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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 25


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La Famille Addams, À l’Origine du Mythe

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Quand on est enfant on rêve souvent de côtoyer des célébrités ou des personnages imaginaires, s’imaginant vivant des aventures en leur compagnie. Super-héros, sportifs, héros de films ou de séries télévisées, tout enfant s’est un jour imaginé vivre des aventures fantastiques avec ces personnages de légende. Moi mon rêve était tout autre, plus sombre mais à la fois tellement plus drôle et original ! Mon rêve à moi c’était de connaître la Famille Addams.

Pour moi cette famille symbolisait tout ce que j’aimais, des personnages bizarres mais à la fois terriblement attendrissants et attirants : L’esprit jovial de Fester et Pugsley, la sensualité froide de Morticia, le raffinement et la classe de Gomez et surtout moi, je rêvais de devenir l’ami de Wednesday, petit fille froide et cruelle qui me faisait fondre comme neige au soleil. Hum, enfin bref, donc j’adore La Famille Addams et vous l’aurez compris, c’est d’une de mes madeleines de Proust dont je vais vous parler ce mois-ci  !

They’re creepy and they’re kooky, 
Mysterious and spooky,
They’re altogether ooky,
The Addams Family. 

Générique de la série La Famille Addams, 1964

Chas Addams : Le créateur

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En France (et en Europe plus généralement) selon les générations lorsque l’on parle de La Famille Addams, on évoque soit les deux films des années 90 pour les plus jeunes ou la série télévisée pour les plus âgés, mais je pense que peu de ces gens savent qu’à la base La Famille Addams, c’est un comic-strip, créé par Charles (dit Chas) Addams et publié dés 1933 dans les pages du journal le New Yorker.

Charles Jean-Samuel Addams, dit Chas Addams est un dessinateur de presse américain né le 7 janvier 1912 à Westfield dans le New Jersey. Il collabore très tôt avec le journal américain le New Yorker, qui publiera son premier dessin alors que l’artiste n’est âgé que de 21 ans, cette collaboration continuera d’ailleurs jusqu’à sa mort.

Chas Addams a trois passions dans la vie : Les femmes, le dessin et les vieilles voitures, lui-même n’arrivant pas à se décider de ce qu’il préfère le plus. C’est un véritable collectionneur, dans toutes ces passions : Il publiera plus de 1600 dessins et possédera plus d’une vingtaine de voitures anciennes, qu’il aura pour la plupart réparé lui-même.
Considéré comme une personne sombre et macabre dû à l’humour noir de ses dessins, il comptait beaucoup d’amis, en majorité des femmes et ses amis disaient de lui qu’il était en fait un homme doux, charmant et captivant dans ses propos.
Il se mariera trois fois, sa dernière femme, Marylin Matthews Addams dit Tee Addams, une ancienne pin-up et modèle de mode, sera une amie très proche avant qu’ils ne décident de se marier plus de quarante ans après leur première rencontre. Ce mariage sera célébré dans le cimetière animal créé par Tee, à Water Mill, New York en 1980.

Chas Addams s’éteindra quelques années plus tard, le 29 septembre 1988. Tee Addams créera alors la Fondation Tee and Charles Addams, qui répertorie la totalité des travaux réalisés par Charles Addams. Tee Addams décédera quant à elle en 2002.

Les Addams, une famille unie par le sombre  !

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La Famille Addams a eu une très longue gestation, Chas Addams dessinera plus de 150 dessins (dont plus de la moitié sera publiée d’abord dans le New Yorker) ayant pour personnages principaux les membres de cette famille farfelue, et les fera évoluer au gré de ses dessins et idées. Si au début les personnages se cherchent un peu, Chas Addams finira par leur donner des looks et caractères bien définis vers le début des années 60 à la faveur de la série télévisée. La famille compte plusieurs membres et si vous ne les connaissez pas, je vais rapidement et avec plaisir vous les présenter  !

4Morticia Addams : Il s’agit de la matriarche de la famille, c’est elle qui dirige et commande tout ce petit monde d’une main de fer. Femme d’une grande beauté et au physique longiligne, toujours vêtue d’une longue robe noire, son ton souvent sarcastique et son expression éternellement froide cache en fait une femme éperdument amoureuse de son mari et très maternelle envers ses deux enfants.

Gomez Addams : Physiquement, il est l’exact opposé de sa femme. Petit homme légèrement rondouillard, généralement enjoué, portant une petite moustache et un costume à rayure, il voue une véritable admiration et un amour inconditionnel à sa femme et ses deux enfants, à qui il cède souvent au moindre caprice.

6Pugsley Addams : C’est le fils de Gomez et Morticia. Petit garçon rondouillard, énergique et chahuteur, arborant souvent un sourire sadique, il passe son temps à élaborer des plans pour des farces toutes plus macabres les unes que les autres. Il est très complice avec sa sœur, qui est souvent sa camarade/victime privilégiée dans ses machinations.

Wednesday (Mercredi) Addams : Fillette d’apparence calme et froide, c’est en fait une enfant réfléchie et très intelligente, délicate et sensible. Rêveuse, elle se laisse souvent aller à des rêveries poétiques et macabres. Son père la chéri et l’adore, la traitant comme une véritable petite princesse.
Petit détail amusant : Un de ses pieds à six orteils.

Lurch : C’est le majordome de la famille. Géant muet et serviable, il est malgré tout assez maladroit et oublie souvent les choses, notamment quand il va faire les courses ou effectue des travaux dans la maison. Il est malgré tout très protecteur avec Pugsley et Mercredi, qu’il protège avec ardeur contre les bonnes influences et est, souvent la victime consentante de leurs farces. Il est présent en permanence dans la maison familiale, mais peu considéré par les autres membres de la famille.

Granny (Grand ma’) Frump : C’est la mère de Gomez, elle vit avec la famille dans la maison. Vieille sorcière rondelette, aux cheveux ébouriffés et portant toujours un vieux châle sur ses épaules, souriante, bavarde, toujours de bonne humeur et serviable, elle est par contre totalement malhonnête et, par exemple, triche aux jeux familiaux. C’est une mamie complètement gaga de ses petits enfants qu’elle gâte sans retenue.
Note : A la base, Chas Addams l’avait pensé comme une voisine de la famille avant d’en faire la mère de Gomez.

