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Tokyo Ghost : La review de Julien Lordinator


Rapide review  : Tokyo Ghost Tome 1, Éden Atomique

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Rick Remender c’est un peu beaucoup le scénariste qui a le vent en poupe en ce moment : Ses prestations remarquées chez Marvel l’ont introduit et désormais, il est l’un des auteurs les plus adulés, notamment grâce à des creator-owned ayant un succès à la fois critique et financier, ce qui a pour effet que même chez nous, la plupart de ses créations sont publiées, parmi lesquelles Tokyo Ghost, publié il y a quelques mois dans notre beau pays par Urban Comics. Est-ce que ce fantôme tokyoïte vaut le détour ? Réponse maintenant.

My fall will be for you
My love will be in you
If you be the one to cut me
I’ll bleed forever

Nightwish – Ghost Love Score (Once – 2004)

Le futur dans Tokyo Ghost n’a rien de réjouissant : Rongés par la crise, les humains se sont réfugiés dans des univers virtuels et l’humanité est devenue accro aux vidéos virales (de chats), la pornographie, les séries télévisées et faire le buzz est maintenant la seule et unique motivation de millions de personnes. Tout est dirigé et contrôlé par un consortium appelé Flak Corp qui dirige d’une main de fer le flux des informations maintenant directement envoyé dans la tête de leurs consommateurs au travers d’appareillages de plus en plus perfectionnés.

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Led et Debbie sont les policiers de Flak Corp, chargés de traquer les cybercriminels pour le compte de la multinationale. Mais Led et Debbie sont également un couple dans la vie que tout sépare : Led est accro à la technologie au point d’être devenu un véritable zombie à peine conscient du monde qui l’entoure tandis que Debbie est une no-tech, vierge de toute technologie, c’est encore une humaine à part entière. Mais Debbie est toujours follement amoureuse de Led, s’accrochant au souvenir de celui-ci avant qu’il ne devienne accro à toute la technologie de Flak Corp.
Durant une de leurs enquêtes, le couple est forcé de se rendre à Tokyo, bastion imprenable et inconnu, réputé comme étant le dernier endroit au monde encore vierge de toute technologie.
Ce lieu va à jamais changer la vie de Led et Debbie, dans tout les sens du terme…

Tokyo Ghost c’est donc le dernier comic écrit par Rick Remender et honnêtement, si vous ne l’avez pas encore lu, faites-le ! Finement écrit, Remender commence par nous présenter un monde qui se révèle être un triste reflet exacerbé de ce que notre société est au fur et à mesure en train de devenir, esclave de la technologie, drogué aux réseaux sociaux et à l’internet en général.
Effrayante mais lucide, cette vision de Remender est assez impressionnante et amère… Les deux héros quant à eux sont très attachants et attirent d’emblée une certaine pitié, presque de la compassion : Entre Led, géant à peine vivant, réfugié dans un monde imaginaire et Debbie, amoureuse transie nostalgique réfugiée dans un autre monde imaginaire, celui de ses souvenirs, impossible de ne pas se reconnaître dans un ou deux de ces personnages, assurément touchants, aux sentiments et émotions qui nous touchent forcément. Un véritable travail d’écriture particulièrement réussi de la part de Remender qui s’impose une fois de plus comme un des scénaristes les plus doués du moment.

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Aux dessins, Sean Murphy prouve lui aussi une fois de plus (si il en était encore besoin) sa maîtrise des environnements complexes, le tout renforcé par son trait caractéristique si dynamique. Chaque planche est une explosion de détails, de couleurs (chapeau bas au coloriste Matt Hollingsworth d’ailleurs), ses personnages sont très caractérisés sans être caricaturaux et à chaque fois impressionnants : La première apparition de Kazumi, la dirigeante de Tokyo est par exemple une planche sublime, presque un poster. Un travail remarquable de la part de l’artiste, qui force le respect.

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Pour ce qui est de l’édition française, Urban ne s’en sort pas mal avec une bonne traduction et en bonus de l’album toutes les couvertures originales ainsi que quelques croquis de recherche de Sean Murphy. L’éditeur a également eu la bonne idée de proposer l’album en deux versions différentes : Une en couleurs et une autre en noir et blanc, permettant ainsi de profiter du travail du dessinateur de façon plus brute. Une bien bonne initiative.

