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L’épée de Vérité


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Attendu de pied ferme pendant de longues heures à grand coup de tisane menthe verveine toute la journée et une partie de la nuit dernière, c’est à 3h du matin que s’est enfin dévoilé le second trailer de Wonder Woman, un film aux enjeux bien plus vastes que ce qu’on veut bien lui concéder, un film qui pourrait changer beaucoup de choses concernant la représentation des super héroïnes sur grand écran.
Encore une fois il y a de très belles choses tout au long de ces 2 min. 30, d’autres que je qualifierai de très intéressantes, et d’autres qui me laissent encore un petit peu perplexes. Prenons le temps donc de décortiquer un petit peu tout ça, jusqu’à vous partager deux ou trois théories car comme on le sait, certaines bandes annonces ont parfois tendance à nous aiguiller vers des pistes pour mieux nous piéger et nous surprendre avec le résultat final.

Alors que le précédent trailer présentait aux spectateurs l’univers de Wonder Woman, sa destiné, ainsi que sa nouvelle place au sein d’une civilisation fondée sur le patriarcat, cette nouvelle bande annonce donne une place importante à son histoire, son île et la société dont elle provient, basée elle sur le matriarcat.
Themyscira est une île bénie des Dieux. Elle est montrée ici comme un paradis terrestre (il fallait bien qu’elle porte son nom) à la végétation luxuriante où les édifices ont été battis en s’adaptant à un relief vertigineux et immaculé, et où l’eau coule en abondance à travers de multiples cascades.

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Dans le film, et contrairement à ce que l’on peut voir régulièrement dans les comics où Themyscira est représentée avec une architecture classique greco-romaine, la cité où vivent les amazones est largement inspirée par les habitats troglodytes de la ville de Matera, située au sud de l’Italie (et dont une partie du film a été tourné), habitats fondés au XIIème siècle par des moines byzantins.

Matera-gravina-di-materaThemys… non,  Matera, sud de l’Italie

Érigée sur le principe de l’agencement des fondations en terrasse, la cité des amazones laisse entrevoir des trésors d’architecture et de sculpture comme la fresque murale représentée ci-dessous, ce qui me permet de penser que cette civilisation n’est pas uniquement constituée de guerrières en furie comme le porte à croire les deux bandes annonces.

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Outre les influences byzantines, les yeux de lynx férus d’histoire de l’art auront reconnu la cour intérieure du Castel Del Monte lui aussi situé dans le sud de l’Italie, à 80 km au nord de Matera, et qui date lui du XIIIème siècle.

WONDER WOMAN Themyscira 55635062596_30ab604a2b_bLa cour centrale du Castel Del Monte

La grande tour de forme octogonale, érigée telle une cheminée au cœur de la cité semble correspondre à ce lieu précis, là où sont conservés les présents des Dieux, dont la fameuse épée Godkiller. Elle n’est pas s’en rappeler la tour conique du Grand Zimbabwe construite au XIVème siècle.

Mais revenons au contenu de cette bande annonce. Comme ont pu témoigner les quelques privilégiées qui ont eu la chance de voir 15 min du film, une partie va s’attarder sur la jeunesse de Diana, explorant son enfance et son adolescence à travers son apprentissage aux côtés de la guerrière Antiope. Il m’est impossible ici de ne pas penser à Legend of Wonder Woman, qui explorait aussi cet aspect avec le personnage de Philippus.
Le film va t-il prendre la même direction que Man of Steel dans sa narration ? Cela me parait assez probable, espérons si c’est le cas que la fin soit de plus haute volée.

Ici l’accent est particulièrement porté sur la présence de l’épée Godkiller, dressée telle Excalibur, et que seules les plus féroces Amazones peuvent manier, Hippolyta statuant que Diana n’en fait pas partie.
Mais comment notre héroïne, enfant protégée par sa mère bienveillante va-t’elle devenir en une apprentie combattante à l’entrainement des plus intenses ? Cela reste un mystère. Mais ce qui est pour le moins gênant dans cet extrait, c’est qu’il suggère que Diana développe une sorte d’obsession envers l’épée, ce qui la pousse à devenir l’élève d’Antiope.

