Archives de Tag: Glénat Comics

Wraithborn : la review de Julien Lordinator


Rapide review  : Wraithborn Tome 1

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Joe Benitez a la côte : Depuis le succès de sa série Lady Mechanika, un véritable coup de projecteur sur cet artiste et son travail assez méconnus dans nos contrées (il était surtout connu des fans de l’univers Top Cow) a été donné. C’est donc à la faveur de cette nouvelle notoriété qu’arrive chez nous Wraithborn, une mini-série en 6 épisodes publiée 10 ans avant Lady Mechanika, en 2005 / 2006.
J’avais déjà parlé de Lady Mechanika (ici, et je vais très probablement en reparler assez rapidement), et mon avis fut assez mitigé. Qu’en est-il de Wraithborn ? Réponse maintenant.

All you need all you need
All you need
Is not what you’re getting 

All you live all you give
All you live
Fits in a teardrop

The Gathering – Monsters (Extrait de l’album Souvenirs, 2003)

Wraithborn, c’est l’histoire de Mélanie, une jeune adolescente comme les autres : Timide, effacée et même un peu lâche, elle vit seule avec son père depuis le décès de sa mère et jongle entre sa passion pour la lecture, son petit boulot dans une librairie, les études et sa seule amie, Zoé.
Un soir, après une dure journée, Mélanie va se recueillir sur la tombe de sa défunte mère et se retrouve nez à nez avec un gigantesque personnage livrant bataille à une horde de monstres. Mélanie tente de s’enfuir mais est rattrapée par le colosse qui pratique sur elle un rituel avant de mourir, sous le choc, Mélanie s’évanouit… A son réveil, elle est chez elle, dans son lit et ne se souvient plus vraiment si il s’agissait d’un cauchemar ou de la réalité. Mais des visions de monstres en tout genre vont vite lui faire prendre conscience qu’il ne s’agissait pas d’un rêve : Mélanie est maintenant la détentrice du Wraithborn, un pouvoir mystique très convoité.

Le scénario est signé Marcia Chen et Joe Benitez est ma foi, encore loin d’être à la hauteur de sa partie graphique…

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Je reprochais déjà à Lady Mechanika une certaine faiblesse au niveau du scénario, notamment un gros effet de déjà-vu et force et de constater que Wraithborn souffre du même défaut… Cette histoire, à quelques détails prés, est un véritable copié collé d’une autre série que, si vous suivez régulièrement ce blog, vous avez déjà entendu parler : Witchblade.

Certes les héroïnes des deux séries ont des caractères opposés (Sara, l’héroïne de Witchblade est une femme flic volontaire et dure alors que Mélanie est une jeune femme timide et effacée), mais les deux histoires ont des points communs plus qu’évidents : On retrouve le même genre de personnage, le grand ténébreux aux sabres, nommé ici Valin (le même genre que Nottingham dans Witchblade), la méchante surpuissante Brijit (sorte de fusion entre Kenneth Irons dans Witchblade et L’Angelus de The Darkness), la chasseuse de monstres dont le look est quasiment identique à celui de Magdalena (un autre personnage Top Cow) ou encore l’organisation secrète (qui n’est pas sans rappelé le clergé de la mini-série Magdalena ou la Confrérie des Ténèbres dans The Darkness).
De plus, certains détails de l’histoire sont aussi flagrants : L’héroïne de Wraithborn se retrouve, comme dans Witchblade, en possession d’un pouvoir séculaire et surpuissant par accident et le refuse dans un premier temps avant de l’accepter, elle reçoit de l’aide d’une vielle femme tenant une boutique d’objets occultes, de même, dans un des arcs de la série Witchblade, Sara reçoit l’aide… D’un vieil homme tenant une boutique d’objets occultes.

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A ce niveau, ce n’est plus que des points de détails en commun, les deux séries étant vraiment trop proches pour que ce ne soit que du hasard, Wraithborn étant quasiment une déclinaison adolescente de Witchblade.
A l’époque, Joe Benitez vient tout juste de quitter le studio Top Cow et ça ne m’étonnerait pas qu’il ait pensé cette histoire comme une partie intégrante de cet univers ou été encore très influencé par son travail au sein de cet éditeur, enfin bref. De plus, la fin ouverte ne laisse aucune ambiguïté sur la volonté des auteurs d’en faire une série régulière, ce qui ne fut visiblement pas le cas.

Visuellement, on a comme pour Lady Mechanika du Joe Benitez pur jus : Même si il a été assisté pour les décors (par Martin Montiel, dont j’avais déjà parlé dans mon article sur The Unforgiving, ici), c’est visuellement très impressionnant. Le niveau de détails des planches est hallucinant, les personnages sont visuellement très beaux et l’esthétique si caractéristique des monstres et créatures de Benitez fait une nouvelle fois mouche. Wraithborn est donc comme pour la plupart des travaux de Joe Benitez quasiment irréprochable d’un point de vue graphique et confirme le talent du dessinateur, si il le fallait encore le souligner…

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Pour ce qui est de cette édition française, Glénat Comics nous propose l’intégralité de la mini-série, soit les six épisodes dans un hardcover et la qualité de l’ouvrage est comme nous l’a habitué cet éditeur, sans faille et exemplaire.

Ai-je été convaincu par Wraithborn ? Vous avez dû comprendre que non, mais je pense que c’est une question de point de vue et d’expérience de lecteur, je vais revenir là-dessus un peu plus bas. D’un côté, malgré son aspect visuel, ses points communs et similitudes avec les productions Top Cow sont beaucoup trop évidentes et ceux qui comme moi sont rompus à ce genre de récits seront gênés par ces points communs, beaucoup trop présents et évidents. D’un autre côté, si vous ne connaissez pas les productions Top Cow, je pense que Wraithborn peut être aisément appréciable : C’est très beau (Benitez oblige) et l’histoire va à cent à l’heure et se laisse suivre facilement.
Tout est question d’expérience de lecture pour apprécier Wraithborn, à savoir dans quelle catégorie de lecteurs vous rentrez.

