmoins un laissé pour compte, du moins pour le moment, à savoir celui de la représentation des personnages gay, en attendant la série Midnighter qui doit paraître chez DC à partir du mois de juin.

On ne peut nier cependant l’élan indéniable qui s’est opéré ces derniers jours, tel un souffle des plus enthousiasmants, une onde d’espoir en ce début d’année 2015, qui présage encore de belles choses à venir, du moins je l’espère, pour toutes nos identités concernées.

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La voie de Korra


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Il serait vraiment dommage de finir cette année avec la si triste annonce de la « perte » de Batwoman, idolâtrée ici comme vous le savez et à juste raison. L’arrêt de sa série m’a foutu un sacré coup au moral, mais en cette période de Noël, il doit bel et bien exister un esprit vengeur qui sorti de nulle part (ou presque) devrait s’opposer et lutter vaillamment face aux mauvaises nouvelles de ce genre… n’est-ce pas ?
Cet esprit, ou plutôt cet Esprit, je l’ai trouvé tout au bout du quatrième livre de La Légende de Korra, une série  animée diffusée sur la chaîne Nikelodeon dont je vous ai parlé il y a pas mal de temps déjà, et dont j’avais savouré la première saison avec délectation et émerveillement à la vue (et à l’écoute aussi) de tant de richesses visuelles, culturelles, ethniques, et technologiques en un seul programme pour enfants. Et là je ne parle même pas de son personnage principal et de ses acolytes d’aventure. Cette série créée par Michael Dante DiMartino et Bryan Konietzko est un véritable voyage sensoriel en plus d’être une oeuvre épique mettant en scène une héroïne comme il nous a rarement (jamais en occurrence) été donné de voir dans un tel programme…

Alors puisque cette fabuleuse série vient tout juste de se terminer, il est peut-être temps de lui rendre hommage ici, à la vue de tout ce qu’elle a apporté à bien des niveaux et notamment un qui me tient particulièrement à cœur, mais ça j’y reviendrais.

Ainsi, Legend of Korra a été lancée en avril 2012 et fait suite à la série à succès (à juste raison elle aussi),  Avatar : The Last Airbender, déjà imaginée par les deux créateurs cités plus haut. Il y a donc une vraie continuité entre les deux séries, tant sur les protagonistes qui y évoluent (certains sont toujours en vie et d’autre non, Korra se déroulant 70 ans après Avatar) que sur le message et l’aspect universel, philosophique et spirituel des deux œuvres.

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La « licence » Avatar se déroule dans un univers imaginaire et mystique très influencé par la culture asiatique… dans son sens le plus large, les héros de la série vont en effet côtoyer diverses cultures et civilisations, liées aux quatre éléments (l’Air, la Terre, le Feu et l’Eau… mais en fait un peu plus !) les deux séries faisant conjointement référence à nos propres ethnies vivant sur cette partie du continent, la Chine, le Japon, la Mongolie, la Corée, l’Inde, ou encore le Tibet pour ne citer qu’eux.
Dans l’histoire qui nous intéresse, Korra est la dernière Avatar en date et possédant à la base la maîtrise de l’Eau, doit se former aux autres éléments. Lorsque la première saison commence elle est sur le point d’obtenir le dernier : l’Air. Tenzin dernier maître de l’Air et fils d’Aang, héros principal de la précédente série, va devoir devenir le mentor et la figure tutélaire de cette adolescente au caractère taillé dans la glace, tout en gardant son rôle de père attentionné, autoritaire et totalement dépassé face à ses enfants à la fois turbulents et en quête de savoir.

Tout au long de la série, les interactions et les rapports entre Korra et Tenzin, l’élève et le maître, d’abord dans leur confrontation et leur dualité, puis leur respect et leur amour, nous enseignent et nous confortent en tant qu’adulte à quel point il est dur et difficile de guider son padawan, son Sidekick (avec un grand S) ou son enfant dans l’apprentissage de la vie et de ses grands combats…
Car l’un des grands thèmes que Korra développe, c’est celui de la famille. Je ne parle pas de la famille version Gorgone Boutin, je parle de la Vraie Famille, celle des gens, peut importe leurs origines et leur statuts, ceux qui se sentent unis entre eux et qui ont un but commun : celui de sauver le monde. Bon d’accord dans notre vie de tout les jours c’est pas vraiment gagné, mais ce n’est d’ailleurs pas pour cela que l’imaginaire existe  ?