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Autre détail intéressant vis à vis de cette épée, le design n’est pas le même que dans BVS (elle n’a pas non plus le même bouclier soit-dit en passant) s’agit-il donc de la même arme ? J’ai de gros doutes. De plus au terme de cette bande annonce, l’épée a disparu des mains de Wonder Woman, comme si elle le lui avait été enlevée, ou bien qu’elle s’en était volontairement défaite, privilégiant son accessoire légendaire, le lasso de vérité cher à Marston.
Il faut dire que la symbolique phallique assez évidente de cette épée ne correspond pas vraiment avec le message véhiculé par le personnage. A ce stade de mes spéculations personnelles qui n’engagent que moi, il m’est d’avis que Diana va être amenée à refuser d’utiliser Godkiller pour battre Ares. Et que d’autres armes, plus idéologiques vont l’y aider.

Quoi qu’il en soit, les capacités super héroïques de Diana de Themyscira ne se limitent pas à la maîtrise d’une épée, d’un bouclier ou d’un lasso. Souvenez-dans ce film magistral qu’est BVS, la toute première entrée en scène de Wonder Woman face à Doomsday s’opérait via le champ de force engendré par ses bracelets pour sauver Batman du barbecue.
Dans ce trailer, il semble que Diana découvre ce champ de force pour la première fois, et que par la même occasion elle se rende compte qu’elle n’est pas une amazone comme les autres.

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Au même instant, la voix off d’Hippolyta suggère que Diana ignore tout de ses véritables origines, on lorgne donc dangereusement vers le run d’Azzarello dans lequel elle s’avère être la fille de Zeus, mais dont elle est pleinement consciente dans le premier trailer. Pourquoi parler d’un secret dans un second trailer intitulé « origine » si il est déjà statué dans le premier qu’elle est la fille d’un Dieu ?

Outre la scène avec Chris Pine torse poil dont on a rien à foutre ici, et la prise en main d’Excalibur, la suite directe de cette seconde bande annonce est un montage de scènes déjà montrées dans sa version du mois de juillet 2016, jusqu’à l’arrivée de Diana et Trevor dans ce bon vieux Londres.

Cette scène est importante car outre l’introduction de filtres dégueulasses voulant certainement montrer la monochromie du monde moderne qui a sombré dans la guerre et l’industrialisation de masse, on voit ici « clairement » qu’il faudra du temps à ce que Diana s’acclimate au monde des hommes.

On s’offre ensuite un joli tribute au Superman de Richard Donner (une scène en partie déjà vue dans le premier trailer), une belle notre d’intention qui n’est pas pour me déplaire.

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Faites ensuite attention à cette image précise : ces soldats ont l’air de porter un masque bien particulier, le même porté par le soldat défenestré par Wondie sur l’image que j’ai mis en première illustration de ce post.
Si j’en crois la logique de ce qui est montré dans ces deux bandes annonces, Doctor Poison aurait trouvé la formule d’un gaz bien plus mortel que le fameux gaz moutarde utilisé pendant la Première Guerre Mondiale, car capable de dissoudre les masques à gaz utilisés par les poilus. Les Allemands sont eux équipés d’un masque pouvant filtrer ce nouveau gaz ultra toxique, afin de pouvoir gagner la guerre.
Mon autre théorie concernant Doctor Poison, c’est que celle-ci a été exposée au gaz moutarde par l’armée française, et que par esprit de vengeance, elle a décidé de s’allier avec les forces Allemandes afin de créer cette super toxine.

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Les enfants on est bien d’accord que tout cela reste du spéculoos, mais mon petit doigt me dit que…

Nous avons ensuite pas mal de redites vis à vis du premier trailer, mis à part encore une fois à ce qui semble être un hommage à peine dissimulé à Superman avec cette allusion de la couverture culte d’Action Comics #1.

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Puis cette phrase lourde de sens : « Je suis Diana de Themyscira, fille d’Hippolyte, au nom de tout ce qui est bon, votre colère qui accable le monde, s’achève ici. » Accompagnée par cette iconographie christique résolument Snyderesque mis à part qu’elle n’a pas les bras en croix et que les éclairs l’entoure. Quel dieu de la mythologie grecque balance des éclairs à son bon plaisir du haut de l’Olympe ? Oh, wait… Non mais le filtre bleu industriel a disparu ! Cela voudrait-il dire que… ??!

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Et si après tout on se donnait rendez-vous pour la sortie du film ? Qu’on mette les choses à plat ?

Et en bonus, l’excellent theme instrumental contenu dans la bande annonce, ça vous changera de l’électrique « Is she with you ».

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Le Bonbon du Jeudi


Mais oui ! Même les bonbons sont de retour !