Wraithborn tome 1  : Renaissance, de Marcia Chen et Joe Benitez, disponible depuis février 2017 chez Glénat Comics

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Evil Empire : La review de Julien Lordinator


Rapide Review  : Evil Empire tome 1 et 2

La politique aux États Unis est un thème rarement abordé de front dans les comics. Quand ça l’est, c’est rarement pour en faire une critique et la plupart du temps dans le mainstream les politiciens sont soit véreux, soit au dessus de tout soupçon mais rarement dépeints avec des nuances plus ou moins appuyées.
Quid du mainstream, dans les comics indépendants, la politique est également un thème qui ne passionne guère, les héros des comics indépendants étant souvent des rebelles insoumis ou des partisans de l’autorité œuvrant pour ces mêmes politiques (avec en général un retournement de veste salvateur).
Evil Empire prend le contre-pied de tout ça et s’intéresse directement aux arcanes de la politique, ses rouages et ses manigances. Un parti pris osé et risqué, mais est-ce qu’il est réussi ? Réponse de suite.

Come on!
Yes I know my enemies
They’re the teachers who taught me to fight me
Compromise, conformity, assimilation, submission
Ignorance, hypocrisy, brutality, the elite
All of which are American dreams

Rage Against The Machine – Know Your Enemy (Rage Against The Machine, 1992) (1) (2)

3Evil Empire à pour héroïne Reese, jeune chanteuse américaine rebelle et reconnue pour ses textes violents et engagés, qui va en pleine période électorale se faire approcher par Sam Duggins, le candidat (supposé) démocrate (son affiliation politique n’étant pas vraiment révélée durant le récit). Au début réticente à frayer avec une catégorie de personne qu’elle méprise, Reese va peu à peu se laisser séduire par ce jeune homme charismatique et ambitieux. Dans le même temps, son adversaire, le conservateur Kenneth Laramy (supposé républicain) qui jusque là prônait les bonnes valeurs américaines, va dans un accès vengeur assassiner sa femme qu’il accuse d’avoir battue sa fille pendant des années alors que lui était trop occupé avec sa carrière politique, il commet de plus son meurtre en s’inspirant des textes d’une des chansons de Reese
Laramy devient alors le symbole d’une partie du peuple américain et de leader conservateur va devenir une icône rebelle prônant la rébellion et la justice expéditive. Mine de rien cela laisse une occasion inespérée à Sam Duggins de briguer plus facilement la place de président, n’ayant plus d’adversaire notable en face de lui.
Mais très vite, les doutes vont assaillir Reese et les indices collecter à droite à gauche la mener à découvrir des machinations bien plus complexes dont elle est en fait, une actrice active contre son gré.

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Dans le tome 2, la situation devient explosive et Reese devient malgré elle la meneuse d’un mouvement visant à rétablir l’ordre dans son pays : Trop d’anarchie tue l’anarchie et celle qui auparavant prônait la rébellion cherche maintenant à rétablir un semblant d’égalité dans un pays à feu et à sang…

De base le concept de Evil Empire est couillu : Parler de politique dans un comic, c’est risqué, la plupart des lecteurs, moi le premier, ne s’intéressant pas vraiment à ce sujet. Et bien dans le cas d’Evil Empire, c’est plutôt réussi car cela reste intéressant sans devenir pompeux, notamment grâce aux personnages bien écrits de Max Bemis, Reese en tête qui est sans conteste un des personnages féminins les plus intéressants que j’ai lu ces derniers temps : A la fois rebelle, touchante et forte, c’est un personnage que l’on prend vite en sympathie. Même chose pour les autres personnages, du détestable Kenneth Laramy au séduisant Sam Duggins en passant par la fille de Laramy, les personnages sont subtilement écrits et tous très bien caractérisés, leur donnant une vraie constance.
Le récit est logiquement très proche de Reese que l’on suit dans le premier tome dans des dédales de machinations plus ou moins élaborées, le lecteur découvrant comme elle un milieu pas vraiment enviable…
Finement écrit, je reprocherais juste au récit une certaine grossièreté dans la représentation de ce milieu dans la seconde partie du premier tome, où une histoire jusque là maîtrisée se conclut de façon beaucoup trop classique et prévisible, néanmoins, c’est un sentiment que j’ai eu en fin de lecture et je pense, sera probablement différent d’un lecteur à l’autre.

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Dans le second tome, l’aspect politique est quelques peu laissé de côté au détriment d’une ambiance d’anarchie incontrôlable, présentant d’un côté les plans du nouveau président des États Unis pour faire sombrer son pays de plus en plus dans le chaos et de l’autre les tentatives de Reese pour déstabiliser le pouvoir en place.
Ce second tome s’ouvre sur une petite histoire indépendante présentant un tueur en série très gêné par le désordre se déroulant à l’extérieur, ce sinistre personnage va du coup prendre une décision aussi radicale que surprenante…

6Niveau dessin, les trois premiers épisodes du premier tome sont signés Ransom Getty et je dois dire que l’artiste signe ici une prestation de toute beauté : Ses personnages sont superbes et très expressifs et ses planches sombres et détaillées frôlent parfois le génie, de toute évidence un artiste à suivre de très prés.
Quant aux deux derniers épisodes et la quasi totalité du tome deux, ils sont dessinés par Andrea Mutti, artiste italien (dont j’avais déjà parlé dans mon Jeudi de l’Angoisse (Des Comics) consacré à Highway To Hell), prend la relève avec plus ou moins d’efficacité, son style tranchant singulièrement avec celui de Getty, le passage d’un dessinateur à l’autre étant assez brusque. Même si le dessinateur se débrouille bien, il fait un peu pâle figure derrière le sans faute de son prédécesseur.

