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Women of Image


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Alors que l’éditeur Image Comics est sur le point de fêter ses 25 printemps (à ce propos je vous invite à jeter un œil sur le documentaire The Image Revolution réalisé en 2013, qui retrace la genèse et les grandes étapes de cette maison d’édition hors du commun), celui-ci a prévu de proposer tout au long de l’année à ses lecteurs plusieurs séries de couvertures variantes sur une thématique précise.
C’est celle du mois de mars qui nous intéresse plus particulièrement ici, car elle correspond à la Women’s History Month, un événement célébré chaque année dans certains pays Anglo-saxons (plus précisément les Etats Unis, le Royaume Uni, et l’Australie) et qui se développe bien évidemment autour du 8 Mars, Journée Internationale du Droit des Femmes.

Ces variant covers vont donc mettre en avant les personnages féminins d’Image, telles que Mao Xiaolian l’héroïne d’East of West, La Morrigan de The Wicked + The Divine, l’irrévérencieuse équipe de Rat Queens, sans oublier Magdalena (qui signe son grand retour), ainsi que celles présentes dans Royal City, Low, Motor Crush, Monstress, Moonshine, She Wolf, Old Guard.
Qui plus est, l’éditeur a également fait appel à des artistes féminines pour œuvrer sur ces couvertures, on retrouvera ainsi Nicola Scott, Colleen Doran, Jill Thompson (avons-nous besoin de les présenter ici ?), Leslie Hung (SNOTGIRL), Roberta Ingranata (Robyn Hood), Sanya Anwar (1001), Chynna Clugston-Flores (Queen Bee), Meredith McClaren (Heart in a box), ou encore Emi Lenox (EmiTown).

L’intégralité des recettes générées par l’achat de ces couvertures variant va être redistribuée au Planned Parenthood, l’un des principaux regroupements de planification familiale aux États-Unis fondé par  Margaret Sanger et Ethel Byrne (maman d’une certaine Olive…), et qui est actuellement, vous le savez peut-être, dans la ligne de mire de l’administration Trump.
Pour Corey Murphy, directeur des ventes chez Image, « Les femmes ont parcouru un long chemin dans ce pays, et les progrès qui ont été faits sont grâce aux efforts du Planned Parenthood notamment en terme d’une éducation sexuelle abordable, et de soins de santé préventifs. Je suis extrêmement fier de faire partie d’une entreprise qui n’a pas peur de prendre position et soutenir une organisation à but non lucratif qui a récemment été sous le feu. Ce mois-ci, nous célébrons l’histoire des femmes, les progrès que celles-ci ont achevé dans l’industrie de la bande dessinée, et la différence que tout le monde, hommes et femmes, a fait en se réunissant dans la diffusion de l’égalité.« 

Il y a quelques années, Marvel avait également mené la même opération, sans toutefois reverser de recettes à une organisation quelconque. On espère toutefois que cette prise de position de la part d’Image va amener d’autres éditeurs à faire de même, mais ce n’est pas gagné vu les connexions que l’actuel POTUS possède avec les dirigeants des grandes firmes auxquelles appartiennent ces maisons d’éditions (par exemple, Ike Perlmutter le PDG de Marvel Entertainment est un proche de Trump).

L’avenir nous dira si d’autres initiatives de ce genre vont éclore, dans un contexte où les artistes, soutenus par certains éditeurs, ont de plus en plus de moyens de s’investir pour faire passer des messages autant sociaux que politiques, dans un contexte aussi, où ils se doivent de le faire.

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Bitch Planet : la review de Julien Lordinator


Rapide Review  : Bitch Planet Tome 1, Extraordinary Machine

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Les films de femmes en prison furent pendant longtemps une incroyable machine à fantasme pour des millions de spectateurs (masculins) à travers le monde. Ces films, emblèmes de la sexploitation, connurent leurs heures de gloire dans les années 70 et certains films sont depuis des films cultes : The Big Doll House (1971), la saga des Ilsa La Louve, le fameux Des Femmes Pour le Bloc 9 de Jess Franco (1977) et j’en oublie sûrement beaucoup.
Ces films étaient présentés souvent comme des films érotiques assez hardcore et très souvent aux relents sadomasochistes et misogynes. Personnellement je n’ai jamais été très fan de ce style, malgré mon amour indéfectible pour le cinéma bis, enfin bref…

Aussi quand Kelly Sue DeConnick sort une BD aux premiers abords inspirée de ce style cinématographique, connaissant la scénariste, on est en droit de lever un sourcil dubitatif… Et pourtant, c’est mal la connaître !