Tout le monde l’a déjà vu sur les réseaux sociaux depuis hier soir mais on s’en fout, ce duel entre Wolverine et Wonder Woman réalisé par Aaron Schoenke, qui était teasé depuis pas mal de temps déjà par Bat In The Sun déjà responsable de plein de fan films de très haut niveau depuis de nombreuses années (notamment sur le Batverse), force le respect dans sa réalisation et sa mise en scène, mise à part les interactions un peu légères entre ses différents personnages.

Non non, ce film n’est pas un bonbon parce que Wondie s’en sort plutôt bien face à l’indestructible Logan, il l’est vraiment pour son dynamisme et sa maîtrise des effets spéciaux, je ne sais pas quel a été le budget de ce court-métrage mais certains devraient en prendre de la graine.
On observera aussi quelques clins d’œil fort sympathiques vis à vis de Diana, dont celui tiré de Superman/Batman Apocalypse :

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Non, Wonder Woman n’est pas lesbienne


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Wonder Woman est Queer.

En réaction à des identités « gay » et « lesbienne » considérées comme figées et excluantes (et représentant surtout des individus blancs et appartenant aux classes moyennes), en réaction aussi aux revendications assimilationnistes du mouvement gay et lesbien, la réappropriation du mot « queer » en vient à signifier un refus de la définition identitaire d’un groupe trop bien délimité (la « communauté gay » ou la « communauté lesbienne ») en même temps qu’un refus de l’assimilation à la société dominante. « Queer » est alors une manière de chercher à dissoudre les frontières afin que d’autres identités (transgenre, bisexuels, etc…) et la multiplicité des identités gays et lesbiennes (folles, tantes, butch/fem…) aient toute leur place dans un mouvement contestant les normes sexuelles, culturelles, et sociales.

Didier.Eribon, Dictionnaire des cultures Gays et Lesbiennes.

Oui Wonder Woman est Queer, non pas parce qu’elle vient d’une île uniquement peuplée d’Amazones, ou que son créateur se passionnait pour le bondage et entretenait une relation polyamoureuse avec deux femmes.
Wonder Woman est Queer parce qu’elle n’est pas définie par sa sexualité. Elle est Queer parce qu’aucune norme ne peut la statuer, elle est Queer parce qu’elle ne rentrera jamais dans aucune case, et pourtant nombreux sont ceux qui s’évertuent à vouloir l’y mettre…
Wonder Woman est Queer parce qu’elle n’appartient à aucune communauté (mise à part celle de ses sœurs amazones), et qu’elle les représente toutes. Enfin, Wonder Woman est Queer car elle est un symbole de la lutte contre l’hétérosexisme et le patriarcat.

Tel est le message que souhaite transmettre Greg Rucka, interrogé par Matt Santori-Griffith pour le site Comicosity. Mais c’est un message que les admirateurs de l’Amazone ont déjà bien compris, c’est même d’ailleurs pour cette raison que nous l’aimons tant, notre Diana.
Depuis le début du Rebirth de Wonder Woman, l’auteur est parvenu à réaffirmer la véritable dimension de ce personnage, mutilé par des années d’errances scénaristiques. Sa vision de l’héroïne, mais également de Steve Trevor, de Themyscira et de Barbara Ann Minerva est d’une telle justesse que nous sommes en train de suivre l’une des meilleures histoires jamais écrite sur l’Amazone.

Wonder Woman est Queer et ce n’est pas la faute de son actuel scénariste, elle l’a toujours été, et plus important encore, elle le sera toujours.

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All the world is waiting for you


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Cette bande annonce se devait d’être quasi parfaite.
Elle devait continuer à nous donner l’espoir de voir la plus majestueuse des super héroïnes être traitée de façon sérieuse et digne sur grand écran (comme ce fut le cas dans BVS, malgré sa courte mais très remarquée présence, d’ailleurs le seul point positif du film).
Elle se devait de répondre aux attentes des fans les plus exigeants et les plus pointilleux, en introduisant des concepts forts et indissociables de ce que symbolise le personnage de Wonder Woman.
Il fallait également qu’elle hypnotise les nouveaux spectateurs, certains d’entre eux n’ayant comme référence que la vision de Lynda Carter en short bouffant et l’écoute d’un générique haut en couleurs.
A l’image de cette scène épique dans les tranchées de la Première Guerre Mondiale où Diana essuie les tirs de nombreux assaillants, cette bande annonce a su s’imposer comme étant l’une des plus belles surprises de ce dernier San Diego Comic Con,  je vous propose donc de revenir en détail sur ce qui reste un grand moment pour tout fan de Wonder Woman qui se respecte.

