Archives de Tag: Women in comics

Paye ton Hashtag


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, , , peu importe la façon dont ils sont diffusés sur les réseaux sociaux actuellement (et sur Twitter principalement), voici autant de messages envoyés qui prouvent que malgré tous les trolls, les ignorants et les vrais trous du cul gens aux intentions plus que douteuses, il existe un vrai mouvement de solidarité entre les divers protagonistes qui évoluent dans le milieu des comics et ceux qui les consomment.

J’ai l’impression dans ce genre d’exercice de m’auto-parodier, d’où mon manque désormais de réactivité à chaud envers toutes ces actualités.
Je préfère bien plus lire les opinions et les prises de position de chaque point de vue, mais finalement ce que j’en ressors c’est que ces Hashtags sont des centres de ralliement, un peu lorsque vous faites un exercice de simulation d’incendie à votre travail et que vous devez rejoindre le même endroit que les autres, peu importe le chemin utilisé.
C’est une question de survie.
Vous devez vous rassembler. Vous devez exprimer que vous êtes solidaire tout simplement parce que vous ressentez la même chose que la personne qui a lancé ce symbole.

Et la Cause est d’autant plus importante qu’elle est pacifique. Parmi tous ces Hashtags je n’ai pas eu l’occasion de lire un message haineux ou inapproprié. On ne peut malheureusement pas en dire autant de la partie adverse.
Les réseaux sociaux sont effectivement le terrain propice à diverses joutes verbales, celle-ci balayent très facilement d’un revers de main la vraie problématique : Quand cesserons-nous de payer, de subir le fait d’exister tels que nous sommes ?

Le dernier Hashtag en date, , prône et incite la visibilité des artistes féminines dans l’industrie des comics en incluant tout autant les amatrices que les personnalités confirmées. Et c’est une excellente chose.
Cette initiative n’est pas nouvelle, par exemple le recueil Womanthology agençait justement à merveille les participations professionnelles et débutantes.
Je l’ai déjà dit des dizaines de fois, Internet a ce merveilleux atout de faire connaitre des artistes féminines, de véritables stars en devenir, grâce notamment aux réseaux sociaux.
Mais heureusement quelque part cela ne suffit pas. En effet peu importe le genre, c’est le talent, la capacité d’un artiste à apprendre et à évoluer qui prime, selon moi.

Ces Hashtags n’ont nul autre but que de faire prendre conscience que dans un milieu patriarcal et hétéronormé quel qu’il soit, les femmes et les LGBT vont devoir se motiver et se soutenir pour réussir, ou même ne serait-ce qu’aller de l’avant un jour de plus.

One More Day.

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Women of Image


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Alors que l’éditeur Image Comics est sur le point de fêter ses 25 printemps (à ce propos je vous invite à jeter un œil sur le documentaire The Image Revolution réalisé en 2013, qui retrace la genèse et les grandes étapes de cette maison d’édition hors du commun), celui-ci a prévu de proposer tout au long de l’année à ses lecteurs plusieurs séries de couvertures variantes sur une thématique précise.
C’est celle du mois de mars qui nous intéresse plus particulièrement ici, car elle correspond à la Women’s History Month, un événement célébré chaque année dans certains pays Anglo-saxons (plus précisément les Etats Unis, le Royaume Uni, et l’Australie) et qui se développe bien évidemment autour du 8 Mars, Journée Internationale du Droit des Femmes.

Ces variant covers vont donc mettre en avant les personnages féminins d’Image, telles que Mao Xiaolian l’héroïne d’East of West, La Morrigan de The Wicked + The Divine, l’irrévérencieuse équipe de Rat Queens, sans oublier Magdalena (qui signe son grand retour), ainsi que celles présentes dans Royal City, Low, Motor Crush, Monstress, Moonshine, She Wolf, Old Guard.
Qui plus est, l’éditeur a également fait appel à des artistes féminines pour œuvrer sur ces couvertures, on retrouvera ainsi Nicola Scott, Colleen Doran, Jill Thompson (avons-nous besoin de les présenter ici ?), Leslie Hung (SNOTGIRL), Roberta Ingranata (Robyn Hood), Sanya Anwar (1001), Chynna Clugston-Flores (Queen Bee), Meredith McClaren (Heart in a box), ou encore Emi Lenox (EmiTown).