Ce premier tome de Tokyo Ghost est donc une vraie bonne surprise : Intelligent, touchant, plein d’action débridée et supporté par des dessins sublimes, c’est une lecture plus que recommandable, voir quasiment obligatoire, pour tout fan de comics et même de bande dessinée qui se respecte.
Un nouvel incontournable, dont j’attends avec beaucoup d’impatience la suite.

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Tokyo Ghost Tome 1, Éden Atomique de Rick Remender, Sean Murphy et Matt Hollingsworth disponible en France depuis le 27 mai 2016 chez Urban Comics dans la collection Urban Indies.

 

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The Wonder Year


2016 sera l’année Wonder Woman ou ne sera pas.

La présence de l’Amazone (dont on ne sait toujours pas quelle sera exactement son importance ni son impact) dans le film Batman V Superman : Dawn of Justice fait bouger les choses outre atlantique mais aussi chez nous, à commencer par un plan marketing bien avisé à destination des jeunes filles avec le programme DC Super Hero Girls (j’en ai déjà fait allusion, et j’en reparlerai encore bientôt) et sa collection de figurines/livres jeunesses/Lego à son effigie parmi d’autres héroïnes, outre les visuels partagés sur les réseaux sociaux et faisant référence au film lui-même, où l’on a pu se rendre compte de manière assez intéressante du design du costume, avec des détails qui donnent pour le moment assez confiance, il faut le reconnaître.

Tous les fans de Wonder Woman savent que tomber amoureux de cette héroïne c’est avant tout faire face, à son image et depuis sa création, à d’innombrables menaces tout aussi dangereuses et impitoyables qu’Ares, Cheetah ou Circé, on citera actuellement les noms de Dan Didio et du couple Finch pour en faire echo de manière strictement éditoriale, mais également via des histoires beaucoup plus sordides d’harcèlement au sein même de l’équipe des ressources humaines de DC, comme l’explique Alex de Campi, version soutenue par l’éditrice Janelle Asselin.
Fort heureusement comme chacun le sait, Wondie fini toujours par s’en sortir et s’en relever d’autant plus majestueuse, puissante, et immaculée.

Ainsi, suite à la fin honteuse de la série numérique Sensation Comics Featuring Wonder Woman prévue pour décembre et qui s’apparentait le plus à l’Esprit de notre héroïne (Le dernier numéro est une histoire écrite par Trina Robbins, ironiquement un bien triste hommage, quand on sait qu’elle aura attendu cinq ans avant que son histoire soit enfin publiée), on ne pouvait que s’attendre au pire pour ces prochains mois, entre une exploitation bidon sur la série actuelle, et une version cinématographique encore trop floue pour ne pas faire allusion à son incarnation de chair et (surtout) d’os de la comédienne préposée au rôle.

Alors oui, je ne vous le cache pas, le contexte est assez morose quand on y pense, et pourtant l’esprit combatif de l’amazone qui sommeille en moi ne peut que voir de l’avant et profiler de beaux moments pour l’année à venir, à commencer par une mini-série de 9 numéros en Digital First (comme l’actuel DC Comics Bombshells) intitulée Wonder Woman ! The Legend of Wonder Woman, orchestrée par un couple qui, contrairement à un autre, correspond parfaitement à la tâche qui lui est incombée : je veux parler de Renae De Liz, et Ray Dillon, dont on attend encore avec fébrilité leur version de Peter Pan.
Ce projet prévu pour le mois de janvier va vraisemblablement explorer la jeunesse de Diana, sujet abordé bien sûr de nombreuses fois, tant dans les comics classiques que dans ses supports beaucoup plus modernes, comme l’explique ce résumé traduit par les bons soins de l’équipe de DC Planet :

Au commencement, il n’y avait que le chaos. Mais la Reine des Amazones Hippolyta, aperçoit un meilleur futur – et sa fille devrait au final amener ce nouveau monde à la vie. Mais avant d’accomplir sa destinée, Diana de Themyscira doit apprendre les leçons importantes données par une enfance d’Amazonienne !