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Notre aventure commence donc sur les rives de Themyscira (certaines vagues m’ont l’air d’être en CGI mais c’est pas grave), avec la scène clé de la première rencontre entre Diana et Steve Trevor. L’héroïne y apparaît ici bienveillante, confiante et paisible (dans le sens où c’est la première fois qu’elle voit un homme de sa vie), vivant en parfaite harmonie avec son île mais clairvoyante de ce qui existe dans le monde extérieur. C’est exactement la Wonder Woman définie par William Moulton Marston. En contrepartie Steve lui répond avec humour, d’autres réparties humoristiques (et bien senties) de sa part sont d’ailleurs présentes dans cette BA, ce qui nous porte à croire que le personnage sera traité de manière beaucoup moins fade que d’habitude. J’espère toutefois que cette caractérisation ne volera pas trop la vedette au véritable centre d’intérêt sur film.

Pour le peu que l’on puisse voir à ce stade, Themyscira ne semble pas être l’île à l’architecture à la fois classique et flamboyante qu’ont pu nous offrir George Pérez, Phil Jimenez où plus récemment Yanick Paquette. J’ai l’impression que les amazones vivent de manière beaucoup plus simple, plus austère, disposant des grottes de l’île et les façonnant pour en faire leurs demeures et leurs temples, comme on peut le voir ici.

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Plan suivant, et signe indubitable que ce film va être jouissif au possible, c’est la mise en avant de la relation entre Diana et sa mère Hyppolita, dans cette scène on ressent tout l’amour et le déchirement qu’une mère peut ressentir à laisser partir son enfant, la fierté d’Hyppolita  pour sa fille est autant palpable dans son regard que dans ses paroles (« Tu as été mon plus grand amour, fais attention Diana, ils ne te méritent pas »).

Passage ensuite dans l’Angleterre du début du 20ème siècle, où notre héroïne porte des vêtements appartenant au Monde de l’homme, jusqu’à participer à une réception mondaine en robe, dissimulant son épée derrière son dos !  C’est à la fois improbable et bien pensé, comme si notre amazone n’était pas venue pour profiter de la soirée ou dissimuler cette arme bien longtemps, mais bel et bien d’aller droit au but, qui est vraisemblablement d’éliminer le méchant gradé en costume (incarné par Danny Huston, le fils de John et frère d’Angelica soit dit en passant).

Il y a ensuite cette image intrigante de l’actrice espagnole Elena Anaya (qu’on aime beaucoup avec Julien parce qu’elle a joué dans Room in Rome) et son visage à demi masqué en mode Fantôme de l’Opéra. Mais qui peut-elle bien être ? S’agit -il de Paula von Gunther ? Circe ? (j’ai de gros doutes) Doctor Poison Doctor Cyber ? Il est trop tôt pour le deviner encore je crois. En tout cas cette apparition est bien flippante et fait son petit effet.

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On se recentre ensuite sur les origines de Diana avec une discussion entre elle et Steve sur ce qui semble être un bateau (sans doute pendant le trajet Themyscira/Angleterre). Notre héroïne déclare qu’elle n’a pas de père, et qu’elle a été mise au monde par Zeus. Entre nous c’est ce détail qui me fait le plus ch*** dans cette BA. Pourquoi Zeus et pas Aphrodite ? Pourquoi faire référence au run D’Azrarello franchement ? Je ne suis absolument pas d’accord, ça affaibli l’échange au possible, mais passons.
Dans cette partie il y a une scène forte intéressante, on y voit Diana se faire soigner (la dame à la tunique blanche derrière elle fait penser qu’elle est une sorte d’infirmière…) avec sur la droite un récipient contenant un liquide lumineux, rappelant la tunique de la soignante, mais faisant surtout référence au rayon pourpre utilisé par les amazones pour guérir de leurs blessures.

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Puis arrive le moment d’action : une chevauchée dans les bois, un envol d’Amazone (c’est Antiope ?), une autre chevauchée fantastique (Ouiiiiiiii c’est Antiope !!!) suivie d’une bataille sur la plage, de quoi saisir le spectateur tout en lui faisant rappeler qu’il y aura aussi (forcément) une intrigue amoureuse entre nos deux héros.