7L’Oncle Fester (Fétide) : Personnage souriant et jovial, c’est en fait un être cruel, adepte de la torture et faussement serviable. Toujours vêtu d’un long manteau noir à col, il est chauve et toujours représenté souriant de façon aimable. Il vit avec la famille par pur générosité de leur part et le sait, freinant ses pulsions morbides par respect pour eux et pour ne pas leur attirer de problèmes. Jovial et blagueur, il est très apprécié de Pugsley avec qui il fait les 400 coups.
Dernier détail, contrairement au film, dans les comics strips, il n’est jamais mentionné nul part qu’il a un lien de parenté avec un des membres de la famille, il n’est peut être même pas de leur famille.
Chas Addams a souvent dit que Fester été en fait une projection négative de lui-même.

La Chose : Contrairement à l’image qu’on se fait de ce personnage au travers de la série ou des films, dans lesquels il est représenté par une simple main, dans les comics strips, la Chose est un mystérieux personnage asexué, apparaissant souvent en arrière plan ou dans les recoins des pièces, observant de façon amusée les agissement de la famille. On ne sait rien de lui/elle, juste qu’il/elle se cache dans la maison.

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Les autres membres et amis de la famille :
Bien qu’ils soient une famille soudée et assez repliée sur elle-même, les Addams comptent d’autres membres dans leur famille, ainsi que des amis, qu’ils reçoivent de temps à autre dans leur maison. Voici quelques uns de ces autres personnages, qui en terme de bizarrerie, n’ont rien à envier à leurs homologues  !

Le couple au strabisme divergent : Jamais nommé, on ne sait pas si ils font partis de la famille ou sont de simples amis, ce couple apparaît néanmoins à de nombreuses reprises dans le comic strip. Il s’agit d’un couple formé par un homme grand, chauve et aux yeux exorbités présentant un large strabisme et d’une femme de petite taille, à la tête carrée. Ils ont un enfant bicéphale dont chaque tête ressemble à un de ses parents.

La cousine Rion : Il s’agit d’une grande femme malingre habillée dans un style années 20, elle apparaît peu dans le comic strip mais est à chaque fois montrée comme souriante et en train de gâter les enfants. C’est une experte des nœuds coulants, ne manquant aucune occasion de faire partager sa passion.

(Le cousin) Machin : Popularisé par la série télévisée et les films, ce personnage loufoque, une haute touffe de cheveux coiffée de lunettes et d’un chapeau s’exprimant avec une petite voix aiguë dans un langage incompréhensible, apparaît très peu dans le comic strip, Chas Addams ayant très vite abandonné ce personnage.
Il le récupérera pour en faire un des personnages les plus drôles et reconnaissables de la série télévisée.

L’oncle Eimar : Personnage quasi-invisible, on sait juste qu’il est maintenu prisonnier dans le grenier de la maison Addams. On ne voit de lui qu’une main, dépassant des barreaux d’une lourde porte en acier. Les enfants doivent le saluer chaque soir avant d’aller se coucher.

A la faveur de nombreux strips, Chas Addams invente également et régulièrement de nombreux ancêtres à la famille, souvent décrits à l’occasion de tableaux suspendus dans la maison ou récits des autres membres de la famille, notamment l’immonde oncle Zander, qui a choisi de vivre normalement et qui est la honte de la famille…

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La Famille Addams : À l’Origine du Mythe, le grimoire de référence  !

A ma connaissance, les comic strips n’ont jamais été publiés en France, c’est donc avec une grande joie que j’ai appris que Huginn & Munnin allait traduire et publier le fameux livre de Kevin Miserocchi, The Addams Family : An Evilution, livre que j’avais toujours hésité à prendre en version originale. Et j’ai rudement bien fait de freiner mes ardeurs, l’édition française de cette ouvrage étant absolument exceptionnelle !

The Addams Family : An Evilution (À l’origine du Mythe) en français est donc la traduction d’un livre de 2009 consacré aux origines de l’œuvre de Chas Addams, son évolution et tout le processus créatif du comic strip. Ce livre est une véritable référence pour les fans et il aura donc fallu attendre 7 ans pour qu’il arrive jusque chez nous.
Au niveau du contenu, l’auteur nous présente déjà en détail la vie de Chas Addams et son œuvre phare, La Famille Addams, et tout le processus créatif des personnages et de leur univers. S’ensuit une galerie de portrait des différents membres de la famille, agrémentée d’anecdotes sur leur création et leur évolution.
Enrichissant dans les textes (même moi qui suis un fan inconditionnel de cette famille farfelue, j’ai appris énormément de choses) et richement illustré par de nombreuses illustrations, certaines étant même totalement inédites, parcourir ce livre est un véritable bonheur et chaque page une véritable découverte.
De plus le livre est très largement accessible même pour les néophytes et peux aisément servir de porte d’entrée dans l’univers de cette famille de sombres mais joyeux drilles.

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En ce qui concerne l’édition française, c’est (encore) un carton plein pour l’éditeur Huginn & Munnin qui prouve si il en était encore besoin qu’ils sont l’éditeur phare en France de beaux livres consacrés à la culture pop : Cette édition française est absolument somptueuse, se donnant même le luxe d’être supérieur en qualité à la version américaine ! La maquette donnant au bouquin l’apparence d’un vieux grimoire est tout simplement magnifique avec ces enluminures argentées, la papier épais est très agréable au toucher et la qualité d’impression juste parfaite. Rien à redire sur cette édition, à part qu’elle est juste… Et je n’hésite pas à le répéter, parfaite !

Au final, pas grand chose à ajouter : Ce livre est un must have pour tout les fans de La Famille Addams et tout ceux qui voudrez se plonger dans l’univers de cette effrayante mais attendrissante famille. Rajoutez à cela une édition hors du commun absolument sublime et vous comprendrez que ce livre est un ouvrage que je recommande plus qu’ardemment.

Aparté : La Famille Addams, les adaptations

Impossible de parler de La Famille Addams sans évoquer ses adaptations à la télévision et au cinéma. Même si j’en ai très envie (ayant pour la série originale des années 60 et les deux films une admiration sans borne), ce n’est pas le sujet aujourd’hui mais je vais vous en parler brièvement quand même !

Il faut savoir que les personnages ne sont pas très développés dans le comic strip, ce format ne permettant pas de beaucoup faire évoluer des personnages. A contrario, Chas Addams profitera grandement de la série télévisée pour faire développer ses personnages : En effet, Chas Addams sera très impliqué dans la réalisation de la série télévisée, chapeautant quasiment tout le coté créatif. Chas Addams a écrit de longues fiches explicatives sur la psychologie et l’aspect des personnages, il a également lui-même choisi les acteurs, écrit les scénarios et même peint et créé les décors. Si parfois on lui a suggéré de nouvelles idées, il a néanmoins gardé un contrôle absolu de sa création durant la production de cette série et ce malgré sa création opportuniste, l’idée d’adapter La Famille Addams en feuilleton étant venu à ABC pour contrer la mise en production d’une autre série du même genre, Les Monstres sur la chaîne CBS (1), les deux séries arriveront d’ailleurs à l’antenne quasi-simultanément, la même semaine. Mais là où Les Monstres aura surtout un succès localisé aux États Unis, La Famille Addams aura par contre un succès international.