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Mais Legend of Korra c’est avant tout l’histoire d’un parcours totalement épique, celle d’une quête bien trop grande d’une jeune femme qui se croit en être capable parce qu’elle en est destinée, et de ses compagnons tout aussi intéressants et attachants les uns des autres, Tenzin qui a le lourd fardeau de lui montrer la voie, le téméraire Mako et son frère Bolin, irrésistible de drôlerie,  Asami dont le rôle ne fera que croître dans le cœur de nos héros (ainsi que dans le notre) au fil des épisodes…. sans oublier Lin Beifong, l’incroyable chef de la police de Republic City, dont le côté badass a pu émoustiller plus d’un(e) téléspectateur(trice).

Enfin, la grande particularité et l’un des atouts majeurs de cette série sont comme je le disais plus haut la présence de nombreuses références culturelles, historiques, ou philosophiques auxquelles nous pouvons nous rattacher, même si l’univers dans lequel les protagonistes évoluent est totalement imaginaire. Un exemple concret : une partie de l’histoire se déroule dans une ville appelée Republic City, qui fait irrémédiablement penser au Shanghai des années 20, cité cosmopolite, à la fois moderne et mystérieuse sujette à tous les fantasmes. Un détail absolument jouissif est la présence de nombreux morceaux de jazz, où un bon Dixieland se verra agrémenté de la présence d’instruments traditionnels chinois dans le score de la série composé par Jeremy Zuckerman, un pur régal pour les oreilles et une invitation au voyage.

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La série mêle également et de façon très intelligente traditions et rites ancestraux avec la présence des technologies récentes telles que la radio, le téléphone, le cinéma, ou encore l’aviation. Nos héros vivent dans un monde en plein changement et bouleversement, dont l’essor rapide n’est pas sans conséquence en terme de conflits géo-politiques. Il est rare de pouvoir rencontrer ce genre de sujets (ainsi que ceux du fascisme ou de la manipulation de masse par les médias) dans un programme pour enfants.

Et comme si cela n’était pas suffisant, en plus de toutes ces thématiques abordées en une seule série, ses créateurs ont également pris le parti de faire évoluer le parcours sentimental de leur héroïne principale de la plus surprenante et délicieuse des manières, allant jusqu’à clôturer l’ultime épisode sur l’image de Korra et Asami, main dans la main se destinant à vivre ensemble un avenir radieux (dans tous les sens du terme). Ici encore, une telle prise de position de cet acabit est totalement inédite pour un dessin animé de ce genre, et cette évolution est sans doute liée au fait que les deux dernières saisons soient finalement diffusées directement sur le web.

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En effet, les saisons 1 et 2 ont été focalisées sur le triangle amoureux Korra/Mako/Asami qui a atteint rapidement ses limites en terme de profondeur et d’intérêt, au bénéfice d’un rapport d’amitié sincère, naturel et grandissant entre les deux héroïnes. Un terme fut bien évidemment trouvé par les fans de la série : Korrasami, et les espoirs les plus fous (compte tenu du premier public visé) allaient se manifester sur les Tumblr de tout poils.
Au fil de chaque épisode, sans crier gare, et sans être explicitement montré, (démontrant ainsi la plus grande finesse de la part de ses créateurs) la relation Korra/Asami est effectivement devenue un Korrasami de la façon la plus honnête et authentique possible, et c’est ce qui est le plus beau je crois dans la formation et la présence de ce nouveau couple. On peut évidemment regretter l’absence d’un baiser mais la scène finale est là pour nous en rappeler une autre, celle de la première série Avatar qui se terminait à peu près de la même manière.

Accusés d’avoir été influencés par les sirènes du fan service notamment sur Twitter, Bryan Konietzko et Michael Dante DiMartino ont répondu récemment et conjointement sur leurs blogs respectifs, expliquant pourquoi cette direction était la plus logique, et la plus en adéquation avec l’essence même de cette série, en voici les propos que Mathilde Tamae-Bouhon a eu la grande gentillesse de traduire pour le TLGB (et que je remercie bien sûr) :

C’est dit : « Korrasami » forment un couple.