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Le talent d’un bon scénariste, c’est de pouvoir parler intelligemment et rendre intéressant n’importe quel sujet et donc quand DeConnick décide d’écrire une bande dessinée sur une prison pour femmes volontairement titrée « trash » comme Bitch Planet (littéralement « La Planète des Salopes » quand même…) on peut certes s’interroger sur le fait de voir le nom de cette scénariste réputée comme profondément féministe sur un tel projet. Mais comme je le dis plus haut c’est mal la connaître, et la scénariste a plusieurs cordes à son arc.2Bitch Planet commence donc avec l’arrivée sur la fameuse planète de chair fraîche, à savoir une fournée de nouvelles prisonnières. Dès les premières pages le ton est donné : La planète existe surtout pour mâter les rebelles d’une société patriarcale carrément machiste dans laquelle les femmes doivent être soumises et stéréotypées pour exister aux yeux des hommes (l’utilisation du vers solitaire est même médicalement conseillé afin de garder la ligne !).
Cette société ne tolère aucun écart de la part de ces représentes féminines, qu’elles soient d’ordre physique ou idéologique. Ces « écarts » sont punis par un séjour sur la Bitch Planet et on y trouve du coût un peu de tout : Sportives rebelles, érudites, lesbiennes et obèses côtoient criminelles endurcies, meurtrières et femmes infidèles. La nudité est très présente, mais plutôt que de jouer sur la corde du voyeurisme, elle est justifiée par le caractère sans fioriture du récit : Les physiques sont hors normes, présentés dans des poses réalistes et asexuées, nos héroïnes n’ont donc au final rien à nous cacher, les rendant d’autant plus attachantes.
Dès leur arrivée, un petit groupe de femmes mené par la sportive Kamau Kogo se forme et la directrice voit dans ce groupe de fortes têtes une occasion inespérée de monter une équipe de Megaton, un sport ultra-violent et jusque là réservé aux hommes. Mais visiblement, que se soit l’équipe ou la directrice, les deux entités semblent avoir des idées bien précises de l’utilité de participer à cette compétition.

Le premier match a lieu face aux gardiens de la Bitch Planet et tout ne se passe pas comme prévu…

4Très inspiré par des codes graphiques et visuels volontairement typé années 70, Bitch Planet est une lecture qui sort résolument des sentiers battus d’une part par son ton rebelle et engagé quasiment caricatural mais salvateur : Les hommes y sont sans exception des êtres méprisables, pervers et manipulateurs alors que les femmes sont dépeintes comme de véritables victimes d’une société et doivent se soumettre pour avoir un semblant d’importance somme toute assez relatif. Du coup, on prend fait et cause pour ce groupe de femmes opprimées, à la fois rebelles, touchantes et au final plus humaines que les personnages « libres ». Un chapitre entier est d’ailleurs consacré à Pénélope, une gigantesque obèse (un sujet que je connais bien…) très portée par le coup de boule et la mandale (sorte de Bud Spencer au féminin) dont le destin à la fois tragique et pathétique se révèle en fait être une véritable leçon de courage.

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On ressort de la lecture de Bitch Planet galvanisé et énervé, galvanisé par les leçons de courage que nous donne Kelly Sue DeConnick avec ses personnages, et énervé par l’oppression dont sont victimes ces femmes au final proches de nous par leur caractère bien trempé, éveillant un coté rebelle plus ou moins dissimulé dans notre subconscient.

Visuellement là encore le côté années 70 est revendiqué avec des couleurs claires et aplaties, une colorisation pigmentée et des ombres très présentes, Valentine DeLandro fournissant un travail certes classique mais efficace, très brut et au final assez représentatif de l’esprit de la bande dessinée. Seule le chapitre consacré à Pénélope est dessiné par un autre artiste, à savoir, Robert Wilson IV dont le trait tout en rondeur rend bien honneur à l’héroïne.
Chaque chapitre est entrecoupé par une page de publicité rétro vendant des produits tous plus fantasques et aberrants les uns que les autres (le fameux vers solitaire…) qui font gentiment rire jaune.

5Bitch Planet c’est en fait une caricature de notre société moderne, exagérée dans ces moindres détails qui, malgré son ton brut de décoffrage et son second degré assumé, est en fait résolument actuelle et nous met face aux propres déviances misogynes de notre société en les exacerbant : Une leçon de mentalité au travers d’un récit de science fiction grand guignolesque ? Tel est le talent de Kelly Sue DeConnick avec Bitch Planet, une lecture plus que recommandable par les temps qui courent et c’est un mec qui vous le dit  !

Bitch Planet book One : Extraordinary Machine, disponible en VO depuis le 20 octobre 2015 chez Image Comics.

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Bring out the monster (monster in me)


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Après un silence radio de pratiquement un an, (la série était initialement prévue pour l’été 2015) nous commençons néanmoins à avoir de nouvelles infos concernant Monstress, le projet de Marjorie Liu et Sana Takeda qui finira par paraître officiellement toujours chez Image Comics, le 4 novembre prochain.

D’après les chanceux qui ont pu lire le premier numéro, il s’agit d’une oeuvre à ne pas rater, autant sur le plan artistique où Takeda a l’air visiblement de se surpasser ici, explorant un univers à la fois Steampunk et historiquement en accord avec les origines culturelles de sa scénariste.