Générique de la série télévisée de 1964

Une seconde série tentera de surfer sur le succès de la première et sera diffusée de 1998 à 1999, mais s’arrêtera très vite faute d’audience.

Deux séries animées, une dans les années 70 (inédite en France) (2) et une autre dans les années 90, plus inspirée par les deux films sortis peu de temps avant (cette série sera diffusée en France à plusieurs reprises, notamment sur France 2 dans l’émission Donkey Kong TV) seront également produites. Elles sont toutes deux très axées jeune public mais, dans l’ensemble, elles sont toutes deux très réussies.


Générique du dessin animé de 1992

Trois films seront également réalisés, deux films et un téléfilm. Les deux films sortis au cinéma, La Famille Addams (1991) et Les Valeurs de la Famille Addams (1993) seront réalisés par Barry Sonnenfeld (Men In Black) et seront d’énormes succès.
Le téléfilm, La Famille Addams : Les Retrouvailles (1997) aura lui par contre un succès mitigé, malgré de nombreuses qualités. C’est le « succès » de ce téléfilm qui motivera les producteurs à mettre en chantier la série des années 90 (voir plus haut), l’actrice Nicole Fugere reprendra d’ailleurs son rôle de Mercredi de ce téléfilm dans la série télévisée des années 90.
Je précise au passage que les trois films cités au dessus s’inspirent plus de la série télévisée que du comic strip, la psychologie et le comportement des personnages étant totalement différent de leurs homologues de papier, notamment et par exemple en ce qui concerne Gomez et Pugsley, radicalement différents dans les films.


Bande annonce du film Les valeurs de La Famille Addams

La Famille Addams est un pan important de la culture populaire américaine : Alors que l’american way of life battait son plein aux États-Unis, Chas Addams proposa des dessins présentant une famille allant à l’encontre de cette façon positive de voir les choses : Les Addams sont des êtres sombres, cruels, se plaisant dans une vie morbide et triste. Triste seulement pour celui qui regarde les dessins car les Addams, malgré leur train de vie sombre, sont manifestement une famille heureuse dont les occupations cruelles et morbides semblent comblées à chaque dessin.
Un état de fait dérangeant mais diablement attirant qui va faire de cette famille américaine une icône dans bien des milieux, celui de la culture, de l’art mais aussi dans les mouvements alternatifs, comme la mode ou la musique.
Ils sont également des personnages emblématiques du mouvement gothique, bien avant l’avènement de celui-ci.
Plus qu’une famille, ce sont de véritables icônes populaires, reconnaissables par tous. Chas Addams répondra même dans une interview à un journaliste qui venait de lui avouer être hanté par ses travaux que si ses dessins le hantaient, c’était parfait car c’était exactement ce qu’il avait voulu créer avec cette famille : Tout est dit dans cette simple tirade à propos de cette famille hors du commun !

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1 : D’un point de vue personnel, je n’ai jamais vraiment accroché à la série Les Monstres, j’ai par contre été immédiatement séduit par la Famille Addams, après avoir regardé un épisode de la deuxième saison, diffusée à cette époque sur M6. Pour la petite histoire, dans la version française, le doublage (doublage VF absolument excellent soit-dit en passant) de Gomez est assuré par Gérard Hernandez, populaire parmi les plus jeunes d’entre-vous pour interpréter le personnage du retraité acariâtre Raymond dans la série à sketch Scènes de Ménage.

2 : Les personnages de cette série animée apparaîtront pour la première fois en 1972 dans le cadre du troisième épisode de la série Les Grandes Rencontres de Scooby-Doo dans l’épisode Mercredi a disparue  !

 

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Station To Station


Avant de connaitre David Bowie, j’étais une coquille vide.

Ma première véritable rencontre avec lui (je parle d’une vraie rencontre, pas d’un tube reconnu à la radio) date de 1992, je venais de rentrer au lycée et j’étais loin de m’imaginer à quel point David Jones allait me suivre et me poursuivre, parfois contre mon gré, moi et mon petit cheminement intérieur.
Ce fut tout d’abord grâce à ma meilleure amie de l’époque (une grande amie, le genre d’amie que l’on a qu’une seule fois dans sa vie, je pourrais même peut-être dire qu’elle est ma Francine) et l’album Lodger, certainement pas reconnu pour être le plus accessible, mais peu importe. African Night Flight c’était ce grand n’importe quoi auditif que j’écoutais sur mon baladeur cassette en pleine obscurité au milieu de la nuit, c’était un morceau à la fois terrifiant et tellement riche en informations, j’avais l’impression d’avoir à la fois tout compris, et d’être en même temps passée totalement à côté de la plaque.
Juste après Pink Floyd quelques mois auparavant (que j’avais découvert cette fois-ci grâce à un garçon très roux, plein d’esprit, respectueux, et âgé de plus de 4 ans), de nouveaux horizons s’offraient à moi, comme si tout d’un coup, tout devenait limpide, évident, comme un appel vers ce que j’étais amenée à devenir, une vraie personne, qui devrait passer par des chemins sinueux voire douloureux pour assumer et faire comprendre, plutôt que d’imposer, son identité sexuelle.

Car si la vie est un labyrinthe, David Bowie en est la clé.

J’aurais été amenée à recroiser véritablement le chemin de David Bowie, sans véritablement le quitter, deux fois de plus dans ma piètre existence de façon vraiment significative, grâce encore une fois à deux personnes chères à mon cœur qui m’auront fait avancer et ouvrir les yeux.
Figure emblématique totale et sans équivoque de l’iconographie Queer, Bowie a toujours été pour moi un refuge intemporel, lorsque le doute ou l’incompréhension osait faire barrage, il savait refaire surface comme une évidence avec autant de sons et d’images que j’aurais pu l’espérer.

Sa disparition est d’autant plus cruelle pour moi, tout en se noyant dans la tristesse et l’émoi de nombreux fans qui pleurent son départ, que son empreinte sur la culture LGBT reste (et restera) inégalée. En ce sens Bowie est ce Héros de la pop culture, le mien en tout cas, tel un astronaute qui je l’espère aura trouvé sa place sur une très belle étoile.

Bon vent, Mr Bowie, qu’il soit aussi fougueux et rebelle que ce qu’a pu être votre existence, merci d’avoir partager la mienne autant sur le point auditif qu’existentiel… Je sais très bien que ne serai pas grand chose sans vous.