L’intégralité des recettes générées par l’achat de ces couvertures variant va être redistribuée au Planned Parenthood, l’un des principaux regroupements de planification familiale aux États-Unis fondé par  Margaret Sanger et Ethel Byrne (maman d’une certaine Olive…), et qui est actuellement, vous le savez peut-être, dans la ligne de mire de l’administration Trump.
Pour Corey Murphy, directeur des ventes chez Image, « Les femmes ont parcouru un long chemin dans ce pays, et les progrès qui ont été faits sont grâce aux efforts du Planned Parenthood notamment en terme d’une éducation sexuelle abordable, et de soins de santé préventifs. Je suis extrêmement fier de faire partie d’une entreprise qui n’a pas peur de prendre position et soutenir une organisation à but non lucratif qui a récemment été sous le feu. Ce mois-ci, nous célébrons l’histoire des femmes, les progrès que celles-ci ont achevé dans l’industrie de la bande dessinée, et la différence que tout le monde, hommes et femmes, a fait en se réunissant dans la diffusion de l’égalité.« 

Il y a quelques années, Marvel avait également mené la même opération, sans toutefois reverser de recettes à une organisation quelconque. On espère toutefois que cette prise de position de la part d’Image va amener d’autres éditeurs à faire de même, mais ce n’est pas gagné vu les connexions que l’actuel POTUS possède avec les dirigeants des grandes firmes auxquelles appartiennent ces maisons d’éditions (par exemple, Ike Perlmutter le PDG de Marvel Entertainment est un proche de Trump).

L’avenir nous dira si d’autres initiatives de ce genre vont éclore, dans un contexte où les artistes, soutenus par certains éditeurs, ont de plus en plus de moyens de s’investir pour faire passer des messages autant sociaux que politiques, dans un contexte aussi, où ils se doivent de le faire.

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On a pas le cul sorti des ronces


La liste 100% masculine des nommés pour le Grand Prix du Festival d'Angoulême

Depuis bientôt six ans que j’écris sur ce petit blog, je tente à ma manière de faire la promotion des femmes dans l’univers des comics, à travers leur présence dans des aventures souvent hautes en couleur ou des histoires sensibles et modernes, mais aussi par leurs créations en tant qu’artistes, scénaristes, coloristes, et enfin leur engagement sans faille pour la cause féministe et la solidarité qu’elles peuvent témoigner entre elles si cela est nécessaire.
Des noms me viennent ainsi tout de suite à l’esprit sans réfléchir selon les quelques critères que je viens de vous énoncer : Trina Robbins, Louise Simonson, Gail Simone, Kelly Sue DeConnick, Renae DeLiz mais il y en a bien évidemment des dizaines et des dizaines d’autres qui travaillent plus ou moins dans l’ombre, elles ont quoi qu’il en soit toutes contribué à un moment donné ou un autre à faire de ce milieu ce qu’il est aujourd’hui, malgré tout les efforts d’ouverture qui restent encore à accomplir.

Depuis quelques temps la problématique sur le statut et la place des femmes dans la BD, qu’elle soit américaine ou non, a su se rendre de plus en plus inévitable grâce à des expositions, articles de presse, collectifs d’artistes, conférences dans des festivals, à tel point que l’on ne puisse plus nier que cette présence est non seulement incontestable, mais s’organise de plus en plus grâce notamment au pouvoir du web et des réseaux sociaux. Alors qu’il y a encore 30 ans, nombreuses pensaient (à raison) être des pionnières et avancer contre vents et marées, il existe désormais un souffle commun qui les pousse à s’organiser, contester ensemble.