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Personnellement j’ai toujours rêvé un jour voir Renae De Liz œuvrer sur une série consacrée à Wonder Woman. J’espère de tout cœur que cette version de l’Amazone ne soit pas sa dernière.

2016 marquera également la publication du Wonder Woman : Earth One de Grant Morrison et Yannick Paquette prévu pour le mois d’avril et dont je vous ai largement fait l’écho, il ne manquait plus qu’Urban Comics, qui après 4 ans d’existence « ose », que dis-je, ait le vibrant courage de consacrer (après des rééditions de séries publiées au préalable par Panini qui pouvaient largement attendre) enfin une anthologie dédiée à notre héroïne, après Batman, Superman, Jack Kirby, Flash, le Joker, les Super-Vilains, et les Super-Gentils…
Je n’ose pas imaginer le laps de temps qui aurait pu encore s’écouler sans que l’on s’intéresse vraiment à elle si une série de films n’était pas en projet la concernant…

Voici donc ce qu’Urban Comics propose pour son anthologie consacrée à Wonder Woman, prévue pour le 11 mars 2016 :
Wonder Woman #1, Wonder Woman #7, Wonder Woman #28, Wonder Woman #99, Wonder Woman #107, Wonder Woman #179, Wonder Woman #204, Wonder Woman #288, Wonder Woman V2 #1, Wonder Woman V2 #93 (avec Artemis en WW et Mike Deaodato dans toute sa splendeur), Wonder Woman v2 #113, Wonder Woman v2 #142, Wonder Woman v2 #177, Wonder Woman v2 #195, Justice League: New Frontier Special, Wonder Woman v5 #0 (sans doute le meilleur numéro d’Azzarello et Chiang), Sensation Comics Featuring Wonder Woman #1 (écrit par Gail Simone), Sensation Comics Featuring Wonder Woman #7 (un autre excellent épisode, celui-ci illustré par Marguerite sauvage).
Un panorama qui se veut être bien exhaustif concernant l’héroïne, et qui l’est, soyons encore une fois bien honnête. Mais sacrebleu, ne nous contentons pas par pitié que de ça. Il existe tellement d’arcs magistraux écrits par les plus grands, et tout autant de one-shots inscrits d’une pierre blanche dans l’histoire des comics en ce qui la concerne.

En bref, existera t’il un moment où nous ne serons plus obligées de chouiner afin d’obtenir une série mettant en avant une héroïne de premier ordre au même titre que ses comparses masculins ?

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The Gotham Club


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Rares sont les séries qui arrivent encore à m’enthousiasmer parmi les publications de l’éditeur DC Comics, pourtant chères à mon cœur il n’y a pas si longtemps, à une époque où les super héros avaient encore un statut d’icone, et où les titres plus confidentiels ou du reste plus pointus appartenaient à un label dédié à cet effet (en l’occurrence Vertigo). Chaque chose avait ainsi sa place, et tout en respectant ses personnages historiques, DC arrivait également à donner sa chance à des auteurs parfois singuliers.
Si la Distinguée Concurrence vit actuellement une crise majeure où l’on parle d’un manque à gagner de près de 2 millions de dollars cette année, la première chose qui me vient à l’esprit est de penser que quelque part, c’est bien fait pour eux. Comment en effet ne pas avoir une pensée pour Jenette Kahn qui a mis tant de temps à construire une réelle identité pour cette compagnie à travers des personnages hauts en couleurs, des séries cultes, et une confiance absolue envers des artistes souvent influencés par ce qui se passaient tout autour d’eux.
Qu’en est-il aujourd’hui ? En à peine 6 ans, le long travail de Kahn puis celui de Paul Levitz aura été complètement balayé jusqu’à obtenir une maison d’édition sans aucune réelle identité, un comble pour une compagnie évoluant dans un contexte aussi concurrentiel et dépendant de l’image de la retombée commerciale de ses produits.

Capitalisant ainsi jusqu’à outrance sur le succès de tout ce qui concerne le Bat-univers, et dans un soucis de s’adapter (enfin) à un lectorat beaucoup plus hétéroclite que prévu, DC se met en 2014 à sortir un peu son nez d’une phase éditoriale focalisée sur le Grim and Gritty entamée en 2011, métamorphosant Batgirl en une héroïne super tendance, replaçant Dick Grayson en référence crypto gay, et s’intéressant enfin à un public beaucoup plus jeune avec Gotham Academy, car sait-on jamais, il se peut que les nouvelles générations aient elles aussi envie d’acheter des comics.