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Le Bonbon du Dimanche


Voici un fan film totalement inattendu et vraiment jouissif pour ceux qui ont eu la chance de vivre à cette époque (…). The Sight of the Sound est un clip réalisé par Arvin Bautista dédié au personnage d’Alison Blaire, autrement dit Dazzler, l’égérie Disco de Marvel (enfin, plus pour très longtemps) qui a marqué tous les esprits des lecteurs de comics dans les années 80.
En quelques minutes on a donc le plaisir de retrouver de nombreuses références liées à l’héroïne (interprétée ici par Gentry Roth) et sa série publiée de 1981 à 1986 : la présence de son père, le juge Carter Blaire, Burger Clown, la chaîne de fast-food où Dazzler travailla à une période, sans oublier l’apparition de son boyfriend Longshot que l’on reconnait aisément grâce à sa superbe coupe de cheveux. Le tout sur une musique évidement bien rythmée et qui rappellera des souvenirs à certains…

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The Unforgiving, le concept album vu par Julien Lordinator


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Musique et comics sont deux médias assez liés, se renvoyant la balle régulièrement de façon plus ou moins appuyée. Entre les références musicales disséminées par-ci par-là dans divers séries, les jaquettes d’albums dessinées par des artistes de comics et l’incursion de musiciens et artistes dans le monde des comics, les interactions sont nombreuses  : On pense notamment aux multiples comics issus du groupe Kiss, à Rob Zombie et ses comics d’horreur, Gerard Way du groupe My Chemical Romance et son excellent Umbrella Academy et plus récemment le très bon Orchid de Tom Morello, guitariste du groupe Rage Against The Machine (Je pourrais également parler du jouissif Eternal Descent et son lot de caméos de la scène métal américaine, mais qui sait, comme l’héroïne est une fille, j’y reviendrai sûrement plus tard !).

Mais ces incursions se font de façon unilatérale, l’un allant vers l’autre sans jamais empiéter de façon explicite sur le domaine de l’autre.
Donc quand en décembre 2010 le groupe de métal symphonique hollandais Within Temptation annonce que son prochain album sera un projet étalé sur trois médias, musique, courts métrages et comics, mon petit cœur de fan de comics et dudit groupe se mit à battre la chamade !
Aujourd’hui le groupe vient de sortir son nouvel album, le projet The Unforgiving a été mené jusqu’à son terme et j’en ai suivi avec avidité chaque développement, retour donc sur un projet aussi original qu’ambitieux.

I.   Genèse

L’histoire :

« Une puissante médium, Mother Maiden, recrute des âmes perdues pour faire partie d’une force de frappe destinée à combattre le mal sous toute ses formes. Elles portent toutes une culpabilité spécifique venant de quelque chose qu’elles ont fait dans leur vie. Mother Maiden leur offre l’opportunité de « Faire le bien sur ce qui est mal » en leur donnant pour mission de traquer le mal, une pénitence pour leurs péchés passés. »

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Mother Maiden

Comics :

« Cet album concept est basé sur série de comic-books, écrit par Steven O’Connell (Auteur des comics BloodRayne et Dark 48). Le dessinateur Romano Molenaar (Witchblade, The Darkness et X-Men) dessinera le tout. Les comics seront disponibles durant l’année 2011. Le prequel et Pennance, la première partie du comic, sont déjà disponibles.  »

Le préquel publié sur le site

Musique :

« Le cinquième album studio du groupe est basé sur l’histoire du comic The Unforgiving.
Sur cet album, nous avons pris une orientation totalement différente. Chaque chanson de l’album a été écrite par rapport à l’histoire de Steven (O’Connell).
Les personnages principaux du comic reflètent les personnages de nos chansons. Le concept nous a motivé et nous a donné de l’inspiration et une nouvelle approche de notre son. Cela nous a permis de composer certaines de nos meilleures chansons.
Nous sommes de grands fans de comics depuis notre enfance. Avec cet album nous pensons que le temps était venu pour nous de franchir une nouvelle étape dans notre processus créatif, d’aller plus loin et d’élargir notre horizon.
En suivant le concept de l’album, les chansons sont plus diversifiées qu’avant. De plus, la musique des années 80, époque à laquelle nous avons commencé à lire des comics, nous a beaucoup influencé et laissé une marque sur notre nouveau son.
Pour ce nouvel album nous avons travaillé avec un nouveau producteur : Daniel Gibson. Daniel avait aussi travaillé sur les album The Silent Force et The Heart of Everything. »

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 Films :

« En plus des comics et de l’album, trois courts métrages ont été réalisés. Ces films donnent encore plus de profondeur au concept de The Unforgiving et sont basés sur l’histoire du comic, les personnages sont incarnés par des acteurs.
Chaque film est suivi d’une performance du groupe qui, ensemble, forment un conte sombre parlant de la vie, l’amour, la revanche, la haine et les regrets. Le premier film, titré Mother Maiden, accompagne la vidéo de notre premier single, Faster, introduisant les personnages principaux de l’histoire. Le second film, titré Sinéad, raconte l’histoire du personnage évoqué dans le second single du même nom, enfin, le troisième film, Triplets est un complément du single Shot In The Dark.  »

 10 L’un des Triplés

Voici de quelle façon était présentée le concept The Unforgiving sur le site internet du groupe juste avant la sortie du premier single, Faster. De plus, le site publiait également une histoire courte en bande dessinée, servant de préquel au comic.

Tout ça c’est bien beau, mais quand on est vraiment fan, on aime creuser un peu plus les sujets et au travers de quelques interviews, ont découvrait quelques petites choses intéressantes. Alors certes, le concept est séduisant mais l’intention première du groupe n’était apparemment pas de croiser trois médias. Ainsi dans une interview ultérieure, le groupe confiait avoir eu pour première idée de composer la musique d’un film mais que les impératifs de production du monde du cinéma ne correspondait pas aux attentes du groupe : La sortie de l’album était prévue l’année suivante et si un problème de production survenait et repoussait la sortie du film, le groupe ne pouvait pas se permettre d’attendre (1).
Le seul vestige de cette première idée sera le clip de la chanson Where Is The Edge, qui servira de thème principal au film Me and Mr Jones on Natalee-Island.