Vous pouvez le célébrer, le soutenir, l’accepter ou tourner la page, à votre guise, mais le fait demeure, irréfutable. C’est la version officielle. La presse a merveilleusement accueilli le finale de la série lors de sa diffusion en fin de semaine dernière, et presque tous les articles que j’ai parcourus mettaient en avant la bonne lecture : Korra et Asami se sont éprises l’une de l’autre. Étaient-elles amies ? Oui, et elles le demeurent, mais elles ont également développé des sentiments amoureux.

Korrasami constituait-il notre but final, planifié depuis le début de la série ? Non, mais il en allait de même pour tout le reste, hormis le développement spirituel de Korra. Lorsque nous avons conçu le personnage d’Asami, Mike et moi, il s’agissait tout d’abord d’une espionne fourbe. Mais nous nous sommes tellement attachés à elle que nous avons retravaillé le scénario afin de la maintenir dans l’ignorance concernant les activités félonnes de son père. Varrick et Zhu Li ne devaient pas finir en couple non plus, pourtant c’est dans cette direction que nous avons mené l’histoire, ou que l’histoire nous a menés. Il en va ainsi de l’écriture, la grande majorité du temps : on donne vie à des personnages, qui en retour vous dictent leurs désirs.

Je peux me vanter d’avoir été le tout premier à militer pour Korrasami. (J’ai gagné !) Alors que nous écrivions le Livre premier, avant même que le public ne fasse la connaissance de Korra et d’Asami, je remettais régulièrement l’idée sur le tapis. Au départ, nous n’y prêtions pas beaucoup de sérieux, non que nous considérions les relations entre personnes de même sexe comme un gag, mais tout simplement parce que jamais nous n’aurions cru pouvoir, aujourd’hui (ou du moins en 2010), représenter ce type d’union dans un programme d’animation à destination d’une chaîne pour enfants sans devoir en subir des conséquences négatives.

Makorra n’était que l’aboutissement du Livre premier. Une fois le Livre deux lancé, nous avions conscience de devoir séparer les deux jeunes gens, sans aucune intention de les remettre ensemble. Désolé, les amis. J’aime bien Mako, moi aussi, et je ne doute pas qu’il tirera son épingle du jeu côté romance. Il a mûri et appris à se connaître à travers ses relations avec Asami et Korra, et ce pour le meilleur, aussi bien pour lui que pour la personne qui partagera sa vie, quelle qu’elle soit.

Une fois Mako et Korra séparés, nous nous sommes concentrés sur le développement de la relation entre Korra et Asami. À l’origine, il s’agissait principalement d’une profonde amitié. Pour être honnête, nous voulions mettre de côté tout l’aspect romance dans les deux dernières saisons. À ce moment-là, personnellement, je ne voulais pas imposer à Korra de finir la série en couple. C’est bien évidemment ce que nous avions fait dans Avatar, mais déjà, à l’époque, je trouvais l’issue un peu forcée. Je lève toujours les yeux au ciel avec un grognement d’impatience devant les films d’action où cela semble presque obligatoire… C’est probablement à cette période que je suis tombé sur cette citation de Hayao Miyazaki :

« J’en viens à me méfier de cette règle tacite selon laquelle, parce qu’un garçon et une fille apparaissent dans le même film, doit s’ensuivre une romance. J’ai plutôt envie de mettre en avant une relation d’un type légèrement différent, où les deux personnages s’inspirent mutuellement – si j’y parviens, alors, peut-être me serai-je rapproché d’une expression d’amour authentique. »

Je ne saurais être davantage en accord avec lui, surtout si l’on considère que la majorité des personnages féminins présents dans les médias sont à peine plus qu’un trophée remporté par le héros masculin en récompense de sa bravoure. C’est pourquoi Mako et Korra sortent du moule et en viennent à se respecter, s’admirer et s’inspirer mutuellement. C’est une conclusion dont je suis fier.