L’histoire d’ouverture du second tome est quant à elle dessinée par Joe Eisma (dessinateur de l’excellent Morning Glory Academy), qui est très franchement très bien fichue : Le trait est plus clair que celui de Mutti et se prête assez bien à l’histoire, se déroulant avant le début de l’anarchie.
Bilan en demi-teinte donc sur le coté esthétique, si Ransom Getty avait tenu la barre du début à la fin, Evil Empire aurait sans conteste sa partie graphique comme avantage notable.

Au final, Evil Empire est-il aussi efficace et subversif que ses couvertures (qui égayent cette review) le laisse entendre ?

Après une courte réflexion, je dirais que oui : Prendre le parti de parler politique était un pari risqué et même si cela est fait de manière ludique et accessible, cela reste néanmoins une entreprise louable et du coup, malgré quelques lieux communs sur la fin du premier tome, maîtrisé dans son ensemble.
Ajouté à cela des personnages bien écrits et une partie graphique certes inégale mais plutôt exemplaire, vous comprendrez que je ne peux que vous conseiller la lecture de ces deux premiers tomes d’Evil Empire.

Evil Empire Tomes 1 et 2, disponible en France depuis le 3 février 2016 et le 6 juillet 2016 chez Glénat Comics.

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2 : Evil Empire est également le titre du second album de Rage Against The Machine

 

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Les Jeudis de l’Angoisse (des comics) # 24


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Vampire, vous avez dit Vampire !

Rapide review  : Day Men Tomes 1 et 2

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Des comics de vampires, il y en a des tas et pour pouvoir se démarquer du lot, il faut vraiment sortir de l’ordinaire et proposer quelque chose de novateur, ce qui à la vue d’avalanche de titres proposant des aventures de suceurs de sang, est assez compliqué… C’est pourtant ce que propose Matt Gagnon et Michael Alan Nelson avec Day Men en soumettant un point de vue original : Si les vampires ne sortent pas durant le jour, qui s’occupe d’eux pendant qu’ils dorment dans leurs cercueils ?

This wicked bitch
Cruella to the bone
Each vivid stich
Just ties me to her throne
In exaltation
She builds on endless lies
Mircalla, Maleresian
Architect of my demise

Cradle of Filth – The Vampyre at My Side (Hammer of the Witches – 2015)

Day Men c’est donc l’histoire de David Reid, David est un Day Man, un humain surentraîné qui s’occupe des affaires des vampires durant la journée. David travaille pour l’un des clans de vampires les plus puissants des États Unis, les Virgo. Mais les tensions avec un autre clan, le clan Ramsès, sont très vives et chaque occasion de nuire au clan adverse est bonne à prendre, David devant régulièrement jouer les négociateurs à grand coup de canne (son arme fétiche) afin de mettre tout le monde d’accord.
Mais lorsqu’un trafic de crocs de vampires est découvert et Calista, une des notables de la famille Virgo, est enlevée, David mène l’enquête et découvre de sombres secrets entourant les familles de vampires, il semblerait également qu’un nouveau type de vampire que l’on croyait jusque là disparu soit de nouveau apparu. Malgré le fait qu’il soit un simple humain, David va tout faire pour aider ceux qu’il considère comme sa « famille » et surtout leur leader, la magnifique Azalea, pour qui il a une fascination et une dévotion sans borne.

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La force de Day Men c’est qu’après la lecture de seulement deux tomes, on est saisi par la densité de l’univers créé par les deux scénaristes : C’est complet sans être complexe, travaillé, intéressant, peuplé de personnages tous plus fascinants les uns que les autres (la sublime et mystérieuse Azalea, la rebelle Lera ou encore le pyrokinésiste Jacob sont juste quelques exemples des personnages apparaissant dans cet univers).
Day Men
bien plus qu’un simple comic, c’est un univers travaillé et recherché, avec sa propre mythologie et sa propre histoire. En seulement deux tomes on se retrouve projeté dans cet univers et on est vite happé par les aventures de ce Day Man à la fois courageux et dévoué à des êtres surnaturels pour qui la vie humaine a peu d’importance, mais David s’accroche et il arrive même a gagner au fur et à mesure du récit leur respect : Un véritable parcours initiatique ponctué par des bagarres, des trahisons, des coups de théâtre et des personnages hauts en couleur, Day Men c’est tout ça et bien plus encore.

Loin de pondre un énième comic de vampires, Matt Gagnon et Michael Alan Nelson nous livrent un véritable univers à la fois fascinant et complet, le tout au travers des aventures passionnantes de cet humain au service de vampires. Un véritable réussite  !

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Niveau visuel, Brian Stelfreeze nous livre un travail absolument admirable : ses planches sont détaillées et claires, ses personnages sont expressifs et parfois vraiment impressionnants (chaque apparition de certains, notamment Jacob ou, encore elle, Azalea sont de véritables moments d’anthologie) et les scènes d’action d’un véritable dynamisme saisissant. Durant les huit chapitres que constituent ces deux tomes, aucune baisse de régime de la part du dessinateur qui réalise un véritable sans faute : Du grand art.

En ce qui concerne cette édition française, comme à leur habitude, Glénat nous livre un travail admirable : Traduction aux petits oignons, hardcover, papier glacé et chaque album se termine par une galerie de sketchs de Brian Stelfreeze ainsi que l’intégralité des couvertures et variantes. Là aussi c’est un sans faute, achevant de faire de Day Men un véritable incontournable du genre.