Le clip de Where is the Edge, utilisant des extraits du film  Me and Mr Jones on Natalee-Island

L’idée de la bande originale de film écartée, le groupe approche alors Steven O’Connell, qu’ils ont précédemment croisé lors de leur collaboration sur le jeu vidéo The Chronicles of Spellborn. En effet, Steven O’Connell avait développé l’histoire du jeu vidéo et le groupe avait collaboré en signant le thème principal du jeu (The Howling, de l’album The Heart of Everything). Au départ, O’Connell leur suggère une histoire très typée héroïc-fantasy, en rapport avec la musique des précédents albums du groupe. Mais le groupe n’aime pas l’idée et lui suggère une approche plus mature, O’Connell revoit sa copie, et revient avec une idée complètement différente, celle de personnes ayant fait de mauvais choix, pas parce qu’ils sont mauvais, mais parce qu’ils ont pris de mauvaises décisions. Séduit par l’idée, le groupe approuve et O’Connell s’attelle à l’écriture de l’histoire.
L’écriture se fait alors en collaboration entre O’Connell et le groupe, l’un suggérant des idées tout en s’adaptant au choix de l’autre : Par exemple le personnage de Sinéad fut tout d’abord pensé comme étant une sud-américaine nommée Maya, la chanson ayant déjà été partiellement enregistrée, le personnage sera renommé Sinéad et deviendra irlandaise.
Pour la partie dessins, c’est donc l’artiste néerlandais Romano Molenaar qui s’en charge. Molenaar n’est pas un débutant : Il fait ses débuts chez Chaos ! Comics sur la série Lady Death (Et son spin-of, Puragtori), il enchaîne sur une mini série The Tenth chez Image et dessine de nombreux récits pour Top Cow notamment Witchblade, The Darkness et l’intégrale de la mini-série Cursed.
Il dessine actuellement la série Birds of Prey chez DC Comics. Autant dire que c’est un artiste aguerri qui se charge de cette partie du travail, ce qui est plutôt rassurant.

Deux crayonnés réalisés par Molenaar pour The Unforgiving

En ce qui concerne les courts-métrages, tournés en parallèle des clips du groupe par le même réalisateur, le groupe voulu dès le départ tourner des clips en rapport direct avec l’histoire du comic, poussant le concept jusqu’à livrer des versions de leurs clips précédés ou accompagnés de chaque court-métrage : Ainsi, le clip de Faster débute par une présentation de Mother Maiden et ses soldats, Sinéad et les Triplets.
Le second clip, Sinéad, se voit accompagner d’un court-métrage dévoilant le passé de cette mystérieuse jeune femme et le clip la montre durant une de ces missions punitive.
Enfin, le dernier clip Shot In The Dark est diffusé simultanément avec le court-métrage consacré aux origines des Triplets, trois petits garçons aux ordres de Mother Maiden.
Les courts-métrages sont donc de parfaits compléments, livrant les origines des personnages vus dans le comic.

II.   Within Temptation, un groupe pas comme les autres

Depuis le début, je vous parle d’un groupe appelé Within Temptation, mais je suis quasiment certain que la plupart des gens qui lisent cet article n’en ont jamais entendu parler… En tant que fan hardcore de ce groupe, je vais vous les présenter en essayant de ne pas m’emballer de trop.
Within Temptation est un groupe de métal symphonique originaire de Hollande, pour faire court et simple, le métal symphonique est un mélange de musique métal et de musique classique, généralement avec une femme aux chants, ce qui est le cas ici.
Within Temptation donc est un groupe fondé par un couple dans la vie, Robert Westerholtz et Sharon Den Adel, respectivement le compositeur, guitariste occasionnel et co-parolier du groupe, sa femme Sharon quand à elle est chanteuse et co-écrit les paroles avec son mari. Les autres membres actuels du groupe sont Jeroen Van Veen, bassiste et membre historique du groupe (En plus de Robert et Sharon, c’est le seul à être membre depuis les tout débuts du groupe), Ruud Jolie, premier guitariste, Martijn Spierenburg, claviers, Mike Coolen, batteur et enfin Stefan Helleblad, second guitariste.

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Le groupe au grand complet dans sa formation actuelle

Le groupe commence sa carrière en 1996 et sort son premier album, Enter. Ce premier album (Et le mini-album qui suivra, The Dance) est assez sombre, très gothique et plus proche d’une ambiance doom-métal (Un style de métal sombre aux sonorités « lourdes »). Les deux albums obtiennent un petit succès parmi les amateurs de métal et les critiques sont plutôt encourageantes, ce qui motive leur producteur, DSFA, à produire un nouvel album. C’est donc en 2000 que sort Mother Earth et son premier single, Ice Queen. L’album, clairement orienté métal symphonique, est un énorme succès, principalement au Benelux et en Allemagne. Le single de Ice Queen se classera second des ventes de disques en Hollande et troisième en Belgique. Leur second single, Mother Earth, suivra la même voie, atteignant la quatorzième place des ventes en Allemagne, fait très rare pour un groupe de métal à cette époque (2).

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Jaquette de Mother Earth

En quelques années, Within Temptation devient un des groupes majeurs et emblématiques du genre métal symphonique, avec les finlandais de Nightwish.
Leur succès se confirmera avec la sortie en 2004 de leur second album, The Silent Force, dont le succès planétaire (L’album est même distribué aux États-Unis) confirmera leur talent.
Suivra les albums The Heart of Everything (2007) et donc The Unforgiving en 2011.
L’un des points d’orgue de leur carrière musicale sera  le concert Black Symphony en 2008, un concert gigantesque que le groupe donnera accompagné d’un orchestre philharmonique et d’une chorale, devant plus de 10 000 spectateurs.

III.   Le concept The Unforgiving

Comme expliqué plus haut, The Unforgiving est donc un concept reposant sur trois médias  : Des courts métrages, un album du groupe Within Temptation et une série de comics.
Chaque média est complémentaire des deux autres, apportant chacun des éléments narratifs, voyons donc en détail ce que chaque média apporte à l’histoire et les liens entre eux.

 1.  Les courts-métrages

Au nombre de trois, ces petits films de quelques minutes se situent chronologiquement avant les événements se passant dans le comic et introduisent les personnages, révélant leurs origines et leurs motivations.
Le premier court-métrage est consacré à Mother Maiden, présentant la mystérieuse vieille dame et ses soldats, Sinéad et les Triplets. Dès le début le ton est donné : L’ambiance y est lourde et glauque, on peine d’ailleurs à vraiment se rendre compte si les trois personnages sont réellement bons ou mauvais, leurs exactions violentes pouvant prêter à confusion.

Le court-métrage Mother Maiden suivi du clip de Faster

Le second est consacré au personnage de Sinéad, nous relatant ses origines, son décès et sa résurrection aux mains de Mother Maiden. Le clip de la chanson du même nom que le personnage en est une suite, nous montrant Sinéad exécutant une des missions de Mother Maiden.