Pourtant, il me semble devoir contrebalancer le sentiment de Miyazaki : ce n’est pas parce que deux personnages de même sexe apparaissent dans la même histoire qu’il faut exclure la possibilité d’une romance entre eux. Certes, tout le monde n’est pas queer – mais le contrepoint de cette affirmation est que tout le monde n’est pas hétéro non plus. À mesure que progressait la relation entre Korra et Asami, l’idée d’une romance a germé, de façon organique, dans nos esprits. Nous étions cependant toujours guidés par cette notion, cette autre « règle tacite », selon laquelle on ne nous laisserait pas montrer cette relation dans un tel programme. Nous avons donc résolu d’y faire allusion tout au long de la deuxième moitié de la série, afin de planter l’idée que leur parcours pourrait aboutir à une romance.

Mais alors que nous approchions de la toute fin de notre série, j’ai eu une révélation : Comment être sûr que nous ne pouvions montrer ouvertement cette relation ? Personne ne nous l’avait jamais dit de façon explicite. Ce n’était encore qu’une de ces idées préconçues, ancrées dans un paradigme marginalisant les personnes non hétérosexuelles ; un paradigme contre lequel nous devons nous élever si nous voulons le voir évoluer. Je ne voulais pas, dans vingt ans, me remémorer cette expérience et me dire : « Bon sang, on aurait pu se battre davantage ! » Après mûre réflexion, nous avons décidé, Mike et moi, qu’il était important de dissiper toute ambiguïté quant à la nature de cette relation.

Nous avons soumis l’idée à la chaîne, et même s’ils s’y sont montrés ouverts, il y avait des limites à ce que nous pouvions nous permettre, comme l’ont justement déduit la plupart des articles que j’ai pu lire. Dans la version originale du script, rédigée il y a plus d’un an, Korra et Asami se tenaient la main alors qu’elles pénétraient dans le portail spirituel. Nous n’avons cessé de retravailler la scène dans les story-boards ; plus tard, en tournant les prises de vues supplémentaires, j’ai mis en scène une version révisée dans laquelle elles se tournaient l’une vers l’autre et joignaient les mains avec déférence – écho direct à la pose nuptiale adoptée par Varrick et Zhu Li quelques minutes plus tôt. Nous avons demandé à Jeremy Zuckerman de rendre la musique tendre et romantique, ce dont il s’est acquitté dans une partition d’une beauté sublime. Je trouve le résultat de ces deux minutes finales avec Korra et Asami absolument magnifique, et là encore, c’est une conclusion dont je suis très fier. J’adore comme leur relation a pris son temps pour s’épanouir, avec tendresse et attention. Si elle vous semble sortie de nulle part, je pense qu’un second visionnage des deux dernières saisons vous prouvera que, peut-être, vous ne la regardiez qu’à travers le prisme de l’hétéronormativité.

S’agit-il d’une victoire triomphante pour la représentation queer ? Pas tout à fait, je pense, mais j’espère qu’il s’agit là d’une impulsion non négligeable dans la bonne direction. Il est encourageant de voir comme les média et la majorité des fans ont embrassé notre choix. Hélas, et ce n’est pas une surprise, nombre de personnes ont également déversé leur fiel et leurs bêtises homophobes. De mon expérience, ce type de mentalité découle le plus souvent d’un manque de contact avec des personnes aux vies et aux problématiques différentes, ainsi que d’une incapacité à l’empathie – thème-clef, d’ailleurs, du Livre quatre. (Quoi qu’on ait pu vous raconter, les bisexuels existent !) J’ai moi-même entretenu au long de ma vie toutes sortes de concepts ridicules, implantés dans mon esprit de façons diverses, parfois même issus de mon ignorance et de ma personnalité, qui n’est pas exempte de défauts. Pourtant, le simple fait de fréquenter des personnes d’horizons divers, d’écouter le récit de leurs expériences, de recourir à un tant soit peu d’empathie pour tenter de me mettre à leur place m’a permis d’abandonner nombre d’a priori offensants. Il me reste beaucoup de chemin à parcourir, de leçons à apprendre. Ce processus laborieux, cette leçon d’humilité ne sont rien à côté de ce qu’a pu connaître toute personne un jour marginalisée. Essayer de comprendre le cheminement de son prochain : l’aspiration de toute une vie, et elle en vaut la peine.