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Faisant en effet directement référence au conflit sanglant et méconnu de la part des occidentaux entre la Chine et le Japon durant la Seconde Guerre Mondiale (dont la grand-mère de Liu, âgée de 14 ans fut témoin, sans en subir les atrocités comme ce fut le cas des nombreuses « femmes de réconfort » à cette époque), le récit est également encré dans l’histoire et la culture du Shanghai des années 20.
Un contexte personnel et d’autant plus important pour la scénariste, qu’il sert vraisemblablement bien le propos de son nouveau projet où son héroïne Maïka, survivante d’une guerre apocalyptique, se retrouve être une esclave, alors qu’elle renferme en elle un pouvoir, ou plutôt un lien particulier, avec une créature digne des plus grands Kaiju.

Il y a donc beaucoup de choses à espérer de la part de Monstress, les quelques critiques pour le moment très positives laissent entrevoir une série où une héroïne d’un genre nouveau est sur le point d’être mise à disposition d’un lectorat déjà acquis à sa cause (c’est en tout cas le cas pour moi).

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GLAAD are the Queens


La 26ème cérémonie des GLAAD Awards qui s’est déroulée ce week-end (enfin, une partie, la seconde aura lieu le 9 mai) a rendu son verdict concernant la série (Outstanding Comic Book selon le terme exact) qui mettait le mieux en valeurs des personnages LGBT.
Sans grande surprise, c’est Rat Queens qui obtient la récompense cette année, le titre créé par Kurtis J. Wiebe et publié chez Image renferme en effet en ses pages plusieurs personnages qui synthétisent la diversité que l’on peut retrouver chez les personnes LGBT, si l’on ajoute à cela un humour corrosif et une irrévérence qui fait toujours plaisir à lire, Rat Queens mérite grandement son prix.
Je suis quand même un poil déçue pour Lumberjanes, mais ce n’est que partie remise, c’est à dire l’année prochaine.

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A noter que du côté des jeux vidéo c’est Dragon Age: Inquisition qui s’est vu décerner un prix spécial, un palmarès très fantasy que les amateurs apprécieront d’autant plus.

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Rat Queens #9 : la preview


Après de longs mois d’attente, il était temps de retrouver les aventures de cette bande de folles furieuses que sont les Rat Queens, avec Kurtis J. Wiebe toujours maître d’oeuvre accompagné d’un Stjepan Sejic arrivé à la rescousse du titre et que l’on ne présente plus sur ce blog.
Les différents teasing que le dessinateur a eu la gentillesse de nous faire partager via les réseaux sociaux n’ont laissé présager que du bon, à noter que le second TPB sera disponible à partir du 29 avril prochain.

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Angoulême 2015 : Rencontre Internationale avec les auteurs d’Urban Comics


Il fallait être matinal ce samedi 31 janvier pour assister à cette conférence organisée par l’équipe d’Urban Comics à la salle Nemo du Vaisseau Moebius d’Angoulême, mais au regard des noms des intervenants, je n’avais aucune excuse de ne pas m’y rendre.
Jugez plutôt, Fiona Staples, Brian K. Vaughan, Wes Craig, Matteo Scalera, Scott Snyder et Sean Murphy réunis tous ensemble pour parler de leur carrière chez Image Comics (et dont les travaux respectifs sont publiés chez Urban) pendant plus d’une heure.
J’imagine que d’autres personnes ont filmé cette conférence avec je l’espère un meilleur rendu, et se seront fait la joie d’y inclure une traduction pour pouvoir la partager dans les semaines à venir. En attendant voici ce que j’ai pu filmer sur place, et je peux dire que le fait de se retrouver en face d’une telle brochette d’auteurs me laisse encore, quand je vois ces images, dans un état second.

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La fille du Léviathan


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Encore une très très belle preuve que 2015 risque d’être une année incroyable en terme de comics au féminin, c’est la sortie l’été prochain de Monstress,  une nouvelle série écrite par Marjorie Liu et dessinée par Sana Takeda. Les deux femmes avaient déjà œuvré ensemble chez Marvel sur X-23, cette fois-ci c’est l’éditeur Image Comics qui prend le relais, avec l’histoire d’une héroïne nommée Maïka vivant à une époque imaginaire mais historiquement très proche de la société chinoise du début du 20ème siècle (Oh purée, ça ne vous rappelle rien ça ????? Yay !!!).
Vivant telle une paria, dans une réalité alternative où les monstres font parti du quotidien, la jeune femme dont le passé reste assez trouble découvre qu’elle possède un lien psychique avec une créature surnaturelle puissante, l’un des nombreux Léviathans vivant sur terre. Elle devient alors la cible à la fois des humains et des autorités dans un monde qui ne reculera devant rien pour s’emparer d’elle et ainsi contrôler le Seigneur de tous les Léviathans. Mais c’est sans compter sur le courage de la jeune fille elle-même, et le fait qu’elle devienne peu à peu bien plus qu’une humaine …

Grandement inspirée par ses racines, sa propre culture et la richesse historique et cosmopolite du Shanghai de l’avant guerre qui réunissait bon nombre de ressortissants américains et européens sur le sol chinois, Marjorie Liu donne également sa vision personnelle du Kaiju en déclinant le sens du terme « monstruosité » sous toutes ses formes.
Les dessins de Takeda promettent d’être d’une exceptionnelle et émouvante beauté comme nous le montre une première couverture ainsi que deux autres visuels, je suis déjà conquise.

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