Le court-métrage Sinéad

Le clip de Sinéad

Enfin, le dernier court-métrage, sobrement intitulé Triplets, nous dévoilent les origines dramatiques de ces trois petits garçons. Des trois films c’est très certainement le plus dur, la thématique en étant quelque peu délicate. La fin est particulièrement surprenante, avec un twist assez inattendu.

Le court-métrage Triplets

 2.  L’album

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La jaquette de l’album, dessinée par Roman Molenaar

L’album sort donc le 25 mars 2011 et compte en tout onze titres (Plus trois titres bonus, répartis sur les singles) ainsi qu’une courte introduction nommée Why Not Me tirée directement du court-métrage Mother Maiden. Dès le début de l’album, le groupe assume et revendique donc son projet. Il en est de même pour les chansons, dès les premières paroles de Shot In The Dark, le premier titre de l’album, la filiation avec l’univers créé et évidente  :

J’ai été laissée seule comme une foutue criminelle
J’ai prié pour de l’aide car je ne peux pas tout supporter
Je ne suis pas finie,
Ce n’est pas terminé.
Maintenant je combats dans cette guerre depuis le premier jour de l’automne
Et je m’accroche désespérément à tout ce que je peux
Mais je suis perdue
Je suis foutrement perdue

Ces paroles font donc bien sûr référence au personnage de Sinéad et à son histoire.

Le clip de A Shot In The Dark

Il en est de même avec la chanson suivante, In The Middle of the Night, dont les paroles ramènent clairement au combat de Mother Maiden  :

Plus de larmes, non, car plus rien d’autre ne compte,
J’ai fermé les yeux trop longtemps.
Seule la vengeance me fera me sentir mieux,
Il n’y aura pas de repos avant que je sache que ce soit fini.
Tu as joué avec mon esprit à travers mes souhaits
Tu peux sentir que nous hantons la vérité.
Je ne sais pas pourquoi, je ne tiens plus, je perds toujours le contrôle.

D’autres passages de certaines chansons sont même des messages de certains personnages issus de l’univers The Unforgiving, ainsi dans le titre Iron, un interlude nous permet d’entendre un avertissement de Mother Maiden  :

Vous n’avez pas besoin de nous craindre,
A moins que vous n’ayez un cœur sombre
Des infâmes qui pourchassent les innocents
Je le promets
Vous ne pouvez vous cacher éternellement dans les ténèbres vides
Et nous vous mettrons dans les véritables entrailles de l’enfer.

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Je ne vais pas m’étendre sur chaque chanson de l’album (Même si l’envie ne m’en manque pas), chaque titre fait plus ou moins référence à un événement ou un personnage vu dans les courts-métrages et la mini série de comics.
La force de l’écriture de ces chansons c’est que même sorties du contexte du projet, ces paroles gardent quand même une signification : Tout en gardant en tête un projet défini, le groupe a su quand même garder une valeur symbolique à ses textes, ainsi une personne qui ne connaît pas l’existence du projet pourra sans problème apprécier les chansons.

Pour ce qui est du coté purement musical, l’album The Unforgiving marque également un changement radical dans le style de Within Temptation (Changement qui sera confirmé avec l’album suivant, Hydra, sorti début 2014). Le groupe était jusque là resté dans le style métal symphonique, et avec cet album prend un cap radicalement différent : Les sonorités sont plus rock, voir résolument aux accents pop (Le titre Sinéad) et tranche avec le style habituel du groupe. Néanmoins, les racines symphoniques sont toujours présentes, juste moins évidentes, on retrouve quand même des chœurs et des envolées de violons aux détours de certains titres (Les titres Murder et A Demon’s Fate par exemple). Pour beaucoup de vieux fans (Dont je ne fais pas parti), se sera l’album de trop, même si certaines tentatives de s’essayer à d’autres styles pouvaient le laisser présager dans certaines compositions de l’album précédent, The Heart of Everything, le changement de style musical et les thématiques abordées ayant beaucoup de mal à passer.
Cela aura un double impact sur le public du groupe : D’une part, une partie des fans historiques laisseront tomber le groupe (Ce que, personnellement, je trouve dommage) et d’autre part, cela amènera un nouveau public, souvent plus jeune et plus attiré par les sonorités moins « confidentielles » que celles du métal symphonique pur.

 3.  Les comics

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La couverture du premier numéro

En plus des courts-métrages et de l’album, une mini-série de six comics est également créée, elle est donc écrite par Steven O’Connell et dessinée en quasi-intégralité par Romano Moleenar, quasi car le numéro 4 est exceptionnellement dessiné en partie par Martin Montiel, Romano Moleenar n’ayant pas pu fournir les planches dans les temps.

Le comic raconte l’histoire du détective Beecham, une jeune femme flic tiraillée entre sa vie de famille chaotique (Elle est en plein divorce), son coéquipier un peu trop collant et son travail, plus particulièrement une enquête sur laquelle elle travaille, une mystérieuse série de morts barbares à connotation religieuse.

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Alors que l’enquête s’avère difficile, vient se rajouter à cela les soldats de Mother Maiden, plus particulièrement les Triplés, qui semblent beaucoup s’intéresser à la jeune femme. Alors que de prime abord ça ne semble pas être vraiment le cas, tous ces événements semblent être malgré tout plus ou moins liés, mais tout semble tourner autour de la jeune détective…
Je ne peux malheureusement pas en dire plus afin de ne pas trop spoiler.

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Pour ce qui est du comic, on est donc dans le plus pur style gothique-urbain dans la veine d’un Spawn, Witchblade ou The Darkness. Tout ce qui est inhérent à ce genre y est présent : Le coté policier de l’histoire, l’environnement urbain, la violence du récit  (Les dessins de Romano Molenaar y étant pour beaucoup, l’artiste ayant fait ses marques sur ce genre de récit au sein de l’éditeur Top Cow), une grosse dose de surnaturel et les multiples personnages dont on a au début un peu de mal à saisir les véritables motivations.

Heureusement tout se dévoile au fur et à mesure, chaque numéro se concluant par un retournement de situation ou une révélation, maintenant la tension jusqu’au dénouement final.