Puis est venue cette réaction inévitable : « Mike et Bryan se sont pliés aux désirs des fans. » À quoi je réponds : lesquels ? Les partisans d’une romance Makorra sont nombreux ; si nous étions revenus sur notre décision pour remettre ces deux personnages ensemble, cela veut-il dire que nous aurions obéi à ces fans-là ? Quelle qu’ait été la direction choisie, une faction aurait explosé de joie tandis que l’autre se lamentait, défaite. Faites-moi confiance : je n’ai pas oublié le conflit Kataang contre Zutara. L’une des deux directions allait pourtant se révéler à nous comme étant la bonne ; or c’est toujours pour nous, en premier lieu, que nous avons écrit Avatar et Korra, Mike et moi. Quelle chance nous avons eue, que tant de personnes à travers le monde se soient attachées, elles aussi, à ces deux séries. Tahno et son trombone, en revanche… ça, c’était pour faire plaisir aux fans !

Mais la décision qui nous occupe aujourd’hui n’a pas été prise uniquement pour nous. Nous l’avons fait pour tous nos amis, parents et collègues queer. Il est grand temps que nos média (y compris ceux à destination des enfants) cessent de traiter les personnes non hétérosexuelles comme inexistantes, ou dignes de railleries. S’il y a une chose que je regrette sincèrement, c’est qu’il nous ait fallu si longtemps avant de représenter une telle relation dans un de nos récits.

Pour finir, je voudrais citer des propos incroyablement touchants, que nous a envoyés un ancien membre de l’équipe de Korra, à Mike et à moi. Il s’agit d’une personne profondément croyante, qui consacre énormément de son temps et de son énergie, non seulement à sa foi, mais également à aider les jeunes. Ses convictions ont beau être radicalement différentes des miennes, je trouve réconfortant, encourageant de voir que, concernant ce sujet, nous nous rejoignons sur une note positive et progressive :

« J’ai lu suffisamment de retours pour me rendre compte de l’impact que cela a pu avoir sur le public. Un article particulièrement bien écrit, publié dans Vanity Fair, a parlé d’une conclusion subversive (dans le meilleur sens du terme, bien sûr)… Pour ma part, je parlerais d’une “guérison”. Je pense que votre finale aura apaisé nombre de personnes se sentant mises à l’écart, sur la touche, ou ayant l’impression que leur amour et leur parcours paraissent moins authentiques, moins précieux que d’autres… qu’ils seraient moins valables, d’une certaine manière. Je connais pas mal de gens dans cette position, qui ont porté ce fardeau toute leur vie, et avec ce simple épisode, vous les avez à la fois soulagées et adoubées. Pour moi, c’est un apaisement. »

Amitiés,

Bryan

 

Korrasami confirmé

Maintenant que le dernier instant partagé par Korra et Asami a fait son chemin, le moment me semble bien choisi pour exprimer mon sentiment à son sujet. J’ai préféré ne rien dire dans un premier temps, afin que le public puisse découvrir le finale de lui-même.

Les thèmes principaux de l’univers d’Avatar ont toujours tourné autour de l’égalité, la justice, l’acceptation, la tolérance, et l’équilibre entre différentes conceptions du monde. De façon subtile (et parfois peut-être pas si subtile), Avatar et La Légende de Korra traitent de sujets aussi durs que le génocide, la maltraitance sur enfant, le décès d’êtres chers, et le stress post-traumatique. Lorsque Joanna Robinson a parlé dans Vanity Fair d’une série subversive, je l’ai pris comme un compliment. Il m’arrivait d’être moi-même surpris de la liberté avec laquelle nous pouvions explorer des thématiques aussi sombres sur une chaîne pour enfants. Même s’il n’a jamais été question de faire une série « à message », nous nous sommes toujours efforcés, Bryan et moi, de traiter les sujets les plus difficiles avec tout le respect et la gravité qu’ils méritent.