Day Men fait sans aucun doute maintenant partie des références que je citerai lorsque je parlerai de comics de vampires, aux cotés d’American Vampire, Crimson ou 30 Jours de Nuit : Dense, recherché et travaillé, c’est une lecture passionnante qui sort vraiment du lot de ce genre, souvent opportuniste. Deux tomes que je ne peux que vous conseiller de lire au plus vite si vous êtes amateurs de vampires, de comics ou d’histoire vraiment passionnantes et travaillées. Par contre si vous aimez tout ça en même temps : Foncez  !

Day Men Tome 1  : Lux In Tenebris, disponible depuis le 4 novembre 2015 chez Glénat Comics

Day Men Tome 2  : Tempus Vestigium, disponible depuis le 13 avril 2016 chez Glénat Comics

Rapide review  : Graveyard Shift

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Deuxième titre à parler vampires chez Glénat Comics après l’excellent Day Men, Graveyard Shift prend une toute autre direction et ne cache pas le moins du monde ses influences et références : Un bien ou un mal pour cette mini-série que nous propose en intégralité l’éditeur français ? Je vais tenter d’y répondre en toute objectivité, n’étant pas vraiment familier des dites influences…

Liam et Hope sont un couple heureux et en dessous de tout soupçon : Lui policier et elle artiste, tout roule dans le meilleur des mondes pour les deux tourtereaux. Mais durant une de ses enquêtes, Liam fait une descente musclée et se retrouve face à ce qui semble de toute évidence être un vampire ! Liam s’attire les foudres dudit vampire et de son clan qui vont aller jusque chez lui pour se venger. La pauvre Hope finie mordue par un des monstres et est considérée comme morte tandis que Liam survit miraculeusement à l’attaque.
A son réveil, alors qu’il se recueille sur la tombe de sa bien aimée, celle-ci réapparaît, devenue à son tour un vampire. Commence alors pour le couple un long et tortueux voyage, Hope ayant beaucoup de mal à gérer ses nouvelles pulsions de vampire et Liam se débattant tant bien que mal pour trouver un moyen de soigner sa fiancée. Leur amour survivra-t’il à ces épreuves ?

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Graveyard Shift est en soit une histoire ultra-classique de vampire et d’amour : On a d’un côté l’amoureux transi qui tente de gérer tant bien que mal les pulsions de sa conjointe nouvellement vampire et de l’autre la femme vampire qui découvre sa nouvelle nature bestiale. Un schéma classique certes, mais dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui, reste efficace et très agréable à lire : Jay Faerber brosse le portrait d’un couple à la fois simple et attachant qui se retrouve propulsé dans une situation complètement folle et la question de savoir si leur amour sera assez fort pour triompher de tous ces événements.
Dans le ton, on est très proche des histoires de vampires modernes comme Twilight et surtout la série Buffy Contre les Vampires : Le scénariste ne s’en cache d’ailleurs pas, le ton de l’histoire, le style et le look des vampires, tout semble droit sortir de la fameuse série des années 90. La page finale ne laissant d’ailleurs aucune ambiguïté à ce sujet en faisant une référence directe à la série.

L’histoire est certes simple mais reste malgré tout efficace et agréable à lire, de plus Graveyard Shift se lit vite et sans lassitude et, je pense, peut être une lecture plus que recommandable pour toute personne n’étant pas très coutumière des histoires de vampire en comics, une lecture idéale pour les nouveaux venus en quelque sorte et le cadeau idéal pour motiver un fan de Twilight ou Buffy à la lecture de comics.

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Niveau dessins, c’est un autre point fort du bouquin : Ceux-ci sont vraiment très beaux, signés par l’espagnol Fran Bueno : C’est très sombre, le trait est simple et maîtrisé, les personnages très expressifs, et le style à mi-chemin entre BD européenne et comics de l’artiste fait mouche. L’aspect visuel est donc sans aucun doute l’un des points forts de cette bande dessinée.
Mention spéciale aux couvertures du même Fran Bueno, absolument somptueuses.

Accessible et plaisante, tels pourraient être les deux qualificatifs de Graveyard Shift : Un comic d’horreur simple mais efficace, ni trop gore ni trop neuneu, qui sans aucun doute plairait au plus grand nombre de lecteurs, notamment les novices. Les lecteurs plus « expérimentés » lui préféront très probablement l’excellent Day Men mais Graveyard Shift est un bouquin qui, si il ne sort pas vraiment du lot n’en reste pas moins une lecture plus que recommandable et j’avoue avoir passé un bon moment. A lire  !

Graveyard Shift, disponible en France depuis le 3 février 2016 chez Glénat Comics

 

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Soirée Disco


Avant toute chose, je m’excuse de n’avoir pas pu poster de contenu sur le blog plus tôt, comme vous le savez, le TLGB c’est mon bébé, une partie de mes entrailles, mais parfois les événements se bousculent dans votre quotidien à tel point que vous êtes obligés de « sacrifier » un temps une de vos activités de prédilection…

Mais entre deux projets et une vie personnelle assez ardue, et avant de vous livrer mon ressenti sur la Comic Con Paris, autant revenir sur la soirée inaugurale en quelque sorte, de cette CCP à laquelle j’ai eu la chance d’assister, à savoir le lancement du fameux titre The Wicked + The Divine par Glénat Comics au Point Éphémère dans le 10ème arrondissement de la capitale.
Mis à part les tarifs des denrées et boissons d’un foutage de gueule digne de JF Copé (je surfe sur l’actualité, sorry… Alors oui je sais bien qu’à Paris tout explose, mais ce n’est fichtrement pas une raison pour se faire sod…..r à sec avec du gravier, merde quoi !), cette soirée était grandiose, de qualité, et complètement dans l’atmosphère que les auteurs de Wic+Div livrent dans cette série ultra référencée musicalement, une très belle continuité de leur précédente oeuvre Phonogram, également à paraître chez le même éditeur.