En ce qui concerne la qualité intrinsèque de la bande dessinée, je pense pouvoir être bien placé pour donner un avis car je suis fan inconditionnel de tout ce qui sort de chez Top Cow depuis la fin des années quatre-vingt dix, Witchblade et The Darkness en tête, je connaissais d’ailleurs Romano Molenaar de là (La mini-série Cursed) et très franchement, c’est assez bon.
La première chose qui frappe ce sont les dessins de Romano Molenaar, le dessinateur démontre sa maîtrise de ce genre de récit urbain, que se soit les décors travaillés, son trait haché à la Marc Silvestri et ces personnages sculpturaux, on est en présence d’un artiste n’ayant plus rien à prouver depuis longtemps dans ce genre d’histoire. Néanmoins, si au début il semble bien soigner son travail, on remarque quand même au fur et à mesure des numéros une légère baisse de la qualité. J’ai pu lui demander en personne lorsque je l’ai rencontré (Au Paris Comics Expo 2012 si je me souviens bien) la raison de cette « baisse de régime », il m’a avoué qu’il ne travaillait sur The Unforgiving qu’entre deux planches de ses autres travaux, à savoir dans un premier temps The Darkness chez Top Cow puis Birds of Prey chez DC Comics, ce qui explique pourquoi les trois quarts du numéro quatre sont dessinés par Martin Montiel, Molenaar ayant accumulé un peu de retard.
Néanmoins, visuellement c’est très réussi, l’ambiance est sombre et pesante, mystérieuse et violente, tout ce que doit être une bande dessinée de ce genre.

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L’histoire quant à elle est assez classique et on y retrouve un peu tout ce qui fait la moelle de ce genre de récit : Une héroïne, un tueur, du surnaturel, de la violence, des monstres et de la baston. Autant être franc, le récit n’est pas ce qui s’est fait de mieux dans le genre mais se laisse néanmoins parcourir avec plaisir et sans lassitude. Les personnages sont bien écrits, le détective Beecham par exemple dans son rôle de femme moderne et assez convaincant et les soldats de Mother Maiden ainsi que la susnommée sont particulièrement charismatiques.

Steven O’Connell a même eu l’intelligence de laisser des pistes et des personnages en suspens (La jeune gothique par exemple) afin de garder un peu de matière pour une éventuelle suite.
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Donc en résumé The Unforgiving version comic est une lecture sympathique, élément essentiel qui se greffe sans problème aux courts métrages et à l’album et les complètent efficacement.

IV.   Un projet ambitieux et inédit

 Vouloir mettre en parallèle trois médias était vraiment très ambitieux de la part d’un groupe comme Within Temptation et malgré les difficultés inhérentes à ce genre de projet, les protestations d’une partie de leurs fans et divers aléas, le groupe a maintenu son optique première et l’a revendiquée jusqu’au bout.

De mémoire, c’est la première fois qu’un tel projet est réalisé et mené à son terme, d’autres projets de ce type ont déjà été fait, on pense immédiatement au fameux et excellent Interstella 5555 des Daft Punk et Leiji Matsumoto ou au Comic Book Tatoo de Tori Amos et David Mack, mais là on a vraiment un projet concret réunissant trois médias différents, cohérent et complet, ce qui je pense est unique dans le domaine.
Bien sûr, Within Temptation n’ont pas les moyens des Daft Punk ni la renommée de Tori Amos mais le fait qu’un groupe méconnu du grand public comme eux prennent l’initiative de la réalisation de ce genre de projet est particulièrement admirable, beaucoup d’autres groupes ayant déjà à de nombreuses reprises déclaré aimer les comics et ayant plus de moyens qu’eux n’ont jamais franchi le pas, un groupe comme Kiss par exemple est souvent intervenu dans le milieu des comics, mais sans jamais y impliquer sa musique (3).
On se retrouve donc dans une situation symptomatique de ce genre de projet : A savoir si les fans d’un ou des médias concernés sont assez ouverts pour accepter de voir un autre milieu se pencher,  participer et apporter quelque chose.
Aux vues des  réactions très confidentielles de ce genre de projet (Qui avait déjà entendu parler du Comic Book Tatoo de Tori Amos avant d’en lire l’allusion ici ?), force est de constater que non…

(Note de la Rédactrice en chef suprême : Chouchou d’amour, oui les lecteurs de notre blog adoré ont eu l’occasion d’entendre parler de l’anthologie Comic Book Tatoo d’après la discographie de Tori Amos, si ils ont eu l’audace de lire la rubrique Who’s Who dont plusieurs artistes féminines ont participé à ce projet, telles que Kelly Sue DeConnick, Dame Darcy, Leah Moore… tiens ça me donne l’idée qu’il faut absolument que l’on parle de cet album ! ) 

Ceux qui lisent souvent mes modestes articles et critiques ici savent que j’aime finir mes modestes contributions en parlant de moi et plus particulièrement de comment j’en suis arrivé à écrire sur le sujet, et bien pour cette fois-ci… Ce sera la même chose  ! Après tout pourquoi changer les bonnes habitudes, ça semble avoir bien fonctionné jusque là.

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Within Temptation, c’est mon groupe favori, tout simplement.

Avant de les connaître je ne savais pas ce que signifiais vraiment « être fan » et avec le temps j’ai compris qu’avoir des frissons en écoutant une chanson, avoir la gorge nouée et les genoux qui tremblent par l’émotion de rencontrer l’une des personnes qu’artistiquement parlant l’on admire le plus au monde, ce n’était pas que des attitudes réservées aux midinettes fans de boys-bands opportunistes et commerciaux.
Je me suis intéressé à la musique et aux comics quasiment à la même période et mes premiers souvenirs de lecture de comics sont accompagnés de souvenirs musicaux, je lisais Witchblade en écoutant Evanescence ou Spawn en écoutant les cris stridents de Cradle of Filth.
C’est donc avec une joie très prononcée que j’ai appris la création de ce projet et que je l’ai suivi avec attention, mes deux passions allaient enfin se rencontrer, Within Temptation participant à un comic ! Un rêve inespéré… Que je fus l’un des seuls à apprécier visiblement.
Très franchement, je fus très surpris que leur initiative et leur projet n’eurent pas plus de répercussions ou de reconnaissances, autant dans la sphère musicale, l’album étant présenté comme le nouvel album de Within Temptation alors que ce n’était pas le cas (L’album a d’ailleurs divisé, certainement dû à une incompréhension de son ton et de son intention), il était surtout le fer de lance d’un projet bien plus ambitieux qui malgré le fait qu’il soit revendiqué par le groupe, était quasiment à chaque fois occulté dans les critiques et articles le concernant.
C’est un peu le même constat dans le milieu comics, dans lequel, à ma connaissance et malgré la présence d’un artiste renommé comme Romano Molenaar (4), le projet passa totalement inaperçu et qu’aucun article ni même la moindre allusion ne fut faite nul part…
On en revient à ce que je dis plus haut, est-ce que les amateurs de musique peuvent accepter qu’un autre média viennent apporter des choses et vice-versa  ?
L’avenir le dira mais j’espère que The Unforgiving ne restera pas une exception… (5)

NOTA BENE : 

(1)   Le principal « rival » musical de Within Temptation, les finlandais de Nightwish, ont de leur coté poussé leur envie de cinéma à fond et ont produit et développé un film sorti en 2012 basé sur un de leur album, Imaginaerum.