Au fil des ans, nombre de fans nous ont rapporté, en personne ou en ligne, combien Avatar et Korra avaient pu influencer positivement leur vie ou les aider à vaincre des écueils dans leur existence. Je suis toujours profondément ému lorsqu’ils partagent avec nous leurs expériences personnelles, et vous me voyez comblé si mon goût pour les histoires a pu les aider ne serait-ce qu’un peu. Même si la vocation première d’Avatar et de Korra est de vous charmer et vous divertir, cet univers et ses personnages entrent également en résonance avec notre humanité la plus profonde, quels que soient notre âge, genre, race, religion, culture, nationalité, ou orientation sexuelle.

Pour la scène finale, notre intention était d’exprimer aussi clairement que possible que oui, Korra et Asami éprouvent des sentiments amoureux l’une pour l’autre. L’instant où elles pénètrent dans le portail spirituel symbolise leur passage du statut d’amies à celui de couple. Nombre de magazines, bloggeurs et fans ont saisi le message, sans ambiguïté aucune. De manière générale, cette scène semble avoir rempli son office sans qu’il soit nécessaire d’y ajouter quelque commentaire de la part de Bryan ou de la mienne. Mais au cas où certaines personnes s’interrogeraient encore sur ces derniers instants, je tenais à faire une déclaration écrite claire en complément de celle, visuelle, de la série. J’ai conscience que tout le monde ne sera pas satisfait de cette conclusion. Rares sont les finales de série, quelle qu’elle soit, à pouvoir satisfaire les fans, aussi ai-je été agréablement surpris par tous les articles et billets positifs que j’ai pu lire au sujet du finale de Korra.

J’ai déjà lu des témoignages aussi incroyables que réconfortants sur l’importance de ce moment pour la communauté LGBT. Là encore, ces extraordinaires déclarations de soutien à la série me touchent profondément. Pour citer Tenzin, « la vie est un périple sacrément mouvementé ». Et si, en présentant Korra et Asami comme un couple, nous avons pu contribuer à rendre ce périple ne serait-ce qu’un tout petit peu plus harmonieux pour certains, alors je suis fier de tenir mon rôle, aussi modeste soit-il. Merci de m’avoir lu.

(Michael Dante DiMartino)

 

La Légende de Korra est pour toute ces raisons une oeuvre magistrale qui impose dorénavant de nouveaux codes sur la représentation des personnages LGBT dans un programme jeunesse.
Michael Dante DiMartino et Bryan Konietzko ont fait bien plus que de nous offrir une série d’exception, ils ont montré l’exemple à suivre, ils ont ouvert une porte, ils ont ouvert la voie, ce que l’on peut sans doute appeler désormais, la voie de Korra.

Pour plus d’informations sur le sujet, voici une liste de sites ayant parlé de ce final fantastique :

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Et si 2012 était l’année des héroïnes ?


Trois exemples pour justifier ma question (mais il y en a surement d’autres) :

  • The Hunger Games qui est en train de faire un méga carton et dont le rôle principal est tenu par une femme. Je crois que l’on avait pas vu ça depuis la saga Alien (non non ne me parlez pas de Twilight s’il vous plait). Je n’ai pas encore vu ce film, je le verrai le week end prochain. Si vous l’avez vu dites moi ce que vous en pensez. A vrai dire j’ai beaucoup d’espoir mais aussi beaucoup de craintes à son sujet, car du haut de mes 35 ans je suis malheureusement devenue un peu intransigeante, pas de là à appliquer le test de Beshdel à chaque film que je regarde, mais quand même. Mais ce qui est sûr c’est qu’à l’heure actuelle son tout jeune succès me fait plaisir.

  • Le prochain Pixar se nomme Brave (Rebelle en vf), et il va être fabuleux je le sens. Je sais je me répète mais montrer aux mistinguettes (et aux petits loulous également) des personnages féminins forts auxquels elles peuvent s’identifier, c’est aller de l’avant dans notre société. Oui oui rien que ça.
  • Parallèlement, et ce sera peut-être la bonne surprise de l’année, la télévision n’est pas en reste il suffit de lorgner du côté de la série animée The Legend of Korra, qui est la suite d’Avatar, le dernier maître de l’air et qui est sur le point de démarrer. 70 ans après les évènements d’Avatar les aventures de l’héritière d’Aang présagent de très bon moments, et peuvent être aussi attendus que les futurs épisodes de Young Justice.

Et l’année est loin d’être terminée…

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