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Vous remarquerez ici que l’on voit très bien à gauche et à droite des amazones de couleur, ce qu’avait promis la réalisatrice Patty Jenkins en terme de diversité, suite à la première photo où l’on voyait Diana aux côtés de sa « famille »..

S’ensuit cette fameuse scène dans les tranchées. Il faut jouer avec les codes de l’Amazone, son lasso fermement serré à sa taille, son bouclier solidement harnaché sur le dos, son regard déterminé quant elle gravit cette échelle. Ici en quelque sorte, La Gadot, c’est Rambo. Le côté surréaliste d’un tel personnage (décalé et anachronique) évoluant dans cet environnement rappellera pour beaucoup de spectateurs le premier Captain America. Et c’est une très bonne chose car à mon humble avis Captain America : The First Avenger reste le meilleur des trois films.

Il y a ensuite une autre scène dans un bar où l’on arrive à déterminer la force de Diana, mais où l’on peut aussi apercevoir l’acteur Saïd Taghmaoui de dos.
Quand on voit cette scène au ralenti, on assiste également à un fondu, un effet miroir  entre le pauvre homme se faisant étaler par Diana, et une posture de l’amazone dans le plan suivant correspondant à l’une de ses acrobaties. Tout ça va très vite, c’est pas forcément facile à déceler.

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Vient le moment de la jubilation, l’utilisation du fameux lasso, instrumentalisé ici de façon aussi iconique que le bouclier de Captain America. Je ne reviendrai pas sur la symbolique du lasso de vérité utilisé par Marston. Son aspect doré, étincellent, lumineux, représente une lueur d’espoir et de vérité au milieu de tout ce chaos.

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Entre moultes scènes d’action qui vont se juxtaposer dans les secondes suivantes, l’échange entre Steve et Diana ressort indubitablement. Dans ce qui semble être le fameux bal, lorsque l’aviateur lui dit « Ne faites pas ça », elle lui répond « Je fais ce que je veux » (ou plutôt, « Ce que je fais n’est pas de ton ressort », la traduction française a enlevé le côté féministe du dialogue, et ça aussi, c’est quand même assez dommage…).

De l’action, encore de l’action, pour en arriver à une autre scène des plus intéressantes où un soldat pulvérise son fusil sur les hanches de Wonder Woman, la guerre se broie littéralement au contact de son statut de femme de Paix. Détail également à relever qui plus est, dans cette BA Diana ne tue pas, et c’est surement quelque chose d’important à suivre.

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C’est ainsi qu’à la fin de ce montage des plus épiques, l’assortiment de guitares et de percussions refait surface ne laissant plus aucun doute : Is she with you ? est bel et bien le thème officiel de Wonder Woman. Pas glop.

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Cette bande annonce était déjà très satisfaisante, mais le coup de grâce survient avec l’arrivée d’Etta Candy qui amène un vent de fraîcheur dans toute cette frénésie belliqueuse, et permet malicieusement d’introduire (comme je me l’imaginais) la rhétorique féministe provenant de l’oeuvre de Willian Moulton Marston. Le « What is a secretary » est devenu en une semaine un meme à lui tout seul, une preuve que ce trailer a été appréhendé de manière très positive pour les bonnes raisons.

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La bande annonce de Wonder Woman est donc ce moment surréaliste où l’on se rend compte de manière concrète que cette héroïne tant attendue (avec tout ce qu’elle peut représenter quelque soient les générations) viendra libérer son lasso dans un peu moins d’un an.
Mise à part la bouche d’ornithorynque que Chris Pine, regarder cette bande annonce est comme déguster un bon caramel au beurre salé, ou ingurgiter n’importe quoi à partir du moment où il y a de la cannelle dedans. C’est mortel, on en croit pas ses papilles et surtout, on en redemande, il n’y aura de toute manière pas d’indigestion possible.

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I left my heart in Themyscira


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Il est des séries dont on sait qu’elles ont été faites pour vous. Non pas pour vous flatter ou caresser votre ego de férue d’Amazone dans le sens du poil, mais pour au contraire vous permettre de renouer intimement avec le cœur et l’âme d’un univers ô combien familier, comme pour vous remercier d’avoir été patient, d’avoir attendu toutes ces années.

Dans ce Rebirth de Wonder Woman, il est totalement question de cela, de revenir aux fondamentaux, c’est du moins la tache dont s’acquitte désormais Greg Rucka depuis peu, à raison d’un nouveau numéro chaque quinzaine, permutant son intrigue entre le présent (dessiné par Liam Sharp) et le passé (grâce aux traits de Nicola Scott), période qui nous intéresse ici dans ce Wonder Woman #2, premier épisode d’un arc intitulé Year One,  un titre qui évoque la revanche d’un auteur sur le destin d’une héroïne.