Il y a trois ans, le collectif La Barbe s’insurgeait de voir qu’en 40 ans de festival, seuls deux femmes avaient reçu le Grand Prix du FIBD d’Angoulême (Claire Bretécher en 1983  avec le prix du 10ème anniversaire, et Florence Cestac en 2000), et le faisait savoir en s’invitant à la traditionnelle cérémonie d’ouverture.
Cette année, on constate que parmi les 30 nominés en lice pour ce prix prestigieux (mais qui reste quoi qu’on en dise très francophone) il n’y a aucune femme. Et vous voulez que je vous dise un truc ? En voyant cette liste ce matin, je n’ai même pas été choquée tant ça m’a paru normal. Oui c’est complètement normal de ne voir aucune femme dans cette liste car oui, en 2016, les femmes n’ont toujours pas de place significative (c’est à dire de statut égal face un auteur masculin) dans ce milieu. Malgré les expositions, les conférences, les collectifs, l’engouement de certaines blogueuses, les professionnels de la profession semblent eux s’en battre littéralement les couilles.

Dimanche dernier, j’ai été interviewé sur le statut des femmes dans les comics (bout du con, on me considère désormais comme une « experte ») et la première question de mon interlocuteur fut la suivante : Peut-on dire aujourd’hui que la femme est l’égale de l’homme dans les comics ? Si non, que faut-il encore changer ? Ma réponse fut sans équivoque : Tant qu’on arrivera pas à dépasser au moins la barre des 30% de présence des femmes dans ce secteur (on en est actuellement en moyenne à 15 % chaque mois pour chaque éditeur, et vous avez vu, je suis gentille parce qu’il me semble que la parité, c’est 50 %), on restera dans la merde.
Je ne connais pas les chiffres du secteur de la BD franco-belge, c’est un domaine que je ne maîtrise absolument pas. Mais je crois que la problématique reste la même, tant que les femmes seront en sous-effectif dans des postes clé, comme c’est souvent le cas dans de nombreux milieux, on sera dans une impasse, et on continuera à se plaindre et à vouloir boycotter, alors que non, bien au contraire, je suis personnellement convaincue que se rendre visible est la meilleure des solutions.

Vouloir boycotter le vote du Grand Prix pour moi ne sert à rien, car le vote reste une forme de pouvoir, je pense que le mieux serait de voter pour un artiste qui soutien la cause des artistes féminines, et surtout faire savoir que l’on existe, en continuant à exprimer son ressenti lors de l’événement, quitte à porter un T-shirt qui ferait son petit effet et qui pourrait être porté autant par les auteurs que les festivaliers.
Si il le faut, il s’agit tout simplement d’un malentendu. Si il le faut, ces gens qui sélectionnent les futurs lauréats n’ont pas reçu l’éducation adéquate, celle qui montre que depuis l’origine de l’humanité, la femme a toujours eu sa place en tant qu’artiste, malgré tout. Le FIBD est une institution d’une aura incontestable pour un auteur récompensé, mais qui devrait néanmoins se sortir les doigts du Q et montrer qu’en ce début de 21ème siècle la femme est l’avenir de la bande dessinée.

Aux Etats-Unis, les Lulu Awards avaient vu le jour selon ce même constat, parce que les femmes étaient sous-représentées dans les sélections des récompenses officielles. Le but de cette récompense n’était pas de marginaliser le travail des auteurs féminins mais bel et bien de le promouvoir, à sa juste valeur. Il serait peut-être temps de penser à une alternative similaire dans nos contrées, qui inclurait les artistes étrangères, offrant une ouverture vraiment internationale, sans équivoque, contrairement à ce que le Grand Prix récompense depuis 43 ans.

Les femmes dans la BD existent plus que jamais ! Et cette polémique ne fera qu’accroître leur popularité ainsi qu’une prise de conscience démontrant qu’elles sont même indispensables. Leur créativité, leur expérience, leur combat est une aubaine pour ce milieu, n’en déplaise à quelques « spécialistes ».

A part ça bonne année 2016 ! Celle-là aussi commence du feu de Dieu !