Au programme donc, soirée dédicace, exposition + DJ Set de la part du tandem Kieron Gillen et Jamie McKelvie (sans oublier le coloriste absolument génial Matthew Wilson qu’on oublie trop vite) en ce jeudi 20 octobre, cela m’a permis aussi de retrouver des ami(e)s que je ne voie que trop rarement, ainsi que des habitués du TGS Comics, comme si Paris devenait finalement ma province à moi…

J’espère que ces quelques images prises (+ la vidéo) vous donneront une idée de l’ambiance vécue sur place, c’était parfait et très convivial.

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Sex and Violence : la review de Julien Lordinator #2


Rapide Review  : SEX & VIOLENCE  : Un peu des deux, mais pas trop… [UPDATE]

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Note de l’auteur : Il y a quelques temps, j’avais chroniqué le premier volume de l’anthologie Sex & Violence, une série de récits scénarisés par Jimmy Palmiotti et Justin Gray ayant (supposément) pour thème le sexe te la violence. Un deuxième volume de trois histoires a ensuite été publié, de même que deux volumes en France chez Glénat Comics.
Cette review est donc une version augmentée de ma précédente chronique, prenant en compte la version publiée en France par Glénat et comportant les deux volumes, soit 5 récits au total.

Que de belles promesses que le titre de ce creator owned  ! Annoncé en grandes pompes via Kickstarter, Sex & Violence est en fait le fruit de deux scénaristes : Justin Gray et Jimmy Palmiotti, qui fournissent chacun une histoire avec pour thème central, le sexe et la violence bien sûr.

Les cinq histoires sont radicalement différentes, chacune tablant sur des ambiances particulières : Le milieu du porno underground pour la première, le voyeurisme pour la seconde, une histoire plus intime pour la troisième, un récit de guerre pour la quatrième et enfin une histoire très glauque pour la dernière. Les histoires étant indépendantes les unes des autres, je vais y aller dans l’ordre.

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La première histoire, signée Justin Gray s’intitule Pornland, Oregon, et prend pour base la ville de Portland apparemment renommée pour son milieu porno. On y découvre un homme, enquêtant sur la mort de sa petite-fille dont la dernière trace est une vidéo porno dite « gonzo » (du porno amateur assez violent, souvent dédié à internet). Son enquête le mènera à s’intéresser à ce milieu et à découvrir qu’il à peut être eu un rôle dans la mort de sa petite-fille.
Le pitch de départ semble intéressant, tout du moins au début car le récit, malgré une bonne base, se révèle en fait être somme toute assez classique, jusque un dénouement qui laisse une désagréable impression de déjà-vue. De plus, même si le fait de placer l’action dans le milieu du porno est assez original, on se rend vite compte que c’est assez secondaire et on s’éloigne rapidement du sujet.

Pour ce qui est de la partie graphique, là c’est un carton plein : Jimmy Broxton met ce récit en image de main de maître avec des ambiances sombres, soulevées par des teintes de rouge étouffantes correspondant parfaitement au thème du récit. De ce coté, c’est donc une franche réussite, dommage que le scénario ne tienne pas toutes ces promesses…

En résumé, Pornland, Oregon est un récit qui aurait pu être plus incisif aux vues de son sujet particulièrement controversé et sulfureux, malheureusement il n’en est rien, Justin Gray ne prenant pas trop de risques avec son récit en se contentant de raconter une histoire un peu trop classique et au final assez éloignée de ce que semblait promettre l’auteur au départ. L’histoire aurait sûrement mérité d’être un peu plus extrême et de plus, collée à son sujet de départ pour complètement convaincre.

Voyons la deuxième partie, intitulée A Girl in a Storm et signée Jimmy Palmiotti au scénario et Juan Santacruz aux dessins.

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Cette histoire a pour personnage principal une jeune femme flic dont on devine l’homosexualité de façon un peu suggérée, au fur et à mesure du récit. Cette jeune femme solitaire, stressée par son travail et seule dans la vie, va se transformer en véritable voyeuse quand un couple de deux jeunes et jolies femmes vont s’installer dans l’appartement en face de chez elle. Dés lors, la vie du couple va devenir le seul intérêt de notre héroïne, rythmant sa vie, jusqu’au jour où des événements vont finir par briser le quotidien de notre voyeuse amateur.
On passe donc vers une ambiance radicalement différente et contrairement à la première histoire, l’accent est mis ici sur les personnages et l’évolution de notre héroïne qui, au travers du quotidien de ses voisines, va apprendre à s’accepter et s’interroger sur elle-même. Certaines scènes sont assez intéressantes, notamment la discussion sur la plage, que je vous laisse le soin de découvrir.

Même si l’histoire est assez intéressante et ponctuée de passages plutôt réussis, il faut quand même reconnaître que dans l’ensemble, comme la première histoire, c’est tout de même assez classique et le dénouement assez prévisible fleure bon le happy-end un peu poussif.
Pour ce qui est de la partie visuelle, Juan Santacruz fait du très bon travail avec notamment une gestion des ombrages et des courbes (pour une histoire montrant pas mal de nudité, c’est plutôt une bonne chose), renforcée par l’excellent boulot de colorisation du studio Challenging.
Visuellement et comme pour la première histoire, on a donc du très haut niveau et chaque planche est un régal.
Pour en finir sur ce second chapitre, même si dans l’ensemble cette histoire réussi à passionner plus que la première, une fois la lecture finie on a encore cette sensation d’avoir déjà vu ou lu ça ailleurs. Néanmoins, j’ai personnellement plus apprécié cette seconde histoire à la première, cela vient surtout du fait que le personnage principal est attachant et les quelques rebondissements tiennent en haleine jusqu’au dénouement, même si celui-ci est assez prévisible.
Un bon moment de lecture, sans plus.