Tout d’abord, il est peut-être intéressant de rappeler à quel point justement les styles des artistes œuvrant sur cette série sont en parfaite adéquation avec les périodes de la vie de Diana qui leur ont été attribuées : Le dessin de Sharp, à la fois très détaillé et incisif souligne parfaitement bien la maturité et la contenance parfois violente et brute de notre amazone. Scott quant à elle nous emmène vers des rives bien plus intimistes, où la jeunesse et l’impétuosité se joignent à des instants de douceur et de complicité, et ce quelles que soient les personnages.
J’ai suivi pendant des mois les petits galets que l’artiste osait de temps en temps disséminer sur son compte Instagram, et je me suis au fil du temps confortée dans l’idée que cette période Year One allait devenir une référence concernant les origines de Wonder Woman pour les années à venir.

Il est vrai que ces derniers mois, nous avons eu droit, la chance même, de pouvoir lire plusieurs réinterprétations de la genèse de Wondie, plus ou moins respectueuses des préceptes de William Moulton Marston ou Robert Kanigher, mais peu importe, grâce à The Legend of Wonder Woman de Renae De Liz et Ray Dillon, puis Wonder Woman Earth One de Grant Morrison et Yanick Paquette, de nouveaux récits ont émergé et donné un souffle nouveau au mythe. Autant de visions personnelles, mais avant tout, autant de messages à transmettre pour les lecteurs en devenir.
En ce qui me concerne, je me délecte sans cesse de lire et de voir une nouvelle fois quelles peuvent être les origines et les premières années de Wonder Woman. J’imagine que pour un fan de Superman ou Batman, c’est exactement la même chose : Apprécier le fait que quelques libertés soient prises pour le bien commun, tout en restant vigilant sur l’essence même du mythe.

Wonder Woman #2 réussi, comme je m’y attendais, cette épreuve. Il est ici question dans ce numéro de cerner rapidement l’attachement de Diana envers sa communauté, en la personne de sa mère, mais également de ses sœurs et non moins amantes, un concept véhiculé depuis le début par Marston, et amené avec plus ou moins de délicatesse (dont le haut du panier figure justement dans les deux œuvres précédemment citées).
En parallèle, on suit également le parcours de Steve Trevor en tant que jeune soldat, il est représenté ici comme un ami loyal et fidèle mais qui semble rester en retrait pour ce qui est de vivre sa propre existence. A noter d’ailleurs que ce numéro commence avec lui, comme pour donner une véritable envergure à ce personnage loin d’être toujours bien exploité depuis ses débuts.

Dans ce numéro, Nicola Scott arrive également à nous faire rêver avec sa projection de Themyscira, une île parfaite et harmonieuse sujette à tous les fantasmes, où la nature et la civilisation auraient enfin trouvé un terrain d’entente. Même si Diana aspire à quitter ses rivages, Paradise Island reste un passage obligé quand il s’agit de nous raconter ses origines, et bâcler son aspect serait une grave erreur, c’est nullement le cas ici.

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Wonder Woman #2 est donc pour moi un numéro parfait. Greg Rucka réussit encore une fois à nous toucher en plein cœur avec une histoire mainte fois revisitée, sans chercher des subterfuges inutiles ou hors continuité, on reste dans le classique, d’une simplicité si évidente qu’elle en est monstrueusement efficace. Sublimé par les illustrations de Nicola Scott d’une finesse attendrissante, ce nouveau voyage dans les origines de notre Amazone se présente déjà comme un récit incontournable.

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What Would Wonder Woman Do ?


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Nous l’avons tous bien compris, la nouvelle politique éditoriale de DC Comics intitulée Rebirth et censée revenir aux fondamentaux vis à vis de son lectorat de longue date tout autant que ses personnages emblématiques, est une réponse sans équivoque suite au ratage économique (parfois artistique et même idéologique) au sens large que constituent les New 52, et malheureusement plus récemment avec DC You (oui je sais, je suis pas très sympa, l’idéal aurait été que DC You arrive d’emblée à la place des N52 en 2011 et que quelques réajustements se fassent petit à petit, mais d’ailleurs n’existerait-il pas une Terre où l’on pourrait voir ça ?).