Désolée pour cette longue introduction mais j’en avais gros sur la patate, c’est tellement rageant de voir son éditeur historique préféré partir autant en couille, l’annonce de l’annulation de Sensation Comics Featuring Wonder Woman (une excellente série où l’on retrouve chaque semaine toute la splendeur et la noblesse de la guerrière amazone, telle que l’aurait souhaité William Moulton Marston, contrairement au foutage de gueule publié chaque mois et orchestré par le couple Finch) étant la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Gotham Academy #1 (2014) - Page 12Je disais donc, Gotham Academy fait partie de cette nouvelle vague apparue il y a pratiquement un an, influencée sans doute par le succès et l’engouement de séries telles que Ms Marvel, Spider-Gwen ou Lumberjanes chez la concurrence.
Co-écrit par Becky Cloonan et Brenden Fletcher, cette série se déroulant dans l’univers du Chevalier Noir (il y fait d’ailleurs quelques apparitions) et se voulant être à mi-chemin entre Harry Potter et The Breakfast Club, nous raconte l’histoire d’une bande de jeunes adolescents enquêtant sur les mystères de leur école, où fantômes et créatures gothiques sèment le trouble dans la vie parfaitement organisée d’une institution aussi prestigieuse.
Loin d’être original, (Le club des cinq, Buffy et son Scooby Gang, tout comme Martin Mystère ne pourront qu’acquiescer), le scénario se repose surtout comme c’est souvent le cas, sur la fraîcheur et l’énergie provenant de ses personnages, en l’occurrence ici de ses deux héroïnes principales à la fois très différentes et complémentaires nommées Olive et Maps dont on arrive à s’attacher dès les premières pages.

L’intrigue est dans le premier tome, vécue du point de vue d’Olive Silverlock, une jeune fille au passé trouble et personnifiant à merveille les affres de l’adolescence où la perte définitive de l’innocence coïncide souvent avec l’éclosion des premiers sentiments amoureux qui peuvent s’avérer parfois complexes…
S’oppose à elle la pétillante Mia « Maps » Mizoguchi, d’un an sa cadette, et sœur de l’actuel ex petit ami d’Olive. A la fois aventurière, bout en train et naïve, elle est surtout passionnée de cartographie, jusqu’à en étudier les édifices de la Gotham Academy dans ses moindres recoins, une ressource qui s’avérera très utile pour les futures explorations de la bande.
A ce duo bipolaire, va se joindre l’antipathique Pomeline Fritch et son petit ami Heathcliff, tous les deux férus de sciences occultes, ainsi que Colton Rivera, un élève perturbateur et dealer de feux d’artifices.
La première enquête de cette équipe de choc se portera sur le fantôme de Millie Jane Cobblepot que certains élèves sont persuadés d’avoir vu hanter les murs de l’école, et tout le long de celle-ci, nos héroïnes principales vont être amenées à rencontrer des personnages bien connus du Bat-verse, tel que Killer Croc, aussi touchant qu’on a pu le voir dans le 21ème numéro de Batwoman illustré par Franceso Francavilla.

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Vous l’aurez compris, Gotham Academy est bel et bien une série à suivre pour de nombreuses raisons : Grace à la dynamique d’un duo imparable, un scénario qui malgré quelques maladresses s’en sort plutôt pas mal, sans parler d’une ouverture envers un public résolument jeune, détail demeurant au final des plus importants.
On ne peut que souhaiter d’une belle longévité à cette série, en dépit de la tourmente donc est actuellement victime DC Comics, d’autres titres du même acabit étant en effet sujets à annulation…

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Gotham Girls : la review de Julien Lordinator