(2)   Le groupe sort également en 2003 un single inédit, Running Up That Hill, reprise d’une chanson de Kate Bush.

(3)   Je crois me souvenir aussi que les français du groupe Bérurier Noir avaient fait appel au dessinateur Reed Man pour signer tout le coté visuel de leur DVD Live L’Opéra des Loups.

(4)   Romano Molenaar continue de travailler avec le groupe : Il a dessiné la jaquette du dernier album du groupe, Hydra ainsi que le design des environnements du clip And we Run.

(5)   Visiblement non puisque le groupe américain Stone Sour à sorti récemment deux albums concepts nommés House of Gold & Bones (2012 et 2013) accompagnés d’une série de comics du même nom qui en explore l’univers.
Malheureusement et comme pour The Unforgiving, pas un mot nulle part, mais qui sait à force de multiplier ce genre d’initiative, on arrivera peut être à quelque chose.

Annexe 1 : Discographie de Within Temptation

Enter (1997)

The Dance – EP (1998)

Mother Earth (2001)

The Silent Force (2004)

The Silent Force Tour – Live (2005)

The Heart of Everything (2007)

Black Symphony – Live (2008)

An Accoustic Night at The Theatre – Live acoustique (2009)

The Unforgiving (2011)

The Q-Music Sessions – Album de reprises (2013)

Hydra (2014)

Annexe 2 : Bibliographie (Sélective) de Romano Molenaar

 The Legend of Sage (Chaos  ! Comics – 2001)

 Lady Death (Chaos  ! Comics – Différentes participations)

 The Tenth  : Resurrected(Dark Horse – 2001 / 2002)

 Witchblade (Top Cow – 2003)

 X-Men Unlimited (Marvel – 2003)

 Tomb Raider (Top Cow – 2004)

 Cursed (Top Cow – 2003 / 2004)

 Blood Rayne (Digital Webbing – 2004)

Entre 2005 et 2010, Molenaar a surtout travaillé pour Zenescope et en tant que cover artist pour de petits éditeurs

 The Unforgiving (2011 / 2012)

 The Darkness (Top Cow – 2011 / 2012)

 Detective Comics Annual (DC Comics – 2012)

 Critter (Big Dog Ink – 2013)

 Birds of Prey (DC Comics – 2012 / En cours)

 Liens utiles :

Le site du groupe : http://www.within-temptation.com/
La chaine Youtube du groupe : https://www.youtube.com/channel/UCiSQf6v-4cNmbEFdind5z2Q

Le site de Romano Molenaar : http://www.artbyromano.com/

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In the Name of X


Le X-Men #1 de Brian Wood et Olivier Coipel a déjà suscité louanges et  hommages parmi les amateurs de comics, et il y en a bien évidemment qui sortent du lot, comme cette chanson d’Adam WarRock, un rap intitulé comme de juste X-Women et dont les paroles sont absolument parfaites et très inspirées.

Hook:
Where the ladies at, where the ladies at
With that X on your chest, come and save me fast
I’m just a mutant trying to find my way home
Ain’t a man in Utopia could do it alone

verse 1:
Man I got Hope for the future, in the middle of a Storm
Let the Siryns ring, cuz now it’s time to get it on, yo
Ashes to ashes, Dust to dust
Like a cat in the shadows, cuz I’m steady on the cusp…

And I don’t have to Dazzle her, with that Emma Frost bling
Ain’t no manic Pixie dream girl, in here where I bring
These are superheroes, No-girl would be a Wallflower
When the Brotherhood’s trying to take your mindpower

Pyslocked on that Boom Boom on the track
With a Blindfold I’m seeing you, ain’t no turning back
Ask me how I know her so well, I play for rilla
I tell that I just know stuff, Layla Miller

I see past the Husk of your Skin, past the phonies
Even if it’s between Celeste, Esme, Irma, and Sophie
Phoebe too, know I don’t forget you
That’s the Magik of the better halves, this one’s for you

[hook]

verse 2:
You say Karma’s a bitch, well I say that’s my homegirl
An equal with a destiny beyond what we know though,
You got Malice in your heart, cuz the fanboys hate
Heating up like Magma, you think you can’t relate

I feel that push pull push like Polaris when I’m near to ya
Seeing every character Ariel to Valeria
Silver Fox in my old age,
and man I think I’m in a Trance like the older that I get these days

When the Mercury’s rising, I want ‘em all Ruby Summers
Through the Marrow, pierced my Armor, I’m a Rogue for all your lovin’
But you say you got no time for that
Princess is too powerful, she got a job that

Keeps her occupied late in the night, my lovely Dragoness
You’re a Cipher to the heavens, with that X that you bless
And I don’t mind that I’m a fool so let’s see
That my favorite X-Man growing up was Jubilee

[hook]

verse 3:
Checking my Kitty Pryde, like a Phoenix I’m trying to rise
Above all the comments in the negative zone
Go ask my mother if y’all wanna real life
Example of a hero that raised me and taught me back at home

That we treat people as equals, judge them by their character
Judge them by their actions, mutant boy or girl,
And though this world isn’t fair, try our best to make a difference
For those Jean Greys living in a Scott Summers world

Go head and give me that team, Wakanda queen
Besty Braddock, Rogue, Rachel, Psylocke and Jubilee
In the garage, you know it’s waiting for me
Kitty Pryde, on a poster, where I used to just dream

This one’s for all the x-women forgotten in
the archives of time, know i never stopped wishing
For that new team edition, hip hop and you don’t stop
From home of the Morlocks, to the top of Storm’s mohawk

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Quand la musique est bonne


Comme tout le monde j’ai vu le nouveau trailer de Man of Steel, et je suis encore en train de passer la serpillière. L’une des plus belles réussites de cette bande annonce est certainement sa musique, il s’agit d’un morceau de Lisa Gerrard & Patrick Cassidy intitulé Elegy… avec un titre pareil comment ne pas s’extasier hein ?

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Jolie Couv’


Pour une fois il ne s’agit pas d’une couverture de comics, mais elle mérite tout de même de figurer dans notre sympathique rubrique puisqu’il s’agit de la fameuse illustration de JH Williams III pour la pochette du dernier album du groupe de Metal The Sword intitulé Apocryphon (Souvenez-vous, Tata Katchoo vous en avait parlé il y a quelques mois).
On reconnait bien le style incomparable de l’artiste, et cette rousse encapuchonnée me fait inévitablement penser à quelqu’un…

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