Nous avons effectivement pu nous rendre compte ces 6 dernières années à travers ce blog, que bon nombre d’héroïnes DC se sont retrouvées plus ou moins malmenées dans leurs diverses représentations, et ce dès le départ avec Catwoman et Starfire (hypersexualisées à outrance) en passant par Raven, Cassie Sandsmark, Donna Troy, Batgirl (toutes out of character), certaines d’entre elles ont su heureusement retrouver un second souffle grâce à des équipes créatives plus inspirées que leurs prédécesseurs, alors que d’autres déjà iconiques (Harley Quinn, Power Girl, Poison Ivy) auront eu l’opportunité de regagner en popularité, ce qui est une très bonne chose, sans oublier qu’il aura fallu attendre pratiquement la fin de cet énorme trafic éditorial pour revoir des personnages hyper populaires (Stephanie Brown, Cassandra Cain) refaire surface.
Mais comme je l’ai dit précédemment, je ne suis pas forcément super sympa car si les New 52 ont quand même su nous offrir un personnage charismatique inespéré, c’est il faut bien le reconnaître, Harper Row.

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Mais qu’en est-il de la Reine Mère de toutes les super héroïnes ? Quel fut le sort de Wonder Woman depuis ce fameux mois de novembre 2011 où le prometteur Wonder Woman #1 version Brian Azzarello et Cliff Chiang fut publié ?
Le scénariste de 100 Bullets, dans la plus grande lignée de son style, nous a livré une héroïne digne de ses précédentes aspirations à travers une mythologie qui lui est totalement personnelle -et tout autant dark que badass- mais où les Dieux de l’Olympe essentiellement masculins n’ont cessé d’écraser notre héroïne de leur aura, alors que les Amazones ont été elles-même réduites à être considérées comme des Mantes religieuses esclavagistes et fondamentalistes, concepts dans lesquels vont s’engouffrer le couple de dessinateur/scénariste Finch  en manque d’inspiration, et dont votre blogueuse préférée ne s’en sera toujours pas remise jusqu’à en arrêter son abonnement.

Mais à l’annonce de ce Rebirth l’espoir a osé renaître, non seulement par le biais d’une nouvelle perspective façonnée (dans la glaise ?) par un scénariste qui non seulement n’a cessé d’œuvrer pour l’épanouissement et la mise en valeur des personnages féminins dont il a eu la responsabilité quelque soient leur medium (romans, comics) et le genre dont elles sont issues (du polar à la SF en passant par les super héros), mais qui a surtout toujours affectionné particulièrement notre sémillante Amazone depuis son plus jeune âge.

Entre Greg Rucka et Wonder Woman il s’agit bel et bien d’une histoire d’amour entre un scénariste et sa muse depuis Wonder Woman: The Hiketeia puis à partir de Wonder Woman #195 et ce sur 31 numéros, à tel point qu’il préféra claquer la porte de l’éditeur lorsque celui-ci lui refusa un projet intitulé à l’époque Wonder Woman Year One au bénéfice d’un certain trublion chauve britannique…
Mais alors que Grant Morrison était sur le point de livrer sa version (forcément sujette à polémiques) de l’Amazone, Rucka quant à lui nous offrait deux numéros consacrés à Renee Montoya / The question, Batwoman et Huntress lors de l’event Convergence il y a de cela à peine un an. Le magnifique Convergence : The Question se voulait en effet être un signe d’ouverture, galvanisant les fans de ces héroïnes, et préméditant qu’un retour aux sources pouvait être bel et bien possible…

Et pourtant, le grand retour de Greg Rucka sur Wonder Woman a toutefois fait l’effet d’une bombe, je n’ai moi-même pas pu m’empêcher de réagir via les réseaux sociaux pour exprimer ma grande satisfaction. L’homme qui était parvenu à transformer Batwoman en une icône LGBT était bien l’un des seuls écrivains à pouvoir sauver Diana de Themyscira de l’effroyable pétrin dans lequel on l’avait fourré dans sa série régulière (et dérivées), pour ma part je m’étais rabattue sur Sensation Comics, Bombshells, The Legend of Wonder Woman et Wonder Woman ’77.