Rapide Review : Gotham Girls

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La série animée Batman de Paul Dini et Bruce Timm, tout le monde la connait, à tel point que même s’il y en a eu d’autres depuis, on sait tout de suite que lorsque l’on parle de LA série animée Batman, c’est souvent de celle-ci qu’il est question. Elle a marqué les esprits de part sa qualité indéniable : Son style graphique reconnaissable entre tous, son écriture résolument plus mature pour l’époque et son aspect fondateur de ce que l’on appelle désormais le DC Animated Universe. Mais il y avait un point sur lequel (parmi d’autres) elle était résolument novatrice, c’était sa mise en avant des personnages féminins : De Batgirl à la désormais incontournable Harley Quinn en passant par Catwoman et Poison Ivy, les femmes de la série animée Batman étaient loin d’être des faire-valoir ou des personnages secondaires, elles étaient soit de véritables alliées ou de véritable menaces. C’est justement sur elles que revient cet album résolument bien titré Gotham Girls, « Les filles de Gotham », ce qui est plutôt bien puisque ce blog est consacré aux filles et aux comics.

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Avec le succès de la série animée, il était donc inévitable que DC Comics surfe sur la vague et publie une version papier de la série animée. Ce sera chose faite dès octobre 1992 avec le magazine The Batman Adventures qui durera 36 numéros et sera publiée jusqu’en octobre 1995 suivie directement par Batman and Robin Adventures qui durera 25 numéros de novembre 1995 à décembre 1997. Les deux séries seront ponctuées par des numéros spéciaux et quelques mini-séries et c’est justement à ces appendices consacrés aux personnages féminins que ce Gotham Girls s’intéresse.

Gotham Girls contient donc un one-shot et deux mini-séries, mettant en vedette les figures féminines récurrentes de la série animée Batman, à savoir Batgirl, Harley Quinn, Poison Ivy, Catwoman et Renee Montoya.

3La première histoire est donc le one-shot Batgirl Adventures originellement publié en février 1998. Au scénario on retrouve l’indéboulonnable Paul Dini et aux dessins Rick Burchett.
L’histoire commence alors que Harley Quinn s’introduit sur le toit du commissariat de Gotham en pleine fête de noël. Batman et son acolyte étant « occupés », c’est Batgirl qui se charge de l’arrêter. Il s’agit en fait d’un façon pour Harley Quinn d’attirer l’attention d’un des justiciers de Gotham : Poison Ivy a été enlevée, elle a besoin d’aide pour la délivrer et c’est sur Batgirl que ça tombe…

En terme de scénario, on a là un des schémas typiques de la série animée, à savoir une course poursuite dans Gotham suivie de plusieurs scènes de bagarres et d’un twist final, ça reste certes classique mais toujours aussi efficace. L’aspect le plus marquant, c’est que Paul Dini se permet plus de libertés avec la caractérisation de ses personnages, notamment sur l’ambiguïté de la relation entre Harley Quinn et Poison Ivy.
Visuellement, Rick Burchett copie à la perfection et avec efficacité le style de Bruce Timm : On est donc en terrain connu, pas de surprises de ce côté-là.

Batgirl Adventures est donc une histoire drôle et rythmée, qui se lit vite et en profite au passage pour développer les relations entres Harley Quinn et Poison Ivy voir Batgirl et Supergirl au travers d’une private joke bien sentie.

5La seconde partie est une mini-série en 5 épisodes nommée… Gotham Girls ! Publiée en parallèle de la web série du même nom d’octobre 2002 à février 2003, elle met en vedette les 5 femmes fortes de la série animée Batman que j’ai cité plus haut.
Tout commence par Catwoman, la voleuse ayant était missionnée pour voler un engrais expérimental, ce qui n’est pas du goût de Batgirl qui va tenter de l’arrêter, Batman et Robin étant une fois de plus « occupés » ailleurs (décidément…). Qui dit engrais dit Poison Ivy et qui dit Ivy dit Harley Quinn et c’est bientôt à une course poursuite à 4 sur les toits et dans les rues de Gotham que vont se livrer les femmes masquées. Pendant ce temps, Renee Montoya mène l’enquête de façon plus classique, mais sa route va forcément croiser celle des autres furies embringuées dans cette histoire.
Gotham Girls est à l’image de la web série dont elle est tirée, à savoir une histoire qui va à cent à l’heure, dynamique et drôle mais qui n’étant pas limitée par son format de deux minutes (la durée de la plupart des épisodes de Gotham Girls) se permet donc de plus développer son intrigue et ses personnages, une manière de faire durer le plaisir en quelque sorte.
Au scénario on a un autre Paul, à savoir Paul Storrie et aux dessins Jennifer Graves qui une fois de plus copie le style de Bruce Timm mais en y apportant une petite touche personnelle, notamment des visages plus détaillés et un trait un peu plus rond. Cerise sur le gâteau, les reproductions des couvertures originales de Shane Glines et Rian Hughes entre chaque épisode, toutes plus belles les unes que les autres.