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Troisième récit, et c’est pour ma part celui que j’ai le plus apprécié, intitulé Daddy Issues. Un homme a une chance inouïe : Après avoir fait la connaissance d’une femme sexy qui l’invite chez elle et lui fait passer une nuit torride, le lendemain matin l’heureux homme se retrouve à partager le quotidien de la fille de celle-ci qui, une jambe dans le plâtre, lui demande de l’aider dans son quotidien d’handicapée momentané pour, notamment, prendre sa douche et d’autres choses qui mette invariablement sa plastique en valeur. S’en est trop pour l’homme, qui fini par craquer et se jette sur elle, visiblement satisfaite du résultat. Cerise sur le gâteau, il cède également à une demande aussi étonnante qu’excitante de la jeune allumeuse. Laquelle ? Il faudra lire pour le savoir mes coquins amis !
Des 5 récits, Daddy Issues et le récit qui reste le plus suggestif sexuellement parlant : Les différentes situations dans lesquelles se retrouvent notre (mal)heureux héros aux mains de l’adolescente perverse sont vraiment scabreuses et correspondent bien à l’appellation subversive de l’album.
L’histoire est en soit assez simple mais son coté gentiment sexy rend celle-ci agréable à lire. Très inspirée par les histoires de ce genre publié dans les années 50, c’est une histoire courte dans laquelle le plus important est la chute, que je vous laisse le soin de découvrir.
Dessinée par Romina Moranelli, visuellement l’histoire est très réussie et est très honnêtement la plus jolie de l’album.
Malheureusement, encore là, il s’en dégage une très grande impression de déjà vu que la chute finale, assez prévisible, ne parvient pas à atténuer…

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Quatrième récit, Red Dog Army, nous raconte l’histoire d’un aimable éleveur de chiens russe, forcé durant la seconde guerre mondiale à dresser des chiens kamikaze pour contrer les chars allemands durant la campagne de Russie. Extrêmement violente et cruelle, cette histoire est en soit assez réussie, dépeignant une face assez méconnue de la guerre et l’un des stratagèmes les plus absurdes et cruels concernant l’utilisation des animaux durant la seconde guerre mondiale.
Histoire particulièrement réussie avec son héros touchant et son aspect brute de décoffrage, Red Dog Army est également servi esthétiquement par un dessin sale et sombre signé Rafa Garres, servant à merveille l’aspect glauque et violent de l’histoire.
Mais (car il y a un mais…) aussi réussie que soit cette histoire, on se demande très sincèrement ce qu’elle vient faire dans cette compilation car de sexe il n’est ici nullement question et cette histoire, aussi violente soit-elle, aurait plus eu sa place dans une compilation d’histoires sur la guerre…

Dernière histoire, Filler, suit la vie d’un tueur en série, de ses premiers meurtres encore adolescent à sa vie d’adulte. Glauque, violente et immorale, la vie de ce sinistre personnage est ponctuée de frustrations sexuelles, de meurtres sadiques, le tout dans une impunité quasi-totale car l’intelligence de cette ordure finie lui permet toujours de s’en sortir sans une égratignure.

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Encore une fois la chute vaut le détour, finissant de brosser le portrait de ce personnage amer et violent, satisfait et se complaisant de sa condition d’être violent.
Filler s’inspire de beaucoup de récits et de tueur en série réels : On voit ainsi des références évidentes au film American Psycho, lui même déjà très inspiré de la vie du tristement célèbre Ted Bundy dont le « héros » de Filler est une sorte d’itération sur le même moule.
Filler est une histoire réussie avec son côté immoral et son protagoniste principal absolument détestable, le tout illustré par des dessins sombres et détaillés signés Vanesa R Del Rey.
Histoire réussie certes, mais là encore, si celle-ci aurait eu parfaitement sa place dans un recueil d’histoires horrifiques car si elle donne tout ce qu’il faut niveau violence, niveau sexe on est encore loin du compte et ce n’est pas la base de frustration sexuelle du personnage principal et les quelques scènes suggestives qui méritent pleinement la dénomination d’histoire de «  sexe  »…

Un petit mot avant de conclure sur l’édition française, qui comme à chaque fois avec Glénat est irréprochable : Hardcover, papier glacé et reliure de qualité, l’album se conclut par une galerie de couvertures aussi sexy que joliment signées en majeure partie par Amanda Conner, une bien belle édition, qui fait honneur à l’éditeur.

En conclusion, est-ce que ce Sex & Violence tient ses promesses avec son titre, soyons franc, un peu racoleur ? Clairement, non… De la violence, il y en a, beaucoup dans la plupart de certaines histoires, peu dans d’autres, mais franchement pas de quoi s’offusquer. Du sexe ? Franchement, j’ai lu des comics bien plus suggestifs que ça, ici on a beau montrer de la nudité et des scènes érotiques (ma foi assez légères), la dénomination « sex » du titre est franchement un peu exagérée et je le répète, j’ai lu bien plus démonstratif que ça.