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En grand conteur d’histoires qu’il est, le co-créateur de Lazarus ne pouvait pas via ce numéro purgatoire enchaîner directement sur une nouvelle intrigue comme si de rien n’était. Il fallait, peut-être pas forcément faire table rase du passé mais du moins mettre certaines cartes sur table pour pouvoir aller de l’avant bien plus sereinement.
Ce numéro Renaissance se veut donc comme un moment d’introspection de la part de notre héroïne, comme si elle prenait enfin le temps dans se rendre compte qu’il y avait quelque chose de pourri dans le royaume de Themyscira.
De nos jours, à l’ère des internets, on appelle ça un bon gros troll des familles, et il est sacrément le bienvenu.
Dans une première partie illustrée par Matthew Clark (dont le style à la Greg Land est VRAIMENT très loin de m’accommoder, surtout sur un numéro aussi important que celui-ci), Wonder Woman se veut toujours présente pour défendre le sort de la femme oppressée par le système phallocrate qui règne sur notre monde. Mais lorsque qu’elle rentre chez elle, elle en est à se demander « Qui suis-je, où vais-je, dans quel état j’erre ? ».

Greg Rucka n’y va pas par 4 chemins, il broie au sens propre comme au sens figuré le statut problématique et sans issue de notre messagère de paix en tant que God of War instauré par Azzarello. Toutes ces dernières années vécues par Wonder Woman n’étaient que pur mensonge et même elle, en tant que gardienne de la vérité, ne l’a pas vu venir.
Bien sûr, le scénariste va une nouvelle fois évoquer ses origines et son passé plus ou moins proche pour ne pas dérouter un nouveau lecteur qui passerait par là et trouverait déjà que son histoire est un bordel sans nom. Mais ce numéro est surtout marqué par la prise de conscience de notre héroïne sur son propre statut : non, Wondie ne léchera plus de glaces de sitôt les enfants.

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Mais ce numéro reste malheureusement assez frustrant compte tenu du peu de nombre de pages dessinées par Liam Sharp (6 au total), celles-ci ayant d’ailleurs été visibles depuis un certain nombre de semaines en preview et sous toutes les coutures (crayonnées, encrées, puis colorisées par Laura Martin). Mais la présence de deux dessinateurs au style si différent permet justement de d’accentuer cette transition entre la « fausse » et la « vraie » Wonder Woman, ce numéro se voulant surtout et au même titre que DC Universe Rebirth être un épisode intermédiaire et de remise à niveau avant que les choses commencent sérieusement. En gros, il fallait bien en passer par là avant de passer aux choses sérieuses et Greg Rucka s’en est naturellement sorti avec brio.

La suite étant prévue pour dans une dizaine de jours maintenant, où le présent et le passé vont s’alterner toutes les 2 semaines entre les illustrations de Liam Sharp (avec Wonder Woman #1 : The lies) et Nicola Scott (avec Wonder Woman #2 : Year One, et le peu que j’ai pu voir de ce qu’elle a fait sur le titre est littéralement à tomber)le vrai retour de Wonder Woman pourra alors commencer vraiment, enfin, oui c’est promis.

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Jolie Couv’


Célébrant cette année le 75ème anniversaire de Wonder Woman, DC Comics a la bonne idée de nous proposer de nombreuses publications à son encontre, je vous parlerai très prochainement d’Earth One de Yanick Paquette (que j’ai eu le plaisir de croiser vendredi dernier et devinez de quoi nous avons discuté ???) et Grant Morrison, ainsi que de l’anthologie éditée par Urban Comics.
Mais les sympathisants de notre fière amazone pourront également compter sur une autre anthologie en VO cette fois, intitulée Wonder Woman : A Celebration of 75 Years, tout comme une belle collection en quatre volumes réunissant les meilleures histoires de l’ère moderne du personnage écrites par George Perez (Gods and Mortals), Greg Rucka (Down to Earth), Gail Simone (The Circle), et Brian Azzarello (Blood).
Mais revenons sur un roman graphique annoncé il y a un peu plus d’un an et initialement intitulé Wonder Woman : A Very Selfish Princess rebaptisé Wonder Woman : The True Amazon (un titre quand même un peu plus valorisant) entièrement écrit et peint tout le long des 128 pages que contient l’oeuvre par Jill Thompson (qui est loin d’être une néophyte concernant Diana). Il s’agira encore une fois de revisiter les origines de notre héroïne mais cette fois-ci en mettant l’accent sur les erreurs de jeunesse d’une enfant choyée qui gagnera en maturité suite à des événements dramatiques.
Prévu à l’origine pour le 8 septembre, la sortie de ce livre a été repoussée de 20 jours.11218964_965137466867040_2977095614589421799_n

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