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Malgré ses 5 épisodes, Gotham Girls se lit très vite et d’une traite, l’action y est quasiment ininterrompue et le charme et l’humour des héroïnes est particulièrement rafraîchissant, du tout bon qui même si le récit ne réinvente pas la roue, se lit avec plaisir.

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Enfin, l’album se conclu par une autre mini-série, consacrée cette fois-ci exclusivement à Harley Quinn et Poison Ivy. Nommée Batman : Harley and Ivy et signée par le tandem original de la série animée, à savoir Paul Dini au scénario et Bruce Timm aux dessins, cette mini-série en 3 numéros fut publiée entre juin et août 2004.
Encore une fois on revient au schéma scénaristique cher à Bruce Timm avec pour commencer un vol : Poison Ivy a entendu parler d’une plante zombie et veut la voler pour en synthétiser la formule et se l’approprier. Accompagnée par Harley Quinn, elle tente de la voler mais après une course poursuite sur les toits de Gotham, la maladresse d’Harley Quinn fini par faire échouer le vol et pousser les deux femmes dans les bras de Batman qui les envoie directement à Arkham… Furieuse après Harley, Poison Ivy réussi malgré tout à s’évader de ce gruyère qu’est Arkham (je ne sais pas si un jour cette institution va réussir, quelque-soit la série, à maintenir plus de 2 ou 3 épisodes un criminel dans ces murs…) et Harley profite du chaos pour la suivre. Les deux femmes font alors route vers l’Amérique du Sud, sur la piste de la fameuse plante zombie.

6Des trois histoires proposées dans ce recueil, c’est sans conteste celle que j’ai préféré : L’atout majeur c’est sans conteste Bruce Timm, au top de sa forme, qui signe des planches splendides sur lesquels son style fait de véritables miracles : On est immédiatement de retour dans l’ambiance de la série animée, voir mieux, son style ayant évolué depuis 1992. Au niveau de l’histoire, Paul Dini se permet plus de choses que dans la série animée, notamment sur la relation ambiguë liant Harley et Ivy, multipliant les élans d’affection de l’une vers l’autre, des scènes plutôt « chaudes » avec notamment un recours régulier aux scènes de douches et en les faisant apparaître en petite tenue (1).

Très drôle, gentiment sexy, burlesque et dynamique, Harley et Ivy est un récit maîtrisé de bout en bout, prouvant la maîtrise qu’ont encore les deux créateurs originels sur l’univers qu’ils ont créés 12 ans plus tôt, un must read, tout simplement.

Gotham Girls est donc un très bon moyen pour retrouver avec plaisir l’univers de la série animée Batman. En lisant ce recueil, je me suis même rendu compte que malgré son âge (23 ans déjà !), cet univers n’a pas pris une ride et reste une véritable référence, aussi bien en terme de scénario que d’aspect graphique. Donc si comme moi vous voulez retrouver cette ambiance et cet univers (ou même le faire découvrir) de façon originale et différente, comprenez sans forcément y voir Batman en permanence, Gotham Girls est fait pour vous.

Gotham Girls, disponible depuis le 13 mars 2015 chez Urban Comics dans la collection Urban Kids.

(1) D’ailleurs si le côté sexy du style de Bruce Timm vous intéresse, je ne saurais que trop vous conseiller son artbook The Good Girl Art of Bruce Timm, absolument sublime.