Donc Sex & Violence porte un titre qui dans le fond ne lui sied pas forcément et malgré les pitchs assez enthousiasmants, je suis ressorti assez déçu de la lecture de ces histoires, je m’attendais à quelque chose de plus extrême et de plus audacieux. J’ai eu l’impression que les deux auteurs ne faisaient qu’effleurer les deux thèmes du titre de leur BD et n’ont pas oser prendre des risques et surtout sans jamais vraiment trouver un véritable équilibre entre les deux.
Après, si l’initiative des deux amis peut motiver d’autres auteurs à se lancer aussi dans la publication de titres un peu plus mature, alors j’espère que cette BD sera la première d’une longue liste.
La réflexion que l’on pourrait également faire c’est est-ce que au final, avec un titre pareil, les deux auteurs n’ont ils pas voulu faire un effet de buzz autour de leurs deux récits ? Honnêtement, je me pose la question, malgré l’admiration que j’ai pour les deux scénaristes…

Sex & Violence, de Justin Gray et Jimmy Palmiotti disponible depuis le 18 novembre 2015 en France chez Glénat Comics

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Lady Mechanika : la review de Julien Lordinator


Rapide review  : Lady Mechanika Tome 1

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Lady Mechanika c’est un peu la série dont on parle beaucoup et qu’on encense sans que personne ne l’ai vraiment lu… C’est une série qui a réussi à faire le buzz à grand renfort de couvertures alternatives, de mini sketchbooks et de visuels percutants et surtout par sa rareté, chaque numéro étant tellement attendu et espacé dans le temps que leurs sorties sont une sorte de mini événement dans le microcosme des fans de comics. Mais bien loin de son buzz, qu’est-ce qu’elle vaut vraiment cette série ? A l’occasion de sa publication il y a quelques mois chez Glénat Comics, j’ai eu l’occasion de me faire mon avis, que je vais vous soumettre de suite.

5Lady Mechanika, c’est le bébé de Joe Benitez, dessinateur surdoué issue des studios Top Cow. Il livre d’ailleurs ses premiers travaux chez cet éditeur : Tout d’abord avec sa propre série, Weapon Zero (une série à héros cybernétiques typique des années 90) puis sur les séries The Darkness, Magdalena, Wraithborn et plusieurs crossovers, toujours chez Top Cow. Le style de dessin de Benitez est vif et détaillé, le dessinateur ayant d’ailleurs la réputation d’être un artiste assez lent pour livrer ses planches mais en général et en tant qu’admirateur de l’artiste, je peux vous assurer que l’attente en vaut généralement le coup.
Lady Mechanika ne déroge pas à la règle, le premier numéro fut publié en août 2010 et le dernier en mars 2015… 5 ans pour 5 numéros (plus un numéro 0 servant de prologue), autant dire que si on est fan de cette série, il vaut mieux ne pas être pressé…
Glénat nous propose donc en un volume le numéro 0 ainsi que les trois premiers numéros de la série principale, avec en bonus une galerie de couvertures alternatives.

In this mechanical world made of mechanical feelings
Where mechanical brains are living mechanical lives
Are your hearts beating in this dirty paradise ?

Markize – Mechanical Hearts (Extrait de l’album A Perfect Lie, 2012) (1)

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Le prologue nous montre la chasse d’une créature dans les rues d’une ville d’aspect victorien en version Steampunk. Chassée à la fois par des excités de la gâchette et par notre héroïne, la pauvre créature va finalement tomber sur Mechanika, est-ce un bien ou un mal ? A vous de le constater en lisant le bouquin.
L’histoire commence vraiment dans le chapitre suivant, après un court prologue montrant (encore) la traque d’une fillette aux mains mécaniques, on découvre Lady Mechanika, une jeune femme aux bras mécaniques, protectrice de la ville de… Mechanika.
Amnésique, la jeune femme est à la recherche de son passé et il semble que la compagnie d’armement Blackpool, qui a la main basse sur l’économie de la ville, y soit inévitablement liée. Commence pour notre héroïne une enquête pleine d’action et de rebondissements.

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Autant venir directement au fait, Lady Mechanika, visuellement, c’est une véritable claque : Chaque planche est prompte à vous décoller la rétine par sa beauté. Détaillés sans être trop chargés, les dessins de Benitez sont d’une beauté à couper le souffle. C’est même très certainement ce que j’ai vu de plus beau en comics depuis un sacré moment. On retrouve avec plaisir l’esprit visuel de la grande époque des comics Top Cow des années 90 et ses pages somptueuses.
Rien à redire donc niveau dessin, c’est un boulot admirable de la part de Benitez et l’attente en valait véritablement la peine.

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Par contre niveau scénario, là, je suis plus réservé… Je peux en gros reprocher à Lady Mechanika ce que je reprochais au relaunch de Ghost, également publié chez Glénat Comics : Un scénario basé sur des grosses ficelles, déjà usées sur des dizaines d’autres récits. Dans Lady Mechanika, on a encore une fois la présence de l’héroïne amnésique à la recherche de son passé, de l’assistant qui sert de comique relief, du chef d’entreprise machiavélique, de la tueuse sadique au service du méchant et du  personnage secondaire amoureux de l’héroïne qui va malgré lui se retrouver embringué dans l’histoire… Très franchement, en tant que fan de la période Bad Girls, des récits reposant sur ces bases, j’en ai lu des dizaines et j’ai du mal à croire que les scénaristes aient si peu d’imagination pour se renouveler.
Après, ceux qui n’ont pas connu la période des Bad Girls, dans le fond ça ne les dérangera peut être pas, mais moi je ne peux pas faire comme si je n’avais jamais lu ce genre de récit.

Avant de conclure, un mot sur l’édition française et encore une fois Glénat Comics nous livre un travail exemplaire, que se soit au niveau de l’édition (un hardcover irréprochable agrémenté de bonus) que de la traduction, parfaitement maîtrisée, d’un langage du début du siècle dernier très adapté au ton du récit. Comme à l’habitude, le travail de cet éditeur force le respect.

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Donc pour finir, Lady Mechanika, est-ce que ça vaut le coup ? Malgré quelques réserves, je dirais quand même oui, principalement pour son coté visuel qui, et c’est un peu dommage de le dire, représente le plus grand intérêt de cette série. Néanmoins, je garde une réserve, on a là que les trois premiers numéros de la série et j’espère être surpris par la suite.