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Bande de Femmes : le web documentaire français consacré aux héroïnes de comics


C’est avec une très grande fierté que je vous présente aujourd’hui (Journée Internationale du Droit des Femmes oblige) un projet auquel j’ai eu la joie de participer il y a quelques mois, en marge de ma petite intervention lors de la Paris Comics Expo.
Réalisée par Widemoon, une agence spécialisée dans la création et la refonte de site web, et constituée d’une équipe très sympathique de quatre étudiants en DUT SRC à l’université de Cergy Pontoise, le web documentaire Bande de Femmes a l’ambition de vous raconter l’évolution de la place des femmes dans la bande dessinée américaine de 1920 à nos jours.
Lorsque ces jeunes gens m’ont contacté pour me demander si je voulais bien faire partie de leur aventure, je n’ai pas hésité très longtemps et je leur ai même conseillé de rentrer en contact avec un VRAI spécialiste, à savoir Mr Xavier Fournier qui partage donc avec moi le contenu de ce programme.
Le résultat se présente sous la forme d’un site web, avec une page consacrée à chaque décennie où l’on peut lire l’idée maîtresse de la période représentée, et accompagnée à chaque fois de deux vidéos mettant en scène votre blogueuse préférée et le rédacteur en chef du meilleur magazine français consacré au comics.
Parler pendant deux heures devant une caméra fut pour moi une expérience plus qu’inédite et très enrichissante et j’ai fait de mon mieux pour transmettre à mes interlocuteurs mes connaissances sur un sujet que je maîtrise à peu près bien mais dont je n’aurais jamais fini de faire le tour (et c’est tant mieux !).

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J’espère que vous apprécierez leur travail, en tout cas si c’est le cas n’hésitez pas à le leur dire via Facebook et Twitter !

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Des comics et des filles : Back in 1982


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Alors que la San Diego Comic Con bat son plein et que pour la 6ème année Marvel a la très bonne idée d’honorer ses auteurs féminins lors du panel Women at Marvel qui réunit cette année la vétéran Louise Simonson (Power PackX-Factor), la coloriste Christina Strain (RunawaysDaughters of the Dragon), la responsable du concept Marvel Augmented Reality Judy Stephens, et la chef de projet Jenny Yeats. Ces intervenantes vont pouvoir faire un nouvel état des lieux de leur statut dans l’industrie des comics sous la bonne escorte de Jeanine Schaefer actuellement éditrice de l’excellente série X-Men qui réunit exclusivement des super héroïnes de l’univers mutant.

Ce genre de conférence, grande tradition pour toute convention qui se respecte aux Etats Unis, ne date effectivement pas d’hier comme nous avons pu le voir dans un billet précédent où je faisais allusion à cette convention intégralement dédiée au sujet en 1978 à Philadelphie.
Procéder à un historique de tous les panels sur le thème des femmes dans les comics lors des différentes conventions américaines s’avère être extrêmement difficile, mais l’on retrouve néanmoins quelques traces des plus anciennes interventions, notamment celle qui s’est déroulée à San Diego en 1982 et qui réunissait un nombre impressionnant d’invitées.
Ce qui frappe avant tout l’on que l’on regarde ces quelques photos prises par Alan Light, c’est de voir la grande diversité de ces participantes, issues de domaines différents avec des artistes notoires œuvrant dans le milieu des comics underground (Lee MarsDori Seda, Melinda Gebbie, Trina Robbins, Terry Boyce, Carol Lay…) et mainstream (Jo Duffy, Jan Duursema) mais également du milieu de l’édition à proprement parler (avec Carol Kalish et Catherine Yronwode).
On ne peut que regretter bien évidemment qu’aucune autres traces de cet événement ne puissent être disponibles de nos jours (en tout cas à ma connaissance), notamment pour en savoir le contenu exact, cela aurait été intéressant de connaitre la problématique de l’époque et de voir dans quelle mesure la situation de ces artistes avait changé aujourd’hui d’une manière générale.

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