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Angoulême 2015 : Rencontre Internationale avec les auteurs d’Urban Comics


Il fallait être matinal ce samedi 31 janvier pour assister à cette conférence organisée par l’équipe d’Urban Comics à la salle Nemo du Vaisseau Moebius d’Angoulême, mais au regard des noms des intervenants, je n’avais aucune excuse de ne pas m’y rendre.
Jugez plutôt, Fiona Staples, Brian K. Vaughan, Wes Craig, Matteo Scalera, Scott Snyder et Sean Murphy réunis tous ensemble pour parler de leur carrière chez Image Comics (et dont les travaux respectifs sont publiés chez Urban) pendant plus d’une heure.
J’imagine que d’autres personnes ont filmé cette conférence avec je l’espère un meilleur rendu, et se seront fait la joie d’y inclure une traduction pour pouvoir la partager dans les semaines à venir. En attendant voici ce que j’ai pu filmer sur place, et je peux dire que le fait de se retrouver en face d’une telle brochette d’auteurs me laisse encore, quand je vois ces images, dans un état second.

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Le Girl Power d’Urban Comics


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Il y a deux ans et demi, j’écrivais un billet enjoué sur l’entrée en scène d’Urban Comics dans le monde cruel et ultra concurrentiel de l’édition de la BD US dans l’hexagone, sur le fait que j’appréciais déjà la direction que l’éditeur avait osé prendre, et l’encourageais modestement à tenter de publier des séries incluant des personnages féminins.
Au départ dépendant de la ligne éditoriale des New 52, pour ce qui est des titres les plus actuels et les plus commerciaux (BATMAN, TANANANANANANANA BATMAN), Urban a su rapidement  éditer ou rééditer  des classiques déjà disponibles chez Panini mais dans un format plus respectable (c’est à dire avec l’intégralité des cases publiées, ça parait très con comme ça, mais ça reste important).

Toutefois, malgré toute la bonne foi de cet éditeur (qui est dépendant d’un  nombre incalculable de facteurs dont nous sommes sans doute incapables de connaitre les tenants et les aboutissants), il restait une catégorie à peine timidement abordée qui méritait d’être prise en compte, au risque de faire un flop total : je vous le donne en mille, une présence forte et assumée des DC Girls dans le paysage des publications françaises.
En dehors des titres parus en librairie et en kiosque où étaient réunies les versions New 52 de ces personnages (plus ou moins sexistes, ou intéressantes, et où seules Batwoman et Wonder Woman sortaient vraiment du lot), on ne pouvait compter que sur la « prise de température » Power Girl (grâce aux traits d’Amanda Conner, déjà visibles et appréciés sur Before Watchmen : Silk Spectre) afin de voir si oui ou non il y avait un public réceptif à ce genre de publication.

Et voici que cette semaine, la branche comics de Dargaud nous a dévoilé deux sorties des plus inattendues et des plus appréciables pour les mois de février et mars 2015, à savoir Batgirl Year One (c’est marrant, j’en parlais il n’y a pas si longtemps !) et Les Filles de Gotham qui réuni Gotham Girls #1-5, Batgirl Adventures #1, et Harley & Ivy #1-3.
Urban
prend donc deux valeurs sures pour négocier une présence un peu plus marquée des héroïnes DC dans son catalogue, c’est un bon début, mais qui reste timide lorsque l’on sait que l’Univers DC est quand même réputé pour avoir publié des séries ou mini-séries féminines de très grande qualité (sans parler des one-shot).

J’espère que cette belle initiative va perdurer et se développer, les réactions à ces deux annonces ont d’ailleurs été très positives sur les réseaux sociaux, ce qui prouve quand même qu’il était temps de faire quelque chose.
Et vous ? Quelles séries féminines voudriez-vous voir être publiées par Urban Comics ?

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En attendant Batwoman


Parce qu’il y a des rubriques qui ne peuvent cesser d’exister tellement mon amour pour cette héroïne est grand et sans concession, voici la preview que propose Urban Comics pour la sortie du Tome 3 de Batwoman version française et intitulée L’Elite de ce monde (World’s Finest en VO) et qui fini par une Putain de bien belle image. Oui oui, je veux bien sûr parler du fameux Marry me Mags dont on ne verra jamais l’accomplissement…
Mais bon… contentons-nous de retenir ces pages somptueuses, hallucinantes comme seul un JH Williams III est capable de produire, et de ce crossover jouissif et dantesque aux côtés de Wonder Woman que j’ai eu le grand plaisir de vous faire partager à l’époque dans mes reviews.

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