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The Shaolin Cowboy : la review de Julien Lordinator


Rapide Review  : The Shaolin Cowboy

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Retour en France de la création de Geof Darrow ! Après un passage en trois tomes chez Panini, c’est chez le Glénat Comics nouvelle formule que le héros expert en arts martiaux revient faire jouer son kung fu dans une nouvelle aventure délirante. Est-ce que le Shaolin Cowboy est toujours aussi efficace pour distribuer autant de pains à la fois (1) ? Après avoir dévoré en huit minutes chronomètre en main l’intégralité de ce bouquin, je peux vous assurer que oui  !

Souvent quand je fais une review, je parle du scénario et des dessins et je finis par mon avis personnel. Là, pas de soucis, je vais pouvoir sauter le premier point sans souci car de scénario, ce livre en est dépourvu. Et oui, aussi étonnant que cela puisse paraître, ce nouveau chapitre des aventures du cowboy n’a pas d’histoire, tout juste une légère trame servant de prétexte à un étonnant jeu de massacre sur une multitude de zombies à l’aide d’une perche tronçonneuse que les fans du jeu vidéo Dead Rising connaissent bien (2).
Après une longue introduction résumant brièvement les cocasses et surréalistes précédentes aventures du Cowboy, on retrouve notre héros six ans plus tard, émergeant des sables du désert. A peine le temps de se remettre de ce sommeil qu’il est immédiatement attaqué par une horde de zombies décharnés, mais notre courageux combattant n’est pas homme à s’en laisser compter : Plutôt que de fuir, il affronte vaillamment cette horde !

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Geof Darrow, on le connait pour ses collaborations avec Frank Miller, notamment sur Big Guy and Rusty the Boy Robot (hommage à peine dissimulé à l’Astro Boy de Osamu Tezuka ainsi qu’au film de monstres japonais) et la mini-série Hard Boiled. Son style réaliste et hyper-détaillé fait de splash pages monumentales est sans conteste sa marque de fabrique immédiatement reconnaissable.

Comme dit plus haut, cette nouvelle aventure du Cowboy est totalement dénuée de trame scénaristique : Pendant à peu près cent cinquante pages (!?) vous allez pouvoir ainsi admirer le travail minutieux de l’ami Darrow sur la destruction gore de zombies. C’est simple, toute les façons imaginables de démolir du mort-vivant à mains nues vont y passer et si le gore crade vous choque, vous allez vite avoir des haut-le-cœur : Les membres tranchés volent dans tous les sens, les cranes et les ventres explosent sous les poings d’acier de notre artiste martial. Geof Darrow s’est visiblement éclaté comme un petit fou à dessiner tout ça car il faut vraiment beaucoup de volonté et d’enthousiasme pour dessiner un massacre ininterrompu de cadavres ambulants en décomposition durant cent cinquante pages sans se lasser et rester original, chose que le dessinateur réussi parfaitement et avec brio ! Et en plus, c’est juste foutrement beau.

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Je pourrais continuer en disant que par cette surenchère de violence décomplexée, Geof Darrow se moque allègrement de la société des médias qui banalise la violence jusqu’à l’écœurement en la glorifiant pour des consommateurs passifs et bêtifiés (avec par exemple les deux très courts intermèdes) mais bon, ce serait vous gâcher le plaisir de la découverte ;).

Avant de conclure, un petit mot sur l’édition française : Glénat Comics nous gratifie d’une édition irréprochable blindée de bonus. Grand format, le livre s’ouvre donc sur une rétrospective des aventures du Cowboy (et accrochez-vous parce que c’est long et gratiné) et se conclu par une longue et passionnante interview de Geof Darrow où il revient sur sa carrière et notamment sa relation avec le français Jean Giraud / Moebius. Cerise sur le gâteau, un portfolio conclu ce livre de la plus belle des manières.

Personnellement, je suis un grand fan de Geof Darrow et chacun de ses livres est pour moi un véritable enchantement rétinal, ce nouveau Shaolin Cowboy ne faisant pas exception à la règle. Alors oui, j’avoue, voir des zombies se faire démolir pendant plus de cent cinquante pages, c’est un peu extrême et certains ne serons pas capable de claquer vingt euros juste pour ça, pour les fans de Geof Darrow, la question en se pose pas puisque le livre est sûrement déjà sur leur étagère.
C’est une lecture décomplexée, juste un bon moment à passé, comme un intermède entre deux lectures sophistiquée et surtout putain, qu’est ce que c’est beau  !

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The Shaolin Cowboy de Geof Darrow, disponible depuis le 21 octobre 2015 chez Glénat Comics

1 : Référence humoristique que les trentenaires reconnaîtront.

2 : Le héros de Dead Rising 2 l’arborait même sur la jaquette dudit deuxième opus de cette série de jeux vidéo.

Le bonus de Katchoo : Quelques images de l’exposition Geof Darrow

Profitant de ma venue à la Comic Con Paris il y a quelques semaines, je me suis rendue à la Galerie Glénat où se tenait une superbe exposition rendant hommage au génie de l’artiste et qui s’était déroulée entre le 21 octobre et le 3 novembre dernier.
Quel bonheur de voir de plus près quelques planches issues de l’oeuvre dont Julien vient de vous parler, où le soucis du détail notamment sur les paysages désertiques donne vraiment le vertige. Je n’aurais jamais imaginé non plus me retrouver nez à nez devant son illustration de Korra (dont Darrow est un grand fan) qu’il avait effectué l’année dernière, ici encore le contenu en terme de personnages et de détails est complètement hallucinant, on peut facilement rester une demi-heure devant un tel monument graphique, à essayer de comprendre par quelle partie il y bien pu commencer son tracé.
Ce fut pour moi un pur moment de plaisir, Geof Darrow restant un artiste rare dont le génie et l’influence sur de nombreuses œuvres cinématographiques n’est plus à démontrer.

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